Discours prononcé sur la tombe de King Follett

 

 

Joseph Smith (1805-1844)

 

Président de l'Église de 1830 à 1844

Mort en martyr à l'âge de 38 ans

 

 
           

      Le président Joseph Smith prononça le discours suivant à la conférence de l'Église, le 7 avril 1844, devant vingt mille saints environ ; il s'agit de l'oraison funèbre de King Follett, ami intime du prophète, tué le 9 mars 1844 dans un accident. Ce discours fut rapporté par William Richards, Wilford Woodruff, Thomas Bullock et William Clayton, et fut publié pour la première fois le 15 août 1844 dans le Times and Seasons. Il ne s'agit pas d'un rapport sténographique, mais d'un rapport soigneusement et habilement rédigé, composé par ces hommes qui étaient formés à établir des rapports et à prendre des notes. Il y a manifestement quelques imperfections dans le rapport et certaines pensées exprimées par le prophète qui n'ont pas été rendues d'une manière tout à fait complète ; néanmoins il contient beaucoup de vérités admirables concernant les sujets traités et est par conséquent précieux en ce qu'il nous permet une meilleure compréhension que ce n'aurait été le cas autrement. Certaines paroles du prophète sont plus compréhensibles si on se souvient qu'à cette époque la tempête d'une persécution renouvelée se déchaînait sur lui et que sa vie était menacée de toutes parts. Il mourra en martyr moins de trois mois plus tard, lynché par des émeutiers au visage grimé. Les notes entre crochets qui ponctuent le texte sont les commentaires de la rédaction.

 


      Saints bien-aimés, je demande l'attention de l'assemblée pendant que je vous parle sur le sujet des morts. Le décès de notre frère bien-aimé, King Follett, qui fut écrasé dans un puits par la chute d'un bac de pierres a été la raison immédiate qui m'a amené à ce sujet. Ses amis et ses parents m'ont demandé de parler, mais attendu qu'il y en a beaucoup dans cette assemblée qui vivent dans cette ville aussi bien qu'ailleurs, qui ont perdu des amis, je me sens disposé à parler du sujet d'une manière générale, et vous présente mes idées dans la mesure où j'en suis capable, et dans la mesure où je serai inspiré par le Saint-Esprit de m'étendre sur ce sujet.

      J'ai besoin de vos prières et de votre foi pour que j'aie les instructions du Dieu tout-puissant et le don du Saint-Esprit pour exposer des choses qui sont vraies et que vous pouvez saisir facilement et que le témoignage apporte dans votre cœur et votre esprit la conviction de la véracité de ce que je vais dire. Priez pour que le Seigneur me fortifie les poumons, arrête les vents et fasse apparaître les prières des saints au ciel, afin qu'elles entrent dans les entrailles du Seigneur des armées, car les prières ferventes des justes ont une grande efficacité. Il y a de la force ici et je crois vraiment que vos prières seront entendues.

      Avant d'entrer pleinement dans l'examen du sujet que j'ai devant moi, je voudrais préparer le terrain et prendre le sujet par son début afin que vous le compreniez. Je ferai quelques préliminaires pour que vous compreniez le sujet quand j'y arriverai. Je n'ai pas l'intention de vous flatter les oreilles par une abondance superflue de mots ou d'éloquence ou par beaucoup d'érudition ; mais j'ai l'intention de vous édifier par les vérités simples du ciel.



La nature de Dieu

      En premier lieu, je voudrais revenir au commencement, au matin de la création. C'est là que nous devons chercher notre point de départ pour comprendre et connaître complètement la volonté, les desseins et les décrets du grand Élohim qui siège dans les cieux là-haut comme il y siégeait à la création de notre monde. Il est nécessaire que nous comprenions ce que Dieu était lui-même au commencement. Si nous commençons correctement, il est facile d'avancer tout le temps correctement ; mais si nous prenons un mauvais départ, nous risquons d'aller dans la mauvaise direction, et il peut être difficile de se remettre sur la bonne route. Il n'y a que très peu d'êtres dans le monde qui comprennent correctement la nature de Dieu. La grande majorité de l'humanité ne comprend rien, que ce soit ce qui est passé, ou ce qui est à venir, en ce qui concerne ses rapports avec Dieu. Elle ne sait ni ne comprend la nature de ces rapports et par conséquent elle ne sait pas grand-chose de plus que la bête brute ou plus que manger, boire et dormir. C'est tout ce que l'homme sait de Dieu ou de son existence à moins que ce ne soit donné par l'inspiration du Tout-Puissant.

      Si un homme n'apprend rien de plus que manger, boire et dormir et ne comprend rien des desseins de Dieu, l'animal comprend les mêmes choses. Il mange, boit, dort et n'en sait rien de plus sur Dieu ; cependant il en sait autant que nous à moins que nous ne soyons à même de comprendre par l'inspiration du Dieu tout-puissant. Si les hommes ne comprennent pas la personnalité de Dieu, ils ne se comprennent pas eux-mêmes. Je veux retourner au commencement et ainsi élever votre esprit à une sphère plus haute et à une compréhension plus sublime que ce à quoi l'esprit humain aspire généralement.



Quel genre d'être Dieu est-il ?

      Je voudrais demander à cette assemblée, à tous les hommes, toutes les femmes et tous les enfants de répondre dans leur propre cœur à la question : quel genre d'être Dieu est-il ? Interrogez-vous ; tournez vos pensées vers votre cœur et dites s'il y en a parmi vous qui l'ont vu, l'ont entendu ou ont communié avec lui. C'est une question qui pourra retenir longtemps votre attention. Je répète la question : quel genre d'être Dieu est-il ? Y a-t-il un homme ou une femme qui le sait ? Y en a-t-il parmi vous qui l'ont vu, l'ont entendu ou ont communié avec lui ? Nous avons ici la question qui va peut-être dorénavant retenir votre attention. Les Écritures nous apprennent que « la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »

      Si un homme ne connaît pas Dieu et demande quel genre d'être il est, s'il sonde diligemment son propre cœur, si la déclaration de Jésus et des apôtres est vraie, il se rendra compte qu'il n'a pas la vie éternelle ; car il ne peut y avoir de vie éternelle selon aucun autre principe.

      Mon premier objectif est de découvrir la nature du seul Dieu sage et vrai et le genre d'être qu'il est ; et si j'ai la chance d'être homme à comprendre Dieu et d'expliquer ou de communiquer les principes à votre cœur pour que l'Esprit les scelle sur vous, alors que chaque homme et chaque femme reste dorénavant assis en silence, mette les mains sur la bouche et ne lève plus jamais la main ou la voix ni ne dise quoi que ce soit contre l'homme de Dieu ou les serviteurs de Dieu. Mais si je n'y arrive pas, il devient de mon devoir de renoncer à toute autre prétention aux révélations et aux inspirations ou à être prophète ; et je serais comme le reste du monde : un faux docteur, je serais traité comme un ami et personne ne chercherait à m'ôter la vie. Mais si tous les docteurs de religion étaient suffisamment honnêtes pour renoncer à leurs prétentions à la piété alors que leur ignorance de la connaissance de Dieu est rendue manifeste, ils seraient tous au moins dans d'aussi mauvais draps que moi, et vous pourriez aussi bien ôter la vie aux autres faux docteurs qu'à moi si je suis faux. Si un homme est autorisé à m'ôter la vie parce qu'il pense et dit que je suis un faux docteur, alors en vertu du même principe nous devrions être justifiés si nous ôtions la vie à tous les faux docteurs, et où s'arrêterait l'effusion du sang ? Et qui n'en souffrirait pas ?

 


Le droit sacré à la liberté religieuse

      Mais ne vous en prenez à personne à cause de sa religion ; et tous les gouvernements devraient permettre à chacun de jouir de sa religion sans être molesté. Personne n'est autorisé à ôter la vie pour des raisons de divergences de religion, ce que toutes les lois et tous les gouvernements devraient tolérer et protéger, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Tout homme a le droit naturel, et dans notre pays le droit constitutionnel d'être faux prophète aussi bien que vrai prophète. Si je montre en vérité que j'ai la vérité de Dieu et montre que quatre-vingt-dix-neuf sur cent de ceux qui se disent pasteurs d'un culte religieux sont de faux docteurs n'ayant aucune autorité, alors qu'ils prétendent détenir les clefs du royaume de Dieu sur la terre et si je devais les tuer parce qu'ils sont de faux docteurs, le monde entier serait noyé sous un déluge de sang.

      Je prouverai que le monde se trompe en montrant ce que Dieu est. Je vais partir à la recherche de Dieu, car je veux que vous le connaissiez tous et soyez familiarisés avec lui ; et si je vous amène à le connaître, toutes les persécutions contre moi devraient cesser. Vous saurez alors que je suis son serviteur, car je parle comme ayant autorité.



Dieu est un homme parvenu à l'exaltation

      Je vais remonter au commencement avant que le monde fût pour montrer quelle sorte d'Être Dieu est. Quelle sorte d'Être Dieu était-il au commencement ? Ouvrez les oreilles et entendez, vous toutes, extrémités de la terre, car je vais vous le prouver par la Bible et vous dire les desseins de Dieu à propos du genre humain et pourquoi il se mêle des affaires des hommes.

      Dieu lui-même a jadis été tel que nous sommes maintenant et est un homme exalté et siège sur son trône dans les cieux là-haut ! Voilà le grand secret. Si le voile était déchiré aujourd'hui et si le grand Dieu qui maintient notre monde dans son orbite et qui soutient tous les mondes et toutes choses par son pouvoir devait se rendre visible - je dis, si vous deviez le voir aujourd'hui, vous le verriez sous la forme d'un homme - comme vous-mêmes dans toute la personne, l'image et la forme mêmes d'un homme ; car Adam fut créé à la manière, à l'image et à la ressemblance mêmes de Dieu, reçut des instructions de lui et marcha, parla et conversa avec lui, comme un homme parle et communie avec un autre.

      Pour comprendre le sujet des morts, pour la consolation de ceux qui pleurent la perte de leurs amis, il est nécessaire de comprendre la nature et l'être de Dieu et comment il en est arrivé là ; car je vais vous dire comment Dieu en est venu à être Dieu. Nous avons imaginé et supposé que Dieu a été Dieu de toute éternité. Je vais réfuter cette idée et écarter le voile pour que vous puissiez voir.

      Ce sont là des idées incompréhensibles pour certains, mais elles sont simples. Le premier principe de l'Évangile est de connaître avec certitude la nature de Dieu et de savoir que nous pouvons converser avec lui comme un homme converse avec un autre, et qu'il a jadis été un homme comme nous ; oui, que Dieu lui-même, notre Père à tous, a demeuré sur une terre tout comme Jésus-Christ lui-même ; et je vais le montrer par la Bible.



Le pouvoir du Père et du Fils

      Je voudrais être dans un endroit convenable pour le dire, je voudrais avoir la trompette d'un archange pour pouvoir raconter l'histoire d'une manière telle que la persécution cesserait à jamais. Qu'est-ce que Jésus a dit ? (Écoutez bien cela, frère Rigdon !) Les Écritures nous apprennent que Jésus dit : Comme le Père a le pouvoir en lui-même, de même le Fils a le pouvoir ... de faire quoi ? Eh bien, ce que le Père a fait. La réponse est évidente : de donner son corps et de le reprendre. Jésus, que vas-tu faire ? Donner ma vie comme mon Père l'a fait, et la reprendre. Le croyons-nous ? Si vous ne le croyez pas, vous ne croyez pas à la Bible [voir Jean 5:17,19-21 ; 8:38]. Les Écritures le disent et je défie toute l'érudition, toute la sagesse et tous les pouvoirs combinés de la terre et de l'enfer réunis de le réfuter.

      C'est donc ici qu'est la vie éternelle : connaître le seul Dieu sage et vrai ; et il faut que vous appreniez comment être vous-mêmes des dieux, et être rois et prêtres de Dieu exactement comme tous les dieux [voir Jean 10:34-37 ; 1 Corinthiens 8:5,6] l'ont fait avant vous, à savoir en passant d'un petit degré à l'autre et d'une petite capacité à une plus grande ; de grâce en grâce, d'exaltation en exaltation, jusqu'à ce que vous parveniez à la résurrection des morts et soyez capables de demeurer dans les embrasements éternels et de siéger en gloire, comme le font ceux qui sont assis sur leurs trônes dans la puissance éternelle. Et je tiens à ce que vous sachiez que Dieu, dans les derniers jours, tandis que certains proclament son nom, ne se joue pas de vous ou de moi.



Les justes demeureront dans des embrasements éternels

      Ce sont là les premiers principes de la consolation. Quelle consolation pour une personne endeuillée quand elle est appelée à se séparer de son mari, de sa femme, de son père, de sa mère, de son enfant ou d'un parent qui lui est cher, que de savoir que bien que la tente terrestre soit déposée et se dissolve, ils se relèveront pour demeurer dans des embrasements éternels dans la gloire immortelle pour ne plus s'affliger, souffrir ou mourir ; mais ils seront héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ. Qu'est-ce que c'est ? C'est hériter le même pouvoir, la même gloire et la même exaltation jusqu'à ce que vous arriviez à être un Dieu et montiez sur le trône du pouvoir éternel, tout comme ceux qui nous ont précédés. Qu'a fait Jésus ? Eh bien : je fais ce que j'ai vu faire par mon Père lors de la création du monde. Mon Père a travaillé avec crainte et tremblement pour obtenir son royaume, et je dois faire de même ; et lorsque j'aurai obtenu mon royaume, je le présenterai à mon Père, afin qu'il puisse recevoir royaume sur royaume, et cela l'exaltera en gloire. Il passera alors à une plus haute exaltation et je prendrai sa place, et deviendrai ainsi moi-même exalté. Ainsi Jésus marche sur les traces de son Père, et hérite ce que Dieu a hérité auparavant ; et ainsi Dieu est glorifié et exalté dans le salut et l'exaltation de tous ses enfants. C'est d'une clarté qui ne permet aucune discussion et vous apprendrez ainsi quelques-uns des premiers principes de l'Évangile sur lesquels on a dit tant de choses.

      Lorsque vous grimpez une échelle, vous devez commencer par le bas et monter échelon par échelon jusqu'à ce que vous arriviez au sommet ; il en va de même des principes de l'Évangile : vous devez commencer par le premier et continuer jusqu'à ce que vous appreniez tous les principes de l'exaltation. Mais il se passera beaucoup de temps lorsque vous aurez traversé le voile avant que vous ne les ayez appris. Il n'est pas question de saisir tout cela dans ce monde ; ce sera une grande œuvre que d'apprendre notre salut et notre exaltation même au-delà de la tombe. Je suppose qu'il ne m'est pas permis de me lancer dans l'examen de quelque chose qui n'est pas contenu dans la Bible. Si je le faisais, il y a ici, je pense, tant d'hommes plus que sages qu'ils crieraient « trahison » et me mettraient à mort. Je vais donc utiliser la vieille Bible et vais me faire commentateur aujourd'hui.



Signification des Écritures hébraïques

      Je vais commenter le tout premier mot hébreu de la Bible ; je vais commenter la toute première phrase de l'histoire de la création dans la Bible : Beréchith. Je vais analyser le mot Beth : dans, par, grâce à, et tout le reste. Roch : la tête. ith : terminaison grammaticale. Quand l'homme inspiré l'écrivit, il n'y mit pas le beth. Un vieux Juif sans autorité a ajouté le mot ; il pensait que c'était dommage de commencer en parlant de la tête ! Au début la phrase disait : « La tête [le chef] des dieux produisit les dieux. » Tel est le vrai sens des mots. Bara signifie produire. Si vous ne le croyez pas, vous ne croyez pas l'érudit de Dieu. Les érudits ne peuvent pas vous en enseigner plus que ce que je vous ai dit. Ainsi le Dieu de tête [le chef des dieux] produisit les dieux dans le grand conseil.

      Je vais le transposer et le simplifier en anglais. O avocats, docteurs et prêtres qui m'avez persécuté, je vais vous faire savoir que le Saint-Esprit s'y connaît comme vous. Le chef des dieux réunit les dieux et siégea dans un grand conseil pour produire le monde. Les sublimes conseillers siégeaient à la tête dans les cieux là-haut et contemplèrent la création des mondes qui furent créés à l'époque. Quand je dis docteurs et avocats, j'entends par là les docteurs et les hommes de loi des Écritures. Je l'ai fait [utiliser le terme « avocat »] jusqu'à présent sans explication, pour que les avocats s'agitent et que tout le monde se moque d'eux. Certains savants docteurs pourraient se mettre en tête que les Écritures disent ceci et cela ; et nous pourrions croire les Écritures ; il ne faut pas les changer. Mais je vais vous montrer une erreur qui s'y trouve.

      J'ai une vieille édition du Nouveau Testament en latin, en hébreu, en allemand et en grec. Je lis depuis un certain temps la version allemande et je constate que c'est la traduction la plus correcte et qui correspond le mieux aux révélations que Dieu me donne depuis quatorze ans. Elle parle de Jacobus, fils de Zébédée. Cela signifie Jacob. Dans le Nouveau Testament anglais, il est traduit par James [Jacques]. Or si Jacob avait les clefs, vous pourriez parler de James à toute éternité sans jamais obtenir les clefs. Au vingt et unième verset du quatrième chapitre de Matthieu, ma vieille édition allemande donne le mot Jacob au lieu de James.

      Les docteurs (je veux dire les docteurs de la loi, pas de médecine) disent : « Si vous prêchez quoi que ce soit qui n'est pas conforme à la Bible, nous crierons à la trahison. » Comment pouvons-nous échapper à la damnation de l'enfer si Dieu n'est pas avec nous et ne nous donne pas des révélations ? Les hommes nous lient de chaînes. Le latin dit Jacobus, ce qui signifie Jacob, l'hébreu dit Jacob, le grec dit Jacob et l'allemand dit Jacob ; nous avons ici le témoignage de quatre contre un. Je remercie Dieu d'avoir ce vieux livre ; mais je le remercie davantage pour le don du Saint-Esprit. J'ai le plus vieux livre du monde ; mais j'ai aussi le plus vieux livre dans mon cœur, le don du Saint-Esprit. Les Testaments, je les ai tous les quatre. Venez ici, savants, et lisez si vous le pouvez. Je n'aurais pas introduit ce témoignage si ce n'était pour appuyer le mot roch - la tête, le Père des Dieux. Je n'aurais pas parlé si ce n'était pour montrer que j'ai raison.



Un conseil des Dieux

      Au commencement, la tête [chef] des Dieux convoqua un conseil des Dieux ; et ils se réunirent et mirent sur pied un plan pour créer le monde et le peupler. Quand nous commençons à apprendre de cette façon, nous commençons à apprendre le seul vrai Dieu et le genre d'Être que nous avons à adorer. Connaissant Dieu, nous commençons à savoir comment nous approcher de lui et comment demander de manière à recevoir une réponse. Quand nous comprenons la nature de Dieu et savons comment venir à lui, il commence à nous dévoiler les cieux et à tout nous dire à son sujet. Quand nous sommes prêts à venir à lui, il est prêt à venir à nous. Je demande maintenant à tous les érudits qui m'écoutent pourquoi les érudits qui prêchent le salut disent que Dieu a créé les cieux et la terre du néant ? La raison en est qu'ils ne sont pas instruits des choses de Dieu et n'ont pas le don du Saint-Esprit ; ils considèrent que c'est blasphème de la part de qui que ce soit de contredire leur idée. Si vous leur dites que Dieu a fait le monde de quelque chose, ils vous traiteront d'imbéciles. Mais je suis érudit et j'en sais plus que le monde entier réuni. Le Saint-Esprit en sait plus en tout cas et est en moi et il en sait plus que le monde entier, et je vais m'associer à lui.



Signification du mot créer

      Demandez aux savants docteurs pourquoi ils disent que le monde a été fait de rien ; ils répondront : « La Bible ne dit-elle pas qu'il a créé le monde ? » Et ils déduisent, du mot créer, qu'il a dû être fait de rien. Or le mot créer vient du mot bara qui ne signifie pas créer de rien ; il signifie organiser tout comme un homme organiserait des matériaux et construirait un navire. Nous en déduisons donc que Dieu avait des matériaux pour organiser le monde à partir du chaos, de la matière chaotique, qui est l'élément, et dans laquelle demeure toute la gloire. L'élément existait depuis que Dieu existait. Les principes de l'élément sont des principes qu'il est absolument impossible de détruire ; on peut les organiser et les réorganiser, mais pas les détruire. Ils n'ont jamais eu de commencement et ne peuvent avoir de fin [voir D&A 93:33-35].



L'intelligence immortelle

      J'ai un autre sujet sur lequel je veux m'étendre, qui est de nature à exalter l'homme ; mais il m'est impossible de beaucoup en parler. Je vais donc simplement y toucher, car le temps ne me permettra pas de tout dire. Il est lié au sujet de la résurrection des morts, à savoir l'âme, l'esprit de l'homme, l'esprit immortel [plus précisément, l'intelligence, voir D&A 93:29,30]. D'où vient-il ? Tous les savants et tous les docteurs en théologie disent que Dieu l'a créé au commencement, mais il n'en est pas ainsi : l'idée même diminue l'homme dans mon estime. Je ne crois pas en cette doctrine : je suis mieux informé que cela. Écoutez, vous toutes, extrémités du monde ; car Dieu me l'a dit, et si vous ne me croyez pas, cela n'ôtera pas sa valeur à la vérité. Si quelqu'un n'y croit pas, je lui ferai avoir l'air idiot avant d'en avoir fini. Je vais parler de choses plus nobles.

      Nous disons que Dieu lui-même est un Être qui a une existence indépendante. Qui vous l'a dit ? C'est certainement correct, mais comment cela vous est-il venu à l'esprit ? Qui vous a dit que l'homme n'a pas existé de la même manière en vertu des mêmes principes ? L'homme existe bel et bien selon les mêmes principes. Dieu a fait une tente et y a mis un esprit et elle est devenue une âme vivante (ouvre la vieille Bible). Que dit l'hébreu ? L'hébreu ne dit pas que Dieu a créé l'esprit de l'homme. Il dit : « Dieu fit l'homme de la terre et mit en lui l'esprit d'Adam et ainsi il y eut un corps vivant. »

      L'esprit ou intelligence que l'homme possède est coégal [dans le sens de coéternel, voir Abraham 31:3] à Dieu lui-même. Je sais que mon témoignage est vrai ; par conséquent quand je parle à ces personnes qui sont dans le deuil, qu'est-ce qu'elles ont perdu ? Leurs parents et leurs amis ne sont séparés de leur corps que pendant un peu de temps : leur esprit qui a existé avec Dieu n'a quitté sa tente d'argile que pour un petit instant pour ainsi dire ; et existe maintenant dans un endroit où il converse avec les autres comme nous le faisons sur la terre. Je m'étends sur l'immortalité de l'esprit de l'homme. Est-il logique de dire que l'intelligence des esprits est immortelle et cependant qu'elle a eu un commencement ? L'intelligence des esprits n'a pas de commencement et n'aura pas de fin. C'est de la bonne logique. Ce qui a un commencement peut avoir une fin. Il n'y a jamais eu de moment où il n'y a pas eu d'esprits ; car ils sont coégaux [coéternels] avec notre Père céleste.

      Je veux raisonner davantage sur l'esprit de l'homme ; car je m'attarde sur le corps et l'esprit de l'homme, sur le sujet des morts. Je tire mon anneau de mon doigt et le compare à l'esprit de l'homme, à la partie mortelle, parce qu'elle n'a pas de commencement. Supposez que vous le coupiez en deux. À ce moment-là, il a un commencement et une fin, mais réunissez-le, et il continue en une ronde éternelle. Il en va de même de l'esprit de l'homme. Comme le Seigneur vit, s'il a eu un commencement, il aura une fin. Tous les insensés, les savants et les sages depuis le commencement de la création, qui disent que l'esprit de l'homme a eu un commencement, prouvent qu'il doit avoir une fin ; et si cette doctrine est vraie, alors la doctrine de l'annihilation serait vraie. Mais si j'ai raison, je peux proclamer avec hardiesse sur tous les toits que Dieu n'a absolument jamais eu le pouvoir de créer l'esprit de l'homme. Dieu lui-même ne pouvait pas se créer. L'intelligence est éternelle et existe en vertu d'un principe existant par lui-même. Elle est un esprit  d'âge en âge, et il n'est pas question de création en ce qui la concerne [voir D&A 93:29]. Tous les esprits que Dieu a jamais envoyés dans le monde peuvent se développer.



Le pouvoir d'avancer dans la connaissance

      Les premiers principes de l'homme existent indépendamment en Dieu. Dieu lui-même, se trouvant au milieu des esprits et de la gloire, vit, parce qu'il était plus intelligent, qu'il était utile d'instituer des lois grâce auxquelles le reste aurait la possibilité d'avancer comme lui. Les rapports que nous avons avec Dieu nous mettent en mesure de progresser dans la connaissance. Il a le pouvoir d'instituer des lois pour instruire les intelligences plus faibles, afin qu'elles soient exaltées avec lui, pour qu'elles aient joie sur joie et toute la connaissance, tout le pouvoir, toute la gloire et toute l'intelligence qu'il faut pour les sauver [voir Moïse 1:39; D&A 88:15,16; 93:33,34; 2 Néphi 2:25] dans le monde des esprits.

      C'est là de la bonne doctrine. Elle a bon goût. Je peux goûter les principes de la vie éternelle et vous aussi. Ils me sont donnés par les révélations de Jésus-Christ et je sais que quand je vous dis ces paroles de vie éternelle, telles qu'elles me sont données, vous les goûtez et je sais que vous les croyez. Vous dites que le miel est sucré, et moi aussi. Je peux aussi goûter l'esprit de la vie éternelle. Je sais qu'il est bon, et quand je vous parle de ces choses qui m'ont été données par l'inspiration du Saint-Esprit, vous devez inévitablement les recevoir comme bonnes et vous réjouir de plus en plus.



La relation de l'homme avec Dieu

      Je veux en dire davantage de la relation de l'homme avec Dieu. Je veux vous ouvrir les yeux en ce qui concerne vos morts. Tout ce que Dieu, dans sa sagesse infinie, a jugé bon et convenable de nous révéler tandis que nous demeurons dans l'état mortel en ce qui concerne notre corps mortel, nous est révélé dans l'abstrait, et indépendamment de l'affinité de cette tente mortelle, mais cela nous est révélé à notre esprit exactement comme si nous n'avions pas de corps du tout ; et ces révélations qui sauveront notre esprit sauveront notre corps. Dieu nous les révèle parce qu'il n'envisage pas la dissolution éternelle du corps ou de la tente. De là la responsabilité, la terrible responsabilité qui repose sur nous par rapport à nos morts ; car tous les esprits qui n'ont pas obéi à l'Évangile dans la chair doivent ou bien y obéir dans l'esprit ou bien être damnés. Grave pensée ! Terrible pensée ! N'y a-t-il donc rien à faire ? Pas de préparatifs, pas de salut pour nos pères et nos amis qui sont morts sans avoir eu l'occasion d'obéir aux décrets du Fils de l'homme ? Plût à Dieu que j'eusse quarante jours et quarante nuits pour tout vous raconter ! Je vous ferais savoir que je ne suis pas un « prophète déchu » [rumeur du moment].



Notre plus grande responsabilité

      Quelles sont les promesses qui sont données à propos de la question du salut pour les morts ? Et quelle sorte de personnes sont celles qui peuvent être sauvées bien que leur corps tombe en poussière et se décompose dans la tombe ? Quand ses commandements nous instruisent, c'est en vue de l'éternité, car Dieu nous considère comme si nous étions dans l'éternité. Dieu demeure dans l'éternité et ne voit pas les choses comme nous. La plus grande responsabilité que Dieu nous ait imposée en ce monde c'est de rechercher nos morts. L'apôtre dit : « Ils ne peuvent pas venir sans nous à la perfection » (Hébreux 11:40) car il faut que le pouvoir de scellement soit entre nos mains pour sceller nos enfants et nos morts pour la plénitude de la dispensation des temps, une dispensation pour réaliser les promesses que Jésus-Christ a faites avant la fondation du monde pour le salut de l'homme.

      Maintenant je vais parler d'eux. Je vais rencontrer Paul à mi-chemin. Je te le dis, Paul, tu ne peux pas devenir parfait sans nous. Il est nécessaire que ceux qui nous précèdent et ceux qui nous suivent aient le salut en commun avec nous ; et c'est ainsi que Dieu a imposé cette obligation à l'homme. C'est pourquoi Dieu a dit : « Je vous enverrai Élie le prophète, avant que le jour de l'Éternel arrive, ce jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d'interdit » (Malachie 4:5,6).



Un salut pour les hommes

      J'ai une déclaration à faire à propos des dispositions que Dieu a prises pour répondre à la situation de l'homme - des dispositions prises depuis avant la fondation du monde. Qu'est-ce que Jésus a dit ? Tout péché, tout blasphème et toute transgression, sauf une, dont l'homme peut être coupable, peuvent lui être pardonnés ; et il y a dans ce monde ou dans le monde à venir un salut pour tous les hommes qui n'ont pas commis le péché impardonnable, car des dispositions sont prévues soit dans ce monde, soit dans le monde des esprits. Par conséquent, Dieu a pris des dispositions pour que tout esprit dans le monde éternel puisse être déniché et sauvé à moins qu'il n'ait commis ce péché impardonnable qui ne peut lui être remis, que ce soit dans ce monde ou dans le monde des esprits. Dieu a réalisé un salut pour tous les hommes à moins qu'ils n'aient commis un certain péché ; et quiconque a un ami dans le monde éternel peut le sauver à moins qu'il n'ait commis le péché impardonnable. Voyez donc à quel point vous pouvez être des sauveurs.



Le péché impardonnable

      Un homme ne peut pas commettre le péché impardonnable après la dissolution du corps et il y a une possibilité d'échapper. La connaissance sauve l'homme. Et dans le monde des esprits nul ne peut être exalté autrement que par la connaissance. Tant qu'un homme n'écoute pas les commandements il restera sans salut. Si un homme a de la connaissance, il peut être sauvé bien que, s'il a été coupable de grands péchés, il sera puni pour eux. Mais quand il consent à obéir à l'Évangile, que ce soit ici ou dans le monde des esprits, il est sauvé.

      L'homme est son propre tourmenteur et son propre condamnateur. De là la parole : ils iront dans l'étang ardent de feu et de soufre. Le tourment de la déception dans l'esprit de l'homme est aussi raffiné qu'un lac ardent de feu et de soufre. Tel est donc, dis-je, le tourment de l'homme.

      Je connais les Écritures et les comprends. J'ai dit que nul ne peut commettre le péché impardonnable après la dissolution du corps dans cette vie tant qu'il n'a pas reçu le Saint-Esprit ; mais il faut que cela se fasse dans ce monde. C'est pourquoi le salut de Jésus-Christ a été réalisé pour tous les hommes pour triompher du diable ; car s'il n'attrapait pas celui-ci en un endroit, il l'attraperait dans un autre ; car il se présenta comme sauveur. Tous souffriront jusqu'à ce qu'ils obéissent au Christ lui-même.

      Le conflit dans les cieux provient de ce que Jésus dit qu'il y aurait certaines âmes qui ne seraient pas sauvées et le diable dit qu'il pouvait les sauver toutes et exposa ses plans au grand conseil, lequel donna son vote en faveur de Jésus-Christ. Le diable se souleva donc contre Dieu, se révoltant contre lui, et il fut précipité avec tous ceux qui prirent son parti (Moïse 4 :1-4  Abraham 3:23-28).



Le pardon des péchés

      Tous les péchés seront pardonnés sauf le péché contre le Saint-Esprit, car Jésus sauvera tout le monde, sauf les fils de perdition. Que doit faire un homme pour commettre le péché impardonnable ? Il doit recevoir le Saint-Esprit, il faut que les cieux s'ouvrent à lui et qu'il connaisse Dieu et ensuite pèche contre lui. Lorsqu'un homme a péché contre le Saint-Esprit, il n'y a pas de repentance pour lui [voir Hébreux 6:4-6]. Il faut qu'il dise que le soleil ne brille pas alors qu'il le voit, il faut qu'il nie Jésus-Christ alors que les cieux se sont ouverts à lui et nie le plan de salut les yeux ouverts à la véracité de celui-ci ; et à partir de ce moment-là, il commence à être un ennemi. C'est le cas de beaucoup d'apostats de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

      Quand un homme commence à être l'ennemi de cette œuvre, il me pourchasse, il cherche à me tuer et ne cesse jamais d'être assoiffé de mon sang. Il reçoit l'esprit du diable - ce même esprit qu'avaient ceux qui crucifièrent le Seigneur de la vie - le même esprit qui pèche contre le Saint-Esprit. On ne peut pas sauver de telles personnes, on ne peut pas les amener à la repentance, elles font une guerre ouverte, comme le diable, et terrible en est la conséquence.

      Je vous recommande à tous de faire attention à ce que vous faites sinon vous risquez de découvrir bientôt que vous avez été séduits. Retenez-vous, ne cédez pas, n'agissez pas à la hâte, vous pouvez être sauvés. Si un esprit d'hostilité est en vous, ne vous hâtez pas. Vous pouvez dire : cet homme est un pécheur. Eh bien, s'il se repent il lui sera pardonné. Soyez prudents, attendez. Quand vous découvrez un esprit qui veut l'effusion du sang, le meurtre, celui-là n'est pas de Dieu, mais est du diable. C'est de l'abondance du cœur de l'homme que la bouche parle.



« Dans la maison de mon Père »

      Les meilleurs hommes produisent les meilleures œuvres. Celui qui vous dit des paroles de vie est celui qui peut vous sauver. Je vous mets en garde contre tous les personnages mauvais qui pèchent contre le Saint-Esprit ; car il n'y a pas de rédemption pour eux dans ce monde ni dans le monde à venir.

      Si j'en avais le temps, je pourrais retourner en arrière et faire l'historique de tous les sujets intéressants concernant les relations de l'homme avec Dieu. Je peux entrer dans les éternités, je peux entrer en grande partie dans les mondes éternels, car Jésus a dit : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place » (Jean 14:2). Paul dit : « Autre est l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune, et autre est l'éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d'une autre étoile. Ainsi en est-il de la résurrection des morts » (1 Corinthiens 15:41). Qu'avons-nous pour nous consoler à propos des morts ? De tous les peuples de la terre, c'est nous qui avons des raisons d'avoir la plus grande espérance et la plus grande consolation à l'égard de nos morts ; car nous les avons vus marcher en dignité parmi nous et les avons vus s'endormir dans les bras de Jésus ; et ceux qui sont morts dans la foi sont maintenant dans le royaume céleste de Dieu. Et par conséquent l'éclat du soleil est pour eux.



Les justes qui sont endeuillés se réjouissent

      Vous qui êtes endeuillés vous avez des raisons de vous réjouir en ce qui concerne la mort de frère King Follet ; car votre mari et père est allé attendre jusqu'à la résurrection des morts, jusqu'à la perfection du reste ; car à la résurrection votre ami se lèvera dans la félicité parfaite et ira dans la gloire céleste, tandis que beaucoup devront attendre des myriades d'années pour pouvoir recevoir des bénédictions semblables, et votre attente et vos espérances sont bien au-dessus de ce que l'homme peut concevoir ; car pourquoi Dieu nous l'a-t-il révélé ?

      Je suis autorisé à dire, par l'autorité du Saint-Esprit, que vous n'avez pas de raison de craindre ; car il est allé dans la demeure des justes. Ne vous lamentez pas, ne pleurez pas. Je le sais par le témoignage du Saint-Esprit qui est au-dedans de moi, et vous pouvez vous attendre à ce que vos amis se lèvent pour vous rencontrer le matin du monde céleste.

      Réjouis-toi, ô Israël ! Tes amis qui ont été assassinés pour l'amour de la vérité lors des persécutions triompheront en gloire dans le monde céleste tandis que leurs assassins se rouleront pendant des éternités dans le tourment, jusqu'à ce qu'ils aient payé jusqu'au dernier quadrant. Je dis ceci pour le profit des étrangers.

      J'ai un père, des frères, des enfants et des amis qui sont allés dans un monde d'esprits. Ils ne sont absents que pour un temps. Ils sont dans l'esprit et nous nous retrouverons bientôt. Le moment viendra bientôt où la trompette retentira. Quand nous partirons, nous saluerons notre mère, notre père, nos amis et tous ceux que nous aimons, qui se sont endormis en Jésus. On ne craindra plus les populaces, les persécutions, ni les procès, ni les arrestations par méchanceté ; mais ce sera une éternité de félicité.



Le baptême

      J'en resterai là sur ce sujet et vais faire quelques réflexions sur le sujet du baptême. Le baptême d'eau qui n'est pas accompagné du baptême de feu et du Saint-Esprit ne sert à rien ; ils sont nécessairement et inséparablement liés. Il faut naître d'eau et d'Esprit pour entrer dans le royaume de Dieu. En allemand, le texte me soutient comme les révélations que j'ai données et enseignées pendant les quatorze dernières années sur ce sujet. J'ai le témoignage à leur mettre sous le nez. Mon témoignage a toujours été vrai, vous le trouverez dans la déclaration de Jean-Baptiste (lu dans le texte allemand). Jean dit : « Moi je vous baptise d'eau, mais quand viendra Jésus, qui a le pouvoir (ou les clefs), il administrera le baptême de feu et du Saint-Esprit. » Où est maintenant tout le monde des confessions ? Et si ce témoignage est vrai, ils sont tous damnés aussi clairement que l'anathème peut le faire. Je sais que le texte est vrai. Je vous invite tous, Allemands, qui savez que c'est vrai, à dire oui (grands cris de « oui »).

      Alexander Campbell, comment allez-vous sauver les gens avec de l'eau seulement ? Car Jean a dit que son baptême ne servait à rien sans le baptême de Jésus-Christ. « C'est pourquoi sans laisser les éléments de la parole de Christ, tendons à ce qui est parfait, sans poser de nouveau le fondement du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu, de la doctrine des baptêmes, de l'imposition des mains, de la résurrection des morts, et du jugement éternel. C'est ce que nous ferons, si Dieu le permet » (Hébreux 6:1-3).

      Il y a un seul Dieu, un seul Père, un seul Jésus, une seule espérance par notre vocation, un seul baptême. Beaucoup disent que le baptême n'est pas essentiel au salut ; mais ce genre d'enseignement pose les bases de leur damnation. J'ai la vérité et je mets le monde au défi de me contredire s'il le peut.

J'ai maintenant prêché un peu de latin, un peu d'hébreu, de grec et d'allemand ; j'ai tout accompli. Je ne suis pas aussi idiot que beaucoup le pensent. Les Allemands savent que je lis correctement l'allemand.



Un appel à la repentance

      Écoutez, vous toutes, extrémités de la terre, vous tous prêtres, vous tous pécheurs, et tous les hommes. Repentez-vous ! Repentez-vous ! Obéissez à l'Évangile. Tournez-vous vers Dieu, car votre religion ne vous sauvera pas et vous serez damnés. Je ne dis pas combien de temps. On a parlé de ce que tous les hommes seraient rachetés de l'enfer ; mais je dis que ceux qui pèchent contre le Saint-Esprit ne peuvent être pardonnés dans ce monde ni dans le monde à venir ; ils mourront de la seconde mort. Ceux qui commettent le péché impardonnable sont condamnés à 'olam : à demeurer en enfer à toute éternité. Puisqu'ils provoquent l'effusion de sang dans ce monde, ils se lèveront dans cette résurrection qui est semblable à l'étang de feu et de soufre. Certains ressusciteront dans les embrasements éternels de Dieu, car Dieu demeure dans des embrasements éternels, et d'autres ressusciteront dans la damnation de leur propre impureté, qui est un tourment aussi atroce que celui de l'étang de feu et de soufre.

      Mes paroles s'adressent à tous, riches et pauvres, esclaves et libres, grands et petits. Je n'ai d'inimitié contre personne. Je vous aime tous, mais je hais certaines de vos actions. Je suis votre meilleur ami, et s'il y a des personnes qui manquent leur but c'est leur propre faute. Si je réprimande un homme et qu'il me haïsse, c'est un insensé ; car j'aime tous les hommes, en particulier ceux-ci qui sont mes frères et mes sœurs. Je me réjouis d'entendre le témoignage de mes amis âgés. Vous ne me connaissez pas, vous n'avez jamais connu mon cœur. Personne ne connaît mon histoire. Je ne peux pas la raconter, je ne l'entreprendrai jamais. Je n'en veux à personne de ne pas croire mon histoire. Si je n'avais pas fait l'expérience que j'ai eue, je n'aurais pas pu le croire moi-même. Je n'ai jamais fait de mal à quiconque depuis que je suis venu au monde. Ma voix est toujours en faveur de la paix.

      Je ne peux me coucher tant que toute mon œuvre ne sera pas finie. Je ne pense jamais à faire aucun mal ni à faire quoi que ce soit pour léser mon semblable. Quand je serai appelé par la trompette de l'ange et pesé dans la balance, alors vous me connaîtrez tous. Je n'en dis pas plus. Que Dieu vous bénisse tous. Amen.

 

 

Sources :

Times and Seasons, vol. 5, p. 612-17, 15 août 1844. 

Enseignements du prophète Joseph Smith, compilés par Joseph Fielding Smith (1876-1972), historien de l'Église