Handicap et mission



QUESTION : Notre fils a de graves handicaps pour apprendre, bien qu’il ait beaucoup travaillé pour les surmonter. Il a maintenant dix-sept ans et il veut se préparer à une mission. Que pouvons-nous faire ?

RÉPONSE de Rex D. Pinegar, du Premier collège des soixante-dix de 1972 à 2001
 

Le Seigneur et ses serviteurs ont expliqué que chaque membre de l’Église est un missionnaire. Il nous a été commandé que notre « prédication soit la voix d’avertissement, chacun à son voisin, avec douceur et humilité » (D&A 38:40, 41 ; voir aussi 88:81).

En plus de cette responsabilité missionnaire générale que nous partageons tous, il est demandé aux jeunes gens de consacrer deux ans de leur vie à un service missionnaire à plein temps. Le président Spencer W. Kimball a dit : « Tout jeune homme doit remplir une mission. » Il reconnaît, cependant, que quelques-uns sont dans l'incapacité physique de remplir une mission (voir « Allez dans le monde entier », L'Étoile, novembre 1974, p. 444).

L’expérience de presque un siècle et demi [en 1980] d’œuvre missionnaire a montré que la maladie ou les handicaps sont presque toujours accentués par les longues marches, les conditions de vie irrégulières et autres rigueurs de la mission à plein temps. De plus, les personnes qui ne s’adaptent pas facilement à de nouvelles personnes et à de nouvelles situations risquent de souffrir de problèmes émotionnels du fait de vivre en permanence avec une autre personne pendant une longue période et selon un emploi du temps rigide.

Le missionnaire qui présente ces handicaps non seulement souffre personnellement, mais peut aussi rendre le service de son collègue plus difficile, compliquant ainsi le problème en créant des sentiments de culpabilité chez les deux collègues devant leur incapacité de faire le travail.

La capacité de servir de chaque personne doit être considérée individuellement. Le canal du Seigneur pour ces considérations est l’évêque ou le président de branche et le président de pieu ou de mission qui ont la responsabilité de recommander des missionnaires. On demande aussi un examen médical. Après examen du dossier médical et une entrevue fouillée, le dirigeant de la prêtrise doit déterminer si la personne est capable de travailler dans les conditions dures que l’on rencontre dans le champ missionnaire. Si l’on remarque des problèmes, il est conseillé aux évêques de les résoudre avant de recommander la personne pour une mission à plein temps. Ceux qui ont des problèmes qui ne peuvent être résolus, mais qui peuvent être contrôlés, comme le diabète ou certains types d’épilepsie, peuvent être recommandés.

La personne qui présente de graves handicaps pour apprendre peut rencontrer des difficultés à assimiler la documentation volumineuse que les missionnaires doivent connaître par cœur [n'est plus d'actualité, ndlr] ou pour répondre aux amis de l'Église qui mettent souvent à l’épreuve les capacités des jeunes gens même les plus capables.

Si après consultation de l’évêque, il est décidé qu’il ne serait pas sage pour un jeune homme de servir comme missionnaire à plein temps, d’autres options sont possibles et lui permettront d’assumer sa responsabilité missionnaire. S’il sert dans l’Église en fonction de ses capacités, ni lui ni sa famille ne doivent se sentir coupables de ce qu’il ne remplit pas une mission à plein temps régulière.

Dans la mesure où il sert de tout son cœur, de tout son pouvoir, de tout son esprit et de toutes ses forces dans les appels qu'il reçoit, il sera « innocent devant Dieu au dernier jour » (D&A 4:2).

Comment une personne handicapée peut-elle servir dans l’œuvre missionnaire ?

1. Elle peut servir, comme tous les autres membres, en créant des liens et en intégrant ses amis, voisins et sa famille. Les personnes handicapées ont souvent démontré une capacité unique de toucher le cœur des autres et à ouvrir leur esprit à l’Évangile.

2. Elle peut servir dans l’œuvre missionnaire de pieu, en continuant à vivre chez elle et en participant selon ses capacités, sans la discipline rigide du champ missionnaire.

3. Elle peut participer financièrement selon ses moyens.

4. Elle peut exercer sa foi par la prière en faveur de l’œuvre missionnaire.

5. Elle peut être un modèle de justice, un exemple pour ceux qui croient.

6. Elle peut correspondre avec des non-membres, leur exprimer son témoignage et ses sentiments à l’égard de l’Église.

7. Elle peut envoyer des exemplaires « personnalisés » du Livre de Mormon dans une mission, avec sa photographie et son témoignage en début d'ouvrage.

On peut imaginer d’autres actions. Le désir de servir Dieu est la première condition (voir D&A 4:3).


Source : L'Étoile, janvier 1980, p. 11-12