La majesté du Christ

 

 

 

J. Reuben Clark

 

Membre de la Première Présidence de 1933 à 1961

 

 

 

   

Qui est ce Jésus que nous adorons ?

 

      Qui est ce Sauveur, cet homme que nous adorons ? Nous avons tendance à le minimiser et à considérer qu'il nous appartient plus ou moins, qu'il est notre Sauveur et peut-être ne le connaissons-nous pas très bien.

 

      Je voudrais vous lire juste quelques mots pour commencer. Je vais les prendre dans le livre de Moïse, au premier chapitre, en commençant par le 3ème et le 32ème versets. Celui qui parle a déclaré : « Je suis le Seigneur Dieu Tout-Puissant. Infini est mon nom... Et je les ai créés par la parole de mon pouvoir... »

 

      Il montrait à Moïse la création que le Père avait faite et ils parlaient « face à face » (Moïse 1:2).

 

      « Et je les ai créées par la parole de mon pouvoir, qui est mon Fils unique, lequel est plein de grâce et de vérité.

 

      « Et j'ai créé des mondes sans nombre ; et je les ai également créés dans un dessein qui m'est propre, et je les ai créés par le Fils, qui est mon Fils unique.

 

      « ... Car voici, il y a beaucoup de mondes qui ont passé par la parole de mon pouvoir (c'est-à-dire son Fils unique). Et il y en a beaucoup qui existent maintenant, et ils sont innombrables pour l'homme, mais toutes choses me sont comptées, car elles sont miennes et je les connais.

 

      « ...Et le Seigneur Dieu parla à Moïse, disant : Les cieux sont nombreux, et l'homme ne peut les compter ; mais ils me sont comptés, car ils sont miens.

 

      « Et lorsqu'une terre et ses cieux passeront, une autre viendra. Et il n'y a pas de fin à mes œuvres ni à mes paroles » (Moïse 1:3, 32, 33, 35, 37, 38).

 

 

Il n'était pas un débutant à la Création

 

      Ce n'était pas un débutant, un amateur, un Être qui faisait son premier essai qui, au commencement, descendit, après le grand conseil, avec d'autres dieux, chercher un endroit où il y ait de l'espace (c'est ce que nous dit le récit fait dans Abraham). Puis, prenant de la matière qu'ils avaient trouvée dans cet « espace », ils firent le monde.

 

      Je veux vous suggérer deux ou trois choses. J'espère que ce ne sera pas trop déroutant. Nous, dans cette galaxie (les cieux que nous voyons sont la galaxie à laquelle nous appartenons), nous pouvons voir à un milliard d'années-lumière autour de nous. Une année-lumière est la distance que parcourt la lumière (qui a une vitesse de 300 000 km/seconde) en un an. Les astronomes nous disent que nous pouvons voir dans l'espace à un milliard d'années-lumière.

 

     Où nous nous trouvons, comment nous nous déplaçons, à quelle vitesse nous allons, nous ne le savons pas. Quand vous regardez le ciel, vous ne le voyez pas tel qu'il est aujourd'hui. Vous le voyez comme il était il y a un certain nombre d'années-lumière au moment ou la lumière que vous voyez maintenant a commencé à nous parvenir. Si ce que vous voyez est distant de cent années-lumière, vous le voyez tel qu'il était il y a cent millions d'années.

 

 

Notre galaxie : sa forme et ses dimensions

 

      On nous dit qu'il y a un million et demi de galaxies dans ce rayon qui sont les mêmes que la nôtre. On dit que cette galaxie dans laquelle nous vivons, dans laquelle nous existons, a cent mille années-lumière de diamètre [ndlr : depuis que le président Clark a écrit cet article, l'astronomie a acquis beaucoup plus de connaissances. L'univers connu va jusqu'à au moins deux milliards et demi d'années-lumière et les astronomes sont persuadés qu'il y a au moins dix milliards de galaxies. Voir par exemple Kenneth F. Weaver, « The Incredible Universe », National Geographic, mai 1974, p. 589-625].

 

     Les astronomes admettent maintenant ce qu'ils n'admettaient pas autrefois, c'est qu'il y a peut-être eu (et c’est probablement le cas) de nombreux mondes comme le nôtre. Certains disent qu'il y a peut-être eu, dans notre galaxie, depuis le début de sa formation, un million de mondes comme celui-ci.

 

     « Et j'ai créé des mondes sans nombre... par... mon Fils unique » (Moïse 1:33). Je le répète, notre Seigneur n'est pas un débutant, pas un amateur. Il a travaillé et toujours travaillé à cette réalisation.

 

     Et si vous pensez que dans cette galaxie qu'est la nôtre il y a eu depuis le début jusqu'à maintenant peut-être un million de mondes, si vous multipliez cela par le nombre de millions de galaxies, les cent millions de galaxies qui nous entourent, vous aurez une petite idée de qui est cet Homme que nous adorons.

 

 

Le but de notre création

 

      Il est membre de la Divinité qui se compose du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il participa au grand conseil dans les cieux qui décida de construire un monde, un monde dans lequel nous pourrions venir sous forme d'êtres mortels pour travailler à notre salut. J'imagine que sans aucun doute c'est le même but qu'a eu notre Sauveur un nombre incalculable de fois pour réaliser son œuvre de création de mondes comme il l'a fait pour nous. « Et j'ai créé des mondes sans nombre... par... mon Fils unique. »

 

 

Du trône à la crèche

 

      Il y avait en Palestine un couple, Joseph et Marie. Ils vivaient à Nazareth. On sait qu'ils avaient voyagé de Nazareth à Bethlehem pour se faire recenser conformément à un décret de l'empereur romain. Cela, c'était la raison apparente. Elle, enceinte, fit tout ce voyage à dos de mulet, gardée et protégée comme celle qui devait donner naissance à une divinité. Aucun autre homme dans l'histoire de ce monde n'a jamais eu de tels parents : d'une part, Dieu le Père, d'autre part, la vierge Marie.

 

      Quand ils furent arrivés à Bethlehem, ils ne trouvèrent pas de place à l'hôtelle­rie, vous vous rappelez. Tout était pris. Ils furent forcés d'aller dans une étable et le nouveau-né venant tout droit du trône de Dieu dut être couché dans une crèche, « descendu au-dessous de tout » (D&A 88:6), « lui qui est monté là-haut » (D&A 88:6). J'ai une grande compassion pour ce pauvre Joseph. Marie était sa femme, mais il n'était pas le père du Fils qu'elle portait. Des années plus tard, les Juifs le tournèrent en ridicule à cause de cela...

 

 

Situation en Palestine

 

      Il arriva dans une situation chaotique. La Palestine n'était pas un lieu de paix, d'amour et de fraternité. C'était le théâtre des plus terribles passions qui se déchaînaient dans le monde à ce moment-la. Elles habitèrent constamment ceux qui entourèrent le Sauveur.

 

      Vous vous souvenez de son voyage quand il avait douze ans où il indiqua clairement pour la première fois qui il était (au moins pour autant que Marie l'ait compris). C’est à cette occasion qu'après trois jours de recherches, Joseph et Marie le retrouvèrent en train de parler avec les docteurs des Juifs et que sa mère d'un ton de reproche, lui dit : « Ton père et moi... » (elle parlait de Joseph, ce qui indique que dans leur foyer, il obéissait à ses parents présumés, Joseph et Marie). « Ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse » (Luc 2:48). Et il répondit, faisant cette grande révélation : « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » (Luc 2:49)

 

      Mais il revint à Nazareth, et vécut avec eux. Il fut charpentier, fils d'un charpentier, jusqu'à ce qu'il commence sa mission. Ensuite, lorsque les gens le virent faire des choses prodigieuses, donner des enseignements étonnants et faire preuve d'une grande connaissance, ils dirent : « N'est-ce pas le fils du charpentier ? » (Matthieu 13:55) « N'est-ce pas le charpentier... ? » (Marc 6:3) Il vivait dans un humble foyer, le seul homme sur terre qui était né de Dieu et d'une femme mortelle. Il demeurait parmi les plus humbles, était instruit avec eux et accomplissait sa tâche parmi eux.

 

      Il continua sa vie, je le répète, suivi jour après jour par des forces ennemies qui l'auraient exterminé, mais échappant à toutes à cause de la grande mission qu'il devait accomplir.

 

 

Confusion chez les Juifs

 

      Je comprends, dans un sens au moins, la difficulté qu'eurent les Juifs. Ils virent dans ses miracles les mêmes que ceux qui avaient été faits par leurs prophètes tout au long de leur histoire. Il avait violé les lois de la pesanteur en marchant sur l'eau ; Élisée avait fait flotter une hache de fer sur l'eau. Il avait ressuscité des morts ; Élisée avait fait de même autrefois. Il multiplia les pains et les poissons et leur donna à manger ; le prophète Élie avait nourri cent personnes de la même façon avec peu et avait maintenu la provision d'huile de la veuve. Ils avaient vu manifestés tous ces grands principes, ils les connaissaient, et ils avaient de la difficulté à se rendre compte qu'il y avait en Jésus quelque chose qui allait au-delà.

 

      J'ai réfléchi à certains de ces miracles en les envisageant comme des miracles de Créateur, des miracles qui sont la démonstration de son pouvoir créateur, ceux que j'appellerai des miracles « créateurs ». Changer de l'eau en vin, comme cela a dû être simple pour un Dieu qui avait créé des univers ! Comme c'était simple de nourrir cinq mille personnes !

 

      J'espère que personne d'entre vous n'est troublé par les petits esprits qui disent que la multitude fut nourrie par des repas qu'elle avait apportés. Ce Créateur de l'univers, avec cinq pains et deux poissons, créa de la nourriture qui les rassasia tous. C’est peut-être pour faire taire la critique que l'on aurait pu faire à ce sujet ou pour détruire l'explication que l’on veut donner à ce miracle, à savoir qu'ils auraient été simplement hypnotisés par lui, que le texte précise : « et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient » (Matthieu 14:20). Quand il donna à manger à quatre mille personnes un peu plus tard, ce fut un miracle de la même importance.

 

     D'autres miracles prouvent qu'il maîtrisait les éléments : je pense à la nuit où il dormait à l'avant de la barque et qu'une grande tempête s'éleva. Les apôtres étaient terrifiés. Ils le réveillèrent et il calma la tempête. Et quand, après avoir donné à manger à cinq mille personnes, il marcha sur l'eau pour rejoindre les apôtres, je me rappelle combien ceux-ci furent effrayés, pensant que c'était un fantôme.

 

      On l’entend presque leur disant : « C'est moi, n'ayez pas peur ! » C'est là que Pierre lui demanda : « Ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. » Et Jésus répondit : « Viens ! » Pierre sortit de la barque et commença à marcher sur l'eau, mais le courage et la foi lui manquèrent à la vue des grosses vagues. Il commença à s'enfoncer. Jésus étendit la main et le sauva, le réprimandant ainsi : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14:27-31) 

 

 

Le maître du règne animal

 

      Jésus était maître aussi du règne animal. Vous vous rappelez la pêche miraculeuse la première fois qu'il appela Pierre, Jacques et Jean. Ils avaient pêché toute la nuit, mais ils n'avaient rien attrapé. Il leur demanda de monter dans leur barque pour pouvoir parler à la foule. Ils s'éloignèrent un peu du rivage pour que la foule ne le presse pas trop.

 

      Quand il eut fini de parler, il dit : « Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher » (Luc 5:4). Ils répondirent qu'ils avaient pêché toute la nuit et qu'ils n'avaient rien attrapé. Cependant, sur sa parole, ils jetèrent leur filet qui fut rempli d'une telle quantité de poissons qu'il se rompit et qu'ils durent appeler Jacques et Jean pour qu'ils viennent les aider avec l'autre barque. Pierre, le grand Pierre, se jeta aux pieds du Sauveur et dit : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur » (Luc 5:8).

 

      Et cette expérience semblable, sur le rivage de cette même Galilée, après la résurrection, quand Pierre et les autres étaient allés pêcher, ne comprenant pas qu'ils avaient du travail à faire pour le service du Seigneur : aux premières lueurs du matin, ils virent un homme sur le rivage ; il y avait un petit feu. Une voix leur par­vint du rivage : « Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. » Ils le firent et le filet fut rempli. Jean se rappelant peut-être la première expérience dit : « C'est le Seigneur. » Pierre, s'enveloppant de son manteau parce qu'il était nu (il ne voulait pas se présenter nu devant le Seigneur) se jeta dans la mer et marcha ensuite dans l'eau jusqu'au rivage. Et ils mangèrent. Selon toute apparence, le Sauveur mangea avec eux. C'est là que Pierre reçut le commandement « Pais mes brebis » (Jean 21:6-17).

 

      L'humble Jésus était donc maître du règne animal.

 

 

Le règne végétal

 

      Et enfin, le règne végétal aussi se trouvait sous sa domination car il maudit le figuier stérile en passant. Certains érudits ont de grandes difficultés à comprendre ce miracle. Pour ma part, il me semble très simple, trop simple peut-être. Mais je comprends, d'après ce miracle, que celui qui ne fait pas ce que son Créateur lui a donné la possibilité de faire se met en danger d'être réprimandé. Vous ne pouvez pas être stérile avec l'intelligence, les talents que Dieu vous a donnés.

 

      Combien ces miracles de Jésus semblent grands pour les mortels, mais combien c'est simple pour Celui qui peut créer ou détruire les univers. Douterons-nous encore du pouvoir qu'avait Jésus d'accomplir ce qu'il a fait sur la terre

 

 

Il indique qui il est

 

     Il commença très tôt pendant son ministère à dire qui il était. Alors qu'il se rendait vers le nord, après la première Pâque, il vit Nicodème à qui il indiqua qu'il était le Christ. Mais Nicodème ne comprit pas.

 

     Il voyagea vers le nord jusqu'à arriver en Samarie. Il s'arrêta au puits de Jacob et vit une femme de Samarie. Il lui dit qui il était. Les Samaritains étaient haïs des Juifs et les Juifs des Samaritains. C'est, je pense, la première fois au cours de sa mission qu'il montra qu'il était venu pour tous les hommes et pas seulement pour les tribus choisies. Par la suite, il indiqua encore de temps en temps qu'il était le Messie.

 

     Un jour qu'il assistait à la Fête des Tabernacles dans le temple de Jérusalem, on lui posa des questions sarcastiques au sujet de son ascendance. Les Juifs parlaient de leur ascendance : ils étaient fils d'Abraham ! Il arriva un moment dans la discussion où Jésus dit qu'il connaissait Abraham. Ils répondirent alors : « Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » Et il leur fit cette réponse : « Avant qu'Abraham fut, je suis » (Jean 8:57, 58). C'est ainsi qu'il déclara qu'il était le Messie.

 

      Il fit ainsi tout au long de sa vie.  

 

 

Sa grande mission

 

      Il eut une grande mission à accomplir. Il dut faire cesser, « accomplir », comme il nous l'a dit, la loi de Moïse. Si vous voulez savoir combien il dut s'éloigner des lois qui avaient été données à l'ancienne Israël, lisez le sermon sur la montagne et ses autres sermons, et voyez combien il dut travailler à expliquer la nouvelle loi.

 

      En voici une illustration ; il dit :

 

      « Vous avez, appris qu'il a été dit : Tu ne commettras point d'adultère.

 

     « Mais moi je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » (Matthieu 5:27, 28).

 

      La nouvelle loi, c'était cela.

 

      Et il en fut ainsi pour des milliers d'autres choses. Ces documents auxquels je me réfère sont les plus grands documents révolutionnaires de toute l'histoire du monde. Ils marquent l'abandon, l'accomplissement de la loi mosaïque et l'introduction et la mise en œuvre de la loi de l'Évangile qu'il avait rétablie.

 

 

De la croix au trône

 

      Finalement, au dernier procès, ayant été traduit devant Anne, il fut emmené ensuite devant Caïphe, le beau-fils d'Anne. Caïphe était le grand-prêtre mis en place par le gouvernement romain. Caïphe était l'homme qui, sous la loi mosaïque aurait été premier grand-prêtre. Au procès qui eut lieu devant Caïphe et le Sanhédrin, Caïphe demanda : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Matthieu 26:63). Et Marc nous rapporte la réponse de Jésus : « Je le suis » (Marc 14:62).

 

      Mais ils l'emmenèrent le lendemain et le livrèrent à Pilate. Ce pauvre Pilate était déchiré parce qu'il était convaincu de l'innocence de cet homme et il chercha à le relâcher, mais sans succès ! Ils voulaient absolument la mort du Christ. Finalement, il fut condamné et livré aux Juifs.

 

     Puis il fut emmené au Calvaire et lui, un Dieu, membre de la Trinité, fut crucifié sur une fausse accusation de trahison, entre deux brigands. Père lui aussi de la Création, appartenant à la Divinité, venu sur la terre, né dans une crèche, venu tout droit du trône de Dieu, il fut crucifié comme un vulgaire criminel entre deux voleurs !

 

     Ressuscité au matin du troisième jour, nombreux furent ceux qui le virent, qui le touchèrent ; et il vécut sur terre encore pendant quarante jours, comme s'il répugnait à laisser ceux avec qui il avait travaillé si longtemps. Ensuite - et même avant cela ­ il retourna à la Sainte Trinité, reprit sa place près du Père, sa place de membre de la Divinité.

 

 

L'homme que nous adorons

 

     Voilà l'homme que nous adorons. Voilà l'homme qui nous a donné la loi qui nous permettra d'accomplir notre destinée annoncée depuis le commencement. Voilà l'homme qui s'est sacrifié. « Voici l'Agneau de Dieu » (Jean 1:29) « tué dès la fondation du monde » (Moïse 7:47), nous a-t-on dit dès les temps les plus anciens. Il est mort pour expier les péchés d'Adam.

 

      Personne d'entre nous n'est né plus humblement; personne d'entre nous n'est mort de façon plus ignominieuse que lui. Mais il l'a fait pour vous et moi pour que, lorsque nous aurons terminé notre séjour ici-bas, après être allés dans la tombe et avoir payé les fautes que nous pourrions avoir à y payer, nous puissions, nous aussi, être ressuscités et retourner dans la présence de Celui qui nous avait envoyés, les bons comme les mauvais.

 

      Voilà l'homme que nous adorons : ce n'est pas un homme de haute classe ni un homme sage de la sagesse de ce monde ; ce n'est pas un homme d'un grand pouvoir bien qu'il ait dit un jour : « Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges ? » (Matthieu 26:53). Il ne se servait jamais de ses pouvoirs divins à des fins égoïstes, mais toujours pour le bénéfice des autres, pour toute l'humanité. Il se sacrifiait toujours, essayait toujours d'obéir à la volonté du Père. Il nous a dit et répété de nombreuses fois qu'il ne faisait rien qu'il n'ait vu le Père faire et n'enseignait rien qu'il n'ait entendu le Père enseigner.

 

      Pourquoi cela, c'est un mystère qui me dépasse. Je ne peux qu'accepter les faits comme ils sont exposés dans le récit. Et ce récit me dit que si j'obéis à ses commandements, si je vis comme il veut que je vive, je réussirai à accomplir la destinée qu'il m'a fixée, une destinée de progression éternelle, une destinée qui consistera à vivre en sa présence (pour autant que je l'aie mérité par mon travail), une destinée qui me permettra d'obtenir un pouvoir sans limite que je recevrai si je cherche à l'obtenir par la dignité de ma vie.

 

      Puisse le Seigneur accorder que naisse en chacun de nous la détermination de le servir et de garder ses commandements. Puisse le Seigneur nous donner une vision un peu meilleure de lui, de qui il est, de sa grande sagesse, de son expérience et de sa connaissance. Il a dit qu'il était le chemin, la vie, la lumière et la vérité (Jean 8:12 ; 14:6). Il l'a dit et répété sans cesse. Ils ne l'ont pas cru à ce moment-là ; le monde, en général, ne le croit pas maintenant. Mais c'est notre droit, notre devoir, notre pouvoir de connaître ces vérités et de les intégrer à notre vie.

 

 

Sources :

 

J. Reuben Clark, Jr, Behold the Lamb of God, p. 15-25, Deseret Book Co., Salt Lake City, 1962

Vie et Enseignements de Jésus (Institut, Nouveau Testament, Première partie, Manuel de l'étudiant), p. 16-21