Traditions indiennes

 

 

Golden R. Buchanan



 

     

Chez les Papago

 

      Il y a peu de temps je me trouvai sur une réserve des Papagos. L'un de nos nouveaux convertis à l'Église me raconta ce qui suit :

 

      « Je ne me suis jamais joint à aucune Église, car leurs pasteurs et leurs prêtres n'enseignent pas la Bible de la même façon que je la lis. Je ne pouvais pas la lire et lui faire dire les mêmes choses que les autres Églises. Je parle la langue des Papagos. J'ai vécu toute ma vie parmi eux. Je connais leur histoire et leurs traditions. Et, quand j’ai lu le Livre de Mormon que des missionnaires m'ont donné, j’ai reconnu les histoires des Papagos, et j’ai su que le livre était authentique. Vos missionnaires lisaient la Bible de la même façon que moi. C’est pourquoi je me suis joint à l'Église. Les anciens Papagos croyaient qu'ils avaient traversé l'océan et étaient venus dans ce pays, et que dans les bateaux et sur les routes, ils furent guidés par une boule. Dans cette boule il y avait une aiguille qui indiquait la direction qu'ils devaient prendre. Encore aujourd'hui, dans la langue papago, le nom de cette boule est ‘ liahona ‘ ».

 

Chez les Navajo

 

      La tradition navajo dit qu'un homme, sa femme et leurs quatre fils arrivèrent dans ce pays, il y a bien longtemps. Dans leur langue, ils connaissent les noms de ces quatre fils, mais je ne peux les écrire. Les deux frères aînés se rebellèrent contre les deux plus jeunes qui avaient été désignés comme chefs. Les fils aînés et leurs enfants vécurent dans la forêt. Ils se nourrissaient du produit de leur chasse ainsi qu'en utilisant des armes de guerre. Ils luttaient sans cesse contre leurs deux jeunes frères. Ils couvrirent leurs corps de boue et leur peau devint sombre. Les deux plus jeunes fils devinrent bâtisseurs. Ils construisirent des villes et des maisons de pierre. Ils plantèrent des jardins et ensemencèrent des champs. Ils ne se couvrirent pas de boue, et restèrent ainsi blancs. Pendant des générations, ils luttèrent. Il y eut des guerres et des difficultés, car les enfants des deux fils aînés étaient les agresseurs. Puis, vint une nuit où le soleil ne se coucha pas, et il fit jour toute la nuit, et les gens étaient très troublés et inquiets. Mais il y eut encore des troubles et des difficultés. Quelques années après, il y eut une période de ténèbres.

 

Chez les Hopi

 

      Dans la tradition hopi, cette même histoire est racontée, mais la période de ténèbres contient plus de détails. Pendant ces jours, il y eut de grandes destructions dans le pays. La face de la terre fut changée. Les villes et les cités furent emportées par les tourbillons de vent. Il y eut beaucoup de terreur et de morts. Encore aujourd'hui, les Hopis craignent beaucoup les tourbillons de vent. S'il s'en produit un quand ils travaillent dans les champs, ils se sauvent et vont se cacher.

 

Le « grand dieu blanc »

 

      La tradition du « grand dieu blanc » se retrouve dans la plupart des tribus, et en fait, dans toutes les tribus que je connaisse. Elle se trouve dans les traditions maya et aztèque. Après la visite du « grand dieu blanc », il y eut bien des années de paix. Les peuples se réunirent et vécurent unis. Et pendant bien des années il n'y eut ni guerres, ni sang versé, et le peuple goûtait de toutes les bonnes choses de la vie. Puis vint une période pendant laquelle ils recommencèrent à lutter les uns contre les autres. Guerres et disputes recommencèrent, et à la fin le peuple blanc fut détruit. Seuls les Indiens restèrent.

 

 

Source : Improvement Era, vol. 58, p. 211, 285, avril 1955