Paul Cousseran, haut commissaire



Tahiti, 1980

Le 11 avril1980, Jean Juventin, maire de Papeete, et vingt autres dignitaires locaux font une visite officielle au nouveau centre de pieu. Cinq jours plus tard, le 16 avril1980, le centre de pieu de Papeete est inauguré en présence de deux mille personnes. Monsieur Paul Cousseran, haut commissaire, chef du territoire de la Polynésie française, connaît bien l'histoire et les dirigeants de l'Église et exprime l'attitude du gouvernement :


« Vous célébrez cette année le cent cinquantième anniversaire de la fondation de votre Église…

« Les îles du Pacifique sud et notamment la Polynésie ont été très vite l'un de vos champs d'action privilégiés…

« L'arrivée de votre communauté se situe à Tubuai, puis à Tahiti puis, en 1845, dans les Tuamotu…

« 1845, c'est donc deux ans avant l'installation définitive dans l'Utah de la communauté religieuse mormone...

« En Polynésie, grâce à la tolérance et à l'ambiance de pluralisme religieux qui caractérise ce pays, votre Église s'est normalement développée avec l'aide et la participation de jeunes missionnaires essentiellement américains. Grâce à leur effort incessant, grâce à l'appui matériel des communautés religieuses américaines, vos effectifs ont progressé pour atteindre 6500 fidèles. Ce chiffre rapporté à la population de la Polynésie montre le succès que vous avez remporté ici, bénéficiant pleinement du principe de liberté religieuse...

« Je suis venu vous exprimer le respect et l'amitié des pouvoirs publics tant français que polynésiens. Nous n'ignorons pas l'influence bienfaisante que vous exercez sur vos fidèles...

« Nous apprécions enfin la réserve dont vous savez faire preuve à l'égard de ce qui n'est pas l'expression de votre foi et l'accomplissement de votre mission évangélique. Même si certains de vos membres ont des positions militantes et affirmées sur le plan politique et c'est leur droit absolu tant qu'ils respectent les lois de la France et du Territoire, je sais que vous veillez scrupuleusement à ce que votre Église et votre communauté ne dévient pas de leur but. C'est la raison pour laquelle les pouvoirs publics conserveront, j'en suis sûr, avec l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, des relations cordiales et confiantes. »


Source : S. George Ellsworth et Kathleen C. Perrin, Chronique de la foi et du courage – Les saints derniers jours en Polynésie française, 1994, Sandy, Utah, p. 241-243