Pourquoi l'homme est-il ici ?

 

 

 

LeGrand Richards (1886-1983)

 

Évêque président de 1938 à 1952

Membre du collège des Douze de 1952 à 1983

 

 



 

Le but de la création de la terre

      Quand nous regardons un bâtiment, nous voyons bien qu'il n'a pas été créé sans raison. Chaque bâtiment a été conçu et édifié pour une raison précise. De même, quand nous contemplons la terre splendide sur laquelle nous avons la chance de vivre, nous voyons bien qu'elle n'a pas été créée sans raison.


      Quand furent posées les fondations de la terre, « tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie » (voir Job 38:7) parce qu'ils comprenaient que par le plan de l'Évangile qui était déjà prêt à ce moment-là. Ils avaient à portée de main la possibilité de progresser dès qu'ils auraient l'occasion de venir sur terre et d'y prendre un corps. Ils savaient qu'en obéissant à ce plan, ils se prépareraient à « l'immortalité et à la vie éternelle » (voir Moïse 1:39).


      Après que Dieu lui eût montré les esprits « qui furent organisés avant que le monde fût », Abraham dit :

      Il y en avait un parmi eux qui était semblable à Dieu, et il dit à ceux qui étaient avec lui : Nous descendrons, car il y a de l'espace là-bas, nous prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre sur laquelle ceux-ci pourront habiter ; Nous les mettrons ainsi à l'épreuve, pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera ; Ceux qui gardent leur premier état recevront davantage ; ceux qui ne gardent pas leur premier état n'auront point de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent leur premier état ; et ceux qui gardent leur second état recevront plus de gloire sur leur tête pour toujours et à jamais (Abraham 3:24-26).

      Voici donc le motif de la création de la terre : préparer un lieu où les esprits engendrés par Dieu pussent demeurer et être mis « ainsi à l'épreuve, pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera ».

La situation de ceux qui n'ont pas gardé leur premier état

      Nous avons déjà examiné la situation des esprits qui n'ont « pas gardé leur premier état », qui furent chassés du ciel avec Satan et qui constituent le tiers des armées du ciel ; ils ont été chassés avec lui en tant qu'esprits et se voient donc refuser la bénédiction de prendre un corps de chair et de sang. Ils n'ont donc « point de gloire dans le même royaume que ceux qui gardent leur premier état. » Nous ne serons sans doute jamais capables de comprendre en cette vie ce que cela signifie d'être privé du droit sacré de recevoir un corps.


Lorsque Jésus chassa l'esprit mauvais de l'homme que nul ne pouvait enchaîner, il lui demanda son nom, et l'esprit répondit « Légion, car nous sommes plusieurs » (voir Marc 5:2-9). Lorsqu'ils eurent reçu l'ordre de quitter le corps du possédé, ils demandèrent l'autorisation d'entrer dans le corps de pourceaux qui paissaient dans la prairie, et quand leur requête eut été accordée, « le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer » (voir Marc 5:13). Il est tellement désirable d'avoir un corps que ces esprits mauvais, qui avaient perdu le droit d'avoir leur propre corps, étaient même disposés à entrer dans des corps de pourceaux.


      Si nous arrivons à comprendre la portée de cette aventure et la leçon à en tirer, comment serons-nous assez reconnaissants envers notre Père céleste de ce qu'il nous a permis de recevoir un corps et de ce qu'il nous a donné l'assurance qu'après l'avoir déposé dans la tombe nous le reprendrons à la résurrection grâce à l'expiation de notre Seigneur Jésus-Christ ?


      Dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith, le Seigneur a enseigné ceci :

      Car l'homme est esprit. Les éléments sont éternels, et l'esprit et l'élément, inséparablement liés, reçoivent une plénitude de joie ; Et lorsqu'ils sont séparés, l'homme ne peut recevoir de plénitude de joie (D&A 93:33,34).

      Donc, le premier but de la vie terrestre est d'obtenir un corps, sans lequel « l'homme ne peut recevoir de plénitude de joie ».


      Le prophète Léhi connaissait aussi le but de l'existence de l'homme :

      Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir la joie (2 Néphi 2:25).

L'importance de notre second état

      Nous allons maintenant voir combien il est important de garder notre second état, qui est la vie terrestre. Puisse ce que nous avons appris concernant le sort des esprits qui n'ont pas conservé leur premier état nous inspirer le désir et la volonté de garder notre second état, pour que nous puissions recevoir plus de gloire sur notre tête pour toujours et à jamais.


      Nous devons avoir présente à l'esprit l'idée que nous sommes ici-bas avec notre libre arbitre pour être mis à l'épreuve, pour voir si nous ferons tout ce que le Seigneur notre Dieu nous commandera ; car, c'est pour nous fournir cette occasion que le Seigneur a créé la terre. Il a déclaré à Moïse :

     
Car voici mon oeuvre et ma gloire : réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme (Moïse 1:39).

      Au prophète Joseph Smith le Seigneur a dit :

      Et si tu gardes mes commandements et persévères jusqu'à la fin, tu auras la vie éternelle, qui est le plus grand de tous les dons de Dieu (D&A 14:7).

 

      ... celui qui reçoit la lumière et persévère en Dieu en reçoit davantage et cette lumière brille de plus en plus, jusqu'à atteindre le jour parfait (D&A 50:24).

      Pour que l'homme puisse donc faire ses preuves, il doit acquérir la connaissance et la compréhension des commandements de Dieu, qui se trouvent dans l'Évangile. Comme c'est l’œuvre et la gloire du Seigneur de « réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme », nous devons prendre part à l’œuvre du Seigneur, car le Seigneur doit avoir des instruments pour accomplir ses desseins :

     
Souvenez-vous que les âmes ont une grande valeur aux yeux de Dieu...  Et comme il se réjouit de l'âme qui se repent ! C'est pourquoi vous êtes appelés à crier repentance à ce peuple. Et s'il arrive que vous travailliez toute votre vie à crier repentance à ce peuple et que vous m'ameniez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père ! Et maintenant, si votre joie doit être grande avec cette seule âme que vous m'aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m'en amenez beaucoup ! (D&A 18:10,13-16)

      En février 1829, plus d'un an avant que l'Église fût organisée, le Seigneur donna au prophète Joseph Smith une révélation dont nous citons ce qui suit :

     
Voici, une oeuvre merveilleuse est sur le point de se produire parmi les enfants des hommes. C'est pourquoi, ô vous qui vous embarquez dans le service du Seigneur, veillez à le servir de tout votre cœur, de tout votre pouvoir, de tout votre esprit et de toutes vos forces afin d'être innocents devant Dieu au dernier jour. C'est pourquoi, si vous éprouvez le désir de servir Dieu, vous êtes appelés à l’œuvre ; Car voici le champ est déjà mûr pour la moisson et voici, celui qui se sert de la faucille de toutes ses forces amasse des provisions afin de ne pas périr, mais apporte le salut à son âme (D&A 4:1-4).

Le corps du Christ

      L'apôtre Paul explique que, par notre acceptation de l'Évangile, nous sommes tous membres du corps du Christ, que chacun reçoit un don, différent peut-être, mais par le même esprit, et que chacun est responsable du fonctionnement correct du corps :

      « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; Diversité de ministères, mais le même Seigneur ; Diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune. En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; À un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; À un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues.


    « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ. Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été, abreuvés d'un seul Esprit.


    « Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps, ne serait-il pas du corps pour cela ? Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un oeil, je ne suis pas du corps, ne serait-elle pas du corps pour cela ? Si tout le corps était oeil, où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat ? Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ?


    « Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps. L’œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous. Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ... Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part.


    « Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous ont-ils le don des miracles ? Tous ont-ils le don des guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ? Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence (1 Corinthiens 12:4-22, 27-31).

      Nous apprenons par cette épître de Paul que tous ceux qui sont baptisés, le sont pour former un seul corps, qu'ils soient Juifs ou Gentils, esclaves ou libres ; et qu'on les a tous abreuvés d'un seul Esprit. Paul a expliqué dans le détail comment chaque membre du corps reçoit un don spirituel particulier, et que tous les membres sont nécessaires pour que le corps fonctionne parfaitement, qu'un membre ne peut pas dire à l'autre « Je n'ai pas besoin de toi ». Nous apprenons qu'il y a du travail pour tous les membres de l'Église de Jésus-Christ. Chacun doit développer les dons ou talents dont le Seigneur l'a pourvu. Paul a aussi montré que même les membres les plus faibles sont nécessaires.



L'homme est tenu de développer ses talents

      On peut rapprocher ces paroles de Paul de la parabole des talents racontée par Jésus :

      « Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. Celui qui n'en avait reçu qu'un alla faire un creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître.


      « Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. Celui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit : Seigneur, tu m'as remis cinq talents ; voici, j'en ai gagné cinq autres. Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il dit : Seigneur, tu m'as remis deux talents ; voici j'en ai gagné deux autres. Son maître lui dit : C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.


      « Celui qui n'avait reçu qu'un talent s'approcha ensuite, et il dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui amasses où tu n'as pas vanné ; J'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi. Son maître lui répondit Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n'ai pas semé, et que j'amasse où je n'ai pas vanné ; Il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j'aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Matthieu 25:14-30).

      Jésus a bien montré que chacun ne devra rendre des comptes que pour les talents ou dons qu'il a reçus : « Car on demandera beaucoup à qui l'on a beaucoup donné » (voir Luc 12:48). Personne ne peut dire qu'il n'a rien reçu. Quand ce ne serait qu'un seul talent, il est attendu de lui qu'il développe ce talent de telle manière que quand son Maître viendra, il pourra le lui rendre avec bénéfice. On remarquera aussi qu' « on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents ».


      Pouvez-vous imaginer une raison plus valable pour « ces pleurs et ces grincements de dents » que d'apprendre de la bouche de votre Maître, quand vous serez appelé à rendre compte de votre vie ici-bas, qu'après avoir été fidèle dans votre existence d'esprit et avoir gardé votre premier état, vous avez échoué dans le second, quand on vous a mis à l'épreuve pour voir si vous feriez tout ce que le Seigneur, votre Dieu, vous commanderait (voir Abraham 3:25), vous ne l'avez pas fait ? Rappelez-vous, le Seigneur a dit de ceux-là : « Jetez le serviteur inutile dans les ténèbres du dehors » (Matthieu 25:30).


      Nous avons déjà envisagé le sort des esprits qui n'ont pas gardé leur premier état, mais nous n'avons pas encore vu quelle sera la fin de ceux qui ne gardent pas leur second état. La conscience de notre échec augmentera quand « ce qui est parfait sera venu » (1 Corinthiens 13:10) et que nous retrouverons le souvenir de notre existence antérieure, au moment où « nous verrons comme nous sommes vus et nous connaîtrons comme nous sommes connus » (voir D&A 76:94).


      Jésus a enseigné à ses disciples que le chemin de la grandeur passe par le service d'autrui :

« ... Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur ; Et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave (Matt. 20:26,27).

      Pierre disait, en parlant de l'Église du Christ de son temps :

      « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » (1 Pierre 2:9)

      Il est évident que Pierre avait conscience de la grande responsabilité qui allait reposer sur les membres de l'Église, ce « sacerdoce royal » dont nous avons déjà discuté, d' « annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » à tous les hommes de partout.

Les héritiers de la gloire céleste

      Dans la révélation ou vision des trois degrés de gloire qu'il donna le 16 février 1832 à Joseph Smith et à Sidney Rigdon à Hiram, en Ohio, le Seigneur précisa qui seraient les
héritiers de la gloire céleste :

      « Ce sont ceux qui sont l'Église du Premier-né. Ce sont ceux entre les mains desquels le Père a tout remis. Ce sont ceux qui sont prêtres et rois, qui ont reçu de sa plénitude et de sa gloire ; Et sont prêtres du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek, qui était selon l'ordre d'Énoch, qui était selon l'ordre du Fils unique. C'est pourquoi, comme il est écrit, ils sont dieux, oui, les fils de Dieu. C'est pourquoi tout est à eux, que ce soit la vie ou la mort, le présent ou l'avenir, tout est à eux, et ils sont au Christ, et le Christ est à Dieu. » (D&A 76:54-59)

      Il est donc évident qu'un homme doit recevoir la prêtrise selon l'ordre de Melchisédek pour se qualifier pour l'exaltation dans le royaume céleste.
Dans une autre révélation donnée en septembre 1832 au prophète Joseph Smith au sujet de la prêtrise, le Seigneur dit :

      « Car tous ceux qui, par leur fidélité, obtiennent ces deux prêtrises dont j'ai parlé et magnifient leur appel, sont sanctifiés par l'Esprit et leur corps sera renouvelé. Ils deviennent les fils de Moïse et d'Aaron, la postérité d'Abraham, l'Église et le royaume, et les élus de Dieu. Et tous ceux qui reçoivent cette prêtrise me reçoivent, dit le Seigneur. » (D&A 84:33-35)

Le mariage et les rapports familiaux clans le plan éternel

      Dans notre étude du mariage, nous avons attiré l'attention sur le fait que l'homme sans la femme ne peut réaliser la pleine mesure de sa création :

« L'Éternel Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui... Et l'homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l'appellera femme parce qu'elle a été prise de l'homme. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » (Genèse 2:18, 23-24).

      Il faut se souvenir que c'est avant la chute d'Adam et Ève que « Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul » et que les deux seraient « une seule chair ». Puisque ceci était vrai avant la chute, et puisque Dieu considérait l'homme et la femme comme « une seule chair », on comprend d'autant mieux combien il est important que cette relation existe encore, une fois l'homme racheté des effets de la chute, c'est-à-dire lorsqu'il vivra éternellement.


      L'apôtre Paul savait à quel point ceci était important :

      « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. » (1 Corinthiens 11:11)

      Ce principe a été clairement révélé au prophète Joseph Smith :

      « Il y a, dans la gloire céleste, trois cieux ou degrés. Pour obtenir le plus haut, l'homme doit entrer dans cet ordre de la prêtrise (à savoir la nouvelle alliance éternelle du mariage). Sinon, il ne peut l'obtenir. Il peut entrer dans l'autre, mais c'est là la fin de son royaume ; il ne peut avoir d'accroissement. » (D&A 131:1-4)


      « Car voici, je te révèle une nouvelle alliance éternelle ; et si tu ne respectes pas cette alliance, tu seras damné ; car nul ne peut rejeter cette alliance et recevoir la permission d'entrer dans ma gloire. Car tous ceux qui veulent avoir une bénédiction de moi respecteront la loi qui a été fixée pour l'obtention de cette bénédiction et ses conditions, dès avant la fondation du monde. Et en ce qui concerne la nouvelle alliance éternelle, elle fut instituée pour la plénitude de ma gloire ; et celui qui en reçoit une plénitude doit respecter et respectera la loi, ou il sera damné, dit le Seigneur Dieu...


      « C'est pourquoi, si un homme épouse une femme en ce monde, mais ne l'épouse pas par moi ni par ma parole, et fait alliance avec elle aussi longtemps qu'il est dans le monde, et elle avec lui, leur alliance et mariage ne sont pas valables lorsqu'ils sont morts et hors du monde ; ils ne sont donc liés par aucune loi lorsqu'ils sont hors du monde. C'est pourquoi, lorsqu'ils sont hors du monde, les hommes ne peuvent prendre de femmes ni les femmes de maris, mais ils deviennent des anges dans les cieux ; lesquels anges sont des serviteurs au service de ceux qui sont dignes d'une part de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle. Car ces anges ne se sont pas conformés à ma loi ; c'est pourquoi, ils ne peuvent s'accroître, mais restent à toute éternité séparés et célibataires, sans exaltation, dans leur état sauvé. Et dès lors, ils ne sont pas dieux, mais anges de Dieu, pour toujours et à jamais...


      « De plus, en vérité, je te le dis, si un homme épouse une femme par ma parole qui est ma loi et par la nouvelle alliance éternelle et que leur union est scellée par le Saint-Esprit de promesse, par celui qui est oint, à qui j'ai donné ce pouvoir et les clefs de cette prêtrise, et qu'il leur est dit : Vous vous lèverez dans la première résurrection et si c'est après la première résurrection, dans la résurrection suivante - et hériterez de trônes, de royaumes, de principautés, de pouvoirs, de dominations, de toutes les hauteurs et profondeurs... il leur sera fait en toutes choses dans le temps et dans toute l'éternité comme mon serviteur le leur aura promis. Et ce sera pleinement valide lorsqu'ils seront hors du monde.


      « Et ils passeront devant les anges et les dieux qui sont placés là, vers leur exaltation et leur gloire en toutes choses, comme cela a été scellé sur leur tête, laquelle gloire sera une plénitude et une continuation des postérités pour toujours et à jamais. Alors ils seront dieux, parce qu'ils n'auront pas de fin ; c'est pourquoi, ils seront (Je toute éternité à toute éternité, parce qu'ils continuent. Alors ils seront au-dessus de tout, car tout leur sera soumis. Alors ils seront dieux, parce qu'ils auront tout pouvoir et que les anges leur seront soumis. En vérité, en vérité, je te le dis, si tu ne respectes pas ma loi, tu ne pourras atteindre cette gloire. » (D&A 132:4, 6, 15-17, 19-21)

      Cette révélation montre que les hommes ne peuvent devenir des dieux et obtenir « une plénitude et une continuation des postérités pour toujours et à jamais », qu'en respectant la nouvelle alliance « éternelle du mariage, et que sans mariage ils ne peuvent devenir que « des serviteurs au service de ceux qui sont dignes d'une part de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle ».


      Lorsque le Seigneur dit à propos de la nouvelle alliance éternelle du mariage : « si tu ne respectes pas cette alliance, tu seras damné », il n'utilisait pas le mot « damné » au sens où il est ordinairement compris par le monde chrétien moderne, car on remarquera d'autre part qu'il a spécifié qu'ils seront « des anges dans les cieux ; lesquels anges sont des serviteurs au service de ceux qui sont dignes d'une part de gloire beaucoup plus grande, incomparable et éternelle. Au verset dix-sept de la citation ci-dessus, le Seigneur dit qu'ils « restent séparés et célibataires, sans exaltation, dans leur état sauvé ». Donc, même eux seront sauvés, mais non pas exaltés. Le mot « damné » signifie donc « dont le progrès est arrêté » (voir D&A 131:41) ; « ils ne peuvent s'accroître » (voir D&A 132:17).


      Quand nous avons étudié la mission d'Élie dans ses rapports avec le mariage, nous avons expliqué que le Seigneur a pris des dispositions pour que « la nouvelle alliance éternelle du mariage » puisse être contractée par procuration dans les temples du Seigneur pour ceux qui n'ont pas eu cette chance dans leur état mortel.
 

Les enfants sont « un héritage de l'Éternel »

      Dans cette étude de l'importance du mariage considéré comme une étape de notre progression éternelle, nous avons noté que cette gloire sera « une plénitude et une continuation des postérités pour toujours et à jamais. » (voir D&A 132:19)


      Le Psalmiste connaissait la place qu'occupent les enfants dans le plan du Seigneur :

      « Voici, des fils sont un héritage de l'Éternel, le fruit des entrailles est une récompense. Comme les flèches dans la main d'un guerrier, ainsi sont les fils de la jeunesse. Heureux l'homme qui en a rempli son carquois. » (Psaumes 127:3-5)

      En Israël, dans l'Antiquité, être stérile était considéré comme un déshonneur pour une femme. Pensez à ce que dit Rachel à Jacob :

     
« Lorsque Rachel vit qu'elle ne donnait point d'enfants à Jacob, elle porta envie à sa sœur, et elle dit à Jacob : Donne-moi des enfants ou je meurs... Dieu se souvint de Rachel, il l'exauça et la rendit féconde. Elle devint enceinte, et enfanta un fils, et elle dit : Dieu a enlevé mon opprobre. » (Genèse 30:1, 22-23)

      Réfléchissez à la promesse faite à Abraham et à Sarah, alors qu'Abraham avait cent ans et Sarah quatre-vingt-dix, dans laquelle il était dit que Sarah aurait un fils et que son nom serait Isaac :

     
« Je la bénirai, et te donnerai d'elle un fils ; je la bénirai, et elle deviendra des nations ; des rois de peuples sortiront d'elle. » (Genèse 17:16)

      On remarquera que cette bénédiction spéciale que le Seigneur donna à Abraham et à Sarah permit à cette autre promesse de se réaliser :

      « Alors l'Éternel dit : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? Abraham deviendra une nation grande et puissante, et en lui seront bénies toutes les nations de la terre. » (Genèse 18:17-18).

      Sans postérité, les bénédictions que le Seigneur réservait à Abraham n'auraient pu se réaliser pleinement : « En lui seront bénies toutes les nations de la terre ». Et Sarah devait être mère de « nations » ; des « rois de peuples sortiront d'elle ».


      De même que toutes les nations de la terre devaient être bénies en Abraham et en sa postérité, et que Sarah deviendrait mère de nations et que des rois de peuples sortiraient d'elle, de même la nouvelle alliance éternelle du mariage est nécessaire pour que tout homme fidèle puisse jeter les bases de son royaume par sa femme et sa postérité.


      Il y a beaucoup de gens fidèles qui ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour se montrer dignes des plus hautes bénédictions du Seigneur, et qui, sans qu'il y ait eu faute de leur part, n'ont pas eu la chance d'avoir des enfants dans cette vie. D'autre part, il y a nombre de gens qui ont eu des enfants dont la vie a été telle qu'ils seront tout à fait indignes d'eux dans les mondes éternels. Le Seigneur a prévu un millénium au cours duquel les corrections nécessaires seront apportées.

Le but de l'existence de l'homme sur terre

      On peut résumer comme suit le but de l'existence de l'homme sur terre :


1. Être mis à l'épreuve par Dieu « pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera » (voir Abraham 3:25).


2. Recevoir un corps de chair et d'os, car le corps et l'esprit séparés « ne peuvent recevoir de plénitude de joie » (voir D&A 93:33-34).


3. Prouver qu'il est capable de garder son second état comme il a gardé son premier état, afin de recevoir « plus de glaire sur [sa] tête pour toujours et à jamais » (Abraham 3:26).


4. Développer les dons et les talents dont il hérite à la naissance, afin de pouvoir rendre un compte favorable de son intendance, pour que le Seigneur puisse dire : « C'est bien, bon et fidèle serviteur ; tu es été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25:21).


5. Satisfaire aux conditions requises pour hériter de la gloire céleste, en devenant « prêtre du Très-Haut, selon l'ordre de Melchisédek » (D&A 76:57).


6. Être scellé à une épouse pour le temps et toute l'éternité grâce à la Sainte Prêtrise, par quelqu'un qui a l'autorité du Seigneur, car « dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme » (1 Corinthiens 11:11). Sans cette ordonnance de scellement du mariage, on ne peut obtenir le degré le plus haut de la gloire céleste (voir D&A 131:1-4) « laquelle gloire sera une plénitude et une continuation des postérités pour toujours et à jamais » (D&A 132:19).


7. Avoir des enfants, car « des [enfants] sont un héritage de l'Éternel, le fruit des entrailles est une récompense... Heureux l'homme qui en a rempli son carquois » (Psaumes 127:3, 5).
 

      C'est aux révélations que le Seigneur a faites au prophète Joseph Smith en vue du rétablissement de l'Évangile au cours de notre dispensation, la dispensation de la plénitude des temps (voir Éphésiens 1:9-10, version du roi Jacques), que nous devons de connaître exactement le but de l'existence de l'homme ici-bas.

 

 
(Source : LeGrand Richards, Une oeuvre merveilleuse et un prodige, Salt Lake City, 1950)