Je n'ai jamais rien ressenti de tel de toute ma vie




Joseph Smith, le prophète, était resté à Kirtland, mais en janvier 1838, il a dû partir, craignant pour sa vie. Il a parcouru, avec sa famille, les mille cinq cents kilomètres qui les séparaient de Far West, où il s’est joint aux saints qui y vivaient. Plus tard en 1838, la plupart des saints de Kirtland ont vendu ou abandonné leurs maisons et ont suivi le prophète au Missouri. Pour loger les membres de l’Église qui arrivaient en grand nombre, le prophète a désigné des endroits près de Far West où les saints pouvaient s’installer. En juillet 1838, les pierres angulaires du temple de Far West ont été consacrées, donnant aux saints l’espoir qu’ils pourraient établir un village permanent où ils pourraient jouir de la prospérité et de la paix. Malheureusement, des tensions semblables à celles qu’ils avaient connues dans le comté de Jackson les ont bientôt isolés des habitants de l’endroit et, à l’automne 1838, des émeutiers et la milice ont recommencé à harceler et à attaquer les saints des derniers jours.

Un jour où le prophète rendait visite à ses parents à Far West, un groupe de miliciens armés est entré et a annoncé qu’ils étaient venus pour le tuer pour un crime supposé. Lucy Mack Smith, la mère du prophète, qui était présente, a rapporté :

« Il leur sourit et, s’avançant vers eux, leur tendit la main à chacun, d’une manière qui les convainquit qu’il n’était ni un criminel ni un hypocrite. Ils se figèrent et le regardèrent comme s’il était un fantôme.

« Joseph s’assit, se mit à leur expliquer les points de vue et les sentiments des gens appelés mormons et ce qu’avait été leur démarche, ainsi que la manière dont leurs ennemis les avaient traités depuis les débuts de l’Église. Il leur dit que la méchanceté et le mensonge les avaient toujours poursuivis depuis qu’ils étaient entrés au Missouri, mais, qu’à sa connaissance, ils n’avaient jamais enfreint les lois. Mais que si c’était le cas, ils étaient prêts à êtres jugés par la loi…

« Après cela, il se leva et dit : ‘Mère, je crois que je vais rentrer chez moi. Emma doit m’attendre.’ Deux des hommes se dressèrent et déclarèrent : ‘Vous n’irez pas seul, car ce n’est pas sûr. Nous allons vous accompagner pour vous protéger.’ Joseph les remercia et ils partirent ensemble.

« Le reste des officiers se tint près de la porte pendant leur absence et je surpris la conversation suivante :

« Premier officier : ‘Est-ce que tu n’as rien senti d’étrange quand Smith t’a serré la main ? Je n’ai jamais rien ressenti de tel de toute ma vie.’

« Deuxième officier : ‘J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger. Pour rien au monde, je ne toucherais à un cheveu de la tête de cet homme.’

« Troisième officier : ‘On ne m’y reprendra plus à essayer de tuer Joe Smith, ni les mormons non plus.’ …

« Les hommes qui accompagnèrent mon fils chez lui promirent de dissoudre la milice qu’ils commandaient et de rentrer chez eux, et lui dirent que, s’il avait besoin d’eux pour quoi que ce soit, ils reviendraient et le suivraient n’importe où. »


Source : Lucy Mack Smith, « History of the Prophet Joseph by His Mother Lucy Smith », 1902, d'après un manuscrit de 1844-1845, book 15, p. 8-10, Archives de l’Église, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Salt Lake City ; Enseignements des présidents de l'Église : Joseph Smith, 2007, p. 365-367