Quelques réflexions sur l'unité,
la perfection et d'autres sujets


par Dallin H. Oaks, de la Première Présidence

Discours prononcé à Bruxelles le 13 juillet 2025



Mes chers frères et sœurs,

Comme Kristen vient juste de le dire, de très belle manière, le Seigneur vous aime. Elle et moi savons ceci. Et nous vous aimons. Notre amour pour vous en tant qu'enfants de Dieu. Et notre Père céleste vous aime en tant que ses enfants. Et c'est ce qui nous amène ici, en cet endroit ce soir. Et nous vous remercions d'être ici ce soir.

Kristen et moi sommes ravis d'être à Bruxelles, pour nous adresser aussi à ceux qui ne sont pas ici. Beaucoup d'entre vous, ceux qui m'entendent, ne sont pas ici mais dans toute l'Europe.

Nous sommes ici pour profiter d'une rare semaine de vacances, loin de nos responsabilités au siège de l'Église. Mais nous ne pouvions pas venir en Europe sans nous adresser à quelques-uns de nos membres.

J'ai choisi de commencer par quelques réflexions sur l'unité. Dans le monde actuel, de nombreuses choses nuisent à l'unité. Certaines sont de nature politique. Certaines sont économiques. D'autres prennent la forme de conflits armés. Dans diverses Églises de toutes dénominations et dans d'autres groupes religieux, l'unité est compromise par des divergences doctrinales. Certaines familles aussi manquent d'unité.

Frères et sœurs, pour régler ces conflits, il n'existe pas de solution basée sur la sagesse du monde qui puisse aboutir à une unité durable. Quelle que soit la nature des désaccords qui nous divisent, il n'y a qu'une seule solution fiable et permanente.

Howard Hunter, un prophète du Seigneur, l'a décrit il y a plusieurs décennies, comme beaucoup d'autres l'ont fait. Mais j'ai choisi de citer Frère Hunter, car je me sens particulièrement proche de lui. Il y a de nombreuses années, il m'a appelé dans une présidence de pieux et m'a ordonné grand prêtre. Pendant longtemps, il a donc fait partie de ma ligne d'autorité jusqu'au Seigneur, notre Sauveur.

Je cite Frère Hunter : « Tandis qu'il s'adressait à un groupe de ses disciples, le Sauveur a demandé 'Quelle espèce d'homme devez-vous être ?' Il a immédiatement répondu 'Tel que je suis'. »

Frère Hunter continue en ces termes :

« Seul le Christ peut être notre idéal. Lui seul peut dire sans aucune réserve 'Suivez-moi, apprenez de moi, faites ce que vous m'avez vu faire. Je suis le chemin, la vérité et la vie. Je suis la loi et la lumière. Levez les yeux vers moi et vous vivrez. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé.'

« Suivons le Fils de Dieu dans tous les domaines de la vie, dit le président Hunter. Faisons de lui notre exemple et notre guide. Dans la mesure où nos capacités mortelles nous l'autorisent, nous devrions faire tous les efforts nécessaires pour devenir comme le Christ, le seul exemple parfait et sans péché que le monde ait jamais connu. L'unique solution permanente aux désaccords qui nous divisent est que nous suivions tous les enseignements de notre Sauveur et devenions progressivement tel qu'il est. »

Quel défi ! Suivre le Christ n'est pas une pratique désinvolte ou occasionnelle, mais un engagement et un mode de vie constants qui s'appliquent en tout, en tout temps et en tous lieux. Il nous demande à tous de le suivre et de devenir plus semblables à lui, dans cette vie et dans la suivante.

Dans nos efforts pour suivre le Christ, nous devons nous efforcer de cultiver de nombreuses qualités, notamment la foi en Jésus-Christ, l'obéissance, le repentir, l'humilité, l'amour.

Suivre le Seigneur n'est pas chose facile. Il nous a avertis à maintes reprises, directement et par l'intermédiaire de ses serviteurs, que le monde nous mépriserait pour notre différence, parce que nous agissons à sa manière. Alors que son ministère touchait à sa fin, il a dit à ses apôtres : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde vous hait. »

Nous avons besoin de l'aide du Seigneur. Sinon, comment pourrions-nous garder les commandements qu'il a donnés dans son merveilleux sermon sur la montagne ? « En vérité, en vérité, je vous le dis, ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez ». Le Sauveur a aussi déclaré : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux. Car c'est la loi et les prophètes. »

Pour citer un commandement plus moderne, rappelons-nous que Russell M. Nelson nous a exhortés à éviter tout ce qui nous prive de notre libre arbitre, toute dépendance, qu'il s'agisse de jeux vidéo, de jeux d'argent, de dettes, de drogues, d'alcool, de colère, de pornographie, de sexe, ou même de nourriture, qui offensent Dieu. Pourquoi ? Parce que votre obsession devient votre Dieu. Vous cherchez le réconfort auprès d'elle et non auprès de lui.

Souvenons-nous également du défi lancé par le président Nelson lors d'une réunion spirituelle mondiale pour les jeunes, peu après son appel en tant que président de l'Église. Il a dit :

« Démarquez-vous et soyez différents du monde. Vous et moi savons que vous devez être une lumière pour le monde. Par conséquent, le Seigneur a besoin que votre apparence, votre langage, vos actes et votre tenue vestimentaire soient ceux d'un vrai disciple de Jésus-Christ. Oui, vous vivez dans le monde, mais vous avez des principes très différents de ceux du monde, pour vous aider à vous préserver de la souillure du monde. »

La bonne nouvelle, c'est que si nous accomplissons la volonté du Seigneur à sa manière, il nous promet des bénédictions qui nous aideront. Il a dit : « J'irai devant votre face. Je serai à votre droite et à votre gauche. Et mon esprit sera dans votre cœur. Et mes anges seront tout autour de vous pour vous soutenir. »

Les alliances que nous contractons dans le cadre du plan du salut de notre Père céleste sont une aide pour nous. Notre Église est connue pour mettre l'accent sur le fait de contracter des alliances avec Dieu. Les alliances sont inhérentes à chacune des ordonnances du salut et de l'exaltation que l'Église rétablie administre.

Comme l'a rappelé Camille Johnson, présidente générale de la Société de secours, à une assemblée de jeunes adultes lors d'une réunion spirituelle mondiale : « Vous êtes des fils et des filles de Dieu. Il vous connaît. Vous êtes dans une relation d'alliance avec lui. Vous n'épuiserez jamais sa patience miséricordieuse envers vous. »

De la même façon, le président Nelson nous a fait cette promesse : « Si nous respectons nos alliances du temple, nous avons davantage accès au pouvoir fortifiant du Seigneur. Dans le temple, nous recevons une protection contre les assauts du monde. Voici ma promesse, dit le président Nelson : Chaque personne qui cherche sincèrement à Jésus-Christ le trouvera dans le temple. Vous ressentirez sa miséricorde. Vous trouverez la réponse à vos questions les plus troublantes. Vous comprendrez mieux la joie de son Évangile. »

Le commandement de suivre le Christ et de contracter et de respecter des alliances dans le temple ne constitue rien de moins que le commandement de devenir parfait. Dans son sermon sur la montagne, le Christ a ainsi commandé à ses disciples : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait ». Par la révélation moderne qui est unique à l'Évangile rétabli, nous savons que ce commandement divin de rechercher la perfection fait partie du plan de notre Père pour le salut de ses enfants. Mais que signifie être parfait ?

L'apôtre Paul a décrit la mission des apôtres et des prophètes comme étant le perfectionnement des saints, « jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite du Christ ». Cette destinée exigée de nous d'atteindre la mesure de la stature parfaite du Christ, c'est-à-dire la perfection, est un objectif trop élevé pour être atteint dans la condition mortelle.

Joseph Fielding Smith, ancien président de l'Église, a enseigné :

« Il nous faudra des siècles pour atteindre ce but, car un progrès bien plus grand aura lieu au-delà de la tombe et c'est alors que les fidèles vaincront toutes choses et recevront toutes choses, même la plénitude de la gloire du Père. Cela ne se produira pas en un instant, mais ligne sur ligne et précepte sur précepte, exemple après exemple. Et même alors, cela ne surviendra pas tant que nous serons dans cette condition mortelle, car nous devrons aller bien au-delà de la tombe avant d'atteindre cette perfection et d'être semblable à Dieu. »

Il existe de nombreuses façons de rechercher la perfection dans la condition mortelle. L'une d'elles est d'être témoin de Jésus-Christ. Quand Alma s'est adressé à un groupe de membres potentiels près des eaux de Mormon, tel qu'on le lit dans le livre de Mormon, où il leur a expliqué les devoirs de ceux qui désirent entrer dans la bergerie de Dieu et être appelés son peuple.

Il leur a enseigné que l'un de ces devoirs est d'être les témoins de Dieu en tout temps et en toute chose et « dans tous les lieux où vous serez jusqu'à la mort ». Cela s'applique à chaque membre de l'Église qui a reçu le don du Saint-Esprit.

Les dons spirituels sont donnés par le pouvoir du Saint-Esprit pour le bénéfice de tous les fidèles. L'un de ces dons est de savoir que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et qu'il a été crucifié pour les péchés du monde. Ceux qui reçoivent ce don ont le devoir d'en témoigner, puisque immédiatement après avoir décrit ce don, le Seigneur dit par révélation qu'à d'autres, il est donné de croire en leurs paroles, afin d'avoir eux aussi la vie éternelle s'ils restent fidèles.

Ainsi, ceux qui possèdent le don de savoir doivent témoigner pour permettre à ceux qui ont le don de croire à leurs paroles d'en bénéficier. Nous sommes témoins quand nous rendons témoignage de la véracité des précieux enseignements contenus dans l'Évangile rétabli.

Il y a plus de cinquante ans, l'ancien président de l'Église, Harold B. Lee, a enseigné à un auditoire de l'université d'État de l'Utah la leçon suivante qui est d'autant plus importante dans le monde actuel. En réponse aux questions croissantes concernant la Bible et l'appel divin de Jésus-Christ, il a déclaré :

« Notre plus grande responsabilité et préoccupation est de défendre la mission divine de notre Seigneur et Maître, Jésus-Christ. Car tout autour de nous, même parmi ceux qui prétendent être des professeurs de la foi chrétienne, se trouvent des personnes qui ne sont pas disposées à défendre franchement la grande vérité selon laquelle notre Seigneur et Maître, Jésus-Christ, était bel et bien le Fils de Dieu. »

Dans son dernier enseignement contenu dans la Bible, le Sauveur a chargé ses disciples de porter ses enseignements à chaque nation et à chaque être. Dès le début du Rétablissement, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours s'est efforcée de suivre cet enseignement. Même à l'époque où nous n'étions qu'une nouvelle Église pauvre et en difficulté comptant seulement quelques milliers de membres, nos premiers dirigeants ont envoyé des missionnaires à travers les océans, vers l'Est et vers l'Ouest.

En tant que peuple, nous avons continué à diffuser le message du christianisme et à ce jour, notre programme missionnaire unique compte plus de 78 000 missionnaires, parmi lesquels des jeunes et des membres d'âge mûr.

Une autre façon de rechercher la perfection de la condition mortelle est de surmonter notre égocentrisme inné en servant autrui. Le service est un devoir pour ceux qui adorent Jésus-Christ et s'efforcent de le suivre. Aux disciples qui convoitaient des positions importantes dans son royaume, le Sauveur a dit : « Et quiconque veut être le premier parmi vous qu'il soit votre esclave. »

Cela m'amène à la plus grande raison de rendre service que les Écritures appellent « une voie par excellence ». La charité est l'amour pur du Christ. Le Livre de Mormon nous enseigne que cette vertu est ce qu'il y a de plus grand. L'apôtre Paul a confirmé et illustré cette vérité lorsqu'il a enseigné les raisons pour lesquelles nous rendons service :

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un errant qui résonne ou une cymbale qui retentit. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. »

Ici, nous apprenons que même les actes de service les plus extrêmes, comme faire don de tous nos biens pour nourrir les pauvres, ne nous sont d'aucun bénéfice à moins d'être motivés par l'amour pur du Christ. C'est un défi quelle que soit la nature de notre service, que nous soyons missionnaire, instructeur, officier dans une organisation, membre de la présidence d'un collège, d'un épiscopat, de la présidence d'un pieu ou d'un district, ou que nous servions dans tout autre appel.

Pour que notre service soit pleinement efficace, il doit être accompli par amour pour Dieu et pour ses enfants. Ce principe selon lequel nous devons servir par amour pour Dieu et pour nos semblables plutôt que pour notre avantage personnel ou dans d'autres buts moins nobles est certes une exigence élevée. Cela devait être le point de vue du Sauveur puisqu'il a associé son commandement d'amour total et désintéressé à l'idéal de perfection.

Le verset suivant du sermon sur la montagne contient ce grand commandement : « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Ce commandement nous apprend qu'il n'est pas suffisant de servir Dieu de tout notre pouvoir et de toute notre force. Celui qui voit en notre cœur et connaît nos pensées exige bien plus. Pour nous tenir innocents devant Dieu au dernier jour, nous devons aussi le servir de tout notre cœur et de toute notre pensée.

Si nous avons des difficultés avec ce commandement, cet enseignement issu du Livre de Mormon nous aidera si nous avons des difficultés à comprendre le commandement de servir par amour. Après avoir expliqué l'importance de la charité, le prophète Moroni a donné le conseil suivant :

« C'est pourquoi mes frères bien-aimés, priez le Père de toute l'énergie de votre cœur afin d'être remplis de cet amour qu'il a accordé à tous ceux qui sont de vrais disciples de son Fils Jésus-Christ. »

Dans nos efforts pour suivre le Christ et travailler à la perfection dans un monde imparfait, nous devons résister aux influences terrestres qui nous entourent. L'apôtre Jean nous invite à abandonner notre tendance terrestre à aimer la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.

J'ai parlé de suivre le Christ, ne pas juger, la façon dont nous devons traiter les autres, d'éviter tout ce qui nous prive de notre libre arbitre, de rechercher la perfection, d'être des témoins du Christ et d'aimer ceux que nous servons.

Mais par-dessus tout, je témoigne que je sais que Dieu vit et je sais que son Fils unique, Jésus-Christ, est mort pour nos péchés et qu'il est notre Sauveur. Je sais aussi que Dieu a rétabli la plénitude de l'Évangile en ces derniers jours à travers Joseph Smith, le prophète. Au nom de Jésus-Christ. Amen.