la feuille d'olivier


Qui est mormon ?
Pourquoi les polygames ne le sont pas


La Rédaction


      Aucun polygame actuel n'a un jour été mormon, à moins qu'il soit plus que centenaire. La poignée de mormons qui au début du 20e siècle a continué à pratiquer la polygamie a été excommuniée. Si une Jeanne Calmant parmi les polygames actuels a un jour été mormone, elle ne l'est plus depuis plus d'un siècle. Il semble que la presse française qualifie encore de mormons des gens qui ne l'ont jamais été. Pour éviter toute confusion, voici un constat et quelques données historiques, géographiques et statistiques.

1. Constat
2. Données historiques
3.
Données géographiques et statistiques


1. Constat

      
Il y a une distinction à faire entre l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont les membres sont communément appelés mormons, et les familles polygames qui vivent au Mexique, au Texas, en Arizona, en Utah et au Canada anglais.

      
Le terme « mormon » est inadapté pour décrire les familles polygames réparties dans l'Ouest américain. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours compte plus de 15 millions de fidèles à travers le monde (dont la majorité en dehors des États-Unis) et elle n'est en aucune façon liée à quelque groupe que ce soit qui pratiquerait la polygamie.

      
Les informations qui amalgament l'Église et ces groupes polygames sont erronées.

      
L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a officiellement cessé la pratique de la polygamie en 1890. À partir de cette date elle ne reconnaît plus les célébrations de mariages pluraux.

      
Depuis plus d'un siècle tout mormon pratiquant la polygamie s'est vu exclure de l'Église. Les quelques familles qui ont continué cette pratique ne sont plus membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et c'est par abus qu'elles se qualifient de mormons. De nombreuses familles polygames actuelles n'ont aucun lien avec l'histoire de l'Église et ne s'y réfèrent que pour trouver une légitimité à leur mode de vie.

      
Il est offensant pour un mormon de se voir assimilé par erreur à un groupe polygame.

      
L'Église est reconnaissante aux médias qui depuis quelques années font la distinction entre les familles polygames de l'Ouest américain et le mormonisme (voir l'appel aux médias à faire la distinction).

       Quelques intellectuels ont cru simplifier la question en incluant dans le mormonisme plusieurs dénominations ou en parlant de plusieurs mormonismes à propos de l'Église et des groupuscules qui s'en sont détachés, ce qui n'a pas dissipé la confusion. Comparés à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, les groupes qui l'ont quittée ont toujours été très minoritaires. Étant excommuniés de l'Église, c'est abusivement que certains d'entre eux ont continué à se faire appeler mormons.

      
C'est pourquoi les dirigeants de l'Église ont clarifié cette question avec les médias qui, aux États-Unis, sont désormais majoritaires à appliquer le terme « mormon » aux seuls membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et qui, par conséquent, cessent d'associer les termes « mormons » et « polygames » dans leurs comptes-rendus. Ce n'est pas encore le cas partout en Europe, bien que l'Église y travaille. En attendant que les habitudes des médias évoluent et que la confusion soit dissipée, l'Église recommande à ses membres d'utiliser le nom complet de l'Église.

      
Bien que la distinction entre les polygames et les mormons s'installe lentement dans l'opinion, certaines avancées significatives sont à signaler, comme la décision prise le 12 janvier 2015 par la Cour suprême de Colombie-Britannique d'interdire à l'un des groupes polygames les plus connus du Canada d'user de tout nom ou qualificatif désignant les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, dont le terme « mormon ».
 

2. Données historiques

      
On trouve dans les propos de Joseph Smith (1805-1844), premier président de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, toutes les indications permettant de déterminer la légitimité actuelle de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Au moins quatre critères permettent de l'identifier comme la seule organisation autorisée à poursuivre la mission du Prophète :

a. Une présidence collégiale apostolique à la mort du président

       « Je me mis ensuite à expliquer la question du devoir des Douze et leur autorité, qui vient immédiatement après la présidence actuelle... En outre, les Douze ne sont soumis à personne d’autre qu’à la Première Présidence, c’est-à-dire moi-même, Sidney Rigdon et Frederick G. Willliams, qui sont maintenant mes conseillers, et là où je ne suis pas, il n’y a pas de Première Présidence au-dessus des Douze. » (History of the Church, volume 2, p. 373-374, 16 janvier 1836)

       Aux Douze, trois mois avant sa mort : « Je transfère le fardeau et la responsabilité de la direction de cette Église de mes épaules aux vôtres. Maintenant, redressez les épaules et endossez-le comme des hommes ; car le Seigneur va me laisser me reposer un certain temps. » (procès verbal d’une réunion de mars 1844 ; dans Brigham Young, Office Files 1832-1878, Archives de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Salt Lake City)

b. La majorité du peuple de l'Église

       « Mes frères, souvenez-vous que la majorité de ce peuple ne s'égarera jamais. Aussi longtemps que vous restez avec la majorité, vous êtes assurés d'entrer dans le royaume céleste. » (cité par Orson Hyde, Deseret News, 21 juin 1870, p. 3)

       « Je vais vous donner une clef qui ne rouillera jamais : si vous demeurez avec la majorité des douze apôtres et avec les écrits de l'Église, vous ne serez jamais égarés. » (cité par William G. Nelson, Young Woman's Journal, décembre 1906, p. 543)

c. L'installation dans les montagnes Rocheuses

       « Des dizaines de milliers de saints des derniers jours seront rassemblés dans les montagnes Rocheuses... Ce peuple ira dans les montagnes Rocheuses ; et là il construira des temples au Très-Haut. » (propos tenus à Kirtland, en Ohio, en avril 1834 ; cité par Wilford Woodruff, Conference Report, avril 1898, p. 57).

       « J’eus une conversation avec un certain nombre de frères à l’ombre du bâtiment au sujet de nos persécutions au Missouri et des ennuis constants qui nous suivent depuis que nous avons été chassés de cet État. Je prophétisai que les saints continueraient à souffrir beaucoup d’afflictions et seraient chassés dans les montagnes Rocheuses, que beaucoup apostasieraient, que d’autres seraient mis à mort par nos persécuteurs ou mourraient de froid ou de maladie, et certains d’entre vous vivront pour aller aider à fonder des colonies et à construire des villes et voir les saints devenir un peuple puissant au milieu des montagnes Rocheuses. » (le 6 août 1842, History of the Church, vol. 5, p. 85)

d. Une expansion mondiale

       « Frères, j’ai été extrêmement édifié et instruit par les témoignages que vous avez rendus ce soir, mais je tiens à vous dire devant le Seigneur que vous n'en savez pas plus au sujet de la destinée de cette Église et de ce royaume qu'un bébé sur les genoux de sa mère. Vous ne la comprenez pas. Ce que vous voyez ici ce soir, ce n'est qu'une petite poignée de détenteurs de la prêtrise, mais cette Église remplira l'Amérique du Nord et du Sud, elle remplira le monde. » (propos tenus à Kirtland, en Ohio, en avril 1834 ; cité par Wilford Woodruff, Conference Report, avril 1898, p. 57).

       « L’étendard de la vérité a été dressé... La vérité de Dieu ira de l’avant hardiment, noblement et indépendante, jusqu’à ce qu’elle ait pénétré tout continent, visité tous les climats, balayé tous les pays et résonné à toutes les oreilles. » (Times and Seasons, 1er mars 1842, p. 709 ; History of the Church, vol. 4, p. 540)


3. Données géographiques et statistiques

       Ces déclarations confirment la légitimité de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours à poursuivre la mission de Joseph Smith. Elle est en effet la seule à répondre aux critères énoncés. Dès le début elle a représenté la majorité à la fois du Collège des douze apôtres et de l'Église. Aujourd'hui (2016) elle compte près de 16 millions de membres répartis dans tous les pays du monde libre. En 1996 le nombre de membres de l'Église nés en dehors des États-Unis a définitivement dépassé le nombre de ceux nés aux États-Unis et, depuis, l'écart ne cesse de s'accroître. Les reportages vidéo suivants présentent quelques mormons français ou de pays voisins dans leur contexte familial, professionnel, etc. : voir ici.

       Par comparaison, les polygames appelés abusivement « mormons fondamentalistes » sont au nombre d'environ 40 000 répartis dans l'Ouest américain. En 1951, une partie d'entre eux se sont donné le nom d'Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours (FLDS) dont l'effectif dépasse à peine les 10 000 membres dont le dirigeant purge depuis 2005 une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour agression sexuelle sur enfants.

       Notons pour information que le seul groupe qui quantitativement se situe entre l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et les familles polygames de l'Ouest américain est la Communauté du Christ (appelée jusqu'en 2001 Église réorganisée de Jésus-Christ des saints des derniers jours). Cette organisation a son siège au Missouri où vit la quasi-totalité de ses 250 000 membres. Elle rejette le qualificatif de « mormon ».

       Ces données historiques, statistiques et géographiques permettront aux médias de mieux différencier les mormons des groupuscules auxquels on les associe par erreur. Ils en sont remerciés par avance.


Article mis en ligne le 17/01/2013 et mis à jour le 06/05/2016
Voir aussi :
Les mormons gagnent à être connus