Baptême de jésus



QUESTION : Pourquoi Jésus n'a-t-il pas été baptisé à huit ans ?

RÉPONSE de J. Richard Clarke, membre de l'Épiscopat président de 1976 à 1985


À l’origine le baptême fut institué pour permettre à Adam et à sa postérité d’être rachetés de la chute par l’obéissance aux commandements de Dieu. Bien que l’apostasie en ait voilé la signification et le sens, le baptême survécut au moins dans la forme et fit partie des pratiques lévites (voir Lévitique 8:5, 6). Je ne connais pas d’Écriture dans la Bible ni dans le Livre de Mormon qui fasse mention de l’âge auquel le baptême doit être administré.

Dans Doctrine et Alliances, section 68, verset 27, le Seigneur fixe l’âge de raison à huit ans et donne aux parents cette instruction que « leurs enfants seront baptisés pour la rémission de leurs péchés lorsqu’ils auront huit ans et recevront l’imposition des mains ».

Nous lisons que Jean le Baptiste reçut un appel spécial, et « fut ordonné à ce pouvoir par l’ange de Dieu lorsqu'il avait huit jours, pour renverser le royaume des Juifs et pour aplanir le chemin du Seigneur devant la face de son peuple, afin de le préparer pour la venue du Seigneur » (D&A 84:28).

Le texte dit aussi qu’« il fut baptisé alors qu’il était encore dans son enfance ». Il n’est pas probable que Jean fut immergé quand il n’avait que huit jours, mais les Écritures ne nous disent ni l’âge exact de son baptême, ni par qui il a été baptisé.

Jean passa des déserts de Judée chez les Israélites, après huit ans de discipline sévère appela tous les hommes à la repentance et annonça que le « royaume des cieux est proche » (Matthieu 3:2). Il expliqua que sa mission était de préparer la voie pour la venue du Seigneur. Il baptisa d’eau ceux qui se repentaient, mais proclamait qu’un plus puissant que lui viendrait dont « je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (Matthieu 3:11).

L’âge de trente ans est significatif : c’est l’âge auquel les Lévites commençaient leur ministère et les rabbins leur enseignement. Quand Jésus eut « environ trente ans », il alla se faire baptiser par Jean dans le Jourdain (Luc 3:23). Ceci était approprié parce que nous n’avons aucun récit dans les Écritures nous disant que Jésus ait agi dans son ministère avant qu’il se fut soumis à cette ordonnance importante. Il alla vers Jean pour être baptisé, parce que, comme l’enseigna le prophète Joseph Smith, « Jean, à cette époque, était le seul administrateur légal des affaires du royaume qui existait alors sur la terre, et détenait les clefs du pouvoir » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 386).

En outre, Jésus n’était pas baptisé comme le furent d’autres candidats, pour la rémission des péchés. Son baptême fut un acte de simple soumission à l’obéissance qui n'avait en soi pas de raison d’être. Néphi cite quatre raisons au baptême de Jésus, raisons par lesquelles il se soumettait à la loi pour accomplir ce qui est juste.

« Mais, bien que saint, il montre aux enfants des hommes que, selon la chair, il s’humilie devant le Père, et témoigne au Père qu’il lui sera obéissant à garder ses commandements… Et cela montre encore aux enfants des hommes, combien est droite la voie et combien est étroite la porte (l’entrée du royaume) par laquelle ils doivent entrer, lui-même leur ayant montré l’exemple » (2 Néphi 31:7, 9).

En résumé, et selon moi, Jésus n'a pas été baptisé dans son enfance parce qu’il n’en avait pas besoin, comme nous en avons besoin pour la rémission des péchés, parce qu’il est l’auteur de notre salut et que c’est lui qui nous donne les moyens par lesquels nos péchés peuvent nous être remis. Il commença son ministère rabbinique officiel à l’âge de 30 ans, comme c’était la coutume, en se faisant baptiser pour accomplir « tout ce qui est juste » (Matthieu 3:15).

Il vint vers Jean pour faire reconnaître le rôle de Jean comme étant celui d'un Élie qui était seul autorisé à baptiser et à témoigner devant les hommes que Jésus est « venu non pour abolir, mais pour accomplir (la loi) » (Matthieu 5:17).


Source : L'Étoile, septembre 1979, p. 32-33