Le symbolisme des fêtes
de la loi de Moïse
 

Lenet H. Read
 

 
La loi de Moïse
 
      Après leur sortie d'Égypte, les Israélites reçurent une loi qui avait été révélée à Moïse. On l'appela la loi de Moïse. Cette loi comprenait des commandements, comme les dix commandements bien connus ; elle comprenait aussi le devoir de sacrifier des animaux bien spécifiques. Elle comprenait en outre des prescriptions et des règlements de toute sorte à observer scrupuleusement. Elle comprenait enfin des fêtes sacrées.  

             
Les fêtes
 
      C'est de ces fêtes sacrées dont il sera question ici. Elles sont au nombre de sept. Nous examinerons les aspects principaux de chacune de ces fêtes pour voir comment elles se déroulaient. Nous verrons également la signification des symboles que contient chacune d’elles.
 
      Les fêtes de la loi de Moïse se répartissaient en deux catégories. La première catégorie comprenait les fêtes qui devaient être célébrées au printemps. La deuxième comprenait les fêtes qui se déroulaient en automne. Les fêtes du printemps symbolisaient des événements qui allaient se produire au midi des temps, à l'époque du Christ, c'est-à-dire à peu près 1300 ans plus tard ; les fêtes de l'automne prophétisaient d'une manière symbolique des événements qui allaient se produire dans les derniers jours, à notre époque, c'est-à-dire 3000 ans plus tard.
 
      Examinons la première catégorie de ces fêtes sacrées.  

 
Les fêtes du printemps
 
      Les fêtes du printemps sont au nombre de quatre. Il s'agit de la fête de la Pâque, de la fête des pains sans levain, de la fête des prémices de la moisson et de la fête des semaines. Elles symbolisent toutes des événements qui se produisirent au midi des temps.

1. La fête de la Pâque
 
Lors de la fête de la Pâque, les Israélites devaient prendre un agneau jeune, mâle, premier né, sans défaut et le tuer.



Lorsque Jean-Baptiste vit arriver à lui Jésus, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu ». Plus tard, lors de la crucifixion, Jésus correspondait exactement à la description de l'agneau pascal : il était dans la jeunesse de sa vie, était un homme, le premier né du Père dans l’existence prémortelle, et sans péché.

Lorsqu'ils eurent versé le sang de l'Agneau de la Pâque, les Israélites furent protégés contre la mort. De plus, ils furent délivrés de l'esclavage de l'Égypte car ils s'enfuirent dans le désert. Le sang versé par Jésus protège lui aussi de la mort, mais de la mort spirituelle ; il délivre de l'esclavage, non pas celui de l'Égypte mais celui du péché, celui de Satan.

 
 
      Ainsi la fête de Pâques célébrée par les Israélites rendait témoignage de la mise à mort de Jésus-Christ et de son expiation en faveur de l'humanité.  
 
2. La fête des pains sans levain
 
      Pour célébrer cette fête, les Israélites devaient  enlever de leurs maisons toute miette de levain et manger des pains sans levain lors de la Pâque et pendant sept jours.
 
      Pour comprendre la signification de cette fête, il faut savoir ce que signifie et représente le levain. Le levain est le principe actif qui permet à une pâte de gonfler et de prendre les dimensions du pain. Le levain est le symbole de la transformation et du développement spirituels. Qui a le pouvoir de changer l’homme, de transformer son cœur et son esprit ? Jésus-Christ. Le levain symbolise le Christ. Examinons à présent la signification de la fête des pains sans levain.
 
      Pour célébrer cette fête, les Israélites devaient :

Enlever de leurs maisons toute miette de levain.

Les Juifs ont soustrait Jésus-Christ de la maison de Juda. Les prêtres du Sanhédrin qui voulaient se débarrasser de lui l'ont condamné à mort ; le peuple juif a demandé à Pilate que Jésus soit mis à mort et crucifié.

Manger lors de la Pâque pendant 7 jours des pains sans levain. Ils sont appelés pains d'affliction.

Après la mort de Jésus, les Juifs allaient avoir à manger de l'affliction, jusqu'au moment où il viendrait une 2ème fois pour les racheter.

 
 
      Ainsi, la fête des pains sans levain, célébrée par les Israélites dans la loi de Moïse, était un témoignage que 1300 ans plus tard, lorsque le Christ viendrait parmi les siens, les Juifs le rejetteraient, et qu'à cause de cela, ils recevraient une période d'affliction et de châtiments.  
 
3. La fête des prémices de la moisson
 
Cette fête se déroulait ainsi :

Les Israélites devaient couper une des premières gerbes d'orge le soir au moment du coucher du soleil de la Pâque. Puis les gerbes devaient être déposées dans le temple pour y  rester pendant le samedi (jour de sabbat pour les juifs).  Selon les évangiles, au coucher du soleil, le corps de Jésus fut descendu de la croix par les disciples. Il fut déposé dans une tombe dans laquelle il resta le samedi.


Le lendemain du jour de sabbat (dimanche), le prêtre devait prendre la gerbe d'orge dans ses mains et l'élever devant Dieu. Les évangiles nous apprennent que Jésus se leva de la tombe et s'éleva devant Dieu dans la résurrection.


 
 
      Cette fête qui s'appelle fête des prémices de la moisson ou des premiers fruits de la moisson, est accomplie en Jésus-Christ qui représente les prémices d'entre les morts, c'est-à-dire les premiers fruits de la moisson d'entre les morts. Ainsi, cette fête rendait témoignage pour les Israélites qui vivaient la loi de Moïse, que le Messie allait ressusciter le troisième jour.  
  
4. La fête des semaines (de la récolte)
 
      Après la fête des prémices de la moisson, Israël devait compter sept semaines de sept jours, c’est-à-dire 49 jours. Le matin suivant, c’est-à-dire le 50ème jour, devait être considéré comme sacré et les Israélites devait apporter de nombreuses offrandes à l'Éternel. En Grec, le chiffre cinquante est désigné par le mot pentecôte. Que se passa t-il le cinquantième jour après la résurrection du Christ, c’est-à-dire le jour de la pentecôte ? Le chapitre 2 du livre des Actes nous renseigne à ce sujet. Les apôtres étaient réunis dans un lieu lorsque le Saint-Esprit descendit sur chacun d'eux. Ils se mirent à parler en d'autres langues que la leur et à prêcher dans la langue des gens qui se pressaient en foule. Il y eut en ce jour 3000 convertis qui se firent baptiser dans l'Église de Jésus-Christ du midi des temps. Ainsi, la fête des prémices de la moisson symbolisait le début de la récolte des âmes par l’oeuvre missionnaire de l'Église du Christ.

 
L’été
 
      Les quatre fêtes sacrées que nous venons d'examiner étaient célébrées par les Israélites au printemps. Apparemment, pendant l'été, aucune fête n'était célébrée en Israël. L’été apparaît comme un temps mort qui symbolise la saison morte de l’apostasie qui suivit l'établissement de l’Église de Jésus-Christ au midi des temps.  
 

Les fêtes de l’automne
 
      Les trois dernières fêtes de la loi de Moïse devaient avoir lieu en automne. Elles symbolisaient des événements qui allaient se produire dans les derniers jours, à notre époque. Elles avaient pour nom : la fête des trompettes, le jour de l'expiation et la fête des tabernacles.
 
1. La fête des trompettes
 
      La fête des trompettes devait avoir lieu le premier jour du 7ème mois, ce qui correspond dans notre calendrier à la fin de septembre. Par le son des trompettes, les Israélites devaient publier une sainte convocation au peuple.
 
      Pour comprendre ce que symbolise cette fête dans les derniers jours, il faut savoir ce qu'elle commémore. Cette fête sacrée commémore l'époque du premier arrêt des Israélites après leur fuite d'Égypte. Cette halte fut prévue pour qu’Israël apprécie sa liberté, après l’esclavage vécu en Égypte, et renouvelle son culte à Dieu, après l'apostasie survenue parmi eux en Égypte.
 
      La fête des trompettes symbolise un appel lancé à Israël, dans les derniers jours, à sortir de l'apostasie, à renouveler leur culte à Dieu et à se rassembler. C’est le sens de la venue de l'ange Moroni qui apparut à Joseph Smith la première fois le 21 septembre 1823 et qui lui remit les plaques d'or le 22 septembre 1827 après lui avoir rendu visite les trois années précédentes à la même date. La période de l’année à laquelle l'ange Moroni visita Joseph Smith, à savoir vers la fin du mois de septembre, correspond à la période où se tenait la fête des trompettes chez les Israélites, au temps de Moïse. La statue de l'ange Moroni qui orne la flèche de nombreux temples de notre époque le représente avec une trompette. La fête des trompettes symbolisait le rétablissement de l'Évangile dans les derniers jours et le renouvellement du vrai culte à Dieu.  
 
2. Le jour de l’expiation
 
      Le jour sacré de l'expiation avait lieu 10 jours après le jour sacré de la fête des trompettes. Pour comprendre la portée prophétique de ce jour saint, il faut considérer deux choses : le sacrifice du grand-prêtre et l'attitude du peuple hébreu. Ce jour là, le grand-prêtre entrait dans le tabernacle et allait dans le Saint des Saints pour faire une offrande de sang, qui apportait l'expiation pour les péchés d'Israël. Ceci fut accompli au midi des temps par le Christ lorsqu'il accomplit l'expiation infinie, par la vertu de son sang versé. L'apôtre Paul l’explique en détail dans l’épître aux Hébreux, aux chapitres 8 à10.
 
      Le deuxième aspect de ce jour sacré à prendre en considération est l'attitude du peuple hébreu. Ce jour-là, le peuple israélite devait humilier son âme, éprouver de la tristesse et de l'affliction (voir Lévitique 23:21). Or, ceci ne fut pas accompli par les Juifs au moment de la crucifixion de Jésus, car ils ne le reconnurent pas comme le Messie et le Rédempteur. Ils ne comprirent pas qu'il venait accomplir l'expiation éternelle. Par conséquent, ils ne s'humilièrent pas devant lui.
 
      Cependant, les prophéties mentionnent un jour particulier dans l'avenir où cela s'accomplira. Cela aura lieu lors de la bataille d'Harmaguédon, lorsque de nombreuses nations se rassembleront pour attaquer Jérusalem. Quand les Juifs seront sur le point d'être vaincus, Jésus apparaîtra sur le mont des Oliviers. Ce qui se passera alors est décrit dans la révélation moderne :
 
      « Et alors le Seigneur posera le pied sur cette montagne, et elle se fendra en deux, la terre tremblera et chancellera, et les cieux seront ébranlés aussi.
      « Et alors les Juifs tourneront les regards vers moi et diront : D'où viennent ces blessures que tu as aux mains et aux pieds ?
      « Alors ils sauront que je suis le Seigneur, car je leur dirai : Ces blessures sont celles que j'ai reçues dans la maison de mes amis. Je suis celui qui a été élevé. Je suis Jésus qui a été crucifié. Je suis le Fils de Dieu.
      « Et alors, ils pleureront à cause de leurs iniquités ; alors, ils se lamenteront parce qu'ils ont persécuté leur roi » (Doctrine et Alliances 45:48,51-53).

      Ainsi les Juifs s'humilieront et seront dans un esprit de supplication et de repentance devant le Seigneur et le Rédempteur.  
 
3. La fête des tabernacles
 
      La fête des Tabernacles, la dernière fête de la loi de Moïse, devait être célébrée cinq jours après le jour de l'expiation et devait durer une semaine. En quoi consistait cette fête ?

Les Israélites se fabriquaient des cabanes de feuillages et vivaient à l'intérieur.

Cela symbolisait que Dieu leur accorderait le repos et qu'il leur procurerait la tranquillité et l'aisance.
Ils devaient tenir dans leurs mains des fruits des beaux arbres, branches de palmier, rameaux de saule.

Cela représentait tous les dons et les bénédictions multiples qu'ils avaient reçus de Dieu.
Ils devaient continuellement se réjouir devant Dieu. Ce qui signifie que c'est une fête en l'honneur de Jéhovah.

 
 
      Quelle sera l'époque future où les hommes vivront en paix, goûteront le repos et la tranquillité et jouiront de bénédictions multiples de la part de Dieu ? Le millénium. Cette idée est confirmée par le troisième aspect de cette fête.
 
      La fête des tabernacles était une occasion de se réjouir, de rendre témoignage et de louer le Seigneur. Dans un sens plus large, c'est la fête de Jéhovah, la seule fête mosaïque qui sera rétablie lorsque Jéhovah viendra régner personnellement sur terre pendant mille ans. Ainsi, la fête des tabernacles représente figurativement l'époque future où le Christ sera honoré, loué et vénéré.

 
Conclusion
 
      Lorsque l'Éternel donna à Moïse un ensemble de révélations qui formaient la loi, il donna en même temps, d'une manière figurée, le témoignage des plus grands événements qui allaient se produire sur la surface de la terre. En effet, les sept fêtes sacrées qui font partie de la loi de Moïse portent témoignage de l'expiation du Christ, du rejet du Christ par les Juifs, de sa résurrection, de la moisson des âmes au midi des temps, de l’apostasie, du rétablissement de l’Évangile dans les derniers jours, de la rédemption des Juifs, et enfin du millénium.
 
      L'intelligence humaine est confondue par tout ce que ces fêtes sacrées de l'Ancien Testament contiennent de prophéties, de symboles et de promesses, en harmonie avec les Écritures. En y pensant vient à l'esprit cette louange : « Et ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’agneau, en disant : Tes oeuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations ! » (Apocalypse 15:3)


Source : Ensign, janvier 1975, p. 32-36