COMMENTAIRE DE LA BIBLE


chapitre par chapitre

Commentaire tiré des manuels de l'Institut de religion
et complété à l'occasion par d'autres publications de l'Église


Édition mise à jour le 29/08/2023




 

ANCIEN TESTAMENT


NOUVEAU TESTAMENT

 




 

ANCIEN TESTAMENT

 

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GENÈSE

 

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I 37 I 38 I 39 I 40 I 41 I 42 I 43 I 44 I 45 I 46 I 47 I 48 I 49 I 50 I


 

GENÈSE 1

Genèse 1:1. Le « commencement », c'était quand ?


On doit faire au moins deux remarques importantes sur les premiers mots de la Bible : D'abord, commencement est un terme relatif qui ne signifie pas que ce soit le début de toute l'éternité, si cela existe. Le Seigneur a dit à Moïse qu'il ne parlerait que de cette terre (voir Moïse 1:40). Les créations de Dieu sont trop nombreuses pour que l'homme puisse les compter (voir Moïse 1:37 ; 7:30), et de nombreux autres mondes ont déjà « passé » (Moïse 1:35). Ainsi « au commencement » ne s'applique qu'au commencement de ce monde.


« Quand y a-t-il eu un commencement ? Il n'y en a jamais eu ; s'il y en a eu un, il y aura une fin ; mais il n'y a jamais eu de commencement, et par conséquent il n'y aura jamais de fin ; ça, ça ressemble à l'éternité. Quand nous parlons du commencement de l'éternité, nous simplifions pour les besoins de la conversation, car l'éternité dépasse de loin les capacités de l'homme. » (Discours de Brigham Young, p. 47)


Ensuite, la création de ce monde n'a pas été le vrai commencement pour ceux qui viendraient y vivre. Avant que la fondation de cette terre ne soit posée, ils vivaient en tant qu'enfants d'esprit de parents célestes dans un état d'existence prémortel.


« D'où venons-nous ? De Dieu. Nos esprits existaient avant de venir dans ce monde. Ils se trouvaient dans les conseils des cieux avant que l'on pose les fondations de la terre… Nous avons chanté de joie avec les armées célestes quand on a posé les fondations de la terre et que le plan de notre existence ici-bas et de la rédemption fut conçu… Nous étions sans aucun doute présents dans ces conseils quand cet événement extraordinaire s'est produit… quand Satan a offert d'être le sauveur du monde à condition de recevoir l'honneur et la gloire du Père… Nous y étions certainement et nous avons pris part à tous ces événements.


« Nous étions concernés au premier chef par l'application de ces plans et de ces desseins excellents, nous les comprenions et c'est pour notre bien qu'ils furent décrétés et doivent se dérouler. » (Joseph F. Smith, cité par Ludlow, Latter-day Prophets Speak, p. 5-6)


Ainsi, tous les hommes ont vécu durant une période de temps inconnue avant que le monde ne soit créé (voir D&A 49:16-17).


« La vie devait comprendre trois sections ou états : prémortel, mortel et immortel. Le troisième stade comprendrait l'exaltation – la vie éternelle avec la divinisation - pour ceux qui magnifieraient pleinement leur vie mortelle. Les réalisations accomplies dans un des états affecteraient d'une manière capitale l'état ou les états suivants. Si une personne gardait son premier état, il lui serait permis de connaître le deuxième, soit la vie mortelle, qui serait une nouvelle période d'épreuve et d'expérience. S'il magnifiait son deuxième état, son expérience terrestre, c'était la vie éternelle qui l'attendait. C'est pour cela que les hommes traversent les nombreuses expériences de la vie terrestre, 'pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur leur Dieu, leur commandera' (Abraham 3:25).


« Nous, les mortels, qui vivons maintenant sur cette terre, nous sommes dans notre deuxième état. Notre présence même ici dans un corps mortel atteste du fait que nous avons conservé, notre premier état. Notre matière d'esprit était éternelle et coexistante avec Dieu, mais notre Père céleste l'a organisée en corps d'esprit. Notre corps d'esprit a traversé une longue période de progression, de développement et de formation et, ayant réussi l'épreuve, a finalement été admis sur cette terre et dans la mortalité. » (Spencer W. Kimball, Le Miracle du pardon, p. 16)


Cette « longue période de progression, de développement » doit sûrement avoir eu une grande influence sur ce que l'homme est à présent. 


« Je veux vous dire, à chacun, que vous connaissez bien Dieu, notre Père céleste, ou le grand Élohim. Vous le connaissez tous bien, car il n'est pas une âme parmi vous qui n'ait vécu dans sa maison et n'ait demeuré avec lui d'année en année, et cependant vous cherchez à le connaître, alors que le fait est que vous avez tout simplement oublié ce que vous saviez. Il n'est pas une personne ici aujourd'hui qui ne soit fils ou fille de cet Être. » (Discours de Brigham Young, p. 50)


Genèse 1:1. Quel est l'âge de la terre ?


Même lorsqu'on comprend que le chapitre 1 de la Genèse ne décrit pas le commencement de toutes choses, ou le commencement de l'humanité, mais seulement celui de la terre, on ne peut dire avec certitude quand il a eu lieu. En d'autres termes, les Écritures ne fournissent pas assez de renseignements pour pouvoir déterminer avec exactitude l'âge de la terre. Sur un plan général, ceux qui acceptent le récit scripturaire adhèrent à l'une des trois théories de base concernant l'âge du monde. Toutes trois dépendent de la façon dont le mot jour, tel qu'on l'emploie dans le récit de la création, est interprété.


La première théorie stipule que le mot jour doit être compris dans son usage actuel et signifie donc une période de 24 heures. D'après cette théorie, la terre fut créée en une semaine, soit 168 heures. Ainsi, la terre aurait environ six mille ans (beaucoup d'exégètes reconnaissent qu'il s'est écoulé environ quatre mille ans entre Adam et le Christ et près de deux mille ans depuis la naissance de ce dernier). Très peu de gens, qu'ils soient membres de l'Église ou d'autres religions, croient en cette théorie, car il y a des preuves substantielles sur les longs processus utilisés pour la création.


La deuxième théorie soutient qu'Abraham a appris grâce à l'urim et thummim qu'une révolution de Kolob, l'étoile la plus proche du trône de Dieu, durait mille ans (voir Abraham 3:2-4). En d'autres termes, une journée du temps du Seigneur est égale à mille ans. D'autres Écritures appuient cette théorie (voir Psaumes 90:4 ; 2 Pierre 3:8 ; facsimilé 2 du livre d'Abraham, figures 1, 4). Si le mot jour de la Genèse est utilisé dans ce sens, alors la terre aurait environ treize mille ans (sept jours de mille ans chacun pour la Création, plus près de six mille ans depuis la chute d'Adam). Certains pensent que Doctrine et Alliances 77:12 est une preuve scripturaire supplémentaire de cette théorie.


Bien que la majorité des géologues, des astronomes et autres hommes de science croient que même cette longue période est insuffisante pour expliquer les preuves physiques que l'on trouve dans la terre, il y a un petit nombre de savants estimés qui ne sont pas d'accord. Ils prétendent que les faits géologiques sont mal interprétés et que d'énormes catastrophes dans l'histoire de la terre ont accéléré des processus qui prennent normalement des milliers d'années. Ils citent des preuves corroborant l'idée que treize mille ans n'est pas un laps de temps irréaliste.


Immanuel Velikovsky, par exemple, a écrit trois livres démontrant abondamment que des bouleversements mondiaux se sont produits récemment, et il s'est opposé à l'idée que les processus naturels que l'on constate à présent se sont toujours déroulés à la même vitesse approximative. Voici les titres de ces livres : Worlds in collision, Ages in Chaos et Earth in Upheaval. Deux scientifiques saints des derniers jours, Melvin A. Cook et M. Garfield Cook, ont également prôné cette théorie dans leur livre Science and Mormonism. On trouve un court résumé de la version des Cook dans l'article de Paul Cracroft intitulé « How Old Is the Earth? » (voir Improvement Era, octobre 1964, p. 827-830, 852).


La troisième théorie précise que le mot jour se rapporte à une période de temps indéterminée. Le mot hébreu pour jour qui est employé dans le récit de la création peut être traduit par « jour » au sens littéral, mais il peut également signifier une période de temps indéterminé (voir Genèse 40:4, où jour est traduit par « un certain temps » ; Juges 11:4, où c'est traduit par « quelque temps après »). Abraham dit que les Dieux appelèrent les périodes de création des jours (voir Abraham 4:5, 8).


Si le dernier sens mentionné était celui utilisé par Moïse quand il employait le mot jour, le conflit apparent entre les Écritures et les preuves scientifiques, qui soutiennent que la terre est très ancienne, est alors facilement résolu. Chaque période ou jour de création aurait pu durer des millions ou même des centaines de millions d'années, au sens où nous l'entendons, et un système uniforme pourrait être accepté sans difficulté (la plupart des textes universitaires de sciences naturelles parlent de l'âge traditionnel de la terre).


Bien qu'il soit intéressant de se pencher sur ces diverses théories, l'Église n'a pas pris officiellement position sur l'âge de la terre. Pour des raisons qui ne regardent que lui, le Seigneur n'a pas encore jugé nécessaire de révéler officiellement les détails de la Création. Donc, quoique les saints des derniers jours aient reçu le commandement d'apprendre la vérité dans de nombreux domaines différents (voir D&A 88:77-79), essayer d'établir une théorie qui serait la position officielle de l'Église n'est pas justifié.


Genèse 1:1. Qui a créé la terre ?


Bien que les textes indiquent que Dieu a créé les cieux et la terre, nous avons des informations supplémentaires qui nous indiquent exactement de qui il s'agissait. Nombre d'Écritures signalent que l'Éternel, Jésus-Christ à l'état prémortel, a en fait reçu la responsabilité d'accomplir l'oeuvre de Création, non seulement pour cette terre mais aussi pour d'autres mondes innombrables. Dieu a dit à Moïse : « Et j'ai créé des mondes sans nombre ; et je les ai également créés dans un dessein qui m'est propre, et je les ai créés par le Fils, qui est mon Fils unique » (Moïse 1:33).


L'Éternel, qui est le Christ, fut aidé par Michel quand il créa la terre.


« Notre grand prince, Michel, appelé Adam dans la mortalité, vient après le Christ dans le plan éternel de salut et de progression. Dans la préexistence, Michel était l'esprit le plus intelligent, le plus puissant et le plus grand parmi les fils de Dieu qui étaient destinés à venir sur cette terre, exception faite du Premier-né, sous la direction duquel il travaillait. 'II est le père de la famille humaine, il préside aux esprits de tous les hommes' (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 215). Le nom Michel signifie, comme il convient, quelqu'un 'qui ressemble à Dieu'. Lors de la création de la terre, Michel a joué un rôle dont l'importance n'était dépassée que par celui du Christ. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, 2d ed., p. 491).


Abraham a écrit que parmi les nombreux esprits prémortels nobles et grands, il y en avait un « qui était semblable à Dieu » et celui-ci leur dit « Nous descendrons… nous prendrons de ces matériaux, et nous ferons une terre, sur laquelle ceux-ci pourront habiter » (Abraham 3:22, 24). Ce passage suggère que d'autres personnes, à part Adam, ont participé à la Création.

« Il est vrai qu'Adam a aidé à former notre terre. II a travaillé avec notre Sauveur Jésus-Christ. J'ai la conviction profonde qu'il y en a eu d'autres aussi qui les ont aidés. Peut-être Noé et Énoch ; et pourquoi pas Joseph Smith et ceux qui avaient été désignés pour être gouverneurs avant que la terre ne soit formée ? » (
Joseph Fielding Smith, Doctrine du Salut, p. 78)


Genèse 1:1. Que signifie le mot créer ?


Le mot hébreu que l'on traduit par créer signifie « formé, modelé, créé ; c'est toujours une activité divine ». 


« Demandez aux savants docteurs pourquoi ils disent que le monde a été créé de rien, et ils vous répondront : 'la Bible ne dit-elle pas que Dieu a créé le monde ?', et du mot 'créer', ils déduisent que le monde a été tiré du néant. Or, le mot 'créer' vient du mot 'baurau' qui ne signifie pas créer du néant, mais bien organiser, comme un homme rassemblerait les matériaux pour construire un navire. De là nous déduisons que Dieu avait, à sa disposition, de la matière pour organiser le monde et le faire sortir du chaos – de la matière chaotique, qui est l'élément, et dans lequel réside toute la gloire. L'élément existe depuis aussi longtemps que Dieu. Les principes purs de l'élément sont des principes qui ne pourront jamais être détruits ; ils peuvent être organisés ou réorganisés, mais pas détruits. Ils n'ont pas eu de commencement et ils ne peuvent pas avoir de fin. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 493-496)


Genèse 1:2. Pourquoi l'Esprit se mouvait-il sur la terre qui était « informe et vide » ?


« La terre, lorsqu'elle fut organisée et formée n'était pas, bien sûr, 'informe et vide' mais plutôt, comme le signifie l'hébreu et le récit d'Abraham 'vide et désolée'. Quand la description de la préparation de la terre pour qu'elle devienne un lieu habitable pour l'homme commence, elle était enveloppée d'eaux, et 'l'Esprit de Dieu' se mouvait ou planait au-dessus d'elles (ces deux derniers mots essayent de traduire un mot hébreu qui décrit ce qu'un oiseau ou une poule font lorsqu'ils incubent ou qu'ils gardent un oeuf au nid).


« La force créatrice appelé ici 'Esprit de Dieu', qui agit sur les éléments pour les former et les préparer à entretenir la vie sur terre est la même qu'on appelle 'Lumière du Christ' dans les Doctrine et Alliances, dans un certain contexte (voir D&A 88:7-13). Que cette force fut exercée par le Fils est évident également dans les Écritures suivantes : Jean 1:1-4 et Hébreux 1:1-2 (voir aussi Hélaman 12:8-14 et Jacob 4:6-9). » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:11)


Genèse 1:6-8. Qu'est-ce que « l'étendue du ciel » et les deux étendues d'eau ?


Le mot traduit par « étendue » (du ciel) dans notre version de la Bible vient d'un terme hébreu signifiant s'étendre ou se déployer (le mot utilisé dans Abraham 4:6-7 est « étendue »). La séparation des eaux au-dessous et au-dessus de cette étendue est expliquée simplement comme étant un phénomène naturel de la terre.


« Les eaux au-dessous de l'étendue sont celles du globe lui-même ; celles au-dessus sont celles qui flottent dans l'atmosphère, qui les séparent de celles de la terre, ce sont les eaux qui s'accumulent dans les nuages et qui se déversent ensuite sur la terre sous forme de pluie… Si, d'après cette conception, et en examinant cela d'un point de vue terrestre, la masse d'eau qui se déverse sur la terre quand il pleut est enfermée dans les cieux (voir Genèse 8:22), il est évident qu'on doit la considérer comme étant au-dessus de la voûte céleste ou, d'après les paroles du psaume 148:4, 'au-dessus des cieux'. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:53-54)


Genèse 1:11-12, 21, 24-25


L'élément de base des lois génétiques, ou lois de Mendel, fut révélé dans les trois récits de la Création. Dans chaque récit (Genèse 1 ; Moïse 2 ; Abraham 4), l'expression « selon son espèce » est utilisée plusieurs fois. Abraham la renforce dans Abraham 4:11-12. Abraham 4:31 souligne que les lois que le Seigneur a données à ce royaume sont immuables (voir D&A 88:36-38, 42-43).


« Dieu a rendu certains décrets qui sont invariables et immuables. Par exemple, Dieu a placé le soleil, la lune et les étoiles dans les cieux et leur a donné leurs lois, leurs conditions et leurs bornes, dans lesquelles ils doivent se confiner, à moins qu'ils ne reçoivent un autre commandement de Dieu. ils évoluent avec une harmonie parfaite dans leur orbite et dans leur ordre, et sont des lumières, des merveilles et des signes pour nous. La mer, aussi, a des limites qu'elle ne peut pas dépasser. Dieu a mis beaucoup de signes sur la terre aussi bien que dans les cieux ; par exemple, le chêne de la forêt, le fruit de l'arbre, l'herbe des champs, tous sont des signes que des semences ont été plantées là ; car c'est un décret du Seigneur que chaque arbre, plante et herbe qui porte des semences, doit reproduire des végétaux de la même espèce, et ne peut se reproduire d'après aucune autre loi ou aucun autre principe. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 274-275)


Genèse 1:21


Les mots « grands poissons » employés dans ce verset traduisent le mot hébreu tannanim, dérivé du verbe signifiant « s'étendre » et qui veut dire « ceux qui sont très étendus ». Ce mot s'appliquait probablement aussi aux grands animaux marins tels que la baleine, le requin et le dauphin et
aux reptiles tels que le crocodile (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:60 ; Clarke, Bible Commentary, 1:37)


Genèse 1:26-27. « Faisons l'homme à notre image »


« L'homme est fait à l'image de son créateur… il en est l'image exacte, oeil pour oeil, front pour front, sourcils pour sourcils, nez pour nez pommettes pour pommettes, bouche pour bouche, menton pour menton, oreilles pour oreilles, précisément comme notre Père céleste. » (Brigham Young, cité par Ludlow, Latter-day Prophets Speak, p. 278)


« Tout homme et femme est à l'image d'un Père et d'une Mère universels et est littéralement le fils et la fille de la divinité » (Joseph F. Smith, John R. Winder et Anton H. Lund, cités par Clark, Messages of the first Presidency, 4:203).


« Est-il possible de croire que les esprits féminins furent créés à l'image d'une Mère céleste ? » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 3:144)


Genèse 1:26, 28. Sur quelles bases Adam dominait-il la terre ?


« La prêtrise fut donnée en premier lieu à Adam ; il reçut la Première Présidence et en détint les clés de génération en génération. Cela lui fut donné au cours de la Création, avant que le monde soit formé, comme nous le voyons dans Genèse 1:26-28. Il lui fut donné pouvoir sur toute créature vivante. Il est Michel, l'Archange, dont parlent les Écritures» (Smith,Enseignements, p. 214)


Genèse 1:27-28. « L'homme », tel que Dieu l'a créé, désigne l'homme et la femme


« 'Et moi, Dieu, je dis à mon Fils unique, qui était avec moi depuis le commencement : Faisons l'homme (non un homme distinct, mais un homme complet, c'est-à-dire un mari et une femme) à notre image, selon notre ressemblance ; et il en fut ainsi' (Moïse 2:26). Quelle belle association ! Adam et Ève furent mariés pour l'éternité par le Seigneur. Un tel mariage se perpétue au-delà du tombeau. Tout le monde devrait demander ce genre de mariage…


« C'est une association. Puis, lorsqu'ils furent créés à l'image de Dieu, ils reçurent un commandement éternel : 'Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez' (Genèse 1:28). Lorsqu'ils eurent terminé cette magnifique création, ils la regardèrent et dirent qu'elle était bonne, très bonne, quelque chose que nos intellectuels modernes ne peuvent pas améliorer. L'homme doit cultiver la terre, subvenir aux besoins de sa famille, la diriger correctement ; la femme doit coopérer, avoir des enfants, les élever et les instruire. C'était 'très bon'.


« Et c'est comme cela que le Seigneur l'a prévu. Ce n'était pas une expérience. Il savait ce qu'il faisait. » (Spencer W. Kimball, Speaking Today, Ensign, mars 1976, p. 71)


Genèse 1:28. « Soyez féconds, multipliez »


Sachant que l'oeuvre prioritaire de Dieu consiste à « réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moïse 1:39), sachant que sans un corps physique l'homme ne peut avoir une plénitude de joie (voir D&A 93:33-35) et sachant que venir sur terre pour faire ses preuves est une condition pour progresser éternellement (voir Abraham 3:25), on peut dire sans se tromper que mettre des enfants au monde est une des grandes priorités du plan du Seigneur.


« Le premier commandement qui fut écrit est 'Multipliez, remplissez la terre'. Que personne n'ose penser que ce commandement signifiait d'avoir des enfants sans être mariés. Une telle suggestion est sans aucun fondement…


« J'ai dit a beaucoup de jeunes gens qu'ils ne doivent pas repousser leur mariage jusqu'au moment où ils auraient terminé leurs études. J'ai dit à des dizaines de milliers de jeunes que lorsqu'ils se marient, ils ne doivent pas attendre jusqu'à ce qu'ils aient terminé leurs études et qu'ils soient à l'aise financièrement pour avoir des enfants. Le mariage est essentiellement pour avoir des enfants, et quand on trouve le bon conjoint, on ne devrait pas attendre longtemps. On [le couple marié, ndlr] doit vivre ensemble normalement et avoir des enfants.


« Une impression grandissante semble indiquer que le mariage a pour but de légaliser la sexualité, pour la seule sexualité. Le mariage est essentiellement pour avoir des enfants. C'est pour cela que l'on se marie et non pour satisfaire sa sexualité, comme tout le monde qui nous entoure voudrait nous le faire croire. Quand on trouve son conjoint, on ne devrait pas attendre longtemps. La jeune épouse devrait s'occuper d'avoir et d'élever les enfants. Je ne connais aucune Écriture qui donne à la jeune épouse l'autorisation d'avoir des enfants plus tard afin de travailler pour payer les études de son mari. Il y a des milliers de maris qui ont payé leurs études et élevé des enfants en même temps. Bien que cela soit plus difficile, les jeunes gens peuvent terminer leurs études. » (Kimball, Marriage is Honorable, dans Speeches of the Year, 1973, 262-263)


GENÈSE 2

Genèse 2:5. Est-ce que le récit de la Genèse rapporte la création spirituelle ?

« Le récit de la Création dans la Genèse n'a pas été une création d'esprit, mais c'était dans un sens particulier une création spirituelle. Cela demande bien entendu une explication. Le récit de la Genèse, chapitres 1 et 2, est l'histoire de la création de la terre physique. Le récit du placement de toute vie sur la terre, jusqu'à la chute d'Adam est, dans un sens, le récit de la création spirituelle de tous ceux-là, mais c'était aussi une création physique. Quand le Seigneur dit qu'il allait créer Adam, il ne faisait pas allusion à la création de son esprit, car cela s'était produit des éternités auparavant quand il était dans le monde des esprits et connu sous le nom de Michel (voir Moïse 2:26-28 ; Genèse 1:26-28).


« Le corps d'Adam a été créé de la poussière de la terre, mais à ce moment là c'était une terre spirituelle. Adam avait un corps spirituel jusqu'à ce que la mortalité s'abatte sur lui par la violation de la loi sous laquelle il vivait, mais il avait aussi un corps physique de chair et d'os…


« Or qu'est-ce qu'un corps spirituel ? C'est un corps qui est vivifié par l'esprit et non par le sang… Après la chute, qui vint d'une transgression de la loi sous laquelle Adam vivait, le fruit défendu eut le pouvoir de créer du sang et de changer sa nature, et la mortalité remplaça l'immortalité et tout, participant au changement, devint mortel. Je le répète, le récit de Genèse 1 et 2 est le récit de la création physique de la terre et de tout ce qui s'y trouve, mais la création ne fut sujette à la loi mortelle qu'après la chute. C'était par conséquent une création spirituelle et resta telle jusqu'à la chute, et à ce moment là devint temporelle ou mortelle (voir D&A 77:6). » (Smith, Doctrine du salut, vol. 1, p. 79)


Genèse 2:7. Adam était « la première chair » de la terre


Moïse 3:7 ajoute des mots significatifs à Genèse 2:7 : « et l'homme devint une âme vivante, la première chair sur la terre et aussi le premier homme ». 


« Ainsi, Adam était le premier homme sur la terre, d'après ce qu'en dit le Seigneur, et la première chair. Cela réclame une petite explication. Adam ne vint pas sur cette terre avant qu'elle ne soit préparée à le recevoir. Les animaux s'y trouvaient, les plantes aussi. Le Seigneur ne l'a pas mis ici dans un monde désolé, y amenant ensuite d'autres créatures. Tout fut préparé pour lui, d'après l'ordre décrit dans nos Écritures, et quand tout fut prêt pour Adam, il fut placé sur la terre.


« Alors que signifie 'première chair' ? Adam fut la première de toutes les créatures qui tomba et qui devint chair, ce qui dans ce sens-là signifie mortalité, et dans toutes les Écritures le Seigneur parle de cette vie comme étant de la chair, pendant que nous sommes ici dans la chair, ainsi Adam devint la première chair. Il n'y avait aucune autre créature mortelle avant lui, et il n'y avait aucune mort temporelle avant qu'il ne l'y amène. » (Joseph Fielding Smith, Seek Ye Earnestly, p.280-281)


GENÈSE 3


Genèse 3


« Quand Adam et Ève furent mis en Éden, ils n'étaient pas sujets à la mort et auraient pu vivre à jamais dans l'état d'innocence dans lequel ils se trouvaient, s'ils n'avaient pas violé la loi qu'on leur avait donnée dans le jardin. La terre aussi fut décrite comme étant bonne, et elle serait restée à jamais dans le même état si elle n'avait pas été changée pour répondre à la condition d'Adam après la chute. Toutes les choses sur la surface de la terre seraient aussi restées dans la même condition, si Adam n'avait pas transgressé la loi. En prenant le fruit défendu, violant ainsi la loi sous laquelle il était placé, sa nature changea, et il devint sujet (1) à la mort spirituelle, qui est un bannissement de la présence de Dieu ; (2) à la mort temporelle, qui est la séparation du corps et de l'esprit. Ève, sa femme, a également subi cette mort.


Si Adam et Ève n'avait pas transgressé la loi donnée en Éden, ils n'auraient pas eu d'enfants. À cause de cette transgression qui entraîna la mortalité, les enfants d'Adam et d'Ève héritèrent d'un corps mortel et furent assujettis à la mort temporelle. Comme Adam transgressa la loi, le Seigneur changea la terre pour qu'elle convienne à la condition mortelle, et toutes choses choses sur sa face furent assujetties à la mortalité tout comme elle le fut elle-même. Pour vaincre le pouvoir que le mort avait acquis, il devint nécessaire qu'un sacrifice expiatoire infini soit offert pour payer la dette et ainsi rendre à Adam, à Ève, à toute leur postérité et à toutes choses la vie immortelle grâce à la résurrection. » (Joseph Fielding Smith, Man, His Origin and Destiny, p. 50-51)


Genèse 3:1. Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs


Dans le récit de la Genèse, le serpent parle à Ève et la tente pour qu'elle prenne le fruit. Le récit plus complet du Livre de Moïse souligne que c'est Satan qui parle, bien qu'il le fasse par l'intermédiaire du serpent (Moïse 4:6-7). Satan est également symbolisé ailleurs sous l'image du serpent (voir Apocalypse 12:9 ; D&A76:28 ; 88:110).


Genèse 3:3. Adam et Ève n'étaient pas mortels dans le jardin et ils ne comprenaient pas totalement le bien et le mal


« La situation d'Adam avant la chute était comme suit : 1. Il n'était pas assujetti à la mort. 2. Il était en la présence de Dieu… 3. Il n'avait pas de postérité.4. Il ne connaissait ni le bien ni le mal. Il avait, bien entendu, de la connaissance. Il pouvait parler, il pouvait converser. Il y avait beaucoup de choses qu'on pouvait lui enseigner et qu'on lui a enseignées ; mais dans les conditions dans lesquelles il vivait à l'époque, il lui était impossible de visualiser ou de comprendre le pouvoir du bien et du mal. Il ne savait pas ce qu'était la douleur. Il ne savait pas ce qu'était le chagrin ; et il y a mille autres choses qui nous ont été données dans cette vie qu'Adam ne connaissait dans le jardin d'Éden, ne pouvait comprendre et n'aurait pas connues s'il y était resté. Telle était sa situation avant sa chute. » (Joseph Fielding vSmith, Doctrine du salut, vol. 1, p. 108-109)


Genèse 3:4-5. Vous serez comme des dieux


« Quand il tenta Ève, le diable lui dit une vérité en déclarant qu'en mangeant le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ils deviendraient des dieux. En cela il lui dit la vérité, mais il l'accompagna d'un mensonge comme il le fait toujours. Il ne dit jamais toute la vérité. Il ajouta qu'ils ne mourraient point. Le Père avait dit qu'ils mourraient. Le diable dut dire un mensonge pour atteindre ses buts ; mais il y avait une part de vérité dans ses paroles. Leurs yeux s'ouvrirent. Ils eurent la connaissance du bien et du mal comme l'ont les Dieux. Ils devinrent comme des Dieux ; car c'est l'un des aspects, l'un des attributs particuliers de ceux qui atteignent cette gloire : ils comprennent la différence entre le bien et le mal. » (Cannon, Gospel Truth, 1:16)


Genèse 3:6. Pourquoi Adam et Ève mangèrent-ils du fruit ?


Les récits de Moïse et de la Genèse indiquent seulement que Satan en parla à Adam, mais les révélations des derniers jours indiquent qu'il alla d'abord trouver Adam qui refusa. Ève, cependant, fut trompée par Satan et elle en mangea. Sachant qu'elle serait chassée et séparée de lui, Adam en mangea alors. Paul, l'apôtre, a écrit ce qui suit concernant la chute : « Et ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression » (1 Timothée 2:14).


« Ève accomplit les buts prévus de Dieu par le rôle qu'elle joua dans le grand drame de la chute ; cependant, elle n'avait pas cet objet en vue lorsqu'elle prit du fruit défendu ; son intention était d'agir à l'encontre du commandement divin, séduite qu'elle était par les sophismes de Satan, qui contribua d'ailleurs ainsi à l'accomplissement des buts du Créateur en tentant Ève ; pourtant son dessein était de faire avorter le plan du Seigneur. On nous dit qu'il 'ne connaissait pas la volonté de Dieu, c'est pourquoi il essaya de détruire le monde' (Moïse 4:6). Cependant son effort diabolique, loin d'être le premier pas vers la destruction, fut un apport au plan de progression éternelle de l'homme. Le rôle joué par Adam dans ce grand événement fut essentiellement différent de celui de sa femme. Il ne fut pas séduit. Au contraire, c'est délibérément qu'il décida de faire selon le désir d'Ève, afin de pouvoir accomplir les buts de son créateur concernant le genre humain dont il avait été ordonné premier patriarche. » (James E. Talmage, Articles de foi, p. 89)


Brigham Young a dit que « nous ne devrions jamais blâmer notre Mère Ève » (Discours de Brigham Young, p. 104), car par sa transgression, et parce qu'Adam s'est joint à elle, l'humanité a pu connaître le bien et le mal. 


Genèse 3:6-7. La transgression d'Adam et d'Ève n'enfreignait pas les lois de la chasteté et de la vertu


« Je profite de l'occasion pour élever la voix contre la fausse interprétation de l'Écriture, que certaines personnes ont adoptée, et qui est courante dans leur esprit, et dont on parle à mi-voix et d'une manière à moitié secrète, que la chute de l'homme a consisté en quelque offense contre les lois de la chasteté et de la vertu… Le genre humain n'est pas né de la fornication. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 36)


Genèse 3:15. Quelle est la signification de la malédiction jetée à Satan ?


Comme Satan n'a pas de corps et ne peut donc pas engendrer d'enfants, sa postérité se compose de ceux qui le suivent, ceux qui se trouvent dans le tiers des esprits qu'il égara dans l'existence prémortelle et ceux qui se laissent tenter par lui dans la mortalité jusqu'à ce qu'ils soient soumis à son pouvoir. La postérité de la femme fait allusion à Jésus-Christ, qui fut le seul mortel né d'une mère terrestre et d'un père céleste.


« Vers la fin de son épître aux saints romains, Paul a dit : 'Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous !' (Romains 16:20). Le 'Dieu de paix', qui, d'après les Écritures, doit écraser Satan, c'est Jésus-Christ. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel questions, 1:3)


La promesse concernant l'écrasement de la tête et la blessure du talon signifie que Satan (le serpent) blessera le talon du Sauveur en poussant les hommes à le crucifier et à le détruire, en apparence, alors qu'en fait cet acte même de sacrifice donnera au Christ le pouvoir de surmonter le pouvoir que Satan a sur les hommes et d'annuler les effets de sa chute. Ainsi, la postérité de la femme (le Christ) écrasera la tête du serpent (Satan et son royaume) avec le talon qui fut blessé (le sacrifice expiatoire).


Genèse 3:16. Que signifie ce qui fut dit à Ève ?


« Le Seigneur a dit à la femme : 'tu enfanteras avec douleur'. Je me demande si ceux qui ont traduit la Bible n'auraient pas pu utiliser le terme désarroi au lieu de douleur. Cela aurait eu à peu près le même sens, sauf que je pense que la plupart des foyers saints des derniers jours sont très heureux quand un enfant doit y venir. Et il termine en disant : 'et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi' (Genèse 3:16). J'ai une question à poser à propos du verbe dominer. Cela donne une mauvaise impression. Je préférerais employer le mot présider, parce que c'est ce qu'il fait. Un mari juste préside sur sa femme et de ses enfants. » (Spencer W. Kimball, The Blessings and Responsabilities of Womanhood, Ensign, mars 1976, p. 72)


Genèse 3:16-19. Adam et Ève ont-ils été  «punis » pour leur transgression ?


« Nous pouvons imaginer la situation difficile d'Adam et d'Ève. Ils avaient été condamnés à avoir des chagrins, des maux, des ennuis, à travailler, et ils avaient été chassés de la présence de Dieu. On leur avait dit qu'ils mourraient. C'est quelque chose de pathétique, vraiment pathétique. Toutefois, un fait très important se produisit. On expliqua à Adam et Ève l'Évangile de Jésus-Christ. Quelles réactions allaient-ils avoir ? Quand le Seigneur leur expliqua qu'une rédemption devait se produire par l'intermédiaire de Jésus-Christ, le Fils unique du Père, Adam répliqua : 'Béni soit le nom de Dieu, car à cause de ma transgression mes yeux sont ouverts, et j'aurai de la joie dans cette vie, et je verrai de nouveau Dieu dans la chair' (Moïse 5:10).


« Et qu'est-ce qu'Ève, sa femme, répondit ? 'elle entendit tout cela et se réjouit, disant : si nous n'avions pas transgressé, nous n'aurions jamais eu de postérité et nous n'aurions jamais connu le bien et le mal, la joie de notre rédemption et la vie éternelle' (Ibid, 5:11).


« Voici la clef à la question sur le mal. Si nous ne pouvons pas être bons, sauf en résistant et en surmontant le mal, alors celui-ci doit être présent pour que nous y résistions. Ainsi, cette vie terrestre est réglée en accord avec de grands principes, et les conditions qui suivirent la transgression n'étaient pas, au sens habituel, des punitions qu'on nous infligeait. Tout ce que j'ai cité et qui semble être des punitions, des chagrins et des ennuis, n'est pas cela. Ce sont des bénédictions. Nous avons acquis la connaissance du bien et du mal, la capacité de chérir ce qui est doux, de choisir par nous-mêmes, d'obtenir la rédemption et la vie éternelle. Tout cela trouve son origine dans cette transgression.


« Le Seigneur a établi la terre pour que nous y travaillions si nous voulons vivre, ce qui nous préserve de la malédiction, de la paresse et de l'indolence ; et bien qu'il nous condamne à mourir – d'une mort mortelle – c'est l'une des plus grandes bénédictions que nous puissions recevoir parce que c'est la porte qui ouvre sur l'immortalité, et que nous ne pourrons jamais atteindre celle-ci sans mourir. » (George Q. Morris, dans Conference Report, avril 1958, p. 39)


Genèse 3:19. La chute d'Adam a introduit deux genres de morts dans le monde


« À cause de sa transgression, la mort spirituelle – le bannissement de la présence du Seigneur – aussi bien que la mort temporelle furent prononcées sur Adam. La mort spirituelle se produisit au moment de la chute et du bannissement ; et les germes de la mort temporelle furent également semés à ce même moment ; c'est-à dire qu'un changement physique se produisit chez Adam et Ève qui devinrent mortels et furent ainsi assujettis aux maux de la chair qui eurent pour résultat leur déclin graduel vers le vieillissement et finalement la séparation de l'esprit et du corps. » (Smith, Doctrine du salut, vol. 1, p. 113).


La mort spirituelle est également la conséquence de la Chute (voir D&A 29:40-41; Alma 42:7).


« L'éducation moderne proclame qu'il n'y a jamais eu de chute de l'homme mais que les choses ont toujours été comme elles le sont maintenant en ce monde mortel. Ils  disent que la mort et la mutation ont toujours été naturellement de règle sur cette terre, et les mêmes lois règnent dans tout l'univers. On dit que l'homme s'est élevé à la situation exaltée qu'il occupe maintenant tout au long d'innombrables siècles de développement qui l'ont graduellement distingué des formes inférieures de la vie.


« Pareille doctrine fait nécessairement fi de l'histoire d'Adam et du jardin d'Éden, qu'elle considère comme un mythe venu d'une époque ancienne d'ignorance et de superstitions absurdes. De plus, on enseigne que puisque la mort a toujours été là et est une situation naturelle existant partout dans l'espace, il serait absolument impossible que la transgression d'Adam soit rachetée, et que par conséquent il n'y a pas besoin d'un Sauveur pour un monde déchu. » (Smith, Doctrine du salut, vol. 1, p. 298)


Genèse 3:20. « Elle est la mère de tous les vivants »


« Nous connaissons peu de choses sur Ève (l'épouse d'Adam) et sur ce qu'elle a fait dans l'existence prémortelle et dans la mortalité. Il est certain qu'elle ressemblait à son puissant mari, Adam, sur le plan de l'intelligence et du dévouement à la justice, durant son premier et son second état d'existence. Elle fut mise sur terre de la même manière qu'Adam. Le récit de Moïse qui rapporte que le Seigneur la créa à partir d'une côte d'Adam (voir Moïse 3:20-25) est simplement figuratif.


« Ève était la première femme ; elle devint la mère de toute l'espèce humaine, son nom signifiant 'mère de tous les vivants' (Moïse 4:26)…


« Avant la chute, Ève fut scellée à Adam par la nouvelle alliance éternelle du mariage, cérémonie accomplie par le Seigneur avant que la mort entre dans le monde et qui était donc destinée à durer éternellement (voir Moïse 3:20-25)…


« Il est certain qu'Ève a participé avec Adam à tout son ministère et qu'elle héritera avec lui de toutes les bénédictions afférentes à son état élevé d'exaltation.» (McConkie, Mormon Doctrine, p. 242)


GENÈSE 4

Genèse 4:1. Comment le récit du Livre de Moïse complète-t-il celui de la Genèse ?


Entre Genèse 3:24 et Genèse 4:1, quinze versets sont ajoutés contenant les renseignements importants suivants :


1. Lorsqu'ils furent chassés du jardin d'Éden, Adam et Ève travaillèrent ensemble pour subvenIr aux besoins de leur famille en cultivant le sol et en ayant des troupeaux (voir Moïse 5:1).


2. Adam et Ève eurent des fils et des filles pour obéir au commandement stipulant de se multiplier et de remplir la terre. Leurs enfants se marièrent entre eux et eurent aussi des enfants (voir Moïse 5:2-3). Cet ajout dans Moïse clarifie une question que l'on se pose en lisant le récit de la Genèse. Dans Genèse 4:1-2, il semble que Caïn et Abel soient les premiers enfants d'Adam, pourtant, quelques versets plus loin, Genèse 4:17 parle de la femme de Caïn. Le récit de Moïse explique bien que beaucoup d'enfants étaient nés avant Caïn, et qu'il ait eu une femme n'est donc pas étonnant.


3. Adam et Ève prièrent Dieu, et bien qu'ils ne le virent pas, comme c'était le cas dans le jardin, il leur parla et leur donna des commandements (voir Moïse
5:4-5).

4. Adam et Ève obéirent à ces commandements, il leur fallut aussi sacrifier le premier-né des troupeaux pour en faire une offrande au Seigneur (voir Moïse
5:5).


5. Après qu'ils eurent obéi de « nombreux jours », un ange apparut et demanda à Adam pourquoi il faisait des sacrifices (voir Moïse 5:6). Quand il répondit qu'il n'en savait rien mais qu'il obéissait de toute manière (ce qui donne un excellent aperçu de la foi d'Adam), l'ange lui dit alors que ces sacrifices étaient une similitude du sacrifice expiatoire futur du Sauveur, que dorénavant ils devaient se repentir et prier Dieu au nom de son Fils (voir Moïse 5:6-8).


6. Après qu'on leur ait enseigné le plan de salut et qu'ils furent baptisés, Adam et Ève reçurent le Saint-Esprit, et ils se mirent à prophétiser. Ils comprenaient tous deux la raison de la chute et se réjouissaient du plan du Seigneur (Moïse 5:9-11)


7. Adam et Ève enseignèrent tout cela à leurs enfants, mais Satan influença ceux-ci et tenta de les persuader de rejeter l'Évangile. À partir de ce moment-là, l'Évangile fût prêché, et ceux qui l'acceptèrent furent sauvés alors que ceux qui le refusèrent furent damnés (voir Moïse 5:12-15).


Genèse 4. Que sait-on d'Abel à part ce que les Écritures en disent ?

« Nous lisons dans Genèse 4:4 qu'Abel fit une offrande des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse, et le Seigneur jeta un regard favorable sur Abel et son offrande. 'C'est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c'est par elle qu'il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes ; et c'est par elle qu'il parle encore, quoique mort' (Hébreux 11:4). Comment se fait-il qu'il parle encore ? Eh bien, il a magnifié la prêtrise qui lui avait été conférée, et mourut en juste ; il est donc devenu un ange de Dieu en recevant son corps du séjour des morts, et il détient toujours les clefs de sa dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] ; et il fut envoyé des cieux à Paul pour lui apporter la consolation et pour transmettre une certaine connaissance des mystères de la divinité.


« Et s'il n'en était pas ainsi, je vous le demande, comment Paul connaissait-il tant de choses au sujet d'Abel, et pourquoi dirait-il qu'il parle encore, quoique mort ? S'il a parlé, quoique mort, c'est en étant envoyé des cieux pour remplir un ministère. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 231-232)


La vision de la rédemption des morts de Joseph F. Smith, dans la Perle de grand prix, indique qu'Abel faisait partie des saints justes qui se trouvaient dans le monde des esprits, attendant la venue du Sauveur qui s'y est rendu pendant que son corps reposait dans le tombeau.


Genèse 4:4-8. Mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande


« C'est par la foi en ce sacrifice expiatoire, en ce plan de rédemption qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice qui fut accepté, sacrifice qui consistait en l'holocauste des premiers nés de son troupeau. Caïn, lui, offrit des fruits de la terre, et son sacrifice ne fut pas accepté, parce qu'il ne pouvait pas le faire avec foi, parce qu'il ne pouvait pas avoir la foi, ou, en d'autres termes, parce qu'il ne pouvait pas faire preuve de foi en s'opposant au plan des cieux.


« C'est par l'effusion de sang que le Fils Unique devait expier pour l'homme, car tel était le plan de rédemption, et sans l'effusion de sang, il n'y avait pas de rémission ; et ce genre de sacrifice fut institué, comme modèle, pour permettre à l'homme de discerner le grand sacrifice que Dieu avait préparé. Offrir un sacrifice de façon différente excluait la véritable foi, parce que la rédemption n'était pas à ce prix, et le pouvoir de l'expiation n'avait pas été institué selon cet ordre ; par conséquent Caïn ne pouvait pas avoir la foi ; et tout ce qui n'est point foi est péché.


« Mais Abel offrit un sacrifice acceptable, et il lui fut témoigné qu'il était juste, Dieu lui-même ayant approuvé son sacrifice. Assurément, l'effusion de sang d'un animal ne pouvait être utile en rien à l'homme, si cela n'était accompli comme imitation, exemple ou explication de ce qui devait être offert par le don de Dieu lui-même, avec la foi en l'efficacité de ce grand sacrifice pour la rémission des péchés. » (Enseignements, p. 75)


Même après l'offrande inacceptable, le Seigneur ne rejeta point Caïn, mais il l'avertit spécifiquement qu'il se trouvait sur un chemin dangereux. C'est lorsque ce conseil fut rejeté que la rébellion de Caïn devint totale. Moïse a écrit que « Caïn fut irrité et n'écouta plus la voix du Seigneur » (Moïse 5:26). Genèse 4:7 n'est pas clair, mais le récit de Moïse explique que le Seigneur avertit Caïn que s'il ne se repentait pas, il serait dirigé par Satan. Le compte rendu plus complet de Moïse indique que Caïn ne s'est pas rendu immédiatement dans les champs pour tuer Abel. Après avoir rejeté le Seigneur, Caïn communiqua directement avec Satan qui lui dit par quel moyen il pouvait tuer son frère (voir Moïse 5:28-31). Petit à petit, Satan manigança la chute de Caïn jusqu'à ce qu'il atteigne le point où celui-ci « se glorifia de sa méchanceté » (Moïse 5:31). C'est à ce moment-là qu'il tua son frère.


Genèse 5:22-24. Que sait-on d'Énoch ?


« Quatre générations et quelque cinq cents ans plus tard, d'après le livre de souvenir d'Adam, Énoch, descendant de Seth, fut appelé à devenir un grand  prophète-missionnaire-réformateur. Son ministère était nécessaire, car les adeptes du culte de Caïn étaient devenus nombreux, et la violence sévissait déjà cinq générations après celui-ci (voir Moïse 5:28-31, 47-57). Énoch prêcha le repentir à ceux qui étaient sensuels et méchants. Les fils de Dieu, que l'on distingua des 'fils
des hommes', furent obliger de se séparer des autres et de s'installer dans un endroit appelé 'Cainan', comme leur ancêtre, le fils d'Énos (ne pas confondre ce Cainan avec le méchant peuple de Canaan dans Moïse 7:6-10).


« Énoch réussit à combattre les maux de l'époque, ce à quoi il avait été appelé (Moïse 6:27-29). Il put édifier une culture juste appelée 'Sion', ce qui signifie 'ceux qui ont le coeur pur' (Moïse 7:18). Les enseignements d'Énoch recouvrent sept grandes catégories et fournissent des informations que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans les Écritures. Il parla (1) de la chute de l'homme et de ses conséquences ; (2) de la nature du salut et de la façon de l'obtenir ; (3) du péché, comme on le voyait dans les maux de l'époque, en comparaison avec l'intégrité des justes qui le suivaient ; (4) de la cause, du but et des effets du déluge anticipé de Noé ; (5) de l'étendue du triomphe de Satan et du chagrin que Dieu en aurait  ; (6) du premier avènement du Messie; (7) du second avènement du Messie et de son règne millénaire et paisible. Les détails de ces concepts évangéliques valent bien qu'on les étudie attentivement. Ce grand homme est mentionné dans le Nouveau Testament (Jude 14-15 ; Hébreux 11:5) et dans les Doctrine et Alliances. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:24-25)


GENÈSE 5

Genèse 5:21, 27. Est-ce que Métuschélah est mort durant le déluge ?


Un examen attentif des documents concernant les patriarches dans cette section de la Genèse montre que Métuschélah est mort l'année du déluge. Certains se sont demandés pourquoi il n'est pas allé dans l'arche de Noé, et ils en ont conclu qu'il devait être méchant. Cependant, le Livre de Moïse montre que la lignée rapportée dans cette partie du récit est celle des justes (voir Moïse 6:23), et Métuschélah en faisait partie.


Moïse 8:3 indique que Métuschélah ne fut pas enlevé avec la cité d'Énoch pour que la lignée puisse se perpétuer. Métuschélah a également prophétisé que c'est par l'intermédiaire de sa postérité que viendraient toutes les nations de la terre (par l'intermédiaire du juste Noé). Lui aussi était un juste. Puis on trouve cette phrase : « et il s'en glorifia » (Moïse 8:3). Quand son travail fut terminé, il est possible qu'il ait été enlevé également, car durant les presque sept cents ans à partir de l'époque où la cité d'Énoch fut enlevée jusqu'à l'époque du déluge, les saints justes furent enlevés et se joignirent au peuple d'Énoch (voir Moïse 7:27).


Quoique la plupart des exégètes croient que le nom de Métuschélah signifie « l'homme au javelot » ou « l'homme à la lance », un érudit a donné l'interprétation suivante qui, si elle est correcte, ferait de Métuschélah un nom prophétique : « Métuschélah a vécu jusqu'à l'année du déluge, dont son nom est censé être prophétique… methu, 'il est mort, et… shalach, 'il a fait sortir' ; comme si Dieu avait prévu d'enseigner aux hommes que dès que Métuschélah mourrait, le déluge serait envoyé pour noyer un monde méchant. Si c'est ainsi qu'on comprenait cela, même le nom de ce patriarche contenait un avertissement à titre gracieux. » (Clarke, Bible Commentary, 1:68)

GENÈSE 6

Genèse 6:1-2. Que signifie « les fils de Dieu » et les « filles des hommes » ?


Moïse 8:13-16 clarifie ce passage et explique pourquoi le mariage mixte est condamné. 


« Comme les filles de Noé épousèrent les fils des hommes à l'encontre des enseignements du Seigneur, sa colère s'alluma, et cette offense fut l'une des causes qui entraînèrent le déluge universel. Vous remarquerez que les conditions semblent être inversées dans le livre de Moïse. C'était les filles des fils de Dieu qui épousaient les fils des hommes, ce qui déplaisait au Seigneur… Les filles qui d'évidence étaient nées sous l'alliance et qui étaient filles des fils de Dieu, c'est-à-dire de ceux qui détenaient la prêtrise, transgressaient le commandement du Seigneur et se mariaient en dehors de l'Église. Ainsi, elles se privaient des bénédictions de la prêtrise, à l'encontre des enseignements de Noé et de la volonté de Dieu. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 1:136-137)


« Paul dit aux Corinthiens : 'Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger'. Paul voulait peut-être leur faire voir que les différences religieuses sont des différences fondamentales. Les différences religieuses et les loyautés familiales se heurtent. La vie des enfants est souvent frustrée. Celui des deux qui n'est pas membre de l'Église peut être aussi brillant, aussi bien formé et aussi séduisant que possible, et il peut avoir la plus agréable des personnalités, mais sans religion commune, il y a des difficultés en réserve pour ce mariage. Il y a des exceptions, mais la règle est dure et impitoyable. Il n'y a, dans cette doctrine, ni intention partiale, ni préjugé. Il s'agit de suivre un certain programme pour atteindre un but précis. » (Kimball, Le Miracle du pardon, p. 227)


Genèse 6:3. Quelle est la signification de la promesse de 120 ans ?


Beaucoup d'érudits, qui n'ont que la Genèse à étudier, croient que cette déclaration a prophétisé que les gens vivraient moins longtemps après le déluge. Cependant, dans le livre de Moïse, il est clair que les 120 ans faisaient allusion à l'époque où Noé prêcherait le repentir et tenterait de sauver le monde avant que le déluge ne soit envoyé (voir Moïse 8:17). C'est la période à laquelle Pierre faisait allusion en écrivant « lorsque la patience de Dieu se prolongeait » (1 Pierre 3:20). Comme le peuple rejeta les principes et ordonnances de l'Évangile que Noé leur prêcha, il fut détruit par le déluge. Le Seigneur leur avait donné tout le temps nécessaire pour se repentir.


Genèse 6:6-7. Comment le Seigneur, qui est parfait, pouvait-il se repentir ?


Joseph Smith, le prophète, a déclaré : « Je crois en la Bible telle qu'on pouvait la lire lorsqu'elle venait d'être écrite par les auteurs originaux. Des traducteurs ignorants, des copistes négligents ou des prêtres artificieux et corrompus ont commis beaucoup d'erreurs. On lit dans Genèse 6:6 : 'L'Éternel se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre et il fut affligé en son coeur', alors que, dans Nombres 23:19, il est dit : 'Dieu n'est point un homme pour mentir, ni fils d'un homme pour se repentir'. On devrait lire [dans Genèse 6:6] : 'Noé regretta que Dieu eût fait l'homme'. » (Enseignements, p. 460)


Genèse 6:9. L'homme Noé


« Le Seigneur révéla au prophète Joseph Smith bien des choses en rapport avec les anciens prophètes et les clefs qu'ils détenaient. Dans un discours sur la prêtrise prononcé le 2 juillet 1839, le Prophète fit savoir ce que le Seigneur lui avait révélé en ce qui concerne la mission des anciens prophètes et voyants. Il dit :


« 'Noé, qui est Gabriel, et qui suit immédiatement Adam dans l'autorité de la prêtrise ; il fut appelé par Dieu à cet office, et fut le père de tous les vivants à son époque, et c'est à lui que furent donnés tous pouvoirs. Ces hommes détinrent les clés d'abord sur terre, et ensuite dans les cieux' (Enseignements, p. 214).


« Luc révèle la venue de l'ange Gabriel à Zacharie pour l'informer que sa femme aurait un fils. Il est également apparu à Marie et a annoncé la naissance de notre Seigneur et Sauveur. Gabriel est donc Noé, d'après cette révélation. Puis nous découvrons dans la révélation donnée au prophète Joseph Smith en août 1830 que c'est Élie qui est apparu à Zacharie et a annoncé la naissance de Jean-Baptiste (voir D&A 27:6-7).


« C'est le même Élie qui détenait les clefs de la dispensation d'Abraham [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] et qui, le 3 avril 1836, est apparu au prophète Joseph Smith et à Olivier Cowdery dans le temple de Kirtland et qui a rétabli les clefs de la dispensation d'Abraham (voir D&A 110:12 ; 128:20-21).


« D'après ces Écritures, nous apprenons que Noé est Gabriel et qu'il est apparu au prophète Joseph Smith dans le cadre de son appel d'Élie et qu'il a rétabli les clefs de la dispensation à propos de laquelle le Seigneur a fait alliance avec Abraham et sa postérité jusqu'aux dernières générations.


« Le terme Élie signifie 'envoyé'. Noé, Élisée, Jean-Baptiste et Jean le Révélateur sont nommés Élie dans les Écritures, bien que la référence à Élisée sous ce nom-là soit une erreur de traduction. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 479)


« Pour résumer les faits, Joseph Smith a révélé que Gabriel était Noé ; Luc a déclaré que c'était l'ange Gabriel qui est apparu à Zacharie et à Marie ; et le Seigneur a dit qu'Élie est apparu à Zacharie et à Joseph Smith. En conséquence, [ce] Élie est Noé. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 3:138-141)


Genèse 6:10


On se réfère habituellement aux fils de Noé selon l'ordre donné dans la Genèse, c'est-à-dire Sem, Cham et Japhet. Néanmoins, le Livre de Moïse indique que Japhet était le premier-né des trois, Sem le second et Cham le dernier (voir Moïse 8:12).


Genèse 6:14-16. À quoi ressemblait l'arche ?


« L'arche : le mot hébreu signifie 'boîte' ou 'coffre'. Il est employé ailleurs seulement pour désigner le 'panier' étanche dans lequel le petit Moïse flotta sur le Nil, ce qui est un parallèle intéressant. L'arche est vaste, conçue pour flotter, pas pour naviguer, et il n'y a eu aucun problème pour la lancer. Si une coudée fait dans les 46 cm, l'arche aurait les dimensions suivantes : 137 x 23 x 14 mètres. » (Alexander and Alexander, editors, Eerdman's Handbook to the Bible, p. 132)


GENÈSE 7

Genèse 7:7. Est-ce que d'autres personnes ont été sauvées, à part celles qui se trouvaient dans l'arche ?


« Durant les 2200 premières années de l'histoire de la terre – c'est-à-dire depuis la chute d'Adam jusqu'au ministère de Melchisédek – il n'était pas rare que les membres fidèles de l'Église soient enlevés dans les royaumes célestes sans goûter à la mort. Depuis cette époque, il y a eu des cas particuliers de personnes enlevées, quand une oeuvre spécifique du ministère l'exigeait…


« Métuschélah, fils d'Énoch, ne fut pas enlevé avec la cité d'Énoch, 'afin que les alliances que le Seigneur avaient faites avec Énoch fussent accomplies ; car, en vérité, il avait fait alliance avec Énoch que Noé serait du fruit de ses reins' (Moïse 8:2). Mais durant les presque 700 ans entre l'enlèvement d'Énoch et le déluge de Noé, il apparaît que presque tous les membres fidèles de l'Église furent enlevés, car 'le Saint-Esprit tomba sur un grand nombre d'entre eux, et ils furent enlevés en Sion par les forces du ciel' (Moïse 7:27). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 804)


Genèse 7:19. Comment le déluge a-t-il pu recouvrir toute la terre, y compris les montagnes ? Quelle était la signification de cette immersion ?


« J'aimerais savoir par quelle loi connue l'immersion du globe pourrait s'accomplir. Ici, on l'explique par quelques mots : 'Les écluses des cieux s'ouvrirent' ; c'est-à-dire, les eaux qui existent dans l'espace entourant la terre d'où viennent les nuages d'où provient la pluie. C'était là une cause. En voilà une autre : 'Les sources du grand abîme jaillirent', c'est quelque chose au-delà des océans, quelque chose autre que les mers, des réservoirs que nous ne connaissons pas, qui furent mis à contribution pour cet événement, et les eaux furent déversées par la main et par la puissance de Dieu. Car il a dit qu'il y aurait un déluge sur la terre et il le provoqua, mais il a dû ouvrir les sources du grand abîme et en déverser les eaux, et quand le déluge a diminué, on nous indique que 'les sources de l'abîme et les écluses des cieux furent fermées, et la pluie ne tomba pas du ciel. Les eaux se retirèrent de dessus la terre'. Où allèrent-elles ? Elles retournèrent d'où elles venaient.


« À présent, je vais vous montrer autre chose. Certains parlent avec beaucoup de philosophie de ras-de-marée. Mais voici la question : comment une vague géante peut-elle sortir de l'océan Pacifique, par exemple, et recouvrir la Sierra Nevada ? Toutefois, la Bible ne nous dit pas que c'était un raz-de-marée. Elle indique simplement que 'toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes. Les eaux s'élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes'. C'est-à-dire que la terre fut immergée. Ce fut une période de baptême [de la terre]. » (John Taylor, dans Journal of Discourses, 26:74 -75)


« La première ordonnance instituée pour la purification de la terre fut l'immersion dans l'eau. Elle fut ensevelie dans l'eau, et tout ce qui avait péché sur sa face fut lavé. Quand elle revint du fond de l'océan, comme un nouveau-né, elle était innocente ; c'était une nouvelle vie qui commençait. C'était comme une seconde naissance, elle sortait du ventre des grandes eaux, c'était un nouveau monde venant des ruines de l'ancien, vêtu de toute l'innocence de cette première création. » (Orson Pratt, cité par Smith, Answers to Gospel Questions, 4:20)


« La terre, dans son état actuel, n'est pas une résidence convenable pour les sanctifiés. Toutefois, elle obéit à la loi de sa création. Elle a été baptisée d'eau, sera baptisée par le feu et le Saint-Esprit et sera préparée en temps voulu pour que les fidèles y habitent. » (Brigham Young, cité par Smith, Answers to Gospel Questions, 4:20)


Genèse 7. Le déluge était un acte d'amour


« À présent, je vais revenir en arrière pour vous montrer comment opère le Seigneur. Il a détruit un monde entier à une époque, mis à part quelques personnes qu'il a préservées dans un but qui lui était propre. Et pourquoi ? Il avait plus d'une raison de le faire. Le peuple antédiluvien n'était pas seulement très méchant, mais il avait la possibilité de se reproduire, transmettant ainsi sa nature et ses désirs injustes à ses enfants et les élevant pour qu'ils s'adonnent à ses pratiques méchantes. Les esprits qui vivaient dans les mondes éternels savaient cela, et ils savaient fort bien que naître chez de tels parents leur procurerait une quantité infinie d'ennuis, de malheurs et de péchés.


« En supposant que nous fassions partie des esprits qui n'étaient pas nés, ne serait-il pas juste de supposer que nous ferions appel au Seigneur, disant : 'Père, ne vois-tu pas la condition de ce peuple, combien il est corrompu et méchant ?' 'Oui'. 'Est-il juste, dans ce cas-là, que nous, qui sommes purs à présent, nous ayons à prendre de tels corps et nous soumettre ainsi à des expériences très amères avant de pouvoir être sauvés, d'après le plan de salut ?' 'Non, dirait le Père, ce n'est pas en accord avec ma justice'. 'Eh bien, que vas-tu faire dans ce cas ?' L'homme a son libre arbitre et ne peut être contraint, et pendant qu'il vit il a la capacité de se perpétuer. 'Je leur enverrai d'abord ma parole, leur proposant d'être libérés du péché, les mettrai en garde quant à ma justice qui les atteindra s'ils la rejettent, puis [s'ils la rejettent] je les détruirai de la surface de la terre, les empêchant ainsi de se reproduire, et je susciterai une autre postérité'.


« Ils rejetèrent la prédication de Noé, serviteur de Dieu qui leur fut envoyé, et en conséquence le Seigneur fit pleuvoir incessamment durant quarante jours et quarante nuits, ce qui inonda la terre, et il n'y avait aucun moyen d'y échapper. Exception faite des huit personnes qui obéirent au message, tous les autres furent noyés. Mais, dira-t-on, est-il correct pour un Dieu juste de détruire tant de gens ? Est-ce en accord avec la miséricorde ? Oui, c'était juste pour les esprits qui n'avaient pas encore reçu un corps, c'était juste et miséricordieux pour les personnes coupables d'iniquité. Pourquoi ? Parce qu'en leur retirant leur existence terrestre, il les a empêchées de transmettre leurs péchés à la postérité, de pousser leurs descendants à la dégénérescence et il les a aussi empêchées de commettre davantage de mauvaises actions. » (John Taylor, dans Journal of Discourses,19:158-159)


GENÈSE 8

Genèse 8:4. Où était Noé quand l'arche s'arrêta ?


Le jardin d'Éden se trouvait dans le pays qui est maintenant l'Amérique du Nord. Quoiqu'on ne sache pas à quelle distance l'homme s'était éloigné de cet endroit durant les seize cents ans écoulés entre la chute d'Adam et le déluge, il est probable que Noé et sa famille vécurent quelque part dans les parages. La Bible dit qu'ils s'arrêtèrent sur les montagnes d'Ararat quand l'arche finit par s'immobiliser. Les Écritures n'indiquent pas où cela se trouvait. Le site traditionnel est une montagne au nord-est de la Turquie, près de la frontière russe.


« Nous lisons que c'est le dix-septième jour du deuxième mois que le grand abîme s'ouvrit, et que la pluie tomba durant quarante jours. L'arche s'arrêta à Ararat le dix-septième jour du septième mois. Ils avaient donc voyagé durant cinq mois entiers quand le Seigneur mena l'arche à sa destination finale. Il est certain qu'une distance considérable séparait l'endroit où elle commença son voyage et celui où elle s'arrêta. Rien ne peut contredire le fait que durant le déluge de grands changements se produisirent sur la surface de la terre. Celle-ci était en train de se diviser en continents. Les rivières mentionnées dans la Genèse (voir Genèse 2:11) existaient dans le jardin d'Éden longtemps avant que la terre soit divisée en continents et en îles. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 2:94)


GENÈSE 9

Genèse 9:2-6. Quelle est la loi de Dieu pour ce qui est de verser du sang ?


Traduction que Joseph Smith :


« Mais le sang de toute chair que je vous ai donnée comme viande sera versé sur le sol, ce qui ôte la vie, et tu ne mangeras pas le sang.


« Et il est certain que le sang ne sera pas versé, sauf pour la viande, pour sauver votre vie ; et je demanderai le sang de chaque animal de vos mains.


« Et quiconque verse le sang de l'homme, son sang sera versé par l'homme ; car l'homme ne versera pas le sang de l'homme.


« Car je donne un commandement, que le frère de chaque homme préserve la vie de l'homme, car j'ai créé l'homme à mon image. »


Cette addition concernant le fait de verser le sang des animaux est renforcée par Doctrine et Alliances 49:18-21, qui dit que les animaux ne doivent être utilisés que pour se nourrir, et qui termine par cette mise en garde : « Et malheur à l'homme qui verse le sang ou qui gaspille la chair, alors qu'il n'en a pas besoin. »


Spencer W. Kimball a parlé assez longuement durant une réunion générale de prêtrise de tuer des animaux simplement pour le plaisir (voir « Principes fondamentaux à méditer et à vivre », L'Étoile, avril 1979, p. 82-87).


Genèse 9. L'arc-en-ciel comme signe de l'alliance

 

Le Seigneur établit son alliance avec Noé et place l’arc-enciel comme signe de l’alliance (v. 8-17). Dans la Traduction de Joseph Smith, le verset 15 dit que l’alliance était entre Dieu et Noé, pas entre Dieu et tous les êtres vivants.


Traduction de Joseph Smith :


« Et j'établirai mon alliance avec toi, celle que j'ai faite avec Énoch, concernant les restes de ta postérité.


« Et Dieu fit alliance avec Noé et dit : Ceci sera le signe de l'alliance que je fais avec toi, pour chaque créature vivant avec toi, pour les générations à perpétuité ;


« Je mettrai mon arc dans la nue ; et il sera un signe de l'alliance entre moi et la terre.


« Et il arrivera, quand je mettrai la nue au-dessus de la terre, que l'arc sera vu dans la nue ; et je me souviendrai de mon alliance, que j'ai faite avec toi, pour chaque créature vivante de toute chair. Et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair.


« Et l'arc sera dans la nue ; et je le regarderai, afin de me souvenir de l'alliance éternelle que j 'ai faite avec ton père Énoch : quand les hommes garderont mes commandements, Sion viendra à nouveau sur la terre, la cité d'Énoch que j'ai enlevée avec moi.


« Et c'est là mon alliance éternelle : quand ta postérité embrassera la vérité, et regardera en haut, alors Sion regardera en bas, et tous les cieux trembleront de joie et la terre tremblera de joie.


« Et l'assemblée générale de l'Église du Premier-né descendra du ciel, et possédera la terre, et elle prendra place jusqu'à ce que la fin vienne. Et c'est là mon alliance éternelle, celle que j'ai faite avec ton père Énoch.


« Et l'arc sera dans la nue, et j'établirai mon alliance avec toi, celle que j'ai faite avec toi, pour chaque créature vivante de toute chair qui sera sur la terre.


« Et Dieu dit à Noé : Ceci est le signe de l'alliance que j'ai établie entre moi et toi, pour toute chair qui sera sur la terre. »


« Le Seigneur a mis son arc dans la nue, et aussi longtemps que ce signe se verra, les semailles et la moisson, l'été et l'hiver ne feront pas défaut. Mais quand il disparaîtra, malheur à cette génération-là, car voici, la fin approche rapidement. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 427)


« J'ai interrogé le Seigneur au sujet de sa venue, et tandis que je l'interrogeais, il me donna un signe et dit : 'Aux jours de Noé, j'ai mis mon arc dans la nue en signe que toute année où l'arc se verrait le Seigneur ne viendrait pas ; mais il y aurait cette année-là des semailles et des récoltes. Mais lorsque vous verrez l'arc retiré, cela signifiera qu 'il y aura la famine, la peste et une grande détresse parmi les nations, et que la venue du Messie n'est plus éloignée. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 479)


Genèse 9:20-27. Pourquoi Noé a-t-il maudit Canaan lors de cet incident alors qu'il n'était même pas présent ?


Le récit de la « nudité » de Noé et le rôle que ses fils ont joué lors de cet incident est surprenant, particulièrement quand Noé se réveille et maudit Canaan, le fils de Cham (voir Genèse 10:6), qui ne semble pas être présent à ce moment-là.


Après la chute, le Seigneur fit pour Adam et Ève un habit de peaux (voir Genèse 3:21 ; Moïse 4:27). L'idée d'un vêtement fait de peaux signifiant qu'on avait de l'autorité dans la prêtrise se retrouve dans plusieurs écrits anciens : 


« Nimrod revendiqua la royauté parce qu'il avait vaincu ses ennemis (voir Genèse 10:8-10) ; toutefois, il revendiqua sa prêtrise parce qu'il avait 'le vêtement d'Adam'. Le Talmud nous assure que c'est parce qu'il possédait ce vêtement que Nimrod put revendiquer le pouvoir afin de gouverner toute la terre, et qu'il se tint dans sa tour alors que les hommes venaient l'adorer. Les écrivains apocryphes, juifs et chrétiens, ont beaucoup à dire à propos de ce vêtement. Pour citer l'un d'eux : 'Les vêtements de peaux que Dieu fit pour Adam et sa femme quand ils partirent du jardin et qui furent donnés à Énoch après la mort d'Adam', puis à Métuschélah, ensuite à Noé, à qui Cham les vola quand ils sortaient de l'arche. Le petit-fils de Cham, Nimrod, les reçut de son père Cusch. Pour ce qui est de l'héritage légitime de ce vêtement, un très vieux texte découvert récemment indique que Michel 'enleva à Énoch ses vêtements terrestres et lui mit des vêtements d'ange', l'emmenant en présence de Dieu…


« Entre parenthèses, l'histoire du vêtement volé, telle que la racontent les rabbins, y compris le grand Eléazar, est entièrement différente de l'histoire étrange de Genèse 9 dans notre version de la Bible. Ils pensaient que erwath de la Genèse (9:22) ne signifiait pas 'nudité' du tout, mais devait être compris dans le sens élémentaire de sa racine, 'couverture de peaux'. Après une telle lecture, nous devons comprendre que Cham prit le vêtement de son père pendant qu'il dormait et le montra à ses frères, Sem et Japhet, qui en firent un patron ou une copie (salmah) ou un vêtement tissé lui ressemblant (simlah) dont ils se revêtirent, et rendirent le vêtement de peau à leur père. Quand il se réveilla, Noé reconnut la prêtrise de deux fils mais maudit le fils qui essaya de lui voler son vêtement. » (Hugh Nibley, Lehi in the Desert and the World of the Jaredites, p. 160-162)


Ainsi, bien que Cham lui-même ait eu le droit d'avoir la prêtrise, Canaan, son fils, ne l'avait pas. Cham avait épousé Égyptus, descendante de Caïn (voir Abraham 1:21-24), et ses fils ne purent donc point avoir la prêtrise.


GENÈSE 10

Genèse 10:8-9. Quel genre d'homme était le fondateur de Babylone ?

La Traduction de Joseph Smith ne dit pas que Nimrod était « un vaillant chasseur devant l'éternel », mais que c'était « un vaillant chasseur dans le pays ».


« Quoique les mots ne soient pas précis, il est fort probable que ce fut un très méchant homme. Son nom, Nimrod, vient de… 'marad' ('il se rebella'). Le Targum (Interprétations juives anciennes des Écritures), dans 1 Chroniques 1:10 dit : 'Nimrod devint un homme puissant dans le péché, le meurtrier d'hommes innocents et un rebelle devant le Seigneur'. Le Targum de Jérusalem dit : 'C'était un vaillant chasseur (ou chercheur de proies) et un pécheur devant Dieu, car il chassait les enfant des hommes dans leurs langues ; et il leur dit : Quittez la religion de Sem, et attachez-vous aux institutions de Nimrod'.


« Le Targum de Jonathan ben Uzziel dit : 'Depuis la fondation du monde, il n'y eut personne comme Nimrod, vaillant chasseur, et en rébellion contre le Seigneur'. La version syriaque dit qu'il était un géant guerrier. Le mot… tsayid, que nous traduisons par chasseur, signifie proie ; il s'applique dans les Écritures à la chasse aux hommes par la persécution, l'oppression et la tyrannie. Il est donc probable que Nimrod, ayant conquis  le pouvoir, l'utilisa par la tyrannie et l'oppression et que, par le pillage et la violence, il fonda la domination qui fut la première a être appelée royaume sur la face de la terre. » (Clarke, Bible Commentary, 1:86)


Ainsi, à la même époque patriarcale, Melchisédek établit une Sion d'après le modèle d'Énoch, le prototype de la véritable cité de Dieu, la plus libre des sociétés, et Nimrod établit une Babylone, qui donna son nom au prototype du royaume de Satan, l'antithèse de Sion (voir Nibley, Lehi in the Desert, p. 154-164).


Genèse 10:25. Est-ce que la terre fut partagée au temps de Peleg ?


« Le partage de la terre ne fut pas un acte de division des habitants qui s'y trouvaient en tribus et en peuples, mais la cassure des continents, séparant ainsi la terre et créant un hémisphère est et un hémisphère ouest. En regardant une carte murale du monde, vous découvrirez comment la terre, le long de la rive nord et sud de l'Amérique, de l'Europe et de l'Afrique, semble avoir été réunie à une époque. Bien entendu, il y eut beaucoup de changements à la surface de la terre depuis le commencement. Nous savons, grâce à la révélation, que le temps viendra où la surface de la terre redeviendra ce qu'elle était au commencement et sera réunie en un lieu (voir D&A 133:22-24). » (Smith, Answers to Gospel Questions, 5:73-74)


GENÈSE 11

Genèse 11:1-9. La tour de Babel


Quelques générations après le déluge, les hommes essaient de construire une tour qui ira jusqu’au ciel (la tour de Babel). Le Seigneur confond leur langue de sorte qu’ils ne peuvent plus se comprendre et il les disperse sur toute la terre.


En plus de fournir une explication concernant les nombreuses langues qu'on trouve maintenant sur la terre, ce récit de la tour de Babel montre avec quelle rapidité l'homme oublia les leçons du déluge et se rebella contre le Seigneur.


L'histoire de Jared, dans le Livre de Mormon, montre que la confusion des langues elle-même ne s'est peut-être pas produite instantanément mais sur une période de temps dont nous ne connaissons pas la longueur. Jared demanda à son frère de prier le Seigneur et de lui demander que leur langue ne soit pas confondue. Cela lui fut accordé. Puis Jared demanda à son frère de prier afin que la langue de leurs amis reste le même que le leur. Cela lui fut également accordé (voir Éther 1:33-38). Tout cela implique que la confusion des langues ne s'est pas produite en un clin d'oeil.


Genèse 11:10-26


Cette chronologie des patriarches nous enseigne plusieurs choses. Par exemple, Sem, vécut assez longtemps pour être le contemporain des dix générations suivantes. En
d'autres termes, il était encore vivant quand Abraham, Isaac et Jacob naquirent. C'est en partie pour cette raison que certaines personnes se sont demandées si Sem n'était pas également Melchisédek. Beaucoup d'exégètes croient que le nom d'Héber fut utilisé pour désigner ses descendants, appelés Hébreux, comme les descendants de Sem furent appelés Sémites (peuples sémites) et ceux de Canaan, les cananéens.


Genèse 11:31


Genèse 11:31 dit que Terach fit quitter Ur à toute sa famille et la conduisit à Canaan en passant par Charan. Toutefois Abraham 2:3-5 explique bien qu'Abraham, sous la direction du Seigneur, dirigeait le groupe.


GENÈSE 12

Genèse 12:1


Doctrine et Alliances 84:14 enseigne qu'Abraham reçut de Melchisédek la prêtrise qui porte son nom. On ne sait pas avec certitude quand il l'a reçue ; il l'a peut-être reçue pendant qu'il était encore à Ur (voir Abraham 1:2 ; 3:1) ou plus tard.


Genèse 12:1-4


Comme le rapporte Genèse 12:1, Abraham, tandis qu'il habitait à Harân, reçut l'appel de quitter son pays et sa famille et de se rendre dans une nouvelle terre au sud-ouest. Il quitta alors Harân et alla à Canaan. Précédemment, comme le rapporte Abraham 1:15-16, le Seigneur avait appelé Abraham à quitter Ur, qui se trouve près de l'embouchure de l'Euphrate, et l'avait conduit vers le nord-ouest jusqu'à Harân. C'est ainsi qu'au cours de ces premières années, Abraham reçut à deux reprises l'ordre du Seigneur de déménager. Le Seigneur continua à le mener de lieu en lieu. Les premières indications d'alliance qui allait être renouvelée par Abraham sont données aux versets 2-3, 7. 


Genèse 12:5


On trouve ici la preuve qu'Abraham était un prédicateur et un rassembleur d'âmes (c'est-à-dire qu'il faisait oeuvre missionnaire) partout où il allait (voir Abraham2:15).


Genèse 12:10-20. Pourquoi Abraham appela-t-il Sara sa soeur ?


L'idée qu'Abraham, le grand homme de justice, ait délibérément menti pour protéger sa vie a rendu perplexe beaucoup d'étudiants de l'Ancien Testament. Il semble que sa vie était en danger du fait de la beauté de Sara. Cela semble étrange, mais alors que les pharaons égyptiens avaient une profonde aversion pour l'idée de commettre l'adultère avec la femme de quelqu'un d'autre, ils n'avaient aucun scrupule à assassiner l'homme pour libérer son épouse en vue d'un remariage.


« Tuer le mari pour posséder sa femme semble avoir été une coutume royale courante à l'époque. Un papyrus parle d'un pharaon qui, agissant sur le conseil d'un de ses princes, envoya des hommes armés chercher une belle femme et se débarrasser de son mari. Un autre pharaon reçoit de son prêtre, sur pierre tombale, la promesse que même après la mort, il tuera des sheks palestiniens et ajoutera leurs épouses à son harem. » (Kasher, Encyclopedia of Biblical Interpretation, 2:128)


Certains savants ont souligné le fait qu'Abraham pouvait valablement dire que Sara était sa soeur. Les mots hébreux 'frère' et 'soeur' étaient souvent utilisés pour d'autres parents par le sang (voir Genèse 14:14 où Lot, neveu d'Abraham, est appelé « son frère »). Comme Abraham et Haran, père de Sara, étaient frères, Sara était la nièce d'Abraham et pouvait ainsi être appelée soeur. 


Une autre coutume antique permettait d'adopter une femme comme soeur d'un homme après leur mariage afin de lui donner une meilleure situation légale et sociale (voir Encyclopedia Judaica sous la rubrique « Sarah », 14:866). En outre, il n'est pas invraisemblable que quand Haran mourut, Terach adopta légalement les enfants de Haran comme les siens, faisant ainsi de Sara la soeur d'Abraham.


Abraham ne mentit pas. Mais bien qu'il eut techniquement le droit de l'appeler sa soeur, il trompa les Égyptiens. Comment justifier cet acte ? La réponse est très simple. Son acte fut justifié parce que Dieu lui dit de le faire (voir Abraham 2:22-25). 


« Ce qui n'est pas juste dans certaines circonstances, peut l'être et l'est souvent dans une autre circonstance. Dieu a dit : 'tu ne tueras point', et, dans certaines circonstances, il a dit : 'Tu passeras tous les habitants au fil de l'épée'. C'est là le principe sur lequel repose le gouvernement des cieux : sur le principe de la révélation adaptée aux circonstances dans lesquelles se trouvent les enfants du royaume. Tout ce qui est requis de Dieu est juste, quoi que se soit, et bien que nous ne puissions en voir la raison, si ce n'est longtemps après que les événements se sont déroulés. » (Enseignements, p. 357)


Puisque Dieu est parfait et ne fait rien qui ne soit par bien (voir Dt 32:4 ; 1 Samuel 15:29 ; Alma 7:20 ; D&A 3:2), l'action d'Abraham n'est pas mauvaise.


GENÈSE 13


Genèse 13. Après avoir vécu un certain temps en Égypte à cause d’une famine au pays de Canaan, Abraham et sa famille retournent à Canaan. Abraham s’installe à Hébron et son neveu Lot s’installe près de Sodome.


Genèse 13:1-13. Abraham était très riche


Les Écritures mettent si souvent en garde contre les dangers de la richesse qu'il arrive que certains ont conclu que la richesse est mauvaise en soi et que tous les riches sont automatiquement mauvais. Il ne fait pas de doute que la tentation de mettre son coeur dans les choses du monde est une de celles auxquelles beaucoup succombent. Mais Paul a enseigné que « l'amour de l'argent est une racine de tous les maux » (1 Timothée 6:10), pas l'argent lui-même.


Abraham est l'exemple de quelqu'un qui avait une grande richesse (voir Genèse 13:2) et était cependant un homme d'une grande foi et d'une grande justice. L'affaire entre Lot et lui donne une excellente idée du caractère chrétien d'Abraham. En bon droit, Lot aurait dû insister pour qu'Abraham choisisse le premier. Lot avait été entretenu et protégé par Abraham, et Abraham était le patriarche du clan. Abraham aurait pu réclamer ses droits et donner à Lot ce qui restait. Au lieu de cela il se préoccupait uniquement « qu'il n'y ait point de dispute » entre eux ; il donna donc à Lot le droit de choisir le premier (voir versets 8-10).


Lot semble avoir choisi la meilleure terre – les plaines bien arrosées du Jourdain – et cependant il n'y a pas l'ombre d'un ressentiment chez Abraham. En fait, dans les quelques chapitres qui suivent, on voit Abraham intervenir pour sauver la vie de Lot. Voilà donc un homme pour qui les principes venaient d'abord, les choses matérielles ensuite. Il n'est pas étonnant que le Seigneur ait renouvelé avec lui l'alliance ancienne et ait fait de lui le père des fidèles.


Genèse 13:14-17. Comment la postérité  d'Abraham peut-elle avoir le pays « pour toujours » ?


Tous ceux qui « recevront cet évangile porteront ton nom [Abraham] seront comptés parmi ta postérité » (Abraham 2:10). En outre, « les débonnaires… hériteront la terre » (Matthieu 5:5) quand la terre parviendra à son « état sanctifié et immortel » (D&A 130:9) en tant que royaume céleste. Ainsi la postérité d'Abraham (les fidèles) aura la terre à toute éternité aussi bien que pendant la mortalité.


GENÈSE 14

Genèse 14:1-2, 8-24. Lot est emmené en captivité pendant la bataille des rois et est sauvé par Abraham (v. 1-2, 8-16). Abraham paie la dîme à Melchisédek et refuse d’accepter le butin de guerre que veut lui donner le roi de Sodome (v. 17–24).


Genèse 14:1-7


Dans cette liste de conquêtes par l'alliance de cinq rois, il faut se souvenir que dans les temps anciens l'entité politique la plus typique était la petite cité-État où le roi présidait sur une grande ville et la région environnante. Ce territoire était parfois agrandi, mais les rois de l'époque ne régnaient pas sur de grands pays ou royaumes. Sodome avait un roi, Gomorrhe en avait un et ainsi de suite.


Genèse 14:18. Qui était Melchisédek ?


« C'est à l'homme Melchisédek que revient l'honneur de voir son nom utilisé pour identifier la Sainte Prêtrise selon l'ordre du Fils de Dieu, permettant ainsi aux hommes 'd'éviter la répétition trop fréquente' du nom de la Divinité (D&A 107:2-4). De tous les grands-prêtres de Dieu d'autrefois, aucun ne fut plus grand (voir Alma 13:19). Sa place dans la hiérarchie sacerdotale du royaume terrestre de Dieu était semblable à celle d'Abraham (voir Hébreux 7:4-10), son contemporain, qu'il bénit (Gn. 14:18-20 ; Hé. 7:1) et à qui il conféra la prêtrise (D&A 84:14).

« En fait, la place de Melchisédek était si sublime et si élevée aux yeux du Seigneur et de son peuple qu'il fut considéré comme prototype du Fils de Dieu lui-même…


« Alma nous dit que 'Melchisédek était roi du pays de Salem. Son peuple s'était enraciné dans l'iniquité et dans les abominations ; oui, ils s'étaient tous égarés ; ils  étaient remplis de toute sorte de méchanceté; mais Melchisédek ayant manifesté une grande foi et reçu l'office de la haute prêtrise, selon le saint ordre de Dieu, prêcha le repentir de son peuple. Et voici, il se repentit ; et Melchisédek établit la paix dans le pays, de son vivant ; c'est pourquoi, il fut appelé le Prince de la Paix, car il était le roi de Salem, et il régna sous son père' (Alma 13:17-18).


« Paul, qui sait manifestement beaucoup plus sur Melchisédek qu'il n'en rapporte au passage dans ses épîtres, donne comme exemple d'une grande foi des personnes anonymes qui 'exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions, éteignirent la puissance du feu' (Hébreux 11:33-34). D'après la Traduction de Joseph Smith, nous apprenons que c'était de Melchisédek que Paul parlait : 'Or Melchisédek était un homme plein de foi qui exerça la justice ; et dans son enfance il craignit Dieu, ferma la gueule des lions et éteignit la puissance du feu'. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 474 -475)


Dans les anciennes traditions juives, on pense souvent que Melchisédek est Sem, fils de Noé. Melchisédek est un titre qui signifie « roi de justice », bien qu'il soit également utilisé comme nom propre. Un auteur moderne a étudié la question de savoir si Sem et Melchisédek pouvaient être la même personne et en a conclu que, bien qu'on ne puisse pas le dire avec certitude, la probabilité est forte :


« Examinons d'abord ce que nous savons de Sem. Bien que la Bible dise que Sem est le fils aîné de Noé (voir Genèse 5:32), la révélation moderne fait de Japhet l'aîné (voir Moïse 8:12). Toutefois les deux comptes rendus s'entendent pour faire de Sem l'ancêtre d'Israël et pour dire que la prêtrise est descendue par Sem à tous les grands patriarches après Noé (voir 1 Ch. 1:24-27). Dans cet ordre patriarcal de la prêtrise, Sem suit Noé. Il détenait les clefs de la prêtrise et fut le souverain grand-prêtre de son temps.


« Sem avait pour contemporain un homme nommé Melchisédek, que l'on appelait aussi le souverain grand-prêtre. Les Écritures nous donnent les détails de la naissance et de l'origine de Sem, mais sont silencieuses quand à son ministère et à sa vie ultérieure. Par contre pour Melchisédek c'est l'inverse qui est vrai. Il n'y a rien sur sa naissance et ses ancêtres, bien que le Livre de Mormon dise qu'il eut effectivement un père (Alma 13:17-18). Concernant son ministère et sa vie, nous avons plusieurs faits intéressants et importants (voir Gn. 14:18-20 ; Hé. 7:1-4 ; Alma 13:17-8).


« Tout cela suscite des questions et demande des réponses. Y avait-il deux grands prêtre qui présidaient en même temps ? Pourquoi la Bible garde-t-elle le silence concernant le ministère de Sem ? Pourquoi ne sait-on rien des ancêtres de Melchisédek ? Vu l'état de nos connaissances à ce sujet, beaucoup de saints et de spécialistes se sont demandé si ces hommes n'étaient pas la même personne. La vérité est que nous ne connaissons pas la réponse. Mais l'examen des Écritures est passionnant, parce qu'il semble indiquer que ces hommes ont pu être une seule et même personne. Par exemple, voici les arguments en faveur de leur identité :


« 1. L'héritage donné à Sem comprenait le pays de Salem. Melchisédek apparaît dans l'Écriture comme roi de Salem qui règne sur cette région.


« 2. Selon la révélation ultérieure, Sem régna en justice et la prêtrise descendit par lui. Melchisédek apparaît sur la scène avec un titre qui signifie 'roi de justice'.


« 3. Sem fut le souverain grand-prêtre de son époque. Abraham honora le grand-prêtre Melchisédek en lui demandant une bénédiction et en lui payant la dîme.


« 4. Abraham suit Sem dans l'ordre patriarcal de la prêtrise et aurait certainement reçu la prêtrise de Sem ; mais Doctrine et Alliances 84:5-17 dit qu'Abraham reçut la Prêtrise de Melchisédek.


« 5. La tradition juive identifie Sem à Melchisédek.


« 6. La vision remarquable du président Joseph F. Smith cite Sem parmi les grands patriarches, mais il ne parle pas de Melchisédek.


« 7. Le Times and Seasons (vol. 6, p. 746) parle de 'Sem, qui était Melchisédek'


« D'autre part, il y a des raisons de croire que c'étaient deux personnalités distinctes. Beaucoup de personnes croient que D&A 84:14 est la preuve qu'il y a peut-être plusieurs générations entre Melchisédek et Noé. L'Écriture dit : 'Lequel Abraham reçut la prêtrise de Melchisédek, qui la reçut par la lignée de ses pères, à savoir jusqu'à Noé'. S'il devait se révéler que Sem et Melchisédek sont le même personne, cette Écriture ne serait pas une pierre d'achoppement, parce qu'on pourrait l'interpréter comme signifiant que l'autorité de la prêtrise a commencé par Adam et est descendue par les pères jusqu'à Noé et puis jusqu'à Sem. » (Alma E. Gygi, It is possible that Sem and Melchisedek are the same Person ?, Ensign, novembre 1973, p. 15-16)


GENÈSE 15

Genèse 15:5-6. Abraham vit Jésus-Christ


Dans la Traduction de Joseph Smith, quatre versets importants sont ajoutés entre les versets 5 et 6 de Genèse 15 :


« Et Abram dit : Seigneur Dieu, comment me donneras-tu ce pays comme héritage éternel ?


« Et le Seigneur dit : Quand tu serais mort, ne suis-je cependant pas capable de te le donner ?


« Et si tu meurs, néanmoins tu le posséderas, car le jour vient où le Fils de l'homme vivra, mais comment peut-il vivre s'il n'est pas mort ? Il doit tout d'abord être vivifié.


« Et il arriva qu'Abram regarda devant lui et vit les jours du Fils de l'homme, et se réjouit et son âme trouva du repos et il crut au Seigneur ; et le Seigneur le lui imputa à justice. »


Les premiers patriarches en savaient beaucoup plus sur le Christ et sa mission que ne l'indique l'Ancien Testament actuel (voir Mosiah 13:33).


Genèse 15:12. Une frayeur et une grande obscurité vinrent l'assaillir


Dans Joseph Smith 2:14-16, on trouve un parallèle intéressant de l'expérience qu'Abraham eut au commencement de sa vision.


Genèse 15:13-16. Car l'iniquité des Amoréens n'est pas encore à son comble


Dans cette prophétie sur la captivité future d'Israël, le Seigneur donne un indice important de la raison pour laquelle il commanderait plus tard aux Israélites de détruire totalement tout Cananéen vivant dans la terre promise (voir Dt. 7:1-2 ; 20:16-18). Manifestement entre temps leur iniquité avait été portée à son comble, et ils étaient par conséquent mûrs pour la destruction.


GENÈSE 16

Genèse 16:1-3


Selon la coutume de l'époque, il fallait s'attendre, et c'était un acte logique, à ce que Sara donne sa servante Agar comme épouse à Abraham (voir D&A 132:1-2, 29-30, 34-35).


Genèse 16:10


Le message de l'ange à Agar montre que les promesses faites à Abraham vont même au-delà de celles qui se sont réalisées par Isaac.


Genèse 16:11-12


Le mot hébreu Ismaël signifie littéralement « Dieu entend ». Au verset 12 il est appelé « un âne sauvage », métaphore qui implique que c'est quelqu'un qui aime la liberté. Cette métaphore pourrait être une description prophétique de la vie nomade des descendants d'Ismaël.


GENÈSE 17

Genèse 17:1. Marche devant moi et sois intègre


Le commandement donné à Abraham fut : « Marche devant ma face et sois intègre » (Genèse 17:1). Ce commandement a été donné aux saints de toutes les époques (voir Dt. 18:13 ; Matthieu 5:48 ; 3 Néphi 12:48 ; 27:27 ; D&A 67:13).


Genèse 17:1-7


« Abraham reçut tout d’abord l’Évangile par le baptême (qui est l’alliance du salut) ; ensuite la prêtrise supérieure lui fut conférée, et il contracta le mariage céleste (qui est l’alliance de l’exaltation), acquérant ainsi l’assurance qu’il aurait un accroissement éternel ; en dernier lieu, il reçut la promesse que toutes ces bénédictions seraient offertes à toute sa postérité mortelle (Abraham 2:6-11 ; D&A 132:29-50). Dans les promesses divines faites à Abraham étaient incluses l’assurance que le Christ viendrait par son lignage et l’assurance que la postérité d’Abraham recevrait pour héritage éternel certaines terres promises de choix (Abraham 2 ; Genèse 17 ; 22:15-18 ; Galates 3).


« Toutes ces promesses mises ensemble sont appelées l’alliance abrahamique. Cette alliance fut renouvelée avec Isaac (Genèse 24:60 ; 26:1-4, 24) et de nouveau avec Jacob (Genèse 28 ; 35:9-13 ; 48:3-4). Les parties de l’alliance qui ont trait à l’exaltation personnelle et à l’accroissement éternel sont renouvelées à chaque membre de la maison d’Israël qui contracte l’ordre du mariage céleste ; grâce à cet ordre, les parties contractantes deviennent héritières de toutes les bénédictions d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (D&A 132 ; Romains 9:4 ; Galates 3; 4). » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, 2e édition, 1966, p. 13)


« La grande majorité de ceux qui deviennent membres de l’Église sont descendants littéraux d’Abraham par Éphraïm, fils de Joseph. Ceux qui ne sont pas descendants littéraux d’Abraham et d’Israël doivent le devenir, et quand ils sont baptisés et confirmés, ils sont greffés sur l’arbre et ont droit à tous les droits et à toutes les bénédictions comme héritiers. » (Joseph Fielding Smith, How One May Become of the House of Israel, Improvement Era, octobre 1923, p. 1149)


Genèse 17:2-14. Quelle est l'importance de la  circoncision, signe de l'alliance?


La circoncision fut instituée par révélation comme signe qu'on était de la postérité de l'alliance d'Abraham. Les Écritures montrent bien que ce n'était pas l'acte lui-même mais plutôt ce qu'il représentait qui donnait à la circoncision sa plus grande importance. En beaucoup d'endroits le Seigneur dit que la vraie circoncision est la circoncision du coeur. Le coeur qui est « circoncis » est celui qui aime Dieu et obéit à l'Esprit. Les « incirconcis de coeur » sont méchants, orgueilleux et rebelles (voir Ézéchiel 44:7 ; voir aussi Deutéronome 10:16 ; 30:6 ; Jérémie 4:4 ; Ézéchiel 44:4 ; Actes 7:51 ; Romains 2:25-29 ; Colossiens 2:11). Même si quelqu'un avait eu le signe de la circoncision dans la chair, s'il n'était pas juste l'alliance perdait sa valeur, et la circoncision ne lui servait de rien.


Ainsi donc la circoncision n'était qu'un signe de ce qui devait se produire dans l'homme intérieur. Si le changement intérieur se produisait, la circoncision était virtuellement sans signification (voir Jérémie 9:25-26 ; Romains 2:25-29 ; 1 Co. 7:19 ; Galates 5:1-6 ; 6:12-15 ; Philippiens 3:3-4). Une fois la loi mosaïque accomplie sous Jésus, le signe de la circoncision ne fut plus requis du peuple de l'alliance de Dieu (voir Actes 15:22-29 ; Galates5:1-6 ; 6:12-15)


Genèse 17:18-21

Le droit d'aînesse fut donné à Isaac, premier fils de la première épouse, plutôt qu'à Ismaël, qui était le premier fils d'Abraham et d'Agar et avait environ quatorze ans de plus qu'Isaac. Le Seigneur montre bien que conformément à la promesse originelle, le fils d'Abraham par Sara porterait la responsabilité de l'alliance. Cependant Ismaël, par ses douze fils, allait aussi être le père d'une grande nation.


GENÈSE 18

Genèse 18:1-2. Qui rendit visite à Abraham ?


« Nous n'avons pas le droit d'enseigner que notre Père céleste est descendu avec d'autres personnes célestes, couvert de poussière et fatigué, et a mangé avec Abraham. Ce n'est pas cela que le dix-huitième chapitre de la Genèse enseigne. Le premier verset devrait dire : 'L'Éternel lui apparut parmi les chênes de Mamré'. C'est une pensée complète. La deuxième partie de ce paragraphe n'a rien à voir avec l'apparition du Seigneur à Abraham, et il devrait y avoir un autre paragraphe ou une autre phrase disant : 'Il était assis à l'entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour ; il leva les yeux, et regarda : voici, trois hommes étaient debout près de lui'. Ces trois hommes étaient des mortels. Ils avaient un corps et étaient capables de manger, de se baigner, de s'asseoir et de se reposer de leur lassitude. Aucun de ces trois hommes n'était l'Éternel. » (Smith, Doctrine du salut, 1:24)


Genèse 18:16-33


Le Seigneur annonce qu’il va détruire Sodome et Gomorrhe à cause de la méchanceté du peuple (18:16-22). Abraham supplie le Seigneur d’épargner les villes s’il peut y trouver des justes (18:23-33).


Genèse 18:19 « Il ordonne à ses fils… de garder la voie de l'Éternel »


Ce verset contient l'une des clés de la justice d'Abraham. Non seulement il respecta les commandements mais de plus il enseigna à sa famille de faire de même.


« Combien de fois les membres de l'Église, pour faire la volonté du Seigneur, se lèvent-ils tôt le matin ? Combien de fois disons-nous : 'Oui, je vais tenir la soirée familiale avec ma famille, mais les enfants sont encore si jeunes ; je commencerai quand ils seront plus âgés' ? Combien de fois disons-nous : 'Oui, j'obéirai au commandement de faire des réserves de nourriture et d'aider les autres, mais pour le moment je n'ai ni le temps ni l'argent qu'il me faut ; j'obéirai plus tard' ?… Pendant que nous remettons à plus tard, la moisson sera terminée et nous ne saurons pas sauvés. C'est maintenant qu'il faut suivre l'exemple d'Abraham, c'est maintenant qu'il faut se repentir, c'est maintenant qu'il faut obéir promptement à la volonté de Dieu. » (Spencer W. Kimball, L'Etoile, décembre 1975)


GENÈSE 19


Genèse 19:1-19


Lot et sa famille reçoivent le commandement de quitter Sodome (v. 1-23 ; au verset 8, dans la Traduction de Joseph Smith, Lot n’offre pas ses filles aux hommes de Sodome mais essaie de les en protéger). Le Seigneur détruit Sodome et Gomorrhe (v. 24-29).


Genèse 19:13. En quoi consistait la méchanceté de Sodome et de Gomorrhe ?


Dans le récit de la Genèse, il est clair que les habitants de ces deux villes étaient devenus extrêmement immoraux, se livrant au comportement homosexuel et à d'autres abus. Mais le prophète Ézéchiel nous permet de mieux comprendre les choses quand il dit : « Voici quel a été le crime de Sodome, ta soeur. Elle avait de l'orgueil, elle vivait dans l'abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l'indigent. Elles sont devenues hautaines, et elles ont commis des abominations devant moi. Quand j'ai vu cela, je les ai fait disparaître » (ÉzéchieI 16:49-50). Jacques a dit que la religion pure était de « visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et… se préserver des souillures du monde » (Jacques 1:27). Sodome et Gomorrhe ne s'étaient pas seulement souillées par l'immoralité mais avaient rejeté ceux de leurs semblables qui étaient dans le besoin.


Genèse 19:26. La femme de Lot et la statue de sel


L'histoire de la femme de Lot transformée en statue de sel a intrigué beaucoup de commentateurs. Cet événement était-il quelque chose de littéral ou de figuré ? Il y a, dans les Écritures, deux indications qui permettent de penser que l'expression « regardera en arrière » était une manière idiomatique de dire « elle retourna en arrière » ou « retourna à Sodome ». Avertissant les disciples de la destruction qui allait s'abattre sur Jérusalem, le Sauveur les avertit de fuir sans retard, même sans entrer dans la maison pour prendre leurs biens. Jésus dit : « Et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas non plus en arrière. Souvenez-vous de la femme de Lot » (Luc 17:31-32). Il leur dit ensuite que celui qui cherche à sauver sa vie la perdra, et que celui qui perd sa vie la trouvera.  


Bruce McConkie paraphrase ces versets en ces termes : « Ne vous retournez pas vers Sodome et vers la richesse et le luxe que vous quittez. Ne restez pas dans la maison qui brûle dans l'espoir de sauver vos trésors, de peur que les flammes ne vous détruisent ; mais fuyez, fuyez dans les montagnes. Cherchez les choses temporelles, et vous perdrez la vie éternelle ; sacrifiez les choses de cette vie, et vous obtiendrez la vie éternelle. » (McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 1:645)


Cela implique que la femme de Lot se remit en route vers Sodome, peut-être pour sauver quelques biens, et fut prise dans la destruction. Dans les Doctrine et Alliances il y a une Écriture qui utilise la même terminologie que Genèse 19:26. Après avoir averti les saints de fuir la Babylone spirituelle, qui est la méchanceté, le Seigneur dit : « Que celui qui va ne se retourne pas, de peur qu'une destruction soudaine ne s'abatte sur lui » (D&A 133:15). Encore une fois cela implique un retour vers la méchanceté.


La plupart des savants s'accordent pour penser que l'emplacement le plus probable de Sodome est maintenant couvert par la partie méridionale de la mer Morte, lac à salinité très élevée. Si la femme de Lot retourna à Sodome, elle dut être prise dans la destruction. Sa transformation en statue de sel pourrait être une manière figurée d'exprimer ce résultat. Mais quoi qu'il ait pu arriver à la femme de Lot, il est clair qu'elle périt.


Genèse 19:30-38. Le péché des filles de Lot


Le récit de la séduction incestueuse de Lot par ses deux filles est choquant, mais encore une fois il illustre bien le fait que l'Ancien Testament rapporte aussi bien la méchanceté des hommes que leur justice. Il est impossible de justifier la perversité de l'acte commis par les deux filles ; on peut cependant mieux le comprendre si on considère que les filles ont pu penser que le monde entier avait été détruit dans l'holocauste qui s'abattit sur Sodome et Gomorrhe et que Lot était la seule source d'enfants qui leur restait. Il se peut que Moïse ait inséré ce récit dans le livre parce qu'il montre l'origine des Moabites et des Ammonites, deux peuples qui allaient jouer un rôle important dans l'histoire du peuple d'Israël.


GENÈSE 20


Genèse 20:1-18


Sur les raisons qui poussèrent Abraham à appeler Sara sa soeur, voir le commentaire de Genèse 12:10-20.


GENÈSE 21

Accomplissement de la promesse faite à Abraham et à Sarah que cette dernière aurait un fils. Les événements racontés dans ce chapitre se sont produits lorsqu’Abraham avait cent ans et Sarah quatre vingt dix ans.

GENÈSE 22

Genèse 22:1-19. Le sacrifice d'Isaac, une image


Dans le Livre de Mormon, Jacob enseigne que l'histoire d'Abraham disposé à offrir Isaac est « une image de Dieu et de son Fils unique » (Jacob 4:5). Une image est un objet, un acte ou un événement de la réalité physique qui correspond à une plus grande réalité spirituelle. La plupart des lecteurs de l'Ancien Testament peuvent immédiatement voir les ressemblances entre l'épreuve d'Abraham et le sacrifice du Père, mais beaucoup ne découvrent pas les détails précis de l'image que Dieu utilisa pour enseigner le sacrifice futur de son Fils unique. Voici quelques-uns de ces détails significatifs :


Abraham était manifestement une image ou une similitude du Père. Chose intéressante, son nom, Abram signifie « père élevé » et Abraham signifie « père d'une grande multitude » (voir Genèse 17:5). Ces deux noms conviennent tous deux à notre Père céleste. Isaac était l'image du fils de Dieu.


Une des significations de son nom est « il se réjouira ». Comme Jésus, il fut le produit d'une naissance miraculeuse. La naissance d'Isaac ne fut certainement pas aussi miraculeuse que la naissance de Jésus par Marie, mais à l'âge de quatre-vingt-dix ans, Sara était, elle aussi, une femme pour qui la naissance n'était pas possible par
les moyens ordinaires. Pourtant, grâce à l'intervention de Dieu elle conçut et enfanta un fils. Paul appelle Isaac le « fils unique » (Hébreux 11:17) lorsqu'il parle de cet événement.


Non seulement le Seigneur demanda à Abraham d'accomplir un acte semblable à son propre geste futur, mais il dit qu'il fallait que ce le fut en un endroit spécifié par lui. Cet endroit était Morija, « sur l'une des montagnes que je te dirai » (Gn. 22:2). Aujourd'hui le mont Morija est une des collines principales de Jérusalem. L'emplacement  traditionnellement connu comme étant l'endroit où Abraham offrit Isaac est maintenant l'emplacement du Dôme du Rocher, belle mosquée musulmane. À quelques centaines de mètres au nord, à un endroit plus élevé du même groupe de collines, se trouve un autre emplacement de célébrité mondiale appelé calvaire de Gordon. En hébreu il s'appelait Golgotha. Non seulement Abraham accomplit la similitude, mais il l'accomplit au même endroit que le Père sacrifierait son Fils.


Quand ils arrivèrent à Morija, nous dit le récit de la Genèse, « Abraham prit le bois pour l'holocauste, le chargea sur son fils Isaac » (Genèse 22:6). Certains ont vu dans ce geste une ressemblance avec le Christ portant la croix sur les épaules sur le chemin de la crucifixion (Jean 19:17).


Isaac se soumit volontairement à Abraham. Cet important parallèle est souvent négligé ; l'Ancien Testament ne donne pas suffisamment de détails pour révéler l'âge exact d'Isaac à l'époque de cet événement, mais il est très vraisemblable qu'il était adulte. Immédiatement après le récit du sacrifice sur le mont Morija, nous apprenons que Sara meurt à l'âge de cent vingt-sept ans (voir Genèse 23:1). Isaac aurait donc eu trente-sept ans à l'époque de sa mort. Même si le voyage à Morija s'était produit plusieurs années avant la mort de Sara, Isaac aurait été dans la trentaine, tout comme le Sauveur au moment de sa crucifixion. Néanmoins l'âge exact n'est pas vraiment important. Ce qui est significatif, c'est qu'Abraham avait plus de cent ans et qu'Isaac était vraisemblablement un jeune homme robuste qui aurait pu s'opposer farouchement s'il avait décidé de le faire. En fait Isaac se soumit volontairement à ce que son père voulait, tout comme le Sauveur allait le faire.


« Quand ils furent arrivés à l’endroit indiqué, Abraham érigea un autel et y déposa le bois. Ensuite, raconte la Bible, 'Abraham… ligota son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois' (Genèse 22:9). Que pensa Isaac devant le geste si étrange d’Abraham ? La Bible ne mentionne ni lutte, ni objection. Le silence d’Isaac ne peut s’expliquer que par sa confiance et son obéissance à l’égard de son père. » (Dallin H. Oaks, L’Étoile, janvier 1993, p. 43)


Une fois l'affaire terminée par une heureuse issue, Abraham appela le lieu Jehova-Jiré ce qui veut dire « À la montagne de l'Éternel il sera pourvu » (Genèse 22:14). Adam Clarke, citant d'autres savants, dit que la traduction correcte devrait être « sur une montagne le Seigneur sera vu ». Clarke en conclut : « Il découle de cela que le sacrifice offert par Abraham était compris comme étant représentatif, et la tradition fut entretenue qu'on verrait Jéhovah dans le cadre d'un sacrifice sur cette montagne. Et cela rend… plus que probable… le fait qu'Abraham offrit Isaac sur la montagne même sur laquelle Jésus souffrit. » (Commentary, 1:141)


Jésus fut condamné à mort dans les murs de la forteresse Antonia qui était à une centaine de mètres de l'endroit traditionnel du sacrifice d'Abraham. Il fut mis à mort sur le Golgotha qui fait partie du même groupe de crêtes que le mont Morija. Non seulement les savants ont noté l'importance du sacrifice de Jésus lui-même mais ont aussi fait remarquer qu'il était lié à l'emplacement du temple de Salomon où avaient lieu les sacrifices sous la dispensation mosaïque [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] : « Le lieu du sacrifice indique d'une manière particulièrement claire que le mont Morija sur lequel, selon la loi, tous les sacrifices typiques étaient offerts à l'Éternel… afin que par cet unique sacrifice véritable les ombres qu'étaient les sacrifices typiques fussent rendues à la fois réelles et vraies. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1, 253)


« Cette histoire montre… la bonté de Dieu qui protégea Isaac et fournit un remplacement pour qu’il n’ait pas à mourir. À cause de nos péchés et de notre condition mortelle, comme Isaac, nous sommes condamnés à mourir. Alors qu’il n’y a plus d’autre espoir, notre Père céleste fournit l’Agneau de Dieu, et nous sommes sauvés par son sacrifice. » (Dallin H. Oaks, L’Étoile, janvier 1993, p. 43)


Genèse 22:1 Dieu mit Abraham à l'épreuve


L'épreuve proposée à Abraham avait deux aspects : tout d'abord il lui fut demandé de renoncer à quelque chose qui lui était très précieux. Tuer son enfant serait quelque chose d'horrible en soi ; mais tuer l'enfant venu après des dizaines d'années d'attente stérile, l'enfant promis par de saints hommes envoyés de Dieu, l'enfant en qui devait s'accomplir l'alliance, dut être une épreuve dépassant toute compréhension. La bonne volonté d'Abraham de renoncer à quelqu'un d'aussi cher qu'Isaac constitue un contraste frappant avec la répugnance du jeune homme riche qui demanda au Sauveur ce qu'il devait faire pour être sauvé. Quand il lui fut dit qu'il devait vendre tous ses biens pour suivre le maître, il « s'en alla tout triste, car il avait de grands biens » (Mt. 19:22).


Mais une épreuve tout aussi difficile, si pas plus grande, était ce qu'on pourrait appeler la question de l'intégrité de Dieu. Abraham lui-même avait manqué de perdre la vie sur un autel idolâtre et avait été sauvé par l'intervention directe du Seigneur (voir Abraham 1:12-20). Abraham savait que la loi de Dieu interdit le sacrifice humain et toute espèce de meurtre. Assurément on s'étonnerait d'un tel commandement, se demandant : « Cela peut-il venir de Dieu ? Dieu se contredit-il ? » Et puis savoir qu'en outre cela signifierait la fin du lignage même de l'alliance que Dieu avait lui-même promis d'établir, ce serait quelque chose de presque insupportable.


« Abraham fit preuve d'une foi extrême lorsque l'épreuve surhumaine lui fut appliquée. Son jeune 'enfant de la promesse' destiné à être le père d'empires, allait maintenant devoir être offert sur l'autel du sacrifice. C'était le commandement de Dieu, mais il paraissait si contradictoire ! Comment son fils, Isaac, pouvait-il être le père d'une postérité innombrable si sa vie mortelle devait prendre fin dans sa jeunesse ? Pourquoi devait-il, lui, Abraham, être appelé à accomplir cet acte révoltant ? C'était incompréhensible, impossible ! Et cependant il crut en Dieu. Sa foi inébranlable le porta, le coeur brisé, vers le pays de Morija avec son fils. » (Spencer W. Kimball, Conference Report, octobre 1952, p. 48)


« [Dieu a commandé à Abraham de sacrifier Isaac parce que] Abraham avait besoin d’apprendre quelque chose sur Abraham. » (Hugh B. Brown, dans Truman G. Madsen, The Highest in Us, 1978, p. 49)


Il n'est guère étonnant que dans les Écritures on parle constamment d'Abraham comme d'un grand exemple de foi et d'obéissance.


GENÈSE 23

Genèse 23:1-2. La grandeur de Sara


On dit souvent qu'Abraham est le père des fidèles et un immense exemple de foi et de justice. Et cependant Sara fut à ses côtés pendant toute sa vie, pas souvent au premier plan, mais toujours comme un grand exemple de femme, pleine de foi et de droiture. Les Doctrine et Alliances disent que les justes sont la postérité d'Abraham (voir D&A 84:34), mais Pierre laisse aussi entendre que par leur justice les femmes peuvent être appelées filles de Sara (voir 1 Pierre 3:1-6, surtout le verset 6).

GENÈSE 24

Genèse 24. Découverte d'une femme pour Isaac


Abraham met l’accent sur l’importance du mariage dans l’alliance (le mariage éternel) en choisissant une femme digne pour Isaac.


Ce chapitre de l'Ancien Testament contient une des histoires les plus remarquables d'engagement et de foi qui soient dans les Écritures. Les points suivants sont intéressants :


Versets 12-14 : Ces versets montrent que le serviteur, comme Abraham, était un homme d'une grande foi. Abraham lui avait dit que sa mission était un commandement du Seigneur (voir verset 7). Par conséquent, lorsqu'il se trouva devant une tâche extrêmement difficile, le serviteur s'adressa au Seigneur pour avoir de l'aide. Au lieu de simplement demander au Seigneur de résoudre son problème, il lui présenta un plan pour que le Seigneur le confirme.


Verset 19 : Vu la capacité d'absorption d'un chameau assoiffé (un chameau peut boire jusqu’à 115 litres en un jour), on peut s'imaginer le travail que cela présenta pour Rébecca de puiser de l'eau à la main pour dix chameaux. Non seulement elle était belle, mais elle était travailleuse et prompte à servir.


Verset 58 : Ce verset nous donne une bonne idée de la foi de Rébecca. Pour une jeune fille, quitter son foyer, se rendre dans un nouveau pays qui lui était tout à fait étranger, épouser un homme qu'elle n'avait jamais rencontré devait représenter une très grande épreuve. On pouvait s'attendre à ce qu'elle désire rester le plus longtemps possible avec sa famille, mais lorsqu'on lui laissa le choix, elle dit simplement : « J'irai ».


Verset 67 : Quand on pense à la foi et à la beauté de Rébecca et au fait que le serviteur d'Abraham fut conduit vers elle par la main du Seigneur, le commentaire « et il l'aima » n'est pas surprenant.


« Paul dit aux Corinthiens : 'Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger'. Paul voulait peutêtre leur faire voir que les différences religieuses sont des différences fondamentales. Les différences religieuses impliquent des domaines plus étendus de conflits. Les loyautés religieuses et les loyautés familiales se heurtent. La vie des enfants est souvent difficile. Le non-membre peut être tout aussi brillant, aussi bien formé et aussi séduisant, et il peut avoir la plus agréable des personnalités, mais sans religion commune, il y a des difficultés en réserve pour ce mariage. Il y a des exceptions, mais la règle est dure et impitoyable. » (Spencer W. Kimball, Le Miracle du pardon, p. 223)


« Planifions, instruisons nos enfants et plaidons avec eux pour qu’ils se marient dans la maison du Seigneur. Réaffirmons plus vigoureusement que nous ne l’avons jamais fait dans le passé que l’endroit où l’on se marie et l’autorité par laquelle on est déclaré mari et femme, cela a de l’importance. » (Howard W. Hunter, L’Étoile, janvier 1995, p. 105)


« Il est clair qu’un bon mariage commence par de bonnes fréquentations. On épouse en général quelqu’un d’entre ceux que l’on fréquente… Par conséquent nous insistons sur cet avertissement. Ne courez pas le risque de sortir avec des non-membres ou des membres qui ne sont pas formés et qui n’ont pas de foi. Une jeune fille dira : 'Oh, je n’ai pas l’intention d’épouser cette personne. Je sors pour m’amuser'. Mais on ne peut pas se permettre de courir le risque de tomber amoureux de quelqu’un qui peut ne jamais accepter l’Évangile. Il est vrai qu’un petit pourcentage finit par se faire baptiser après avoir épousé des membres de l’Eglise... Ils sont notre heureuse minorité... Mais la majorité ne deviennent pas membres de l’Eglise et… les frictions, les frustrations et le divorce marquent un grand nombre de leurs mariages. » (Spencer W. Kimball, Le Miracle du pardon, p. 224–225)


GENÈSE 25

Genèse 25:8. Que veut dire la Bible quand elle dit qu'Abraham « fut recueilli auprès de son peuple » ?


Les premiers patriarches connaissaient bien les principes de l'Évangile qui leur avaient été enseignés d'Adam à Abraham. L'expression « fut recueilli auprès de son peuple » est une preuve supplémentaire de ce qu'ils connaissaient l'Évangile.


« Cette expression… désigne la réunion dans le Schéol* avec des amis qui y sont allés auparavant et présuppose par conséquent la foi en la personnalité de l'homme après la mort, comme un pressentiment que les promesses de Dieu, dans le cas des patriarches, avaient exalté en l'assurance ferme de la foi [voir Hébreux 11:13]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:263).


*Chéol est le mot hébreu désignant le monde des esprits où l'on va quand on meurt. Non seulement les Hébreux avaient une conception de la vie après la mort, mais aussi la conception correcte de l'endroit intermédiaire entre la mort et la résurrection.


Genèse 25:12-16. Les douze tribus d'Ismaël


Les douze tribus qui descendirent finalement de Jacob sont considérablement étudiées, mais il faut se souvenir que douze autres tribus sortirent aussi d'Ismaël.


Genèse 25:20-34


Rebecca reçoit une révélation concernant ses jumeaux avant leur naissance (v. 22–23). Quand ces fils deviennent adultes, Ésaü vend son droit d’aînesse à Jacob (v. 29-34).


Genèse 25:21. « Car elle était stérile »


La brièveté du récit historique de la Genèse a tendance à comprimer le temps qu'il couvre. L'information concernant la stérilité de Rébecca est plus poignante quand on se souvient de la grande valeur que l'on attribuait à l'époque à l'enfantement et le fait qu'Isaac et Rébecca restèrent vingt ans sans enfant(voir versets 20, 26).


Genèse 25:22-23


« Je voudrais maintenant prendre notre ancêtre commune, Rebecca, comme modèle de ce que ses filles dans l’Église peuvent faire aujourd’hui… Lorsque Rebecca était inquiète et avait besoin d’être guidée par Dieu, elle portait l’affaire devant le Seigneur et il lui répondait. Le Seigneur donne la révélation aux femmes qui le prient avec foi. » (Bruce R. McConkie, dans Conference Report, conférence interrégionale de Tahiti, 1976, p. 16)


Genèse 25:27-28. Jacob était un homme tranquille


Si Ésaü qui est décrit comme étant un « habile chasseur », Jacob est qualifié d'« homme tranquille » (verset 27). Le mot hébreu signifie « entier, complet, parfait » ; c'est donc un adjectif très positif. Le « aimait » du verset 28 est utilisé dans le sens de « préférait ». Isaac préférait donc Esaü, et Rébecca préférait Jacob.


Genèse 25:30.


Édam signifie « roux ». Les Édomites (descendants d'Ésaü) jouèrent un rôle important dans l'Ancien Testament, ordinairement comme antagonistes des Israélites. Ils habitaient le territoire entourant le mont Séir entre la mer Morte et la mer Rouge (voir Genèse 36). Les descendants d'Ésaü se retrouvent aujourd'hui parmi les nations arabes.


Genèse 25:32


Ce raisonnement paraît exprimer plus de mépris que de faim. Jacob aurait presque certainement secouru Ésaü gratuitement si sa vie avait été en danger. L'intention de ce récit semble être principalement de montrer à quel point Ésaü avait peu d'estime pour le droit d'aînesse. Ses besoins corporels immédiats étaient plus importants pour lui que les droits de l'alliance. Une autre preuve de cette attitude, ce sont les mariages d'Ésaü avec des femmes cananéennes, ce qui rompit le lignage de l'alliance (voir Genèse 26:34-35).


Le droit d'aînesse lui-même aurait dû être un trésor jalousement gardé. La bénédiction hautement désirable du droit d'aînesse est le droit à la présidence ou aux clefs de la prêtrise.


« Il semble que dans les temps anciens sous l'ordre patriarcal, certaines bénédictions, certains droits, pouvoirs et prérogatives spécifiques, appelés collectivement le droit d'aînesse, passaient du père à son fils premier-né (voir Genèse 43:33). Aux époques ultérieures, des bénédictions et des prérogatives ont été déversées sur tous les descendants dignes de certains de ceux qui acquirent des bénédictions et des droits d'aînesse dans les temps anciens (voir 3 Néphi 20:25 -27). (Mormon Doctrine, p. 87)


Dans l'ordre patriarcal, ce droit d'aînesse se transmettait de père en fils, lequel était souvent, mais pas toujours, l'aîné. La droiture était un facteur plus important que le fait d'être le premier-né.


GENÈSE 26

Isaac et ses descendants reçoivent la promesse des bénédictions de l’alliance abrahamique (v. 1-5). Ésaü se marie en dehors de l’alliance et cause du chagrin à ses parents (v. 34-35).

GENÈSE 27

Genèse 27:1-46


Isaac bénit Jacob pour qu’il domine des peuples et des nations.


Genèse 27:1-40. Jacob obtient le droit d'aînesse d'Ésaü


L'histoire de la façon dont Jacob obtint la bénédiction du droit d'aînesse d'Isaac avec l'aide de sa mère est, à bien des égards, une histoire troublante. Chose caractéristique, les commentateurs qui n'ont pas accès aux Écritures des derniers jours en viennent à une des deux conclusions suivantes : ou bien ils soulignent qu'Ésaü était indigne du droit d'aînesse et par conséquent justifient la tromperie, ou alors ils critiquent la nature rusée de Jacob. Toutefois, lorsqu'on a une connaissance plus complète des principes de l'Évangile, cela peut poser des problèmes supplémentaires. Une personne peut-elle tromper un patriarche et obtenir les bénédictions qui appartiennent à quelqu'un d'autre ? Jacob était-il un intrigant rusé ? Isaac favorisait-il aveuglément certains enfants ? Peut-on être malhonnête et cependant obtenir une bénédiction patriarcale valable ? Il convient d'examiner soigneusement les points suivants :


1. Rébecca savait par révélation personnelle que Jacob allait être le fils de l'alliance (voir Genèse 25:22-23). Jacob céda à contre-coeur aux désirs de sa mère parce qu'elle lui dit qu'elle prenait la responsabilité de ce qu'il était sur le point de faire.


2. Bien que les patriarches et leurs épouses fussent des hommes et des femmes de haut niveau et d'une grande droiture qui furent finalement exaltés et rendus parfaits (voir D&A 132:37), cela ne signifie pas qu'ils étaient parfaits à tous les égards pendant qu'ils étaient dans la mortalité. Si l'histoire qui se trouve dans la Genèse est correcte, Isaac a pu faire preuve d'étroitesse de vue en favorisant Ésaü. Ou Rébecca a peut-être eu insuffisamment de foi au Seigneur pour le laisser accomplir lui-même sa volonté et a par conséquent élaboré un plan à elle pour s'assurer que les bénédictions promises se produiraient. Ce défaut ne diminue pas leur grandeur ultérieure et leur perfection finale.


3. Quelle que soit l'explication que l'on donne aux circonstances qui entourèrent la réception de la bénédiction, il y a une chose qui est tout à fait claire. Les détenteurs de la prêtrise reçoivent les clefs pour lier et délier sur la terre, et cette action est validée dans le ciel (voir Mt. 16:19). Une fois qu'Isaac apprit la tromperie, il aurait pu révoquer la bénédiction et la donner à Ésaü. Au lieu de cela il dit de Jacob : « aussi sera-t-il béni » (Genèse 27:33). Plus tard, alors que Jacob se préparait à partir pour Paddan-Aram pour échapper à la colère d'Ésaü, Isaac lui donna la bénédiction d'Abraham (voir Genèse 28:3-4), preuve supplémentaire de ce que Jacob avait reçu la bénédiction qui lui était destinée et qu'Isaac la confirma sur lui. Ainsi, si donc le récit de la Genèse est correct tel qu'il est maintenant, Jacob, comme les autres, reçut un appel et la promesse de bénédictions finales à cause de son potentiel et en dépit de ses faiblesses. Comme n'importe qui d'autre, il lui fallait alors vivre dignement pour obtenir les bénédictions promises.


Genèse 27:34-46. Effets ultérieurs de la bénédiction de Jacob


« Ésaü fut également béni des bénédictions de la terre et du potentiel de renverser le joug de l'oppression ; mais comme la plupart d'entre nous, il n'attribua de la valeur à ce qu'il avait perdu que lorsqu'il ne l'eut plus, et il regretta le jour où il avait échangé son droit d'aînesse avec Jacob. Dans sa colère, il prit la résolution de se venger par le fratricide quand il vit confirmée sur la tête de celui avec qui il avait troqué le droit de la recevoir, la bénédiction permettant de transmettre le droit d'aînesse.


« Rébecca, toujours en alerte et pleine d'ingéniosité, évita une double tragédie (la perte des deux fils : un par le meurtre et l'autre par l'exécution comme l'exigerait la loi de Genèse 9:6) en proposant à Isaac d'envoyer Jacob trouver une épouse convenable pour sa patrie. Elle le soustrayait ainsi aux mauvaises intentions d'Ésaü jusqu'à ce que ses sentiments s'apaisent. La proposition de l'envoyer chercher une épouse qui lui convienne fut apparemment immédiatement approuvée par Isaac, car il devait certainement se rendre compte qu'il était vrai, comme disait Rébecca, que la mission de leur vie serait contrariée si Jacob se mariait comme Ésaü. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:47)


GENÈSE 28


Genèse 28:1-10


Isaac prononce sur Jacob les bénédictions de l’alliance abrahamique et l’envoie trouver une femme digne.


Genèse 28:10-19. La vision de l'échelle de Jacob à Béthel


Tandis qu’il se rend de Canaan au pays de sa famille, Jacob s’arrête pour se reposer pour la nuit et fait un songe remarquable dans lequel il voit une échelle qui monte jusqu’au ciel. Il appelle l’endroit Béthel qui signifie « maison de Dieu ».


« Paul monta jusqu'au troisième ciel [voir 2 Corinthiens 12:2], et il put comprendre ainsi les trois principaux degrés de l'échelle de Jacob : les gloires ou royaumes télestes, terrestres et célestes. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 247)


« Tandis que Jacob se rendait de Beer-Chéba à Harân, il eut un songe dans lequel il se vit couché sur le sol au pied d'une échelle qui montait jusqu'au ciel et au-dessus de laquelle se tenait le Seigneur. Il vit des anges qui y montaient et en descendaient et Jacob se rendit compte que les alliances qu 'il contractait là avec le Seigneur étaient les échelons de l'échelle qu 'il devrait lui-même escalader pour obtenir les bénédictions promises, des bénédictions qui lui donneraient le droit d'entrer dans les cieux et d'être en la présence du Seigneur.


« Ayant rencontré là le Seigneur et ayant contracté des alliances avec lui, Jacob considéra le lieu comme si sacré qu'il lui donna le nom de Béthel, contraction de Beth-Élohim qui signifie littéralement 'la maison du Seigneur'. Il dit à son sujet : 'C'est ici la maison de Dieu, c'est ici la porte des cieux' (Genèse 28:17).


« Non seulement Jacob traversa la porte des cieux, mais, en vivant toutes les alliances, il fit également tout le chemin qui se trouvait au-delà. Le Seigneur dit à son sujet et au sujet de ses ancêtres Abraham et Isaac : 'Parce qu'ils n'ont rien fait d'autre que ce qui leur était commandé, ils sont entrés dans leur exaltation, conformément aux promesses, sont assis sur des trônes et ne sont pas des anges, mais sont des dieux » (D&A 132:37).


« Les temples sont pour nous tous ce que Béthel était pour Jacob. Plus encore, ils sont également les portes des cieux pour nos parents décédés sans leurs dotations. Nous devons tous faire notre devoir qui est d'y faire passer ceux qui nous sont chers. » (Marion G. Romney, Les temples, portes des cieux, L'Étoile, août 1971, p. 233)


GENÈSE 29

Genèse 29:1-30


Jacob épouse Léa et Rachel dans l’alliance.


Genèse 29:12. Quelle parenté y avait-il entre Jacob et ses épouses ?


Chacun des trois grands patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, épousa des parentes. Abraham épousa Sara, qui était sa nièce ; Isaac épousa Rébecca, qui était sa petite-cousine, et Jacob épousa Léa et Rachel, qui étaient ses cousines.


Genèse 29:17. Léa avait « les yeux délicats »


Le mot hébreu rendu par « délicats » signifie « doux », « délicat » ou « joli ». Le fait que ce trait est mis en relief pour Léa, tandis que Rachel est décrite comme étant « belle de taille et belle de figure » signifie qu'elle était belle à tous égards, ce qui semble suggérer que les yeux de Léa étaient ce qu'elle avait de plus beau.


Genèse 29:20-30. Le mariage de Jacob avec Léa et Rachel


Nous avons ici le premier aperçu de l'être rusé qu'était Laban. Après avoir promis Rachel à Jacob contre sept années de service, Laban envoya Léa dans la tente de Jacob pour consommer le mariage. Le lecteur moderne aura peut-être du mal à croire que Jacob n'ait pas découvert l'échange avant le matin ; toutefois les possibilités suivantes pourraient expliquer le succès de la ruse de Laban. Étant soeurs, Rachel et Léa ont pu se ressembler considérablement par la taille, le poids et l'aspect général. Deuxièmement, les femmes de Harân se voilaient parfois (voir Genèse 24:65). Troisièmement, Laban était berger. S'il était un berger typique des temps anciens, il demeurait dans des tentes plutôt que dans des demeures permanentes. L'intérieur d'une tente la nuit peut être très sombre. Finalement, sachant quelle serait la réaction de Jacob s'il découvrait trop tôt la substitution, Laban a pu dire à Léa de parler le moins possible de manière à ne pas trahir la ruse avant qu'il fût trop tard pour y changer quelque chose.


Laban exigea sept autres années pour la main de Rachel, mais il permit à Jacob de l'épouser une fois que les sept jours de fête de noces pour Léa furent terminés et de s'acquitter de sa dette après le mariage. Le don des servantes à chaque fille faisait des servantes la propriété directe de chaque épouse et non de chaque homme. C'est ainsi que plus tard, lorsque les servantes eurent des enfants, ceux-ci furent considérés légalement comme étant les enfants de Rachel et de Léa.


Genèse 29:31 à 30:24. Les enfants d'Israël


Les Écritures de ce chapitre montrent que chaque enfant né de Jacob reçut un nom qui reflétait les sentiments de ses parents. Il y avait une concurrence féroce entre les épouses. Être à même de donner un enfant mâle à leur mari était un grand honneur. Rachel fut apparemment très triste de ne pouvoir avoir d'enfant que plus tard dans sa vie. Quand elle eut finalement un fils, le nom qu'elle lui donna montre les sentiments qu'elle éprouvait pour lui et l'espérance qu'elle avait pour l'avenir.


GENÈSE 30

Genèse 30:1-24. Voir Genèse 29:31 à 30:24


Genèse 30:14-22. Qu'est-ce qu'une mandragore et pourquoi Rachel en voulait-elle ?


Bien que les savant bibliques ne sachent pas exactement quelle plante le mot mandragore désigne, la signification de cette plante pour Rachel et Léa est claire :


« Le nom hébreu signifie fruit d'amour. Le fruit avait un goût et une odeur agréables et était censé assurer la conception » (Dictionnaire biblique, sous « mandragore »).


En d'autres termes, les mandragores, pensait-on, favorisaient la fécondité de la femme et sa capacité d'avoir des enfants. Quand on connaît cette croyance, on peut expliquer l'échange entre Rachel et Léa. Rachel désirait les mandragores pour pouvoir enfin enfanter ses propres enfants. Comme on l'a déjà vu, il y avait une concurrence intense entre les soeurs à cet égard. La réaction de Léa fut par conséquent tout aussi naturelle. Elle dit que Rachel avait déjà pris son mari, ce qui selon toute probabilité signifiait seulement que Rachel avait la première place dans son affection (mais certains savants croient que ce passage signifie que Jacob vivait dans la tente de Rachel plutôt que dans celle de Léa). Le grand avantage que Léa avait était sa capacité d'avoir des enfants, tandis que Rachel ne le pouvait pas. Elle dit donc essentiellement à Rachel qu'il serait insensé de sa part de donner à Rachel ses mandragores pour l'aider à avoir des enfants, car cela ne ferait que diminuer le seul avantage qu'elle, Léa, avait.


Rachel lui fit donc une contre-proposition. Elle lui promit qu'elle encouragerait Jacob à aller chez Léa cette nuit-là si elle, Rachel, pouvait avoir des mandragores (voir verset 15). Léa accepta et en informa Jacob. De cet accord, Léa conçut et enfanta un cinquième fils à Jacob (voir verset 17-18). Elle enfanta plus tard un autre fils et la première fille de Jacob (voir versets 19-21). Bien que cela ne soit pas explicitement dit, l'histoire implique que les mandragores ne furent d'aucune utilité à Rachel. Finalement, Rachel conçut effectivement, mais ce ne fut pas à cause des mandragore. Ce fut plutôt parce que « Dieu se souvint de Rachel, et l'exauça,et la rendit féconde» (verset 22).


Genèse 30:37-43. Les branches pelées influençaient-elles la conception des troupeaux de Jacob ?


Le procédé de Jacob de peler des branches et de les mettre devant des animaux pour que, au moment de la conception, ils mettent bas des petits multicolores semble refléter une superstition courante que la conception est influencée parce que la mère ressent ou voit au moment où elle conçoit. La science moderne ne connaît rien qui soit de nature à expliquer un rapport entre ce que Jacob fit et ce qui arriva au mécanisme héréditaire des animaux. Il manque peut-être quelque chose au texte. Le Seigneur ne faisait peut-être que profiter de la virilité d'animaux à sang mêlé. L'intervention divine joua certainement un rôle. Dans tous les cas les troupeaux de Jacob grandirent, et le Seigneur le bénit. En outre le procédé de Jacob de séparer les troupeaux (voir verset 40) suit les principes de l'élevage et aura certainement augmenté les chances d'avoir des animaux multicolores.


GENÈSE 31

Genèse 31:4


Il est significatif de remarquer que Jacob consulta ses femmes pour le déplacement important qu'il envisageait. Souvent les savants modernes affirment que la femme de l'Ancien Testament avait un statut inférieur et était traitée comme une propriété par son mari. Mais cette exemple, et d'autres du même genre, montrent que tel n'était pas le cas.


Genèse 31:7


Le commentaire de Jacob que Laban changea dix fois son salaire ne peut être confirmé dans le récit : c'est-à-dire que l'on ne peut pas compter dix fois. Mais la nature de Laban fait qu'il n'est pas invraisemblable qu'une fois que Jacob se mit à prospérer, Laban se mit à changer constamment les termes de leur accord. Néanmoins le Seigneur continua à bénir temporellement Jacob.


Genèse 31:14-16. « Puisqu'il nous a vendues et qu'il a mangé notre argent »


Il est intéressant de constater que Rachel et Léa convinrent toutes deux que Jacob était justifié dans sa décision de quitter Laban. Elles firent aussi remarquer qu'à cause de la cupidité de leur père, elles n'avaient rien reçu de lui.


« La dot est une partie importante du mariage. Nous la découvrons d'abord chez Jacob, qui travailla sept ans pour Laban pour gagner une dot pour Rachel (voir Genèse 29:18). Le salaire reçu pour ce service appartenait à l'épouse comme dot, et Rachel et Léa pouvaient avec indignation dire d'elles-mêmes qu'elles avaient été 'vendues' par leur père, parce qu'il leur avait refusé leur dot (voir Genèse 31:14-15). C'était le capital familial ; elle représentait la sécurité de l'épouse en cas de divorce lorsque le mari était en défaut. Si elle était en défaut, elle la perdait. Elle ne pouvait pas déshériter ses enfants. Il y a des raisons de croire que la dot normale équivalait à environ trois années de gages. La dot représentait ainsi les fonds fournis par le père du jeune marié, ou par le jeune marié lui-même par le travail, utilisés pour aider la vie économique de la nouvelle famille. Si le père de l'épouse ajoutait à cela, c'était son droit et c'était de coutume, mais la loi fondamentale venait du jeune marié ou de sa famille. La dot était ainsi la bénédiction du père sur le mariage de son fils, ou une épreuve de la valeur du jeune homme, s'il travaillait pour l'obtenir. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 176-177)


Genèse 31:19. En quoi consistait les théraphim de Laban ?


Le mot hébreu théraphim désigne parfois de petites représentations de faux dieux. Certains traducteurs le traduisent par « dieux domestiques ». Laban était-il idolâtre ? Si oui, pourquoi Jacob fit-il tout le chemin jusqu'à Harân pour trouver une épouse, si elles étaient idolâtres comme les Cananéennes ? D'autres croient que c'étaient des instruments astrologiques pour prédire l'avenir. Mais cette proposition soulève le même problème. Un érudit a émis la théorie que ces idoles étaient liées d'une certaine façon aux droits légaux d'héritage (voir Guthrie, New Bible Commentary, p. 104). Si cette théorie est correcte, le propriétaire des théraphims avait le droit d'hériter de la propriété de son père. Cette circonstance expliquerait pourquoi Rachel vola les téraphims, puisque son père avait « volé » son héritage (voir Genèse 31:14-16). Cela expliquerait aussi l'extrême agitation de Laban en constatant qu'il les avait perdus et le châtiment sévère propos épar Jacob contre le coupable (voir Genèse 31:31).


GENÈSE 32

Genèse 32:24-32. La lutte de Jacob : en quoi consista-t-elle ?


« Qui a lutté avec Jacob sur le mont Péniel ? Les Écritures disent que c'était un homme. Les interprètes de la Bible dirent que c'était un ange. C'était très vraisemblablement un messager envoyé à Jacob pour lui donner sa bénédiction. Il n'est pas question de penser qu'il a lutté avec un ange et l'a tenu de manière à ce qu'il ne puisse pas lui échapper. Le terme 'ange' tel que les Écritures l'utilisent de temps en temps, désigne les messagers qui sont envoyés avec des instructions importantes. Plus loin dans ce chapitre, quand Jacob dit qu'il a vu le Seigneur, cela n'a rien à voir avec son combat. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:25)

GENÈSE 33

Genèse 33:1-2


Certains ont critiqué la façon dont Jacob arrangea le camp parce qu'il semble qu'il met les servantes et leurs enfants à l'endroit le plus dangereux. Toutefois il serait tout à fait naturel au Moyen-Orient qu'un chef de clan étale sa famille et ses biens de telle manière que la partie la meilleure et la plus favorisée soit gardée pour la fin (voir Clarke, Bible Commentary, 1:205).

GENÈSE 34

Genèse 34:1-31. Le viol de Dina


« Il s'efforça d'obtenir son affection et de l'amener à accepter sa disgrâce. Il paraît suffisamment clair d'après cela et d'après le verset précédent qu'il n'y avait pas eu de consentement de la part de Dina, que toute l'affaire était un acte de violence, et qu'elle était maintenant retenue de force dans la maison de Sichem. C'est là qu'elle fut trouvée lorsque Siméon et Lévi mirent la ville à sac, au verset 26. » (Clarke, Bible Commentary, 1:207)


L'indignation de Siméon et de Lévi était justifiée, mais préparer toute une ville par la tromperie pour le massacre sous le prétexte de l'amener dans l'alliance était une chose méchante et perverse. Les bénédictions de Jacob sur ces deux fils juste avant sa mort (voir Genèse 49:5-7) montrent que ni lui ni le Seigneur n'admettaient cet acte.

GENÈSE 35

Genèse 35:1-6


Avant de retourner à Béthel, qui était l'équivalent d'un temple moderne, Jacob invita sa famille et ses serviteurs, sa maison, à se préparer pour l'expérience, tout comme les saints modernes se préparent. Les anneaux des oreilles étaient probablement plus que simplement de la bijouterie, peut-être des amulettes avec des inscriptions aux faux dieux (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:316)


Genèse 35:20-22. Ruben perd le droit d'aînesse


L'introduction du bref récit de l'immoralité de Ruben dans le document historique peut paraître étrange mais explique pourquoi Ruben, premier-né de Léa, perdit le droit d'aînesse. Comme Rachel était la deuxième femme, son premier-né héritait donc de droit de la bénédiction perdue. Joseph était donc le second héritier légitime dans la succession, bien qu'il soit le onzième fils à naître (1 Chroniques 5:1-3 lie formellement la perte du droit d'aînesse de Ruben à sa transgression et montre comment ce droit passa à Joseph). Les fils premiers-nés des servantes Bilha et Zilpa ne pouvaient pas entrer en ligne de compte puisqu'ils étaient la propriété de leur maîtresse, et leurs enfants étaient également considérés techniquement comme étant la propriétés de Rachel et de Léa.


Genèse 35:22. « Concubine de son père »


« Pendant toute l’histoire des relations de Dieu avec son peuple, y compris ses relations avec la maison d’Israël, les concubines étaient des épouses légitimes mariées avec leurs maris dans la nouvelle alliance éternelle du mariage... Elles étaient autrefois considérées comme des épouses secondaires, c’est-à-dire des épouses qui n’avaient pas la même place dans le système de castes existant à l’époque que les femmes qui n’étaient pas appelées concubines. » (McConkie, Mormon Doctrine, 2e édition, 1966, p. 154)


GENÈSE 36

Genèse 36 donne les noms de nombreux descendants d’Ésaü (Ésaü est aussi appelé « Édom» dans les versets 1et 43). Les descendants d’Ésaü ont été voisins de Jacob (Israël) pendant toute l’histoire de la Bible et étaient appelés « Édomites ».

GENÈSE 37


Genèse 37. Joseph, onzième fils de Jacob, est détesté par ses frères et est vendu comme esclave.


Genèse 37:3. Qu'était la tunique de plusieurs couleurs ?


On s'est posé la question de savoir ce qu'était en réalité la tunique de Joseph. Le mot hébreu désigne  «un long manteau à manches… c'est-à-dire une toge descendant jusqu'aux poignets et aux chevilles comme en portaient les nobles et les filles de roi. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:335)


2 Samuel 13:18 dit que les filles du roi David portaient des tuniques du même genre. La tunique a pu être de différentes couleurs, mais sa signification semble avoir été bien au-delà de son chatoiement et sa beauté.

Un savant bien connu y voit « une tunique descendant jusqu'aux paumes des mains et la plante des pieds ; la longue tunique à manches portée par les jeunes gens et jeunes filles de bonne famille ; dans le cas de Joseph, Bush pense… que c'était l'insigne du droit d'aînesse que Ruben avait perdu et qui avait été transféré à Joseph. » (Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « colour », p. 82)

Si cette tunique indiquait vraiment que Joseph détenait le droit d'aînesse, ce que les frères ont pu mettre en doute parce qu'il y avait quatre fils premiers-nés dans la famille de Jacob, ce fait expliquerait l'hostilité et la jalousie intense que la tunique provoquait parmi les autres fils de Jacob. Les frères suivants pouvaient facilement penser que le droit d'aînesse leur revenait :


Ruben : C'était le premier-né de tous les fils. Bien qu'ayant perdu le droit, il n'avait peut-être pas accepté ce fait.


Siméon : Comme il était le deuxième fils de Léa et le premier dans la succession après Ruben, il pouvait estimer que le droit d'aînesse lui reviendrait une fois que Ruben aurait perdu le droit d'y accéder.


Juda : Il pouvait prétendre que ce n'était pas seulement Ruben qui avait perdu le droit, mais aussi Siméon et Lévi, en massacrant les Sichémites (voir Genèse 34). La disqualification de ces fils ferait de lui l'héritier légitime.


Dan : Comme sa mère, Bilha, était considérée comme la propriété de Rachel, il pouvait prétendre qu'il était le premier-né de Rachel, et non Joseph, et par conséquent il aurait dû recevoir le droit d'aînesse quand Ruben le perdit.


Gad : Il était le premier-né de Zilpa, et par conséquent pouvait facilement se dire qu'il aurait dû prendre le droit d'aînesse avant que Ruben l'ait perdu.


Les songes de Joseph (voir Genèse 37:5-11), qui indiquaient clairement son appel futur de dirigeant, ne faisaient qu'ajouter au ressentiment des frères.


Genèse 37:13-17. Sichem était à environ 70 kilomètres. Dothan était au moins encore 20 kilomètres plus loin.


Genèse 37:28


Le prix reçu pour Joseph, vingt pièces d'argent, est le même prix spécifié plus tard dans la loi mosaïque pour un esclave de cinq à vingt ans (voir Lévitique 27:5). Caractéristiquement, le prix d'un esclave était de trente pièces d'argent (voir Exode 21:32).


Genèse 37:32


Dans Alma 46:24 le capitaine Moroni rapporte que quand Jacob reçut « un reste de la tunique de Joseph », probablement après avoir retrouvé Joseph en Égypte, il prophétisa que de même qu'un reste de tunique avait été préservé sans se décomposer, de même un reste de la postérité de Joseph serait préservé.


Genèse 37:36. Quel était le poste de Potiphar ?


L'expression hébraïque qui est traduite par « chef des gardes » signifie littéralement « chefs des bouchers » ou « abatteurs ». Étant donné cette signification du mot, certains savants ont pensé qu'il était le chef cuisinier ou majordome de la maison de pharaon, mais d'autres savants croient que 'boucher' ou 'abatteur' est utilisé dans le sens de bourreau, et par conséquent Potiphar était « l'officier commandant de la garde du corps royale qui exécutait les sentences à la peine capitale décrétées par le roi. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:338). De toutes façons, Potiphar était un homme important, mais le dernier poste, en particulier, lui donnait un grand pouvoir et une grande situation en Égypte.


GENÈSE 38

Genèse 38:1-30. Juda et Tamar


Avec une honnêteté caractéristique, l'Ancien Testament inclut le récit sordide des relations incestueuses de Juda avec sa belle-fille. Il semble y avoir plusieurs raisons pour qu'elle ait été insérée ici. Tout d'abord on voit une fois de plus quels sont les effets lorsque le peuple de l'alliance oublie l'importance de se marier dans l'alliance. Contrairement à son père, à son grand-père et à son arrière-grand-père (Jacob, Isaac et Abraham), Juda ne se laissait pas rebuter par un mariage mixte avec des Cananéennes. Les résultats négatifs de ce mariage hors de l'alliance apparaissent clairement ici.


Deuxièmement, l'histoire montre le lignage de Juda d'où allait finalement sortir le Messie (voir Matthieu 1:3 ; Luc 3:33). Une autre leçon ici montre que le lignage n'est pas ce qui détermine la justice de quelqu'un. Finalement on voit que lorsque l'on n'honore pas ses engagements on est souvent conduit à de grands ennuis. Si Juda avait été fidèle à tenir la promesse qu'il avait faite à Tamar, la séduction n'aurait jamais eu lieu. De même si Juda avait été fidèle aux lois de la morale, il n'aurait jamais péché avec Tamar.


Genèse 38:5-11. Pourquoi Tamar devait-elle épouser les frères de son mari ?


Les vieilles coutumes du Moyen-Orient prévoyaient que le frère d'un homme décédé devait épouser sa veuve. Sous Moïse cette coutume devint loi (voir Deutéronome 25:5-10). Le but de ce genre de mariage était de mettre au monde un héritier mâle pour le mort et perpétuer ainsi son nom et son souvenir. Mourir sans fils était considéré comme une calamité, car alors le lignage de l'homme ne continuait pas, et en outre les biens de l'homme retournaient à la famille de quelqu'un d'autre (par les filles, s'il en avait, ou par d'autres parents). Il se peut que Onan qui, en vertu de la mort de son frère aîné, aurait été le successeur de l'héritage de Juda, refusa de susciter une postérité par Tamar parce que l'héritage serait resté dans la famille du fils aîné. Il fit le geste de prendre Tamar pour femme, mais refusa de la laisser avoir des enfants. C'est ainsi que quand Juda ne tint pas sa promesse de lui envoyer son fils cadet, Tamar eut recours à la ruse pour avoir des enfants.


Genèse 38:24


Il est important de remarquer ici le sens déformé des valeurs entretenu par Juda. Il n'avait aucun scrupule à renvoyer Tamar chez elle sans s'être acquitté de ses promesses ni à prendre une prostituée sur la route. Mais quand il apprit que Tamar était enceinte, il fut à ce point irrité qu'il commanda qu'on la mît à mort.


GENÈSE 39


Genèse 39. En esclavage, Joseph prospère mais est accusé d’immoralité et envoyé en prison (v. -120). Le chef de la prison lui confie la responsabilité des autres prisonniers (v. 21-23).


Genèse 39:9. Quelles étaient les raisons de Joseph pour refuser la femme de Potiphar ?


Les réactions de Joseph aux avances de la femmes de Potiphar montrent sa grande justice personnelle. Le roi Benjamin enseigna aux Néphites que « en servant vos semblables, c'est Dieu seulement que vous servez » (Mosiah 2:17). Si ce principe devait être énoncé négativement, on pourrait dire : « Lorsque vous exploitez vos
semblables ou que vous péchez contre eux, ce n'est que contre Dieu que vous péchez. » Joseph comprenait parfaitement ce principe et répondit à la femme de Potiphar en lui faisant remarquer que ce serait une chose terrible que de profiter ainsi de son maître. Il suivit l'étape logique suivante quand il ajouta : « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » (Genèse 39:9).


Genèse 39:20


Comme Potiphar avait un grand pouvoir auprès du pharaon, il était peut-être même le chef des bourreaux royaux. Il est remarquable que Joseph fut seulement mis en prison et non exécuté. Un esclave accusé d'essayer de violer la femme de son maître aurait, semble-t-il, mérité le châtiment le plus sévère, et cependant Joseph fut seulement mis en prison. Se pourrait-il que Potiphar, connaissant la personnalité de Joseph et celle de sa femme, ait soupçonné la vérité et, quoique devant prendre des mesures, ait choisi un châtiment relativement léger ? Quoi qu'il en soit, la main du Seigneur protégea Joseph de ce qui aurait sinon été une mort presque certaine.


Genèse 39:21-23 ; 40:1-23


La grandeur spirituelle de Joseph est une chose remarquable. Combien de personnes ne sont-elles pas aigries pour une offense réelle ou imaginaire ou ont blâmé le Seigneur pour quelque tragédie personnelle ? Alors même qu'il était fidèle et restait ferme à ce qui était juste, Joseph fut faussement accusé et mis en prison. Comme il lui aurait été facile d'abandonner, de dire : « À quoi bon essayer de servir Dieu ? Tout ce qu'il fait c'est me punir ». Mais il ne manifesta pas une ombre d'aigreur et ne blâma pas le Seigneur. Il continua simplement à être juste et fidèle. Avec désintéressement, il se proposa pour interpréter les songes de ses deux compagnons de captivité, leur disant que la connaissance venait de Dieu (voir Genèse 40:8). Il avait toujours confiance au Seigneur, quoique devant se sentir condamné à passer sa vie en prison. Si quelqu'un avait des raisons de se décourager et de s'aigrir, c'était bien Joseph, mais sa fois ne faiblit jamais. En vérité Joseph était un modèle à imiter.


« [La] capacité de transformer tout en quelque chose de bon semble être une caractéristique divine. C’est une chose que notre Père céleste paraît toujours être à même de faire. Tout, quelque affreux que ce soit, devient une victoire pour le Seigneur. Joseph, bien qu’esclave et ne méritant pas son sort, demeura cependant fidèle au Seigneur, continua à vivre les commandements et tira un excellent parti de sa situation dégradante. Des gens comme cela sont imbattables. » (Hartman Rector, L’Étoile, août 1973, p. 331)


GENÈSE 40

Genèse 40:1-23. Voir Genèse 39:21-23

GENÈSE 41

Genèse 41:1. Combien de temps Joseph resta-t-il en prison ?


Joseph fut deux ans en prison après avoir interprété les songes du chef des panetiers et du chef des échansons (voir Genèse 41:1). Il fut vendu comme esclave quand il avait environ dix-sept ans (voir Genèse 37:2), et il avait trente ans quand il devint vice-roi du pharaon (voir Genèse 41:46). En tout il travailla treize ans auprès de Potiphar et en prison. L'histoire ne dit pas combien de temps il avait servi Potiphar avant d'être mis en prison, mais le fait qu'il assura à force de travail son avancement pour devenir surveillant de la prison implique qu'un certain temps s'écoula avant qu'il ne soit rejoint par le panetier et par l'échanson. Il est donc vraisemblable que Joseph passa au moins trois ans et peut-être plus en prison.


Genèse 41:8. Pourquoi les sages d'Égypte furent-ils incapables d'interpréter les songes du  pharaon ?


Beaucoup supposent que les songes du pharaon dépassaient les capacités des sages d'Égypte et pourtant, à certains égards, il est surprenant que ces magiciens n'aient pas pu trouver une explication logique en utilisant leur symbolisme bien connu.


« Troublé par ce double songe, le pharaon fit venir le lendemain tous les scribes et sages d'Égypte, pour qu'ils l'interprètent… C'étaient des hommes de la caste sacerdotale, qui s'occupaient des arts et des sciences sacrées des Égyptiens, les écrits hiéroglyphiques, l'astrologie, l'interprétation des songes, la prédiction d'événements, la magie et la conjuration, et que l'on considérait comme possédant les arts secrets… et c'étaient les sages de la nation. Mais pas un d'entre eux ne put interpréter le songe bien que la clef de l'interprétation se trouvait dans les symboles religieux d'Égypte.


« Car la vache était le symbole d'Isis, déesse de la terre qui nourrit tout, et dans les hiéroglyphes elle représentait la terre, l'agriculture et la nourriture ; le Nil, par ses inondations, était la source de la fertilité du pays. Mais aussi simple que semble être l'explication des vaches grasses et des vaches maigres sortant du Nil, c'est 'le sort de la sagesse de ce monde, que quand elle suffit elle est obligée de se taire. Car il appartient au gouvernement de Dieu d'ôter la parole à ceux qui ont de l'assurance et de priver de jugement les vieillards' (Job 12:20). » (Keil et Delitzsch, Commentary,1:1:349)


Genèse 41:51-52. Manassé signifie « oublier » et Éphraïm signifie « fécond ».


Genèse 41:29-30, 34-36


« Il est important de nous préparer spirituellement, mais nous devons aussi nous préparer matériellement… Depuis des années, nous avons pour instruction de répondre au moins à quatre conditions en préparation de ce qui doit venir. Premièrement, recevoir une bonne instruction… Deuxièmement, vivez strictement dans les limites de vos moyens et épargnez pour des temps difficiles… Troisièmement, évitez les dettes excessives… Quatrièmement, constituez et conservez des réserves alimentaires et des produits de base… » (L. Tom Perry, L’Étoile, janvier 1996, p. 4-41)


GENÈSE 42

Genèse 42:8. Pourquoi les frères de Joseph ne le reconnurent-ils pas ?


Vingt-deux ans s'étaient écoulés depuis que les fils de Jacob avaient vu Joseph pour la dernière fois : treize ans d'esclavage et de prison pour Joseph, sept ans d'abondance et deux ans de famine (voir Genèse 45:11) avant que la famille de Jacob soit obligée d'aller chercher du blé en Égypte. Joseph était adolescent quand sa famille l'avait vu pour la dernière fois. Maintenant c'était un homme d'âge mûr. Et même si Joseph ressemblait encore beaucoup à ce qu'il était quand il était plus jeune, qui aurait cru qu'un frère qui avait été vendu comme esclave à une caravane d'Arabes serait devenu le deuxième personnages du pays d'Égypte ?


Genèse 42:21


Plus de vingt ans s'étaient écoulés depuis que ses frères avaient vendu Joseph comme esclave, et cependant ils se sentaient profondément coupables de ce qu'ils avaient fait.


GENÈSE 43

Genèse 43:8-9


En exigeant que Benjamin soit ramené en Égypte (voir Genèse 42:15), Joseph permettait à ses frères de montrer s'ils regrettaient vraiment ou pas ce qu'ils lui avaient fait tant d'années auparavant. Montreraient-ils maintenant le même manque de souci pour Benjamin ? Il est significatif que Juda, qui fut celui qui conseilla de vendre Joseph (voir Genèse 37:26-27), devint celui qui était disposé à se porter caution pour Benjamin. Il semble que les frères aient manifesté un repentir sincère, et le stratagème de Joseph leur permit de montrer leur repentir. Acculé, Juda manifesta un changement d'attitude complet (voir Genèse 44:33).


Genèse 43:28. « Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent »


Les termes de ce verset sont presque les mêmes que ceux de Genèse 37:7, 9. Il avait fallu plus de deux décennies, mais les révélations du Seigneur étaient maintenant accomplies.


Genèse 43:32. Pourquoi était-ce une abomination pour les Égyptiens de manger avec les Hébreux ?


Plusieurs divinités égyptiennes étaient représentées par du bétail et particulièrement des femelles. Étant donné que les Hébreux étaient des éleveurs qui abattaient et mangeaient le bétail, quel que soit son sexe, cette pratique devait être considérée par les Égyptiens comme une terrible abomination. Quelle qu'en ait été la raison, il semble que Joseph ait respecté la coutume qui voulait que les Égyptiens et les Hébreux mangent séparément (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:362 ; Clarke, Bible Commentary, 1:245).


GENÈSE 44

Joseph met ses frères à l’épreuve.


« Joseph avait été préordonné pour être le sauveur temporel de la maison de son père, et la postérité de Joseph est ordonnée pour être le sauveur spirituel et temporel de toute la maison d’Israël dans les derniers jours. » (Brigham Young, Journal of Discourses, 7:290)


GENÈSE 45

Genèse 45:4-8. Joseph, figure du Christ


Cette scène touchante dans laquelle Joseph se révèle finalement à ses frères montre le caractère chrétien de sa personnalité. Il pardonne sans rancune, donne son amour même quand ce n'est pas mérité et voit la main de Dieu dans tout ce qui arrive. Mais ses ressemblances avec le Christ vont plus profondément que cela. Comme le dit Néphi, tout, depuis le commencement du monde, a été donné pour représenter ou symboliser le Christ (voir 2 Néphi 11:4 ; Moïse 6:63). Nous avons déjà montré qu'Abraham était une figure du Père et Isaac une figure de Jésus lorsqu'Abraham reçut le commandement d'offrir Isaac en sacrifice. Cet acte était « une image de Dieu et de son Fils unique » (Jacob 4:5).


« Un prophète est quelqu'un qui a le témoignage de Jésus, qui sait par les révélations du Saint-Esprit dans son âme que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Outre cette connaissance divine, beaucoup d'entre eux ont vécu des situations particulières ou ont fait des choses particulières qui les ont élus comme figures, modèles et ombres de ce qui allait être dans la vie de celui qui est notre Seigneur.» (Bruce McConkie, The Promised Messiah, p. 448)


De même, la vie et la mission de Joseph sont typiques de la vie et de la mission de Jésus :


1. Joseph était le préféré de son père ; Jésus aussi (voir Genèse 37:3 ; Matthieu 3:17).


2. Joseph fut rejeté par ses frères, les Israélites, comme le fut Jésus (voir Genèse 37:4 ; Jean 1:11 ; Ésaïe 53:3 ; 1 Néphi 19:13-14).


3. Joseph fut vendu par ses frères entre les mains des Gentils, tout comme le fut Jésus (voir Genèse 37:25-27 ; Matthieu 20:19).


4. Juda, chef de la tribu de Juda, proposa de vendre Joseph. Certains chefs des juifs du temps de Jésus livrèrent Jésus aux Romains. Judas (orthographe grecque de Juda) fut celui qui vendit Jésus (voir Genèse 37:26 ; Matthieu 27:3).


5. Joseph fut vendu pour vingt pièces d'argent, prix d'un esclave de son âge. Le Christ fut vendu pour trente pièces d'argent, prix d'un esclave de son âge (voir Genèse 37:28 ; Matthieu 27:3 ; Exode 21:32 ; Lévitique 27:5).


6. Dans leur tentative même de faire périr Joseph, ses frères créaient en réalité les conditions qui réaliseraient leur salut temporel final : c'est à dire que Joseph, parce qu'il avait été vendu, deviendrait leur libérateur. Jésus, en étant livré entre les mains des Gentils, fut crucifié et accomplit le sacrifice expiatoire, devenant le libérateur de toute l'humanité.


7. Joseph commença sa mission, qui était de préparer le salut d'Israël, à l'âge de trente ans, tout comme Jésus commença à l'âge de trente ans son ministère qui était de préparer le salut du monde (voir Genèse 41:46 ; Luc 3:23).


8. Quand Joseph fut finalement élevé à son poste sublime en Égypte, tous fléchirent le genou devant lui. Tous fléchiront un jour le genou devant Jésus (voir Genèse 41:43 ; D&A 88:104).


9. Joseph donna du pain à Israël et le sauva de la mort, le tout gratuitement. Jésus, pain de vie, a fait la même chose pour tous les hommes (voir Genèse 42:35 ; Jean 6:48-57 ; 2 Néphi 9:50).

GENÈSE 46

Jacob croyait que son fils était mort. Vingt ans après, il apprend que Joseph est vivant et qu’il va pouvoir revoir son fils bien-aimé. Ce chapitre raconte leurs retrouvailles (voir v. 28-30) et comprend également le nom de tous les descendants de Jacob (Israël) qui sont allés vivre en Égypte (voir v. 8 à 27).

GENÈSE 47

Genèse 47:9. Les jours de Jacob ont-ils été « peu nombreux et mauvais » ?


Par comparaison avec Abraham qui vécut 175 ans et Isaac qui vécut jusqu'à 180 ans, les 130 ans de Jacob à ce stade peuvent être décrits comme moindres ou « peu nombreux ». Le mot qui est traduit par « mauvais » signifie en réalité « triste » ou « plein de labeur et d'ennuis ». Quand on se souvient de la fuite de Jacob à Harân pour échapper à la colère d'Ésaü, ses années de travail pour Laban, ses épouses et leurs querelles, son pèlerinage au pays de Canaan, la mort de Rachel et ses années d'affliction pour la perte de Joseph, cela permet de mieux comprendre pourquoi il a pu dire que ses jours furent pleins de labeur et d'ennuis.

GENÈSE 48

Genèse 48:5-11. Quel autre renseignement sur la postérité de Joseph retirons-nous de la Traduction de Joseph Smith ?


Traduction de Joseph Smith :


« Maintenant, les deux fils qui te sont nés au pays d'Égypte, avant mon arrivée vers toi en Égypte ; voici, ils sont à toi, et le Dieu de mes pères les bénira ; ils seront bénis comme Ruben et Siméon, car ils sont à moi ; c'est pourquoi ils porteront mon nom [c'est pour cela qu'ils furent appelés Israël].


« Et les enfants que tu as engendrés après eux seront à toi ; ils seront appelés du nom de leurs frères dans leur héritage, dans les tribus ; c'est pourquoi ils furent appelés les tribus de Manassé et d'Éphraïm.


« Et Jacob dit à Joseph : Quand le Dieu de mes pères m'apparut à Luz, au pays de Canaan, il me jura qu'il me donnerait, à moi et à ma postérité, le pays en possession perpétuelle.


« C'est pourquoi, ô mon fils, il m'a béni en te suscitant pour être un serviteur pour moi pour sauver ma maison de la mort ;


« Pour délivrer mon peuple, tes frères, de la famine qui était cruelle dans le pays ; c'est pourquoi le Dieu de tes pères te bénira et le fruit de tes entrailles, afin qu'ils soient bénis par-dessus tes frères et par-dessus la maison de ton père.


« Car tu l'as emporté et la maison de ton père s'est prosternée devant toi, comme cela t'a été montré avant que tu sois envoyé en Égypte par la main de tes frères ; c'est pourquoi tes frères se prosterneront devant toi de génération en génération, et à jamais devant le fruit de tes reins ;


« Car tu seras une lumière pour mon peuple, pour le libérer aux jours de sa captivité, de l'esclavage et lui apporter le salut lorsqu'il sera tout à fait écrasé sous le péché. »


Genèse 48:22. Comment Jacob donna-t-il à Joseph « une part » de plus qu'à ses frères ?


« À cause de la fidélité et de son intégrité vis-à-vis des desseins du Seigneur, Joseph, fils de Jacob, eut en récompense le droit d'aînesse en Israël. Il était de coutume dans les temps anciens de conférer au fils premier-né des prérogatives et des avantages particuliers, et en considérant que ceux-ci lui appartenaient par droit de naissance. Ruben, premier fils de Jacob, perdit le droit d'aînesse par transgression, et il fut conféré à Joseph, qui était le plus digne de tous les fils de Jacob (voir 1 Ch. 5:1-2).


« Quand Jacob bénit Joseph, il lui donna une double part, ou un héritage parmi ses frères de Palestine et aussi la bénédiction du pays de Sion, 'la cime des collines éternelles'. Il lui donna aussi en bénédiction les bénédictions des cieux en haut, des eaux en bas et de la postérité (voir Genèse 49:22-26). Jacob bénit aussi les deux fils de Joseph en leur donnant les bénédictions de leur père dont ils héritaient et mit Éphraïm, le cadet, avant Manassé, l'aîné, et par inspiration du Seigneur conféra à Éphraïm le droit d'aînesse en Israël. » (Smith, Doctrines of Salvation, 3:250-251)


GENÈSE 49

Genèse 49:1-20. Quel critère fut utilisé pour déterminer quelles tribus auraient la préséance ?


« En étudiant soigneusement les bénédictions que le Seigneur a prononcées par Jacob sur ses douze fils, il apparaît qu'ils n'allaient pas avoir une part égale dans les promesses du Seigneur. Il est évident que les bénédictions données à Juda et à Joseph étaient préférables aux bénédictions prononcées sur leur frères. » (Richards, Israël! Do you know?, p. 9-10).


« Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations, quand il sépara les enfants des hommes, il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël (Dt. 32:8). Remarquez que cela fut dit aux enfants d'Israël avant qu'ils n'arrivent à la 'terre promise' qui allait être le pays de leur héritage. Notez ensuite le verset suivant : 'Car la portion de l'Éternel, c'est son peuple, Jacob est la part de son héritage' (Dt. 32:9).


« Il semble donc bien que ceux qui sont nés du lignage de Jacob, qui allait être appelé plus tard Israël, et sa postérité, qui reçut pour nom les enfants d'Israël, sont nés dans le lignage le plus illustre de tous ceux qui sont venus passer leur vie mortelle sur la terre. Toutes ces réponses furent, semble-t-il, promises ou préordonnées avant que le monde soit.» (Harold B. Lee, Understanding Who We Are Brings Self-Respect, Ensign, janvier 1974, p. 5)


Dans Deutéronome 33:6-29, Moïse rappelle les bénédictions données à chaque tribu. Ce passage doit être étudié et comparé aux bénédictions originelles de Jacob rapportées dans Genèse 49.


Genèse 49:8-12. Quelle partie importante de la bénédiction du droit d'aînesse fut donnée à Juda ?


La bénédiction donnée à Juda montre que des rois sortiraient de son lignage (voir 1 Chroniques 5:1-2). L'histoire de l'Ancien Testament enseigne que cette promesse s'est assurément accomplie. Le roi David, le roi Salomon et le roi Roboam ne sont que trois des rois qui sont sortis du lignage de Juda. Le roi des rois, Jésus-Christ, appelé ici le Chilo, est aussi venu par ce lignage. 


« La grande bénédiction donnée à Juda est qu'il envisageait la venue du Chilo qui rassemblerait son peuple à lui. Cette prophétie concernant le Chilo a été soumise à plusieurs interprétations rabbiniques et chrétiennes et a été l'objet d'une grande controverse. L'interprétation que l'Église donne à ce passage repose sur la révélation donnée aux prophètes modernes, non sur des commentaires savants. Il fut révélé à Joseph Smith que le Chilo était le Messie. » (Ezra Taft Benson, A Message to
Judah from Joseph, Ensign, décembre 1976, p. 71)


Genèse 49:22-26. Quelle est l'importance de la bénédiction de Joseph ?


« Il y a plusieurs choses à comprendre dans la prophétie. Tout d'abord il devait devenir une multitude de nations. Nous comprenons ce que cela signifie. En deuxième lieu, ses branches s'élèveraient au-dessus de la muraille. Or qu'est-ce que cela veut dire ? Dans les temps anciens, le Seigneur avait une signification pour tout. Cela signifie que sa tribu deviendrait si nombreuse qu'elle prendrait plus de place qu'un petit héritage de Canaan, qu'elle se répandrait et irait dans un pays à une grande distance de là… La bénédiction particulière de Joseph, que je viens de vous lire, était qu'il recevrait de bien plus grandes possessions que les pères de Jacob et jusqu'à la cime des collines éternelles. Cela semble indiquer un pays très éloigné de la Palestine. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 14:9)


La postérité de Joseph se rendit en Amérique lorsque Léhi et sa famille quittèrent le monde méditerranéen. Le Seigneur désigne officiellement l'Amérique comme étant le pays réservé à « un reste de la maison de Joseph » (3 Néphi 15:12).


Genèse 49:26. L'Amérique est le pays des « collines éternelles »


« Je suppose que Jacob vit ce pays aussi bien que Moïse, et il le désigne comme étant un pays éloigné… Il dit que ce pays était au-dessus de ce que ses ancêtres lui avaient donné et il le donnerait à Joseph… Les choses précieuses du ciel seraient données à Joseph dans ce pays. Que son pays soit béni par le Seigneur pour les choses précieuses du ciel, plus précieuses que l'abondance de la terre, plus précieuses que les produits des divers climats de la terre, plus précieuses que le grain, l'or et l'argent de la terre. Les choses précieuses du ciel révélées au peuple de Joseph dans le grand pays qui lui fut donné jusqu'à la cime des collines éternelles. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses,18:167-168)


GENÈSE 50

Genèse 50:24. Les prophéties de Joseph


Dans 2 Néphi, chapitre 3, le prophète Léhi parla à son fils Joseph des grandes prophéties de leur ancêtre Joseph qui fut vendu en Égypte. Ces prophéties se trouvaient manifestement sur les plaques d'airain que Léhi avait mais qui ont été perdues dans notre Bible actuelle. La Traduction de Joseph Smith restitue ces Écritures perdues en ajoutant treize versets entre Genèse 50:24 et 25 de la Bible ordinaire :


« Joseph dit à ses frères : Je vais mourir et je vais à mes pères. Et je descends avec joie dans ma tombe. Le Dieu de mon père Jacob soit avec vous, pour vous délivrer de l'affliction aux jours de votre esclavage ; car le Seigneur m'a visité et j'ai obtenu du Seigneur la promesse que du fruit de mes reins le Seigneur Dieu suscitera une branche juste de mes reins ; et à toi, que mon fils Jacob a appelé Israël, un prophète (pas le Messie qui est appelé Chilo) ; et ce prophète délivrera mon peuple d'Égypte aux jours de ta servitude.


« Et il arrivera qu'il sera de nouveau dispersé ; et une branche en sera détachée et sera portée dans un pays lointain ; néanmoins le Seigneur s'en souviendra dans ses alliances quand le Messie viendra ; car il leur sera manifesté dans les derniers jours, dans l'esprit de puissance et les fera sortir des ténèbres pour les amener à la lumière,  hors des ténèbres cachées et de la captivité vers la liberté.


« Le Seigneur notre Dieu suscitera un voyant qui sera un voyant de choix pour le fruit de mes reins.


« Ainsi me dit le Seigneur Dieu de mes pères : je susciterai un voyant de choix du fruit de tes reins et il sera grandement estimé parmi les fruits de tes reins ; et je lui donnerai le commandement d'accomplir une oeuvre pour le fruit de tes reins, ses frères.


« Et il leur fera connaître les alliances que j'ai faites avec tes pères ; et il fera tout le travail que je lui commanderai.


« Et je le rendrai grand à mes yeux, car il accomplira mon oeuvre ; et il sera grand comme celui que j'ai dit que je vous susciterai pour délivrer mon peuple, ô maison d'Israël hors du pays d'Égypte ; car je susciterai un voyant pour délivrer mon peuple du pays d'Égypte et on l'appellera Moïse. Et par ce nom il saura qu'il est de ta maison, car il sera nourri par la fille du roi et sera appelé son fils.


« Et de plus, je susciterai un voyant du fruit de tes reins et je lui donnerai le pouvoir d'apporter ma parole à la postérité de tes reins ; et pas seulement d'apporter ma parole, dit le Seigneur, mais de les convaincre de ma parole qui sera déjà allée parmi eux dans les derniers jours.


« C'est pourquoi le fruit de tes reins écrira, et le fruit des reins de Juda écrira ; et ce qui sera écrit par le fruit de tes reins et aussi ce qui sera écrit par le fruit des reins de Juda s'unira pour confondre les fausses doctrines, abattre les querelles et établir la paix parmi le fruit de tes reins et l'amener à connaître ses pères dans les derniers jours et aussi à connaître mes alliances, dit le Seigneur.


« Et de faible qu'il était il sera rendu fort en ce jour où mon oeuvre ira parmi tout mon peuple, ce qui rétablira ceux qui sont de la maison d'Israël dans les derniers jours.


« Et ce voyant je le bénirai, et ceux qui cherchent à le détruire seront confondus, car je vous fais cette promesse, car je me souviendrai de vous de génération en génération ; et son nom sera Joseph, et il sera appelé comme son père ; et il sera semblable à toi, car ce que le Seigneur produira par ta main amènera mon peuple au salut.


« Et le Seigneur jura à Joseph qu'il préserverait sa postérité à jamais, disant : je susciterai Moïse, et il aura une verge dans la main, et il rassemblera mon peuple et il le conduira comme un troupeau, et il frappa les eaux de la mer Rouge avec sa verge.


« Et il aura le jugement et écrira la parole du Seigneur. Et il ne dira pas beaucoup de paroles, car j'écrirai ma loi avec lui avec le doigt de ma propre main. Et je lui ferai un porte-parole et il s'appellera Aaron.


« Et il te sera fait dans les derniers jours comme je l'ai juré. »

 

EXODE

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I 37 I 38 I 39 I 40 I

EXODE 1


Exode 1 à 12. Une fois Jacob et sa famille installés en Égypte, les Israélites y vivent pendant 430 ans. Alors apparaît un Pharaon qui les réduit en servitude et leur impose de lourds fardeaux. Voici des générations qu’on leur enseigne qu’ils sont le peuple de l’alliance de Dieu et qu’il tiendra les promesses qu’il a faites à Abraham. Comme Joseph l’a prophétisé, le Seigneur suscite Moïse pour délivrer les enfants d’Israël (voir 2 Néphi 3:10).


Exode 1. Les enfants d’Israël sont réduits en esclavage par les Égyptiens (v. 1-14). Pharaon commande que tous les fils nés d’Israélites soient mis à mort (v. 15-22).


Exode 1:7. « Les enfants d'Israël furent féconds et se multiplièrent, ils s'accrurent »


« Pour que les promesses que Dieu avait faites à Abraham puissent s'accomplir, il fallait qu'Israël devînt nombreux. Pour y parvenir, la petite famille qui ne comptait que soixante-dix personnes (voir Genèse 46:26-27), avait besoin de suffisamment de temps et d'un endroit paisible pour se multiplier. Cet endroit, ce fut l'Égypte…


« La Palestine était un champs de bataille pour les nations guerrières qui affluaient et refluaient dans leurs conquêtes entre le Nil et l'Euphrate. Israël n'y aurait pas trouvé de paix. Il avait besoin de stabilité pour finalement grandir et se développer…


« Il est certain que sa servitude ne fut pas une chose entièrement négative. Elle aussi eut son bon côté. La cruauté des chefs de corvée, la haine qui existait entre les Hébreux et les Égyptiens et la durée de leur servitude éprouvante firent des enfants de Jacob un peuple uni…


« La haine qu'ils éprouvaient à l'égard des Égyptiens empêcha les Hébreux de se marier avec leurs voisins. Pour récolter les avantages des promesses abrahamiques, il fallait qu'Israël reste un peuple à part, et le Seigneur utilisa ce moyen pour y parvenir…


«Oui, l'Égypte avait son rôle dans le grand drame du Seigneur, et elle le joua bien.


« Au bout de 430 ans, le Seigneur décréta que le moment était arrivé où Israël devait occuper son propre pays et y devenir le peuple élu qui attendrait la venue de son Messie. » (Mark E. Petersen, Moses, p. 27-30)


Exode 1:8. Un pharaon qui ne connaissait pas Joseph


Beaucoup de savants supposent que Joseph parvint au pouvoir en Égypte pendant que le pays était sous la domination des Hyksos. L'historien antique Manéthon appelait les Hyksos les rois-bergers et raconte combien les Égyptiens les haïssaient pour les avoir conquis et parce qu'ils les dominaient. Les Hyksos étaient des peuples sémitiques venus du nord et de l'est de l'Égypte. Comme Jacob et sa famille étaient également sémites, il est facile de comprendre que Joseph ait pu être considéré avec faveur par les Hyksos et aussi que quand les Hyksos furent finalement renversés et chassés d'Égypte, les Israélites soient tout à fait tombés en disgrâce auprès des autochtones.


Beaucoup se sont demandé comment Joseph a pu être vice-roi pendant tant d'années sans que son nom se trouve dans aucun des documents ou des monuments d'Égypte. Si la théorie de la domination des Hyksos est correcte, le nom de Joseph dut être expurgé des annales et des monuments en même temps que celui des autres dirigeants Hyksos. Néanmoins un savant prétend avoir trouvé le nom égyptien Yufni, qui serait l'équivalent en égyptien de Yosef (voir Donovan Courville, My Search for Joseph, Signs of the Times, octobre 1977, p. 5-8). Bien que la preuve ne soit pas tout à fait concluante, on peut au moins dire qu'il y a peut-être des preuves extra-bibliques de l'existence de Joseph.


Exode 1:15-22


Les mesures oppressives prises par le pharaon ne purent contrecarrer les desseins de Dieu de créer une grande nation. Grâce à la foi courageuse des sages femmes et à leur refus d'exécuter les ordres du pharaon de mettre à mort les enfants mâles, Israël continua à prospérer. La vie de Moïse, qui était une similitude du Sauveur (voir Moïse 1:6), fut menacée par le souverain du pays, tout comme la vie du Christ fut menacée par Hérode qui décréta la mort des enfants de Bethléhem.


Josèphe et Jonathan ben Uzziel, un autre auteur de l'antiquité juive, rapportent que le pharaon eut un songe dans lequel il lui fut montré qu'un homme qui allait bientôt naître délivrerait Israël de l'esclavage, et ce songe fut à l'origine du décret royal de noyer les enfants mâles (voir Flavius Josèphe, Antiquités judaïques,livre second, V, p. 59 ; Clarke, Bible Commentary, 1:294).


EXODE 2

Moïse naît et est élevé par la fille de Pharaon (v. 1-10). Il tue un Égyptien et s’enfuit en Madian où il épouse Séphora (v. 11-22)


Exode 2:1-2. Quelle est la généalogie de Moïse ?


Moïse était un pur descendant de Lévi tant par son père Amran (voir Exode 6:16-20) que par sa mère Jokébed (voir Exode 2:1 ; 6:20).


Exode 2:1-10.

La Traduction de Joseph Smith et le Livre de Mormon (voir 2 Néphi 3) montrent que dès le temps de Joseph, fils de Jacob, la mission future de ce libérateur avait été prophétisée. La prophétie de Joseph avait été si détaillée que même le nom de Moïse était connu, aussi bien que certains éléments de son ministère.


Exode 2:10. Quelle formation Moïse reçut-il dans sa jeunesse en Égypte ?


Dans le Nouveau Testament, Étienne fait un long discours concernant les relations du Seigneur avec la maison d'Israël. À propos de la jeunesse de Moïse, Étienne dit : « Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en oeuvres » (Actes 7:22).


L'historien juif Josèphe dit que Moïse était un très beau prince, instruit, et un grand guerrier dans la cause des Égyptiens (voir Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre second, V, p. 62-63).


Étant prince, Moïse a pu avoir accès aux bibliothèques royales des Égyptiens aussi bien qu'aux annales scripturaires des Israélites qui lui étaient enseignées par sa mère. Il est très possible qu'il ait lu les prophéties de Joseph et ait été amené par l'Esprit à comprendre son appel divin à délivrer ses frères les Israélites. Le discours d'Étienne implique que Moïse comprenait sa responsabilité : « Lorsqu'il eut quarante ans révolus, la pensée lui vint au coeur de visiter ses frères, les fils d'Israël… Il pensait que ses frères comprendraient que Dieu leur accordait le salut par sa main ; mais eux ne comprirent pas. » (Actes 7:23, 25).


Paul, dans l'épitre aux Hébreux, ajoute encore ce détail : « C'est pas la foi que Moïse, devenu grand, refusa d'être appelé fils de la fille de Pharaon… regardant l'opprobre du Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte » (Hébreux 11:24, 26).


Jokébed, la mère de Moïse, lui enseigna vraisemblablement les principes et les justes traditions des Hébreux tandis qu'elle le nourrissait et prenait soin de lui (voir Exode 2:7-9).


Exode 2:11-15. Pourquoi Moïse tua-t-il un Égyptien ?


« 'Tua' et 'tuer' sont une traduction de l'hébreu nakhah, ce qui signifie 'abattre' ; c'est le mot utilisé pour décrire le geste accompli par des soldats au combat. Il serait correct de dire que Moïse tua un homme qui en tuait un autre, ou ôtait une vie en sauvant une vie. Le fait que Moïse 'regarda de côté et d'autre' indique simplement qu'il savait que les Égyptiens ne toléreraient pas qu'il défende un esclave. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:74)


« L'historien Eusèbe dit que ce meurtre fut le résultat d'une intrigue de cour dans laquelle certains hommes complotèrent pour assassiner Moïse. Il est dit que dans l'affrontement Moïse réussit à éviter l'attaquant et le tua (voir Eusèbe IX, 27).


« Dans le Midrasch Rabba, le commentaire traditionnel juif de l'Ancien Testament, il est dit que Moïse tua de ses poings nus un chef de corvée égyptien qui était occupé à séduire une femme du peuple hébreu. Cela est confirmé dans le Coran.


« Le geste de Moïse a certainement dû avoir une bonne raison, et il est certain que le Seigneur n'aurait pas appelé un meurtrier au poste élevé de prophète et libérateur de son peuple Israël. » (Petersen, Moses,p. 42)


Exode 2:18. Qui était Réouel ?


Un autre nom mieux connu de Réouel est Jéthro (voir Exode 3:1 ; Nombres 10:29). Jéthro était descendant de Madian, qui était fils d'Abraham et de Qétoura (voir Gn. 25:1-6). C'est par cette lignée que Moïse reçut la prêtrise (voir D&A 84:6-13).


Exode 2:23


Actes 7:30 montre que le « très longtemps après » dont il est question ici est encore de quarante ans.


EXODE 3

Le Seigneur apparaît à Moïse dans le buisson ardent et l’appelle à délivrer Israël de la servitude (v. 1-22). Dans la Traduction de Joseph Smith, l’expression « l’ange de l’Éternel » dans Exode 3:2 est changé en « la présence du Seigneur ».

Exode 3:1. Horeb est le mont Sinaï, ou Moïse reçut la loi du Seigneur. Plus tard, Élie aussi chercha refuge à Horeb (voir 1 Rois 19:8).


Exode 3:1-10


« Moïse reçut d'un messager de lumière une manifestation par laquelle il lui sembla que le buisson brûlait ; en fait il n'était pas en feu et ne fut pas consumé. Le mot 'ange' signifie 'messager', ce qui est la signification fondamentale du mot hébreu malak. Une flamme dans un buisson, un vent, une petite voix, un grand tonnerre ou d'autres phénomènes peuvent annoncer un message de Dieu en tant que malak de Dieu. Lorsque l'attention de Moïse eut été attirée vers le buisson, la voix de l'Éternel lui même parla à Moïse ; Moïse répondit avec crainte et respect. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:74).


La Traduction de Joseph Smith pour Exode 3:2 dit : « Et de nouveau la présence du Seigneur lui apparut ».


Exode 3:11-18. Que signifie le titre JE SUIS ?


Lorsque le Seigneur apparut à Moïse dans le buisson ardent, il utilisa le nom JE SUIS pour s'identifier comme étant le Dieu d'Israël, le même Dieu qui était apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob. Bien que ce soit la première fois que ce nom apparaît dans la Bible, il est évident que si le nom n'avait pas été connu des Israélites, il n'aurait eu aucune valeur pour identifier le Seigneur. Il était d'importance cruciale pour Moïse d'identifier correctement l'Éternel pour rendre son appel authentique aux yeux des Israélites. Ce nom n'apparaît pas fréquemment dans la Bible ; toutefois Jésus (l'Éternel de l'Ancien Testament) l'utilisa en d'autres occasions pour donner son identité à Abraham (voir Abraham 1:16), aux juifs (voir Jean 8:58) et à l'Israël moderne (voir D&A 21:1).


Étymologiquement, le titre JE SUIS est directement apparenté au nom le plus fréquemment utilisé de la divinité de l'Ancien Testament : YHWH. Dans certaines traductions, la fréquence avec laquelle le nom YHWH apparaît dans la Bible n'est peut-être pas toujours claire, étant donné que les traducteurs y substituaient souvent le titre Seigneur ou Dieu ou Éternel. Cette pratique est une manifestation de respect pour les sentiments de déférence des Juifs qui ne prononçaient jamais le nom qu'ils remplaçaient par le mot Adonaï (Seigneur).


JE SUIS est la première personne du singulier du verbe ÊTRE. C'est pourquoi YHWH (qui peut aussi être la troisième personne du singulier) signifierait « IL EST » ou « IL EXISTE ». L'Éternel utilisait la première ou la troisième personne du même verbe dans le texte hébreu de l'Ancien Testament, selon qu'il voulait voir les choses selon sa perspective ou selon la nôtre.


EXODE 4

Exode 4:10-17. Pourquoi Moïse répugnait-il tant à être le porte-parole de Dieu ?


Il y a certaines indications que Moïse a peut-être eu une légère difficulté d'élocution, quoique certains savants pensent que Moïse a simplement voulu dire que son adresse à utiliser l'hébreu et l'égyptien était faible après avoir vécu quarante ans avec les Madianites. Quelle qu'en soit la cause extérieure, le Seigneur répondit à Moïse avec un raisonnement si simple et cependant si profond qu'il était difficile à réfuter. Les sentiments d'incompétence de Moïse étaient cependant si forts qu'il insista quand même pour avoir de l'aide. Le Seigneur s'irrita devant ce manque constant de confiance et donna Aaron à Moïse comme porte-parole. Quiconque éprouve les sentiments normaux de sa propre indignité peut comprendre Moïse, mais tous doivent apprendre à avoir confiance en la puissance du Seigneur.


Moroni enseigna que le Seigneur donne expressément des faiblesses aux hommes pour qu'ils soient humbles. Mais s'ils ont suffisamment de foi en Dieu, sa grâce suffit à « rendre fortes pour eux les choses qui sont faibles » (Éther 12:27). Énoch a une réponse semblable envers ses sentiments d'incapacité, et des choses plus grandes encore finirent par sortir de cette faiblesse quand il se tourna vers Dieu (voir Moïse 6:31-32, 47 ; 7:13).


Exode 4:18


La grande vision que Moïse reçut, qui est rapportée dans le livre de Moïse, eut lieu après que Moïse ait été appelé sur le mont Horeb, avant qu 'il n'arrive en Égypte. Moïse 1:17 parle en rétrospective de son expérience du buisson ardent. Moïse 1:24-25 présente la libération d'Israël comme un événement futur.


Exode 4:19-21. Le Seigneur suscita-t-il le pharaon et endurcit-il le coeur du pharaon ?


La Traduction de Joseph Smith d'Exode 4:21 dit : « Je te ferai prospérer ; mais pharaon s'endurcira le coeur, et il ne laissa point aller le peuple. » Il faut s'en souvenir dans tous les passages futurs mentionnant l'endurcissement du coeur du pharaon.


Exode 4:18-28. Pourquoi le Seigneur fut-il irrité contre Moïse tandis que celui-ci se rendait en Égypte ?


La Bible omet les détails dans ce récit. La Traduction de Joseph Smith montre que le Seigneur fut irrité parce que Moïse n'avait pas circoncis son fils. Il semble que Séphora n'avait pas voulu que Guershom soit circoncis mais céda lorsque le Seigneur exprima sa colère à Moïse.


Traduction de Joseph Smith :


« Et il arriva que le Seigneur lui apparut tandis qu'il était en chemin, près de l'auberge. Le Seigneur fut irrité contre Moïse et sa main était sur le point de tomber sur lui pour le tuer ; car il n'avait pas circoncis son fils.


« Alors Séphora prit une pierre aigüe et circoncit son fils, et jeta la pierre à ses pieds, et dit : Assurément tu es pour moi un époux de sang.


« Et le Seigneur épargna Moïse et le laissa aller, parce que Séphora sa femme, avait circoncis l'enfant. Et elle dit : Tu es un époux de sang. Et Moïse eut honte, et cacha sa face devant le Seigneur, et dit : J'ai péché devant le Seigneur.


« Et le Seigneur dit à Aaron : Va dans le désert au devant de Moïse, et il alla et le rencontra, sur la montagne de Dieu ; sur la montagne où Dieu lui était apparu ; et Aaron le baisa. »


Exode 4:29-31


Que peut-on dire du peuple qui devait être converti par des signes (voir Matthieu 12:38-39 ; D&A 63:7-12) ? Si sa première réaction lorsqu'il vit se manifester les signes fut très positive, dès qu'apparut la première contestation, la première adversité, son engagement commença à vaciller (voir Exode 5:20-23).


EXODE 5

Exode 5:1-23 ; 6:1


Moïse et Aaron demandent à Pharaon de libérer Israël, mais Pharaon refuse et impose de plus lourds fardeaux au peuple (v. 1-23). Dieu donna à pharaon une chance de laisser librement partir Israël pour adorer Dieu. En refusant, le pharaon ne pouvait imputer les conséquences à personne d'autre qu'à lui-même.

EXODE 6

Exode 6:1. Voir 5:1-23


Exode 6:1-8


Le Seigneur promet d’accomplir l’alliance qu’il a contractée avec Abraham. L'alliance éternelle de l'Évangile que le Seigneur Dieu établit avec Adam et tous les patriarches, y compris Noé, Abraham, Isaac et Jacob, fut, du temps de Moïse, établie avec toute la maison d'Israël. 


Exode 6:3. Le nom de Jéhovah [dans la Bible du roi Jacques] était-il connu avant Moïse ?


Exode 6:3 laisse entendre que le nom Jéhovah, qui est mentionné dans la Bible anglaise du roi Jacques, était inconnu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Mais il ne peut en être ainsi puisque ce nom apparaît dès le début de la Genèse. En outre le Seigneur Jéhovah apparut plusieurs fois à Abraham, Isaac et Jacob et d'autres. Manifestement il y a quelque chose d'erroné dans la traduction d'Exode 6:3. Le problème peut être résolu si on sait que le verset peut être lu comme une question dans le texte hébreu : il suffit qu'on élève la voix à la fin de la phrase (quand on traduit un texte qui n'est pas prononcé à haute voix, on risque de ne pas saisir l'inflexion et par conséquent ne pas saisir l'intention originelle de l'écrivain).


La Traduction de Joseph Smith rend ce passage comme suit : « Et je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob. Je suis le Seigneur Dieu tout-puissant ; le Seigneur JEHOVAH. Mon nom n'était-il pas connu d'eux ? »


Exode 6:12, 30


La Bible dit que Moïse n'avait « pas la parole facile » (Exode 6:30). La Traduction de Joseph Smith rend le texte plus clair en disant que Moïse avait des « lèvres bégayantes » et était « lent de parole ». Cette caractéristique peut expliquer pourquoi Moïse hésita au départ à être le porte-parole de Dieu (voir Exode 4:10).


EXODE 7

Exode 7 à 10. Moïse va trouver encore plusieurs fois Pharaon pour lui demander de libérer Israël. En dépit des nombreux signes, prodiges et fléaux, Pharaon refuse. La Traduction de Joseph Smith de ces chapitres explique que c’est Pharaon qui s’endurcit le cœur.


Exode 7:1. La Traduction de Joseph Smith fait dire que Moïse serait un prophète pour le pharaon au lieu d'un Dieu.


Exode 7:3, 13 : Voir commentaire de Exode 4:19-21.


Exode 7:11-12. Les magiciens de la cour du pharaon exerçaient-ils l'autorité du Seigneur ?


« Certains hommes, à travers les âges et dans presque tous les pays, ont disposé de grands pouvoirs occultes et mystérieux, allant jusqu'à la guérison des malades et l'accomplissement de miracles. Des devins, des magiciens et des astrologues se trouvaient à la cour des rois. Ils disposaient de certains pouvoirs leur permettant de deviner et de résoudre les problèmes du monarque, ses rêves, etc. L'un des exemples les plus frappants de ce genre est relaté dans l'Exode, où le pharaon appelle 'les sages et les sorciers' qui imitent certains des miracles que le Seigneur avait commandé à Moïse et à Aaron d'accomplir. Quand Aaron lance sa verge, elle devient un serpent. Les magiciens égyptiens jetèrent leurs verges, et elles devinrent aussi des serpents…


« Le Seigneur a déclaré que Satan avait le pouvoir de lier le corps des hommes et des femmes et de les affliger cruellement (voir Matthieu 7:22-23 ; Luc 13:16). Si Satan a le pouvoir de lier les corps, il doit sûrement avoir celui de les délier. Il faudrait se souvenir que Satan a une grande connaissance et peut par là exercer une certaine autorité sur les éléments, si un pouvoir supérieur n'intervient pas. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 1:176, 178)


EXODE 8

Exode 8 à 11. Les plaies d'Égypte


Il y a eu, au cours des siècles, de nombreuses tentatives pour expliquer les fléaux décrits dans ces chapitres de l'Exode. Certains ont essayé de montrer que les divers fléaux étaient le résultat d'un phénomène naturel comme des météorites ou l'explosion d'une île volcanique dans la Méditerranée. S'il y a une certaine progression logique dans les fléaux (la pollution du fleuve a pu envoyer les grenouilles mourir hors des marais, et cette situation a pu produire des poux, des mouches et des maladies), il n'est pas possible actuellement d'expliquer comment le Seigneur a produit ces événements miraculeux. Le fait que les fléaux ait été sélectifs (c'est-à-dire envoyés aux Égyptiens mais pas aux Israélites) rend leur nature encore plus miraculeuse. Dieu travaille souvent par des moyens naturels pour réaliser ses desseins, mais cela ne diminue pas la nature miraculeuse de l'oeuvre de Dieu en faveur de ses enfants. La façon dont il intervint est beaucoup moins importante que le fait qu'il intervint effectivement.

EXODE 9

Verset 12 : Voir commentaire de
Exode 4:19-21.

EXODE 10

Versets 1, 20, 27 :
Voir commentaire de Exode 4:19-21.

EXODE 11

Le Seigneur promet d’envoyer encore un fléau sur l’Égypte qui consistera en la mort des premiers-nés de toutes les familles (v. 1–10).


Exode 11:10 : Voir commentaire de Exode 4:19-21.


Exode 11 et 12. Quel est le sens de la dernière plaie d'Égypte ?


« Au moment prévu pour les délivrer de l'esclavage en Égypte, le Seigneur commanda à chaque famille d'Israël de sacrifier un agneau, d'en asperger le sang sur les poteaux de sa maison et ensuite de manger du pain sans levain pendant sept jours encore, tout cela pour symboliser le fait que l'ange destructeur passerait à côté des Israélites tandis qu'il s'en allait mettre à mort les premiers-nés des familles de tous les Égyptiens ; et aussi pour montrer qu'Israël sortirait en hâte de l'esclavage vers la liberté. Modèles de toutes les instructions mosaïques futures, les détails des actions à accomplir ici étaient arrangés de manière à témoigner à la fois de la délivrance d'Israël et de son libérateur.


« Entre autres stipulations le Seigneur commanda dans Exode 12 :


« 1. Vous utiliserez 'un agneau sans défaut, mâle, âgé d'un an', signifiant que l'Agneau de Dieu, pur et parfait, sans tache ni défaut, serait, comme l'agneau pascal, mis à mort pour les péchés du monde dans sa jeunesse.


« 2. Ils devaient prendre du sang de l'agneau et l'asperger sur les poteaux de leurs maisons de quoi résulterait cette promesse : 'Le sang vous servira de signe sur les maisons où vous serez ; je verrai le sang, et je passerai au-dessus vous, et il n'y aura point de plaie qui vous détruise', signifiant que le sang du Christ, qui tomberait sous forme de gouttes à Gethsémané et coulerait à flot de son flanc percé quand il serait sur la croix, purifierait et sauverait les fidèles et que, comme ceux d'Israël furent sauvés temporellement parce que le sang d'un agneau du sacrifice avait été aspergé sur les poteaux de leurs maisons, de même les fidèles de toutes les époques laveraient leurs vêtements dans le sang de l'Agneau éternel et recevraient de lui le salut éternel. Et de même que l'ange de la mort passe à côté des familles d'Israël à cause de la foi de celles-ci, comme Paul le dit de Moïse : 'C'est par la foi qu'il fit la Pâque et l'aspersion du sang, afin que l'exterminateur ne touche pas aux premiers-nés des Israélites', (Hébreux 11:28) de même l'ange de vie donnera la vie éternelle à tous ceux qui se fient au sang de l'Agneau.


« 3. Pour ce qui est du sacrifice de l'Agneau, le décret fut : 'Vous ne briserez aucun os', voulant dire que quand l'Agneau de Dieu serait sacrifié sur la croix, on briserait les jambes aux deux brigands pour provoquer la mort, mais on ne briserait pas les os du Crucifié, afin que l'Écriture s'accomplisse : aucun de ses os ne serait brisé (voir Psaumes 34:20 ; Jean 19:31-36).


« 4. Pour ce qui est de manger la chair de l'Agneau du sacrifice, la parole divine déclara : 'Aucun étranger n'en mangera', ce qui veut dire que les bénédictions de l'Évangile seront réservées à ceux qui entrent dans le troupeau d'Israël, qui deviennent membres de l'Église, qui portent leur part du fardeau dans l'agrandissement du royaume ; ce qui veut dire aussi que ceux qui mangent sa chair et boivent son sang, comme il l'a dit, auront la vie éternelle, et il les ressuscitera au dernier jour (voir Jean 6:54).


« 5. De même que l'Éternel frappa tous les premiers-nés dans le pays d'Égypte parce qu'ils ne croyaient pas en la parole que le Seigneur leur avait proclamée par Moïse et Aaron, de même le Premier-né du Père qui apporte la vie à tous ceux qui croient en son saint nom, détruirait-il les profanes au dernier jour, détruirait-il tous ceux qui sont dans l'Égypte des ténèbres, dont le coeur est endurci comme l'était celui du pharaon et de ces courtisans.


« 6. Il fut commandé aux Israélites d'avoir une sainte convocation le premier et le septième jour de la fête des pains sans levain, au cours desquels on ne pouvait faire d'autre travail que de préparer la nourriture. Ce devaient être des occasions de prêcher, d'expliquer, d'exhorter et de témoigner. Nous allons aux réunions de Sainte-Cène pour être édifiés dans la foi et le témoignage. Israël d'autrefois assistait aux saintes convocations dans le même but. Sachant que toutes choses opèrent par la foi, serait-il mal d'en tirer la conclusion qu'il nous est aussi facile d'attendre du Christ et de son sang versé le salut éternel que pour eux d'attendre du sang d'un agneau sacrifié, aspergé sur les poteaux des maisons qu'il donne le salut temporel pendant que l'ange de la mort balayait le pays d'Égypte ?


« Ce fut bien entendu pendant que Jésus et les Douze célébraient la fête de Pâque que notre Seigneur institua l'ordonnance de la Sainte-Cène, laquelle devait remplir essentiellement les mêmes objectifs que les quatre millénaires précédents. Après cette dernière Pâque où le véritable Agneau pascal fut élevé sur la croix, le jour de célébration de l'antique fête cessa. Après cela, Paul put dire : 'Christ, notre Pâque, a été immolé' et donner l'exhortation qui en découlait tout naturellement : 'Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité' (1 Corinthiens 5:7-8). » (McConkie, The Promised Messiah, p. 429-431)


Dans la typologie de Pâques, les enfants de Dieu (Israël) sont asservis à une puissance mauvaise (l'Égypte). De même, tous les enfants de Dieu entrent dans un monde de péché et peuvent se trouver asservis à Satan et aux puissances du péché (l'idée d'esclavage est suggérée dans les Écritures telles que 2 Néphi 2:29 ; Alma 34:35 ; D&A 84:49-51 ; Moïse 4:4 ; 7:26). Ainsi on pourrait considérer le pharaon comme un type ou un symbole de Satan. À la lumière de cela, il faut remarquer que ce qui libéra finalement les enfants d'Israël de l'esclavage du pharaon fut la mort des premiers-nés d'Égypte. De même, le sacrifice expiatoire du Fils premier-né de Dieu libérait les enfants de Dieu de la mort, état d'esclavage de Satan.

EXODE 12


Voir commentaire de Exode 11 et 12.


Exode 12. Le Seigneur donne à Moïse des instructions sur la préparation de la Pâque, qui protégera Israël de ce fléau (v. 1-20). Les premiers-nés d’Égypte sont tués (v. 29-30). Pharaon dit à Moïse d’emmener son peuple hors d’Égypte, et les Israélites s’en vont (v. 31-42).


Exode 12:2. Le commencement des mois


L'événement qui allait se produire était si important que le Seigneur commanda à Israël d'utiliser ces événements comme début de son calendrier. Ainsi le calendrier sacré des fêtes et des festivals israélites commence par le mois d'Abib (appelé plus tard Nissan), qui correspond à la fin mars et au début d'avril. Ce qu'on appelle le « Nouvel An juif » qui se produit tantôt en septembre, tantôt en octobre, commença pendant que les juifs étaient en captivité à Babylone.


Exode 12:8-10. Instructions pour la cuisson de l'agneau


L'agneau devait être rôti et non cuit dans l'eau. Selon Keil et Delitzsch, l'agneau était ainsi « entier de sorte que ni la tête ni les cuisses n'en étaient découpées et on n'en brisait aucun os [voir Exode 12:46], et les viscères étaient rôties dans le ventre, les entrailles étaient bien entendu tout d'abord nettoyées… Il est tout à fait certain que le commandement de rôtir ne reposait pas sur la hâte qui devait accompagner la procédure, puisque l'animal tout entier pouvait être aussi vite cuit que rôti si pas plus vite encore, et les Israélites devaient avoir les ustensiles de cuisine requis. Il devait être rôti pour pouvoir être mis sur la table sans être divisé et sans être fondamentalement changé. Par l'unité et l'intégrité de l'agneau qui leur était donné à manger, les participants devaient être rapprochés en une unité et une communion sans réserve avec le Seigneur qui leur avait fourni le repas. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:14-15)


Exode 12:14. En quoi la Pâque est-elle une ordonnance perpétuelle ?


« La fête de la Pâque s'accomplit sous cette forme dans la crucifixion de Jésus-Christ. La Pâque était une loi donnée à Israël qui devait continuer jusqu'au Christ et rappeler aux enfants d'Israël la venue du Christ qui deviendrait l'Agneau du sacrifice. Lorsqu'il eut été sacrifié, la loi fut changée par le Sauveur lui-même, et dès lors fut instituée la loi de la Sainte-Cène. Nous respectons maintenant la loi de la Sainte-Cène plutôt que la Pâque parce que la Pâque fut pleinement consommée par la mort de Jésus-Christ. La Pâque était une coutume pratiquée dans l'attente de la venue du Christ et de sa crucifixion, et l'agneau symbolisait la mort…


« Le mot perpétuel utilisé dans l'Ancien Testament ne signifie pas nécessairement jusqu'à la fin des temps mais jusqu'à la fin d'une période. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 5:153-154)


Exode 12:14 ; 13:9-10


De de même que la Pâque était une alliance de protection pour l’Israël d’autrefois, de même la Sainte-Cène est une « nouvelle alliance de sécurité » pour nous (Howard W. Hunter, L’Étoile, décembre 1974, p. 510). Elle nous rappelle le sacrifice expiatoire du Sauveur, qui nous apporte la sécurité éternelle en nous libérant des liens du péché et de la mort. Les alliances que nous renouvelons en prenant la Sainte-Cène contribuent aussi à nous apporter la sécurité éternelle.


« [La Sainte-Cène] nous apparaît[-elle] comme notre Pâque, le rappel que nous avons été épargnés, libérés et rachetés ? Avec tant de choses en jeu, cette ordonnance qui commémore notre délivrance des mains de l’ange des ténèbres devrait être prise plus au sérieux que ce n’est parfois le cas. Elle devrait être un moment chargé de puissance, consacré au recueillement et à la réflexion. Elle devrait favoriser les sentiments spirituels. » (Jeffrey R. Holland, L’Étoile, janvier 1996, p. 76)


Exode 12:17. « la fête des pains sans levain »


Les titres « fête de la Pâque » et « fête des pains sans levain » sont souvent utilisés l’un pour l’autre ; la Pâque est le premier jour de la fête des pains sans levain.


Exode 12:18-20. Quelle est la signification symbolique du pain sans levain et des herbes amères ?


Le levain, ou la levure, était considéré autrefois comme un symbole de corruption parce qu'il se gâtait et moisissait facilement. Jésus utilisa cette image quand il mit les disciples en garde contre le « levain des pharisiens ». Dans la loi de Moïse, on ne pouvait pas offrir de levain avec le sacrifice d'expiation (voir Lévitique 6:17), suggérant que le sacrifice devait être sans aucune corruption. Pour les Israélites, manger le pain sans levain symbolisait qu'ils prenaient le pain qui n'avait pas de corruption ni d'impureté, à savoir le pain de vie qui est Jésus-Christ (voir Jean 6:35). Le soin apporté à éliminer tout levain de la maison (voir Exode 12:19) était un beau symbole pour présenter l'élimination de l'impureté dans la famille. Paul puisa dans ces images du pain sans levain quand il invita les saints de Corinthe à éliminer le péché de leur vie (voir 1 Corinthiens 5:7-8) (Note : Quand le Christ compare le royaume des cieux au levain dans un pain (voir Matthieu 13:33), il ne fait pas allusion à la rapidité du levain à se gâter, mais à une autre caractéristique de la levure qui fait lever ou gonfler la pâte). Les herbes amères devaient rappeler à Israël l'esclavage amer et pénible qu'il avait subi en Égypte.


Exode 12:37-38. Environ six cent mille hommes


Le chiffre de six cent mille hommes donné ici correspond approximativement au recensement officiel des Israélites donné dans Nombres 1:45-46. Mais là, 'hommes' ne désigne que les hommes de vingt ans et plus qui pouvaient aller à la guerre. Cela signifie que la population totale pouvait facilement dépasser les deux millions d'âmes.


La « multitude des gens de toute espèce » du verset 38 désigne probablement des gens d'autres nationalités qui s'attachèrent aux Israélites et les accompagnèrent dans l'Exode. Il s'agit probablement des mêmes personnes dont il est question dans Deutéronome 29:10-11 et qui faisaient les travaux serviles pour les Israélites. Ils s'unirent aussi plus tard aux Israélites dans les rébellions contre Dieu (voir Nombres 11:4).


Exode 12:40. Combien de temps les Israélites furent-il en esclavage ?


La Bible contient deux versions de la durée du séjour d'Israël en Égypte. Selon Exode 12:40-41, la période fut exactement de 430 ans. Mais Paul dans Galates 3:17 laisse entendre que les 430 ans vont du moment ou Abraham reçut l'alliance jusqu'à l'Exode ; mais Paul a pu vouloir dire autre chose.


Le texte samaritain, un des plus anciens manuscrits de l'Ancien Testament, dit : « Le séjour des enfants d'Israël et de leurs pères, qu'ils passèrent au pays de Canaan et au pays d'Égypte, fut de 430 ans » (cité dans Clarke, Bible Commentary, 1:358). Mais d'autres textes aussi importants ne confirment pas cet ajout.


Quand Abraham eut la vision future de l'esclavage d'Israël, le Seigneur dit :« Tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis, et on les opprimera pendant quatre cents ans » (Genèse 15:13). Ce passage implique fortement que la captivité durerait quatre cents ans. Un érudit a écrit un résumé des arguments à l'appui des deux idées et en conclut que l'idée de la captivité la plus longue est celle qui est la mieux soutenue. Il dit :


« Il y a quelques années, il était courant de fixer l'Exode au quinzième siècle avant Jésus-Christ. 1 Rois 6:1 dit qu'il y eut 480 ans de l'Exode à la quatrième année du règne de Salomon. Cela nous met au quinzième siècle. De plus la découverte des lettres d'Amarna du quatorzième siècle, lettres de princes vassaux d'Amenophis IV (le fameux Akhénaton) en Canaan parlent de la confusion existant dans le pays. Les troubles étaient occasionnés par le relâchement de la domination égyptienne auquel venaient s'ajouter des bandes de brigands auxquels on donne le nom de 'Hapirou'. Les Hapirous étaient associés dans l'esprit de certains savants aux envahisseurs hébreux. De plus, le professeur John Garstang, qui fit les fouilles de Jéricho, dit que cette ville fut détruite à la fin de l'âge de bronze, époque qui cadrerait bien avec les autres indications. Cette ville était bien entendu celle dont la Bible dit qu'elle fut la première à être prise par les Hébreux en Canaan lorsqu'ils firent le tour de ses murailles et jouèrent de la trompette et les murs s'écroulèrent. Ainsi un certain nombre de facteurs convergeraient pour soutenir ce qui semblait être la datation biblique de l'Exode. On pensait ainsi que le pharaon de l'Exode était soit Thoutmès III (vers 1490-1435) ou Aménophis III (env. 1406-1370).


« Aujourd'hui on voit les choses tout autrement. Un par un les facteurs qui faisaient remonter l'Exode a une date reculée ont soit été mis en doute soit se sont révélés n'avoir rien à voir avec la question. En même temps on a mis en lumière de nouveaux éléments qui indiquent une date ultérieure : le treizième siècle, peut-être au début du règne de Ramsès II (1290-1224).


« Exode 1:11 nous dit que l'esclavage des Hébreux était lié à la reconstruction des villes contenant les trésors royaux de Pithon et de Ramsès (Tanis). La nature de cet esclavage, décrit dans Exode 1:14, permet de croire que, étant nomade près des chantiers, ces peuples furent engagés de force dans des équipes de travailleurs. On les obligea à cultiver les champs qui devaient assurer l'entretien des populations des villes aussi bien que faire les briques avec lesquelles on construisait les splendides nouveaux bastions royaux. L'histoire de ces sites obtenue grâce à l'archéologie montre qu'ils tombèrent dans le déclin quand les Hyksos furent chassés du pays, mais qu'ils furent reconstruits sous Ramsès II ou peut-être son père, Séti 1er (1309-1290 av. J-C).


« Il y a aussi le passage aux chapitres 20 et 21 de Nombres selon lequel, quand les hébreux cherchèrent à traverser Édom et Moab, ils furent renvoyés et durent longer la frontière entre ces pays. Une fois encore les recherches archéologiques peuvent maintenant nous raconter l'histoire de cette région de la Transjordanie. Elle n'eut de population sédentaire qu'à partir du treizième siècle. Avant cela, il n'y aurait pas eu d'Édom ni de Moab pour refuser le passage des Hébreux.


« Une autre source écrite intéressante permettant de dater l'Exode est aussi venue au jour. Il s'agit d'une inscription égyptienne célébrant les victoires du pharaon Menephtah à Canaan vers l'an 1220 avant J-C. Elle parle d' 'Israël' et est en fait la plus ancienne mention écrite d'Israël que nous connaissions. Bien entendu cela ne montre que la date la plus récente que l'on puisse donner de la présence d'Israël en Canaan. Mais la date de l'inscription, 1220 av. J-C, est considérée par certains comme significative à la lumière d'autres facteurs. Une partie de ces facteurs, outre ce qui a déjà été dit, est la destruction violente d'un certains nombre de villes cananéennes au 13e siècle. Est-ce l'oeuvre d'envahisseurs hébreux ?


« Il est évident que l'on ne peut pas régler d'une manière définitive la question de la date de l'Exode. Et cependant les preuves s'accumulent, et presque tous les érudits d'aujourd'hui sont d'accord pour dire que ce fut Ramsès II ou peut-être son père qui fut le monarque dont le coeur s'endurcit contre les Hébreux. » (Frank, Discovering the Biblical World, p. 56)


Exode 12:43-51. Pourquoi n'était-il pas permis aux non-Israélites de manger la Pâque ?


La Pâque était une ordonnance et une cérémonie distinctive d'Israël, nation élue, peuple choisi par l'Éternel, peuple qui de son côté avait choisi de le servir. Le Seigneur interdisait aux étrangers ou 'non membres' d'Israël de prendre la Pâque, tout comme il a dit que seuls ceux qui se sont repentis et sont baptisés et dignes doivent prendre la Sainte-Cène (voir 3 Néphi 18:16 ; 28:32). Si un 'mon-membre' participait à l'un ou à l'autre, cela pouvait dire qu'il renouvelait des alliances qui en fait n'avaient jamais été contractées.


Le Seigneur a cependant toujours signalé que si un étranger « veut [désire] faire la Pâque » (Exode 12:48), il devait se joindre à Israël par la circoncision ou, aujourd'hui, être baptisé (voir 3 Néphi 18:30).


EXODE 13


Moïse dit aux enfants d’Israël de respecter à l’avenir la fête des pains sans levain en souvenir de leur délivrance (v. 1-16). Le Seigneur précède le camp d’Israël dans une nuée le jour et une colonne de feu la nuit (v. 17-22). Note : les titres « fête de la Pâque » et « fête des pains sans levain » sont souvent utilisés l’un pour l’autre ; la Pâque est le premier jour de la fête des pains sans levain.


Exode 13:1-2, 11-16. Pourquoi le Seigneur a-t-il réclamé les premiers-nés d'Israël ?


« Le Seigneur ayant, par l'aspersion du sang d'un agneau sur les poteaux des portes des Israélites, sauvé la vie de tous les premiers-nés d'Israël, se réservait le droit de réclamer leur service dans sa cause…


« Mais les premiers-nés des Égyptiens, pour lesquels aucun agneau ne fut offert comme signe de propitiation, furent mis à mort. C'est par la propitiation et l'expiation seules que les Israélites furent sauvés et, dans ces circonstances, ils auraient péri avec les Égyptiens, qui étaient condamnés, s'il n'y avait eu la perspective de l'expiation et de la propitiation du Christ dont cela était une figure.


« C'est pourquoi le Seigneur réclama ceux qu'il avait sauvés comme lui appartenant en toute justice et, les réclamant comme siens, il exigeait leur service ; mais plus tard (voir Nombres 8:16-18) il accepta la tribu de Lévi à la place des premier-nés d'Israël ; et comme il y avait plus de premiers-nés que de Lévites, le reste devait être racheté par de l'argent, qui était donné à Aaron, en tant que souverain sacrificateur et représentant de la prêtrise d'Aaron, ce dernier étant aussi un Lévite (voir Nombres 3:50-51). » (Taylor, Mediation and Atonement, p. 108)


Une autre chose importante c'est que le Christ est le premier-né de tous les enfants d'esprit de notre Père céleste (voir D&A 93:21). Il est venu comme Rédempteur, payant pour tous, et c'est donc à juste titre qu'il exige qu'ils le servent. Comme Paul l'a dit, tous les hommes furent « rachetés à un grand prix » (1 Corinthiens 6:20).


Exode 13:9-10. Voir le commentaire de Deutéronome 6:4-9 et le commentaire de Exode 12:14.


Exode 13:17-22


« Le chemin qu'Israël devait suivre était indiqué par une colonne de feu révélant la présence du Seigneur marchant devant lui. Le voyage aurait été court s'ils avaient été prêts et capable de suivre la route côtière par les terres philistines jusqu'à Canaan » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:80). Mais leur foi n'était pas encore suffisante pour une pareille tâche. Dieu n'exige pas d'épreuve trop grande pour la foi (voir 1 Corinthiens 10:13).


EXODE 14

Pharaon et son armée poursuivent les enfants d’Israël (v. 1-9). Le peuple a peur et Moïse implore l’aide du Seigneur (v. 10-18). Les enfants d’Israël sont délivrés de l’armée et traversent la mer Rouge à pied sec. Les hommes de Pharaon les poursuivent et sont noyés (v. 19-31).


Exode 14:4, 8, 17 : Voir commentaire de Exode 4:19-21.


Exode 14:10-31. Pourquoi Dieu conduisit-il Israël jusqu'à la mer Rouge ?


Certains érudits modernes ont affirmé que Moïse n'avait pas emmené Israël directement jusqu'à la mer Rouge proprement dite (la branche de la mer Rouge qui constitue le golfe de Suez) pour la leur faire traverser ensuite, mais lui fit plutôt traverser la « mer des Roseaux » puisqu'en hébreu yam souph signifie « mer des Roseaux ». Ces érudits croient que la région traversée était des terres basses marécageuses près des lacs amers. Ils prétendent que les chars des Égyptiens s'embourbèrent dans la boue et qu'ensuite les soldats se noyèrent lorsque la marée arriva. Mais les saints des derniers jours ont une information qui leur permet de savoir que le récit de l'Exode est correct : Le Livre de Mormon et les Doctrine et Alliances disent clairement qu'il s'agissait de la mer Rouge (voir 1 Néphi 17:24-27 ; D&A 8:3). Exode 14:22, 29 dit que « les eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche », ce qui veut certainement dire plus que traverser une région marécageuse asséchée par un vent soudain.


Le Seigneur a pu avoir au moins deux raisons de faire traverser la mer Rouge à Israël. Tout d'abord l'action était une manifestation de sa grande et impressionnante puissance protectrice. Il était le seul guerrier de cette bataille contre une des armées les plus redoutables du monde. C'est pourquoi cet événement était le préalable et la preuve qui lui permettaient d'exiger dorénavant la confiance et l'obéissance. Deuxièmement, lorsque la bataille fut terminée, la puissance de l'armée égyptienne fut détruite. Le temps nécessaire pour reconstituer la puissance égyptienne laissa Israël libre de toute menace jusqu'au moment où il fut installé dans la terre promise.


Paul a enseigné que la traversée de la mer Rouge et l'immersion dans la nuée ou la colonne de feu étaient des types ou des symboles du baptême d'eau et de feu (voir 1 Corinthiens 10:1-4).


EXODE 15

Exode 15:24. « Le peuple murmura contre Moïse »


Ce verset contient la première utilisation (il y en a plus de vingt) du mot murmurer sous ses diverses formes dans le récit des errances d'Israël. Les murmures semblent avoir été une caractéristique dominante de leur nature et la racine de certains problèmes qu'ils eurent à affronter. Dans le Livre de Mormon, ce mot est utilisé presque le même nombre de fois pour décrire l'attitude des membres rebelles de la colonie de Léhi qui traversèrent la même région désertique après avoir quitté Jérusalem.


Murmurer c'est ronchonner en coulisse plutôt que d'exprimer ouvertement ses préoccupations et ses critiques de manière à pouvoir régler le problème. Cette situation n'était pas particulière aux Israélites ou à Laman et à Lémuel. Elle ne se retrouve que trop souvent parmi les saints des derniers jours aujourd'hui.

« Je désire attirer votre attention sur le principe de la loyauté, de la loyauté envers la vérité et de la loyauté envers les hommes que Dieu a choisis pour diriger la cause de la vérité. Je parle conjointement de la vérité et de ces hommes, parce qu'il est impossible d'accepter pleinement l'une tout en rejetant en partie les autres.


« J'élève la voix à ce sujet pour vous avertir et vous conseiller d'être sur vos gardes vis-à-vis de la critique… Elle vient en partie de ceux qui détiennent ou ont détenu des postes importants. Ils sont visiblement des membres honorables de l'Église. Quand ils expriment leurs sentiments, ils disent souvent : 'Nous sommes membres de l'Église aussi, vous savez, et on doit tenir compte de nos sentiments'.


« Ils pensent qu'on peut être tout à fait en accord avec l'esprit de l'Évangile, bénéficier d'une pleine et entière communion dans l'Église tout en étant en désaccord avec les dirigeants de l'Église et les directives qu'ils donnent. Pareille position est tout à fait illogique parce que l'Église est guidée non seulement par les Écritures, mais aussi par la révélation continue, et le Seigneur donne cette révélation à l'Église par les dirigeants qu'il s'est choisis et personne d'autre. Par conséquent ceux qui professent accepter l'Évangile et en même temps critiquent et refusent de suivre les instructions des dirigeants adoptent une position indéfendable. » (Marion G. Romney, dans Conference Report, avril 1942, p. 17-18)


«Dans l'Église, nous trouvons parfois deux groupes de personnes : les bâtisseurs et ceux qui murmurent. Que chacun se demande : 'Dans quelle catégorie faut-il me classer ?'


« On nous appelle à accomplir des devoirs. Quand la prêtrise et les dirigeants des organisations auxiliaires présentent de nouveaux programmes, beaucoup de membres disent : 'Oui, nous le ferons. Travaillons dans ces nouveaux programmes'. Mais parfois nous entendons un murmure, un critique qui dit : 'Non. Nous ne pouvons faire cela'. Jugeant mal les mobiles, certains se trouvent bientôt en compagnie de Laman et de Lémuel au lieu d'être avec Néphi dont les actes expriment la volonté de suivre la voie de Dieu (voir 1 Néphi 17:17 et suivants).


« Observons-nous et soyons fidèles aux exemples donnés par nos dirigeants. On nous avertit parfois : 'Ne parlez pas contre les autorités'. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela signifie : 'Ne murmurez pas'. Murmurer contre la prêtrise et les dirigeants des organisations auxiliaires est un des plus grands poisons que l'on puisse introduire chez un saint des derniers jours. Pourquoi appelle-ton les dirigeants aux postes qu'ils occupent ? Pour leur propre profit ? Non, on ne pourra pas une seule fois citer de cas dans l'Église où une personne ait été appelée pour son profit personnel. Lorsqu'un appel est fait, il est pour apporter des bénédictions à quelqu'un, à un groupe ou à l'humanité en général. C'est la mission de tous les membres de l'Église, depuis le président de l'Église jusqu'au dernier converti. Tout le monde détient sa position pour édifier, faire du bien et établir la justice, la pureté et la vertu parmi les hommes.» (David O. McKay, Quatre principes directeurs, L'Etoile, juillet 1969, p. 212)


EXODE 16

Exode 16:1-35 ; 17:1-7. Quelles leçons Dieu chercha-t-il à enseigner à Israël par la façon dont il lui donna l'eau et la manne ?


« Dieu utilisa la manne pour donner des leçons aussi bien pour l'instruction spirituelle que pour l'entretien physique. II fut dit à Israël que, toute autre nourriture manquant ('il t'a fait souffrir de la faim'), il lui fournit la manne pour 'apprendre que l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel' (Deutéronome 8:3, 16). Dieu fournit la manne six jours et pas le septième pour enseigner à Israël l'obéissance et le condamna pour désobéissance (voir Exode 16:19-20, 25-30). Jésus-Christ utilise la manne, le 'pain du ciel' donné par Dieu comme type de lui-même, vrai pain de vie, et oppose l'ombre à la substance : Nos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts' (Jean 6:46), mais lui pouvait dire : 'Je suis le pain de vie… qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange ce pain, il vivra éternellement' (Jean 6:35, 51). » (Douglas, New Bible Dictionnary, sous la rubrique « manna », p. 780)


La déclaration de Paul dans 1 Corinthiens 10:1-4 montre bien que ce que le Seigneur cherchait à enseigner à Israël concernant le Christ quand il lui fournit tant la manne que l'eau. 


« Le Christ est le pain qui est descendu du ciel, pain de vie, la manne spirituelle que les hommes doivent manger pour obtenir le salut (Jean 6:31-58). Il est la boisson spirituelle, l'eau vive, et si les hommes la boivent, ils n'auront plus jamais soif (Jean 4:6-15). » (McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 2:355).


La « manne cachée » dont parle Jean dans l'Apocalypse 2:17, McConkie explique que c'est « le pain de vie, la bonne parole de Dieu, la doctrine de celui qui est le pain de vie, toutes choses qui sont cachées à l'esprit charnel. Ceux qui en mangent n'auront plus jamais faim ; la vie éternelle est leur héritage final. » (McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:451)

EXODE 17

Exode 17:8-16. Pourquoi Dieu commanda-t-il à Moïse de détruire les Amalécites ?


Les Amalécites ont peut-être été descendants d'Esaü (voir Genèse 36:12, 16). Ils attaquèrent les Israélites d'une manière tout à fait lâche, tuant d'abord ceux qui étaient faibles et fatigués à l'arrière de la nation en marche (voir Deutéronome 25:17-19). À cause de ce manque de respect à l'égard de Dieu, les Amalécites furent maudits par le Seigneur. Après cela il fut commandé aux Israélites « [d'effacer] la mémoire d'Amalek de dessous les cieux » (Exode 17:14).


Dans cette première bataille d'avec d'autres gens, Israël montra de nouveau son manque de confiance en Dieu. Ce ne fut que quand il put voir Moïse dresser la verge, symbole de l'autorité, qu'il vainquit. Harold B. Lee a vu la signification symbolique de cet événement et l'a appliqué à notre propre époque :


« Je crois que c'est le rôle que le président Tanner et moi devons remplir. Les mains du président Smith peuvent se lasser. Elles peuvent avoir tendance à baisser parfois à cause de ses lourdes responsabilités ; mais en lui soutenant les mains, en gouvernant sous sa direction, à ses côtés, nous veillons à ce que les portes de l'enfer ne l'emportent pas contre vous et contre Israël. Votre sécurité et la nôtre dépend de ce que nous suivons ou non ceux que le Seigneur a mis pour présider son Église. II sait qui il veut voir présider, et il ne commet pas d'erreur.


« Le Seigneur ne fait pas les choses par accident. Il n'a jamais rien fait accidentellement. Et je pense que les savants et tous les philosophes du monde n'ont jamais découvert ni appris quelque chose que Dieu ne savait pas déjà. Ses révélations sont plus puissantes, plus significatives et plus riches en substance que toute l'érudition profane du monde. Gardons les yeux sur le président de l'Église et soutenons ses mains comme le président Tanner et moi-même continuerons à le faire. » (Harold B. Lee, Conference Report, octobre 1970, p. 153)


« Cela nous rappelle que, sur la montagne, Moïse a levé les bras pour donner la victoire aux armées d’Israël. Tant qu’il levait les bras, Israël remportait la bataille. Mais s’il les laissait tomber de lassitude, alors l’ennemi gagnait. C’est pourquoi Aaron et Hur lui 'soutenaient [les] mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre et Israël remporta la victoire' (Exode 17:12). C’est pourquoi nous serons victorieux si nous soutenons les bras des serviteurs oints du Seigneur. » (Ezra Taft Benson, L’Étoile, 1986, n° 6, p. 79)


EXODE 18

Exode 18


« Jéthro apporta un conseil précieux à Moïse en lui recommandant d'organiser des dirigeants sur des groupes de dix, de cinquante, de cent et de mille pour instruire et juger le peuple en toutes choses sauf dans les questions les plus difficiles qui seraient transmises par le système de tribunaux inférieurs et supérieurs, si nécessaire, jusqu'à atteindre Moïse au sommet. Moïse fit preuve d'une humilité et d'une sagesse dignes d'éloges en acceptant le conseil du vieux prêtre (on trouve l'utilisation moderne du même type d'organisation dans D&A 136). » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:82, 83).


La Traduction de Joseph Smith change le texte de la version anglaise d'Exode 18:1 de manière à ce qu'il dise : « Le grand prêtre de Madian », confirmant ce qui se trouve dans D&A 84:6-7, que Jethro détenait la prêtrise de Melchisédek.

EXODE 19

Exode 19:10-25. Moïse chercha diligemment à sanctifier son peuple, afin qu'il voie la face de Dieu

« S'ils avaient accepté tous les avantages qui leur étaient offerts et suivi les instructions qui les auraient qualifiés pour recevoir l'accomplissement de toutes les promesses de Dieu, ils auraient pu se voir accorder la plus grandiose de toutes les révélations ; il proposa de descendre à la vue de tout le peuple et de le laisser entendre quand il parlerait à Moïse afin qu'il connaisse lui-même sa volonté et sa loi, croie aux révélations futures de Dieu à Moïse et révère le Seigneur à jamais (cf. Deutéronome 4:10). Notez la nécessité de la pureté et de la consécration spirituelle dans sa préparation pour cette grande expérience spirituelle.


« Au signal convenu d'avance, le son de la trompette retentit fortement, le peuple trembla d'épouvante ; apparemment il n'était pas tout à fait prêt à se présenter devant le Seigneur sur la montagne où Moïse était, car le Seigneur lui dit de descendre et de l'avertir de ne pas monter. On trouve au chapitre suivant (20:18-19) et dans D&A 84:21-25 des indications de la raison pour laquelle il en était ainsi. Mais bien que son coeur ne fut pas pleinement prêt à supporter sa présence, il entendit cependant la voix et les paroles de Dieu lorsque les dix commandements furent donnés, comme nous le verrons plus tard quand nous étudierons le compte rendu de ces grands événements fait par Moïse dans son discours d'adieu (voir Deutéronome 4:10, 12, 33, 36 ; 5:22-26).


« La présentation des dix commandements sur les tables de pierre est rapportée un peu plus tard dans le récit (voir Exode 31:18 ; 32:15, 19) ; et un deuxième jeu de tables, composé après que le premier jeu a été brisé, est mentionné dans Exode 34:1 et suivants. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:83)

EXODE 20

Exode 20:1-17. Les dix grandes pierres de la fondation


La plus grande preuve de l'existence des dix commandements est sans doute le fait qu'on les trouve dans trois des quatre ouvrages canoniques de l'Église. Outre la première fois qu'ils furent donnés (voir Exode 20), Moïse les répète quand il résume les expériences d'Israël dans le désert (voir Deutéronome 5:6-21). Le prophète Abinadi les cite aux méchants prêtres du roi Noé (voir Mosiah 13:12-24), de sorte qu'ils se trouvent aussi dans le livre de Mormon. Et quoique n'étant pas donnés sous la forme exacte sous laquelle ils apparaissent dans ces Écritures, les mêmes principes se trouvent également dans le Nouveau Testament (voir Matthieu 5:17-37) et dans les Doctrine et Alliances (voir D&A 42:18-29 ; 59:5-9). Quand le Seigneur met l'accent sur quelque chose en le répétant aussi souvent, il faut que ce soit important.


« Le Seigneur a écrit les dix commandements de son propre doigt sur des tables de pierre. Ils représentent la loi fondamentale du Tout-Puissant et ont constitué, à partir de ce moment là, les éléments sous-jacents de la loi civile et religieuse. Ils sont fondamentaux dans nos relations avec Dieu. Ils font partie intégrante de l'Évangile rétabli du Seigneur Jésus-Christ et sont essentiels pour que nous devenions parfaits comme notre Père céleste est parfait (voir D&A 42 ; D&A 59). On trouve des variantes de ces lois dans les règles énoncées dans le Lévitique et le Deutéronome où elles sont appliquées à des cas bien précis, mais d'une manière générale elles constituent la base de toute conduite humaine convenable. » (Mark E. Petersen, Moses, p. 110)


Ces commandements montrent à l'homme les trois grandes priorités de sa vie. Les quatre premiers commandements lui montrent les rapports qu'il doit avoir avec Dieu. Le cinquième commandement souligne l'importance de la famille et ce que doivent être les relations familiales. Les cinq derniers commandements règlent les rapports de l'homme avec ses semblables. L'homme qui s'est engagé à perfectionner ses rapports avec Dieu, la famille et ses semblables est sur le chemin de la perfection en tout.


Exode 20:3-17. Les quatre premiers commandements (v. 3-11) enseignent les relations qui doivent exister entre nous et Dieu . Les six commandements suivants  (v. 12–17) concernent nos relations avec les autres.


Exode 20:2-3. « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face »


Le premier commandement donne à l'humanité sa première priorité dans la vie. Si Dieu ne vient pas au premier plan, tout le reste en est affecté. Rien dans sa vie, même pas des choses aussi chères que la famille ou la vie elle-même, ne peut prendre la priorité ou venir avant Dieu. Le Christ a spécifiquement enseigné à ses disciples : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa famille plus que moi n'est pas digne de moi » (Matthieu 10:37). Et à notre époque, il a dit : « Ne craignez point vos ennemis, car j'ai décrété en mon coeur, dit le Seigneur, de vous éprouver en toutes choses, pour voir si vous respectez mon alliance, même jusqu'à la mort, afin d'être trouvés dignes. Car si vous ne respectez mon alliance, vous n'êtes pas dignes de moi » (D&A 98:14-15).


« Dieu ne nous favorisera pas si nous le mettons à la deuxième place dans notre vie et si nous ne suivons pas les choses profanes quelles qu'elles soient. Le Sauveur a commandé : 'Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu' (Mt. 6:33). Dans ses révélations au prophète Joseph Smith, le Seigneur a enseigné que nous devons n'avoir en vue que la gloire de Dieu (voir D&A 27:2 ; 55:1 ; 59:1 ; 88:67). » (Petersen, Moses, p. 111)


À  première vue certains pourront penser qu'en exigeant ainsi un culte et une dévotion exclusifs, Dieu fait preuve d'égoïsme. Mais il y a deux choses dont il faut se souvenir :


Tout d'abord, Seigneur et Créateur de tout l'univers, étant celui qui a toute la puissance, toute la connaissance et toute la gloire, Dieu n'a pas besoin de l'adoration de l'homme pour apporter quelque chose à son état d'existence. Par conséquent sa jalousie n'est pas le souci de protéger sa situation personnelle.


La deuxième chose dont il faut se souvenir, c'est que le Seigneur a enseigné à Moïse que l'oeuvre de Dieu est de « réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moïse 1:39). Lorsque ses enfants considèrent quelque chose comme plus important que Dieu, peu importe ce que c'est, dès cet instant ils commencent à contrecarrer son oeuvre à leur égard. Il est la seule source de puissance et de connaissance suffisante pour se sauver. Mettre quoi que ce soit au-dessus de lui diminue la capacité de puiser dans cette puissance et cette connaissance pour obtenir le salut.


C'est pour cela qu'il dit en tout premier lieu à ses enfants : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face » (Exode 20:3).


« Ce commandement interdit toute espèce d'idolâtrie mentale et tout attachement exagéré aux choses terrestres et appartenant aux sens… Dieu est la source du bonheur, et aucun être intelligent ne peut être heureux autrement que par lui… Le tout premier commandement de toute la série est conçu par Dieu pour empêcher l'homme d'être malheureux et favoriser son bonheur en l'écartant de toute fausse dépendance et en le conduisant à Dieu lui-même,source de bien. » (Clarke, Bible Commentary, 1:402-403)


« L’idolâtrie compte parmi les péchés les plus graves… Les idoles ou faux dieux modernes peuvent prendre des formes telles que vêtements, maisons, entreprises, machines, autos, bateaux de plaisance et beaucoup d’autres choses matérielles qui détournent du chemin de la divinisation... «Les choses intangibles deviennent aussi facilement des dieux. Les diplômes, les lettres et les titres peuvent devenir des idoles… Beaucoup de gens construisent et meublent une maison, achètent tout d’abord une auto pour découvrir ensuite qu’ils 'ne peuvent se permettre' de payer la dîme. Qui adorent-ils ? Certainement pas le Seigneur du ciel et de la terre… Beaucoup adorent la chasse, la pêche, les vacances, les pique-niques et les sorties de week-end. D’autres ont pour idoles le sport, le base-ball, le football, les courses de taureaux ou le golf… Une autre image encore que les hommes adorent est celle de la puissance et du prestige… Ces dieux de la puissance, de la richesse et de l’influence sont extrêmement exigeants et sont tout aussi réels que les veaux d’or des enfants d’Israël dans le désert. » (Spencer W. Kimball, Le Miracle du pardon, p. 44-45)


Exode 20:4-6. « Tu ne feras point d'image taillée »


Dans la préface des Doctrine et Alliances, le Seigneur dit qu'une des caractéristiques du monde moderne est que « chacun suit sa voie, selon l'image de son Dieu, dont l'image est la ressemblance du monde et dont la substance est celle d'une idole » (D&A 1:16).


Exode 20:5. Si la jalousie est un trait de caractère négatif, pourquoi Dieu est-il un Dieu « jaloux » ?


La racine hébraïque kana désigne « l'ardeur, le zèle, la jalousie » (Genesius, Hebrew and English Lexicon of the Old Testament, p. 888). Cela implique donc que le Seigneur a des sentiments susceptibles et profonds sur l'idolâtrie. La raison paraît claire. La seule possibilité de sauver l'humanité du péché réside en Dieu. Par conséquent tout faux culte sépare le pécheur de cette possibilité. Puisque Dieu aime ses enfants et ne souhaite que leur bien-être éternel, il est jaloux (c'est-à-dire voit d'un mauvais oeil) de tout culte vain ou faux auxquels ils se livrent.


Exode 20:5-6. Le Seigneur punit-il les enfants de la méchanceté de leurs parents ?


L'explication du verset 5 « qui punit l'iniquité des pères sur les enfants » est que, bien entendu, les enfants se trouvent désavantagés dans la mesure où ils apprennent et commettent les actes de pécheurs que font les parents (voir aussi D&A 124:50-52 ; 98:46) ; mais au verset 6, on voit ce qu'il en est de ceux qui se repentent et servent le Seigneur (voir aussi D&A 98:47).


Exode 20:7. «Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain »


Deux aspects de ce commandement sont importants. Tout d'abord le troisième commandement implique que les enfants doivent avoir une attitude profondément respectueuse à l'égard de Dieu et de son nom.


« Ce précepte non seulement interdit tout faux serment, mais aussi tous les jurons où l'on utilise le nom de la Divinité et où on en appelle à lui comme témoin de la vérité. Il interdit aussi nécessairement toute mention désinvolte et irrespectueuse de Dieu ou d'une de ses qualités. » (Clarke, Bible Commentary, 1:404)


À une époque où les jurons dominent à tel point la conversation de ce monde, il est bon de se souvenir de l'avertissement du Seigneur qu'il ne tiendra pas de telles personnes pour innocentes.  


« Il est difficile de comprendre comment une personne peut aborder véritablement et sincèrement Dieu dans la prière, demandant ses bénédictions, tout en manquant de respect au point de prendre son nom en vain. Les jurons sont incompatibles avec le respect. Assurément à cette époque critique de notre histoire où nous devons veiller à ne pas l'offenser par notre langage, nous invitons nos jeunes partout à respecter le nom sacré de la Divinité afin qu'ils marchent d'une manière acceptable devant le Seigneur de sorte que s'il devait se produire une époque dans leur vie où ils auraient besoin de son soutien et de son aide, ils puissent aller le trouver avec bonne conscience et l'invoquer avec la foi qu'il entendra leurs supplications. » (LeGrand Richards, dans The Ten Commandments Today, p. 52-53)


Il y a une autre implication dans le commandement d'éviter de prendre le nom de Dieu en vain. Faire des serments et des alliances avec Dieu fait partie intégrante de la pratique de l'Évangile. Quand on est baptisé on fait alliance de prendre sur soi le nom du Christ (voir D&A 20:37). Si on oublie ce serment solennel contracté au baptême, on prend le nom du Seigneur en vain. Aux autels du temple, hommes et femmes jurent solennellement de respecter des engagements sacrés. S'ils quittent ces temples et vivent comme si les promesses n'ont pas de signification, ils enfreignent le troisième commandement, même s'ils ne vont pas jusqu'à jurer de manière audible. Ceux qui prennent la Sainte-Cène chaque semaine sans réfléchir à l'alliance qu'ils font de prendre son nom sur eux, de garder ses commandements et de toujours se souvenir de lui, prennent son nom en vain. Ce traitement à la légère des choses sacrées, c'est cela qui est vain au yeux de Dieu.


Le Seigneur lui-même a dit dans la révélation moderne : « C'est pourquoi, que tous les hommes prennent garde à la façon dont ils mettent son nom sur leurs lèvres ; car voici, en vérité, je le dis, il y en a beaucoup qui sont sous cette condamnation, qui se servent du nom du Seigneur et l'utilisent en vain, n'ayant pas l'autorité » (D&A 63:61-62).


Outre les alliances et les serments religieux, beaucoup d'actes officiels de la société moderne s'accompagnent de serments et de voeux solennels. Et cependant ces serments sont fréquemment balayés ou mis de côté. Il est clair que la violation de ces serments est également une violation du troisième commandement.


Exode 20:8-11. « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier »


La doctrine du sabbat enseignée dans les Écritures comprend les concepts important qui suivent :


1. Le commandement à l'aspect double de promouvoir à la fois le travail et le culte. Le commandement est de travailler six jours et de se reposer le septième. Ailleurs dans les Écritures le paresseux est condamné et le travail est encouragé (voir D&A 42:42 ; 56:17 ; 60:13 ; Alma 24:18 ; 38:12).


2. Le sabbat fut donné comme signe du repos des Dieux après l'oeuvre de la création. Le mot hébreu chabbath signifie « repos » ou « cessation de travail ». Le sabbat est directement lié à la création, non seulement dans le commandement proprement dit, mais dans les Écritures telles que Genèse 2:1-2 et Exode 31:17.


3. Dans la dispensation mosaïque [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], la violation du sabbat était un crime capital (voir Exode 31:14-15). « La peine de mort punissant la violation du sabbat à l'époque de l'Ancien Testament conduit à deux conclusion manifestes. Premièrement, la loi du sabbat comporte un principe si important et si fondamental que sa violation est une offense capitale. Deuxièmement, la loi implique aussi que la violation des lois du sabbat entraîne en soi une sorte de mort, c'est-à-dire que cette violation produit la mort. Les prophètes pensaient ainsi. Il en découle que l'obéissance signifie la vie. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 137)


4. Le Seigneur dit que respecter le sabbat était « un signe auquel on connaîtra que je suis l'Éternel qui vous sanctifie » (Exode 31:13). Le Seigneur enseigne une idée similaire de la sainteté ou de la pureté spirituelle dans la révélation moderne : « Et afin que tu puisses te préserver plus complètement des souillures du monde, tu iras en mon saint jour à la maison de prière et tu lui offriras tes sacrements » (D&A 59:9).


5. L'idée de la sanctification et celle du repos utilisées dans les Écritures semblent étroitement apparentées. Le repos du Seigneur est défini comme étant « la plénitude de sa gloire » (D&A 84:24). Alma enseigne que certains des premiers saints entrèrent dans le « repos du Seigneur » après avoir été rendus purs par un processus de sanctification (Alma 13:12). En d'autres termes l'oeuvre de Dieu est la sanctification de ses enfants jusqu'au point où ils peuvent entrer dans le repos final, qui est la plénitude de sa gloire.


Il est commandé à l'homme de cesser son travail une fois par semaine et de permettre à Dieu d'accomplir son oeuvre de sanctification sur lui. Le repos du sabbat implique donc bien plus que faire un somme ou arrêter les activités normales. L'humanité doit entrer ce jour-là dans l'oeuvre du Seigneur. Cette oeuvre implique que l'on se rend soi-même et les autres plus pieux, ce qui est une autre manière de parler de la sanctification. Accomplir l'oeuvre du Seigneur (la sanctification) implique souvent une grande activité le jour du sabbat, et le jour peut ne pas être reposant dans le sens ordinaire du terme.


On peut supposer que si le Seigneur approuve que l'on fasse du bien à un animal le jour du sabbat (voir Matthieu 12:11 ; Luc 13:15), faire du bien aux hommes est un bien encore plus grand. Les deux commandements du sabbat sont le repos et le culte (voir D&A 59:10). Le verbe hébreu La-avodh, « adorer », signifie « travailler » et « servir ». Cette oeuvre sainte crée donc un homme nouveau et saint ; par conséquent le sabbat est lié à l'oeuvre de la création.


6. Le commandement d'observer le sabbat n'était pas simplement pour l'homme individuellement mais incluait les serviteurs (les employés), les membres de la famille et les animaux. Sous la loi mosaïque, même la terre devait avoir son repos une fois tous les sept ans (voir Exode 20:10 ; Lévitique 25:1-7). Imaginez la foi qu'il fallait pour se fier entièrement à la providence de Dieu plutôt qu'aux travaux de ses propres mains tous les sept ans (cette gageure est lancée dans Lévitique 25:20-22).


7. Le respect du sabbat s'accompagne de promesses directes d'abondance temporelle, de protection divine et de force spirituelle. Par exemple, après avoir donné le commandement de respecter l'année sabbatique, le Seigneur promet : « Vous habiterez en sécurité dans le pays. Le pays donnera ses fruits, vous mangerez à satiété, et vous y habiterez en sécurité » (Lévitique 25:18-19). Ésaïe promit à ceux qui ne font pas leur bon plaisir le jour du sabbat : « Alors tu mettras ton plaisir en l'Éternel » (idée qui peut être liée à celle de voir son assurance devenir forte en la présence de Dieu, voir D&A 121:45), et « je te ferai monter sur les hauteurs du pays, je te ferai jouir de l'héritage de Jacob » (Ésaïe 58:14). L'héritage de Jacob c'était l'exaltation, et il devint un Dieu (voir D&A 132:27). Les promesses de Doctrine et Alliances 59:16-24 reposent sur la condition émise au verset 16.


« Le quatrième commandement est une loi double, à la fois positive et négative. Du côté négatif : 'tu ne feras aucun ouvrage'. Du côté positif : 'Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier'… En hébreu, le terme sabbat signifie 'repos'. Il implique le calme, la paix de l'esprit. C'est un jour où on se débarrasse des intérêts égoïstes et des activités absorbantes. Le jour du sabbat est donné dans toutes les générations des hommes comme alliance perpétuelle. C'est un signe perpétuel entre le Seigneur et ses enfants. C'est un jour pour adorer et exprimer notre reconnaissance envers le Seigneur. C'est un jour pour abandonner tous les intérêts profanes et louer le Seigneur avec humilité, car celle-ci est le début de l'exaltation.


« C'est un jour non pas d'affliction et de fardeau mais de repos et de détente dans la justice. C'est un jour non de banquets plantureux, mais un jour de repas simples  et de fête spirituelle; non pas un jour d'abstinence de nourriture, sauf le jour du jeûne, mais un jour où la servante et la maîtresse peuvent être soulagées de leurs préparatifs. C'est un jour que notre Père céleste nous a généreusement donné. C'est un jour où les animaux peuvent être mis à la pâture pour se reposer ; où la charrue peut-être rangée dans le hangar et où les autres machines peuvent refroidir ; un jour où employeurs et employés, maîtres et serviteurs peuvent être libérés des labours, du bêchage, du dur travail.


« C'est un jour où le bureau peut être fermé et les affaires remises à plus tard et où les soucis peuvent être oubliés ; un jour où l'homme peut être temporellement libéré de ce premier commandement : 'C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre'. C'est un jour où le corps peut se reposer, l'esprit se détendre et la spiritualité grandir. C'est un jour où l'on peut chanter des cantiques, prier… et où l'homme peut s'élever très haut, annihilant presque le temps, l'espace et la distance entre le Créateur et lui.


« Le sabbat est un jour où nous faisons l'inventaire, où nous analysons nos faiblesses et confessons nos péchés à nos semblables et à notre Seigneur. C'est un jour pour jeûner 'dans le sac et la cendre'. C'est un jour pour lire de bons livres, un jour pour contempler et méditer… un jour pour étudier les Écritures… un jour pour se reposer, se détendre, un jour pour visiter les malades… un jour pour bavarder calmement avec la famille et mieux connaître nos enfants… un jour pour faire le bien, un jour pour boire à la source de la connaissance et de l'instruction, un jour pour demander le pardon de nos péchés, un jour pour enrichir notre esprit et notre âme, un jour pour nous rendre notre stature spirituelle… un jour pour contempler les gloires de l'Évangile et des royaumes éternels, un jour pour nous élever très haut sur le chemin ascendant qui mène à notre Père céleste. » (Spencer W. Kimball, dans The Ten Commandments Today, 1e partie, p. 57-58 ; 2e partie, p. 66- 68)


Exode 20:12. « Honore ton père et ta mère »


Le cinquième commandement implique très clairement l'importance de la famille aux yeux du Seigneur. Les bons rapports familiaux constituent un des dix principes fondamentaux de la loi, tant dans ce monde que dans le monde à venir. C'est en obéissant à cette loi que la cellule familiale et toutes les parties de la société restent stables et saines. À notre époque, dont il a été prophétisé que ce serait une époque où les gens sont « rebelles à leurs parents » et « insensibles » (1 Timothée 3:2-3), il convient de réfléchir sérieusement à ce qu'implique le commandement d'honorer son père et sa mère et la promesse qui l'accompagne.


Lorsque les parents sont des gens justes craignant Dieu, les enfants ont peu de difficulté à comprendre l'importance de les honorer, même s'ils ont des difficultés à le faire. Mais quand les parents ne sont pas justes, on pose souvent deux questions à propos de ce commandement.


Premièrement doit-on malgré tout honorer des parents injustes, et deuxièmement l'honneur implique-t-il l'obéissance si les parents demandent une conduite injuste ? Tout d'abord, bien que dans la plupart des cas l'honneur inclue l'obéissance, les deux ne sont pas la même chose. Honorer signifie « apporter de l'honneur à », ou « avoir l'attitude de quelqu'un qui honore ». Être obéissant signifie « suivre les directives ou l'exemple ». Paul a dit : « Enfants, obéissez à vos parents, selon le Seigneur, car cela est juste » (Éphésiens 6:1) ; il ajoute directement après cela : « Honore ton père et ta mère » (verset 2). Mais cette fois il n'ajoute pas de nuance, disant simplement que c'est 'le premier commandement avec une promesse » (Éphésiens 6:2).


Obéir à ses parents selon le Seigneur signifie leur obéir en justice (voir McConckie, Doctrinal New Testament Commentary, 2:251). Chaque fois qu'un enfant obéit dans la justice il apporte l'honneur à ses parents, que ses parents soient eux-mêmes justes ou méchants. L'inverse est également vrai. Quand un enfant vit dans la perversité, il apporte la honte à ses parents, que les parents soient justes ou non. Ainsi donc honorer les parents ne veut pas nécessairement toujours dire qu'on leur obéit. Dans les cas relativement rares où les parents peuvent demander ou encourager un comportement impie chez leurs enfants, l'intéressé apporte le déshonneur à ses parents s'il leur obéit.


Mais aucune nuance n'est à ajouter au commandement d'honorer son père et sa mère. Pour comprendre le pourquoi de cela, il faut examiner le modèle final des relations entre parents et enfants. Ce n'est que dans les relations des parents célestes de l'homme avec leurs enfants qu'on trouve le modèle parfait de ces relations. Les Dieux sont bien entendu parfaitement honorables (c'est-à-dire méritant l'honneur). S'ils étaient les seuls parents avec qui on avait à traiter, il serait facile de les honorer. Mais dans leur sagesse infinie, ils ont, au lieu de cela, choisi d'utiliser des parents mortels pour les représenter dans la mise au monde et l'éducation d'enfants. En d'autres termes, les parents sont les représentants directs de Dieu dans la mortalité et par conséquent, comme les offices de la prêtrise, l'office des parents réclame de l'honneur.


Manifestement une responsabilité et une obligation accompagnent cet appel de représentants de Dieu. Les parents sont tenus de s'efforcer d'être autant que possible semblables à Dieu. Le Seigneur a dit que si les parents échouaient dans leurs responsabilités de parents, ce qui comprend enseigner aux enfants ce qu'il leur enseignerait s'il était là, cela aurait des conséquences graves (voir D&A 68:25-31 ; 93:39-44). Si les parents ne remplissent pas leur office et leur appel (et bien entendu aucun parent ne peut le faire ni ne le fait parfaitement), ils devront rendre des comptes à Dieu, mais cette circonstance ne change en rien l'obligation qu'a l'enfant de les honorer.


Les parallèles avec un office ou un appel dans la prêtrise peuvent aider à comprendre le pourquoi de cela. Bien qu'aucun détenteur de la prêtrise ne remplisse parfaitement son office et son appel, cependant son office doit être honoré en dépit de ses imperfections. Un homme juste et capable apporte aussi de l'honneur à lui-même, mais même s'il faut relever de ses fonctions un évêque parce qu'il est indigne, on ne cesse pas d'honorer son office d'évêque. L'histoire de David et de Saül est une illustration classique de ce principe. Saül avait été choisi et oint roi sous la direction du Seigneur. Puis, par orgueil et par sottise, il tomba en disgrâce devant Dieu, finit par pécher gravement et perdit l'Esprit du Seigneur. David, choisi et oint pour être son successeur, vit sa vie menacée maintes et maintes fois par Saül. Et cependant à maintes et maintes reprises il refusa de lever la main contre Saül. Il répondait toujours : « Je ne porterai pas la main sur mon Seigneur, car il est oint de l'Éternel » (1 Samuel 24:11). Saül avait échoué dans son appel, mais David, dans sa sagesse, comprenait que cet échec rendait Saül responsable devant Dieu, pas devant David.


De même un père ou une mère peut échouer lamentablement dans leur office et leur appel, au point même qu'un enfant ne peut plus suivre leur exemple, mais l'enfant a toujours l'obligation d'honorer son père ou sa mère parce que ceux-ci sont les représentants de Dieu.


Exode 20:12. « Afin que tes jours se prolongent dans le pays »


L'apôtre Paul dit du cinquième commandement que c'était le premier commandement avec une promesse (voir Éphésiens 6:1-2). Comment se fait-il que le fait d'honorer les parents puisse prolonger la vie dans le pays ? Pour répondre à cette question, il faut réfléchir aux points suivants :


1. Un certain pays avait été promis aux Israélites comme héritage, tout comme une terre promise fut donnée aux Jarédites et à la colonie de Léhi. Dans tous les cas, le Seigneur enseigna clairement que cet héritage privilégié n'était pas automatique mais dépendait de la justice du peuple, et que la perversité mettrait l'héritage en danger (voir Deutéronome 28:1-2, 7, 10 ; 1 Néphi 2:20-21 ; Éther 2:7-12).


2. Quand Moïse résuma la loi qui avait été donnée à Israël, il changea légèrement la formulation du cinquième commandement. Deutéronome 5:16 dit : « Honore ton père et ta mère, comme l'Éternel, ton Dieu, te l'a ordonné, afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne ».


3. Moïse commanda aux parents en Israël d'enseigner diligemment à leurs enfants les lois de Dieu, afin que « tu sois heureux dans le pays où coulent le lait et le miel » (Deutéronome 6:3 ; voir aussi Exode 20:3-7 où se trouve tout le commandement aux parents).


4. Précédemment Moïse avait utilisé un langage semblable quand il avertit les Israélites : « Lorsque tu auras des enfants, et des enfants de tes enfants… si vous faites ce qui est mal aux yeux de l'Éternel… j'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre – vous disparaîtrez du pays par une mort rapide… vous n'y prolongerez pas vos jours, car vous serez entièrement détruits » (Deutéronome 4:25-26). Puis Moïse énonça le même principe d'une manière positive, utilisant de nouveau le même langage que dans le cinquième commandement : « Et observe ses lois et ses commandements que je te prescris aujourd'hui, afin que tu sois heureux, toi et tes enfants après toi, et que tu prolonges désormais tes jours dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne » (Deutéronome 4:40).


5. Pour résumer, la condition requise pour conserver son héritage dans une terre promise, c'est la justice personnelle. Ce n'est que quand les parents enseignent à leurs enfants la loi de Dieu et que les enfants honorent leurs parents et leur obéissent que l'on demeure personnellement dans la justice. Ainsi pour rester « longtemps dans le pays » (voir Exode 20:12), la cellule familiale doit fonctionner convenablement et les enfants doivent honorer leurs parents.


6. Il y a également un acte personnel au commandement. Le Seigneur promet que ceux qui marchent «dans l'obéissance aux commandements » connaîtront la santé, la vigueur, l'endurance et que « l'ange destructeur » passera à côté d'eux (D&A 89:18, 21). À propos de la parole de Paul que ce commandement était « le premier commandement avec une promesse » (Éphésiens 6:2), Bruce R. McConckie dit : « Paul interprète ici la promesse dans un sens personnel. Les enfants obéissants et fidèles auront une longue vie sur la terre. C'est-à-dire que dans la généralité des cas, la vie temporelle est prolongée par l'obéissance aux lois de l'Évangile ; mais d'une manière plus particulière et en définitive, ceux qui craignent Dieu et qui sont justes – c'est-à-dire les humbles – vivront de nouveau sur la terre dans son état final ou céleste (voir D&A 88:16-20. » (McConckie, Doctrinal New Testament Commentary, 2:521-522)


Exode 20:13. « Tu ne tueras point »


 «Un des péchés et des crimes les plus graves contre le plan de salut du Seigneur est le péché du meurtre ou la destruction de la vie humaine. Il semble clair que se rendre coupable de détruire la vie est un acte de rébellion contre le plan du Tout-Puissant en refusant à la personne ainsi mise à mort dans la mortalité la possibilité d'avoir une expérience complète dans l'école des possibilités terrestres. Cela est dans la même catégorie que la révolte de Satan et de ses armées, et par conséquent il n'est pas surprenant que le châtiment imposé au meurtrier soit de la même nature que le châtiment imposé aux esprits qui furent chassés du ciel avec Lucifer. » (Harold B. Lee, dans The Ten Commandments Today, p. 88)


Exode 20:13. En quoi le commandement de ne pas tuer intéresse-t-il ceux qui se livrent à la guerre ?


« Dans une déclaration pertinente exposée dans un message de la Première Présidence de l'Église pendant le Deuxième Guerre mondiale et exposée à la conférence
générale du 6 avril 1942, ce sujet fut discuté dans le détail. Cela fut dit à un moment où près de cent mille jeunes saints des derniers jours étaient engagés ou se livraient à l'entraînement pour le combat dans la guerre la plus destructrice de toute l'histoire. Je cite ici une partie de ce message (pages 32-36) :


« 'L'Église est et doit être contre la guerre. L'Église elle-même ne peut pas faire la guerre, à moins et jusqu'à ce que le Seigneur donne de nouveaux commandements. Elle ne peut pas considérer la guerre comme un moyen juste de régler les querelles internationales ; celles-ci devraient et pourraient être réglées – les nations étant d'accord – par des négociations et des adaptations pacifiques.


« 'Mais les membres de l'Église sont citoyens ou sujets de souveraineté sur lesquels l'Église n'a aucun contrôle. Le Seigneur lui-même nous a dit [et on cite ici D&A 98:4-7].


« 'Bien que dans ces termes, cette parole révélée concerne plus spécialement l'Amérique, néanmoins les principes énoncés sont d'application mondiale et s'adressent spécifiquement à… 'mon Église'. Par conséquent lorsque la loi constitutionnelle, conformément à ces principes, appelle les hommes de l'Église au service armé d'un pays auquel ils doivent leur allégeance, leur devoir civique suprême exige qu'ils répondent à cet appel. Si, en répondant à cet appel et en obéissant à ceux qui sont à leur tête, ils ôtent la vie à ceux qui combattent contre eux, cela ne fait pas d'eux des assassins, ni ne les assujettit au châtiment que Dieu a prescrit pour ceux qui tuent, au-delà du principe qui va être mentionné dans un instant. Car ce serait un Dieu cruel qui punirait ses enfants comme moralement pécheurs pour des actes accomplis par eux comme instruments innocents d'un souverain à qui il leur a dit d'obéir et à la volonté duquel ils sont impuissants à résister.


« 'Le monde entier est au milieu d'une guerre qui est la pire de tous les temps. L'Église est une Église mondiale. Ses membres dévoués se trouvent dans les deux camps. Ils sont les instruments innocents de leurs souverainetés en guerre. De chaque côté ils croient qu'ils se battent pour leur foyer, leur pays et leur liberté. De part et d'autre nos frères prient le même Dieu au même nom pour avoir la victoire. Les deux côtés ne peuvent pas avoir entièrement raison ; il est probable qu'aucun des deux n'est pas sans torts. Dieu décidera souverainement de la justice et du droit dans le conflit, mais il ne tiendra pas pour responsables du conflit les instruments innocents de la guerre, nos frères en armes. Nous sommes dans une grande crise de la vie terrestre de l'homme. Dieu est au gouvernail.' [fin de citation]


« Il y a donc une vaste différence entre détruire la vie pendant que l'on agit sous les ordres d'une nation souveraine à laquelle notre devoir nous commande d'obéir et tuer volontairement sous notre propre responsabilité. Il serait bon que chaque jeune homme appelé au service militaire étudie soigneusement la citation ci-dessus de la Première Présidence. » (Lee, dans The Ten Commandments Today, p. 93-94)


Exode 20:14. « Tu ne commettras point d'adultère »


« L'homme devait se reproduire. Il n'appartenait pas au royaume végétal pour être obligé de suivre les règles de cette forme de vie. Il n'était pas non plu un animal qui devait être mené par des instincts seulement. Enfant de Dieu, il reçut des pouvoirs qui n'étaient accordés à aucune autre forme de vie. Il appartenait à la race divine et par conséquent pouvait disposer de beaucoup d'avantages et de pouvoirs liés à la Divinité.


« Le pouvoir de reproduction devait être donné à l'homme comme il avait été donné aux formes inférieures de la vie pour perpétuer son espèce. Mais lorsque le Seigneur avait établi des sauvegardes pour ce pouvoir parmi les formes inférieures, des barrières que les animaux n'avaient pas tendance à renverser à cause de la façon dont elles étaient faites, l'homme se trouvait dans une situation différente. Avec son droit de choisir, avec ses impulsions, certaines vers le bien et d'autres vers le mal, il pouvait maintenant utiliser ses pouvoir divinement donnés soit dans de bons buts, soit dans de mauvais buts. Ce n'était pas que question d'instinct pour lui. C'était une question de choix. Il avait le droit de choisir avant de venir au monde. Cela ne lui fut pas enlevé quand il devint mortel.


« Les animaux ne corrompraient pas leur pouvoir reproducteur. L'instinct y veillait. Mais que ferait l'homme mortel ? Cette question touchait au coeur même du but dans lequel l'homme était envoyé ici, pour être mis à l'épreuve, et prouver s'il était digne d'entrer en la présence de Dieu. Avec son droit de choisir, il serait libre de déterminer la voie qu'il allait suivre. Il pouvait faire ce qui serait ennoblissant ou il pourrait faire ce qui avilirait. La solution du problème, c'était de donner des lois. Sinon comment le Seigneur pouvait-il traiter avec une personne intelligente qui avait le droit de choisir et qui devait être mise à l'épreuve pour voir ce qu'elle choisirait ?


« Ainsi donc Dieu convoqua le premier homme et la première femme. Comme homme et femme ils devaient reproduire leur espèce. Mais ils devaient le faire dans des conditions divinement prescrites… L'alliance du mariage, union sacrée qui devait continuer éternellement, fut l'institution divine que Dieu fournit pour permettre à ses enfants mortels de se reproduire sur la terre. Il ne devait pas y avoir de relations sexuelles humaines en dehors du mariage. Les enfants nés de l'homme et de la femme dans le
mariage ordonné par Dieu devaient rester éternellement leurs enfants. Les familles continueraient en tant qu'entités jusque dans l'éternité. Les liens du foyer créés dans la vie terrestre dureraient éternellement. Cela faisait partie du système céleste transféré sur la terre. Il fallait le garder sacré. » (Mark E. Petersen, dans The Ten Commandments Today, p. 104-10)


Exode 20:15. « Tu ne déroberas point »


Les dix commandements exposent les grands principes de fondation de la justice. Ils sont si vastes et si profonds dans leur étendue qu'ils couvrent tous les aspects du comportement moral. Le huitième commandement en est un bon exemple. Il se compose de quatre mots, et cependant les implications sont suffisantes pour couvrir toute une panoplie de comportements de l'homme. Depuis la chute, Adam et toute l'humanité qui l'a suivi ont reçu le commandement de travailler pour gagner leur pain (voir Genèse 3:19). Quand un homme cherche à récolter les avantages du travail d'un autre sans compensation suffisante, c'est du vol. Ainsi voler implique bien plus que simplement enlever les biens de quelqu'un d'autre.


« Dans les fonctions publiques et dans la vie privée, la parole du Seigneur retentit : 'Tu ne déroberas point… ni ne feras rien de semblable' (D&A 59:6). Nous passons notre temps à justifier toutes sortes de malhonnêteté… toutes les formes de malhonnêteté en tous lieux et dans toutes les situations. À propos de tous les vols et de tous les actes malhonnêtes le Seigneur dit : 'Tu ne déroberas point'. Il a utilisé quatre mots courants. Peut-être était-il las de la longue liste qu'il aurait pu dresser des manières de voler, de tromper et de profiter et il couvrit toutes les méthodes utilisées pour prendre ce qui ne nous revient pas de droit en disant : 'Tu ne déroberas point'. » (Kimball, A Report and a Challenge, Ensign, novembre 1976, p. 6)


Exode 20:16. « Tu ne porteras point de faux témoignage »


« Le meurtre, l'adultère et le vol, qui portent respectivement sur la vie, la vertu et la propriétés, sont généralement considérés comme des délits plus graves devant la loi que le fait de porter de faux témoignages. Et cependant si c'est quelque chose de moins grave, ce fait est largement compensé par sa généralisation. En fait la plupart des lecteurs de ces leçons éviteront très vraisemblablement comme la peste les trois premiers de ces grands délits sociaux ; mais, consciemment ou inconsciemment, nous pouvons être en tout temps tentés de nous laisser aller au commérage et à d'autres manières de porter de faux témoignages…


« Porter un faux témoignage, c'est attester ou colporter des histoires, des insinuations, des suppositions ou des rumeurs comme si elles étaient vraies, pour faire du tort à nos semblables. Parfois la pratique est le fruit d'un manque d'informations correctes (parfois d'un manque de compréhension, parfois de malentendus), parfois d'une tendance perverse à déformer et à médire.


« Tandis que le meurtre consiste à ôter la vie humaine, porter faux témoignage consiste à détruire ou à diffamer la personnalité. C'est chercher à ruiner la réputation. » (Adam S. Bennion dans The Ten Commandments Today, p. 134-136)


Exode 20:17. « Tu ne convoiteras pas »


« C'est le dernier des dix commandements, et s'il n'était pas tellement mêlé à tous les autres, on pourrait croire que c'est un des plus petits. Mais tous les commandements sont tellement entremêlés qu'on ne peut en enfreindre aucun sans affaiblir tous les autres. Pour illustrer (et nous rappeler les neuf autres) :


« Celui qui convoite 'les choses' simplement matérielles de la vie peut avoir 'd'autres dieux devant sa face' et peut 'se prosterner devant eux' en pensée et en esprit, si pas physiquement.


« Celui qui convoite risque de devenir grossier et négligent dans d'autres choses aussi, comme par exemple prendre 'le nom de l'Éternel ton Dieu en vain'.


« Celui qui convoite risque de profaner le jour du sabbat pour obtenir du gain.


« Celui qui convoite peut négliger de soutenir son père et sa mère dans leur besoin.


« Ceux qui ont convoité, ont tué pour obtenir ce gain.


« Beaucoup de gens qui ont convoité 'la femme de leur prochain' ont commis le grave péché d'adultère.


« Celui qui convoite court le risque de voler (ou d'escroquer ou de détourner).


« Celui qui convoite risque de porter faux témoignage pour obtenir du gain.


« Ainsi donc le dixième commandement est inséparablement intégré à tous les autres, et le fait de convoiter pourrait conduire à la violation complète de tous les autres, car il y a une unité dans la vie dans laquelle chaque partie complète l'autre. Il y a une unité et une harmonie dans la parole de Dieu, et tout vient de la même source. Et quand nous ignorons un conseil ou un commandement divin, nous pouvons être certains que nous nous affaiblissons et augmentons le risque de commettre d'autres péchés…


« Le commandement contre la convoitise ne signifie pas que nous ne devons pas avoir un mécontentement sain ou le désir sain de nous améliorer, nous ou notre situation. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas avoir l'ambition honnête d'avoir davantage des bonnes choses de la vie. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas admirer ce que notre voisin possède et chercher par notre propre travail à gagner des choses d'une même valeur. La terre contient beaucoup de choses pour tous, et le désir d'acquérir pour nous d'aussi bonnes choses que d'autres hommes est une qualité de caractère productive à conditions que nous les acquérions par l'effort honnête, d'une manière légale et en gardant une vie bien équilibrée. Le danger se présente quand les choses simples commencent à avoir trop d'importance. » (Richard L. Evans dans The Ten Commandments Today, p. 142-144)


Les Écritures contiennent une définition intéressante de la convoitise. Paul, en deux occasions identifie la convoitise à l'idolâtrie (voir Éphésiens 5:5 ; Colossiens 3:5). Cela implique que quand une personne met son coeur dans les choses du monde au point que la fidélité à Dieu et à ses principes n'a plus d'importance, les choses matérielles deviennent un Dieu pour cette personne ; elle les suit ou les adore, et cette pratique est la même que l'idolâtrie. À notre époque, le Seigneur a dit que l'idolâtrie était une grande caractéristique de notre génération (voir D&A 1:16). Samuel dit à Saül que le péché et l'iniquité étaient aussi l'idolâtrie (voir 1 Samuel 15:23).


EXODE 21

Exode 21:2-11. Les droits de la liberté sous l'empire de la loi


Voici le premier exemple de la méthode des précédents [voir commentaire de Exode 21:12-36] dans la loi mosaïque. Le principe est « Tu ne déroberas point ». Une des choses les plus précieuses que l'homme ait est sa liberté personnelle. Voler la liberté de quelqu'un est un vol grave. Par conséquent il n'était pas permis de posséder en permanence des esclaves à moins que l'intéressé lui-même ne prenne la décision d'être esclave pour la vie (voir versets 5-6). Comme nous l'illustrons ici, l'esclave en Israël est en réalité plutôt un serviteur. En vertu de la loi, il devait être libéré après sept ans, à moins qu'il ne décide volontairement de rester en servitude.


Si un père pouvait arranger le mariage de sa fille (c'est le sens de l'expression « vend sa fille pour être esclave » au verset 7, comme le prouvent les fiançailles mentionnées aux versets 8 et 9), elle aussi conservait certains droits. Le futur mari ne pouvait pas l'utiliser comme une esclave (« elle ne sortira point comme sortent les esclaves »). Si le futur marié n'était pas content de la jeune mariée, la loi garantissait les droits de la femme. Cette garantie légale faisait un contraste marqué avec la pratique de la plupart des autres peuples dont les femmes étaient considérées comme un bien dont on pouvait disposer selon le caprice des hommes.


Exode 21:6. Pourquoi perçait-on l'oreille d'un esclave ?


Grâce aux directives de la loi, le sort des esclaves hébreux était considérablement adouci ; en fait ils étaient presque à un niveau d'égalité avec les travailleurs salariés. Dans de telles conditions, certains hommes étaient disposés à abandonner la liberté contre la sécurité, surtout s'ils s'étaient mariés pendant qu'ils étaient esclaves et si le fait d'être libérés de l'esclavage risquait de les obliger à abandonner leur épouse et leurs enfants.


« Dans ce cas, le maître devait conduire son serviteur… devant Dieu, c'est-à-dire… à l'endroit où le jugement était rendu au nom de Dieu [voir Deutéronome 1:17 ; 19:17 ; cf. Exode 22:7-8] pour y déclarer qu'il renonçait à sa liberté. On devait alors lui percer l'oreille avec un poinçon contre la porte ou le poteau de la maison, et par ce signe, qui était coutumier dans beaucoup de nations de l'Antiquité, être attaché pour ainsi dire définitivement à la maison. » ((Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:130)


Exode 21:12-36. Quelques précédents expliquent les principes


Ces lois spécifiques éclaircissent les commandements ou principes fondamentaux :


1. Il y a une différence entre le meurtre prémédité et la mort accidentelle, ou homicide, comme on l'appelle aujourd'hui (voir versets 12-14). « Que Dieu l'ait fait tomber sous sa main » (verset 13) est une expression idiomatique qui signifie que l'intéressé ne cherchait pas activement la mort de la victime. Ce cas constitue un éclaircissement du « Tu ne tueras point ».


2. Certains délits étaient si graves qu'ils nécessitaient la peine de mort. Ce fait montre premièrement la gravité du meurtre et deuxièmement que la peine de mort, exécutée par l'autorité légalement constituée, n'est pas une violation du sixième commandement. Les délits capitaux énoncés ici comprenaient : le meurtre prémédité (voir versets 12-14) ; la tentative de meurtre sur la personne de ses parents (voir verset 15 ; le verbe traduit par « frappera » vient du terme hébreu qui signifie « frapper profondément de manière à blesser ou à tuer », Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « smite », p. 401) ; l'enlèvement (voir verset 16) ; le fait de maudire ses parents (voir verset 17 ; ici le mot hébreu est très fort, signifiant « injurier » ou « exprimer de violents reproches », Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « curse », p. 105) ; tuer un esclave (voir versets 20-21 ; la Traduction de Joseph Smith change le verset 20 de sorte qu'il dit : « Si un homme frappe du bâton son esclave, homme ou femme, et que l'esclave meurt sous sa main, il sera mis à mort ») ; la négligence frappante dans l'utilisation de ses biens (voir verset 29). D'autres délits capitaux étaient cités ailleurs dans la loi.


3. La gravité de l'avortement est enseignée dans le précédent donné aux versets 22 à 25. Si deux hommes  se battent et frappent une femme enceinte, l'amenant à faire une fausse-couche, le châtiment est imposé. Si « il y a un accident » (hébraïsme signifiant la mort ; voir versets 22-23), alors l'offenseur était puni de mort. Un érudit biblique pense que la méthode par précédent illustre l'étendue de l'application de la loi, et ce cas donne un excellent exemple de ce système. Si un avortement causé par un accident devait être puni gravement, on peut supposer que l'avortement délibéré sans cause justifiable était beaucoup plus grave.


4. Comme extension du commandement « Tu ne déroberas point », plusieurs cas de juste rétribution sont donnés ici dans Exode 22. Encore une fois, les cas ou 'précédents', illustrent l'étendue de la loi. On peut voler quelqu'un d'autre par vol direct, mais on peut aussi voler par négligence ou accident. Ainsi si on vole à quelqu'un d'autre son intégrité physique (voir versets 26-27), il faut faire restitution. Si, par négligence, on cause la perte du bien de quelqu'un d'autre, il faut restituer. La loi de Moïse n'est pas la loi de représailles, mais une loi qui limite les représailles.


Abinadi dit que la loi était « une loi stricte » « de rites et d'ordonnances » donnée parce qu'Israël était « un peuple obstiné » (Mosiah 13:29-30). Dans la loi du Christ, un principe général tel que « tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites le de même pour eux » (Matthieu 7:12) couvrait des situations semblables à celles qui sont mentionnées dans Exode 21. Mais dans la loi supérieure de l'Évangile, des commandements supplémentaires précis n'étaient pas requis. Sous la loi du Christ, il n'est pas nécessaire de dire à quelqu'un qu'il doit se garder de la négligence ou réparer en cas de perte accidentelle. Il le fait parce qu'il aime son prochain. La loi de Moïse spécifiait la façon dont la loi se vivait dans les situations quotidiennes et pratiques mais elle enseignait quand-même la loi du Christ.


Exode 21:24. « Ouil pour oeil, dent pour dent »


« Comme il est intéressant de le constater, ce passage n’entend pas permettre la vengeance et les représailles. Sous la forme que le Seigneur lui donne dans l’Ancien Testament, cette formule est une métaphore qui illustre le principe des conséquences. Paul exprime cette idée avec concision : 'Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi' » (Galates 6:7).

« À l’époque de l’Ancien Testament, le concept d’œil pour œil fut donné comme principe pour guider les juges, pour que leurs jugements soient justes et pour que les personnes ne cherchent pas à se faire justice elles-mêmes… Comme le Sauveur le dit dans le sermon sur la montagne : «'L’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez' (Matthieu 7:2). Au jugement final, on rendra œil pour œil, dent pour dent, miséricorde pour miséricorde, bienveillance pour bienveillance, et dans l’au-delà, le mal pour une mauvaise vie.

« Quand le Sauveur a donné le sermon sur la montagne, il a cité 'œil pour œil, dent pour dent' pour enseigner : 'Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre' (Matthieu 5:38-39). Le Seigneur ne retirait pas le principe de justice divine qu’il avait donné à Moïse sur le Sinaï. Il dénonçait plutôt les enseignements des scribes et des pharisiens de son époque qui se méprenaient sur l’intention de l’Écriture. Au lieu de laisser le jugement à ceux qui en avaient l’autorité, ils interprétaient le principe d’œil pour œil comme une justification personnelle pour se venger d’une blessure ou d’une insulte.

« Les enfants d’Israël avaient reçu ce commandement spécifique, qui faisait partie de la loi de Moïse : 'Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même' (Lévitique 19:18). Ainsi, on leur interdisait non seulement de se venger, mais aussi de nourrir toute rancune qui pourrait les mener aux représailles. Leur devoir était d’aimer, en laissant la vengeance au Seigneur (voir Deutéronome 32:35 ; Psaumes 94:1).

« Ainsi, quand le Sauveur, dans le sermon sur la montagne, disait au peuple de ne pas chercher à se venger, il rétablissait simplement un principe qu’il avait donné par l’intermédiaire de Moïse et il tentait d’éliminer une tradition qui s’en était éloignée. » (Ermel J. Norton, L'Étoile, mars 1982, p. 9-10)


EXODE 22

Exode 22:1-17. La loi se préoccupait de réparer auprès des parties offensées


« Premièrement le taux de restitution est fixé : 'Si un homme dérobe un boeuf ou un agneau, et qu'il l'égorge ou le vende, il restituera cinq boeufs pour le boeuf et quatre agneaux pour l'agneau' (Exode 22:1). La restitution multipliée repose sur un principe de justice. Les moutons peuvent se reproduire très rapidement et sont utilisables non seulement comme viande, mais aussi, grâce à leur laine, comme vêtements et aussi d'autres utilisations. Voler un mouton, c'est voler la valeur présente et future du bien d'un homme. Le boeuf exige un taux de restitution plus élevé, quintuplé, parce que le boeuf était entraîné à tirer des charrettes et à labourer et était utilisé dans toutes sortes de tâches fermières. Par conséquent le boeuf n'avait pas seulement la valeur de sa viande et son utilité, mais aussi la valeur de son dressage en ce que dresser un boeuf pour le travail était une tâche qui demandait du temps et de l'habileté. Il nécessitait donc un taux de restitution plus élevé. Il est clair qu'on voit se manifester ici un principe de restitution ; la restitution devait calculer non seulement la valeur présente et future de ce qui était volé, mai aussi les talents spécialisés que nécessitait son remplacent.


« Deuxièmement le vol pouvait présenter des problèmes relatifs à la défense contre le voleur [Exode 22:2-3]. Celui qui s'introduit la nuit dans une maison peut légitimement être tué par les habitants pour défendre leur propriété ; cela fait partie de leur défense légitime d'eux-mêmes et de leurs biens. Il n'y a aucune raison de supposer que cette effraction ne couvre pas la grange. Mais de jour tuer un voleur sauf en cas d'autodéfense est un homicide. Le voleur peut alors être identifié et appréhendé de sorte que cela est en soi une protection. Si le voleur ne peut pas réparer, il doit être vendu en esclavage pour satisfaire à l'exigence de la restitution. Cela signifie aujourd'hui une sorte de droit de garde selon lequel l'ensemble du revenu du voleur condamné est arrangé de manière à ce qu'une restitution complète soit assurée.


« Troisièmement la loi spécifiait la restitution requise d'un voleur pris sur le fait ou pris avant de s'être débarrassé des marchandises volées [Exode 22:4]. Dans de tel cas, le voleur devait rendre ce qui avait été volé et son équivalent, c'est-à-dire la somme exacte qu'il s'attendait à retirer comme profit de son vol. C'est la restitution minimum. Un homme qui vole 100 € doit rendre non seulement les 100 € mais aussi 100 € supplémentaires.


« Quatrièmement certains actes, qu'ils soient délibérés ou accidentels, s'accompagnent d'une responsabilité qui exige réparation, car endommager les biens d'un autre c'est lui voler une mesure de sa valeur [Exode 22:5-6]. Dans tous les cas de ce genre, la restitution dépend de la nature de l'acte ; si on endommage des arbres fruitiers ou des vignes, alors c'est la production future qui est endommagée, et la responsabilité est proportionnelle. Le code pénal ne contient plus  que des survivances du principe de la restitution; la partie lésée doit maintenant engager un procès civil en dommages et intérêts, et cela sans application des principes bibliques.


« Cinquièmement Exode 22:7-13 définit les responsabilités à l'égard des biens dont on a la garde… Les biens déposés entre les mains de quelqu'un d'autre pour en assurer la garde pourraient être si facilement détournés par le gardien ou perdus par sa négligence que des lois étaient nécessaires pour en assurer la protection. Inversement le gardien devait être sauvegardé contre le risque d'encourir des pertes si les biens confiés à sa garde étaient endommagés ou disparaissaient sans que sa responsabilité ne soit engagée. La législation mosaïque prévoyait les deux cas. D'une part, elle exigeait du gardien qu'il apporte les soins appropriés et le rendait responsable de la perte si une chose qui lui était confiée était volée et si on ne trouvait pas le voleur. Elle punissait le détournement en exigeant du gardien coupable de 'payer au double'. D'autre part, dans les cas douteux, elle permettait au gardien de se disculper par un serment (versets 10-11) et dans les cas clairs d'apporter la preuve que la perte s'était produite par un accident inévitable (verset 12).


« Sixièmement en cas de location ou de prêt, certains principes de responsabilité sont en vigueur [Exode 22:14-15]. Si un homme emprunte et endommage les biens d'un autre, il est responsable des dommages causés, il a détruit ou nui aux biens d'un autre et est ainsi coupable de vol ; la restitution est obligatoire. Si le propriétaire est venu l'aider volontairement en bon voisin, le dommage est imputé au propriétaire, parce que son bien a été endommagé alors qu'il était sous sa propre supervision. C'est d'autant plus vrai s'il travaillait pour un salaire, parce que la location de ses services avec boeuf, un âne ou tout autre équipement comprend l'usure et les dommages causés à son matériel de travail.


« Septièmement, la séduction n'est pas seulement une infraction contre le septième commandement mais aussi contre le huitième, puisque cela implique que l'on vole à une jeune fille sa virginité (Exode 22:16-17). La compensation ou la restitution exigeait : 'Il paiera en argent la valeur de la dot des vierges'. Chose significative, le mot traduit par paiera est en hébreu 'pèsera' ; l'argent était alors pesé, le poids d'un sicle d'argent ou d'or…


« Dans tous les cas, il n'y a pas seulement jugement de Dieu contre l'offenseur, mais aussi restitution à l'offensé. La restitution est ainsi étroitement liée à l'expiation, à la justice et au salut. » (Rushdoony, Institute of Biblical Law, p. 459-462)


Exode 22:18-24. Le Seigneur énonce d'autres délits capitaux


Au milieu des lois de la restitution, le Seigneur cite plusieurs autres délits méritant la mort. En d'autres termes, certains délits étaient si graves que la restitution devait être faite par la vie de l'intéressé lui-même. Parmi ces délits :


1. La magie (voir verset 18). Un commentateur explique pourquoi : « La sévérité de cette loi contre les magiciens, etc. nous montre sous quel jour la justice divine les voyait. C'étaient des personnes qui détournaient le peuple de sa fidélité à Dieu alors qu'il devait dépendre du seul jugement de la Divinité ; et qui, en fouillant d'une manière impure dans le futur, s'attribuaient une caractéristique de Dieu, la prédiction d'événements futurs, ce qui impliquait en soi le blasphème le plus grossier et tendait à corrompre l'esprit du peuple en l'écartant de Dieu et de la révélation qu'il avait donnée de lui-même. Beaucoup d'Israélites avaient certainement appris ces arts curieux lors de leur longue résidence chez les Égyptiens, et les Israélites y étaient tellement attachés qu'on constate que ce genre de talent était renommé parmi eux, et différentes pratiques de ce genre régnèrent pendant toute l'histoire juive en dépit du fait que le délit était capital et dans tous les cas puni de mort » (Clarke, Bible Commentary, 1:416). Toutefois dans la Traduction de Joseph Smith, le mot magicien est remplacé par le mot meurtrier.


2. Les perversions sexuelles avec les animaux, un des péchés sexuels les plus graves (voir Exode 22:19).


3. Le culte des idoles (voir verset 20). Le culte d'un faux dieu est pour l'homme spirituel ce qu'est le meurtre pour l'homme physique : une mort directe et dévastatrice. Alma le Jeune comprenait ce principe quand il dit à propos de sa période d'apostasie : « J'avais tué un grand nombre de ses enfants, ou plutôt je les avais conduits à la destruction » (Alma 36:14).


4. La négligence des veuves et des orphelins (voir Exode 22:22-24). Mais dans ce cas, les règles n'imposaient pas toujours la peine de mort. Le Seigneur se réservait ce droit (voir verset 24).


Exode 22:25-27. Pourquoi était-il interdit de conserver le manteau d'un homme pour la nuit ?


« Le fait est que dans ses relations avec un pauvre, peut-être son propre employé, l'Israélite devait être généreux. S'il lui fait une avance sur son salaire, il ne doit pas insister pour que le paiement ait lieu pour la fin de la journée au risque d'obliger l'homme à se priver du vêtement qu'il a donné en gage pour le prêt (verset 26). À l'origine, l'exhortation n'était pas tellement l'interdiction de prélever un intérêt que l'exigence que l'on soit prêt à 'risquer une avance' sans garantie matérielle. Amos 2:6 condamne les Israélites pour avoir traité ces avances d'une manières strictement légaliste, allant jusqu'à mettre les pauvres dans le dénuement. Au moment ou l'économie de troc se transformait en économie d'argent, le problème de l'intérêt devint de plus en plus aigu (Dt. 23:19-20 ; Lévitique 25:26) ; entre Israélites l'intérêt pour des prêts commerciaux était interdit. En hébreu, le mot 'intérêt' signifiait 'morsure' ! Prendre le manteau d'un voisin en gage pour une période plus longue que les heures de travail du jour, où il ne le porte pas, équivaut à l'obliger à mettre sa vie en gage (cf. Dt 24:6, 17). Cette interdiction rend en fin de compte impossible l'esclavage pour dette. » (Interpreter's Bible, 1:1008)


Exode 22:29-31


Le mot traduit par « vendange » vient d'un mot hébreu signifiant « pleurer » et désigne le jus de la vigne ou l'huile d'olive, pas nécessairement le jus fermenté. Ces lois devaient symboliser la consécration volontaire du peuple de l'Éternel.


EXODE 23

Exode 23:1-8. Les lois de droiture


Beaucoup de gens dans le monde chrétien pensent qu'on peut résumer la loi de Moïse par « oeil pour oeil, dent pour dent » (Exode 21:24). Ils s'imaginent un système de représailles féroces et de châtiments brutaux. Dans Exode 23:1-8, on trouve un excellent exemple de l'inexactitude de cette conception. On trouve ici des lois exigeant un haut degré de moralité, de justice et de droiture et l'obligation de faire du bien à son prochain. À une époque où la méchanceté abonde, ou le commérage et la médisance sont courants (voir verset 1), où les hommes suivent la mode dictée par des hommes pervers et cupides (voir verset 2), où les impies (la Traduction de Joseph Smith remplace le mot pauvre du verset 3 par impie) sont souvent soutenus et même glorifiés, où beaucoup de gens refusent de se mêler des problèmes ou des malheur de leur prochain (voir versets 4-5), où l'exploitation des pauvres et des ignorants est généralisée (voir versets 6-7) et où la corruption fait la matière quotidienne des journaux (voir verset 8), le monde ferait bien de se tourner vers de telles lois et les suivre.


Exode 23:8-19


Le but des jours saints était double : premièrement aider Israël à se souvenir qu'il avait été libéré de l'esclavage par la puissance de Dieu et deuxièmement l'aider à poursuivre l'alliance avec l'Éternel. Le but fondamental de la pratique était de favoriser la confiance au Seigneur.


Exode 23:20-31


Dieu promit cinq choses à Israël pour son obéissance : Tout d'abord un ange du Seigneur les conduirait en terre promise (voir versets 20-23). Deuxièmement ils auraient en bénédiction la santé (voir versets 24-25). Troisièmement leurs troupeaux et eux se multiplieraient considérablement (voir verset 26). Quatrièmement, ils remporteraient le succès dans leur combat contre les nations païennes (voir versets 27-30). Cinquièmement, ils hériteraient finalement de tout depuis la mer Rouge jusqu'à l'Euphrate (voir verset 31).


EXODE 24


Exode: 24:1-8. Avant même que Moïse ne monte sur la montagne, Israël était interdit de la loi et faisait alliance de lui obéir


« En attendant que Moïse et les soixante-dix témoins montent en la présence du Seigneur, le peuple fut instruit des lois. Il les accepta avec l'alliance de les garder, en accepta un exemplaire comme faisant force de loi, et ces alliances furent sanctifiées par un sacrifice. Notez la promesse faite par le peuple : 'Nous ferons tout ce que l'Éternel a dit'. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:88-89).


Les instructions qu'Israël reçut avant que Moïse ne monte sur le mont Sinaï furent conservées dans le « livre de l'alliance » (verset 7).


« Mais comme aucune alliance n'était considérée comme étant ratifiée et faisant force de loi avant qu'un sacrifice n'ait été offert en cette occasion, cela explique la nécessité des sacrifices mentionnés ici. La moitié du sang répandu sur l'autel et la moitié sur le peuple, montrait que Dieu et le peuple étaient mutuellement liés par cette alliance. Dieu était lié vis-à-vis du peuple en ce qu'il devait le soutenir, le défendre et le sauver ; le peuple était lié à Dieu en ce qu'il devait le craindre, l'aimer et le servir. » (Clarke, Bible Commentary, 1:425)


Les instructions données à Israël donnaient l'assurance qu'il ne serait pas obligé de contracter des relations qu'il ne comprenait pas ni ne voulait. Une fois qu'Israël ait exprimé sa volonté de recevoir la loi et fit alliance de la vivre, Moïse était libre d'agir pour Israël en la présence du Seigneur.


Exode 24:9-11. Voir commentaire de Exode 33:19-23.


EXODE 25

Exode 25 à 30 et 35 à 40. Pourquoi y a-t-il deux récits sur le tabernacle dans l'Exode ?


Pendant qu'il était sur le mont Sinaï, Moïse reçut la révélation détaillant les plans du tabernacle (voir Exode 25-30). Quand il descendit, Moïse rassembla Israël et ils commencèrent la construction du tabernacle (voir Exode 35-40). Étant donné que Moïse utilisa la révélation pour guider la construction, il y a un parallèle étroit entre les deux descriptions de l'Exode. Dans le cadre du commentaire, nous nous basons sur Exode 25-30, les chapitres de révélation ; les ajouts importants rapportés dans les chapitres sur la construction seront notées selon les besoins.


Exode 25:1-9. De bon coeur


Il est significatif qu'avant de révéler le modèle du tabernacle, le Seigneur dit à Moïse qu'Israël devait se montrer disposé à faire des sacrifices pour édifier son sanctuaire (voir verset 2). Mormon a enseigné que si on fait au Seigneur un don ou un sacrifice à contrecoeur, non seulement il n'est pas acceptable par le Seigneur, mais il devient un acte mauvais (voir Mormon 7:6-10). Si Israël n'avait pas une attitude correcte vis-à-vis du sacrifice de ses biens matériels, cela ne lui ferait pas de bien. En dépit de ses autres défauts et manquements (l'épisode du veau d'or eut lieu pendant que Moïse était sur la montagne occupé à recevoir cette révélation), quand Israël apprit ce que le Seigneur demandait, il y répondit avec une générosité joyeuse. Son coeur avait vraiment été touché (voir Exode 35:20-22, 25-26, 29), et finalement Moïse dut freiner les gens parce qu'ils donnaient bien plus qu'il n'en fallait pour le tabernacle (voir Exode 36:5-7).


Dans Exode 25:8, le Seigneur révèle le but du tabernacle : ce devait être la maison du Seigneur. Le mot hébreu qui est traduit par « tabernacle » signifie en réalité « tente » ou « demeure » (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « tabernacle », p. 434)


L'expression « d'après le modèle que le vais te montrer » (Exode 25:9) semble vouloir dire que Moïse eut la vision du tabernacle et de son ameublement et pas simplement une description verbale.


Exode 25:7. Au sujet de l'éphod, voir le commentaire de Exode 28.


Exode 25:10. Pourquoi l'acacia et que signifie le mot coudée ?


L'acacia du désert est connu partout en Égypte et au Moyen-Orient (voir Smith, Dictionary of the Bible, sous la mention « shittah tree, shittim », p. 624-625). Parce que son bois dur était résistant et se laissait très bien polir, il était idéal pour la construction du tabernacle. Les dimensions du tabernacle sont décrites par une unité de mesure appelée coudée qui est d'une longueur d'environ 45 cm. Une grande partie du mobilier du tabernacle était construit en bois d'acacia et recouvert de feuilles d'or pour lui donner l'apparence de l'or. Si l'ameublement avait été en or massif, il aurait été beaucoup trop lourd à porter.


Exode 25:10-22 ; 37:1-9. L'arche de l'alliance


L'arche de l'alliance était un coffre ou boîte de bois d'acacia recouvert d'or. Elle avait environ un mètre de long, soixante-dix centimètres de large et soixante-dix centimètres de haut. Des barres ou perches de part et d'autre permettaient aux prêtres de la porter sans toucher l'arche même. À l'intérieur furent placées les tables de la loi données à Moïse sur le mont Sinaï (voir verset 16). C'est pourquoi on l'appelait l'arche du témoignage ou l'arche de l'alliance. Plus tard un pot de manne et la verge d'Aaron qui fleurit miraculeusement furent également mis dans l'arche (voir Hébreux 9:4). L'arche fut mise dans la salle intérieure du tabernacle appelée le lieu très Saint ou Saint des Saints. Les Israélites avaient pour l'arche la plus grande déférence, et on récitait des prières avant qu'on ne la déplace ou la mette en place (voir Nombres 10:35-36).


Le mot chérubin désigne ordinairement les gardiens de choses sacrées. Bien que la signification exacte du mot ne soit pas connue, la plupart des érudits pensent que ces chérubins représentaient « les hommes rachetés et glorifiés » ou « les saints et les anges glorifiés » (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « cherubim », p. 75). Étant donné que les saints des derniers jours ne croient pas que les anges ont des ailes, comme on les montre souvent dans l'art chrétien, le commandement de mettre des ailes sur les chérubins peut susciter des questions. Une autre révélation montre cependant que les ailes représentent symboliquement la faculté de se déplacer et d'agir (voir D&A 77:4). Dieu dit à Moïse que ce serait entre ces chérubins sur le propitiatoire qu'il le rencontrerait et communierait avec lui. Les révélations des derniers jours disent que les anges sont des sentinelles qui gardent la présence de Dieu (voir D&A 132:19).


Le sang de l'agneau de l'Éternel était aspergé sur le propitiatoire le jour sacré des expiations (voir Lévitique 16:14). On trouvera une étude complète de l'importance sacrée de cet événement dans le commentaire de Lévitique 16.


L'arche de l'alliance était un des éléments les plus importants du tabernacle, tant dans son importance pour l'Israël d'autrefois que pour son importance symbolique.


Exode 25:17. Que signifiait l'utilisation de l'or dans le tabernacle et son ameublement ?


Les hommes ont la plus haute estime pour l'or depuis les temps les plus anciens et il a donc une signification symbolique aussi bien que monétaire. « Dans l'Écriture, l'or est souvent employé comme emblème de ce qui est divin, pur, précieux, solide, utile, incorruptible ou durable et glorieux. » (Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « gold », 2:723). Ce symbolisme explique l'utilisation de l'or dans l'arche de l'alliance.


On utilisait aussi l'argent et l'airain dans d'autres parties du tabernacle et de son ameublement. Ces deux métaux ont une signification symbolique aussi bien que fonctionnelle.


« La relativité de la sainteté était encore soulignée par les matériaux. L'or fin ou pur était utilisé pour l'arche, le propitiatoire, la table de la Présence et ses vases, pour le chandelier et ses accessoires, pour l'autel des encens et pour les vêtements du grand-prêtre. On utilisait de l'or ordinaire pour la bordure, les anneaux et les barres de l'arche, de la table et de l'autel des encens, pour les agrafes des tapis, pour les planches et les barres, pour les colonnes du voile et du rideau et pour d'autres parties des vêtements du grand-prêtre. L'argent était réservé aux bases des planches, aux colonnes du voile et aux tringles du parvis. Finalement il y avait l'airain dont était fait l'autel des holocaustes et ses ustensiles, les bases du parvis et les bassins. Le même principe était d'application pour les matériaux brodés et le lin.


«Le thème de la gradation était poursuivi dans les trois divisions du peuple. Les Israélites ne pouvaient entrer que dans le parvis ; les prêtres pouvaient servir dans le Saint ; le grand-prêtre seul pouvait entrer dans le Saint des Saints, mais une fois par an, le jour des expiations » (L'Encyclopedia Judaïca, sous la rubrique « tabernacle », 15:687)


Exode 25:23-30 ; 37:10-16. La table des pains de proposition et ses instruments


Le deuxième meuble décrit par le Seigneur est la table des pains de proposition. Comme l'arche de l'alliance, elle devait aussi être faite de bois d'acacia avec un revêtement d'or (voir les versets 23-24). Elle était couverte d'or ; il y avait une bordure d'or autour, et elle avait des anneaux et des barres pour assurer un transport facile. Elle avait environ un mètre de long, cinquante centimètres de large et soixante-quinze centimètres de haut. Divers vases d'or appelés plats, coupes, calices et tasses devaient être utilisés avec la table. Cette table tirait son nom des douze pains qui étaient placés dessus. Le Seigneur les appelait « pains de proposition » (verset 30), ce qui est une traduction du mot hébreu signifiant « le pain des visages » ou « le pain de la présence » ce qui signifie que ce pain était placé devant la face du Seigneur ou en sa présence (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « shew, shew-bread », p. 388 ; Hastings, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « shewbread », p. 847).


Le pain était fait de fleur de farine (c'est-à-dire que le blé avait été très finement moulu et qu'on n'avait pas laissé les grains partiellement intacts) et on faisait douze gâteaux de grande taille : deux dixièmes, cela fait environ sept litres de farine (voir Lévitique 24:5 ; Hastings, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « shewbread », p. 847). Ainsi donc les gâteaux pesaient vraisemblablement cinq kilos chacun. Les gâteaux étaient mis en deux piles, et sur chaque pile on mettait de l'encens pur que l'on brûlait plus tard sur l'autel des encens, « offrande consumée par le feu devant l'Éternel » (Lévitique 24:7 ; voir aussi verset 6). On changeait de pain chaque sabbat, et le pain qui était enlevé était mangé par les prêtres (voir Lévitique 24:8-9). C'est le pain qui fut donné à David quand il fuyait devant le roi Saül (voir 1 Samuel 21:1- 6 ; Matthieu 12:4).


La plupart des savants et les vieilles traditions juives s'accordent pour dire que l'on mettait aussi du vin sur la table avec le pain, bien que cela ne soit pas spécifiquement mentionné dans le récit biblique. Les coupes étaient probablement utilisées pour contenir le liquide (voir Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « shewbread », 3:1576 ; Hastings, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « shewbread », p. 847). Ainsi les objets mis sur la table des pains de proposition ont des parallèles distincts dans les emblèmes de la Sainte-Cène.


Exode 25:31-40 ; 37:17-24. Le chandelier d'or


La source de lumière du tabernacle était le chandelier sacré. Appelé menorah en hébreu, qui signifie le « lieu de lumière » (voir Fallows, Bible Encyclopedia, sous la
rubrique « candlestick », 1:332), il portait non pas des bougies mais plutôt sept récipients en forme de coupe remplis d'huile d'olive pure dans lesquels on insérait et allumait une mèche. Faite en or massif, la menorah était soutenue par une base qui reposait sur trois pieds. Sa tige s'élevait de la base qui était décorée de pommes (ornements sphériques), de calices (des évasements proportionnés dans leur taille aux pommes et sur lesquels il y avait des amandes) et de fleurs (évasements en forme de disques représentant un pétale de fleur d'amandier). Chacune des branches de la menorah était couronnée d'une lumière qui illuminait le saint, ou première pièce du tabernacle. Le chiffre sept a une signification sacrée dans l'Ancien Testament, impliquant la totalité ou la perfection (voir Smith, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « seven », p. 607-608 ; Douglas, New Bible Dictionary, sous la rubrique « flumbers », p. 898). Ainsi la lumière fournie dans la maison du Seigneur symbolisait la lumière parfaite.


L'huile des sept lampes devait être de l'huile d'olive pure (voir Exode 27:20) qui avait été spécialement consacrée à cette fin. La fête juive de Hannoukah, ou fête des lumières, célèbre l'époque où Judas Maccabée finit par chasser les Grecs du temple de Jérusalem vers 165 av. J-C. Selon la tradition juive, les Maccabées ne trouvèrent d'huile consacrée que pour permettre aux lampes sacrées de durer un jour. La consécration d'huile nouvelle prenait huit jours ; et cependant miraculeusement les maigres réserves brûlèrent jusqu'à ce que l'on puisse préparer correctement une nouvelle quantité (voir Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre 12, p. 382).


D'autres Écritures montrent que l'huile d'olive représente le Saint-Esprit, probablement parce qu'elle fournissait le feu, la chaleur et la lumière quand elle était brûlée dans les lampes (voir D&A 45:56-57). Ainsi la menorah sacrée était un type ou symbole de la vraie source de lumière spirituelle, à savoir le Saint-Esprit rendant témoignage du Père et du Fils.


EXODE 26

Exode 26:1-14 ; 36:8-38. Les couvertures du tabernacle


Comme les Israélites erraient à l'époque dans le désert, le tabernacle devait être portatif. Les parois étaient formées de panneaux que l'on pouvait assembler (voir Exode 26:15-16). Ensuite les parois et le plafond ouvert étaient couverts de quatre couches différentes de tissu. Le tissu intérieur était de fin lin retors. Le mot hébreu traduit par « lin » signifie non seulement le tissu mais aussi « blancheur » (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « linen », p. 255 ; voir aussi Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « linen », 2:1068).


Les érudits croient que c'était soit un tissu de coton fin soit un tissu fait de lin. Vu la longueur du tabernacle, il fallait dix tapis pour le couvrir. Sur cette couche intérieure, qui outre la blancheur, devait comporter du bleu, du pourpre et du cramoisi, devaient être brodés des chérubins (anges).


La lisière de ces tapis était un bord à l'extrémité de chaque pièce tissée qui empêchait l'effilochage. Ce bord était ordinairement constitué de fils de tailles différentes et parfois d'un tissage différent du reste du tapis.


Les tapis étaient fixés les uns aux autres à l'aide d'agrafes d'or, ce qui donnait l'impression qu'une seule draperie couvrait le tabernacle.


Les trois autres tapis étaient faits de poils de chèvre, de peaux de béliers teintes en rouge et de peaux de dauphins (voir Exode 26:7, 14). Pour ce qui est de la dernière couverture, le mot hébreu désigne la couleur plutôt que le genre de tissu (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « badger », p. 27). Selon certains érudits, il s'agissait sans doute de peaux de cétacés trouvés dans la mer Rouge qui devaient donner au tabernacle une couverture extérieure imperméable (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 1: 2:163).


Exode 26:15-30. Qu'étaient les tenons et les bases ?


Le tenon était un des deux grands goujons d'assemblage rectangulaires à l'extrémité inférieure de chaque planche. Le tenon s'adaptait à un support double appelé base qui pouvait glisser indépendamment le long de chaque tenon. Étant donné que toutes les planches étaient fixées fermement côte à côte, faisant un mur rigide, chaque base pouvait reposer sur le sol même quand celui-ci était irrégulier. On est immédiatement frappé par les détails que le Seigneur donna à Moïse concernant son lieu de résidence.


Exode 26:31-37


Les deux voiles ou tentures de la porte décrits ici constituent la porte extérieure du tabernacle (l'entrée de devant) et le voile qui séparait le Saint, ou première pièce, du Saint des Saints à l'intérieur. Ce dernier voile est ce que l'on appelle le voile du tabernacle.


EXODE 27

Exode 27:1-19 ; 30:17-21 ; 38:1-20. Le parvis extérieur et son ameublement


Le tabernacle lui-même était entouré d'un vaste enclos protégé par des tentures tissées fixées à un mur mobile. Dans ce parvis se trouvait l'autel des holocaustes (autel des sacrifices) et la cuve d'eau pour la purification symbolique des mains et des pieds.


N'importe qui en Israël pouvait apporter des sacrifices dans ce parvis, mais seuls les prêtres pouvaient entrer dans le tabernacle lui-même (parfois cependant le tabernacle dont parle l'Ancien Testament signifie le complexe tout entier, y compris le parvis, et pas simplement la tente elle-même).


Chaque colonne du parvis du tabernacle était entourée horizontalement de tringles d'argent qui étaient des bandes rectangulaires autour de chaque colonne pour protéger le bois et l'embellir. Les tentures ou le tissu qui formaient les parois extérieures du parvis étaient attachées au sommet de chaque colonne et fixées à la base par des liens aux pieux d'airain qui étaient fermement enfoncés dans le sol. L'ameublement de ce parvis était le suivant :


L'autel des holocaustes : Tous les holocaustes accomplis dans le tabernacle se faisaient sur cet autel. Il était creux, long et large de cinq coudées et haut de trois coudées, soit environ 2,25 x 2,25 x 1,50 mètres. Il était fait de bois d'acacia couvert de plaques d'airain. Il avait des cornes aux quatre coins. C'était sur ces cornes que l'on barbouillait le sang du sacrifice. En saisissant ces cornes on pouvait trouver asile et sécurité (voir 1 Rois 1:50 ; 2:28), sauf si la personne était coupable de meurtre prémédité (voir Exode 21:14). Parfois on utilisait les cornes pour lier l'animal ou ce qu'on voulait sacrifier.


Les ustensiles sacrés du sacrifice :


Le cendrier était un grand plat d'airain mis sous l'autel pour recevoir les cendres. Les pelles d'airain étaient utilisées pour vider les cendriers. Les bassins étaient des réceptacles utilisés pour recueillir le sang du sacrifice. La fourchette était un crochet à trois dents que le prêtre utilisait pour l'enfoncer dans le récipient du sacrifice. Ce qu'il ramenait, il le gardait pour lui. Le brasier était le récipient dans lequel était conservé le feu qui brûlait continuellement pour le sacrifice.


La cuve :


Comme l'autel du sacrifice, elle était faite en airain. Elle se trouvait entre l'autel des sacrifices et le tabernacle. Les prêtres l'utilisaient pour se purifier avant d'entrer dans le tabernacle. Du temps de Salomon, quand on construisit un temple permanent, on mit la cuve sur le dos de douze boeufs (voir 1 Rois 7:23-26).


EXODE 28

Exode 28 ; 39:1-43. Les vêtements sacerdotaux et leur signification


Quand les enfants d'Israël perdirent le droit à la prêtrise supérieure et aux bénédictions et responsabilités qui y étaient associées, le Seigneur créa parmi eux la prêtrise lévitique (voir D&A 84:18-27). Grâce à cet ordre de la prêtrise, Israël connut les principes de l'Évangile préparatoire. On leur rappelait constamment le sacrifice expiatoire du Sauveur qui était représenté symboliquement devant eux dans la personne officiant comme prêtre (cf. Lévitique 8:5-10 ; 21:10 ; Hébreux 7:11-12, 21 ; D&A 107:1, 13-20 ; Hébreux 5:4 ; J. S. 2:68-72).


Le modèle du vêtement officiel du grand-prêtre ou président de la prêtrise d'Aaron (pas l'office de grand-prêtre dans la Prêtrise de Melchisédek), comme celui du tabernacle, fut donné par révélation et avait une signification symbolique aussi bien que pratique. Il se composait des objets suivants :


L'éphod :


« L'éphod était un objet du vêtement sacré porté par les grands-prêtres de la prêtrise lévitique. Le Seigneur commanda qu'ils ne devaient pas porter des vêtements ordinaires pendant leur service, mais devaient avoir des 'vêtements sacrés' faits par ceux à qui le Seigneur avait 'donné un esprit plein d'intelligence' (Exode 28:2-3). Ces vêtements sacrés devaient être transmis de père en fils en même temps que l'office de grand-prêtre lui-même (voir Exode 29:29). L'éphod, porté par-dessus une robe bleue, était fait de fils bleus, pourpres et cramoisis et artistement travaillé de motifs de fils d'or.


« Ce vêtement était fixé à chaque épaule et était muni d'une ceinture au tissage complexe qui pouvait être fixée autour de la taille. Sur chaque épaule, dans des montures d'or, il y avait des pierres d'onyx où étaient gravés les noms des douze fils d'Israël en 'souvenir', tandis que le prêtre servait devant le Seigneur (voir Exode 28:6-14 et 39:2-7). À l'éphod était fixé un pectoral où l'on pouvait mettre l'urim et le thummim (voir Exode 28:15-30).


« La fonction exacte de l'éphod est inconnue. Comme l'a fait remarquer le président Joseph Fielding Smith, les renseignements concernant ces ordonnances antiques n'ont jamais été notés en détail parce que ces ordonnances sont sacrées et ne sont pas pour le monde' (Improvement Era, novembre 1955, p. 794). » (Richard O. Cowan, I have a question, Ensign, décembre 1973, p. 33).


Ce « tablier », comme on le traduit parfois, exprimait un beau concept symbolique. Avec les deux pierres d'onyx qui fixaient l'éphod aux épaules, le grand-prêtre (type du Christ et aussi de ses représentants autorisés) entrait dans le tabernacle (la maison du Seigneur ou présence de Dieu, portant Israël sur ses épaules) (voir Exode 28:12).


Le pectoral :


Le pectoral était fixé à l'éphod par des chaînettes et des montures d'or (voir versets 13-29). Le pectoral porté par Aaron et les grands-prêtres qui lui succédèrent ne doit pas être confondu avec celui que le prophète Joseph Smith utilisa pour traduire le Livre de Mormon. Le pectoral d'Aaron était fait de tissu et non de métal et était façonné avec le même fil utilisé pour faire l'éphod (voir verset 15). Il était deux fois plus long que large, et quand il était plié il devenait une poche carrée dans laquelle on mettait l'urim et le thummim. Sur la moitié exposée du pectoral, il y avait des pierres précieuses portant le nom de chacune des tribus d'Israël. Ainsi le grand-prêtre portait « sur son coeur les noms des fils d'Israël, gravés sur le pectoral du jugement, pour en conserver à toujours le souvenir devant l'Éternel » (verset 29). Le symbolisme du grand-prêtre portant Israël près de son coeur donne un sens supplémentaire à la promesse que le Seigneur choisira un jour ses « joyaux » (D&A 60:4 ; 101:3).


L'urim et le thummim :


L'urim et le thummim étaient portés dans la poche formée quand le pectoral était plié (voir Exode 28:30). Un urim et un thummim ont été donnés à beaucoup de prophètes à toutes les époques et ont un effet transcendant concernant la lumière et la connaissance supplémentaires qu'ils obtiennent.


« Un urim et un thummim sont deux pièces appelées pierres de voyant ou interprètes. Les mots hébreux urim et thummim, tous les deux pluriel signifient lumières et perfections. On suppose qu'une des pierres s'appelle urim et l'autre thummim. On les portait ordinairement dans un pectoral sur le coeur (voir Exode 28:30 ; Lévitique 8:8)…


« Abraham les avait de son temps (voir Abraham 3:1-4) et Aaron et les prêtres d'Israël les eurent de génération en génération (voir Exode 28:30 ; Lévitique 8:8 ; Nombres 27:21 ; Deutéronome 33:8 ; 1 Samuel 28:6 ; Esdras 2:63 ; Néhémie 7:65)…


« Ammon dit à propos des mêmes pierres : 'Ces instruments s'appellent interprètes, et nul ne peut y regarder à moins qu'il ne le lui soit commandé, de peur qu'il ne cherche ce qu'il ne doit pas, et ne périsse, et celui à qui il est commandé de s'en servir, on l'appelle voyant' (Mosiah 8:13 ; 28:13-16).


« L'existence et l'utilisation de l'urim et du thummim comme instruments de révélation continuera parmi les êtres exaltés dans l'éternité. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 818-819).


L'urim et le thummim d'Aaron ne sont pas les mêmes que ceux utilisés par Joseph Smith, car le prophète reçut l'urim et le thummim utilisés par le frère de Jared (voir McConkie, Mormon Doctrine, p. 819).


La robe :


Cette robe était bleue et elle était tissée sans coutures avec un trou pour laisser passer la tête (voir Exode 28:31-32). Au moment de sa crucifixion, Jésus, souverain grand-prêtre, était revêtu d'un vêtement sans couture du même genre (voir Jean 19:23). Le long de la bordure de la robe étaient placées alternativement des clochettes et des franges tissées de manière à ressembler à des grenades. Un érudit dit à propos de la signification de la robe et de ses ornements :


« [La robe était] tissée d'une seule pièce, ce qui exprime l'idée d'intégralité ou d'intégrité spirituelle ; et la couleur bleu foncé indiquait l'origine et le caractère divins de l'office auquel la robe était associée. Il faut par conséquent rechercher la signification véritable de la robe dans les accessoires particuliers dont on peut déduire le sens à partir d'instructions analogues dans Nombres 15:38-39 où il est commandé à chaque Israélite de faire au bord de son vêtement une frange et de mettre dessus un cordon bleu et de se souvenir, en regardant la frange, des commandements de Dieu et de les appliquer.


En fonction de cela, nous  devons aussi chercher des allusions à la parole et au témoignage de Dieu dans les grenades et les clochettes fixées à la bordure de la robe du grand-prêtre. La similitude dans (Proverbes 25:11) où la parole est comparée à une pomme suggère l'idée que les grenades, avec leur odeur agréable, leur jus doux et rafraîchissant et la richesse de leurs délicieuses graines, étaient des symboles de la parole et du témoignage de Dieu, nourriture spirituelle douce et agréable, qui vivifie l'âme et rafraîchit le coeur (cf. Psaumes 19:8-11 ; 119:25, 43, 50 ; Deutéronome 8:3 ; Proverbes 9:8) et que les clochettes étaient les symboles du son de sa parole, ou de la révélation et de la proclamation de sa parole.


Avec la robe, à laquelle étaient attachés ces accessoires, Aaron était représenté comme récepteur et intermédiaire de la parole et du témoignage qui descendaient du ciel ; et c'était la raison pour laquelle il devait apparaître devant le Seigneur avec ce bruit, de peur de perdre la vie (voir Exode 28:35). Ce n'était pas parce qu'il serait simplement apparu comme une personne privée s'il s'était présenté sans cela, car il aurait toujours la robe sacrée du prêtre sur lui, même s'il n'était pas revêtu des décorations officielles du grand-prêtre, mais parce qu'aucun prêtre ordinaire n'avait la permission d'entrer dans la présence immédiate du Seigneur.Ce privilège était limité au représentant de toute l'assemblée, à savoir le grand-prêtre ; et il ne pouvait le faire qu'en portant la robe de la parole de Dieu, comme porteur du témoignage divin sur lequel était basée la communion par alliance avec le Seigneur. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:202-203).


Le diadème en or et la tiare :


La tiare (ou chapeau ou bonnet) était faite de fin lin (voir Exode 28:39), et chaque prêtre en portait une. En outre, le grand-prêtre portait sur le devant de sa tiare, sur le front, une lame ou diadème d'or pur. Sur le diadème étaient gravés les mots « Sainteté à l'Éternel » (verset 36 ; voir aussi les versets 37 et 38), signifiant tout d'abord que le grand-prêtre devait être caractérisé par cet attribut et deuxièmement que le Christ, le souverain grand-prêtre, serait parfaitement saint devant Dieu.

EXODE 29

Exode 29:7


Sur la signification de l'onction d'huile, voir le commentaire de Exode 30:22-33.


Exode 29:20. Que signifie toucher l'oreille, le pouce et l'orteil avec du sang ?


« Le prêtre met un peu de sang à l'extrémité de l'oreille droite, du pouce droit et du gros orteil du pied droit de la personne à consacrer afin que l'organe de l'ouïe, avec lequel il écoutait la parole du Seigneur et ceux utilisés pour agir et marcher selon ses commandements soient ainsi sanctifiés par le sang expiatoire du sacrifice. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:387-388)


EXODE 30
 

Exode 30:1-10. L'autel des parfums


Le troisième meuble qui se trouvait dans le lieu saint avec le chandelier sacré et la table des pains de proposition était l'autel des parfums. Il se trouvait directement en face du voile (voir verset 6). Comme l'arche d'alliance et la table des pains de proposition, il était fait de bois d'acacia couvert d'or et était muni d'anneaux et de barres pour le porter. On mettait des braises sur l'autel, et chaque matin et soir (voir versets 7-8) le grand-prêtre brûlait du parfum. Ce rituel semble signifier que l'on ne peut approcher de la présence de Dieu que par la prière, car ailleurs les Écritures montrent que l'encens est un symbole de la prière(voir Apocalypse 5:8 ; 8:3-4 ; Psaumes 141:2).


Exode 30:17-21 À propos du parvis extérieur et son ameublement, voir le commentaire de Exode 27:1-19.


Exode 30:22-33. Pourquoi le Seigneur dit-il à Moïse de « oindre la tente d'assignation» et tout son ameublement ?


L'huile d'olive pure était un symbole sacré de l'Esprit du Seigneur (voir D&A 45:56-57), et son utilisation signifiait la sanctification de la personne ou de l'objet oint (voir Exode 30:29). L'utilisation de l'huile peut également être une indication de la pureté existant chez la personne, puisque l'Esprit du Seigneur ne demeure pas dans un tabernacle impur.


« Depuis les temps les plus reculés, l'olivier est l'emblème de la paix et de la pureté. De tous les autres arbres ou de toutes les autres formes de végétation, c'est sans doute lui qui a été considéré comme le plus sacré par les auteurs inspirés de toutes les époques par lesquels nous avons reçu la parole du Seigneur. Dans les paraboles des Écritures, la maison d'Israël ou le peuple qui a fait alliance avec le Seigneur a été comparé à l'olivier. » (
Joseph Fielding Smith, Doctrines of Salvation, 3:180)


Ainsi le fait d'oindre d'huile ces objets inanimés suggère que le tabernacle et tout ce qui s'y rapportait était sanctifié par l'Esprit en vue du service de Dieu.


EXODE 31

Exode 31


Le Seigneur utilise des hommes de talent pour réaliser ses desseins (voir versets 1-6).


Exode 31:12-17. Voir commentaire de Exode 20:8-11.


Exode 31:18. Voir commentaire de Exode 34:1-4.

EXODE 32

Exode 32 à 34

Lorsque le Seigneur parle à Moïse sur le mont Sinaï, il révèle une loi qui contient les ordonnances de la Prêtrise de Melchisédek (voir D&A 84:19–23). Mais le comportement idolâtre des Israélites montre qu’ils ne sont pas prêts à vivre la plénitude de l’Évangile (voir Exode 32:1-9 ; D&A 84:24). Comme ils sont si prompts à oublier le Seigneur, Dieu retire la Prêtrise de Melchisédek du milieu d’eux et révèle une loi inférieure, la loi de Moïse (voir Exode 34:1-2 ; D&A 84:25–27).


La loi de Moïse ne remplaçait pas les commandements, les alliances ou les principes de l’Evangile. C’était, au contraire, « une loi de rites et d’ordonnances, une loi qu’ils devaient observer strictement, jour par jour, pour les obliger à se souvenir de leur Dieu et de leur devoir envers lui » (Mosiah 13:30). La loi de Moïse enseignait au peuple à confesser ses péchés et à réparer, à suivre des règles strictes dans l’offrande de sacrifices d’animaux, à garder leur corps sain, à soutenir l’œuvre du Seigneur, à rendre grâce et à se réconcilier avec Dieu.


« Bien que la loi de Moïse soit accomplie, le principe de la loi du sacrifice continue à faire partie de la doctrine de l’Église. Le but premier de la loi de sacrifice consiste toujours à nous mettre à l’épreuve et à nous aider à aller au Christ, mais deux adaptations ont été apportées après le sacrifice suprême du Christ. Premièrement, l’ordonnance de la Sainte-Cène a remplacé celle des sacrifices [d’animaux]  ; et deuxièmement, ce changement a déplacé l’objet du sacrifice de l’animal à la personne elle-même. Dans un certain sens, le sacrifice est passé de l’offrande à l’offrant… Après son ministère terrestre, le Christ a élevé la loi du sacrifice à un niveau supérieur… Au lieu d’exiger d’une personne un animal ou du grain, le Seigneur veut maintenant que nous abandonnions tout ce qui est impie. C’est la pratique supérieure de la loi du sacrifice ; elle va jusqu’au fond de l’âme de l’homme. » (M. Russell Ballard, The Law of Sacrifice, discours prononcé le 13 août 1996 au symposium du département d’éducation de l’Église, p. 5)


Exode 32:1-6. Pourquoi les Israélites désiraient-ils adorer un veau d'or ?

« Toute cette histoire est extrêmement étrange et inexplicable. Est-il possible que le peuple ait pu perdre de vue si rapidement les étonnantes manifestations de Dieu sur la montagne ? Se peut-il qu'Aaron ait imaginé qu'il pouvait faire un dieu qui puisse les aider ? Et cependant il ne semble pas qu'il ait réprimandé le peuple. Il se peut qu'il voulait seulement lui faire une représentation symbolique de la puissance et de l'énergie divines qui pourraient être aussi évidentes pour lui que l'avait été la colonne de nuée et de feu à laquelle Dieu pourrait attacher une énergie et une influence constamment présentes ; ou en lui demandant de sacrifier ses ornements, il a peut-être cru que le peuple aurait renoncé à sa demande ; mais cela n'est que pure conjecture, et il est très peu probable qu'elle soit défendable.


« Il faut cependant concéder qu'Aaron ne semble pas avoir, ne serait-ce que conçu un culte qui remplacerait le culte du Très-Haut ; c'est pourquoi nous le voyons proclamer : demain il y aura fête en l'honneur de l'Éternel, et nous voyons plus loin que certains des rites appropriés du vrai culte furent utilisés en cette occasion, car ils apportèrent des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces (versets 6-7). Il est donc clair qu'il voulait que le vrai Dieu soit l'objet du culte du peuple, même s'il lui permit et même l'encouragea à offrir ce culte par un moyen idolâtre, le veau d'or. » (Clarke, Bible Commentary, 1:463-464)


Exode 32:9-14. Est-il possible que Dieu se « repente du mal » ? (v. 12)


La Traduction de Joseph Smith corrige ce verset pour montrer que Moïse dit : « Reviens de l'ardeur de ta colère. Ton peuple se repentira de ce mal ; c'est pourquoi ne sors pas contre lui. » Ensuite la Traduction de Joseph Smith corrige le verset 14 pour qu'apparaisse la condition à laquelle le Seigneur épargnait son peuple : « Et le Seigneur dit à Moïse : S'il se repent du mal qu'il a fait, je l'épargnerai et détournerai ma colère ardente ; mais voici tu exécuteras le jugement sur tous ceux qui ne veulent pas se repentir aujourd'hui de ce mal. C'est pourquoi veille à faire ce que je t'ai commandé ou j'exécuterai tout ce que j'avais pensé faire à mon peuple. »


Exode 32:15-35. Moïse, le médiateur


Le rôle de Moïse dans tout l'événement est significatif. Dans sa grande vision du Seigneur, il fut dit à Moïse qu'il était « l'image » du Fils unique (Moïse 1:6). Cette ressemblance apparaît ici. Au moment où le peuple risquait la destruction à cause de sa méchanceté, Moïse devint son médiateur auprès de Dieu. Il plaida sa cause et offrit même sa vie pour apaiser la justice divine (voir Exode 32:31-32). Après les murmures et la rébellion constante du peuple, tout dirigeant ordinaire aurait vraisemblablement dit : « Oui c'est un peuple mauvais. Vas-y, détruis-le. » Mais Moïse, comme le Christ, aimait son peuple en dépit de la dureté du coeur et de la méchanceté de ce dernier. Moïse intervint en sa faveur et le sauva, mais uniquement à condition qu'il se repente.


On trouve une explication de ce qui était sur les tables que Moïse reçut la première fois dans le commentaire de Exode 34:1-4.


Exode 32:25-30


« Moïse partit à la recherche de ceux qui étaient 'pour l'éternel' parmi ceux qu'Aaron avait 'laissés dans le désordre' (le mot hébreu utilisé ici peut signifier soit 'dénudé', 'non couvert' soit 'indiscipliné', 'turbulent'). L'idée de nudité peut-être prise dans le même sens que quand Adam eut honte et se cacha de Dieu parce qu'il était nu. L'expression peut aussi signifier 'démasqué dans sa culpabilité devant la colère de Dieu'. Comparez le sentiment d'Alma quand il se décrit ainsi démasqué dans Alma 36:14-22. D'autre part, il est de toute évidence qu'Israël s'était montré 'indiscipliné' et était devenu 'turbulent' sous la direction d'Aaron. Ces deux faits devaient tourner à la honte d'un peuple qui était censé être religieux. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:93)


Certains se sont demandé pourquoi Aaron, qui jouait un rôle clef dans l'épisode du veau d'or s'en sortit sans condamnation. Bien que ne le rapportant pas dans l'Exode, Moïse laisse entendre plus tard qu'Aaron, lui aussi, avait manqué d'être détruit et ne fut sauvé que par l'intercession de Moïse en sa faveur(voir Deutéronome 9:20).


EXODE 33

Exode 33:1-3


On trouvera un parallèle moderne à cette réprimande dans Doctrine et Alliances 103:15-20.


Exode 33:4-7. Qu'était la tente que Moïse dressa en dehors du camp ?


« Moïse prit ensuite une tente et la dressa hors du camp, à quelque distance, et l'appela 'la tente d'assignation'. La 'tente' n'est ni le sanctuaire du tabernacle décrit dans [Exode 25 à 30], qui ne fut fait qu'après le rétablissement parfait de l'alliance [Exode 35 à 40], ni un autre sanctuaire qui leur était venu de leurs ancêtres qui était utilisé avant la construction du tabernacle… mais une tente appartenant à Moïse, qui fut transformée en sanctuaire temporaire par le fait que la colonne de nuée descendit sur elle et que l'Éternel y parla avec Moïse. L'Éternel s'y révéla, et quiconque voulait s'adresser à lui devait se rendre à cette tente en dehors du camp. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:233-234)


Exode 33:19-23. Est-il possible de voir la face de Dieu et de vivre ?


Il y a manifestement quelque chose qui ne va pas dans Exode 33:20, car le verset 11 de ce même chapitre dit : « L'Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami ». En outre Exode 24:9-11 rapporte que Moïse et soixante-dix anciens d'Israël virent Dieu.  


« Il y a nombre de passages qui disent que Dieu apparut 'face à face' avec ses anciens serviteurs. Par conséquent les passages qui déclarent que personne ne l'a vu doivent faire erreur. Par exemple le passage de Jean 1:18… est vraisemblablement dû au fait qu'un traducteur, à une époque plus récente, ne croyait pas que Dieu soit un personnage et par conséquent ne pouvait être vu. Cette idée nous est venue depuis l'introduction du credo d'Athanase en 325 de notre ère. La Traduction de Joseph Smith corrige ce passage comme suit : 'Personne n'a jamais vu Dieu sans rendre témoignage du Fils ; car nul ne peut être sauvé que par lui'. Dans 1 Jean 4:12, la Traduction de Joseph Smith fait la correction suivante : 'Personne n'a jamais vu Dieu, sauf ceux qui croient. Si nous nous aimons, Dieu demeure en nous et son amour est parfait en nous'.


« Examinons maintenant un autre passage de l'Évangile de Jean dans la Traduction de Joseph Smith : « Il est écrit dans les prophètes : ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient de moi. Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père' (Jean 6:45-46). Si nous ne savions pas qu'il existe des contre-sens dans les traductions, on pourrait croire que notre Sauveur se contredit. Le dernier verset (Jean 6:46) ne s'accorde pas avec Jean 1:18.


« Nous lisons qu'Abraham parle face à face avec Dieu et que Dieu parle aussi avec Énoch et d'autres. Mais le monde moderne ne veut rien savoir de cela et a rejeté le Dieu vivant pour un dieu qu'on ne peut ni voir ni entendre. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 2:162-163)


La Traduction de Joseph Smith est inspirée quand elle corrige Exode 33:20 pour lui faire dire : « Et il dit à Moïse : Tu ne peux voir maintenant ma face, de peur que ma colère ne s'allume contre toi aussi et que je ne détruise, toi et ton peuple ; car aucun d'entre eux ne pourra me voir maintenant et vivre, car ils sont extrêmement pécheurs. Et aucun pécheur n'a jamais vu et il n'y aura jamais aucun homme pécheur qui verra ma face et qui vivra ».


EXODE 34


Exode 34:1-4. Les deux paires de tables contenaient-elles le même texte ?


Avant de pouvoir pleinement répondre à cette question, il faut soigneusement examiner ce qu'il y avait sur les premières plaques.


« Ce qui suit est une vue générale du sujet. Au chapitre 20 [de l'Exode] sont donnés les dix commandements ; et en même temps divers statuts politiques et ecclésiastiques qui sont détaillés au chapitre 21, 22 et 23. Pour les recevoir, Moïse devait s'approcher des ténèbres épaisses où était Dieu, chapitre 21, et les ayant reçues, il revint avec elles auprès du peuple, selon la demande de celui-ci précédemment exprimée au verset 19 : 'Parle-nous toi-même, et nous écouterons, mais que Dieu ne nous parle point, de peur que nous mourrions', car il avait été terrifié par la façon dont Dieu avait exprimé les dix commandements (voir verset 18). Après cela Moïse, avec Aaron, Nadab et Abihu et les soixante-dix anciens montèrent sur la montagne ; et à son retour il annonça toutes ces lois au peuple (voir Exode 24:1, etc.), et ce dernier promit obéissance. Mais on ne parle toujours pas des tables de pierre. Alors il écrivit tout dans un livre (voir Exode 24:4), qui fut appelé le livre de l'alliance (voir verset 7).


« Après cela Moïse, Aaron, Nadab, Abihu et les soixante-dix anciens montèrent une seconde fois (voir Exode 24:9), et à ce moment là se produisit la glorieuse découverte de Dieu mentionnée aux versets 10 et 11 du même chapitre. Après qu'il soit redescendu, Moïse reçoit de nouveau le commandement de monter, et Dieu promet de lui donner des tables de pierre contenant une loi et des ordonnances (verset 12). C'est la première fois qu'on parle de ces tables de pierre ; et il semble donc que les dix commandements et plusieurs autres préceptes furent donnés au peuple et acceptés de lui et que le sacrifice de l'alliance fut offert (voir Exode 24:5) avant que les tables de pierre soient écrites ou mentionnées.


« Il est très vraisemblable que les commandements, les lois etc. furent tout d'abord publiés par le Seigneur aux oreilles du peuple, répétés ensuite par Moïse et les dix paroles, ou commandements, contenant l'essentiel de tout cela furent écrits plus tard sur les premières tables de pierre pour être conservés en souvenir dans l'arche. » (Clarke, Bible Commentary, 1:474)


Cette analyse répond à une question fréquemment posée : Comment le Seigneur a-t-il mis toute la loi de Moïse sur deux tablettes ? Les tablettes, semble-t-il, ne contenaient que le résumé divin appelé les dix commandements.


La Traduction de Joseph Smith ajoute des informations dans les deux premiers versets de ce chapitre :


« Le Seigneur dit à Moïse : Taille deux tables de pierre comme les premières, et j'écrirai les paroles de la loi qui étaient sur les premières tables que tu as brisées ; mais ce ne seront pas les premières, car j'ôterai la prêtrise  du milieu d'eux ; c'est pourquoi, mon saint ordre et ses ordonnances n'iront pas devant eux ; car ma présence ne s'élèvera pas au milieu d'eux, de crainte que je ne les détruise. Mais je leur donnerai la loi comme au début, mais ce sera selon la loi d'un commandement charnel ; car j'ai juré dans ma colère qu'ils n'entreront pas en ma présence, dans mon repos, aux jours de leur pèlerinage. Fais donc ce que je t'ai commandé et sois prêt de bonne heure, et tu monteras dès le matin sur la montagne du Sinaï ; tu te tiendras là devant moi, sur le sommet de la montagne. »


À première lecture, ce passage peut paraître contradictoire. Le Seigneur dit qu'il va écrire sur les deuxièmes tables « les paroles de la loi qui étaient sur les premières tables que tu as brisées » (verset 1) mais ensuite il dit : « Mais ce ne seront pas les premières » (verset 1). Le problème consiste à décider ce que ce désigne : l'écriture sur les tables ou le nouvel ordre de choses introduit à cause de la rébellion d'Israël. L'information qui suit le « ce » semble désigner le nouvel ordre et non les nouveaux écrits. Mais la Traduction de Joseph Smith de Deutéronome 10:2 montre que les deux jeux de plaques contenaient la même chose à une exception près : « J'écrirai sur ces tables les paroles qui étaient sur les premières tables que tu as brisées, sauf les paroles de l'alliance éternelle de la sainte prêtrise, et tu les mettras dans l'arche. »


Exode 34:29-35. Que signifie le rayonnement dégagé par Moïse ou le voile qu'il porta ?


« Après un temps assez long et de telles expériences en la présence de Dieu, il n'est pas étonnant que le visage de Moïse ait rayonné d'une gloire divine quand il revint et que le peuple recula de peur devant lui. Ce phénomène de la lumière rayonnant des être célestes et des être terrestres qui sont sous l'influence céleste n'est pas unique. Comparez la description des apôtres le jour de la pentecôte lorsque des 'langues semblables à des langues de feu' rayonnèrent d'eux (Actes 2:3).


« Le mot hébreu rendu ici par 'rayonnait' est 'garan', verbe découlant d'un nom signifiant 'corne' désignant des rayons latéraux de lumière, comme les 'cornes' ou rayon du matin que l'on voit au-dessus de l'horizon avant que le soleil ne se lève. C'est ce phénomène qui fait que les Arabes appellent le soleil à son lever une 'gazelle' (un contre-sens dans la traduction de l'hébreu en latin amena Michel-Ange à mettre des cornes sur une statue de Moïse ! » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:95)


EXODE 35

Exode 35 à 40. Voir commentaire de Exode 25 à 30.

EXODE 36

Exode 37:1-9. Sur l'arche d'alliance, voir le commentaire de Exode 25:10-22.


Exode 36:8-38. À propos des couvertures du tabernacle, voir le commentaire de Exode 26:1-14.


EXODE 37


Exode 37:10-16. À propos de la table des pains de proposition et ses instruments, voir le commentaire de Exode 25:23-30.


Exode 37:17-24. À propos du chandelier d'or, voir le commentaire de Exode 25:31-40.


EXODE 38

Exode 38:1-20. À propos du parvis extérieur et son ameublement, voir le commentaire de Exode 27:1-19.

EXODE 39

Exode 39:1-43. À propos des vêtements sacerdotaux et leur signification, voir le commentaire de Exode
28.

EXODE 40

Exode 40:12-15 : Ces versets mentionnent des rites sacrés que pratiquait le peuple de l'alliance (voir aussi Nombres 25:11-13 et Jérémie 31:31-33). Y sont mentionnés le voile, les autels, les vêtements sacrés, les ablutions et les onctions.


Exode 40:34-38 : Le Seigneur accepte le sanctuaire en y manifestant sa gloire et en s’y révélant.

 

 

LÉVITIQUE

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I



LÉVITIQUE 1

Lévitique 1:1. Qu'est-ce qui fait la grande importance du Lévitique ?


Le Lévitique contient une révélation directe de Dieu par Moïse à Israël. C'est ce qui donne un grand intérêt au livre, car chaque fois que Dieu parle à l'homme, il se révèle. Grâce aux pages du Lévitique, on peut arriver à mieux le comprendre, lui et son dessein. Le lecteur moderne peut avoir le sentiment que le contenu du livre est dépassé, particulièrement les passages qui traitent du sacrifice sanglant, et cependant tout fut conçu, comme Amulek l'a dit, pour indiquer l'expiation infinie du Christ (voir Alma
34:14). 


« Ainsi donc le premier point qui réclame notre attention est celui-ci : Dans chaque offrande il y a au moins trois objets distincts qui nous sont présentés. Il y a l'offrande, le prêtre et le donateur. Il est absolument nécessaire de connaître exactement l'importance précise de chacun d'entre eux si l'on veut comprendre les offrandes.


« Qu'est-ce donc que l'offrande ? Et le prêtre ? Et le donateur ? L'offrande, c'est le Christ ; le prêtre, c'est le Christ ; le donateur, c'est le Christ. Les relations dans lesquelles le Christ a représenté l'homme et a agi vis-à-vis de l'homme sont telles et sont si nombreuses qu'il n'existe pas de symbole ou d'ensemble de symboles qui puissent les représenter adéquatement toutes. C'est pour cela que nous avons beaucoup de catégories distinctes de symboles et d'autres variations encore dans ces catégories distinctes dont chacune nous donne une vue particulière du Christ, soit dans sa personnalité, soit dans son oeuvre, soit dans sa personne. Mais de quelque façon que nous le voyions, pour les pécheurs il remplit plus d'une relation. C'est cela qui nécessite tant d'emblèmes.


« Tout d'abord il se présente comme donateur, mais nous ne pouvons pas voir le donateur sans l'offrande, et le donateur est lui-même l'offrande, et celui qui est à la fois donateur et offrande est aussi le prêtre. Homme sous l'empire de la loi, notre représentant, le Christ, nous représentait vis-à-vis de Dieu comme donateur. Il prit 'le corps préparé pour lui' comme son offrande, afin de nous réconcilier avec Dieu en lui et par lui. C'est ainsi que quand le sacrifice et l'offrande eurent totalement échoué – quand Dieu ne voulut plus les accepter – 'alors (il dit) : Voici, je viens avec le rouleau du livre écrit pour moi. Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! Et ta loi est au fond de mon coeur'.


« Ainsi donc son corps était son offrande : il l'offrit volontairement; et puis en tant que prêtre il porta le sang dans le Très Saint. En tant que donateur, nous le voyons homme sous l'emprise de la loi, se tenant comme notre représentant, pour que nous accomplissions tout ce qui est juste. En tant que prêtre, il se présente comme notre médiateur, le messager de Dieu entre lui-même et Israël. Tandis qu'en tant qu'offrande, on voit en lui la victime innocente, d'une agréable odeur à Dieu, et cependant portant le péché et mourant pour lui.


« C'est ainsi que dans le même symbole, le donateur expose le Christ dans sa personne, comme étant celui qui est devenu homme pour répondre aux exigences de Dieu : l'offrande le présente dans sa personnalité et son oeuvre, comme la victime par laquelle l'expiation était ratifiée ; tandis que le prêtre nous donne une troisième image de lui, dans sa relation officielle, comme médiateur et intercesseur désigné. En conséquence, quand nous avons un symbole dans lequel l'offrande est ce qui ressort le plus, la pensée maîtresse, ce sera le Christ en tant que victime. D'autre part, lorsque le donateur ou le prêtre prédomine, ce sera respectivement le Christ en tant qu'homme ou le Christ en tant que Médiateur. » (Jukes, Law of the Offerings, p. 44-45)


Lévitique 1:2-3. Qu'est-ce qui rendait un animal acceptable comme offrande à Dieu ?


Le mot hébreu traduit par « sans défaut » signifie être sain ou entier. Outre cette condition, tous les animaux du sacrifice devaient répondre à deux autres conditions. Ils devaient appartenir à la catégorie que Dieu déclarait pure (voir Lévitique 11), et ils devaient aussi appartenir à des troupeaux domestiqués (voir Lévitique 1:2).


« Dans les animaux purs, qu'il avait obtenus par son propre élevage et ses soins, et qui constituaient son bétail ordinaire et dans les produits obtenus par le travail de ses mains dans les champs et la vigne, où il trouvait sa nourriture ordinaire, l'Israélite offrait… la nourriture qu'il se procurait dans l'exercice de l'appel divin qui lui était donné, comme symbole de la nourriture spirituelle qui dure jusque dans la vie éternelle (voir Jean 6:27 ; 4:34) et qui nourrit l'âme et le corps pour une vie impérissable en communion avec Dieu… De cette façon les dons sacrificatoires acquièrent un caractère représentatif et dénotent la reddition de l'homme avec tout son travail et tout ce qu'il produit à Dieu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:275-276)


Cette offrande devait être « volontaire » (Lévitique 1:3). Elle n'était pas obligatoire mais était l'expression libre de la reconnaissance de celui qui l'offrait. Tout ce qui était moins que cela constituait une violation d'un principe fondamental des offrandes volontaires(cf. Moroni 7:6-10).


Lévitique 1:3. L'holocauste était-il réellement  abattu à l'entrée de la tente d'assignation ?


Pour aider Israël à surmonter l'idolâtrie, le Seigneur spécifia que les offrandes devaient être sacrifiées en un seul endroit, « à l'entrée de la tente d'assignation » (verset 3). Cet endroit était spécifié parce que c'était là (techniquement à quelques mètres devant la porte de la tente d'assignation ou temple) que se trouvait l'autel sur lequel serait brûlé le sacrifice ou une partie du sacrifice. Ce verset et les versets suivants décrivent les holocaustes. Les autres offrandes répondaient à d'autres conditions.


Lévitique 1:4. Pourquoi le donateur mettait-il les mains sur le sacrifice, et en quoi ce sacrifice  faisait-il l'expiation pour lui ?


L'imposition des mains était une partie importante de chaque sacrifice. « Cela signifiait transmission et délégation et impliquait la représentation ; de sorte que cela indiquait réellement que le sacrifice se substituait au sacrificateur. Par conséquent il était toujours accompagné d'une confession du péché et de prières. On procédait comme suit : Le sacrifice était tourné de manière à ce que la personne qui confessait soit tournée vers l'ouest tandis qu'elle posait les mains entre les cornes du sacrifice, et si le sacrifice était apporté par plus d'une personne, chaque personne devait faire l'imposition des mains. On ne sait pas avec certitude si on posait une des mains ou les deux ; mais tous s'accordent pour dire que cela devait se faire 'de toutes ses forces', pour ainsi dire, pour mettre tout son poids sur le représentant. » (Edersheim, The Temple, p. 113-114)


Cette pratique montre que le sacrifice avait un aspect ou un symbolisme double. Tout d'abord et avant tout, il représentait le seul sacrifice qui pouvait en fin de compte apporter la paix et la rémission des péchés, à savoir celui de Jésus-Christ. Mais l'imposition des mains montrait qu'il y avait transfert d'identité ; c'est-à-dire que le donateur mettait son identité sur l'animal du sacrifice. Ainsi l'abattage de l'animal indiquait symboliquement une des deux choses suivantes, selon le genre de sacrifice : tout d'abord il impliquait que le moi pécheur, « l'homme naturel », comme l'appelait le roi Benjamin (voir Mosiah 3:19), était mis à mort pour que la personne spirituelle puisse renaître. Paul utilisa cette terminologie dans Romains 6:1-6, et les fonts baptismaux sont comparés à une tombe dans Doctrine et Alliances 128:13. Pourquoi ? Parce que « le vieil homme » (Romains 6:6) du péché est enterré ici.


Deuxièmement, si ce n'était pas un sacrifice d'expiation, la mort de l'animal impliquait que l'on donnait sa vie, c'est-à-dire un sacrifice total de soi-même à Dieu. Le mot traduit « expiation » (Lévitique 1:4) vient d'un mot hébreu signifiant « couvrir ou cacher ». L'implication n'est pas que le péché n'existe plus, mais que le péché a été recouvert ou, plus scripturairement parlant, effacé de devant Dieu par sa grâce ou sa bonté aimante (voir Alma 7:13). C'est-à-dire que le pouvoir qu'a le péché de séparer l'homme de Dieu a été enlevé (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 1:1:276). C'est ainsi que l'expiation servait à montrer que l'homme redevient un avec Dieu.


Lévitique 1:5. Pourquoi met-on à tel point l'accent sur le sang ?


De tous les éléments de l'ordonnance du sacrifice, rien ne jouait un rôle plus important que l'administration du sang du sacrifice. La façon dont il était offert fut spécifiée dans le moindre détail par le Seigneur. En fonction du sacrifice, le sang était barbouillé sur les cornes de l'autel, aspergé ou éclaboussé sur ses quatre côtés ou versé à sa base.
Le Seigneur choisit le sang pour montrer d'une manière frappante les conséquences du péché et ce qu'impliquait le processus du pardon et de la réconciliation. C'est pourquoi le sang symbolisait à la fois la vie (voir Lévitique 17:11) et le don de sa vie.


La mort est la conséquence du péché ; c'est ainsi que l'animal était mis à mort pour montrer ce qui arrive quand l'homme pèche. En outre l'animal était un symbole du Christ. Parce qu'il a donné sa vie pour l'homme, par l'effusion de son sang, quelqu'un qui est spirituellement mort à cause du péché peut trouver une nouvelle vie. C'est de cette vérité que découle un parallèle spirituel : « De même qu'en Adam, ou par nature, tous les hommes tombent et sont assujettis à la mort spirituelle, de même aussi tous les hommes, dans le Christ et dans son sacrifice expiatoire, peuvent obtenir la vie éternelle » (McConkie, The Promised Messiah, p. 259).


Le but de l'effusion du sang était d'apporter l'expiation (voir Lévitique 17:11 ; Hébreux 9: 22). Le verbe hébreu qui est traduit par expiation signifie « couvrir », ainsi donc le barbouillage ou l'aspersion de sang « couvrait » les péchés de l'homme et apportait ainsi l'expiation. Il y a un beau paradoxe dans l'idée que les justes sont ceux « dont les vêtements sont blanchis par le sang de l'agneau » (Éther 13:10 ; Alma 5:21). C'est le sang du Christ qui couvre les péchés et rend l'homme pur pour qu'il puisse recevoir la réconciliation avec Dieu.Ainsi le sang était un symbole de tout le processus par lequel l'homme se réconcilie avec Dieu.


« De tout cela il apparaît clairement que ceux d'Israël qui étaient spirituellement éclairés savaient et comprenaient que leurs ordonnances sacrificielles étaient à la similitude de la mort future de celui dont ils utilisaient le nom pour adorer le Père et que ce n'était pas le sang sur leurs autels qui apportait la rémission des péchés, mais le sang qui serait versé à Gethsémané et sur le calvaire. » (McConkie, The Promised Messiah, p. 258)


Lévitique 1:6-9. Quel était  le but dans lequel on découpait l'animal ?


L'aspect le plus remarquable de l'holocauste était le découpage de l'animal en diverses parties et le lavage des entrailles et des jambes du veau dans de l'eau. Et cependant c'est cela même qui donnait à ce sacrifice sa dimension et son sens distinct des autres. 


« Le devoir de l'homme vis-à-vis de Dieu n'est pas d'abandonner une faculté, mais l'abandon total. C'est  ainsi que le Christ résume le premier commandement : tout l'esprit, toute l'âme, toutes les affections. 'Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et tout ton esprit'. Je ne puis douter que c'est là-dessus que porte le symbole en parlant si particulièrement des parties de l'holocauste ; car 'la tête', 'la graisse', 'les jambes', 'les entrailles' sont toutes énumérées distinctement. 'La tête' est l'emblème bien connu des pensées ; 'les jambes' l'emblème de la marche et 'les entrailles' le symbole constant et familier des sentiments et des affections du coeur. La signification de la 'graisse' n'est peut-être pas aussi évidente, bien qu'ici aussi l'Écriture nous aide à trouver la solution. Elle représente l'énergie non pas d'un membre ou d'une faculté, mais la santé et la vigueur générale de l'ensemble.


En Jésus tout cela était entièrement livré, et tout était sans tache ni défaut. S'il n'y avait eu dans l'esprit de Jésus qu'une seule pensée qui ne soit pas parfaitement donnée à Dieu, s'il n'y avait eu qu'une affection dans le coeur de Jésus qui n'ait pas entièrement cédé à la volonté de son Père, s'il n'y avait eu qu'un pas dans la marche de Jésus qui n'ait pas été fait pour Dieu, même pour son propre plaisir, alors il n'aurait pas pu s'offrir ni être accepté comme 'holocauste à l'Éternel'. Mais Jésus donna tout : il ne réserva rien. Tout fut brûlé et consumé sur l'autel. » (Jukes, Law of the Offerings, p. 63-64).


Le lavage des entrailles et des jambes suggère la nécessité d'être spirituellement pur non seulement dans ce qu'on fait, mais aussi dans ce qu'on désire (voir Éphésiens 5:26 ; Jukes, Law of the Offerings, p. 71).


Prises ensemble, ces choses révèlent la qualité de la vie que le Seigneur vécut. Ses sentiments, ses pensées, ses activités et toute sa vie étaient assujettis à Dieu. En même temps le sacrifice mettait l'accent sur l'idée que ce n'est que quand le donateur se donne à Dieu que sa vie est agréable ou satisfaisante pour le Seigneur.


Lévitique 1:10-17. Pourquoi le Seigneur permit-il divers degrés de sacrifices ?


Les sacrifices, pour être acceptables, devaient appartenir aux groupes suivants : un boeuf mâle, un bélier ou un bouc, une tourterelle ou un pigeon. La situation économique de la personne décidait du genre d'animal que l'on sacrifiait. Le fait que chacun de ces animaux était totalement acceptable à Dieu est une indication de sa miséricorde. Pour lui ce n'est pas le don qui compte, mais l'intention du coeur du donateur.


LÉVITIQUE 2

Lévitique 2. Qu'était l'offrande en don ?


Le mot traduit par « offrande en don » dans un sens sacrificatoire, désigne un don de grain, de farine ou de pain. Par cette offrande, la personne reconnaissait que Dieu est celui qui donne tout et abandonnait ce qui avait été désigné comme lui appartenant vraiment (c'est-à-dire les fruits des champs) en supplication pour pouvoir accomplir son devoir. Le blé ou les produits faits à partir du blé, auxquels on ajoutait l'huile, l'encens et le sel, constituaient chaque offrande (voir versets 1 et 13). Dans chaque cas, le blé devait être préparé d'une certaine façon. « La fleur de farine » (verset 4-5, 14) réclamait le plus grand effort à une époque où l'on moulait le grain essentiellement à la main. C'est ainsi que le temps du donateur, qui symbolisait sa vie entière, était investi dans l'offrande.


Dans cette offrande, la réunion de l'huile, de l'encens et du grain est instructive (voir verset 1). Dans les Écritures, l'huile était utilisée pour symboliser le Saint-Esprit (voir D&A 45:56-57), le grain pour symboliser la parole de Dieu (voir Marc 4:14) et l'encens pour symboliser la prière (voir Apocalypse :3). De même que l'homme était censé vivre physiquement en mangeant du pain, de même il était censé vivre spirituellement dans le Christ en absorbant la parole et l'Esprit du Seigneur par la prière. On ne brûlait qu'une partie du sacrifice (voir Lévitique 2:2, 9). Cette exigence était vraie de tous les sacrifices sauf du sacrifice d'expiation et de l'holocauste. Le reste devenait la propriété des prêtres et il leur était permis de le partager avec les membres de leur famille (voir versets 3, 10). De cette façon, la prêtrise était entretenue par le Seigneur pendant son temps de service.


Les parties du sacrifice qui étaient brûlées étaient considérées comme « saintes » tandis que les parties qui devaient être mangées étaient considérées comme « très saintes » (versets 3, 10). La distinction semble être une sauvegarde. Il ne pouvait pas arriver grand chose à la partie du sacrifice qui était brûlée, mais la partie qui restait, si on n'y faisait pas soigneusement attention, pouvait être profanée.


L'oblation des prémices n'était pas un sacrifice mais plutôt un don de reconnaissance et de louanges au Seigneur pour la récolte (voir verset 12). Si le donateur voulait utiliser une partie de cette oblation comme offrande en don, le Seigneur désignait comment cela devait se faire (voir versets 14 à 16).


Lévitique 2:11, 13. Pourquoi le levain et le miel étaient-ils interdits et le sel exigé ?


La prohibition contre le levain s'étendait aussi au miel. La capacité de ces éléments de produire la fermentation et de se gâter en faisait d'excellents symboles de la corruption, quelque chose qui n'avait pas de place dans les effets d'affinement et de purification de la loi que le sacrifice symbolisait.


« Tandis qu'il était interdit d'utiliser le levain et le miel avec n'importe quelle espèce de nourriture parce qu'ils produisaient la fermentation et la corruption, d'un autre côté le sel ne pouvait être omis d'aucune offrande sacrificatoire. 'Tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l'alliance de ton Dieu', c'est-à-dire : tu n'offriras jamais d'offrande sans sel. La signification que le sel, avec son pouvoir de fortifier la nourriture et de la protéger de la putréfaction et de la corruption, donnait au sacrifice, c'était l'authenticité inébranlable de cette reddition de soi au Seigneur incarnée dans le sacrifice, par laquelle toute impureté et toute hypocrisie étaient repoussées.


« Le sel du sacrifice est appelé le sel de l'alliance, parce que dans la vie ordinaire, le sel était le symbole de l'alliance ; le traité étant conclu et rendu ferme et inviolable, selon une coutume bien connue des anciens Grecs… qui est toujours conservée chez les Arabes, en faisant manger aux contractants de l'alliance du pain et du sel en signe de l'alliance qu'ils venaient de faire. De même qu'une alliance de cette sorte était appelée 'alliance du sel', équivalant à une alliance inviolable (Nombres 18:19 ; 2 Chroniques 13:5), de même ici le sel ajouté au sacrifice est désigné comme sel de l'alliance de Dieu, parce qu'il donne de la force et de la pureté au sacrifice par lequel Israël était fortifié dans la communion par alliance avec l'Éternel. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:295)


LÉVITIQUE 3

Lévitique 3. Le sacrifice d'actions de grâces


Le nom de ce sacrifice en hébreu est chélamim, forme de chalom ou « paix ».


« Le pluriel désigne tout l'ensemble de bénédictions et de pouvoirs par lesquels le salut ou l'intégrité de l'homme dans sa relation avec Dieu sont établis et assurés. L'objet du chélamim était invariablement le salut : Tantôt on l'offrait comme incarnation des actions de grâces pour le salut déjà reçu, tantôt comme prière pour le salut désiré, de sorte qu'il comprenait aussi bien les offrandes supplicatoires que les actions de grâces et était offert même en temps de malheur ou le jour où les supplications étaient offertes pour avoir l'aide de Dieu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:299)


On pouvait utiliser des animaux femelles comme sacrifices d'actions de grâces (voir verset 1, 6), mais ils devaient quand même être sans défaut. On ne pouvait pas utiliser d'oiseau. On ne brûlait que la graisse et les reins de cette offrande. L'action remplissait le but du sacrifice puisque la graisse indiquait le bien-être de l'animal entier. Elle finit par représenter la consécration de la vie tout entière de l'intéressé à Dieu.


Il y a une espèce de mouton courante au Moyen-Orient qui a une queue très épaisse. Ce fait semble expliquer les instructions du Seigneur concernant la queue (verset 9) et implique que la queue tout entière devait être offerte (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « rump », p. 363).

LÉVITIQUE 4

Lévitique 4:2. Que signifie « pécher involontairement » ?


Le mot hébreu tchata't utilisé pour ce sacrifice, est une racine signifiant « manquer, ne pas toucher la marque » ou « trébucher et tomber » (voir Wilson, Old Testament
Word Studies, sous la rubrique « sin », p. 395). Le mot interprété par « involontairement » signifie « se tromper » (Wilson, Old Testament Ward Studies, sous la rubrique
« ignorance », p. 225). Ainsi les péchés qui étaient expiés par ce sacrifice étaient ceux qui étaient commis par erreur, ou par oubli, c'est-à-dire des péchés commis non-intentionnellement. En d'autres termes, cette offrande couvrait les péchés qui venaient des faiblesses de la chair par opposition à ceux qui étaient commis délibérément en état de rébellion. Ce sacrifice illustre le fait que le péché, même quand il n'est pas commis délibérément, met l'individu en infraction avec les exigences de la justice. Le prophète et roi Benjamin a expliqué : « Car son sang (du Christ) expie les péchés de ceux qui… sont morts sans avoir connu la volonté de Dieu à leur sujet, ou ont péché par ignorance » (Mosiah 3:11). Pour ce sacrifice, le donateur était autorisé à apporter beaucoup d'espèces d'offrandes (voir Lévitique 4:3, 13-14, 22-23, 27-28 ;  5:6-7, 11-12).


Lévitique 4:5-7. Pourquoi le sang était-il porté dans le tabernacle et aspergé devant le voile et aussi passé sur les cornes de l'autel ?


Le sang de tous les sacrifices était le symbole direct de l'expiation. Le chiffre sept était un symbole de la perfection (le chiffre venant de  la racine hébraïque signifiant « entier» ou « complet » et aussi probablement de l'idée que la création avait été terminée en sept jours). Ainsi sept devint le symbole de l'alliance (voir par exemple Douglas, New Bible Dictionary, sous la rubrique « numbers », p.898). Par le péché, Israël courait le danger de perdre ses relations par alliance avec l'Éternel. En effet, il était pécheur et ces péchés étaient toujours devant le Seigneur. Si Israël pouvait les oublier, Dieu ne le pouvait pas. Néanmoins il était tout aussi inoubliable que le Christ avait expié pour ces péchés qui résultaient non de la rébellion, mais des faiblesses de la chair. Le sang du sacrifice d'expiation (symbolisant l'expiation du Seigneur), quand il était porté à l'intérieur du voile par le grand-prêtre, restait là où il était toujours présent devant l'oeil de Dieu (voir Jukes, Law of the Offerings, p. 153-154).


Les cornes sur l'autel des sacrifices et l'autel des parfums symbolisaient la puissance (peut-être parce que beaucoup d'animaux munis de cornes ont une grande puissance). Les cornes des autels représentaient donc symboliquement le fait que dans ces deux autels se trouvait le pouvoir de sauver. Mettre le sang du sacrifice expiatoire sur les cornes de l'autel des parfums signifiait que le sang expiatoire pouvait rendre plus efficaces les prières d'Israël à Dieu.


Lévitique 4:12. Que signifie le fait de brûler le sacrifice d'expiation en dehors du camp ?


L'offrande de la graisse et des entrailles sur l'autel montrait que l'offrande elle-même était acceptable à Dieu. Mais comme ce sacrifice représentait les effets du péché, l'offrande elle-même pouvait venir sur l'autel. Cela peut nous déconcerter au premier abord que le Christ ait pu être symbolisé comme un sacrifice d'expiation. 


« Jusqu'à présent, l'idée de péché n'est pas encore introduite dans les sacrifices. L'holocauste, l'offrande et le sacrifice d'actions de grâces, aussi différents qu'ils soient l'un de l'autre, avaient cependant ceci de commun qu'en chacun d'eux le sacrifice consistait à présenter quelque chose qui était agréable à l'Éternel, une oblation pour satisfaire ses saints commandements qu'il avait une grande satisfaction à accepter. Mais ici, dans les sacrifices d'expiation et de culpabilité, le péché est lié au sacrifice. On trouve ici le péché confessé, le péché jugé, le péché réclamant le sacrifice et l'effusion du sang et cependant le péché expié, effacé et pardonné…


« Le sacrifice d'expiation montre que le péché a été jugé et que par conséquent le sentiment d'avoir péché, si nous croyons, ne doit pas ébranler notre sentiment de sécurité. Le péché apparaît ici essentiellement comme extrêmement pécheur, extrêmement haïssable, extrêmement mauvais devant Dieu ; cependant il apparaît aussi comme parfaitement compensé par le sacrifice, parfaitement porté, parfaitement jugé, parfaitement expié…


« Les offrandes d'une agréable odeur sont, comme nous le savons, le Christ dans sa perfection s'offrant pour nous sans péché à Dieu : les autres, au contraire, comme nous verrons, le représentent comme s'offrant comme notre représentant pour le péché. » (Jukes, Law of the Offerings, p. 137-139)


Le sacrifice expiatoire qui commença à Gethsémané et finit le lendemain sur le Golgotha pourrait être considéré comme un sacrifice d'expiation, car tel était son but.


« L'agonie que le Christ éprouva dans le Jardin, l'esprit limité ne peut en sonder ni l'intensité ni la cause… Il luttait et gémissait sous un fardeau dont aucun homme qui a vécu sur la terre ne pourrait même concevoir la possibilité. Ce n'était pas une douleur physique ni une angoisse mentale uniquement qui lui firent souffrir une torture telle qu'elle produisit un suintement de sang de chaque pore, mais une angoisse spirituelle comme seul Dieu était capable d'en ressentir…


« D'une certaine manière, terriblement réelle bien qu'incompréhensible à l'homme, le Sauveur prenait sur lui le fardeau des péchés de l'humanité depuis Adam jusqu'à la fin du monde. » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 745-746)


En d'autres termes, pour répondre aux exigences de la justice, le Christ se tint devant la loi comme s'il était coupable de tous les péchés, bien qu'il n'était coupable d'aucun. Il devint un sacrifice d'expiation pour toute l'humanité. Ce sacrifice impliquait plus que la souffrance dans le jardin de Gethsémané. Il prit fin sur la croix à l'extérieur des murs de la ville. Ainsi Paul vit dans le sacrifice du Christ l'accomplissement du symbolisme du sacrifice expiatoire brûlé en dehors du camp :


« Les corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp. C'est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. » (Hébreux 13:11-13)


Lévitique 4:25, 30, 35


Le sang du sacrifice d'expiation pour les chefs et l'homme du commun n'était pas aspergé sur les côtés de l'autel d'airain mais plutôt barbouillé sur les cornes. Les cornes symbolisaient la puissance de l'Éternel. Le fait d'y mettre le sang expiatoire suggérait que le pardon ne pouvait être apporté que par la puissance de Dieu.


LÉVITIQUE 5

Lévitique 5:1-13


Ces versets sont la continuation des conditions requises pour un sacrifice d'expiation. Les péchés dont il est dit ici qu'ils nécessitent l'expiation sont les péchés d'omission (le fait de ne pas dénoncer un délit dont on a été témoin), d'inadvertance (profanation inconsciente) et de témérité (serment prononcé à la légère). Bien que qualifié de sacrifice de culpabilité (voir verset 6), ce sacrifice ne doit pas être confondu avec le sacrifice de culpabilité proprement dit dont il est question au Lévitique 5:14-19. Le sacrifice de culpabilité mentionné ici visait à expier les actes qui tombaient dans la catégorie des péchés d'expiation (ignorance, infractions mineures et impureté cérémonielle).


Lévitique 5:16. Pourquoi ajoutait-on « un cinquième» au sacrifice de culpabilité ?


« Dans le cas du péché – c'est-à-dire notre nature pécheresse, où il n'avait pas été commis de vol ou de tort à l'égard de quelqu'un – la justice était pleinement satisfaite par la mort et la souffrance du pécheur. Mais la souffrance et la mort du pécheur, à elle seule, ne pouvait réparer le tort ou l'infraction. Si la victime ne faisait que mourir pour l'infraction, la partie lésée resterait perdante. On pourrait effectivement châtier le délinquant, mais le tort resterait. La mort du délinquant ne réparerait pas le tort commis, ni ne rendrait les droits dont un autre aurait été dépouillé. Et cependant, tant que cela n'était pas fait, on ne pouvait guère considérer l'expiation ou la restitution comme parfaite. Par conséquent pour qu'il y ait réparation dans le sacrifice de culpabilité, il n'y a pas seulement le jugement passé sur la victime, mais aussi la restitution : le droit dont une autre personne a été privée est satisfait, le tort pleinement réparé. » (Jukes, Law of Offerings,p. 179)


LÉVITIQUE 6

Lévitique 6:13. Pourquoi ne permettait-on jamais au feu brûlant sur le grand autel de s'éteindre ?


Le premier feu sur le premier autel fait sous la direction de Moïse fut allumé par une action directe de l'Éternel (voir Lévitique 9:23-24). Le prêtre avait pour devoir d'entretenir ce feu, ce qui symbolisait la continuation de l'alliance qui donnait à l'ordonnance du sacrifice une validité éternelle. En outre, le feu symbolisait la puissance purificatrice du Saint-Esprit qui ne s'éteint jamais.

LÉVITIQUE 7

Lévitique 7:11-27. Pourquoi le donateur mangeait-il le sacrifice d'actions de grâces ?


Après avoir enlevé la graisse, les rognons, la poitrine et la partie supérieure de la patte postérieure, on rendait le reste de l'animal au donateur. Une fois rentré chez lui, il l'utilisait pour préparer un festin auquel étaient conviés sa famille, ses amis et les pauvres. Le sacrifice était la partie principale de ce festin, ce festin devenait un repas sacré d'alliance que l'on prenait avec joie et actions de grâces, parce qu'il représentait la communion avec le Seigneur. La nourriture terrestre symbolisait la puissance spirituelle par laquelle le Seigneur contentait et rafraîchissait ses saints et les conduisait à la victoire sur tous leurs ennemis. Les oiseaux n'étaient pas acceptables parce qu'ils fournissaient trop peu de viande.


Tous les participants avaient leur part dans ce sacrifice. Le Seigneur spécifiait sa part, celle qui était donnée au prêtre et celle qui était partagée par la famille. C'est pourquoi tous avaient l'esprit du repas de communion tout comme tous profitent de l'oeuvre du Christ qui est de réaliser le salut des fidèles et la victoire sur la mort et l'enfer. Manger sciemment le sacrifice d'actions de grâces tout en étant dans un état d'impureté constituait une raison d'excommunication (voir verset 21). On ne peut être dans un état de péché et être en même temps dans un état de grâce auprès de Dieu.


Lévitique 7:28-34. Qu'est-ce que le sacrifice par élévation et le sacrifice par agitation ?


Le Seigneur déclara que deux parties de l'animal appartiendraient au prêtre. La première était l'offrande par élévation qui était la partie supérieure de la patte arrière. Le terme élévation signifie en hébreu « soulever » ou « enlever ». Cette partie était donnée par le donateur au prêtre pour le payer pour son aide. La « poitrine qu'on agite de côté et d'autre » (voir verset 34) était le bréchet. Ce morceau de viande de choix, ainsi que la graisse et les rognons, appartenait au Seigneur. Le bréchet était présenté au Seigneur par agitation. Pour ce faire, le prêtre mettait le sacrifice dans les mains du donateur et ensuite mettait ses propres mains en dessous. Puis il déplaçait le bréchet par un mouvement horizontal vers l'autel (le transférant symboliquement au Seigneur) et puis faisait le mouvement en sens inverse, représentant le fait que Dieu acceptait le sacrifice et son transfert à son serviteur, le prêtre (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:330).


LÉVITIQUE 8

Lévitique 8-9


Ces chapitres rapportent la mise à part d'Aaron et de ses fils et la sanctification du tabernacle qui avaient été commandés dans Exode 28-29. On trouvera dans
le commentaire de Exode 29:20 la signification du sang sur l'oreille, le pouce et l'orteil.

LÉVITIQUE 9

Lévitique 9. Voir commentaire de Lévitique 8.

LÉVITIQUE 10

Lévitique 10:1-7. Quel était le feu étranger offert par les fils d'Aaron ?


Le mot hébreu traduit « étranger » signifie « opposé à ce qui est saint et légitime » (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « strange », p. 422). Cela veut donc dire que ces deux fils d'Aaron se livraient à une forme de culte non autorisée. Le récit ne permet pas de décider s'ils prirent du feu (en fait des braises) à une autre source que le grand autel que Dieu lui-même avait allumé (voir Lévitique 9:24) ou s'ils utilisèrent un encens qui n'avait pas été préparé comme spécifié (voir Exode 30:34-37). Mais après avoir révélé comment il fallait préparer l'encens, le Seigneur donna un avertissement : « Quiconque en fera de semblable, pour le sentir, sera retranché de son peuple » (Exode 30:38). Les autres fils d'Aaron se virent interdire de porter officiellement le deuil de leurs frères, car cela impliquerait que le Seigneur aurait été injuste dans le châtiment (voir Lévitique 10:6).


Lévitique 10:16-19. Pourquoi Moïse fut-il irrité contre Aaron et ses fils ?


Une partie du sacrifice expiatoire devait être utilisée par le prêtre qui administrait le sacrifice, portant ainsi « l'iniquité de l'assemblée » (verset 17) ; mais Éléazar et Ithamar l'avaient entièrement brûlé plutôt que de manger leur part. C'était la deuxième fois que les fils d'Aaron ne suivaient pas la loi. Dans une colère justifiée, Moïse les réprimanda, mais Aaron résista à la réprimande.


« L'excuse qu'Aaron donne pour ne pas avoir fait festin du sacrifice expiatoire selon la loi est appropriée et empreinte de dignité, comme s'il avait dit : 'Dieu a certainement commandé de manger du sacrifice expiatoire ; mais quand des choses comme celles-ci me sont arrivées, est-ce que cela pourrait être bon aux yeux du Seigneur ? N'attend-il pas de moi que j'éprouve les sentiments d'un père dans des circonstances aussi affligeantes ? » Moïse fut satisfait de cette réponse courageuse ; et Dieu, qui connaissait la situation, ne fit pas attention à l'irrégularité qui s'était produite dans le service solennel. Dieu a donné à la nature humaine la possibilité de pleurer en temps d'affliction et de détresse. Dans sa bonté infinie, il a voulu que les larmes, qui ne sont que des manifestations extérieures de notre douleur, soient les exutoires de notre chagrin et tendent à épuiser la cause qui les fait couler. » (Clarke, Bible Commentary, 1:539)


LÉVITIQUE 11

Lévitique 11. Nourriture pure et impure


Deux conditions décidaient de la pureté des animaux. Ils devaient avoir le pied fourchu (c'est-à-dire que le sabot devait être séparé en deux parties) et ce devait être des ruminants (voir verset 3). La nourriture provenant de la mer était limitée à ce qui avait des écailles et des nageoires. Cela éliminait tous les crustacés, comme le homard et la crevette, et les poissons tels que les requins et les dauphins ainsi que les autres créatures de la mer telles que l'anguille (voir versets 9-12). Les oiseaux interdits étaient en général des oiseaux de proie qui vivaient de charogne ou, comme dans le cas de la cigogne et du héron, ceux qui mangeaient probablement d'autres créatures impures (voir versets 13-20). La plupart des insectes volants étaient aussi interdits. L'expression « qui marchent sur quatre pieds » (verset 21) désigne les insectes qui ont quatre courtes pattes et deux longues pattes utilisées pour sautiller. De ceux-ci quatre conviennent pour la nourriture. Tous font partie de la famille des sauterelles.


Lévitique 11:24, 31. Pourquoi le contact avec un cadavre rendait-il impur ?


La loi spécifiait que le contact avec la carcasse d'un animal impur (ou d'un animal pur qui était mort d'une autre manière que par l'abattage approprié) rendait impur. « Selon les règles de l'Ancien Testament, le cadavre humain était ce qui souillait le plus. Selon toute probabilité, cela représentait pour le peuple de Dieu toute la gravité et les conséquences ultimes du péché » (Douglas, New Bible Dictionary, sous la rubrique « clean and unclean », p. 239). Le fait que la personne impure se voyait interdire le service du temple et la communion avec les autres Israélites semble confirmer cette thèse. Le symbolisme suggère que le contact avec le péché laisse l'individu souillé, et il fallait un certain temps pour être purifié de cette souillure. Cette période était symbolisée par les restrictions imposées par la personne « jusqu'au soir » (verset 24), moment où commençait la nouvelle journée israélite.


LÉVITIQUE 12

Lévitique 12 à 15. Autres lois sur la façon de traiter l'impureté


Cette section de la loi lévitique traite des aspects de ce que l'on pourrait appeler l'impureté dans la chair due aux infections ou aux sécrétions du corps, y compris l'expulsion de liquides associés à la naissance (voir 12:1-8), les maux ou les infections de la peau accompagnant des maladies telles que la lèpre et les furoncles (voir 13:1-59), la gonorrhée (voir 15:1-15), la pollution masculine (15:16-18) et les liquides résultant de la menstruation (voir 15:19-33). Cette partie de la loi suscite des questions dans l'esprit de beaucoup de lecteurs. La question la plus évidente est : Pourquoi les fonctions corporelles naturelles peuvent-elles rendre impur ? Premièrement, 'impur', dans le sens mosaïque, ne signifiait pas ce qu'il signifie pour le lecteur moderne. Cela ne suggérait pas quelque chose de dégoûtant ou de malpropre, et n'impliquait pas non plus que le corps ou les fonctions naturelles du corps, comme l'enfantement ou les relations sexuelles, étaient fondamentalement mauvaises.


« Le terme impur, dans ce cas et dans les cas suivants, est généralement compris dans un sens purement légal, le fait de rendre une personne impropre aux ordonnances sacrées » (Clarke, Bible Commentary, 1:559). Cela est très important si l'on veut comprendre les révélations du Seigneur à ce sujet. Les ordonnances de la loi mosaïque étaient toutes conçues pour symboliser des vérités spirituelles. Plus on approchait de la perfection dans l'application de la loi, plus on approchait du véritable sens symbolique de l'ordonnance. Le corps physique et ses fonctions naturelles rappellent à l'homme qu'il est de la terre ou du physique. Par conséquent dire qu'un homme ou une femme était impur (c'est-à-dire ne devait pas accomplir des ordonnances sacrées) à certains moments, c'était suggérer à l'esprit que l'homme naturel doit être mis de côté pour aborder Dieu.


Il y avait un enseignement semblable dans ce qui était requis du grand-prêtre. Quiconque avait un handicap physique se voyait interdire la fonction de grand-prêtre (voir Lévitique 21:17-21). Dieu ne considère pas de telles personnes comme fondamentalement inférieures, spirituellement parlant, à une personne sans défaut corporel. Cette règle était plutôt un moyen didactique. Le grand-prêtre était un symbole du Christ, le souverain grand-prêtre (voir Hébreux 4:14), et la loi exigeant l'intégrité physique visait à symboliser la perfection du Christ. Les lois concernant l'impureté naturelle doivent être vues sous le même jour.


Il y avait également des aspects pratiques ou sanitaires à ces lois. Les règles strictes concernant le contact avec une personne infectée ou avec des objets avec lesquels elle avait été en contact ont des parallèles avec l'hygiène moderne.


« À Canaan la prostitution et les rites de la fertilité étaient mêlés au culte. Par contre, en Israël, tout ce qui suggérait le sexuel ou le sensuel était strictement banni du culte de Dieu… L'intention n'était pas d'éliminer cet aspect de la vie comme étant 'sale', comme le montrent clairement d'autres passages de l'Écriture. Le but était de veiller à ce qu'il soit distinct du culte de Dieu. La règle de la pureté stricte dans toutes les questions sexuelles était aussi une sauvegarde de la santé. » (Alexander and Alexander, Eerdmans Handbook to the Bible, p. 176)


Lévitique 12:5-6. Pourquoi la période d'impureté était-elle plus longue lorsque c'était un enfant du sexe féminin qui naissait ?


Il y a beaucoup de choses dans la loi mosaïque qui intriguent à première vue mais qui deviennent claires et compréhensibles quand on les étudie d'une manière plus approfondie. Cependant nous ne possédons pas à l'heure actuelle la clef de l'interprétation correcte de cette question. Une conclusion évidente, à laquelle sont promptement parvenus certains critiques modernes, est que cette règle reflète la situation inférieure des femmes dans l'Antiquité, situation qu'ils considèrent comme soutenue par la loi. Cette conclusion est fallacieuse pour deux raisons :


Tout d'abord, ailleurs dans la loi et l'Ancien Testament, il est clair que les femmes jouissaient d'un statut élevé et que leurs
droits étaient protégés. En fait, « les femmes semblent avoir joui d'une liberté beaucoup plus grande parmi les Juifs que ce qu'on leur accorde maintenant en Asie de l'Ouest » (Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « woman », 3:1733 ; cette référence cite de nombreuses Écritures à l'appui de cette affirmation ; voir aussi Hastings, éditeur, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « woman », p. 976 -977).


Deuxièmement cette loi n'était pas le produit de l'attitude des hommes, mais était la révélation directe du Seigneur. Dieu ne considère les femmes en aucune façon comme inférieures, bien que le rôle des hommes et celui des femmes soient différents. Il est inutile de spéculer sur le point de savoir pourquoi le Seigneur a révélé des règles différentes concernant la purification cérémonielle après la naissance d'enfants de sexes masculin et féminin tant que nous n'aurons pas reçu d'autres révélations à ce sujet.


LÉVITIQUE 13

Lévitique 13. À propos des autres lois sur la façon de traiter l'impureté, voir le commentaire de Lévitique 12.


Lévitique 13. Qu'entend-on par lèpre ?


La racine hébraïque tsara, que l'on traduit par lèpre, signifie « frappé lourdement » parce qu'un lépreux était considéré comme ayant été « frappé par Dieu » (Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique « leper », p. 248-49). Quoique comprenant la véritable lèpre (la maladie de Hansen), la lèpre paraît aussi avoir désigné toute une panoplie de maladies et même des altérations physiques telles que le mildiou ou la pourriture sèche. La caractéristique commune semble être la décomposition et la putréfaction, et par conséquent la lèpre devint un type ou un symbole du péché ou de l'homme pécheur.


La lèpre classique était une maladie redoutée et horrible qui nécessitait la mise en quarantaine de l'individu (voir Lévitique 13:45).


« Quand un homme avait la marque de la lèpre, il devait se déplacer comme une personne en deuil, c'est-à-dire qu'il devait déchirer ses vêtements, ne pas se peigner et se couvrir la moustache ; et il devait être séparé de la société humaine ordinaire.


« La maladie ordinairement appelée 'lèpre' peut avoir deux formes appelées respectivement 'tuberculeuse' et 'anesthétique'. La forme tuberculeuse se manifeste tout d'abord sous la forme de taches rougeâtres dans lesquelles on trouve plus tard des tubercules sombres ; quand la maladie se développe, le visage et les membres enflent et se déforment. La lèpre anesthétique touche avant tous les troncs nerveux, particulièrement ceux des extrémités. Ils s'engourdissent et finissent par perdre leur vitalité. On peut se demander si les diverses formes de lèpre sont traitées et prévues dans ce chapitre du Lévitique. On ne peut pas répondre avec certitude. Un médecin moderne ne diagnostiquerait pas la lèpre sur la base des symptômes donnés ici. Il est probable que beaucoup de maladies de la peau, certaines de relativement peu d'importance, étaient appelées lèpre. D'autre part on peut avancer l'argument que l'Écriture ne nous donne que les tout premiers symptômes auxquels le prêtre doit être attentif et que puisque la lèpre (dans le sens où nous entendons ce mot) était presque certainement connue à l'époque biblique en Palestine et était la maladie par excellence à rendre un homme 'impur', c'est certainement d'elle qu'il était question ici, même si d'autres maladies de la peau étaient également groupées sous le même nom.


« Il est certain que les prêtres utilisaient des mesures scientifiques utiles lorsqu'ils isolaient les adultes qui manifestaient des maladies chroniques de la peau susceptibles d'être transmises à d'autres. La mise en quarantaine était de loin la meilleure méthode pour empêcher la contagion. En outre, il est clair que si la personne guérissait plus tard – ce qui prouvait qu'elle avait une maladie légère et guérissable de la peau – on pouvait la déclarer guérie, et en temps voulu elle retournait auprès de sa famille et de ses amis. » (Buttrick, Interpreter's Bible, 2:66-67)


LÉVITIQUE 14

Lévitique 14. À propos des autres lois sur la façon de traiter l'impureté, voir le commentaire de Lévitique 12.


Lévitique 14. Purification d'un lépreux


« Dans Lévitique 14 nous avons une description détaillée du rituel que l'on suivait lorsque la lèpre d'une personne s'était guérie. Du fait de la nature du rituel, beaucoup de personnes y ont vu un rite primitif superstitieux et atroce qui confirme l'idée que les Israélites étaient des païens primitifs superstitieux. Mais quand on applique les règles d'interprétation des symboles donnés plus haut, on constate que le rituel est une admirable représentation des vérités évangéliques. Mais il faut tout d'abord comprendre le sens véritable des divers symbolismes utilisés dans le rite. En voici la liste :


« 1. Le lépreux. La lèpre, sous ses diverses formes, était une maladie qui causait la dégradation et la putréfaction du corps vivant; et à cause de son caractère horrible, il fallait que la personne soit mise en quarantaine et se voie refuser toute communion avec le reste de la maison d'Israël. À cause de ces caractéristiques, on considérait la lèpre comme un type ou un symbole approprié de ce qui arrive spirituellement à l'homme quand il pèche. Le péché introduit dans le domaine spirituel est une dégradation et une corruption semblables à celles qu'apporte la lèpre dans le domaine physique. En outre, le pécheur était exclu de la communion avec l'Israël spirituel et ne pouvait pas faire partie du vrai peuple de l'alliance du Seigneur. Ainsi donc le lépreux lui-même était un symbole ou une similitude de ce que le roi Benjamin appelait 'l'homme naturel' (voir Mosiah 3:19).


« 2. Le prêtre. Le prêtre était le représentant officiel du Seigneur et il était autorisé à purifier le lépreux et à le ramener dans une communion pleine et entière.


« 3. Les oiseaux. Étant les seuls êtres vivants utilisés dans le rituel, les oiseaux symbolisaient le candidat. Du fait qu'il y avait deux vérités enseignées, il fallait deux oiseaux. On tuait le premier oiseau en en versant le sang, ce qui signifiait que le lépreux (l'homme naturel) devait donner sa vie. Le deuxième oiseau, après avoir été lié avec d'autres symboles, était libéré. Cela signifiait que l'homme était libéré de l'esclavage du péché.


« 4. Le bois de cèdre. Le bois de cèdre est encore utilisé aujourd'hui à cause de sa capacité de protéger les objets environnants de la décomposition et de la corruption. Ainsi le cèdre symbolisait la protection contre la décomposition.


« 5. La laine écarlate. Le mot 'écarlate' (Hébreux 9:19) ou 'cramoisi' (Lévitique 14:4) désignait véritablement un morceau de laine teinte d'un rouge brillant. Le rouge nous rappelle le sang, qui est le symbole de la vie et aussi de l'expiation (voir Lévitique 17:11).


« 6. L'hysope. Bien que nous ne sachions pas exactement pourquoi, nous savons qu'à l'époque de l'Ancien Testament, l'hysope portait le symbolisme de la purification (voir Exode 12:22 ; Psaumes 51:7 ; Hébreux 9:19).


« 7. Le vase d'eau vive. Remarquez que le sang de l'oiseau était mêlé à l'eau. Dans Moïse 6:59, nous apprenons que le sang et l'eau sont les symboles de la naissance, tant physique que spirituelle. Nous savons aussi que le lieu de la nouvelle naissance spirituelle, les fonts baptismaux, est un symbole de l'endroit où l'homme naturel est mis à mort (voir Romains 6:1-6 ; D&A 128:12-13). On tuait le premier oiseau au-dessus du vase d'eau, ce qui symbolisait la mort de l'homme naturel et la nouvelle naissance finale de la personne spirituellement innocente.


« 8. L'aspersion du lépreux. Ceci était un symbole de purification.


« 9. Le rasage du poil. On ne peut s'empêcher de remarquer que le rasage du poil du corps (y compris les sourcils) donne à celui qui subit l'opération un aspect ressemblant considérablement à celui d'un nouveau-né, qui est typiquement virtuellement sans poils. Ainsi, après être symboliquement passé par le processus de la nouvelle naissance, le candidat montrait d'une manière frappante, sur sa propre personne, qu'il était nouvellement né spirituellement.


«10. Le sacrifice de l'agneau. Le symbolisme est clair, puisque l'agneau offert devait être le mâle premier-né sans tache ni défaut. Il symbolisait l'offrande du Fils de Dieu.


« 11. Le barbouillage de sang sur les parties du corps. En hébreu, le mot que l'on traduit habituellement par 'expiation' signifie littéralement 'couvrir'. Ainsi donc, quand le prêtre touchait quelque chose avec le sang, ce geste suggérait la sanctification de l'objet ou expiation faite pour lui. Dans ce cas, nous voyons le sang de l'agneau sanctifier l'organe de l'ouïe ou de l'obéissance (l'oreille), l'organe de l'action (la main) et l'organe permettant de suivre ou de marcher dans le bon chemin (le pied). Ainsi, tous les aspects de la vie de la personne étaient touchés et affectés par l'expiation du Christ.


« 12. L'huile. 'Dès les temps les plus anciens, c'est l'olivier qui a été l'emblème de la paix et de la pureté' (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:163). Pour cette raison, et aussi parce que l'huile d'olive était un symbole du Saint-Esprit (par exemple, voir D&A 45:55-57), l'huile a un sens symbolique profond. Toucher avec de l'huile suggérait l'effet de l'Esprit sur les mêmes organes de la vie et de l'action. Ainsi le sang du Christ purifiait tous les aspects de la vie du candidat et ensuite le processus était répété avec l'huile pour montrer que l'Esprit lui aussi touchait tout ce qu'il faisait. De cette manière la personne recevait la paix et la pureté (symbolisée par l'olivier et son fruit). » (Lund, Old Testament Types and Symbols, Symposium,p. 184-186).


LÉVITIQUE 15

Lévitique 15. À propos des autres lois sur la façon de traiter l'impureté, voir le commentaire de Lévitique 12.

LÉVITIQUE 16

Lévitique 16. Le jour des expiations et le pardon d'Israël


« Le jour des expiations, qui se produisait à l'automne de l'année, était la plus sacrée et la plus solennelle de toutes les fêtes israélites. C'est là que nous voyons le plus clairement le symbolisme de l'oeuvre du Christ pour Israël. C'était un jour de jeûne national, un jour qui signifiait que les péchés d'Israël avaient été expiés et que la nation et son peuple étaient rendus à un état de communion avec Dieu. La fête comprenait les grands traits suivants (voir Lévitique 16 où les détails sont donnés) :


« 1. Le grand-prêtre devait se livrer à une préparation méticuleuse pour être digne d'agir comme officiant pour le reste de la maison d'Israël. Cela impliquait des sacrifices pour lui-même et sa maison, aussi bien que le lavage et la purification en aspergeant du sang du sacrifice divers objets du tabernacle.


« 2. Le grand-prêtre enlevait les robes officielles qu'il portait normalement et se revêtait de vêtements simples de lin blanc ('car le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints', Apocalypse 19:8).


« 3. On choisissait au sort deux boucs. L'un était désigné comme bouc du Seigneur, l'autre était bouc émissaire ou en hébreu le bouc d'Azazel. Le bouc de l'Éternel était offert comme sacrifice expiatoire, et le grand-prêtre portait son sang dans le Saint des Saints du tabernacle et l'aspergeait sur le couvercle de l'arche de l'alliance (appelée le 'propitiatoire', faisant ainsi l'expiation pour les péchés d'Israël.


« 4. L'autre bouc, Azazel, était amené devant le grand-prêtre qui posait les mains sur sa tête et transférait symboliquement sur lui tous les péchés d'Israël. Ensuite il était emmené dans le désert et libéré à un endroit où on ne le verrait plus jamais. Un commentateur a expliqué la signification d'Azazel en disant qu'il représentait 'le diable lui-même, le chef des anges déchus, qui fut plus tard appelé Satan ; car aucun esprit mauvais subordonné n'aurait pu être mis comme antithèse à l'Éternel comme Azazel l'est ici, mais seulement le souverain ou chef du royaume des démons'. » (Keil et Delitzsch, Commentary of the Old Testament, livre 1, William B. Eerdmans Publishing Co., n.d., p. 398)


« L'apôtre Paul, dans le livre des Hébreux, s'inspire considérablement de la symbolique du jour des expiations pour enseigner la mission du Christ. Dans cette épître, il avance les arguments suivants :


« a. Le Christ est le grand-prêtre suprême (Hébreux 3:1) qui, à l'inverse du grand-prêtre de la prêtrise d'Aaron était saint et sans tache et n'avait pas besoin de faire l'expiation pour ses propres péchés avant d'être digne d'officier pour Israël et d'entrer dans le Saint des Saints (voir Hébreux 7:26- 27). Sa vie parfaite était l'accomplissement suprême du symbole représenté par le port du vêtement blanc.


« b. Le vrai tabernacle (ou temple, ou maison du Seigneur) est au ciel, et le tabernacle terrestre fait par Moïse devait servir d'ombre ou de symbole du tabernacle céleste (voir Hébreux 8:2-5 ; 9:1-9).


« c. Le Christ est l'Agneau de l'Éternel aussi bien que le grand-prêtre. En versant son sang, il devient capable d'entrer dans le Saint des Saints céleste où il offrit son sang comme paiement des péchés de ceux qui croiraient en lui et obéiraient à ses commandements (voir Hébreux 9:11-14, 24 -28 ; 10:11-22 ; D&A 45:3-5). » (Lund, Old Testament Types and Symbols, Symposium, p. 187-188)


En dépit du sens symbolique du rituel de ce saint jour, le rituel pouvait réaliser le pardon des péchés d'Israël.


« Les écrits sacrés des anciens temps, les paroles inspirées des prophètes des derniers jours, les traditions des hommes, les rites du sacrifice et même les sacrilèges des idolâtries païennes, tout inclut la notion d'expiation vicariale. Dieu n'a jamais refusé d'accepter l'offrande présentée, par quelqu'un qui a l'autorité, en faveur de ceux qui sont tout à fait incapables de rendre le service requis eux-mêmes. Si le bouc émissaire et la victime de l'autel chez l'ancien Israël étaient offerts avec repentance et contrition, ils étaient acceptés par le Seigneur en expiation des péchés du peuple. » (James E. Talmage, Articles de foi, p. 100)


LÉVITIQUE 17

Lévitique 17:1-7. Pourquoi les Israélites devaient-ils tuer sur l'autel du tabernacle tous les animaux domestiques, même ceux uniquement destinés à être mangés ?

« Comme le sacrifice était toujours considéré comme essentiel à la vraie religion, il était nécessaire de l'accomplir de manière à s'assurer qu'on atteignait le grand but dans lequel il avait été institué. Dieu seul pouvait montrer comment le faire de manière à être agréable à ses yeux, et pour cette raison il a donné à ce sujet les directives les plus claires et les plus détaillées. Les Israélites, suite à leur long séjour en Égypte, pays idolâtre, avaient certainement adopté beaucoup de ses usages ; et beaucoup de parties du Pentateuque semblent avoir été écrites simplement pour corriger cela et les ramener à la pureté du culte divin.


« Pour qu'aucun sang ne soit offert aux idoles, Dieu commande que chaque animal utilisé pour la nourriture ou le sacrifice soit mis à mort à la porte du tabernacle. Bien que tous les animaux étaient mis à mort de cette manière sacrificielle, même la nourriture quotidienne du peuple devait lui rappeler la nécessité du sacrifice pour le péché. C'est peut-être à cela que pensait saint Paul quand il dit : Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu (1 Corinthiens 10:31) ; Et quoi que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père (Colossiens 3:17).


« Pendant que les Israélites campaient dans le désert, il était relativement facile d'empêcher tout abus à l'égard de cette institution divine ; c'est pourquoi il leur était commandé à tous d'amener les boeufs, les moutons et les chèvres à l'entrée de la tente d'assignation, pour les y immoler, et asperger leur sang sur l'autel du Seigneur. Mais lorsqu'ils s'installèrent dans la terre promise, dans beaucoup de cas, la distance les mit dans l'impossibilité d'amener les animaux au temple pour les immoler pour usage domestique, et il leur fut permis de verser le sang d'une manière sacrificielle à Dieu dans leurs demeures respectives et de le couvrir de poussière (voir Lévitique 17:13 ; Deutéronome 12:20-21). » (Clarke, Bible Commentary, 1:566-567)


Lévitique 17:7. « Avec lesquels ils se prostituent »


L'idée qu'Israël se soit prostituée à de faux dieux est courante dans les Écritures et est dans la lignée de la métaphore qui veut que l'Éternel soit l'époux avec qui Israël était marié. Ésaïe dit : « Car ton créateur est ton époux : l'Éternel des armées est son nom » (Ésaïe 54:5). Quand Israël se tournait vers de faux dieux, il était infidèle à son mariage avec le vrai Dieu et était par conséquent décrit comme jouant le rôle d'une prostituée.


Jérémie écrit : « As-tu vu ce qu'a fait l'infidèle Israël ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert, et là elle s'est prostituée… Quoique j'aie répudié l'infidèle Israël à cause de tous ses adultères, et que je lui aie donné sa lettre de divorce, j'ai vu que la perfide Juda, sa soeur, n'a point eu de crainte, et qu'elle est allée se prostituer pareillement. Par sa criante impudicité, Israël a souillé le pays, elle a commis un adultère avec la pierre et le bois » (Jérémie 3:6, 8, 9).


À l'époque du Nouveau Testament, on utilisait la même image quand l'Église de Jésus-Christ était décrite comme épouse du Christ (voir 2 Corinthiens 11:2 ; Apocalypse 19:7-8 ; 21:2, 9). Ainsi donc dans les Écritures l'idolâtrie était souvent décrite comme étant l'adultère spirituel. 


« Bien que ce terme [se prostituer] soit souvent utilisé pour exprimer l'idolâtrie, nous ne devons cependant pas croire qu'on ne doit pas le prendre dans un sens littéral dans beaucoup de passages des Écritures, même quand on l'utilise dans le cadre d'actes de culte idolâtres. Il est bien connu que Baal Peor et Astarté étaient adorés avec des rites impurs et que la prostitution publique était une partie importante du culte de beaucoup de divinités parmi les Égyptiens, les Moabites, les Cananéens, les Grecs et les Romains. » (Clarke, Bible Commentary, 1:367)


LÉVITIQUE 18

Lévitique 18. La pureté dans tous les rapports sexuels


« L'interdiction de l'inceste et d'abominations sensuelles semblables est introduite par une mise en garde contre les coutumes licencieuses des Égyptiens et des Cananéens, et l'exhortation à observer les lois et les ordonnances de l'Éternel (voir Lévitique 18:2-5) ; elle prend fin sur une allusion menaçante aux conséquences de toutes ces souillures (voir versets 24-30. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:411-412)


L'expression « découvrir sa nudité » (verset 6 ; voir aussi versets 7-19) était un euphémisme hébreu pour désigner les rapports sexuels et ainsi toutes les espèces de relations incestueuses étaient interdites y compris « (1) avec sa mère, (2) avec sa belle-mère, (3) avec sa soeur ou sa demi-soeur, (4) avec sa petite-fille, fille du fils ou de la fille, (5) avec la fille de la belle-mère, (6) avec la tante, soeur du père ou de la mère, (7) avec l'épouse de l'oncle du côté paternel, (8) avec la belle-fille, (9) avec la belle-soeur ou la femme du frère, (10) avec une femme et sa fille ou une femme et sa petite-fille et (11) avec deux soeurs en même temps » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:2:412).


L'expiation du péché de laisser les enfants « passer à Moloc » (verset 21) est la suivante :


« Le nom de cette idole est mentionné ici pour la première fois. Comme le mot moloc ou melec signifie roi ou gouverneur, il est vraisemblable que cette idole représentait le soleil, d'autant plus que le feu semble avoir été considérablement employé dans son culte. Il y a plusieurs opinions concernant la signification de passer à Moloc. 1. Certains pensent que l'on offrait la semence humaine à cette idole sur le feu. 2. D'autres pensent que les enfants devenaient authentiquement un holocauste qui lui était offert. 3. Mais d'autres croient que les enfants n'étaient pas brûlés, mais simplement passés à travers le feu, ou entre deux feux, pour les lui consacrer.


« Selon l'opinion de certains commentateurs, plusieurs passages des Écritures semblent fortement laisser entendre que certains étaient littéralement brûlés vifs à cette idole (entre autres Psaumes 106:38 ; Jérémie 7:31 ; ÉzéchieI 23:37-39). Les rabbins affirment formellement que d'autres étaient seulement consacrés au service de Moloc en passant entre deux feux ; et si Achaz n'avait qu'un seul fils, Ézéchias (quoiqu'il est probable qu'il en avait d'autres, voir 2 Chroniques 28:3), il est dit qu'il fit passer son fils par le feu (2 Rois 16:3), et cependant il succéda à son père sur le trône (2 Rois 18:1), c'est pourquoi cela ne pouvait être qu'une consécration, son père idolâtre voulant ainsi l'initier dès sa jeunesse au service de ce démon. » (Clarke, Bible Commentary, 1:570 -71)


D'autres abominations impliquant des perversions sexuelles telles que le comportement homosexuel (Lévitique 18:22) et la bestialité (Lévitique 18:23) étaient interdites avec une sévérité égale. Ce furent ces abominations mêmes des Cananéens qui les firent chasser de la terre promise qu'Israël était sur le point d'hériter (voir Lévitique 18:24-25 ; 1 Néphi 17:32-35).

LÉVITIQUE 19

Lévitique 19:2-18. « Soyez saints, car je suis saint, moi, l'Éternel, votre Dieu »


Les derniers chapitres du Lévitique se concentrent sur les lois qui définissaient comment, sous la loi mosaïque, on vivait dans la justice et d'une manière agréable à Dieu. Le Lévitique se termine sur le même message fondamental avec lequel il a commencé, à savoir l'exhortation capitale que les hommes doivent être saints, tout comme Dieu est saint. Les lois qui suivent ce commandement peuvent au premier abord paraître se présenter dans le désordre ou sans lien logique, mais elles ont une unité quand on les examine à la lumière du commandement d'être saint donné au verset 2. Remarquez aussi la forte parenté avec les dix commandements dans ce qui suit immédiatement (voir versets 3 à 12). Le cinquième commandement (honorer ses parents) et le quatrième commandement (sanctifier le jour du sabbat) sont unis au verset 3, suivis immédiatement du deuxième commandement (pas d'images taillées). Au verset 11, le huitième commandement (le vol) est uni au neuvième (porter faux témoignage) et de nouveau immédiatement lié au troisième commandement (prendre le nom de Dieu en vain) au verset 12.


De cette façon, le Seigneur paraît indiquer que ce qui suit le commandement d'être saint est directement lié à ces principes fondamentaux de la justice. Les lois spécifiques qui suivent les commandements définissent les principes de justice qui découlent naturellement des dix commandements. Par exemple, le commandement de ne pas voler : ces lois montrent que le commandement signifie bien plus que de ne pas voler quelque chose à un homme ou cambrioler sa maison. On peut voler par la tricherie ou en refusant le salaire du travailleur (verset 13). Le commandement d'honorer ses parents : ici le Seigneur utilise le mot « respectera » (verset 3) qui implique un sentiment analogue au sentiment de respect profond que l'on a pour Dieu lui-même. L'exemple du calomniateur (verset 16) montre qu'il y a des manières de rendre faux témoignage autres que sous serment devant le tribunal. Et le dernier principe résume le but tout entier de la loi. Si on est vraiment saint, comme Dieu est saint, alors on aime son prochain comme soi-même (voir verset 18).


Lévitique 19:18. Quels commandements sous-tendent tous les autres ?


Un scribe demanda au Maître pendant son ministère terrestre quel était celui de tous les commandements qui était le plus grand. La réponse du Sauveur est bien connue : « Aime Dieu et aime ton prochain. Puis il dit : « De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu 22:40, voir aussi les versets 35 à 39). Ou, pour le dire autrement, ces deux principes sont à la base de tous les écrits de l'Ancien Testament. Tous les principes et tous les commandements découlent soit du besoin d'aimer Dieu, soit du besoin d'aimer notre prochain. Les deux lois citées par Jésus se trouvent dans l'Ancien Testament, mais pas ensemble. La première se trouve dans Deutéronome 6:5 et la deuxième dans Lévitique 19:18. La formulation du deuxième commandement est instructive. L'affirmation que l'on doit aimer son prochain comme soi-même déplace l'idée d'amour dans ce cas de l'état d'émotion à celui de volonté.


L'amour est une émotion que l'on éprouve tout naturellement pour soi-même. Pour le dire simplement, c'est le désir que l'on a d'assurer son propre bien. S'aimer ou prendre soin de soi est naturel et bon, mais en outre on doit éprouver cette même émotion pour les autres. Chacun doit désirer le bien des autres aussi bien que le sien propre. Ce désir n'est pas inné mais vient d'un acte conscient de la volonté ou du libre arbitre. Le commandement implique donc que l'on doit travailler à la fois pour son propre bien et pour le bien des autres. On ne doit pas se pousser en avant aux dépens d'un autre. Ce commandement est au coeur même de toutes les relations sociales et devient l'étalon d'après lequel on peut juger chaque action.


Quiconque comprend vraiment l'application à la vie courante du commandement d'aimer Dieu de tout son coeur, de tout son pouvoir, de tout son esprit et de toute sa force et d'aimer son prochain comme soi-même peut agir sans difficultés et sans lois supplémentaires. On n'a pas besoin de mettre en garde contre l'idolâtrie une personne qui aime vraiment Dieu, car tout acte de culte qui n'est pas consacré à Dieu choquerait tout naturellement. Les interdictions contre le vol, l'adultère, le meurtre, etc. ne sont pas requises si on aime vraiment son prochain comme soi-même, car il serait impensable de léser son prochain de telles façons. Mais, bien entendu, la vaste majorité des hommes ne comprend pas et ne garde pas ces deux commandements, c'est pourquoi le Seigneur a révélé beaucoup de lois et de règles supplémentaires pour montrer spécifiquement ce que les commandements exigent. Mais en vérité tous les commandements de ce genre ne font rien de plus que de définir et soutenir les deux principes de base : toute la loi et les prophètes sont résumés dans les deux grands commandements.


Lévitique 19:23-25. Qu'est-ce qu'un fruit « incirconcis » ?


« L'utilisation métaphorique de la circoncision est ainsi expliquée par le texte lui-même : elle indique que le fruit est disqualifié ou impropre. Dans Lévitique 26:41, on utilise la même métaphore pour désigner le coeur qui est entêté ou qui n'est pas mûr pour écouter les exhortations divines. Dans d'autres passages des Écritures, on l'utilise pour désigner les lèvres (Exode 6:12, 30) et les oreilles (Jérémie 6:10) qui ne remplissent pas leurs fonctions. » (C. D. Ginsburg, cité dans Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 147-148)


On ne voit pas clairement pourquoi au juste le fruit produit pendant les trois premières années de l'arbre devait être traité comme impropre à la consommation, mais dans ce contexte des lois de la justice et de la sanctification, cette interdiction pourrait suggérer que tant que les prémices de l'arbre n'étaient pas consacrés à Dieu, tout comme le premier-né des animaux et des hommes (voir Exode 13:1-2), l'arbre n'était pas considéré comme sanctifié ou mis à part pour être utilisé par le peuple de Dieu. Comme la terre avait été maudite à cause de l'homme lorsqu'Adam tomba (voir Genèse 3:17), cette loi pouvait servir pour simplement rappeler qu'avant la consécration à Dieu et à ses desseins, rien ne convenait pour être utilisé par le peuple saint de Dieu.


Lévitique 19:26-31. Israël mis à part du monde


À première vue, les lois que l'on trouve dans ces versets peuvent sembler être de peu d'application pour le saint moderne et on peut même être intrigué devant de telles lois pour l'Israël de l'Antiquité. Par exemple, qu'est-ce que le fait de se couper les cheveux et la barbe pourrait avoir à faire avec la justice ? Mais dans l'environnement culturel d'Israël dans l'Antiquité, ces interdictions spécifiques constituaient une grande leçon liée aux pratiques des voisins païens d'Israël.


Prenez par exemple le verset 26 où il est question d'observer les serpents et les nuages pour en tirer des pronostics. Dans le monde antique, sorciers et nécromanciens prétendaient souvent lire l'avenir grâce à divers augures ou objets. Parmi leurs méthodes, il faut citer l'observation des étoiles (astrologie), l'observation des mouvements des nuages et de certains animaux, faire des noeuds, tirer au sort, lancer des flèches en l'air et ensuite interpréter la position dans laquelle elles sont tombées et ainsi de suite (voir Hastings, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « magic, divination and sorcery », p. 566-570). Ainsi le verset 26 interdisait toute utilisation des méthodes occultes pour lire l'avenir.


Un autre érudit biblique nous fournit une explication importante sur la raison pour laquelle il est interdit de se couper les cheveux et la barbe :


« Ce verset (Lévitique 19:27) et le suivant ont manifestement trait à des coutumes qui ont dû exister parmi les Égyptiens quand les Israélites séjournaient en Égypte ; il est maintenant difficile d'émettre une théorie concernant leur nature. Hérodote observe que les Arabes rasent ou coupent leurs cheveux en rond, en l'honneur de Bacchus (dieu du vin) qui, disent-ils, se coupait les cheveux de cette manière… Il dit aussi que les Maciens, peuple de Lybie, se coupaient les cheveux en rond, de manière à laisser une touffe au sommet de la tête… C'est de cette façon que les Chinois se coupent les cheveux jusqu'à ce jour. C'était peut-être en l'honneur d'une idole, et c'était par conséquent interdit aux Israélites.


« Les cheveux étaient beaucoup utilisés dans la divination parmi les anciens et à des fins indiquées par les superstitions religieuses chez les Grecs et particulièrement vers l'époque où cette loi fut donnée, étant donné qu'on pense que c'était l'ère de la guerre de Troie. Nous apprenons dans Homère qu'il était de coutume de la part des parents de consacrer les cheveux de leurs enfants à une divinité ; quand ils arrivaient à l'âge adulte, ils les coupaient et les consacraient à cette divinité. Achille, aux funérailles de Patrocle, coupa ses  boucles dorées que son père avait dédiées au dieu du fleuve Sperchéios et les jeta dans les flots…


« Si les cheveux étaient arrondis et dédiés à des fins de ce genre, cela explique immédiatement l'interdiction exprimée dans ce verset (Clarke, Bible Commentary, 1:575)


En interdisant de se pratiquer des incisions dans la chair et de se tatouer des marques sur la peau, le Seigneur montrait encore clairement qu'Israël devait être différent de ses voisins païens. On s'infligeait des blessures dans les temps d'affliction pour les morts et pendant le culte (voir 1 Rois 18:28). En outre « c'était une coutume très antique et très généralisée que de porter des marques sur le corps en l'honneur de l'objet de son culte. Toutes les castes des hindous portent sur le front ou ailleurs ce qu'on appelle les marques sectaires qui les distinguent les uns des autres non seulement du point de vue civil, mais aussi du point de vue religieux.


« La plupart des ethnies indigènes récemment découvertes ont le visage, les bras, la poitrine, etc. curieusement gravés ou tatoués, probablement pour des raisons
superstitieuses. Les auteurs antiques abondent en textes où il est question de marques faites sur le visage, les bras, etc., en l'honneur de différentes idoles ; et c'est à cela que fait allusion l'écrivain inspiré (Apocalypse 13:16-17 ; 14:9, 11 ; 15:2 ; 16:2 ; 19:20 ; 20:4) lorsqu'il représente les faux adorateurs recevant dans les mains et sur le front la marque de la bête. » (Clarke, Bible commentary, 1:575)


La prostitution sacrée était une pratique courante parmi les adorateurs païens, et souvent les prêtresses des temples de l'amour telles que Vénus ou Aphrodite n'étaient là que pour satisfaire les désirs sexuels immoraux et leur donner une dimension religieuse. Dieu interdisait strictement ces pratiques.


« Ceux qui évoquent les esprits » (Lévitique 19:31) correspondent à ceux qu'on appellerait aujourd'hui les spirites ou les médiums. Ils avaient soi-disant le pouvoir de communiquer avec les esprits des morts lors de certaines séances. Le mot hébreu traduit ici pas esprit signifie 'ventriloque' : ainsi donc le nom lui-même suggère le caractère frauduleux de l'activité de ces personnes (voir Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique 'ventriloquist', p. 157)


Il est clair que les lois interdisant ces pratiques idolâtres étaient conçues pour mettre Israël à part du monde et de son faux culte. Et il y a là une leçon importante pour les saints modernes. Le monde n'a pas changé, bien que les pratiques perverses débauchées soient d'une autre espèce. Aujourd'hui le Seigneur commande toujours à son peuple, par les prophètes vivants, d'éviter les coutumes et les pratiques du monde. 


LÉVITIQUE 20

Lévitique 20


Ce chapitre spécifie des péchés si graves qu'ils méritent la mort. On trouvera l'explication de ce que signifie livrer ses enfants à Moloc dans le commentaire de Lévitique 18. Le Seigneur a répété à maintes reprises que le but de ces lois était de séparer Israël des autres peuples afin qu'il soit sanctifié et devienne saint pour Dieu (voir les versets 7-8, 24, 26).


Lévitique 20:22-24. « Vous ne suivez point les usages des nations que je vais chasser »


Quand les Jarédites furent amenés dans la terre de promission, le Seigneur les avertit que s'ils n'adoraient pas le Dieu du pays, qui est Jésus-Christ, ils seraient « balayés » (Éther 2:10). La colonie de Léhi fut également avertie de ce qu'elle n'occuperait la terre promise qu'à condition d'obéir, sinon elle serait « retranchée » (1 Néphi 2:21 ; voir aussi le verset 20). Les Israélites furent avertis que s'ils n'étaient pas disposés à se séparer du monde, le pays les « vomirait » (voir Lévitique 20:22).


Néphi dit à ses frères que la seule raison pour laquelle le pays était donné à Israël et les Cananéens chassés était que le peuple cananéen « avait rejeté toutes les paroles de Dieu ; il était mûr dans l'iniquité » (1 Néphi 17:35). À cause de l'extrême perversité des Cananéens, Dieu ordonna à Israël de les dévouer par interdit, c'est-à-dire de les détruire totalement (voir Deutéronome 7:2 ; on trouvera dans le commentaire de Deutéronome 7:1- 5 une étude plus approfondie des raisons pour lesquelles Dieu voulait que les Cananéens soient détruits). Néphi demanda : « Pensez-vous que nos pères (les Israélites) auraient été plus favorisés qu'eux (les Cananéens) s'ils avaient été justes ? Je vous dis que non » (1 Néphi 17:34). Le même message fut clairement révélé à Israël. Les Cananéens étaient chassés à cause de leur méchanceté. Ou bien Israël resterait à l'écart de cette méchanceté, ou bien il en subirait les mêmes conséquences.


LÉVITIQUE 21

Lévitique 21 et 22. Les lois de la pureté pour la prêtrise


Dans ces deux chapitres se trouvent des règles pour la prêtrise lévitique, particulièrement le grand-prêtre. L'appellation utilisée ici est « le sacrificateur qui a la supériorité sur ses frères » (Lévitique 21:10). L'hébreu signifie littéralement « le prêtre, celui qui est grand ». En tant que chef des prêtres, il était le représentant de l'Éternel parmi le peuple. Comme tel, il était tenu de se protéger de toute souillure dans son saint office (le grand-prêtre de l'Ancien Testament était un office de la prêtrise d'Aaron, non un office de la prêtrise de Melchisédek comme aujourd'hui. Le grand-prêtre était le prêtre président ou chef de la prêtrise d'Aaron. Aujourd'hui l'Évêque Président est celui qui détient ce poste).Tous les détenteurs de la prêtrise devaient épouser des vierges appartenant à leur peuple. Les prostituées, les adultères ou même les femmes divorcées étaient exclues pour éviter qu'il y ait le moindre doute concernant la pureté de la personne. Les prêtres ne pouvaient pas épouser une femme « déshonorée », ni être souillés par le contact avec un cadavre autre que ses proches parents (voir versets 1-3), ni permettre à une de leurs filles d'être une prostituée (voir verset 9).


En d'autres termes, tout Israël était appelé à une vie particulière de séparation et de sainteté, mais les prêtres qui servaient de représentants autorisés de Dieu devant le peuple devaient se situer à un niveau encore plus élevé de séparation et de sanctification. Le grand-prêtre, qui était symbole ou modèle de Jésus, « le grand souverain sacrificateur » (Hébreux 4:14), devait répondre à un code encore plus strict. Outre qu'il devait répondre aux conditions requises de la prêtrise ordinaire en ce qui concerne le mariage et les souillures, il ne devait avoir aucun défaut ni aucun handicap physique (voir Lévitique 21:16-21). Cette sévérité devait rappeler au peuple que le Christ, le vrai Médiateur entre Dieu et ses enfants, était parfait à tous égards.

LÉVITIQUE 22

Lévitique 22.
À propos des les lois de la pureté pour la prêtrise, voir le commentaire sur Lévitique 21.

LÉVITIQUE 23

Lévitique 23


Dans ce chapitre, le Seigneur prescrivait cinq jours saints ou fêtes qui devaient être observés par tout Israël. C'était le sabbat (voir les versets 1-3), la Pâque et la fête des Pains sans levain (voir versets 4-14), la fête des Semaines, ou Pentecôte comme on l'appelle dans le Nouveau Testament (voir versets 15-23), le jour des Expiations (voir versets 26-32) et la fête des Tabernacles (voir versets 33-44). Les sabbats étaient bien entendu hebdomadaires ; les autres sont donnés dans l'ordre dans lequel ils se produisaient. La Pâque se situait à fin mars ou début avril (correspondant à Pâque) et la Pentecôte suivait sept semaines plus tard, en mai. Le jour des Expiations, qui se situait vers la fin septembre ou le début octobre, était suivi cinq jours plus tard par la fête des Tabernacles, ou fête des Tentes.


Lévitique 23:27


Humilier l'âme signifie être humble ou soumis au Seigneur. Le terme hébreu implique une idée de discipline. C'est pourquoi ces jours-là les Israélites devaient se consacrer totalement au Seigneur dans le jeûne et la prière.


Lévitique 23:37


Les offrandes spécifiées pour les jours de fête étaient toutes volontaires. C'était le moment de fêter et de montrer libéralement sa reconnaissance envers le Seigneur.


LÉVITIQUE 24

Lévitique 24:17-22. La loi de Moïse était-elle réellement oeil pour oeil ?


Ce passage est maintenant considéré par beaucoup de personnes comme l'esprit et le résumé de la loi mosaïque : « Oeil pour oeil, dent pour dent » (verset 20). Ce malentendu est malheureux parce qu'il donne le sentiment que la loi est froide, rigide et vindicative. Cette erreur de compréhension vient de ce que l'on n'a pas distingué entre la loi sociale et la loi criminelle. La loi sociale était basée sur l'amour et le souci du prochain (voir Lévitique 19:18). La loi criminelle n'était pas en dehors de cet amour, mais était là pour mettre l'accent sur la justice absolue. Mais même là il faut remarquer trois choses concernant cette application de l'oeil pour oeil :


« Tout d'abord ce devait être une loi de justice exacte et non de vengeance. Deuxièmement ce n'était pas la vengeance privée mais la justice publique. Troisièmement, du fait que le meurtre est exclu des délits pour lesquels la rançon est permise (voir Nombres 35:31 et suivants), il est probable que l'on permettait ordinairement la réparation pour les blessures sous la forme d'une amende. » (Guthrie et Motyer, Bible Commentary, Revised, p. 164)


La même loi qui exigeait un châtiment et un paiement justes exigeait aussi qu'un fermier laisse des parties de son champ sans les moissonner pour que les pauvres puissent y glaner (voir Lévitique 19:9- 10; 23:22), exigeait que l'employeur paie son ouvrier à la tombée du jour plutôt que d'attendre ne fût-ce que le lendemain (voir 19:13), commandait aux hommes : « Tu ne haïras point ton frère dans ton coeur » (19:17) et résumait l'idéal en disant : « Vous serez saints » (20:7).


LÉVITIQUE 25

Lévitique 25. l'année sabbatique et le jubilé


Beaucoup de chrétiens modernes considèrent la loi de Moïse comme une loi primitive et inférieure conçue pour un peuple spirituellement illettré et sans maturité. La foi et la confiance actives en Dieu étaient requises de celui qui suivait vraiment la loi. On disait à l'Israélite qu'une fois tous les sept ans il devait se fier entièrement à Dieu plutôt que dans les fruits de son travail pour se nourrir. La terre, elle aussi, devait avoir son repos du sabbat, et on ne devait ni labourer, ni semer, ni récolter, ni moissonner. En outre, une fois tous les cinquante ans, la terre aurait un double repos. La septième année sabbatique (la quarante-neuvième année) devait être suivie d'une année de jubilé. Dieu avait libéré Israël de l'esclavage égyptien, lui avait pardonné les nombreuses dettes qu'il avait à son égard et lui avait donné un héritage dans la terre promise. Pour montrer son amour de Dieu et de ses semblables, Israël devait suivre cet exemple pendant l'année du jubilé. Les esclaves ou les serviteurs devaient être libérés, la terre rendue à son propriétaire originel et les dettes remises (voir versets 10, 13, 35-36).


« Le jubilé semble avoir été typique


« 1. De la grande époque de libération, la dispensation de l'Évangile, où tous ceux qui croient en Jésus sont rachetés de la servitude du péché, possèdent à nouveau la faveur et l'image de Dieu, le seul héritage de l'âme humaine, toutes les dettes étant annulées et le droit d'héritage rendu. C'est à cela que le prophète Ésaïe paraît faire
allusion (voir Ésaïe 26:13 et particulièrement 61:1-3).


« 2. De la résurrection générale. 'C'est, dit M. Parkhurst, une préfiguration frappante de la grande consommation des temps, qui sera introduite de la même manière par la trompette de Dieu (voir 1 Corinthiens 15:52) quand les enfants et les héritiers de Dieu seront délivrés de toutes leurs déchéances et rendus à l'héritage éternel que leur Père leur a attribué, et dorénavant se reposeront de leurs travaux et seront entretenus dans la vie et le bonheur par ce que le champ de Dieu fournira'.


« Il vaut d'être remarqué que l'on ne proclamait le jubilé que le dixième jour du septième mois, le jour même où avait lieu la grande expiation annuelle des péchés du peuple ; cela ne prouve-t-il pas que les grandes libertés ou rédemptions hors de l'esclavage, publiées sous l'Évangile, ne pouvaient se produire avant que la grande expiation, le sacrifice du Seigneur Jésus, ait été faite ? » (Clarke, Bible Commentary, p. 592)


« À la fin du grand jour des expiations, quand les Hébreux se rendaient compte qu'ils avaient la paix de l'esprit, que leur Père céleste avait annulé leurs péchés et qu'ils s'étaient réunis à lui grâce à sa miséricorde et à son pardon, tout Israélite était invité à proclamer dans tout le pays, par neuf coups de clairon, que lui aussi avait donné le repos à la terre, qu'il avait libéré toutes les propriétés familiales hypothéquées et qu'il avait rendu la liberté à tous les esclaves qui devaient maintenant rejoindre leur famille. Étant donné que Dieu a remis ses dettes, lui aussi doit pardonner à ses débiteurs. » (C. D. Ginsburg, cité dans Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 141)

LÉVITIQUE 26

Lévitique 26. Bénédictions ou malédictions : une option pour Israël


Lévitique 26 est l'un des chapitres les plus puissants de l'Ancien Testament. Le Seigneur exposa si clairement les options devant lesquelles Israël se trouvait que celui-ci ne pouvait s'y tromper. Si Israël obéissait, il aurait en bénédiction l'abondance de la terre, la sauvegarde et la sécurité, la paix et la protection contre les ennemis. Chose plus importante encore, le Seigneur promit : « Mon âme ne vous aura point en horreur. Je marcherai au milieu de vous, je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple » (versets 11-12). Ces promesses pourraient être résumées en un seul mot : Sion. Si Israël était obéissant, il arriverait à l'état de Sion. Mais, ajoute le Seigneur à l'intention d'Israël, « si vous ne m'écoutez point et ne mettez point en pratique tous ces commandements » (verset 14), alors les bénédictions seraient retirées et l'affliction, la faim, la guerre, la maladie, l'exil, la tragédie et l'abandon en seraient le résultat.


Lévitique 26:34-35, 43


Pour voir comment cette prophétie s'est accomplie, voir Jérémie 25:9, 11-12 ; 29:10 ; 2 Chroniques 36:21.


LÉVITIQUE 27

Lévitique 27:1-34. Qu'entend-on par les voeux ?


Les voeux faisaient partie de la loi mosaïque. Il était possible à l'époque à un homme ou à une femme de consacrer une personne au Seigneur, par exemple la fille de Jephthé ou l'enfant Samuel (voir Juges 11:30-31 ; 1 Samuel 1:11). Ici le Seigneur dit que quand un homme faisait un tel voeu, les personnes impliquées devaient être comptées comme appartenant au Seigneur et ne pouvaient être prises par un autre. Une personne pouvait également dévouer (c'est-à-dire consacrer au Seigneur) ses biens personnels. Ces lois gouvernaient ce genre de voeu.


Lévitique 27:32. « Tout ce qui passe sous la houlette »


« La signification de ce verset est donnée par les rabbins : 'Quand un homme devait donner à Dieu la dîme de ses brebis ou de ses veaux, il devait enfermer tout le troupeau dans une seule bergerie dans laquelle il y avait une porte étroite qui ne laissait passer qu'un animal à la fois. Le propriétaire sur le point de donner la dîme au Seigneur se tenait près de la porte, avec, dans la main, une houlette dont l'extrémité était plongée dans du vermillon ou de l'ocre rouge. Les mères de ces agneaux ou de ces veaux se tenaient à l'extérieur de la porte que l'on ouvrait. Les petits sortaient en courant pour rejoindre leurs mères ; et lorsqu'ils passaient, le propriétaire se tenait avec sa houlette au-dessus d'eux et comptait un, deux, trois, quatre, cinq, etc., et quand le dixième arrivait, il le touchait avec la houlette teinte, ce qui permettait de le distinguer comme étant le veau, le mouton, etc. de la dîme et, qu'il soit gras ou maigre, parfait ou taché, c'était  reçu comme dîme légitime'.


« C'est probablement par référence à cette coutume que le prophète Ézéchiel dit à Israël : 'Je vous ferai passer sous la verge, et je vous mettrai dans les liens de l'alliance' (Ézéchiel 20:37) : Vous serez une fois de plus considérés comme propriété du Seigneur et vous serez en toutes choses consacrés à son service, étant marqués ou identifiés par des providences et des manifestations de sa bonté, pour être un peuple qui lui appartient. » (Clarke, Bible Commentary,1:604)

 

 

NOMBRES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I



NOMBRES 1

Nombres 1:1-46. Combien de personnes Moïse emmena-t-il dans le désert ?


Le premier recensement d'Israël après l'Exode comptait 603 550 hommes de plus de vingt ans qui pouvaient porter les armes (voir verset 3). Cela ne comprenait pas les Lévites (voir verset 47) qui étaient au nombre de 22 000 (voir Nombres 3:39). Cela excluait aussi toutes les femmes, les vieillards, les garçons de moins de vingt ans et les hommes incapables de porter les armes. Ce compte rendu a conduit des savants à évaluer le nombre total des enfants d'Israël à plus de deux millions d'âmes (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:4-5). D'autres savants croient qu'il y a eu des erreurs textuelles dans la transmission des chiffres tout au long des siècles et que le nombre total d'Israélites devait être plus proche d'un demi-million.


Quoi qu'il en soit, la tâche que devait affronter Moïse était incroyablement vaste. Amener ne fût-ce que 500 000 personnes dans un désert rigoureux et aride et essayer de satisfaire leur faim et leur soif, les besoins en abri et en protection contre les éléments rencontrés, ainsi que les amener à un état de maturité spirituelle et d'obéissance. Il n'est pas étonnant que Moïse se soit écrié : « Je ne puis pas, à moi seul, porter tout ce peuple, car il est trop pesant pour moi » (Nombres 11:14).


Nombres 1:32-35


La bénédiction d'Éphraïm s'accomplit ici en ce qu'il avait des milliers de fils en plus, capables de porter les armes, que son frère aîné Manassé (voir Genèse 48:19-20).


Nombres 1:47- 54


Ceux de la prêtrise lévitique avaient particulièrement pour tâche de s'occuper de la maison du Seigneur : d'y officier en faveur des enfants d'Israël et de la démonter, de la remonter lors des déplacements. Ils en étaient les protecteurs, et c'est ainsi que leurs tentes encerclaient le sanctuaire.


NOMBRES 2


Nombres 2. Pourquoi y avait-il un ordre de marche et de campement bien déterminé ?


La maison de Dieu est une maison d'ordre (voir D&A 132:8). Pour représenter symboliquement cela, le camp devait aussi montrer de l'ordre. L'ordre était maintenant tant dans les camps que lors des marches. Les tribus étaient déployées en quatre groupes de trois. À l'est du camp et à l'avant de la colonne en marche, il y avait Issacar et Zabulon avec Juda à la tête. Du côté sud, en deuxième place venaient Siméon et Gad sous la direction de Ruben. Au centre étaient les Lévites. À l'ouest et au quatrième rang de la marche il y avait Manassé et Benjamin conduits par Éphraïm. Au nord et à l'arrière se trouvaient Aser et Nephthali, avec Dan à la tête. Les places d'honneur, à la tête des armées et suivant immédiatement le tabernacle, étaient détenues respectivement par Juda et Éphraïm. Juda campait directement à l'est de l'entrée du tabernacle.


NOMBRES 3


Nombres 3


Les Lévites ne furent pas comptés avec les autres tribus d'Israël à cause de leur intendance divine qui était de remplacer les fils premiers-nés (voir versets 12-13). Mais Joseph s'était déjà vu affecter une double part, et Éphraïm et Manassé devinrent des tribus complètes et indépendantes (voir Genèse 48:22). Une distinction fut également faite entre les fils d'Aaron et les autres Lévites (voir versets 2, 8-10). Les descendants d'Aaron furent désignés comme prêtres, et c'est eux qui reçurent l'intendance de présider aux ordonnances du tabernacle. Les autres Lévites aidaient à  l'entretien du tabernacle et à ce service, mais ils n'accomplissaient pas les ordonnances du sacrifice, ne brûlaient pas l'encens, etc. Tous les Lévites campaient autour du tabernacle, mais Aaron et ses fils, ainsi que Moïse, étaient placés dans la position la meilleure directement en face de l'entrée du tabernacle (voir verset 38).


Nombres 3:51. Pourquoi les Lévites supplémentaires furent-ils rachetés à prix d'argent ?


Le nombre total des Lévites accomplissant les services religieux était presque égal au nombre des premiers-nés d'entre les enfants d'Israël. Les 273 premiers-nés en trop qui n'étaient pas rachetés homme par homme par un remplaçant lévite furent rachetés par une offrande de cinq sicles chacun.


« Les premiers-nés des Égyptiens, pour lesquels on n'offrait pas d'agneau comme signe de la propitiation, furent mis à mort. C'est grâce à la propitiation et à l'expiation seules que les Israélites furent sauvés et, dans ces circonstances, ils auraient péri avec les Égyptiens qui étaient condamnés s'il n'y avait pas eu l'expiation et la propitiation futures du Christ dont ceci était une image.


« C'est pourquoi le Seigneur réclamait comme légitimement siens ceux qu'il avait sauvés et, les réclamant comme siens, il requérait leurs services… Il accepta la tribu de Lévi à la place des premiers-nés d'Israël ; et comme il y avait plus de premiers-nés que de Lévites, le reste devait être racheté par de l'argent, que l'on donnait à Aaron, comme grand-prêtre et représentant de la prêtrise d'Aaron, Aaron étant aussi un Lévite(voir Nombres 3:50-51). » (John Taylor, Mediation and Atonement, p. 108)


NOMBRES 4

Nombres 4:1- 49. Quelle est l'importance des fils de Kehath ?


Le chapitre 4 des Nombres explique les devoirs et les responsabilités des branches des Lévites en ce qui concerne le tabernacle. Moïse et Aaron étaient fils d'Amram, petit-fils de Lévi, par Kehath (voir Nombres 3:19 ; Exode 6:18, 20). Aaron et ses fils furent mis à part pour la prêtrise et reçurent les autres fils de Lévi pour les aider dans les mouvements et les fonctions du tabernacle (voir Nombre 3:5-13). Kehath semble avoir été le deuxième fils de Lévi (voir Nombres 3:17), mais il était probablement mentionné en premier lieu à cause de ses petits-fils Moïse et Aaron et aussi parce que c'étaient ses descendants masculins qui étaient les porteurs du mobilier sacré du tabernacle (voir Dummelow, Commentary of the Holy Bible, p.104).


Les fils de Lévi commençaient leur ministère au tabernacle à l'âge de trente ans, l'âge du Sauveur quand il commença son ministère terrestre (voir Nombres 4:3, 23, 30 ; Luc 3:22-23).

NOMBRES 5

Nombres 5:1-4. Exclusion des impurs hors du camp


Ceux qui avaient la lèpre ou une gonorrhée n'avaient pas la permission de marcher ou de camper avec le reste d'Israël (voir verset 2). Être mis hors du camp signifiait simplement qu'on était rejeté du gros de la troupe, non qu'on était totalement rejeté ou abandonné. 


« L'expulsion mentionnée ici était fondée 1) sur une raison purement physique, c'est-à-dire que les maladies étaient contagieuses, et que par conséquent il était nécessaire de mettre à part ceux qui avaient été affligés, afin que la contagion ne se répande pas. 2) Il y avait aussi une raison spirituelle, le camp était l'habitation de Dieu, et on ne pouvait permettre à rien d'impur de rester là où il demeurait. » (Clarke, Bible Commentary, 1:631)


Nombres 5:11-31. L'épreuve de la jalousie


Cette loi permettant de décider de la culpabilité ou de l'innocence d'un adultère peut intriguer à bien des égards. Tout d'abord elle paraît fortement en défaveur de la femme, car il n'y a pas d'exigence équivalente pour l'homme. L'étude attentive de la loi montre ce qu'elle impliquait et pourquoi le Seigneur la révéla.


« Les rabbins qui ont commenté ce texte nous donnent l'information suivante : Quand un homme poussé par l'esprit de jalousie soupçonnait sa femme d'avoir commit l'adultère, il l'amenait d'abord devant les juges et l'accusait du délit ; mais comme elle affirmait son innocence et refusait de se reconnaître coupable et comme il n'avait pas de témoin à présenter, il exigeait qu'elle soit condamnée à boire des eaux d'amertume que la loi avait prévues, afin que par ce moyen Dieu découvre ce qu'elle voulait cacher. Lorsque les juges avaient entendu l'accusation et la dénégation, l'homme et sa femme étaient tous deux envoyés à Jérusalem pour comparaître devant le Sanhédrin, qui était le juge unique dans de telles questions.


« Les rabbins disent que les juges du Sanhédrin s'efforçaient tout d'abord de confondre la femme à coups de menaces et de l'amener à confesser son délit ; quand elle continuait à clamer son innocence, elle était amenée à la porte orientale de la cour d'Israël où on lui enlevait les vêtements qu'elle portait et on l'habillait de noir devant un certain nombre de personnes de son propre sexe. Le prêtre lui disait alors que si elle se savait innocente, elle n'avait rien à craindre ; mais que si elle était coupable, elle pouvait s'attendre à subir tout ce dont la loi la menaçait ; à quoi elle répondait : amen, amen.


« Le prêtre écrivait alors les paroles de la loi sur un morceau de vélin avec de l'encre ne contenant pas de vitriol afin qu'elle s'efface d'autant plus vite. Les mots écrits sur le vélin étaient, selon les rabbins, les suivants : 'Si un étranger ne s'est pas approché de toi et que tu ne t'es pas souillée en abandonnant le lit de ton mari, ces eaux amères que j'ai maudites ne te feront pas de mal ; mais si tu t'es éloignée de ton mari et t'es souillée en t'approchant d'un autre homme, sois maudite par le Seigneur et deviens un exemple pour tout son peuple. Que ta cuisse se dessèche et ton ventre s'enfle jusqu'à ce qu'il éclate ! Que ces eaux  maudites entrent dans ton ventre et, étant enflée par elles, que ta cuisse se putréfie !'


« Après cela le prêtre prenait une nouvelle cruche, la remplissait d'eau prise dans la cuve d'airain qui se trouvait près de l'autel des holocaustes, y jetait de la poussière prise sur le pavement du temple, y mêlait quelque chose d'amer, comme de l'absinthe, et ayant lu à la femme les malédictions précitées et ayant reçu sa réponse amen, il grattait les malédictions hors du vélin et les faisait tomber dans la cruche d'eau. Pendant ce temps un autre prêtre déchirait les vêtements de la femme jusqu'à sa poitrine, lui  dénudait la tête,défaisait les tresses de ses cheveux, attachait ses vêtements déchirés avec une ceinture en dessous des seins et la présentait avec un dixième d'épha ou environ deux litres de farine d'orge, qui se trouvait dans une poêle à frire, sans huile ni encens.


« L'autre prêtre, qui avait préparé les eaux de jalousie,  les donnait alors à boire à la personne accusée et, dès qu'elle les avait avalées, il lui mettait dans la main la poêle contenant la farine. On l'agitait devant le Seigneur et on en jetait une partie dans le feu de l'autel. Si la femme était innocente, elle retournait avec son mari, et les eaux, au lieu de l'incommoder, la rendaient en meilleure santé et plus féconde que jamais ; si, au contraire, elle était coupable, on la voyait immédiatement pâlir, les yeux exorbités, et, pour ne pas que le temple soit souillé de sa mort, on l'emportait et elle mourait instantanément avec tous les détails ignominieux énoncés dans les malédictions. » (Clarke, Bible Commentary, 1:634)


Il convient de noter plusieurs points :


1. Bien que ce rituel était centré sur la femme, cela n'impliquait aucunement que les hommes qui commettaient l'adultère étaient excusés, car la loi disait que les adultères des deux sexes devaient être lapidés (voir Lévitique 20:10).


2. D'une certaine façon, la loi accordait deux types différents de protection à la femme. Tout d'abord sans cette loi il est possible à un mari d'accuser injustement sa femme d'infidélité. Si sa parole seule suffisait pour la condamner, elle se trouverait vraiment dans un état terrible. Confier à Dieu le soin de décider si elle était coupable ou innocente plutôt que de confier cela à son mari ou même à d'autres hommes était une façon de veiller à ce que ses droits soient respectés si elle était innocente.


Le deuxième avantage est plus subtil, mais probablement d'une plus grande valeur encore. Si un mari soupçonnait sa femme d'adultère, le résultat serait de produire une tension terrible dans les relations entre mari et femme. Dans le système légal d'aujourd'hui, sans témoin pour prouver sa culpabilité, le tribunal la déclarerait probablement non-coupable. Mais la base de son acquittement serait le manque de preuves de sa culpabilité plutôt que la preuve de son innocence. Par conséquent pareille déclaration légale ne contribuerait guère à dissiper les doutes du mari, et la mésentente continuerait probablement. Amis et voisins entretiendraient probablement eux aussi pendant longtemps des soupçons quant à son innocence. Mais grâce à l'épreuve de jalousie, on recevait la preuve irréfutable de son innocence par la déclaration même de Dieu. La réputation de la femme était sauvée ainsi que le mariage. Ainsi on assurait une justice et une miséricorde authentiques, et toute la question était promptement réglée.


3. Ceux qui demandent pourquoi une femme ne pouvait pas exiger une épreuve parallèle pour son mari doivent se souvenir que si la femme accusée refusait de subir l'épreuve en buvant l'eau, son acte était considéré comme une confession de culpabilité. Par conséquent elle et son partenaire dans l'acte adultère étaient mis à mort (voir Lévitique 20:10). Si elle essayait de mentir et de remporter l'épreuve, mais s'attirait les malédictions, le résultat était, lui aussi, considéré comme preuve de la culpabilité de son partenaire masculin. Il est possible qu'une femme qui croyait son mari coupable d'infidélité ait pu demander que celle qu'elle soupçonnait de lui avoir servi de partenaire soit soumise à l'épreuve de la jalousie. Le résultat établissait immédiatement la culpabilité ou l'innocence de son mari aussi bien que celle de l'autre femme.


4. Ainsi, dans un monde où les droits des femmes étaient souvent violés, le Seigneur fournissait le moyen de protéger leurs droits et de veiller à ce que le mal soit supprimé et justice faite.


NOMBRES 6

Nombres 6:1-21. Qu'était un naziréen ?


Un naziréen était un homme ou une femme qui faisait volontairement voeu de séparer sa vie pour le service du Seigneur ou de se consacrer à lui (voir Keil et Delitzsch Commentary, 1:3:34). Être naziréen n'avait rien à voir avec la ville de Nazareth.


Un naziréen faisait trois voeux : il s'abstenait totalement de vin ou de boissons fortes, ainsi que de tout produit de la vigne sous quelque forme que ce soit (voir Nombres 6:3-4) ; il ne laissait pas le rasoir toucher sa tête mais laissait pousser naturellement ses cheveux comme couronne à Dieu (Nombres 6:5) ; et il ne se permettait pas de s'approcher d'un mort, fût-ce un membre de sa famille (voir Nombres 6:6). Sa vie et tous ses efforts étaient totalement et expressément consacrés à Dieu. Cette vie consacrée avait une certaine ressemblance avec celle du grand-prêtre (voir Lévitique 21:10-12). Parmi ceux qui semblent avoir fait ce genre de voeu ou dont les parents ont fait ce voeu pour eux, il faut citer Samson (voir Juges 13:5), Samuel (voir 1 Samuel 1:11, 28) et Jean-Baptiste (voir Luc 1:15). Dans certains cas, ces voeux de naziréen étaient pour la vie, mais la plupart du temps c'était pour une période bien déterminée, après quoi la personne revenait à une vie normale (deux cas dans le Nouveau Testament qui semblent apparentés à ces voeux sont rapportés dans Actes 18:18-19 et 21:23-26).

NOMBRES 7

Nombres 7


Le mot prince dans le texte hébreu signifie « dirigeant ou chef de tribu ».


On trouvera une étude sur les ustensiles du tabernacle dans les commentaires de Exode 25 à 27. 


NOMBRES 8

Nombres 8:1-4. Quelle est la signification de « sur le devant du chandelier » ?


En hébreu, sur le devant signifie que quand la lampe était allumée, sa lumière illuminait tout ce qui se trouvait du côté opposé de la pièce. Dans ce cas, la table des pains de proposition était en face de la lampe.


Nombres 8:5-22


Les Lévites entraient dans leur service au tabernacle tout comme un bébé vient au monde : purs et sans tache (voir versets 6-7). En outre, le peuple posait les mains sur le prêtre (voir verset 10) qui était alors mis à part pour son service. Quand un Israélite apportait une offrande au tabernacle, avant de l'offrir en sacrifice il posait les mains sur l'animal et lui transférait symboliquement son identité. Le fait que le peuple d'Israël posait les mains sur le prêtre voulait donc dire qu'il prenait sur lui son identité, c'est-à-dire qu'il devenait son représentant devant le Seigneur.


Nombres 8:19. Quelle différence y a-t-il entre la prêtrise aaronique et la prêtrise lévitique ?


« La prêtrise d'Aaron est répartie en prêtrise aaronique et lévitique, pourtant ce n'est qu'une seule prêtrise. Il s'agit ici tout simplement de désigner certains devoirs au sein de la prêtrise. Des fils d'Aaron, qui présidaient dans l'ordre aaronique, on disait qu'ils détenaient la prêtrise d'Aaron, et les fils de Lévi qui n'étaient pas fils d'Aaron, on les appelait Lévites. Ils détenaient la prêtrise d 'Aaron, mais travaillaient sous la direction des fils d'Aaron en qualité de subordonnés. » (Smith, Doctrine du salut, 3:86)


Nombres 8:23-26. Quelle était l'intendance des Lévites ?


Le chapitre 4 des Nombres parle du rôle propre des Lévites qui est de transporter le tabernacle, et ces versets du chapitre 8 parlent de leur intendance et de leur  service dans le tabernacle. Puisqu'ils avaient été donnés à Aaron et à ses fils pour les aider à administrer des ordonnances sacrées, les Lévites étaient chargés de monter et de démonter le tabernacle, de le nettoyer, de porter le bois et l'eau et de tuer les animaux que leurs frères devaient utiliser pour ces sacrifices. Il leur était permis de commencer ce service cinq ans avant ceux qui transportaient le tabernacle (cf. Nombres 8:24 ; 4:3).


À l'âge de cinquante ans, les Lévites devaient « aider  leurs frères », Aaron et ses fils, à prendre soin du mobilier du tabernacle (voir Nombres 8:26 ; voir aussi 3:7-9). Ce service volontaire était une couronne pour leur vieillesse.


NOMBRES 9

Nombres 9:1-14


L'idée cruciale enseignée par la fête de la Pâque était qu'Israël, dans une cérémonie exigeante, avait un  symbole et un rappel du Fils unique de Dieu dont le sang sauverait l'homme spirituellement comme le sang sur les poteaux des portes en Égypte les avait sauvés physiquement.


Nombres 9:15-23. Quelle est la signification du nuage au-dessus du tabernacle ?


Ce passage est le plus complet sur la loi du Seigneur concernant le mouvement du camp d'Israël. Comme la nuée de fumée et de feu était le signe visible de la  présence de Dieu, Israël apprit à littéralement suivre le Seigneur. Il dressait le camp, levait le camp, voyageait et accomplissait ses services sur le commandement du Seigneur ; l'hébreu dit  : « à la bouche de Jéhovah » (cf. verset 18). On les entraînait littéralement à suivre l'Éternel, qui a toujours dirigé son Église et son royaume, et cependant beaucoup d'entre eux ne transférèrent pas la signification de cette démonstration physique miraculeuse à son corollaire spirituel plus important.


NOMBRES 10

Nombres 10:1-10


Les trompettes d'argent battu ou martelé étaient utilisées en sept circonstances particulières : pour convoquer l'assemblée générale, pour réunir les princes ou les dirigeants tribaux, pour donner le signal pour lever le camp, pour sonner l'alerte en cas de guerre, pour annoncer les jours de fête et de réjouissance, pour annoncer les fêtes solennelles et pour annoncer le  début des offrandes et des sacrifices au commencement de chaque mois. Il fallait un instrument à longue portée pour pousser un aussi grand nombre de personnes à l'action.


Nombres 10:21


Les Kehathites étaient des Lévites de la même famille que Moïse et Aaron, Kehath étant leur grand-père et un fils de Lévi (voir Nombres 4:15, 18 ; Exode 6:18, 20). Ils étaient les seuls Lévites dont le fardeau (le mobilier du tabernacle) était si important qu'ils devaient le porter à la main (voir Nombres 7:9).


Nombres 10:29-32. Qui était Hobab et que voulait dire Moïse quand il lui dit : « Tu nous serviras de guide » ?


« Hobab, beau-frère de Moïse, se laissa persuader, quoique peu disposé au départ, d'accompagner Israël et de lui servir de guide. Jéhovah donnait les indications générales, mais Hobab connaissait la région et pouvait les aider à trouver des pistes bien déterminées, des lieux pour les campements, etc. Il partit avec sa famille et devint effectivement héritier de terres en Israël, comme le montrent plus tard Juges 1:16 et 4:11 ainsi que 1 Samuel 15:6 ; 2 Rois 10:15 ; 1 Chroniques 2:55 et jusque dans Jérémie 35 où ce prophète les cite comme étant d'une intégrité exemplaire. » (Rasmussen,Introduction to the Old Testament, 1:115)


NOMBRES 11


Nombres 11 et 12. Souvent ceux qui enseignent l'Ancien Testament séparent Nombres 11 et 12 et les traitent comme si c'étaient deux histoires différentes alors qu'en réalité on peut retirer une grande leçon quand on voit les rapports existants entre les deux.


Nombres 11. Les Israélites se plaignent de la manne et désirent manger de la viande (v. 1-9). Moïse demande au Seigneur de le guider et de l’aider à supporter ses fardeaux (v. 10-15). Suivant les instructions du Seigneur, il rassemble 70 anciens pour le seconder (v. 16-17, 24-30). Le Seigneur répond au désir des Israélites de manger de la viande en leur envoyant des cailles en surabondance et en les frappant d’une plaie à cause de leur cupidité et de leur laisser-aller (v. 18-23, 31-35).


Nombres 11:16-17, 24-29. Quel don les soixante-dix reçurent-ils ?


« En réponse à la demande d'aide de Moïse, soixante-dix hommes furent choisis et dotés de 'l'esprit qui était sur lui' (c'est-à-dire sur Moïse ; cela signifie qu'ils étaient partiellement dotés de la même autorité et des mêmes dons spirituels) de manière à être capables de 'prophétiser'. Quand certaines personnes objectèrent que deux des hommes qui prophétisaient n'étaient pas sortis pour la cérémonie d'installation, Moïse dit avec ferveur : 'Puisse tout le peuple de l'Éternel être composé de prophètes, et veuille l'Éternel mettre son Esprit sur eux !', refusant de leur interdire de prophétiser. Notez que nous vivons dans une dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] où tous les membres de l'assemblée du Seigneur peuvent avoir le don de prophétie et d'autres dons en vertu du fait que tous ceux qui sont baptisés reçoivent le 'don du Saint-Esprit'. Il est cependant probable que certains d'entre nous ne l'utilisent pas. À propos de dons spirituels de ce genre à l'époque de Paul, voyez 1 Corinthiens 12:4-10. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:115)


Dans ce passage on trouve encore une preuve de la grandeur de Moïse. Certains dirigeants se sentiraient menacés si les subordonnés manifestaient des dons et des capacités semblables aux leurs parce qu'alors leur situation serait mise en danger. Mais il n'en était pas ainsi de Moïse. Répondant à la plainte de Josué, Moïse demande : « Es-tu jaloux pour moi ? » (Nombres 11:29). Non seulement il n'était pas menacé par ce partage remarquable de son autorité spirituelle, mais il exprima le désir de voir chaque Israélite partager la même autorité que lui.


Nombres 11:19- 20, 31-35


Quand Dieu envoya les cailles pour répondre au  désir d'Israël d'avoir autre chose que la manne, le  peuple devint glouton. La prise la plus petite équivalait à environ cent boisseaux, ce qui était bien au-delà des besoins normaux. La convoitise d'avoir plus que ce qu'il ne pouvait utiliser valut au peuple un juste châtiment. On ne nous dit pas combien moururent du fléau, mais l'endroit fut appelé « tombes des désirs » (voir verset 34).


NOMBRES 12


Nombres 12. Voir commentaire sur Nombres 11 et 12.


Nombres 12. Marie et Aaron parlent contre Moïse, se plaignant de son mariage avec une Éthiopienne et ne le reconnaissant plus comme leur autorité présidente (v. 1-3). Ils font observer qu’ils ont, eux aussi, reçu la révélation (v. 2). Le Seigneur réprimande et punit Marie et Aaron d’avoir murmuré (v. 4-16). Plutôt que d’être satisfait d’avoir l’autorité de présider sur sa sœur, Moïse supplie le Seigneur de la guérir. Son peuple et lui retardent leur voyage jusqu’à sa guérison (v. 13-15).


Nombres 12:1-11. Pourquoi Marie et Aaron s'opposèrent-ils à Moïse ?


Selon Josèphe, quand Moïse était général de l'armée égyptienne lors de l'attaque contre les Éthiopiens, il épousa une Éthiopienne comme alliance politique pour mettre fin à la guerre (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre 2, chapitre 5, p. 63-64). La raison apparente des plaintes de Marie et d'Aaron était que les Éthiopiens étaient non-Israélites et descendants de Cusch. Mais la raison réelle de la plainte semble avoir été la jalousie suscitée par le fait que Moïse était chef spirituel et prophète d'Israël.


« Cette élévation de Moïse suscita l'envie chez son frère et sa soeur que Dieu avait aussi richement dotés et placés si haut que Marie se distinguait comme prophétesse par-dessus toutes les femmes d'Israël tandis qu'Aaron avait été élevé par son investiture à la haute prêtrise aux fonctions de chef spirituel de toute la  nation. Mais l'orgueil du coeur naturel ne se satisfaisait pas de cela. Ils voulaient disputer à leur frère Moïse la prééminence de son appel et de sa situation exclusive, se considérant peut-être comme justifiés à la lui contester non seulement en qualité de frère et soeur, mais aussi comme les soutiens les plus directs de son appel. Marie fut l'instigatrice de la  révolte, comme nous pouvons le voir par le fait que son nom vient avant celui d'Aaron et aussi du fait que le verbe est au féminin. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:75)


Même si le souhait de Moïse lui avait été accordé et si toutes les âmes d'Israël avaient reçu le don de prophétie (voir Nombres 11:29), Moïse aurait quand même été celui que le Seigneur avait choisi pour présider. Une question qui se pose est : Pourquoi Marie fut-elle seule punie par la lèpre, et non Aaron alors que les deux avaient participé à la révolte ? Il y a deux raisons possibles. Premièrement, comme le font remarquer Keil et Delitzsch, Marie fut l'instigatrice de l'attaque contre le droit de Moïse à la présidence. Par conséquent son péché était plus grave. Deuxièmement, chez Aaron rechercher à diriger la prêtrise était une preuve d'orgueil et d'ambition. Il aspirait à un poste auquel il n'avait pas été appelé.


Lorsque Marie chercha à assumer ce poste, non seulement elle faisait preuve d'orgueil, mais elle cherchait aussi à installer un ordre contraire au système de gouvernement de Dieu. Dès le commencement les appels à la prêtrise et le droit de présider furent donnés aux hommes. La tentative de Marie de parvenir à l'égalité avec Moïse était une infraction contre l'ordre institué par Dieu.


« Les prophètes, voyants et révélateurs ont eu et continuent d’avoir la responsabilité et le privilège de recevoir et de déclarer la parole de Dieu au monde. Les membres, les parents et les dirigeants ont le droit de recevoir la révélation quant à leur responsabilité propre, mais n’ont ni le devoir, ni le droit de déclarer la parole de Dieu au-delà des limites de leur responsabilité propre. » (James E. Faust, L’Étoile, janvier 1990, p. 7)


NOMBRES 13

Nombres 13 et 14. Les espions et leur compte-rendu négatif sur le pays


À ce moment de l'histoire, Israël n'était sorti que depuis quelques mois de l'Égypte et avait reçu la loi de Dieu. Le Seigneur dit que le moment était venu d'entrer posséder la terre promise. Il commanda d'envoyer un groupe de reconnaissance en Canaan pour reconnaître le pays. Les signes de la richesse du  pays étaient irréfutables et les espions ramenèrent même une grappe de raisin portée sur une perche entre deux hommes pour montrer la beauté et la richesse des produits (voir Nombres 13:23). Et cependant les espions, à l'exception de Josué et Caleb, rapportèrent qu'en dépit de la richesse du pays, il n'y avait pas d'espoir d'en chasser les habitants. Le ton exagéré de leur rapport négatif apparaît dans l'utilisation de mots tels que « très grands » (Nombres 13:28), le pays « dévore ses habitants » (13:32), « tous… sont des hommes d'une haute taille » (13:32), « nous y avons vu les géants » (13:33), « nous étions… comme des sauterelles » (13:33).


Un rapport aussi exagéré était en lui-même déjà assez grave et montrait le manque de foi des dix hommes qui le firent. Mais la tragédie nationale commença quand Israël entendit leur rapport. Ils rejetèrent ouvertement les nombreuses marques de la puissance de Dieu qui avaient presque été leur pain quotidien et commencèrent à s'écrier qu'il aurait mieux valu de ne jamais avoir quitté l'Égypte. Les murmures n'en restèrent pas là non plus. Un mouvement fut lancé pour rejeter Moïse et choisir un dirigeant qui ramènerait le peuple en Égypte (voir Nombres 14:4 et Néhémie 9:17, qui suggèrent qu'ils allèrent jusqu'à choisir les dirigeants qui les reconduiraient). Quand Josué et Caleb essayèrent de contrecarrer l'effet du rapport négatif, l'assemblée chercha à les lapider (voir Nombres 14:10).


Il ne faut guère s'étonner que la colère du Seigneur s'alluma. Dans une grande prière d'intercession, Moïse demanda miséricorde pour son peuple (voir Nombres 14:13-14). Il n'excusa pas le comportement de son peuple mais mit seulement l'accent sur la miséricorde longanime du Seigneur. La destruction fut épargnée à Israël, mais il perdit le droit d'entrer immédiatement dans la terre promise. Pendant les trente-huit années qui suivirent, il allaient errer dans le désert hostile du Sinaï. Pendant ce temps-là, ils auraient pu conquérir les habitants de la terre promise, conquérir des villes, manger du fruit du pays où coulait « le lait et le miel » (Nombres 13:27) et élever leurs enfants dans le confort et la paix. Mais ils ne voulurent pas, et ainsi tous ceux qui avaient plus de vingt ans qui avaient rejeté la puissance du Seigneur, à l'exception de Josué et de Caleb, allaient mourir dans le désert.


Nombres 13. Quand les Israélites arrivent à la frontière du pays de Canaan, Moïse envoie 12 hommes explorer le pays, ses ressources et son peuple (v. 1-20). Ils reviennent avec un rapport favorable sur les ressources du pays, mais tous, à l’exception de Josué et de Caleb, craignent les habitants et désirent retourner en Égypte (v. 21 à 14:10).


NOMBRES 14

Le Seigneur dit à Moïse qu’à cause de leur manque de foi et de leurs plaintes, les Israélites erreront 40 ans dans le désert jusqu’à ce que toute la génération adulte, à l’exception de Josué et de Caleb, soit morte (v. 11-39).


Nombres 14. À propos des espions et de leur compte-rendu négatif sur le pays, voir le commentaire de Nombres 13 et 14.


Nombres 14:40-45. Israël peut-il vaincre sans le Seigneur ?


Quand Moïse rapporta aux Israélites toutes les paroles du Seigneur « le peuple fut dans une grande désolation » (Nombres 14:39). Cependant sa désolation n'était pas celle d'un vrai repentir comme le montrent les événements qui suivirent immédiatement. Comme des enfants sans maturité qui n'avaient pas du tout compris la raison du châtiment par les parents, Israël décida tout à coup de monter contre les Cananéens « car nous avons péché» (verset 40). Mais Moïse dit que c'était trop tard. Le Seigneur avait retiré le commandement de monter posséder le pays, et par conséquent s'ils montaient à ce moment-là, ils iraient sans sa force.


Alors se produisit la deuxième étape de la tragédie. Les Israélites venaient de perdre le droit d'entrer dans la terre promise parce qu'ils avaient refusé de suivre le Seigneur. Maintenant dans une tentative de montrer à quel point ils étaient « repentants », ils refusèrent de suivre le Seigneur. Avec une triste concision, Moïse dit simplement : « Alors descendirent les Amalécites et les Cananéens qui habitaient cette montagne ; ils les battirent, et les taillèrent en pièces » (verset 45).


NOMBRES 15

Nombres 15:1-26


Nous trouvons ici l'application proprement dite des diverses offrandes sacrificielles prescrites dans Lévitique 1 à 7. Les lois de sacrifice, qui produisaient l'expiation et la réconciliation avec Dieu, furent répétées à ce moment-là dans le récit de Moïse parce que dans l'état de rébellion d'Israël, ils fournissaient le moyen de rentrer en la faveur de Dieu.


Nombres 15:27-31


Les personnes qui péchaient volontairement dans l'Israël de l'Antiquité devaient être « retranchées» (verset 30). C'est-à-dire qu'elles devaient être excommuniées du camp d'Israël (voir verset 30). Dans certains cas, le péché exigeait aussi la peine de mort. Cet acte extrême était nécessaire parce que le pécheur « a méprisé la parole de l'Éternel » (verset 31). Ce n'était pas un péché commis dans l'ignorance ou par faiblesse, mais le refus délibéré d'obéir à la parole du Seigneur. Cette loi enseigne donc, à titre individuel, la même leçon donnée collectivement à Israël, à savoir que quand des personnes ou une nation méprisent la parole du Seigneur et pèchent volontairement, elles sont retranchées de Dieu et ne sont pas considérées comme faisant partie du peuple de son alliance. Elles subissent la mort spirituelle.


Nombres 15:32-36. Le fait de ramasser du bois le jour du sabbat mérite-t-il la mort ?


Lapider un homme pour avoir violé le sabbat paraît être un châtiment sévère. Mais dans son contexte historique, il y a deux choses qui sont significatives. Moïse venait de donner la loi traitant de la rébellion volontaire contre Dieu. Cet homme connaissait-il la loi du sabbat ? Moïse avait enseigné précédemment que celui qui violait le sabbat devait être mis à mort (voir Exode 31:14-15 ; 35:2). On trouve manifestement ici l'exemple de quelqu'un qui « a méprisé la parole de l'Éternel » (Nombres 15:31).


Mais réfléchissez un instant à ce qui venait d'arriver à Israël. La nation avait méprisé la parole de l'Éternel tout d'abord en refusant de monter contre les Cananéens quand le Seigneur lui avait dit de le faire et deuxièmement en allant contre eux alors que le Seigneur lui avait dit de ne pas le faire. Ainsi Israël s'était vu refuser l'entrée de la terre promise. Maintenant une personne privée méprisait la parole du Seigneur et refusait d'entrer dans le repos requis le jour du sabbat. Tout comme Israël devait souffrir la mort dans le désert pour sa rébellion, de même l'individu rebelle devait être puni du même châtiment. Sinon, le Seigneur n'aurait pas été logique avec lui-même.


Nombres 15:37-41. Qu'étaient les franges sur le vêtement ?


Un symbole est une chose qui en représente une autre. Une des utilisations des symboles est de nous rappeler nos engagements importants. Par exemple le pain et l'eau de la Sainte-Cène sont des symboles qui nous rappellent le sacrifice que Jésus a fait pour nous  et les alliances que nous avons faites avec lui. Israël pratiquait la loi du sacrifice pour une raison semblable. De même le Seigneur commanda à Israël, dans ses errances, de mettre une frange sur les bords de ses vêtements de telle façon que quand il regardait les bords, cela lui rappelait les commandements du Seigneur (voir verset 39).


L'homme utilise l'habillement pour se couvrir, se protéger et s'embellir. Mettre des franges à une pièce de vêtement symbolisait ainsi qu'une personne est revêtue ou couverte des commandements de Dieu. Le cordon bleu suggérait aussi symboliquement des idées d'une importance profonde. Le bleu est la couleur qui désigne les cieux et par conséquent symbolise le royaume spirituel ou la piété (voir Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « colors», 1:440).


« Les tsitsith (cordon) sur la frange bleue devaient être un signe permettant aux Israélites de se souvenir des commandements de Dieu afin de les avoir constamment devant les yeux et de les suivre et non de diriger le coeur et les yeux vers les choses de ce monde qui se détournent de la parole de Dieu et détournent vers l'idolâtrie. » (Keil et Delitzsch, Commentary,1:3:104)


NOMBRES 16

Nombres 16:1-40. La révolte de Koré et d'autres dirigeants d'Israël


Dans la révolte de Koré se manifeste un défi direct au gouvernement de Moïse et d'Aaron. Jusqu'à ce moment-là Israël n'avait cessé de murmurer et de se plaindre, mais apparemment cela était une tentative plus grande de remplacer Moïse comme celui que Dieu avait choisi pour diriger son peuple (la révolte de Marie et d'Aaron était une tentative de se rendre égal à Moïse mais ne cherchait pas à le renverser). Koré, un Lévite, avait derrière lui deux cent cinquante des plus grands dirigeants d'Israël quand il accusa Moïse et Aaron d'en prendre trop sur eux (voir versets 2-3). La déclaration de Koré que « toute l'assemblée, tous sont saints » (verset 3) ressemble à celle des Zoramites apostats qui, dans leur grande perversité, remerciaient Dieu de ce qu'ils étaient « ses enfants » (Alma 31:16).


Si l'insurrection avait été conduite par un Israélite quelconque, cela aurait déjà été très grave, mais Koré était un Lévite, quelqu'un qui détenait la Sainte Prêtrise et aurait par conséquent dû être un de ceux qui étaient au premier rang de l'obéissance plutôt que de la révolte. Les questions que Moïse lui pose aux versets 9 et 10 sont très à propos. Au lieu d'avoir le sentiment de respect et de reconnaissance qu'il aurait dû éprouver parce qu'il avait l'honneur d'être Lévite, Koré et ceux qui étaient avec lui cherchaient à s'emparer de la prêtrise supérieure et du gouvernement d'Israël. C'était une crise grave dans la vie politique et religieuse d'Israël, et le Seigneur décida de la régler d'une manière directe et frappante.


Le Seigneur commanda à Aaron, aux détenteurs légitimes de la prêtrise, à Koré et à ceux qui le suivaient d'apporter des brasiers et des parfums au tabernacle. Un brasier était un petit récipient de métal fait pour contenir des braises prises dans l'autel du tabernacle. Pendant le service du tabernacle le prêtre officiant devait asperger des parfums sur les braises de l'autel des parfums qui se trouvait directement devant le voile du tabernacle. D'autres Écritures montrent que brûler de l'encens était un symbole de la prière (voir Apocalypse 5:8 ; 8:3-4 ; Psaumes 141:2) suggérant que l'on ne peut aborder Dieu qu'en saintes supplications.


En demandant à chaque groupe d'apporter des brasiers et des parfums, le Seigneur créait un test très semblable à celui du concours entre Élie et les prêtres de Baal (voir 1 Rois 18:17- 40). Dans ce cas, les faux adorateurs furent invités à invoquer Dieu pour avoir un signe que Baal avait l'autorité. Quand ils échouèrent, le Seigneur montra un témoignage physique frappant de ce qu'il était Dieu : le feu consuma le sacrifice et l'autel.


Ici Koré et ses partisans étaient invités à apporter du feu devant le Seigneur comme symbole de leurs prières et de leurs supplications pour qu'il les soutienne dans leur cause. Au lieu de cela la terre s'ouvrit et engloutit les chefs de la révolte (voir Nombres 16:31-33) et le feu tomba et consuma les deux cent cinquante autres qui voulaient usurper l'autorité de la prêtrise (voir verset 35).


Nombres 16:41-50. Les enfants d'Israël murmurèrent


On ne peut s'empêcher de rester médusé devant la dureté de coeur d'Israël. Ces gens avaient vu une manifestation incroyable de la puissance du Seigneur qui confirmait directement l'appel de Moïse et d'Aaron comme chefs d'Israël. Et pourtant, malgré ce pouvoir miraculeux, ils murmurèrent et dirent que Moïse et Aaron avaient tué de vrais serviteurs du Seigneur (voir verset 41). Il ne faut pas s'étonner qu'Abinadi les ait décrits comme « un peuple obstiné, prompt à l'iniquité, mais lent à se rappeler le Seigneur son Dieu » (Mosiah 13:29). On ne peut non plus s'empêcher de s'étonner de la patience et de la longanimité du Seigneur.


NOMBRES 17

Nombres 17:1-13. Que signifie l'éclosion du bâton d'Aaron ?


Dans la révolte contre le gouvernement de Moïse et d'Aaron, le Seigneur donna deux preuves miraculeuses qui montraient sans l'ombre d'un doute à Israël qui il avait choisi pour diriger son peuple. Tout d'abord Koré et ceux qui s'étaient joints à lui dans la révolte furent tués soit en étant engloutis dans la terre, soit en étant consumés par le feu. Deuxièmement ceux qui continuaient à soutenir son gouvernement pervers, même après la mort de Koré, furent tués par une plaie (voir Nombres 16:49). Les Écritures disent que près de quinze mille personnes moururent en essayant de prouver que Moïse et Aaron n'étaient pas ceux qui devaient diriger Israël. Puis le Seigneur proposa encore un miracle pour montrer mieux encore qui était choisi pour détenir la prêtrise. 


« Le miracle que Dieu fit ici comme Créateur de la nature était en même temps un symbole significatif de la nature et de la signification de la prêtrise. Le choix des bâtons avait aussi quelque chose à voir avec l'objet en question. Le bâton d'un homme était le signe de sa fonction de dirigeant dans la maison et dans l'assemblée ; chez le prince le bâton devient sceptre, un signe du règne [voir Genèse 49:10].


« Branche coupée, le bâton ne pouvait produire des bourgeons ni fleurir d'une manière naturelle. Mais Dieu pouvait fournir une force vitale renouvelée même au bois sec. Et ainsi Aaron n'avait, d'une manière naturelle, aucune prééminence par-dessus les chefs des autres tribus. Mais la prêtrise était fondée non pas sur les qualifications et les dons naturels, mais sur la puissance de l'Esprit que Dieu communique selon le choix de sa sagesse et qu'il avait confiée à Aaron par sa consécration d'huile sainte d'onction. C'est cela que le Seigneur voulait montrer au peuple en faisant en sorte que le bâton d'Aaron donne des branches, des fleurs et des fruits par un miracle de sa toute-puissance, tandis que les bâtons des autres chefs de tribus restaient aussi nus que précédemment.


« Ainsi ce n'était donc pas sans une profonde signification que le bâton d'Aaron produisit non seulement des pousses grâce auxquelles on pouvait reconnaître le choix divin mais alla jusqu'à porter des fleurs et des fruits mûrs. Cela montrait qu'Aaron n'était pas seulement qualifié pour son appel mais administrait son office dans toute la puissance de l'Esprit et portait les fruits attendus de lui. Le bâton d'amandier était particulièrement adapté pour montrer cela, car l'amandier est le premier de tous les arbres à fleurir et à porter des fruits et a reçu à cause de ce fait son nom qui veut dire… 'éveille-toi' [cf. Jérémie 1:11]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:114)

NOMBRES 18

Nombres 18. La prêtrise lévitique et la prêtrise d'Aaron


Une distinction est faite ici entre les deux ordres de la prêtrise d'Aaron. Bien que les termes d'Aaron et lévitique soient parfois utilisés l'un pour l'autre (voir D&A 107:1, 6, 10), il y avait des différences dans les devoirs. La prêtrise inférieure était donnée à ceux de la « tribu de Lévi » (Nombres 18:2) à laquelle appartenaient Aaron et ses fils. Les Lévites accomplissaient les travaux ménagers du tabernacle comme remplir et allumer les lampes, porter l'arche de l'alliance, monter et démonter le tabernacle et ainsi de suite. Les prêtres, qui n'étaient choisis que parmi les fils d'Aaron, étaient nommés pour faire les sacrifices, brûler l'encens, instruire de la loi et ainsi de suite. Un fils premier-né, présidait tous les prêtres ou fils d'Aaron. Il était grand-prêtre ou président des prêtres (voir Nombres 3:5-10  ; 18:1-7 ; 1 Chroniques 23:27-32).


Ceux qui étaient choisis pour agir dans les offices de prêtre et de Lévite devaient être entretenus par les dîmes et les offrandes faites par les enfants d'Israël (voir Nombres 18:21, 24). Ainsi le Seigneur dit à Aaron : « Je te donne les prémices qu'ils offriront à l'Éternel : tout ce qu'il y aura de meilleur en huile, tout ce qu'il y aura de meilleur en moût et en blé » (verset 12). Tout cela, comme tout le reste en Israël, devait être dîmé (voir verset 26).


En outre, les Lévites devaient avoir un endroit pour vivre. On ne leur donna pas de terres comme aux autres tribus, parce que leur héritage était plutôt la prêtrise (voir verset 20). Pour les disperser parmi les tribus et fournir du logement aux Lévites, Moïse commanda de créer quarante-huit « villes lévites » pour ceux qui vaquaient aux besoins spirituels d'Israël (voir Nombres 35:1-8). Cet héritage lévitique fut fourni lorsque le pays de Canaan fut conquis sous Josué (voir Josué 21).

NOMBRES 19

Nombres 19. Lois de purification


Anciennement les Israélites qui avaient été en la présence de quelqu'un qui mourait ou était mort étaient considérés comme souillés. Ce chapitre des Nombres décrit la façon dont une telle personne se purifiait. Tout d'abord on tuait une vache rousse ou on la brûlait et on mettait de côté les cendres. Puis les cendres étaient mises dans de l'eau pure et le mélange était aspergé sur ceux qui avaient été souillés. On appelait cela « l'eau expiatoire » puisque de cette façon on était purifié du péché (voir verset 9). Si
l'on n'avait pas ainsi recours au pouvoir purificateur, on était « retranché du milieu de l'assemblée » (verset 20).


On peut trouver beaucoup de symbolisme vital dans cette ordonnance. Celui qui se souille par le péché subit une mort spirituelle qui le retranche de la présence de Dieu par la perte du Saint-Esprit. On récupère de la mort spirituelle par la foi en l'expiation du Christ (symbolisée par la mort de la vache rousse), en se repentant du péché, en étant baptisé dans l'eau, en recevant le Saint-Esprit, en obéissant aux commandements de Dieu. Tous ceux qui par la suite commettent des péchés graves et refusent de se repentir sont de même « retranchés du milieu de l'assemblée », c'est-à-dire excommuniés (verset 20).

NOMBRES 20

Nombres 20:12-13. Pourquoi Moïse ne fut-il pas autorisé à entrer dans la Terre Sainte ?


Il n'était pas du tout rare que les enfants d'Israël se rebellent dans leurs errances dans le désert. La rébellion décrite dans ces versets était cependant particulièrement grave parce qu'elle amena apparemment Moïse, le prophète de Dieu, à oublier momentanément ce que le Seigneur lui avait commandé de faire. Le Seigneur avait dit à Moïse comment fournir de l'eau à Israël qui murmurait. Montrant un rocher, le Seigneur dit à Moïse et à Aaron : « Vous parlerez en leur [Israël] présence au rocher et il donnera ses eaux » (verset 8). Mais Moïse était las et irrité contre Israël. « Écoutez donc, rebelles !, dit-il, est-ce de ce rocher que nous vous ferons sortir de l'eau ? » (verset 10). Puis au lieu de parler au rocher comme Dieu l'avait commandé, Moïse « frappa deux fois le rocher », et il en jaillit de l'eau (verset 11). Le Seigneur réprimanda alors Moïse et Aaron parce qu'ils ne l'avaient pas sanctifié aux yeux du peuple et il dit aux deux hommes qu'il ne serait permis à aucun d'eux d'amener Israël dans la terre promise (voir verset 12). Non seulement ils n'avaient pas soigneusement suivi les instructions du Seigneur, mais ils avaient aussi suggéré en utilisant le mot 'nous' que c'étaient eux qui fournissaient l'eau.


Cet incident, pris avec d'autres Écritures, suscite un certain nombre de questions. Moïse pécha-t-il vraiment contre le Seigneur ? Est-ce là la raison pour laquelle il ne fut pas permis à Moïse d'entrer dans la terre promise ? Moïse s'attribua-t-il tellement de la gloire ou était-il simplement furieux devant le manque de foi manifesté par les enfants d'Israël ? Cette seule erreur suffisait-elle à annuler des années de grande foi, d'obéissance et de dévouement ?


Deux autres passages au moins de l'Ancien Testament indiquent que Moïse pécha effectivement en frappant le rocher de Meriba (voir Nombres 27:12-14 ; Deutéronome 32:51-52). Mais d'autres passages contribuent à éclaircir le sujet. Deutéronome 3:26 et 4:21 disent que le Seigneur dit à Moïse que la raison pour laquelle il ne pouvait pas entrer dans la terre promise  était que le Seigneur était irrité contre lui « à cause de vous ». Cela pourrait impliquer qu'il y avait d'autres raisons à cette interdiction que l'erreur de Moïse.


Deux autres faits renforcent cette supposition. Tout d'abord Moïse et la prêtrise supérieure furent enlevés d'Israël à cause de l'indignité du peuple et non de celle de Moïse (voir D&A 84:23-25). Deuxièmement Moïse fut enlevé lorsque son ministère mortel fut terminé (voir Alma 45:19). En d'autres termes, Moïse eut le privilège d'entrer dans une terre promise bien plus grande que le pays de Canaan. Il avait terminé son appel dans la mortalité, et un nouveau chef allait emmener Israël dans la terre promise. Et Moïse fut enlevé, ce qui n'est guère un châtiment pour avoir péché contre Dieu.


Nombres 20:14


Moïse appelle son peuple « frère Israël » quand il parle au roi des Édomites (verset 14) parce que les Édomites étaient descendants directs d'Édom ou Ésaü, frère de Jacob, ou Israël, dont les Israélites descendaient. Il y avait par conséquent une parenté par le sang entre les deux peuples. Les choses que Moïse dit impliquent que le roi édomite connaissait bien la parenté. Il refusa cependant de laisser les Isréalites traverser ses terres.


Entre la révolte de Koré (chapitres 16-17) et la demande de passage au travers du pays d'Édom (chapitre 20) s'étaient écoulées les trente-huit années d'errance. Pour des raisons qui ne nous sont pas connues maintenant, Moïse ne décrivit pas ces années dans ses annales.


Nombres 20:17. Que désigne l'expression « route royale » ?


« La 'route royale' est la grande route publique qui fut probablement faite aux frais de l'État et entretenue pour permettre au roi et à ses armées de s'y déplacer et est synonyme de 'route du Sultan' (derb es sultan) ou 'route impériale' comme on appelle encore toujours en Orient les vieilles routes militaires larges et ouvertes. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:134)


La grande route longeait les plateaux de l'actuelle Jordanie depuis la mer Rouge jusqu'en Syrie. À l'est elle était parallèle à la mer Morte et au Jourdain.


Nombres 20:22-29. Que signifie le fait que Moïse enleva les vêtements d'Aaron et les mit sur Éléazar ?


« C'était en fait le priver de son office ; et mettre les vêtements sur son fils Éléazar impliquait le transfert de cet office à ce dernier. Le transfert des fonctions en mettant les vêtements du détenteur sortant sur la personne qui devait lui succéder était appelé investiture (habillement), et enlever un office à quelqu'un était appelé déposition (enlever les vêtements). » (Clarke ; Bible Commentary, 1:682)


La même coutume continue à ce jour dans certaines institutions. Quand on installe un officier ou qu'on le relève de ses fonctions, on lui met ou on lui enlève les vêtements cérémoniels, symbolisant le transfert de l'autorité. Quand on part dans le déshonneur, on est littéralement dépouillé de sa robe. À l'armée le fait de couper les épaulettes ou les insignes du rang revient au même.


Mais Aaron ne s'est retiré ni dans le déshonneur ni dans la disgrâce. Sa mort était imminente (voir verset 28) et il était temps de passer à une direction nouvelle et plus jeune.


NOMBRES 21

Nombres 21:1-9. Les Israélites détruisent les Cananéens qui les attaquent (v. 1-3). Le Seigneur envoie des serpents brûlants pour châtier les Israélites de leurs plaintes incessantes (v. 4-6). Moïse fait un serpent d’airain, le fixe à une perche et dit au peuple que s’il le regarde, il vivra (v. 7-9).


Nombres 21:4-9. Le serpent d'airain dans le désert


On trouvera la signification symbolique de cet événement dans Jean 3:14-15 ; 2 Néphi 25:20 ; Alma 33:19-20.

NOMBRES 22

Nombres 22 à 24. L'histoire de Balaam


Quand les deux puissants rois des Amoréens furent battus par la force irrésistible d'Israël, les Moabites, avec leurs alliés madianites, furent remplis d'une telle frayeur que Balak, le roi, demanda de l'aide. Mais ce ne fut pas auprès de son propre dieu, Baal, qui s'était montré impuissant contre Israël pendant le conflit amoréen, qu'il chercha de la puissance. Il décida plutôt d'utiliser contre Israël son propre Dieu dont la puissance s'était merveilleusement manifestée. À cette fin, il envoya une délégation portant des présents à Balaam de Péthor, célèbre devin de Haute Mésopotamie, qui avait apparemment la réputation d'être capable de bénir et de maudire avec beaucoup d'effet (voir Nombres 22:3-6).


Il est difficile de décider, en se basant sur le texte biblique, si Balaam était ou non un vrai prophète de Dieu détenant l'autorité de la prêtrise. Il vivait dans une région appelée Aram, portant probablement le nom du fils de Kémuel et petit-fils de Nachor, cousin d'Abraham. Charan, l'endroit où Abraham s'installa après avoir quitté Ur, était un endroit où on célébrait le culte de l'Éternel et se trouvait aussi au pays d'Aram. Balaam aurait par conséquent pu être l'une de ces quelques personnes dispersées, comme Jéthro, qui détenaient la prêtrise et en exerçaient l'autorité. La Bible laisse entendre qu'il avait la vraie connaissance de Dieu et pouvait en recevoir des révélations. Quelle que soit leur origine, le Seigneur suscite des hommes inspirés auprès de toutes les nations (voir Alma 29:8).


Il est significatif que les Écritures ne qualifient jamais Balaam de prophète, mais plutôt de magicien ou de devin un peu dans le même genre que Simon du Nouveau Testament (cf. Josué 13:22 ; Actes 8:9-24). Bien que reconnaissant l'Éternel et professant dépendre de lui, Balaam était disposé à aller à l'encontre de l'avis du Seigneur et à accompagner les hommes de Balak. Pour s'assurer qu'il obéirait à la volonté de Dieu, le Seigneur envoya un ange le menacer de mort s'il maudissait Israël. Une des choses remarquables dans la bénédiction d'Israël par Balaam est la promesse du Messie (voir Nombres 24:14, 17, 19).


La réprimande reçue par Balaam d'un animal animé par l'Esprit de Dieu est un événement singulier dans l'histoire. Il est inutile de spéculer sur la façon dont cela se réalisa. Il est certain que l'animal parla d'une manière que Balaam pouvait comprendre. D'autres Écritures indiquent que quand les animaux seront remplis de l'esprit divin et seront célestialisés, ils pourront s'exprimer en des façons qui leur sont actuellement refusées (voir Apocalypse 4:6, 9 ; D&A 77:2-4).


Le texte ne montre pas Balaam surpris devant ce phénomène, circonstance qui a amené certains à penser que Balaam avait l'esprit troublé parce qu'il essayait de servir à la fois Dieu et Mamon. S'il avait été plus réfléchi, le comportement extraordinaire de sa monture habituellement obéissante l'aurait incité à regarder autour de lui pour découvrir ce qui se passait. Alors il aurait pu éventuellement découvrir la présence de l'ange. L'incident suffit cependant à accomplir les desseins du Seigneur. Il fut montré à Balaam que ce n'était pas le voyage en lui-même qui déplaisait à Dieu, mais les sentiments et les intentions qu'il entretenait. L'incident tout entier semble avoir été suscité pour éveiller sa conscience et le ramener au sens des réalités afin d'exprimer strictement la parole de Dieu et elle seulement.


L'histoire décrit ensuite les débauches qu'Israël commit avec les filles de Moab ; c'est-à-dire qu'Israël se joignit aux femmes de Moab dans le culte de Baal-Peor, un dieu de fertilité, ce qui impliquait offrir des sacrifices au dieu et se livrer à l'immoralité sexuelle. Ce qui n'est pas dit ici mais expliqué plus tard (Nombres 31:15-18), c'est que Balaam conseilla les Moabites dans cette action. Manifestement quand il vit qu'il ne pouvait pas obtenir sa commission auprès de Balak en maudissant directement Israël, il dit à Balak que Dieu ne bénirait Israël que quand il serait juste. Si les Moabites pouvaient séduire Israël et l'amener à adorer les idoles, il perdrait le pouvoir de Dieu. Balaam est donc devenu le symbole de ceux qui utilisent leurs appels et leurs dons pour obtenir du gain et pervertir le peuple du Seigneur (voir 2 Pierre 2:15 ; Apocalypse 2:14).


Nombres 22. Terrifié par l’approche des Israélites, Balak, roi de Moab, envoie des messagers à Balaam pour lui offrir une récompense s’il veut aller à Moab maudire Israël (v. 5-7). Lorsque Balaam refuse d’aller à Moab, Balak lui envoie un deuxième groupe d’hommes, plus impressionnant que le premier, pour essayer de le persuader. Qu’offre-t-il à Balaam? (v. 15-19). Le Seigneur donne à Balaam la permission d’accompagner les messagers de Balak s’il le souhaite. Mais ensuite il est en colère contre lui parce qu’il y est allé (v. 20-22). Pendant le trajet vers Moab, Balaam essaie à trois reprises d’obliger son âne à avancer (v. 22-30). Le Seigneur châtie Balaam en se servant de l’ange et de l’âne. Après l’arrivée de Balaam à Moab, Balak lui demande à trois reprises de maudire Israël. Chaque fois le Seigneur dit à Balaam de bénir Israël et celui-ci obéit (v. 38) Bien que refusant la demande de Balak de maudire Israël, Balaam est disposé à le suivre de lieu en lieu et à écouter ses demandes même s’il sait qu’elles sont mauvaises.


Nombres 22:1-21. Balak, roi de Moab, est terrifié par l’approche des Israélites. Il offre une récompense à Balaam s’il se rend à Moab pour maudire les Israélites. Dieu commande à Balaam de refuser et celui-ci obéit (v. 1-14). Balak lui offre encore plus d’honneurs et de richesses s’il se rend à Moab pour maudire Israël. Dieu dit à Balaam qu’il peut y aller s’il le souhaite, mais qu’il ne doit prononcer que les paroles que Dieu lui donne (v. 15-21). Balaam décide d’y aller. (Note : la traduction de Nombres 22:20 dans la Traduction de Joseph Smith dit que Balaam peut accompagner les hommes s’il le désire). Dieu est irrité contre Balaam parce qu’il est allé à Moab, sachant qu’il espère obtenir une récompense de Balak. En cours de route, Balaam apprend ce qu’il peut en coûter de déplaire à Dieu lorsque son âne et un ange lui parlent. Balaam rencontre Balak (v. 36 à 23:2).  


NOMBRES 23

Nombres 23. Voir le commentaire de Nombres 22 à 24.


Nombres 23:3 à 24:9. À trois reprises Balak demande à Balaam de maudire Israël, mais Balaam obéit à Dieu et bénit chaque fois Israël.


NOMBRES 24

Nombres 24. Voir le commentaire de Nombres 22 à 24.


Nombres 24:10-25. Balaam maudit Moab et prophétise sur le Messie.


NOMBRES 25

Nombres 25:1-10


En dépit de la mesure sévère prise par Moïse contre ceux qui s'étaient joints aux Moabites dans le culte de Baal, un homme osa amener une des femmes dans le camp. Dans une juste indignation, Phinées les tua tous les deux, signifiant ainsi à tout le monde que la prêtrise ne tolérait plus une telle perversité. Il savait que la perversité d'un petit nombre pouvait apporter les souffrances et même la mort à un grand nombre. Si Israël perdait du pouvoir auprès de Dieu en tolérant le mal en son sein, des innocents mourraient dans les guerres avec les Cananéens quand Israël traverserait le Jourdain.


Les évêques modernes ont la responsabilité similaire d'éliminer le mal dans l'Église. Bien que l'excommunication soit le châtiment le plus sévère qu'ils puissent invoquer, ils ont la responsabilité de déraciner le mal parmi les saints. S'ils ne le font pas, ils portent eux-mêmes la responsabilité du péché du peuple (voir Jacob 1:19).

NOMBRES 26

Nombres 26


Avant d'entrer dans la terre promise, Moïse et Éléazar, le prêtre, comptèrent parmi leurs tribus respectives les enfants d'Israël âgés de vingt ans et plus. Ce faisant ils découvrirent qu'à part trois personnes, pas une seule âme vivante de plus de vingt ans qui avait été comptée au commencement des errances dans le désert trente-huit ans plus tôt n'était encore en vie parmi les enfants d'Israël. Seul Josué, Caleb et Moïse lui-même restaient d'entre le groupe qui sortit à l'origine d'Égypte. Tout cela était comme le Seigneur l'avait dit (voir verset 65). Nombres 33:54 donne la raison pour laquelle les Israélites furent comptés en cette occasion.

NOMBRES 27

Nombres 27:18-23


L'événement décrit ici est l'ordination et la mise à part de Josué à la prêtrise détenue par Moïse.


« Les bénédictions spéciales, les onctions, le scellement des onctions, les confirmations, les ordinations, les appels, les guérisons, les offices et les grâces sont conférés par l'imposition des mains par les administrateurs légaux du Seigneur. Comme pour toutes les exigences prescrites par le Seigneur en matière de procédure, les bénédictions proposées ne s'obtiennent que quand on observe les formalités prévues (voir Enseignements, p. 275-276)…


« 'Selon l'ordre de Dieu', l'ordination aux offices de la prêtrise s'accomplit par l'imposition des mains (voir Alma 6:1 ; Actes 6:5-6 ; Timothée 5:22). La mise à part aux fonctions de présidence, d'administration ou de responsabilités particulières se fait de la même manière (voir 5e Article de foi ; Nombres 27:18-23 ; Deutéronome 34:9. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 438)


On trouve dans le commentaire de Exode 28 ; 39:1-43 un compte rendu de l'utilisation de l'urim et du thummim dans l'Israël de l'Antiquité.

NOMBRES 28

Nombres 28 à 30. Nombres 28 à 30 raconte comment Moïse a rappelé aux Israélites de la nouvelle génération qu’ils avaient la même obligation que leurs parents d’accomplir les sacrifices, de respecter les jours de fête et d’obéir aux lois et aux commandements que le Seigneur avait donnés au commencement du voyage, près de 40 ans auparavant.

NOMBRES 29

Voir commentaire de Nombres 28 à 30.

NOMBRES 30


Voir commentaire de Nombres 28 à 30.


Nombres 30. Voeux et conditions de validité


Contracter une alliance avec le Seigneur était un acte très sérieux dans l'Israël antique. Ce chapitre des Nombres parle de la force et du pouvoir des voeux que l'on fait devant le Seigneur. Il expose en particulier les relations entre l'homme et la femme quand il est question d'un voeux ou d'une alliance. Quatre cas particuliers sont traités :


« Le premier cas (versets 3- 5) est celui d'une femme dans sa jeunesse, tandis qu'elle n'est pas encore mariée, et vivant dans la maison de son père. Si elle faisait un voeu d'accomplissement ou d'abstinence, et que son père en avait connaissance et restait silencieux, l'engagement était en vigueur. Mais si son père la désapprouvait en en entendant parler, c'est-à-dire lui interdisait de l'accomplir, elle n'était pas liée et l'Éternel lui pardonnait à cause du refus de son père. L'obéissance au père l'emportait sur un service religieux imposé à soi-même.


« Le second cas (versets 6-8) était celui d'un voeu d'accomplissement ou d'abstinence fait par une femme avant son mariage et amené avec elle dans son mariage. Dans pareil cas, le mari devait décider de sa validité de la même façon que le père avant le mariage. Le jour où il en entendait parler, il pouvait arrêter sa femme, c'est-à-dire la délier de son voeu ; mais s'il ne le faisait pas immédiatement, il ne pouvait pas en empêcher l'accomplissement par la suite…


« Le troisième cas (verset 10) était celui de voeux accomplis par une veuve ou une divorcée. Pareil voeu était pleinement en vigueur parce que la femme ne dépendait pas d'un mari.


« Le quatrième cas (versets 11-12) était celui de l'épouse fait en tant que femme mariée. Ce voeu devait rester en vigueur si son mari restait silencieux quand il en entendait parler et ne l'arrêtait pas. D'autre part, il n'était pas en vigueur si son mari l'en déliait immédiatement. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:224)

NOMBRES 31

Nombres 31:1-16. Les Israélites détruisent les Madianites et tuent Balaam. Moïse explique que Balaam avait conseillé aux Madianites d’inciter les Israélites à pécher. Les conséquences du conseil de Balaam sont décrites dans Nombres 25:1-3. Quoique ne voulant pas maudire directement Israël, Balaam tenait tant à recevoir une récompense de Balak qu’il lui conseille de tenter Israël à pécher, ce qui amènerait le peuple à perdre la protection de Dieu.


Nombres 31 raconte l’envoi par le Seigneur de l’armée d’Israël contre les Madianites qui essayaient de détruire les Israélites par l’immoralité et l’idolâtrie. Parmi les tués, se trouva le devin Balaam, qui s’était rebellé contre le Seigneur et son peuple. Les armées d’Israël consacrèrent une grande partie de leur butin au Seigneur, pour montrer qu’ils étaient reconnaissants de leur victoire.


« Quelle histoire! Voici un prophète de Dieu qui est fermement déterminé à ne dire que ce que le Seigneur du ciel commande. Il ne semble pas y avoir le moindre doute dans son esprit sur la conduite à suivre. Il représente le Seigneur et, ni une maison remplie d’or et d’argent, ni les honneurs élevés offerts par le roi ne peuvent le faire dévier de la conduite qu’il a choisie… Mais la soif de richesse et le désir des honneurs l’attirent. Comme il serait merveilleux d’être riche et puissant… Peut-être le Seigneur le laisserait-il compromettre ses principes et avoir une forme de prospérité et de pouvoir… Je me demande combien de fois certains d’entre nous reçoivent leur direction de l’Église et puis, comme Balaam, plaident pour obtenir les récompenses du monde… Balaam… pour inspiré et puissant qu’il pût être par le passé, finit par perdre son âme parce qu’il porta son cœur vers les choses de ce monde plutôt que vers les richesses de l’éternité. » (Bruce R. McConkie, L’histoire de la démence d’un prophète, L’Étoile, août 1979, p. 30-31)


NOMBRES 32

Alors que les enfants d’Israël se trouvaient sur la rive Est du Jourdain, en attendant de le traverser pour passer en Canaan, les membres des tribus de Ruben et de Gad ont demandé à Moïse s’ils pouvaient recevoir leur héritage sur la rive Est car la région leur semblait propice à l’élevage de bétail. Moïse leur a répondu que les autres tribus seraient contrariées s’ils ne les aidaient pas à conquérir le pays qui se trouvait à l’ouest du Jourdain (Canaan) ; la majorité des Israélites pensaient que ce serait déjà suffisamment difficile de vaincre les habitants de Canaan avec les douze tribus.


NOMBRES 33

Nombres 33 rapporte que le Seigneur a demandé à Moïse d’écrire les quarante différentes étapes parcourues par les Israélites pour arriver à Canaan, peut-être pour leur rappeler combien ils avaient eu de chance durant leurs voyages. Nous ne pouvons situer géographiquement la plupart des lieux de cette liste. Le Seigneur a ensuite commandé aux Israélites de chasser ou de détruire les habitants de Canaan afin qu’ils ne soient pas une plaie spirituelle pour eux.

NOMBRES 34

Nombres 34 explique comment le Seigneur a fixé les limites du pays que les Israélites devaient conquérir et comment il a donné le nom des hommes qui partageraient le pays entre les douze tribus et leurs familles.

NOMBRES 35


Nombres 35 contient le commandement du Seigneur de fonder des villes pour les Lévites dans tout le pays de Canaan, cela pour leur permettre d’être parmi toutes les tribus et d’accomplir les ordonnances pour elles. Le Seigneur a également choisi certaines villes comme lieux de refuge pour les meurtriers. Ces lieux de refuge permettaient d’éviter que quelqu’un ne se venge de ces personnes avant que la justice ne soit rendue.


Nombres 35:9-27. Pourquoi les « villes de refuge » étaient-elles nécessaires et qui était désigné comme « vengeur du sang »


Six des quarante-huit villes lévitiques étaient désignées comme « villes de refuge », des endroits où ceux qui avaient ôté la vie humaine pouvaient trouver protection en attendant d'être jugés et condamnés pour meurtre ou acquittés (verset 11). Ces villes devaient se trouver de part et d'autre du Jourdain (voir verset 14). Notez la distinction que Moïse fait entre le meurtre et le fait de tuer un être humain (voir versets 15 à 25). On faisait une différence entre ce qu'on appelle aujourd'hui le meurtre prémédité, le crime passionnel, l'homicide et la légitime défense.


« Les villes de refuge chez les Hébreux étaient nécessaires parce qu'il y avait encore la vieille loi patriarcale qui restait toujours en vigueur à savoir que le plus proche parent avait le droit de venger la mort de son parent en tuant le meurtrier ; car la loi originelle prévoyait que quiconque versait le sang de l'homme, par l'homme son sang serait versé (voir Genèse 9:6), et nul n'était jugé comme aussi qualifié pour exécuter cette loi que l'homme qui était le plus apparenté au mort. Comme cette loi pouvait susciter de nombreuses exécutions sommaires, de par la nature même de la chose, on considérait qu'il était nécessaire d'en nuancer l'application et en empêcher l'injustice, et on jugea que les villes de refuge répondaient à cette fin. Et nous ne lisons nulle part qu'elles se soient révélées être inefficaces ou qu'elles aient été violées. » (Clarke, Bible Commentary, 1:730)

NOMBRES 36


Nombres 36 contient le conseil donné par le Seigneur de se marier avec une personne de sa tribu afin que les pays reçus en héritage puissent rester dans la même tribu.


Nombres 36. Les filles de Tsélophchad et leur héritage


Ici Moïse traite d'un problème pratique qu'Israël allait affronter quand il commencerait à conquérir le pays. Une fois les divisions tribales décidées, les familles de chaque tribu reçurent un terrain pour leur héritage. Si une partie du terrain était donnée à une célibataire et qu'elle se mariait dans une autre tribu, ce qui était probablement très courant, la terre de la femme devenait la propriété conjointe de son mari. Ainsi une autre tribu obtenait une partie des terres affectées par le Seigneur et par Moïse à la tribu d'origine. La situation ne se produisait pas lorsque les fils se mariaient en dehors de leur tribu, parce que la terre restait toujours dans la tribu. Moïse et les anciens prévirent les problèmes que cela risquait de poser et décidèrent que les héritages territoriaux ne pouvaient pas passer d'une tribu à l'autre.

 

 

DEUTÉRONOME

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I



DEUTÉRONOME 1

Deutéronome 1:1. Voici les paroles de Moïse


Le mot Deutéronome est un titre formé de deux mots grecs deutero « deuxième » et nomos « loi ». Ainsi le titre signifie « la seconde loi » ou « la répétition de la loi » (Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « Deuteronomy », 1:522). Le monde chrétien a tiré ce titre descriptif de la version des Septantes (première traduction grecque de l'Ancien Testament écrite au deuxième siècle avant Jésus-Christ) plutôt que du nom juif du livre, Eile hadvarim, qui sont les deux premiers mots du livre hébreu (traduit par « voici les paroles »).


Les traducteurs de la version des Septante appelèrent le cinquième livre écrit par Moïse la seconde loi parce que Moïse y résume le code mosaïque en trois derniers discours qu'il fait à Israël avant de les quitter. Mais ce nom n'implique en aucune façon qu'il leur donna une nouvelle loi ni qu'il se contenta de répéter ce qui avait déjà été donné. Moïse savait qu'il allait bientôt quitter Israël. Israël campait pendant ce temps à Moab, séparé de la terre promise par le Jourdain. Josué allait bientôt conduire Israël au combat contre les Cananéens pour prendre possession de la terre promise. En trois discours, Moïse exhorte Israël avec éloquence à se tourner vers les lois que Dieu lui a données afin de bénéficier à l'avenir de la faveur et de la protection de Dieu.


Dans le premier discours (Deutéronome 1:6 à 4:40), Moïse rapporte les événements les plus importants des errances dans le désert et rappelle à Israël qu'il ne doit pas oublier les lois qui lui ont été données au Sinaï.


Le deuxième discours (chapitres 5 à 26) contient la répétition de la loi par Moïse, y compris les dix commandements (voir Deutéronome 5:6-21). Mais son but est bien plus que simplement répéter. Ces chapitres contiennent « une description, une explication et une application du contenu le plus essentiel de la révélation de l'alliance et des lois de l'alliance, l'accent étant mis en tout premier lieu sur le principe spirituel de la loi et sur son accomplissement, et l'organisation ecclésiastique, judiciaire, politique et civile était développée plus en profondeur, étant donné qu'elle devait être le fondement permanent de la vie et du bien-être du peuple dans le pays de Canaan » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:270).


Le troisième et dernier discours (chapitres 27 à 30) est un appel à Israël pour qu'il renouvelle l'alliance et une mise en garde contre les conséquences s'il ne le fait pas. Moïse passe de nouveau solennellement en revue pour lui la bonté du Seigneur à son égard et tout ce qu'il a fait pour lui ; ensuite il conseille à Israël de faire alliance avec Dieu pour que les malédictions ne s'abattent pas sur lui.


Les chapitres 31 à 34 sont un supplément, qui n'a peut-être pas été écrit par Moïse, un compte rendu du choix et de l'ordination de Josué comme successeur de Moïse et aussi de la « mort » de Moïse (d'autres sources montrent que Moïse ne mourut pas mais fut enlevé).


La valeur du Deutéronome ressort du fait que, sur les cinq livres du Pentateuque, c'est lui qui est cité le plus souvent par les prophètes de l'Ancien Testament.


« C'est du Deutéronome que les prophètes se sont le plus servi, tout simplement parce que c'est lui qui est le mieux conçu pour servir de modèle aux déclarations prophétiques et aussi à cause de l'harmonie interne qui existe entre les prophéties et les lois sur lesquelles elles sont basées. » (Fallows, Bible Encyclopedia, sous la
rubrique « Deuteronomy », 1:523)


Deutéronome 1:1-4. « Moïse parla aux enfants d'Israël »


« Il parle comme un père mourant à ses enfants. Les paroles sont ferventes, inspirées, impressionnantes. Il passe en revue l'intégralité des quarante années de leurs errances dans le désert, rappelle au peuple toutes les bénédictions qu'il a reçues, l'ingratitude qu'il a si souvent montrée en échange et les jugements de Dieu et l'amour qu'il a constamment manifesté derrière ces jugements ; il explique maintes et maintes fois les lois, ajoute ce qui est nécessaire pour les compléter et ne se lasse pas d'inciter le peuple, dans les termes les plus chaleureux et les plus insistants, à l'obéissance, parce que la vie même de la nation y est en jeu ; il passe en revue toutes les tempêtes et tous les conflits qu'il a traversés et, contemplant l'avenir dans le passé, donne aussi un aperçu de l'histoire future de la nation et voit avec un mélange de tristesse et de joie que les trois grandes caractéristiques du passé, à savoir l'apostasie, le châtiment et le pardon, continuent à se répéter aussi dans l'avenir. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3: 276)


Deutéronome 1:5 à 3:20


Dans ces versets, Moïse passe en revue les instructions données par le Seigneur pendant les errances dans le désert. Il y expose aussi son point de vue sur la façon dont Israël s'est acquitté de ces instructions. Le peuple a refusé bien des fois d'écouter son Dieu. Moïse craint qu'il ne retombe une fois que lui, Moïse, l'aura quitté, c'est pourquoi il donne les longues recommandations rapportées dans le Deutéronome.


DEUTÉRONOME 2

Deutéronome 2. Voir commentaire de
Deutéronome 1:5 à 3:20.


Deutéronome 2:7, 14


Ce récit éclaircit des événements qui sont également rapportés dans Exode ou Nombres. Israël arriva au Sinaï le troisième mois après avoir quitté l'Égypte (voir Exode 19:1-2). Il quitta le mont Sinaï le vingtième jour du deuxième mois de la deuxième année ; il semble donc qu'il soit resté près d'une année entière près du mont Sinaï. Après un voyage de onze jours jusqu'à Kadès, des hommes furent envoyés dans le pays de Canaan pour reconnaître le pays. À leur retour ils firent un compte rendu négatif, parlant de villes murées et d'habitants d'une grande force, qui découragea tellement le peuple d'Israël que celui-ci se mit à murmurer contre le Seigneur (voir Nombres 13:26-33). Ils avaient espéré s'installer sans effort dans la terre promise. À la suite de leur manque de préparation spirituelle, ils furent obligé d'errer encore trente-huit ans dans le désert.


« Il fallut onze jours aux Israélites pour aller de Horeb à Kadès-Barnéa, où ils étaient au bord de la terre promise ; après quoi ils errèrent trente-huit ans dans les environs, ne recevant pas la permission, à cause de leurs rébellions, d'entrer dans le repos promis, bien que se trouvant pendant tout ce temps-là à quelques kilomètres du pays de Canaan ! » (Clarke, Bible Commentary, 1:737)


Cette situation donne son sens poignant à l'expression « si près, et cependant si loin ».


DEUTÉRONOME 3

Deutéronome 3. Voir commentaire de Deutéronome 1:5 à 3:20.


Deutéronome 3:25-29. À propos de la raison pour laquelle l'accès de la terre promise fut refusé à Moïse, voir le commentaire de Nombres 20:12-13.


DEUTÉRONOME 4

Deutéronome 4:1-8. On ne peut prétendre que la Bible est complète en citant Apocalypse 22:18-19


Il n'est pas rare que ceux qui sont opposés à la croyance des saints des derniers jours en l'Écriture moderne citent Apocalypse 22:18-19 comme preuve que toute révélation est contenue dans la Bible. Mais Moïse donne le même avertissement dans Deutéronome 12:32. Ce passage montre que toute mise en garde contre la tentation d'ajouter aux choses écrites ne porte que sur les écrits du prophète en question.

« La parole que nous avons citée et qui est l'argument massue des chrétiens modernes contre la nouvelle révélation ne fait allusion qu'à ce livre particulier [l'Apocalypse] qui devait être considéré comme sacré étant la parole du Seigneur à Jean, et non à la Bible entière ; elle n'interdit pas non plus aux saints de son époque, ni aux saints d'aucune époque future, d'obtenir de nouvelles révélations pour eux-mêmes…


« Si nous prenons les écrits de Moïse, nous voyons qu'il exprime le même sentiment et utilise les mêmes termes. Moïse dit : 'Nous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l'Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris'. Ainsi donc si de telles citations sont utilisées dans l'intention de fermer les cieux et de mettre fin à toute nouvelle révélation, alors les révélations données aux prophètes qui furent suscités après Moïse et les révélations données à Jésus-Christ et à ses apôtres, y compris Jean et son Apocalypse sur l'île de Patmos, tout cela revient à rien et ne mérite pas notre attention. Cet argument massue, quand on l'examine, écrase trop de choses ; en outre l'Évangile de Jean et son épître à ses frères furent écrits après qu'il eut écrit son Apocalypse dans l'île de Patmos ; par conséquent il détruirait son propre système ; mais cela montre l'ignorance et la myopie de ceux qui n'ont pas le témoignage de Jésus qui est l'Esprit de prophétie. » (Brigham Young, Journal of Discourses, 1:2-43)


Deutéronome 4:9-24


Moïse était vivement désireux que le peuple se souvienne du Seigneur. Ce souvenir serait assuré grâce au respect de la loi. 


Deutéronome 4:25-31. Dispersion et rassemblement d'Israël


Moïse ne se faisait aucune illusion sur la durée de l'obéissance d'Israël. Il annonce ici prophétiquement un des thèmes les plus courants de l'Ancien Testament : la dispersion d'Israël à cause de sa méchanceté, mais aussi le grand rassemblement qui se produira « dans la suite des temps » (verset 30). Le Seigneur énonce deux raisons pour lesquelles Israël sera à nouveau rassemblé. Tout d'abord, beaucoup dans l'Israël des derniers jours se tourneront vers le Seigneur (voir verset 29) ; deuxièmement, les alliances que l'Éternel a contractées avec les pères d'Israël (les patriarches) seront respectées (voir versets 31, 37). Ce rassemblement implique le retour dans les terres de l'héritage d'Israël, mais, chose plus importante encore, il implique un rassemblement spirituel, c'est-à-dire le retour aux alliances et aux lois de Dieu.  


« Ainsi qu'on le sait, l'Israël d'antan fut dispersé parmi toutes les nations de la terre parce qu'il avait abandonné le Seigneur et adorait de faux dieux. Ainsi qu'on le sait aussi, le rassemblement d'Israël consiste à recevoir la vérité, à obtenir de nouveau la connaissance vraie du Rédempteur et à rentrer dans le vrai troupeau du Bon Berger. Dans le langage du Livre de Mormon, cela consiste à être 'rendu à l'Église vraie et au vrai troupeau de Dieu' et à être ensuite 'réuni' et 'rétabli' dans différentes 'terres de promission' (2 Néphi 9:12). 'Lorsqu'ils viendront à la connaissance de leur Rédempteur, ils seront de nouveau rassemblés dans les pays de leur héritage' (2 Néphi 6:11).


« Le rassemblement d'Israël réalise deux choses : premièrement, ceux qui ont ainsi choisi le Christ comme Berger, ceux qui ont pris sur eux son nom dans les eaux du baptême, ceux qui cherchent à bénéficier de son Esprit dès maintenant et à être héritiers de la vie éternelle dans l'au-delà, ces personnes doivent être rassemblées pour se fortifier et s'aider mutuellement à perfectionner leur vie.


« Et, deuxièmement, ceux qui cherchent les plus hautes récompenses de l'éternité doivent être là où ils peuvent recevoir les bénédictions de la Maison du Seigneur, tant pour eux-mêmes que pour leurs ancêtres en Israël qui sont morts sans connaître l'Évangile mais l'auraient reçu de tout leur coeur si l'occasion s'en était présentée. » (Bruce R. McConkie, Come : Let Israel Build Zion, Ensign, mai 1977, p. 117)


Deutéronome 4:41-49. Que signifie le fait que Moïse « choisit trois villes » ?


La loi de Moïse prévoyait des villes de refuge pour les personnes coupables d'homicide involontaire jusqu'à ce que leur cas puisse être jugé ou jusqu'à ce que le grand-prêtre soit décédé (voir Nombres 35:6, 14). Le passage qui dit que Moïse « choisit trois villes » signifie qu'avant sa mort il mit ces villes à part comme villes de refuge (voir Deutéronome 4:41). Les villes citées se trouvaient du côté est du Jourdain face à l'endroit où la plupart des Israélites allaient s'installer. Plus tard d'autres villes de refuge furent mises à part à l'intérieur de la terre promise.


DEUTÉRONOME 5

Deutéronome 5


Moïse rappela à Israël l'alliance que Dieu avait faite avec lui sur le mont Horeb (le Sinaï), en commençant par passer en revue les grands principes fondamentaux appelés les dix commandements (voir versets 6 à 21). L'exhortation de Moïse est donnée aux versets 29, 32 et 33.


La loi de Moïse représente une orientation évangélique, et ces versets démontrent pareille orientation. Dans cette section du Deutéronome, Moïse lance un appel à l'obéissance, à l'engagement, à la droiture, à la sainteté. Moïse enseigne que les bénédictions, tant temporelles que spirituelles, suivent ceux qui répondent à cet appel et, inversement, que le châtiment et le malheur s'abattent sur ceux qui n'y prêtent pas attention. 

DEUTÉRONOME 6

Deutéronome 6:4-9. « Écoute, Israël ! L'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel »


Le verset 4 commence ce que les Juifs appellent le chema (du mot hébreu signifiant « écoute »).


« Le chema est, dans la pensée juive, l'affirmation suprême de l'unité de Dieu ; il est fréquemment appelé 'la reconnaissance du joug du royaume des cieux'. » (Encyclopedia Judaïca, sous la rubrique « Shema, Reading of », The Shema in Jewish Thought, 14:1372). Le chema tout entier qui se compose, dans l'ordre, de Deutéronome 6:4-9, Deutéronome 11:13-21 et Nombres 15:37-41, est récité deux fois par jour par tous les Juifs dévots comme prière du soir et du matin. Il est devenu traditionnel que les martyrs juifs affrontent la mort le chema sur les lèvres. En fait « les manuels de dévotion juifs conseillent parfois au fidèle de penser, pendant qu'il récite le chéma, que s'il est appelé à subir le martyre pour la sanctification du nom de Dieu, il le fera de bon coeur et avec joie » (Encyclopedia Judaïca, sous la rubrique « Shema Reading of », The Shema in Jewish Thought, 14:1373).


Le passage du chema dans Deutéronome 6 est également intéressant pour les chrétiens parce que Jésus a dit que le verset 5 contenait le plus grand commandement de la loi (voir Matthieu 22:36-37). Il englobe tous les autres commandements, car si les gens aimaient Dieu de tout leur coeur, de toute leur âme et de toutes leurs forces, tous les aspects de leur vie seraient consacrés à la droiture et à la sainteté. Et si ces paroles étaient constamment dans leur coeur (voir verset 6) et s'ils cherchaient à les enseigner de toutes les manières possibles à leurs enfants dans tous les aspects de leur vie par le précepte et par l'exemple, le soir et pendant la journée, à la maison ou ailleurs, toute la société serait radicalement changée. À cet égard cette croyance des Juifs est correcte. Le chema, s'il est véritablement une profession de foi et non pas simplement des mots creux, devrait être la pensée suprême que l'on devrait avoir dans le coeur.


Dans la révélation moderne, le Seigneur a enseigné une règle d'engagement semblable quand il a dit : « Et tous ceux qui subissent des persécutions pour mon nom et persévèrent avec foi, même s'ils sont appelés à donner leur vie pour l'amour de moi, prendront cependant part à cette gloire. C'est pourquoi, ne craignez point, pas même la mort, car votre joie n'est pas pleine en ce monde, mais elle l'est en moi. C'est pourquoi, ne vous souciez pas du corps ni de la vie du corps, mais souciez-vous de l'âme et de la vie de l'âme. Cherchez toujours la face du Seigneur, afin qu'avec patience vous puissiez posséder votre âme et vous aurez la vie éternelle » (D&A 101:35-38).


Le Seigneur souligna l'importance de cette injonction en utilisant un langage figuré commandant aux Israélites de lier ces paroles sur leur front et sur leurs mains et de les mettre sur les poteaux de leurs maisons. Ces versets sont à l'origine de la coutume juive d'utiliser les tefîllîn ou phylactères et la mezouza. Prenant le commandement dans son sens littéral, les Juifs inscrivirent certains passages des Écritures, notamment Deutéronome 6:4-9, sur de minuscules morceaux de parchemin, les plièrent et les mirent dans de petites boîtes de cuir d'environ 4 cm de côté. Ces boîtes étaient alors liées à la tête pour se trouver sur le front, ou sur le biceps gauche, suggérant que le porteur accomplirait « la loi avec la tête et le coeur » (voir Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « phylactery », 3:1344). Certains Israélites apostats utilisèrent ultérieurement ces phylactères comme amulettes pour chasser les esprits mauvais. C'est ainsi que les Grecs les appelèrent phylactères, ce qui signifie « sauvegardes ».


La mezouza (mot hébreu signifiant « poteau de porte ») était semblable au tefîllîn en ce que c'était un parchemin, où était inscrit un passage de l'Écriture, inséré dans un minuscule étui cylindrique. La mezouza était fixée à la porte, et les Juifs prirent l'habitude de toucher ou d'embrasser la mezouza chaque fois qu'ils quittaient la maison ou y entraient. Les paroles symboliques du commandement constituent une belle leçon. Le poteau de porte symbolise les portes que traverse l'homme pour être en relation avec
ses semblables. Au moment de quitter la maison ou d'y entrer, on devrait avoir le désir conscient de faire la volonté de Dieu.


Deutéronome 6:10-12 ; 8:10-20


« Ce peuple [les saints des derniers jours] est capable de résister aux attaques des émeutiers, aux vols, à la pauvreté et à toutes les espèces de persécution, et de rester fidèle. Mais la grande crainte que j’ai pour lui c’est qu’il ne puisse résister à la richesse ; et pourtant il doit être mis à l’épreuve par la richesse, car il deviendra le peuple le plus riche de cette terre. » (Brigham Young, dans Preston Nibley, Brigham Young: The Man and His Work, 1936, p. 128)


Deutéronome 6:10-15. « Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d'oublier »


Moïse enseigne éloquemment ici et dans Deutéronome 8:11-20 la triste vérité que les hommes oublient Dieu dans les temps de paix et de prospérité. Mormon a également enseigné cette vérité dans Hélaman12:1-7, dans le Livre de Mormon.


Deutéronome 6:13, 16 ; 8:3. Jésus utilisera la recommandation de Moïse pour déjouer la tentation


« On voit qu'il connaissait à fond les Écritures au fait qu'il les citait constamment. Lorsque le diable le tenta de transformer des pierres en pain, il lui rétorqua en citant le
Deutéronome : 'Il est écrit : l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu' (Matthieu 4:4 ; voir Deutéronome 8:3). Lorsque le tentateur lui lança le défi de se jeter du sommet du temple, il répondit en citant le même livre : 'Il est aussi écrit : tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu' (Matthieu 4:7 ; voir Deutéronome 8:16).
Quand Satan lui proposa les royaumes du monde, il cita le Deutéronome une troisième fois (6:13), disant : 'Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul' (Matt. 4:10). » (Marion G. Romney, Jesus Christ, Man's Great Exemplar, Brigham Young University Speeches of the Year, Provo, Utah, 9 mai 1967,p. 9)


DEUTÉRONOME 7

Deutéronome 7:1-5. Pourquoi le Seigneur commanda-t-il aux Israélites de détruire totalement les Cananéens ?


Les Héthiens, les Héviens et les Jébusiens étaient descendants directs de Canaan, fils de Cham, et étaient par conséquent Cananéens. Les Guirgasiens, les Amoréens et les Phérésiens étaient des habitants de Canaan (Cananéen désignait aussi quelqu'un qui vivait dans le pays de Canaan, quelle que soit sa race). Il est certain que ces groupes s'étaient mariés entre eux et que lorsque Israël arriva en vue de la terre promise, ces Cananéens étaient devenus un peuple extrêmement pervers et idolâtre. Quand il fut dit à Abraham que sa postérité hériterait le pays de Canaan, le Seigneur lui dit aussi qu'Israël serait tout d'abord emmené en captivité en Égypte parce que « l'iniquité des Amoréens n'est pas encore à son comble » (Genèse 15:16). Maintenant, plusieurs centaines d'années après, ce comble de l'iniquité était atteint.


Il y a des actes qui sont tellement pervers et détruisent à ce point l'ordre de la société que la seule réparation équitable est la mort des coupables (voir Exode 21:12-17). Il fut dit à Néphi que la mort de Laban était justifiée parce que sa méchanceté menaçait l'existence spirituelle d'une nation future tout entière. Lorsque le Seigneur lui expliqua ce principe, il commença en disant : « Voici, le Seigneur fait périr les méchants, pour accomplir ses justes desseins » (1 Néphi 4:13). De même les espèces de mal dont les Cananéens se rendaient coupables étaient tellement contagieuses que faire preuve de miséricorde et les laisser survivre aurait garanti la chute spirituelle d'Israël. En effet l'histoire ultérieure montre que c'est exactement ce qui se produisit lorsqu'Israël négligea de suivre ces instructions. Moïse mit Israël en garde contre la tentation de penser qu'il avait hérité la terre promise à cause d'une justice transcendante qui serait la sienne. « Ce n'est point à cause de ta justice et de la droiture de ton coeur que tu entres en possession de leur pays ; mais c'est à cause de la méchanceté de ces nations que l'Éternel, ton Dieu, les chasse devant toi. » (Deutéronome 9:5 ; voir aussi 1 Néphi 17:32-38)


Israël ne reçut pas le commandement de traiter tous ses ennemis de cette façon. 


« Le deuxième commandement interdit l'adoration des images taillées ; il exige la destruction de toutes ces formes de culte : 'Tu ne te prosterneras point devant leurs dieux, et tu ne les serviras point ; tu n'imiteras point ces peuples dans leur conduite, mais tu les détruiras, et tu briseras leurs statues' (Exode 23-24). Dans Deutéronome 12:1-14, le contraste est marqué : l'obéissance signifie d'une part détruire tous les lieux de culte idolâtres et d'autre part apporter des offrandes à Dieu de la manière prescrite à l'endroit prescrit.


« Le commandement de détruire les lieux idolâtres et les idoles est répété dans Deutéronome 7:5 ; 16:21-22, Nombres 33-52 et Exode 34:13-14. Mais dans certains cas, la destruction des idoles nécessitait aussi la destruction du peuple idolâtre (voir Deutéronome 7:1- 5) ; ce ne sont pas seulement les alliances avec les Cananéens qui sont interdites, mais aussi les mariages mixtes. Les Cananéens étaient 'dévoués par interdit', c'est-à-dire condamnés à mort sur l'ordre de Dieu. C'est là un point important auquel il faut faire très attention. La loi interdisait explicitement les représailles contre les Égyptiens ou tout autre étranger ; au lieu de la vengeance ils devaient se souvenir qu'ils avaient été opprimés en Égypte de manière à s'appliquer davantage à accorder la justice à tous sous la loi de Dieu (Lévitique 19:33-37). Ayant subi l'injustice de la part des étrangers, ils devaient eux-mêmes prendre soin d'éviter d'être semblables aux Égyptiens, eux-mêmes les instruments de l'injustice.


« L'Égypte chercha à exterminer tous les Hébreux (Exode 1:15-22), mais il était exigé d'Israël qu'il rende justice à tous les Égyptiens en fonction de leur obéissance ou de leur désobéissance personnelle à la loi. Mais tous les Cananéens étaient condamnés à mort. Le critère n'était pas l'hostilité à l'égard d'Israël, mais la loi de Dieu. L'Égypte était ennemie de Dieu comme Canaan, mais l'iniquité des Cananéens était 'à son comble' ou était totale aux yeux de Dieu. La prostitution et le comportement homosexuel étaient devenus des pratiques religieuses au point que les gens étaient enracinés dans la dépravation et en étaient fiers. Leur iniquité était 'à son comble' ou totale. En conséquence Dieu les condamna à mort et désigna Israël comme bourreau…


« Les Cananéens méritaient tous la mort ; la patience de Dieu leur avait accordé quelques siècles entre le temps d'Abraham et celui de Josué ; et à ce moment-là ordre fut donné que son jugement soit exécuté. Le fait qu'Israël ne l'exécuta pas devint finalement sa propre condamnation. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 92-93)


Néphi a dit à propos des Cananéens : « Le juste est favorisé de Dieu. Mais, voici, ce peuple avait rejeté toutes les paroles de Dieu ; il était mûr dans l'iniquité » (1 Néphi 17:35).


Deutéronome 7:7-26


Selon Moïse, de tous les peuples de la terre c'était Israël qui était l'élu du Seigneur parce que le Seigneur aimait Israël et « a voulu tenir le serment qu'il avait fait à [leurs] pères » (verset 8). Beaucoup de bénédictions furent promises à ceux qui garderaient leurs alliances avec le Seigneur. Les idoles des autres nations, commanda Moïse au peuple, devaient être entièrement brûlées, et ni les idoles elles-mêmes ni les métaux précieux qui les recouvraient ne devaient être introduits dans les maisons des Israélites (voir versets 25-26).


DEUTÉRONOME 8


Deutéronome 8:3. Jésus utilisera la recommandation de Moïse pour déjouer la tentation


Voir commentaire de Deutéronome 6:13, 16.


Deutéronome 8:4. Que voulait dire Moïse quand il dit : « Ton vêtement ne s'est point usé sur toi » ?


Israël disposait de moyens limités pour produire certains vêtements. Les paroles que Moïse utilise affirment que les vêtements des Israélites ne s'usèrent pas parce que Dieu leur donna une résistance miraculeuse. Certains des rabbins et des théologiens chrétiens du passé ont interprété ce passage comme voulant dire que les vêtements
de la jeune génération lui poussèrent sur le dos comme la coquille sur les escargots.


Deutéronome 8:10-20. Voir commentaire de Deutéronome 6:10-12 ; 8:10-20.


DEUTÉRONOME 9

Deutéronome 9:22 ; 10:6-7. Où sont les lieux qui sont mentionnés dans ces versets ?


Il n'y a que Kadès-Barnéa que l'on peut localiser avec une certaine précision. Les autres endroits cités se trouvaient très vraisemblablement dans le désert de Schur et dans le désert de Paran au sud. Deux ou trois au moins ont peut-être été les seules oasis du désert du Sinaï. S'il était possible de localiser ces endroits, les savants sauraient sans doute avec précision quel itinéraire les Israélites ont suivi dans leur errance.

DEUTÉRONOME 10

Deutéronome 10:6-7. À propos de la localisation des lieux mentionnés dans ces versets, voir le commentaire de Deutéronome 9:22.


Deutéronome 10:12-22


Voici encore un exemple d'une belle idée évangélique dans la loi mosaïque. N'importe quel chrétien pourrait utiliser avec profit ces versets comme profession de foi.


La signification de l'expression « vous circoncirez donc votre coeur » (verset 16) est expliquée dans le commentaire de Genèse 17:2-14.


DEUTÉRONOME 11

Deutéronome 11:10-17. Le Seigneur établit des distinctions entre l'Égypte et Canaan


Voir commentaire de Deutéronome 7:1-5.


Deutéronome 11:14. Qu'entend-on par la pluie de la première et de l'arrière-saison ?


« La pluie de la première saison est celle qui tombait en Judée vers le mois de novembre, quand on faisait les semailles, et cela servait à humidifier et à préparer la terre pour la germination. La pluie de l'arrière-saison tombait vers le mois d'avril lorsque le blé avait poussé et servait à faire grossir les épis et à les rendre rondouillets et parfaits… Si la pluie de la première saison ne tombait pas ou n'était pas envoyée au bon moment, il ne pouvait pas y avoir de végétation ; si la pluie de l'arrière-saison ne tombait pas ou n'était pas envoyée en sa saison, il ne pouvait pas y avoir de grains remplis dans l'épi, et par conséquent il n'y avait pas de moisson. Il était donc important qu'ils aient leur pluie au bon moment. Dieu, en promettant cela à condition qu'ils soient obéissants et en menaçant de la refuser s'ils étaient désobéissants montre que ce n'est pas une providence générale qui dirige ce genre de choses, mais que la pluie du ciel tombe sur ordre, et que les averses sont souvent réglées par une providence particulière. » (Clarke, Bible Commentary, 7:770)


Deutéronome 11:18-32


Moïse fit remarquer à Israël que les enfants ne se rendaient pas compte de tout ce que Dieu avait fait pour leurs pères tandis qu'ils erraient dans le désert (voir verset 2). Il leur donna des instructions précises sur ce qu'il fallait enseigner à leurs enfants (voir versets 18-19) et leur promit des bénédictions s'ils obéissaient.


Deutéronome 11:26-32. Quelle est la signification de la montagne d'Ébal et de la montagne de Garizim ?


Moïse présenta à Israël une malédiction et une bénédiction. Pour les symboliser, il choisit deux des collines les plus élevées du centre de Canaan comme leçon de choses. Le mont Garizim fut désigné comme montagne de la bénédiction et la montagne d'Ébal comme montagne de la malédiction.


« Les deux montagnes furent certainement choisies dans ce but parce qu'elles se trouvaient l'une en face de l'autre et avaient environ neuf cents mètres de haut, au centre même du pays non seulement d'ouest en est, mais aussi du nord au sud. Ébal se trouve du côté nord. Garizim du côté sud ; entre les deux se trouve Sichem, la Nablus actuelle dans une vallée relativement élevée, fertile, attrayante et arrosée par de nombreuses sources, et qui s'étend du sud-est au nord-ouest depuis le pied de Garizim jusqu'à celui d'Ébal et a une largeur d'environ 500 mètres. La bénédiction devait être prononcée sur Garizim et la malédiction sur Ébal. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 1:3:349-50)


DEUTÉRONOME 12

Deutéronome 12 et 13 contient la mise en garde que Moïse aite aux Israélites sur le culte rendu aux faux dieux. Le peuple de l’alliance doit se distinguer de toutes les autres nations et éviter non seulement les pratiques erronées mais également tout ce qui en a l’apparence. Dans le chapitre 12, Moïse a dit aux Israélites d’éviter les endroits où l’on adore de faux dieux et les met en garde contre le fait d’imiter les pratiques des religions fausses.

DEUTÉRONOME 13

Deutéronome 13


Un problème extrêmement difficile pour les Israélites qui ne connaissaient pas les voies du Seigneur était de discerner les vrais prophètes ou le vrai Dieu des faux. Ces versets leur donnaient des instructions concernant cette question. Le Seigneur voulait qu'on mette à mort un faux prophète ou un séducteur (voir versets 6-11). Des instructions semblables furent données à propos de villes entières dont les habitants s'étaient égarés (voir verset 15).
Dans Deutéronome 18:18-22 on trouvera une épreuve supplémentaire pour distinguer les vrais prophètes des faux.


Il est de nouveau question de « ce qui sera voué par interdit » (Deutéronome 13:17). Tout ce qui est sacrifié aux idoles ou désigné pour représenter une idole ou pour être utilisé dans le culte des idoles était voué par interdit. Les Israélites devaient totalement éviter ce qui était dévoué par interdit (voir Josué 7 qui rapporte un cas où cette restriction ne fut pas respectée et mentionne les problèmes qui en résultèrent).


Deutéronome 13:6-10. « Tu ne jetteras pas sur lui un regard de pitié »


On trouve dans le commentaire de Deutéronome 21:18-21 l'explication de l'interdiction de faire preuve de pitié à l'égard des idolâtres.


DEUTÉRONOME 14

Deutéronome 14 à 17 est un rappel des commandements précédents du Seigneur. Le chapitre 14 contient des lois sur les aliments (voir également Lévitique 11).


DEUTÉRONOME 15

Le chapitre 15 contient des commandements sur la remise des dettes et la libération des esclaves tous les sept ans (voir Lévitique 25).

DEUTÉRONOME 16

Deutéronome 16:1-17. À quoi servaient les fêtes ?


Les fêtes de Noël et de Pâques aident les disciples de Jésus-Christ à se souvenir de certains grands événements de l'histoire chrétienne. Les fêtes que le Seigneur commanda à Israël d'observer remplissaient un but semblable. Moïse rappelle encore une fois à son peuple la nécessité absolue d'observer ces fêtes exactement de la manière et exactement au moment commandés par le Seigneur.


« Depuis les temps les plus reculés, l'année juive était ponctuée par les grandes fêtes, 'les fêtes de l'Éternel'. Certaines étaient calculées pour coïncider avec le changement des saisons, rappelant au peuple que Dieu pourvoyait constamment à ses besoins, et fournissant l'occasion de rendre à Dieu un symbole de tout ce qu'il avait donné. D'autres commémoraient les grands événements de l'histoire d'Israël, les occasions où, d'une manière incontestable, Dieu était intervenu pour délivrer son peuple. Toutes étaient des occasions de se réjouir de tout coeur et de jouir des dons généreux de Dieu, en même temps c'étaient des assemblées sérieuses pour demander son pardon et sa purification.


« Il était bien entendu qu'elles ne devaient pas être célébrées comme une pure formalité et comme un rituel vide. Les prophètes eurent des paroles sévères pour ceux qui les réduisaient à ce niveau-là. Le but des fêtes était spirituel : une réunion grande et glorieuse de Dieu et de son peuple. » (Alexander et Alexander, Eerdmans' Handbook to the Bible, p. 180)

DEUTÉRONOME 17

Deutéronome 17:1-7


Moïse fixe le châtiment pour le culte des faux dieux : la mort. Le culte des faux dieux avait une influence si destructrice sur la vie spirituelle de l'homme et de l'ordre de la nation israélite que ceux qui cherchaient à inciter Israël à abandonner l'Éternel devaient perdre la vie. Lorsque l'idolâtrie est tolérée ou même punie légèrement, l'ordre tout entier de la loi de Dieu est mis en danger. En d'autres termes, dans un système où Dieu est fondamentalement accepté, l'idolâtrie constitue une haute trahison vis-à-vis de ce système, et la haute trahison est punie de mort.


Deutéronome 17:8-13


Les évêques modernes de l'Église ont le titre de 'juges en Israël' (voir D&A 58:14-17 ; 64:40). C'est sur leurs épaules que repose la lourde responsabilité d'écouter et de juger les cas où la qualité de membre de l'Église ou la dignité sont en jeu. Autrefois c'étaient les prêtres de la prêtrise d'Aaron qui accomplissaient ce genre de fonction (voir Deutéronome 17:9).


Deutéronome 17:14-20. Instructions pour les futurs rois


Le Seigneur comprenait bien ses enfants, sachant que quelque temps après être entrés dans la terre promise, ils demanderaient un roi pour être semblables aux nations environnantes. C'est exactement ce qui se produisit environ deux cents ans plus tard (voir 1 Samuel 8). Le Seigneur donne donc les conseils suivants concernant le futur roi :


1. Ce doit être un homme choisi par le Seigneur (voir Deutéronome 17:15).


2. Il doit être Israélite (voir verset 15).


3. Il ne doit pas « avoir beaucoup de chevaux » (verset 16). Dans l'Antiquité au Moyen-Orient on utilisait les chevaux avant tout pour la guerre. Un spécialiste de la Bible croit que cette utilisation était interdite « pour que le peuple ne confie pas sa sécurité à une cavalerie bien équipée et cesse ainsi de se confier en la force et en la protection de Dieu. Et… afin qu'il ne soit pas tenté d'étendre sa domination grâce à la cavalerie et ainsi de se disperser parmi les nations idolâtres des environs de telle façon qu'il cesserait avec le temps d'être ce peuple séparé et distinct que Dieu voulait faire de lui » (Clarke, Bible Commentary, 1:783).


4. Il ne devait pas avoir « un grand nombre de femmes » (verset 17), car ordinairement un roi avait de nombreuses femmes pour des raisons aussi bien politiques que personnelles. Les femmes étrangères constituaient une tentation d'adorer de faux dieux ; elles étaient donc interdites « afin que son coeur ne se détourne point » (verset 17). Cette situation fut plus tard ce qui fit déchoir Salomon de la faveur de Dieu (voir 1 Rois 11:4).


5. Il ne devait pas chercher à augmenter sa richesse (voir verset 17), car ce but conduisait souvent à l'oppression et à la taxation injuste du peuple.


6. Son gouvernement devait être basé sur la loi de Dieu (voir versets 18-19). David donne des conseils semblables à Salomon dans 1 Rois 2:2-4.


7. Son coeur ne devait pas s'élever au-dessus de ses frères par l'orgueil (voir verset 20).


Dans l'histoire du monde, rares sont les chefs politiques qui ont suivi ces directives, et une grande partie de la souffrance du monde peut être directement attribuée à cette négligence.


DEUTÉRONOME 18

Deutéronome 18:9-12. Qu'est-ce qui est expressément interdit ici ?


Les Cananéens étaient un peuple superstitieux qui croyait en la divination et en la magie noire et les pratiquait. L'augure examine les entrailles des animaux morts, observe le vol des oiseaux ou utilise d'autres moyens pour prédire l'avenir. L'enchanteur emploie des charmes et des incantations pour prédire les événements futurs. Le spirite essaie de contacter l'esprit d'une personne décédée pour apprendre des choses que ne connaissent pas les êtres humains. Celui qui dit la bonne aventure, comme celui qui consulte les esprits, cherche les secrets du monde des esprits en interrogeant les morts. Toutes ces activités étaient interdites à l'Israël d'autrefois. Il lui était recommandé d'écouter les paroles de son prophète vivant.


Deutéronome 18:15-19. Qui est le prophète semblable à Moïse ?


Quatre autres Écritures au moins parlent du prophète semblable à Moïse (voir Actes 3:22-23 ; 1 Néphi 22:21 ; 3 Néphi 20:23 ; JS 2:40). Dans chaque cas ces Écritures disent que le prophète semblable à Moïse est le Sauveur Jésus-Christ. Quand Jésus rendit visite aux Néphites, comme le rapporte le Livre de Mormon, il s'identifia comme suit : « Voici, je suis celui de qui Moïse a parlé, disant : le Seigneur votre Dieu vous suscitera, d'entre vos frères, un prophète semblable à moi ; et vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira. Il arrivera que toute âme qui n'écoutera pas ce prophète sera retranchée de parmi le peuple » (3 Néphi 20:23).


Deutéronome 18:20-22. À quoi reconnaît-on un vrai prophète de Dieu ?


« Quand un prophète est-il prophète ? Chaque fois qu'il parle sous l'inspiration et l'influence du Saint-Esprit…


« Lorsque les prophètes écrivent et parlent sur les principes de l'Évangile, ils doivent être guidés par l'Esprit. Si c'est le cas, tout ce qu'ils diront sera en accord avec la parole révélée. S'ils sont en accord, nous savons qu'ils n'ont pas parlé par audace. Si un homme parle ou écrit, et si ce qu'il dit est en conflit avec les règles acceptées, avec les révélations acceptées, avec les révélations que le Seigneur a données, nous pouvons rejeter ce qu'il a dit, peu importe qui il est. » (Smith, Doctrine du salut, 1:186)


Il faut cependant se souvenir que le Seigneur continuera à ajouter ligne sur ligne par l'intermédiaire de ses prophètes. La révélation continue augmentera et éclaircira les révélations que le Seigneur a déjà données. C'est ainsi que les prophètes vivants contribuent à maintenir l'Église en harmonie avec le Dieu vivant.


DEUTÉRONOME 19

Deutéronome 19 à 25 contient des lois et des commandements précis sur différents domaines de la vie quotidienne, entre autres l’agriculture, les relations familiales, la guerre, la pureté religieuse et le commerce. Certaines de ces lois peuvent paraître étranges, mais chacune d’elle est fondée sur un principe dont le Seigneur voulait qu’Israël se rappelle.

DEUTÉRONOME 20

Deutéronome 20


Ce chapitre a trait aux activités guerrières d'Israël et donne des règles pour choisir les soldats (voir versets 1-9). Un spécialiste bien connu de la Bible a laissé quelques excellentes réflexions sur les principes du code mosaïque relatifs à la guerre.


« Les lois militaires de l'Écriture concernent particulièrement l'homme parce qu'elles impliquent non seulement les lois de la guerre mais aussi un principe général important.


« En examinant les lois militaires, nous constatons premièrement que quand des guerres surgissent pour défendre la justice et écraser le mal, et pour défendre la patrie contre l'ennemi, elles font partie du travail nécessaire de restitution ou de rétablissement, et les Écritures les appellent par conséquent guerres de l'Éternel (voir Nombres 21:14). La préparation des soldats nécessitait qu'ils se consacrent religieusement à leur tâche (voir Josué 3:5).


« Deuxièmement la loi spécifiait l'âge des soldats. Tous les hommes valides de vingt ans et plus étaient éligibles pour le service militaire (voir Nombres 1:2-3, 18, 20, 45 ; 26:2-3). Ce principe régna longtemps et fut par exemple la base sur laquelle fonctionna la guerre d'indépendance des États-Unis. C'était toutefois encore un service sélectif (Nombres 31:3-6) de sorte que par exemple sur 46 500 hommes valides de Ruben, 74 600 de Juda et 35 400 de Benjamin (voir Nombres 1), dans la guerre contre Madian, on n'en prit que mille de chaque tribu (voir Nombres 31:4). L'éligibilité de chaque homme valide servait donc en principe à décider qu'on pouvait disposer de lui en cas de crise extrême.


« Troisièmement, étant donné que la guerre contre le mal est pieuse et contribue à la tâche de rétablissement entreprise par Dieu, Dieu promettait de protéger ses hommes s'ils agissaient selon la foi et l'obéissance… Dans la bataille contre Madian, citée ci-dessus, 12 000 soldats israélites brûlèrent toutes les villes de Madian et tuèrent leurs hommes, ramenèrent 675 500 brebis, 72 000 boeufs, 61 000 ânes et 32 000 femmes non mariées sans perdre un seul homme. Une dîme ou une part de cela fut donnée au Seigneur. Ainsi, lorsqu'ils mettent une guerre dans le cadre de la loi de Dieu et dans la foi et l'obéissance en la parole de sa loi, les hommes peuvent compter sur lui pour les protéger et les faire prospérer comme ce fut le cas pour Israël.


« Quatrièmement la loi prévoyait l'exemption du service militaire. Le but d'une armée devrait être de mener les combats de Dieu sans crainte (voir Dt. 20:1-4). Plusieurs catégories d'hommes étaient exemptées : (a) ceux qui venaient de construire une maison et ne l'avaient pas encore dédiée ou n'en avaient pas encore profité ; (b) ceux qui avaient planté un vignoble et n'avaient pas encore bénéficié de son fruit ; (c) et ceux qui 'ont fiancé une femme, et ne l'ont point encore prise' : de tels hommes n'auraient pas l'esprit au combat ; finalement (d) tous ceux qui 'avaient peur et manquaient de courage' étaient excusés, car ils étaient dangereux pour le moral de l'armée, 'afin que ses frères ne se découragent pas comme lui' (Dt. 20:5-9). Selon Deutéronome 24:5, l'exemption des nouveaux mariés était obligatoire : 'Lorsqu'un homme sera nouvellement marié, il n'ira point à l'armée et on ne lui imposera aucune charge ; il sera exempté par raison de famille pendant un an, et il réjouira la femme qu'il a prise'. Étaient également exemptés du service militaire (e) les Lévites (voir Nombres 1:48-49). Les Lévites se battaient très souvent, mais ils étaient exemptés du recrutement.


« Un principe général découle de ces exemptions : la famille a la priorité sur la guerre. Le jeune marié ne peut pas être militaire : le nouveau foyer vient en priorité. Le nouveau fermier est de même exempté. Aussi importante que soit la défense, la continuité de la vie et la reconstruction pieuse sont plus importantes.


« Un cinquième aspect de la loi militaire exige la pureté dans le camp (voir Dt. 23:9-14). Les latrines doivent se trouver en dehors du camp et il faut une bêche 'pour recouvrir les excréments' (Dt. 23:13). 'Car l'Éternel, ton Dieu, marche au milieu de ton camp pour te protéger et pour livrer tes ennemis devant toi ; ton camp devra donc être saint, afin que l'Éternel ne voie chez toi rien d'impur, et qu'il ne se détourne point de toi' (Dt. 23:14).


« Un autre principe général découle de cette loi aussi bien que de la première et de la troisième lois (ci-dessus), à savoir qu'il ne suffit pas que la cause soit sainte : ce n'est pas seulement la cause, mais le peuple de la cause qui doit être saint, tant spirituellement que physiquement.


« Une sixième loi militaire exige qu'avant de lancer une attaque ou plutôt de déclarer la guerre, il faut faire des propositions de paix à l'ennemi. La proposition de paix ne peut pas être une proposition de compromis. La cause, si elle est juste, doit être défendue ; l'ennemi doit céder pour obtenir la paix (voir Dt. 20:10-12). Une attaque surprise après une déclaration, à la manière de Gédéon, est légitime : les hostilités sont en cours. Mais avant la déclaration de guerre, il faut qu'il y ait une tentative de négociation honorable pour la cause ; cette façon de faire est également soutenue dans les Écritures modernes [voir D&A 98:33-36 ; Alma 43:46 ; 48:14-16]. La sonnerie de trompette officielle à la fois avant la guerre et lors des réjouissances au moment de la victoire, plaçait la cause devant Dieu dans l'espérance de la victoire et avec reconnaissance après l'avoir obtenue (voir Nombres 10:9-10).


« Septièmement, la guerre n'est pas un jeu d'enfant. C'est une affaire affreuse et horrible, mais nécessaire. Les Cananéens à qui Israël faisait la guerre avaient été condamnés à mort par Dieu. Ils étaient spirituellement et moralement dégénérés. Presque toutes les espèces de perversion constituaient un acte religieux, et un grand nombre de personnes des deux sexes pratiquaient routinièrement la prostitution dans les lieux saints. C'est pour cela que Dieu ordonna la mise à mort de tous les Cananéens (voir Dt. 2:34 ; 3:6 ; 20:16-18 ; Josué 11:14), tant parce qu'ils étaient sous le coup de la peine de mort prononcée par Dieu que pour éviter qu'Israël ne soit contaminé. Parmi les peuples apparentés et voisins dont la dépravation était semblable, mais pas aussi totale, on tuait les hommes (voir Nombres 31:7 ; Dt. 20:16-17) et parfois les femmes mariées (voir Nombres 31:17-18), mais on épargnait les jeunes vierges (voir Nombres 31:18). Pour les autres pays étrangers de meilleur niveau, toute femme faite prisonnière pouvait être épousée, mais ne pouvait pas être traitée comme esclave ou comme captive (voir Dt. 21:10-14), ce qui montre la différence de caractère national entre les Cananéens et les autres peuples.


« Ces dispositions sont d'une manière générale condamnées par notre époque moderne qui, dans son hypocrisie, a eu recours au mode de guerre le plus sauvage et le plus total de l'histoire. Ces lois ne s'appliquaient pas à tous les peuples mais uniquement aux plus dépravés. Elles affirment un principe général toujours valable : si l'on veut que la guerre punisse ou détruise le mal ou fasse les deux choses à la fois, l'oeuvre de restitution exige que cela se fasse, que l'ordre soit renversé et dans certains cas que certaines ou de nombreuses personnes soient exécutées…


« Huitièmement, le but normal de la guerre est défensif ; par conséquent il était interdit à Israël d'utiliser plus d'un certain nombre de chevaux (Dt. 17:16), attendu que les chevaux étaient l'arme offensive des guerres anciennes…


« Neuvièmement, une loi militaire très importante apparaît dans Deutéronome 20:19-20, une loi qui englobe aussi un principe fondamental aux répercussions extrêmement profondes. Selon cette loi, 'si tu fais un long siège pour t'emparer d'une ville avec laquelle tu es en guerre, tu ne détruiras point les arbres en y portant la hache, tu t'en nourriras et tu ne les abattras point ; car l'arbre des champs est-il un homme pour être assiégé par toi ? Mais tu pourras détruire et abattre les arbres que tu sauras ne pas être des arbres servant à la nourriture, et en construire des retranchements contre la ville qui te fait la guerre, jusqu'à ce qu'elle succombe'. En d'autres termes, ce n'est pas à la terre que l'on fait la guerre, mais aux hommes. Mais, chose encore plus capitale, la vie doit continuer, et l'arbre fruitier et la vigne représentent en tout temps un héritage du passé et un legs pour l'avenir : il ne faut pas les détruire. On peut couper les autres arbres, mais uniquement selon les besoins pour 'construire des retranchements contre la ville'. Il n'est pas permis de détruire pour le plaisir de détruire…


« Dixièmement et finalement les lois sur le butin assuraient une récompense aux soldats (voir Nombres 31:21-31, 42 ; Dt. 20:14) de sorte que ce n'était pas seulement la paie des soldats, mais aussi une pension, une récompense pour leurs services qui étaient légalisés. L'indemnité de guerre était un aspect du châtiment imposé à l'ennemi (voir 2 Rois 3:4) comme châtiment de l'offense causée par lui et pour payer les frais de la guerre.


« Selon le système des Écritures dans un monde pécheur, la guerre est horrible, mais elle est nécessaire si on veut vaincre le mal. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 277-281)

DEUTÉRONOME 21

Deutéronome 21:18-21. Les parents devaient-ils vraiment faire exécuter leurs enfants rebelles ?


Les lecteurs modernes sont choqués et horrifiés devant cette loi, et certains essaient de l'utiliser comme preuve de la nature primitive et sauvage de la Loi. Les éléments qui suivent sont importants dans l'étude de cette règle :


1. Cette règle, comme tout le reste dans la loi mosaïque, fut donnée par le Seigneur, qui était Jésus prémortel. Elle cadre avec tous les autres aspects de sa nature.


2. La Loi ne parlait pas des enfants simplement désobéissants mais d'enfants incorrigibles, ceux qu'il était impossible de conseiller ou de guider.


3. Il est presque certain qu'il s'agissait d'enfants qui étaient arrivés à l'âge adulte (l'accusation d'ivrognerie confirme cette thèse). Les petits enfants ne pourraient pas être qualifiés d'incorrigibles.


4. Les parents ont essayé tous les autres moyens de le corriger (voir verset 18) et tout a échoué.


5. Bien que les parents étaient tenus de mettre en accusation leur propre enfant, ils n'étaient pas obligés de l'exécuter comme l'étaient les témoins dans les autres délits capitaux.


6. Étant donné que la famille est la cellule de base de la société et le moyen le plus important de transmettre la justice de génération en génération, l'enfant qui rejetait totalement l'autorité des parents menaçait l'ordre même de la société. Ainsi, comme idolâtre, il devait être mis à mort (voir la lecture 20-2).


7. Le père qui prenait la défense de son enfant dans son attitude criminelle contribuait à la criminalité dans la société :


« Nier la peine de mort, c'est insister pour que le mal continue à vivre ; cela signifie que l'on donne aux hommes mauvais le droit de tuer, d'enlever, de violer et d'enfreindre le bon ordre, sachant qu'alors même qu'ils font cela ils ont la garantie de ne pas perdre la vie. On donne au meurtrier le droit de tuer sans perdre la vie, et on refuse à la victime et aux futures victimes le droit de vivre. Les hommes peuvent parler d'amour sans condition et de miséricorde sans condition, mais tout acte d'amour et de miséricorde est conditionnel parce qu'en l'accordant à un homme je lui garantis sa vie et ce faisant je le refuse à d'autres. Si je suis aimant et miséricordieux pour un assassin, je suis sans amour et sans pitié pour ses victimes précédentes et futures. De plus je méprise alors ouvertement Dieu et sa loi qui exigent qu'aucune miséricorde ne doit être accordée à un homme méritant la mort. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 78)


« Si les parents refusaient de porter plainte contre leur fils, ils se rendaient coupables d'indulgence ou de participation à ses crimes ou les deux. Leur rôle était donc un rôle officiel mais nécessaire : la famille allait-elle s'aligner sur la justice ou se retrancher derrière les liens du sang ? Étant donné le caractère profond de la loyauté dans la famille, la participation des parents était nécessaire pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de dissension et aussi pour opposer fermement la famille à ses membres criminels. Un père refusant de porter plainte dans un tel cas deviendrait complice du délit et partisan du crime. Le principe en jeu était clair et net : ce n'est pas le sang mais la loi qui doit gouverner… 


« Le but de cette loi est d'exécuter tous les délinquants incorrigibles et habituels. Si un fils délinquant doit être exécuté, à combien plus forte raison un voisin ou un autre Hébreu qui est devenu délinquant incorrigible ne doit-il pas l'être ? Si la famille doit s'aligner sur l'exécution d'un fils incorrigiblement délinquant, n'exigera-t-elle pas la mort du criminel récidiviste dans la communauté ? Telle est l'intention de la loi, et cela ressort bien de son but : 'Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi, afin que tout Israël entende et craigne'. Le but de la loi est d'éliminer totalement l'élément criminel de la nation, la catégorie des criminels professionnels. Il n'est pas permis à la famille d'opter pour le mal en disant : 'Nous prenons le parti de notre fils quoi qu'il advienne' ; la famille elle-même doit se joindre à la guerre contre le crime. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 187-188)


8. Pensez un instant aux efforts que feraient les parents pour détourner leurs enfants du péché s'ils savaient que s'ils échouaient ils devraient passer par l'horrible expérience de les conduire devant les juges pour qu'on les exécute. Il est certain qu'ils les châtieraient de toutes les manières possibles pour s'assurer que pareil événement ne se produise jamais (voir verset 18). Dans un monde d'éducation laxiste des enfants, avec sa conséquence, la destruction de la justice, la leçon contenue dans ce passage a une grande signification.


9. Pendant son ministère dans la mortalité, le Christ enseigna que l'engagement vis-à-vis de lui et de son Évangile devait avoir la préséance sur tout le reste,même les relations familiales (voir Matthieu 10:34-38).


Deutéronome 21:22-23. Pourquoi ne devait-on pas laisser le corps d'un criminel exécuté pendre pendant la nuit ?


« On considérait qu'il était suffisant qu'il soit exposé pendant un jour. La loi qui exigeait cela satisfaisait tous les buts de la justice publique, exposait la honte et l'infamie de la conduite, mais ne mettait pas à la torture les sentiments d'humanité en exigeant l'exhibition perpétuelle d'un être humain devenant lentement la proie du processus de putréfaction le plus horrible… Dans le cas donné dans le texte, Dieu considère la terre comme souillée pendant que le corps du criminel exécuté est exposé ; il est donc commandé : tu l'enterreras le jour même. » (Clarke, Bible Commentary,p. 793-794)


DEUTÉRONOME 22

Deutéronome 22:5


La façon dont on s'habille est importante pour le Seigneur. Un interdit dans la loi de Moïse défendait aux hommes et aux femmes de porter les vêtements de l'autre sexe.


Deutéronome 22:8. Qu'est-ce qu'une « balustrade » pour un toit


« Les maisons en Orient sont généralement construites avec un toit plat, et on s'y promène pour profiter de l'air frais, converser, dormir, etc. ; il fallait donc avoir une balustrade pour empêcher les gens de tomber. Si un homme négligeait de se protéger suffisamment contre de tels accidents et que la mort d'un autre en était le résultat, le propriétaire de la maison devait être considéré comme meurtrier. » (Clarke, Bible Commentary,p. 795)


Deutéronome 22:23-27. Pourquoi le châtiment diffère-t-il selon les circonstances pour une femme qui est violée par un homme ?


« À propos de la séduction d'une vierge… on distingue deux ou en fait trois cas à savoir (1) selon qu'elle était fiancée (versets 23-27) ou non fiancée (versets 28-29) ; (2) au cas où elle était fiancée, si c'était (a) dans la ville (versets 23-24) ou (b) en plein champ (versets 25-27) qu'elle avait été violée par un homme.


« Versets 23-24 : Si une vierge fiancée avait permis à un homme d'avoir des relations sexuelles avec elle (c'est-à-dire un homme qui n'était pas son fiancé), ils devaient être emmenés tous les deux, l'homme et la jeune fille, en dehors de la porte de la ville, et lapidés à mort, la jeune fille parce qu'elle n'avait pas crié dans la ville, c'est-à-dire n'avait pas appelé à l'aide et par conséquent devait être considérée comme consentante, l'homme parce qu'il avait humilié la femme de son prochain. La fiancée était mise, à cet égard, à égalité avec la femme mariée et en fait est expressément appelée femme au verset 24. Les fiançailles étaient la première étape vers le mariage, même si ce n'était pas un acte solennel attesté par des témoins…


« Versets 25-27 : Si d'autre part un homme rencontrait dans les champs une jeune fille fiancée, se saisissait d'elle et couchait avec elle, l'homme seul devait mourir, et rien ne devait être fait à la jeune fille… En pleins champs, la jeune fille avait appelé à l'aide, mais personne n'était venu à son secours. C'était donc un viol.


« Versets 28-29 : Si une vierge n'était pas fiancée et qu'un homme la saisissait et couchait avec elle et s'ils étaient découverts c'est-à-dire que leur culpabilité était prouvée, l'homme devait payer cinquante sicles d'argent au père de la jeune fille pour l'infamie qu'il lui avait faite à lui et à sa maison, et épouser la jeune fille qu'il avait humiliée sans pouvoir jamais divorcer d'elle. Le cas est semblable à celui cité dans Exode 22:15-16. Le fait que le texte omet de mentionner la possibilité que le père pourrait refuser de lui donner sa fille pour épouse ne fait pas la différence essentielle. On considère ici comme allant de soi que le père avait ce droit. » (Keil et Delitzsch Commentary, 1:3:412)


Deutéronome 22:30. Que signifie « soulever la couverture de son père » ?


Soulever sa couverture est un euphémisme hébreu semblable à 'découvrir sa nudité' (voir Lévitique 18:6-19) et signifie avoir des rapports sexuels. Ainsi cette interdiction portait probablement sur la belle-mère. Dans certains cas un homme âgé épousait une femme beaucoup plus jeune après la mort de sa première épouse. Puis quand il mourait, un de ses fils aînés qui avait à peu près l'âge de cette belle-mère pouvait être tenté de l'épouser. La loi interdisait cette éventualité comme elle interdisait d'autres cas d'inceste (voir Lévitique 18).


DEUTÉRONOME 23

Deutéronome 23:1-8. Le droit de citoyenneté dans 'l'assemblée de l'Éternel'


Ceux qui avaient subi une mutilation sexuelle, qui étaient enfants illégitimes ou qui étaient Ammonites ou Moabites n'avaient pas l'autorisation de faire partie de « l'assemblée de l'Éternel » même jusqu'à la dixième génération (verset 2). « Il semble qu'il y ait une corruption des règles ici, car on peut trouver ailleurs dans les Écritures des contradictions à beaucoup d'entre elles. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:133). Ruth, une Moabite, est un de ces exemples.


« L'interdiction ne porte pas sur la foi, c'est-à-dire qu'il n'est pas dit que [ceux qui sont énumérés dans Deutéronome 23:1-3] ne peuvent pas être des croyants. En fait une promesse particulièrement grande de bénédictions est donnée aux eunuques croyants dans Ésaïe 56:4-5, et leur place comme prosélytes était réelle même à l'époque du pharisaïsme endurci (voir Actes 8:27-28). Ruth la Moabite fit deux mariages mixtes, tout d'abord avec un fils de Naomi, ensuite avec Boaz, pour devenir ancêtre de Jésus-Christ (voir Ruth 1:4 ; 4:13, 18-21 ; Mt 1:5). Il n'y a aucune raison de douter que des eunuques, des enfants illégitimes, des Ammonites et des Moabites soient régulièrement devenus croyants et adorateurs fidèles de Dieu.


« L'assemblée désigne l'ensemble de la nation dans sa fonction gouvernementale de peuple de l'alliance de Dieu. G. Ernest Wright la définit ainsi : 'Tout le corps des citoyens assemblés officiellement pour des buts divers, particulièrement le culte'. Les hommes du lignage légitime par le sang constituaient les chefs de maison et de tribu. C'étaient ces hommes qui étaient l'assemblée d'Israël, et non les femmes et les enfants ou les personnes exclues. Toute l'intégrité et l'honnêteté requises par la loi devaient être exercées à l'égard de tout 'étranger (voir Lévitique 19:33-34)', et elles n'étaient certainement pas refusées à l'enfant illégitime d'un homme ni à un eunuque, à un Ammonite ou à un Moabite. Le but du commandement est ici de protéger l'autorité. L'autorité parmi le peuple de Dieu est sainte ; elle exige une séparation. Elle n'appartient pas à tous les hommes simplement parce qu'ils sont hommes. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 85)


Une autre explication possible est que le mot assemblée avait une signification particulière et limitée. Elle désignait l'autorité civile du peuple :


« Si entrer dans l'assemblée signifie détenir une fonction civile parmi le peuple, comme magistrat, juge, etc., la raison de la loi est très claire ; nul homme porteur d'un défaut personnel susceptible de le rendre méprisable aux yeux des autres ne pouvait gouverner parmi le peuple de peur que le mépris éprouvé à l'égard de ses défauts personnels ne se transfère à l'office important qu'il détient et que son autorité soit ainsi méprisée. La signification générale de ces termes est simplement que les personnes désignées ici ne devaient pas être intégrées aux Juifs au point de détenir leurs droits civiques. » (Clarke, Bible Commentary, 1:797)


Deutéronome 23:7-8. Pourquoi les Édomites et les Égyptiens ne tombaient-ils pas sous la même interdiction alors qu'ils étaient également les ennemis d'Israël ?


« Les maisons d'exclusion sont significatives. Édom avait affronté Israël dans une hostilité ouverte et honnête et l'Égypte avait travaillé à sa destruction (voir Exode 1:22), mais Ammon et Moab avaient, au lieu de cela, travaillé à pervertir Israël (voir Nombres 31:16) après qu'Israël ait fait preuve de patience à leur égard (voir Deutéronome 2:9, 19, 29)… Édom et l'Égypte cherchèrent à tuer Israël ; Ammon et Moab essayèrent de pervertir et de dégrader Israël et leur condamnation fut par conséquent sévère. » (Rushdoony, Institutes of Biblical Law, p. 85-86)


Deutéronome 23:17-18


Le mot chien est un terme de mépris pour les hommes qui ou bien se prostituaient ou bien profitaient de la prostitution. C'est ainsi que l'argent obtenu de la prostitution féminine ou masculine (« un prostitué », verset 17) ne pouvait être utilisé comme offrande à Dieu.


Deutéronome 23:19-25


À propos de la restriction dans la loi contre l'usure, voir Lévitique 25:36.


Les voeux faits au Seigneur devaient être accomplis sans retard.


DEUTÉRONOME 24

Deutéronome 24:1-4


Le but de la « lettre de divorce » (verset 3) était de permettre à une femme divorcée de son mari de se remarier si elle le désirait. La restriction ici est que celui qui a divorcé de sa femme ne peut plus changer d'avis plus tard et se remarier avec elle. 


« Si un homme épousait une femme et la renvoyait par une lettre de divorce parce qu'elle ne lui plaisait plus, et si la femme divorcée épousait un autre homme et que lui la renvoie de la même manière ou meure, le premier mari ne pouvait plus la reprendre comme épouse… La loi interdisant au mari de reprendre sa femme divorcée si elle avait épousé entre-temps un autre homme, même en supposant que le deuxième mari soit mort, devait nécessairement mettre un frein aux divorces frivoles. » (Keil et Delitzsch Commentary, 1:3:417-18)

DEUTÉRONOME 25

Deutéronome 25:3


Quarante coups étaient le maximum que l'on pouvait infliger à un homme pour le châtier d'un péché. Pour empêcher une erreur de calcul et par conséquent une infraction à un commandement du Seigneur, on administrait ordinairement trente-neuf coups. C'est ainsi que l'apôtre Paul rapportera que « cinq fois j'ai reçu des Juifs quarante coups moins un » (2 Corinthiens 11:24).


Deutéronome 25:5-10. La loi du mariage lévirat


Ces versets définissent la loi du mariage lévirat qui stipulait que le frère d'un mort devait épouser la veuve et susciter une postérité au mort. « Cette coutume assurait la sécurité d'une veuve qui sinon serait laissée dans le dénuement et la solitude… S'il n'y avait pas de frère, un parent masculin éloigné était tenu d'accomplir ce devoir. Le parent qui épousait la veuve devenait son 'goel' (rédempteur ou protecteur). Le premier fils né de la veuve dans le nouveau mariage était considéré comme enfant du mari décédé et héritait de ses biens » (Great People of the Bible and how they lived, p. 132)


Le mot lévirat n'a rien à voir avec la tribu de Lévi. Le mot vient du latin levir signifiant « frère du mari ». Les sadducéens utilisèrent cette loi pour essayer de prendre Jésus au piège quand ils demandèrent à qui pareille femme appartiendrait à la résurrection (voir Matthieu 22:23-33).


Deutéronome 25:17-19


On peut trouver dans Exode 17:8-16 l'explication de l'incident avec Amalek mentionné ici.


DEUTÉRONOME 26

Deutéronome 26:16-19


Après avoir brièvement rappelé à Israël la bonté de Dieu à son égard, Moïse donne une des plus belles définitions d'une alliance que l'on puisse trouver dans les Écritures.


Israël promettait de garder les commandements du Seigneur, et le Seigneur promettait d'honorer Israël et d'en faire une nation sainte (voir verset 17).

DEUTÉRONOME 27

Deutéronome 27:1-10


En signe de la reconnaissance d'Israël vis-à-vis de Dieu pour ses nombreuses bontés, Moïse commanda de construire un autel de pierres non taillées après l'arrivée d'Israël dans la terre promise. Sur les pierres devaient être inscrites les paroles de Dieu à Moïse.


Deutéronome 27:11-26


À propos des
malédictions lancées depuis la montagne d'Ébal, voir le commentaire de Deutéronome 11:26-32.


DEUTÉRONOME 28

Deutéronome 28. Les bénédictions et les malédictions d'Israël sont de nouveau prédites


Ce chapitre du Deutéronome ressemble beaucoup à Lévitique 26 où le Seigneur décrivait spécifiquement les bénédictions que recevrait Israël s'il obéissait (voir versets 1-14) ainsi que le châtiment dont il souffrirait s'il se détournait du Seigneur (voir versets 15-68). Une prédiction particulièrement horrible ajoutée dans ce chapitre concernait un siège à ce point terrible que le cannibalisme en découlerait (voir versets 49-57). Quand Jérusalem tomba devant les forces babyloniennes commandées par Nebucadnetsar, la situation était à ce point terrible que le peuple eut effectivement recours au cannibalisme pour survivre (voir Lamentations 4:1-10). Mais c'est lors du siège de Jérusalem par les Romains en 70 ap. J-C que la prophétie semble s'être accomplie d'une manière particulièrement précise. Notez les parallèles :


« Une nation… de loin » (verset 49). Rome se trouve à plus de quinze cents kilomètres d'Israël.


« D'un vol d'aigle » (verset 49). L'aigle était le symbole de Rome et était porté sur les étendards des légions de Rome.


« Dont tu n'entendras point la langue » (verset 49). Alors que l'araméen de Babylone était une langue soeur de l'hébreu, le latin était totalement différent dans son alphabet, sa structure et ainsi de suite.


« Une nation au visage farouche… qui n'aura [pas de respect » (verset 50). La férocité des Romains au combat et dans le traitement des prisonniers ne convenant pas pour l'esclavage est bien connue.


« Elle t'assiégera dans toutes tes portes » (verset 52). Titus entoura totalement Jérusalem d'un mur de siège pour que personne ne puisse s'échapper (voir Flavius Josèphe,
La Guerre des Juifs contre les Romains, livre V, chapitre 31, p. 872).

DEUTÉRONOME 29

Deutéronome 29-30


Dans ces deux chapitres, Moïse explique la nature de l'alliance qu'Israël doit contracter avec Dieu pour être digne de la terre promise. Le fait de ne pas garder l'alliance attirera la malédiction sur le peuple et sur le pays, tout comme Sodome et Gomorrhe ont été maudits.


« Toutes les malédictions écrites dans ce livre » (le livre du Deutéronome) seront alors en vigueur (voir Deutéronome 29:20). Finalement le peuple sera dispersé parmi les nations pour avoir rejeté l'alliance. Moïse explique ce qui arrivera quand Israël aura appris à s'appuyer sur le Seigneur (voir Deutéronome 30:3-6, 8-10) et ce qui arrivera aux malédictions lancées sur Israël (voir Deutéronome 30:7). Moïse termine ce chapitre par un appel émouvant à Israël pour qu 'il choisisse le chemin de la bénédiction plutôt que celui de la malédiction (voir Deutéronome 30:16-20).

DEUTÉRONOME 30

Deutéronome 30


Voir commentaire de Deutéronome 29-30.

DEUTÉRONOME 31

Deutéronome 31


Ce chapitre est une étude intéressante de contrastes. Tout d'abord Moïse dit que le Seigneur protégera et préservera Israël quand il entrera dans la terre promise. « Fortifiez-vous et ayez du courage », dit-il (verset 6). Ne craignez pas vos ennemis, leur recommande-t-il, « car l'Éternel, ton Dieu, marchera lui-même avec toi » (verset 6). Ensuite Moïse prophétise qu'après sa mort Israël abandonnera le Seigneur. Il dit quel sera, selon lui, le péché principal (voir verset 20) et ce qui lui arrivera (voir verset 29).


DEUTÉRONOME 32

Deutéronome 32:14-15. Que désigne le terme Basan ?


Le mot Basan signifie « fertile ». C'était le nom donné à une région située à l'est du lac de Galilée qu'Israël prit pendant la conquête de Canaan. Elle s'étendait de la frontière de la Galilée au sud jusqu'à la base du mont Hermon au nord et fut donnée comme héritage à la tribu de Manassé. Basan comprenait la région appelée aujourd'hui les hauteurs du Golan.


Deutéronome 32:15, 18, 30-31. Quoi ou qui le mot rocher désigne-t-il ?


« Le Christ est 'le rocher d'Israël' (voir Genèse 49:24). 'Je suis le Bon Berger et la pierre d'Israël. Celui qui bâtit sur ce roc ne tombera jamais' (D&A 5044). Le Christ est donc la pierre ou le fondement sur lequel tous les hommes doivent édifier. Le psalmiste a prophétisé à son sujet : 'La pierre qu'on rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle' (Psaumes 118:22 ; Mt. 21:42 ; Marc 12:10-11 ; Luc 20:17-18). Pierre utilisa cette vérité pour enseigner que les saints, 'pierres vivantes', devaient édifier 'une maison spirituelle' avec le Christ, la pierre d'Israël, comme fondation (voir 1 Pierre 2:4-7). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 768)


L'apôtre Paul comprenait bien cette idée, comme le montre une déclaration qu'il fit à propos des enfants d'Israël pendant la période de leur errance : « Car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ » (1 Corinthiens 10:4). En d'autres termes ils mangèrent tous la même nourriture spirituelle et eurent la même boisson spirituelle.


Deutéronome 32:44-52


On trouve de nouveau ici une allusion au refus du Seigneur de permettre à Moïse d'entrer dans la terre promise. À propos de la raison pour laquelle il fut interdit à Moïse d'entrer dans le terre promise, voir le commentaire de Nombres 20:12-13.


DEUTÉRONOME 33

Deutéronome 33


Une étude comparative de Genèse 49 et de Deutéronome 33 révèle des ajouts aux bénédictions données aux fils de Jacob lorsqu'ils n'étaient encore que douze petites familles. Lorsque le Deutéronome fut écrit, ils étaient devenus douze tribus comptant chacune des milliers de personnes. Quatre cent cinquante ans environ s'étaient écoulés depuis que Jacob avait donné sa bénédiction patriarcale à ses fils. Les bénédictions de Jacob étaient prophétiques.

DEUTÉRONOME 34

Deutéronome 34:1-4


L'aperçu que Moïse eut depuis le mont Nébo était plus grand que ce qu'un observateur aurait pu voir même avec les yeux les plus perçants. Ce qu'il vit, c'était un panorama complet de la terre promise jusqu'à la Méditerranée qui était cachée aux yeux par les collines de Jérusalem. La vue lui fut donnée peut-être par une vision ou une révélation.

Deutéronome 34:5. Moïse mourut-il vraiment comme le rapporte Deutéronome 34:5 ?


L’auteur qui a terminé le Deutéronome savait simplement que Moïse était parti et supposait donc qu’il était mort, que le Seigneur l’avait enterré et que personne ne savait où était sa tombe. Mais nous savons que Moïse a été enlevé. L’état dans lequel sont les êtres enlevés est expliqué dans 3 Néphi 28:7-9, 37-0.


« Le récit fourni par l'Ancien Testament disant que Moïse mourut et que le Seigneur l'enterra dans une tombe inconnue est une erreur (Deutéronome 34:5-7). Il est vrai que l'expression 'l'Éternel l'enterra' peut être correcte si cette expression est une figure de style signifiant qu'il fut enlevé. Mais le Livre de Mormon, rapportant qu'Alma 'avait été enlevé par l'Esprit' dit : 'Les Écritures disent que le Seigneur prit Moïse à lui ; et nous pensons qu’il a aussi reçu Alma en esprit à lui' (Alma 45:18-19). Il faut se souvenir que les Néphites avaient les plaques d'airain et qu'elles étaient les 'Écritures qui racontaient que Moïse avait été enlevé'. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 805)


« Comme dans le cas de beaucoup de prophètes d’autrefois, le ministère de Moïse se prolongea au-delà des limites de son existence terrestre. En compagnie d’Élie, il apparut sur le mont de la Transfiguration et conféra les clefs de la prêtrise à Pierre, Jacques et Jean (Matthieu 17:3-4 ; Marc 9:4-9 ; Luc 9:30 ; D&A 63:21 ; History of the Church, 3:387). Cet événement, qui se produisit avant la résurrection de Jésus, nous permet de comprendre que Moïse était un être enlevé qui n’était pas mort comme le dit Deutéronome 34 (voir Alma 45:19). Il fallait qu’il soit enlevé pour avoir un corps de chair et d’os au moment de la Transfiguration, étant donné que la résurrection n’avait pas encore eu lieu. S’il n’avait été qu’un esprit, il n’aurait pas pu remettre, sur la montagne, les clefs à Pierre, à Jacques et à Jean qui étaient des mortels (cf D&A 129). » (Bible Dictionary, « Moses », p. 735)


On peut se poser la question : Pourquoi Moïse fut-il enlevé ?


« Moïse, comme Élie, fut enlevé sans goûter la mort, parce qu'il avait une mission à accomplir… Quand Moïse et Élie apparurent au Sauveur et à Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, pourquoi venaient-ils ? N'était-ce qu'une manifestation spirituelle pour fortifier ces trois apôtres ? Ou venaient-ils simplement pour consoler le Fils de Dieu dans son ministère et le préparer pour sa crucifixion ? Non. Tel n'était pas le but… Le prophète Joseph Smith l'a expliqué comme suit : 'La prêtrise est éternelle. Le Sauveur, Moïse et Élias [en d'autres termes Élie] donnèrent les clefs à Pierre, Jacques et Jean, lorsqu'ils furent transfigurés devant lui. La prêtrise est éternelle, elle est sans commencement de jour ou fin d'année, sans père, sans mère, etc. S'il n'y a pas de changement d'ordonnance, il n'y a pas de changement de prêtrise. Partout où sont administrées les ordonnances de l'Évangile se trouve la prêtrise… Le Christ est le grand-prêtre suprême, puis vient Adam' (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 216).


« Cela nous permet de comprendre pourquoi Élie et Moïse furent préservés de la mort : parce qu'ils avaient une mission à accomplir, il fallait qu'elle soit accomplie avant la crucifixion du Fils de Dieu et cela ne pouvait pas se faire dans l'esprit. Ils devaient avoir un corps tangible. Le Christ est les prémices de la résurrection ; par conséquent si l'un quelconque des prophètes antérieurs avait une oeuvre à accomplir en préparation de la mission du Fils de Dieu ou de la dispensation du midi des temps [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], il était essentiel qu'il soit préservé pour accomplir cette mission dans la chair. C'est pour cette raison que Moïse disparut d'entre le peuple et fut emmené sur la montagne, et le peuple crut que le Seigneur l'avait enterré. Le Seigneur le conserva pour qu'il puisse venir au moment voulu rendre ses clefs sur la tête de Pierre, Jacques et Jean qui se trouvaient à la tête de la dispensation du midi des temps. » (Smith, Doctrine du salut, 2:106, 109-110)


 

JOSUÉ

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I



JOSUÉ 1

Josué 1. Le Seigneur appelle Josué à succéder à Moïse et lui commande d’être fort, d’avoir du courage, d’étudier les Écritures et de garder les commandements. Josué prépare les Israélites à posséder le pays que le Seigneur leur a promis.


Josué 1:1. Le livre de Josué et Josué l'homme


« Le livre de Josué est un des écrits les plus importants de l'ancienne alliance et ne doit jamais être séparé du Pentateuque dont il est à la fois la continuation et l'achèvement. Entre ce livre et les cinq livres de Moïse il y a la même analogie qu'entre les quatre Évangiles et les Actes des apôtres. Le Pentateuque contient l'histoire des actes du grand législateur juif et les lois sur lesquelles serait fondée l'Église juive. Le livre de Josué fait le récit de l'installation de cette Église au pays de Canaan selon les promesses et les déclarations souvent répétées par Dieu. Les Évangiles donnent le récit des actions de Jésus-Christ, le grand Législateur chrétien et des lois sur lesquelles son Église devait être établie et par lesquelles elle devait être gouvernée. Les Actes des apôtres font le récit de l'installation proprement dite de cette Église conformément aux prédictions et aux promesses de son grand Fondateur. Ainsi donc le Pentateuque a une relation très précise avec les Évangiles, de mémé que le livre de Josué a une relation précise avec les Actes des apôtres. » (Clarke, Bible Commentary, 2-4)


Clarke appelle l'Ancien Testament l'Église juive, entendant par là l'organisation fondée par l'Éternel parmi les premiers Isréalites. Mais les saints des derniers jours savent que l'Éternel était le Christ prémortel. Ce fait implique les parallèles remarquables. Les deux Églises étaient l'Église de Jésus-Christ donnée dans des circonstances différentes et en mettant différemment l'accent sur la prêtrise. Mais dans les deux cas, on accomplit des baptêmes et on enseigna les principes de la droiture de vie et de la foi en Dieu. Ces parallèles remarquables font penser que le livre de Josué continue probablement le symbolisme du Christ déployé dans la loi de Moïse. En effet, on enseigne aux saints des derniers jours que Moïse était « à l'image [du] Fils unique » (Moïse 1:6 ; voir aussi McConkie, The Promised Messiah, p. 442-448). Tout comme Moïse, dans son rôle de prophète, de législateur, de médiateur et de libérateur, était un symbole de Jésus-Christ, de même Josué, qui fit entrer Israël dans la terre promise, fut également un symbole de Jésus, qui conduit tous les fidèles dans la terre promise finale, le royaume céleste (voir la comparaison d'Alma entre la terre promise et la vie éternelle dans Alma 37:45).


« Josué, fils de Nun, de la tribu d'Éphraïm, fut d'abord appelé Hosée…(Nombres 13:16), ce qui signifie sauvé, sauveur ou salut ; mais plus tard Moïse, certainement guidé par l'esprit prophétique, changea son nom en… Yehochua rendu en français par Josué, ce qui signifie il sauvera ou le salut de Jéhovah, désignant certainement le fait qu'il était l'instrument de Dieu pour sauver le peuple des mains de ses ennemis et pour le conduire de victoire en victoire sur les différentes nations cananéennes jusqu'à ce qu'il le mette en possession de la terre promise… La version des Septante l'appelle… Jésus Naue ou Jesus fils de Nave et dans le Nouveau Testament [anglais] on l'appelle expressément… Jésus [voir Actes 7:45; Hébreux 4:8]. » (Clarke, Bible Commentary, 2:3).


En d'autres termes, dans l'original hébreu, Josué et Jésus étaient le même nom.


« C'est manifestement sur cette même analogie fondamentale que le Christ fonda l'Église chrétienne. C'est pour cela qu'il eut ses douze disciples d'où devait sortir l'Église chrétienne, tout comme l'Église juive ou les douze tribus, sortit des douze fils de Jacob. Il avait ses soixante-dix ou soixante-douze disciples, correspondant aux soixante-douze anciens, six choisis de chacune des douze tribus, qui étaient unis à Moïse et à Aaron pour administrer la justice, etc. parmi le peuple. Le Christ unissait dans sa personne la personnalité de Moïse et d'Aaron, du législateur et du grand-prêtre ; c'est pour cela qu'il se considère constamment lui-même et est considéré par ses apôtres et ses disciples comme étant l'équivalent dans l'Église chrétienne de Moïse et Aaron dans l'Église juive.


« Comme rite d'initiation dans son Église, il institua le baptême au lieu de la circoncision, les deux symbolisant la purification du coeur et la sainteté de vie ; et comme rite d'établissement et de confirmation, la sainte eucharistie au lieu de l'agneau pascal, les deux ayant pour but de commémorer l'expiation faite vis-à-vis de Dieu pour les péchés du peuple. Les analogies sont si abondantes et en fait universelles que l'on n'a pas le temps de les énumérer. Il est donc important de lire ensemble ces livres de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament, car ils lancent l'un sur l'autre une forte et mutuelle lumière, témoignent d'une manière très décidée des paroles et de la vérité de la prophétie et montrent l'accomplissement abondant de tous les desseins antiques et généreux du Seigneur. » (Clarke, Bible Commentary, 2:5)


Josué 1:4. La terre promise


On considère généralement la Palestine biblique comme étant la région située au sud et au sud-ouest des montagnes du Liban, au nord et à l'est de l'Égypte, à l'est de la plaine côtière de la Méditerranée et à l'ouest du désert arabe. Dans ses dimensions, la Palestine a une longueur d'environ 240 kilomètres de Dan à Beer-Schéba et à sa plus grande largeur elle mesure environ 120 kilomètres. Le Seigneur promit que le territoire originellement promis à Abraham serait donné à Ismaël (voir Genèse 15:18 ; Josué 1:4). Si les Israélites qui entrèrent dans la terre promise avec Josué furent d'une manière générale fidèles et obéissants, en tant que nation Israël retomba bientôt dans ses vieilles manières de vivre et perdit les bénédictions qui lui avait été faites de remporter tout le pays. Ce ne fut qu'à l'époque de David et de Salomon (environ deux cents ans plus tard) qu'Israël se rendit maître du pays donné dans l'alliance originelle et même alors ce ne fut que pendant un temps limité, car il en reperdit bientôt les extrémités.


Josué 1:5-18


Après avoir affirmé que Josué avait le pouvoir et l'autorité de Moïse (voir verset 5), le Seigneur le chargea de faire de la loi la base de tout ce qu'il faisait. Il ne devait pas s'en écarter (voir verset 7) et elle ne devait pas s'éloigner de sa bouche, c'est-à-dire que tout ce qu'il disait devait s'y conformer et il devait constamment la méditer (voir verset 8). Les tribus de Ruben, Gad et Manassé, qui devaient hériter de terres déjà conquises à l'est du Jourdain, furent chargées de se joindre aux autres tribus pour la conquête du reste du pays. En acceptant cette charge et en faisant alliance de mettre à mort quiconque refusait, ces tribus montraient leur disposition à accepter la mission dont on les chargeait.


JOSUÉ 2

Josué 2:1-7. Rahab était-elle une prostituée ?


« Dans le récit de ces événements, Rahab est qualifiée de zona, que notre récit, comme les versions d' autrefois, rend par le terme 'prostituée', mais les auteurs juifs, n'étant pas disposés à admettre l'idée que leurs ancêtres aient pu se laisser aller à des relations douteuses au commencement de la grande entreprise, décidèrent d'interpréter ce mot par 'hôtesse', quelqu'un qui tient une hôtellerie, comme si cela venait du mot hébreu signifiant 'nourrir' (voir Josèphe, Antiquités judaïques, livre V:1, p. 133 ; comparez le Targum, le Kimchi et le Jarchi sur le texte). Les interprètes chrétiens sont également enclins à adopter cette interprétation pour protéger la réputation de la femme dont l'apôtre dit du bien et qui, d'après Matthieu 1:4, semble être devenue par son mariage ultérieur à Salmon, prince de Juda, une ancêtre de Jésus.


« Mais nous devons nous contenter d'accepter les faits tels qu'ils sont et non pas les déformer pour résoudre les difficultés ; et il est maintenant universellement reconnu par tous les bons spécialistes de l'hébreu que zona signifie 'prostituée' et non 'hôtesse'. Le mot signifie prostituée dans tous les autres textes où il apparaît, car la fonction représentée par ce mot n'existait pas. Il n'y avait pas d'hôtellerie, et lorsque certains équivalents de l'hôtellerie apparurent plus tard, ils ne furent jamais tenus par des femmes dans aucun pays oriental. D'autre part des étrangers venus d'au-delà du fleuve pouvaient se rendre dans la maison d'une prostituée sans attirer les soupçons ou les réflexions. Les bédouins du désert le font encore constamment aujourd'hui lors de leurs visites au Caire ou à Bagdad. La maison d'une femme de ce genre était aussi la seule à laquelle ils auraient pu avoir accès en leur qualité d'étrangers, et c'était certainement la seule dans laquelle ils pouvaient compter obtenir les renseignements dont ils avaient besoin sans être mis en danger par les hommes se trouvant sur les lieux. Cette convergence d'analogies dans le mot, dans la chose et dans la probabilité des circonstances devrait régler la question.


« Si nous nous préoccupons de la moralité de Rahab, la meilleure preuve qu'elle s'en repentit réside dans le fait qu'elle épousa plus tard Salmon ; ceci implique qu'elle se convertit précédemment au judaïsme, chose à laquelle elle était préparée comme le montre sa conversation avec les espions. » (Fallows, Bible Dictionary, sous la rubrique « Rahab », 3:1424)


La sincérité de la foi de Rahab en l'Éternel est confirmée par le fait que Paul et Jacques la citent tous deux comme exemple de foi (voir Hébreux 11:31 ; Jacques 2:25).


Josué 2:8-24


Ces versets montrent la valeur que les hommes des temps anciens attribuaient à un serment ou à une promesse. Malheureusement les hommes de cette époque étaient plus fidèles à leurs alliances avec d'autres hommes qu'à celles qu'ils faisaient avec Dieu. On convint d'un signe pour prouver leur intention de protéger Rahab et sa famille de la destruction en échange de son aide. Rahab devait mettre un « cordon de fil cramoisi » à la fenêtre de sa maison (verset 10). Ce cordon devait servir de rappel à Israël, au moment de l'attaque, que Rahab et tous ceux qui vivaient dans sa maison devaient être épargnés.


JOSUÉ 3

Josué 3


De même que le Seigneur grandit Moïse aux yeux d'Israël en séparant les eaux de la mer Rouge, de même Josué fut grandi de la même façon par la séparation des eaux du Jourdain. Dans les deux cas, Israël traversa l'eau vers une nouveauté de vie. Ce passage est ce que Paul a pu avoir à l'esprit quand il parla du baptême d'Israël « dans la nuée et dans la mer » (1 Corinthiens 10:2 ; voir aussi 1, 3-4). Dans chaque cas le passage représentait une nouvelle alliance. Israël traversa le Jourdain le premier jour de la Pâque (voir Josué 3:17 ; 4:19 ; cf Exode 12:3).


Josué 3:13-17


Pour que les eaux du Jourdain s’arrêtent, les sacrificateurs qui portent l’arche doivent poser la plante des pieds dans la rivière en crue tout en portant l’arche.


« Vous devez apprendre à marcher jusqu’à la limite de la lumière et ensuite faire quelques pas dans les ténèbres ; c’est à ce moment-là que la lumière apparaîtra et vous montrera le chemin. » (Boyd K. Packer, The Edge of the Light, BYU Today, mars 1991, p. 22–23)


JOSUÉ 4

Josué 4. Pourquoi Israël dressa-t-il des pierres comme souvenir ?

Les peuples bibliques aimaient les actes symboliques pour commémorer les grands événements. Pour rendre mémorable la bénédiction donnée par Dieu lorsqu'il sépara les eaux du Jourdain, Josué commanda d'enlever douze pierres du lit du fleuve et de les mettre à un endroit où le peuple pouvait les voir : « Ces pierres seront à jamais un souvenir pour les enfants d'Israël » (verset 7). Plus tard, lorsque ses enfants lui demanderaient la signification des pierres, Israël pourrait répéter l'histoire du miracle de Dieu ; ainsi les pierres seraient un rappel visible de la puissance de Dieu.

JOSUÉ 5

Josué 5:1


Les Israélites ne s'installèrent pas dans un pays où personne ne vivait. Au contraire, la région appelée Canaan était habitée depuis des siècles. La mention des rois amoréens et cananéens et leur réaction à la traversée miraculeuse du Jourdain indiquent en outre que le Seigneur avait mis tout le pays de Canaan aux pieds des Israélites. Il leur suffisait de conquérir physiquement ceux qui étaient déjà battus mentalement, mais ils perdirent l'avantage que Dieu leur avait donné lorsqu'ils se mirent à abandonner les alliances contractées avec lui.


Josué 5:2-8. Pourquoi les Israélites furent-ils alors circoncis ?


Israël avait erré quarante ans dans le désert parce qu'il n'était pas fidèle à son alliance avec Dieu. Il n'est donc pas surprenant que pendant cette période il ait négligé la pratique de la circoncision qui était le symbole de son alliance. C'est pourquoi après que Josué ait fait traverser les eaux du Jourdain aux Israélites (une sorte de baptême) pour les faire passer dans la terre sacrée qui avait été refusée à leurs pères, le Seigneur exigea de lui qu'il institue de nouveau le signe physique de l'alliance.


Josué 5:10-12. La manne cesse


Cet événement constitue une plaque tournante pour Israël. Pour la première fois en quarante ans les enfants d'Israël devaient se débrouiller. Les Israélites avaient été tendrement nourris de manne pendant ce temps-là, mais maintenant ils devaient s'assumer dans toute leur maturité et, grâce à leur propre travail, manger le pain du pays. Quand on pense que pendant quarante ans la manne était apparue tous les jours sauf le sabbat, soit plus de douze cents fois, c'était véritablement la fin d'une époque remarquable.


Josué 5:13-14. Qui était le chef de l'armée de l'Éternel que Josué vit ?


Bien qu'il y ait un manque de détails dans ce récit, le texte en dit assez pour que l'on puisse penser à une vision miraculeuse donnée à Josué. La plupart des commentateurs pensent que ce fut un serviteur mortel de Dieu ou un ange qui apparut pour fortifier Josué et Israël tandis qu'ils se préparaient pour leur premier combat. Mais deux choses permettent de croire que Josué a vu en réalité l'Éternel, c'est-à-dire Jésus-Christ prémortel :


Tout d'abord quand Josué se prosterna pour l' adorer, il ne fit aucune tentative pour l'arrêter alors que les serviteurs mortels de Dieu sont prompts à empêcher les autres de les adorer même quand ils ont manifesté une grande autorité (voir Actes 10:25-26 ; 14 :8-18; Alma 18:15-17). Il en va de même des anges, car à deux reprises lorsqu'il Jean le Révélateur éprouva une crainte respectueuse en la présence d'anges et tomba à leurs pieds pour les adorer, il s'entendit dire : « Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes » (Apocalypse 22:9 ; voir aussi 19:10). L'ange qui apparut aux parents de Samson leur enseigna que toutes les offrandes devaient être faites au Seigneur (voir Juges 13:16). Mais aucune tentative ne fut faite d'empêcher Josué de se prosterner pour adorer cet être.


Deuxièmement le personnage commanda à Josué d'enlever ses souliers parce qu'il était en un lieu saint, le même commandement que l'Éternel avait donné à Moïse sur le mont Sinaï (voir Exode 3:5). Mais étant donné que ce récit est très avare de détails, on ne peut que supposer que l'être en question était le Seigneur.

JOSUÉ 6

Josué 6. La chute de Jéricho


Les habitants de Jéricho étaient parfaitement au courant des dévastations commises par Israël dans le royaume des Amoréens à l'est du Jourdain. Il n'est donc pas surprenant qu'ils aient fermé à Israël leur ville entourée de murailles. La fréquence du chiffre sept dans l'action du Seigneur vis-à-vis de la défense de Jéricho est significative. Dans toute la loi de Moïse, sept fut utilisé de nombreuses fois pour désigner l'alliance. Son association avec l'alliance découle probablement de l'idée que « sept… est associé à l'achèvement, à la réalisation et à la perfection » (Douglas, New Bible Dictionary, sous la rubrique « number », p. 898). En divisant la conquête de Jéricho en chiffres sept, le Seigneur enseignait à Israël que son succès résidait dans l'alliance contractée avec l'Éternel ; ce fut sa puissance parfaite qui produisit la conquête, non la leur.


La trompette retentissante était le chofar, ou corne de bélier (voir versets 4 à 6). Les savants sont généralement d'accord pour dire que le chofar est le plus vieil instrument de musique d'Israël. Après l'avoir aplati par la chaleur, on forçait la corne du bélier à se replier aux extrémités. Cette forme créait ainsi un son très particulier et facile à reconnaître. Dans les temps anciens on utilisait la corne pour avertir de l'approche d'armées, pour donner le signal de l'attaque ou pour sonner la retraite.


De même que l'arche de l'alliance symbolisait la présence de Dieu dans le saint des saints du tabernacle, de même elle symbolisait le fait que c'était lui qui dirigeait les armées d'Israël tandis qu'il le portait devant lui en faisant le tour de la ville (voir versets 4, 6-8). Il ne s' agissait pas d'un simple conflit entre mortels : Canaan devait être détruite par le Dieu même d'Israël. Cette vérité était enseignée d'une manière frappante à Israël par la présence de l'arche.


On prit grand soin d'honorer tous les détails du serment qui avait été fait à Rahab.


Josué 6:20. Qu'est-ce qui fit s'écrouler les murailles de Jéricho ?


Il y a des siècles que les hommes discutent de cette question. Est-ce le rythme de la marche, le bruit des trompettes et le cri final qui affaiblirent d'une façon ou d'une autre les murailles de sorte qu'elles s'effondrèrent selon une loi naturelle ? Ou y avait-il un autre principe en action ? Le Seigneur rasa-t-il simplement les murailles au bon moment par sa puissance ?


« Ne nous est-il pas permis de croire que lorsque Israël assiégea Jéricho, le capitaine de l'armée du Seigneur et toute sa suite céleste étaient là et que c'est devant leur puissance supra-mortelle, soutenue par la foi et l'obéissance de l'armée humaine, que les murs s'écroulèrent ?


« Quelques-unes des dernières et des plus grandes réalisations de l'homme dans le domaine de l'utilisation des forces de la nature approchent des conditions des opérations spirituelles. Compter le tic-tac d'une montre à des milliers de kilomètres de distance, parler de façon ordinaire et être entendu de part et d'autre d'un continent entier, envoyer un signal d'un hémisphère et être compris sur l'autre bien que des océans grondent et rugissent entre eux, amener l'éclair dans nos maisons pour nous servir de feu et de torches, naviguer dans les airs et voyager sur la surface de l'océan, réduire les énergies chimique et atomique au service de votre volonté, ne s'agit-il pas là de miracles ?


« Avant leur réalisation concrète, l'idée que pareilles choses puissent être possibles n'aurait pas été acceptée. Néanmoins ces miracles-là et d'autres s'accomplissent conformément aux lois de la nature, qui sont les lois de Dieu. » (Talmage, Articles de foi,p. 272-275)


JOSUÉ 7

Josué 7:1-13. Pourquoi les Israélites perdirent-ils la bataille d'Aï ?

« Considérez la défaite d'Israël par les hommes d'Aï ; une loi de justice avait été violée, et des choses qui étaient maudites avaient été introduites dans le camp du peuple de l'alliance. Cette transgression interposa de la résistance au courant de l'aide divine et le pouvoir ne fut rendu au peuple que quand il se fut sanctifié. » (Talmage, Articles de foi, p. 105).


Josué 7:1-5


À cause de la désobéissance d'Acan, les Israélites se font battre par le peuple d’Aï.


« Les choix personnels ne sont pas personnels… ils ont tous des conséquences publiques… Notre société est la somme du comportement personnel de millions d’individus. Cette somme de conduites personnelles a des conséquences publiques d’un poids énorme. Il n’existe pas de choix entièrement personnel. » (James E. Faust, L’Étoile, juillet 1987, p. 74)

Josué 7:6


Le fait de se mettre de la poussière sur la tête avait la même signification symbolique que de se vêtir de sacs et de s'asseoir dans la cendre. C'était un signe de grand remords, d'humilité vraie et de profond repentir. Cela symbolisait aussi l'indignité de l'homme par rapport à la Divinité (voir Genèse 37:34 ; cf Job 2:12 ; Lamentations 2:10). Ce sentiment d'indignité semble être ce que veut exprimer le roi Benjamin quand il dit que le peuple se considérait comme étant moins que la poussière de la terre (voir Mosiah 4:2).


Josué 7:7-26. Pourquoi Acan méritait-il la mort ?


On pourrait croire que la mesure prise contre Acan pour avoir pris le butin de Jéricho était trop sévère, mais la mort du corps mortel n'est souvent qu'un acte de miséricorde tant pour d'autres que pour l'offenseur (voir 1 Néphi 4:13 ; Lévitique 24:17). Certaines offenses commises par les hommes sont d'une importance telle que l'offenseur doit donner sa vie en paiement pour expier le péché. La désobéissance d'Acan coûta la vie à trente-six hommes (voir Josué 7:5). Mais, chose plus importante encore, la mort spirituelle d'Israël serait plus grave que la mort physique de ces personnes. Si Israël n'obéissait pas au Seigneur en toutes choses, cela reviendrait à le priver du pays de Canaan (voir 1 Néphi 17:31-35). Cette confession volontaire montre bien qu'Acan comprenait cette vérité (voir Josué 7:20-21).


JOSUÉ 8

Josué 8


Plus que Jéricho, Aï, la deuxième ville conquise après qu'Israël ait traversé le Jourdain, devint un modèle pour la conquête d'autres villes. Une fois Aï prise, Josué déplaça Israël jusqu'au mont Ébal et s'acquitta du commandement de Moïse d'y construire un autel et de prononcer les bénédictions et les malédictions du Seigneur depuis le mont Ébal et le mont Garizim (voir versets 30-35 ; Deutéronome 27).

JOSUÉ 9

Josué 9:3-27


Bien que l'alliance subtile contractée par des moyens trompeurs leur sauva la vie, les habitants de Gabaon devinrent des esclaves perpétuels d'Israël. Moïse avait averti Israël qu'il ne devait contracter aucune alliance avec les Cananéens (voir Deutéronome 7:2), et cet avertissement explique peut-être pourquoi Josué fut à ce point irrité quand il découvrit le tromperie. Mais comme le serment avait été fait, il l'honora, mettant les Gabaonites en esclavage au lieu de les faire tuer.

JOSUÉ 10

Josué 10:1-11


Adoni-Tsédeq (mot hébreu signifiant « seigneur de justice ») est un exemple de beaucoup d'autres dirigeants civils qui se choisissaient des titres ou se faisaient conférer des titres par leurs suzerains (voir Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « Adonizédek », 1:56). Peut-être que, comme les autres rois cananéens, il avait pris ce nom pour imiter l'antique roi patriarcal de Salem, Melchisédek, « roi de justice » (voir Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « Melchisédek », 2:1136). Il était le chef de la confédération de cinq rois qui faisaient la guerre à Gabaon.


Josué 10:12-14. Le soleil s'arrêta-t-il réellement dans les cieux ?


Le Livre de Mormon confirme que ce fut la terre et non le soleil qui participa au miracle de Josué. Mormon écrit à propos de la puissance de Dieu : « Oui, et s'il dit à la terre : déplace-toi, elle est déplacée ; oui, s'il dit à la terre : tu reculeras pour que cela allonge le jour de plusieurs heures, cela est fait ; et ainsi selon la parole, la terre recule et il semble aux hommes que le soleil s'arrête. Oui, voici, il en est ainsi, car assurément c'est la terre qui se meut, et non le soleil. Et voici, aussi, s'il dit aux eaux du grand abîme :  soyez asséchées, cela se fait. Voici s'il dit à cette montagne : sois élevée et viens tomber sur cette ville pour qu'elle soit ensevelie, voici, c'est fait » (Hélaman 12:13-17).


« Nous voyons donc ici les paroles d'un prophète du Livre de Mormon confirmer le fait que Dieu peut faire (et fait lorsque c'est nécessaire) en sorte que la terre s'arrête dans sa rotation pour allonger un jour. Et puisqu'en cette occasion il combattait pour apporter la victoire à Israël, c'était là un de ses moyens d'y parvenir.


« Si nous avons des doutes quant à sa volonté ou à la capacité de Dieu d'interrompre le mouvement ordinaire des corps célestes, comment expliquer des phénomènes  tels que [ceux qui accompagneront la Seconde Venue (voir D&A 29:14 ; 45:40-42 ; 88:87 ; 133:49)] ?


« L'épisode où Josué commande au soleil et à la lune de s'arrêter était insignifiant par comparaison avec les bouleversements stellaires qui accompagneront le second avènement du Seigneur, lorsque des étoiles seront précipitées de leur place. Une puissance assombrira le soleil et fera que la lune refusera de donner sa lumière (bien entendu la lune s'assombrira dès que le soleil ne donnera plus de lumière, puisque la lune ne fait que réfléchir celle du soleil).


« Il convient de citer ici Sir Charles Marston, un 'critique des critiques' extrêmement intelligent qui a dit qu'il est temps que nous commencions à reconnaître l'extravagance du parti pris sous-jacent [de la critique des intellectuels] que ce que le critique n'a pas connu n'a pas pu exister (The Bible Cornes Alive, New York, Fleming H. ReveIl Company, 1947, p. 182). » (Petersen, Joshua, p. 58-59)


Josué 10:13. Qu'est-ce que le livre du juste et où peut-on le trouver ?


Comme de nombreux autres livres cités dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament, mais n'en faisant pas partie, le livre du Juste (également appelé appelé livre de Jasher) semble avoir été une source qui contenait le récit d'actes héroïques dans l'Israël et dans l'Antiquité. Beaucoup pensent qu'il était en vers mais contenait vraisemblablement aussi de la prose. Il existe actuellement un livre portant ce titre mais, selon la plupart des savants, il est d'origine douteuse et n'est probablement pas celui qui est mentionné dans l'Ancien Testament.


Josué 10:24


Mettre le pied sur la nuque d'un ennemi tombé était un acte symbolique qui exprimait l'assujettissement total. On était alors littéralement foulé aux pieds  Ce fait est souvent représenté dans les sculptures et les peintures murales égyptiennes et assyriennes (voir 1 Rois 5:3 ; Ésaïe 51:23).


Josué 10:28-43


La destruction de cinq nations des Cananéens se fit en quelques jours plutôt que le même jour, comme la bataille de Gabaon.


JOSUÉ 11

Josué 11


Ce chapitre résume la conquête du nord de Canaan. La destruction de ces royaumes du Nord demanda cependant beaucoup de temps (voir verset 18). La note du verset 22 est intéressante parce que les Anakim étaient une race de géants (voir Nombres 13:32-33) et parce que Goliath venait de Gath (voir 1 Samuel 17:4).


Josué 11:6, 9. Pourquoi couper les jarrets des chevaux ?


Les Israélites étaient des hommes de pied plutôt que de char. On semble avoir craint que si on utilisait les chevaux et les chars comme véhicules de guerre, Israël se détournerait de la foi en Dieu et se fierait au bras de la chair (voir 2 Samuel 8:4 ; Ésaïe 31:1).


JOSUÉ 12

Josué 12 donne la liste des villes et des rois que les Israélites détruisirent.

JOSUÉ 13

Josué 13 à 21


Ces chapitres contiennent le récit de la division du pays de Canaan entre les douze tribus d'Israël.

JOSUÉ 14

Voir commentaire de Josué 13.


Josué 14 raconte comment Caleb reçoit de Josué le pays d’Hébron.


« L’exemple de Caleb nous enseigne des leçons très importantes. Tout comme Caleb eut à lutter et à rester sincère et fidèle pour gagner son héritage, de même nous devons nous rappeler que, bien que le Seigneur nous ait promis une place dans son royaume, nous devons toujours lutter constamment et fidèlement afin d’être dignes de recevoir la récompense. Caleb termine sa déclaration émouvante par une demande, et la demande d’une difficulté avec laquelle mon cœur est tout à fait en accord. Les Anakims, les géants, habitaient encore la terre de promission et ils devaient être vaincus. Caleb, alors âgé de 85 ans dit : 'Donne-moi cette montagne' (Josué 14:12). C’est le sentiment que j’ai pour l’œuvre en ce moment. Il y a de grandes difficultés devant nous, des possibilités géantes à saisir. Je suis heureux de cette perspective passionnante et j’ai envie de dire au Seigneur, humblement : 'Donne-moi cette montagne', 'donne-moi ces difficultés'. » (Spencer W. Kimball, L’Étoile, mai 1980, p. 133)


JOSUÉ 15

Voir commentaire de Josué 13.


JOSUÉ 16

Voir commentaire de Josué 13.


JOSUÉ 17

Voir commentaire de Josué 13.


JOSUÉ 18

Voir commentaire de Josué 13.


Le chapitre 18 parle des villes lévites que Moïse avait commandé de donner aux membres de la tribu de Lévi (voir Nombres 35:9-27) et le chapitre énumère les villes de refuge et leur but.

JOSUÉ 19

Voir commentaire de Josué 13.


JOSUÉ 20

Voir commentaire de Josué 13.


JOSUÉ 21

Voir commentaire de Josué 13.


JOSUÉ 22

Josué 22


Ce chapitre montre l'équilibre précaire entre le vrai culte et l'idolâtrie apostate. Si on ne sait pas pourquoi les deux tribus et demie avaient construit l'autel de l'autre côté du Jourdain, on pourrait juger l'acte comme une perversion du culte sacré au tabernacle. Les contrefaçons de l'adversaire peuvent apparaître comme très convaincantes. Par chance les tribus montrèrent que c'était un acte du culte légitime et non de l'idolâtrie. Ce qui est tragique c'est que, en peu de temps, Israël n'allait plus réagir avec fermeté contre l'idolâtrie.

JOSUÉ 23

Josué 23


Les trente et une cités-États que Josué détruisit de son temps ne constituèrent pas toutes celles que le Seigneur avait l'intention d'expurger d'Israël (voir Nombres 23:4-5). Étant donné que les hommes ont tendance à adopter les valeurs ou les habitudes de ceux qu'ils fréquentent, il était absolument nécessaire que toutes les nations idolâtres de Canaan soient détruites. Josué mit Israël en garde contre trois choses au cas où l'on permettrait à certaines nations païennes, notamment celles qui les entouraient, de demeurer : (1) entrer en rapport avec elles (voir Josué 23:7) ; (2) honorer leurs faux dieux (voir versets 7-11) et (3) les mariages mixtes avec eux (voir verset 12). Sinon « un filet et un piège », « un fouet », « des épines » attendaient Israël (verset 13).

JOSUÉ 24

Josué 24:1-28. « Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir »


Vers la fin de sa vie Josué rassembla le peuple pour lui donner une bénédiction et un avertissement d'adieu, tout comme Moïse l'avait fait. Ce genre de message devrait être considéré comme très important car ce qu'un prophète dit quand il approche de la mort semble être un effort de sa part pour purifier ses vêtements du sang du peuple en mettant directement sur les épaules de ce dernier la responsabilité pleine et entière de sa conduite (voir Jacob 1:19). Josué montra exactement à Israël ce que Dieu avait miraculeusement fait pour lui dans le passé, et l'invita à choisir qui il voulait servir.


« Si on nous présente le bien et le mal, celui qui choisit le bien et qui refuse le mal ne manifeste-t-il pas son libre arbitre et sa virilité au même titre que celui qui choisit le mal et refuse le bien ? Ou l'indépendance virile est-elle entièrement du côté du malfaiteur ? Je vous laisse le soin de répondre vous-mêmes à cette question. Pour ma part je pense que les anges, les saints et tous les gens de bien ont exercé leur libre arbitre en choisissant le bien et en refusant le mal. Ce faisant non seulement ils montrent autant leur indépendance et leur virilité mais montrent une noblesse et une mentalité beaucoup plus élevées et beaucoup plus grandes ; et je laisse à l'avenir de décider qui fait preuve de sagesse dans le choix de sa liberté et son indépendance.


« Josué a dit autrefois à Israël : 'Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir ; si le Seigneur est Dieu, servez-le ; si c'est Baal, servez-le. Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel'. Je pense que ce que nous devons apprendre, ce sont les principes vrais qui nous guideront vers la paix, la richesse et le bonheur dans ce monde et vers la gloire et l'exaltation dans le monde à venir. Et si nous pouvons apprendre ces principes, les recevoir avec un coeur bon et honnête, les enseigner comme étant ce que nous croyons et les mettre en pratique dans notre vie, nous montrerons notre virilité, notre indépendance et notre libre arbitre d'une manière aussi croyable devant les anges et Dieu que le méchant pourrait montrer les siens devant le diable et ses anges en refusant le bien et en s'attachant au mal. » (Erastus Snow, dans Journal of Discourses, 19:180- 181)


« Josué nous rappelle l’importance de prendre rapidement des décisions : 'Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir… Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel' (Josué 24:15). Pas demain, ni quand nous sommes prêts, ni quand c’est pratique, mais ‹aujourd’hui›, aussitôt, choisissez qui vous voulez servir. Celui qui nous invite à suivre sera toujours devant nous avec son Esprit et son influence pour donner l’allure. Il a jalonné et marqué le chemin, a ouvert les portes et a montré le chemin. Il nous a invités à venir à lui, et le meilleur moment pour jouir de sa compagnie, c’est aussitôt. C’est en faisant comme Jésus que nous pouvons le mieux nous mettre en chemin et rester dessus: nous engager complètement à faire la volonté de son Père. » (Marvin J. Ashton, L’Étoile, octobre 1983, p. 56)


Josué 24:32


Il est question ici des « os de Joseph » (verset 32). Lorsque Joseph, fils de Jacob, était mourant, il obtint des enfants d'Israël la promesse qu'ils emporteraient son corps quand ils quitteraient l'Égypte (voir Genèse 50:25). Il est très vraisemblable que son corps avait été embaumé à la manière égyptienne. Lorsqu'Israël quitta l'Égypte, Moïse honora la promesse et « prit avec lui les os de Joseph » (Exode 13:19). Lorsqu'Israël fut arrivé et installé dans la terre promise, on y enterra les restes de Joseph comme le rapporte Josué 24:32.

 

JUGES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I


Dans le livre de Josué, les Israélites menèrent et remportèrent beaucoup de batailles physiques contre les Cananéens. Mais dans le livre des Juges, les Israélites commencèrent à perdre des batailles spirituelles, en se laissant influencer par les pratiques profanes et les faux dieux des Cananéens.


JUGES 1

Juges 1. Quelles sont les campagnes d'Israël dans le premier chapitre du livre des Juges ?


Ce récit répète l'histoire qui se trouve dans la deuxième moitié du livre de Josué. Les renseignements suivants serviront à mieux comprendre les autres livres historiques de la Bible :


1. Juda put contrôler la contrée vallonnée du sud de Canaan, mais ils ne purent pas chasser les habitants de la Shephelah et de la plaine côtière (les Philistins), apparemment à cause des chars de fer utilisés par ces derniers (voir Juges 1:19). La raison véritable de leur échec cependant était qu'ils avaient perdu la force du Seigneur parce qu'ils manquaient de foi et qu'ils désobéissaient.


2. La région sainte autour de Béthel fut conquise et contrôlée par la maison de Joseph (voir Juges 1:22-26).


3. Bien que les Israélites étaient censés chasser tous les habitants païens de leur terre promise, ils ne l'ont pas fait. Beaucoup de villes ne furent pas conquises  (voir Juges 1:27-36), et la présence de ces peuples et de leurs dieux fut une épine au côté d'Israël durant des siècles (voir Juges 2:3)


Juges 1:1-7


Il semble que les Israélites aient adopté une pratique courante parmi les peuples anciens. Il s'agissait de mutiler les prisonniers pour semer la terreur chez les ennemis.


JUGES 2

Juges 2. Quelle était la situation politique et religieuse du peuple de la terre promise quand les Israélites en firent la conquête ?


« En exposant les conditions politiques et religieuses en Palestine à l'époque de la conquête israélite (entre 1250 et 1200 avant J-C), on doit remarquer que tout le Proche-Orient avait été agité durant le siècle précédent. Le pouvoir des alliés de l'Égypte en Mésopotamie et en Mitannie s'était effondré. L'Égypte elle-même avait d'abord perdu puis reconquis le pouvoir sur une grande partie de l'est de la Méditerranée. Les peuples nurien et arien étaient venus du nord et étaient presque arrivés en Palestine, l'Assyrie commençait à devenir une puissance mondiale, l'ancien empire hittite d'Asie Mineure et l'Égypte étaient dans l'impasse pour le contrôle du Proche-Orient.


« En Palestine, l'Égypte dominait, nominalement. Le pays de Canaan comprenait de nombreuses cités-États, au gouvernement indépendant, qui payaient un tribut à l'Égypte quand elles y étaient forcées. D'autres tribus hébraïques, lointains parents des Israélites, composaient une partie modeste de la population de Canaan. Il faut également remarquer qu'avant la colonisation d'Israël, les Cananéens avaient conçu un alphabet linéaire qui fut transmis plus tard aux Phéniciens et aux Grecs, devenant ainsi l'ancêtre du nôtre.


« La culture matérielle et le commerce international des Cananéens étaient fort avancés, mais leurs pratiques religieuses étaient diamétralement opposées à celles d'Israël. Basée sur les cultes de fertilité dirigés par le dieu Baal, la religion des Cananéens était une forme de paganisme extraordinairement immorale, comprenant… la prostitution, les pratiques homosexuelles, et des rites orgiaques.


« La population de Canaan était un mélange. En plus des Cananéens près de la mer et de quelques clans hébreux, les Amorites sont souvent mentionnés dans l'Ancien Testament. Abraham descendait de ce peuple sémite. Bien d'autres peuples énumérés par la Bible sont des habitants du pays (Hittites, Hivites, Horites, Jébusites, etc.). Ce sont des éléments non-sémites de Canaan, bien que leur nom tribal préserve leurs anciennes origines. Ces peuples avaient entièrement adopté la religion et le mode de vie cananéens quand les Israélites les envahirent. » (S. Kent Brown, « I have a Question », Ensign, octobre 1973, p. 58)


Juges 2. En quoi la culture cananéenne a-t-elle influencé le genre de vie des Israélites ?


« Peut-être inévitablement, les Israélites, qui n'avaient pas une culture distincte ou qui ne connaissaient pas la vie sédentaire adoptèrent graduellement de nombreux aspects de la culture élaborée des Cananéens. L'architecture, la poterie, l'ameublement et la littérature d'Israël furent empruntés aux Cananéens. Ces emprunts furent souvent bénéfiques. Les Israélites purent bénéficier des techniques de construction, de culture et d'artisanat qui avaient demandé aux Cananéens des siècles d'apprentissage.


« Mais aux yeux des dirigeants religieux d'Israël, les pratiques païennes des Cananéens étaient une menace continuelle pour l'intégrité de la nation. La seule force des Israélites, c'était leur alliance commune. Tout affaiblissement de cette loyauté élémentaire enlevait à chaque tribu la force qui vient de l'unité. Quand ils eurent des malheurs, c'était parce que le peuple n'avait pas été fidèle et qu'il s'était maintes fois détourné du Seigneur. » (Great People of the Bible and How They Lived, p. 114)


Juges 2:6-23. Le cycle de l’apostasie commence lorsque la génération montante des enfants d’Israël abandonne le Seigneur pour servir les dieux des peuples environnants.


Juges 2:11-13. Qu'est-il arrivé quand Israël ne chassa pas les Cananéens de la terre promise ?


« Le livre des Juges explique clairement qu'Israël n'a pas conquis la totalité de Canaan quand il y est entré pour la première fois… Pendant longtemps, à l'époque des juges, beaucoup d'Israéliens vivaient en nomades (voir Juges 6:2), entourés de tous côtés par leurs ennemis. Quand les générations d'Israélites qui avaient connu Josué moururent, les effets de la morale et de la religion cananéenne se firent sentir sur la jeune génération. Pendant de longues périodes, les Cananéens conquirent Israël, et ce seul fait dérangeait sa vie religieuse établie. L'époque était rude et le banditisme effréné. Comme l'indiquent les textes : 'En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon' (Juges 17:6). Tout cela est arrivé parce qu'Israël n'a pas chassé complètement les Cananéens. Le Seigneur a dit aux Israélites : Vous n'avez point obéi à ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela ? J'ai dit alors : Je ne les chasserai point devant vous ; mais ils seront à vos côtés, et leurs dieux vous seront un piège' (Juges 2:2-3)…


La conduite d'Israël pendant cette période a eu des conséquences durables sur sa religion et sa morale. Pendant des siècles, les prophètes et les sages d'Israël y font allusion et ont dénoncé son adhésion à de vieilles pratiques cananéennes. Il est clair qu'à l'époque des juges, Israël a compromis ses idéaux religieux relativement élevés par des pratiques cananéennes et certains éléments de sa population ont dû apostasier complètement. » (Sperry, Spirit of the Old Testament, p. 51-52)


Juges 2:16. Qui sont les juges ?


Ceux qu'on appelle les juges, d'après les textes, semblent être davantage des héros militaires que des membres d'un système judiciaire.


« Le mot 'juge' ne décrit pas bien ces dirigeants. Bien que la racine du mot hébreu signifie d'abord 'juger', il est utilisé au sens secondaire pour 'gouverner'. La plupart des 'jugements' passés à l'époque concernaient le fait de donner des conseils et de prendre des décisions. Il n'y a aucune description de modes de jugement pour le temps des juges en Israël. En fait, la fonction la plus commune qu'on les voit accomplir est celle de chef militaire. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:149).


Ces juges ne régnaient pas sur tout Israël quand ils étaient en fonction. Le chroniqueur a probablement pris les meilleures histoires de chaque tribu durant cette période d'apostasie générale et les a réunies pour en faire un livre contenant les justes succès et les leçons morales de ces héros pour le bénéfice d'Israël.


Juges 2:14-23. Quel était le rapport cyclique qu'Israël entretenait avec le Seigneur au temps des juges ?


Ces versets expliquent ce que ce texte historique, le livre des Juges, révèle. Premièrement, le peuple a choisi le mal en adorant des dieux païens, et le Seigneur a permis qu'il tombe entre les mains de ses ennemis. Puis le Seigneur a suscité des juges pour le délivrer. À de tels moments, comme le montre plus clairement la Traduction de Joseph Smith, « le Seigneur les écoutait à cause de leurs gémissements contre ceux qui les opprimaient et les tourmentaient ». Mais dès que le juge mourait, Israël se tournait vers d' autres dieux, et le cycle recommençait. Un cycle de justice et d'apostasie d'une ressemblance étonnante s'est produit parmi le peuple du Livre de Mormon, comme décrit dans Hélaman 12.


JUGES 3

Juges 3:1-7


Se marier avec les membres des nations païennes était le résultat naturel quand on servait « les Baals et les idoles » (verset 7). Les idoles se trouvaient dans des lieux de culte locaux pour les dieux païens qui comprenaient un arbre ou un mât et des autels souvent placés dans les bois. La pratique de l'idolâtrie, qui rompait l'alliance et qui continua de génération en génération a corrompu la maison d'Israël. Un des rappels les plus importants que le Seigneur ait donné à Moïse avant l'entrée dans la terre promise ne fut pas respecté (voir Deutéronome 7:3-5).


Juges 3 à 15. Qui étaient les douze juges d'Israël et dans quelles régions exerçaient-ils ?


Les douze juges et leurs victoires cités dans le livre des Juges sont :


1. Othniel de Juda (3:9) ; victoire contre Cuschan-Rischeathaïm.


2. Éhud de Benjamin (3:15) ; victoire contre Églon de Moab.


3. Schamgar (3:31) : victoire contre les Philistins (site inconnu).


4. Débora (Éphraïm) et Barak (Nephthali) (4:4-6) ; victoire sur Jabin et Sisera.


5. Gédéon de Manassé (6:11) ; victoire sur les Madianites et les Amalékites.


6. Thola d'Issacar (10:1).


7. Jaïr de Galaad (10:3).


8. Jephthé de Galaad (11:11) ; victoire sur les Ammonites

9. Ibtsan de Bethléhem (12:8).


10. Élon de Zabulon (12:11).


11. Abdon d'Éphraïm (12:13).


12. Samson de Dan (15:20) ; victoire contre les Philistins


Juges 3:13. Où était la « ville des palmiers » ?


La « ville des palmiers » est un autre nom pour Jéricho (voir Juges 3:13 ; voir aussi Deutéronome 34:3 ; Juges 1:16 ; 2 Chroniques 28:15. De toute évidence cette ville avait
été reconstruite après avoir été détruite par Josué. Au cours des siècles, Jéricho a subi des petits changements d'emplacement. Le site du Nouveau Testament est différent des deux endroits de l'Ancien Testament.


JUGES 4

À propos des douze juges d'Israël, voir le commentaire de Juges 3 à 15.


Juges 4:1-16. Barak reçoit le commandement de libérer Israël de Jabin, roi de Canaan (v. 1-7). Il accepte de partir si Débora l’accompagne (v. 8-9). Débora et Barak délivrent Israël des Cananéens (v. 10-16).


Juges 4:10-24


Les Kéniens étaient des descendants de Jéthro, beau-père de Moïse (voir Juges 1:16). La courageuse Jaël, femme d'Heber le Kénien, tua le chef de Sisera, accomplissant ainsi la prophétie de Débora (voir Juges 4:9). La mort de Sisera ouvrit la voie à Barak qui obtint la victoire.


JUGES 5

Juges 5:21. Comment Dieu a-t-il utilisé les forces de la nature pour aider la cause d'Israël ?


Le torrent de Kison coule dans la direction nord-ouest dans la vallée de Jizréel et se jette dans la mer Méditerranée près la ville actuelle de Haïfa. Comme le terrain est plat, ce n'est habituellement qu'un ruisseau paresseux. Quand il pleut beaucoup, cependant, il déborde et inonde les terrains environnants, les transformant en marécages et les rendant presque impossibles à traverser. Le cantique de Débora indique qu'une telle pluie inattendue, accompagnée par le tonnerre et les éclairs, s'abattit soudain dans la région. Les chars de Sisera s'enlisèrent, car le torrent de Kison déborda, ce qui permit à l'armée plus petite de Débora et de Barak d'obtenir la victoire. Débora y vit bien la main du Seigneur et le remercia pour cette victoire (voir versets 30-31).

JUGES 6


Juges 6. Gédéon reçoit l’ordre de délivrer Israël des Madianites (v. 1-24). Avec dix hommes, il détruit l’autel de Baal la nuit (v. 25-35). Le Seigneur l’assure de son aide en lui accordant deux signes (v. 36-40).


Juges 6:1-10. Pourquoi la présence des Madianites et des Amalékites était-elle un tel fléau pour Israël ?


« Les Madianites et les Amalékites étaient les enfants du désert qui, à cause de leurs habitudes de vagabondage entraînant naturellement le désir de piller, volaient systématiquement les Israélites. À l'époque de la moisson, ils venaient du désert du sud et de l'est comme de grandes nuées de sauterelles et emportaient le maïs (les grains) et les animaux dont les Israélites se nourrissaient.


« Durant sept ans Israël fut ainsi appauvri, et ils adoptèrent tous les moyens connus pour cacher leurs biens et leurs personnes car ils couraient le danger d'être tués par les Madianites. C'est à ce moment-là, dans le sud de la Palestine, qu'ils creusèrent des caves que l'on peut encore voir. En temps voulu, cependant, ils ressentirent si profondément la souffrance et les humiliations qu'ils firent appel à l'Éternel, le Dieu qu'ils avaient abandonné. Il représentait leur dernier refuge, leur dernier moyen d'échapper à ce terrible asservissement de l'époque. » (Tanner, Old Testament Studies, 1:288-89)


À propos des douze juges d'Israël, voir le commentaire de Juges 3 à 15.


Juges 6:11-24. Puisque le Seigneur condamne la recherche des signes, comment expliquer la requête de Gédéon ?


« Quand Gédéon demanda un 'signe', il voulait seulement un signe prouvant que le messager était bien un émissaire du Seigneur (voir verset 17). Sur ce point, remarquez que les messagers viennent parfois de la mauvaise source et qu'il est important d'avoir du discernement (voir D&A 129 ; ainsi qu'un autre aspect du problème dans 2 Corinthiens 11:13-15 ; 1 Corinthiens 12:10 ; et 1 Jean 4:1-2 ; les signes peuvent être donnés, selon la foi de l'homme et la volonté de Dieu, D&A 63:10).


« Quand Gédéon prépara un repas de viande, de pains et de jus, et que l'ange en fit un holocauste miraculeux, ce 'signe' l'accabla. Mais le Seigneur le réconforta et l'apaisa avec bienveillance, et Gédéon, reconnaissant, nomma le monument qu'il avait construit : 'L'Éternel - paix'. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament,1:150)


Juges 6:23-7:1. Comment Gédéon a-t-il reçu le nom de Jerubbaal et que signifie-t-il ?


Le père de Gédéon, Joas, possédait un bois et un autel dédiés au faux dieu Baal. Les bois jouaient un rôle prédominant dans le culte païen ancien. Comme on pensait qu'il ne fallait pas enfermer les dieux entre quatre murs, les bois étaient souvent utilisés comme temples naturels. C'est là que les rites immoraux des religions païennes étaient accomplis.


Gédéon et dix autres hommes suivirent le commandement du Seigneur qui était de mettre en pièces le bois et l'autel et d'ériger à leur place un autel à l'Éternel. Les hommes de la ville demandèrent la mort de Gédéon, mais Joas défendit son fils. Joas appela son fils Jerubbaal, « laisse Baal prier », signifiant que si Baal était irrité par les actions de Gédéon, il pouvait défendre sa cause lui-même. Le nom de Jerubbaal fut donné à Gédéon à plusieurs occasions après coup.


JUGES 7

Juges 7:1. Voir commentaire de Juges 6:23 à 7:1.


Juges 7:1-25. Gédéon et 300 hommes délivrent Israël des mains des Madianites.


Juges 7 et 8:21. Comment les forces de Gédéon firent-elles face aux nombreux Madianites qui avaient des chameaux ?


« Quoique seules les tribus du nord (Manassé, Asser, Zabulon, et Nephthali) se soient jointes à sa campagne, c'était plus que suffisant pour les desseins du Seigneur à l'époque. Finalement, les 32 000 furent réduits à 300, afin que 'l'aide du Seigneur' soit évidente pour Israël…


« Contre la puissance formidable des maraudeurs et de leurs chameaux, la stratégie et l'aide du Seigneur permit aux Israélites de triompher là où un combat corps-à-corps aurait été désastreux. On sait à présent que l'utilisation de chameaux dans des buts militaires par les nomades du désert ne faisait que commencer à se répandre à cette époque (du 12e au 10e siècles avant J-C), et bien entendu, les premières tribus à s'en servir avaient l'avantage. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:151)


Juges 7:19


Les anciens Israélites divisaient les douze heures de la nuit en trois veilles. La deuxième veille aurait eu lieu entre 22 h et 2 h. Après la dispersion d'Israël, les Juifs continuèrent cette pratique. À l'époque du Nouveau Testament, les Romains divisèrent la nuit en quatre veilles.


JUGES 8


Juges 8:16. Qu'est-ce que Gédéon a fait aux hommes de Succoth quand il Ies « châtia » avec des épines et des chardons ?


Alors qu'ils poursuivaient ce qui restait de l'armée des Madianites, les trois cents vaillants soldats de Gédéon se sentirent affaiblis par la faim et allèrent chercher de la nourriture chez les habitants de Succoth, ville de Gad (Giléad) qui était sur la rive est du Jourdain, pas très loin de Jéricho. Les habitants de Succoth refusèrent de donner aux hommes de Gédéon la nourriture dont ils avaient besoin parce qu'ils n' avaient pas encore vaincu les rois madianites. Les habitants de Péniel, endroit où Jacob s'était arrêté bien des années auparavant et où il avait lutté avec le messager de Dieu (voir Genèse 32:31), refusèrent également de les aider. Il est possible qu'ils aient eu peur que Gédéon ne capture pas les rois qui s'enfuyaient et que les Madianites reviennent plus tard pour les punir d'avoir aidé ces hommes. Quelle qu'en soit la raison, ces incidents illustrent les dissensions tragiques des Israélites apostats.


Comme les Madianites vivaient dans les déserts d'Arabie, Gad et les tribus à l'est du Jourdain étaient extrêmement vulnérables quand ils venaient faire une razzia. Pourtant, au lieu de se joindre à Gédéon qui tentait d'éliminer cette menace une bonne fois pour toutes, les habitants de Gad refusèrent catégoriquement de participer.


Gédéon, bien entendu, était furieux, et il promit que lorsqu'il en aurait fini avec les Madianites, il reviendrait régler ses comptes avec ces traîtres. Dans le cas de Succoth, il promit de revenir et de « broyer » (le terme hébreu signifie littéralement « battre ») leur chair avec des chardons et des épines (voir verset 7) (voir Wilson, Old Testament World Studies, p. 440). Quand Gédéon revint, nous disent les textes, il les « châtia » avec des épines et des chardons (voir verset 16).


Cette punition était probablement indiquée en termes figuratifs et ne consistait pas obligatoirement à les battre avec des épines. 'Ce qu'était cette punition, je ne le sais : cela a dû être quelque chose de sévère, comme s'il avait dit : je battrai votre chair avec des chardons et des épines, comme l'on bat le maïs avec des instruments particuliers. Ou bien : mon armée victorieuse vous foulera aux pieds, comme le maïs est foulé aux pieds par les boeufs' (Clarke, Bible Commentary, 2:136). Une punition aussi dure était justifiée, car en refusant d'aider l'armée de Gédéon, Succoth et Penuel avaient mis en danger toute la nation d'Israël. Leur acte était l'équivalent d'une haute trahison.


Juges 8:21. Voir commentaire sur Juges 7 et 8:21.


Juges 8:21


Zébach et Tsalmunna ne voulaient pas que Jéther les tue. Qu'un enfant les tue aurait été un grand déshonneur, mais mourir rapidement sous la main d'un grand soldat comme Gédéon préserverait leur réputation. Cette demande est comparable à la requête d'Abimélec auprès du jeune homme qui portait ses armes pour qu'il le tue afin que les hommes ne disent pas qu'une femme l'avait supprimé (voir Juges 9:53, 54).


Juges 8:22-23. « C'est l'Éternel qui dominera sur vous »


Ces versets prouvent la grande foi et la justice de Gédéon. Le peuple chercha à en faire un roi parce qu'il avait eu beaucoup de victoires. S'il avait consenti, il aurait renforcé l'idée suivante : c'est grâce à sa force personnelle qu'il avait vaincu. En refusant leur requête, Gédéon leur rappela qui était le véritable auteur de la victoire et qui ils devaient considérer comme étant leur roi


Juges 8:24-28. Comment l'éphod devint-il un piège pour Gédéon ?


« Un fait infortuné se produit à cause du zèle mal placé de Gédéon qui voulait faire un nouvel éphod (une partie du vêtement du grand prêtre en Israël) avec les objets précieux pris aux soldats ennemis abattus. Quand le texte dit que les Israélites en firent 'l'objet de (leurs) prostitutions', cela signifie qu'ils le considérèrent comme une idole, et le culte des idoles est souvent condamné en ces termes comme étant un manque de fidélité envers Dieu. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:151)


Gédéon entendait utiliser le butin pour en faire un monument commémoratif honorant le rôle joué par Dieu dans la victoire, mais les Israélites se tournèrent rapidement vers de faux dieux et considérèrent l'éphod comme une idole.


JUGES 9

Juges 9:1-20. Quelle est l'importance de la parabole de Jotham ?


Jotham fut le seul des soixante-dix fils de Gédéon à avoir échappé au fratricide de masse d'Abimélec. Jotham s'était caché (voir verset 5). Du sommet de la montagne de Garizim, Jotham raconta aux hommes de Sichem une parabole très intéressante, l'une des rares à avoir été rédigée dans l'Ancien Testament.


Dans la parabole, il y avait des arbres (les chefs d'Israël), qui voulaient un roi (ils avaient proposé à Gédéon de le devenir). Aucun des arbres fidèles (les fils de Gédéon) n'avait accepté la couronne, parce qu'ils pensaient qu'ils devaient être égaux et que l'un ne devait pas dominer les autres. Finalement, les personnes qui voulaient un roi s'adressèrent au petit buisson d'épines (Abimélec, fils d'une concubine) et lui demandèrent de régner sur les arbres. Celui-ci y consentit, à condition que les arbres lui fassent entièrement confiance et obéissent à tous ses ordres. S'ils désobéissaient, il enverrait le feu pour les dévorer.


Jotham prophétisa ensuite que le peuple finirait par vouloir détruire Abimélec (voir verset 20). Pour les détails indiquant à quel point sa prophétie se réalisa, voir Juges 9:22-57.

JUGES 10

À propos des douze juges d'Israël, voir le commentaire de Juges 3 à 15.


Juges 10


À cette époque, Israël n'avait aucune certitude que Dieu l'aiderait. Ils s'étaient vendus à d'autres dieux et devaient compter sur leur propre force. Un avertissement semblable, dans D&A 101:7-8, fut donné aux saints des derniers jours.


JUGES 11

À propos des douze juges d'Israël, voir le commentaire de Juges 3 à 15.


Juges 11:29-40. Comment Jephthé a-t-il offert sa fille en sacrifice ?


Beaucoup de gens ont supposé que Jephthé a offert sa fille en sacrifice, et une lecture littérale du texte peut appuyer ce point de vue. Toutefois, si cela est vrai, cela pose des questions difficiles. Jephthé est considéré comme étant un héros et le sauveur d'Israël, et même le sacrifice de sa fille est traité de manière qui suggère que l'auteur des Juges pensait que c'était un acte louable. Dans Hébreux 11:32-35, Jephthé est donné comme étant l'exemple d'une grande foi. Cela serait-il vrai s'il avait effectué un sacrifice humain, ce qui était considéré comme une grande abomination dans l'Israël ancien ? Pourquoi la fille de Jephthé pleura-t-elle sa virginité (voir Juges 11:37) au lieu de déplorer la vie qu'elle allait perdre ? Quand Jephthé eut accompli le voeu de sacrifier sa fille, le texte dit : « Elle n'avait point connu d'homme » (verset 39). 


« Jephthé était obligé de par son voeu de vouer sa fille à l'Éternel : elle devait rester vierge toute sa vie… Le fait que sa fille l'ait prié de lui accorder deux mois, afin qu'elle puisse pleurer sa virginité dans les montagnes avec ses compagnes, n'aurait absolument rien eu à voir avec le récit si elle avait dû être mise à mort pour un sacrifice. Pleurer sa virginité ne signifie pas pleurer parce qu'elle allait mourir vierge, mais pleurer parce qu'elle devait vivre et rester vierge. Mais même si nous supposions que pleurer sa virginité était l'équivalent de pleurer à cause de sa jeunesse…


« 'il serait impossible de comprendre pourquoi cela devait avoir lieu sur les montagnes. Il serait tout à fait opposé à la nature humaine qu'un enfant devant mourir si rapidement utilise un délai temporaire pour abandonner complètement son père. Il serait certainement raisonnable de la voir demander la permission de profiter de la vie pendant deux mois de plus avant d'être mise à mort ; mais qu'elle ne pense qu'à pleurer sa virginité, alors qu'une mort sacrificatoire l'attendait, ce qui enlèverait au père son seul enfant, serait contraire à tous les sentiments ordinaires de l'homme. Pourtant, puisque l'histoire souligne qu'elle pleura sa virginité, cela devait avoir un lien particulier avec la nature du voeu' (Paulus Cassel, p. 473).


« Et cela est confirmé par l'expression pleurer sa virginité 'dans les montagnes'. S'il avait été question de sa vie, elle aurait pu verser les mêmes larmes chez elle. Mais elle se lamentait à cause de sa virginité, et cela ne pouvait être fait en ville, en la présence d'hommes. La pudeur exigeait la solitude des montagnes (voir Paulus Cassel, p. 476). Et ainsi la dernière clause rapportée par le récit concernant l'accomplissement du voeu 'elle n'avait point connu d'homme', n'est pas en accord avec la supposition d'une mort sacrificatoire. Cette clause n'apporterait rien à la description dans ce cas-là, puisque nous savons déjà qu'elle était vierge. Les mots ont leur sens correct seulement si on les relie à la clause précédente : 'Il accomplit sur elle le voeu qu'il avait fait', et si l'on comprend qu'ils décrivent ce que la fille a fait pour accomplir le voeu. Le père accomplit son voeu la concernant, et elle ne connut aucun homme, c'est-à-dire qu'il accomplit le voeu à cause du fait qu'elle ne connut aucun homme, mais voua sa vie au Seigneur, sous la forme d'un holocauste spirituel, par une chasteté qui dura toute sa vie…


« Et l'idée d'un sacrifice spirituel est soulignée non seulement par les mots mais aussi très clairement par le fait que l'historien décrit l'accomplissement du voeu par ces mots 'il accomplit sur elle le voeu qu'il avait fait', de manière à en tirer la conclusion qu'il considérait l'acte lui-même comme digne de louanges. Un historien prophétique n'aurait jamais approuvé un sacrifice humain. » (Keil and Delitzsch, Commentary, 2:1:392-393)


Comparer la formulation du voeu de Jephthé (aux versets 30-31) à celle de Anne (dans 1 Samuel 1:11).


JUGES 12

À propos des douze juges d'Israël, voir le commentaire de Juges 3 à 15.


Juges 12:1-7


Quand la guerre contre les Madianites fut gagnée, les Éphraïmites se plaignirent parce qu'ils n'y avaient pas participé, tout comme ils l'avaient fait après la victoire de Gédéon (voir Juges 8:1-3). C'était peut-être une ruse typique d'Éphraïm : attendre que la victoire soit acquise, puis prétendre qu'ils auraient toujours voulu y prendre part. Gédéon les avait apaisés, mais Jephthé leur rappela sans ménagements qu'il leur avait demandé leur aide et puisqu'ils n'avaient envoyé aucune recrue, il avait fait comme bon leur semblait.


Juges 12:8-15


« Mentionner le nombre de fils et de filles de temps en temps et le fait qu'ils puissent tous monter des ânons est un ancien symbole indiquant le statut social. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:152)


JUGES 13


Juges 13:1-2. Tsoréa, lieu où habitait Samson, avait été donné, à l'origine, à la tribu de Juda (voir Josué 15:33), mais plus tard, il fut habité par la tribu de Dan qui n'avait pas pu conquérir la terre qui lui avait été désignée pour son héritage.


Juges 13:1-25. Un ange commande aux parents de Samson de l’élever dans le naziréat.


Juges 13:5. Qu'est-ce qu'un naziréen ?


« Le sens premier du verbe hébreu nazar est séparer. Ainsi, le nazir (naziréen) est quelqu'un de 'séparé', 'consacré', 'voué'. » (Hastings, Bible Dictionary, p. 647-648).


Un naziréen (ou nazaréen) était quelqu'un qui était séparé des autres par un voeu où il se vouait à l'Éternel. Le terme « mis à part » est utilisé pour signifier qu'on a reçu un appel spécifique et qu'on est donc à part des autres. Le titre de Jésus, « le Nazaréen », signifie qu'il venait de Nazareth, et non qu'il était un naziréen.


Juges 13:16-25


« L'ange ne dit pas que (son nom) est secret, mais… hu peli, qu'il est MERVEILLEUX : le trait même de Jésus-Christ (voir Ésaïe 9 ; le français dit Admirable). » (Clarke, Bible Commentary, 2:159)


Il est douteux que l'ange soit le Seigneur lui-même, mais plutôt quelqu'un qui parle en son nom, par autorité divine, comme dans Apocalypse 22:1-9. Il est certain que l'expérience de Manoach et de sa femme est un exemple de visite angélique parmi les plus remarquables des Écritures. Et ce fait augmente d'autant la tragédie de la vie de Samson. Annoncé par un ange, né d'une femme stérile, le Seigneur lui ayant accordé des dons extraordinaires, il aurait dû mener une des vies les plus exemplaires des Écritures. Au lieu de cela, sa vie fut permissive, immorale, égoïste parce qu'il chercha à se venger et qu'il viola l'alliance. La vie de Samson est véritablement une grande tragédie de l'histoire.


JUGES 14

Juges 14 à 15. Samson accomplit de grands exploits grâce à sa force mais enfreint beaucoup de ses vœux de naziréat.


Juges 14:6. Puisque la vie de Samson était si peu en accord avec la volonté de Dieu, comment a-t-il obtenu « l'esprit de l'Éternel » ?


Dans l'Église aujourd'hui, quand on parle de quelqu'un qui a l'Esprit du Seigneur, on veut dire que cette personne a de la spiritualité, c'est-à-dire qu'elle est proche du Seigneur, qu'elle a un témoignage et qu'elle montre de la force spirituelle. Une telle force ne s'obtient que par l'obéissance et la justice. Ainsi, comment Samson avait-il pu être saisi par « l'esprit de l'Éternel » ? (verset 6). La même expression est utilisée trois fois dans le récit sur Samson (voir Juges 14:6, 19 ; 15:14), mais dans chaque cas, elle parle du grand courage et de la force physique de cet homme. Sa force remarquable était un don du Seigneur qui résultait du voeu naziréen qu'il avait fait et elle était entretenue par ce même voeu. Quand l'auteur des Juges utilise l'expression « l'esprit de l'Éternel », il ne l'emploie pas comme nous le ferions aujourd'hui, mais au sens de « don spirituel ». On pourrait dire de quelqu'un que la façon dont il a enseigné la leçon démontre un don spirituel. La force était le don de Samson, et chaque fois qu'il utilisait ce don d'une manière remarquable, l'auteur de ce passage reconnaissait la main du Seigneur, véritable source du don, en disant que « l'esprit de l'Éternel » l'avait saisi.


Juges 14:8-20


Lors de la célébration du mariage de Samson, qui dura sept jours, il proposa une énigme. Quand son épouse révéla la réponse aux trente invités philistins pour avoir la vie sauve, il était furieux et causa la ruine des Philistins d'Askalon pour obtenir le butin nécessaire au paiement de sa dette. Probablement par dépit, son beau-père donna la femme de Samson à un homme « avec lequel il était lié » (verset 20), c'est-à-dire celui qui avait été son témoin au mariage. Voici un excellent aperçu de la moralité des Philistins et de l'échec de Samson lui-même sur le plan moral. L'ange avait dit à sa mère qu'il commencerait à délivrer Israël de la main des Philistins (voir Juges 13:5). À la place, il épousa une Philistine, eut des rapports avec eux et les tua seulement quand il en avait envie.


JUGES 15

À propos des douze juges d'Israël, voir le commentaire de Juges 3 à 15.


À propos de Samson, voir le commentaire de Juges 14 à 15.


Juges 15:9-19. Emplacement de Léchi


Léchi se trouvait dans la Shephelah, une plaine à quelques kilomètres au sud-ouest de Jérusalem. Léchi signifie « mâchoire », et Ramath-Léchi, « élever la joue ou
la mâchoire » (voir Fallows, Bible Dictionary, 3:1426). Ainsi la source de Samson était une source miraculeusement fournie par Dieu près de Léchi (mâchoire) et qu'on
appela dorénavant En-Hakkoré, « la source de celui qui appela » (voir Douglas, New Bible Dictionary, p. 377)


Des exégètes saints des derniers jours ont avancé que le lieu où se déroula la bataille de Samson contre les Philistins aurait pu être l'endroit où vivait Léhi près de Jérusalem avant de mener sa famille dans le désert, mais il n'y a aucune preuve dans ce sens. Léhi vécut cinq à six ans après Samson. Qu'il ait vécu dans un lieu qui porta son nom est fort probable.


JUGES 16

JUges 16:1-31. Samson cède à la séduction de Dalila ; elle lui coupe les cheveux et il devient faible. Il est capturé par les Philistins et meurt en démolissant leur temple.


Juges 16:1-16. Offrir à Dalila un trésor de onze mille pièces d'argent indique dans quel état désespéré se trouvaient les cinq princes des Philistins après les actes de destruction de Samson. Ils gouvernaient les cinq grandes villes philistines (Gaza, Askalon, Asdod, Ekron et Gath), villes qui jouèrent un rôle important dans l'histoire de l'Ancien Testament. C'est à Gaza que Samson se rendit chez une prostituée (voir verset 1) et c'est là aussi qu'il mourut (voir Juges 16:21-30). Gath était la ville du champion philistin Goliath, qui vécut plus tard (voir 1 Samuel 17:4).


Juges 16:17-22. Est-ce que la force de Samson se trouvait vraiment dans sa chevelure ?


Le récit biblique sur Samson révèle qu'il avait beaucoup de confiance et un énorme courage, qualités basées sur le fait qu'il reconnaissait que sa force venait de Dieu et que celui-ci le soutiendrait dans la mission pour laquelle il avait été appelé. Mais Samson n'avait pas compris qu'il y a une règle qui gouverne la force que l'on a : « Que la vertu orne incessamment tes pensées ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu » (D&A 121:45). Les malheurs de Samson commencèrent quand la confiance qu'il avait en Dieu devint de la suffisance et de l'arrogance. Après quelque temps, il brisa les voeux naziréens qu'il avait faits et viola d'autres commandements, y compris la loi de chasteté (voir Juges 16:1).


La force surhumaine de cet homme n'était pas dans ses cheveux mais était liée à la confiance qu'il avait en Dieu et au respect du voeu de nazaréen dont la chevelure n'était que le symbole extérieur. La trahison de Dalila et le rasage de ses cheveux signifiait qu'il avait totalement renoncé à ses voeux. Ainsi, il devint un homme malheureux et brisé, ayant perdu sa force.


Ce ne sont pas les cheveux de Samson qui sont la source de sa force physique. Ils sont le signe de son alliance avec le Seigneur, et lorsqu’on les lui coupe, le Seigneur lui ôte sa force physique parce que l’alliance est rompue.


Juges 16:23-31. Pourquoi Dieu a-t-il redonné de la force à Samson ?


La prétention des Philistins : « notre dieu a livré entre nos mains notre ennemi » (verset 24) indiquait qu'ils croyaient que leur réussite dans la capture de Samson prouvait que leur dieu, Dagon, était plus grand que l'Éternel. C'est pour cela que le peuple ne craignait pas de se moquer de Samson, le champion de l'Éternel, dans le temple de leur dieu.


Dans ce contexte, Samson exerça à nouveau le genre de courage grâce auquel il aurait pu être un outil entre les mains de Dieu. Mais on voit encore l'égocentrisme de cet homme. Même lors de cette dernière occasion, quand il employa la force qui lui avait été rendue pour détruire le temple de Dagon et les Philistins qui s'y trouvaient, il ne pensa qu'à se venger de ce qu'on lui avait fait (voir le verset 28). En détruisant le temple de Dagon, quelle meilleure preuve pouvait-il y avoir de la nullité du pouvoir de ce dieu ? Et pourtant, avec quelle puissance décuplée Samson aurait-il pu rendre témoignage du pouvoir de l'Éternel s'il avait rempli son appel en vainquant les Philistins.


Juges 16:29-30. Est-ce que Samson a pu réellement détruire tout un temple ?


« L'architecture de ce bâtiment est illustrée par les découvertes faites à Gezer et à Gaza. Le toit reposait sur des colonnes en bois posées sur des socles en pierre. Il était carré, fait de troncs d'arbre allant du mur au plafond, où il y avait des poutres soutenues par les colonnes. Devant le temple de Gezer il y avait une cour qui menait à une chambre intérieure pavée et qui en était séparée par quatre pierres circulaires sur lesquelles étaient posées les colonnes en bois. Samson s'est probablement tenu entre les deux colonnes centrales, s'il y en avait plus de deux. Les nobles philistins se trouvaient dans la chambre intérieure ; la foule était sur le toit et regardait. Samson joua dans la cour, puis il demanda au jeune homme de le mener entre les colonnes centrales pour s'appuyer, afin de se reposer. Puis, les entourant de ses bras et se penchant en avant, pour qu'elles ne soient plus perpendiculaires, il fit tomber le toit. Le poids des gens qui y étaient installés a dû lui faciliter ce tour de force. » (Guthrie, Bible Commentary, p. 272)


JUGES 17

Juges 17 à 21


Dans les derniers chapitres des Juges, l'auteur passe des histoires concernant les héros d'Israël à deux incidents illustrant le bas niveau de religion et de moralité à l'époque où Israël abandonna son alliance avec le Seigneur et où chacun « faisait ce qui lui semblait bon » (Juges 17:6 ; 21:25).


Les histoires concernant Mica le Lévite et la migration des Danites, aux chapitres 17 et 18, ainsi que le viol de la concubine à Guibéa et la punition des Benjamites qui en résulta, aux chapitres 19 à 21, sont des exemples de la pire époque d'Israël. Rien ne montre que les Israélites aient fait le bien. Les renseignements suivants, tirés de ces chapitres, seront utiles :


1. Les Danites cherchaient un héritage car ils n'en avaient pas obtenu depuis qu'ils étaient arrivés à Canaan (voir Juges 18:1). Ils finirent par en trouver un près de la source du Jourdain. Comme cette région était l'héritage tribal le plus au nord, il devint courant de parler de cette partie d'Israël en ces termes : « Depuis Dan jusqu'à Beer-Schéba » (Juges 20:1).


2. La tribu de Benjamin, qui était déjà toute petite, fut presque détruite par une guerre civile revancharde. D'après le récit, 2500 Benjamites furent tués, et il n'en resta que 600 (voir Juges 20:46-47). Les princes d'Israël permirent à ces six cents hommes de prendre femme, bien que d'une manière injuste, afin que l'identité tribale puisse se perpétuer, mais Benjamin demeura une petite tribu.


3. Au temps des Juges, la ville de Jérusalem était habitée par les Jébusiens (voir Juges 19:10-11). Elle ne devint une ville sainte et la capitale des Israélites que lorsque David eut vaincu les Jébusiens.

JUGES 18

Voir commentaire de
Juges 17 à 21.

JUGES 19

Voir commentaire de Juges 17 à 21.


Juges 19:29-30. Que signifie le fait que la femme soit divisée en douze morceaux ?

« Il est certain qu'avec les morceaux, il envoya à chaque tribu un récit détaillé de la barbarie des hommes de Guibé ; et il est probable qu'elles considérèrent ces morceaux comme l'expression de la haine : 'Si vous ne venez pas venger les torts que j'ai subis, que vous soyez mis en pièces comme cette femme violée et assassinée !' Elles furent toutes frappées par l'énormité du crime et considérèrent que c'était un grand déshonneur pour toutes les tribus d'Israël. » (Clarke, Bible Commentary, 2:182)


JUGES 20

Voir commentaire de Juges 17 à 21.

JUGES 21


Voir commentaire de Juges 17 à 21.

 

 

RUTH

I 01 I 02 I 03 I 04 I



RUTH 1

Ruth 1:1. Quel est le contexte de livre de Ruth ?


« Beaucoup d'années s'étaient écoulées depuis que les Israélites avaient traversé le Jourdain et avaient constitué une sorte de confédération tribale dans les plateaux centraux de Canaan. En colonisant, ils renoncèrent graduellement à leurs traditions nomades, adoptèrent un mode de vie campagnard et cultivèrent la terre.


« Pourtant, leur situation demeura précaire. Les tribus du nord étaient presque toujours en guerre avec les villes fortifiées qui restaient contrôlées par les Cananéens et durent souvent se défendre contre les invasions des Ammonites et des Médianites, venant de l'est. À l'opposé, Juda, qui occupait la partie la plus au sud du territoire israélite, eut une paix relative et ne participa pas aux grandes guerres qui concernèrent les juges.


« Le peuple de Juda se battit régulièrement contre un autre ennemi : le climat. Ils occupaient un plateau accidenté dans les terres plus ou moins arides à l'ouest de la mer Morte. Normalement, la terre était assez fertile pour qu'on y cultive du blé, de l'orge, de la vigne, des oliviers et des figuiers. Mais parfois il ne pleuvait pas, les cultures se desséchaient et l'on souffrait de la famine.


« Lors d'un tel désastre, un homme de Juda nommé Élimélec, qui vivait à Bethléhem, quitta le pays avec sa femme Naomi, et ses deux fils, Machlon et Kiljon. Ils se rendirent à Moab, royaume situé sur la rive est de la mer Morte. Ce n'était pas très loin : à 50 ou 60 km de là, le long de la rive de cette mer intérieure (la mer Morte). » (Great People of the Bible and How They Lived, p. 126)


Ruth 1:16. « Ton Dieu sera mon Dieu »


Ruth n’était pas Israélite de naissance. Lorsqu’elle quitta Moab pour aller à Bethléhem avec Naomi, elle quitta aussi sa religion et suivit le Dieu d’Israël, disant à Naomi : « Ton Dieu sera mon Dieu ».


Le dieu principal des Moabites s'appelait Chemosch. Bien que rien n'indique que Ruth et sa belle-soeur, Orpa, croyaient à ce faux dieu, deux versets disent que Ruth était convertie au vrai Dieu d'Israël. En exprimant si bien sa loyauté et son dévouement envers Naomi, Ruth a dit qu'elle désirait rester avec sa belle-mère et aussi qu'elle voulait que le peuple de celle-ci devienne le sien et le Dieu de Naomi son Dieu. Plus tard, Boaz, qui félicitait Ruth de s'inquiéter tant de sa belle-mère, dit : « Que ta récompense soit entière de la part de l'Éternel, sous les ailes duquel tu es venue te réfugier ! » (Ruth 2:12). Ces deux passages indiquent que Ruth était convertie.


Ruth 1:19-21


Naomi fait ici un jeu de mots reposant sur son nom. En hébreu Naomi signifie « douce et agréable » et Mara veut dire « amère ». Quand elle revint après avoir été absente de nombreuses années et qu'on l'accueillit avec surprise en disant : « Est-ce là Naomi ? » (verset 19), elle répondit ainsi : « Ne m'appelez pas Naomi (agréable) ; appelez-moi Mara (amère), car le Tout-Puissant m'a remplie d'amertume » (verset 20). Cette réplique n'était pas une accusation, mais la façon dont Naomi expliquait qu'elle avait beaucoup souffert à Moab.


Ruth 1:22 à 2:17. Qu'est-ce que « glaner » ?


« Moissonner était difficile et demandait de longues heures. Les jeunes gens se déplaçaient dans les champs, prenant des poignées de grains et coupant les tiges avec une faucille. Ces petits paquets de grains étaient ensuite liés en bottes appelées gerbes. Comme les hommes travaillaient rapidement, des tiges tombaient sur le sol. S'ils faisaient attention et prenaient le temps nécessaire, elles pouvaient aussi être cueillies. Toutefois, on laissait toutes les tiges qui tombaient là où elles étaient. Les pauvres, qui suivaient les moissonneurs, avaient la permission de 'glaner', ou rassembler, les tiges perdues, ce qui était peut-être ce qui les empêchait de mourir de faim. En outre, les bords du champ, où il était difficile de manier la faucille, n'étaient pas moissonnés. Les pauvres pouvaient également prendre cette part.


« Les pauvres de Bethléhem comprenaient à présent Ruth et Naomi, et Ruth proposa d'aller dans les champs et de glaner'. » (Great People of the Bible and How They Lived, p. 129)


RUTH 2


Ruth 2:1-6. Voir le commentaire de Ruth 1:22 à 2:17.


Ruth 2:18 à 4:10. Quel était le lévirat que Naomi espérait arranger entre Ruth et Boaz ?


Naomi voulait aider sa fidèle belle-fille à avoir un mari et des enfants. Pour ce faire, Naomi pensa au lévirat, très ancienne pratique en Israël (Deutéronome 25:5-10 est la référence scripturaire pour l'obligation de lévirat dans les familles israélites).


« L'expression qu'on traduit ici par 'droit de rachat' vient de l'hébreu go'el. La fonction de quelqu'un exerçant le droit de rachat était de permettre à une veuve qui avait perdu sa maison et ses biens de retrouver son ancien statut et sa sécurité et d'avoir des enfants pour perpétuer sa famille. Il est facile de voir pourquoi les prophètes qui vinrent plus tard empruntèrent cette expression des lois sociales d'Israël et l'utilisèrent pour décrire la fonction de celui qui deviendrait le Rédempteur divin. Pensez à ce qu'il fait pour nous rendre un statut convenable aux yeux de Dieu et nous donner une sécurité future, ainsi qu'une 'postérité' éternelle. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:157)

RUTH 3

Voir commentaire de
Ruth 2:18 à 4:10.


Ruth 3


Naomi conseille à Ruth d’accomplir un rituel dont elle espère qu’il aura pour résultat le mariage de Ruth avec Boaz (v. 1–5). Ce que Ruth fait en réalité, lorsqu’elle se couche aux pieds de Boaz, c’est lui proposer de l’épouser. Quand Ruth dit: « Étends ton aile sur ta servante », elle veut dire : « Protège-moi, occupe-toi de moi ». Quand le mari de Ruth est mort, son parent masculin le plus proche était censé épouser Ruth. Boaz n’était pas le parent masculin le plus proche, mais il accepte d’épouser Ruth si celui-ci ne souhaite pas le faire.


Ruth 3:6-9. Comment Ruth a-t-elle proposé à Boaz de l'épouser ?


« Quand Boaz se réveilla, près du tas de gerbes qu'il gardait, comme c'était la coutume au moment de la moisson, il fut très étonné par la présence de Ruth. Elle lui fit une offre sans détour. Elle lui demanda de la prendre sous son aile. Gesenius, le célèbre hébraïste, dit que c'était une demande de mariage en bonne et due forme, même si c'était la femme qui faisait l'offre ! » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1 157)


Cette expression signifie « protège-moi » ou, en d'autres termes, « sois mon mari et mon protecteur ».


« Selon nos coutumes, l'acte de Naomi et de Ruth semble être répréhensible d'un point de vue moral, mais il ne l'était pas quand on en jugeait d'après les coutumes du peuple d'Israël à l'époque. Boaz, qui était un homme honorable et, selon Ruth (Ruth 3:10), d'un âge mûr, félicita celle-ci d'avoir cherché refuge auprès de lui et promit de répondre à ses désirs quand il se serait assuré que celui qui avait sur elle un droit de rachat plus grand renoncerait à son droit et devoir (voir versets 10-11). En reconnaissant par cette déclaration que dans certaines circonstances il serait de son devoir d'exercer son droit de rachat et d'épouser Ruth, il ne fut pas offensé par la manière qu'elle employa pour lui demander de devenir sa femme. Au contraire, il considéra que c'était une preuve de vertu féminine et de pudeur qu'elle ne recherche point les jeunes gens, mais qu'elle propose d'être l'épouse d'un homme âgé comme lui. La conduite qu'il adopta prouve suffisamment que les femmes pouvaient lui faire confiance et il ne ferait pas quelque chose d'inconvenant. Et il justifia une telle confiance. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:1:483)


En épousant Boaz, Ruth entrait dans le lignage royal d’Israël et devenait l’ancêtre du roi David et de Jésus-Christ.


RUTH 4

Voir commentaire de Ruth 2:18 à 4:10.


Ruth 4:7-12. Est-ce qu'un accord fait en public était un lien légal ?

« La vie publique d'un village israélite était concentrée près de l'entrée principale. C'était là que les litiges étaient exposés pour être jugés par les anciens de la communauté. Ils étaient également les témoins officiels de transactions comme celles où Boaz acceptait d'épouser Ruth si le parent de celle-ci renonçait à tous les droits qu'il avait sur les biens de son mari. Un homme renonçant à ce droit de propriété enlevait sa sandale et la présentait au nouveau propriétaire, geste que tout le monde comprenait et considérait comme légal si les anciens étaient témoins. » (Great People of the Bible and How They Lived, p. 133)


 

1 SAMUEL

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I



1 SAMUEL 1

1 Samuel 1:4-5. Qu'est-ce que les « portions » qu'Elkana a données à ses femmes et à ses enfants ?


Quand Elkana emmena ses femmes et leurs enfants à Silo (où se trouvait le tabernacle, lorsque les tribus ont conquis Canaan) pour offrir des sacrifices, il fit une offrande de paix. Quand la graisse, les reins et d'autres parties animales étaient brûlées, le prêtre avait coutume de recevoir la poitrine et l'épaule droite. Le reste de l'animal sacrifié était rendu à celui qui faisait l'offrande pour être mangé lors d'un festin. Sur sa part, Elkana donna des portions de viande à sa famille. Anne en reçut davantage que les autres ou elle eut un meilleur morceau parce qu'Elkana l'aimait (voir Clarke, Bible Commentary, 2:206).


1 Samuel 1:6-7. Qui était la rivale d'Anne et pourquoi la provoquait-elle ?


« Peninna, l'autre épouse, essayait constamment de l'irriter, de la contrarier, de faire en sorte qu 'elle se tourmente, qu'elle soit mécontente de son sort, car le Seigneur ne lui avait pas donné d'enfant. Quand toute la famille se rendit à Silo, Peninna avait des fils et des filles qui l'accompagnaient, mais Anne n'en avait aucun. Peninna saisit l'occasion pour reprocher à Anne sa stérilité en exhibant ses enfants. Anne fut très affligée, car c'était un grand reproche pour une femme juive d'être stérile, car, disent certains, tout le monde espérait que le Messie viendrait de cette lignée. » (Clarke, Bible Commentary, 2:207)


1 Samuel 1:9. Que signifie le fait que le sacrificateur était assis sur un siège près d'un poteau du temple ?


Aux temps anciens, au Moyen-Orient, certaines personnalités avaient l'habitude de mettre un tabouret ou un siège dans la cour ou près de la porte d'une ville et ils s'y asseyaient pour juger, écouter les cas particuliers ou les plaintes. Ces sièges n'avaient pas de dossier, en général, et ils étaient placés près d'un mur ou d'un poteau pour qu'on puisse s'y adosser. Cela explique pourquoi Éli était assis près d'un poteau. C'est probablement sur un tel siège que cet homme était assis quand on lui apprit que ses fils étaient morts et qu'il tomba à la renverse, se tuant ainsi (voir 1 Samuel4:18).


1 Samuel 1:9-11


« Je crois que la personne… qui a sa part de soucis et d’ennuis, peut, mieux et plus rapidement que quiconque, résoudre ses problèmes dans la maison du Seigneur. Si elle veut… accomplir l’œuvre du temple pour elle-même et pour ses morts, elle apportera une immense bénédiction à ceux qui l’ont précédée et… elle recevra une bénédiction; en effet, aux moments les plus inattendus, dans le temple et en dehors du temple, lui viendra par révélation la solution des problèmes qui contrarient sa vie. C’est le don qui est accordé à ceux qui entrent dans le temple en en étant dignes. » (John A. Widtsœ, cité par David B. Haight, L’Étoile, janvier 1991, p. 58)


1 Samuel 1:11


L'alliance qu'Anne fit avec le Seigneur et selon laquelle, si elle avait un enfant, « le rasoir » ne passerait pas sur sa tête, semble être une promesse d'élever Samuel comme un naziréen, quelqu'un qui promettait à Dieu de ne jamais se couper les cheveux. Samuel fournit un grand contraste avec Samson, car il respecta ses voeux de naziréen toute sa vie et devint un homme de Dieu puissant, alors que Samson viola tous ses voeux et devint l'exemple de l'échec dans le service de Dieu.


1 Samuel 1:20


Le nom Samuel signifie, en hébreu, « entendu par Dieu » (voir Keil and Delitzsch, Commentary, 2:2:25). Anne voulait que ce nom soit un rappel constant, pour elle et pour Samuel, des circonstances et des engagements qui furent pris avant sa naissance.


1 Samuel 1:20-28. Samuel est présenté au Tabernacle


« Les Israélites sevraient leurs enfants très tard. Selon 2 Maccabées 7:27, les mères hébraïques avaient l'habitude de nourrir leurs enfants pendant trois ans. Quand l'enfant serait sevré, Anne l'emmènerait au sanctuaire, pour qu'il soit devant le Seigneur et qu'il y reste à jamais, c'est-à-dire toute sa vie. Généralement, les Lévites n'étaient obligés d'accomplir le service du sanctuaire qu'entre leur vingt-cinquième et leur cinquantième année (voir Nombres 8:24-25), mais Samuel devait être présenté au Seigneur immédiatement après avoir été sevré, et il devait rester au sanctuaire à jamais, c'est-à-dire être entièrement au service du Seigneur. C'est dans ce but qu'il devait être formé au sanctuaire, afin que dès qu'il s'éveillerait sur le plan spirituel, il puisse recevoir les impressions données par la présence sacrée de Dieu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:26)


1 SAMUEL 2

1 Samuel 2:1-11


La prière d'Anne montre qu'elle avait une grande foi et qu'elle aimait Dieu qui lui avait donné la possibilité d'avoir un enfant. Le rocher (verset 2) était une image de protection. Jésus-Christ est le rocher ou la pierre d'Israël qui protège du mal (voir Matthieu 21:42-44).


1 Samuel 2:8


Le peuple de l'époque d'Anne ne pensait pas que le monde était plat et qu'il reposait sur des colonnes, comme le supposent certains. Cette superstition était une invention du Moyen-Age. Anne utilisait un langage poétique pour montrer la puissance de l'Éternel.


1 Samuel 2:12-22


Hophni et Phinées étaient les fils d’Éli, le souverain sacrificateur, et ils étaient eux-mêmes sacrificateurs. Mais ils étaient corrompus. Lorsque des Israélites se présentaient pour faire des sacrifices au tabernacle, Hophni et Phinées prenaient de force la chair des animaux du sacrifice avant que le gras n’ait été brûlé sur l’autel. Ils prenaient aussi une partie de la viande que l’offrant faisait bouillir pour le repas sacrificatoire (v. 12–17). C’étaient là des transgressions graves des lois de Dieu et revenaient à dépouiller Dieu. Les fils d’Éli commettaient aussi le péché extrêmement grave de séduire les femmes qui s’assemblaient à la porte du tabernacle (v. 22).


1 Samuel 2:13-36. Si les prêtres avaient droit à une partie de certains sacrifices, pourquoi les fils d'Éli furent-ils punis ?


« Dans ces offrandes, la portion qui revenait légalement au prêtre était la cuisse et la poitrine. Et il devait la recevoir lorsque les portions de graisse du sacrifice avaient été brûlées sur l'autel (voir Lévitique 7:30-34). Prendre la chair de l'animal sacrificatoire et la rôtir avant que cette offrande soit faite était un crime qui équivalait à un vol des biens de Dieu… En plus, les prêtres ne pouvaient pas prétendre recevoir la chair que celui qui offrait le sacrifice faisait bouillir pour le repas sacrificatoire, après avoir brûlé les portions de graisse sur l' autel et leur avoir donné les parties qui leur revenaient, sans parler de la prendre de force dans les marmites pendant qu'on la faisait bouillir (voir 1 Samuel 2:12-17). Une telle conduite de la part de jeunes gens (les serviteurs des prêtres), était un grand péché aux yeux de Dieu, parce qu'ils méprisaient ainsi le sacrifice du Seigneur. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:35-36)


Le mauvais exemple des prêtres faisait que certains Israélites méprisaient « les offrandes de l'Éternel » (verset 17). Mais ce n'était pas tout, car les fils d'Éli séduisaient des femmes et commettaient l'adultère à la porte même du tabernacle, manifestement en faisant mauvais usage de leur office de prêtre pour les tenter (voir le verset 22). D'après la loi de Moïse, désobéir volontairement aux parents était puni par la mort, et les parents étaient obligés de s'assurer que la punition était accomplie. Hophni et Phinées aggravèrent leurs péchés, qui étaient déjà sérieux, en désobéissant à leur père, et Éli ne s'acquitta pas de sa responsabilité parentale ainsi que de son office de grand-prêtre. Bien qu'il ait réprimandé ses fils, il ne prit aucune mesure pour que les abominations ayant cours dans sa famille et au tabernacle ne se reproduisent plus. En conséquence, « un homme de Dieu » (un prophète qui n'est pas nommé) vint le voir et maudit sa maison au nom de Dieu parce que : « tu honores tes fils plus que moi » (versets 27, 29). C'est-à-dire qu'Éli attachait une plus grande valeur aux rapports qu'il avait avec ses fils qu'à ceux qu'il avait avec Dieu.


« À Dieu ne plaise qu’il y en ait parmi nous qui soient si imprudemment permissifs, si insoucieux et si superficiels dans leur affection pour leurs enfants, que de peur de les offenser, ils n’osent pas les arrêter dans la mauvaise voie, dans les mauvaises actions et dans leur amour insensé des choses du monde plutôt que des choses de la justice. » (Joseph F. Smith, Doctrine de l’Évangile, p. 241)


1 SAMUEL 3

1 Samuel 3:1. « La parole de l'Éternel était rare en ce temps-là »


On entendait rarement la parole de Dieu dans le pays tout entier.


« L'histoire commence par des paroles significatives. Le jeune Samuel était au service de l'Éternel devant Éli. 'La parole de l'Éternel était rare en ce temps-là, les visions n'étaient pas fréquentes' (1 Samuel 3:1)… Cela veut dire qu 'il n'y avait aucun prophète sur terre grâce auquel le Seigneur pouvait révéler sa volonté, que ce soit par expérience personnelle ou par révélation.


« Éli, qui avaient les yeux troubles, était couché à sa place, et le jeune Samuel était également couché. Vous vous rappelez que cette nuit-là on appela : 'Samuel !' et pensant qu'Éli l'avait appelé, il se rendit à la chambre d'Éli, et celui-ci lui dit qu'il ne l'avait pas appelé. Il se recoucha et fut à nouveau appelé, puis une troisième fois. À ce moment-là, Éli, qui avait compris que quelqu'un d'invisible appelait le jeune Samuel, lui dit de répondre : « Parle, Éternel, car ton serviteur écoute ». Et lorsqu'on l'appela de nouveau, Samuel répondit comme cela lui avait été commandé. Le texte précise : 'Samuel ne connaissait pas encore l'Éternel, et la parole de l'Éternel ne lui avait pas encore été révélée'.


« Et après avoir reconnu le Seigneur et lui avoir dit : 'Ton serviteur écoute', il apprit que le Seigneur allait 'faire en Israël une chose qui étourdirait les oreilles de quiconque l'entendrait. Il expliqua ensuite pourquoi Éli ne pouvait plus recevoir de messages du Seigneur : 'Ses fils se sont rendus méprisables, sans qu'il les ait réprimés', ou en d'autres termes, il permettait à ses fils de maudire Dieu et menait donc le peuple d'Israël loin de Dieu. » (Harold B. Lee, But Arise and Stand upan Thy Feet – And I Will Speak with Thee, Brigham Young University Speeches of the Year, Provo, 7 février 1956, p. 2)


1 Samuel 3:19. Le Seigneur honora Samuel comme il honore ses apôtres


« Ne craignez pas que lorsqu'un des apôtres du Seigneur Jésus-Christ fait une prophétie au nom de Jésus-Christ, parce qu'il est inspiré à le faire. Que celle-ci ne se perde. Je connais plus d'une prophétie, qui, vue par des yeux profanes, semblait ne pas s'accomplir au fil des ans. Mais voici, selon la providence du Seigneur, cette prophétie s'accomplissait malgré tout. » (Heber J. Grant, Gospel Standards, p. 68)


1 SAMUEL 4

1 Samuel 4 à 7


Ces chapitres sont consacrés à la prise de l'arche de Dieu par les Philistins. Les Israélites pensaient que l'arche était le symbole visible de la présence de Dieu, mais la faire sortir de Silo à cette occasion montrait l'état de méchanceté d'Israël et non sa foi.


« Ils supposèrent en vain que l'arche pouvait les sauver, alors que le Dieu de cette arche les avait quittés à cause de leur méchanceté. Ils savaient que dans l'ancien temps leurs pères avaient été battus par leurs ennemis quand ils n'emportaient pas l'arche à la bataille, comme ce fut le cas pendant les guerres les opposant aux Cananéens (voir Nombres 14:44-45), et qu'ils avaient vaincu quand ils l'emportaient, comme lors de la construction de Jéricho (voir Josué 6:4). Ils tiraient leur confiance de ce dernier fait ; mais ils ne prirent pas à coeur la cause de leurs échecs. » (Clarke, Bible Commentary, 2:219)


Un grand désastre suivit l'apparition de l'arche parmi les troupes à cause de la méchanceté d'Israël. Ils suivirent une défaite retentissante, Hophni et Phinées furent tués et l'arche capturée. La nouvelle de la prise de l'arche et de la mort de ses fils consterna tellement Éli qu'il perdit l'équilibre, tomba en arrière et mourut, accomplissant ainsi la prophétie  selon laquelle sa maison aurait une fin tragique (voir 1 Samuel 2:27-36).

1 SAMUEL 5


Voir commentaire de 1 Samuel 4 à 7.


1 Samuel 5:2-3. Qui était Dagon ?


Dagon était un dieu philistin. Comme les Philistins croyaient que Dagon leur avait fait vaincre Israël, ils apportèrent l'arche dans le temple de ce dieu et la déposèrent à ses pieds comme un trophée de guerre.


1 Samuel 5:6-12 ; 6:1-9. Qu'est-ce que les hémorroïdes ?


Comme le mot traduit par hémorroïdes signifie « une tumeur enflammée », beaucoup de gens ont pensé que les Philistins furent atteints d'hémorroïdes, ce qui les poussa à rendre l'arche à Israël. La description des effets de cette maladie sur les Philistins indique quelque chose de beaucoup plus grave que les hémorroïdes, quoique celles-ci puissent être très douloureuses. Bien des gens moururent et ceux qui restèrent en vie souffrirent énormément (voir 1 Samuel 5:10-12). Josèphe a dit que c'était « une maladie très destructrice » comprenant la dysenterie, des saignements et de graves vomissements (voir Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, livre 6, chapitre 1, paragraphe 1). Cet auteur a également mentionné le grand fléau de rongeurs qui accompagna la maladie. Bien qu'il ne soit fait aucune mention directe de ce fléau, quand les Philistins cherchèrent à apaiser la colère de l'Éternel en rendant l'arche, ils donnèrent cinq tumeurs et cinq souris d'or en même temps (voir 1 Samuel 6:4).


La gravité de la maladie et le fait qu'il y ait eu des rongeurs fait penser à beaucoup d'érudits que les Philistins furent atteints de la peste bubonique. Cette maladie tient son nom des bubons, ou inflammations et gonflements des ganglions lymphatiques. Ces tumeurs se développent particulièrement dans la région de l'aine. On sait que rats et souris sont les agents principaux de cette maladie, car les puces qui la transmettent à l'homme vivent sur les rongeurs. Cela s'accompagne de beaucoup de souffrances, et le taux de mortalité peut atteindre 70 pour cent en une semaine (voir Hastings, Dictionary of the Bible, p. 598 ; Douglas, New Bible Dictionary, p. 368). Il n'est pas étonnant que les Philistins aient été pressés de rendre l'arche à Israël.


Les anciens Philistins étaient très superstitieux. Ils croyaient, comme beaucoup d'autres peuples dans le monde, qu'une représentation d'un objet pouvait être utilisée pour éloigner des pouvoirs maléfiques. C'est ce qu'ils semblent avoir pensé quand ils firent des représentations en or des tumeurs et des souris et les envoyèrent comme « offrande pour le péché » (verset 8)avec l'arche en territoire israélite.


1 SAMUEL 6

Voir commentaire de 1 Samuel 4 à 7.


1 Samuel 6:19-21. Combien de personnes moururent-elles à Beth-Chémesch, quand l'arche fut rendue, et pourquoi ?


« En ce qui concerne les hommes de Beth-Chémesch qui furent tués pour sacrilège, le récit hébreu dit : 'Et il tua parmi le peuple soixante-dix hommes, cinquante mille hommes'.  Ce n'est pas la manière correcte de dire 50 070 en hébreu. Les 'cinquante mille hommes' semblent avoir été ajoutés, c'est un commentaire. Les Septante et Josèphe ne mentionnent que 'soixante-dix hommes'. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:163).


Ce qu'ils firent exactement pour être maudits n'est pas clair. Si ce n'avait été que regarder l'arche, alors on se demande pourquoi ils ne furent pas tous tués. Les exégètes indiquent que le mot hébreu que l'on a traduit par regarder signifie en fait « regarder quelque chose avec convoitise ou un plaisir malveillant » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:69). Si l'on se rappelle que le dessus de l'arche et les chérubins qui s'y trouvaient étaient en or et que l'arche elle-même était recouverte de plaques d'or (voir Exode 25:10-18), il est possible que les habitants de Beth-Chémesch l'aient considérée d'un oeil envieux, ou du moins les tumeurs et les souris d'or qui y furent jointes. Mais quelle que soit la raison précise de leur mort, la leçon est la même. L'arche de l'alliance était un symbole tangible de la présence vivante de l'Éternel. Tout manque de sainteté, qu'il soit philistin ou israélite, n'était pas toléré.


1 SAMUEL 7

Voir commentaire de 1 Samuel 4 à 7.


1 Samuel 7:13. « Ainsi les Philistins furent humiliés »


À nouveau, la différence entre Samuel et Samson est évident dans ce passage. Ils étaient nés tous deux de femmes stériles grâce à une intervention miraculeuse, et ils devaient être naziréens à vie. Samson, malgré sa force physique extraordinaire, ne secoua pas le joug des Philistins parce qu'il ne s'était pas dédié au Seigneur. Samuel, d'un autre côté, libéra Israël de l'oppression des Philistins à cause de sa grande force spirituelle.


1 SAMUEL 8

1 Samuel 8:1. Quel genre de gouvernement y avait-il en Israël à l'époque de Samuel et des dirigeants qui le précédèrent ?


« Le gouvernement d'après les directives immédiates de Dieu, par l'intermédiaire de ses ministres et de ses représentants, cela s'appelle une théocratie. C'était le
gouvernement initial de la terre, Adam étant le grand-prêtre président, par l'intermédiaire duquel les lois du Seigneur, quelles soient temporelles ou spirituelles, étaient révélées et administrées. Ce genre de gouvernement s'est apparemment perpétué parmi les hommes justes depuis le temps d'Adam jusqu'à Énoch et l'enlèvement de Sion dans le sein du Seigneur.


« Après le déluge, les grands patriarches – Abraham, Isaac, Jacob et d'autres – semblent avoir eu ce genre de gouvernement. Des groupes justes de Jarédites étaient gouvernés d'après ce système. Israël, à l'époque de Moïse et des Juges, avait une base théocratique, et le même système fonctionnait parmi les Néphites, descendants de Léhi, durant la plus grande partie de leur longue histoire. Quand le Christ viendra régner personnellement sur terre lors du millénium, il y aura un parfait gouvernement théocratique (voir D&A 38:20-22 ; 58:20-22). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 789)


Ce genre de gouvernement était idéal. Durant le règne des juges, toutefois, la méchanceté du peuple et de certains dirigeants annula largement cette forme de gouvernement théocratique.


1 Samuel 8:3-7. Pourquoi les anciens d'Israël rejetèrent-ils Samuel en tant que juge et chef et voulurent-ils un roi ?


Les fils de Samuel étaient un mauvais exemple pour le peuple. Ils se détournèrent des vérités religieuses qu'ils avaient apprises durant leur jeunesse. Ils se servaient de leur poste de juges pour gagner de l' argent, trahissant leur charge sacrée en prenant des pots-de-vin et en rendant des jugements pervers. Mais, en plus, le peuple israélite était devenu faible et pécheur et enviait les royaumes environnants, quoique leurs gouvernements soient méchants et tyranniques. Ils se servirent donc des fils de Samuel comme excuse pour justifier leur désir d'avoir le même gouvernement que les nations des Gentils.


« Le peuple d'Israël décida que la cause de l'oppression et des afflictions dont il avait souffert de plus en plus au temps des juges se trouvait dans les défauts de leur propre constitution politique. Il voulait un roi, comme toutes les nations païennes, pour mener ses guerres et vaincre ses ennemis. Bien que le désir d'être gouverné par un roi, qui existait dans le pays depuis Gédéon, n'était pas en lui-même contraire à la désignation d'Israël en tant que royaume de Dieu, la motivation qui poussa le peuple à le vouloir était mauvaise et hostile à Dieu, car la source de tous les maux et malheurs dont souffrait Israël c'était l'apostasie de la nation, qui avait abandonné son Dieu et flirté avec les dieux païens. En conséquence, le fait de s'obstiner à demander un roi, malgré les avertissements de Samuel, était un véritable rejet de la souveraineté de l'Éternel, car il s'était toujours manifesté à son peuple comme roi en les délivrant de ses ennemis dès qu'il s'était tourné vers lui en faisant simplement pénitence. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:78)


Le Seigneur lui-même dit à Samuel : « Ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'est moi qu'ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux » (verset 7).


1 Samuel 8:11-12. Quels sont les dangers d'un gouvernement monarchique ?


Samuel mit les Israélites en garde contre trois grands maux d'un gouvernement monarchique : des impôts excessifs (voir les versets 15, 17), l'asservissement (voir les versets 11-14, 16) et la saisie de terres privées (voir les versets 14-15). 


« Le système de gouvernement monarchique en lui-même, quels que soient les talents ou le caractère élevé d'une personne montant sur le trône, n'est pas la meilleure forme de gouvernement, celle où le souci instinctif du gouvernement consiste à veiller sur les intérêts du peuple tout entier. Il est inhérent à la nature du meilleur système monarchique que des privilèges et une admiration excessive et discutable soient accordés aux membres de la classe dirigeante…


« Il est vrai que le Seigneur a parfois, avant la naissance du Christ, administré des gouvernements justes et théocratiques par l'intermédiaire de rois, mais un tel gouvernement monarchique approuvé n'a pas existé parmi les hommes depuis quelque 2000 ans. Un tel système, où le roi est le représentant du Seigneur, est une copie du véritable royaume de Dieu et un bon gouvernement, mais même dans ce cas, quand un roi injuste obtient le trône, les bénédictions et les libertés du système cessent. Comme l'a dit le roi Mosiah : 'Comme tous les hommes ne sont pas justes, il n'est pas expédient que vous ayez un roi ou des rois pour vous gouverner. Car voici, combien un seul mauvais roi ne fait-il pas commettre d 'iniquités ? Oui, et quelle destruction !' (Mosiah 29: 16-17). En attendant le jour où celui qui en a le droit régnera à nouveau, les saints doivent se soumettre aux pouvoirs en place. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 414-415)


1 SAMUEL 9

Saül consulte le prophète Samuel (v. 1-14, 18-24). Le Seigneur révèle à Samuel que Saül doit devenir roi (v. 15-17). Samuel conseille Saül (v. 25-27).


1 Samuel 9:1-17. Quel genre de personne Saül était-il avant d'être appelé comme roi ?


Les Écritures indiquent qu'il était « plus beau qu' aucun des enfants d'Israël» (verset 2). Le mot beau semble indiquer beaucoup de qualités qui firent de Saül un candidat logique pour devenir le premier roi d'Israël. Tout ce que révèle la Bible, c'est que Saül était honnête, qu'on pouvait compter sur lui, qu'il respectait ses parents et que tout cela lui promettait une belle réussite dans la grande tâche qui l'attendait. Beau décrit aussi les caractéristiques physiques de Saül. Sur ce plan, il était particulièrement le héros et l'homme valeureux que tout Israël recherchait. Il avait environ trente centimètres de plus que les personnes de sa génération.


Pourtant, les événements futurs montrent qu'en choisissant Saül le Seigneur donnait une leçon à Israël concernant les gens et les rois. Car Dieu savait ce qui allait se passer, comme en toutes choses. Au début Saül avait un grand respect pour la loi de Moïse et pour Dieu, mais « se sentant puissant, et ayant une personnalité énergique, il fut tenté de ne plus respecter les commandements de Dieu. Son zèle à appliquer ses plans lui fit prendre hâtivement des mesures violentes et imprudentes, et en réussissant ses entreprises, son ambition devint une rébellion pleine de morgue contre le Seigneur, le Dieu-roi d'Israël » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:79).


1 Samuel 9:9-27


Un voyant c'est quelqu'un qui a la capacité de voir l'avenir. Comme le dit le Livre de Mormon, les voyants sont des hommes qui ont le pouvoir de « connaître les choses qui sont passées et aussi les choses qui sont à venir » (Mosiah 8:17). Dans certains cas, ils font cela à l'aide de l'urim et du thummim. La possession de ces instruments, jadis, faisait d'un homme juste un voyant (voir Mosiah 8:13-18 ; 28:1016). C'est ainsi qu'un voyant est plus grand qu'un prophète (voir Mosiah 8:15). Le moyen grâce auquel Samuel identifia Saül montre clairement qu'il avait le don de voyance. Les membres de la Première Présidence et le collège des douze apôtres sont également soutenus et ordonnés comme prophètes, voyants et révélateurs.


1 Samuel 9:20. Est-ce qu'Israël voulait que Saül soit son roi ?


On peut comprendre que ce verset indique que Saül, futur roi, était l'incarnation de ce qu'Israël désirait, même si le peuple ne savait pas qu'il régnerait sur eux. Cela pourrait également dire que sa taille, son charisme et ses autres qualités étaient bien connus et qu'on parlait de lui pour la royauté.


1 SAMUEL 10


Samuel oint Saül comme premier roi d’Israël (v. 1-8). Saül connaît une nouvelle naissance spirituelle et prophétise (v. 9-13). Samuel le présente au peuple (v. 17-27).


1 Samuel 10:1. Quelle est l'importance de l'onction de Saül ?


L'onction d'huile, dans le cadre du service de la prêtrise, est aussi ancienne qu'Adam. Puisque le Seigneur établit le royaume d'Israël et révéla les lois qui devaient gouverner ses rois, il était convenable qu'ils soient oints d'huile.


« L'onction d'huile symbolisait le fait que l'on recevait l'Esprit de Dieu, tout comme l'huile elle-même, parce qu'elle donne de la force à la vie physique, symbolisait l'Esprit de Dieu, principe de force divine et spirituelle (voir Lévitique 8:12). Auparavant, il n'y avait eu aucune autre onction parmi le peuple de Dieu autre que celle des prêtres et du sanctuaire (voir Exode 30:23-38 ; Lévitique 8:10-36). Quand Saül, donc, fut consacré roi par onction, la monarchie fut inaugurée comme étant une institution divine… grâce à laquelle, dorénavant, le Seigneur accorderait également à son peuple les dons de son Esprit pour l'édification de son royaume. Tout comme les prêtres étaient consacrés par onction pour être les intermédiaires des bénédictions morales de la grâce divine pour Israël, de même le roi était consacré par onction pour être le véhicule et l'intermédiaire de toutes les bénédictions que le Seigneur, en qualité de Dieu-roi, conférerait à son peuple, par l'institution d'un gouvernement civil. Grâce à cette onction, que Samuel accomplit sous la direction de Dieu, le roi fut mis à part du reste de la nation comme 'oint de l'Éternel'. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:95)


Toutefois, Samuel oignit Saül pour qu'il soit « le chef », même si plus tard on l'appela roi (voir 1 Samuel 10:1). Ce titre aurait dû lui rappeler que le Seigneur était toujours roi.


1 Samuel 10:25


L'Ancien Testament mentionne plusieurs livres qui ne font pas partie de nos Écritures actuelles. 


« L'Ancien et le Nouveau Testament mentionnent des livres et des épîtres dont nous ne disposons pas à présent. Il s'agit du livre de l'Alliance (voir Exode 24:4, 7), du livre des Guerres de l'Éternel (voir Nombres 21:14), du livre du Juste (voir Josué 10:13 ; 2 Samuel 1:18), du livre des Actes de Salomon (voir 1 Rois 11:41), des livres de Nathan et de Gad (voir 1 Chroniques 29:29 ; 2 Chroniques 9:29), de la prophétie d'Achija et des Visions d'Iddo (voir 2 Chroniques 9:29 ; 12:15 ; 13:22), du livre de Chemaeya (voir 2 Chroniques 12:15), du livre de Jéhu (voir 2 Chroniques 20:34), des Actions d'Ozias, écrites par Ésaïe (voir 2 Chroniques 26:22), du livre de Hozaï (voir 2 Chroniques 33:19), d'une épître de Paul aux Corinthiens (voir 1 Corinthiens 5 : 9), d'une épître de Paul aux Éphésiens (voir Éphésiens 3:3), d'une épître de Paul aux Laodicéens (voir Colossiens 4:16) et des prophéties d'Énoch (voir Jude 14). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 454)


Il est certain que les livres canoniques ne contiennent pas tout ce que Dieu a dit à ses enfants, et ceux qui disent que la Bible est complète se trompent. Le Livre de Mormon lui-même ne contient pas « même la centième partie » de tous les textes dont disposait Mormon pour faire son abrégé (voir 3 Néphi 5:8 ; voir aussi les versets 9-11).


1 SAMUEL 11

Saül conduit Israël à la victoire au cours d’une bataille avec les Ammonites (v. 1-11). Il refuse de punir les hommes qui avaient douté de sa capacité de diriger le peuple (v. 12-15)
.


Nahach, roi des Ammonites, et son armée, attaquèrent les tribus à l'est du Jourdain. Il voulait certainement récupérer la partie de Galaad que son ancêtre revendiquait au temps de Jephthé (voir Juges 11:13). En désespoir de cause, les hommes de Jabès-Galaad demandèrent l'aide des tribus à l'ouest du Jourdain. Quoique Saül ait été officiellement désigné comme roi, les tribus semblent avoir gardé des gouvernements autonomes. Certaines tribus l'avaient même rejeté comme roi (voir 1 Samuel 11:12). À cette époque difficile, Saül était au mieux de sa forme. Il tua des boeufs et en envoya des morceaux à chaque tribu pour bien indiquer que cette crise exigeait l'union d'Israël (voir verset 7). Il joignit son autorité à celle de Samuel dans un message. Ainsi dirigées, les armées d'Israël infligèrent une défaite retentissante aux Ammonites, et Saül reconnut que c'était grâce au Seigneur (voir le verset 13). La victoire fut le catalyseur qui unifia les tribus en une nation pour la première fois. Saül était tellement soutenu qu'on proposa que ceux qui avaient douté de son droit de gouverner soient mis à mort. Saül rejeta cette offre. La cérémonie de Guilgal était de la sagesse, de la part de Samuel, et elle permit d'officialiser le fait que la population acceptait Saül après sa grande victoire.

1 SAMUEL 12

1 Samuel 12


Ce chapitre contient le témoignage de Samuel sur la façon dont le Seigneur bénit Israël dès le début. Samuel rappela au peuple que le Seigneur avait toujours été juste envers eux et il leur dit qu'ils devaient également être justes l'un envers l'autre. Il leur rappela ensuite les époques où Israël avait oublié le Seigneur et connu de grandes calamités. Il les encouragea à servir le Seigneur de crainte qu'un fléau encore plus important ne s'abatte sur eux.

1 SAMUEL 13

1 Samuel 13:5-14. Pourquoi Saül a-t-il cherché à assumer les tâches de prêtrise de Samuel ?


Il ne fallut pas longtemps avant que Saül ait une opinion exagérée de son pouvoir et de son importance. Cette tendance est naturelle chez les hommes qui oublient le Seigneur et s'appuient sur leurs seules ressources.


« Nous avons appris par triste expérience qu'il est de la nature et des dispositions de presque tous les hommes de commencer à exercer une domination injuste aussitôt qu'ils reçoivent un peu d'autorité ou qu'ils croient en avoir. » (D&A 121:39)


Il est vrai qu'ils traversaient une grande crise. Les Philistins avaient rassemblé de grandes forces, et il y avait des déserteurs dans l'armée de Saül (voir 1 Samuel 13:6). Comme Samuel était en retard, Saül prit les choses en main et offrit les sacrifices. Cet acte était un grand péché.


« Pensez aussi à Saül, qui avait été appelé, alors qu'il se trouvait dans les champs, pour devenir roi d'Israël. Lorsque les Philistins marchèrent contre Israël, à Micmash, Saül attendit Samuel, dont la main l'avait oint roi et qu'il avait toujours considéré comme son guide aux jours de son humilité : il avait demandé au prophète de venir offrir des sacrifices au Seigneur en faveur du peuple. Mais, s'impatientant devant le retard de Samuel, Saül prépara l'holocauste lui-même, oubliant que bien qu'il occupait le trône et portait la couronne et le sceptre, ces insignes du pouvoir royal ne lui donnaient même pas le droit d'officier comme diacre dans la prêtrise de Dieu ; et c'est pour cela, et pour d'autres cas encore où il se montra trop présomptueux, qu'il fut rejeté par Dieu et qu'un autre devint roi à sa place. » (Talmage, Articles de foi, p. 229)


Les circonstances étaient critiques, mais l'un des buts de la mortalité, c'est de démontrer que l'on restera fidèle et obéissant dans toutes les situations (voir D&A 98:14-15). Saül ne le fut pas et perdit ainsi le droit de représenter le peuple auprès de Dieu.


1 Samuel 13:19-21. Pourquoi n'y avait-il pas de forgeron en Israël ?


Les savants croient qu'à l'époque les Israélites ne savaient pas travailler le fer. Les Philistins gardaient le secret avec soin pour maintenir la supériorité de leurs armes sur celles des Israélites qui étaient en cuivre, métal moins dur. En conséquence, les Israélites n'avaient pas les meilleurs chars, en fer, et ils ne pouvaient pas fabriquer des épées et des lances de fer. Les autres instruments mentionnés : soc, hoyau, bêche et trident, devaient être apportés aux Philistins qui les aiguisaient. Un soc est un instrument de métal servant à labourer et un hoyau est une petite houe pour jardiner, qui sert à ameublir la terre et enlever les mauvaises herbes. La bêche est un instrument égyptien servant au défrichage et le trident est une perche pointue d'environ 150 cm utilisée pour aiguillonner les animaux têtus.


1 SAMUEL 14

Alors que David reçoit beaucoup d’honneurs de la part du peuple pour son succès à la bataille, on ne fait guère attention à ceux de Jonathan sur le champ de bataille (v. 1-16).


1 Samuel 14:15
. Qui étaient « ceux qui ravageaient » parmi les Philistins ?


Dans les armées d'antan, certains hommes étaient chargés de détruire les récoltes, les maisons, les granges, le bétail et ainsi de suite. Ils ne devaient pas tuer des hommes mais rendre la vie difficile à la population civile qui soutenait les militaires (voir Clarke, Bible Commentary, 2:249).


1 Samuel 14:1-3. Ces versets permettent de mieux comprendre le caractère de Jonathan, fils de Saül, jeune homme ayant une grande foi en Dieu (voir les versets 6, 10). S'aventurer dans le camp des Philistins n'était pas téméraire mais montrait de la foi et du courage.


1 Samuel 14:19-46. Pourquoi Saul essaya-t-il de tuer Jonathan ?


Saül chercha sottement à gagner une bataille contre les Philistins en essayant d'obtenir l'aide du Seigneur d'une façon incorrecte. L'attaque courageuse de Jonathan et du jeune homme qui portait ses armes dans le camp des Philistins changea soudainement les circonstances de la bataille. Les Philistins furent mis en déroute, et même les hommes qui s'étaient cachés sortirent pour participer à la bataille (voir le verset 22). Dans le feu de la bataille, Saül avait obligé ses hommes à jurer qu'ils jeûneraient toute la journée. Cette restriction mit ceux-ci en détresse, car le jeûne ajouta la faiblesse de la faim à la fatigue de la bataille (voir le verset 24).


« Cet ordre de Saül ne venait pas d'une attitude correcte envers le Seigneur mais était une action d'un zèle déplacé par lequel Saül montrait plus de considération pour lui-même et son pouvoir royal que pour la cause du royaume de l'Éternel, comme l'indique cette expression… 'avant que je me sois vengé de mes ennemis !' » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:142)


Deux malheureux incidents découlèrent de l'ordre que Saül avait donné de jeûner. Premièrement, Jonathan, qui se trouvait dans le camp des Philistins quand le roi avait fait jurer à son armée de ne pas manger, viola le serment en mangeant du miel (voir les versets 25-27). Quand on lui parla du serment, Jonathan reconnut franchement que son père avait fait une bêtise. Comme ses propres forces avaient été ravivées par la nourriture, il se demanda à haute voix combien grande aurait été la victoire si le peuple avait eu la permission de manger au lieu de se battre dans un état d'épuisement physique (voir les versets 28-30).


Le second incident malencontreux se produisit plus tard dans la journée quand le peuple, affaibli par la faim, se jeta sur les animaux capturés aux Philistins et « en mangea avec le sang » (verset 32). Les bêtes ne furent pas tuées correctement, pour drainer le sang, ce qui était une violation de la loi mosaïque (voir Lévitique 17:10-14). Saül tenta immédiatement d'expier cet acte en offrant des sacrifices au Seigneur (voir les versets 33-35). Mais lorsqu'il chercha à recevoir une révélation de Dieu touchant le fait d'aller ou non combattre les Philistins, il ne reçut point de réponse (voir les versets 36-37). Le roi en conclut qu'un autre péché commis par le peuple était la cause du silence du Seigneur. Il ordonna donc que le peuple soit rassemblé face à Jonathan et lui-même, promettant que le coupable serait mis à mort. Pour bien montrer qu'il était décidé à exécuter sa menace, Saül indiqua qu'il mettrait même son propre fils à mort s'il était coupable (voir le verset 39), ne sachant pas qu'en fait c'était bien lui qui serait menacé de mort.


« Ce que Jonathan avait fait n'était pas mauvais en soi, mais le devint simplement à cause du serment de Saül, qui avait interdit cela. Toutefois, Jonathan n'avait pas entendu ce serment et il n'avait donc pas transgressé sciemment… Dans ce cas, Saül avait lancé une interdiction sans avoir l'autorité divine pour le faire et, par un serment solennel, en avait fait une obligation pour le peuple. Celui-ci avait consciencieusement obéi à cet ordre, mais Jonathan l'avait enfreint sans le savoir. C'est pour cela que Saül était prêt à le punir en le mettant à mort, afin de tenir son serment.


« Mais le peuple s'y opposa. Non seulement il déclara que Jonathan était innocent, car il avait désobéi à l'ordre du roi sans le savoir, mais il protesta aussi, affirmant qu'il avait obtenu la victoire en faveur d'Israël 'avec Dieu'. Ce fait (la victoire de Jonathan) était un verdict divin. Saül ne pouvait pas ne pas reconnaître à présent que ce n'était pas son fils, mais lui-même, qui avait péché, et que c'est en donnant un ordre arbitraire et despotique qu'il avait rendu Israël coupable, et pour cette raison Dieu ne lui avait pas répondu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:146-147)

1 SAMUEL 15

1 Samuel 15:2-35


Les Amalécites étaient de vieux ennemis d'Israël, et leur punition avait été prédite depuis longtemps (voir Exode 17:8-16 ; Deutéronome 25:17-19). Comme Saül n'obéit pas
avec exactitude et honneur à la parole du Seigneur, celui-ci le rejeta comme roi d'Israël (voir les versets 11, 26). La mauvaise excuse qu'il donna, selon laquelle il avait gardé les meilleurs animaux pour en faire un sacrifice, n'était pas acceptable, même si c'était vrai. Comme lui a dit Samuel : « L'obéissance vaut mieux que les sacrifices… car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l'est pas moins que l'idolâtrie » (1 Samuel 15:22-23). La source du problème de Saül est révélée ici (voir le verset 17). Il avait été appelé à cause de son humilité (« tu étais petit à tes yeux », verset 17), et à présent il se reposait sur sa propre sagesse et ne se tournait pas vers Dieu.


Le repentir du roi (voir les versets 24-25) venait trop tard et il ne dura pas longtemps. La deuxième transgression relevait essentiellement du péché de désobéissance dont il s'était rendu coupable auparavant (voir 1 Samuel 13:8-14). S'il s'était repenti profondément et sincèrement, le second incident ne se serait jamais produit. Comme le Seigneur nous a prévenus à notre époque, « mais les premiers péchés [que le Seigneur a pardonnés, ndlr] retourneront à l'âme qui pèche » (D&A 82:7).

1 SAMUEL 16

1 Samuel 16:1-13


En tant que fils de Saül, Jonathan est en première place pour être roi. Toutefois c’est David que le prophète Samuel oint pour devenir le prochain roi (v. 6-13)


Ces versets contiennent les directives que le Seigneur a données à son prophète pour choisir un nouveau roi. Remarquez le conseil du Seigneur au verset 7. Les mortels ont tendance à voir l'apparence, mais le Seigneur a le pouvoir de regarder au fond des hommes et des choses.


« Nous avons… tendance à évaluer les autres d’après les apparences : la ''beauté, le niveau et l’origine sociaux, les études ou la situation financière. Le Seigneur, lui, emploie une autre mesure pour évaluer les gens… Il ne déroule pas un mètre ruban autour de [leur] tête pour évaluer [leur] capacité mentale, ni autour de [leur] poitrine pour connaître [leur] courage, mais c’est le cœur qui lui indique la capacité et la faculté de bénir les autres. » (Marvin J. Ashton, L’Étoile, janvier 1989, page 12.


« La corne d'huile » était probablement une corne de bélier remplie d'huile d'olive qu'on utilisait pour oindre ceux qui étaient choisis par le Seigneur (voir le verset 13 ainsi que le verset 1).


1 Samuel 16:14-23. Le Seigneur a-t-il réellement envoyé un mauvais esprit pour affliger Saül ?


Dieu n'envoie pas de mauvais esprit et il ne donne pas de révélation par l'intermédiaire des mauvais esprits qui agitent parfois les hommes. Il les a depuis longtemps chassés du ciel car ils s'étaient rebellés contre lui.


La traduction de Joseph Smith corrige ce passage pour qu'il dise : « Un mauvais esprit qui ne venait pas du Seigneur l'agita ».


Ce sont les premiers signes indiquant que le Seigneur avait rejeté Saül. Celui-ci fut de moins en moins en paix avec lui-même et finit par devenir un homme malheureux, envahi par un sentiment de culpabilité.

1 SAMUEL 17

1 Samuel 17:1-3. Où se trouve la vallée des Térébinthes ?


Au dessous de la contrée vallonnée de Juda, et dans la direction de la mer Méditerranée, il y a de nombreuses vallées ou oueds. C'est là qu'on trouve la vallée des Térébinthes, où David se battit contre Goliath, près d'Azéka, dans la Shephela, région de collines (voir 1 Samuel 17:1). 


1 Samuel 17:4. « Un homme sortit du camp… il se nommait Goliath »


« Le sens de… ish habbenayim : l'intermédiaire, entre les deux, c'est-à-dire ici l'homme qui entreprend de régler la dispute entre deux armées ou nations. » (Clarke, Bible Commentary, 2:261)


Bien que cela semble curieux à une époque où l'on pratique la guerre moderne, il était courant jadis que des armées ennemies, qui étaient généralement petites, choisissent chacune un représentant. Les deux hommes se battaient, et l'issue du combat déterminait laquelle des armées avait gagné la bataille (comparer ce verset avec 2 Samuel 2:12-17, qui raconte un choix semblable de représentants des deux côtés).


1 Samuel 17:4-11. Quelle était la taille de Goliath et combien pesait son armure ?


D'après ce passage, Goliath mesurait six coudées et un empan. L'opinion qui prévaut sur la longueur d'une coudée est de 50 cm ou, en gros, la distance entre le coude et le bout du majeur tendu. Un empan a une longueur égale à la moitié de la distance entre le pouce et le bout de l'auriculaire, quand les doigts sont aussi tendus que possible. Ces mesures feraient que Goliath mesurerait environ trois mètres. Il n'est pas étonnant que les Philistins aient choisi un tel homme ou que personne en Israël n'ait voulu représenter Saül.


Il est rare aujourd'hui que quelqu'un dépasse les deux mètres, mais on croit communément que jadis il y avait des hommes dont la taille dépassait de beaucoup les deux mètres. On trouve des passages des Écritures parlant de géants dans les premiers temps : à l'époque d'Énoch (voir Moïse 7:15), de Noé (voir Moïse 8:18 ; Genèse 6:4) et des Israélites (voir Nombres 13:33 ; Deutéronome 2:10-11 ; Josué 15 :8). Cette race de géants était appelée anakim (ce qui signifiait « long cou » ou « grand » en hébreu) par les Israélites. Elle semble avoir été presque complètement détruite durant la conquête de Canaan par Josué (voir Josué 11:21). En fait, le texte rapporte qu'il ne restait plus d'anakim excepté à Gaza, Asdod et Gath (voir Josué 11:22). C'est de cette dernière ville que venait Goliath (voir 1 Samuel 17:4).


Les experts ont estimé que l'armure de Goliath pesait dans les 70 kilos (voir Clarke, Bible Commentary, 2:261). Une ensouple de tisserand était un bout de bois long et épais sur lequel on tendait les fils avant de tisser. On estime que la lance de cet homme pesait entre 6 et 12 kg ; cela dépend de l'expert qu'on consulte et du poids qu'il accorde à un sicle. L' armure d'airain qu'il avait aux jambes se fixait sur le devant, entre le dessous du genou et de la cheville.


1 Samuel 17:12-20


Ces versets font un bref retour en arrière, introduisant à nouveau le jeune David dans l'histoire. Bien qu'il ait été le porteur d'armes de Saül, le jeune homme, à l'opposé des combattants, avait manifestement la permission de rentrer chez lui de temps à autre.


1 Samuel 17:17


L'épha était une mesure « sèche » qui équivalait à peu près à 22 litres.


1 Samuel 17:20-51. « Je marche contre toi au nom de l'Éternel des armées »


L'histoire de David et Goliath est si connue que certains lecteurs prennent le courage du premier pour quelque chose de convenu. Toutefois, son courage ne venait pas de la confiance qu'il avait en lui-même, bien qu'il ait cru qu'il savait combattre. Quand il était berger, il avait souvent utilisé la fronde. C'était une manière efficace d'éloigner les loups et les autres animaux dangereux du troupeau, d'attirer l'attention des moutons qui s'écartaient et de les ramener au pâturage. Grâce à son expérience, il avait confiance en ses capacités, mais la véritable source de son courage était la foi qu'il avait dans la puissance du Dieu vivant.


En fait, la différence entre David et les autres Israélites était grande sur le plan de la foi et du courage. Il était furieux que ce « Philistin, cet incirconcis… insulte l'armée du Dieu vivant » (verset 26). Les Israélites ne ressentaient pas la même colère. Mais seulement une forte crainte due à la taille et à la force du géant. Ce que David a répondit à Goliath est un exemple classique de foi et de courage : « Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot ; et moi je marche contre toi au nom de l'Éternel des armées… Aujourd'hui, l'Éternel te livrera entre mes mains… Et toute la terre saura qu'Israël a un Dieu… Car la victoire appartient à l'Éternel. Et il vous livre entre nos mains » (versets 45-47).


« Il y a des Goliaths tout autour de vous, des géants animés de l’intention de causer votre perte. Ce ne sont pas des hommes de deux mètres soixante-dix, mais des hommes et des institutions qui ont à leur disposition des choses attrayantes mais mauvaises, qui risquent de vous affaiblir et vous perdre. Au nombre de ces choses figurent l’alcool et le tabac. Ceux qui font le commerce de ces produits aimeraient y asservir les gens. Il y a des drogues de toutes sortes qui, me dit-on, sont relativement faciles à obtenir… Pour ceux qui les colportent, c’est une industrie qui rapporte des milliards, un gigantesque réseau du mal. Il y a la pornographie… C’est devenu une industrie géante qui diffuse des magazines, des films et d’autres produits destinés à prendre votre argent et à vous amener à des activités capables de causer votre perte. Les géants qui sont à l’origine de ces efforts sont redoutables et habiles. Ils ont acquis une vaste expérience de la guerre qu’ils mènent. Ils voudraient vous prendre au piège. Il est presque impossible d’éviter complètement d’être exposés à leurs produits. On s’y heurte où qu’on se tourne.


« Mais vous n’avez rien à craindre si vous avez la fronde de la vérité dans les mains. On vous a conseillés, instruits et avertis. Vous avez les pierres de la vertu, de l’honneur et de l’intégrité pour combattre ces ennemis qui voudraient vous conquérir. En ce qui vous concerne, vous pouvez les frapper 'entre les yeux', pour utiliser une expression imagée. Vous pouvez en triompher en vous imposant la discipline de les éviter. Vous pouvez leur dire à tous comme David l’a dit à Goliath : 'Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot; et moi je marche contre toi au nom de l’Éternel des armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insulté'. Vous remporterez la victoire… Vous avez sa force en vous pour vous soutenir. Vous avez droit au ministère d’anges pour vous entourer et vous protéger. Ne laissez pas Goliath vous effrayer. Tenez bon et ne vous laissez pas faire, et vous triompherez. » (Gordon B. Hinckley, Conference Report, avril 1983, p. 66)


1 Samuel 17:49. La gibecière et la fronde du berger


À cette époque, les bergers avaient une fronde et une petite bourse de laine ou de cuir, où ils mettaient des aliments ou des pierres qu'ils emportaient à l'endroit où les moutons paissaient. David utilisa sa gibecière de berger pour mettre les pierres qu'il s'était procurées dans le torrent. Les frondes étaient faites de diverses matières, la
plus courante étant le cuir. Des poils, de la laine, des muscles d'animaux ou des joncs servaient à faire la poche où l'on mettait les pierres. Il y avait des cordes attachées de chaque côté de la poche et on la faisait tournoyer jusqu'à atteindre une certaine vitesse. Quand on lâchait une corde, la pierre était catapultée vers la cible. Toute pierre qui n'était pas parfaitement ronde n'atteignait pas le but avec précision. Il était également important d'avoir des pierres de même taille et même poids. Jadis, les lanceurs de pierre, tout particulièrement les bergers qui avaient du temps à perdre, acquéraient une grande précision. Quand ils ne s'en servaient pas, les bergers portaient leur fronde autour du front ou de la taille. On utilisait assez couramment la fronde dans le Proche-Orient ancien. Les Israélites, qui n'avaient pas souvent de chars quand ils guerroyaient, employaient beaucoup de lanceurs de pierres bien entraînés. Il en allait de même pour les peuples vivant dans les régions environnantes.


1 Samuel 17:52-58


Ces versets pourraient faire croire au lecteur que Saül, qui avait déjà fait la connaissance de David, ne savait pas qui il était. La question que le roi posa à Abner concernant David signifie simplement « qui est ce jeune homme qui a tant de courage ? Manifestement, il peut faire plus que jouer de la harpe. Qui est son père ? De quelle famille vient-il ? Où a-t-il obtenu un tel courage ? Est-ce que c'est réellement le jeune homme qui nous a accompagnés pendant tout ce temps ? »


1 SAMUEL 18

1 Samuel 18.
Encore une fois, les faiblesses du caractère de Saül se manifestèrent. Il était jaloux de la nouvelle popularité de David (voir les versets 6-8, 16). Il essaya de se débarrasser du jeune homme de deux manières (voir les versets 10- 11; 21-25). Mais quoique Saül ait été jaloux de la popularité grandissante de David, rien n'indique encore qu'il ait su que David avait été oint pour lui succéder. Bien que le peuple d'Israël ait célébré les prouesses guerrières de David, le Seigneur déclara plus tard qu'à cause de cela il ne pourrait pas construire le temple. C'est son fils, Salomon, qui eut cet honneur (voir 1 Chroniques 22:8).


1 Samuel 18:1-16. Jonathan et David font une alliance d’amitié (v. 1-4). David est honoré par les Israélites pour son succès au combat (v. 5-7). Saül devient jaloux de David et essaie de le tuer à l’aide d’un javelot (v. 8-16 ; Note : dans la traduction de Joseph Smith, 1 Samuel 18:10 dit que le mauvais esprit qui venait sur Saül n’était pas de Dieu). David combat les Philistins en échange du droit d’épouser la fille de Saül, ignorant que celui-ci espère qu’il mourra sur le champ de bataille (v. 17-25). Il triomphe des Philistins et épouse Mical, fille de Saül (v. 26-28).


1 SAMUEL 19


En dépit des efforts de Jonathan pour changer les sentiments de Saül vis-à-vis de David, Saül continue à chercher à ôter la vie à celui-ci (v. 9-10).


1 Samuel 19:1-18. Jonathan dit à David de se cacher et essaie de convaincre Saül de ne pas le tuer (v. 1-7). Saül échoue dans une nouvelle tentative de tuer David d’un coup de javelot (v. 9-10). Mical sauve David d’un nouvel attentat de Saül contre sa vie (v. 11-18).


1 Samuel 19:1-11. Jonathan, fils de Saül, est un des hommes les plus nobles de l'Israël ancien. Il aurait pu considérer que David était une menace, comme le faisait son père, puisque le fils aîné héritait généralement de la royauté. Mais il aida plutôt David, lui permettant même d'échapper au roi. Il est vrai que Jonathan aima David avec « une grande affection » (1 Samuel 18:1).


1 Samuel 19:18-24. Samuel et l'école des prophètes


Après que David ait échappé à Saül avec l'aide de sa femme, Mical, le roi envoya des messagers pour le tuer. Mais le jeune homme se réfugia auprès de Samuel dans ce que les exégètes ont appelé « l'école des prophètes » (Keil et Delitzsch, Commentary, 2:2:199). Ils ont montré que des prophètes tels que Samuel, Élie et Élisée tenaient des écoles qu'on appelle ici « l'assemblée des prophètes » (verset 20). Ailleurs, les hommes qui allaient dans ces écoles furent appelés « fils des prophètes » (1 Rois 20:35). Ce fait est intéressant pour les saints des derniers jours, car Joseph Smith organisa une école semblable à Kirtland, pour que les détenteurs de la prêtrise y apprennent les tâches qui leur incombaient. Quand les envoyés de Saül et Saül lui-même arrivèrent enfin, ils furent sous l'influence de l'Esprit, et c'est ainsi que David eut la vie sauve.


Que le peuple ait dit : « Saül est-il aussi parmi les prophètes ? » (verset 24) s'explique de cette manière :


« Il enleva ses vêtements royaux ou sa tenue militaire, ne gardant que sa tunique. Il resta ainsi durant toute la journée et toute la nuit, se joignant aux fils des prophètes en des prières, des cantiques de louanges et autres exercices spirituels, ce qui n'était pas courant chez les rois et les guerriers, et cela poussa le peuple à dire : 'Saül est-il aussi parmi les prophètes ?' En le mettant, ainsi que ses hommes, sous l'influence divine, Dieu les empêcha de faire du mal à David. » (Clarke, Bible Commentary, 2:274)


Cet événement remarquable trouve un parallèle dans l'histoire de l'Église moderne. Lors de la mission qu'il accomplit en Grande-Bretagne, Wilford Woodruff fut délivré des autorités gouvernementales grâce à l'influence de l'Esprit :


« Quand je me levai pour parler chez frère Benbow, un homme entra et m'informa qu'il était agent de police, et que le curé de la paroisse l'avait envoyé avec un mandat d'arrêt à mon nom. Je lui demandai : 'Pour quel crime ?' Il répondit : 'Pour prédication'. Je lui dis que, tout comme le pasteur, j'avais un permis pour prêcher l'Évangile, et que s'il voulait bien s'asseoir, je m'occuperais de lui après la réunion. Il prit ma chaise et s'assit près de moi. Pendant une heure un quart j'ai prêché les premiers principes de l'Évangile éternel. La puissance de Dieu me fut donnée, l'Esprit remplit la maison et les personnes furent convaincues. À la fin de la réunion, j'invitai mes auditeurs à se faire baptiser, et sept d'entre eux se présentèrent. Parmi eux, il y avait quatre prédicateurs et l'agent de police.


Ce dernier se leva et dit : 'Monsieur Woodruff, j'aimerais être baptisé'. Je lui répondis que je serais content de le baptiser. Je descendis dans l'eau et baptisai les sept personnes. Puis nous nous réunîmes. J'en confirmai treize, je bénis et distribuai la Sainte-Cène et nous nous réjouîmes ensemble. L'agent de police alla trouver le pasteur et lui dit que s'il voulait que Monsieur Woodruff soit arrêté pour avoir prêché l'Évangile, il devait le faire tout seul, car il avait prêché le seul vrai sermon évangélique qu'il ait entendu de sa vie. Ne sachant ce qu'il fallait en penser, le pasteur envoya deux clercs de l'Église anglicane pour m'espionner, pour qu'ils assistent à notre réunion et découvrent ce que je prêchais. Ils furent tous deux touchés, reçurent avec joie la parole du Seigneur, furent baptisés et confirmés membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Le pasteur s'alarma et n'essaya pas d'envoyer quelqu'un d'autre. » (Cité par Cowley, Wilford Woodruff, p. 118)

1 SAMUEL 20

1 Samuel 20


Jonathan et David renouvellent leur alliance d’amitié et de paix (cette alliance n’était pas seulement entre eux mais aussi entre leurs maisons). Lorsque Saül essaie de nouveau de tuer David, Jonathan prévient celui-ci pour qu’il s’enfuie.


Il fallait que David sache comment Saül était disposé envers lui avant qu'il ne soit en sécurité à la cour où le roi voulait qu'il demeure (voir 1 Samuel 16:22 ; 18:2). Le sacrifice et le festin de la nouvelle lune (voir verset 5 ; Nombres 10:10 ; 28:11) donna à Jonathan une excellente occasion de se renseigner à ce sujet. L'amour fraternel qu'il portait à David resta ferme, même quand son père se mit en colère.


L’histoire de Jonathan et de David nous rappelle qu’une amitié et un amour véritables nous rapprochent de nos amis et de Dieu.


1 SamueI 20:26


Que Saül ait parlé de l'impureté éventuelle de David est lié à une règle de la loi mosaïque selon laquelle une personne doit être purifiée lors d'une cérémonie, si nécessaire, avant un festin saint. Il supposa que le jeune homme était absent parce qu'il n'avait pas rempli les conditions du cérémonial.


1 Samuel 20:30. Pourquoi Saül insulta-t-il la mère de Jonathan ?


Dans sa colère, Saül maudit son épouse, l'accusant d'être responsable du manque de loyauté de Jonathan, qui était fidèle à David au lieu de l'être à son père. Le roi était de plus en plus mauvais et s'éloignait sans cesse de l'Esprit. Même ses enfants, d'abord Mical puis Jonathan, soutinrent David parce qu'ils savaient que la haine de leur père n'était pas justifiée.


1 Samuel 20:40


Les armes que Jonathan remit à son serviteur étaient un arc et des flèches. Il lui demanda de les porter à la ville.


1 Samuel 20:41. Pourquoi « David surtout fondit en larmes ? »


Les deux hommes pleuraient quand ils se quittèrent, mais la détresse de David dépassait celle de Jonathan. Saül avait donné à un autre l'épouse de David, Mical (voir 1 Samuel 25:44), et ce dernier n'avait pas accès au tabernacle et aux rituels des sacrifices parce qu'il était obligé de fuir le roi. Il dut vivre parmi les Philistins et envoya ses parents habiter chez les Moabites afin qu'ils soient protégés (voir 1 Samuel 22:3-4).


« La détresse de David devait, par la nature des choses, être la plus grande. Outre son ami, Jonathan, qu'il allait perdre à jamais, il avait perdu sa femme, sa parenté, son pays et, ce qui était très affligeant, les autels de Dieu, ainsi que les ordonnances religieuses. » (Clarke, Bible Commentary, 2:277)

1 SAMUEL 21

1 Samuel 21 à 24


Ces chapitres racontent la fuite de David devant Saül.
L’histoire de Saül nous rappelle que la jalousie et la haine peuvent nous consumer et nous éloigner de nos amis et de Dieu.


1 Samuel 21:1-5


Que David ait mangé des pains qui étaient réservés aux prêtres était techniquement une violation de la loi mosaïque. Cependant, Jésus utilisa cet incident pour montrer que lorsque c'est absolument nécessaire, enfreindre la loi rituelle n'est pas un péché (voir Matthieu 12:1-8). Comme dit Paul : « La lettre tue, mais l'esprit vivifie » (2 Corinthiens 3:6).

1 SAMUEL 22

Voir commentaire de
1 Samuel 21 à 24.


1 Samuel 22:1-2


Comme les hommes désertaient constamment Saül pour rejoindre David, l'armée de celui-ci devint « un grand camp, comme un camp de Dieu', ou comme l'armée de Saül (voir 1 Chroniques 12:22 ; voir aussi 12:1-7 ; 16:21).


1 Samuel 22:3-4


Bien que le roi de Moab ne soit pas particulièrement l'ami d'Israël, il était surtout l'ennemi de Saül. C'est ainsi qu'il donna un refuge aux parents de David. Les mesures prises par celui-ci pour que ses parents soient en sécurité étaient simplement une précaution au cas où le roi déciderait de les punir ou de les torturer pour qu'ils révèlent où se trouvait leur fils.


1 Samuel 22:5-19


Voici encore une faiblesse de Saül, la plus importante en date. Il assassina des innocents qui n'étaient pour rien dans ses démêlés avec David.


1 SAMUEL 23

Voir commentaire de 1 Samuel 21 à 24.


David a la bénédiction d’avoir constamment du succès sur le champ de bataille (v. 1-5). Quand Saül apprend que David est à Keïla, il prépare ses armées pour détruire la ville tout entière (v. 10). Pendant que David se cache de Saül, Jonathan lui rend visite et « fortifi[e] sa confiance en Dieu » (v. 16).


1 SAMUEL 24

Voir commentaire de 1 Samuel 21 à 24.


Lors d’une autre tentative pour trouver et tuer David, Saül s’arrête pour se reposer dans une caverne (v. 1-3). David coupe le pan du manteau de Saül, c’est-à-dire le pan du manteau qui symbolise l’autorité (v. 4-5).


1 Samuel 24:11. « Je ne porterai pas la main sur mon seigneur, car il est l'oint de l'Éternel »


Ce chapitre montre un trait de caractère de David qui est admirable. Bien que le prophète de Dieu l'ait oint roi d'Israël, et quoique Saül cherche constamment à le tuer, ce serviteur choisi du Seigneur ne voulait quand même pas porter la main sur Saül (voir les versets 5-6). Il comprenait un principe important de la prêtrise : il faut être loyal envers ceux que le Seigneur a appelés pour présider, même quand ils ne s'acquittent pas parfaitement de leur appel. Saül était en échec, mais David savait que le Seigneur avait la responsabilité de lui retirer son titre, pas lui.


1 SAMUEL 25

1 Samuel 25:29


Abigail utilisa de belles comparaisons : l'une avait trait à un faisceau et l'autre à une fronde. Elle voulait dire tout simplement que la vie de David dépendait de Dieu, qu'elle était précieuse et qu'il la conserverait, alors que la vie de ses ennemis serait jetée loin de David et de Dieu, comme on jette une pierre avec une fronde.


1 Samuel 25:37. « Le coeur de Nahal reçut un coup mortel et devint comme une pierre »


C'est une façon de dire que Nabal était terrifié par la pensée qu'il avait eu la vie sauve seulement parce que David avait écouté la prière de son épouse. Il est possible qu'il ait eu une attaque causée par le choc.


1 Samuel 25:42-44


David épousa deux femmes à cette époque-là, Saül ayant donné Mical, première épouse du jeune homme, à quelqu'un d'autre (voir le verset 44). Bien qu'Abigail soit mentionnée ici avant Achinoam, cette dernière était la mère du fils aîné de David, Amnon, et elle est toujours citée la première dans la liste de ses épouses (voir Clarke, Bible Commentary, 2:291).

1 SAMUEL 26

1 Samuel 26


Ce chapitre explique comment David refusa pour la seconde fois de tuer le roi Saül, bien que cela lui soit aisé. Pour le prouver, il prit la lance et la cruche du roi, les emporta sur l'autre rive du torrent, puis réprimanda Abner, chef de l'armée royale, qui n'avait pas protégé Saül. On voit à nouveau le caractère de David. Quand il dit  : «L'Éternel rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité » (verset 23), il demandait au Seigneur de juger et de comparer ses oeuvres à celles du roi.


« Il y a beaucoup de dignité dans la déclaration de David, car il est conscient de son innocence. Il ne supplie pas Saül de lui laisser la vie sauve, et il ne discute pas afin que le roi abandonne ses viles attaques contre lui, mais il renvoie l'affaire devant Dieu, le Juge et le Protecteur de l'innocence opprimée. Saül lui-même reste sans voix, excepté qu'il reconnaît simplement avoir péché, et pas un seul officier n'a un mot à dire en faveur de son roi. Il est étrange que nul parmi eux ne propose à présent de faire du tort à David, mais ils constatent qu'il est de toute évidence protégé par Dieu et que celui-ci a apparemment abandonné leur maître.


« Saül demande à David de revenir mais ce dernier connaît trop bien l'instabilité du caractère du roi pour se mettre entre les mains de cet homme changeant. Combien les conseils des hommes sont insensés quand ils vont à l'encontre de la volonté de Dieu ! Quand il entreprend de sauver, qui peut détruire ? Et qui peut être délivré s'il ne le veut ? » (Clarke, Bible Commentary, 2:294)


À partir de ce moment-là, Saül cessa de pourchasser David pour le tuer (voir 1 Samuel 27:4).

1 SAMUEL 27

1 Samuel 27:10


« Où avez-vous fait aujourd'hui vos courses ? » est une façon de dire « Où êtes-vous allés aujourd'hui ? » Il est probable que David soit allé combattre les ennemis d'Israël (voir le verset 8) auxquels il avait pris un butin pour nourrir l'armée qui était avec lui à Ziklag. Bien que beaucoup de commentateurs condamnent cette action, on remarquera qu'il obéissait à l'ordre que Dieu avait donné à Moïse et Josué : les Israélites devaient détruire entièrement les Cananéens quand ils entrèrent pour la première fois dans la terre promise.

1 SAMUEL 28

1 Samuel 28:3-14. Pourquoi Saül évoqua-t-il les morts ?


Saül, qui était alors dépourvu de sensibilité spirituelle à cause de sa méchanceté et qui ne pouvait obtenir une réponse du Seigneur, « ni par des songes, ni par l'urim, ni par les prophètes » (verset 6), rechercha un médium, une sorcière, quelqu'un qui prétendait pouvoir communiquer avec les personnes se trouvant dans le monde des esprits. C'était la conduite d'un homme désespéré.


« Les gens qui tentent et réussissent fréquemment à communiquer (supposent-ils) avec les esprits des morts s'appellent spirites. Leur doctrine, selon laquelle des médiums et d'autres mortels peuvent vraiment avoir des contacts avec les esprits des morts, s'appelle spiritisme. Une telle communion, lorsqu'elle se produit, est manifestée par des phénomènes physiques, comme, paraît-il, les esprits qui frappent, ou durant des états mentaux anormaux, comme les transes. Ces communions sont généralement organisées par des médiums…


« Même si les médiums se trompent sincèrement en pensant qu'ils suivent une méthode approuvée des cieux, ils se tournent en fait vers une source mauvaise 'pour que les vivants entendent les morts'. Ceux qui ont vraiment de la spiritualité savent cela par une révélation personnelle donnée par le véritable Esprit. En outre, les informations révélées par des esprits par l'intermédiaire de médiums ne sont pas en accord avec 'la loi et le témoignage'.


« Dans l'Israël ancien, les pratiques spirites étaient punies de mort. 'Si un homme ou une femme ont en eux l'esprit d'un mort ou un esprit de divination, ils seront punis de mort' (Lévitique 20:27 ; Exode 22:18). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 759-760)


1 Samuel 28:15-20. Est-ce qu'une personne possédée par un mauvais esprit peut obliger un prophète mort à parler ?


« La sorcière d'En-Dor… qui n'était pas une prophétesse du Seigneur, pratiquait la nécromancie, c'est-à-dire qu'elle communiquait ou prétendait communiquer avec les esprits des morts, mais elle était menée par un mauvais esprit. En d'autres termes, c'était un médium, comme nos contemporains qui font profession de cet art, prétendant être dirigés par quelque personne de renom décédée et, par son intermédiaire, de pouvoir communiquer avec les morts. On remarquera que durant la séance avec le roi d'Israël, celui-ci ne vit pas Samuel ou qui que ce soit mais seulement le médium, ou la sorcière. Elle déclara qu'elle voyait un vieil homme s'approcher et qu'il portait un manteau. C'est elle qui répéta à Saül ce que Samuel était censé avoir dit. Le roi 'comprit que c'était Samuel' grâce à ce que la sorcière disait. La conversation qui suivit entre les deux hommes se fit par l'intermédiaire de la sorcière.


« Tout cela aurait pu se produire sans la présence du prophète Samuel. La femme, influencée par son mauvais esprit, aurait pu donner au roi le message qui était censé venir de Samuel, de la même manière qu'on prétend que les messages des morts sont donnés aux vivants par des médiums des derniers jours, qui, comme dans le cas que nous examinons, accomplissent leur travail la nuit ou dans l'obscurité.


« On ne peut pas croire raisonnablement que de telles personnes aient pu, à n'importe quelle époque, invoquer les esprits des serviteurs ou servantes du Seigneur décédés.Il s n'obéissent pas au doigt et à l'oeil aux sorciers, magiciens, devins ou nécromanciens. L'état des esprits au paradis serait vraiment à plaindre s'ils étaient sous un tel pouvoir. Ils n'auraient pas de repos, et ils ne pourraient pas profiter d'avoir été libérés des ennuis et des travaux de la vie terrestre, ce qui est essentiel à leur bonheur, mais ils seraient asservis, soumis à la volonté et aux caprices de personnes qui ne connaissent pas Dieu et dont la vie et les buts sont terrestres. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 4:107-108)


1 Samuel 28:16-20. Est-ce que les mauvais esprits peuvent prédire le futur ?


« Il a été suggéré que dans cet exemple le Seigneur envoya Samuel en esprit pour communiquer avec Saül, afin qu'il puisse connaître la condamnation qui l'attendait ; mais cette opinion ne s'accorde pas avec la description du cas, faite dans les Écritures, qui est détaillée. Si le Seigneur voulait communiquer ce renseignement à Saül, pourquoi n'a-t-il pas répondu quand le roi le lui a demandé en utilisant les voies légitimes de la communication divine ? Saül les avait toutes essayées et n'avait pas pu obtenir de réponse. Pourquoi le Seigneur dédaignerait-il les moyens qu'il a lui-même établis et enverrait-il Samuel, un prophète, pour qu'il se révèle à Saül par une source interdite ? Pour qui utiliserait-il quelqu'un qui avait un mauvais esprit dans ce dessein, un médium qu'il avait condamné sans détour par sa propre loi ?


« Mais, dira-t-on, la prédiction de l'esprit qui s'est manifesté en cette occasion s'accomplit littéralement. Israël fut livré aux Philistins et Saül, ses trois fils, le jeune homme qui portait ses armes et ceux qui l'entouraient furent tous tués. C'était donc une véritable prophétie.


« En admettant que cela soit parfaitement correct, la position prise dans cet article n'est pas le moins du monde affaiblie. Si les sorciers, magiciens, nécromanciens et mauvais esprits, interdits par la loi, ne disaient pas parfois la vérité, il aurait été utile de mettre le peuple en garde et de lui demander de ne pas les consulter. Si le diable ne disait jamais la vérité, il ne pourrait pas tromper l'humanité par ses mensonges. Les forces de l'obscurité ne gagneraient jamais si elles n'utilisaient pas la lumière. Un peu de vérité mélangé à des mensonges plausibles est un moyen qu'elles emploient pour égarer les hommes. Donc, il n'y a rien dans l'histoire de l'entrevue entre Saül et la femme d'En-Dor qui, sur le plan de la raison ou de la doctrine, donne l'opinion que c'était une prophétesse du Seigneur ou que Samuel est bien apparu à cette occasion. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 4:108-109)

1 SAMUEL 29

1 Samuel 29 à 31 rapporte que les Philistins décident une fois de plus d’attaquer les Israélites. Se demandant si David se retournera contre eux, ils lui disent de quitter le pays. David et ses hommes, en partant, continuent à détruire les ennemis idolâtres d’Israël. Quand il obtient des provisions et du bétail, David en envoie une partie à chacune des villes de Juda. De cette manière, il commence à se constituer un soutien en prévision du moment où Saül mourra et où il dirigera Israël.

1 SAMUEL 30

1 Samuel 30:7-8


Quand David utilisa l'éphod, il se servit presque certainement de l'urim et du thummim. Le pectoral du grand-prêtre, qui tenait l'urim et le thummim, était attaché à l'éphod (voir Exode 28:26-30). Ainsi, David demanda au grand-prêtre de prier le Seigneur en utilisant l'urim et le thummim, et il obtint une réponse immédiate (voir 1 Samuel 30:8).

1 SAMUEL 31

1 Samuel 31:10. Qui sont les Astartés ?


« Astarté est la déesse des Sidoniens [voir 1 Rois 11:5, 33] et aussi des Philistins [voir 1 Samuel 31:10], dont le culte fut introduit parmi les Israélites pendant la période des juges [voir Juges 2:13 ; 1 Samuel 7:4]. Il fut célébré par Salomon lui-même [voir 1 Rois 11:5] et fut finalement aboli par Josias [voir 2 Rois 23:13-14]. Elle est souvent citée en même temps que Baal, étant la divinité féminine correspondante [voir Juges 2:13] et comme on y ajoute l'expression 'toute l'armée des cieux' dans 2 Rois 23:4, il est probable qu'elle représentait un des corps célestes…


« La partie la plus importante de son culte consistait en orgies libidineuses qu'Augustin, témoin oculaire de leurs horreurs à Carthage, décrit avec tant d'indignation… Ses prêtres étaient des eunuques habillés en femmes et des femmes… prostituées [voir Osée 4:14] qui, comme les bayadères de l'Inde, se prostituaient pour enrichir le temple de cette déesse. » (Fallows, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « Ashtoreth », 1:168)

 

 

2 SAMUEL

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2 SAMUEL 1

2 Samuel 1:1-16. Pourquoi David tua-t-il l'homme qui avait lui-même tué Saül à la demande du roi ?

Une lecture attentive de 1 Samuel 31:1- 6 et 2 Samuel 1:1-16 montre deux récits différents de la mort de Saül. L'homme qui vint trouver David et lui dit qu'il avait tué Saül à sa demande expresse n'était pas le porteur d'armes du roi. Quand le porteur d'armes refusa de tuer son maître, Saül se jeta sur son épée plutôt que de tomber aux mains des Philistins. Le porteur d'armes fit alors de même et mourut.


« Tout le récit fait par ce jeune homme est une invention. Beaucoup de détails en sont contradictoires. Il ne repose sur rien de concret à part la couronne ou diadème et le bracelet de Saül apportés par le concerné. Il trouva cela sur le champ de bataille, puisqu'il semble être un pillard. Il les apporta à David et mentit en disant qu'il avait tué Saül simplement pour obtenir sa reconnaissance. » (Clarke, Bible Commentary, 2:308)


Que David ait compris les motifs de l'Amalécite est clair d'après 2 Samuel 4:10. Il s'est sincèrement lamenté à la mort de Saül. Au lieu d'être reconnaissant parce que son pire ennemi était mort, il pleura vraiment à cause de la tragédie qui avait frappé Israël.


2 SAMUEL 2

2 Samuel 2:1-11


Quand Saül mourut, les tribus israélites ne se rassemblèrent pas immédiatement autour de David et elles ne l'acceptèrent pas comme roi. Abner, chef des armées de Saül (son général en chef) choisit l'un des fils du roi défunt et en fit le nouveau monarque (voir les versets 8-9). La tribu de Juda accepta que David soit son roi, mais durant sept ans il n'y eut pas d'unité et deux rois ennemis régnèrent (voir le verset 11). Il est possible que David ait refusé de prendre des mesures contre Ich-Bocheth parce qu'il avait promis à Jonathan de ne pas se venger contre la famille de Saül quand il prendrait le pouvoir (voir 1 SarnueI 20:14-16).


2 Samuel 2:12-32


La lutte qu'il y eut entre les hommes d'Abner et ceux de Joab près de l'étang de Gabaon allait plus loin qu'une simple démonstration de force. Abner était le chef des armées d'Isch-Boscheth, fils de Saül. Joab, celui de l'armée de David. Ainsi, dans la lutte entre les deux royaumes, des représentants furent choisis pour décider du vainqueur. Le défi lancé pour que les jeunes gens « se battent devant nous » (verset 14) signifiait que douze représentants de chaque camp allaient lutter. « L'étang de Gabaon » était un grand puits taillé dans le roc, assez grand pour que les femmes y descendent par un escalier.


Quand les douze hommes de chaque camp se furent tués entre eux, on ne put pas déterminer clairement qui avait vaincu, il y eut donc une furieuse bataille gagnée par les hommes de David. Quand Asaël, frère de Joab, poursuivit Abner, celui-ci lui cria qu'il devait se contenter de l'armure (version du roi Jacques) de l'un des jeunes gens, mais Asaël refusa.


« Il semble qu'Asaël ait voulu prendre l'armure d'Abner comme trophée ; cela aussi était très recherché par les héros de l'ancien temps. Abner voulait lui laisser la vie sauve, car il ne voulait pas provoquer la haine de Joab, mais Asaël s'obstina à le poursuivre et comme il courait plus vite qu'Abner, ce dernier constata qu'il devait tuer ou être tué, et c'est ainsi qu'il le transperça de sa lance. Tuer Asaël coûta la vie à Abner. » (Clarke, Bible Commentary, 2:313)


2 SAMUEL 3


2 Samuel 3


La guerre entre les deux royaumes s'intensifia et l'armée de David prit l'avantage peu à peu (verset 1). C'est à ce point qu'Isch-Boscheth accusa Abner d'avoir une liaison avec l'une des femmes de Saül (voir le verset 7). Avoir des rapports avec les concubines royales était l'équivalent de vouloir monter sur le trône. Il n' est donc pas étonnant qu'Isch-Boscheth ait été inquiet. La question d'Abner : « Suis-je une tête de chien, qui tienne pour Juda ? » signifiait « Suis-je un traître ? » (verset 8). Il ne tarda pas à démontrer qu'il l'était effectivement. Furieux, Abner se vengea d'Isch-Boscheth. Il tourna le coeur du reste du peuple vers le roi David (voir les versets 17-19), puis déserta et rejoignit le camp de David (voir le verset 20). Joab saisit cette occasion pour venger la mort de son frère (voir le verset 27). David prit beaucoup de peine pour montrer au peuple qu'il n' avait rien à voir avec la mort d'Abner (voir les versets 28-38). Cela était important politiquement, car ceux qu'Abner avait persuadés de suivre David auraient pu facilement retourner dans le camp d'Isch-Boscheth en apprenant la mort d'Abner.


2 SAMUEL 4


2 Samuel 4


David montra encore beaucoup de sagesse et un excellent jugement en exécutant les deux hommes qui avaient tué Isch-Boscheth. Bien qu'il soit en guerre contre ce dernier, il n'excusait pas la trahison des assassins et les fit mettre à mort. Sa sagesse et sa bonté unirent finalement les tribus en un royaume qui était loyal envers lui.


2 SAMUEL 5


2 Samuel 5:6-10. David conquit Jérusalem et en fit la capitale


L'origine de Jérusalem se perd dans l'antiquité. La première référence biblique de cette ville est dans la Genèse. « Melchisédek, roi de Salem » (Jérusalem) et « sacrificateur du Dieu Très-Haut » rencontra Abraham, qui revenait de la bataille qu'il avait livrée aux rois et le bénit (Genèse 14:18). C'est à lui qu'Abraham paya la dîme de tout ce qu'il possédait. Quand Josué traversa le Jourdain, c'est les Jébusiens, une tribu cananéenne, qui possédait la ville. Ce peuple garda Jérusalem jusqu'à ce que David s'en empare vers l'an mille avant J-C, quoiqu'Israël ait pu la conquérir temporairement peu après avoir envahi le pays de Canaan (voir Josué 10).


David choisit avec sagesse cette ville pour en faire la capitale, car Jérusalem était située entre les tribus du nord d'Israël et celles du sud mais elle n'appartenait à aucune d'elles car elle était toujours entre les mains des Jébusiens, peuple cananéen. La conquête de la ville a été très discutée, à cause du mot qu'on traduit par « canal » (2 Samuel 5:8). Ce mot pourrait également désigner un tunnel ou un conduit, comme dans l'hébreu michnaïque. Le tunnel perpendiculaire à un conduit d'eau creusé dans le roc à une profondeur de 15 m, à l'ouest de Gihon, que Sir C. Warren a découvert en 1867 aurait permis aux habitants de la ville d'avoir de l'eau quand ils étaient assiégés, et cela aurait fourni un accès possible aux envahisseurs qui seraient entrés dans la ville et en auraient ouvert les portes. On dit que c'est Joab qui y est entré le premier (1 Chroniques 11:6).


La moquerie des Jébusiens, qui dirent à David qu'il devait vaincre « les aveugles même et les boiteux », comme si cela avait été suffisant pour défendre la ville, leur revint plus tard, car David parla des défenseurs jébusiens en disant d'une façon cinglante qu'ils étaient des « boiteux et (des) aveugles » (versets 6, 8).


2 Samuel 5:11-12. Qui était Hiram, roi de Tyr, et quel rapport avait-il avec Israël ?


Environ à mi-chemin entre la Beyrouth moderne et Haïfa en Israël se trouvait la ville portuaire de Tyr, l'une des cités les plus anciennes et les plus importantes des Phéniciens. Le nom Hiram semble avoir été le nom de famille d'un roi ou d'une série de rois de Tyr qui étaient contemporains de David et Salomon. Le plus connu des Hiram est celui qui envoya des tailleurs de pierre, des charpentiers et des cèdres du Liban pour construire le palais de David à Jérusalem (voir 2 Samuel 3:11 ; 1 Chroniques 14:1). Plus tard, Salomon fut grandement aidé dans la construction du temple par le même Hiram, ou un autre de ce nom (voir 1 Rois 9 ; 2 Chroniques 2).


2 Samuel 5:17-25


Si la guerre avec les Philistins se produisit avant la conquête de Jérusalem, « la forteresse » (verset 17) où David se rendit pour être en sécurité était probablement la caverne d'Adullam (voir 1 Samuel 22:1-4). Si toutefois la guerre eut lieu après la prise de Jérusalem, la forteresse pourrait indiquer Jérusalem même (voir 2 Samuel 5:7, 9). David ne compta pas ses hommes, car il n'entendait pas se fier à la taille de son armée, mais il s'appuya plutôt sur l'Éternel.


2 SAMUEL 6


2 Samuel 6:1-11. Pourquoi Uzza mourut-il ?


L'arche de l'alliance était sacrée et contenait les objets les plus saints d'Israël. Le Seigneur avait strictement interdit qu'on la touche ainsi que ce qu'elle contenait. Il n'y avait que des Lévites autorisés, et uniquement sous certaines conditions bien précises, qui pouvaient prendre les instruments sacrés (voir Nombres 4:15). Uzza s'est montré présomptueux et téméraire quand il toucha ce que Dieu avait interdit qu'on touche. Même s'il ne voulait qu'empêcher l'arche de tomber, on doit se rappeler que Dieu était parfaitement capable de la remettre d'aplomb s'il l'avait voulu. Bien que nous ne connaissions pas une bonne partie de cette histoire, c'est un excellent exemple qui montre que les commandements de Dieu sont sacrés et doivent être respectés précisément comme le décrète le Seigneur.


2 Samuel 6:12-23. Pourquoi Mical fut-elle offensée quand David dansa ?


« Comme l'arche de l'Éternel entrait (c'est-à-dire était portée) dans la cité de David, Mical, fille de Saül, regardait par la fenêtre, et, voyant le roi David sauter et danser devant l'Éternel, elle le méprisa dans son coeur… Mical est intentionnellement désignée dans ce passage comme étant la fille de Saül, au lieu de la femme de David, car en cette occasion elle montra le caractère de son père et non celui de son mari. Pendant le règne de Saül, le peuple ne se soucia pas de l'arche de l'alliance (voir 1 Chroniques 13:3). Le culte public était négligé et le respect de la religion avait disparu dans la famille du roi. Mical possédait un théraphim, et en David elle n'aimait que le héros et le roi. Elle fut donc offensée par l'humilité avec laquelle le roi, dans son enthousiasme pieu, se mit sur un pied d'égalité avec le reste de la nation devant l'Éternel…


« L'orgueilleuse fille de Saül fut offensée par le fait que le roi s'était abaissé au niveau du peuple en cette occasion. Elle se servit de la longueur de la robe des prêtres pour faire une remarque méprisante concernant la danse de David, considérant que c'était inconvenant pour un roi… Avec les mots « qui m'a choisi de préférence à ton père et à toute sa maison », David humilia la fille du roi. Il dansait pour le Seigneur qui l'avait choisi et qui avait rejeté Saül à cause de l'arrogance de ce dernier. Il se laisserait donc abaisser davantage devant le Seigneur, c'est-à-dire qu'il supporterait d'être davantage méprisé par les hommes et humilié à ses propres yeux (voir Psaumes 131:11) ; alors il serait en honneur devant le Seigneur avec les servantes. Car quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé (Matthieu 23:12). » (Keil et Delitzsch,Commentary, 2:2:336-338)


2 SAMUEL 7


2 Samuel 7:1-17. Pourquoi David ne reçut-il pas la permission de construire le temple ?


Le motif de David qui voulait construire une maison permanente au Seigneur (le tabernacle construit par Moïse dans le désert avait alors dans les trois cents ans) était bon, mais le Seigneur, par l'intermédiaire de Nathan, ne le lui permit point. Aucune raison n'est donnée, si ce n'est une bénédiction prononcée sur la maison de David. Toutefois dans le récit des Chroniques, le roi dit à Salomon qu'il lui avait été révélé qu'il avait vu trop de guerres et d'effusions de sang pour édifier la maison du Seigneur (voir 1 Chroniques 22:8).


2 Samuel 7:16. Est-ce que la maison et le trône de David furent assurés à jamais ?


Ce verset est un exemple de prophétie double, c'est-à-dire de prophétie à double temporalité. Il y est promis que la lignée de David continuera à régner, et à l'encontre de la descendance de Saül, qu'elle ne serait pas renversée après sa mort. Mais c'est aussi une prophétie messianique. Jésus, le Messie, serait appelé David ; il recevrait le
trône de David, il aurait la clef de David, il s'assiérait sur le trône de David. Il est certain qu'une seule personne peut s'asseoir sur le trône de David (c'est-à-dire gouverner la maison d'Israël) pour toujours et à jamais, et c'est le Messie. Il est venu dans la mortalité dans la descendance de David et il est l'héritier de son trône physiquement et spirituellement.


« À l'époque de la naissance du Messie, Israël était gouverné par des monarques étrangers. Les droits de la famille royale de David n'étaient pas reconnus, et le gouverneur des Juifs était un fonctionnaire de Rome. Si Juda avait été une nation libre et indépendante, gouvernée par son souverain légitime, Joseph le charpentier aurait été son roi couronné, et son successeur légal au trône aurait été Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 104)


2 SAMUEL 8


2 Samuel 8:3-18


Sous le règne de David, le royaume s'étendit dans les limites de la promesse que Dieu avait faite à Abraham (voir Genèse 15:18).


2 SAMUEL 9


2 Samuel 9


Quand David eut assuré le trône, il chercha à guérir les vieilles blessures. Il entendait être bienveillant envers les membres de la maison de Saül. Il ne restait que Mephi-Boscheth, qu'il accueillit dans sa maison et traita presque comme un fils. Ainsi il accomplit la promesse qu'il avait faite à Jonathan des années auparavant (voir 1 Samuel 20:14-16).


2 SAMUEL 10


2 Samuel 10


Le mauvais traitement des ambassadeurs de David, qui furent délibérément humiliés quand on exposa leur visage et la partie inférieure de leur corps, déclencha une guerre qui ne servit qu'à agrandir le territoire de David. On pouvait dire justement : « L'Éternel protégeait David partout où il allait » (2 Samuel 8:6).


2 SAMUEL 11


Voir commentaire de 2 Samuel 2:1-11.


Les vingt dernières années de la vie de David sont gâchées à cause de mauvaises décisions. David commet l’adultère avec Bath-Schéba, femme d’Urie (v. 1-5). Il ne réussit pas à cacher son péché (v. 6-13). Il s’arrange pour qu’Urie meure au combat (v. 14-17). Il épouse Bath-Schéba et ils ont un fils (v. 26-27).


2 Samuel 11:2. Pourquoi David marchait-il sur le toit ?


Beaucoup de maisons palestiniennes, à cette époque-là comme à présent, avaient un toit plat. À cause de la chaleur du Proche-Orient, les gens passaient beaucoup de temps à marcher ou à s'asseoir sur le toit dans la fraîcheur de la soirée ou pendant la journée pour y trouver un peu de vent. Le toit du palais de David était probablement assez élevé pour y permettre de voir les cours intérieures de plusieurs maisons environnantes.


2 Samuel 11:3-27. Quelle est la grande leçon de ces versets ?


« La vie devenait trop facile pour David. Il avait le loisir de rester chez lui pendant que Joab et ses hommes combattaient les Ammonites et les Syriens. Pendant ses loisirs, il regarda la femme de son voisin du haut de son toit. L'oisiveté et la concupiscence le menèrent à l'adultère puis au meurtre, péchés aux répercussions éternelles ayant également des conséquences terrestres tragiques. C'est l'une des mises en garde choquantes et graves de l'Ancien Testament, car elle indique qu'un homme peut toujours être aussi bon et éminent que possible et avoir quand même des faiblesses qui conduisent à des actes qui peuvent entièrement éclipser la meilleure partie de lui-même. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:185)


« L’esprit est comme une scène. Pendant chaque moment de veille, le rideau est levé. Il y a toujours un acte quelconque qui se joue sur la scène. Cela peut être une comédie, un drame, cela peut être intéressant ou ennuyeux, bon ou mauvais, mais il y a toujours un acte ou l’autre qui se joue sur la scène de l’esprit.  Avez-vous remarqué que de sombres petites pensées peuvent se glisser hors des coulisses et attirer votre attention au milieu de presque tout ce qui se joue sur la scène et sans que votre volonté y soit pour quelque chose ? Ces pensées coupables vont essayer d’envahir toute la scène.


« Si vous leur permettez de progresser, toute pensée vertueuse, quelle qu’elle soit, quittera la scène. Parce que vous y aurez consenti, vous serez soumis à l’influence de pensées impies. Si vous vous abandonnez à elles, elles joueront n’importe quoi sur la scène de votre esprit, jusqu’aux limites de votre tolérance. Elles pourront jouer sur le thème de l’amertume, de la jalousie, de la haine. Elles pourront être vulgaires, immorales, voire dépravées. Quand elles tiennent la scène, si vous les laissez faire, elles vont inventer les persuasions les plus habiles pour retenir votre attention. Elles peuvent rendre cela fort intéressant, et même vous convaincre qu’elles sont innocentes, parce qu’elles ne sont que des pensées.


« Que ferez-vous à ce moment-là, lorsque la scène de votre esprit sera commandée par les lutins des pensées impures, que celles-ci soient grises avec presque l’apparence du blanc, ou qu’elles soient incontestablement immorales ? Si vous pouvez maîtriser vos pensées, vous pouvez surmonter des habitudes, et même des habitudes intimes dégradantes. Si vous apprenez à les maîtriser, vous aurez une vie heureuse… Choisissez dans la musique sacrée de l’Église l’un de vos cantiques préférés, un cantique qui contient des paroles édifiantes et une musique respectueuse, un cantique qui vous donne un sentiment semblable à l’inspiration. Parcourez-le soigneusement en esprit. Apprenez-le par cœur. Même si vous n’avez pas eu de formation musicale, vous pouvez chanter un cantique en pensée.


« Utilisez maintenant ce cantique comme l’endroit où vos pensées vont aller. Faites-en votre sortie de secours. Chaque fois que vous constatez que ces acteurs louches sont sortis des coulisses de votre pensée pour passer sur la scène de votre esprit, mettez ce disque, si je puis dire. Quand la musique commencera et que les mots se formeront dans votre esprit, les pensées indignes s’éclipseront honteusement. Cela changera toute l’ambiance sur la scène de votre esprit. Parce qu’elle est édifiante et pure, les pensées viles disparaîtront. Car de même que la vertu préfère ne pas fréquenter l’impureté, le mal ne peut tolérer la présence de la lumière.


« Vous vous apercevrez avec le temps que vous fredonnez occasionnellement la musique au-dedans de vous. En remontant le courant de vos pensées, vous constaterez qu’une influence venue du monde qui vous entoure a incité une pensée indigne à monter sur la scène de votre esprit et que la musique a commencé presque automatiquement. Une fois que vous apprenez à débarrasser la scène de votre esprit des pensées indignes, occupez-la en apprenant des choses de valeur. Changez d’environnement pour avoir autour de vous des choses qui vous inspirent des pensées bonnes et édifiantes. Occupez-vous l’esprit avec des choses vertueuses. » (Boyd K. Packer, Conference Report, octobre 1976, p. 99-100)


2 SAMUEL 12

Le prophète Nathan enseigne à David la gravité de ses péchés en lui racontant une parabole (v. 1-6). Il lui dit qu’il sera puni à cause de ses péchés (v. 7-14 ; dans la Traduction de Joseph Smith, au verset 13, Nathan dit : « L’Éternel ne pardonne pas ton péché pour que tu ne meures pas »). Le premier fils de David et de Bath-Schéba meurt peu après sa naissance (v. 15-23).


2 Samuel 12:1-4. Le meurtre et l'adultère portent en eux-mêmes leurs conséquences


« Comme cela arrive trop fréquemment, c'est seulement quand un pécheur sait que son péché est connu qu'il commence à se repentir. L'image de Nathan, accusant courageusement le roi face-à-face au moyen d'une allégorie, est impressionnante. Cette dernière était habilement présentée, et son 'Attah ha ish !' ('Tu es cet homme-là !' a dû frapper la conscience de David comme les messagers du jugement dernier.


« Son repentir était sans doute sincère, mais il ne pouvait pas se repentir suffisamment pour rendre la vie à son ami, Urie, et la vertu à sa femme. Bien qu'il ait plus tard espéré et prié pour que son âme ne reste pas à jamais en enfer (la prison des esprits), la destinée éternelle de ceux qui commettent ces deux péchés jumeaux ne semble pas être bonne (voir Psaumes 16 et 51 ; Hébreux 6:4- 6; Apocalypse 22:14-15 ; D&A 132: 27; 76:31-37 ; 29:41 ; 42:18, 79). » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:185)


2 Samuel 12:15-25. Est-ce que la mort de l'enfant était une punition de Dieu ?


« L'enfant né de leur union illicite ne vécut pas, mais il n'y a aucune raison de penser que c'était la 'punition' de l'enfant pour les péchés des parents. Le Seigneur nous rappelle tous à lui à un moment ou à un autre, et cela peut être une bénédiction que le Seigneur nous donne dans notre intérêt même au moment choisi par lui. Les parents en ont éprouvé du remords. Quand David apprit que le bébé était mort, il cessa de pleurer, cependant, et expliqua avec espoir et philosophie : 'J'irai vers lui, mais il ne reviendra pas vers moi'. Il apparaît que le roi promit à Bath-Chéba que son prochain fils serait son héritier, car des dispositions furent prises plus tard dans ce sens (voir le verset 24 et 1 Rois 1:17 ; ainsi que Chroniques 29:9). » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:185-186).


2 Samuel 12:13. David continue de payer pour ses péchés en enfer


La Traduction de Joseph Smith dit : « Le Seigneur aussi n'a pas pardonné ton péché ».


« David a commis un péché terrible, et il a cherché à en être pardonné durant tout le reste de sa vie. Il y a des psaumes qui décrivent sa souffrance ; pourtant David continue à payer son péché. Il n'a pas ressuscité au moment de la résurrection de Jésus-Christ. Pierre a déclaré que son corps était toujours dans la tombe, et le prophète Joseph Smith a dit : 'David chercha à se repentir auprès de Dieu en le faisant avec soin, avec des larmes, à cause du meurtre d'Urie. Mais il ne peut l'obtenir qu'en allant en enfer. Il obtint la promesse que son âme n'y resterait pas'. Nous demandons à nouveau : Qui désire passer quelque temps en enfer avec le diable avant d'être purifié du péché ? » (Smith, Answers to Gospel Questions, 1:74)


«David… bien que très favorisé par le Seigneur (on le citait, en fait, comme un homme selon le cœur de Dieu), céda à la tentation. Son impudicité le poussa au meurtre et en conséquence, il perdit sa famille et son exaltation. » (Marion G. Romney, L’Étoile, octobre 1979, p. 72)


2 SAMUEL 13

2 Samuel 13:1-14. En quoi la tragédie de Tamar ressemblait-elle à ce que firent David et Bath-Chéba ?


Tamar qui était très belle était la fille de David et de sa femme Maaca, et la demi-soeur d'Amnon. Celui-ci était le fils aîné du roi et d'Achinoam. Il était né quand David se trouvait à Hébron. C'était le prince héritier du trône. L'amour qu'Amnon portait à Tamar n'avait rien de fraternel. C'était un désir lascif qui le consumait et qui lui enleva la raison. La ressemblance entre David et Amnon était évidente. Le roi avait montré l'exemple de l'esprit qui ne contrôle pas le corps quand il céda à la concupiscence qui le poussait vers Bath-Chéba. Il avait aussi montré l'exemple en complotant pour cacher ses péchés.


2 Samuel 13:15-22. « Puis Amnon eut pour elle une forte aversion »


Amnon n'aimait pas vraiment Tamar. Quand il eut satisfait son désir lascif, il la méprisa. Avec quelle fréquence de méchants hommes montrent-ils une telle injustice envers les femmes ? Ils en abusent puis ils les méprisent, au lieu de se mépriser eux-mêmes. Amnon ne voulait pas sauver Tamar du déshonneur en la faisant entrer dans sa maison en tant qu'épouse ou concubine. Sachant qu'elle avait été outragée et qu'elle n'aurait donc pas de mari, elle pleura à la manière des veuves (voir le verset 19 ; remarquez particulièrement le verset 20). David était furieux de la façon dont Amnon avait traité Tamar, mais que pouvait-il faire ou dire ? Sa propre conduite envers Bath-Chéba ne lui permettait pas de le condamner. Voilà une autre conséquence du péché. À cause de sa culpabilité, le roi ne fit rien pour corriger cette grande abomination dans sa maison. Il apprit tristement que les péchés d'un homme peuvent souvent lui revenir jusqu'à la troisième et quatrième génération (voir Exode 34:7).


« J’ai entendu John A. Widtsoe... déclarer : 'J’ai remarqué qu’un jeune homme et une jeune femme qui enfreignent les principes de la moralité ne tardent pas à se haïr'. J’ai remarqué la même chose. Il peut y avoir des mots d’amour au début, mais il y aura des mots chargés de colère et d’amertume plus tard. » (Gordon B. Hinckley, Ancrés dans la foi, L’Étoile, septembre 1996, p. 6)


2 Samuel 13:23-39. Comment Absalom tenta-t-il de venger le mal qui avait été fait à sa soeur ?


Absalom cacha sa haine et sa rage durant deux ans. Puis il invita le roi David et tous ses fils à venir à plusieurs kilomètres au nord, dans les montagnes d'Éphraïm, où l'on tondait ses moutons. C'était la coutume, au moment de la tonte, de faire un festin, car on avait l'habitude de se rassembler en famille. David refusa l'invitation, craignant que toute la cour ne soit une « charge » pour son fils, mais il envoya son aîné, Amnon, qui était l'héritier du trône (verset 25). Au cours du festin, Amnon, fut « égayé par le vin » (verset 28). Absalom donna le signal et ses serviteurs tuèrent Amnon. Absalom se sauva et alla chez son grand-père à Gueschur.

2 SAMUEL 14

2 Samuel 14:1-24


Voici un récit pathétique de la tragédie où s'enfonçait la maison de David. Encore une fois, le roi fut pris dans le piège qu'il avait lui-même fabriqué. L'hostilité qu'il y avait entre son fils Absalom et lui les éloignèrent tant, en fait, qu'Absalom ne rendait même pas visite à son père à la cour. Joab essaya de réconcilier le roi et le prince, et il usa d'un stratagème. La femme qui conspirait avec Joab fit très attention de cacher ses intentions réelles jusqu'à ce qu'elle ait obtenu du roi qu'il agisse avec bonté. C'est seulement à ce moment-là qu'elle invita David à être aussi miséricordieux envers son fils à lui qu'il l'aurait été envers son fils à elle.


2 Samuel 14:7. Que signifie « Ils éteindraient le tison qui me reste ? »


« Un homme et ses descendants ou successeurs sont souvent appelés une lampe ou lumière dans les Écritures… et lever une lumière vers quelqu'un signifie qu'il aura une postérité pour perpétuer son nom et sa famille sur la terre  Ainsi, éteindre le tison qui reste veut dire détruire tout espoir de postérité et anéantir une famille au sein d'un peuple. » (Clarke, Bible Commentary, 2:344, 345)


2 Samuel 14:11


« Le vengeur de sang » était le parent le plus proche qui était obligé de venger la mort d'un membre de la famille (verset 11 ; voir aussi Nombres 35:19-29).


2 Samuel 14:24-33


David permit à Absalom de revenir, mais il ne lui rendit pas ses charges princières. Absalom demanda qu'on lui donne la mort ou qu'on lui rende sa fonction antérieure (verset 32). Le roi revint sur sa décision, Absalom reprit sa place et exploita la situation en complotant contre son père.


2 Samuel 14:26. Que signifie se raser la tête ?


Quand Absalom avait les cheveux trop épais ou trop longs, il les faisait couper. Il est évident que la chevelure du prince était très épaisse, et ce renseignement est donné dans la narration parce que ses cheveux semblent avoir joué un rôle dans sa mort (voir 2 Samuel 18: 9-17). On ne connaît pas le poids exact de deux cents sicles mentionnés ; ce nombre est incorrect ou c'est une exagération littéraire.

2 SAMUEL 15

2 Samuel 15:1-12. Comment Absalom a-t-il obtenu la faveur du peuple ?


Quand il eut retrouvé sa place dans la cour de David, Absalom se servit de ses prérogatives princières pour concevoir un plan minutieux en vue de renverser son père. Il se mit à agir comme un roi en ayant un cortège royal (voir le verset 1), mais plus grave encore, il entreprit une campagne trompeuse pour obtenir la faveur du peuple. Il se leva tôt et se tint près de la porte de la ville pour juger (voir le verset 2). C'était à la porte de la ville que l'on jugeait, dans l'ancien temps, et c'est là que les gens venaient lorsqu'ils avaient des doléances. Absalom se concilia leurs bonnes grâces en leur disant que leurs plaintes étaient justes mais qu'aucun membre de la cour ne voulait les écouter. Il est possible que cette affirmation soit un mensonge, mais il est plus probable que la cour de David ne fonctionnait pas correctement et que ses membres négligeaient le peuple.


Absalom profita de ce que le peuple en était contrarié, mais il refusa de le laisser se prosterner devant lui. Il les aidait à se relever, les embrassait et les traitait en égaux, comportement très rare pour un membre de la famille royale (voir le verset 5). Et c'est ainsi qu'Absalom « gagnait le coeur des gens d'Israël » (verset 6). Puis il mentit à son père en lui disant qu'il devait se rendre à Hébron pour accomplir un voeu, alors qu'en fait il avait l'intention de susciter une insurrection contre le roi.


Il y a plusieurs raisons pour lesquelles « la conjuration devint puissante » et « le peuple était de plus en plus nombreux auprès d'Absalon » (verset 12) :


« Il est très difficile de comprendre pourquoi le peuple a suivi Absalom. Plusieurs raisons sont mentionnées. 1. David était âgé et affligé, et il ne pouvait pas faire régner correctement la justice dans le pays. 2. Il apparaît que le roi ne s'occupait pas des affaires de l'État et qu'il n'y avait pas de juges désignés correctement dans le pays (voir le verset 3). 3. Joab avait trop de pouvoir, il était méchant et insolent, il opprimait le peuple, et David avait peur de lui appliquer la loi. 4. Il y avait toujours des partisans de la maison de Saül qui pensaient que David n'avait pas obtenu la couronne équitablement. 5. David avait encouru la disgrâce du Tout-Puissant en commettant l'adultère avec Bath-Chéba et en assassinant Urie, et Dieu laissait ses ennemis agir contre lui. 6. Il y a toujours des hommes inoccupés et encombrants dans tous les États et sous n'importe quel régime. Ils ne peuvent jamais être satisfaits et espèrent toujours qu'un jugement leur apportera quelque chose. 7. Absalom était l'héritier réel et incontesté du trône.


« Il ne restait plus au roi beaucoup de temps à vivre, et bien des gens sont davantage disposés à applaudir les rayons du soleil levant qu'à acclamer ceux du soleil couchant. Il est certain que ces causes ont joué et que la plupart d'entre elles ont eu une influence plus ou moins grande dans ce scandale. » (Clarke, Bible Commentary, 2:349-350)


2 Samuel 15:14-30. « Et David dit… Levez-vous, fuyons ».


Que David ait demandé immédiatement de fuir la ville lui ressemble si peu que les lecteurs se demandent ce qui l'a poussé à agir de la sorte. Ses paroles (voir le verset 14) indiquent qu'il voulait éviter un massacre, mais ses actions indiquèrent que la peur n'était pas le motif de la fuite.


« C'était… la première fois que David tournait le dos à ses ennemis. Et pourquoi s'enfuyait-il maintenant ? Jérusalem, loin de ne pas pouvoir soutenir un siège, était si forte que même les aveugles et les boiteux étaient censés suffire pour défendre ses murs… Et il avait toujours ses fidèles Kéréthiens et Péléthiens en plus de six cents loyaux Gathiens, qui étaient parfaitement disposés à adopter son sort. Il ne semble y avoir de raison pour qu'un tel homme, dans de telles circonstances, ne se défende pas, au moins jusqu'à ce qu'il se soit assuré de la nature réelle de l'affaire.


« Mais il semble croire que tout cela vient de la main de Dieu. En conséquence il s'humilie, pleure, marche pieds nus et se couvre la tête. Il ne se dépêche même pas de partir, car l'habitude de ceux qui pleurent n'est pas l'habitude de ceux qui fuient devant leurs ennemis. Ils voient la tempête et ils cèdent devant ce qu'ils pensent être la tourmente du Tout-Puissant. » (Clarke, Bible Commentary, 2:350)


Certaines personnes croient que le psaume 55 fut écrit par David pour exprimer ce qu'il ressentait devant la révolte d'Absalom. Remarquez tout particulièrement les versets 12 à 14 et 20, 21 de ce texte.


2 Samuel 15:32-37

Les espions de David étaient des personnes lui étant complètement dévouées. Le choix d'Huschaï était particulièrement bon parce qu'il pouvait obtenir des renseignements de l'intérieur et qu'il pouvait annuler les conseils donnés par l'avisé Achitophel.


2 SAMUEL 16

2 Samuel 16:5-14. Pourquoi David a-t-il choisi de supporter les malédictions de Schimeï ?


« Remarquez l'élément rationnel qui sous-tend le fait que David choisit humblement d'endurer les malédictions de Schimeï, de la maison de Saül : (1) tout déshonneur était considéré comme négligeable comparé au déshonneur que lui infligeait son propre fils qui voulait sa couronne et sa vie ; (2) s'il endurait ses afflictions patiemment, le Seigneur exercerait peut-être sa miséricorde envers lui et le récompenserait plus tard ; (3) le Seigneur lui-même avait peut-être commandé à Schimeï de le maudire ; (4) comme les fils de Tséruja (Abischaï et Joab) étaient des hommes extrêmement violents, David répondait comme d'habitude par une plus grande modération. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:187)


2 Samuel 16:20-23. Pourquoi Achitophel conseilla-t-il à Absalon de prendre les concubines de David ?


« Coucher avec les concubines du roi, c'était s'approprier le harem royal et, ainsi, usurper complètement le trône… cela rendrait toute réconciliation entre Absalom et son père totalement impossible, et par nécessité, pousserait donc les partisans du prince à défendre sa cause avec une fermeté accrue. C'est ce qu'Achitophel espérait accomplir en donnant ce conseil. Car à moins que leur différend ne soit trop important pour être résolu, comme David avait de l'affection pour ses fils, ce qu'on pourrait appeler en réalité de la faiblesse, il était toujours possible qu'il pardonne à Absalom, et dans ce cas, c'est Achitopel qui payerait. » (Keil et Delitzch, Commentary, 2:2:428)

2 SAMUEL 17

2 Samuel 17:1-23


Achitopel comprenait bien la vulnérabilité de David à ce stade de la révolte. Si ses conseils avaient été suivis, le résultat aurait été dangereux pour le roi. Douze mille hommes opposés au petit groupe qui avait fui avec David, cela aurait été un désastre pour ce dernier. Huschaï arrangea la situation en faveur du roi en disant à Absalom qu'il serait sage d'attendre d'avoir une plus grande armée et en avertissant David pour qu'il fuie, au cas où le conseil d'Achitopel serait suivi. Achitopel savait que son seul espoir résidait dans la réussite d'Absalom. Comme il avait trahi le roi, si celui-ci avait le dessus, son sort ne faisait pas de doute. Comprenant parfaitement qu'un délai signifiait l'ultime défaite d'Absalom et le retour de David sur le trône, Achitophel rentra chez lui et, après avoir mis ses affaires en ordre, se suicida.

2 SAMUEL 18

2 Samuel 18:1-17. La révolte se termine


Le délai qu'Absalom s'était accordé avait donné à David le temps qu'il fallait pour se préparer pour la bataille. Il rassembla les gens qui lui étaient loyaux et en fit une armée énorme, recevant de la nourriture des habitants de l'est du Jourdain (voir 2 Samuel 17:27-29) et choisissant un lieu où le terrain lui serait favorable (voir 2 Samuel 18:8). Quoique Absalom ait trahi son père et qu'il se soit rebellé, David conjura quand même ses généraux de le traiter avec bienveillance s'ils le capturaient. Joab, comme à son habitude, fit ce que bon lui semblait et n'obéit pas à la demande du roi.


2 Samuel 18:19-33. Pourquoi Achimaats a-t-il insisté pour courir porter la nouvelle à David ?


« Il semble qu'Achimaats, fils de Tsadok et prêtre, ait voulu préparer le roi à la mauvaise nouvelle de la mort de son fils ; mais cela ne servit à rien, car la tragédie avait longtemps couvé dans la vie de David et d'Absalom, et elle devait se produire un jour d'une manière ou d'une autre. Ce que le roi aurait donné à cet instant pour qu'il en ait été autrement aurait dû être fait beaucoup plus tôt. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 1:188)

2 SAMUEL 19

2 Samuel 19:1-16


David éprouva tant de peine devant la tragédie qu'il en perdit presque le royaume en insultant ceux qui l'avaient défendu. Il insista pour pleurer la mort d'une personne contre laquelle ses sujets fidèles s'étaient battus pour sauver leur roi. Les dures paroles de Joab lui rendirent la raison. Bien que les conseils de Joab aient été nécessaires et justifiés, ses termes étaient irrespectueux, et cela contribua probablement à la décision que prit David de le remplacer au poste de général en chef. Pour calmer l'agitation dans le royaume, David accepta l'esprit de repentir de toutes les tribus (voir les versets 9-10) et envoya également des émissaires à Juda, où la rébellion avait commencé, promettant qu'Amasa, le général d'Absalom, remplacerait Joab (voir les versets 11-13).


« En ce qui concerne les faits mêmes, David a certainement agi avec sagesse en envoyant des émissaires parmi les membres de sa propre tribu et en demandant à ceux-ci de ne pas rester derrière les autres tribus pour participer au rétablissement du royaume, de crainte qu'il semble que la tribu de Juda, à laquelle David appartenait, ne soit pas satisfaite de sa victoire, car c'était dans cette tribu que la rébellion avait commencé, et cela alimenterait inévitablement la jalousie entre Juda et les autres tribus.


« Mais il n'était pas seulement peu avisé, mais injuste, de donner à Amasa, le général et traître des rebelles, la promesse sous serment qu'il serait le commandant en chef à la place de Joab, car même si la promesse n'était faite qu'en privé d'abord, le fait qu'elle avait été faite ne pouvait être caché très longtemps à Joab et allait certainement exciter son ambition et le pousser à commettre de nouveaux crimes, et il est probable que l'hostilité de ce puissant général serait un danger pour le trône de David. Car même si ce Joab avait provoqué la colère du roi en tuant Absalom et par la manière insultante dont il l'avait blâmé parce qu'il s'était abandonné à son chagrin, David aurait dû étouffer sa colère dans les circonstances existantes et ne pas rendre le mal pour le mal, particulièrement parce qu'il n'allait pas seulement pardonner le crime d'Amasa mais aussi le récompenser comme s'il était un serviteur fidèle. » (Keil et Delitzch, Commentary, 2:2:445-446)


C'est presque comme si après avoir péché avec Bath-Schéba et avoir assassiné Urie, la lumière qui donnait à David son habileté politique s'était éteinte. Durant cette crise aigüe, il fut d'une loyauté aveugle envers un méchant fils et prit une série de décisions insensées.


2 Samuel 19:41 à 20:2. Quelles sont les implications futures de la faille entre les dix tribus et la tribu de Juda ?


Quand David et ses armées retournèrent à Jérusalem après avoir rendu hommage à Barzillaï (voir 2 Samuel 19:31-40), il y eut une violente querelle entre les chefs de Juda et ceux des autres tribus, qui pensaient que Juda accaparait David. En conséquence, les chefs des autres tribus d'Israël partirent en claquant la porte, fort contrariés, laissant Juda toute seule pour escorter le roi jusqu'à Jérusalem. Cet incident présageait d'une nouvelle révolution. La révolte de Chéba (voir 2 Samuel 20:1-2) n'aurait pas été une menace réelle pour le règne de David, mais encore une fois, l'animosité des autres tribus se manifesta contre Juda et eut pour conséquence finale la division de la maison d'Israël (voir 1 Rois 12).

2 SAMUEL 20

2 Samuel 20:1-2. Voir commentaire de
2 Samuel 19:41 à 20:2.


2 Samuel 20:3. Pourquoi les dix concubines de David vécurent-elles comme des veuves alors que le roi était toujours en vie ?


D'après la loi mosaïque (voir Lévitique 18), les femmes mariées qui avaient été violées ne pouvaient plus bénéficier du statut d'épouse. 


« Il ne pouvait pas divorcer ; il ne pouvait pas les punir, car elles n'avaient pas transgressé ; il ne pouvait pas se montrer familier envers elles, car elles avaient été violées par son fils ; leur faire épouser d'autres hommes aurait été dangereux pour l'État. Il a donc dû les enfermer et pourvoir à leur entretien, leur rendant la vie confortable, et elles continuèrent ainsi, vivant comme des veuves, jusqu'à leur mort. » (Clarke, Bible commentary, 2:364)


2 Samuel 20:4-13. L'assassinat d'Amasa


Ce récit est assez difficile à suivre. David avait demandé à Amasa de rassembler ses forces et de poursuivre Chéba, chef de la rébellion. Amasa s'attarda pour une raison inconnue (voir le verset 5), donc le roi envoya les hommes de Joab à la poursuite de Chéba. Amasa et Joag se rencontrèrent à Gabaon…


« Il semble que ce ne soit pas une tenue militaire et que Joab n'avait pas d'armes à part une courte épée qu'il avait cachée dans sa ceinture. Cette épée ou couteau tenait si peu de place dans le fourreau qu'on pouvait facilement l'en retirer. On pense en outre que Joab chancela en passant près d'Amasa (car dans certaines versions et selon des critiques éclairés, c'est Joab qui a glissé) et que l'épée est tombée quand il a vacillé. Il la prit alors dans la main gauche, comme s'il n'avait aucune mauvaise intention, puis prenant Amasa par la barbe avec la main droite, il fit le geste de l'embrasser et lui ouvrit le ventre avec l'épée qu'il tenait à la main gauche. Cela semble être le sens de ce verset obscur. » (Clarke, Bible commentary, 2:364-65)


Joab désigna alors un soldat pour qu'il se tienne près du corps d'Amasa et qu'il demande au peuple de se joindre à Chéba. Il est évident qu'Amasa ne fut pas tué sur le coup et que les passants étaient si choqués en le voyant que le soldat finit par le pousser hors de la route et par le recouvrir avec un vêtement pour que le peuple ne s'attarde pas.


2 SAMUEL 21

2 Samuel 21:1-14. Est-ce que Dieu a exigé le sacrifice des fils de Saül pour diminuer la famine sévissant dans le pays ?


Ce terrible épisode a dû se produire à l'époque où David était diminué sur le plan spirituel. La loi ne permettait pas que les fils soient mis à mort à cause de la culpabilité du père ou d'un ancêtre (voir Deutéronome 24:16 ; voir aussi Nombres 35:33). Ce ne pouvait pas être une révélation de Dieu qui exigeait ou approuvait cet acte « pour venger les Gabaonites », car Saül en avait tué certains, malgré la promesse ancienne, faite par Josué, leur permettant de vivre en Israël.


Il est pathétique d'imaginer la mère innocente de fils innocents gardant leurs corps pour qu'ils ne soient pas dévorés par les oiseaux et les animaux. Et il est répugnant de lire que lorsque tout cela fut fait « Dieu fut apaisé envers le pays ». C'est de la théologie d'apostat, comparable à celle des religions cananéennes.


2 Samuel 21:15-22. En quoi cette bataille avec les Philistins rappelle-t-elle la jeunesse de David ?


À cette époque, David avait une soixantaine d'années, c'était un homme âgé pour ce qui était de servir dans l'armée. Néanmoins, il mena personnellement son armée contre les Philistins. Au coeur de la bataille, il se trouva confronté à un fils de géant, peut-être même au fils de Goliath. Cet homme semble avoir été très grand, et il tenta immédiatement d'abattre celui qui était célèbre pour avoir tué Goliath. Pour le roi c'était une question de vie ou de mort, et les Écritures disent que « David était fatigué » (2 Samuel 21:15). Heureusement, les amis du roi étaient proches, et Abichaï s'en mêla et tua le géant.


Quand la bataille fut terminée, ils dirent à David : « Tu ne sortiras plus avec nous pour combattre, et tu n'éteindras pas la lampe d'Israël » (2 Samuel 21:17). Le roi était la lampe ou le guide de son peuple, et celui-ci ne voulait pas que cette lampe s'éteigne. David pensa certainement à sa jeunesse et se rappela sa victoire sur Goliath, mais il se rendait compte qu'il devait se satisfaire en s'occupant des affaires d'État plus tranquilles à cause de son âge.

2 SAMUEL 22

2 Samuel 22:1 à 23: 7


Ces versets contiennent un psaume de David où il chante les louanges de Dieu qui a été si bon avec lui. Ce poème ressemble beaucoup au psaume dix-huit, qui semble avoir été écrit vers la même époque. David saisit l'occasion de réaffirmer sa fidélité au Seigneur et l'amour qu'il lui porte. Remarquez le résumé bref mais puissant de ce qui fait un bon dirigeant politique (voir 2 Samuel 23:3).

2 SAMUEL 23

2 Samuel 23:1-7. Voir le commentaire de 2 Samuel 22:1 à 23:7.


2 Samuel 23:8-39


Les exploits mentionnés ici ont probablement été accomplis au cours de la vie de David et rassemblés à ce point. Il semble que la demande de David, qui voulait de l'eau de Bethléhem (voir le verset 16) ait mis en danger la vie des trois hommes qui l'avaient satisfaite. Pour se repentir de son insouciance, il ne but pas cette eau.


2 SAMUEL 24

2 Samuel 24:1-10. Pourquoi le Seigneur se mit-il en colère contre David, qui avait recensé le peuple, alors qu'il l'avait « excité» pour qu'il le fasse ?


« Dieu ne pouvait pas être en colère contre David parce qu'il dénombrait le peuple s'il l'avait inspiré à le faire ; mais dans le passage parallèle (voir 1 Chroniques 21:1) il est dit expressément : Satan se leva contre Israël, et il excita David à faire le dénombrement d'Israël. Selon toute probabilité, David, ayant moins de piété et de confiance en Dieu, et pensant étendre son royaume sans en avoir reçu le conseil ou le commandement de Dieu, était naturellement curieux de savoir si le nombre d'hommes en armes de son empire était suffisant pour accomplir l'oeuvre qu'il avait projetée… Il ordonna donc à Joab et aux chefs de faire le compte  exact de tous les hommes de l'effectif militaire en Israël et dans Juda. Dieu est justement mécontent de sa conduite et il décide que les soutiens de sa vaine ambition lui seront enlevés, que ce soit par la famine, la guerre ou par un fléau. » (Clarke, Bible Commentary, 2:377)


2 Samuel 24:18-25. L'aire d'Aravna


Pour tenter d'apaiser le Seigneur et d'arrêter le fléau qui décimait Israël, David acheta l'aire d'Aravna (un grand terrain plat au sol pierreux où l'on pouvait battre le grain et le trier sans le mélanger avec de la terre) et y bâtit un autel pour le Seigneur. C'est là que Salomon fit construire plus tard le temple (voir Fallows,Bible Encyclopedia, « Araunah », 1:140).

 

 

1 ROIS

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I



1 ROIS 1

1 Rois 1 à 11. On trouve un récit parallèle à celui-ci dans 1 Chroniques 22-23 ; 28-29 ; 2 Chroniques 1-9.


1 Rois 1. Comment Adonija et Salomon pouvaient-ils avoir tous deux droit au trône d'Israël ?


Selon les coutumes de la succession, Adonija aurait très bien pu être héritier du trône de David. Il était le quatrième fils de David (voir 2 Samuel 3:4). Deux de ses frères aînés, Amnon et Absalom, étaient déjà morts et, pour ce qui est du troisième, Kileab, seule sa naissance est mentionnée dans le texte. La vieillesse et la faiblesse de David (voir 1 Rois 1:1-4) convainquirent manifestement Adonija que le moment était venu de montrer au peuple qui était son successeur sur le trône. Ses actions visaient donc à convaincre le peuple de son droit et à se créer une base de soutien populaire qui affermirait sa position. Il mit sur pied une procession royale (voir v. 5), chercha le soutien de gens importants, notamment de Joab, commandant de l'armée, d'Abiatar, le sacrificateur, des autres princes de la cour et de l'entourage personnel de David (voir v. 7, 9) et prépara un grand festin (voir v. 9). Il exclut délibérément ceux qui étaient loyaux à Salomon comme successeur, notamment Tsadoq, un autre grand sacrificateur, Benaja, un des chefs militaires (peut-être subordonné direct de Joab), les « vaillants hommes » (v. 8) qui étaient probablement la garde personnelle de David, et le prophète Nathan.


Mais son plan échoua quand Nathan apprit ce qu'il faisait et le fit savoir à Bath-Chéba, mère de Salomon. L'avertissement qu'il lui lança : que sa vie aussi bien que celle de Salomon était en danger (voir v. 12) illustre un des problèmes que pose le gouvernement monarchique. À cause de la concurrence qui, chose caractéristique, existait dans la famille royale elle-même, le nouveau roi assassinait souvent tous ses frères et les autres héritiers éventuels qui pouvaient constituer une menace à son règne. Bath-Chéba et Nathan agirent rapidement et s'unirent (voir v. 1) pour attirer l'attention du roi David sur les manigances d'Adonija. Quand il apprit qu'Adonija cherchait à s'emparer du trône, David désigna promptement Salomon pour régner avec lui. Ils régnèrent ensemble jusqu'à la mort de David.  Quoique n'ayant que vingt ans, Salomon, comme David et Saül avant lui, fut oint à la royauté par un prêtre légitime et par le prophète (voir v. 34-39).


Pour montrer au peuple que Salomon était celui que David et le Seigneur avaient choisi, David commanda l'installation immédiate de son associé au règne. Il commanda que l'on mette Salomon sur sa mule (celle de David) pour se rendre en procession à Guihôn de la manière traditionnelle dont un roi faisait son entrée triomphale dans une ville (voir J. R. Dummelow, éd., A Commentary on the Holy Bible, p. 693 ; comparer à l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem rapportée dans Matthieu 21:1-11). Le peuple répondit joyeusement et en acceptant Salomon comme nouveau roi (voir 1 Rois 1:39-40).


C'est ainsi que, par une mesure rapide et décisive, David coupait court aux tentatives d'Adonija d'usurper le trône et que Salomon fut installé comme roi. On imagine facilement pourquoi ceux qui participaient au festin d'Adonija furent frappés de terreur et se hâtèrent de quitter la présence d'Adonija. Ils étaient pris au beau milieu de ce qui revenait quasiment à une trahison contre le nouveau roi, et ils désiraient vivement se désolidariser d'Adonija. C'était maintenant la vie de celui-ci qui était en danger. Non seulement il était un rival potentiel pour le trône, mais il avait fait une tentative publique de devancer les prétentions de Salomon. Par conséquent dès qu'il apprit que Salomon avait été mis sur le trône, il s'enfuit non pas chez lui, mais immédiatement sur le sommet de la montagne de Moriya, juste au-dessus de la ville de David. Celui-ci y avait fait construire un autel des sacrifices. Les cornes de l'autel des sacrifices étaient considérées comme un sanctuaire auquel une personne pouvait s'agripper jusqu'à ce que son cas ait été instruit et jugé (voir Exode 21:13-14). Adonya attendit là, espérant un signe de clémence de la part de Salomon à son égard, lequel fut accordé.


1 Rois 1:38. Qui étaient les Kérétiens et les Pélétiens ?


« Les Kérétiens étaient un peuple qui s'installa à côté des Philistins dans le sud de la Palestine [voir 1 Samuel 30:14 ; Ézéchiel 25:16 ; Sophonie 2:5]. Sous le règne de David ils formaient, avec les Pélétiens, sa garde du corps personnelle sous le commandement de Benaja, fils de Jehojada [voir 2 Samuel 8:18 ;  20:23; 1 Chroniques 18:17]. Ils lui restèrent loyaux lors des rébellions d'Absalom [voir 2 Samuel 15:18] et de Chéba [voir 2 Samuel 20:7] et étaient là quand Salomon fut oint à la royauté [voir 1 Rois 1:38-44]. » (O. D. Douglas, éd., The New Bible Dictionary, sous « Cherethites»)


1 ROIS 2


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 2:1-9. Dernières instructions de David à son fils Salomon


David chargea son fils de garder tous les commandements de Dieu, d'étudier la loi et de juger le peuple avec justice. Salomon reçut aussi des instructions concernant certains ennemis de David ainsi que sur certains de ses amis.


Le premier livre des Rois ne parle pas de la grande assemblée de fonctionnaires du gouvernement et de chefs militaires que David réunit quand il sentit que sa mort était proche ; mais ce rassemblement historique est rapporté dans 1 Chroniques 28:1 à 29:24 (voir le commentaire dédié).


1 Rois 2:2-3. « Sois fort et sois un homme ! »


Cette invitation à la virilité et à la force est un thème bien connu dans l'Ancien Testament. Ce fut la dernière recommandation de Moïse à Josué (voir Deutéronome 31:6-7, 23). Le Seigneur donna à Josué le même encouragement (voir Josué 1:5-9). Il s'agissait autant d'avoir le courage d'obéir à la loi que d'avoir du courage physique.


1 Rois 2:5-6. Pourquoi David ne punit-il  pas Joab plus tôt ?


Joab, par jalousie et par peur de perdre sa place comme chef des armées d'Israël, avait assassiné Abner (voir 2 Samuel 3:27) et Amasa (voir 2 Samuel 20:10).


« David aurait dû punir ces deux crimes ; mais quand Abner fut assassiné, il se sentait trop faible pour imposer à un homme comme Joab le châtiment qu'il méritait, car il venait d'être oint roi, et par conséquent il ne fit rien d'autre que d'invoquer le châtiment divin sur sa tête [voir 2 Samuel 3:29]. Et quand Amasa fut tué, les rébellions d'Absalom et de Chéba avaient réduit trop considérablement la puissance de David pour qu'il inflige le châtiment que l'acte réclamait. Mais, roi de la nation de Dieu, il n'était pas juste qu'il permette que de tels crimes soient laissés impunis. Il transféra donc le châtiment, pour lequel la puissance requise lui avait manqué, à son fils et successeur… 'Tu agiras selon ta sagesse ('choisis le bon moment pour le punir', Seb. Schmidt), et tu ne laisseras pas ses cheveux blancs descendre en paix dans le séjour des morts' (c'est-à-dire sans châtiment) [1 Rois 2:6]. Le châtiment d'un homme aussi puissant que Joab, le commandant en chef, nécessitait une grande sagesse pour éviter de provoquer une rébellion dans l'armée, qui lui était dévouée. » (C.F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:1-29)


1 Rois 2:7-8. Qui étaient Barzillaï et Schimeï ?


Barzillaï et Chiméï habitaient tous les deux à Mahanaïm. Schimeï, au lieu de faire preuve de bonté envers David lorsque celui-ci fuyait devant Absalom, lui jeta des pierres et le maudit (voir 2 Samuel 16:5-11). Mais Barzillaï fit preuve de beaucoup de gentillesse à l'égard de David et de ceux qui avaient fui avec lui en leur donnant de la nourriture et des vêtements. David demanda à Salomon de pourvoir aux besoins de la famille de Barzillaï afin de lui rendre sa bonté (voir 2 Samuel 17:27-29 ; 19:31-38).


1 Rois 2:17-22. Pourquoi Salomon fut-il irrité par la demande d'Adonija ?


« Dans les pays orientaux, les épouses et les concubines du roi décédé ou détrôné devenaient la propriété de son successeur [voir 2 Samuel 12:8 ; 16:21-22] ; c'est pour cette raison que la demande d'Adonija d'avoir Abichag revenait à prétendre au trône. » (Dummelow, Commentary, p. 212)


Salomon connaissait et comprenait cette loi, comme le prouve 1 Rois 2:22. Il peut sembler étrange à première vue que Bath-Chéba ait transmis la demande d'Adonija à Salomon, car il est presque certain qu'elle connaissait et comprenait cette loi. Il se peut que, sachant comment Salomon réagirait, elle y ait vu l'occasion de le débarrasser de la menace qu'Adonija continuait à représenter pour le trône d'Israël. Salomon, en effet, réagit promptement, car c'était la deuxième fois qu'Adonija tentait de s'emparer du trône par subtilité.


1 Rois 2:23. Adonija avait parlé « au prix de sa vie »


Salomon voulait dire par là que la demande d'Adonija était soit une trahison, soit un plan pour commettre une trahison et méritait donc la mort (notez 1 Rois 2:15 qui rapporte qu'Adonija savait que le Seigneur avait donné le trône à Salomon).


1 Rois 2:26-36. Abiatar et Joab conspiraient-ils toujours contre Salomon ?


Abiatar et Joab conspiraient toujours pour mettre Adonija sur le trône (voir 1 Rois 2:22). Salomon bannit Abiatar de Jérusalem et lui enleva l'office de souverain sacrificateur en Israël. Abiatar était arrière-petit-fils d'Éli, qui était à la fois prêtre et juge en Israël, et le dernier de ses descendants à détenir un office sacerdotal. Ce châtiment et cette exclusion d'Abiatar accomplissaient la prophétie annoncée par le Seigneur à Élie (voir 1 Samuel 2:31-36). Abiatar ne s'en tira probablement avec le châtiment de l'exil que parce que Salomon répugnait à exécuter un souverain sacrificateur. Mais Joab était un ennemi beaucoup plus dangereux parce qu'il avait commandé l'armée. Il n'y avait pas de doute quant à la culpabilité de Joab. À cause des meurtres qu'il avait commis il méritait véritablement la mort (voir Exode 21:12-14). Il n'avait donc pas le droit d'asile accordé par l'autel, et Salomon n'était pas tenu de donner suite à sa demande de droit d'asile.


1 Rois 2:35. Benaja


Benaja succéda à Joab comme chef de l'armée, le plus haut poste militaire du royaume sous le roi.


1 Rois 2:36-44. Le châtiment de Schimeï


Continuant à suivre les derniers conseils de son père (voir commentaire sur 1 Rois 2:7-8), Salomon entreprit ensuite de punir Schimeï. À première vue, ce châtiment peut sembler être de la vindicte de la part de David et il peut paraître cruel de la part de Salomon d'y donner suite, puisque tout ce que Schimeï avait fait était de maudire David et de lui lancer des pierres (voir 2 Samuel 16:5-11). Mais à ce moment-là le royaume de David était déchiré par la guerre civile. Le geste de Schimeï revenait donc à de la trahison vis-à-vis du gouvernement.


Il peut y avoir eu une autre raison au conseil donné par David à Salomon. Schimeï était de Bahurim, qui était un peu à l'est de Jérusalem. Les Ammonites et les Moabites qui habitaient de l'autre côté du Jourdain étaient les ennemis traditionnels d'Israël. Avoir un ennemi juré de la couronne dans une ville où les Ammonites et les Moabites pouvaient facilement se rendre pour conspirer avec lui aurait été lui donner l'occasion de trahir à l'avenir. C'est cette situation qui peut expliquer la recommandation de David. La façon dont Salomon traita Schimeï était juste et constituait un geste de tolérance. Il aurait pu faire exécuter Schimeï sur ordre royal. Au lieu de cela il l'amena à Jérusalem et lui fit prêter serment de ne pas traverser le torrent de Cédron, frontière orientale de Jérusalem. Cette restriction confirme l'idée que Salomon ne voulait pas que Schimeï collabore avec les ennemis qu'Israël avait à l'est. Trois ans plus tard, Schimeï ayant violé son serment, Salomon le fit exécuter.


« Ce châtiment était également juste. Puisque Salomon avait donné à Schimeï la possibilité de disposer lui-même de sa vie en l'assignant à demeure à Jérusalem et que Schimeï avait promis par serment d'obéir au commandement du roi, la violation de son serment était un délit pour lequel il n'avait pas d'excuse. Il n'y a aucune valeur du tout dans les excuses que certains commentateurs font valoir en sa faveur, à savoir l'argent que ses esclaves lui avaient coûté et son souhait de les récupérer, qui était un désir juste en soi. Si Schimeï avait souhaité rester fidèle à son serment, il aurait pu informer le roi de la fuite de ses esclaves, il aurait pu lui demander de les ramener et attendre sa décision ; mais il n'avait pas le droit d'enfreindre à la légère la promesse faite par serment. En violant son serment, il renonçait à sa vie. Et c'est la première chose dont Salomon l'accuse sans qu'il puisse présenter d'excuse ; et ce n'est qu'ensuite qu'il avance comme un deuxième fait qui confirme la justice de sa décision, la méchanceté dont il avait fait preuve vis-à-vis de son père. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1-37)


1 Rois 2:46. Pourquoi Benaja fut-il l'exécuteur ?


L'armée était aussi la force de police. Par conséquent, en vertu de son office de chef de l'armée, c'était Benaja qui était responsable des exécutions. S'il était envoyé, on était certain qu'il ferait le travail.


Tant qu'Israël resta libre et sous l'influence directe du Seigneur, il n'y eut pas de prison. Les délinquants étaient punis de mort pour des délits précis. Sinon, ils étaient tenus de faire réparation à la personne lésée. Parfois ils étaient assignés à domicile sur leur parole d'honneur, comme ce fut le cas de Schimeï, ou ils étaient bannis. En dépit des difficultés existant en Israël, surtout pendant le règne des juges et le début de la période des rois, la criminalité n'était ni généralisée, ni incontrôlée ni impunie.


1 ROIS 3


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 3:1. Pourquoi Salomon prit-il pour épouse une fille du pharaon ?


Au début de son règne, Salomon décida d'épouser la fille du pharaon égyptien. Comme Israël avait imposé sa souveraineté à l'extrémité occidentale du croissant fertile, Salomon considérait apparemment qu'il était important de neutraliser toute hostilité de la part de l'Égypte, car l'Égypte avait eu pour habitude d'utiliser Canaan comme base pour ses opérations militaires. Étant donné que les mariages entre familles royales n'étaient bien souvent rien d'autre que des mariages politiques, une telle union était une façon de signer un traité entre deux pays. Néanmoins le mariage de Salomon avec la fille du pharaon était le signe d'un manque de foi au Seigneur qui avait promis de défendre Israël et de mener ses batailles (voir Deutéronome 20:4 ; Josué 23:10). Plus tard ce mariage et d'autre mariages avec des épouses étrangères se révélèrent être le facteur principal de la chute d'Israël, car Salomon commença à adorer les faux dieux de ces autres nations et fut condamné par le Seigneur (voir 1 Rois 11:1-9).


1 Rois 3:4. Pourquoi Salomon se rendit-il à Gabaon pour y faire un sacrifice ?


Le tabernacle construit par Moïse était situé à l'époque à Gabaon comme le grand autel sur lequel on offrait des sacrifices depuis le temps de Moïse. C'est pour cela que Salomon se rendit à Gabaon pour y sacrifier (voir 1 Chroniques 21:29 ; 2 Chroniques 1:2-3).


1 Rois 3:5-28. Salomon succède à son père, David, comme roi et suit le Seigneur. Le Seigneur apparaît à Salomon, qui demande à avoir en bénédiction un cœur intelligent (v. 5-9). Le Seigneur donne comme bénédiction à Salomon la sagesse, la richesse et les honneurs (v. 10-15). Deux femmes amènent un enfant à Salomon, qui établit avec sagesse laquelle est la mère de l’enfant (v. 16-28).


1 Rois 3:5-28. Qu'est-ce qu'il y avait d'important dans la première vision céleste de Salomon ?


Salomon aborda le Seigneur comme un serviteur humble et obéissant, prêt à recevoir des instructions, et il fut récompensé pour son humilité en recevant un coeur sage et intelligent. Il n'y a sans doute personne d'autre qui ait jamais reçu de plus grande sagesse. Salomon reçut l'ordre de garder les commandements et les prescriptions du Seigneur afin que celui-ci puisse prolonger ses jours en tant que roi.


1 Rois 3:14. Pourquoi le Seigneur loue-t-il la justice de David alors qu'il avait violé la loi de chasteté et avait causé le meurtre d'Urie ?


Il y a de nombreux endroits dans les livres historiques de l'Ancien Testament où David est présenté comme exemple de quelqu'un qui était agréable aux yeux de Dieu. La Traduction de Joseph Smith a corrigé chacun de ces passages pour montrer que le Seigneur utilisait David comme exemple de ce que ses successeurs ne devaient pas faire. Par exemple, dans la traduction de Joseph Smith, dans 1 Rois 3:14, le Seigneur dit à Salomon de ne pas marcher dans l'injustice comme David l'avait fait. Dans la King James Version, 1 Rois 11:4 dit que le coeur de Salomon « ne fut pas tout entier à l'Éternel, son Dieu, comme l'avait été le coeur de son père David ». La correction de ce passage par Joseph Smith montre que le coeur de Salomon devint comme celui de David, c'est-à-dire pas tout entier à l'Éternel (voir 1 Rois 11:6, 33-34, 38-39 ; 14:8 ; 15:3, 5, 11).


La demande de Salomon d'avoir un « coeur attentif » (1 Rois 3:9) lui fut certainement accordée, comme le prouve l'histoire des deux prostituées. On peut voir à quel point Salomon était un stratège brillant quand on se rend compte que la femme qui était disposée à renoncer au bébé plutôt que de le voir tué serait la meilleure mère pour l'enfant, qu'elle ait été sa mère par le sang ou non.

1 ROIS 4


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 4:1-25. Comment Salomon organisa-t-il le gouvernement pour s'attribuer une mainmise plus grande sur le royaume ?


« Lors de son accession au trône, Salomon apporta le premier d'une série de changements administratifs : il créa trois nouveaux postes à sa cour. David avait gouverné presque seul son nouvel empire, n'ayant besoin que d'un commandant de l'armée, d'un scribe en chef et de quelques secrétaires. À ce personnel Salomon ajouta Ahichar qui 'était surveillant de la maison du roi'. Il allait jouer le rôle de premier ministre, son pouvoir ne le cédant qu'à celui de Salomon. Adoniram fut nommé comme surveillant des corvées, car Salomon avait un formidable programme de construction en vue, et il lui aurait été impossible de l'entreprendre sans avoir un apport constant de travailleurs (les descendants de ceux qui avaient survécu à la conquête israélite) et une main d'oeuvre organisée, réquisitionnée, d'Israélites qui travaillaient un mois sur trois. En outre, 'Azaria, fils de Nathan, était surveillant des préfets [gouverneurs provinciaux]' des douze districts d'Israël.


« Jusqu'alors le gouvernement d'Israël, même sous Saül et David, n'avait jamais été dominé par une équipe désignée par le roi mais plutôt par un chef patriarcal ou charismatique qui gouvernait essentiellement par son magnétisme personnel et l'inspiration du Seigneur. Ce genre de direction avait été nécessaire pour unir les douze tribus indépendantes et souvent querelleuses pendant la conquête militaire de Canaan. Mais maintenant Israël était en paix et son territoire était considérablement accru. Le pays avait grand besoin d'une méthode de gouvernement plus efficace. Salomon répartit donc Israël en douze districts administratifs, tous relativement égaux en population et en ressources. Pour inclure le nouveau territoire, les divisions arbitraires ignoraient les vieilles frontières tribales, et dans la pratique les distinctions tribales furent abandonnées sauf pour les devoirs du temple et les généalogies.


« Salomon mit un préfet à la tête de chaque district ; tous étaient responsables devant Azaria. Les douze préfets avaient la responsabilité de lever des provisions pour la maison du roi. Chaque district envoyait de la nourriture pour un mois de l'année. De leur côté les préfets imposaient aux fermiers et aux bergers le fardeau de fournir la nourriture, et c'était là un fameux fardeau. Les provisions dont la cour de Salomon avait besoin pour un seul jour consistaient en 'trente kors [6600 l] de fleur de farine et soixante kors [env. 13 500 l] de farine, dix boeufs gras, vingt boeufs de pâturage et cent têtes de petit bétail, outre les cerfs, les gazelles, les daims et les volailles engraissées… Les préfets… ne laissaient manquer de rien. Ils faisaient aussi venir de l'orge et de la paille pour les chevaux et les coursiers, chacun à l'endroit où il se trouvait, appelé par ses fonctions'. Et ce n'était là qu'une partie de leur taxation. » (Great People of the Bible and How They Lived, p. 86- 88)


Cette taxation accomplissait les paroles du prophète Samuel qui, bien des années auparavant, avait mis Israël en garde contre ce qui arriverait s'il décidait de laisser un roi régner sur lui (voir 1 Samuel 8:11-20).

1 ROIS 5


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 5:1. L'étendue du royaume de Salomon


« La signification de ce verset semble être que Salomon régnait sur tous les royaumes depuis l'Euphrate jusqu'au pays des Philistins et même jusqu'à la frontière d'Égypte. L'Euphrate était à l'est des domaines de Salomon, les Philistins étaient à l'ouest sur la Méditerranée, et l'Égypte était au sud. Salomon avait donc comme vassaux les royaumes de Syrie, Damas, Moab et Ammon, qui se trouvaient entre l'Euphrate et la Méditerranée. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:398)


1 Rois 5:10. Qui étaient les « fils de l'Orient » ?


« Le terme est appliqué [dans Jérémie 49:28] aux tribus arabes habitant à Quédar et décrit probablement d'une manière générale les habitants du désert syrien. » (Dummelow, Commentary, p. 213)


1 Rois 5:12. Proverbes et cantique de Salomon


Le livre des Proverbes contient quelques-uns des Proverbes de Salomon, bien qu'on n'y trouve pas tout ce qu'il a écrit et qu'il est presque certain que tous les écrits qui se trouvent actuellement dans le livre des Proverbes n'ont pas été écrits par Salomon.


1 Rois 5:15-26. Comment Salomon utilisa-t-il les services de Hiram dans la construction du temple ?


Le prophète Nathan dit à David qu'un de ses enfants construirait un temple à Dieu (voir 2 Samuel 7:12). David consacra donc beaucoup de temps et d'énergie à rassembler des matériaux pour le temple. Quand Salomon monta sur le trône, une des premières choses qu'il fit fut de tourner son attention vers la construction du temple. Pour rendre le bâtiment aussi beau que possible, Salomon utilisa les services du roi Hiram de Tyr.


« Salomon avait compté sur l'habileté des architectes et des ouvriers phéniciens de Hiram ainsi que sur le précieux cèdre du Liban pour construire les bâtiments les plus prestigieux de Jérusalem : le temple et les bâtiments royaux du gouvernement. Quasiment dès le début du règne de Salomon 'Hiram donnait à Salomon du bois de cèdre et du bois de cyprès autant qu'il en désirait. Salomon donnait à Hiram 20 000 kors [4 400 000 litres] de froment pour l'entretien de sa maison et vingt kors [4400 l] d'huile d'olives concassées ; voilà ce que Salomon donnait chaque année à Hiram', sous forme de paiement étalé. » (Great People of the Bible, p. 190)


1 Rois 5:27. La conscription en Israël


Comparer avec 1 Samuel 8:11-18.

1 ROIS 6


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 6. Comment Salomon apprit-il de quelle façon le temple devait être construit ?


David reçut des révélations sur la construction du temple (voir 1 Rois 6:30-33), mais il semble que Salomon en ait reçu plus encore.


« Le modèle de ce temple, sa longueur et sa largeur, et la hauteur des cours intérieures et extérieures, avec tous leurs accessoires, furent donnés par révélation à Salomon par la source appropriée. Et pourquoi ce modèle de révélation était-il nécessaire ? Parce que Salomon n'avait jamais construit de temple et ne savait pas ce qu'il fallait pour arranger les diverses salles, pas plus que Moïse ne savait ce qu'il fallait dans le tabernacle » (Discours de Brigham Young, p. 424)


Le temple de Salomon fut détruit plus tard, et le royaume de Juda fut dispersé. Le temple de Zorobabel, qu'Hérode transforma, fut construit plus tard au même endroit. Ce second temple était celui qui existait du temps du Sauveur (voir commentaire sur Esdras 6:13-15).


1 Rois 6. L'importance de la construction du temple de Salomon


« Peu après son accession au trône, Salomon se mit à la grande oeuvre qui lui était échue en même temps que sa couronne, comme un héritage et un honneur. Il en posa les fondations dans la quatrième année de son règne, et le bâtiment fut terminé en moins de sept ans et demi. Grâce aux grandes richesses accumulées par son père et affectées à la construction du temple, Salomon put mettre à contribution tout le monde connu et associer les autres nations à son entreprise. Les ouvriers du temple se comptaient par dizaines de milliers, et chaque secteur de l'entreprise se trouvait placé sous la responsabilité d'un maître artisan. Être employé sur ce chantier à quelque titre que ce soit, était un honneur ; et le travail en retira une dignité qu'on ne lui avait jamais connue auparavant. La maçonnerie devint une profession, et la hiérarchie qui s'y établit a survécu jusqu'à nos jours. La construction du temple de Salomon fit époque, non seulement dans l'histoire d'Israël, mais dans celle du monde. » (James E. Talmage, La Maison du Seigneur, p. 6)


1 Rois 6. En quoi le temple de Salomon différait-il du tabernacle du désert ?


« Si nous comparons le plan du temple de Salomon avec celui de l'ancien tabernacle, nous voyons qu'ils étaient pratiquement identiques dans tous les traits essentiels de la disposition et des proportions. Il est vrai que le tabernacle n'avait qu'une seule enceinte, alors que le temple était entouré de cours, mais le bâtiment intérieur, le temple proprement dit, était strictement conforme au plan primitif. Les dimensions du saint des saints, du saint et du portique, étaient, dans le temple, exactement le double des parties correspondantes du tabernacle. » (Talmage, La Maison du Seigneur, p. 7)


Le temple était long et étroit. Selon les dimensions citées dans la Bible, il avait environ trente mètres de long et neuf mètres de large. Il se trouvait sur une plate-forme d'environ 2,70 mètres de haut. Le temple lui-même avait environ 13,50 mètres de haut.


1 Rois 6:5-8. Les chambres du temple


Voir 2 Samuel 13.


1 Rois 6:23. Que sont les chérubins ?


Voir 2 Samuel 13.


1 Rois 6:38. Qu'est-ce que le mois de « Bul » ?


Le mois de Bul correspond approximativement au mois de novembre.


« Comme c'était le huitième mois et que le temple fut commencé le deuxième, la durée réelle de sa construction fut, strictement parlant, de sept ans et demi. » (Dummelow, Commentary, p. 215)


1 ROIS 7


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 7:1- 8. Le palais de Salomon


Il fallut encore treize ans pour construire le palais de Salomon (voir 1 Rois 9:10).


« Il se composait de plusieurs bâtiments reliés entre eux, à savoir (1) la maison-de-la-forêt-du-Liban [voir 1 Rois 7:2-5], (2) le vestibule des colonnes et le vestibule en avant (v. 6), (3) le vestibule du trône et le vestibule du jugement (v. 7), (4) la résidence du roi et la maison de la fille du pharaon (v. 8)… La description des diverses parties de ce palais est si brève qu'il est impossible de se faire une idée précise de leur nature. Les différentes divisions sont données aux versets 1-8 dans leur ordre naturel, en commençant par l'arrière et en terminant par l'avant (v. 8). » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1-89)


1 Rois 7:16. Qu'est-ce qu'un chapiteau ?


Un chapiteau est un ornement ou une décoration au sommet d'une colonne ou d'un pilier (voir William Wilson, Old Testament Word Studies, sous la rubrique «chapiter »).


1 Rois 7:23-26. Qu'était la « mer de fonte » et comment l'utilisait-on ?


Les savants biblistes sont d'une manière générale dans l'incertitude concernant l'utilisation de l'immense mer de fonte. La révélation moderne aide l'étudiant d'aujourd'hui à en comprendre le but.

« Dans le temple de Salomon, une grande mer de fonte était placée sur le dos de douze boeufs d'airain, ces boeufs symbolisant les douze tribus d'Israël (voir 1 Rois 7:23-26, 44 ; 2 Rois 16:17 ; 25:13 ; 1 Chroniques 18:8). Cette mer de fonte était utilisée pour accomplir des baptêmes pour les vivants. Il n'y eut de baptêmes pour les
morts qu'après la résurrection du Christ.

« Il faut se souvenir que toutes les allusions directes et claires au baptême ont été enlevées de l'Ancien Testament (voir 1 Néphi 13) et que le mot baptiser est d'origine
grecque. Les Hébreux ont dû utiliser un mot équivalent tel que laver. Décrivant la mer de fonte, l'Ancien Testament dit : 'la mer était destinée aux sacrificateurs, pour qu'ils s'y lavent' (2 Chroniques 4:2-6). Cela revient à dire que les prêtres y accomplissaient des baptêmes.


« À notre époque de construction de temples, les Frères ont été amenés par l'esprit d'inspiration à modeler les fonts baptismaux placés dans les temples sur celui du temple de Salomon. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 103-104)

1 ROIS 8


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 8. Que se passa-t-il lors de la consécration du temple ?


« Lorsque la Maison du Seigneur fut achevée, on fit des préparatifs compliqués en vue de sa consécration. Tout d'abord vint l'installation de l'arche de l'alliance et de ses dépendances, le tabernacle d'assignation et les vases sacrés. C'est en grande pompe et avec accompagnement d'une cérémonie de sacrifice que l'arche fut apportée par les prêtres et déposée dans le saint des saints sous les ailes des chérubins. À cette époque, l'arche ne contenait que les deux tables de pierre 'que Moïse y avait mises'. Les barres par lesquelles on portait l'arche furent tirées de manière à être visibles du saint, et alors 'au moment où les sacrificateurs sortirent du lieu saint, la nuée remplit la Maison de l'Éternel. Les sacrificateurs ne purent pas y rester pour faire le service, à cause de la nuée ; car la gloire de l'Éternel remplissait la Maison de l'Éternel' (1 Rois 8:10-11).


« Puis Salomon s'adressa à la multitude assemblée pour lui rappeler les circonstances dans lesquelles la construction du temple avait été conçue par David, son père, et exécutée par lui-même, et pour proclamer la miséricorde et la bonté du Dieu d'Israël. Debout devant l'autel du Seigneur dans le parvis du temple, le roi éleva les mains vers le ciel et fit la prière de consécration. Puis, le roi bénit le peuple en ces termes : 'Béni soit l'Éternel, qui a donné du repos à son peuple d'Israël, selon tout ce qu'il avait dit ! De toutes les paroles favorables qu'il avait dites par l'intermédiaire de son serviteur Moïse, aucune parole n'est restée sans effet. Que l'Éternel, notre Dieu, soit avec nous, comme il a été avec nos pères ; qu'il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas' (1 Rois 8:56 - 57).


« Les services principaux ainsi que les festivités s'y rapportant durèrent sept jours, et 'le huitième jour, il renvoya le peuple. Ils bénirent le roi et s'en allèrent dans leurs tentes ; ils se réjouissaient, le coeur content de tout le bien que l'Éternel avait fait à son serviteur David et à Israël son peuple' (1 Rois 8:66). » (Talmage, La Maison du Seigneur, p. 40-41)


1 Rois 8:10-11. La gloire de Dieu


Avant que Salomon ne fasse la prière de consécration, une nuée de gloire remplit la maison de Dieu, indiquant la présence de Dieu. Le fait que cette gloire ait accompagné la cérémonie de consécration est intéressante pour les saints des derniers jours parce qu'une gloire semblable accompagna la consécration du temple de Kirtland, le 27 mars 1836. Beaucoup de personnes présentes dirent avoir vu des anges et avoir entendu « le son d'un grand vent déferlant qui remplissait le temple », et beaucoup dans la localité dirent « avoir vu une lumière brillante comme une colonne de feu reposer sur le temple » (History of the Church, 2:427). Les événements qui accompagnèrent la consécration des deux temples sont le signe que le Seigneur acceptait les maisons construites en son nom en son honneur.


1 Rois 8:22-53. Salomon, homme fidèle


La prière de consécration de Salomon donne une bonne idée de l'état d'esprit dans lequel il se trouvait à l'époque. Il était très proche du Seigneur (voir particulièrement 1 Rois 8:23, 28, 50-52).


« Lorsque nous consacrons une maison au Seigneur, ce que nous faisons en réalité, c’est nous consacrer au service du Seigneur, avec l’alliance que nous utiliserons la maison comme il veut qu’elle soit utilisée. » (Joseph Fielding Smith, Church News, 22 janv. 1972, p. 3)


Quand la prière fut terminée, Salomon parla au peuple et l'exhorta à être fidèle au Seigneur. Mais lorsque l'on continue à lire 1 Rois, on constate à quel point Salomon et son peuple s'écartèrent plus tard de l'état spirituel dans lequel ils se trouvaient le jour de la consécration.


1 Rois 8:35-36. On peut améliorer les conditions climatiques par la prière


Ces versets contiennent une promesse remarquable à Israël. À plusieurs endroits le Seigneur dit qu'il utilise les conditions climatiques pour châtier son peuple pour l'amener au repentir.


« Le Seigneur utilise parfois le temps pour discipliner son peuple parce qu'il a enfreint ses lois. Il a dit aux enfants d'Israël : 'Si vous suivez mes prescriptions, si vous observez mes commandements et les mettez en pratique, je vous donnerai les pluies en leur saison, la terre donnera ses productions, et les arbres de la campagne donneront leurs fruits. Le vannage durera jusqu'à la vendange et la vendange durera jusqu'aux semailles ; vous mangerez votre pain à satiété et vous habiterez en sécurité dans votre pays. Je mettrai la paix dans le pays, vous dormirez sans que personne ne vous trouble… et l'épée ne passera pas dans votre pays' (Lévitique 26:3-6). Le jour est peut-être venu où nous devons nous évaluer et voir si nous sommes dignes de ce que nous demandons ou si nous avons enfreint les commandements, nous rendant indignes de recevoir les bénédictions demandées. » (Spencer W. Kimball, L'Étoile, octobre 1977, p. 2)


Si le peuple se repent de ses péchés, se tournant vers la maison du Seigneur en prières et en supplication, le Seigneur peut améliorer les conditions climatiques et les faire agir en faveur des justes.


1 Rois 8:41-43. « L'étranger… viendra d'un pays lointain »


Dans le cadre de sa prière de consécration, Salomon parle de l'étranger qui 1. vient d'un pays lointain (voir v. 41), 2. vient à cause du nom du Seigneur (voir v. 41), 3. vient prier dans la maison du Seigneur (voir v. 42), 4. implore le Seigneur pour avoir certaines bénédictions, et Salomon demande au Seigneur de l'écouter dans l'intérêt d'Israël (voir v. 43).


1 Rois 8:22-53. Dans sa prière de consécration, Salomon prie pour que le Seigneur aide son peuple à résoudre de nombreux problèmes complexes.


« Dans la paix de ces beaux temples, nous trouvons parfois les solutions aux problèmes les plus sérieux de la vie. Sous l’influence de l’Esprit, nous sommes parfois illuminés par la connaissance la plus pure. Les temples sont des lieux de révélation personnelle. Quand je suis accablé sous le poids d’un problème ou d’une difficulté quelconque, je me rends dans la maison du Seigneur avec une prière au cœur pour obtenir une réponse. Les réponses qui nous parviennent sont claires et sans équivoque. » (Ezra Taft Benson, L’Étoile, avril 1986, p. 4)


1 ROIS 9


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 9:7. Le temple construit par Salomon a-t-il été « rejeté » ?


« La glorieuse prééminence de cette magnifique construction fut de brève durée. Le déclin en commença trente-quatre ans après l a consécration, cinq ans seulement après la mort de Salomon ; et ce déclin s'amplifia bientôt en une spoliation générale qui devint finalement une véritable profanation. Salomon, ce roi, cet homme sage, ce maître constructeur, s'était laissé égarer par les artifices de femmes idolâtres, et ses manières dépravées avaient suscité l'iniquité en Israël. La nation n'était plus unie ; il s'y trouvait des factions et des sectes, des partis et des croyances particulières, certaines adoraient au sommet des collines et d'autres sous les arbres verts, chaque groupe proclamant l'excellence de son sanctuaire particulier. Le temple perdit bientôt son caractère de sainteté. Le don fut déprécié par la perfidie du donateur, et l'Éternel retira sa présence tutélaire de ce lieu profané. » (James E. Talmage, La Maison du Seigneur, p. 7-8)


1 Rois 9:15-23 ; 10:14-29. Quels furent les effets des entreprises massives de construction de Salomon et de ses changements économiques ?


Les entreprises remarquables de construction de Salomon acquirent une renommée mondiale, mais elles créèrent des problèmes graves dans son royaume. Il taxa lourdement le peuple et utilisa les travaux forcés pour mener à bien ses entreprises massives. Le peuple commença à se plaindre, et un ressentiment profond, surtout dans les tribus du nord, commença à se faire jour.


« La vie de l'homme de la rue était bouleversée. Dans le passé, la richesse de l'homme se calculait surtout en fonction des terres qu'il possédait, du nombre de têtes de petit bétail qu'il avait et de la grandeur de sa famille. Les changements économiques radicaux de Salomon transformèrent ce système. La terre n'avait plus une importance suprême ; en fait elle était probablement devenue dans un certain sens un fardeau. Plus un homme possédait de terres, plus il pouvait produire de cultures et plus il devait aux préfets du roi lorsque venait le moment de la perception, tous les douze mois. De même, le petit bétail était remis aux collecteurs d'impôts, et les fils étaient obligés de travailler un mois sur trois pour la main d'oeuvre du roi.


« À présent la richesse se calculait non en biens fonciers, mais en fonction de la quantité d'argent possédée. Il est certain qu'il entrait chaque année en Israël de plus en plus de numéraire en or et en argent, mais il en parvenait très peu jusqu'à l'Israélite moyen qui devait remettre une si grande partie de son gagne-pain dans les coffres du roi. L'argent, au lieu de cela, était utilisé pour payer la dette publique croissante, le salaire des fonctionnaires gouvernementaux travaillant à plein temps, les commissions aux marchands et aux artisans employés par le roi, l'entretien du temple et du palais et les autres dépenses.


« Pour la première fois dans l'histoire d'Israël, il se mit à y avoir une nette distinction entre 'riches' et 'pauvres'. Le roi et sa maison étaient riches ; le peuple était pauvre. Entre les deux il y avait les fonctionnaires salariés et les marchands et les artisans dont beaucoup avaient entre-temps organisé des corporations de métier. Ces distinctions de classes avaient précédemment été inconnues en Israël où un berger comme David pouvait être oint roi à peine cinquante ans plus tôt. » (Great People of the Bible, p. 192-193)


1 Rois 9:26-28. La flotte d'Israël


Le peuple de Hiram, les Phéniciens, étaient maîtres de la mer, tandis que les Israélites ne l'étaient pas. 1 Rois 9:26-28 montre que les serviteurs de Hiram enseignèrent le métier de marin aux hommes de Salomon. Il en résulta que Salomon put se procurer de l'or à Ophir (qu'on pense avoir été un port dans le sud de l'Arabie) pour l'utiliser dans la construction du temple (voir aussi 1 Rois 10:23).

1 ROIS 10


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 10:1. D'où venait la reine de Saba?


Il est très vraisemblable qu'il s'agissait d'une Sabéenne d'Arabie près de l'extrémité sud de la mer Rouge (voir Clarke, Commentary, 2:421). Trois preuves sont avancées : (1) On sait que la région dans laquelle les Sabéens vivaient abondait en richesses et en épices. (2) De nombreux écrivains antiques parlent des mines d'or et d'argent de Saba et (3) les Sabéens avaient des femmes plutôt que des hommes comme souverains.


1 Rois 10:14-29. Voir commentaire de 1 Rois 9:15-23 ; 10:14-29.


1 Rois 10:19. Les bras attachés au trône


La description donnée ici fait ressembler le trône à un fauteuil à deux bras et à dossier arrondi.


1 Rois 10:23-29. La richesse de Salomon


Ces versets résument l'immense richesse que Salomon avait amassée. Une partie de sa richesse provenait du commerce international, mais une grande partie venait de l'oppression économique du peuple.


1 ROIS 11


Voir commentaire de 1 Rois 1 à 11.


1 Rois 11. Effet des péchés de Salomon


Ce chapitre donne le détail de la chute tragique du roi Salomon. Le Seigneur ne lui enleva pas le royaume pour le châtier, mais sa désobéissance eut pour résultat que son royaume fut divisé à sa mort. Comme Saül et David qui l'avaient précédé, Salomon commença son règne en ayant trouvé grâce aux yeux de Dieu et des hommes, mais il ne tarda pas à permettre au pouvoir du trône de détourner son coeur de Dieu. Comme cela avait été le cas pour la promesse de Saül et de David, celle de Salomon se transforma en tragédie (voir commentaire sur 1 Rois 3:5-28).


1 Rois 11:1-10. Que peut-on déduire des nombreux mariages de Salomon ?


Salomon épousa des « femmes étrangères », c'est-à-dire des femmes qui n'étaient pas de l'alliance. Ces mariages étaient strictement interdits par le Seigneur (voir Exode 34:16 ; Deutéronome 7:3- 4). Les mariages de Salomon étaient des alliances politiques (voir commentaire sur 1 Rois 3:1) et peut-être aussi pour des raisons personnelles. Mais ces femmes amenèrent en Israël leurs idoles et leur culte païen qui corrompirent non seulement Salomon mais aussi le peuple. Mais selon les Doctrine et Alliances, certaines épouses de Salomon lui furent données par le Seigneur : « David reçut également beaucoup de femmes et de concubines, ainsi que Salomon et Moïse, mes serviteurs, de même qu'un grand nombre d'autres de mes serviteurs, depuis le commencement de la création jusqu'à ce jour ; et ils ne péchèrent qu'en ces choses qu'ils n'avaient pas reçues de moi » (D& A 132:38).


« Le Seigneur ne condamna pas Salomon et David parce qu'ils avaient des femmes que le Seigneur leur avait données. Prenez 2 Samuel 12:7-8 et vous verrez que le Seigneur donna des épouses à David. Dans votre lecture de l'Ancien Testament, vous verrez aussi que Salomon fut béni et que le Seigneur lui apparut et lui donna des visions et de grandes bénédictions alors qu'il avait des femmes plurales, mais plus tard dans sa vie, il prit des femmes que le Seigneur ne lui avait pas données. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 4: 214)


Jacob 2:24-31, dans le Livre de Mormon, enseigne qu'on ne peut prendre de femmes plurales que lorsque c'est autorisé par le Seigneur. Les mariages pluraux de David étaient autorisés par le Seigneur, car ses femmes « lui avaient été données par moi [le Seigneur], de la main de Nathan, mon serviteur, et d'autres d'entre les prophètes qui avaient les clefs de ce pouvoir » (D&A 132:39). Aucun mariage plural n'est autorisé aujourd'hui par le Seigneur, et toute tentative de le justifier par l'Écriture ancienne est condamnée par le Seigneur.


1 Rois 11: 26-27. Qu'était le « Millo » ?


« Cela faisait probablement partie de la fortification de la ville jébusienne, peut-être une tour massive ou un bastion remplissant un point faible dans les murs, car de toute évidence il existait déjà du temps de David [voir 2 Samuel 5:9 ; 1 Chroniques 11:8]. Il fut reconstruit par Salomon [voir 1 Rois 9:15, 24 ; 11:27] (la 'brèche', dont il est question ici était probablement autre chose) dans le cadre de son programme de renforcement du royaume et fut de nouveau renforcé deux siècle et demi plus tard quand Ézéchias se préparait pour l'invasion assyrienne [voir 2 Chroniques 32:5]. Certains interprètent ce verset comme voulant dire que Millo était un autre nom désignant toute la ville de David, mais il est plus probable qu'il constituait une partie des défenses de cette colline, qui était la colline sud-est de la Jérusalem ultérieure. De nombreuses de théories ont été avancées sur le point de savoir quelle partie de la ville de David était fortifiée par le Millo, mais les fouilles n'ont pas encore été suffisamment systématiques pour en permettre l'identification. » (Douglas, New Bible Dictionary, sous la rubrique « Millo»)


1 Rois 11:28, 31-32


Le prophète Achija saisit le manteau qu'il avait sur le dos et le déchira en douze morceaux. En donnant dix des morceaux à Jéroboam, Achija dit : « Prends pour toi dix morceaux ! Car ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Israël : Me voici ! Je vais arracher le royaume de la main de Salomon et je te donnerai dix tribus. Mais il aura une tribu, à cause de mon serviteur David et à cause de Jérusalem, la ville que j'ai choisie parmi toutes les tribus d'Israël » (1 Rois 11:31-32). Il décrivait ainsi prophétiquement les événements qui allaient bientôt se produire.


1 Rois 11:11, 29-38. Comment le royaume israélite allait-il être ôté à la maison de David et de Salomon ?


Lorsque Salomon eut ouvertement désobéi au Seigneur en suivant les dieux de ses femmes païennes, le Seigneur lui dit que le royaume lui serait ôté et donné à un de ses serviteurs (voir 1 Rois 11:11). Le serviteur était Jéroboam, qui gouvernait la tribu d'Éphraïm, un district créé par Salomon. Le prophète Achija lui dit qu'il gouvernerait dix des tribus d'Israël. Mais la tribu de Juda resterait sous le règne de la lignée de David pour que la promesse disant que le Messie viendrait par la lignée de David et de la tribu de Juda s'accomplisse (voir Genèse 49:10). Le royaume de Juda comprendrait la moitié de la petite tribu de Benjamin, les Lévites et les étrangers qui étaient sur le territoire de Juda.


Tout d'abord une partie seulement de Lévi fut avec Juda, mais lorsque Jéroboam se fut tourné vers l'idolâtrie, beaucoup d'autres passèrent en Juda. Finalement une bonne part de la tribu de Lévi se trouva dans le sud (voir 2 Chroniques 15:9). Comme Éphraïm et Manassé, les deux fils de Joseph, faisaient deux tribus, en comptant Lévi il y avait à ce moment-là treize tribus au lieu de douze.


1 Rois 11:36. Promesse faite à David


Ce verset réitère la promesse faite par le Seigneur à David que son royaume ne s'éteindrait jamais tant que la terre durerait. La promesse fut accomplie en Jésus-Christ, descendant de David. Vous trouverez une étude montrant que le Christ détient les clefs de David dans le commentaire sur Ésaïe 11:1.


1 Rois 11:40. Qui est Schischak ?


Voir le commentaire sur 1 Rois 14:25.

1 ROIS 12

1 Rois 12:1. Qui était Roboam ?


Roboam était fils et successeur du roi Salomon (voir 1 Rois 11: 43). La Bible ne cite aucun autre fils ou fille de Salomon. Comme Naama, la mère de Roboam, était Ammonite (voir 1 Rois 14:21), il était seulement à moitié Israélite. Mais le lignage de sa mère était sémitique puisque les Ammonites étaient descendants de Lot, neveu d'Abraham.


1 Rois 12:1. Pourquoi Israël se rassembla-t-il à Sichem pour soutenir Roboam au lieu de se rassembler à Jérusalem ?


Dès les premières années qui suivirent l'installation d'Israël en Canaan, il y avait eu de la jalousie entre les deux tribus les plus puissantes, Éphraïm et Juda. Roboam, fils de Salomon, était le successeur légitime du trône, mais la partie nord d'Israël ne le soutint pas.


« À part le fait que les tribus n'avaient pas le droit de choisir comme bon leur semblait un autre roi que celui qui était l'héritier légitime du trône de David, le fait même que les tribus qui étaient mécontentes du gouvernement de Salomon ne se rendirent pas à Jérusalem pour rendre hommage à Roboam, mais choisirent Sichem comme lieu de réunion et firent aussi revenir Jéroboam d'Égypte, montrait que leur intention était de se séparer de la maison royale de David…


« Roboam se rendit à Sichem, car tout Israël était venu à Sichem pour l'établir roi. 'Tout Israël', selon ce qui suit [1 Rois 12: 20-21], c'était les dix tribus autres que Juda et Benjamin. Le droit de faire roi le prince choisi par Dieu, c'est-à-dire de l'oindre et de lui rendre hommage… était un vieux droit traditionnel en Israël, et les tribus l'avaient exercé non seulement dans le cas de Saül et de David [voir 1 Samuel 11:15 ; 2 Samuel 2:4 ; 5:3], mais aussi dans celui de Salomon [voir Chroniques 29:22]. Les dix tribus d'Israël firent usage de ce droit lors de l'accession de Roboam au trône ; mais au lieu de venir à Jérusalem, résidence du roi et capitale du royaume, comme elles auraient dû le faire, pour y rendre hommage au successeur légitime de Salomon, elles étaient allées à Sichem, aujourd'hui Naplouse [voir Genèse 12:6 ; 33:18], l'endroit où se tenaient les antiques assemblées nationales dans la tribu d'Éphraïm [voir Josué 24:1]…


« À propos du choix de Sichem comme lieu pour rendre hommage, Kimchi a observé très justement qu'ils 'cherchaient l'occasion de transférer le gouvernement à Jéroboam et n'étaient par conséquent pas disposés à se rendre à Jérusalem, mais allèrent à Sichem, qui appartenait à Éphraïm, étant donné que Jéroboam était éphraïmite'. S'il pouvait y avoir encore un doute quelconque à ce propos, il serait dissipé par le fait qu'ils avaient envoyé une ambassade à Jéroboam, fils de Nébath, pour le rappeler d'Égypte où il avait fui pour échapper à Salomon [voir 1 Rois 11:40] et assister à cette réunion, et que Jéroboam prit la direction de la réunion et fut certainement celui qui proposa aux personnes assemblées de formuler l'exigence qu'elles devaient imposer à Roboam. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:1:191-193)


Cette réunion nationale où Roboam cherchait un vote de confiance fut un événement important. Après elle, la vie en Israël ne serait plus jamais la même.


1 Rois 12:2-3. Qui était Jéroboam et quel rôle important joua-t-il dans la division d'Israël ?


Jéroboam était fils de Nébath (voir 1 Rois 12:15), Éphaïmite. Il était un des douze préfets de Salomon et avait juridiction sur toutes les taxes et tous les travaux imposés à la maison de Joseph (voir 1 Rois 11:28).


1 Rois 12:4. Pourquoi Israël voulut-il alléger le joug imposé par Salomon ?


Toutes les prophéties d'Ismaël à propos de la volonté d'Israël d'avoir un roi s'accomplirent sous le règne de Salomon. Israël voulait être soulagé des fardeaux imposés par l'extravagance de Salomon qui lui avait imposé des taxes exorbitantes et le travail forcé. Le joug dont il est question ici symbolisait ce fardeau.


« Le royaume de Salomon ne lui survécut guère. À sa mort son fils héritier, Roboam, chercha à monter sur le trône d'Israël et de Juda. Il n'y eut pas de difficultés dans le sud. Les anciens de Juda étaient certainement heureux d'oindre encore un enfant du pays pour continuer le règne qui avait favorisé Juda à tant d'égards. Dans le nord, en Israël, c'était une tout autre histoire. Avant qu'il ne puisse être question d'acclamer un fils de Salomon, il convenait de s'expliquer clairement sur certaines pratiques de l'État que les hommes des collines et des vallées du nord considéraient comme discriminatoires, si pas insupportables. Le recrutement forcé de travailleurs pour les entreprises de construction royales devait cesser purement et simplement. La lourde et inéquitable taxation favorisant Juda devrait être modifiée. Le nouveau roi devrait ou bien trouver d'autres manières d'assouvir ses ambitions personnelles et impériales ou modérer ses désirs. Il était clair, de toutes façons, que les tribus du nord ne voulaient pas supporter le poids du fardeau monarchique. Derrière ces griefs justifiés, il y avait le regain de pouvoir des anciens tribaux. Après tout, Salomon n'avait pas complètement détruit leur pouvoir. » (Harry Thomas Frank, Discovering the Biblical World, p. 99)


1 Rois 12:4-14. Est-il insensé de ne pas tenir compte du conseil des anciens ?


L'épisode raconté dans ces versets montre la valeur de l'âge quand on a besoin de conseils sages. Grâce à leur expérience, les personnes plus âgées ont généralement plus de sagesse que les jeunes. Mais grâce à leur grande énergie et à leur capacité d'adaptation, les jeunes peuvent être des dirigeants très efficaces. Cependant il vaut généralement mieux laisser la sagesse des anciens guider l'énergie des jeunes (à propos de la sagesse des conseils donnés à Roboam par les anciens, comparez 1 Rois 12:7 ; Matthieu 20:25-28 ; 23:11-12 ; Mosiah 2:9-18).


Les scorpions dont il est question (voir 1 Rois 12:14) semblent être une allusion à des fouets constitués de plusieurs lanières de cuir dont les extrémités étaient munies de pointes de métal (voir William Smith, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « scorpion »). Roboam annonçait tout simplement qu'il allait traiter encore plus durement les tribus d'Israël que Salomon.


1 Rois 12:16. Que signifie l'expression « Quelle part avons-nous avec David ?… Pourvois à ta maison, David »  ?


Les hommes assemblés annoncèrent qu'ils ne se considéraient plus comme faisant partie de la maison de David (Juda). Ils se rebellèrent contre la domination de Roboam et prirent leurs dispositions pour créer leur propre royaume. « À tes tentes » est une expression idiomatique qui signifie « rentrons chez nous ! » (D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeur, The New Bible Commentary, Revised, p. 337 ; voir aussi 1 Rois 12:19 ; 2 Samuel 20:1-2 ; 2 Chroniques 10:16). Les tribus du nord retirèrent leur allégeance à Roboam et à la maison de David et leur message était : « David, occupe-toi de ta maison. Nous ne voulons plus t'être associés et avoir un héritage avec toi » (voir Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:436).


1 Rois 12:18. Quelle était la portée de la lapidation d'Adoram ?


Roboam ne prenait sans doute pas la rébellion du peuple au sérieux, car il lui envoya Adoram. Étant donné qu'Adoram « était celui 'qui supervisait les corvées', il était probablement en mission de routine ; mais le peuple, indigné contre le maître qui lui faisait une réponse aussi brutale [à sa demande d'être soulagé des fardeaux], lapida le serviteur jusqu'à ce qu'il en meure. L'envoi d'Adoram pour exiger les corvées alors que les esprits étaient tellement échauffés [surtout après le déni de fidélité à Roboam], était une preuve de plus de la sottise de Roboam et de son incapacité de gouverner. » (Clarke, Commentary, 2:436)


1 Rois 12:17. Qui étaient les « Israélites qui habitaient les villes de Juda » ?


« Ces Israélites étaient des membres des dix tribus qui s'étaient installées en Juda au cours des siècles [voir 1 Rois 12:23] ; et les Siméonites en particulier sont cités puisqu'ils étaient tenus de rester dans le royaume de Juda à cause de la situation même de leur territoire tribal et pouvaient très bien être comptés parmi les Israélites qui demeuraient dans les villes de Juda, puisque au départ leur territoire tout entier fut alloué à la tribu de Juda, de laquelle ils reçurent par après une part [voir Josué 19:1]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:196)


1 Rois 12:17 revêt un intérêt particulier pour ceux qui étudient le Livre de Mormon. Ce passage permet d'expliquer pourquoi des hommes tels que Léhi et Néphi, qui étaient descendants de Manassé (voir Alma 10:3), et la famille d'Ismaël, qui descendait d'Éphraïm (voir 1 Néphi 7:2 ; Erastus Snow, dans Journal of Discourses, 23:184) vivaient au pays de Jérusalem plusieurs générations après Roboam. Laban, gardien des annales pour la tribu de Joseph, vivait aussi à Jérusalem à l'époque de Léhi et d'Ismaël (voir 1 Néphi 3:2-4). Ce sujet est expliqué plus complètement dans2 Chroniques 11:13-17 et 15:9 que dans 1 Rois.


1 Rois 12:20. Pourquoi la tribu de Juda fut-elle laissée à elle-même ?


L'affirmation que « il n'y eut que la seule tribu de Juda pour se rallier à la maison de David » n'est vraie que d'une manière très générale. Les membres de la tribu de Benjamin, longtemps associés à la tribu de Juda, et les Lévites habitant déjà à et près de Jérusalem et servant dans le temple devaient aussi être inclus avec Juda (voir 1 Rois 12:21). En outre une fois que Jéroboam eut institutionnalisé l'idolâtrie, les justes de toutes les tribus du nord émigrèrent vers le royaume de Juda (voir commentaire sur 1 Rois 12:25-32).


1 Rois 12:22-24


Bien que le peuple de Juda ne soit pas un peuple juste (voir 1 Rois 11:33), il était disposé, dans ce cas-ci, à écouter les instructions du prophète du Seigneur (voir aussi 2 Chroniques 11:1-12).


1 Rois 12:25-32. Pourquoi Jéroboam conduisit-il son peuple à l'idolâtrie ?


Une fois le royaume divisé, les dix tribus n'avaient plus aucune facilité pour adorer au temple de Jérusalem parce que Juda était maître de la ville. Jéroboam, soucieux de garder la mainmise sur Israël, inventa un nouveau système de culte qui permettrait à son peuple d'adorer loin de Jérusalem. Il construisit deux veaux d'or dans les villes du nord et invita son peuple à les adorer. 


« Il inventa une religion politique, institua des fêtes à ses propres dates qui différaient de celles désignées par le Seigneur, donna au peuple certains objets de dévotion et prétendit qu'il ne serait pas pratique et que ce serait une contrainte pour lui de devoir aller adorer à Jérusalem. Ce n'était pas la dernière fois que la religion était utilisée comme instrument par l'État pour servir des desseins politiques. » (Adam Clarke, Commentary, 2:437)


« Jéroboam n'envisageait pas simplement le culte égyptien d'Apis, mais plus spécialement le culte des idoles qu'Aaron introduisit pour le peuple au Sinaï ; c'est ce que montrent les paroles empruntées à [Exode 32:4], par lesquelles il s'efforça soigneusement de recommander sa nouvelle forme de culte au peuple : 'Israël, voici tes dieux qui t'ont fait monter du pays d'Égypte'… Ce que Jéroboam voulait dire… était : 'Ce n'est pas une nouvelle religion, c'est la forme de culte que vos pères ont utilisée dans le désert, et Aaron lui-même en a montré le chemin'… et si l'allusion verbale à cet événement qui se produisit au Sinaï montre bien que… l'Éternel était adoré sous l'aspect des veaux ou de jeunes boeufs, le choix des lieux où les veaux d'or furent dressés montre aussi que Jéroboam désirait s'aligner d'aussi près que possible sur les traditions anciennes.


« Il n e choisit pas le lieu où lui-même résidait, mais Béthel et Dan. Béthel, à la frontière sud de son royaume, qui appartenait en fait à la tribu de Benjamin [voir Josué 18:13, 22), aujourd'hui Beitîn, avait déjà été consacré comme siège de la Divinité par la vision de l'Éternel que le patriarche Jacob y reçut en songe [voir Genèse 28:11, 19) et Jacob lui donna le nom de Béthel, maison de Dieu, et y construisit ensuite un autel au Seigneur [voir Genèse 35:7)… Dan, dans la partie nord du royaume… était aussi consacré comme lieu de culte par le culte des idoles que les Danites y avaient créé, un endroit où même un petit-fils de Moïse avait officié ; et on a pu aussi tenir compte de la facilité pour le peuple, à savoir, que les tribus qui vivaient dans le nord n'auraient pas à aller loin pour se livrer à leur culte. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:198-199).


« En proclamant une fête le quinzième jour du huitième mois, Jéroboam pervertissait la grande fête des tabernacles (qui avait lieu le quinzième jour du septième mois). Il organisa une fête semblable, mais en même temps sapait l'ordonnance. » (voir Clarke, Commentary, 2:437-438)


Jéroboam chassa les prêtres lévites (voir 2 Chroniques 11:14 ; 13:19) et ordonna « des sacrificateurs pris parmi tout le peuple » (1 Néphi 12:31), permettant à n'importe qui d'être désigné du moment qu'il se consacrait en offrant « un jeune taureau et sept béliers » (2 Chroniques 13:9). Il s'arrogea aussi des fonctions sacerdotales (voir 1 Rois 12:33). Le fait qu'il rejeta les Lévites eut pour résultat qu'ils évacuèrent son royaume et s'unirent au royaume de Roboam à Jérusalem(voir 2 Chroniques 11:13-16).


1 ROIS 13

1 Rois 13:3, 5. Que signifiait le fait que la cendre serait répandue ?


« La dispersion de la cendre du sacrifice quand l'autel se serait fendu était un signe de châtiment qui indiquait qu'avec la destruction de l'autel le service sacrificiel qui y était accompli était profané. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:204)


L'accomplissement de 1 Rois 13:1-10 est rapporté dans 2 Rois 23:15-20.


1 Rois 13:11-34. Arrive-t-il jamais aux prophètes de mentir ou de désobéir au Seigneur ?


Les vrais prophètes obéissent à la parole de Dieu ; les faux prophètes pas. Il y a dans cette histoire deux prophètes dont l'un est représenté comme menteur et l'autre comme désobéissant aux instructions de Dieu.


« Il y a quelques problèmes dans cette histoire de l'homme de Dieu qui vint de Juda mettre en garde le roi de l'Israël du nord et perdit la vie au cours de sa mission. La Traduction de Joseph Smith du verset 18 peut nous aider, car elle dit que le vieux prophète dit de ramener l'homme afin de le mettre à l'épreuve. Elle dit aussi que le vieux prophète ne mentit pas au jeune prophète. Il y a aussi un changement au verset 26 où la dernière partie dit que le Seigneur permit au lion de tuer le jeune prophète à cause de sa désobéissance. Cela rend le récit plus compréhensible et plus acceptable. Le jeune prophète aurait dû obéir à Dieu. » (Ellis T. Rasmussen, An Introduction to the Old Testament and Its Teachings, 2:4)


1 Rois 13:22. « Ton cadavre n'entrera pas dans la tombe de tes pères »


Ce passage signifie que « l'homme de Dieu qui était venu de Juda » (1 Rois 13:21) mourrait inopinément et ne serait pas enseveli dans sa patrie. Les anciens Hébreux croyaient que c'était une grande tragédie que de ne pas être enterré convenablement.


1 ROIS 14

1 Rois 14:1-3. Pourquoi Jéroboam envoya-t-il sa femme au prophète Achija au lieu d'y aller lui-même ?


Jéroboam pensait peut-être que le prophète du Seigneur écouterait ou céderait davantage aux supplications d'une mère qu'à celles d'un père. Il savait assurément qu'il n'était pas digne de demander des bénédictions au Seigneur. De cet incident ressort la grande leçon qu'on doit vivre de manière à pouvoir invoquer le Seigneur avec assurance et avec foi quand on traverse une crise. Jéroboam ne pouvait pas le faire ; il envoya donc sa femme à sa place. Il la fit aussi déguiser afin qu'elle ne soit pas reconnue comme étant sa femme. Il lui fit porter un cadeau au prophète comme c'était de mise dans de telles circonstances, mais c'était le genre de présent que la femme d'un citoyen ordinaire apporterait, ajoutant ainsi à la tromperie.

1 Rois 14:4. Que signifie qu'« Achija ne pouvait plus voir, car il avait les yeux fixes » ?


Achija était aveugle, du moins ses yeux étaient tellement affaiblis par la vieillesse qu'il ne pouvait guère voir. L'expression « il avait les yeux fixes » montre qu'il ne pouvait pas voir distinctement et suivre les images.


1 Rois 14:5-6. Ceux qui ont l'esprit de révélation ne peuvent être séduits


Notre monde déchu abonde en tromperies et en malhonnêtetés. Bien que les hommes se trompent souvent les uns les autres, les oints du Seigneur peuvent utiliser le don de la révélation et grâce à cela voir dans le coeur des autres ou obtenir la révélation de choses que l'on ne peut apprendre par les sens naturels (voir Jacob 2:5 ; Job 42:2 ; 1 Rois 8:39 ; Hébreux 4:12-13 ; D&A 6:16 ; 33:1).


1 Rois 14:8. Pourquoi David est-il cité comme exemple de justice alors qu'il avait commis des péchés très graves ?


Il y a une erreur dans ce verset. Dans la Traduction de Joseph Smith, il est dit à Jéroboam que le royaume avait été ôté à la maison de David parce que celui-ci n'avait pas gardé les commandements. Il lui est dit aussi qu'il n'avait pas été semblable à David quand celui-ci était juste, c'est-à-dire avant qu'il n'ait commis d'aussi graves péchés.


1 Rois 14:9. « Tu m'as rejeté derrière ton dos »


« L'expression rejeter Dieu derrière son dos, qui est dans [Ézéchiel 23:35] exprime un mépris extrême de Dieu, exactement l'inverse de 'garder Dieu devant les yeux et dans le coeur'. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:210-211)


1 Rois 14:10-13. La prophétie d'Achija concernant la postérité de Jéroboam


Le prophète dit que toute la postérité de Jéroboam serait mise à mort et qu'aucun n'aurait un enterrement décent à l'exception de son fils « parce qu'il est le seul… en qui se trouve quelque chose de bon devant l'Éternel» (1 Rois 14:13). Chez les Hébreux, rester sans sépulture est la pire chose qui puisse arriver à un mort (voir Philip Birnbaum, A Book of Jewish Concepts, p. 531 ; voir aussi le commentaire sur 1 Rois 13:22).


1 Rois 14:15. Que voulait dire le Seigneur quand il dit qu'il « arrachera Israël de ce bon territoire… et… les dispersera de l'autre côté du fleuve » ?


Ce passage fait allusion à la captivité des dix tribus d'Israël.


« Après quelques revers de moindre importance, le royaume d'Israël subit une défaite écrasante de la part des Assyriens, en ou vers 721 av. J-C. Nous lisons que Salmanasar IV, roi d'Assyrie, assiégea Samarie, la troisième et dernière capitale du royaume, et que, après trois ans, la ville fut prise par Sargon, successeur de Salmanasar. Le peuple d'Israël fut emmené en captivité en Assyrie et réparti entre les villes des Mèdes. Ainsi fut accomplie la terrible prédiction d'Achija à la femme de Jéroboam. Israël fut dispersé au-delà du fleuve, probablement l'Euphrate, et, à partir de cette époque, les dix tribus sont perdues pour l'histoire. » (James E. Talmage, Articles de foi, p. 397-398)


1 Rois 14:19. L'autre récit des Actes de Jéroboam


2 Chroniques 13:1-20 rapporte « le reste des actes de Jéroboam ». Dans 1 Rois 14:19 et ailleurs il est fait allusion au « livre des chroniques des rois d'Israël » (ou de Juda ; voir 1 Rois 14:29). Il ne s'agit pas ici des livres actuels des Chroniques mais d'annales officielles tenues par les rois qui furent utilisées comme sources par l'auteur ou les auteurs des livres actuels des Rois. Les annales n'existent plus.


1 Rois 14:22-24. En quoi consistaient les pratiques de Juda ?


Lorsque les Israélites se furent installés au pays de Canaan, ils se mirent à adopter beaucoup de pratiques et de rites religieux des nations païennes corrompues qui les entouraient. Par exemple ils suivirent beaucoup d'aspects du baalisme. Baal, le dieu soleil, dieu suprême des Phéniciens, était un dieu de la fertilité. Ceux qui adoraient Baal estimaient que ce culte garantissait le pouvoir générateur et reproducteur de la terre et de leurs animaux aussi bien que d' eux-mêmes. Installé en Canaan, Israël devint un peuple plus sédentaire et plus agricole alors que précédemment il avait été plus nomade. Le fait qu'il dépendait maintenant de la productivité de la terre l'incita à se tourner vers le culte de Baal. Dans ce culte, qui mettait l'accent sur la fertilité, des pratiques telles que la prostitution rituelle des deux sexes était répandue. Ceux qui se livraient à de telles pratiques, le Seigneur les qualifie de prostitués. Les autres termes tels que hauts lieux, stèles, poteaux d'Achéra, collines élevées, arbres verdoyants, étaient tous associés aux formes de culte fausses et répréhensibles qui éloignaient souvent considérablement Israël du Seigneur et que Juda pratiqua aussi sous Roboam et à d' autres époques.


«Chez les nations antiques, il était de coutume d'ériger des autels sur les sommets des collines (voir Genèse 12:7-8 ; 22 2-4 ; 31:54). Après l'installation à Canaan, on découvrit des autels païens installés sur diverses collines, et leur destruction fut ordonnée (voir Nombres 33:52 ; Deutéronome 12:2-3). On construisit des autels à l'Éternel en plusieurs hauts lieux (voir Juges 6:25-26 ; 1 Samuel 9:12-25 ; 10:5, 13 ; 1 Chroniques 21:26 ; 1 Rois 3:2-4 ; 18:30). Ces autels devinrent des centres locaux du culte de l'Éternel. Quand l'idolâtrie s'installa, beaucoup de ces autels furent profanés et utilisés pour le culte païen. » (Bible Dictionary, sous la rubrique « high places »)


« Chaque endroit a son propre Baal qui est adoré dans un sanctuaire local. Le sanctuaire est un endroit élevé en dehors de la ville ou du village, soit sur un promontoire naturel, soit sur un tertre créé artificiellement à cette fin ; ce sont là les hauts lieux de l'Ancien Testament ; lieux de culte cananéens à l'origine, ils s'attirèrent aussi le culte d'Israël. Le cérémonial du culte à ces sanctuaires est très simple. Une pierre dressée représentait le dieu ; il était censé venir dans la pierre quand il se réunissait avec ses fidèles ; et dans les temps les plus reculés de la religion sémitique, cette pierre servait d'autel ; les offrandes qui, à l'origine, n'étaient pas brûlées étaient déposées dessus, ou on le badigeonnait du sang de la victime. Mais outre l'autel et la pierre dressée de 'masseba', le sanctuaire cananéen comportait un autre meuble encore. Un tronc d'arbre massif, fixé dans le sol et conservant peut-être encore quelques-unes de ses branches, représentait la divinité féminine qui est la compagne invariable de Baal. C'est l'Achéra de Canaan. Le mot Achéra désigne les poteaux qui représentaient la déesse. » (Allen Menzies, History of Religion, dans Reed C. Durham, The influence of Canaanite Baalism on Israël, p. 4)


1 Rois 14:22. Que veut dire l'Écriture quand elle dit que Dieu était jaloux ?


Le mot jalousie utilisé ici signifie essentiellement la même chose que dans Exode 20:5. La racine hébraïque kana exprime « l'ardeur, le zèle, la jalousie » (William Gesenius, Hebrew and English Lexicon of the Old Testament, p. 888). Cela implique que le Seigneur est animé de sentiments vifs et profonds concernant les formes de culte erronées et dégradantes. La raison en paraît claire : la seule possibilité de sauver l'homme du péché, c'est Dieu qui la détient. Par conséquent tout faux culte empêche le pécheur d'accéder à cette possibilité.


Étant donné que Dieu aime ses enfants et ne veut que ce qui est pour leur bien éternel, il est jaloux (c'est-à-dire qu'il réagit très vivement) à l'égard de tout culte vain ou faux auquel ils se livrent. Le Seigneur était jaloux des péchés de Juda parce que par ces péchés il était, comme Israël, en train de se détourner de lui pour suivre une voie qui allait le priver des joies du salut que Dieu seul pouvait offrir.


1 Rois 14:25. Qui était Schischak ?


Le roi d'Égypte appelé ici Schischak était probablement le « prince libyen qui fonda la vingt-deuxième dynastie égyptienne sous le nom de Chechonq 1er. Il régna 21 ans de 945 à 924 av. J-C environ. Il recueillit Jéroboam lorsque celui-ci s'enfuit loin de Salomon après que Achija eut prophétisé que Jéroboam serait un jour roi [voir 1 Rois 11:29-40]. Vers la fin de son règne, Schischak envahit la Palestine la cinquième année de Roboam, en 525 av. J-C. Il soumit Juda, prenant le trésor de Jérusalem comme tribut [voir 1 Rois 14:25-26 ; 2 Chroniques 12:2-12] et affermit aussi sa domination sur Israël, comme le prouve une stèle brisée le représentant à Méguiddo. Au temple d'Ammon à Thèbes, Schischak laissa une scène triomphale en relief nommant de nombreuses villes palestiniennes. » (A. D. Douglas, éditeur, The New Bible Dictionary, sous la rubrique « Shishak »)


On trouve un récit détaillé de l'invasion de Schischak dans 2 Chroniques 12:5-12.


1 Rois 14:31. « Roboam se coucha avec ses pères »


L'expression « se coucha avec ses pères » est un euphémisme qui signifie que quelqu'un est mort et que son esprit est allé rejoindre les autres esprits décédés. L'expression est également utilisée pour exprimer l'ensevelissement dans le tombeau familial (voir Guthrieand Motyer, Commentary, p. 326).


1 ROIS 15

1 Rois 15:4. Qu'est-ce que signifie que « à cause de David » Dieu donne à Abijam « une lignée royale à Jérusalem » ?


Abijam était injuste comme son père l'avait été. « Mais à cause de David », à cause des promesses faites concernant la maison de David et pour préserver le lignage royal par lequel le Messie viendrait (voir Ésaïe 9:6-7 ; Luc 1: 32; Actes 13:22-23), le Seigneur ne rejeta pas Abijam, qui était l'arrière-petit-fils de David, mais permit que le trône lui soit transmis et puis soit transmis à son fils (voir Keil and Delitzsch, Commentary, 3:1 217). Il fut donc permis à la lignée d'Abijam de continuer au lieu de s'éteindre. À propos de la filiation du Christ avec David, voir Bruce R. McConkie, The Promised Messiah, p 188-195.


On trouve le récit du règne d'Abijam dans 2 Chroniques 13 (où il est appelé Abija). Ce ne fut pas un juste, mais il ne fut pas complètement injuste non plus, car il appela Jéroboam et son armée au repentir (voir 2 Chroniques 13:4-12) et son armée l'emporta sur celle de Jéroboam « parce qu'ils s'étaient appuyés sur l'Éternel» (v. 18).


1 Rois 15:5. David agit-il toujours bien, sauf dans le cas d'Urie ?


Les passages qu'on trouve un peu partout dans la Bible qui considèrent David comme parfait, sauf dans l'unique épisode de Bath-Chéba, sont corrects en ce sens que David ne fut pas idolâtre et que l'idolâtrie ne prospéra pas pendant que David était roi. L'idolâtrie et les vices qui l'accompagnent furent le plus grand péché d'Israël, celui que le Seigneur excusa le moins. S'il est vrai qu 'il succomba à la tentation personnelle et que cela lui valut une tragédie spirituelle, David fut fidèle au Seigneur dans le sens qu'il ne toléra pas l'idolâtrie en Israël.


1 Rois 15:9. Le règne d'Asa


On trouve le récit détaillé du règne d'Asa dans 2 Chroniques 14:16. 


1 Rois 15:9-10. Maaca était-elle la mère d'Asa ?


Puisque la mère d'Abijam était Maaca et qu'Asa était fils d'Abijam, il est très vraisemblable que le mot mère utilisé ici signifiait en réalité grand-mère. Elle était toujours reine parce qu'elle vivait encore pendant le règne d'Asa.


1 Rois 15:11-13. Quel projet Asa entreprit-il après la mort de son père Abijam ?


Asa monta sur le trône de Juda après la mort de son père. Il avait vu les conséquences tragiques du péché et avait aussi vu son père entreprendre une réforme de ces pratiques pécheresses. Asa se lança dans une campagne vigoureuse pour mener à bien le projet entrepris par son père. Il fit démolir les autels et les statues idolâtres. Il commença aussi à éliminer les prostitués et les prostituées qui allaient aux temples, aux bosquets, aux autels et aux sanctuaires païens. Les réformes apportèrent bientôt la paix parmi le peuple, ce qui le rendit plus heureux et plus satisfait. Il se rendit compte que les peuples païens risquaient de nouveau d'essayer d'imposer leurs fausses pratiques religieuses à son peuple ; il utilisa donc aussi ce temps de paix pour fortifier ses défenses territoriales (voir 2 Chroniques 14:7). Les actes d'Asa vis-à-vis de sa mère sont importants (voir 1 Rois 15:13) car, bien que les liens familiaux aient une grande importance, la fidélité à Dieu en a plus encore (voir Matthieu 10:34-35 ; Luc 12:51-53).


1 Rois 15:17. Qu'était Rama ?


« Comme le mot signifie haut lieu, ce qui est appelé ici Rama était probablement une colline (commandant un défilé par lequel passait la route principale menant à Jérusalem) que Baescha fortifia pour empêcher toute relation avec le royaume de Juda, de peur que ses sujets ne s'attachent à la maison de David. Rama se trouvait à environ 10 km au nord de Jérusalem. » (Clarke, Commentary, 2:446-447)


Nebi Samwil est peut-être l'ancienne Rama.


1 Rois 15:18-22. L'alliance d'Asa avec Ben-Hadad fut-elle une mesure sage ?


L'alliance avec Ben-Hadad, roi de Syrie, déplut au Seigneur (voir 2 Chroniques 16:1-9). Asa se fia à un ennemi, Ben-Hadad, et l'utilisa au lieu de l'ami qu'était le Seigneur, qui lui avait déjà à la fois montré et dit qu'il n'avait pas besoin d'autres amis (voir 2 Chroniques 15:2-4).


1 Rois 15:23-24. Les dernières années de la vie d'Asa


1 Rois 15:23 dit que « à l' époque de sa vieillesse », Asa « eut les pieds malades ». 2 Chroniques 16:12 dit que la maladie commença la trente-neuvième année du règne d'Asa et devint « très grave ». Asa se fia uniquement aux médecins plutôt que de demander l'aide du Seigneur. Il semble s'être écarté de plus en plus du Seigneur à mesure qu'il vieillissait (voir 2 Chroniques 16:10). Il mourut pendant la quarante et unième année de son règne, et le peuple « brûla pour lui une quantité très considérable » (2 Chroniques 16:13-14) de parfums et d'aromates.


1 Rois 15:28. Qui Baescha tua-t-il ?


L'antécédent de « le » du verset 28 est Nadab. Baescha tua Nadab, pas Asa.

1 ROIS 16

1 Rois 16:1-2. Dieu suscita-t-il un homme méchant pour être roi d'Israël ?


« 'Je t'ai établi conducteur de mon peuple d'Israël' (1 Rois 16:2), c'est-à-dire : 'dans ma providence j'ai permis que tu deviennes roi' ; car il est impossible que Dieu ait fait roi de son peuple ou d'un peuple quelconque un rebelle, un traître et un assassin. Dieu est toujours représenté dans les Écritures comme faisant les choses que, selon sa providence, il permet que l'on fasse. » (Clarke, Commentary, 2:448)


1 Rois 16:2-13. Prophétie concernant la postérité de Baescha


Jéhu prophétisa que la postérité de Baescha serait totalement retranchée, conséquence considérée par les Hébreux comme étant un des plus grands maux qui pouvaient s'abattre sur quelqu'un. Zimri accomplit cette prophétie (voir 1 Rois 16:11-13), mais même si Zimri « fit ce qui avait été prophétisé et massacra toute la maison de Baesha, il ne faut pas croire qu'il fut ordonné par le Seigneur pour le faire. Les prophètes peuvent prophétiser ce que les hommes vont s'attirer sans qu'il ne soit nécessaire qu'il y ait prédestination et intervention du Seigneur pour qu'il en soit ainsi. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 2:5)


1 Rois 16:11. Pourquoi les amis et la famille de Baescha furent-ils tués ?


En tuant les enfants et la famille de Baescha, Zimri « s'efforça d'exterminer son peuple et d'effacer sa mémoire ; et quand quelque chose de ce genre est décidé, les Juifs disent qu'ils ne détruisent pas seulement la maison de la personne elle-même, mais les cinq maisons voisines, afin que le souvenir d'une telle personne puisse disparaître de la terre. » (Clarke, Commentary, 2:449)


1 Rois 16:21-23. Que sait-on du règne d'Omri en tant que roi d'Israël ?


« Les sources non bibliques en disent davantage sur ses onze années de règne que la Bible. Outre qu'il créa Samarie et en fit une capitale bien fortifiée pour Israël, le royaume du Nord, l'inscription de pierre de Mécha, roi de Moab, reconnaît qu'il conquit Moab et lui imposa un tribut toute sa vie. Et les inscriptions ultérieures telles que les annales de Salmanasar III, désignaient Israël comme étant le 'pays de la maison d'Omri', et ses rois furent appelés dans ce texte 'fils d'Omri' même après que sa dynastie eut été remplacée depuis longtemps par une autre famille régnante.


« Ben-Hadad de Syrie dit que son père prit certaines villes à Omri et le força à permettre un commerce libre en Samarie. Omri fit alliance avec Ethbaal, roi de Tyr (Phénicie) et prit la princesse phénicienne Jézabel pour la donner à son fils Achab. Cette alliance eut pendant quarante-cinq ans des résultats profonds et graves dans la religion et la politique d'Israël et aussi en Juda une cinquantaine d'années plus tard. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 2:5-6)


1 Rois 16:24. Quelle était l'importance de « la montagne de Samarie » achetée à Schémer ?


Josèphe écrit que les Grecs donnèrent à la ville construite sur cette colline le nom de « Samarie. Il [Omri] la nomma alors Someron, du nom de celui dont il acheta la montagne sur laquelle il bâtit » (Histoire ancienne des Juifs, livre 8, chapitre 7, p. 261). Aujourd'hui les ruines de la ville sont appelées à la fois Samarie et Sébaste, nom que lui donna Hérode. La ville, située à dix kilomètres au nord-est de Sichem, demeura la capitale des dix tribus jusqu'à ce qu'elles soient emmenées en captivité. Elle fut reconstruite par Hérode, qui en fit une ville splendide, mais fut détruite par les Romains lors de la première révolte juive vers 68 ou 69 de notre ère.


1 Rois 16:29-30. Qui étaient Achab et Jézabel ?


Achab, fils d'Omri, était encore plus mauvais que son père, qui avait « [agi] plus mal que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois 16:25). L'Écriture dit qu'Achab « fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois 16:30). Achab épousa Jézabel, fille du roi Ethbaal de Phénicie, qui pratiquaient tous deux l'idolâtrie la plus dépravée. Achab construisit une maison à Baal dans la capitale de Samarie et y mit un autel au dieu phénicien du soleil (voir 1 Rois 7:32). Ensuite il fit un bosquet dans lequel on pouvait se livrer à des pratiques immorales autour d'un symbole consacré à la déesse de la fertilité, Achéra. Quatre cents prêtres, qui mangeaient à la table de Jézabel aux frais de l'État, l'aidaient dans la religion extravagante et impie qu'elle avait introduite en Israël.


1 Rois 16:31. À quel point le mariage d'Achab avec Jézabel était-il offensant pour le Seigneur ?


« C'était là le principal élément de son offense : il épousa non seulement une païenne, mais une personne dont l'hostilité à la vraie religion était bien connue et poussée jusqu'à l'extrême. 1. Elle était la fille idolâtre d'un roi idolâtre. 2. Elle pratiquait ouvertement l'idolâtrie. 3. Non seulement elle la tolérait chez les autres, mais la protégeait et accordait à ses partisans des honneurs et des récompenses. 4. Elle utilisait tous les moyens pour persécuter la vraie religion. 5. Elle était d'une cruauté hideuse et mit à mort les prophètes et les prêtres de Dieu. 6. Et tout cela elle le fit avec la persévérance la plus zélée et la cruauté la plus implacable. Bien qu'Achab ait construit un temple et fait un autel à Baal et établi le culte d'Achéra, la Vénus sidonienne… l'hostilité de Jézabel vis-à-vis de tout ce qui est bien était tellement connue que le fait qu'il l'ait épousée était considéré comme le comble du vice et une véritable provocation à l'égard de Dieu, susceptible de détruire la prospérité du royaume. » (Clarke, Commentary, 2:450-451)


1 Rois 16:34. « Il en jeta les fondations au prix d'Abiram, son fils aîné, il en posa les portes au prix de Segub, son cadet »


La prophétie faite par Josué dans Josué 6:26 concernant Jéricho désignait non seulement la construction de maisons en cet endroit mais aussi la reconstruction des fortifications de la ville (voir Keil and Delitzsch, Commentary, 2:1:73).


« 1. On pense que quand il [Hiel] posa les fondations de la ville, son fils aîné, l'espoir de sa famille, mourut de la main et du jugement de Dieu et que tous ses enfants moururent les uns après les autres de sorte que quand on fut prêt à pendre les portes, son fils cadet et dernier enfant mourut, et ainsi, au lieu de s'assurer un nom, sa famille tout entière s'éteignit.


« 2. Ces expressions signifient seulement un grand retard dans la construction ; que celui qui l'entreprendrait devrait y consacrer presque toute sa vie, tout le temps pendant lequel il était capable de procréer des enfants, en un mot que si un homme posait les fondations au moment où son premier-né venait au monde, son fils cadet et dernier enfant naîtrait avant que les murs ne soient prêts à recevoir les portes qui devaient y être accrochées, et que l'expression est du type proverbial, désignant un travail de très longue haleine, occasionné par des obstacles et des retards multiples.


« 3. Que celui qui reconstruirait cette ville tuerait ou sacrifierait son premier-né lorsqu'il poserait les fondations afin de les consacrer et de s'assurer l'aide des objets de son culte idolâtre ; et qu'il devait tuer son fils cadet lors de l'achèvement de l'oeuvre comme offrande de reconnaissance pour l'aide reçue. Cette dernière opinion semble confirmée par la version araméenne qui montre Hiel tuant son premier-né Abiram et son fils cadet Segub…


« Aucune de ces versions [araméenne, Vulgate, Septante, Syriaque ou arabe], à l' exception de l'araméenne, ne laisse entendre que les enfants furent tués ou moururent ; circonstance qui semble fortifier l'opinion que le passage doit être compris comme impliquant des retards et des obstacles. » (Clarke, Commentary, 2:451)

1 ROIS 17

1 Rois 17:1. Qu'est-ce qu'un Tichbite ?


Élie est appelé ici « le Tichbite, l'un des habitants de Galaad ». Certains érudits disent qu'Élie venait de Tichbé en haute Galilée (voir C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:1:234). Adam Clarke propose un autre endroit. Élie venait, dit-il, de Galaad au-delà du Jourdain dans le pays donné à la tribu de Gad (voir The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:452). Quoi qu'il en soit, il est clair que le titre Tichbite désigne le lieu d'où venait Élie.


1 Rois 17:1. Par l'autorité de la prêtrise, Élie scelle les cieux pour qu'il ne pleuve pas


« La première apparition d'Élie dont nous sommes informés se trouve au dix-septième chapitre du premier livre des Rois lorsqu'il se présente devant le roi et dit : 'L'Éternel est vivant, le Dieu d'Israël, dont je suis le serviteur ! Il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole'. Il y a quelque chose de très significatif dans cet édit… Élie détenait le pouvoir du scellement qui lui permettait de fermer les cieux pour qu'il n'y ait ni pluie, ni rosée jusqu'à ce qu'il parle. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 2:103)


1 Rois 17:2-5. « Il partit et fit selon la parole de l’Éternel » (v. 5)


« Je trouve de la force dans une phrase toute simple relative au prophète Élie, qui avertit le roi Achab qu’une famine et une sécheresse allaient s’abattre sur le pays. Mais Achab se moqua de lui. Le Seigneur dit à Élie d’aller se cacher près du torrent de Kérith, qu’il devait boire l’eau du torrent et que les corbeaux le nourriraient. Et l’Écriture rapporte une phrase simple et merveilleuse : 'Il partit et fit selon la parole de l’Éternel' (1 Rois 17:5). Il n’y eut pas de discussion. Il n’y eut pas d’excuses. Il n’y eut pas de faux-fuyants. 'Élie partit et fit selon la parole de l’Éternel', tout simplement. Et il fut sauvé des terribles calamités qui s’abattirent sur ceux qui se moquèrent, discutèrent et doutèrent. » (Gordon B. Hinckley, L’Étoile, novembre 1972, p. 454)


1 Rois 17:3. Où est le torrent de Kerith ?


« Nous ne savons pas lequel des affluents du Jourdain pouvait bien être le Kérith, mais c'était apparemment un endroit obscur et isolé où Élie pouvait se cacher en toute sécurité sans être découvert accidentellement par des soldats, des bergers ou des passants. C'était aussi un lieu désolé où il n'existait pas de vie animale ; Élie dépendait donc totalement du Seigneur pour sa nourriture. » (W. Cleon Skousen, The Fourth Thousand Years, p. 336)


1 Rois 17:4, 6. Qui nourrit Élie ?


Certains érudits prétendent que le mot corbeau est un contresens et qu'il faut le rendre par marchand. D'autres érudits sont en désaccord avec cette interprétation. Ils prétendent que le mot hébreu est correctement traduit tel qu'il est. Le fait qu'Élie se cachait rend peu probable que les marchands soient venus le trouver deux fois par jour, et le ton de l'écrivain laisse entendre que ce fut une providence miraculeuse plutôt que des relations normales entre Élie et d'autres hommes.


1 Rois 17:7–13. Souvent, le Seigneur aide ceux qui sont dans le besoin par le service rendu par d’autres personnes.


« Nous pouvons tous faire quelque chose, si petit que cela paraisse… À des causes justes et des gens dans le besoin, nous pouvons donner du temps si nous n’avons pas d’argent, et nous pouvons donner de l’amour quand nous sommes à court de temps. Nous pouvons partager ce que nous avons et avoir confiance en Dieu et croire que la 'cruche d’huile' ne se videra pas. » (Jeffrey R. Holland, L’Étoile, juillet 1996, p. 33)


1 Rois 17:9. La veuve de Sarepta


Sarepta était sur la côte méditerranéenne entre Tyr et Sidon dans ce qui est maintenant le Liban et était à l'époque la Phénicie, au-delà des frontières d'Israël. La pauvre veuve n'avait qu'un peu de farine pour faire un gâteau à frire. Son pot était probablement une jarre de terre cuite, et sa cruche un récipient en argile. Un tonneau en bois ne convient pas pour conserver la farine au Proche-Orient parce qu'il ne la protège pas des insectes.


Ce n'était pas par égoïsme qu'Élie demandait à la veuve de lui préparer de la nourriture, mais plutôt pour mettre sa foi à l'épreuve. Du fait qu'elle avait réussi l'épreuve, la promesse d'Élie que son pot de farine ne s'épuiserait pas et que sa cruche d'huile ne se viderait pas pendant toute la durée de la famine s'accomplit. Cette veuve non seulement pourvut à ses propres besoins à une époque de grande détresse mais donna à d'autres l'exemple d'une grande foi. Lorsqu'il essayait d'ouvrir les yeux de ses compatriotes aveuglés par les préjugés, Jésus parla de cette Sidonienne qui obéit au commandement de Dieu et soutint physiquement son prophète. « C'est la vérité que je vous dis : il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois et qu'il y eut une grande famine sur tout le pays ; et cependant Élie ne fut envoyé vers aucune d'elles, si ce n'est vers une femme veuve, à Sarepta, dans le pays de Sidon » (Luc 4:25-26).


1 Rois 17:10-15


La réaction de la veuve lorsqu’Élie lui demanda de la nourriture était « une expression de foi dont la grandeur, vu la situation, dépasse, selon moi, tout ce qu’on lit dans les Écritures… Peut-être incertaine du coût que sa foi représenterait… elle porta d’abord une petite miche à Élie, se disant manifestement que s’il ne restait pas assez de pain, du moins son fils et elle mourraient en accomplissant un acte de pure charité » (Jeffrey R. Holland, L’Etoile, juillet 1996, p. 31).


1 Rois 17:16


 « Quand nous donnons la priorité à Dieu, toutes les autres choses prennent la place qui leur revient ou disparaissent de notre vie. Notre amour pour le Seigneur détermine la disponibilité de nos affections, celle de notre temps, les choses qui nous intéressent et l’ordre de nos priorités… Que Dieu nous bénisse pour que nous donnions la priorité au premier commandement et récoltions, par conséquent, la paix dans cette vie et la vie éternelle avec une plénitude de joie dans la vie à venir. » (Ezra Taft Benson, L’Étoile, juillet 1988, p. 3-4)


1 Rois 17:17-24. Élie ressuscite les morts


C'est dans ce chapitre le quatrième miracle cité qu'Élie accomplit grâce à sa prêtrise. Tout d'abord il fit venir la famine par sa parole (voir v. 1) ; puis il fut nourri par des corbeaux (voir v. 6), ensuite il fit se perpétuer miraculeusement les réserves de nourriture de la veuve (voir v. 13-16) ; puis il accomplit un autre grand miracle par la puissance de Dieu. Le cri de la veuve (voir v. 18) était plus un appel à l'aide qu'une critique. Elle disait essentiellement : « Je pensais que le fait d'abriter un prophète m'apporterait des bénédictions et une protection ; au lieu de cela la tragédie s'est abattue sur ma maison ».

1 ROIS 18

1 Rois 18:1-16. Élie est envoyé à la rencontre d'Achab


Abdias était préposé à la maison du roi. Comme tel il avait la responsabilité de prendre des rendez-vous pour le roi. C'est pour cela qu'Élie dit à Abdias de fixer un entretien entre le prophète et le roi Achab. Le fait qu'un roi et son principal serviteur aient dû rechercher eux-mêmes de l'eau et de l'herbe montre que la famine était devenue aiguë (voir v. 5-6).


Achab savait que c'était Élie qui avait provoqué cette détresse ; il alla donc à sa recherche. Apparemment Achab avait beaucoup de pouvoir et d'autorité parmi les pays environnants, car il put exiger d'eux l'assurance qu'ils ne cachaient pas Élie ou qu'ils ne savaient pas où il était (voir v. 10). Mais parfois quelqu'un voyait le prophète. Mais quand il disait avoir vu Élie, le temps qu'Achab y arrive, le prophète avait disparu. Achab tuait alors celui qui avait dit avoir vu Élie. La peur d'Abdias qu'Élie ne disparaisse à nouveau provenait de ce qu'il savait qu'Achab n'hésiterait pas à le faire exécuter s'il ne lui remettait pas Élie (voir v. 12-16). Élie promit à Abdias de comparaître devant Achab (voir v. 15).


On ne sait pas si cet Abdias, qui « craignait beaucoup l'Éternel » (v. 3), est l'auteur du livre de l'Ancien Testament du même nom, mais il y a un doute.


1 Rois 18:17-18. Qui jette le trouble en Israël ?


Ces versets ont inspiré de nombreux sermons, car les méchants attribuent ordinairement leurs malheurs à quelqu'un d'autre. Élie n'avait pas en lui le pouvoir de causer la famine. Il n'était que l'agent du Seigneur. C'était Achab et sa politique qui étaient la vraie cause de la détresse d'Israël, mais le roi refusait d'accepter cette responsabilité.


1 Rois 18:19. Le mont Carmel


Le Carmel est une crête montagneuse de plusieurs kilomètres de long qui va dans le sens sud-est nord-ouest. Ses flancs sud-est sont très proches du coin nord-ouest de la grande vallée de Jizréel, et son bord nord-ouest surplombe la Méditerranée sur la côte nord de l'Israël moderne. S'élevant abruptement jusqu'à environ 540 m au-dessus du niveau de la mer, c'est une élévation impressionnante qui devint synonyme de beauté. Il en est question au figuré dans les Doctrine et Alliances (voir D&A 128:19).


1 Rois 18:21. « Jusques à quand clocherez-vous des deux côtés ? »


« Littéralement [l' expression signifie] : 'Combien de temps sautillerez-vous sur deux branches ?' C'est une métaphore empruntée aux oiseaux qui sautillent de branche en branche, ne sachant pas sur laquelle se poser. Il ne faut peut-être pas non plus négliger la notion de boiter comme un estropié. Ils clochaient, ils ne pouvaient pas marcher droit, ils craignaient l'Éternel et par conséquent ne pouvaient pas totalement l'abandonner ; ils craignaient le roi et la reine et par conséquent pensaient qu'ils devaient embrasser la religion d'État. Leur conscience leur interdisait de faire l'un, leur crainte de l'homme les persuadait de faire l'autre ; mais ils n'étaient engagés de bon coeur ni dans l'une ni dans l' autre voie ; et à ce moment-là leur esprit semblait être en équilibre précaire, et ils attendaient une occasion favorable pour prendre leur décision. C'était l'occasion qui se présentait maintenant grâce à la miséricorde de Dieu. » (Clarke, Commentary, 2:457)


« Le message d’Élie est extraordinairement d’application aujourd’hui, car nous devons tous finalement choisir entre les dieux de ce monde et le Dieu de l’éternité. » (Neal A. Maxwell, That My Family Should Partake, 1974, p. 22)


1 Rois 18:22-24. Le défi


Le concours qu'Élie proposa aurait dû plaire aux prophètes de Baal puisque s'il y avait quelqu'un qui pouvait faire tomber le feu du ciel, c'était bien leur dieu, le « dieu du soleil ». Aux quatre cent cinquante prêtres de Baal venaient s'ajouter quatre cents prêtresses de son homologue féminin, Achtaroth ou Vénus, que Jézabel adorait. Élie oppose le nombre des prophètes de Baal au nombre des prophètes du Seigneur (voir v. 22).


1 Rois 18:25-29. Combien de temps les prêtres de Baal invoquèrent-ils leur dieu ? Pourquoi ?


Les paroles moqueuses d'Élie rapportées au verset 27 contribuèrent à renforcer la frénésie parmi les prophètes de Baal. Ce qu'Élie disait en réalité, c'était : « Criez plus fort ; s'il est vraiment un dieu il peut certainement vous entendre. Mais il est peut-être parti en voyage, ou il est parti à la chasse, ou peut-être dort-il. » Ces railleries maintinrent les prêtres de Baal en action pendant toute la journée.


« Il semble que les prêtres de Baal aient rempli toute la journée de leur rituel frénétique. Le temps est réparti en deux périodes : 1. Depuis le matin jusqu'à midi ; celui-ci fut employé à préparer et à offrir le sacrifice et à supplier avec ferveur que le feu céleste vienne. Il n'y avait toujours pas de réponse et, à midi, Élie se mit à se moquer d'eux et à les ridiculiser, et cela les poussa à recommencer. Et 2. ils continuèrent depuis midi jusqu'au moment de la présentation de l'offrande du soir, faisant des bonds, se faisant des incisions avec des couteaux, mêlant leur propre sang à celui de leurs sacrifices, priant, suppliant et agissant de la manière la plus frénétique. » (Clarke, Commentary, 2:457)


1 Rois 18:28. Pourquoi les prêtres de Baal se faisaient-ils des incisions tandis qu'ils invoquaient leur dieu ?


Apparemment ils pensaient que cet acte d'humiliation les rendrait agréables à leur dieu, attirerait son attention et prouverait leur sincérité. Un auteur et voyageur bien connu dut observer des comportements extrémistes de ce genre à Gaza à l'époque moderne. À propos des Gallis, un groupe d'imitateurs ou d'imitatrices pratiquant l'automutilation, comme les prêtres d'Achtaroth, il dit :


« Un joueur de trompe les précédait proclamant leur arrivée dans les villages, les cours de fermes ou les rues des villes en faisant retentir son instrument, une corne tordue. Les Gallis mendiants suivaient dans une tenue fantastique, précédés par un chef, un âne au milieu d'eux, portant leur sac de mendiant et une statue voilée de la déesse. Ils étaient habillés de vêtements de femme de diverses couleurs, le visage et les yeux peints comme ceux des femmes et la tête enveloppée d'un turban de lin ou de soie. Ils avaient les bras nus jusqu'aux épaules, et ils dansaient le long des rues au son d'une musique sauvage, tenant dans les mains d'énormes épées, avec des fouets pour se flageller et faisant un bruit hideux avec des crécelles, des fifres, des cymbales ou des timbales.


« Quand ils arrivaient dans une cour de ferme, ils commençaient leurs divagations. Un hurlement sauvage inaugurait le spectacle. Ensuite ils couraient comme des fous les uns au milieu des autres, la tête penchée très bas vers la terre, et ils tournaient en rond, leurs cheveux détachés traînant dans la poussière. Puis ils se mettaient à se mordre les bras et ensuite à se taillader avec les épées à double tranchant qu'ils portaient… Ensuite commençait un autre tableau. L'un d'eux, le chef, dans sa frénésie, commençait à prophétiser avec des soupirs et des gémissements, se lamentant à haute voix sur ses péchés passés qu'il allait maintenant venger par le châtiment de sa chair. Il prenait alors le fouet à noeuds et se flagellait le dos, se coupant aussi avec son épée jusqu'à ce que le sang coule. » (John Cunningham Geikie, Hours with the Bible, 3:399-400)


1 Rois 18:33-35. Pourquoi Élie fit-il tremper d'eau le lieu du sacrifice ?

Les prêtres de Baal étaient si peu scrupuleux qu'ils truquaient leurs autels en installant des feux en dessous pour donner l'impression que les sacrifices prenaient feu spontanément. Un auteur antique dit qu'il avait vu « sur les autels des païens des trous creusés dans la terre d'où montaient des cheminées qui communiquaient avec des ouvertures au sommet des autels. Dans les premiers les prêtres cachaient du feu qui, communiquant à l'aide d'une cheminée avec les trous, mettait le feu au bois et consommait le sacrifice ; et c' est ainsi que les gens simples étaient amenés à croire que le sacrifice était consumé par un feu miraculeux » (dans Clarke, Commentary, 2:59). Il ne fait pas de doute qu'Élie détrempa l'autel et le sacrifice autant pour les prêtres païens que pour le peuple. Il voulait les convaincre qu'il n'y avait pas de trucage et leur montrer que la puissance de Dieu était manifeste. C'était un geste hardi et spectaculaire qui montrait sa confiance absolue en la puissance du vrai Dieu.


1 Rois 18:38. Qu'était le feu de l'Éternel ?


« Le feu venant de l'Éternel n'était pas un éclair ordinaire qui n'aurait pas pu produire d'effet de ce genre, mais un feu miraculeux tombant du ciel comme dans [1 Chroniques 21:26 ; 2 Chroniques 7:1] (voir [Lévitique 9:24]), dont l'origine surnaturelle se manifesta dans le fait qu'il consuma non seulement le sacrifice avec la pile de bois sur l'autel mais aussi… les pierres de l'autel et la terre qui avait été levée pour former la tranchée, et absorba l'eau qui était dans la tranchée.


« Par ce miracle l'Éternel non seulement accréditait Élie comme son serviteur et son prophète mais montrait qu'il était le Dieu vivant qu'Israël devait servir, de sorte que toutes les personnes présentes se prosternèrent pour adorer comme elles l'avaient déjà fait lors de la consécration de l'autel dans [Lévitique 9:24] et avaient confessé que l'Éternel est Dieu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:249)


1 ROIS 19

1 Rois 19:2-8. Élie s'enfuit devant Jézabel


Ces versets montrent la puissance et la corruption de Jézabel. Même après le feu miraculeux du ciel, cette femme ne fut poussée qu'à la colère et jura qu'elle se vengerait en ôtant la vie à Élie. Élie s'enfuit, tout d'abord dans le territoire de Juda (à Beer-Chéba) et puis sur le mont Horeb (le Sinaï) à 250 kilomètres plus au sud.


Pendant cette période Élie jeûna ou reçut de la nourriture fournie par le Seigneur. Si Élie se passa vraiment de nourriture pendant quarante jours, comme le laisse entendre le verset 8, il eut une expérience semblable à celle de Moïse (voir Exode 24:18 ; 34:28 ; Deutéronome 9:9-25) et du Sauveur (voir Matthieu 4:2). Et, comme Moïse au Sinaï, Élie y reçut des révélations.


Cette période dut être une époque de grande solitude pour Élie. Des hommes cherchaient à lui ôter la vie ; il devait se considérer comme le seul prophète fidèle restant en Israël, et il se cachait dans une caverne.


« Une fois là-bas, le Seigneur l'appela et lui demanda ce qu'il faisait là ; et dans son affliction à cause de la dureté de coeur de son peuple, il parla au Seigneur de la situation, disant que lui seul restait, qu'on cherchait à lui ôter la vie. Mais le Seigneur lui montra qu'il y en avait d'autres, au nombre de 7000, qui lui étaient restés fidèles. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 2:106)


Ceux qui cherchent à reconnaître la voix de Dieu savent qu'elle n'est pas dans la puissance qui déchire les rochers et fend la terre (voir v. 11) ni dans le feu, mais dans le « son doux et subtil », qui parle dans le coeur de l'homme. Quand Élie entendit le son doux et subtil, il « sortit » pour converser avec le Seigneur (v. 13). Encouragé, Élie retourna à la demande du Seigneur et mena à bien la mission qui lui était assignée.


« C’est le plus souvent un murmure doux et léger qui répond à la prière et seuls nos sentiments les plus profonds et les plus intimes peuvent le discerner… Vous pouvez connaître la volonté de Dieu à votre sujet si vous prenez le temps de prier et d’écouter. » (Ezra Taft Benson, L’Étoile, avril 1978, p. 45)


Le nouveau prophète choisi pour succéder à Élie fut Élisée.


1 Rois 19:15. L'Éternel, Dieu de nombreuses nations


Ce verset montre que Dieu et les prophètes d'Israël influencèrent d'autres pays qu'Israël. On ne sait rien d'autre sur les circonstances qui permirent à Élie d'oindre un roi de Syrie.


1 Rois 19:17. Qui Élisée a-t-il fait mourir ?


Il n' existe aucun document disant qu'Élie ait fait mourir quelqu'un. Ce passage peut vouloir dire qu'Élie prophétiserait la mort de certaines personnes. Bien entendu, le texte biblique, tel que nous l'avons aujourd'hui, n'est que fragmentaire, et les détails de l'incident auquel il est fait allusion ici ont peut-être été perdus.


1 Rois 19:19-21 Douze paires de boeufs


Élisée devait être riche pour labourer avec douze paires de boeufs, car chaque paire tirait une charrue conduite par un serviteur. Le festin avec deux boeufs indique aussi la richesse. Le fait de manger les boeufs et de brûler leur équipement représente symboliquement le rejet par Élisée de la richesse profane au moment où il se préparait à suivre Élie et à faire le grand sacrifice matériel que cela impliquait de répondre à l'appel prophétique.


1 Rois 19:19. Le manteau du prophète jeté sur Élisée


« Quand Élie s'approcha de la charrue où se tenait Élisée, le prophète enleva simplement son grossier manteau et le mit sur les épaules d'Élisée. Élisée, quoique étonné, devait savoir exactement ce que ce geste symbolique signifiait. Il était désigné à un appel prophétique et choisi comme successeur futur d'Élie. Il n'y eut pas de longs discours persuasifs pour inciter Élisée à accepter l'appel. Ce n'était pas nécessaire. Il était un des 7000 élus dont le Seigneur avait parlé, qui n'avaient pas fléchi le genou devant Baal mais qui respectaient la sainte prêtrise de Dieu et acceptaient avec enthousiasme la discipline et l'obéissance requises par un tel appel. » (Skousen, Fourth Thousand Years, p. 359)


C'est cet acte tout simple qui a donné l'expression « le manteau du prophète », qui désigne l'appel et l'office de prophète.

1 ROIS 20

1 Rois 20:11. « Que celui qui revêt une armure ne se félicite pas »


C'est comme dire « Ne vendez pas la peau de l'ours avant de l' avoir tué ». L'image vient du harnais des animaux de trait. Il serait facile à un boeuf de se vanter de tout ce qu'il peut labourer pendant qu'on le harnache le matin, mais la vantardise ne prendrait son sens qu'une fois le travail fait, c'est-à-dire lorsqu'on enlève le harnais.


1 Rois 20 et 22. Batailles avec la Syrie


Ces chapitres détaillent deux batailles distinctes entre Israël et la Syrie. Israël remporta la première bataille mais perdit la seconde


1 Rois 20: 28. « L'Éternel est un dieu des montagnes et non un dieu des vallées »


« Il semble qu'il y ait ici une allusion à l'opinion existant parmi toutes les nations païennes que les différentes parties de la terre avaient différentes divinités. Elles avaient des dieux pour les bois, pour les montagnes, pour les mers, pour les cieux et pour les régions inférieures. Les Syriens semblent avoir eu l'impression que l'Éternel était le dieu des montagnes, mais il leur manifesta qu'il régnait partout. » (James M. Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 165)


1 Rois 20:38-43. La mort d'Achab décidée


Dans sa rencontre avec le prophète du Seigneur, Achab décida sans le savoir de son propre sort. La prophétie s'accomplit lors de la bataille suivante contre les Syriens (voir 1 Rois 22:34-35). Ce fut sa récompense pour n'avoir pas mis à mort Ben-Hadad comme le Seigneur l'avait commandé.

1 ROIS 21

1 Rois 21:2-24. La vigne de Naboth


La proposition d'Achab d'acheter la vigne de Naboth peut paraître honnête à première vue, mais Naboth ne pouvait pas vendre. Il avait hérité sa terre de ses ancêtres, et la loi de Moïse ne permettait pas de vendre son héritage sauf en cas d'extrême pauvreté, et alors il ne pouvait être vendu ou hypothéqué que jusqu'à l'époque du jubilé, et à ce moment-là on le récupérait. Achab souhaitait acquérir la terre en permanence. De là la réplique de Naboth : « Que l'Éternel me garde » (v. 3). L'accès de rage d'Achab devant ce refus (voir v. 4) donne un aperçu de sa mentalité. Le roi possédait déjà les dix douzièmes du pays d'Israël, mais il était malheureux parce qu'il ne pouvait pas obtenir tout ce qu'il voulait.


Ces versets montrent aussi comment la femme d'Achab, Jézabel, arrangeait les affaires de son mari sans se laisser arrêter par aucun obstacle (voir verset 16). Notez comme le châtiment décrété contre Achab et Jézabel correspondait à leur personnalité (voir les versets 19, 23).

1 Rois 21:27-29. Les péchés des pères et des fils


À cause de la vie méchante d'Achab, le Seigneur prophétisa qu'il perdrait sa postérité (voir 1 Rois 21:21). Les versets 27 à 29 montrent le rapport existant entre le repentir et les conséquences du péché. À cause du repentir d'Achab, le « malheur » fut retardé jusqu'au moment où son fils fut roi.

1 ROIS 22

1 Rois 22. À propos des batailles avec la Syrie, voir le commentaire de 1 Rois 20 et 22.


1 Rois 22:2-16. Achab et Josaphat


L'amitié entre Achab, roi d'Israël, et Josaphat, roi de Juda, a pu naître du fait que Joram, fils de Josaphat, avait épousé la fille d'Achab, Athalie. Cette amitié ne plut pas au Seigneur, et Josaphat fut sévèrement réprimandé pour l'avoir encouragée (voir 2 Chroniques 19:1-3).


Achab et Josaphat envisageaient de s'unir pour combattre les Syriens. Les faux prophètes, ou conseillers, d'Achab disaient oui, mais Michée, un prophète de Dieu, disait non. Les paroles de Michée au verset 15 : « Monte ! Tu auras du succès » furent dites avec beaucoup de sarcasme. C'est comme si Michée disait : « Tous tes faux prophètes ont prédit le succès. Tu veux que je fasse la même chose, voilà, je le fais : Monte ! Tu auras du succès. » Cela fut dit avec mépris pour faire savoir au roi Achab que c'était contraire au vrai conseil de Michée. C'est ce qui explique la réaction du roi au verset 16.


1 Rois 22:23-24. Le Seigneur avait-il mis « un esprit de mensonge » dans les prophètes d'Achab ?


Le Seigneur ne met d'esprit de mensonge chez personne. Comme l'explique Clarke, l'expression hébraïque signifie que le Seigneur « a permis qu'un esprit de mensonge influence tes prophètes. Faut-il encore rappeler au lecteur que les Écritures montrent à maintes reprises Dieu en train de faire ce que, selon sa providence, il permet seulement ? Rien ne peut se faire au ciel, sur la terre ou en enfer si ce n'est par son énergie ou sa permission directe. C'est pour cette raison que les Écritures s'expriment comme ci-dessus. » (Clarke, Commentary, 2:476).


1 Rois 22:34. « Le défaut de la cuirasse »


Les guerriers d'autrefois se protégeaient par une armure. Pour les tuer, il fallait qu'une flèche traverse l'espace entre deux pièces de l'armure.

 

2 ROIS

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I



2 ROIS 1

2 Rois 1:1. Qui étaient les Moabites qui se révoltèrent « contre Israël après la mort d'Achab » ?


Les Moabites occupaient le territoire à l'est de la mer Morte. Ils étaient descendants de Lot (voir Genèse 19: 37). Des années auparavant David les avait conquis, eux et leurs parents lointains, les Ammonites, qui étaient aussi des descendants de Lot et qui occupaient un territoire juste au nord de Moab. Les Moabites voyaient maintenant l'occasion de rompre avec les Israélites, et ils étaient décidés à en tirer le maximum de profit. Le roi, un homme appelé Méscha, était si fier de la révolte des Moabites qu'il l'écrivit sur une pierre noire qui a été découverte par les archéologues. On trouve sur cette pierre plus de détails sur la révolte que n'en rapporte la Bible. Méscha raconte sur la pierre que des centaines de villes furent ajoutées à son royaume et qu'il construisit des réservoirs, des aqueducs et des fortifications.


2 Rois 1:3. Baal-Zeboub


« Ce nom, qui est un des noms de Satan, désigne sa place comme prince ou chef des démons. C'est le même nom qui était donné à un ancien dieu païen (2 Rois 1:3). Dans leur rébellion contre la lumière, les Juifs d'autrefois appliquèrent le nom Béelzebul au Christ (voir Mt 10:25) et dirent aussi qu'il chassait les démons par Béelzébul (voir Mt 12:22-30. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 75)


2 Rois 1:8. La description d'Élie


Le passage où Élie est décrit comme étant « un homme avec un vêtement de poils » signifie que le prophète était vêtu d'un vêtement grossier probablement fait de poils de chèvre ou de chameau. Il portait peut-être même une peau de bête sur laquelle se trouvaient encore les poils (voir Hébreux 9: 37)


2 Rois 1:9-14. Fut-ce un acte de cruauté que de faire périr ces soldats ?


« Certains ont reproché au prophète d'avoir fait mourir ces hommes en faisant tomber sur eux le feu du ciel. Mais ils oublient qu'il n'était pas davantage possible à Élie de faire descendre le feu du ciel que ce ne le serait pour eux. Dieu seul pouvait faire tomber le feu ; et comme il est juste et bon, il n' aurait pas fait périr ces hommes s' il n'y avait pas eu une raison suffisante pour justifier l'acte. Ce n'était pas pour faire plaisir à Élie, ou pour satisfaire une humeur vindicative en lui que Dieu agit ainsi, mais pour montrer sa propre puissance et sa justice. Aucune supplication d'Élie n'aurait pu inciter Dieu à accomplir un acte qui était mauvais en soi. Élie n'avait personnellement rien à voir avec cette histoire. Dieu le poussa simplement à annoncer en ces occasions ce que lui-même avait décidé de faire. Si je suis un homme de Dieu, c'est-à-dire aussi sûrement que je suis un homme de Dieu, que le feu descende du ciel et te dévore, toi et tes cinquante hommes. Tel est le sens littéral de l'original ; et nous voyons par là que les paroles d'Élie étaient simplement déclaratives et non imprécatoires. » (Clarke, Commentary, 2:482)


2 Rois 1:17. Joram et Joram


Il y eut deux Joram qui étaient contemporains : Joram, fils d'Achab, dans le royaume du nord, et Joram, fils de Josaphat, dans le royaume du sud.

2 ROIS 2

2 Rois 2:8. La traversée du Jourdain avec Élie


Voici encore un miracle accompli par la prêtrise qu'Élie détenait. Il divisa ou délia les eaux du Jourdain. Il apporta cette même puissance de la prêtrise et les clefs pour l'exercer à Pierre, à Jacques et à Jean sur le mont de la Transfiguration (voir Matthieu 17:1-13 ; Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 126).


2 Rois 2:11. Élie a-t-il réellement été enlevé au ciel ?


Le terme ciel a plus d'un sens. Il est parfois utilisé dans le sens de firmament ; à d'autres moments, il désigne la gloire céleste. Élie fut emmené de cette terre en tant qu'être enlevé, mais pas pour entrer dans la gloire céleste.


« Beaucoup ont pensé que la doctrine de la translation était une doctrine par laquelle les hommes étaient immédiatement emmenés en la présence de Dieu et dans une plénitude éternelle, mais c'est une idée erronée. Leur habitat est de l'ordre terrestre, et c'est un endroit prévu pour ceux qu'il tient en réserve pour être des anges chargés de mission auprès de nombreuses planètes et qui ne sont pas encore entrés dans une plénitude aussi grande que ceux qui sont ressuscités des morts. 'D' autres furent torturés et n' acceptèrent pas de délivrance, afin d'obtenir une résurrection meilleure' (voir Hébreux, onzième chapitre, une partie du 35e verset).


« Il était donc évident qu'il y avait une résurrection meilleure, sinon Dieu ne l'aurait pas révélé à Paul. En quoi peut-on donc dire que c'était une résurrection meilleure ? Voici la distinction qui est faite entre la doctrine de la résurrection proprement dite et de la translation : la translation consiste à être délivré des tortures et des souffrances du corps, mais l'existence se prolonge en ce qui concerne les travaux et les labeurs du ministère avant que les intéressés ne puissent entrer dans un repos et une gloire si grands. » (Joseph Smith, dans History of the Church, 4:210).


2 Rois 2:14. Le manteau d'Élie


Le manteau d'Élie était le symbole de son autorité. Quand Élisée en devint le propriétaire, cela symbolisa le fait que l'autorité précédemment détenue par Élie reposait maintenant sur lui (voir le commentaire sur 1 Rois 19:19).


2 Rois 2:20. Le sel purifie-t-il l'eau ?


L'usage de sel fait de cela un miracle plus grand, puisque le sel normalement corrompt l'eau plutôt que de la purifier.


2 Rois 2:23-24. Faut-il reprocher à Élisée la mort de ces « enfants » ?


Pour répondre à cette question il faut tenir compte des interprétations suivantes :


1. Le mot qui est rendu par « petits jeunes gens » signifie des jeunes par rapport à des personnes âgées et désigne aussi des serviteurs ou quelqu'un qui est en mesure d'aller à la bataille.


2. L'idée prend fin au verset 24. Cette fin est indiquée par le point qui suit « et les maudit au nom de l'Éternel ». Le verset dit ensuite que deux ourses sortirent de la forêt. Il peut ne pas être valable de supposer que c'était Élie qui avait commandé aux ourses d'intervenir. 


« Mais n'est-il pas possible que ces quarante-deux jeunes gens aient été un groupe de malheureux qui avaient été employés dans la forêt à tuer les oursons de ces mêmes ourses qui les poursuivaient maintenant et les mirent en pièces à cause du mal qu'ils leur avaient fait ? Nous avons déjà entendu parler de la férocité d'une ourse privée de ses oursons : voyez à la fin de [2 Samuel, chapitre 17]. La précision 'ourses' plaide en faveur de la supposition ci-dessus ; et il est probable qu'au moment où ces jeunes garçons insultèrent le prophète, les ourses étaient déjà sur la piste des assassins de leurs petits et tombèrent ainsi sur eux au milieu de leurs insultes, la providence de Dieu ordonnant ces événements de manière à ce que cet effet naturel paraisse être une cause divine. Si la supposition est correcte, les ourses étaient prêtes, suite à leur perte, à exécuter la malédiction du prophète, et la justice de Dieu les guida vers le lieu pour punir l'iniquité qui venait d'être commise. » (
Clarke, Commentary, 2:486)

2 ROIS 3

2 Rois 3:2-3. L'idolâtrie de Joram


« Joram n'était pas aussi impie que son père Achab et sa mère Jézabel. Il fit enlever la statue ou colonne de Baal que son père avait érigée à Samarie ; et ce ne fut qu'au péché de Jéroboam, c'est-à-dire au culte du veau d'or, qu 'il se livra. Joram souhaitait donc abglir le culte de Baal et faire une fois de plus du culte de l'Éternel, sous l'image du veau (boeuf), la religion de son royaume. Il ne réussit cependant pas à exterminer le culte de Baal. Non seulement celui-ci continua à Samarie mais semble s'être développé à nouveau de la manière la plus scandaleuse… chose qui ne saurait nous étonner puisque sa mère, Jézabel, cette adoratrice fanatique de Baal, vécut pendant tout son règne. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:1:300-301)


Le culte de Baal, qui était un dieu de la fertilité, impliquait toutes sortes d'immoralités, la prostitution sacrée et d'autres pratiques perverses qui étaient extrêmement difficiles à arrêter lorsque la plupart des gens étaient eux-mêmes immoraux et corrompus.


2 Rois 3:4-10. Pourquoi Juda et Édom s'unirent-ils avec Israël contre Moab ?


Les Moabites payaient le tribut à Israël depuis le temps du roi David. Ils donnaient chaque année cent mille agneaux et le même nombre de boeufs au roi d'Israël (voir v. 4).  Avec la mort d'Achab, le roi Méscha de Moab pensa qu'Israël s'affaiblissait ; il se rebella donc et commença à attaquer les villes et les villages proches.


Josaphat, roi de Juda, avait entretenu des relations amicales avec Achab (voir 1 Rois 22:4) et voulait les maintenir avec Joram, fils et successeur d'Achab. Juda avait aussi été attaqué par Moab (voir 2 Chroniques 20:1). Il était donc naturel que Josaphat soit d'accord pour contracter alliance avec Israël contre l'ennemi commun. En traversant Édom, Juda et Israël pouvaient augmenter leur armée de soldats édomites qui étaient asservis à Juda. Ils pouvaient aussi surprendre Moab en l'attaquant à partir de l'accès géographiquement le plus difficile, et par conséquent celui d'où il attendrait le moins une attaque.


2 Rois 3: 11-15. Pourquoi Élisée était-il irrité ?


Josaphat, roi de Juda, désirait le conseil d'un vrai prophète de Dieu avant d'aller à la bataille, parce qu'il était disciple de l'Éternel. Les rois allèrent trouver le prophète Élisée, qui fut irrité par la présence de Joram, roi d'Israël. Élisée lui recommanda sarcastiquement de demander conseil aux faux prophètes de son père (voir v. 13).


On fit alors venir un musicien pour calmer Élisée avant qu'il ne donne suite à la requête du roi Josaphat de demander les directives du Seigneur. Il semble ironique que même s'ils n'étaient pas disposés à suivre les conseils d'Élisée, ils aient vivement désiré avoir sa bénédiction sur leur entreprise.


2 Rois 3:11. Qu'est-ce que cela voulait dire qu'Élisée « versait l'eau sur les mains d'Élie » ?


En Orient, un serviteur verse de l'eau sur les mains de son maître après chaque repas pour qu'il puisse les nettoyer. L'expression veut simplement dire qu'Élisée était le serviteur et le disciple d'Élie (voir James M. Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 169-70).


2 Rois 3:19. Outre les batailles proprement dites, comment Israël devait-il détruire ses ennemis ?


Le prophète Élisée commanda à Israël de faire trois choses tandis qu'il traversait le pays de Moab : (1) de couper tous les arbres qui pouvaient être utilisés pour construire des fortifications (pour la justification de cette pratique, voir Deutéronome 20:19-20) ; (2) de détruire tous les puits qui fournissaient l'eau au pays et (3) de jeter des pierres dans les champs. Une grande armée traversant une région pouvait facilement la couvrir de pierres. Il faudrait ensuite des mois de dur travail pour en débarrasser la terre afin d'y faire pousser à nouveau des cultures. Son raisonnement était que l'armée battue devrait consacrer son énergie à se remettre de la guerre, plutôt qu'à se préparer à la faire à nouveau.


2 Rois 3:20 -24. Pourquoi Moab fut-il trompé ?


« En apprenant la nouvelle de la marche des rois alliés, Moab avait levé tous les hommes qui étaient capables de porter les armes et les avait stationnés sur la frontière. Le matin, quand le soleil se fut levé au-dessus de l'eau, les Moabites virent que l'eau devant eux était comme du sang et dirent : 'C'est du sang ! Les rois (alliés) ont tiré l'épée entre eux, ils se sont frappés les uns les autres ; maintenant, Moabites, au butin !' Quand ils arrivèrent au camp israélite dans cette intention, ils furent reçus par les alliés qui étaient prêts pour la bataille et furent mis en fuite. L'aide divine consistait donc, non pas à faire un miracle qui dépassait les lois de la nature, mais simplement dans le fait que le Seigneur Dieu, comme il l'avait prédit par son prophète, organisa les forces de la nature pour agir de la façon dont il avait été décidé d'avance…


« Passant dans la terre rougeâtre des tranchées nouvellement creusées, l'eau avait acquis une couleur rougeâtre qui était considérablement intensifiée par les rayons du soleil levant, de sorte que, vu de loin, cela ressemblait à du sang. Mais les Moabites risquaient d'autant moins de penser à une illusion d'optique que, connaissant bien le pays, ils savaient parfaitement qu'il n'y avait pas d'eau dans l'oued à ce moment-là, et ils n'avaient ni vu ni entendu parler de la pluie qui était tombée loin de là dans les montagnes édomites. Il était donc naturel de penser que l'eau était du sang et que la cause du sang n'aurait pu être que le fait que leurs ennemis s'étaient entretués, surtout que la jalousie entre Israël et Juda ne leur était pas inconnue et qu'ils ne pouvaient pas douter qu'Édom ne les avait accompagnés que parce qu'il y était forcé. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:305-306)


2 Rois 3:26-27. Pourquoi l e roi moabite offrit-il son fils en sacrifice ?


Le roi de Moab fit une tentative désespérée de fuir la ville à cause de l' imminence de sa destruction. Mais sa fuite fut arrêtée par les Édomites, et il fut obligé de retourner dans la ville. Lorsque sa tentative de fuite échoua, le roi offrit en holocauste son premier-né qui lui aurait succédé. On offrait souvent des sacrifices humains à Kémoch, dieu des Moabites, pour apaiser sa colère. C'est cette coutume qui a pu motiver le roi moabite dans ce cas particulier. Avec la mort de l'héritier, Israël leva le siège et s'en alla, estimant peut-être que le pouvoir de Moab en tant que nation avait pris fin. Mais c'était là une erreur de sa part (voir 2 Rois 13:20).


2 ROIS 4

2 Rois 4:1-7. Comment les dettes pouvaient-elles être payées ?


Autrefois quand on n'était pas capable de s'acquitter d'une dette légitime, on pouvait engager ses fils comme serviteurs pour satisfaire à cette obligation (voir Lévitique 25:39-40). Si un voleur ne pouvait pas rendre ce qu'il avait volé, il pouvait être vendu pour payer la dette (voir Exode 22:3). Parfois les créanciers prenaient même des enfants à leurs parents et les vendaient comme esclaves pour payer une dette (voir Néhémie 5:5-8). La coutume de payer une dette par la servitude était apparemment encore pratiquée du temps de Jésus, car le Sauveur en parle dans une de ses paraboles (voir Matthieu 18:25).


2 Rois 4:8-17. Récompense d'une femme fidèle


Ceux qui reçoivent les serviteurs du Seigneur le reçoivent aussi (voir D&A 84:36). La Sunamite montra son amour pour Dieu par sa bonté envers son serviteur élu Élisée. De son côté, elle reçut l'assurance qu'elle aurait en bénédiction un enfant. Comme la veuve qui aida Élie, elle reçut une bénédiction du prophète.


2 Rois 4:10. Qu'est-ce qu'une « chambre haute » en dur ?


« L'alya, 'chambre', est une salle d'étage dans une maison orientale, parfois construite sur le toit, constituant parfois aussi l'étage de la galerie à laquelle elle était reliée par des marches. C'est pour cela que dans 2 Samuel 19:1 elle est appelée 'la chambre haute de la porte'… C'est une chambre qui est ordinairement bien meublée et que l'on garde comme chambre pour recevoir des invités que l'on veut honorer. » (Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 171)


2 Rois 4:17-44. Miracles accomplis par Élisée


Ces versets racontent trois grands miracles accomplis par Élisée grâce à la prêtrise. Tout d'abord, il ressuscita d'entre les morts le fils de la Sunamite qui lui avait montré tant de bonté. Deuxièmement, il bénit une nourriture qui était amère et immangeable et la rendit saine ou bonne. Et troisièmement, il multiplia un petit nombre de pains d'orge et du blé pour nourrir beaucoup de personnes. Beaucoup de traits du ministère d'Élisée sont en parallèle avec le ministère du Sauveur. Il était vraiment une figure du Messie, comme Élie l'avait été avant lui.


2 Rois 4:16. La Sunamite douta-t-elle de la promesse qui lui était faite ?


La réaction de la femme lorsque Élisée lui promit qu'elle aurait un enfant n'est pas une réaction de doute mais d'espoir. Ce qu'elle disait en fait c'était : « Que tes paroles se réalisent. »


2 Rois 4:23. Pourquoi le mari voulait-il savoir pourquoi il allait voir Élisée ce jour-là ?


« Le mari de la Sunarnite n'établit pas le lien entre la visite que sa femme se proposait de faire au prophète  et la mort de son enfant mais avec un devoir religieux. La nouvelle lune (c'est-à-dire le premier jour du mois) et le sabbat étaient des fêtes auxquelles les prophètes pouvaient être invités à présider, comme ce fut le cas pour Samuel lors de la fête organisée sur le haut lieu de Rama [voir 1 Samuel 9:12-13]. » (J. R. Dummelow, éditeur, Commentary on the Holy Bible, p. 231)

2 ROIS 5

2 Rois 5:1. Que sait-on de Naaman ?


Naaman était un grand guerrier qui semble avoir été quelqu'un de très bien, car « c'était par lui que l'Éternel avait accordé le salut aux Syriens », c'est-à-dire les avait délivrés des Assyriens. Il était chef de toute l'armée syrienne mais était affligé de la lèpre. La lèpre, qui a été appelée la mort vivante, désigne une diversité de maladies chroniques de la peau. Sa forme la plus bénigne se caractérise par une peau squameuse avec des taches rougeâtres. Dans les cas les plus extrêmes de lèpre, la chair tombe des os. Dans les temps bibliques on croyait que la lèpre était contagieuse, et à cause de cette croyance ceux qui en étaient affligés vivaient à part de la société. On ne connaît pas la gravité de la lèpre de Naaman.


2 Rois 5:2-19. Guérison miraculeuse de Naaman, chef syrien


Apprenant d'une servante israélite de sa maison qu'il y avait un prophète en Samarie qui pouvait le guérir, Naaman demanda au roi de Syrie une lettre d'introduction pour Joram, roi d'Israël. Mais la réponse de Joram : « Suis-je Dieu, pour faire mourir et pour faire vivre ? » (v. 7) montre qu'il vit immédiatement la situation difficile dans laquelle la demande de Naaman le mettait. Ce que Joram disait c'était : « Il n'y a que Dieu qui peut accomplir de tels miracles. » Si Joram l'envoyait à Élisée et que le prophète ne le guérissait pas, la situation pouvait créer un fossé entre Israël et la Syrie. Et si Naaman n'était pas guéri, Josaphat risquait de se mettre en colère et de déclarer la guerre à Joram. Quand Élisée fut informé de la détresse du roi d'Israël, il fit venir Naaman. Il mit sa foi à l'épreuve en lui disant d'aller se laver sept fois dans le Jourdain. Quoique sceptique au départ, Naaman se laissa persuader par ses serviteurs, et il fut guéri.


« Ne sommes-nous pas parfois comme Naaman, à la recherche de choses grandes ou importantes à faire et passant à côté de choses simples qui pourraient changer notre vie et nous guérir de nos afflictions  ? » (Rex D. Pinegar, L’Étoile, janvier 1995, p. 95)


« La voie de l’Évangile est simple. Vous pouvez avoir l’impression que certaines lois sont élémentaires et inutiles. Ne les méprisez pas. Faites preuve d'humilité et marchez dans l’obéissance. Je vous promets que les résultats qui s’ensuivront seront merveilleux à voir et riches pour l’expérience. » (Gordon B. Hinckley, L’Étoile, avril 1977, p. 50)


2 Rois 5:17-19. Pourquoi Naaman emporta-t-il de la terre ?


« Il découle très clairement de l'explication de Naaman : 'Car ton serviteur' etc., qu'il voulait emmener un chargement de terre d'Israël avec lui afin de pouvoir y offrir des sacrifices au Dieu d'Israël, parce qu'il était toujours esclave de la superstition polythéiste selon laquelle on ne pouvait pas adorer un dieu d'une manière convenable et acceptable ailleurs que sur son propre territoire ou sur un autel édifié sur la terre de son propre territoire. Et comme la connaissance que Naaman avait de Dieu était encore pervertie par la superstition, il n'était pas encore prêt à confesser sans réserve devant les hommes sa foi que l'Éternel est le seul vrai Dieu, mais il espérait que l'Éternel lui pardonnerait s'il continuait à se joindre extérieurement au culte des idoles dans la mesure où son devoir officiel l'exigeait. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:320)


Élisée dit à Naaman d'aller en paix, acceptant manifestement la sincérité de sa conversion, même si Naaman avait manifestement encore d'autres choses à apprendre sur le vrai Dieu.


2 Rois 5:15-16, 20-26. Pourquoi Élisée refusa-t-il les présents de Naaman ?


Élisée refusa les présents que Naaman lui offrait pour avoir utilisé la puissance de Dieu, mais pas Guéhazi. La tentation d'utiliser la prêtrise pour un gain personnel a affligé l'homme tout au long de l'histoire (voir par exemple le récit de Balaam dans Jude 1:11 et l'histoire de Néhor dans Alma 1). Néphi qualifie cet usage d'intrigues de prêtres et affirme que le Seigneur l'interdit (voir 2 Néphi 26:29-31). Paul disait que si on se faisait payer pour ses services dans la prêtrise, on abusait du droit que l'Évangile donnait (voir 1 Corinthiens 9:18). Et Jésus enseigna à ses serviteurs lorsqu'il les chargea du ministère : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10:8). C'est après tout par l'autorité divine que les hommes sont capables d'accomplir des miracles par la prêtrise. Élisée comprenait parfaitement cette vérité, mais Guéhazi vit qu'une occasion de gagner de l'argent lui échappait et permit à sa convoitise de l'emporter sur son bon sens.


2 Rois 5:26. Que signifie la question d'Élisée : « Est-ce le temps de prendre de l'argent ? »


Keil et Delitzsch disent que ce qu'Élisée demandait, c'était : « Est-ce le moment, alors que tant d'hypocrites prétendent, par égoïsme et par cupidité, être des prophètes et rendent la fonction prophétique méprisable aux yeux des incroyants, pour qu'un serviteur du vrai Dieu accepte de l'argent et des biens de quelqu'un qui n'est pas Israélite pour ce que Dieu a fait par son intermédiaire, afin de s'amasser des biens et du luxe ?… Ce ne fut pas un châtiment trop dur que la lèpre enlevée à Naaman à cause de sa foi au Dieu vivant passe à Guéhazi à cause de sa trahison à l'égard du vrai Dieu. Car ce n'était pas seulement sa cupidité qui devait être punie, mais le fait d'abuser du nom du prophète pour réaliser son dessein égoïste et le fait qu'il avait donné une impression fausse du prophète. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:322-323)


2 ROIS 6

2 Rois 6: 1-7. Pourquoi Élisée accomplit-il ce miracle ?


La rareté du fer et sa grande valeur n'étaient pas une raison suffisante pour accomplir un tel miracle.


« Le prophète exerça son pouvoir pour aider quelqu'un qui était suffisamment honnête pour se préoccuper davantage de sa perte parce que la hache ne lui appartenait pas. » (Dummelow, Commentary, p. 232)


2 Rois 6:8-23. L'armée du Seigneur


La Syrie attaqua plusieurs fois Israël mais fut chaque fois battue. Quand le roi de Syrie se rendit finalement compte que c'était à cause du pouvoir prophétique d'Élisée que ses soldats perdaient, il envoya une grande armée pour mettre Élisée à mort. L'armée syrienne trouva Élisée à Dotham (voir v. 13) où elle entoura la ville pour qu'il ne puisse échapper. Le lendemain matin le serviteur d'Élisée, se rendant compte de la situation précaire dans laquelle il se trouvait, dit à son maître : « Comment ferons-nous ? » (v. 15). Élisée demanda au Seigneur de laisser son serviteur voir que « ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont avec eux » (v. 16). Il fut alors permis au serviteur d'Élisée de voir l'armée du Seigneur qui avait été envoyée les protéger. On trouvera d'autres exemples de l'armée du Seigneur dans Josué 5:13-15.


« Quand je lisais cette merveilleuse histoire, étant enfant, je m’identifiais toujours au jeune serviteur d’Élisée. Je me disais : 'Si un jour, au service du Seigneur, je suis encerclé par les forces du mal, j’espère que le Seigneur m’ouvrira les yeux et me donnera suffisamment de foi pour comprendre que lorsque nous sommes occupés à son œuvre, ceux qui sont avec nous sont toujours plus puissants que ceux qui s’opposent à nous'. » (Dallin H. Oaks, L’Étoile, janvier 1993, p. 45)


2 Rois 6:23-24. Y eut-il paix ou guerre entre la Syrie et Israël ?


Josèphe explique la contradiction apparente entre ces deux versets : « Or quand ces hommes revinrent et montrèrent à Ben-Hadad l'étrange accident qui leur était arrivé et quelle apparition et quelle puissance ils avaient connues de la part du Dieu d'Israël, il s'en étonna ainsi que du prophète avec qui Dieu était si manifestement présent ; il décida donc de ne plus se livrer à des attentats secrets contre le roi d'Israël par peur d'Élisée mais décida de lui faire ouvertement la guerre, supposant qu'il pouvait être trop dur pour ses ennemis par la grandeur et la puissance de son armée. » (The Life and Works of Flavius Josephus, Antiquities of the Jews, livre 9, chapitre 4, par. 4)


2 Rois 6:24-29. Rareté de la nourriture à Samarie


Au lieu d'essayer de prendre Samarie de force, le roi de Syrie l'entoura et tenta d'en affamer les habitants. Ce verset montre la gravité de la famine. L'âne était un animal impur (voir Lévitique 11) et ne devait pas être mangé par les Israélites. La tête d'un animal était aussi la partie la plus immangeable. Le fait que l'on mangeait de la viande d'oiseau pour le peu de valeur nutritive qu'on y trouvait donne aussi une idée frappante de la gravité du siège. Un qab de viande de pigeon représentait un peu moins de deux litres. Le quart serait donc d'un demi-litre (voir Dummelow, Commentary, p. 232).


Finalement, la famine devint si terrible que certains eurent même recours au cannibalisme (voir les versets 28-29). Comme Achab l'avait fait avec Élie (voir 1 Rois 18:17-18), le roi Joram refusa de comprendre que c'étaient ses propres actes qui avaient causé les problèmes d'Israël. Au lieu de cela, il tint Élisée pour responsable et essaya de le faire mourir.


2 Rois 6:27. Que signifie l'expression « Avec le produit de l'aire ou du pressoir » ?


Le roi d'Israël disait simplement qu'il ne pouvait pas fournir de nourriture ni de boisson.


2 ROIS 7

2 Rois 7. Le Seigneur sauve Israël


« Il y eut un jour une grande famine en Samarie, et cette famine fut si terrible qu'une tête d'âne se vendait pour quatre-vingt pièces d'argent sur le marché et qu'un qab de viande de pigeon se vendait comme nourriture sur le marché… Nous devrions considérer cela comme un lourd châtiment que d'être obligé d'utiliser un  produit comme celui-là comme nourriture, mais les habitants de Samarie étaient terriblement affligés par la famine, et ils ne savaient où se tourner pour se sauver. Vers ce moment-là, le roi de Syrie vint assiéger la ville avec une grande armée ; elle était extrêmement nombreuse et elle apportait tout ce qu'on pouvait trouver comme nourriture qui était nécessaire pour le confort et le bien-être de l'homme ; et bien que la famine ait été si grave chez les Samaritains, le vieux prophète… Élisée, leur dit que le lendemain on vendrait de la farine à la porte de leur ville à très bas prix, moins qu'on ne l'avait jamais vendue avant. Un noble, qui entendit la prophétie d'Élisée, exprima ses doutes à ce sujet, et dit que si les fenêtres du ciel s'ouvraient et si la farine tombait d'en haut, elle ne pourrait pas descendre à si bas prix.


« Voyez maintenant ce que cela lui coûta de douter des paroles du prophète : Élisée lui dit : 'Tu le verras de tes yeux, mais tu n'en mangeras pas'. Cette nuit-là le Seigneur envoya les anges qui sont en sa présence et ils firent un bruissement dans les arbres et un bruit comme des sabots de chevaux et des chars comme si le pays tout entier s'était uni pour aller au combat contre les Syriens, et ils ne surent qu'en penser, et eurent peur, et fuirent, laissant presque tout ce qu'ils avaient apporté à l'entrée de la ville ; et tandis qu'ils s'en allaient, le bruissement dans les arbres et le bruit de chevaux et de chars semblait les poursuivre, et pour s'alléger au maximum ils jetèrent tout ce qu'ils avaient sur eux, et leur chemin fut jonché de tout ce qui était bon et désirable. Le lendemain matin les habitants de Samarie sortirent et apportèrent les dépouilles sur le marché et il déborda de provisions, et la parole du Seigneur par le prophète s'accomplit.


« Or, voyez-vous, le Seigneur savait qu'ils avaient mangé suffisamment longtemps des têtes d'âne et qu'ils avaient besoin de quelque chose de plus mangeable ; il est certain qu'il avait prévu la situation lorsque fut lancée la croisade contre le peuple de Samarie, et il les inspira selon toute probabilité à emporter des réserves abondantes  afin de se sentir d'autant plus assurés, sachant que non seulement ils étaient nombreux mais si bien pourvus. Ils se disaient certainement que l'affaire était dans le sac, se doutant peu que Dieu les faisait charger des animaux pour porter à son peuple ce dont il avait besoin. Leur Père céleste savait qu'ils en avaient besoin et il le leur envoya, et les habitants de Samarie l'apportèrent sur le marché, et voici une multitude de gens s'attroupèrent comme on peut s'y attendre de la part de gens affamés, et ce noble sortit aussi et il fut piétiné et mourut : il le vit mais il n'en mangea pas. Telle est la récompense de ceux qui ne croient pas aux prophètes de Dieu.

« Il en était ainsi alors, et si la même chose ne se produit pas à tous les coups, on peut être certain  qu'il arrivera quelque chose du même genre. Il n'y avait pas de foi vivante chez cet homme, il ne pouvait pas croire au témoignage des prophètes, et en cela il était semblable à certains de nos grands hommes dont la foi est faible et qui pensent tout savoir et peuvent vous montrer à gauche et à droite ce qui serait le mieux pour l'édification du royaume de Dieu. » (Orson Hyde, dans Journal of Discourses, 17:6-7)


Dans une prophétie semblable, Heber C. Kimball prophétisa que les saints de la vallée du lac Salé pourraient acheter des marchandises de l'Est des États-Unis meilleur marché qu'on ne pouvait les acheter dans l'Est même. La prophétie s'accomplit lorsque des milliers de personnes traversèrent la vallée lors de la ruée vers l'or de Californie (voir B. H. Roberts, A Comprehensive History of the Church, 3:349-353).

2 ROIS 8

2 Rois 8:7-15. Prophétie sur Hazaël et sur Ben-Hadad


Il est probable que plus d'un roi de Syrie porta le nom Ben-Hadad. Le nom signifie « fils d'Hadad » (J. D. Douglas, éditeur, The New Bible Dictionary, sous la
rubrique « Ben-Hadad »).


Les dirigeants syriens connaissaient bien le prophète Élisée, car ils étaient au courant de la guérison miraculeuse de Naaman. Ils se souvenaient aussi qu'Élisée avait conduit à lui tout seul un contingent de l'armée syrienne en captivité et l'avait ensuite libéré (voir 2 Rois 6:18-23). La réaction de Ben-Hadad, quand il apprit qu'Élisée était à Damas, fut de jubiler. Peut-être que le prophète de Dieu lui dirait s'il guérirait de sa maladie.


Le verset 9 montre que les présents que Ben-Hadad envoya avec Hazaël à Élisée n'étaient pas peu de chose. Il fallut quarante chameaux pour les porter. Élisée dit à Hazaël (voir v. 10) que la maladie dont souffrait le roi n'était pas fatale mais qu'il mourrait autrement. Élisée connaissait le cas d'Hazaël et le mal qu'il causerait, car les méchants ne peuvent pas regarder sans honte dans les yeux perçants des justes (voir v. 11). À son retour Hazaël étouffa Ben-Hadad et devint roi. Il gouverna la Syrie avec dureté et brutalité pendant quarante-deux années au cours desquelles il fit beaucoup de mal à Israël, accomplissant la prophétie d'Élisée.


2 Rois 8:16-23. Joram, roi de Juda


Joram, roi de Juda, épousa Athalie, qui était la fille d'Achab, roi d'Israël, et de Jézabel. Comme sa mère, c'était une mauvaise femme qui adorait les dieux de Baal, et elle contribua à corrompre le royaume de Juda dans le sud comme sa mère l'avait fait avec le royaume d'Israël dans le nord.


À cause de la méchanceté de Joram, le Seigneur n'allait pas le soutenir pendant son règne, et il fut considérablement affligé. Édom se rebella, de même que Libna, contre son règne. Libna était une ville royale des Cananéens qui avait été conquise dès le début par Josué. Joram perdit probablement Libna au moment où les Philistins attaquèrent Juda et pillèrent Jérusalem (voir 2 Chroniques 21:16-17). Joram finit par mourir d'une terrible maladie (voir 2 Chroniques 21:18-20).


2 Rois 8:26. Athalie était-elle la fille d'Omri ?


Athalie était la fille d'Achab, qui était le fils d'Omri (voir 2 Chroniques 21:6). « Les termes 'fils' et 'fille' étaient utilisés non seulement pour de lointains descendants mais même pour des successeurs qui n'étaient pas parents par le sang » (Dummelow, Commentary, p. 233). L'expression signifie ici qu'Athalie était de la dynastie des Omrides.

2 ROIS 9

2 Rois 9:1-13. Pourquoi Jéhu fut-il oint roi ?


Une des dernières missions que le Seigneur donna à Élie fut d'oindre Jéhu roi d'Israël (voir 1 Rois 19:16). Ce fut Élisée qui exécuta cette mission pour Élie. Le but du règne de Jéhu était, selon le verset 7, de détruire complètement la maison, ou la famille, des méchants Achab et Jézabel. Notez la prophétie sur Jézabel au verset 10. Le jeune homme qu'Élisée envoya remettre ce message et oindre Jéhu était probablement un détenteur de la prêtrise.


Le verset 13 décrit une cérémonie très particulière dans laquelle un homme est reconnu comme roi. Les personnes présentes déposent leur manteau à ses pieds comme symbole de loyauté et de reconnaissance de son autorité.


2 Rois 9:14-26. Le champ de Naboth


Jéhu rencontra le roi Joram et le roi Ahazia dans le champ appelé Naboth (voir v. 21). C'était ce champ même que Jézabel avait obtenu en assassinant Naboth. C'était aussi l'endroit exact où lie était apparu à Achab des années auparavant et avait prophétisé que sa postérité serait un jour exterminée (voir 1 Rois 21:21-23). Ce jour-là était arrivé. Il ne faut pas croire que parce que Jéhu fut oint par le serviteur d'Élisée pour être roi et qu'il fut prophétisé qu'il détruirait brutalement la maison d'Omri que cela veut dire que le Seigneur commanda à Jéhu de faire cela. Le prophète prévit simplement ce qui arriverait, mais Jéhu lui-même était un homme méchant (voir 2 Rois 10:31), bien qu'il soit le moyen utilisé pour détruire la méchanceté en Israël.


2 Rois 9:30-37. Mort de Jézabel


« Jézabel mit du fard à ses yeux afin de paraître imposante à Jéhu et de mourir comme une reine, pas pour le séduire par ses charmes… car (v. 31) quand Jéhu franchit la porte du palais, elle lui cria : 'Est-ce la paix, (nouveau) Zimri assassin de son seigneur ?' Elle appela Jéhu Zimri, assassin du roi, pour faire allusion au destin que Jéhu s'attirerait en assassinant le roi, comme Zimri l'avait déjà fait… (v. 32-33). Mais Jéhu ne se donna pas la peine de répondre à la femme indigne ; il leva simplement les yeux vers la fenêtre et demanda : 'Qui est avec moi? Qui?' Alors deux ou trois eunuques regardèrent (par les fenêtres latérales) et, sur le commandement de Jéhu, jetèrent l'orgueilleuse reine par la fenêtre de sorte qu'il rejaillit de son sang sur le mur et les chevaux (de Jéhu), et Jéhu la foula aux pieds, roulant sur elle avec ses chevaux et son char. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:345)


La mort de Jézabel accomplissait la prophétie d'Élie (voir 1 Rois 21:23).

2 ROIS 10

2 Rois 10:1-6. Les soixante-dix fils étaient-ils enfants d'Achab ?


Achab était maintenant mort depuis quatorze ans. Il est possible que certains des soixante-dix fils cités au verset 6 aient été ceux d'Achab ; cependant le mot fils tel qu'il est utilisé dans ces versets pourrait aussi signifier petit-fils d'Achab. Les fils du seigneur mentionnés au verset 2, désignent manifestement les fils de Joram. Jéhu voulait tuer tous les fils ou petits-fils d'Achab qui faisaient partie du lignage royal et étaient par conséquent héritiers du trône d'Israël.


2 Rois 10:13. Qui étaient les frères d'Ahazia ?


Frères, tel qu'il est utilisé dans ce verset, ne pourrait pas être une allusion aux frères véritables d'Ahazia parce que les Philistins les avaient pris à la bataille bien des années auparavant (voir 2 Chroniques 21:17). Le mot désigne cependant les gens apparentés à Ahazia qui vivaient dans la maison royale (voir 2 Chroniques 22:8).


2 Rois 10:30-31. Le Seigneur fut-il content de Jéhu ?


« Il est promis à Jéhu qu'il possédera le trône jusqu'à la quatrième génération de ses fils pour avoir exterminé la maison royale impie d'Achab… La phrase divine 'parce que tu as bien exécuté ce qui était droit à mes yeux, (parce que) tu as fait à la maison d'Achab tout ce qui était conforme à ma volonté' désigne l'acte en tant que tel et non les mobiles personnels qui avaient animé Jéhu. Car il est évident que cela ne venait pas d'un zèle pur pour l'honneur du Seigneur, comme le montre la réserve émise au verset 31: 'Jéhu ne prit pas garde à marcher de tout son coeur selon la loi de l'Éternel, le Dieu d'Israël ; il ne s'écarta pas des péchés que Jéroboam avait fait commettre à Israël' (v. 32-33). » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:354-355)


En d'autres termes la maison d'Omri était parvenue à un tel état de méchanceté qu'elle méritait la destruction. Jéhu fut l'instrument qui permit d'accomplir la volonté du Seigneur à cet égard, mais cela ne signifie pas que le Seigneur était content de ses méthodes brutales ou de sa méchanceté.

2 ROIS 11

2 Rois 11. Joas devient roi


Quand Athalie tua les héritiers du trône (voir v. 1-3), Joas échappa grâce à l'intervention de sa tante voir v. 2-3). Après l'avoir caché pendant six ans dans le temple, Jehojada, le sacrificateur, décida de faire connaître l'existence de l'enfant et de l'installer comme roi de Juda. Il envoya la garde du roi dans tout le pays de Juda pour réunir les Lévites et les principaux gouverneurs pour soutenir Joas comme roi de Juda (voir 2 Chroniques 23:1-3). Comme Joas n'avait  que sept ans au moment où il commença à régner, il fut certainement conseillé et guidé par Jehojada dans l'administration des affaires de Juda.


« Dès qu'Athalie entendit les grandes réjouissances du peuple, elle vint vers le peuple dans le temple, et quand elle vit le jeune roi entouré par les princes, les trompettes et tout le peuple se réjouissant et sonnant des trompettes, elle déchira, horrifiée, ses vêtements, et cria : Conspiration ! Conspiration !… Jehojada commanda alors aux chefs… commandants de l'armée, c'est-à-dire des hommes armés d'entre les Lévites, de faire sortir Athalie des rangs et de tuer quiconque la suivrait, c'est-à-dire prendrait parti pour elle. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:362-363)

2 ROIS 12

2 Rois 12. Le règne de Joas


Le règne de Joas dura quarante ans. Il semble que le facteur de loin le plus important du règne de Joas, ce furent les conseils et le soutien pleins de sagesse qu'il reçut du souverain sacrificateur Jehojada (voir v. 2). Pendant le règne de Joas le temple fut réparé, mais malheureusement Joas ne continua pas comme il avait commencé. Plus tard dans son règne, il se tourna vers l'idolâtrie et conduisit Juda dans le péché (voir 2 Chroniques 24:17-18), car peu après la mort de Jehojada, Joas devint faible et laissa de nouveau accomplir des rituels païens en Juda (voir 2 Chroniques 24:16-22). Il chercha aussi à apaiser Hazaël, roi de Syrie, par la corruption. Il lui envoya même des objets sacrés du temple (voir 2 Rois 12:18).


2 Rois 12:1-16. Pourquoi Joas enleva-t-il la collecte aux sacrificateurs ?


Le récit des Rois est un peu difficile à suivre, et ce qui arrive au juste n'est pas très clair. Mais le récit parallèle qui se trouve dans 2 Chroniques 24:4-14 est écrit avec plus de clarté. Sous Athalie, le temple de Salomon avait été la proie des vandales, et des statues de Baal y avaient été dressées. Il semble avoir été dans un triste état de dégradation, et le roi décida de faire une collecte auprès du peuple pour le restaurer. Il confia cette levée de fonds aux sacrificateurs, mais « les Lévites ne s'empressèrent pas » (2 Chroniques 24:5).


En d'autres termes, ils n'accomplirent pas leur tâche avec beaucoup de succès. C'est pour cela que le roi Joas leur enleva cette responsabilité (voir 2 Rois 12:7-8). Au lieu de cela, il installa dans la cour du temple un coffre dans lequel les gens mettaient de l'argent. Il le faisait prendre chaque jour par ses scribes et l'utilisait pour payer ceux qui travaillaient sur le chantier.


2 Rois 12:20-21. Pourquoi les serviteurs de Joas l'assassinèrent-ils ?


Quand Joas se tourna vers l'idolâtrie, le Seigneur envoya des prophètes témoigner contre lui et appeler le peuple de Juda au repentir. Un de ces prophètes était Zacharie, fils de Jehojada le sacrificateur. Joas le fit tuer en même temps que les autres fils de Jehojada. Parce que Joas avait assassiné les fils de Jehojada, certains de ses propres serviteurs le tuèrent pendant qu'il était couché sur son lit (voir 2 Chroniques24:20-22, 25-26).

2 ROIS 13

2 Rois 13:1-9.
Joachaz, roi d'Israël


Josèphe écrit ce qui suit à propos de ce roi qui gouverna dans le royaume du nord au moment où Joas gouvernait en Juda : « Il n'imita pas [convenablement] son père, mais se rendit coupable de pratiques aussi mauvaises que celles de ceux qui avaient méprisé Dieu : mais le roi de Syrie [Hazaël] l'humilia et, par une expédition contre lui, réduisit si considérablement ses forces, qu'il ne restait pas plus d'une si grande armée que dix mille hommes armés et cinquante cavaliers. Il lui enleva aussi beaucoup de ses grandes villes et détruisit son armée. Et ce furent là les choses que le peuple d'Israël souffrit selon la prophétie d'Élisée quand il prédit qu'Hazaël tuerait son maître et régnerait sur les Syriens et les Damascènes. Mais quand Joachaz se trouva dans un malheur aussi inévitable, il se mit à prier et à supplier Dieu et à l'adjurer de le délivrer des mains d'Hazaël et de ne pas l'oublier, et de le livrer entre ses mains. » (Flavius Josèphe, Antiquities, livre 9, chapitre 8, par. 5)


2 Rois 13:4-6. Qui était le « libérateur » qui délivra Israël de la Syrie ? Il y avait deux Joas


Le récit est difficile à suivre ici parce que l'historien se porte constamment en avant des circonstances dont il traite. Il pouvait le faire parce qu'il écrivait de nombreuses années plus tard.


Dans sa réponse à la prière de Joachaz, le Seigneur promit qu'un libérateur délivrerait Israël des Syriens. Parce que l'idée de libération est associée à Jésus, certains penseraient peut-être que le Seigneur promettait un sauveur, mais la seule promesse fut celle de la délivrance. Le pays serait délivré d'Hazaël, roi de Syrie, et plus tard de son fils, Ben-Hadad, grâce aux fils et petit-fils de Joachaz.


« Dans cette oppression Joachaz pria le Seigneur… et le Seigneur entendit sa prière, parce qu'il vit comme ils étaient opprimés par les Syriens et donna à Israël un sauveur, de sorte qu'ils échappèrent au pouvoir des Syriens et demeurèrent de nouveau dans leurs tentes comme auparavant, c'est-à-dire qu'ils purent de nouveau vivre en paix chez eux sans être chassés et emmenés par l'ennemi. Le libérateur… n'était ni un ange ni le prophète Élisée… ni une victoire remportée par Joachaz sur les Syriens… mais le Seigneur leur donna le libérateur en la personne des deux successeurs de Joachaz, les rois Joas et Jéroboam, dont le premier arracha aux Syriens toutes les villes qu'ils avaient conquises sous son père (voir v. 25) tandis que le dernier rétablissait les antiques frontières d'Israël (voir 14:25). Selon les versets 22 à 25, l'oppression des Syriens dura aussi longtemps que Joahaz vécut ; mais après sa mort le Seigneur eut compassion d'Israël, et après la mort d'Hazaël, quand son fils Ben-Hadad fut devenu roi, Joas reprit à Ben-Hadad toutes les villes israélites qui avaient été prises par les Syriens. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:375)


Le Joas mentionné ici n'est pas le même que Joas qui fut roi de Juda et dont il est traité dans le commentaire sur 2 Rois 11, 2 Rois 12 et 2 Rois 12:1-16. Il y avait deux rois qui portaient ce nom. Le Joas qui devint roi d'Israël, le royaume du Nord, était fils de Joachaz et aida à libérer Israël des Syriens. L'autre Joas était celui que les sacrificateurs cachèrent en Juda quand Athalie fit tuer la postérité royale (voir 2 Rois 11:1-3). Il devint roi de Juda, le royaume du Sud, à l'âge de sept ans et régna quarante ans.


2 Rois 13:14-20. Mort d'Élisée


Ces versets rapportent la mort d'Élisée. Joas, roi d'Israël, alla trouver le prophète avant sa mort, ayant peut-être le sentiment qu'Élisée seul détenait la clef de la sécurité future d'Israël. Élisée réagit en invitant Joas à ouvrir une fenêtre et à tirer une flèche vers l'est. La flèche symbolisait le Seigneur délivrant Israël des Syriens. Élisée dit aussi au roi de tirer des flèches vers le sol, ce qu 'il fit.


« L'envoi des flèches vers la terre devait symboliser le renversement des Syriens. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:377)


Le roi ne tira que trois flèches. Élisée le réprimanda pour cela, disant que si Joas avait tiré cinq ou six fois il aurait « battu les Syriens jusqu'à les exterminer » (2 Rois 13:19).

2 ROIS 14

2 Rois 14 à 20


La période couverte par cette section va en gros de 800 av. J-C à 721 av. J-C, soit quatre-vingts ans.


2 Rois 14:3-11. Amatsia fut-il un roi juste ?


2 Chroniques 25:2 précise que le coeur d'Amatsia n'était pas sans partage dans ce qu'il faisait. C'est une façon de dire qu'il était indécis, attitude qui rend mauvaises les choses qui se font. Son instabilité se manifeste (1) dans son incapacité d'éliminer les hauts lieux utilisés pour le culte des faux dieux ; (2) dans son désir de faire la guerre avec l'aide d'ennemis et (3) son refus d'écouter l'avertissement de Joas.


2 Rois 14:7. Pourquoi Amatsia attaqua-t-il Édom ?


Le royaume de Juda dominait Édom et exigeait le tribut de ce royaume depuis le temps du roi David. Mais du temps du roi Joram, Édom se rebella (voir 2 Rois 8:20). Amatsia leva une forte armée et assujettit à nouveau Édom à Juda.


2 Rois 14:8-14. Pourquoi Amatsia voulait-il affronter le roi Joas ?


Dans les livres des Rois, il ne nous est pas dit pourquoi Amatsia voulait la guerre, mais le récit parallèle qui se trouve dans les Chroniques explique ce qui se passa (voir 2 Chroniques 25:1-13). Tandis qu'il fortifiait son armée pour la guerre contre les Édomites, Amatsia recruta cent mille mercenaires dans le royaume d'Israël, ou Éphraïm. Un prophète l'avertit de ce que, puisqu'Israël était tellement en défaveur auprès de Dieu, ajouter ces mercenaires à l'armée de Juda serait la cause de la défaite de Juda.  Amatsia renvoya les hommes qui se mirent dans une grande colère à cause de cela.


Tandis qu'Amatsia se rendait dans le sud pour combattre les Édomites, les mercenaires donnèrent libre cours à leur colère en ravageant plusieurs villes de Juda lors de leur retour vers le nord. Quand Amatsia apprit ce qu'ils avaient fait, il déclara la guerre à Israël.


Joas répondit par une insulte méprisante. Dans sa parabole, Amatsia et Juda sont l'ajonc, plante qui sèche et s'envole dans la chaleur de l'été. Joas et Israël sont le cèdre, allusion aux cèdres du Liban, arbres géants et majestueux qui poussent jusqu'à une hauteur de trente mètres. De toute évidence Amatsia réclamait une princesse royale pour qu'il y ait des excuses officielles. Joas dit qu'il serait plutôt comme une bête sauvage et piétinerait l'ajonc. Amatsia accepta le défi et fut battu à plate couture. Le récit des Chroniques explique que la défaite vint de ce qu'Amatsia avait ramené des dieux d'Édom après la victoire qu'il avait remportée là-bas et qu'il les avait adorés (voir 2 Chroniques 25:16, 20).


2 Rois 14:22. Élath


Élath était aussi appelé Etsion-Guéber. C'était une région que Salomon contrôlait et qu'il utilisait comme port d'attache pour sa flotte commerciale de la mer Rouge, naviguant vers Ophir et l'Arabie (voir 1 Rois 26 ; 2 Chroniques 17).

2 ROIS 15

2 Rois 15:1, 13. Qui étaient Azaria et Ozias ?


Il s'agit de la même personne. On ne sait pas pourquoi le texte utilise ici deux noms.


2 Rois 15:5. Pourquoi le Seigneur frappa-t-il Ozias, et qu'est-ce qu'une « maison isolée » ?


2 Chroniques 26:16-21 montre la nécessité de l'autorité divine pour administrer les ordonnances de l'Évangile. Ozias fut frappé parce qu'il avait pris sur lui d'accomplir des rites qui étaient réservés à la prêtrise. Ozias fut un assez bon roi et, en tant que tel, prospéra et devint fort. Mais à ce moment-là il devint arrogant et usurpa l'autorité de la prêtrise avec des résultats désastreux.


Une « maison isolée » était isolée de la société pour loger les lépreux mis en quarantaine à cause de leur maladie.


2 Rois 15:11. Chroniques des rois d'Israël


Ce livre n'est pas ce qu'on appelle maintenant les livres des Chroniques dans l'Ancien Testament actuel. Il s'agit des chroniques, ou annales, des rois de Juda. Le livre des rois d'Israël a été perdu et n'est plus accessible aujourd'hui.


2 Rois 15:19. Qui était Pul ?


Pul est le nom réel du roi Tiglath-Piléser, roi d'Assyrie. Les rois d'Israël lui payèrent le tribut en retour de sa protection contre l'Égypte et les autres puissances. Il envahit Israël en 733 av. J-C et prit quelques villes que reprit plus tard en main son successeur, Salmanasar V.


2 Rois 15:25. Qui étaient les Galaadites ?


Les Galaadites faisaient essentiellement partie des tribus de Ruben, Gad et Manassé (voir Nombres 26:29-30 ; 27:1 ; 36:1 ; Josué 17:1, 3 ; 1 Chroniques 2:21, 23 ; 7:14-17).

2 ROIS 16

2 Rois 16:3. Achaz sacrifia-t-il un fils à Moloch ?


Ce verset laisse planer un certain doute sur ce que fit Achaz. Tua-t-il son fils ou l'initia-t-il simplement au culte d'un faux dieu ? 2 Chroniques 28:3 soutient l'idée d'un véritable sacrifice humain, et les commentateurs s'accordent généralement pour dire qu'Achaz assassina de cette façon certains de ses enfants.


« Dans cet événement nous avons le premier exemple de sacrifice à Moloch parmi les Israélites, en d'autres termes, d'un sacrifice accompli en mettant à mort et en brûlant… L'offrande de son fils à Moloch se produisit selon  toute probabilité pendant la dure oppression d'Achaz par les Syriens et visait à apaiser la colère des dieux, comme le fit le roi des Moabites dans des circonstances semblables [voir 2 Rois 27]. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:1399-400)


2 Rois 16:11. « Le fit avant que le roi Achaz revienne de Damas »


Cela veut dire qu'Urie avait fait faire l'autel avant que le roi Achaz ne revienne. Pendant qu'il était à Damas, Achaz vit un autel, probablement destiné à un faux dieu, qui suscita son admiration. Il en fit faire une copie à Jérusalem et mit au rancart le grand autel du temple pour le remplacer par le nouveau (comparer avec 2 Chroniques 28:23-25).


2 Rois 16:18. Qu'est-ce que « le portique du sabbat » ?


Le portique du sabbat était sans doute un abri ou un dais où la famille royale s'asseyait pour entendre la loi le jour du sabbat. Certains pensent que c'était un couloir couvert menant de la maison royale au temple (voir Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:534 ; voir aussi Samuel Fallows, éditeur, The Popular and Critical Bible Encyclopedia and Scriptural Dictionary, sous la rubrique « covert for the Sabbath »).

2 ROIS 17

2 Rois 17:6. Destruction de Samarie


Samarie fut détruite la première ou la deuxième année du règne de Sargon, qui emprunta son nom officiel à un roi qui était son prédécesseur d'environ 2200 ans et qu'il prétendait être un de ses ancêtres. Il termina la capture de Samarie que ses prédécesseurs avaient commencée. On pense que la date est 721 av. J-C, mais ce fut peut-être 722.


La destruction de Samarie, capitale du royaume du Nord, fut prédite par Osée et Michée (voir Osée 14:1 ; Michée 1:6).


2 Rois 17:9. Que signifie l'expression « depuis les tours des gardes jusqu'aux villes fortes » ?


Les propriétaires de vignobles construisaient des tours (voir 2 Chroniques 6:10) de manière à pouvoir observer la campagne et protéger leurs possessions. L'expression « depuis les tours des gardes jusqu'aux villes fortes » signifie depuis les régions à population clairsemée jusqu'aux régions à population dense. C'est une autre façon de dire que tout Israël, le pays du nord, s'était tourné vers le culte des idoles.


2 Rois 17:16. Que signifie l'adoration de « l'armée des cieux » ?


C'est la première fois que cette forme d'idolâtrie est mentionnée dans le royaume du Nord. Adorer l'armée des cieux consiste à adorer le soleil, la lune, les étoiles, quelque chose que Moïse avait interdit au peuple de faire (voir Deutéronome 4:19 ; 17:3).


2 Rois 17:18. Quelles tribus furent emmenées et quelles tribus restèrent ?


Le passage « il n'est resté que la seule tribu de Juda » ne peut se comprendre correctement que si on se rend compte qu'à ce moment-là Benjamin, Lévi et tous les autres Israélites qui avaient quitté Israël et s'étaient joints à Juda, étaient compris dans le titre Juda. Les dix tribus emmenées en captivité à l'époque étaient Ruben, Siméon, Issacar, Zabulon, Gad, Dan, Asser, Nephtali, Éphraïm et Manassé. Les trois tribus restantes étaient Juda, Benjamin et Lévi. Toutefois, une partie de la tribu de Lévi était toujours avec Israël (les dix tribus) et une partie d'Éphraïm, de Manassé et des autres tribus était avec Juda. Ainsi donc la division n'est pas aussi claire que pourrait le faire croire une lecture superficielle.


2 Rois 17:24-41. Les débuts des Samaritains


Quelque temps après que les dix tribus d'Israël eurent été en captivité, l'Assyrie emmena une partie de sa population dans la région précédemment occupée par les Israélites. Quand les nouveaux résidents ne réussirent pas à prospérer, le roi d'Assyrie envoya dans la région un prêtre israélite pour instruire le peuple du culte de l'Éternel, bien qu'il ait été libéralement mêlé du paganisme d'Assyrie (voir v. 28-29). Étant donné qu'ils vivaient en Samarie et dans ses environs, ces nouveaux occupants du pays prirent le nom de Samaritains. Finalement les mariages mixtes entre colons assyriens et les gens restés à la traîne qui avaient survécu à la captivité (tous les Israélites ne furent pas emmenés) firent que les Samaritains prétendirent aux bénédictions de l'alliance d'Israël. Au cours des années ultérieures, les juifs refusèrent d'accepter cette prétention à cause du sang païen des Samaritains et de leurs tendances religieuses païennes. Ce refus produisit l'hostilité croissante entre les Juifs et les Samaritains, hostilité qui était manifeste du temps de Jésus (voir commentaire sur Esdras 4:5). Les Juifs refusèrent de fréquenter leurs voisins samaritains(voir Jean 4:9).

2 ROIS 18

2 Rois 18:4. Pourquoi Ézéchias détruisit-il le serpent d'airain appelé
Nehuschtan ?


Pendant leurs quarante années de voyage dans le désert, les Israélites d'autrefois murmurèrent souvent contre Dieu et contre son prophète Moïse. Le Seigneur envoya parmi le peuple « des serpents qui brûlaient », qui menaçaient de le châtier par une grande destruction. Pour en sauver le peuple et comme symbole du salut spirituel qui serait accompli par Jésus-Christ (voir Jean 3:14-15 ; 2 Néphi 25:20 ; Hélaman 8:13-15), Moïse fit un serpent d'airain, le plaça sur une perche et enseigna à son peuple que s'il tournait les yeux vers le serpent quand il était mordu, il serait guéri (voir Nombres 24:9). Le serpent d'airain fut construit en Israël et, avec le temps, devint un objet d'adoration et fut adoré par les Israélites à peu près de la même façon qu 'ils adoraient les idoles. Dans son zèle pour abolir toutes les formes d'idolâtrie en Juda, le roi Ézéchias fit détruire le serpent d'airain en même temps que les idoles.


Le mot Nehuschtan vient de l'hébreu et signifie « objet d'airain ». Cela veut peut-être sous-entendre qu'Ézéchias parlait avec mépris de l'objet adoré, disant que c'était simplement « un objet d'airain » et rien d'autre.


2 Rois 18:13. Que sait-on de Sanchérib, roi d'Assyrie ?


Le récit qui se trouve dans 2 Rois 18:13 à 19:37 ressemble beaucoup à celui qui se trouve dans Ésaïe 36-37. Sanchérib était le fils de Sargon II et eut de nombreuses conquêtes à son actif. On a pu déchiffrer des tablettes d'argile qui avaient été conservées et qui rapportent ses diverses campagnes. Une partie d'une des tablettes raconte la conquête partielle de Juda et dit ce qui suit : « Quant à Ézéchiel le Juif, qui ne se soumit pas à mon joug, quarante-six de ses villes aux murailles puissantes aussi bien que les petites villes de leur voisinage qui étaient innombrables, en construisant un rempart de terre piétinée et en faisant monter des piliers, par l'attaque de l'infanterie, par des tunnels et des brèches et [au moyen de] haches, j'ai assiégé et pris [ces villes].


« Deux cent mille cent cinquante personnes, grandes et petites, hommes et femmes, des chevaux, des mules, des ânes, des chameaux, du bétail et des moutons sans nombre, je les leur ai pris et les ai comptés comme du butin. Lui-même, comme un oiseau en cage, je l'ai enfermé à Jérusalem, sa ville royale. J'ai dressé des terrassements contre lui ; celui qui sortait de la porte de la ville, je l'ai renvoyé à sa misère. » (dans Madeleine S. Miller et J. Lane Miller, Harper's Bible Dictionary, sous la rubrique « Sennacherib »)


Le récit de Sanchérib cadre bien avec les récits faits dans 2 Rois 18:13 à 19:37 et Ésaïe 36-37.


2 Rois 18:14. Quelle était l'importance de Lakis ?


Lakis était une ville fortifiée du pays de Juda qui gardait la route principale reliant le sud à Jérusalem. En détruisant Lakis, les Assyriens priveraient Juda de tout soutien de la part de l'Égypte et le priveraient en même temps d'une de ses plus puissantes fortifications (voir 2 Ch. 32:9).


2 Rois 18:17. Qui étaient le Tharthan, le Rab Saris et le Rabschaké ?


Les savants pensent qu'il s'agissait des titres de fonctionnaires assyriens désignés par Sanchérib pour définir les termes de la reddition de Jérusalem (voir The Interpreter's Dictionary of the Bible, 3:293).


2 Rois 18:17. Qu'étaient « l'aqueduc du bassin supérieur » et le « chemin du champ du teinturier » ?


Un teinturier était quelqu'un dont le métier était de lessiver, repasser, blanchir et teindre les tissus. Étant donné que son métier exigeait beaucoup d'eau, le « champ du teinturier », son lieu de travail, était toujours près d'une piscine ou d'une source d'eau. La source de Gihon était une source naturelle d'eau dans la vallée du Cédron. Dans les temps anciens, avant l'occupation israélite, les habitants de Jérusalem envoyaient leurs femmes à la source chercher de l'eau. Les femmes se tenaient sur une plateforme élevée et laissaient descendre leur seau de cuir le long d'un puits de douze mètres qui conduisait à la source en bas et remontaient leur eau. Certains pensent que c'était cela « l'aqueduc du bassin supérieur ». Tout près de là se trouvait le « champ du teinturier » (voir Miller et Miller, Harper's Bible Dictionary, sous la rubrique Gihon). On a cependant trouvé les restes d'une grande piscine artificielle à l'ouest de la ville, et certains savants pensent que c'était cela l'emplacement.


2 Rois 18:26. Pourquoi les dirigeants juifs voulaient-ils parler en syrien ?


Les Juifs étaient assiégés et une vaste population était enfermée à Jérusalem. Les dirigeants juifs ne voulaient pas que leur peuple entende les conditions des Assyriens de peur que le peuple ne soit pris de panique et ne cède à leurs exigences. Le Rabschaké fit la sourde oreille à leur demande et ne fit que crier plus fort (voir 2 Rois 18:28).


2 Rois 18:34. Que désignent les mots Hamath, Arpad, Sepharvaïm, Héna et Ivva ?


Il s' agit des noms de diverses villes conquises par Sanchérib pendant ses nombreuses campagnes militaires.


Beaucoup d e villes des temps anciens avaient leurs propres idoles à qui elles se fiaient dans les moments de tension (voir Interpreter's Dictionary of the Bible, 3:296). Le Rabschaké balaie avec mépris la principale consolation des Juifs (l'idée que leur Dieu, l'Éternel, puisse les sauver) en soulignant à quel point les autres dieux avaient été incapables de défendre leurs villes.

2 ROIS 19

2 Rois 19:3. Que signifie l'expression « les enfants sont près de sortir du sein maternel, et il n'y a point de force pour l'accouchement » ?


« Une figure exprimant un danger extrême, la situation la plus désespérée. Si la femme en travail n'a pas la force d'accoucher de l'enfant qui est sur le point de sortir, la vie de l'enfant et celle de la mère sont exposées au plus grand danger ; telle était la situation du peuple ici (on trouve la même figure dans Osée 13:13). » (Keil et Delitzsch, Commentary 1:3:442)


2 Rois 19. Ézéchias prie pour être délivré et Ésaïe apporte la réponse du Seigneur


Dans ces versets et le récit parallèle dans Ésaïe 37, on trouve une des histoires les plus remarquables de l'histoire scripturaire. L'armée assyrienne, avec toute sa puissance, entourait Jérusalem. Le royaume du Nord était déjà tombé ; tout Juda, sauf Jérusalem elle-même, était entre les mains des Assyriens. Il n'y avait aucune raison d'espérer pouvoir résister avec succès. Aucune raison, sauf une.


Ézéchias avait été un roi juste (voir 2 Rois 18:4-6), et maintenant il avait de nouveau confiance en Dieu. Dans une prière fervente et suppliante, il lui demanda la solution. Le Seigneur répondit par son serviteur Ésaïe, mais ce fut une réponse qui dut mettre à l'épreuve la foi d'Ézéchias.


Alors qu'on pouvait voir de toutes parts les feux de camp assyriens, Ésaïe promit que pas une seule flèche ne serait tirée sur Jérusalem, car le Seigneur lui-même défendrait la ville (voir 2 Rois 19:32-34).


Cette nuit-là la promesse d'Ésaïe s' accomplit. Un fléau mystérieux frappa le camp assyrien, et le matin 184000 Assyriens étaient morts. Les survivants s'enfuirent comme un chien s'enfuit la queue entre les pattes (voir v. 35-36). Juda pouvait dire comme Élisée : « Ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont avec eux » (2 Rois 6:16).


2 Rois 19:15. Dieu demeure-t-il « entre les chérubins » ?


Cette image est tirée de l'arche de l'alliance (voir Exode 25:22).


2 Rois 19:22-28


Le Seigneur s' adresse à l'Assyrie par l'intermédiaire d'Ésaïe. Bien que l'Assyrie se soit attribué la gloire de tout ce qu'elle avait fait, le Seigneur met les choses au point. L'Assyrie n'était qu'un instrument entre ses mains. Puisqu'elle n'était qu'un instrument, c'était toujours lui qui était son Maître, et elle était à sa merci.

2 ROIS 20

2 Rois 20:5-6. Est-ce que le moment de mourir est désigné ?


« Comme le dit l'Ecclésiaste (3:2), je suis certain qu'il y a un moment pour mourir, mais je crois aussi que beaucoup de gens meurent avant 'leur temps' parce qu'ils sont imprudents, maltraitent leur corps, prennent des risques inutiles ou s'exposent à des dangers, à des accidents et à la maladie. Nous lisons à propos des antédiluviens : 'Tu voudrais prendre l'ancienne route qu'ont suivie les hommes d'iniquité ? Ils ont été emportés avant le temps, ils ont eu la durée d'un torrent qui s'écoule' (Job 22:15-16). Dans Ecclésiaste 7:17, nous trouvons ce passage : 'Ne sois pas méchant à l'excès, et ne deviens pas insensé : pourquoi mourrais-tu avant ton temps ?'


« Je crois que nous pouvons mourir prématurément, mais que nous dépassons rarement de beaucoup notre temps. Ézéchias, roi de Juda, âgé de 25 ans, qui était bien plus pieux que ses successeurs ou ses prédécesseurs, fait exception. En ce temps-là, Ézéchias fut malade à la mort. Le prophète Ésaïe… vint auprès de lui et lui dit : Ainsi parle l'Éternel : donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, tu ne vivras plus'. Ézéchias, aimant la vie tout comme nous, tourna son visage contre le mur et pleura amèrement, disant : ' souviens-toi que j'ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de coeur, et que j'ai fait ce qui est bien à tes yeux…' Le Seigneur céda à ses prières. 'J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes. Voici : je te guérirai… J'ajouterai quinze années à tes jours. Je te délivrerai ainsi que cette ville de l'emprise du roi d'Assyrie' (2 Rois 20:1, 3, 5-6).


«Une illustration moderne de cette prolongation exceptionnelle de la vie se produisit encore en 1881. Mon oncle, David Patten Kimball, partit de chez lui en Arizona pour traverser le désert de la Salt River. Il avait mis ses livres en ordre et réglé ses comptes et avait parlé à sa femme d'une prémonition qu'il avait qu'il ne reviendrait pas. Il se perdit dans le désert pendant deux jours et trois nuits, souffrant indiciblement de la soif et de douleurs. Il passa dans le monde des esprits et décrivit plus tard, dans une lettre adressée le 8 janvier 1882 à sa soeur, ce qui se produisit là-bas.


« Il avait vu ses parents. 'Mon père… me dit que je pouvais rester là si je le voulais, mais je le suppliai de pouvoir rester suffisamment longtemps avec ma famille pour lui donner du confort, pour me repentir de mes péchés et me préparer complètement pour le changement. S'il n'y avait pas eu cela, je ne serais jamais rentré chez moi autrement qu'en tant que cadavre. Mon père me dit finalement que je pouvais encore rester deux ans pour faire tout le bien que je pouvais pendant ce temps-là, après quoi il viendrait me chercher… Il cita quatre autres personnes qu'il viendrait également chercher'.


« Deux ans jour pour jour après cette expérience dans le désert, il mourut paisiblement et apparemment sans souffrances. Peu avant de mourir, il leva les yeux et s'écria : 'Papa, papa'. Un an environ après sa mort, les quatre autres hommes cités étaient morts, eux aussi. » (Spencer W. Kimball, Faith Precedes the Miracle, p. 103-105)


2 Rois 20:11. Qu'est-ce que « les degrés d'Achaz » ?


Achaz était le père du roi Ézéchias. De son vivant il inventa un mécanisme permettant de calculer le temps. Il semble que l'instrument ait consisté en une série de lignes graduées, ou de degrés, dominée par une colonne. Avec le mouvement de la terre, le soleil donnait une ombre à un certain angle et mesurait ainsi approximativement le passage des heures (voir William Smith, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « dial »).

2 ROIS 21

2 Rois 21. Comment vivait-on du temps du règne de Manassé ?


« Le roi Manassé était monté sur le trône à Jérusalem à l'âge de douze ans. Il régna environ cinquante ans et devint le roi le plus détesté et le plus maudit de l'histoire de Juda. L'Assyrie était à ce moment-là à l'apogée de sa puissance. Le monde mésopotamien tout entier et l'occident lui étaient assujettis. En 671 av. J-C, elle allait également conquérir le Delta égyptien, et Esar-Haddon allait mourir en 669 av. J-C pendant une autre campagne militaire contre le pays du Nil.


« En Juda, l'Assyrie gouvernait non seulement politiquement, mais aussi culturellement. Ses cultes, ses dieux et ses modes furent introduits dans le pays par Manassé. C'était l'âge d'or de l'astrologie et de la divination en Assyrie, et pendant le règne d'Esar-Haddon, les prêtres et les astrologues remplissaient la cour de leurs augures et de leurs prédictions… Les dieux assyro-araméens étaient manifestement supérieurs aux dieux de tous les autres pays, car tous les royaumes étaient vassaux du dieu Assur. Les dieux astraux d'Assyrie, Ichtar, Chamach, Adad, étaient adorés partout sur les toits des maisons.

« Les textes religieux assyriens décrivent soigneusement les rituels : 'Vous nettoyez le toit devant Ichtar, aspergez de l'eau pure, vous dressez un autel de parfums, vous déversez de la farine, vous mettez du miel et du beurre et versez du vin en libation… Vous nettoyez le toit, vous aspergez d'eau pure, vous mettez quatre briques… vous empilez des coupures de peuplier, vous mettez du feu dessus, vous versez du genièvre, vous versez de la bière en libation, vous vous prosternez et ne regardez pas en arrière… J'ai placé pour toi, !chtar, un gâteau pur cuit sur la cendre'.


« Les prophètes, condamnant la vile contagion qui infestait le pays à l'époque d'Achaz et de Manassé, parlèrent de ceux qui adorent l'armée des cieux sur les toits des maisons et décrivirent comment les enfants rassemblent le bois, et les pères allument le feu, et les femmes pétrissent la pâte pour faire des gâteaux à la reine du ciel. Écrivant dans le sud, l'auteur du deuxième livre des Rois parle de ceux qui 'brûlaient des parfums à Baal, au soleil, à la lune, au zodiaque et à toute l'armée des cieux' (2 Rois 23:5).


« Des éléments tout entiers, venant du coeur et de la périphérie du monde assyrien, déferlaient sur les collines de Juda, laissant derrière eux des dieux et des déesses sous les arbres feuillus, sur les collines élevées, dans les bosquets, sur les toits des maisons. L'historien du sud nous dit : 'Il rebâtit les hauts lieux que son père Ézéchias avait fait disparaître, il éleva des autels à Baal… et il se prosterna devant toute l'armée des cieux et lui rendit un culte. Il bâtit des autels dans la maison de l'Éternel… Il fit passer son fils par le feu ; il tirait des présages et pratiquait l'occultisme' (2 Rois 21:3-6).


« À moins d'un mille de l'endroit où j'écris ces mots se trouve la vallée d'Hinnom, à l'extérieur des murailles de la vieille ville de Jérusalem. C'est là que, dans le tintamarre des tambours, au milieu de la fumée et des flammes s'élevant dans l'air, qu'on offrait des enfants au dieu Molech, un autre nom du roi des cieux. Le mot hellène géhenne, enfer, vient de cet endroit : guê : vallée, en hébreu - d'Hinnom…


« À l'intérieur du temple de Salomon, le culte de la fertilité… fleurissait comme élément intégrant du culte d'État pratiqué par le peuple de YHWH [YHWH est le nom sacré que beaucoup de Juifs ne prononcent toujours pas. Il est traduit Yahvé ou Jéhovah par des auteurs chrétiens]. À la campagne, la population adorait aussi YHWH en même temps que les divinités païennes. Il est probable que ceci aurait fait avec le temps de YHWH le chef d'un panthéon comme El sur les tablettes d'Ougarit. Les péchés de Manassé ne
furent jamais oubliés. » (Chaïm Potok, Wanderings: Chaim Potok's History of the Jews, p. 134-136)


2 Rois 21:2-9. En quoi Manassé fut-il plus idolâtre que ses prédécesseurs ?


Manassé n'avait que douze ans quand il commença à régner. Étant inexpérimenté, il se laissa facilement influencer par les adorateurs de Baal et d'Achéra, ou Achtaroth. Au culte de ces dieux idolâtres, Manassé ajouta une troisième forme de culte : la dévotion aux corps célestes et aux constellations. On trouve, aujourd'hui, des restes de ce culte en astrologie.


« Ce culte différait du culte des étoiles syro-phénicien, dans lequel on adorait le soleil et la lune sous les noms de Baal et d'Astarté, détenteurs des pouvoirs mâle et femelle de la nature, et était un pur culte des étoiles, basé sur l'idée de l'immuabilité des étoiles par opposition au caractère périssable de tout ce qui est terrestre, selon lequel on adorait les étoiles non pas simplement comme étant à l'origine de toute naissance et de toute décomposition dans la nature, mais aussi comme meneurs et régulateurs des choses sublunaires. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:1:469)


En Juda, on adorait les étoiles, non sous forme de dévotion devant des images, mais par simple contemplation en plein air ou sur les toits des maisons. On construisait de petits autels et on brûlait de l'encens dans le cadre de ces dévotions.


2 Rois 21:13-15. Le niveau


« Le cordeau de Samarie » (v. 13) et « le niveau de la maison d'Achab » (v. 13) désignent la destruction de la maison royale d'Israël. Le Seigneur répétait que ce qui était arrivé aux dix tribus d'Israël pouvait aussi facilement arriver à Juda, et se produirait s'il n'agissait pas autrement.

2 Rois 21:16. Manassé verse le « sang innocent » ou assassine les prophètes


Flavius Josèphe explique qui étaient ces gens innocents : « Manassé, qu'Ézéchias, roi de Juda, avait eu d'Achib [Hephtsiba], qui était de Jérusalem, lui succéda au royaume. Il prit un chemin tout contraire à celui que son père avait tenu, s'abandonna à toute sorte de vices et d'impiétés, et imita parfaitement les rois d'Israël que Dieu avait exterminés à cause de leurs abominations. Il osa même profaner le temple, toute la ville de Jérusalem et tout le reste de son pays ; car, n'étant plus retenu par aucune crainte de la justice de Dieu et méprisant ses commandements, il fit mourir les gens de bien sans épargner même les prophètes. Il ne se passait pas de jour qu'il ne fasse arracher la vie à quelqu'un d'eux, et que l'on ne voie cette ville sainte teinte de leur sang. » (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre dixième, chapitre IV, paragraphe 1)


2 ROIS 22

2 Rois 22:1-2. Le roi Josias


Josias fut un des meilleurs de tous les rois de Juda depuis le temps de David. Bien que n'ayant que huit ans quand son règne commença, Josias demeura toute sa vie dans la justice. C'est pourquoi le verset 2 est très élogieux.


2 Rois 22:8-11. Qu'étaient les livres de la loi ?


Certains ont pensé qu'il s'agissait du Deutéronome ; d'autres croient que c'était le Pentateuque tout entier (Genèse à Deutéronome), écrit par le prophète Moïse (voir D. Guthrie et J.A. Motyer, éditeurs, The New Bible Commentary, Revised, p. 365). Le fait que le texte parle de la grande joie éprouvée lors de la découverte de la loi, suggère que les Écritures étaient perdues depuis un certain temps. Cela expliquerait en partie pourquoi le mal et la corruption s'étaient tellement généralisés en Israël.


2 Rois 22:11. Pourquoi le roi Josias déchira-t-il ses vêtements lorsqu'il entendit lire la loi de Moïse ?


Le fait de déchirer ses vêtements exprimait une profonde tristesse. Quand le roi Josias entendit lire la loi, il devint instantanément évident qu'Israël s'était égaré considérablement de ce que Dieu exigeait de lui. C'est pourquoi Josias déchira ses vêtements pour exprimer son profond chagrin et son choc de voir l'état spirituel de la nation.


2 Rois 22:14-20. Quelle est l'importance de Hulda et de sa prophétie ?


« On ne sait rien d'autre de la prophétesse Hulda que ce qui est mentionné ici. Tout ce que nous pouvons déduire du fait que le roi la fit consulter, c'est qu'elle avait acquis une renommée considérable à cause de ses dons prophétiques et qu'aucun des prophètes de renom tels que Jérémie et Sophonie n'étaient à Jérusalem à l'époque. Son mari, Schallum, était gardien des vêtements, c'est-à-dire responsable soit de l'habillement des sacrificateurs que l'on gardait dans le temple… soit de la garde-robe du roi. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:480)

2 ROIS 23

2 Rois 23:6-7. Josias détruit les idoles


Inspiré par les paroles du livre de la loi, Josias ordonna la destruction des idoles et des poteaux d'Achéra parmi les Israélites. Le poteau d'Achéra était  un sanctuaire dédié à l'idole Achéra, déesse de la nature ou déesse de la lune. Les tentes [tentures, KJV] dont il est question au verset 7 étaient celles qui fermaient les cabanes où on accomplissait les rituels impurs.


2 Rois 23:10. Qu'était le Topheth ?


Adam Clarke écrit que le topheth était dans « la vallée du fils de Hinnom, ou Géhenne… C'est là qu'apparemment les rites sacrés de Molech étaient accomplis, c'était là que l'on transportait tous les déchets de la ville, et on entretenait des feux perpétuels pour les consumer. C'est pour cela qu'on l'a considéré comme une figure de l'enfer ; et c'est dans ce sens que le terme est utilisé dans le Nouveau Testament [par exemple Matthieu 5:22]. » (Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:563)


2 Rois 23:12-16. Les idoles brûlées


Josias dispersa les cendres et la poudre des idoles et les ossements humains sur les lieux sacrés des idolâtres pour les souiller et les rendre abominables aux idolâtres, afin qu'ils n'aient plus le désir de les utiliser.


2 Rois 23:26. Josias ne put défaire ce que Manassé avait fait


« Manassé est mentionné ici et dans [2 Rois 24:3 et Jérémie 15:4] comme étant celui qui, par son idolâtrie et son impiété, par lesquelles il provoqua Dieu à la colère, avait valu à Juda et à Jérusalem d'être rejetés, comme c'était inévitable. Il est vrai que Josias avait exterminé l'idolâtrie visible et flagrante dans tout le pays par sa conversion sincère au Seigneur et par son zèle pour le rétablissement du culte légitime de l'Éternel et avait persuadé le peuple de contracter de nouveau alliance avec son Dieu ; mais il n'avait pas pu convertir totalement le peuple au Seigneur. Car, comme Cléricus l'a correctement observé : 'Bien que le roi ait été extrêmement religieux, et que le peuple lui
ait obéi parce qu'il avait peur de lui, en dépit de tout cela, l'esprit du peuple n'avait pas changé, comme cela ressort bien des reproches de Jérémie, de Sophonie et d'autres prophètes qui prophétisèrent vers cette époque et un peu après'.


« À propos de ce thème, comparez particulièrement les dix premiers chapitres de Jérémie, qui contiennent un résumé de ces travaux sous le règne de Josias et témoignent de l'apostasie interne profonde du peuple par rapport au Seigneur, non seulement avant et pendant la réforme du culte réalisé par Josias, mais aussi après. » (Keil et  Delitzsch, Commentary, 3:1:492)


2 Rois 23:29. Mort de Josias à Meguiddo


Lors de la ruée vers le pouvoir qui se produisit quand la Babylonie conquit l'Assyrie, l'Égypte chercha à progresser vers le nord et à aider l'Assyrie, étant donné qu'elle préférait une Assyrie faible à une BabyIonie puissante. Pour des raisons qui ne sont pas citées, Josias chercha à empêcher le pharaon Néko de traverser la terre promise.


« Les mobiles de Josias ne peuvent être que supposés, mais il est probable que, profitant de la chute de la puissance assyrienne, il espérait étendre son autorité (sur ce qui avait jadis été le royaume du nord et craignait que ses desseins ne soient contrariés par l'avance égyptienne… Josias prit position ici [à Meguiddo] pour défendre la traversée du Carmel… Vous trouverez des informations concernant le chagrin causé par la mort de Josias dans [2 Chroniques 35:25 ; Ecclésiastique 49:2-3]. » (J.R.
Dummelow, éditeur, A Commentary on the Holy Bible, p.246)

2 ROIS 24

2 Rois 24:1-4. Qui étaient les principales personnes impliquées dans la prise et la chute de Juda ?


Nebucadnetsar était le fils de Nabopolassar, roi de Babylone. Jojakim payait le tribut au pharaon Néko, roi d'Égypte, en retour de sa protection contre les Babyloniens. La ruse ne marcha pas. Vers 608 av. J-C Nebucadnetsar « fut envoyé par son père contre les gouverneurs de plusieurs provinces qui s'étaient révoltés ; et il prit Karkemich et tout ce qui appartenait aux Égyptiens, depuis l'Euphrate jusqu'au Nil  » (Clarke, Commentary, 2:566). Trois ans plus tard, vers 605 av. J-C, Jojakim se rebella, et « une armée mixte de Chaldéens, de Syriens, de Moabites et d'Ammonites fut envoyée contre lui, ravagea le pays, et fit trois mille vingt-trois prisonniers, qu'elle emmena à Babylone » (Clarke, Commentary, 2:566 ; voir aussi Jérémie 52:28). Parmi les prisonniers se trouvaient probablement Daniel et Ézéchiel, qui écrivirent les livres de l'Ancien Testament qui portent leur nom. Cette même année, Nebucadnetsar monta sur le trône de Babylone à la mort de son père.


2 Rois 24:5-7. Comment Jojakim mourut-il ?


L'expression « se coucha avec ses pères » (v. 6) est une manière de dire que Jojakim mourut. Dans certains cas, on peut y voir une mort paisible, mais 2 Chroniques
36:6 rapporte que
Jojakim  fut enchaîné et emmené à Babylone, et Jérémie 22:19 dit que le roi reçut « la sépulture d'un âne [pas de sépulture du tout]… traîné et jeté hors des portes de Jérusalem ». Il semble possible que pendant qu'il était emmené en captivité à Babylone, Jojakim se rebella une fois de plus contre les forces de Nebucadnetsar, obligeant ceux qui étaient responsables de lui à le tuer et à se débarrasser de son corps avant de continuer leur voyage.

2 Rois 24:8-11. Que sait-on du successeur de
Jojakim, Jojakin ?


Jojakin était le fils héritier de Jojakim. Comme son père, à bien des égards, il fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, en tous points comme l'avait fait son père (v. 9). Keil et Delitzsch commentent l'étendue de ses mauvaises actions : « Ézéchiel (19:5-7) le décrit non seulement comme un jeune lion qui a appris à déchirer sa proie et qui dévore les hommes, comme Joachaz, mais affirme aussi à son sujet qu'il connut leurs veuves (des hommes décédés), c'est-à-dire qu'il les viola et détruisit leurs villes. En d'autres termes, il ne limita pas ses actes de violence sur les personnes, mais les étendit à tout ce qui était abandonné par ceux qu'il avait assassinés, à savoir leurs familles et leurs biens. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:1:506)


2 Rois 24:12-16. Combien de fois le temple de Jérusalem fut-il profané sous le règne de Nebucadnetsar ?


Le verset 13 rapporte que Nebucadnetsar « sortit de là [du temple] tous les trésors ». Mais tout indique que le temple fut dépouillé à trois reprises sous Nebucadnetsar. La première fois fut quand Jérusalem fut attaquée et que Jojakim fut emmené à Babylone. Les vases enlevés cette fois-là étaient ceux que Belschatsar profana, comme le rapporte Daniel 5:2, et que Cyrus, le roi des Mèdes et des Perses, permit aux Juifs de rapporter à Jérusalem quand ils furent libérés (voir Esdras 1:7-11). Quand Nebucadnetsar attaqua une deuxième fois Jérusalem, comme le rapporte Ésaïe, il fit aussi du butin. La troisième fois, ce fut quand Nebucadnetsar pilla le temple sous Sédécias, dernier roi de Juda (voir 2 Rois 25:13-17).


2 Rois 24:17-20. Qui était Matthania et qu'arriva-t-il pendant la première année de son règne ?


Matthania, mieux connu sous le nom de Sédécias, était frère de Jojakim et était, par conséquent oncle de Jojakin, le roi déposé. Pendant les dernières années de l'existence de Juda, beaucoup de prophètes furent envoyés avertir le peuple. Léhi, le premier prophète dont parle le Livre de Mormon, fut un de ces prophètes envoyés par le Seigneur avertir les Juifs de ce qu'ils devaient se repentir, sinon ils verraient la destruction de Jérusalem (voir 1 Néphi 1:4). Étant donné que ni Sédécias ni son peuple ne prirent garde à la voix d'avertissement des messagers de Dieu (voir 1 Néphi 1:20 ; 2 Chroniques 36:16 ; Jérémie 26:8-11), la destruction de Jérusalem était assurée (voir 2 Néphi 1:4 ; 6:8).

2 ROIS 25

2 Rois 25:1-7. Sédécias apprend que les prophètes disent la vérité


Josèphe relate une histoire intéressante concernant Sédécias et l'attention à la parole des prophètes :


« Ces paroles du prophète [Jérémie] faisaient impression sur l'esprit de ce prince [Sédécias] lorsqu'il parlait, et il voulait même suivre son conseil ; mais ses favoris, qui le tournaient comme ils voulaient, lui faisaient aussitôt changer d'avis. Ézéchiel qui, comme nous l'avons dit, était alors à Babylone, prédit aussi la destruction du temple et en donna avis à Jérusalem. Mais Sédécias n'ajouta pas foi à ses prophéties parce que, bien que les deux prophètes soient d'accord en ce qui concerne la ruine et la captivité de Sédécias, Ézéchiel affirmait que Sédécias ne verrait pas Babylone [voir Ézéchiel 12:13] alors que Jérémie disait précisément que le roi de Babylone l'y mènerait prisonnier [voir Jérémie 34:3] ; et cette discordance faisait que Sédécias n'ajoutait pas foi à leurs prophéties. Mais l'événement en fit voir la vérité, comme nous le dirons plus particulièrement en son lieu. » (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, p. 317)


Mais, comme le rapporte 2 Rois 25:7, les deux prophètes virent leurs prophéties confirmées par les événements qui suivirent. Après avoir réprimandé Sédécias pour son infidélité et sa traîtrise, Nebucadnetsar « fit ensuite tuer en sa présence et en présence des  autres captifs, ses fils et ses amis, lui fit crever les yeux et commanda de l'enchaîner pour le mener dans cet état à Babylone. Ainsi les prophéties de Jérémie et d'Ézéchiel, que ce malheureux prince avait fort méprisées, furent toutes deux accomplies ; celle de Jérémie en ce qu'il avait dit que Sédéciias serait mené à Nebucadnetsar (au roi de Babylone), qu'il lui parlerait et qu'il le verrait face à face, et celle d'Ézéchiel en ce qu'il avait dit qu'il serait mené à Babylone et qu'il ne pourrait pas la voir. » (Flavius, Josèphe, Antiquités judaïques, p. 319)


2 Rois 25:7. « Les fils de Sédécias furent égorgés »


Contrairement au récit biblique, un au moins des fils de Sédécias survécut. Mormon rapporte que le fils de Sédécias, Mulek, vécut et se rendit au pays maintenant appelé l'Amérique, où il s'installa avec son peuple dans le pays situé au nord de l'endroit où Néphi et sa postérité s'installèrent (voir Hélaman 6:10 ; 8:21). Ce groupe fut découvert par Mosiah et son petit groupe de Néphites (voir Omni 1:12-19). D'une manière générale les saints des derniers jours les appellent Mulékites, bien qu'ils ne portent pas ce nom dans le Livre de Mormon lui-même. Certains ont vu dans Ézéchiel 12:14 une allusion prophétique à la fuite de Mulek.


2 Rois 25:18-26. Tous les Juifs de Palestine furent-ils tués ou emmenés en captivité ?


Ces versets rapportent que Nebucadnetsar mit à mort les chefs de la révolte de Juda contre lui. Tous ceux qui étaient en bonne santé furent alors emmenés hors du pays à Babylone (voir verset 21), mais « quelques-uns des plus pauvres du pays » (v. 12 ; voir aussi 2 Rois 24:14) eurent la permission  de rester et reçurent du travail comme vignerons et comme laboureurs. Nebucadnetsar nomma Guedalia, un Juif, comme gouverneur de la Palestine ; là-dessus, Ismaël, Juif zélé de la famille royale, entreprit de tuer Guedalia pour complicité avec les étrangers.


Josèphe, le grand historien juif, rapporte qu'Ismaël obligea les Juifs restant en Palestine à l'accompagner au pays des Ammonites. Mais avant qu'ils n'y arrivent, un autre patriote juif, Johanan, furieux contre Ismaël parce qu'il avait tué Guedalia, sauva ses compatriotes des mains d'Ismaël et les emmena s'installer en Égypte. Cette mesure était contraire à la recommandation de Jérémie, qui résidait toujours en Palestine et qui exhorta Johanan et les autres Juifs à faire de même. Ils refusèrent et obligèrent Jérémie et son secrétaire, Baruc, à s'enfuir en Égypte avec eux (voir Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, p. 321-322).


2 Rois 25:27-30


Après un long emprisonnement à Babylone, Jojakin, ex-roi de Juda, fut libéré de prison par Évil-Merodac, fils de Nebucadnetsar. À partir de ce moment-là jusqu'à sa mort, l'ancien roi fut traité avec bonté par ses suzerains babyloniens.

 

 

1 CHRONIQUES

 

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I


Vers 540–535 av. J-C, les Mèdes et les Perses ont conquis Babylone et sont devenus les grandes puissances du Moyen Orient et d’Asie. Peu de temps après son avènement, Cyrus, roi de Perse, a invité les Juifs à retourner dans leur pays, après plus de cinquante ans de captivité à Babylone. Les livres de 1 et 2 Chroniques ont été écrits après le retour des Juifs. À l’origine, ces livres n’en formaient qu’un, mais par la suite les traducteurs l’ont partagé en deux. Les auteurs des Chroniques ont cherché à répéter l’histoire des Juifs pendant le temps des rois. Les livres des Chroniques couvrent donc la même période que 1–2 Samuel et 1–2 Rois. En fait, une partie du livre des Chroniques semble citer des passages de ces livres. Il arrive cependant que les Chroniques mettent l’accent sur des points différents. Par exemple, les Chroniques contiennent beaucoup plus de détails sur les articles et les événements du temple, parce qu’à l’époque où le livre des Chroniques a été écrit, les Juifs avaient un temple, mais pas de roi.


1 CHRONIQUES 1

 

1 Chroniques 1:1-4. Voir Genèse 5.


1 Chroniques 1:5-23. Voir  Genèse 10.


1 Chroniques 1:24-28. Voir Genèse 11:10-26.


1 Chroniques 1:29-34. Voir Genèse 25


1 Chroniques 1:35-42. Voir  Genèse 36:1-4, 9-28.


1 Chroniques 1:43-54. Voir  Genèse 36:31-43.

  

1 CHRONIQUES 2

 

1 Chroniques 2:1-2. Voir Genèse 35:23-26.


1 Chroniques 2:3-5. Voir Genèse 38 ; 46:12.


1 Chroniques 2:7. Voir Josué 7.


1 Chroniques 2:10-17. Voir Nombres 1:7 ; Ruth 4:19-22.

 

1 CHRONIQUES 3

 

1 Chroniques 3:1-4. Voir 2 Samuel 3:2-5.


1 Chroniques 3:4. Voir 2 Samuel 5:5.


1 Chroniques 3:5-9. Voir 2 Samuel 5:14-16.

 

1 CHRONIQUES 4

 

1 Chroniques 4:24-27. Voir Genèse 46:10 ; Nombres 26:12-14.


1 Chroniques 4:28-43. Voir Josué 19:1-8.


1 CHRONIQUES 5

 

1 Chroniques 5:3. Voir Genèse 46:9 ; Nombres 26:5-7


1 Chroniques 5:27-41. Voir Genèse 46:11 ; Exode 6:16-25 ; Nombres 26:59-60.


1 CHRONIQUES 6

 

1 Chroniques 6:1-5. Voir Nombres 3:17-20 ; 26:57-61.


1 Chroniques 6:39-45. Voir Josué 21:4, 10-29.


1 Chroniques 6:46-50. Voir Josué 21:5-9.


1 Chroniques 6:51-66. Voir Josué 21:20-39.


1 CHRONIQUES 7

 

1 Chroniques 7:1-5. Voir Genèse 46:13 ; Nombres 26:23-25 ; Juges 10:1.


1 Chroniques 7:6-12. Voir Genèse 46:21 ; Nombres 26:38-41.


1 Chroniques 7:13. Voir Genèse 46:21-24 ; Nombres 26:48-50.


1 Chroniques 7:14-29. Voir Nombres 26:29-37.


1 Chroniques 7:30-40. Voir Genèse 46:17 ; Nombres 26:44-47.

 

1 CHRONIQUES 8

 

1 Chroniques 8:1-28. Voir Genèse 46:21 ; Nombres 26:38-41.


1 Chroniques 8:29-40. Voir 1 Samuel 14:49-51.

 

1 CHRONIQUES 9

 

1 Chroniques 9:1-34. Voir Néhémie 11:3-19.

 

1 CHRONIQUES 10

 

Voir 1 Samuel 31:1-13.

 

1 CHRONIQUES 11

 

1 Chroniques 11:1-3. Voir 2 Samuel 5:1-3.


1 Chroniques 11:3-9. Voir 2 Samuel 5:6-10.


1 Chroniques 11:10-47. Voir 2 Samuel 23:8-39.

 

1 CHRONIQUES 12


« On a le sentiment qu'à la fête de David à Hébron, assistent un nombre énorme non pas d'hommes ordinaires, mais de chefs distingués au nombre de 340 800. Dans ce cas on a le sentiment qu'en fait il y avait des 'chefs de mille' et des 'chefs de cent' et que par métonymie ou par abréviation 'mille' ait été utilisé à la place de 'chef de mille' et 'centaine' à la place de 'chef de centaine'. 'Mille' et 'cent' ont été traités comme des nombres et additionnés. Lorsque l'on démêle ces chiffres, on obtient un total d'environ 2000 'gens de renom', ce qui semble tout à fait raisonnable. » (Alexander et Alexander, Eerdmans' Handbook to the Bible, p. 191-192)


« Ces vaillants hommes avaient développé les qualités d’un guerrier à un très haut niveau. Ils étaient déterminés et semblables à des lions, ne connaissant pas la peur. Ils étaient préparés pour n’importe quelle bataille…


« C’étaient des hommes qui avaient 'la connaissance du discernement des temps pour reconnaître ce que devait faire Israël' (v. 33). Ce discernement des temps et la capacité qui en résulte de savoir ce qu’Israël devait faire a une grande importance. En d’autres termes, ces hommes vaillants savaient ce qui avait de l’importance à leur époque. Comm ent avaient-ils acquis cette connaissance ? Plusieurs des tribus ou États d’Israël étaient comptés parmi les trente-sept. Ils apportèrent aux armées d’Israël une force supplémentaire grâce à leur diversité culturelle. Grâce aux épreuves qu’ils traversèrent et dont beaucoup sont racontées dans les récits des trente-sept, ils comprirent les besoins de leur peuple et de trouver les solutions aux nombreux problèmes de leur époque. C’est par cette connaissance qu’ils surent ce qu’Israël devait faire.


« C’étaient des hommes 'prêts à se ranger au combat d’un cœur résolu' (v. 34). Ces hommes vaillants comprenaient la nécessité d’une organisation qui devait se maintenir pendant les périodes difficiles. Ces hommes avaient un cœur 'résolu' qui les poussait à chercher l’intérêt d’Israël avant le leur. Ce cœur résolu se révélait dans leur motivation pure, et ils n’aspiraient pas à d’autres poste ou grade dans les armées de David. Chacun des trente-sept pouvait se reposer entièrement sur les autres pour remplir les tâches qui leur étaient données, quel que soit leur grade. Ils comprenaient leurs responsabilités et restaient à leur place.


« La dernière qualité de ces hom­ mes vaillants dont je souhaite parler est celle que nous pouvons considérer comme la plus importante. À nouveau, nous lisons : « Tous ces hommes, gens de guerre, prêts à se ranger au combat en bon ordre, arrivèrent à Hébron avec un cœur sincère pour établir David comme roi sur tout Israël. Tout le reste d’Israël était également unanime pour établir David comme roi » (v. 39). Cette qualité était leur 'cœur sincère', qui se manifestait par un dévouement total pour établir l’ancien royaume d’Israël. Ils n’avaient pas d’autre but personnel que leur engagement envers le roi et l’édification d’Israël. Ils comprenaient la nature divine du poste de David et lui offraient leur loyauté totale et leur dévouement. Ils avaient un cœur sincère. Tels étaient les vaillants hommes d’Israël. » (Monte J. Brough, L'Étoile, p. 72-73)

 

1 CHRONIQUES 13

 

Voir 2 Samuel 6:1-11.

 

1 CHRONIQUES 14

 

Voir 2 Samuel 5:11-25.

 

1 CHRONIQUES 15

 

1 Chroniques 15:25-29 à 16:3. Voir 2 Samuel 6:12-23.

 

1 CHRONIQUES 16

 

Voir chapitre 15.


1 Chroniques 16:8-22. Voir Psaumes 105:1-15.


1 Chroniques 16:23-33. Voir Psaumes 96.


1 Chroniques 16:34-43. Voir Psaumes 106:1, 47-48.


1 Chroniques 16:43. Voir 2 Samuel 6:19-20.

 

1 CHRONIQUES 17

 

Voir 2 Samuel 7.

 

1 CHRONIQUES 18

 

Voir 2 Samuel 8.

 

1 CHRONIQUES 19

 

Voir 2 Samuel 10.

 

1 CHRONIQUES 20

 

1 Chroniques 20:1-3. Voir 2 Samuel 11:1 ; 12:26-31.


1 Chroniques 20:4-8. Voir 2 Samuel 21:18-22.

 

1 CHRONIQUES 21

 

Voir 2 Samuel 24.

 

1 CHRONIQUES 22

 

1 Chroniques 22:10. Voir 2 Samuel 7:13-14.

 

1 CHRONIQUES 23

 

Voir commentaire de Nombres 18.


1 CHRONIQUES 24

 

1 Chroniques 24:7-18 ; 25:9-31 : Les sacrificateurs, les Lévites, étaient distribués en 24 classes.

 

1 CHRONIQUES 25

 

1 Chroniques 25:1, 3 : Jeduthun apparaît aussi dans les Psaumes 39 et 62, et on pense généralement que dans ces psaumes, il s'agit du nom des chanteurs descendant de Jeduthun qui est mentionné ici aux versets 1 et 3.


1 Chroniques 25:9-31 : Voir commentaire de 1 Chroniques 24:7-18 ; 25:9-31.


1 CHRONIQUES 26

 

 

1 CHRONIQUES 27

 

 

1 CHRONIQUES 28

 

1 Chroniques 28:1 à 29:24

David accomplit quatre grands rites : (1) il obtint le soutien du peuple pour l'achèvement du temple, (2) il présenta un vaste trésor pour le temple, (3) il remit publiquement à Salomon les plans du temple et dit qu'ils lui avaient été donnés par révélation divine et (4) il réussit à faire couronner et oindre une deuxième fois Salomon à un moment où les membres de toutes les tribus étaient officiellement représentés et pouvaient proclamer leur loyauté.

 

1 CHRONIQUES 29

 

1 Chroniques 29:26-27. Voir 1 Rois 2:10-12.


 

2 CHRONIQUES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I



2 CHRONIQUES 1

2 Chroniques 1:1. Voir 1 Rois 2:12.


2 Chroniques 1:1-13. Voir 1 Rois 3:4-15.


2 Chroniques 1:14-17. Voir 1 Rois 10:26-29.


2 Chroniques 1:18 à 2:9. Voir 1 Rois 5:15 à 7:22.


2 CHRONIQUES 2

Voir chapitre 1.


2 Chroniques 2:10-17. Voir 1 Rois 5:15-32 ; 7:13-14.

2 CHRONIQUES 3

2 Chroniques 3:1-14. Voir 1 Rois 6.


2 Chroniques 3:15 à 4:1. Voir 1 Rois 7:15-22.


2 CHRONIQUES 4


Voir chapitre 3.


2 Chroniques 4:2-5. Voir 1 Rois 7:23-26.


2 Chroniques 4:6. Voir 1 Rois 7:38-39.


2 Chroniques 4:7 à 5:1. Voir 1 Rois 7:40-51.


2 CHRONIQUES 5

Voir chapitre 4.


2 Chroniques 5:27 à 6:2. Voir 1 Rois 8:1-13.


2 CHRONIQUES 6

Voir chapitre 5.


2 Chroniques 6:3-40. Voir 1 Rois 8:14-53.


2 Chroniques 6:41-42. Voir Psaumes 132:8-10.


2 CHRONIQUES 7

2 Chroniques 7:4-10. Voir 1 Rois 8:62-66.


2 Chroniques 7:11-22. Voir 1 Rois 9:1-9.


2 CHRONIQUES 8

Voir
1 Rois 9:10-28.

2 CHRONIQUES 9


2 Chroniques 9:1-28. Voir 1 Rois 10.


2 Chroniques 9:29-31. Voir 1 Rois 11:41-43.


2 CHRONIQUES 10


2 Chroniques 10:1-19. Voir 1 Rois 12:1-19.


2 CHRONIQUES 11


2 Chroniques 11:1-12. Voir 1 Rois 12:21-24.


2 CHRONIQUES 12


2 Chroniques 12:1-12. Voir 1 Rois 14:25-28.


2 Chroniques 12:13-14. Voir 1 Rois 14:21-24.


2 Chroniques 12:15-16. Voir 1 Rois 14:29-31.


2 CHRONIQUES 13


2 Chroniques 13:1-21. Voir 1 Rois 15:1-2.


2 Chroniques 13:22-23. Voir 1 Rois 15:7-8.


2 CHRONIQUES 14


Voir 1 Rois 15:11-12.


2 CHRONIQUES 15


2 Chroniques 15:16-19. Voir 1 Rois 15:13-15.


2 CHRONIQUES 16


2 Chroniques 16:1-6. Voir 1 Rois 15:16-22.


2 Chroniques 16:11-14. Voir 1 Rois 15:23-24.


2 CHRONIQUES 17


Josaphat prend deux mesures importantes : 1. Il fait « disparaître de Juda les hauts lieux et les idoles » (v. 6). 2. Il envoie des Lévites dans tout le royaume instruire le peuple à l’aide du « livre de la loi de l’Éternel » (v. 9).


« Nous faisons souvent de grands efforts pour essayer d’accroître le niveau d’activité dans l'Église… Mais ette croissance se produira automatiquement lorsque les membres individuellement et les familles s’immergeront dans les Écritures, régulièrement et uniformément. Les témoignages grandiront. Les engagements seront renforcés. Les familles, fortifiées. La révélation personnelle se déversera à flots. » (Ezra Taft Benson, L’Étoile, 1986, n° 6, p. 83)


2 CHRONIQUES 18


Voir 1 Rois 22:1-35.


2 CHRONIQUES 19


Voir commentaire de 1 Rois 22:2-16.


2 CHRONIQUES 20


2 Chroniques 20:31 à 21:1. Voir 1 Rois 22:41-51.


2 CHRONIQUES 21


2 Chroniques 21:5-20. Voir 2 Rois 8:17-24.


2 CHRONIQUES 22


2 Chroniques 22:1-9. Voir 2 Rois 8:25-29.


2 Chroniques 22:10-12. Voir 2 Rois 11:1-3.


2 CHRONIQUES 23


Voir 2 Rois 11:4-20.


2 CHRONIQUES 24


2 Chroniques 24:1-14. Voir 2 Rois 12:1-17.


2 Chroniques 24:23-27. Voir 2 Rois 12:18-22.


2 CHRONIQUES 25


Voir 2 Rois 14:1-14, 17-20.


2 CHRONIQUES 26


2 Chroniques 26:1-2. Voir 2 Rois 14:21-22.


2 Chroniques 26:3-4. Voir 2 Rois 15:2-3.


2 Chroniques 26:21-23. Voir 2 Rois 15:5-7.


2 CHRONIQUES 27


Voir 2 Rois 15:32-38.


2 CHRONIQUES 28


Voir 2 Rois 16:1-20.


2 CHRONIQUES 29


2 Chroniques 29:1-2. Voir 2 Rois 18:1-3.


2 CHRONIQUES 30


À l’époque du règne d’Ezéchias, une grande partie du royaume d’Israël (le royaume du nord) a été emmenée en captivité par les Assyriens. Ézéchias promet aux Israélites restants que s’ils se tournent de nouveau vers le Seigneur, les captifs seront libérés. Au lieu de cela, la plus grande partie du peuple d’Israël rejette l’invitation d’Ézéchias. À cause de la méchanceté du peuple, le reste du royaume d’Israël sera emmené en captivité plusieurs années plus tard (voir 2 Rois 18:10-12). Les Israélites captifs deviendront les dix tribus perdues.


2 CHRONIQUES 31


Au cours de la réforme opérée par Ézéchias, le peuple manifesta sa repentance en payant immédiatement la dîme ;  et il donna si libéralement qu'un surplus considérable fut accumulé.


2 CHRONIQUES 32


2 Chroniques 32:9-15. Voir 2 Rois 18:17-37 ; Ésaïe 36:2-22.


2 Chroniques 32:16-19. Voir 2 Rois 19:8-13 ; Ésaïe 37:8-13.


2 Chroniques 32:20-23. Voir 2 Rois 19:35-37 ; Ésaïe 37:36-38.


2 Chroniques 32:32-33. Voir 2 Rois 20:20-21.


2 CHRONIQUES 33


2 Chroniques 33:1-20. Voir 2 Rois 21:1-18.


2 Chroniques 33:21-25. Voir 2 Rois 21:19-26.


2 CHRONIQUES 34


2 Chroniques 34:1-2. Voir 2 Rois 22:1-2.


2 Chroniques 34:3-7. Voir 2 Rois 23:4-20.


2 Chroniques 34:8-28. Voir 2 Rois 22:3-20.


2 Chroniques 34:29-33. Voir 2 Rois 23:1-3.


2 CHRONIQUES 35


Voir 2 Rois 23:1-30.


2 CHRONIQUES 36

2 Chroniques 36:1-4. Voir 2 Rois 23:30-34.


2 Chroniques 36:5-8. Voir 2 Rois 23:36-37.


2 Chroniques 36:9-12. Voir 2 Rois 24:8-20.


2 Chroniques 36:13-21. Voir 2 Rois 25:1-21.


2 Chroniques 36:22-23. Voir Esdras 1:1-3.

 

 

ESDRAS

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I


Où les livres d'Esdras et de Néhémie se situent-ils dans le canon de l'Ancien Testament ?


Les livres de la Bible ne se suivent pas dans leur ordre chronologique. Leur place est déterminée par la catégorie dans laquelle ils se trouvent : livres historiques ou livres prophétiques. Les livres d'Esdras et de Néhémie faisaient à l'origine partie d'une compilation qui comprenait aussi 1 et 2 Chroniques. 2 Chroniques 36:22-33 et Esdras 1:1-3 sont presque identiques.


Les livres d'Esdras et de Néhémie sont en réalité les deux derniers livres historiques de l'Ancien Testament. Zacharie et Aggée furent prophètes pendant cette même période. Malachie est le seul prophète que l'on sait avoir exercé son ministère en Israël entre l'époque d'Esdras et de Néhémie et le commencement du Nouveau Testament.


Les livres d'Esdras et de Néhémie racontent l'histoire d'Israël depuis le premier retour à Jérusalem jusqu'à la fin du deuxième mandat de Néhémie comme gouverneur de Juda (538 av. J-C jusqu'à environ 400 av. J-C.


Le séjour d'Esther en Perse appartient à l'époque située entre la reconstruction du temple de Jérusalem et le retour d'Esdras (à partir d'Esdras 7:1).


ESDRAS 1

Esdras 1 à 6


En 721 av. J-C, lorsque le royaume d’Israël (le royaume du nord, les dix tribus) fut emmené en captivité par l’Assyrie, l’empire assyrien était le plus grand du monde. Mais en 612 av. J.-C. l’empire fut détruit par les Babyloniens. Sous le roi Nebucadnetsar, Babylone gouvernait la plupart des pays qui avaient été conquis par les Assyriens. La conquête babylonienne du royaume de Juda (le royaume du sud) dura d’environ 605 av. J-C, lorsqu’ils emmenèrent beaucoup de Juifs en captivité, jusqu’en 587 av. J-C, lorsqu’ils détruisirent Jérusalem. Lorsque Nebucadnetsar mourut en 562 av. J-C, la puissance de Babylone déclina rapidement. En 539 av. J-C, elle tomba devant les Mèdes et les Perses unis sous la direction de Cyrus. Au contraire de Nebucadnetsar, qui traitait avec cruauté ceux qu’il conquérait, Cyrus était un souverain bienveillant. En traitant les peuples conquis avec bonté et en respectant leur religion, il s’acquit la loyauté de ceux qu’il gouvernait. Peu après avoir conquis Babylone, Cyrus décréta que le temple de Jérusalem devait être reconstruit. Il invita les Juifs de son empire à retourner à Jérusalem reconstruire le temple, et il rendit les vases d’or et d’argent que les troupes de Nebucadnetsar avaient volés dans le temple (voir 2 Chroniques 36:22-23 ; Esdras 1:1-3, 7. La prophétie de Jérémie dont il est question dans ces versets est que les Juifs retourneraient à Jérusalem après 70 années de captivité à Babylone ; voir Jérémie 25:11- 12; 29:10).


Le roi Cyrus lit son nom dans les prophéties d’Ésaïe et est rempli du désir de faire la volonté du Seigneur. Il libère les Juifs qui ont été captifs à Babylone et les invite à retourner à Jérusalem et à reconstruire le temple (ch. 1). Zorobabel et Josué ramènent une cinquantaine de milliers de personnes à Jérusalem, et ils entreprennent la reconstruction du temple (ch. 2-3). Les Samaritains se proposent pour participer aux travaux du temple, sont rejetés et essaient d’arrêter l’œuvre ; la reconstruction cesse (ch. 4). Plusieurs années plus tard, les prophètes Aggée et Zacharie exhortent les Juifs à finir le temple ; les Samaritains continuent à s’y opposer (ch. 5; voir aussi Aggée 1). Le roi Darius renouvelle le décret de Cyrus de reconstruire le temple, qui est terminé et consacré vers 515 av. J-C (ch. 6).


Les paroles de Cyrus, rapportées dans Esdras 1-2, mentionnent une prophétie qui se trouve dans Ésaïe 44:28 et qui cite Cyrus par son nom (voir aussi Ésaïe 45:1-5). Bien que l’histoire de Cyrus précède le livre d’Ésaïe dans l’Ancien Testament, Ésaïe a vécu environ 150 ans avant la naissance de Cyrus. L’historien juif Flavius Josèphe rapporte que Cyrus lut son nom dans les prophéties d’Ésaïe, fut touché par l’Esprit du Seigneur et désira accomplir ce qui y était écrit (Flavius Josèphe, Histoire ancienne des Juifs, traduction Arnauld d’Andilly, adapté en français moderne par J. A. C. Buchon, éditions Lidis, 1968, p. 330).


Esdras 1:1. Qu'était la prophétie de Jérémie ?


Dans Jérémie 25:11-12 et 29:10, le prophète Jérémie parle de soixante-dix ans de captivité babylonienne.


Esdras 1:3-4. Tous les Juifs revinrent-ils ?


Esdras 2:64-65 indique que cinquante mille personnes environ firent le premier voyage de retour à Jérusalem. Esdras 1:4 parle des responsabilités des Juifs qui restèrent en Babylonie. La toute grosse majorité des Juifs rapatriés préférèrent ne pas retourner à Jérusalem à ce moment-là, décision qui montre qu'ils avaient bien été absorbés par le mode de vie babylonien.


Esdras 1:6. Des vases objets d'argent et de l'or


Le Seigneur veilla aussi à ce que les exilés ne retournent pas les mains vides, pas plus que les enfants d'Israël au moment de leur exode hors d'Égypte (voir Exode 12:35-36). Des objets précieux furent recueillis pour être utilisés pour orner le temple, comme le Seigneur l'avait spécifié. Le fait que Cyrus ait permis que l'on rassemble de telles richesses pour le temple montre avec quel sérieux il considérait la prophétie d'Ésaïe à son sujet.


Esdras 1:8. Qui était Scheschbatsar ?


Scheschbatsar est identifié dans Esdras 1:8 comme étant le prince de Juda. Esdras 5:14 précise que Cyrus établit Scheschbatsar gouverneur, mais son nom n'est pas mentionné dans la liste des Juifs revenus d'exil. Aggée 2:2 fait de Zorobabel le gouverneur de Juda (voir Esdras 3:8). Beaucoup de spécialistes considèrent donc que Scheschbatsar et Zorobabel sont la même personne. Le livre de 1 Esdras 6:18, dans les Apocryphes, et d'autres autorités disent qu'il s'agit de deux personnes différentes. Les indications dont on dispose semblent être en faveur de la thèse des deux personnes distinctes. Scheschbatsar et Zorobabel étaient du lignage royal de Juda, et tous deux furent probablement désignés par Cyrus. Zorobabel est devenu le plus célèbre dans l'histoire, parce qu'il vécut plus longtemps que Scheschbatsar.

ESDRAS 2

Voir commentaire de Esdras 1 à 6.


Esdras 2:2. Qui était Zorobabel ?


Zorobabel était descendant de Jojakin, le roi qui fut emmené en captivité à Babylone, descendance qui signifie qu'il était du lignage davidique royal. Zorobabel était aussi ancêtre de Jésus-Christ (voir Matthieu 1:12). Zorobabel était gouverneur de Juda (voir Aggée 2:2). Le deuxième temple de Jérusalem est souvent appelé le temple de Zorobabel. Aggée et Zacharie prophétisèrent en termes positifs sur le rôle et les mérites de Zorobabel (voir Aggée 2:4 ; 21-23 ; Zacharie 4:6-9).


Esdras 2:2. Qui était Josué ?


Le nom Josué apparaît dans le livre d'Esdras et dans Aggée. Il s'agit du souverain sacrificateur selon l'ordre lévitique (voir Aggée 1:1). Zorobabel et Josué, motivés par l'inspiration prophétique d'Aggée et de Zacharie, prirent tous les deux la direction de la reconstruction du temple (voir Esdras 6:14 ; Aggée 1:12-14 ; Zacharie 4:9).

Esdras 2:43. Qui étaient les Néthiniens ?


Néthiniens, signifiant « donnés » ou « désignés » en hébreu, était le nom donné aux serviteurs du temple qui aidaient les Lévites dans leurs fonctions sacrées (voir Néhémie 7:60).


Esdras 2:62. Ils cherchèrent leur généalogie


« Ce passage (Esdras 2:62-63) a trait à ceux qui revinrent de captivité, qui avaient contracté des mariages mixtes avec des peuples qui n'avaient pas droit aux bénédictions de la prêtrise. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 4:165).


En se mariant en dehors de l'alliance, certains Israélites perdirent le droit de voir leurs descendants officier dans le sacerdoce. Doctrine et Alliances fait directement allusion à cette expérience d'autrefois en guise d'avertissement à l'intention des détenteurs modernes de la prêtrise qui prennent sur eux de mettre de côté le décret de Dieu (voir D&A 85:11-12 ; 121:16-22).

ESDRAS 3


Voir commentaire de Esdras 1 à 6.


Esdras 3:1-6. L'autel fut le premier à être reconstruit


Josué, le souverain sacrificateur, et Zorobabel, le gouverneur, dirigèrent ensemble la reconstruction du temple. Celle-ci commença par l'édifice central du culte israélite, l'autel du temple, qui fut placé à l'emplacement même où le temple s'était jadis trouvé. L'autel était nécessaire pour que le culte et les sacrifices puissent recommencer selon le modèle donné par Moïse (voir Lévitique 1:7). L'autel fut préparé pour les sacrifices de la semaine de S ukkoth (fête des Tabernacles) et pour d'autres activités religieuses importantes.


Esdras 3:10-11. Ils louèrent l'Éternel d'après les indications du roi David


Les cris et les chants de louanges au Seigneur qui accompagnèrent la pose de la fondation du temple se firent selon la coutume établie par David (voir 1 Chroniques
25). Deux choeurs, ou un choeur et un soliste, chantèrent alternativement. Il est vraisemblable que les cris ressemblaient au cri du Hosanna poussé lors des assemblées solennelles modernes (voir Bruce R. McConkie, The Promised Messiah, p. 433-434)


Esdras 3:12-13. Pourquoi les sacrificateurs âgés pleurèrent-ils ?


Josèphe explique que le souvenir de l'ancien temple fit pleurer les vieux sacrificateurs. Le temple de Salomon était beau et somptueusement orné. Maintenant, à cause de l'extrême pauvreté du peuple de retour d'exil, le deuxième temple était considérablement inférieur au premier. C'est pourquoi, ils « étaient touchés d'une si vive douleur qu'ils ne pouvaient s'empêcher de la témoigner par leurs soupirs et par leurs larmes. » (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre 11, p. 339)


ESDRAS 4


Voir commentaire de Esdras 1 à 6.

Lorsque Zorobabel et Josué ramènent le premier groupe de Juifs à Jérusalem, ils y trouvent les Samaritains. Ceux-ci sont des descendants des Israélites qui ont fui au moment de la captivité et se sont mélangés aux colons assyriens et babyloniens que les rois avaient envoyés occuper le pays.

Esdras 4:1-10
. Qui étaient les Samaritains
qui voulurent gêner les travaux du temple ?

« Nous pouvons conclure que lors de la captivité finale d'Israël sous Salmanasar, les villes de Samarie ne furent pas seulement partiellement, mais totalement dépeuplées de leurs habitants en 721 av. J-C et qu'elles restèrent dans cet état de désolation jusqu'à ce que, pour employer les termes de 2 Rois 17:24, 'le roi d'Assyrie fit venir (des gens) de Babylone, de Kouta, de Avva, de Hamath et de Sepharvaïm. Il les fit habiter dans les villes de Samarie à la place des Israélites. Ils prirent possession de Samarie et habitèrent dans ses villes'. Ainsi les nouveaux Samaritains étaient assyriens de naissance ou par vassalisation. » (William Smith, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « Samaritans »)

Les étrangers assyriens étaient idolâtres et n'avaient pas le moindre désir de servir l'Éternel ou d'adorer en justice dans le temple. Plus tard, quand ces Samaritains  étrangers contractèrent des mariages mixtes avec certains Juifs, une race bâtarde de Samaritains et une variante de la religion juive naquirent. Telle était la situation à l'époque du Nouveau Testament. Cette variante de la religion était fortement mêlée de pratiques religieuses païennes et d'autres pratiques non autorisées, que les Juifs considéraient comme profondément offensantes. Quand Zorobabel refusa leur aide, les Samaritains furent, on le comprend, irrités et cherchèrent à se venger en écrivant au roi de Perse et en accusant les Juifs de rébellion.

« On protesta en disant que depuis toujours le peuple de Juda avait causé des ennuis aux autres nations, et que leur temple une fois restauré, ils redeviendraient séditieux (voir Esdras 4:19. » (James E. Talmage, La Maison du Seigneur, p. 48)

Finalement, les Juifs prouvèrent qu'ils avaient reçu la permission de reconstruire le temple, et le problème fut résolu, mais cet incident révèle les bases de la terrible hostilité existant entre les Samaritains et les Juifs, qui était si visible du temps du Christ.

Esdras 4:7. Qu'était l'araméen ?

C'était la langue diplomatique internationale de l'empire perse.

Esdras 4:10. Qu'était « ce côté du fleuve » ?

« Ce côté du fleuve » dans Esdras 4:10 signifie l'ouest de l'Euphrate (voir aussi Esdras 5:3 ; 6:13). Osnapar est la version araméenne de Assurbanipal, nom de la province (une satrapie) qui comprenait toute la Palestine et la Syrie.

Esdras 4:24. Pourquoi la construction du temple fut-elle arrêtée si longtemps ?

Les travaux du temple cessèrent pendant quinze à dix-sept ans à cause de l'ingérence des Samaritains.


ESDRAS 5


Voir commentaire de Esdras 1 à 6.


Esdras 5:1-5. La main du Seigneur intervient dans la construction du temple


Après de nombreuses années, des prophètes de Dieu entrèrent en scène à Jérusalem pour donner la direction inspirée et la motivation pour continuer la construction du temple. Pendant la première année du règne du roi Darius, le prophète Daniel pria le Seigneur concernant la prophétie de Jérémie à propos des soixante-dix ans (voir Daniel 9:1-2). Zorobabel était retourné à Jérusalem environ seize ans auparavant et avait été contrarié dans son projet de reconstruction du temple. Daniel 9:17-19 montre le souci de Daniel pour le sanctuaire (temple) et la ville de Jérusalem. Le Seigneur répondit à Daniel et suscita deux prophètes à Jérusalem: Aggée et Zacharie. Aggée 1:1-5, 12:14 ; Zacharie 4:9 et Esdras 6:14 montrent comment ces prophètes inspirèrent Zorobabel, Josué et le peuple à terminer le saint temple en dépit des persécutions, des difficultés et de la bureaucratie gouvernementale.


Esdras 5:17 ; 6:12. Pourquoi Darius honora-t-il le décret de Cyrus ?


Darius reconnut le rôle de Dieu dans les affaires des hommes. Pendant son règne, il adopta la religion de Zoroastre pour l'empire perse. Il pensait probablement que le Dieu qu'il adorait voulait aussi que le temple de Juda soit reconstruit. Et les décrets d'un roi étaient souvent honorés par ses successeurs.

ESDRAS 6


Voir commentaire de Esdras 1 à 6.


Esdras 6:12. Voir commentaire de Esdras 5:17 ; 6:12.


Esdras 6:13-15. En quoi le temple de Zorobabel différait-il du temple de Salomon ?


Le second temple de Jérusalem fut terminé en 516 av. J-C, exactement soixante-dix ans après la destruction du temple par Nebucadnetsar en 586 av. J-C. Ainsi s'accomplit la prophétie de Jérémie (voir Jérémie 29:10-14).


« Il est connu des historiens sous le nom de temple de Zorobabel. Dans ses grandes lignes, il suivait le modèle du temple de Salomon, bien qu'en plusieurs de ses dimensions, il dépassait son prototype. Le parvis était divisé en deux sections : une réservée aux sacrificateurs et une autre pour le public ; selon Josèphe, cette division était matérialisée par une clôture en bois. Un autel de pierres brutes fut érigé au lieu du grand autel d'airain de jadis. Le saint ne fut orné que d'un seul chandelier au lieu de dix et d'une seule table pour les pains de proposition au lieu des dix tables recouvertes d'or qui se dressaient dans le premier temple. On nous parle aussi d'un autel des parfums en or et de quelques meubles de moindre importance. Le saint des saints était vide, car on ne savait pas ce que l'arche de l'alliance était devenue lorsque le peuple était parti en captivité.


« À de nombreux égards, le temple de Zorobabel avait l'air pauvre en comparaison de son splendide prédécesseur et, dans certains détails, il apparaissait effectivement inférieur à l'ancien tabernacle d'assignation, le sanctuaire des tribus nomades. Les critiques savants précisent que les caractéristiques suivantes du temple de Salomon manquaient au temple de Zorobabel : (1) l'arche de l'alliance ; (2) le feu sacré ; (3) la Chekina, ou gloire du Seigneur, qui se manifestait jadis par la présence divine ; (4) l'urim et le thummim, par lesquels l'Éternel expliquait sa volonté aux sacrificateurs de l'ordre d'Aaron ; (5) le génie ou esprit de prophétie, marquant la communion intime existant entre les mortels et leur Dieu. Nonobstant ces différences, le temple de Zorobabel fut reconnu par Dieu et fut sans aucun doute le lieu ou le siège de la révélation divine aux prophètes dûment institués. » (Talmage, La Maison du Seigneur, p. 49-50)

Ce fut le temple de Zorobabel que le roi Hérode remit en état et rendit très beau. Il ajouta beaucoup de cours et d'annexes qui en firent une des merveilles du monde à l'époque de Jésus (voir le commentaire sur Aggée 2:3-9).


Esdras 6:22. Qui était le roi d'Assyrie ?


Le roi d'Assyrie était le monarque perse, le roi de ce qui était jadis le territoire assyrien.


Esdras 6:22 ; 7:1. Une lacune dans l'histoire


« Près de soixante ans séparent Esdras 6:22 d'Esdras 7:1, période au cours de laquelle Esther est à même d'éviter le massacre complet du peuple juif et, indirectement, de sauver la vie à Esdras et à Néhémie. J. Artaxerxès semble favorablement disposé à l'égard des Juifs, et Esdras le savant et pédagogue (descendant direct des sacrificateurs) reçoit l'autorité officielle d'enseigner la loi et de nommer des magistrats dans sa patrie, d'offrir des sacrifices et d'embellir le temple (les mémoires d'Esdras, écrits en hébreu, commencent au verset 27. » (David Alexander et Pat Alexander, éditeurs, Eerdmans' Handbook to the Bible, p. 307-308)


ESDRAS 7


Esdras 7 et 8


Comme le Seigneur a précédemment incité le cœur du roi Cyrus à libérer les Juifs, il incite le cœur du roi Artaxerxès à laisser le groupe de Juifs d’Esdras retourner à Jérusalem (Esdras 7:27-28 ; voir aussi les versets 11-26). Plus de 50 ans après la consécration du temple, Esdras reçoit la permission du roi de Perse, Ataxerxès, de ramener un autre groupe de Juifs à Jérusalem. Esdras et son peuple jeûnent et prient, et le Seigneur les protège pendant leur voyage. 


Esdras 7. Quelle est l'histoire d'Esdras et quelle tâche reçut-il de l'empereur perse ?


Josèphe parle de la situation qui régnait à Jérusalem à l'époque d'Esdras et de la façon dont il fut chargé de la corriger. C'était un homme d'une grande foi, qui était animé de l'Esprit du Seigneur. Il demanda au roi Xerxès la permission de retourner avec d'autres Juifs. Xerxès accepta et écrivit une lettre aux gouverneurs de Juda.


« Quand Esdras eut reçu cette épître, il fut très joyeux et commença à adorer Dieu, confessa qu'il avait été la cause de la grande faveur du roi à son égard et que pour la même raison il rendait toute grâce à Dieu… Il rassembla donc ceux qui étaient ensemble en captivité au-delà de l'Euphrate et y demeura trois jours, et ordonna un jeûne pour eux, afin qu'ils adressent leurs prières à Dieu pour qu'il les protège, afin qu'ils ne souffrent aucune infortune en chemin, que ce soit de la part de leurs ennemis, ou de tout autre accident ; car Esdras avait dit à l'avance, qu'il avait expliqué au roi que Dieu les préserverait… Ainsi ces choses se firent véritablement sous la direction d'Esdras ; et il y réussit, parce que Dieu l'estimait digne du succès à cause de sa bonté et de sa justice » (Flavius Josèphe, Antiquités, livre 11, chap. 5)


Esdras 7:1. Voir commentaire de Esdras 6:22 ; 7:1.


Esdras 7:6, 11-12. Esdras, le scribe


Outre qu'il était sacrificateur, Esdras était le « scribe… qui transcrivait les paroles commandées et prescrites par l'Éternel au sujet d'Israël » (Esdras 7: 11). Esdras, scribe de la loi, fut chargé par le roi perse d'enseigner la loi aux habitants de Jérusalem et  ensuite de mettre sur pied un système de jugement pour les contrevenants (voir Esdras 7:25-26).


« [Quatre-vingts] ans après le retour de l'exil babylonien déjà, et nous ne savons pas exactement combien de temps auparavant,  on avait commencé à reconnaître, en tant qu'hommes ayant l'autorité, certains savants que l'on appela plus tard scribes, et que l'on nomma rabbis ou docteurs. À l' époque d'Esdras et de Néhémie, ces spécialistes de la loi constituaient une classe noble, à qui on rendait respect et honneur. On appelle Esdras 'sacrificateur et scribe, enseignant les commandements et les lois de l'Éternel concernant Israël'. Les scribes de l'époque rendaient des services précieux sous la direction d'Esdras, et plus tard sous la direction de Néhémie, à compiler les écrits sacrés qui existaient à l'époque  ; et dans l'usage juif ceux qui étaient chargés d'être les gardiens et les interprètes de la loi prirent le nom de membres de la Grande Synagogue ou grande assemblée, sur lesquels les voies canoniques nous donnent peu de renseignements.


« Selon le Talmud, l'organisation se composait de cent vingt savants éminents. L'ampleur de leurs travaux, selon l'exhortation qu'ils perpétuaient traditionnellement eux-mêmes, est définie de la manière suivante : Soyez prudents dans le jugement, établissez de nombreux savants et dressez une clôture autour de la loi. Ils suivaient ce commandement en étudiant attentivement et en examinant soigneusement tous les détails traditionnels de l'administration, en multipliant les scribes et les rabbis, et, selon l'interprétation que certains d'entre eux donnaient à leur devoir d'établir de nombreux savants, en écrivant beaucoup de livres et de traités ; en outre, ils établirent une clôture autour de la loi en ajoutant de nombreuses règles qui prescrivaient avec une grande précision les conventions officielles pour chaque occasion. » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 75-76)


Esdras 7:1. Voir commentaire de Esdras 6:22 ; 7:1.


ESDRAS 8

Voir commentaire de Esdras 7 et 8.


Esdras 8. Les hommes qui accompagnèrent Esdras et leur confiance au Seigneur


« Le groupe d'Esdras, composé de plus de dix-sept cents personnes, comprend des sacrificateurs, le peuple et, un peu à contrecoeur, des Lévites. Ils emportent des dons s'élevant à plus d'un million de livres sterling. Esdras se trouve devant la perspective d'un voyage long et dangereux à une époque de grand remous. Et s'étant vanté de sa confiance en Dieu, il ne peut guère demander une escorte au roi. Sa prière est sincère et sa foi récompensée par le sauf-conduit de Dieu lui-même. » (Alexander et Alexander, Eerdmans' Handbook, p. 398)


Esdras 8:15. Qui étaient les fils de Lévi ?


Tout membre masculin de la tribu de Lévi était lévite, mais un sacrificateur devait être descendant d'Aaron, qui était aussi de la tribu de Lévi. Les sacrificateurs étaient donc un sous-groupe des Lévites. Les fils dont il est question dans Esdras 8:15 sont ceux d'entre les Lévites qui n'étaient pas sacrificateurs, c'est-à-dire les Lévites qui n'étaient pas descendants d'Aaron.

ESDRAS 9

Esdras 9 à 10. Esdras commande aux Juifs de répudier leurs épouses païennes


Peu après son arrivée à Jérusalem, Esdras entreprit ses devoirs sacerdotaux consistant à mettre de l'ordre dans les affaires. Les sacrificateurs et les Lévites de Jérusalem avaient laissé le service du temple se détériorer gravement. Beaucoup d'entre eux s'en étaient allés gagner leur vie, parce que le temple n'était pas suffisamment soutenu pour leur permettre de travailler à plein temps. Certains d'entre eux avaient même pris des épouses dans les nations païennes, de même que beaucoup d'autres citoyens juifs. Tout cela horrifia Esdras et beaucoup d'entre les fidèles qui lui avaient parlé du problème (voir Esdras 9:1-4). Le mariage mixte avec un incroyant était une pratique expressément interdite par le Seigneur, parce qu'elle menait à l'idolâtrie (voir Deutéronome 7:1-5). Cette pratique même avait provoqué la chute de la nation israélite sous les rois. Cependant, même les horreurs de la défaite et de l'exil n'avaient pas été une leçon suffisante pour le peuple.


Comparer la préoccupation d'Esdras pour les mariages mixtes impies des Juifs, notée dans Esdras 9:1-15 avec celle de Néhémie, le gouverneur, rapportée dans Néhémie 13:23-27.

ESDRAS 10

Esdras 10:3, 7, 10-12 montre comment Esdras réussit à appeler le peuple de Jérusalem à confesser ses transgressions et à faire alliance de répudier ses épouses païennes. Ce fut une étape importante pour permettre au peuple de Juda de se préparer à être digne du temple et de la terre sacrée dans laquelle le Seigneur avait prophétisé qu'il retournerait.


Il apparaît que le renouvellement de l'alliance mené par Esdras et décrit dans Néhémie 8:10 se produisit vers cette même époque (voir le commentaire sur Néhémie 8 à 10).


Esdras 10:9, 13. De fortes pluies


Les instructions d'Esdras concernant les femmes étrangères furent données au moment des fortes pluies de décembre à Jérusalem. Il faisait froid et humide, et cette situation, ajoutée au chagrin du peuple pour son apostasie, le fit trembler.


Esdras 10:19. Passages manquants d'Esdras concernant le Sauveur


« Selon un passage du dialogue de Justin Martyr avec Tryphon, un Juif, Esdras offrit, en cette occasion, un agneau pascal, 'et Esdras dit au peuple : Cette Pâque est notre Sauveur et notre Refuge ; et si vous voulez vous en laisser persuader et le laisser entrer dans votre coeur, que nous devons nous humilier devant lui en guise de signe et si ensuite nous croyons en lui, ce lieu ne sera plus jamais détruit, dit le Seigneur des armées ; mais si vous ne croyez pas en lui, ni n'écoutez sa prédication, vous serez un objet de moquerie pour les Gentils' (Dial. cum Tryphone, section 72).


« Ce passage, dit Justin, les Juifs, à cause de leur inimitié à l'égard du Christ, l'effacèrent du livre d'Esdras. Il les accuse d'annuler plusieurs autres passages à cause de ce même esprit d'inimitié et d'opposition. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:752)
 

 

NÉHÉMIE

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I



NÉHÉMIE 1

Néhémie 1 ; 2 ; 4 ; 6


Néhémie était échanson du roi Artaxerxès de Perse. C’était un poste de confiance car il devait veiller à ce que la nourriture et la boisson du roi ne soient pas empoisonnées. Malgré le fait qu’il avait un poste important en Perse, il se souciait de son peuple de Jérusalem et chercha à l’aider quand il apprit ses difficultés. En apprenant que les Juifs qui sont retournés à Jérusalem « sont au comble du malheur et de l’opprobre », Néhémie reçoit du roi Artaxerxès la mission d’aller à Jérusalem reconstruire la muraille de la ville (ch. 1-2). Les ennemis des Juifs cherchent à les empêcher de reconstruire la muraille. Néhémie arme les ouvriers et veille à ce que les travaux continuent jusqu’à ce que la muraille soit terminée (ch. 4 ; 6). 


Néhémie 1. Qui était Néhémie ? Où et quand son récit commence-t-il ?


On ne sait pas grand-chose du passé de Néhémie, si ce n'est qu'il était Juif et qu'il naquit pendant que les Juifs étaient en exil. On ne nous donne pas son âge, mais il naquit vraisemblablement après que Cyrus ait décrété que les Juifs pouvaient retourner dans leur patrie. Un petit nombre seulement de Juifs exilés décidèrent de revenir. La famille de Néhémie dut être parmi ceux qui ne revinrent pas. Elle avait probablement une certaine influence, puisque Néhémie était échanson du roi Artaxerxès (voir Néhémie 2:1). Un roi était constamment menacé d'assassinat, et la manière la plus efficace de le faire était d'empoisonner sa nourriture ou sa boisson. L'échanson, celui qui veillait à ce que la nourriture et la boisson du roi soient inoffensives, remplissait un poste qui impliquait une grande confiance et une grande responsabilité. Bien qu'il soit en Perse et
qu'il ait de la puissance et de l'importance, Néhémie n'oubliait pas son peuple ni sa patrie. Quand il apprit leur triste situation, il jeûna et pria pour eux.

NÉHÉMIE 2

Voir commentaire de Néhémie 1 ; 2 ; 4 ; 6


Néhémie 2:1-11. Le roi envoie Néhémie à Jérusalem


La faveur dont Néhémie jouissait auprès du roi Artaxerxès est évidente non seulement à cause du fait qu'il lui accorda la permission de retourner dans sa patrie, mais aussi parce qu'il lui donna des gardes, une escorte et un sauf-conduit dans toutes les terres à son retour en Juda « de l'autre côté du fleuve » (v. 9), ou à l'ouest de l'Euphrate. Le roi lui accorda aussi la permission d'utiliser du bois de charpente provenant des forêts royales pour reconstruire les murailles de Jérusalem aussi bien que les portes et sa propre maison.


Néhémie 2:10. Qui était Sanballat ?


Sanballat, gouverneur de Samarie, et les gouverneurs d'autres régions voisines étaient opposés aux plans des Juifs concernant Jérusalem et étaient furieux de la protection que le roi de Perse leur donnait. Une profonde hostilité s'était créée entre les Samaritains et les Juifs qui étaient revenus avec Zorobabel (voir le commentaire sur Esdras 4). Le fait que Néhémie revenait avec pleins pouvoirs de l'empereur de refortifier Jérusalem était un grand revers pour les Samaritains, et ils s'y opposèrent ouvertement. Sanballat de Samarie conduisit ce groupe (voir v. 19) et obligea Néhémie à armer ceux qui travaillaient aux murailles de Jérusalem (voir chapitres 4 et 6).


Néhémie 2:12-16. Néhémie fait nuitamment le tour des murailles


Néhémie décrit avec tant de détails sa reconnaissance nocturne et la reconstruction ultérieure des murailles de Jérusalem que nous avons une petite idée de l'emplacement réel d'une grande partie des endroits signalés. 


NÉHÉMIE 3

Voir commentaire de Néhémie 4:10-12.


NÉHÉMIE 4

Voir commentaire de Néhémie 1 ; 2 ; 4 ; 6


Néhémie 4:10-12.


Les noms des familles chargées de réparer les murailles et les portes sont donnés dans Néhémie 3. Mais les chefs des localités environnantes étaient furieux de voir que les Juifs fortifiaient Jérusalem et reprenaient leurs anciennes pratiques religieuses. Sanballat, gouverneur de Samarie, était particulièrement furieux. Mais le plan qu'ils conçurent d'attaquer et d'empêcher la réparation des murailles, alors à moitié relevées (voir Néhémie 3:38), fut contrarié par Néhémie, qui fit s'armer ceux qui étaient de garde et ceux qui travaillaient, aussi bien la nuit que le jour (voir v. 21-22). L'encouragement que Néhémie donne aux Juifs de défendre leurs familles et leurs foyers (voir v. 8) est semblable à la recommandation faite par Moroni dans Alma 43:46-47 ; 46:12.

NÉHÉMIE 5

Néhémie 5. Néhémie réclame des réformes sociales parmi son peuple


La vraie grandeur de Néhémie se dégage de ces versets. Une des raisons pour lesquelles les Juifs étaient toujours dans une grande pauvreté était l'oppression inique du peuple par ses anciens chefs. Néhémie aurait pu se repaître de la même manière, mais au lieu de cela il s'irrita de l'impôt excessif (le tribut du roi), de l'usure, de l'esclavage et de la confiscation de la propriété privée.


Ses prédécesseurs « accablaient le peuple » (Néhémie 5:15) ou, en d'autres termes, imposaient un lourd fardeau au peuple, mais Néhémie, lui, montra sa grandeur en tant que gouverneur en n'acceptant pas de salaire sur l'impôt du peuple. Il était riche et décida de remplir ses fonctions sans rémunération.

NÉHÉMIE 6

Voir commentaire de Néhémie 1 ; 2 ; 4 ; 6


Néhémie 6. Quelle était l'importance de la muraille ?


Sanballat essaya de prendre Néhémie au piège pour lui « faire du mal » (Néhémie 6:2) en l'invitant à des négociations, mais Néhémie ne se laissa pas tromper.  En fait, il n'était même pas intimidé par la menace de Sanballat de signaler une rébellion juive au roi Artaxerxès.


La muraille fut finie en cinquante-deux jours (voir v. 15), et des sentinelles furent placées pour protéger ceux qui vivaient dans la ville. Les murailles étaient une protection, mais elles étaient aussi un symbole physique important de l'installation des Juifs en tant que peuple. La ville sainte devint une force unificatrice lorsque les familles furent choisies par le sort pour venir y habiter (voir Néhémie 11:1-2). Sanballat et les autres ennemis de Juda comprenaient parfaitement l'importance des murailles et de la direction unificatrice de Néhémie. C'est pour cela que leur opposition était si persistante.


NÉHÉMIE 7

Néhémie 7:63-65. Que signifiait être exclu du sacerdoce (v. 64) ?


Ceux qui ne pouvaient pas établir leur généalogie, ou essayaient de la cacher, se virent refuser la prêtrise. La même situation est rapportée dans Esdras 2:62.

NÉHÉMIE 8

Néhémie 8


Lorsque la muraille qui entoure Jérusalem est reconstruite, Esdras lit les Écritures au peuple. Quand celui-ci entend les paroles de la loi, il pleure et désire y obéir.


Néhémie 8:1-12. L'établissement de la synagogue et du jour saint


La lecture de la loi au peuple par Esdras, le scribe, est particulièrement importante, parce qu'il semble que ce fut la première fois qu'une synagogue, ou lieu où on lit et explique les Écritures, était fondée à Jérusalem après le retour de Babylone.


« Les Israélites, ayant été récemment ramenés de la captivité babylonienne dans laquelle ils étaient restés soixante-dix ans, selon la prédiction de Jérémie [25:11], étaient non seulement extrêmement corrompus, mais il semble qu'ils avaient d'une manière générale perdu la connaissance de l'hébreu antique à un tel point que quand le livre de la loi fut lu, ils ne le comprirent pas. Mais certains Lévites étaient là et en donnaient le sens, c'est-à-dire traduisaient en dialecte chaldéen… Il semble que le peuple non seulement ignorait sa langue d'autrefois mais aussi les rites et les cérémonies de sa religion, ayant été si longtemps à Babylone où il ne lui était pas permis de les observer. Ceci étant, ce n'était pas seulement la langue qui devait être interprétée, mais la signification des rites et des cérémonies qui devait également être expliquée ; car nous découvrons aux versets 13 et suivants de ce chapitre qu'ils avaient même oublié la fête des Tabernacles et tout ce qui avait trait à cette cérémonie. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:781-82)


Néhémie 8:10. Le souci des pauvres


Une fois de plus la grande bonté de Néhémie se manifesta. Il ne demanda pas seulement l'observance religieuse. Il invita le peuple non seulement à participer à une fête religieuse mais à se souvenir des pauvres et à partager sa joie devant la bonté de Dieu en faisant la charité.


Néhémie 8:13-18. Pourquoi Néhémie établit-il la fête des Tabernacles ?


Si on ne comprend pas l'importance de la fête des Tabernacles, il peut paraître étrange qu'Esdras ait considéré cette fête comme étant si importante. Les commandements
relatifs à son observance se trouvent dans Lévitique 23:34-44.


« Une des trois grandes fêtes auxquelles tous les Israélites de sexe masculin étaient tenus d'assister, la fête des Tabernacles, était de loin la plus grande fête d'Israël. Fixée cinq jours après le jour des Expiations, elle était ainsi célébrée lorsque les péchés du peuple élu avaient été enlevés et que sa relation par alliance avec l'Éternel avait été renouvelée et rétablie. C'était une occasion entre toutes de se réjouir, de témoigner et de louer le Seigneur. Dans tout le sens du terme, c'est la fête de l'Éternel, la grande fête de l'Éternel, l'unique festivité mosaïque qui, dans le cadre de la restitution de toutes choses, sera rétablie quand l'Éternel viendra personnellement sur la terre pendant
mille ans. Déjà maintenant, nous accomplissons un de ses principaux rituels dans nos assemblées solennelles, quand nous poussons le cri de Hosanna, et les adorateurs de l'Éternel auront un jour la bénédiction de se réjouir lors d'autres de ses rituels sacrés.


« Également appelée la fête des Huttes, parce que Israël demeurait dans des huttes pendant qu'il était dans le désert, et fête de la moisson, parce qu'elle se produisait lorsque la moisson était terminée, c'était un moment de gaieté, de réjouissances et de nombreux sacrifices. On faisait plus de sacrifices pendant la fête de la Pâque que lors de n'importe quelle autre, parce qu'un agneau était tué pour chaque famille ou groupe et mangé par eux, mais à la fête des Tabernacles, les sacrificateurs offraient davantage de sacrifices de taureaux, de béliers, d'agneaux et de boucs pour la nation dans son ensemble qu'à toutes les autres fêtes israélites combinées.


« Le fait qu'elle célébrait l'achèvement de la moisson symbolise la réalité évangélique que la maison d'Israël a pour mission de rassembler toutes les nations à l'Éternel, processus qui est maintenant en cours mais ne sera achevé que lors de ce jour millénaire où 'l'Éternel sera Roi de toute la terre' (Zacharie 14:9) et y régnera personnellement. Alors s'accomplira ce qui est écrit  [Zacharie 14:9-21]. Ce sera là le jour où la loi sortira de Sion et la parole de l'Éternel de Jérusalem. Manifestement, quand la fête des Tabernacles sera respectée ce jour-là, ses observances rituelles seront conformes au nouvel ordre de l'Évangile et ne suivront pas l'ordre mosaïque du passé. » (Bruce R. McConkie,The Promised Messiah, p. 432-433)

NÉHÉMIE 9

Néhémie 9. Se souvenir du Seigneur


Séparés des étrangers parmi eux, les Juifs jeûnèrent, prièrent, louèrent le Seigneur et récitèrent leur longue histoire et les bénédictions que Dieu leur avait données tout au long des générations depuis Abraham jusqu'à leur jour. Les Lévites (le groupe des sacrificateurs) leur donnait l'exemple en cela, et leur louanges à Dieu semblent avoir été stimulées par l'étude de la loi. Beaucoup de passages de Néhémie 9 se rapportent à des événements historiques qui se trouvent dans les cinq livres de Moïse :


1. Le verset 6 se rapporte à la création (Genèse 1) ; 2. Le verset 7 se rapporte à l'alliance abrahamique (Genèse 11-17) ; 3. Les versets 9-11 se rapportent à l'exode hors
d'Égypte (Exode 1-14) ; 4. Le verset 12 se rapporte à la colonne de feu et de fumée (Exode 13:21-22) ; 5. Les versets 13-14 se rapportent à la publication de la loi (Exode 20) ; 6. Le verset 15 se rapporte à la manne et à l'eau jaillie du rocher (Exode 16:17) ; 7. Le verset 17 se rapporte aux Israélites rebelles (de nombreux exemples dans l'Exode et les Nombres) ; 8. Le verset 18 se rapporte à l'événement du veau d'or (Exode 32) ; Les allusions aux événements historiques continuent de cette façon.


Les Lévites se reportaient constamment aux Écritures quand ils louaient le Seigneur. Le fait que les Écritures avaient été tellement négligées en dit long sur l'état spirituel des exilés à leur retour. Et le fait qu'ils cherchèrent à ramener le peuple à l'alliance en utilisant les Écritures en dit long sur la sagesse de Néhémie et d'Esdras.

NÉHÉMIE 10

Néhémie 10:28-39. Les Juifs renouvellent leurs alliances


Dans leur nouvel esprit d'unité et de fierté nationale, les Juifs firent alliance de se marier au sein d'Israël (voir Néhémie 10:31), de garder le sabbat (voir v. 32), de payer l'impôt du temple institué par Moïse (voir v. 32), de faire des offrandes (voir v. 34-36), de consacrer les premiers-nés au Seigneur (voir v. 37), de soutenir les Lévites et les sacrificateurs de leurs dîmes (voir v. 38-39) et de faire tout ce qui était nécessaire pour soutenir le temple (voir v. 40). En d'autres termes, ils firent alliance de rétablir l'obéissance à la loi de Moïse.


Néhémie 10:38 mentionne 'la dîme de la dîme'. Les Lévites devaient dîmer l'argent qui servait à leur entretien pour les sacrificateurs. À  l'origine, l'impôt du temple était d'un demi-sicle pour quiconque avait plus de vingt ans (voir Exode 30:13). Cette somme fut réduite au tiers d'un sicle (voir v. 32). Ces offrandes étaient toujours en vigueur à l'époque de Jésus (voir Luc 21:1-4).

NÉHÉMIE 11

Néhémie 11:1-2. Un dixième du peuple aussi


On tira au sort et une famille sur dix de Perse vint demeurer à Jérusalem comme dîme à la ville sainte.

NÉHÉMIE 12

La première partie du chapitre contient le nom des prêtres et des Lévites (détenteurs de la prêtrise) qui sont retournés à Jérusalem avec le groupe de Zorobabel (v. 1-9). La deuxième partie contient le nom des prêtres et des Lévites de l’époque de Néhémie qui descendaient du groupe d’origine (v. 10-26). Le reste du chapitre parle de la consécration des murs de Jérusalem (v. 27-47).

NÉHÉMIE 13

Néhémie 13. Néhémie fit d'autres réformes


Néhémie débarrassa les synagogues des étrangers (voir Néhémie 13:1-3) et ensuite purifia le temple d'un apostat qui y résidait (voir v. 4-9). Il imposa le contrôle sur les achats et les ventes le jour du sabbat (voir v. 14-21) et recommanda en outre à tout Israël de se marier parmi son propre peuple. Voilà un homme qui abandonna un poste qui lui donnait beaucoup de richesses et d'influence et qui, par amour pour le Seigneur et pour son peuple, consacra sa vie à des objectifs justes. Assurément Néhémie sera compté comme un des serviteurs élus de Dieu.


Néhémie 13:28-31. Quel événement ces versets rapportent-ils, et pourquoi est-il important ?


Plus tard les Samaritains considérèrent le mont Garizim comme montagne sainte par opposition aux Juifs qui considéraient Jérusalem comme le lieu sacré (voir Jean 4:19-22). Bien que cela ne soit pas dit spécifiquement, le conflit mentionné ici dans Néhémie fut ce qui provoqua le choix du mont Garizim comme lieu saint des Samaritains.


Après le retour de la captivité babylonienne, Garizim devint de nouveau un lieu important, étant le centre du culte samaritain. Un certain Manassé, fils ou petit-fils de Jojada, sacrificateur à Jérusalem (voir Néhémie 13:28), avait épousé la fille de Sanballat le Horonite. Refusant de la renvoyer, il fut expulsé du sacerdoce et se réfugia parmi les Samaritains, parmi lesquels, en qualité de membre de la famille des souverains sacrificateurs, il établit un temple et un sacerdoce rivaux sur le mont Garizim (voir Jean 4:20).

 

 

ESTHER

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I


Esther est une Juive qui vit un peu après le temps de Daniel. Après la mort de ses parents, elle est élevée par son cousin Mardochée. Elle est très belle et Assuérus, roi des Mèdes et des Perses, est tellement charmé par sa beauté qu’il fait d’elle sa reine.


ESTHER 1

Esther 1:1-12. Qui était le roi Assuérus ?


Le livre d'Esther commence par la description d'un banquet grandiose à la cour opulente de Suse, palais du grand empereur perse Assuérus. Ce nom est une translittération hébraïque du perse Khshyayarsha, mieux connu dans l'histoire sous la forme Xerxès (forme grecque du nom). La plupart des savants situent les événements rapportés dans le livre d'Esther entre 482 et 478 av. J-C environ.


Un trait caractéristique du banquet était la grande quantité de vin qui, selon une traduction du verset 8, devait être donnée à volonté aux invités (voir D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeurs, The New Bible Commentary, Revised, p. 415). C'est probablement la raison pour laquelle la reine Vasthi refusa de paraître. Après sept jours passés à boire abondamment, les invités étaient probablement complètement ivres, et elle a pu considérer qu'il était au-dessous de la dignité de la reine de parader devant un tel public simplement pour montrer sa beauté.


Esther 1:19. Édits irrévocables


Le refus de la reine Vasthi d'obéir à une convocation formelle du roi peut susciter la compréhension des lecteurs modernes, mais à une époque où les femmes étaient tenues d'être soumises et où l'empereur avait le pouvoir absolu de vie et de mort, son entêtement est surprenant. Mais la réaction de l'assemblée n'est pas si surprenante. Les hommes présents au banquet sentirent immédiatement qu'une telle indépendance d'esprit chez Vasthi, qui était indubitablement enviée par les autres femmes de l'empire, susciterait une indépendance d'esprit semblable chez leurs épouses. Si la rébellion de Vasthi (telle que la voyaient ces hommes) restait sans punition, elle susciterait, ils le savaient, des réactions semblables chez leurs épouses. C'est pourquoi ils incitèrent Assuérus à l'action, et réclamèrent en particulier un décret « avec défense de la transgresser » (v. 19).


« Un édit publié par le roi, inscrit parmi les lois des Perses et des Mèdes, et scellé du sceau royal [voir Esther 8:8] ne passe pas, c'est-à-dire qu'il reste en vigueur, est irrévocable [voir aussi Daniel 6:9]. Les conseillers réclament la publication d'un tel édit pour empêcher le roi de faire rentrer Vasthi dans sa faveur, craignant d'être victimes de sa vengeance quand elle retrouverait son influence. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 3:3:331)


Le roi accepta, le décret fut rédigé, et Vasthi perdit sa place de reine, donnant à Esther l'occasion d'être choisie comme l'une des épouses du roi et finalement de sauver son peuple.

ESTHER 2

Esther 2:5-8. Quelle parenté y avait-il entre Mardochée et Esther ?


On ne sait pas grand-chose de Mardochée. Il était de la tribu de Benjamin et son arrière-grand-père fut apparemment emmené en captivité lors de la première déportation juive à Babylone. Certains auteurs juifs croient qu'il détenait une fonction élevée dans la hiérarchie persane qui lui donnait accès à la cour (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 3:3:337).D'après le récit biblique, c'était un hébreu dévot, ayant une grande foi en l'Éternel. Il était également courageux, droit et homme de sens pratique.


Le frère de son père eut une fille à qui on donna le nom de Hadassa, ce qui signifie « myrte » en hébreu. Mais dans tout le livre sacré, elle est désignée sous son
nom perse, Esther, qui signifie « étoile  ». Quand ses parents moururent, Mardochée l'adopta et l'éleva chez lui.


Esther 2:10. Pourquoi Esther n'avait-elle pas fait « connaître… son peuple » ?


Esther se vit accorder respect et déférence parce que, obéissant à l'ordre que Mardochée lui avait donné, elle n'avait pas dit qu'elle était juive. Une jeune fille juive n'aurait pas été traitée d'une manière aussi amicale. Même lorsqu'elle eut été choisie comme reine, elle continua à garder secrète son identité ethnique à la demande de Mardochée (voir v. 20).

Esther 2:12-17. Qu'était la période des apprêts ?


« On devait choisir les plus belles de toutes les jeunes vierges de toutes les provinces de Babylone ; et elles étaient prises dans toutes les classes du peuple, sans discrimination ; par conséquent beaucoup d'entre elles avaient dû être élevées dans des milieux sociaux bas. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 2:810).


Une période prolongée d'embellissement et de préparation de ces femmes devait être nécessaire pour les préparer à se présenter devant le roi.


Le passage qui dit que chaque vierge pouvait prendre « tout ce qu'elle voulait » (v. 13) semble vouloir dire qu'elle pouvait choisir des bijoux et d'autres ornements pour donner l'impression la plus favorable. Esther n'utilisa pas ce droit, mais ne prit que ce que Hégaï, eunuque du roi, ou gardien du harem, lui donna. Elle devait être remarquablement belle pour être choisie par le roi.


Il y a aussi beaucoup de chances pour que la période des apprêts ait été utilisée à les former et à leur enseigner les manières de la cour du roi en plus de la préparation
physique proprement dite.


Esther 2:21-23. Que fit Mardochée qu'Esther rapporta au roi ?


Il est évident que Mardochée, qui était à la cour du roi, entendit parler d'un complot pour assassiner le roi. Les rois des temps anciens étaient très conscients du risque d'assassinat et étaient bien gardés. Mais Bigthan et Théresch étaient « gardes du seuil » (v. 21) ou, en d'autres termes, faisaient partie de la garde du corps personnelle du roi et veillaient sur ses appartements. Leur conspiration pour tuer le roi était particulièrement dangereuse parce qu'ils pouvaient s'approcher de lui. Mardochée surprit ce complot et le fit savoir au roi par l'intermédiaire d'Esther. La loyauté de Mardochée est signalée ici à cause du rôle central qu'elle joue plus tard dans le récit.

ESTHER 3


Esther 3 à 5, 7 à 8


Mardochée refuse de se prosterner devant Haman (3:1-4). Celui-ci persuade le roi de préparer un décret réclamant la mort de tous les Juifs du royaume (3:5-14). Esther apprend le projet d’Haman de tuer son peuple et risque sa vie en allant demander l’aide du roi (4:1-17). Le roi la reçoit et accède à sa demande d’assister avec Haman à un banquet (5:1-8). Lors du banquet, Esther révèle le complot de Haman pour tuer les Juifs (7:1-6). Le roi le fait pendre (7:7-10). Il honore Mardochée et accorde à Esther sa demande d’abroger l’édit de Haman (8:1-17).


Esther 3:1-6. Pourquoi Mardochée refusa-t-il de se prosterner devant Haman ?


Mardochée n'avait probablement aucune raison personnelle de refuser de se prosterner devant Haman.


« La seule explication proposée est que Mardochée prétendait être exempté parce qu'il était juif. On est sans doute en droit d'en conclure qu'Haman exigeait non pas une simple fidélité, mais l'adoration, et Mardochée ne voulait pas enfreindre le premier commandement… Si c'était la crainte de l'idolâtrie qui motivait le refus de se prosterner, aucun Juif ne se prosternerait, et la décision d'Haman de se venger du peuple tout entier devient compréhensible. Hérodote rapporte des actes de vengeance du même genre provoquant un massacre généralisé (i. 106; iii. 79)… mais dans Esther, c'est l'antisémitisme qui fait son apparition avec l'intention expresse d'Haman d'exterminer les Juifs. Il pourrait paraître incroyable que la blessure d'orgueil d'un seul homme puisse mener à une conclusion aussi irrationnelle, si l'histoire n'avait pas produit une attaque aussi irrationnelle contre les Juifs au vingtième siècle. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 416-417)


Esther 3:7-15. Pourquoi le décret fut-il publié prématurément ?


Esther était reine depuis trois ans quand Haman mit son complot à exécution. Il le fit tout d'abord en jetant le pur, c'est-à-dire le sort, pour déterminer le jour où le décret serait exécuté, premièrement pour le jour du mois et ensuite pour le mois de l'année (voir Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 417).


« Ici s'impose à nous la question de savoir pourquoi le décret a pu être publié d'une manière aussi prématurée. Les scribes furent convoqués pour le préparer le treizième jour du premier mois. C'est quelque chose qui ne demanderait pas beaucoup de temps à un bureau gouvernemental bien équipé, même s'il fallait établir de nombreux exemplaires en des langues différentes.


« Dès que les scribes eurent fini leur travail, le décret fut envoyé par les courriers dans tous les coins du royaume et dut arriver dans les trois semaines au plus tard dans les provinces mêmes les plus distantes. Il y aurait donc, entre la publication et l'exécution du décret, dix mois, voire onze pour atteindre les lieux les plus reculés. Quelle était donc la raison d'un tel intervalle ? Il ne fallait certainement pas autant de temps pour faire les préparatifs nécessaires pour son exécution, et il n'y a aucune allusion dans ce sens dans le texte, comme Bertheau le suppose. On ne pouvait certainement pas non plus vouloir que les Juifs connaissent une longue période d'anxiété. Il semble au contraire que la raison, comme l'ont déjà supposé Clericus et d'autres, ait pu être d'inciter beaucoup de Juifs à abandonner leurs biens et à fuir dans d'autres pays afin de sauver leur vie. Haman atteindrait ainsi son but. Il serait délivré de la présence des Juifs et pourrait s'enrichir en annexant leurs biens.


D'autre part, la providence de Dieu détournant l'événement dans l'intérêt des Juifs est tout à fait manifeste à la fois dans la hâte de Haman de satisfaire son désir de vengeance et dans le fait que le sort soit tombé sur un jour aussi lointain. Ce ne fut que parce qu'il y avait un intervalle aussi long entre l'application du décret et le jour fixé par le sort pour son exécution qu'il fut possible aux Juifs de prendre des dispositions pour détourner la destruction dont ils étaient menacés, comme le montrera la suite de l'histoire. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 3:3:348-49)

ESTHER 4

Esther 4:1-17. Esther fut-elle préordonnée ?


« Les Juifs de l'empire reçurent un choc profond quand la terrible nouvelle se répandit. Et sur Esther tomba un double fardeau : tout d'abord l'affreuse nouvelle de la proclamation de la mort pour son peuple, et ensuite le défi de risquer elle-même la mort pour essayer d'empêcher la calamité générale. Un des indices du caractère religieux des principaux personnages de cette histoire est donné dans le défi de Mardochée à Esther : 'Qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ?' Cela implique une providence et un dessein supérieurs, même si Dieu n'est pas explicitement mentionné ici ou ailleurs dans ce livre. » (Ellis T. Rasmussen, An Introduction to the Old Testament and Us Teaching, 2:116)


En d'autres termes, Mardochée dit à Esther qu'elle avait peut-être été suscitée à ce moment-là dans ce but même. Cela impliquait aussi que la beauté d'Esther était un don que Dieu lui avait accordé pour la mettre en mesure d'obtenir la faveur du roi et de sauver son peuple.


Esther 4:11-16. « Si je dois périr, je périrai » (v. 16)


Deux choses dans le verset 16 rendent ce verset particulièrement  important : la recommandation d'Esther de jeûner trois jours et trois nuits, et sa décision de mettre sa vie en danger, si c'était nécessaire, pour sauver son peuple. Il y avait trente jours qu'elle n'avait plus été appelée auprès du roi (voir v. 11) et elle en avait très vraisemblablement conclu qu'elle ne lui plaisait pas et ne serait pas la bienvenue si elle se rendait auprès de lui sans être convoquée. Ses paroles expriment non pas le désespoir, mais la résignation au vu de ce qu'elle avait décidé être son devoir (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 3:3:352-54). Les rois orientaux avaient ordinairement de nombreuses femmes, qui ne paraissaient ordinairement que quand elles étaient convoquées et ne prenaient pas l'initiative d'aller les voir. Entrer sans permission en la présence du roi était une faute capitale. La vie d'Esther était véritablement en danger.

ESTHER 5

Esther 5:1-8. Pourquoi était-il si important qu'Esther choisisse le bon moment ?


Esther profita de sa première réception favorable pour améliorer la faveur dont elle jouissait auprès du roi et annoncer sa demande à un moment stratégique. Mais le premier délai ne suffisait pas. Elle proposa un deuxième banquet le soir suivant. Ce qui se produisit au cours de ces vingt-quatre heures était de la plus grande importance (voir chap. 6). Le désir soudain du roi de lire les chroniques était de toute évidence inspiré par le Seigneur. Le jeûne et la fidélité d'Esther et de son peuple portaient leurs fruits et faisaient entrer le Seigneur sur la scène. Vu la situation puissante d'Haman et sa faveur aux yeux du roi (voir Esther3:1-2), une accusation directe d'Esther aurait très bien pu être rejetée, si le roi n'avait pas été préparé.


Esther 5:9-14. Quelle était la hauteur de la potence ?


La potence n'était probablement pas une installation complexe mais plutôt une haute perche ou un grand poteau auquel on pouvait pendre Mardochée. Cinquante coudées, cela fait un peu plus de vingt-deux mètres. Plus le poteau était haut, plus on pouvait le voir de loin. L'intention de Haman semble avoir été de faire un véritable exemple de Mardochée.

ESTHER 6

Esther 6. Les honneurs pour Mardochée, pas pour Haman


« Il est ironique qu'à ce moment-là le roi profita des services d'Haman pour lui suggérer la façon d'honorer quelqu'un de méritant. Haman ne savait pas que c'était pour Mardochée qu'il proposait des honneurs au moment même où il venait demander la permission de le pendre ! Et c'est ainsi que Haman connut la frustration et l'humiliation de faire pour Mardochée ce qu'il avait espéré voir faire pour lui ; de plus, il n'eut pas l'occasion de faire ce qu'il avait envisagé de lui faire. Remarquez que la propre femme d'Haman lui avait prédit que le malheur tomberait sur lui si son adversaire était 'de la race des Juifs'. » (Rasmussen, Introduction ta the Old Testament, 2:117)

ESTHER 7

Esther 7:7-8. Pourquoi Haman s'affala-t-il sur le divan d'Esther ?


Dans les temps anciens, au Moyen-Orient, les festins étaient servis aux invités couchés sur des oreillers ou des divans. Il semble vraisemblable qu'Haman se précipita vers Esther lors du festin et s'affala sur son divan pour la supplier de lui épargner la vie. Le départ brusque du roi hors de la salle du festin fut peut-être causé par le désir de vérifier l'histoire d'Esther en consultant un autre membre de la cour. Quand il revint au festin, il interpréta la position d'Haman comme une avance sexuelle et ordonna sa mise à mort. Ainsi sans qu'Esther n'ait à proposer d'une manière directe le châtiment d'Haman, les circonstances causèrent la prompte exécution de l'homme qui aurait pu, même
après avoir perdu la faveur du roi, s'être révélé un ennemi puissant pour la reine.

ESTHER 8

Esther 8. Pourquoi certains des Perses « se firent Juifs » (v. 17) ?


« La tâche de sauver le reste des Juifs après qu'Esther et Mardochée aient été sauvés et élevés dans le royaume, était compliquée par le principe qui voulait  qu'un édit qui avait été publié au nom du roi ne pouvait pas être révoqué (voir Esther 1:19 ; Daniel 6:9). Il fallait trouver le moyen de donner aux Juifs l'autorité de combattre pour défendre leur vie contre ceux qui allaient essayer d'obéir à ce premier édit de mort le treizième jour d'Adar.


« Notez le phénomène psychologique typique de la 'conversion' de beaucoup de gens au judaïsme quand ils virent la puissance croissante des Juifs dans le royaume ! [voir v. 17]. » (Rasmussen, Introduction to the Old Testament, 2:117)

ESTHER 9

Esther 9:17-32. La fête de Purim


Le pur (pluriel purim) ou sort, qu'Haman utilisa (voir Esther 3:7) pour décider du jour de la mise à mort des Juifs était maintenant considéré par ceux-ci comme une grande bénédiction. Le fait que le sort soit tombé sur un jour assez éloigné dans le futur donna à Esther et à Mardochée le temps de sauver le peuple. Pour fêter cette grande délivrance, les Juifs créèrent une nouvelle fête qui est toujours observée parmi eux à ce jour. On l'appelle Purim, du nom du sort tiré par Haman, et c'est une fête très joyeuse. 


« Purim est ce qui se rapproche le plus du carnaval dans le judaïsme. C'est encore une fête de pleine lune, qui tombe le 14 Adar, habituellement en février ou en mars. L'origine de ce saint jour se situe dans le livre d'Esther. L'occasion en est, bien entendu, la célèbre délivrance des Juifs perses des griffes de leur oppresseur hitlérien Haman.


« La veille de Purim est la fête d'Esther, un jeûne du lever au coucher du soleil. Au coucher du soleil, les synagogues se remplissent. La différence principale entre cette fête et toutes les autres de l'année juive est le nombre d'enfants présents. Purim est la soirée des enfants dans la maison du Seigneur. Elle l'a toujours été, et les enfants sentent leurs droits et l'exercent. Ils portent des drapeaux et manient les crécelles traditionnelles qui font un bruit formidable. Après les prières du soir, commence la lecture solennelle du livre d'Esther. On bénit rituellement un rouleau et on psalmodie les premiers versets sur une musique qu'on n'entend que ce jour-là. Les enfants sont prêts à l'action et attendent.


« Le Lecteur psalmodie les premier et deuxième chapitres et arrive finalement à la phrase longtemps attendue : 'Après ces choses, le roi Assuérus fit monter au pouvoir Haman, fils d'Hammedatha, l'Agaguite' [Esther 3:1], mais personne n'entend le dernier mot. Le nom 'Haman' déclenche des piétinements, des martèlements, un ouragan de crécelles. Le Lecteur attend patiemment. Le vacarme s'apaise. Il continue à psalmodier et arrive bientôt à un autre 'Haman'. Le vacarme se déchaîne à nouveau. On  continue ainsi, et puisque Haman est maintenant un des protagonistes de l'histoire, les éclats bruyants se répètent fréquemment. Les enfants, loin de se lasser ou de s'ennuyer, s'excitent. Ils le font avec l'instinct sûr du peuple en colère : un silence tendu pendant la lecture, des explosions à chaque 'Haman'.


« Il y a des passages où le nom d'Haman est répété plusieurs fois en très peu de temps. Les assauts des enfants viennent comme des coups de revolvers. La patience du
Lecteur se lasse et finalement prend fin. Il est impossible de lire avec tant d'interruptions. Il gesticule avec colère à l'intention des enfants au travers de la tempête de crécelles et jette un coup d'oeil d'appel à l'aide au rabbin. C'est bien entendu ce que les enfants attendaient.


« À partir de ce moment-là jusqu'à la fin c'est une bataille sans merci entre le Lecteur et les enfants. Il essaie de sauter les 'Haman' qui pleuvent dru, mais  ils l'arrêtent chaque fois à coups de salves bruyantes.Il continue péniblement jusqu'au dernier verset, épuisé, battu, furieux et tout est désordre et hilarité dans la synagogue. Il n'est peut-être pas très équitable de faire représenter Haman par le Lecteur ce soir-là, mais c'est à peu près ce qui arrive…


« Outre cette gaieté, la fête entraîne quatre obligations religieuses : écouter la lecture de la Méguilla (le rouleau d'Esther), distribuer des aumônes aux pauvres, faire une fête et échanger des présents avec les voisins et les amis. Cette dernière institution est chalakh manas, l'envoi des cadeaux : des choses que l'on peut manger et boire le même jour. » (Herman Wouk, This Is My God, p. 98-100)

ESTHER 10

Esther 10:1-3. Pourquoi la plupart des Juifs restèrent-ils à Babylone ?


Il est certain que le fait d'avoir Mardochée près du roi soulagea les Juifs de beaucoup d'oppression et leur donna une place favorable dans l'empire. Ce bon traitement a pu être la raison pour laquelle la plupart des Juifs préférèrent rester à Babylone plutôt que de retourner en Judée lorsque l'occasion s'en présenta.

 

 

JOB

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I 37 I 38 I 39 I 40 I 41 I 42 I


Il est naturel de se demander pourquoi de mauvaises choses arrivent à de braves gens – et inversement, pourquoi de bonnes choses arrivent à des gens méchants. Pourquoi Dieu, qui est juste, le permet-il ? Des questions de ce genre sont explorées à travers ce qu’a vécu Job, une de ces bonnes personnes à qui il est arrivé de mauvaises choses. À cause des épreuves de Job, ses amis se sont demandé s’il était vraiment une bonne personne après tout. Job a affirmé sa propre justice et s’est demandé si Dieu était vraiment juste après tout. Mais, malgré ses souffrances et ses interrogations, Job a conservé son intégrité et sa foi en Dieu. Dans le livre de Job, la foi est remise en question et mise à l’épreuve, mais elle n’est jamais abandonnée complètement. Cela ne signifie pas que toutes les réponses aux questions furent trouvées. Mais le livre de Job enseigne que, jusqu’à ce qu’elles trouvent une réponse, les questions et la foi peuvent coexister et que quoi qu’il arrive entre-temps, nous pouvons rester intègres.


JOB 1


Job 1 à 2


Les chapitres d’introduction du livre de Job ont pour objet de mettre en évidence le rôle de Satan en tant que notre adversaire et accusateur, non de décrire des interactions réelles entre Dieu et Satan. Le Seigneur est bien sûr plus puissant que l'adversaire et il n’a pas besoin de conclure d’accord avec lui. Job 1:6-12 nous apprend que le Seigneur était satisfait du mode de vie de Job, mais qu’il a tout de même permis à l'adversaire de le tenter et de lui envoyer des épreuves. Job, homme juste et fidèle, connaît de graves épreuves. Il reste fidèle au Seigneur en dépit du fait qu’il perd ses biens, ses enfants et sa santé.


Job 1:1. Job a-t-il réellement existé ?


Les savants se sont moins souciés de savoir qui était Job que de savoir s'il était ou non quelqu'un de réel.


« Je ne vais pas ennuyer mes lecteurs en leur énonçant les arguments qui ont été utilisés par les érudits, pour et contre les détails déjà cités ; pour ce faire, je devrais transcrire une grosse quantité de documentation qui, même si elle montre une grande érudition chez les auteurs, édifierait très certainement peu la grande masse de mes lecteurs. Ils voudraient sans doute naturellement connaître mon avis en la matière ; et ils ont droit à cet avis : c'est celui que j'ose exprimer, celui que je ne suis pas disposé à taire. Je crois que Job a réellement existé et que son histoire constitue un fait réel. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 3:5)


« Bien que certains savants estiment que le livre n'est pas l'histoire véridique d'un homme qui a existé, je pense que la majorité des savants le croient. C'est, nous le concédons, une oeuvre littéraire avec un prologue (chapitres 1 et 2) et un épilogue (chapitre 42) qui a été composée sous forme narrative, et un corps (chapitres 3 à 41) qui a été composé en poésie hébraïque, mais dire que c'est une composition littéraire, ce n'est pas nier les faits réels sur lesquels elle se base, pas plus que dire qu'un livre, une pièce de théâtre ou même une pièce musicale basée sur la vie [d'Untel] ne sont pas vrais parce qu'il s'agit d'oeuvresartistiques ou littéraires. Ézéchiel et Jacques, par exemple, considèrent Job comme un personnage historique et le citent parmi les grands personnages connus pour la puissance de leur foi et de leurs prières (voir Ézéchiel 14:14, 20 ; Jacques 5:11). Cela est significatif.


« Il y a d'autres raisons de considérer Job comme un personnage historique, mais à mon avis le critère le plus décisif à cet égard est le fait que quand Joseph Smith et son peuple étaient dans une grande détresse et que Joseph Smith s'adressa au Seigneur et dit : 'Ô Dieu, où es-tu ? Et où est le pavillon qui couvre ta cachette ?' le Seigneur répondit à son appel à l'aide en disant : 'Mon fils, que la paix soit en ton âme ! Ton adversité et ton affliction ne seront que pour un peu de temps ; et alors, si tu les supportes bien, Dieu t'exaltera en haut… tu n'es pas encore comme Job, tes amis ne luttent pas contre toi et ne t'accusent pas de transgression comme ils l'ont fait avec Job' (D&A 121:7-10). Or si Job n'était pas un personnage réel et par conséquent si sa souffrance n'était que le fruit de l'imagination d'un auteur et si, d'autre part, Joseph Smith était un personnage très réel et que sa souffrance et celle de son peuple n'étaient pas imaginaires, que le Seigneur le réprimande parce qu'il n'était pas dans d'aussi graves circonstances que Job, ce serait faire une comparaison intolérable, car on ne peut pas comparer ce qui est réel à ce qui ne l'est pas. D'autre part, puisque c'est le Seigneur qui fait la comparaison, elle doit être réelle.


« J'en conclurai donc, rien qu'en s'appuyant sur ces éléments, que Job a réellement existé. Les Frères, eux aussi, quand ils ont parlé de Job l'ont considéré comme quelqu'un de réel, parmi eux John Taylor (voir Journal of Discourses 7:197-198 ; 18:309-310 ; 20:305-306 ; 22:319-320), Wilford Woodruff (voir Journal of Discourses 18:30) et Orson Pratt (voir Journal of Discourses 19:315). » (Keith H. Meservy, Job: 'Yet Will I Trust in Him', p. 154-155)


Job 1:7-12 ; 2:1-6. Dieu a-t-il conversé avec Satan ?


Certains ont mis en doute le fait que Dieu converse avec le diable et ses disciples spirituels décrits ici. Ces versets sont peut-être une manière poétique de planter le décor de ce qui suit dans la vie de Job : ses afflictions, ses tentations et la perte de ses biens profanes, plutôt que le compte rendu d'une conversation proprement dite. Le Seigneur ne marchande pas avec Satan ni n'est d'accord avec ses actes pervers ; toutefois il lui permet d'affliger et de tourmenter l'homme jusqu'à ce que le temps accordé à Lucifer sur la terre soit écoulé. Les épreuves de Job seraient en harmonie avec l'idée que Dieu permit à Satan de faire tomber des afflictions sur Job, non à cause d'un marchandage entre Dieu et Satan, mais parce que cela cadrait avec les desseins de Dieu pour Job.


Les chapitres d’introduction du livre de Job ont pour objet de mettre en évidence le rôle de Satan en tant que notre adversaire et accusateur, non de décrire des interactions réelles entre Dieu et Satan.


« La description du diable aux chapitres 1 et 2 est-elle correcte ? Je le crois. On nous dit ici que Satan se présenta parmi les fils de Dieu : qui sont ces fils ? Ce terme désigne ordinairement dans les Écritures ceux qui ont fait alliance de servir le Seigneur, sont disposés à prendre son nom sur eux par le baptême et naissent de nouveau et sont ensuite dirigés par l'Esprit de Dieu. Ce sont là ses fils et ce sont là ceux qui s'écrient 'Abba, Père' (Moïse 6: 65-68 ; 7:1 ; Mosiah 5:7-10 ; 15:10-12 ; D&A 11:30 ; 39:4-6 ; 76:23-24, 51- 60 ; Romains 8, surtout les v. 14-17). Notre auteur dit : 'Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l'Éternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux' (Job 1:6). Cela voudrait dire que Satan vint parmi les fidèles alors qu'ils se réunissaient pour s'acquitter de leurs devoirs religieux. À ce moment-là le Seigneur en choisit un pour faire une remarque à Satan. » (Meservy, Job : 'Yet Will I Trust in Thee', p. 155)

JOB 2


Voir commentaire de Job 1 à 2.


Voir commentaire de Job 1:7-12 ; 2:1-6.


À chaque fois que Job a été éprouvé, c’est le Seigneur qui a fixé les « règles » de ce que Satan pouvait ou ne pouvait pas faire. Nous pouvons savoir avec assurance que, tant que nous lui sommes fidèles, le Seigneur ne laissera pas l'adversaire nous envoyer plus d’épreuves que nous ne pouvons en supporter (voir 1 Corinthiens 10:13).


« Si nous considérions la condition mortelle comme étant la totalité de l’existence, la souffrance, le chagrin, l’échec et la brièveté de la vie seraient une calamité. Mais si nous considérons la vie comme quelque chose d’éternel qui s’étend au moins dans le passé prémortel et dans le futur éternel après la mort, alors nous pouvons relativiser les événements comme il convient… Ne sommes-nous pas exposés à des tentations pour éprouver notre force, à la maladie pour apprendre la patience, à la mort pour être immortalisés et glorifiés ? Si tous les malades pour qui nous prions étaient guéris, si tous les justes étaient protégés et les méchants détruits, le programme tout entier du Père serait réduit à néant et le principe fondamental de l’Evangile qu’est le libre arbitre prendrait fin. Personne n’aurait à vivre par la foi. » (Spencer W. Kimball, Faith Precedes the Miracle, 1975, p. 97)


Job 2:3. Job est un homme intègre.


JOB 3

Job n’a pas accusé Dieu de ses épreuves, mais Job 3 nous donne une idée de son découragement.


JOB 4

Job 4 à 31.


Job 4 à 31 rapporte les conversations de Job et de trois de ses amis qui sont venus le voir (voir Job 2:11-13). Chaque ami, à sa façon, a dit à Job que Dieu punissait les pécheurs et que Job devait avoir péché. Job 1 nous apprend cependant que Job n’avait pas péché. Quand il a essayé de se défendre et d’affirmer sa droiture, ses « amis » l’ont accusé de se vanter. Job a expliqué qu’il connaissait de nombreux hommes injustes qui n’avaient pas eu le même genre de punitions que lui. Ses « amis » ont répondu en lui recommandant de se repentir pour que Dieu lui ôte ses épreuves. Job a cependant continué de dire qu’il n’avait commis aucun mal.

JOB 5

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 6

Voir commentaire de Job 4 à 31.


JOB 7

Voir commentaire de Job 4 à 31.


JOB 8

Voir commentaire de Job 4 à 31.


JOB 9

Voir commentaire de Job 4 à 31.


JOB 10

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 11

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 12

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 13

Job 13:7-28. Avoir confiance en Dieu


Tout en ne comprenant pas pourquoi Dieu permettait l'affliction qui s'abattait sur lui, Job ne voulut pas juger le Seigneur ni perdre sa foi en lui. « Taisez-vous, laissez-moi ! dit-il à ses amis, il m'en arrivera ce qu'il  pourra » (v. 13). Dieu était son salut et Job n'avait confiance qu'en lui. Job mettait son affliction dans cette perspective.


« Si nous considérions que la mortalité est la totalité de l'existence, la souffrance, le chagrin, l'échec et une vie abrégée seraient une calamité. Mais si nous considérons la vie comme quelque chose d'éternel qui s'étend au loin dans le passé prémortel et continue dans le futur éternel après la mort, alors tout ce qui se produit peut être situé dans une perspective correcte. » (Spencer W. Kimball, Faith Precedes the Miracle, p. 97)


Les amis de Job contestaient la sagesse de Dieu et voyaient dans ses souffrances un châtiment envoyé de Dieu. Mais Job avait une meilleure compréhension des choses. Il savait que Dieu était là, même si les prières dans lesquelles il demandait à être soulagé n'étaient pas exaucées comme il l'aurait souhaité. Si ses souffrances étaient réellement le résultat de ses péchés, il suppliait le Seigneur de le lui faire savoir pour qu'il puisse se repentir (v. 23). Mais la souffrance n'est pas toujours le résultat du péché. La souffrance a un but plus vaste, et c'est en partie un but éducatif.


« N'est-il pas sage de sa part de nous donner des épreuves pour que nous puissions les surmonter, des responsabilités pour que nous puissions réaliser notre potentiel, du travail pour endurcir nos muscles, des afflictions pour mettre notre âme à l'épreuve ? Ne sommes-nous pas exposés aux tentations pour éprouver notre force, à la maladie afin d'apprendre la patience, à la mort afin d'être immortalisés et glorifiés ?


« Si tous les malades pour qui nous prions étaient guéris, si tous les justes étaient protégés et les méchants détruits, le programme tout entier du Père serait annulé et le principe fondamental de l'Évangile, le libre arbitre, prendrait fin. Personne n'aurait à vivre par la foi.


« Si la joie, la paix et les récompenses étaient instantanément données à celui qui fait le bien, il ne pourrait pas y avoir de mal : tous feraient le bien mais pas parce que faire le bien est la chose à faire. Il n'y aurait pas de mise à l'épreuve de notre force, pas de développement de notre personnalité, pas d'augmentation de nos pouvoirs, pas de libre arbitre, mais un contrôle extérieur de notre vie.


« Si toutes les prières étaient immédiatement exaucées selon nos désirs égoïstes et notre intelligence limitée, il n'y aurait que peu ou pas de souffrances, de chagrin, de déceptions ou même de mort, et si cela n'était pas, il n'y aurait pas non plus de joie, de succès, de résurrection, de vie éternelle et de divinisation.» (Kimball, Faith Precedes the Miracle, p. 97)

JOB 14

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 15

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 16

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 17

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 18

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 19

Job 19:26. « Moi-même en personne, je contemplerai Dieu »


Dans la King James Version, ce verset exprime la foi de Job en une résurrection physique. Mais dans beaucoup d'autres versions de la Bible ce verset n'affirme pas une telle croyance ; en fait, dans ces versions Job dit qu'il verra Dieu mais pas dans sa chair. Comment est-il possible que deux traductions totalement contradictoires découlent du même texte ?  


« Nous pourrions noter entre parenthèses que le grand témoignage de Job dans 19:26 a été interprété de deux façons : 'Cependant dans ma chair je verrai Dieu' (King James Version) et 'Alors sans ma chair je verrai Dieu' (version de la Jewish Publication Society, 1917). La première de ces versions implique la résurrection littérale, l'autre pas. Le texte hébreu dit : 'de [avec le sens soit de provenance soit d'éloignement] ma chair' et cela peut être interprété dans l'un ou l'autre de ces deux sens. La même ambiguïté s'applique à l'usage en anglais [et dans une certaine mesure à l'usage en français]. Si je dis : 'De la maison je l'ai vu venir', je peux me trouver soit à l'intérieur de la maison, soit à l'extérieur de la maison quand je l'ai vu venir. C'est ainsi que la théologie que l'on a adoptée détermine la façon de traduire ce passage. Les saints des derniers jours n'ont pas besoin de ce passage pour fonder leur croyance en la résurrection littérale, mais s'en servent comme d'une merveilleuse confirmation supplémentaire de la résurrection. » (Meservy, Job: 'Yet Will l Trust in Thee', p. 158)

JOB 20

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 21

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 22

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 23

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 24

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 25

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 26

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 27

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 28

Voir commentaire de Job 4 à 31.


Job 27:2-6. L'intégrité de Job


« L'intégrité. C’est toujours faire ce qui est juste et bon, quelles que soient les conséquences immédiates. C’est être juste du plus profond de son âme, pas seulement dans ses actions mais, ce qui est plus important, dans ses pensées et dans son cœur. L’intégrité personnelle implique une telle confiance et une telle incorruptibilité que nous sommes incapables de trahir une confiance ou une alliance. » (Joseph B. Wirthlin, L’Étoile, juillet 1990, p. 27)


JOB 29

Job 29:16-17. Un homme vraiment juste


Le secret de la perfection de Job se trouve peut-être là : il n'aidait pas seulement ceux qui l'appelaient à l'aide, il allait à la recherche de ceux qu'il pouvait aider. En tant que roi il était tenu de défendre ceux qui comptaient sur lui pour les défendre. Par exemple quand Job trouvait quelqu'un qui avait été pillé par les voleurs, il pourchassait ceux-ci et faisait usage de la force, si nécessaire, pour récupérer les biens volés et les rendre à leur propriétaire. Job n'était pas un Robin des Bois qui pillait une catégorie de la société pour pourvoir aux besoins d'une autre. Le seul riche qu'il pillait était lui-même, et il le faisait libéralement. 


« Comme magistrat suprême, il choisissait d'aller avec eux, réglait leurs différends et s'asseyait à leur tête, présidant dans toutes leurs assemblées civiles. Comme général en chef, il demeurait comme un roi au milieu de ses troupes, maintenant l'ordre et la discipline et veillant à ce que les soldats, ses compagnons, soient équipés comme il le fallait pour la guerre et disposent des choses nécessaires à la vie. Comme homme, il ne considérait pas que les fonctions les plus basses de la vie domestique étaient en dessous de sa dignité pour soulager ou soutenir ses semblables ; il s'en allait consoler les affligés, visitant les malades et les affligés, pourvoyant à leurs besoins et veillant à ce que les blessés soient convenablement soignés.


« Noble Job ! Regardez-le, nobles de la terre, lieutenants de comtés, généraux d'armées, seigneurs de provinces. Regardez Job ! Imitez sa bienveillance active et soyez sains et heureux. Soyez comme des anges gardiens dans votre domaine, faisant du bien à tous par votre exemple et votre générosité. Envoyez vos chevaux de chasse à la charrue, vos coqs de combat au tas de fumier ; et enfin vivez comme des hommes et des chrétiens. » (Clarke, Commentary, 3:132)


Ce n'était pas le Job du tas de cendres et des ulcères ; c'était le grand homme de l'Orient que Dieu disait parfaitement intègre (voir Job 1:8).


JOB 30

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 31

Voir commentaire de Job 4 à 31.

JOB 32

Job 32 à 37.
Job 32–37 rapporte les paroles d’un homme nommé Élihu. Nous ne savons pas quand il s’est joint au groupe, mais il avait apparemment entendu la conversation entre Job et les trois autres hommes. Il n’avait pas parlé parce qu’étant le plus jeune, il respectait ses aînés (voir Job 32:4). Lorsqu’il s’est finalement décidé à prendre la parole, il a critiqué Job parce que ce dernier disait qu’il était innocent. Élihu croyait qu’en proclamant son innocence, Job suggérait que Dieu était injuste ou imparfait parce qu’il le laissait souffrir. Il a aussi critiqué les amis de Job parce qu’ils ne lui donnaient pas vraiment d’explication à sa souffrance et qu’ils se contentaient de le condamner en le traitant de pécheur. Élihu a offert un troisième point de vue. Il a proclamé la grandeur de Dieu et il a dit que l’homme était incapable de comprendre l’esprit de Dieu et de recevoir une explication de tout ce qui se passe. Il a suggéré que la souffrance n’est pas toujours une punition du péché, mais que c’est peut-être une bénédiction d’une certaine façon parce que Dieu fait de bonnes choses pour ses enfants.

JOB 33

Voir commentaire de Job 32 à 37.

JOB 34

Voir commentaire de Job 32 à 37.

JOB 35

Voir commentaire de Job 32 à 37.

JOB 36

Voir commentaire de Job 32 à 37.

JOB 37

Voir commentaire de Job 32 à 37.

JOB 38

Job 38:1. La puissance de la présence de Dieu fut révélée à Job par une tempête.


Job 38:7. « Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie »


« Le Seigneur apprit à Job que 'tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie' (Job 38:7) quand on posa les fondations de la terre. Ils devaient donc posséder la capacité de comprendre, de crier, de ressentir de la joie, alors qu'ils ne vivaient qu'une existence spirituelle… L'apôtre Paul comprenait ce principe ; il savait aussi que le Seigneur connaissait tous les esprits des hommes avant qu'ils ne demeurent sur la terre. C'est pourquoi il put fixer avec sagesse et justice 'les bornes de leur demeure' sur la terre : 'Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure' (Actes 17:26). » (LeGrand Richards, Une oeuvre merveilleuse et un prodige, 1950, 1981, p. 204)


« L'idée de passer par la condition mortelle et de prendre part à toutes les vicissitudes de la vie terrestre dans laquelle ils [les enfants de Dieu] obtiendraient des expériences par la souffrance, la douleur, le chagrin, la tentation et l'affliction, aussi bien que par les plaisirs de la vie dans cette existence terrestre, et ensuite, en cas de fidélité, passeraient par la résurrection à la vie éternelle dans le royaume de Dieu pour être semblables à lui (voir 1 Jean 3:1-3), les remplit d'un esprit de réjouissance et ils 'pouss[èrent] des cris de joie' (Job 38:7). » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, vol. 1, p. 63)


Job 38 à 39. Le Seigneur a finalement répondu aux prières de Job. Cependant, il n’a pas répondu aux questions de Job et de ses amis, telles que « Pourquoi Job a-t-il dû souffrir ? » Par contre, le Seigneur a répondu par l’intermédiaire d’autres questions. Les réponses aux questions du Seigneur nous aident à mieux comprendre Dieu et la vie, ce qui est très important lorsque nous avons des épreuves. Job 38-39 nous donne une idée de ce qui aide Job à faire davantage confiance au Seigneur, pour qu’il puisse savoir sans aucun doute que toutes ses épreuves seront pour son bien.


JOB 39

Voir commentaire de Job 38 à 39.

JOB 40

Job 40 à 41. Job 40 cite les brèves réponses de Job aux questions du Seigneur (voir Job 38-39). Job n’a fait que déclarer son humilité en réponse aux paroles du Seigneur. Le Seigneur a alors continué à instruire Job à instruire Job jusqu’à la fin du chapitre 41. Son message ressemble beaucoup à celui des chapitres 38–39, qui dit que le Seigneur contrôle tout et que tout contribuera à notre bien et à notre bonheur si nous sommes humbles et obéissants.

JOB 41

Voir commentaire de Job 40 à 41.

JOB 42


Job 42 explique que Job a parlé à nouveau, qu’il a exprimé ce que le Seigneur lui avait appris et ce qu’il pensait de ces choses. Le Seigneur a alors demandé aux amis de Job de se repentir. Les derniers versets disent ce qu’il est finalement advenu de Job.


Job 42:6. Est-il bien de se condamner ?


Dans Job 42:6, lorsque Job dit qu’il se condamne, il dit d’une manière poétique qu’il se repent de ses anciennes actions orgueilleuses. Ce genre de remords constitue une partie importante du repentir et de la progression vers la divinisation.


Job 42:10-15. Lorsque Job a enduré fidèlement ses épreuves, le Seigneur le bénit.


« Aucune souffrance que nous subissons, aucune épreuve que nous connaissons n’est du gaspillage. Cela fait notre éducation, contribue à l’acquisition de qualités telles que la patience, la foi, la force d’âme et l’humilité. Tout ce que nous souffrons, tout ce que nous endurons, surtout lorsque nous l’endurons avec patience, nous forme le caractère, nous purifie le cœur, élargit notre âme et nous rend plus tendres et plus charitables, plus dignes d’être appelés enfants de Dieu… et c’est par le chagrin et la souffrance, le labeur et les tribulations que nous acquérons l’instruction que nous venons acquérir ici et qui nous permettra de ressembler davantage à notre Père et à notre Mère célestes. » (Orson F. Whitney, cité dans Spencer W. Kimball, Faith Precedes the Miracle, p. 98)


Job 42:10, 13. Pourquoi le Seigneur n'a-t-il pas doublé le nombre des enfants de Job ?


Job 42:10 dit que « l'Éternel lui accorda le double de tout ce qu'il avait possédé ». Puis après avoir doublé son bétail, l'auteur ajoute : « Il eut sept fils et trois filles » (v. 13). Au départ Job avait sept fils et trois filles. Le doublement de ses anciennes bénédictions pourrait logiquement vouloir dire qu'il devrait recevoir quatorze autres fils et six autres filles, mais au lieu de cela on lui rendit exactement le nombre original. Comment pourrait-on considérer cela comme un doublement ?


« Le nombre de têtes de bétail [voir Job 1:3] semble maintenant doubler, mais il en va autrement des enfants… Au lieu de doubler les sept fils et les trois filles qu'il avait, il reçoit de nouveau le même nombre, ce qui revient aussi à doubler, car, selon la conception de l'Ancien Testament, les enfants décédés ne sont pas absolument perdus [voir 2 Samuel 12:23]. L'auteur de ce livre, logique en tout jusque dans le moindre détail, nous donne ici à comprendre que la relation est différente avec les hommes qui meurent et nous quittent qu'avec les choses que nous avons perdues.» (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 4:2:390)

 

 

PSAUMES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I 37 I 38 I 39 I 40 I 41 I 42 I 43 I 44 I 45 I 46 I 47 I 48 I 49 I 50 I 51 I 52 I 53 I 54 I 55 I 56 I 57 I 58 I 59 I 60 I 61 I 62 I 63 I 64 I 65 I 66 I 67 I 68 I 69 I 70 I 71 I 72 I 73 I 74 I 75 I 76 I 77 I 78 I 79 I 80 I 81 I 82 I 83 I 84 I 85 I 86 I 87 I 88 I 89 I 90 I 91 I 92 I 93 I 94 I 95 I 96 I 97 I 98 I 99 I 100 I 101 I 102 I 103 I 104 I 105 I 106 I 107 I 108 I 109 I 110 I 111 I 112 I 113 I 114 I 115 I 116 I 117 I 118 I 119 I 120 I 121 I 122 I 123 I 124 I 125 I 126 I 127 I 128 I 129 I 130 I 131 I 132 I 133 I 134 I 135 I 136 I 137 I 138 I 139 I 140 I 141 I 142 I 143 I 144 I 145 I 146 I 147 I 148 I 149 I 150 I


Le mot hébreu pour Psaumes, est Tehillim, ou cantique de louange. Psaume vient du grec psalterion, ayant pour racine psallo, signifiant « chanter » (voir Clarke, Bible Commentary, 3: 199). Jadis, les Hébreux regroupaient les cent cinquante psaumes en cinq livres distincts qui comprenaient, dans la Bible d'aujourd'hui, les Psaumes 1 à 41, 42 à 72, 73 à 89, 90 à 106, et 107 à 150. À la fin de chaque division, la séparation est marquée par une doxologie, ou déclaration solennelle de la gloire et de la puissance de Dieu (voir Psaumes 41:13 ; 72:19 ; 89 :52 ; 106 :48). Le Psaume 150 est en lui-même une doxologie, utilisant le mot louer onze fois. C'est une conclusion appropriée aux Tehillim, « cantiques de louanges ».


Il y a un grand débat en cours parmi les exégètes pour savoir qui a écrit les Psaumes. Des en-têtes de beaucoup de Psaumes les attribuent à divers auteurs anciens : David (70 psaumes), Salomon (2 psaumes), Asaph, musicien à la cour de David (12 psaumes), les fils de Coré, Lévites (10 psaumes), Héman, chef de la musique du temple (1 psaume), Éthan, chef de la musique du temple (1 psaume) et Moïse (1 psaume).


« Bien que les critiques modernes… nient couramment que David soit l'auteur de Psaumes, il y a beaucoup de preuves internes que c'est lui, le grand poète et musicien d'Israël, qui est l'auteur principal de ce livre. Ceci, malgré les critiques négatives, est indiqué par les raisons suivantes :


« (1) David est célèbre à l'époque de l'Ancien Testament pour avoir écrit de la musique et des cantiques, et il est lié à la sainte liturgie (voir 2 Samuel 6:5-15 ; 1 Chroniques 16:4 ; 2 Chroniques 7:6 ; 29:30) ; (2) Il avait reçu un don du Saint-Esprit (voir 1 Samuel 23:1-2 ; Marc 12:36 ; Actes 2:25-31 ; 4:25-26) ; (3) Ses dons poétiques et musicaux apparaissent clairement dans les passages de l'histoire de l'Ancien Testament ; on l'appelle 'le chantre agréable d'Israël' (2 Samuel 23:1) ; Il jouait bien de la harpe (voir 1 Samuel 16:16-18) ; Il est l'auteur d'une élégie magistrale écrite à la mort de Saül et de Jonathan (voir 2 Samuel 1:19-27) ; Le prophète Amos déclare que c'est un poète e! musicien exemplaire (voir Amos 6:5) ; (4) Beaucoup de faits dans les psaumes eux-mêmes prouvent qu'il en est l'auteur ; La plupart des cantiques qui lui sont attribués décrivent une période de sa vie, comme les Psaumes 23, 51, et 57 ; En accord avec cette preuve scripturaire, plusieurs psaumes démontrent qu'ils ont été écrits par David ; (5) Tout au long des Écritures, on cite certains psaumes en spécifiant qu'il en est l'auteur : Actes 4:25-26 cite le Psaume 2 ; Actes 2:25-28 cite le Psaume 16 ; Romains 4:6-8 cite le Psaume 32 ; Actes 1:16-20 cite le Psaume 69 ; Matthieu 22:44, Marc 12:36-37, Luc 20:42-44 et Actes 2:34 citent le Psaume 110 » (Unger, Bible Dictionnary, p. 898-899).


Une des techniques poétiques utilisées par David et d’autres poètes hébreux est le parallélisme. Une caractéristique commune des parallélismes est la répétition d’une pensée avec des termes différents. Ce genre de répétition étend ou intensifie la signification de l’idée. Un exemple de ce genre de parallélisme se trouve dans Psaumes 102:2-3 où la même pensée est exprimée cinq fois en des termes différents. La répétition intensifie le message.


Les écrivains du Nouveau Testament citent plus souvent le livre des Psaumes que tout autre livre de l'Ancien Testament : plus de 115 fois.


On pourrait considérer notre recueil de cantiques comme l’équivalent moderne des Psaumes. Quelques-uns des cantiques modernes sont inspirés par des psaumes de l’Ancien Testament. Par exemple : « L’Eternel est mon Berger  » (Cantiques, n° 57 ; Psaumes 23), « Christ est ma lumière » (Cantiques, n° 50 ; Psaumes 27:1), « Combien tu es grand » (Cantiques, n° 176 ; Psaumes 8:3-9 ; 9:1-2) et « Louange à Dieu » (Cantiques, n°37 ; Psaumes 23:6 ; 150).


« La grande qualité requise pour apprécier les Psaumes, c’est la compréhension de leurs qualités spirituelles. Pour le profond et véritable amour de la nature dans laquelle les Hébreux voyaient la gloire de Dieu (voir Psaumes, 19:2) ; pour l'éternité de Dieu (voir Psaumes, 90) ; pour l'intense joie de connaitre Dieu et de pouvoir le servir (voir Psaumes 42 et 43). Les Psaumes sont semblables dans leurs qualités lyriques ; certains sont de simples expressions : 'Le cantique du berger', exprimant la joie de la bonté de Dieu, Psaumes 23 ; 'La parole éternelle' exprime la joie de ce que Dieu demande qu’on soit juste, Psaumes 49. II y a beaucoup de chants naïfs parmi les Psaumes : 'Le bon citoyen', Psaumes 15 ; 'Le cantique du tonnerre', Psaumes 29 ; 'Un chant d’amour', Psaume 45. Certains Psaumes (27, 42, 51, 63, 91, 103, 107, 139) sont parmi les plus nobles poèmes lyriques de toute la litterature, faisant du livre des Psaumes le livre des cantiques immortel des siècles. Les Psaumes ne sont qu’un chant d’allegresse ; les problèmes de la vie y sont envisagés, mais la confiance élève l'âme dans des chants de joie. » (L'Étoile, mars 1934, p. 88)


PSAUMES 1
 

Psaumes 1:3-5


« Ceux qui offrent le sacrifice auront le témoignage que leur vie est acceptable aux yeux de Dieu. Et ceux qui ont ce témoignage auront la foi qu’ils obtiendront la vie éternelle et ils seront capables, par la foi, d’endurer jusqu’à la fin et recevront la couronne promise : l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ et son apparition.

« Mais ceux qui ne font pas le sacrifice ne peuvent avoir cette foi, parce que les hommes doivent faire ce sacrifice pour pouvoir obtenir cette foi. Sinon ils ne peuvent compter sur la vie éternelle, parce que les révélations de Dieu ne la leur garantissent pas, et sans cette garantie, il ne peut y avoir de foi.

« Tous les saints que nous connaissons dans les révélations qui nous sont parvenues ont obtenu la connaissance qu’ils étaient acceptés de Dieu par le sacrifice qu’ils lui ont offert. Et par la connaissance ainsi obtenue, leur foi est devenue suffisamment forte pour recevoir la promesse de la vie éternelle et supporter sa vue, et ils ont été capables, par la foi, de combattre le pouvoir des ténèbres, de déjouer les ruses de l’adversaire, de vaincre le monde et d’obtenir la finalité de leur foi, à savoir le salut de leur âme.

« Mais ceux qui n’auront pas fait ce sacrifice à Dieu ne sauront pas si leur vie convient à ses yeux ; car quelle que soit leur croyance ou opinion, il y aura toujours un doute et une incertitude dans leur esprit. Or, là où il y a doute et incertitude, il n’y a pas de foi et il ne peut y en avoir. Car le doute et la foi ne peuvent co-exister.

« Ceux dont l’esprit est dans le doute et la crainte ne peuvent pas avoir en même temps une confiance inébranlable ; et là où il n’y a pas de confiance inébranlable, la foi est faible ; et ceux dont la foi est faible ne pourront surmonter toutes les oppositions, tribulations et afflictions qu’ils rencontreront avant de devenir héritiers de Dieu et co-héritiers de Jésus-Christ ; et leur esprit faiblira et l’adversaire aura du pouvoir sur eux et les détruira.» (Joseph Smith, Leçons sur la foi, n° 6)
 
 PSAUMES 2
 

Le Psaume 2 est un magnifique panorama prophétique de la rédemption du Messie et de son retour en tant que Roi des rois.


Actes 4:25-26 cite le Psaume 2.

 
 PSAUMES 3
 

Psaumes 3:8-9


Beaucoup de chiasmes (style littéraire hébreux de forme symétrique) n’ont pas survécu à la traduction de la King James, alors qu’ils apparaissent clairement en hébreu. L'exemple de Psaumes 3:7-8 est traduuit mot à mot de l’hébreu :

 

      Sauve-moi,

            mon Dieu !

                        Car tu frappes

                                   tous mes ennemis

                                               à la joue,

                                               les dents

                                   des méchants

                        tu brises.

            Auprès de l’Éternel

      est mon salut.

 

On voit la progression d'idées depuis la phrase « Sauve-moi », jusqu'au point central « Sur la joue », puis les mêmes idées sont écrites, à partir du même point central jusqu'à l'idée « salut » qui est à mettre en parallèle avec la première phrase « Sauve-moi ».

 
 PSAUMES 4
 

Psaumes 4:1. « Avec instruments à cordes »


« Neginoth (Psaume 4 ; 61)… Ce nom vient d'un mot hébreu signifiant pincer une corde… indique clairement que le psaume devait être accompagné par des instruments à cordes. » (Fallows, Bible Encyclopedia, 3:1406-1407)


Psaumes 4:7


« Confiez-vous à l’Éternel » est une des exhortations les plus courantes du livre des Psaumes : voir Psaumes 5:13 ; 9:12 ; 56:13 ; 62:10 ; 118:8-9.
 
 PSAUMES 5
 

Psaumes 5:2. « Mon roi et mon Dieu »


« Le Christ est le Roi. Ceci veut dire qu'il est le Maître, le Législateur et le Souverain en qui réside tout pouvoir. En tant que Roi il gouverne les cieux et la terre et tout ce qui s'y trouve (voir Alma 5:50) ; en outre, dans un sens particulier, il gouverne le royaume de Dieu sur la terre qui est l'Église, et le royaume de Dieu dans les cieux qui est le royaume céleste. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 414)


Psaumes 5:2. « C'est à toi que j'adresse ma prière » [sujet traité par la rédaction de la feuille d'olivier]


En langage correct, on « adresse » une prière à Dieu (voir aussi 2 Samuel 7:27 ; 1 Rois 8:28, 33, 44, 48, 54 ; 2 Chroniques 6:34, 38 ; Néhémie 1:6 ; Job 27:10 ; 33:26 ; Romains 15:30). L'offrir est un anglicisme. La laisser (« nous te laissons cette prière ») a une connotation de négligence, voire d'abandon. « Nous t'adressons cette prière » a l'avantage de contenir un vocabulaire scripturaire. 


Psaumes 5:3. « Je me tourne vers toi, et je regarde »


« Il est probable que ce dont ce monde a besoin plus que de toute autre chose, c’est de 'regarder', comme le disait le Psalmiste, regarder quelles que soient nos joies et nos afflictions, notre abondance et notre besoin. Nous devons continuellement lever les yeux et reconnaître que Dieu est le dispensateur de tout ce qui est bon et la source de notre salut. » (Harold B. Lee, Enseignements des présidents de l'Église, p. 86)


Psaumes 5:5


Nous nous privons des bénédictions de l'amour de Dieu lorsque nous péchons (voir aussi Hélaman 15:3-4 ; 2 Néphi 7:1 ; D&A 95:12).


Psaumes 5:13. Voir commentaire de Psaumes 4:7.

 
 PSAUMES 6
 

Psaumes 6:1. « Avec instruments à cordes. Sur la harpe à huit cordes »


« Sheminith signifie huit, ce qui, d'après certains, veut dire un instrument à huit cordes, ou plus probablement de la musique dans un registre de basse. Ceci va dans le sens de 1 Chroniques 15:20-21 où les termes alamoth et sheminith signifient clairement des parties musicales différentes, alamoth étant la partie en clé de sol et sheminith étant à l'octave inférieure. » (Fallows, Bible Encyclopedia, 3:1406-1407)
 
 PSAUMES 7
 

Psaumes 7:1. « Complainte de David »


« Shiggaion signifie, d'après Gesenius et Furst, un cantique ou un hymne ; mais Ewald et Hengstenberg affirment qu'il vient d'un mot hébreu signifiant errer, vagabonder ; ainsi les premiers le comprennent comme étant un cantique chanté avec beaucoup d'enthousiasme et les seconds comme devant être chanté sur le rythme des dithyrambes. » (Fallows, Bible Encyclopedia, 3:1406-1407)


Psaumes 7:11. « Dieu s'irrite en tout temps »


Les qualités douces de Dieu « sont combinées avec une grande fermeté à venger les torts (voir Exode 20:5 ; Deutéronome 7:21 ; 10:17 ; Psaumes 7:11). » (James Talmage,  Les articles de foi, 1890, 1962, p. 49)

 
 PSAUMES 8
 

Psaumes 8:1. « Sur la guitthith »


Guitthith apparaît dans les Psaumes 8, 81 et, 84 et n'a pas un sens très connu, bien qu'il puisse signifier un instrument ou un air de musique de la cité de Gath. » (Fallows, Bible Encyclopedia, 3:1406-1407)


Psaumes 8:3-9 et 9:1-2. Ces versets ont inspiré les paroles du cantique « Combien tu es grand » et « Seigneur mon Dieu » chantés par les saints des derniers jours.

 
 PSAUMES 9
 

Psaumes 9:1-2. Voir commentaire de
Psaumes 8:3-9 et 9:1-2.


Psaumes 9:12. Voir commentaire de Psaumes 4:7.

 
  PSAUMES 10


Psaumes 10:1. « Pourquoi, ô Éternel ! te tiens-tu éloigné ? Pourquoi te caches-tu au temps de la détresse ? »


La question posée par le psalmiste rappelle celle posée dans D&A 121:1.


Psaumes 10:16. « L'Éternel est roi à toujours et à perpétuité »


Voir commentaire de Psaumes 5:2.


« Les Écritures abondent en déclarations que le Seigneur régnera parmi son peuple. C'est dans ce sens que Moïse chanta ce cantique devant les multitudes d'Israël, après leur passage miraculeux à travers la mer Rouge : 'L'Éternel régnera éternellement et à toujours !' (Exode 15:18) et le psalmiste y fait écho par le refrain : 'L'Éternel est roi à toujours et à perpétuité' (Psaumes 10:16 ; 29:10 ; 145:13 ; 146:10). » (James Talmage, Les articles de foi, 1890, 1962, chapitre 20)
 
  PSAUMES 11
 

Psaumes 11:4.
« L'Éternel a son trône dans les cieux »


Dans les Écritures, le mot cieux est utilisé dans deux sens principaux. Premièrement, il indique le lieu où Dieu vit, qui sera le foyer des fidèles (voir Mosiah 2:41). Deuxièmement, il indique l’immensité qui entoure la terre (voir Genèse 1:1). Dans ce verset, le terme est utilisé dans le premier sens.

 
  PSAUMES 12
 

Psaumes 12:6. « sept fois épuré »


«  Il est nécessaire que nous passions par certaines épreuves pour être épurés… Nous avons appris beaucoup de choses par la souffrance. Nous l'appelons souffrance, moi, je l'appelle une école de l'expérience. À quoi cela sert-il ? Comment se fait-il que les hommes doivent être mis à l'épreuve ?… C'est pour que nous puissions apprendre à dépendre de Dieu, à lui faire confiance, à observer ses lois et garder ses commandements. Je n'ai jamais considéré ces choses autrement que comme des épreuves dans le but de purifier les saints de Dieu pour qu'ils puissent être, comme le disent les Écritures, comme l'argent qui a été épuré sept fois par le feu (voir Psaumes 12:26). » (John Taylor, Journal of Discourses, 23:334-336)
 
  PSAUMES 13
 


  PSAUMES 14
 

Traduction de Joseph Smith :


1. L'insensé dit en son coeur : Il n'y a pas d'homme qui ait vu Dieu. Parce qu'il ne se montre pas à nous, pour cette raison il n'y a point de Dieu. Voici, ils se sont corrompus ; ils ont commis des actions abominables ; il n'en est aucun qui fasse le bien.

2. Car l'Éternel, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme, et par sa voix dit à son serviteur : Cherche parmi les fils de l'homme, pour voir s'il y a quelqu'un qui comprend Dieu. Et il ouvrit la bouche et dit à l'Éternel : Voici, tous ceux qui disent qu'ils sont tiens.

3. L'Éternel répondit : Tous sont égarés, ensemble ils sont pervertis ; tu ne peux en voir aucun qui fasse le bien, pas même un seul.

4. Tout ce qu'ils ont comme instructeurs sont ceux qui commettent l'injustice, et il n'y a pas de connaissance en eux. Ce sont eux qui dévorent mon peuple, ils le prennent pour nourriture ; ils n'invoquent point l'Éternel.

5. Ils tremblent de peur, car Dieu demeure au milieu de la race juste. Il est l'avocat des pauvres, parce qu'ils ont honte des méchants et fuient vers l'Éternel pour trouver refuge.

6. Ils ont honte des projets du malheureux parce que l'Éternel est son refuge.

7. Oh si Sion était établie du ciel, le salut d'Israël. Ô Éternel, quand établiras-tu Sion ? Quand l'Éternel ramènera les captifs de son peuple, Jacob sera dans l'allégresse, Israël se réjouira.


Psaumes 14:1. « L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de Dieu »


« Dans ce passage, comme dans l'usage scriptural ailleurs (voir Psaumes 107:17 Proverbes 1:7 ; 10:21 ; 14:9), l'insensé est un méchant qui a perdu sa sagesse en faisant le mal, jetant les ténèbres sur son esprit au lieu de la lumière et l'ignorance au lieu de la connaissance. Engagé dans une telle voie, l'esprit devient dépravé et incapable d'apprécier les arguments plus raffinés de la nature. Le pécheur volontaire devient sourd à la voix de l'intuition et de la raison dans les choses saintes, et perd le privilège de communier avec son Créateur, perdant ainsi les moyens les plus puissants de parvenir à une connaissance personnelle de Dieu. » (James Talmage, Les articles de foi, 1890, 1962, p. 41)


Psaumes 14:7. « La délivrance d'Israël »


Le peuple d'Israël haïssait la domination cruelle et oppressive de Rome, et les Écritures leur promettaient un Messie qui les délivrerait (voir Ésaie 59:20 ; Romains 11:26-27).

 
  PSAUMES 15
 

« II y a beaucoup de chants naïfs parmi les Psaumes, comme : 'Le bon citoyen' [appelé ainsi pour les qualités idéales qu'il décrit, ndlr] (Psaumes 15) ; 'Le cantique du tonnerre', (Psaumes 29) ; 'Un chant d’amour' (Psaume 45). » (L'Étoile, mars 1934, p. 88)  
 
  PSAUMES 16 


Psaumes 16:9-11.


« David, débordant d'émotion, de contrition et d'espoir chantait dans des vers où se mêlaient joie et tristesse. » (James Talmage, La maison du Seigneur, 1912, 1982, p. 56)


« Des siècles avant que le Christ ne vînt dans la chair, les prophètes se réjouirent sachant que par lui le salut serait porté aux morts aussi bien qu'aux vivants (Ésaïe 24:22 ; 42:6, 7 ; Psaumes 16:9-11). » (James Talmage, Jésus le Christ, 1915, 1991, p. 726)


Actes 2:25-28 cite le Psaume 16.

« David reçoit la promesse que son âme ne restera pas en enfer ou au 'séjour des morts' (voir Psaumes 16:10 ; Actes 2:27, 31). » (H. Don Peterson, L'Étoile, décembre 1986, p. 33-35)


Psaumes 16:10. Le Psaume 16 annonce la résurrection du Christ. Son corps ne verrait pas la corruption (comparer avec Actes 2:31), car il ressusciterait des morts (voir Psaumes 2:7 ; comparer avec Actes 13:33).


« Après sa mort, ayant été mis au sépulcre, il ressuscite triomphant le troisième jour, sans avoir subi la corruption (Ésaïe 26:19 ; Psaumes 16:10). » (Parley P. Pratt, Voix d'avertissement, 1837, 1956, p. 24)

 
  PSAUMES 17



 
  PSAUMES 18
 

Psaumes 18:2. « Mon rocher »


Jésus-Christ est le rocher sur lequel nous devons édifier nos fondations pour vaincre les tentations de Satan (voir aussi Hélaman 5 :12).


Psaumes 18:4. « les torrents de la destruction »


« Dans l'Ancien Testament, les eaux du déluge sont souvent une métaphore pour les tribulations (voir Psaumes 18:4 ; Ésaïe 43:2). » (Richard D. Draper, Opening the Seven Seals, commentaire de Apocalypse 12:13-18 ; voir aussi Cours de relifion, n° 392R)


Psaumes 18:12. « Sa tente autour de lui »


« David… considère les ténèbres de la nuée d'orage comme une tente ou un pavillon où l'Éternel demeure dans sa majesté. Les éclairs, la grêle, le vent sont ses messagers. » (Smith and Sjodahl, Doctrine and Covenants Commentary, p. 753)


  PSAUMES 19
 

Psaumes 19:1-3. « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue manifeste l'oeuvre de ses mains »


« Lorsque l'on contemple l'immensité de l'univers et les millions d'étoiles que l'on connaît et que l'on a enregistrées maintenant, la pensée surgit tout naturellement dans l'esprit de la plupart d'entre nous que tout ceci est bien l'oeuvre de Dieu, et a été créé dans un but qui lui est propre. Comment l'homme peut-il, lorsqu'il contemple les gloires des cieux, tirer la conclusion qu'il n'y a pas de main directrice, pas d'Autorité Suprême, qui contrôle et gouverne ? En outre, comment peut-il croire que toute cette multitude vaste et ordonnée de mondes a pu être créée sans un dessein bien déterminé ? Il est évident qu'il n'est pas de lieu sur la terre où la manifestation de la gloire et de la grandeur du Père suprême et éternel n'est pas révélée aux habitants grâce au ciel ordonné et magnifique. » (Joseph Fielding Smith, Le chemin de la perfection, 1931, p. 27)


« Peut-on douter après avoir marché la nuit sous les étoiles, après avoir vu le printemps fleurir, que la Divinité se manifeste dans la Création ?… La beauté entière de la terre porte témoignage de la main du Maître créateur. » (Gordon B. Hinckley, L'Étoile, octobre 1978, p. 109)


Psaumes 19:7. Verset sur la valeur du témoignage.


Psaumes 19:12-14. David se rendait bien compte de ses imperfections devant le Seigneur (voir aussi Psaumes 51).
 
  PSAUMES 20
 

 
  PSAUMES 21
 


 
  PSAUMES 22
 

Le Psaume 22 est une prophétie étonnamment détaillée des souffrances et de la mort du Christ durant son premier avènement.


Verset 2. Prophétie accomplie dans Matthieu 27:46 : Il demande au Père pourquoi il l’a abandonné.


« Par l'intermédiaire de David, le Saint-Esprit a dit : 'Mon Dieu ! Mon Dieu ! Pourquoi m'as-tu abandonné ?' (Psaume 22:1), révélant ainsi à l'avance les paroles mêmes que Jésus allait prononcer sur la croix quand, restant seul pour boire la coupe amère, le Père lui retirerait entièrement son soutien. Et Matthieu écrit : « Et  vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Éli, Éli, lama sabachthani ? C'est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Matthieu 27:46).


« Le même Psaume dit : 'Tous ceux qui me voient se moquent de moi, ils ouvrent la bouche, secouent la tête : recommande-toi à l'Éternel! L'Éternel le sauvera, il le délivrera, puisqu'il l'aime !' (Psaumes 22:7-8). L'accomplissement de cette prophétie, alors que Jésus était sur la croix, se trouve dans ces paroles : 'Les principaux sacrificateurs, avec les scribes et les anciens, se moquaient aussi de lui, et disaient : il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même ! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et nous croirons en lui. Il s'est confié en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il dit : Je suis Fils de Dieu. Les brigands, crucifiés avec lui, l'insultaient de la même
manière' (Matthieu 27:41-44).


« Ensuite, l'auteur parle de la naissance du Seigneur, de sa confiance en Dieu, de ses ennuis, puis il reparle de la foule qui se tiendrait au pied de la croix : 'Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit'. Et le texte d'ajouter : 'Je suis comme de l'eau qui s'écoule' (Psaumes 22:8-14), expression qui ressemble à celle-ci, dans Ésaïe : 'il a déversé son âme dans la mort' (Ésaïe 53:12, version du roi Jacques).


« Et l'auteur de continuer : 'Tu me réduis à la poussière de la mort. Car des chiens m'environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, ils ont percé mes mains et mes pieds', ce qui s'est bien passé le jour ténébreux de la crucifixion. Et ceci : 'Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique' (Psaumes 22:15-18). Matthieu dit à propos de cette prédiction : 'Après l'avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort, afin que s'accomplisse ce qui avait été annoncé par le prophète : ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique' (Matthieu 27:35). Jean fait un récit plus long de l'accomplissement de cette promesse : 'Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux : Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s'accomplisse cette parole de l'Écriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Voilà ce que firent les soldats' (Jean 19:23-24).


« Après cela, l'auteur fait dire au Messie des paroles qui s'adressent au Père : 'Je publierai ton nom parmi mes frères, je te célébrerai au milieu de l'assemblée', ce que le Seigneur a fait avec diligence durant tout son ministère. Puis il y a ce conseil : Vous qui craignez l'Éternel, louez-le ! Vous tous, postérité de Jacob, glorifiez-le ! Tremblez devant lui, vous tous, postérité d'Israël !' Après cela, on trouve la promesse que le Seigneur sera loué 'dans la grande assemblée' et que 'toutes les extrémités de la terre penseront à l'Éternel et se tourneront vers lui ; toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face. Car à l'Éternel appartient le règne : il domine sur les nations'. Il s'agit du triomphe final et millénaire de la vérité, qui aura lieu quand l'Évangile prêché par le Messie sera rétabli et porté selon sa volonté à tous les hommes.


« Enfin, dans ce psaume, on parle du Messie en ces termes : 'La postérité le servira ; on parlera du Seigneur à la génération future', c'est-à-dire que la postérité de David, suscitée par le Père, servira avec droiture, ce qui aura la conséquence suivante : 'Quand elle viendra, elle annoncera sa justice, elle annoncera son oeuvre au peuple nouveau-né' (Psaumes 22:23-32). En accord avec cette prophétie, nous déclarons maintenant à tous les peuples nés après l'époque du Messie que le Père fut juste quand il envoya son Fils et que le Fils fut juste en faisant pour les hommes tout ce qui devait être fait pour leur apporter l'immortalité et la vie éternelle. » (McConkie, The Promised Messiah, p. 530-534)


Versets 8-9. Prophétie accomplie dans Matthieu 27:39-43 : On se moque de lui.


Verset 17. Prophétie accomplie dans  Marc 15:2 : Il est crucifié.


Verset 19. Prophétie accomplie dans Matthieu 27:35 : Les soldats tirent ses vêtements au sort.
 

  PSAUMES 23
 

« Les Psaumes sont semblables dans leurs qualités lyriques ; certains sont de simples expressions : « Le cantique du berger », exprimant la joie de la bonté de Dieu (Psaumes 23). » (L'Étoile, mars 1934, p. 88)


« Ceux qui recevrons le Seigneur Jésus-Christ comme la source de leur salut se reposeront toujours dans de verts pâturages quelle que soit l’ardeur du soleil d’été. Et les eaux qui les rafraîchissent seront toujours des eaux paisibles quelles que soient les tempêtes de la vie. En suivant son chemin de justice, notre âme sera restaurée à jamais, et bien que ce chemin puisse passer, comme cela a été le cas pour lui, par la vallée de l’ombre de la mort, nous ne craindrons rien. Le bâton de sa prêtrise et la houlette de son esprit nous rassureront toujours. Et lorsque nous avons faim et soif pendant l’effort, il prépare devant nous un véritable festin, une table dressée en face de nos adversaires, des adversaires modernes que peuvent être la peur, une multiplicité de problèmes de famille, la maladie ou le chagrin. Dans un acte culminant de compassion, à ce repas, il oint d’huile notre tête et nous bénit pour fortifier notre âme. Notre coupe déborde de sa bonté et nos larmes coulent de joie. Nous pleurons de savoir que cette bonté et cette grâce nous accompagneront tous les jours de notre vie, et que nous demeurerons à jamais si nous le désirons dans la maison de l’Étemel. » (Jeffrey R. Holland, L'Étoile, janvier 1998, p. 78-79)


« Utilisées comme le Seigneur les a fait enregistrer, les Écritures ont un pouvoir intrinsèque qui n’est pas communiqué quand on les paraphrase. Parfois, dans les moments de grand besoin, je passe mentalement en revue les Écritures qui m’ont donné de la force. Il émane beaucoup de consolation, de direction et de puissance des Écritures, en particulier des paroles du Seigneur. En voici une illustration : le Psaume 23. » (Richard G. Scott, Le Liahona, janvier 2000, p. 106)


Ce psaume a inspiré les paroles du cantique « L'Éternel est mon Berger » chanté par les saints des derniers jours.


Psaumes 23:6 ; 150. Ce psaume a inspiré les paroles du cantique « Louange à Dieu » chanté par les saints des derniers jours.


Psaumes 23:1-3. « L'Éternel est mon Berger »


Jésus est le bon Berger, le pasteur de ceux qui le suivent (voir Jérémie 14:16 ; Jean 10:14). Il nous aime et veut nous guider et nous protéger, tout comme un berger prend soin de ses troupeaux.


« Je trouve une paix durable dans la connaissance que l’Éternel est mon berger et qu’il connaît et veille sur chacun de nous. Lorsque nous affronterons les vents, les pluies torrentielles, les maladies, les blessures et les sécheresses de la vie, le Seigneur, notre Berger, prendra soin de nous. Il restaurera notre âme. » (Gary E. Stevenson, Le Liahona, novembre 2018, p. 111)


Psaumes 23:5. « Ma coupe déborde »


« Lorsque nous apportons de l’espoir à ceux qui l’ont perdu, nous sommes nous-mêmes réconfortés au point que notre coupe 'déborde' littéralement (Psaumes 23:5). » (David S. Baxter, Le Liahona, mai 2012, p. 39)

 
  PSAUMES 24
 

Le psaume 24 parle d’être avec le Seigneur lors de sa venue.


Psaumes 24:1. « À l’Éternel, la terre et ce qu’elle renferme »


« Cette terre est vraiment la demeure et l’héritage légitime des saints. Puisqu’elle appartient à Jésus-Christ, elle appartient aussi à ses serviteurs et à ceux qui le suivent, car il est dit : 'À l’Éternel, la terre et ce qu’elle renferme' (Psaumes 24:1). » (John Taylor, Enseignements des présidents de l'Église, p. 222)


« Votre amour et votre désir d’obéir aux commandements sont les seules choses que vous puissiez réellement donner. Tout le reste appartient déjà au Seigneur. » (Karen Ashton, L'Étoile, décembre 1996, p. 14)


« Il nous arrive facilement d’oublier que la terre et ce qu’elle renferme sont à Dieu. » (James E. Faust, Le Liahona, novembre 2002, p. 20)


La terre et que tout ce qui s’y trouve appartient au Seigneur, et l’homme en est l’intendant (voir Psaumes 24:1 ; D&A 104:13-14).


Psaumes 24:3-4. « Celui qui a les mains innocentes et le coeur pur »


« Si les anciens ne peuvent pas aller les mains innocentes et le cœur pur, ils feraient mieux de rester ici. Ne vous mettez pas à penser que vous vous purifierez lorsque vous arriverez au Missouri, au Mississipi, en Ohio ou devant l’océan Atlantique ; mais partez d’ici les mains innocentes et le cœur pur, et soyez purs de la tête aux pieds ; vivez ensuite chaque heure de cette manière [voir Psaume 24:4]. Allez ainsi et travaillez ainsi, et revenez aussi propres qu’un morceau de papier blanc pur. C’est ainsi qu’il faut faire; et si vous ne le faites pas, votre cœur souffrira. » (Discours de Brigham Young, p. 323)


« Pour marcher et parler avec Dieu, servir avec Dieu, suivre son exemple et devenir comme un dieu, nous devons atteindre la perfection. En sa présence, il ne peut pas y avoir de fraude, de méchanceté ou de transgression. Dans de nombreuses Écritures, il a dit que toute impiété, tout mal, toute faiblesse doivent être abandonnés avant que nous ne puissions monter sur 'la montagne de l'Éternel'. » (Spencer W. Kimball, Le miracle du pardon, 1969, p. 33)


« Souvenons-nous de nos responsabilités sacrées et de notre espoir afin que nous puissions nous assurer, chaque fois que nous  allons au temple, que nos mains sont propres, que notre cœur est pur et que nous enseignons cela aux autres. » (Harold B. Lee, Enseignements des présidents de l'Église, p. 105)


« Il y a toujours eu une règle dans la Maison du Seigneur: cette règle c’est la pureté et elle ne peut faire l’objet de compromis. » (Robert L. Simpson, L'Étoile, avril 1981, p. 19)


« Sur chaque temple sont gravés les mots 'Sainteté au Seigneur'. Cette déclaration indique que le temple et ses desseins sont sacrés. Les personnes qui pénètrent dans le temple doivent également être revêtus de sainteté. Peut-être est-il plus facile de qualifier de saint un édifice qu’un peuple. On ne peut parvenir à la sainteté que par des efforts personnels constants et persistants. » (Russell M. Nelson, Le Liahona, juillet 2001, p. 37)


« Je crois que nous sommes sensibles à la beauté et à la nature sacrée de 'son lieu saint' quand nous pénétrons dans les magnifiques temples de Dieu. » (James E. Faust, Le Liahona, août 2001, p. 3)


« Faites des efforts pour être digne un jour d’aller au temple, guidé par les paroles du Psalmiste (Psaumes 24:3-4). » (Ancrés dans la foi, 2004, p. 32)


Le Seigneur a défini les critères de dignité pour entrer dans le temple, comme les exprime le psalmiste (v. 3-4).


Psaumes 24:7-10


Traduction de Joseph Smith :


7-8. Levez la tête, générations de Jacob ; élevez-vous ; et l'Éternel fort et puissant, l'Éternel le fort et le héros, l'Éternel, le héros de la guerre, qui est le roi de gloire, vous établira à jamais. Il roulera les cieux et descendra racheter son peuple, faire de vous un nom éternel, vous établir sur son roc éternel.

9. Levez la tête, générations de Jacob ; levez la tête, générations éternelles, et l'Éternel des armées, le Roi des rois,

10. le roi de gloire viendra sur vous et rachètera son peuple et l'établira dans la justice. Pause.


Psaumes 24:8. « le roi de gloire »


« Qui est ce Roi de gloire… ? Il est notre Maître. Il est notre Sauveur. Il est le Fils de Dieu. Il est l’auteur de notre salut. » (Thomas S. Monson, Le Liahona, novembre 2010, p. 90)


Ammon (Mosiah 7:3) et Jésus (Psaumes 24:8) sont tous deux décrits comme forts et puissants.

 
  PSAUMES 25
 

Psaumes 25:1. « J’élève à toi mon âme »


« Le Psalmiste fixe le but encore plus haut : « Éternel ! j’élève à toi mon âme » (Psaumes 25:1)… Il vous invite à voler avec les aigles, pas à gratter le sol avec les poulets. Lever les yeux vers le Dieu des cieux est un processus qui vous incite à cultiver votre propre spiritualité. C’est le désir de vivre en harmonie avec le Père, le Fils – notre Sauveur – et le Saint-Esprit. » (Dieter Uchtdorf, Le Liahona, juillet 2006, p. 16)


Psaumes 25:7. « Ne te souviens pas des fautes de ma jeunesse ni de mes transgressions »


« Le jour d’avril 1970 où j’ai été appelé à être assistant du Collège des douze, cela a été une surprise pour moi. Je ne l’ai su que quelques heures auparavant. Lorsqu’on m’a invité à m’asseoir dans l’un des fauteuils rouges du vieux Tabernacle, le chœur a commencé à chanter : « Ô Rédempteur divin ». En écoutant ce chant de supplications, cette magnifique mélodie, j’ai fait une prière dans mon cœur pour demander au Sauveur de m’accepter et de ne pas se souvenir de mes erreurs, de mes points faibles et de mes péchés (voir Psaumes 25:7). Quel jour merveilleux cela a été ! » (David B. Haight, Le Liahona, novembre 2002, p. 24)


Psaumes 25:14. « La pensée secrète de l'Éternel est pour ceux qui le craignent »


« La création des mondes… nous est rapportée dans la Bible sous la forme où elle se trouve parce que la plénitude de ces vérités n'est révélée qu'à des personnes hautement favorisées pour certaines raisons que Dieu connaît (voir Psaumes 25:14). » (James Talmage, Jésus le Christ, 1915, 1991, p. 15)
 
  PSAUMES 26 


Psaumes 26:8. Ce verset a inspiré les paroles du cantique « Nous aimons ta maison » chanté par les saints des derniers jours.

 
  PSAUMES 27


Psaumes 27:1. «
L'Éternel est ma lumière et mon salut »

« Le Seigneur est notre lumière et, littéralement, notre salut. » (Robert D. Hales, Le Liahona, juillet 2002, p. 77)

« Le Christ est notre lumière et notre salut. » (John A. McCune, Le Liahona, mai 2020, p. 38)


Ce verset a inspiré les paroles du cantique « Christ est ma lumière » chanté par les saints des derniers jours.

 
  PSAUMES 28
 

Psaumes 28:7


« Comme mes frères avant moi, j’ai reçu avec cet appel, l’assurance que Dieu dirigera directem ent son prophète. J’accepte humblement l’appel à servir et je déclare avec le psalmiste : « L’Éternel est ma force et mon bouclier ; en lui mon cœur se confie, et je suis secouru » (Psaumes 28:7). » (Howard W. Hunter, L'Étoile, janvier 1995, p. 8)
 
  PSAUMES 29


« 'Le cantique du tonnerre', Psaumes 29. » (L'Étoile, mars 1934, p. 88)


Psaumes 29:10. Voir commentaire de Psaumes 10:16.
 
  PSAUMES 30
 

Psaumes 30:5


Traduction de Joseph Smith : « Sa colère est allumée contre les méchants ; ils se repentent et en un instant, elle est détournée ; ils ont sa faveur et il leur donne la vie ; mais le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse. »


Psaumes 30:5. « Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse »


« 'Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse' (Psaumes 30:5). De toute la force de mon âme, je témoigne que Dieu vit, que son Fils bien-aimé est les prémices de la résurrection, et que l’Évangile de Jésus-Christ est cette lumière pénétrante qui fait de chaque aube sans espoir un matin de joie. » (Thomas S. Monson, L'Étoile, août 1976, p. 54)


« Pâques est la fête du don de l'immortalité à tous les hommes, qui redonne la vie et guérit toutes les blessures. Nous devons tous mourir selon le plan éternel du progrès, mais nous pouvons tous trouver du réconfort dans les paroles du poète des Psaumes : 'Le soir arrivent les pleurs, et le matin l'allégresse' (Psaumes 30:5). » (Howard W. Hunter, L'Étoile, octobre 1986, p. 13)


« À tous ceux qui sont ainsi désespérés, j’aimerais donner l’assurance trouvée dans un psaume : 'Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse' (Psaumes 30:5). » (Thomas S. Monson, L'Étoile, janvier 1994, p. 80 ; juillet 1998, p. 64)


« Il arrive à tout le monde de connaître la tristesse et le chagrin, y compris aux enfants. Mais ils ont de la résistance. Ils supportent remarquablement le fardeau qu’ils peuvent être appelés à porter. Cette vertu est peut-être décrite par le magnifique psaume : 'Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse'. » (Thomas S. Monson, L'Étoile, janvier 1998, p. 22 ; Le Liahona, octobre 2004, p. 6)


« J’ai appris que ce n’est que dans le Seigneur Jésus-Christ que nous pouvons trouver l’espoir et la guérison. Sans l’Évangile, je n ’aurais pas décidé de chercher ce que mes épreuves m’avaient enseigné de positif. J’ai découvert que, quelle que soit la noirceur des nuages ou la longueur de la nuit, l’aube revient toujours, et il y a toujours de l’allégresse le matin (voir Psaumes 30:5). » (Anonyme, cité dans L'Étoile, avril 1998, p. 48)


« Une responsabilité de l’Église m’a amené à traverser les vastes étendues du Pacifique pour atteindre le Vietnam… Je ne suis pas vraiment sûr de ce que j’attendais après tant d’années. Mais je ne m’attendais pas du tout à voir ce que j’y ai trouvé. Au lieu de gens ravagés par la guerre, j’ai trouvé une population jeune et pleine de vie. Au lieu de paysages pilonnés par les obus, j’ai trouvé des champs calmes et verdoyants. Même la jungle avait repoussé. Je pense que je m’attendais un peu à trouver le passé mais ce que j’ai vu, c’était le présent… et la promesse d’un brillant avenir. Cela m’a rappelé que 'le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse' (Psaumes 30:5). » (Lance B. Wickman, Le Liahona, mai 2008, p. 103)


« La plupart du temps, nos bonnes actions ne sont connues que de quelques personnes. Mais elles sont enregistrées dans les cieux. Un jour, nous nous tiendrons comme témoins de notre dévouement total aux œuvres de la justice. Aucune épreuve ou calamité ne peut contrecarrer le plan du bonheur de Dieu. Oui, par dessein divin, le matin arrive l’allégresse (Psaumes 30:5). » (Ronald A. Rasband, Le Liahona, novembre 2017, p. 55-56)


Psaumes 30:13. « Je te louerai toujours »


« Dans le Psaume 30, David prend cet engagement : 'Éternel, mon Dieu ! Je te louerai toujours' (v. 13). Dans son épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul a proclamé : 'Grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable !' (2 Cor. 9:15). Aux Thessaloniciens, il a écrit : 'Rendez grâces en toutes choses, car c’est… la volonté de Dieu' (1 Thess. 5:18). Mes frères et sœurs, rendons-nous grâces à Dieu 'pour son don ineffable' et pour les bénédictions qu’il déverse si abondamment sur nous ? » (Thomas S. Monson, L'Étoile, janvier 1999, p. 20)
 
  PSAUMES 31
 

Psaumes 31:5


Prophétie accomplie dans Luc 23:46 : Jésus remet son esprit entre les mains du Père et meurt.


« Voyant à l'avance, si l'on peut dire, le dernier et terrible moment de la vie mortelle du Messie, David a écrit : 'Je remets mon esprit entre tes mains' (Psaumes 31:5). Écrivant plus tard ce qui s'était passé quand la dernière bouffée d'air a rempli les poumons de l'homme sur la croix, Luc a dit : 'Jésus s'écria d'une voix forte : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira' (Luc 23:46). Quand le Seigneur mourut, tout ce qui se rapportait à sa vie mortelle était accompli. » (McConkie, The Promised Messiah, p. 534)


Psaumes 31:14


« À propos de la croix du Christ et de la mort terrible qu'il allait subir, voici la prophétie se rapportant aux complots et aux complicités liés à l'arrestation et aux jugements du Seigneur : 'Ils se concertent ensemble contre moi ; ils complotent de m'ôter la vie' (Psaumes 31:13). » (McConkie, The Promised Messiah, p. 530-534)
 
  PSAUMES 32
 

Romains 4:6-8 cite le Psaume 32.


Psaumes 32:2. « Heureux l'homme… dans l'esprit duquel il n'y a point de fraude ! »


« Ne pas avoir de fraude en soi, c'est être exempt de tromperie, de ruse, d'hypocrisie et de malhonnêteté, en pensée ou en actes… Une personne chez qui il n'y a pas de fraude c'est quelqu'un d'innocent, dont les inten­ tions sont honnêtes et les motifs purs, dont la vie reflète l'habitude de conformer ses actes quotidiens aux principes d'intégrité… Etre exempt de fraude, c'est avoir le cœur pur, une vertu essentielle pour ceux qui veulent être comptés parmi les vrais disciples du Christ… S'il n 'y a pas de fraude en nous, nous sommes honnêtes, intègres et droits. Ce sont là des attributs de la Divinité que doivent posséder les saints…


« Je crois que, pour les membres de l'Église, il est d'une importance plus pressante d'être exempt de fraude aujourd'hui qu'à d'autres époques parce que beaucoup de gens dans le monde semblent ne pas comprendre cette vertu ou y être indifférents. Nous entendons parler de fraudes et de tromperies à tous les niveaux de notre société. Dans certains pays, des gens trahissent leur patrie en monnayant des renseignements précieux, des renseignements qu'ils ont volés ou qu'on leur a confiés. Le monde du spectacle semble avoir perdu, dans une grande mesure, le sens des valeurs morales. Des employés falsifient les comptes. Ces quelques exemples de fraude montrent combien elle est répandue.


« Beaucoup plus inquiétants que les manifestations extérieures de fraude sont les sentiments et les attitudes qui les motivent. La fraude et la tromperie semblent être de plus en plus acceptables ; le seul tort semble être de se faire prendre. L'objectif est souvent d'obtenir du gain, de tirer de l'avantage, sans se soucier du tort qu'on fait aux autres. Cette attitude est totalement contraire aux principes de l'Évangile. Elle retarde ou arrête la progression spirituelle de tous ceux qu'elle affecte. La fraude empêche le Saint-Esprit de nous guider et de nous instruire et nous laisse plus exposés aux attaques de Satan. Quand nous enfreignons les commandements, nous nous fermons à l'influence de Dieu et nous nous ouvrons à l'influence de Satan.


« Si nous fraudons dans les petites choses, nous pouvons nous trouver bientôt entraînés dans un processus qui prend de plus en plus d'ampleur et dont nous n'arrivons pas à sortir, parce que chaque mensonge ou tromperie en exige souvent de plus grands pour couvrir le premier. De plus, la fraude mène souvent à l'hypocrisie, qui consiste à chercher à donner l'impression d'être vertueux ou droit et d'être ce que l'on n'est pas. Si nous savons ce qui est juste et professons vivre conformément à cette connaissance, mais ne le faisons pas réellement, nous sommes des hypocrites…


« Il ne doit y avoir de fraude dans aucun aspect de la vie des saints : dans leur foyer et leur famille, dans leurs appels dans l'Église, dans toutes leurs relations d'affaires, et particulièrement dans les domaines de leur vie personnelle et privée auxquels seuls eux et le Seigneur ont accès. Faisons notre examen de conscience et voyons si nos motifs et nos actes sont au-dessus de tout reproche, et voyons s'il n'y a en nous ni tromperie ni fraude. Nous pouvons peut-être nous poser pour cela quelques questions :


« N'y a-t-il absolument aucune fraude en nous dans nos relations avec notre conjoint et nos enfants, de sorte qu'ils sachent tou­ jours quoi attendre de nous et aient toujours une confiance sans limite en nous ? Sommes-nous francs lors de nos entretiens avec notre évêque ou nos autres dirigeants de la prêtrise ? Sommes-nous honnêtes avec nous-mêmes, avec nos camarades de classe et nos professeurs dans notre travail scolaire, même si un peu de tricherie améliorerait nos notes ? Travaillons-nous plus que notre employeur l'attend ou l'exige de nous, et recherchons-nous des façons de mieux faire notre travail ? Donnons-nous un juste salaire à nos em ployés pour le travail qu'ils font ? Notre déclaration de revenus est-elle exacte ? Sommes-nous satisfaits de nous-mêmes du point de vue de l'intégrité, de la morale et de l'honnêteté ?…


« Certains penseront peut-être que l'idée d'une société exempte de fraude est saugrenue à notre époque. Si c'est vrai, c'est à cause du pouvoir que Satan a sur le cœur des hommes. Avec l'aide du Seigneur, les saints peuvent être sans fraude. L'honnêteté et la droiture contribuent davantage au succès et à la prospérité qu'ils ne leur font obstacle… Oui, les saints peuvent être exempts de fraude, et doivent l'être, pour être préparés à la seconde venue du Sauveur. Les saints peuvent, par leur exemple, montrer comme il est bon de vivre sans fraude. En cultivant cet attribut divin, nous pouvons devenir une lumière pour le monde. C'est certain, nous pouvons enseigner les principes de l'Évangile et être une bénédiction pour les familles de la terre en suivant l'exemple parfait du Sauveur, en qui il n'y avait aucune fraude.


« Essayez d'im aginer une société dans laquelle tous auraient le cœur pur et en qui il n'y aurait aucune tromperie et aucune malhonnêteté. Pouvez-vous imaginer une absence totale de querelles, où personne n'essayerait de tromper les autres ? Quelle vie ce serait si nous étions toujours absolument certains que ce que les autres nous disent est la vérité ? Il n 'y aurait pas de vol. Les prisons ne serviraient pas à grand chose, et les procès non plus. La plus grande bénédiction que connaîtrait une société exempte de fraude, c'est la paix intérieure qu'éprou­ vent ceux qui savent qu'ils font le bien et que leur vie est agréable au Seigneur. » (Joseph B. Wirthlin, L'Étoile, juillet 1988, p. 71-73)


Psaumes 32:8. « Je t’instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre »


« Certains parents feront des erreurs dans leur rôle de parents, mais grâce à l’humilité, à la foi, à la prière et à l’étude, chacun peut apprendre à mieux faire, moyennant quoi les familles sont bénies maintenant et des traditions correctes sont enseignées pour les générations futures. Les promesses du Seigneur sont certaines. 'Je t’instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre' (Psaumes 32:8). » (Robert D. Hales, L'Étoile, janvier 1994, p. 10)

 
  PSAUMES 33


Psaumes 33:1-6


Psaumes 33:1-6 et 95:1-6 ont inspiré les paroles du cantique  « Pour la terre et sa beauté » chanté par les saints des derniers jours.


Psaumes 33:2. « Sur le luth à dix cordes »


« Remarquons qu'il est parlé d'un luth à dix cordes. Ce détail est suffisant pour attester que la musique des Hébreux présentait un degré d'évolution très avancé, reflétant bien le caractère de leur civilisation en communion avec la loi divine. Il ne serait donc pas surprenant de déduire que l'échelle mélodique de leur musique fut heptatonique et comportant même un raffinement vers le chromatisme qu'on retrouvera plus tard chez les Grecs et dans la musique arabe. » (Albert Roustit, La prophétie musicale dans l'histoire de l'humanité, éd. Horvath, 1970, p. 85-86)


Psaumes 33:3. « Chantez-lui un cantique nouveau ! »


« Apocalypse 5:8-14. Le cantique nouveau : Chaque ancien a une harpe, pour chanter des louanges à l'Agneau. On chante un nouveau cantique, symbole de la Nouvelle Alliance, nouveau cantique dont on a la référence dans l'Ancien Testament (Psaumes 33:3 ; 40:3 ; 96:1). » (Richard D. Draper, Opening the Seven Seals, Deseret Book Company, 1991 ; cité dans le Cours de religion n° 392R dédié à l'Apocalypse)


Psaumes 33:12. « Heureuse la nation dont l'Éternel est le Dieu ! »


« Le 21 janvier 1957, le Président Dwight D. Eisenhower prêta, pour la deuxième fois, le serment d’investitude à l’office de. Président des Etats-Unis. Il posa la main gauche sur la Bible ouverte au Psaume 33 qui dit : 'Heureuse la nation dont l’Éternel est le Dieu'. Puis, levant la main droite, il dit : 'Je jure solennellement que je m’acquitterai fidèlement de l’office de président des États-Unis et que je m’efforcerai de mon mieux de préserver, protéger et défendre la Constitution des Éats- Unis, ainsi m’aide Dieu. » La prestation de serment du Président sert plus ou moins de modèle à tous ceux qui détiennent un office public. Prêter serment est un acte par lequel un individu accepte de remplir fidèlement la responsabilité à laquelle il a été nommé. Le Président prête ordinairement serment devant le Président de la Cour Suprême. Chacun des autres fonctionnaires reçoit la charge qui convient par l’officier compétent, mais lorsque chacun prête serment, il accepte une charge dont le but est de créer dans sa vie une consécration solennelle à son devoir, quelque obstacle ou difficulté qui puisse se trouver sur son chemin. » (Sterling W. Sill, L'Étoile, mars 1961, p. 68)
 
  PSAUMES 34


Psaumes 34:18. Que signifie avoir « le cœur brisé et l’esprit contrit » ? 


« C’est une prise de conscience profonde que nos actes ont offensé notre Père et notre Dieu, que notre attitude a fait souffrir atrocement le Sauveur, lui, le plus grand de tous, qui n’a jamais commis de péché. Nos péchés l’ont fait saigner à chaque pore. Cette véritable angoisse mentale et spirituelle est ce que les Écritures appellent 'un cœur brisé et un esprit contrit' (voir 3 Néphi 9:20 ; Moroni 6:2 ; D&A 20:37 ; 59:8 ; Psaumes 34:18 ; 51:17 ; Ésaïe 57:15). C’est ce genre d’esprit qui est la condition absolue du repentir véritable. » (Ezra Taft Benson, L’Étoile, mars 1990, p. 5)


« Quand notre cœur est brisé, nous sommes totalement ouverts à l’Esprit de Dieu et dépendons complètement de lui dans tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes. Le sacrifice que cela entraîne est le renoncement à l’orgueil sous toutes ses formes. Comme l’argile malléable dans les mains d’un habile potier, celui qui a le cœur brisé peut être modelé et façonné dans les mains du Maître… Ceux qui ont le cœur brisé et l’esprit contrit sont prêts à faire tout ce que Dieu leur demande, sans résistance ni ressentiment. Nous cessons d’agir à notre manière et apprenons à agir à la manière de Dieu… Il y a une autre dimension du cœur brisé, et c’est notre gratitude profonde pour les souffrances du Christ en notre faveur… Si nous nous souvenons du Sauveur et de ses souffrances, notre cœur se brisera aussi de gratitude pour l’Oint. Si nous lui sacrifions tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, le Seigneur remplira notre cœur de paix. Il ‘guérira ceux qui ont le cœur brisé’ (Ésaïe 61:1) et nous offrira l’amour de Dieu. » (Bruce D. Porter, Le Liahona, novembre 2007, p. 32)


Psaumes 34:20.  « Il garde tous ses os, aucun d'eux n'est brisé »


Pas un os du corps du Messie ne serait brisé (comparer avec Jean 19:33-36).


Aucun os de l’agneau ne devait être brisé, tout comme Jésus n’a eu aucun os brisé (voir Exode 12:46 ; Psaumes 34:20 ; Jean 19:31–36)


« Pour ce qui est du sacrifice de l'Agneau, le décret fut : 'Vous ne briserez aucun os', voulant dire que quand l'Agneau de Dieu serait sacrifié sur la croix, on briserait les jambes aux deux brigands pour provoquer la mort, mais on ne briserait pas les os du Crucifié, afin que l'Écriture s'accomplisse : aucun de ses os ne serait brisé (voir Psaumes 34:20 ; Jean 19:31-36). » (McConkie, The Promised Messiah, p. 429-431)


Le sabbat juif, qui commençait au coucher du soleil, approchait. La loi juive ne permettait pas qu’on descende un corps de la croix le jour du sabbat, ni qu’il reste sur la croix pendant le sabbat. À la demande des chefs des juifs, les soldats romains ont brisé les jambes des voleurs pour accélérer leur mort. Jésus était déjà mort, accomplissant ainsi l’Écriture qui dit qu’aucun de ses os ne serait brisé.


Psaumes 34:22. « L'Éternel délivre l'âme de ses serviteurs »


« Le Seigneur… délivrera les personnes qui mettent leur confiance en lui (voir 1 Samuel 17:37, 45-46 ; Psaumes 34:22 ; Proverbes 3:5-6 ; Alma 36:27 ; 38:5). » (Dallin H. Oaks, Le Liahona, mars 2015, p. 21)

 
  PSAUMES 35
 

Psaumes 35:13. «
J'humiliais mon âme par le jeûne »


« Lorsque nous jeûnons, notre âme s’humilie, ce qui nous permet d’être plus en accord avec Dieu et ses saints desseins. » (James E. Faust, Le Liahona, juillet 2002, p. 67)


  PSAUMES 36
 


 
  PSAUMES 37
 

Psaumes 37:3-9. Ces versets ont inspiré les paroles du cantique « Va, ne crains pas » chanté par les saints des derniers jours.
 
  PSAUMES 38
 

 
 
  PSAUMES 39
 

 
 
  PSAUMES 40
 

 
 
  PSAUMES 41
 

Psaume 41:9

Vers la fin de son ministère, le Messie serait trahi par un ami proche (voir aussi Psaumes 55:12-14 ; comparer avec Jean 13:18-21).


« À propos du rôle de Juda dans les conspirations [contre le Christ] : 'Celui-là même avec qui j'étais en paix, qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi' (Psaume 41:10). Quand il lava les pieds des Douze, Jésus parla d'eux en termes élogieux mais, ajouta-t-il : 'Ce n'est pas de vous tous que je parle' ; et un moment après : 'L'un de vous me livrera'. Et encore : 'Je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : Celui qui mange avec moi le pain a levé son talon contre moi. Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez à ce que je suis'. Puis il trempa le pain et le donna à Judas, identifiant ainsi le traître (Jean 13:18-30). » (McConkie, The Promised Messiah, p. 530-534)
 
  PSAUMES 42
 

 
 
  PSAUMES 43
 

 
 
  PSAUMES 44
 

 
 
  PSAUMES 45
 

Le Psaume 45 montre une grande perspective prophétique.
 
  PSAUMES 46
 

 
 
  PSAUMES 47
 

 
 
  PSAUMES 48
 

 
 
  PSAUMES 49
 

 
 
  PSAUMES 50
 

 
 
  PSAUMES 51
 

David, repentant, demande pardon. L'adultère est un péché grave, mais David a perdu son exaltation (voir D&A 132:39) parce que le Seigneur le tient pour responsable du meurtre d’Urie. Même si David a perdu son exaltation pour avoir provoqué la mort d’Urie, nous pouvons tirer la leçon de son repentir et de ses efforts pour obtenir le pardon pour le péché d’adultère. Ce qu’il dit dans le Psaumes 51 enseigne beaucoup d’aspects du vrai repentir. Il commence par reconnaître Dieu et sa miséricorde (v. 1-3). Il reconnaît aussi qu’il est pécheur (v. 3-5). Il exprime le désir d’aider les autres à se repentir en disant : « J’enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent, et les pécheurs reviendront à toi » (v. 15). David décrit le pardon comme une purification (v. 3-5, 9, 11-12), une restitution (v. 14) et une délivrance (v. 16).

 
  PSAUMES 52
 

 
 
  PSAUMES 53
 

 
 
  PSAUMES 54
 

 
 
  PSAUMES 55
 

Psaumes 55:12-14. Vers la fin de son ministère, le Messie serait trahi par un ami proche (voir aussi Psaumes 41:9 ; comparer avec Jean 13:18-21)
 
  PSAUMES 56
 

 
 
  PSAUMES 57
 

  Psaumes 56:13.
Voir commentaire de Psaumes 4:7.
 
  PSAUMES 58
 

 
 
  PSAUMES 59
 

 
 
  PSAUMES 60
 

 
 
  PSAUMES 61
 

  Psaumes 61:1. Voir commentaire de
Psaumes 4:1.
 
  PSAUMES 62
 

  Psaumes 62:10.
Voir commentaire de Psaumes 4:7.
 
  PSAUMES 63
 

 
 
  PSAUMES 64
 

 
 
  PSAUMES 65
 

 
 
  PSAUMES 66
 

 
 
  PSAUMES 67
 

 
 
  PSAUMES 68
 

 
 
  PSAUMES 69
 

Actes 1:16-20 cite le Psaume 69.


Psaumes 69:7-12. Le ministère du Sauveur serait caractérisé par le rejet de son message (voir aussi Ésaïe 53:3 ; comparer avec Jean 1:11 et Jean 7:5).


Psaumes 69:9. Prophétie accomplie dans Jean 1:11 ; 7:5 : Jésus n’est pas reçu par son peuple.


Psaumes 69:21. Prophétie accomp lie dans Marc 14:32-41 : Jésus souffre seul à Gethsémané.


Psaumes 69:22. Prophétie accomplie dans Jean 19:28-30 : On donne à Jésus du vinaigre pour étancher sa soif.


Psaumes 69:9-10, 21-22


« 'Car le zèle de ta maison me dévore', c'est la parole messianique qui prédit que Jésus chassera les marchands du temple et qui lui fera dire : 'Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic', ce qui poussa ses disciples à se rappeler les paroles du Psaume (voir Jean 2:13-17). Mais voici la déclaration messianique complète, qui prédit plus que la purification du temple pollué : 'Car le zèle de ta maison me dévore. Et les outrages de ceux qui t'insultent tombent sur moi… L'opprobre me brise le coeur, et je suis malade ; j'attends de la pitié, mais en vain, des consolateurs, et je n'en trouve aucun' (Psaumes 69:9, 20). Qui ne peut manquer de voir dans ces mots l'état pitoyable du Seigneur quand, traîné devant les dirigeants de ce monde, il ne trouva personne pour le réconforter, mais qu'on lui reprocha de témoigner du Père, que ses persécuteurs juifs avaient rejeté ?


« Après ces paroles, on trouve cette phrase des Psaumes : 'Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, ils m'abreuvent de vinaigre' (Psaumes 69:21). Son accomplissement est remarqué par Matthieu : 'Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; mais, quand il l'eut goûté, il ne voulut pas boire'. Quand Jésus a, comme ils l'ont supposé, appelé Élie, le récit dit : 'Et aussitôt l'un d'eux courut prendre une éponge, qu'il remplit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire' (Matthieu 27:34, 47- 48). Le récit que fait Jean du même événement lie cet acte de la crucifixion à la prédiction de David : 'Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Écriture soit accomplie : J'ai soif'. C'est comme si délibérément, quoiqu'il ait souffert au-delà de toute expression, il poursuivit consciemment jusqu'au dernier moment de sa vie mortelle le dessein avoué d'accomplir toutes les prophéties messianiques concernant son ministère mortel. Et Jean de continuer : 'Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : 'Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit' (Jean 19:28-30). » (McConkie, The Promised Messiah, p. 530-534)

 
  PSAUMES 70
 

 
 
  PSAUMES 71
 

 
 
  PSAUMES 72
 

Psaume attribué à Salomon.


Psaumes 72:9-11. Jésus serait un objet de grande adoration (comparer avec Matthieu 2:1-11).


Le Psaume 72 dépeint la venue du royaume millénaire.
 
  PSAUMES 73
 

 
 
  PSAUMES 74
 

 
 
  PSAUMES 75
 

 
 
  PSAUMES 76
 

 
 
  PSAUMES 77
 

 
 
  PSAUMES 78
 

Psaumes 78:2. Jésus enseignerait par paraboles (comparer avec Matthieu 13:34-5).
 
  PSAUMES 79
 

 
 
  PSAUMES 80
 


 
  PSAUMES 81
 

Psaumes 81:1. Voir commentaire de Psaumes 8:1.
 
  PSAUMES 82
 

 
 
  PSAUMES 83
 

 
 
  PSAUMES 84
 

Psaumes 84:1. Voir commentaire de Psaumes 8:1. 
 
  PSAUMES 85
 

Psaumes 85:11. « La fidélité germe de la terre, et la justice regarde du haut des cieux. » C'est une allusion à la parution du Livre de Mormon tiré des annales néphites ensevelies (voir ÉzéchieI 7:20) et décrit comme la justice déversée des cieux (voir Ésaïe 45:8).
 
  PSAUMES 86
 

 
 
  PSAUMES 87
 


 
  PSAUMES 88
 

 
 
  PSAUMES 89
 

 
 
  PSAUMES 90
 

 
 
  PSAUMES 91
 

 
 
  PSAUMES 92
 

 
 
  PSAUMES 93
 

 
 
  PSAUMES 94
 

 
 
  PSAUMES 95
 

Psaumes 95:1-6. Voir commentaire de Psaumes 33:1-6 ; 95:1-6.
 
  PSAUMES 96
 

 
 
  PSAUMES 97
 

 
 
  PSAUMES 98
 

 
 
  PSAUMES 99
 


 
  PSAUMES 100
 

 
 
  PSAUMES 101
 

 
 
  PSAUMES 102
 

 
 
  PSAUMES 103
 

 
 
  PSAUMES 104
 

 
 
  PSAUMES 105
 

 
 
  PSAUMES 106
 

 
 
  PSAUMES 107
 

Psaumes 107:23-30. Prophétie accomplie dans Matthieu 8:23-27 : Jésus calme la tempête.
 
  PSAUMES 108
 

 
 
  PSAUMES 109
 

Psaumes 109:4


Traduction de Joseph Smith : « Et en dépit du fait que je les aime, ils sont mes adversaires ; mais moi je recours à la prière pour eux. »
 
  PSAUMES 110
 

Le Psaume 110 est une prophétie de longue portée sur le Christ, prêtre perpétuel.


Matthieu 22:44, Marc 12:36-37, Luc 20:42-44 et Actes 2:34 citent le Psaume 110.

 
  PSAUMES 111
 

 
 
  PSAUMES 112
 

 
 
  PSAUMES 113
 

 
 
  PSAUMES 114
 


 
  PSAUMES 115
 

 
 
  PSAUMES 116
 

 
 
  PSAUMES 117
 


 
  PSAUMES 118


Psaumes 118:8-9. Voir commentaire de Psaumes 4:7.


Psaumes 118:14. L'hébreu Yah, forme contractée de Yahweh, est rendu ici par l'Éternel. La forme brève Yah apparaît aussi en hébreu dans Exode 15:2.


Psaumes 118:22. Le Messie est qualifié de pierre angulaire (voir Ésaïe 28:16 ; Éphésiens 2:20 ; 1 Pierre 2:6).
 
  PSAUMES 119
 

 
 
  PSAUMES 120
 

 
 
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  PSAUMES 122
 

 
 
  PSAUMES 123
 

 
 
  PSAUMES 124
 

 
 
  PSAUMES 125
 

 
 
  PSAUMES 126
 

 
 
  PSAUMES 127
 

 
Psaume attribué à Salomon.
 
  PSAUMES 128
 

 
 
  PSAUMES 129
 

 
 
  PSAUMES 130
 


 
  PSAUMES 131
 

 
 
  PSAUMES 132
 

 
 
  PSAUMES 133
 

 
 
  PSAUMES 134
 

 
 
  PSAUMES 135
 

 
 
  PSAUMES 136
 

 
 
  PSAUMES 137
 

Psaumes 137:7-9. Édom, au moment de la prise de Jérusalem, avait cherché à s'enrichir grâce à la tragédie de Juda (voir Abdias 1:10-16), et les Juifs éprouvaient une profonde rancune pour ce qu'il avait fait à ce moment-là (voir Ézéchiel 25:12-14).
 
  PSAUMES 138
 

 
 
  PSAUMES 139
 

 
 
  PSAUMES 140
 

 
 
  PSAUMES 141
 

 
 
  PSAUMES 142
 

 
 
  PSAUMES 143
 

 
 
  PSAUMES 144
 


 
  PSAUMES 145
 

Psaumes 145:13.
Voir commentaire de Psaumes 10:16. 

 
  PSAUMES 146
 

Psaumes 146:10.
Voir commentaire de Psaumes 10:16.
 
  PSAUMES 147
 

 
 
  PSAUMES 148
 

Ce psaume a inspiré les paroles du cantique « Vous, créations de notre Dieu » chanté par les saints des derniers jours.
 
  PSAUMES 149
 

 
 
  PSAUMES 150
 

Voir commentaire de Psaumes 23:6 ; 150.

 

 

PROVERBES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I


Le livre des Proverbes contient quelques-uns des Proverbes de Salomon, bien qu'on n'y trouve pas tout ce qu'il a écrit et qu'il est presque certain que tous les écrits qui se trouvent actuellement dans le livre des Proverbes n'ont pas été écrits par Salomon. Les Proverbes sont de brefs dictons qui donnent d’une manière générale des conseils sur la manière de mener une vie juste. L’Ancien Testament écrit que Salomon « a prononcé trois mille sentences » (1 Rois 4:32). Certains de ces dictons pleins de sagesse se trouvent dans le livre des Proverbes. Bien que Salomon et les autres auteurs de ce livre ne soient pas prophètes, beaucoup de leurs écrits étaient inspirés par le Seigneur. Ils révèlent d’une manière générale la croyance que la vraie sagesse vient de Dieu.


PROVERBES 1

Proverbes 1:1-6. Qu'est-ce que le Livre des Proverbes ?


« Le mot traduit par 'Proverbes'… vient d'une racine qui paraît signifier 'représenter' ou 'être semblable'… Mais le mot s'est étendu à des dictons où ce genre d'analogie n'est pas évident et a fini par désigner un court dicton ou une brève sentence.


« Mais les proverbes de ce livre sont moins des dictons populaires que la diffusion de la sagesse de maîtres qui connaissaient la loi de Dieu et en appliquaient les principes à l'ensemble de la vie. » (D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeurs, The New Bible Commentary, Revised, p. 549)


Proverbes 1:1. Qui a écrit le livre des Proverbes ?


« Le titre général est : 'Proverbes de Salomon, fils de David'. Mais en divers endroits du livre il y a des rubriques qui citent les auteurs de sections déterminées. C'est ainsi que des sections sont attribuées à Salomon dans 10:1 et aux 'sages' dans 22:17 et 24:23. Dans 25:1 on trouve cette rubrique : 'Voici encore des proverbes de Salomon, transcrits par les gens d'Ézéchias, roi de Juda' ; le chapitre 30 est intitulé 'Paroles d'Agur, fils de Jaké' et le chapitre 31 est attribué au 'roi Lemuel ou plutôt à sa mère'. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 548)


Selon l'Écriture, Salomon prononça ou compila trois mille proverbes et écrivit 1005 cantiques (voir 1 Rois 5:12). Une partie de sa sagesse fut certainement conservée par les écrivains et les compilateurs ultérieurs de l'Ancien Testament et se trouve maintenant dans la littérature de la sagesse.


Proverbes 1:6. Que sont les 'énigmes' ?


Les premiers versets des Proverbes disent qu'un but de ce recueil de sagesse vise à aider les hommes à comprendre les « énigmes » des sages. Cela veut dire que les paroles des sages sont, pour ceux qui ne le sont pas, cachées ou sont des énigmes.


Proverbes 1:7. Quel est le thème du livre des Proverbes ?


Le thème du livre des Proverbes est énoncé au verset 7 : « La crainte de l'Éternel est le commencement de la connaissance. » Le mot crainte tel qu'il est utilisé ici signifie profond respect pour Dieu. Bien qu'il y ait beaucoup de choses dans le livre qui ne dépassent pas la sagesse profane, l'ensemble sert à rappeler que pour le Seigneur tout est spirituel (voir D&A 29:34). Le livre souligne l'idée que même dans la vie mortelle, tout, considéré comme il convient, témoigne de Dieu.


Proverbes 1:8-9. Obéir aux instructions des parents


Ces versets expriment l'idée que la sagesse acquise par l'obéissance aux conseils des parents est comme un gracieux ruban (couronne) pour la tête et comme des colliers autour du cou.

PROVERBES 2

Proverbes 2. La sagesse vient de Dieu


Ce chapitre souligne le fait que la sagesse est un don de Dieu que l'on n'obtient que par une recherche diligente, que Dieu veille sur ceux qui la reçoivent et lui restent fidèles, et qu'il les protège. Cette promesse ne peut se comprendre que quand on se souvient que pour Israël la sagesse signifiait l'obéissance aux lois de Dieu.


Proverbes 2:10. La tête, le coeur et les entrailles


Dans les cultures orientales et occidentales, différentes parties du corps symbolisent des notions d'intelligence et de sentiment. En Orient, on « comprend » dans son coeur et on « sent » dans ses entrailles ; en Occident, on « comprend » dans sa tête ou son esprit et on « sent » dans son coeur. Opposez D&A 9:8 qui dit : « Ton sein brûlera au-dedans de toi » à Proverbes 2:10 qui dit que « la sagesse viendra dans ton coeur, et la connaissance fera les délices de ton âme » (voir aussi Proverbes 6:18 ; 22:17).


Proverbes 2:14. La « perversité »


Le terme « perversité », telle qu'il est utilisé dans les Proverbes, est la traduction de plusieurs mots hébreux qui ont l'idée commune de tromperie, de méchanceté et de sottise.


Proverbes 2:16. Qu'est-ce qu'une « étrangère » ?


Le terme « étrangère » utilisé partout dans les Proverbes désigne non seulement les non-Israélites et les idolâtres, mais aussi les femmes impudiques ; le mot est souvent synonyme de prostituée.

PROVERBES 3

Proverbes 3:5-7. « Confie-toi en l'Éternel »


« Il est bien plus sage et meilleur de la part de l'homme d'accepter les vérités simples de l'Évangile et d'accepter pour autorité Dieu, le Créateur du monde, et son Fils Jésus-Christ et d'accepter par la foi les choses qu'il ne peut pas réfuter et pour lesquelles il n'a pas de meilleure explication. Il doit être disposé à reconnaître qu'il y a des choses, beaucoup de choses, qu'il ne peut pas comprendre.


« Comment pouvons-nous lier Dieu ou même refuser de croire en lui quand nous ne pouvons comprendre ne fût-ce que les choses les plus simples qui nous entourent. Comment une feuille fonctionne (quel est le rôle d'une feuille), ce qu'est l'électricité, ce que sont nos émotions, quand l'esprit entre dans le corps et ce qui lui arrive quand il le quitte ? Comment pouvons-nous dire que parce que nous ne comprenons pas la résurrection, il n'y a pas ou ne peut y avoir de résurrection ?


« Il nous est commandé : 'Confie-toi en l'Éternel de tout ton coeur, et ne t'appuie pas sur ton intelligence' (Proverbes 3:5). Et on nous donne cet avertissement : 'Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux et qui se considèrent intelligents !' (Ésaïe 5:21). » (N. Eldon Tanner, dans Conference Report, octobre 1968, p. 49)


Proverbes 3:11-12. « Ne méprise pas la correction de l'Éternel »


Ces versets énoncent un thème souvent répété dans les Écritures : le Seigneur corrige fréquemment ses enfants pour les aider à progresser spirituellement (voir Hélaman 15:3 ; D&A 95:1 ; 101:4-5).

PROVERBES 4

Proverbes 4:7. Acquérir la sagesse, « le commencement de la sagesse »


« Nous devons nourrir l'esprit aussi bien que l'intelligence et le corps. Je vous en supplie, vous les jeunes, obtenez de l'instruction, et en même temps que vous faites cela, obtenez l'intelligence. Obtenez l'érudition de l'esprit. Obtenez l'érudition de l'intelligence. Obtenez l'érudition de l'âme et devenez des hommes et des femmes accomplis, instruits dans tous les domaines, car je vous témoigne aujourd'hui que la sécurité, la vraie sécurité, vient de la connaissance de la divinité de Jésus-Christ. C'est là le début de toute instruction et de toute sagesse. C'est la plus grande connaissance, la plus grande érudition, la plus grande consolation que les hommes puissent avoir. Si les hommes ont cette connaissance dans leur coeur, ils peuvent résister à toutes les vicissitudes de la vie. » (Theodore M. Burton, dans Conference Report, avril 1961, p. 129)


Proverbes 4:18-19. La lumière pour les ténèbres


« On dit que la vie d'un chrétien est pleine de souffrances, d'épreuves, de chagrin et de tourments indicibles, de combats à l'extérieur et de craintes à l'intérieur, d'anxiété, de désespoir, d'abattement et de deuil. Son chemin est censé être parsemé de pièges, de chausse-trappes et d'incertitudes, mais c'est là une erreur, car 'le sentier des justes est comme la lumière resplendissante dont l'éclat va croissant jusqu'au plein jour', tandis que 'il y a dans le péché des lèvres un péché pernicieux, mais le juste peut sortir de la détresse'. La foi que j'ai embrassée m'a donné la lumière au lieu des ténèbres, le bien-être au lieu de la souffrance, la joie et le contentement au lieu du chagrin et du deuil, la certitude au lieu de l'incertitude, l'espérance au lieu du désespoir. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses, 9:318)

PROVERBES 5



PROVERBES 6

Proverbes 6:16-19. Sept choses que hait l'Éternel


« J'ai lu cela pour vous montrer que le Seigneur ne nous a pas laissés dans le doute ou dans les ténèbres concernant les choses, du moins celles d'entre elles que nous ne devons pas faire. Nous les ajoutons aux dix commandements. » (J. Reuben Clark, dans Conference Report, avril 1952, pp. 97-98)


Proverbes 6:16 cite six choses, puis une septième que le Seigneur hait. Le « rappel de ce qui a été dit, pour le corriger comme si on y avait pensé par après » est un procédé littéraire souvent utilisé par les auteurs hébreux pour donner de la beauté et de la puissance aux formules utilisées et créer une idée de totalité (E. W. Bullinger, Figures of Speech Used in the Bible, p. 909-910). On trouve d'autres exemples de ce procédé littéraire dans Proverbes 30:15, 18.


Proverbes 6:18. « Le coeur qui médite  des projets injustes»

« Si nous avons des pensées mauvaises, notre langue exprime des paroles impures… Si notre esprit se concentre sur le charnel et le mal dans le monde, le mode de vie profane et l'injustice nous sembleront être le mode de vie normal. Si nous entretenons dans notre esprit les choses qui ont trait à l'immoralité sexuelle, nous ne tardons pas à penser que tout le monde est immoral et impur, et cela va renverser la barrière existant entre nous et le monde. Et il en va de même de toute autre voie malsaine, impure et impie. » (
Bruce R. McConkie, dans Conference Report, octobre 1973, p. 56 ; voir aussi Ensign, janvier 1974, p. 48)

PROVERBES 7

Proverbes 7:2. « La prunelle de tes yeux »


Cette expression est une des nombreuses formules d'usage courant qui viennent de l'Ancien Testament. Elle se trouve aussi dans Deutéronome 32:10, Psaumes 17:8 et, avec une légère variante, dans Lamentations 2:18. L'expression veut dire que de même que l'oeil est un organe sensible qui demande soin et protection, de même la loi est précieuse et mérite protection.

PROVERBES 8

Proverbes 8. La sagesse personnifiée


La Sagesse est mise sur un piédestal et opposée à la femme séductrice, perverse et porteuse de mort de Proverbes 7 (voir versets 10-23). Dans la dignité et à la lumière du jour, la Sagesse implore tous de venir profiter de ses récompenses qui sont sources de vie.


Proverbes 8:17. Le secret de la force spirituelle


Ce verset expose une des vérités les plus simples et néanmoins une des plus profondes que l'on puisse apprendre dans la vie. Trop souvent les enfants de Dieu attendent d'être en temps de détresse pour le rechercher ; ils risquent ainsi de se priver de la force et de la consolation dont ils ont besoin (voir Hélaman 12:1-5 ; D&A 101:7-8).

PROVERBES 9



PROVERBES 10

Proverbes 10:18. « Celui qui répand la calomnie est un insensé »


« La calomnie est du diable ; le mot diable lui-même vient du grec diabolos qui signifie calomniateur. Il est donc naturel que les propos calomnieux à l'égard de l'Église trouvent d'une manière très générale leur origine parmi ceux qui mènent une vie charnelle et sensuelle, dont la conduite est de nature à les amener à être guidés et dominés par Lucifer. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 738)

PROVERBES 11

Proverbes 11:22. Les bijoux sur le nez


Les bijoux sur le nez étaient un ornement courant des femmes d'Israël et des cultures avoisinantes, mais un anneau d'or au groin d'un pourceau était impensable parce que les pourceaux étaient méprisés chez les Israélites. L'auteur de ce proverbe rejette ainsi la valeur de la beauté physique quand elle n'est pas accompagnée de la maîtrise de soi et de la justice.

PROVERBES 12



PROVERBES 13

Proverbes 13:10. « C'est par présomption qu'on provoque une brouille »


« Quand on pense aux mauvais sentiments et aux désagréments causés par les querelles, il est bon de se demander : 'Pourquoi me livrerais-je à cela ?' En étant vraiment honnêtes avec nous-mêmes, nous répondrions quelque chose comme : 'Lorsque je me dispute et que je suis désagréable, je n'ai pas besoin de me changer. Cela me donne l'occasion de me venger. Je suis malheureux et je veux que d'autres le soient aussi. Je peux me sentir meilleur que les autres. De cette manière je renforce mon estime de moi-même. Je ne veux pas que les autres oublient que j'en sais beaucoup'.


« Quelle que soit la raison véritable, il est important de reconnaître que c'est nous qui choisissons notre comportement. À l'origine de ce problème, il y a cette éternelle histoire d'orgueil. 'C'est seulement par présomption qu'on provoque une brouille' (Proverbes 13:10).


« Si l'adversaire peut réussir à susciter chez nous l'habitude de nous disputer, de nous quereller et de contester, il lui est plus facile de nous entraîner dans les péchés plus graves qui peuvent nous faire perdre notre vie éternelle. Un esprit querelleur peut influencer presque tous les aspects de notre vie. Une lettre furieuse écrite à la hâte peut nous hanter parfois pendant des années. Quelques mots malavisés dits inconsidérément peuvent détruire un mariage, une amitié ou empêcher les progrès d'une communauté. » (Marvin J. Ashton, L'Étoile, octobre 1978, p. 14-15)


Proverbes 13:20. La valeur des fréquentations


Il y a de nouveau ici une vérité profonde exprimée en termes simples. Les personnes que l'on décide de fréquenter dans la vie peuvent avoir un effet profond sur ce que l'on deviendra.


Proverbes 13:24. Ménager son bâton


« Au lieu d'utiliser la baguette, j'instruis mes enfants par l'exemple et par le précepte. À chaque occasion je leur enseigne de chérir la foi, de faire preuve de patience, d'être plein de longanimité et de bonté. Ce n'est pas par le fouet ou la baguette que l'on peut rendre les enfants obéissants, mais c'est par la foi et par la prière et en leur donnant le bon exemple. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses, 11:117)


« Mon opinion est que l'utilisation de la baguette est très souvent le résultat d'un manque de compréhension de la part d'un père ou d'une mère gâtés… Bien entendu dans certains cas l'usage de la baguette pourrait être nécessaire, mais j'ai vu des enfants maltraités alors qu'ils n'auraient pas dû l'être, parce qu'on croit que c'est le roi Salomon qui a fait cette réflexion, et, s'il l'a faite, dans neuf cas sur dix, il parlait de correction mentale plutôt que physique. » (George A. Smith, dans Journal of Discourses, 14:374)


Dans Doctrine et Alliances 121:41-43, le Seigneur montre comment il attend de ses saints qu'ils exercent leur discipline, non seulement dans l'Église, comme le veut l'interprétation ordinaire de ce passage, mais aussi chez eux.

PROVERBES 14

Proverbes 14:23. Au bout du compte


Disette signifie dénuement. Le message de ce verset est que les paroles creuses ne profitent ni à leur auteur ni aux autres. Beaucoup ont parlé de leurs grands projets d'enrichissement mais sont restés pauvres malgré tout parce que seule leur langue était active.

PROVERBES 15

Proverbes 15:1. Des réponses douces au foyer


« Dans toutes leurs activités quotidiennes, quelle que soit leur nature, les saints des derniers jours, et surtout ceux qui détiennent des postes importants dans le royaume de Dieu, doivent rester d'humeur égale, tant quand ils sont chez eux que quand ils sont au dehors. Ils ne doivent pas permettre que les revers et les situations désagréables les aigrissent et les rendent difficiles et insociables chez eux, parlant avec une aigreur et une acrimonie mordante à leur épouse et à leurs enfants, créant la tristesse et le chagrin dans leur maison, se faisant craindre plutôt qu'aimer de leur famille. Nous ne devons jamais permettre à la colère de surgir en nous, et nous ne devons jamais permettre aux mots suscités par les sentiments de colère de franchir nos lèvres. 'Une réponse douce calme la fureur, mais une parole blessante excite la colère' ; 'La fureur est cruelle et la colère impétueuse', mais 'l'homme qui a du discernement est lent à la colère, et il met son honneur à passer sur une offense'. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses,
11:136)


« Il est rare que nous ayons des ennuis lorsque nous parlons avec douceur. Ce n’est que lorsque nous élevons le ton que les étincelles volent et que de minuscules taupinières deviennent de grandes montagnes de conflits. » (Gordon B. Hinckley, dans Conference Report, avril 1971, p. 82 ; ou Ensign, juin 1971, p. 72)


« Trop souvent nous utilisons les périodes de communication comme des occasions de commander, d'imposer, de plaider ou de menacer. On ne doit en aucun cas utiliser la communication en famille pour imposer, commander ou embarrasser… Dans les discussions familiales, les différends ne doivent pas être ignorés mais doivent être soupesés et évalués dans le calme. Notre point de vue ou notre opinion, habituellement, n'est pas aussi importante qu'une relation saine et durable. La courtoisie et le respect dans l'écoute et la réponse pendant les discussions sont fondamentaux si l'on veut avoir un dialogue convenable… Il est extrêmement important de savoir comment ne pas être d'accord avec le point de vue de quelqu'un d'autre sans être désagréable. Il est extrêmement important de consacrer du temps à la discussion avant de prendre des décisions. Jones Stephens a écrit : 'J'ai appris que la tête n'entend rien tant que le coeur n'a pas écouté, et que ce que le coeur sait aujourd'hui la tête le comprendra demain'. » (Marvin J. Ashton, Conference Report, avril 1976, p. 79)


Proverbes 15:31-32. « Celui qui écoute la réprimande acquiert l'intelligence »


« Notre mode de vie doit tenir compte de la nécessité d'affronter la réalité dans notre vie… Le disciple du Christ doit s'attendre aux 'réprimandes qui mènent à la vie', et à la souffrance, car la souffrance est la sueur qui nous vient quand nous travaillons à notre salut. La souffrance est à l'ordre du jour pour chacun de nous. » (Neal A. Maxwell, Freedom: A Hard Doctrine, Brigham Young University Speeches of the Year, 12 avril 1972, p. 4)

PROVERBES 16

Proverbes 16:8. La richesse et la justice


On a écrit des livres entiers sur les dangers et les tentations de la richesse, mais cette phrase toute simple résume tout le problème de la richesse et de la justice.


Proverbes 16:32. Devenir maître de soi


« Il s' agit donc ici de soumettre non pas simplement la matière physique, afin de réaliser l'idéal, mais de soumettre vos passions et vos appétits et de les dominer. Certains d'entre vous disent qu'on parle trop du respect de la Parole de sagesse. Or c'est là une des meilleures leçons pour les jeunes dans ce monde et pour les vieux! Vous êtes tentés de vous laisser aller à certaines choses. Résistez, évitez d'exciter l'appétit des choses qui suscitent l'appétit pour elles-mêmes. Mais au-delà de cela vous acquérez la faculté de dire : 'Non merci'. Et la force que cela donne au caractère compense de loin le plaisir immédiat auquel vous renoncez… Je vous recommande, jeunes gens et jeunes filles, la vertu de la maîtrise de soi, si vous voulez remplir la véritable mesure de votre vie qui est de tout soumettre, afin de parvenir à l'idéal, au développement spirituel de votre âme. » (David O. McKay, dans Deseret News, 6 septembre 1952, p. 15)

PROVERBES 17

Proverbes 17:9. Favoriser les rapports aimants


L'expression « couvre une faute » dans ce contexte ne signifie pas que l'on cache un péché mais plutôt que l'on « pardonne une transgression ». L'expression « recherche l'amour » est mieux rendue par cette autre formulation : « favorise des rapports aimants » (Proverbes 17:9).


Proverbes 17:22. Le sens de l'humour


« Nous avons souvent recommandé à nos jeunes de conserver leur rire dans leurs années de maturité. Le sens de l'humour, quand il est sain, est une soupape de sécurité qui permet de donner un aspect plus souriant à de gros problèmes et d'en retirer des leçons dans l'art de résoudre des problèmes que la sueur et les larmes sont souvent incapables de dissoudre. » (Hugh B. Brown, dans Conference Report, avril 1968, p. 100)

PROVERBES 18

Proverbes 18:22. Trouver une bonne épouse


Proverbes 18:22 dans la Traduction de Joseph Smith dit que celui qui trouve une « bonne » épouse obtient l'approbation divine.

PROVERBES 19



PROVERBES 20

Proverbes 20:7. Marcher dans son intégrité


« Le développement complet de la personnalité de l'homme conformément aux principes de la justice et de la droiture s'appelle l'intégrité. Un homme intègre est sain, incorruptible et particulièrement strict à mériter la confiance que les autres lui font. La plus haute manifestation de l'intégrité est manifestée par ceux qui conforment leur conduite aux termes des alliances et des promesses évangéliques qu'ils ont faites. L'intégrité va de pair avec la droiture et la justice, et le Seigneur aide ceux qui ont de l'intégrité de coeur (voir D&A 124:15, 20). 'L'intégrité des hommes droits les dirige' (Proverbes 11:3) et le juste marche dans son intégrité ; heureux ses fils après lui !' (Proverbes 20:7'. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 385)

PROVERBES 21

Proverbes 21:3. Les sacrifices ne sont-ils pas acceptables au Seigneur ?


Le mot sacrifices tel qu'il est utilisé ici désigne l'ordonnance mosaïque du sacrifice. Il arrivait souvent à l'Israël d'autrefois de faire les gestes de l'offrande du sacrifice sans se tourner vraiment vers Dieu intérieurement. Le Seigneur lui rappelait donc souvent que la justice intérieure lui est plus agréable que l'exécution extérieure du rituel (voir 1 Samuel 15:22 ; Ésaïe 1:11-15 ; Amos 5:21-26).


Proverbes 21:13. L'application pratique de sa religion


La relation entre le service à autrui et notre force spirituelle personnelle est enseignée ici et en beaucoup d'autres endroits des Écritures (voir Mosiah 2:17 ; Alma 34:28 ; Ésaïe 1:16-20 ; Jacques 1:27).


« Il y a des années que nous enseignons notre théologie et que nous l'enseignons avec succès au monde. Nous devons maintenant donner à notre religion une application pratique, nous devons de nouveau consulter et appliquer dans notre vie quotidienne les paroles du Maître telles qu'elles se trouvent dans les Écritures saintes. Je voudrais vous en lire quelques-unes : 'Aimez-vous les uns les autres'… 'À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples'… 'Tu te souviendras des pauvres et tu consacreras à leur entretien, par une alliance et un acte qui ne peuvent être rompus, cette partie de tes biens que tu as à leur donner'… 'Et lorsque tu donnes une partie de ta substance aux pauvres, c'est à moi que tu la donneras'. 'Celui qui ferme son oreille au cri du faible criera lui-même et n'aura pas de réponse'.


« Il me semble que l'application des principes de l'Évangile de Jésus-Christ est la tâche la plus importante que nous ayons aujourd'hui. En écoutant cet après-midi frère McKay nous parler des millions de jeunes qui se trouvent en dehors des Églises et dont le coeur n'est pas touché par l'enseignement religieux, je me suis dit : notre Église doit montrer la direction au monde, doit montrer la façon de sortir de cette grave situation économique en attirant l'attention sur le message de Jésus et en appliquant les principes qu'il a enseignés. » (Hugh B. Brow, dans Conference Report, octobre 1932, p. 74-75)


Proverbes 21:30. Pourquoi n'y a-t-il pas de « conseil qui compte vis-à-vis de l'Éternel » ?


Trop souvent le monde cherche à donner des conseils qui vont à l'encontre de la volonté divine. Ce genre de conseil ne résiste pas à l'épreuve du temps et doit être rejeté.


Proverbes 21:31. « C'est à l'Éternel qu'appartient le salut »


Autrefois on n'utilisait le cheval que pour la guerre ; il devint donc le symbole de la guerre et de la conquête (voir Samuel Fallows, éditeur, The Popular and Critical Bible Encyclopedia and Scriptural Dictionary, sous la rubrique « Horse »). Ce proverbe signifie que les hommes ont tendance à multiplier les chevaux ou à chercher à se défendre de leurs ennemis en se préparant pour la guerre, alors qu'au fond leur sécurité réside dans la confiance et la foi en Dieu. Il semble qu'on oublie cette leçon, car les sociétés modernes augmentent leurs armements et n'accordent aucune pensée au rôle que Dieu joue dans leur défense.

PROVERBES 22

Proverbes 22:6. Quelle est la meilleure façon de guider les enfants ?


« Josh Billings paraphrase cette vérité [Proverbes 22:6] en disant : 'Pour élever un enfant selon la voie qu'il doit suivre, suivez cette voie vous-même'… J'entends partout dans l'Église [cette évidence] : 'si nous n'avions pas de problèmes avec les parents, nous n'en aurions pas avec les jeunes. » (Victor L. Brown, dans Conference Report, avril 1970, p. 31)


« Il y a une différence entre enseigner et orienter. Enseigner c'est amener l'enfant à comprendre, orienter c'est amener l'enfant à agir. Tout acte accompli est un pas vers l'acquisition d'une habitude ; qu'on le répète de nombreuses fois, l'habitude se prend. Si nous orientons nos enfants sur la voie du Seigneur… chaque fois qu'ils accompliront un acte d'obéissance à la parole et à la volonté de notre Père céleste, leur personnalité s'ancrera davantage dans la volonté de faire ce que Dieu attend d'eux. » (James G. Duffin, dans Conference Report, avril 1909, p. 25)


« Il est tellement évident que le grand bien et le terrible mal qui règnent dans le monde actuel sont les fruits doux et amers de l'éducation donnée aux enfants d'hier. Dans quelques années, le monde sera tel que nous élevons la nouvelle génération. Si l'avenir vous inquiète, veillez à l'éducation que vous donnez à vos enfants.» (Gordon B. Hinckley, L'Étoile, avril 1979, p. 32)


Proverbes 22:28. Qu'est-ce qu'une borne ?


Dans un monde qui n'avait pas de clôtures, les bornes indiquaient les limites. Aujourd'hui encore on peut voir au Proche-Orient des empilements de rochers marquant la séparation entre les terres d'un homme et celles d'un autre. Déplacer ces bornes était très grave ; c'était l'équivalent de voler les biens d'un autre. Voir aussi Proverbes 23:10.

PROVERBES 23

Proverbes 23:7. Nos actions suivent nos pensées


« La grande bataille dans le monde d'aujourd'hui porte, comme toujours, sur la domination des âmes. Tout homme est engagé personnellement dans cette lutte et il la mène avec ce qu'il a à l'esprit. En dernier ressort, le champ de bataille se trouve à l'intérieur de chaque individu. Inévitablement il gravite autour des sujets de ses pensées. Jadis un sage a formulé cette vérité grandiose : 'Car il est tel que sont les arrière-pensées de son âme' (Proverbes 23:7). Si nous voulons échapper aux appétits de la chair et édifier pour nous et pour nos enfants une personnalité solide, nous devons nous rappeler et leur rappeler des principes justes pour qu'eux et nous les méditions. Nous ne devons pas permettre que notre esprit soit saturé par les intérêts et les attitudes du monde qui nous entoure. Faire cela revient au même que de les adopter… Si nous voulons éviter d'adopter les maux du monde, nous devons avoir un programme qui nous permettra de nourrir quotidiennement notre esprit et de lui rappeler les choses de l'Esprit. » (Marion G. Romney, L'Étoile, octobre 1980, p. 113)


Proverbes 23:16. Le terme « entrailles »


« Dans la physiologie antique, on croyait que les entrailles étaient le siège du désir et des aspirations, ce qui explique qu'elles sont souvent associées au coeur. »
(William Smith, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « reins »)

PROVERBES 24

Proverbes 24:10. Le « jour de détresse »


« Parce que c'est nécessaire à notre développement, le Seigneur permet que nous passions par l'expérience à la fois de l'amer et du doux. Il sait que notre foi doit être mise à l'épreuve dans la détresse aussi bien que dans la sérénité. Sinon cette foi risque de ne pas être suffisamment développée quand se produira une situation qui ne pourra être affrontée que par la foi seule… Même dans les temps de difficultés et d'épreuve, l'Évangile du Christ donne de l'encouragement et de l'assurance. » (L. Ray L. Christensen, dans Conference Report, avril 1969, p. 39)

PROVERBES 25

Proverbes 25:21-22. Amasser des charbons ardents sur la tête d'un autre


À première vue on a l'impression que ces versets nous invitent à faire la bonne chose pour la mauvaise raison : à pardonner pour que notre ennemi reçoive un tourment pire encore. Mais d'autres Écritures invitent à une autre interprétation : c'est amener quelqu'un au repentir et à la tristesse selon Dieu en aiguisant sa conscience (voir Romains 12:19-20).


« Les charbons ardents posés sur la tête doivent être une conséquence douloureuse mais saine ; ils représentent le repentir de celui qui se fait des reproches… [quand] on montre une bonne attitude à l'égard de l'ennemi… La motivation particulière n'est sans doute pas que Dieu récompense une telle magnanimité, mais cette conception pourrait y contribuer, car sinon de telles promesses de Dieu [comme Ésaïe 58:8-12] seraient sans fondement moral. Le proverbe exige aussi que l'on se montre doux et libéral à l'égard de l'ennemi nécessiteux et propose deux raisons pour cela : premièrement, de cette façon son injustice apparaît à sa conscience, et deuxièmement cet amour actif à l'égard de l'ennemi est agréable à Dieu et il le récompense ; c'est par ce genre de conduite, indépendamment de l'application d'une loi fondée sur notre nature morale, qu'on fait progresser le bonheur de son prochain et le sien. » (C L. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 6:2, 168)

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PROVERBES 31

Proverbes 31:10-31. « La femme qui craint l’Éternel est celle qui sera louée »


Proverbes 31:10-31 décrit « une femme vertueuse » (v. 10), ou une femme d’une grande force, capacité et influence spirituelle. Ce sont là des qualités que nous devons tous nous efforcer d’acquérir, que nous soyons homme ou femme.

 

ECCLÉSIASTE

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I


L’Ecclésiaste contient des dictons pleins de sagesse et certains croient que Salomon en est l’auteur. Le message de l’Ecclésiaste est que la vie n’a de sens qu’en Dieu.


ECCLÉSIASTE 1

Ecclésiaste 1. « sous le soleil » ; « tout est vanité »


« Le livre de l'Ecclésiaste semble baigner dans une atmosphère pessimiste, mais il faut le lire à la lumière d'une de ses formules-clefs : 'sous le soleil' (versets 3, 9, 14), ce qui signifie 'du point de vue profane'. Le terme vanité (versets 2, 14) a  aussi besoin d'être éclairci, car, tel qu'il est utilisé dans l'Ecclésiaste, il signifie transitoire ou fugitif. C'est ainsi que l'Ecclésiaste se lamente de ce que, telles que les choses apparaissent du point de vue du monde, tout est temporaire et disparaît bientôt, rien n'est permanent. (Bible Dictionary, sous la rubrique « Ecclésiaste »)

ECCLÉSIASTE 2



ECCLÉSIASTE 3

Ecclésiaste 3:1-11. Chaque chose en son temps


Ces versets comptent parmi ceux qui sont le plus souvent cités dans l'Ecclésiaste. Leur message est qu'il y a un moment approprié pour tout ce qui se passe dans la vie humaine.  


« Le président Kimball vous a donné des instructions, à vous les jeunes, et particulièrement aux jeunes gens, sur ce principe d'un temps pour chaque chose. Notez l'ordre de succession qui mettra de l'ordre et apportera du bonheur dans votre vie. Je cite… : 'On peut avoir toutes les bénédictions si on est maître de la situation et que l'on fait ces expériences dans l'ordre qui convient : tout d'abord des contacts de société pour faire connaissance d'une manière limitée, ensuite la mission, ensuite les fiançailles, puis le mariage au temple, puis [notez cela] les études et les enfants, puis la carrière et les autres tâches de la vie. Dans tout autre ordre on risque de rencontrer des difficultés' (Spencer W. Kimball, The Marriage Decision, Ensign, 1975, p. 4). » (Paul H. Dunn, dans Conference Report, avril 1975, p. 91 ; voir aussi Ensign, mai 1975, p. 62)

ECCLÉSIASTE 4

Ecclésiaste 4:13. La volonté de continuer à progresser


« Quand je devins membre de l'Église par le baptême, elle était dans sa tendre enfance, bien qu'un nombre considérable de gens aient été baptisés avant moi et que beaucoup étaient plus âgés que moi quand ils furent baptisés. Ils s'améliorèrent, leur esprit s'ouvrit, ils reçurent de la vérité et de l'intelligence, progressèrent dans la connaissance des choses de Dieu et promettaient d'atteindre leur stature complète d'homme en Christ Jésus. Mais certains d'entre eux, quand ils eurent obtenu un peu de force et de connaissance spirituelles, cessèrent apparemment de progresser. C'était dans les États de l'Est et il ne se passa que peu d'années avant que ces arbres ne commencent à cesser de porter du fruit… comme les arbres fruitiers, ils ont cessé de grandir, de s'accroître et de porter les fruits de l'Esprit. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses, 7:335)

ECCLÉSIASTE 5

Ecclésiaste 5:1-16. Proverbes dans l'Ecclésiaste


Ces versets sont les plus positifs de l'Ecclésiaste. Les instructions qui sont données ici prennent la forme de courts proverbes ou de sentences.


Ecclésiaste 5:11. L'importance d'aimer le travail


« Vous vous souvenez de ce que le Seigneur a dit : 'C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain' (Genèse 3:19). Et il y a ce merveilleux passage dans Jean : quand le Sauveur fut critiqué pour quelque chose qu'il avait fait le jour du sabbat, il répondit à ses accusateurs en disant : 'Mon Père travaille jusqu'à présent. Moi aussi, je travaille' (Jean 5:17). Et puis ce passage mémorable de l'Ecclésiaste : 'Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait peu ou beaucoup à manger'. Je suis heureux de ne pas avoir été riche, parce que la phrase suivante dit : 'mais la satiété du riche ne le laisse pas dormir' (Ecclésiaste 5:12). Toute ma vie j'ai eu la grande bénédiction de vivre avec des gens qui aimaient travailler. Je me réjouis d'avoir une épouse qui a du plaisir à entretenir notre maison… On a dit : 'Heureux l'homme qui a un travail qu'il aime', mais quelqu'un d'autre a ajouté cette pensée fondamentale : 'Heureux l'homme qui aime le travail qu'il doit faire. » (Adam S. Bennion, dans Conference Report, avril 1955, p. 110-111)

ECCLÉSIASTE 6



ECCLÉSIASTE 7

Ecclésiaste 7:12. Que peut-on emporter ?


Dans ces versets l'Ecclésiaste se trouve tout près de la vérité exprimée dans Doctrine et Alliances 130:17-19.


Ecclésiaste 7:13-29. L'homme est-il maître de son destin ?


Le thème est ici la résignation à la volonté de Dieu. Trouvons notre satisfaction en changeant, en nous maîtrisant et en nous abstenant de faire ce qui est pervers et insensé. La sagesse c'est, entre autres, changer ce qui peut l'être et accepter ce qui ne peut être changé.


ECCLÉSIASTE 8



ECCLÉSIASTE 9

« Ecclésiaste 9:5 et 9:10 déclarent que les morts 'ne savent rien' et qu'il n'y a pas de connaissance 'dans le séjour des morts'. Il ne faut pas y voir des affirmations théologiques sur l'état de l'âme après la mort ; ce sont plutôt des observations… sur la conception qu'ont les hommes de la terre 'sous le soleil'. »
(Bible Dictionary, sous la rubrique « Ecclésiaste »)


Ecclésiaste 9:11. Pour celui qui persévère jusqu'à la fin


« La course n'est pas aux plus agiles, ni la richesse aux plus intelligents. Ne vous agitez pas et ne soyez pas si inquiets pour vos biens, et ne pensez pas non plus que quand vous avez réuni des trésors, ils produiront à eux seuls la joie et le confort, car il n'en est pas ainsi. La course n'est pas aux plus agiles, ni la guerre aux plus vaillants, ni la richesse aux plus intelligents. Le Seigneur donne l'accroissement : il enrichit qui il veut. Vous demanderez peut-être : 'Pourquoi ne pas nous rendre riches ?' Peut-être parce que nous ne saurions que faire de la richesse. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses, 7:241)


ECCLÉSIASTE 10

Ecclésiaste 10. Autres proverbes de l'Ecclésiaste


Ce chapitre est avant tout un recueil de proverbes. Le thème central semble être que sans Dieu la vie est vanité et n'a pas de but. À part leur point de vue pessimiste, ces proverbes diffèrent peu de ceux du livre des Proverbes.

ECCLÉSIASTE 11

Ecclésiaste 11 et 12. « La partie la plus spirituelle du livre apparaît aux chapitres 11 et 12 où est tirée la conclusion que la seule activité ayant une valeur durable et permanente vient de l'obéissance aux commandements de Dieu, puisque tout sera examiné dans le jugement que Dieu prononcera sur l'homme. » (Bible Dictionary, sous la rubrique « Ecclésiaste »)


Ecclésiaste 11. Doit-on accepter ce qui est ?


L'accent est mis ici sur trois choses : 1. Chacun doit profiter des possibilités qui s'offrent à lui tant qu'elles sont là, 2. La vie est incertaine et rien ne garantit que les occasions perdues se présenteront à nouveau et 3. Notre avenir ne consiste pas à changer ou à contester, mais à accepter ce qui est et à en tirer le meilleur parti. Ce conseil ressemble beaucoup à la philosophie orientale du karma (prendre la vie comme elle vient et s'y adapter). Jésus a enseigné que l'homme peut devenir maître de son destin. Les hommes ont véritablement une influence sur leur situation aussi bien qu'une responsabilité quant à la façon dont ils y réagissent. L'obligation de l'homme est de faire tout ce qu'il peut et pas simplement d'apprendre à se résigner à son sort.


Ecclésiaste 11:1. La loi de la moisson


On moissonne ce qu'on sème ; on jette son pain à la surface des eaux et on obtient un juste retour des choses. Toute bonne action a sa récompense, toute pensée indigne s'inscrit dans un recoin de l'esprit.


Ecclésiaste 11:3. Comme l'arbre tombe


« Nous ne tarderons pas à devoir déposer notre corps et à entrer dans le monde des esprits. Et je sais que le jugement nous trouvera tel que nous serons quand nous nous coucherons : c'est scripturaire. 'C'est là où l'arbre tombe qu'il reste'. En d'autres termes : le jugement nous trouvera tels que la mort nous aura laissés. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses, 4:52-53)


ECCLÉSIASTE 12

Voir commentaire sur Ecclésiaste 11 et 12.


Ecclésiaste 12. La vie a un sens


Ce passage paraît négatif, cynique et désespéré, mais on doit se souvenir que l'Ecclésiaste parle du point de vue de l'homme sans Dieu. Du point de vue de l'homme naturel, il est difficile de discuter avec l'Ecclésiaste. Quand on met sa confiance dans les choses du monde, on ne trouve pas d'avantage spirituel durable. L'énergie et le travail dépensés, la sagesse et la connaissance acquises, la fortune et le prestige accumulés, la bonté et la vertu dispensées sont vides sans Dieu et n'ont pas de sens dans le plan éternel des choses s'il n'y a pas pour les accompagner une vie spirituelle. Le but de l'Ecclésiaste n'est pas d'écraser les hommes entre la futilité et le désespoir, mais de les aider à se souvenir que la vie n'a un sens que par Dieu et par le respect des commandements. Sinon tout est vanité.


Ecclésiaste 12:7. « L'esprit retourne à Dieu »


« Nous ne pouvons manifestement pas retourner en un endroit où nous n'avons jamais été, c'est pourquoi nous disons que la mort est un processus aussi miraculeux que la naissance, par lequel nous retournons à notre Père qui est aux cieux. » (Harold B. Lee, L'Étoile, juin 1974, p. 348)


Dans un passage d'Écriture apparenté, Doctrine et Alliances 88:15-16, le Seigneur dit que le corps et l'esprit réunis constituent l'âme. La séparation du corps et de l'esprit est ce que les hommes appellent la mort ; leur réunion est ce que les hommes appellent la résurrection.


Ecclésiastes 12:13. « Crains Dieu et observe ses commandements »


Ce verset à lui seul donne tout son sens au livre de l'Ecclésiaste. L'Ecclésiaste finit par résumer sa philosophie en nous disant de craindre Dieu et d'observer ses commandements (voir v. 13), de donner la priorité aux choses les plus importantes et tout le reste aura du sens et ne sera pas simplement de la vanité. Il n'y a aucune raison pour que la vie soit vide et inutile, consacrée à la recherche de la richesse, de la célébrité, du plaisir ou même de la sagesse.


« Si nous gardons tous les commandements de Dieu, nous éprouverons un sentiment de calme, de sérénité et de force. Ce sera un bastion qui nous protégera des vents et des tempêtes créés par les tensions et les incertitudes de l'état chaotique actuel du monde. Il n'est pas nécessaire d'attendre d'arriver au ciel pour obtenir la paix et le bonheur. Nous pouvons avoir dès maintenant le paradis sur terre. » (Henry D. Taylor, dans Conference Report, octobre 1961, p. 103)


 

CANTIQUE DES CANTIQUES

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Le cantique des cantiques, dont le prophète Joseph Smith a dit qu'il ne fallait pas le considérer comme un écrit inspiré, est un des nombreux cantiques écrits par Salomon.


« Le cantique des cantiques est un poème oriental d’une rare beauté. L’orateur, un ancien écrivain influencé par la pensée grecque et orientale, chante les louanges de la loyauté de Pamour. II est probable que Salomon n’a pas ecrit ce livre, puisqu’il est évident par la pensée et le style qu’il remonte au troisieme siècle avant J.-C. II est cependant raisonnable d’interpréter le poème comme une allélgorie exaltant l'amour divin au-dessus de l'amour humain. Les chants sont d’exquises images décrivant les ruisseaux, les collines, les vignes et les paturages pleins des couleurs et de la musique de la nature (voir le cantique, 2:11-17). L’histoire est très simple : Salomon vit et fit la cour à une belle jeune fille. Dans son palais il cherche à l'éeblouir par sa splendeur et son pouvoir. La jeune fille, déjà éprise d’un simple berger des collines, resta fidèle à son humble amoureux et, finalement, repoussant le roi, retourne vers son berger. Le but du poème est magnifiquement exprimé dans les vers de la fin (voir 8:6-7). Le pouvoir de la pensée hébraïque est le pouvoir de la poésie hebraïque. » (L'Étoile, mars 1943, p. 88)


CANTIQUE 1



CANTIQUE 2



CANTIQUE 3



CANTIQUE 4



CANTIQUE 5



CANTIQUE 6



CANTIQUE 7



CANTIQUE 8

 

 

ÉSAÏE

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Ésaïe a prophétisé beaucoup de choses sur la mission terrestre du Sauveur, sur la destruction qui découlerait de la méchanceté d’Israël et sur la mission et la destinée de l’Israël moderne. Beaucoup d’avertissements et de prophéties d’Ésaïe s’appliquent tant à son époque, qui fut une époque de grande méchanceté, qu’à la nôtre.


ÉSAÏE 1

Ésaïe 1:1. « Prophétie d'Ésaïe »


La révélation (« prophétie ») que reçut le prophète Ésaïe lui donna une grande compréhension prophétique des problèmes du monde dans lequel il vivait et des problèmes du futur.


Ésaïe 1:1-9. La révolte contre le Seigneur


« La révolte d'Israël est une manifestation extrême du péché. » (Sidney B. Sperry, The Spirit of the Old Testament, p. 175)


L'Éternel les avait éduqués et élevés comme des fils (en Égypte et dans le désert), et maintenant, à l'âge adulte (dans la Terre promise), ils s'étaient tournés contre le Seigneur. Leur affliction est comme des blessures ou des contusions qui n'ont pas guéri. Le caractère absolu de leur révolte est illustré par les allusions à la tête et au coeur, à la personne tout entière de la tête aux pieds. En d'autres termes, le cancer spirituel avait envahi le corps tout entier d'Israël. Il ne restait guère de santé spirituelle dans la nation. C'est pour cela que le pays resterait totalement désolé.


Ésaïe 1:4. « Le Saint d'Israël »


Ce titre sacré du Sauveur a peut-être été révélé grâce au prophète Ésaïe puisque c'est dans ses écrits que l'on trouve ce titre mentionné pour la première fois dans un texte. Il apparaît environ trente fois dans les écrits d'Ésaïe, mais deux fois seulement dans Jérémie, une fois dans Ézéchiel et trois fois dans les Psaumes. Il n'est pas utilisé ailleurs dans l'Ancien Testament, sauf dans 2 Rois 19:22, où c'est Ésaïe qui parle. Dans le Livre de Mormon, les prophètes Léhi, Néphi et Jacob utilisent cette expression trente-neuf fois, dont quatre seulement sont des passages d'Ésaïe.


Ésaïe 1:8. Qu'est-ce qu'une « cabane dans une vigne » ?


Quand la vigne et le champ de concombres étaient bons pour la récolte, on construisait de petites cabanes ou huttes dans le champ pour que le propriétaire ou ses serviteurs pussent veiller sur la récolte et la protéger des voleurs ou des animaux. Ces huttes étaient généralement faites grossièrement et érigées à la hâte. Après la récolte on les abandonnait, et elles devenaient rapidement délabrées. Jérusalem serait comme cela : elle, jadis orgueilleuse et utile, mais maintenant, à cause de sa négligence spirituelle, un souvenir vide et pitoyable (voir Edward J. Young, The Book of lsaiah, 1:55-56)


Ésaïe 1:9. « Si l'Éternel ne nous avait pas conservé un faible reste »


La déclaration prophétique promet que le lignage de Juda sera préservé pour l'avenir. Paul cite ce passage dans ce même contexte (voir Romains 9:29 ; Ésaïe 10:22).


Ésaïe 1:10-15. L'hypocrisie d'un culte qui n'est pas sincère


Ces versets ne veulent pas dire que le Seigneur rejette la loi de Moïse, et en particulier les observances et les ordonnances de la loi. Ce qui est condamné ici, c'est l'hypocrisie avec laquelle les offrandes et les fêtes mosaïques sont accomplies. Israël abusait de ces activités religieuses parce qu'il ne s'acquittait que des exigences extérieures, n'adorait pas de tout son coeur et n'adressait pas son culte au Sauveur (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 43 ; Young, Book of lsaiah, 1:61-62). Qualifier le peuple d'Israël de Sodome et de Gomorrhe (v. 10), c'est décrire d'une manière frappante à quel point le peuple s'était enfoncé dans le péché et la dépravation.


Ésaïe 1:16-20. Appel au repentir, promesse de pardon


Au milieu d'une dénonciation cinglante de la maison d'Israël, le Seigneur lui rappelle qu'elle peut être sauvée en tant que nation si elle se repent vraiment. Cette Écriture est souvent utilisée pour encourager des personnes à se repentir et à demander pardon, mais à l'origine elle fut donnée à une nation, pas à une personne.


« Ce n'est pas là une promesse personnelle, mais une promesse faite à une nation rebelle. Quel que soit le nombre de prophètes que le Seigneur envoya à Israël et à Juda et le nombre de fois qu'il plaida avec eux, pendant toute leur histoire, ils furent rebelles. Nous trouvons ici la promesse que s'ils veulent retourner au Seigneur, leurs péchés passés seront pardonnés et il les acceptera de nouveau comme son peuple et les bénira abondamment, et ils continueront à être son peuple de l'alliance. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 2:180).


Mais Néphi dit : « Je leur lus ce qui était écrit par le prophète Ésaïe ; car j’appliquais toutes les Écritures à nous, afin que cela fût pour notre profit et notre instruction. » (1 Néphi 19:23). Il est certain que cette belle promesse, quoique donnée à l'origine à Israël en tant que nation, peut être « appliquée » à des personnes.


« Ceux qui croient et se repentent doivent être emmenés dans l'eau et être ensevelis pour quitter leur ancienne vie, doivent se débarrasser du vieil homme avec ses actes, doivent être ensevelis à l'image de l'ensevelissement du Christ et se relever à l'image de la résurrection du Christ. Puis, quand ils sortent de l'eau, s'ils ont cru, se sont repentis et ont été baptisés par un homme envoyé par Dieu pour baptiser, alors 'Si [leurs] péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; S'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine'.


« Ils sont purifiés, ils s'avancent vers une nouvelle naissance, ils naissent de l'eau, et chaque fois qu'ils prennent la Sainte-Cène, ils témoignent à Dieu qu'ils continueront dans ses voies et marcheront dans ses sentiers, qu'ils ont revêtu le Christ et qu'ils se souviendront de lui pour garder ses commandements en toutes choses. Lorsque l'on est ainsi correctement purifié et rendu blanc, semblable à un nouveau-né au moment où il vient au monde, sans tache ni ternissure, alors on a un corps digne de recevoir le Saint-Esprit. » (Charles W. Penrose, dans Journal of Discourses, 22:91)


Selon le président Joseph Fielding Smith, le lavage dont il est question au verset 16 pourrait être le baptême (voir Answers to Gospel Questions, 1:51). Selon le Livre de Mormon, Ésaïe a enseigné le baptême au moins une autre fois encore (voir 1 Néphi 20:1).


Ésaïe 1:19-20. Une bénédiction ou une malédiction


Cette même promesse conditionnelle et ce même avertissement ont été donnés à notre époque (voir D&A 64:34-35).


ÉSAÏE 2

Ésaïe 2:1-5.


Ces mêmes versets apparaissent dans Michée 4:1-5. Nous ignorons s'ils ont été révélés pour la première fois à Ésaïe ou à Michée.


La « montagne de l'Éternel » fait allusion au rétablissement de l'Église dans les derniers jours.


« L'apparition de son Église à notre époque a été le commencement de l'accomplissement de la prophétie antique disant que 'la montagne de la maison de l'Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes. » (Harold B. Lee, dans Conference Report, avril1973, p. 5)



« Quand les pionniers sont allés établir l'Église au sommet des montagnes, nos premiers dirigeants ont déclaré que c'était le commencement de l'accomplissement de cette prophétie. » (
Harold B. Lee, The Way to Eternal Life, Ensign, novembre 1971, p. 15)


L'établissement du siège de l'Église à Salt Lake City n'est que le début de l'accomplissement de cette déclaration inspirée. De toute évidence, l'effet du centre de l'Église en Utah a été grand.


« Comme [Ésaïe 2:3] s'est accompli littéralement, selon ma façon de penser, dans cette maison même du Dieu de Jacob, ici même dans ce quartier ! Ce temple (de Salt Lake City), plus que n'importe quel autre bâtiment que nous connaissons, a amené des gens de tous les pays à 'apprendre ses voies et à marcher dans ses sentiers'. » (LeGrand Richards, dans Conference Report, avril 1971, p. 143)


Mais ce passage de l'Écriture va bien plus loin que Salt Lake City. Le verset 3 laisse entendre que finalement d'autres centres mondiaux y seront inclus. Alors cette déclaration prophétique sera accomplie.


Ésaïe 2:3. « De Sion sortira la loi… de Jérusalem la parole de l'Éternel »


« Nous apprenons par la révélation donnée à Joseph Smith, le prophète, que la ville de Sion et la Nouvelle Jérusalem sont une seule et même chose (D&A 28:9 ; 42:9 ; 45:66-67 ; 57:2 ; 58:7]… L'Ancienne Jérusalem, après que les Juifs auront été purifiés et sanctifiés de tous leurs péchés, deviendra une ville sainte où le Seigneur demeurera et d'où il enverra ses paroles à tous les hommes. De même, sur le continent américain, la ville de Sion, la Nouvelle Jérusalem, sera construite, et de là sortira aussi la loi de Dieu. Il n'y aura pas de conflit, car chaque ville sera le siège du Rédempteur du monde, et il enverra de chacune ses proclamations selon les besoins. Jérusalem sera le lieu de rassemblement de Juda et de ceux de la maison d'Israël qui lui sont associés, et Sion sera le lieu de rassemblement d'Éphraïm et de ceux qui lui sont associés sur la tête desquels sera conférée la 'bénédiction plus abondante'…


« Ces deux villes, l'une dans le pays de Sion et l'autre en Palestine, deviendront les capitales du royaume de Dieu pendant le millénium.


« Entre-temps, tandis que l'oeuvre de préparation est en cours et qu'Israël se rassemble, beaucoup de personnes viennent au pays de Sion, disant 'venez, et montons à la maison de l'Éternel, à la maison du Dieu de Jacob'. Les saints des derniers jours accomplissent cette prédiction, puisqu'on les rassemble de tous les coins de la terre et qu'ils viennent à la Maison du Seigneur dans ces vallées des montagnes. On leur enseigne ici les voies du Seigneur grâce au rétablissement de l'Évangile et en leur faisant recevoir les bénédictions dans les temples actuellement construits. En outre, il ne se passera pas beaucoup d'années que le Seigneur ne commande la construction de la ville de Sion, et Jérusalem en Palestine sera en temps voulu purifiée et deviendra une ville sainte, et sera la demeure des Juifs après qu'ils soient purifiés et soient disposés à accepter Jésus-Christ comme Rédempteur. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du Salut, 3:71-73)


Pendant que les saints attendent le moment où ces centres mondiaux seront créés, le principe d'envoyer la loi a été associé, non seulement à la diffusion de l'Évangile et de ses bénédictions, mais aussi à l'établissement du climat dans lequel l'oeuvre de l'Évangile peut progresser.


« Je me suis souvent demandé ce que signifiait l'expression que de Sion sortirait la loi. Il y a des années, je suis allé avec les Autorités générales au temple d'Idaho Falls, et j'ai entendu dans la prière inspirée de la Première Présidence la définition du sens de 'de Sion sortira la loi'. Notez les termes de la prière : 'Nous te remercions de ce que tu nous as révélé que ceux qui nous ont donné notre gouvernement constitutionnel ont été sages à tes yeux et de ce que tu les as suscités dans le but même de produire ce document sacré [la Constitution des États-Unis, voir D&A 101, ndlr]… Nous prions que les rois, les gouverneurs et les peuples de toutes les nations sous le ciel soient persuadés des bénédictions que reçoit le peuple de ce pays grâce à la liberté qu'il a, sous ta direction, et soient contraints d'adopter des systèmes de gouvernement similaires, pour accomplir l'antique prophétie d'Ésaïe et de Michée que 'de Sion sortira la loi et de Jérusalem la parole de l'Éternel' (lmprovement Era,octobre 1945, p. 564). » (Harold B. Lee, The Way to Eternal Life, p. 15)


Ésaïe 2:4-5. Établissement du millénium


Ces versets traitent de l'inauguration de l'ère millénaire et des changements qui l'accompagneront. Les écrits d'Ésaïe, tels qu'ils se trouvent dans le Livre de Mormon, présentent cet ajout au verset 5 : « oui, venez, car vous vous êtes tous égarés, chacun dans ses voies mauvaises » (2 Néphi 12:5). Ce verset révèle une apostasie généralisée en Israel et le retour d'Israël au Seigneur avant la Seconde Venue.


Ésaïe 2:6-22. Les orgueilleux et les méchants seront abaissés


Ésaïe 2 résume les problèmes spirituels fondamentaux qui affligeaient Israël du temps d'Ésaïe et qui existeront de nouveau parmi le peuple avant la Seconde Venue. Ce passage est encore un excellent exemple de la façon dualiste de prophétiser d'Ésaïe. Bien que la prophétie d'Ésaïe ait été donnée « sur Juda et Jérusalem » (v. 1), elle se rattache aussi manifestement aux derniers jours et à la seconde venue de Jésus.


Verset 6


« Ils sont pleins de l'Orient » ou en d'autres termes, ils se nourrissent de philosophie religieuse et des dieux des Assyriens et d'autres pays païens, et puisent auprès d'eux leur force. Aujourd'hui, les gens recherchent la sagesse et un sens à leur vie auprès d'autres religions et auprès des philosophies des hommes au lieu de se tourner vers l'Évangile.


« Ils sont… adonnés à la magie ». 2 Néphi 12:6 dit « ils écoutent les devins ». Ces faux prophètes prétendaient être capables de prédire  l'avenir. Aujourd'hui les vrais prophètes sont très généralement ignorés, et on se laisse guider par toutes sortes de faux faiseurs de religion et de faux conseillers.


« Ils s'allient aux fils des étrangers » ou, comme C. F. Keil et F. Delitzsch l'ont traduit : « Et avec les enfants des étrangers ils vont la main dans la main » (Commmtary of the Old Testament, 7:1:118). Israël se joignait aux nations païennes dans toute leur méchanceté, et la société moderne s'unit aux influences du monde plutôt que de se tourner vers le Seigneur.


« Le pays est rempli d'argent et d'or », c'est-à-dire que le peuple était riche et matérialiste. Dans les temps anciens le coeur des hommes était tourné vers les choses du monde, et le matérialisme est de nouveau généralisé dans les derniers jours.


Verset 7


« Le pays est rempli de chevaux, et il y a des chars sans nombre ». Le cheval était un symbole de guerre, tout comme le char. Aujourd'hui est une époque qui est caractérisée par « des guerres et des bruits de guerres » (voir Joseph Smith, Matthieu, 23, 28).


Verset 8


À l'époque le pays était rempli d'idolâtrie, et aujourd'hui les hommes se tournent toujours vers les faux dieux, bien que leurs dieux ne soient plus des idoles faites de bois ou de pierre.


Verset 9


« Les petits seront abattus, et les grands seront abaissés ».  2 Néphi 12:9 dit : « Les petits ne s’inclinent pas, et les grands ne s’humilient pas ». Les différences entre les deux versions montrent qu'Ésaïe ne parlait plus d'idolâtrie mais du fait que les hommes ne voulaient pas adorer le vrai Dieu. Dans la préface des Doctrine et Alliances, le Seigneur a déclaré que ce refus serait un des grands problèmes des derniers jours (voir D&A 1:16).


À cause de ses péchés, Israël antique s'attirera les jugements de Dieu, et à cause des mêmes problèmes, les gens des derniers jours s'attireront de même du chagrin et des problèmes.


Les plaques d'airain [à l'origine d'une partie du Livre de Mormon, ndlr] contenaient d'autres différences qui rendent claires le sens des paroles d'Ésaïe (comparer Ésaïe 2:10 ; 12-14, 16, 19, 21 avec 2 Néphi 12:10, 12-14, 16, 19, 21).


Ésaïe 2:13. Qu'étaient les « cèdres du Liban » et les « chênes de Basan » ?


C'étaient les arbres les plus grands et les plus impressionnants du Proche-Orient antique. Ils symbolisaient par conséquent non seulement la grande beauté du pays qui serait détruit, mais aussi les hommes orgueilleux et hautains de la terre (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 7:1:122-123).


Ésaïe 2:16. Que signifie l'expression « les navires de Tarsis » ?


Le commerce avec les autres nations cesserait. Ce commerce avait été créé et avait prospéré pendant le règne des rois Ozias et Jotham (voir Keil et Delitzsch, Commentary 7:1:124).


On peut, ici encore, constater que le document d'où les citations du Livre de Mormon ont été tirées était un document complet. 


« Dans 2 Néphi 12:16 (cf Ésaïe 2:16) le Livre de Mormon rend le passage d'une manière extrêmement intéressante. Il ajoute une formule de huit mots qui ne se trouve ni dans la version hébraïque ni dans la Bible moderne. Étant donné que la version des Septante (grecque) ajoute la même formule que le Livre de Mormon, montrons le texte tel qu'il se trouve dans le Livre de Mormon (L.M.), la version Segond (S) et la Septante (LXX) comme suit :


L.M. Et sur tous les navires de la mer, et sur tous les navires de Tarsis, et sur tout ce qui plaît à la vue.

S. Contre tous les navires de Tarsis, et contre tout ce qui plaît à la vue.

LXX. Sur chaque vaisseau de la mer et sur tout étalage de beaux navires


Le Livre de Mormon donne à penser que le texte original de ce verset contenait trois expressions, qui toutes commençaient par les mêmes premiers mots : 'et sur tous'. Suite à un accident courant, le texte de l'original hébreu perdit la première formule, qui fut cependant conservée par la Septante. Cette dernière perdit la deuxième formule et semble avoir corrompu la troisième. Le Livre de Mormon les conserve toutes les trois. Les savants peuvent penser que Joseph Smith a tiré la première formule de la Septante. Le prophète ne connaissait pas le grec, et rien ne prouve qu'il ait eu accès à un exemplaire de la Septante en 1829-30 quand il traduisit le Livre de Mormon. » (Sperry, The Voice of lsraël Prophets, p. 90-91)


Ésaïe 2:22. « Cessez de vous confier en l'homme »


Cette formule met en garde contre la faiblesse de se fier rien qu'à l'homme (voir aussi 2 Néphi 4:34 ; 28:31).

ÉSAÏE 3

Ésaïe 3:1-8. Annonce prophétique de la chute de Juda


Le prophète Ésaïe décrit la chute finale de Juda et de Jérusalem représentée par les notables et les gens respectés de son époque. Il s'agit des dirigeants du gouvernement, de l'armée, de l'enseignement et de la religion. Avec la perte de ces personnes, la nation allait tomber sous le règne despotique de jeunes marionnettes. Finalement, elle allait se précipiter vers l'anarchie avec les dernières luttes pour le pouvoir au sein de la famille régnante (voir Keil et Delitzsch, Commmtary, 7:1:130-35). Le peuple aurait un tel besoin de dirigeants qu'il en choisirait parmi ceux qui pouvaient se distinguer par leur capacité de s'habiller décemment, mais même les chefs de famille refuseraient d'aider. Le Livre de Mormon éclaire le texte du verset 6, montrant que les gens suppliaient pour que le chef ne laisse pas la ruine s'abattre sur eux (voir 2 Néphi 13:6).


Ésaïe 3:9. « L'aspect de leur visage témoigne contre eux »


Le genre d'esprit et d 'attitude que l'on a rayonne de nous. On manifeste ce qu'on est, en bien ou en mal. Ésaïe prévient que les désobéissants ne peuvent pas cacher aux autres les effets de leurs transgressions. 


« Tout homme, toute femme qui vit ici-bas exerce une influence, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Ce n'est pas seulement ce qu'il ou elle dit ; ce n'est pas seulement ce qu'il ou elle fait. C'est ce qu'il est, ce qu'elle est. Ce qu'il ou elle est réellement rayonne de sa personne… C'est ce que nous sommes et ce qui rayonne de nous qui affecte notre entourage. Nous devons personnellement entretenir des pensées plus nobles. Nous ne devons pas encourager les pensées viles ou les aspirations basses. Elles rayonneront de nous si nous le faisons. Si nous avons des pensées nobles, si nous encourageons et chérissons de nobles aspirations, c'est cela qui rayonne quand nous rencontrons des gens, surtout quand nous les fréquentons. » (David O. McKay, Man May Know for Himself, p. 108)


Ésaïe 3:14. Pourquoi le Seigneur serait-il irrité parce que le peuple a « brouté la vigne » ?


La vigne est le symbole du peuple élu (voir Ésaïe 5:7), et les gouverneurs d'Israël étaient appelés pour être les sentinelles de la vigne. Au lieu de garder la vigne du Seigneur, ils avaient opprimé le peuple et brouté la vigne (voir Matthieu 21:33-40).


Éaïe 3:16-24. Les « filles de Sion » succomberont au monde dans les derniers jours


Une des caractéristiques des écrits d'Ésaïe est le dualisme. Dans ces versets on a un bon exemple de dualisme. Ésaïe montre que la méchanceté qui régnait en Israël et en Juda affectait aussi les femmes, qui étaient orgueilleuses, arrogantes et plus préoccupées de leur toilette, de leurs bijoux et de leur apparence personnelle que de la justice. Mais ces versets peuvent aussi être d'application dans les derniers jours où les femmes vont une fois de plus perdre de vue ce qui doit venir en premier lieu.


« Ésaïe, un des grands prophètes des temps anciens, a vu notre époque et a décrit la situation qui existerait parmi les 'filles de Sion' en ces derniers jours… À notre époque moderne, la prophétie d'Ésaïe s'est accomplie et s'accomplit encore… Les principes formulés par les Autorités générales de l'Église veulent que les femmes, aussi bien que les hommes, s'habillent pudiquement. On leur enseigne qu'elles doivent en tout temps avoir une conduite appropriée et de la pudeur. Selon mon jugement, cela donne une mauvaise impression des 'filles de Sion' quand elles s'habillent impudiquement. De plus, cette observation concerne les hommes aussi bien que les femmes. Le Seigneur a commandé autrefois à Israël que les hommes comme les femmes se couvrent le corps et respectent en tout temps la loi de la chasteté. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 5:172-174)


Ésaïe 3:16-24. Tournures idiomatiques difficiles et expressions archaïques


Joseph Fielding Smith a dit que la prophétie d’Ésaïe 3:16-24 concerne les membres de l’Église d’aujourd’hui et « concerne les hommes aussi bien que les femmes » (Answers to Gospel Questions, comp. Joseph Fielding Smith fils, 5 vols., 1957-1966, 5:174).


Les explications suivantes peuvent aider à comprendre la force avec laquelle Ésaïe condamne l'apostasie des femmes.


Verset 16


« Le cou tendu » est une tournure idiomatique antique décrivant l'arrogance : l'orgueil pour ce qu'on est et le mépris à l'égard des autres (voir Young, Book of lsaiah 1:162)


« Les regards effrontés… elles font résonner les boucles de leurs pieds » : Les femmes portaient des chaînettes ornementales coûteuses qui reliaient les anneaux qu'elles avaient aux chevilles. Celles-ci étaient souvent ornées de clochettes (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 7:1:43).


Verset 17


« Découvrira leur nudité » est une tournure idiomatique signifiant qu'elles seraient rendues honteuses.


Verset 18


« Les boucles… et les croissants » étaient des bijoux ayant la forme de soleils et de lunes selon la mode de l'époque (voir Young, Book of lsaiah, 1:165).

Ésaïe 3:24-26. Les fruits de la transgression sont les filles de Sion


Le prophète oppose leur précédente beauté aux résultats du jugement. À cause de leur méchanceté, la beauté, l'orgueil et la mode deviendront tragédie, désastre et esclavage. La ceinture au verset 24 était l'écharpe utilisée pour attacher les vêtements extérieurs. Keil et Delitzsch montrent que la corde qui allait la remplacer était celle qu'on utilisait pour lier l'esclave. Le sac était le poil de chèvre noir porté en temps de grand deuil. La « marque flétrissante » fait allusion au marquage au fer rouge qui se faisait quand on devenait esclave. Ainsi Keil et Delitzsch traduisent ce verset : « Et au lieu de parfum embaumant, il y aura de l'infection, et au lieu de l'écharpe, une corde, et au lieu de boucles artistiques, une tonsure, et au lieu du manteau habillé, une robe en toile de sac, une marque au fer rouge au lieu de la beauté » (Commentary, 7:1:47).

ÉSAÏE 4

Ésaïe 4:1. « Enlève notre
opprobre ! »


Le verset 1 du chapitre 4 semble poursuivre la pensée du chapitre trois plutôt que d'en commencer une nouvelle. Cette expression laisse entendre que la situation formulée au verset 1 est causée par la rareté des hommes, résultat des dévastations, de la guerre dont parle Ésaïe 3:25-26. Les conditions dans lesquelles ces femmes accepteraient ce mariage (« Nous mangerons notre pain, et nous nous vêtirons de nos habits ») sont contraires à l'ordre du mariage voulu par le Seigneur (voir Exode 21:10 ; D&A 132:58-61). Être non marié et sans enfants dans l'Israël d'autrefois était une honte (voir Genèse 30:23 ; Luc 1:25). La situation à cette époque-là serait tellement terrible que les femmes proposeraient de partager un mari avec d'autres et n'attendre aucun soutien matériel de sa part, du moment qu'elles pouvaient affirmer être mariées avec lui.


Ésaïe 4:2. Qu'est-ce que « le germe de l'Éternel ? »


Voir commentaire sur Ésaïe 11:1


Ésaïe 4:4. « lavé… purifié… souffle de la destruction »


Ce passage décrit la purification de Sion en vue de l'établissement du royaume de Dieu dans les derniers jours. Par le châtiment et divers jugements, Israël sera finalement purifié de sa méchanceté et reviendra à Dieu (voir Ésaïe 5:16 ; Zacharie 13:9 ; Hélaman 12:1-3).


Ésaïe 4:5-6. Sion servira de refuge


Doctrine et Alliances 45:66-72 décrit la situation sacrée et protégée de « Sion » pour Israël rassemblé dans les derniers jours. Doctrine et Alliances 105:31-32 explique que la gloire de Sion sera sa défense. Ésaïe compare l'influence divine protectrice à celle vécue par Moïse (voir Exode 14:19-20 ; Deutéronome 1:33).


« Le temps viendra où Dieu se réunira avec toute l'assemblée de ses saints et, pour montrer son approbation et qu'il les aime, il accomplira un miracle en les recouvrant de la nuée de sa gloire. Je ne veux pas dire quelque chose d'invisible, je veux dire ce même ordre de choses qui existait jadis sur la terre dans le tabernacle de Moïse, qui était transporté au milieu des enfants d'Israël pendant qu'ils voyageaient dans le désert…


« Dans les derniers jours, il y aura des gens si purs sur la montagne de Sion, avec une maison établie sur le sommet des montagnes, que Dieu se manifestera non seulement dans leur temple et sur toute l'assemblée par une nuée visible le jour, mais quand la nuit viendra, s'ils sont assemblés pour le culte, Dieu se réunira avec eux par sa colonne de feu ; et quand ils retourneront chez eux, chaque habitation sera illuminée par la gloire de Dieu, une colonne de feu embrasée la nuit.


« Avez-vous jamais entendu parler d'une ville qui était à ce point favorisée et bénie depuis le temps où Ésaïe a fait cette prophétie ? Non, c'est une oeuvre moderne, une oeuvre que Dieu doit réaliser dans les derniers temps quand il commencera à se révéler et àmontrer sa puissance parmi les nations. » (Orson Pratt, dans Jounal of Discourses, 16:82)

ÉSAÏE 5

Ésaïe 5:1-7. La parabole de la vigne dans Ésaïe


Le prophète utilise la parabole de la vigne pour illustrer l'imminence de la destruction et de la dispersion d'Israël (Juda). On trouvere d'autres exemples d'application semblables de cette parabole dans James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 907-908). La perte de protection de la vigne, la négligence et les effets de la famine seraient le résultat de la transgression d'Israël (voir versets 5-7).


Ésaïe 5:8-25. Mise en garde contre les conséquences de l'apostasie et de la transgression


Après la parabole qui introduit ce chapitre, le prophète Ésaïe donne de nombreux exemples de la méchanceté du peuple de son époque.


Verset 8


Ils s'édifiaient de grands domaines par la méchanceté. Keil et Detitzsch expliquent : « Les insatiables n'avaient de cesse que toutes les propriétés plus petites aient été englouties par eux, que le pays tout entier soit tombé entre leurs mains et que nul à part eux ne soit installé dans le pays [Job 22:8]. Pareille convoitise était d'autant plus répréhensible que les dispositions de la loi d'Israël prévoyaient d'une manière stricte et soigneuse que dans la mesure du possible il devait y avoir une distribution égale du sol et que la propriété héréditaire de la famille devait être inaliénable. » (Commentary, 7:166). Le fait que dix arpents produisent un seul bath (environ 31 litres), et un homer de semences (un peu plus de deux hectotitres) seulement un épha (environ un tiers d'hectolitre) montre à quel point le pays deviendrait improductif à cause de cette méchanceté.


Verset 11


L'ivrognerie et les libations règnent et il n'y a aucune considération pour Dieu.


Verset 12


On ne connaît ni la vérité ni les vrais principes. L'ignorance est une gêne dans n'importe quel domaine, mais surtout dans le domaine spirituel.


« L'Eglise doit être purifiée, et je m'élève contre toute iniquité. L'homme n'est pas sauvé plus vite qu'il n'acquiert de la connaissance, car s'il n'acquiert pas de la connaissance, il sera conduit en captivité par une puissance mauvaise dans l'autre monde, car les esprits mauvais auront plus de connaissance et, par conséquent, plus de pouvoir que beaucoup d'hommes qui sont sur la terre. Il faut par conséquent la révélation pour nous aider et nous donner la connaissance des choses de Dieu. » (Enseigrrements du prophète Joseph Smith, p. 175)


Verset 18


« qui tirent le mal avec les cordes du vice » : Il s'agit d'une expression idiomatique d'Ésaïe qui signifie : Ils sont liés à leurs péchés comme des animaux à leurs fardeaux.


Verset 20


lls pervertissent la justice et le bien, les quatifiant de mal, et essaient de faire passer pour bonnes des choses qui sont mauvaises. Il est de la nature des pécheurs de rejeter la réalité des conséquences de  leurs transgressions, et par conséquent ils essaient deles justifier.


Verset 21


« qui sont sages à leurs yeux »


« Quand les gens deviennent érudits des choses de ce monde, telles que la science et la philosophie, ils deviennent indépendants et sont en mesure de s'appuyer sur leur propre intelligence au point de penser qu'ils sont autonomes par rapport à Dieu ; et à cause de leur érudition profane, ils ont le sentiment que s'ils ne peuvent pas prouver physiquement, mathématiquement ou scientifiquement que Dieu vit, ils peuvent et doivent s'estimer libres de mettre Dieu et Jésus-Christ en question et même de les nier. Ensuite beaucoup de nos professeurs commencent à enseigner des choses perverses, pour égarer des disciples après eux, et nos jeunes, que nous leur envoyons pour qu'ils leur donnent de l'instruction, les acceptent comme autorités, et beaucoup sont amenés à perdre leur foi en Dieu…


« Il est bien plus sage et meilleur pour l'homme d'accepter les vérités simples de l'Évangile et d'accepter comme autorité Dieu, le Créateur du monde, et son Fils Jésus-Christ, et d'accepter par la foi ce qu'on ne peut pas réfuter et ce pour quoi on ne peut pas donner de meilleure explication. On doit être disposé à reconnaitre qu'il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre. » (N. Eldon Tanner, dans Conference Report 1968, p. 48-49)


Verset 23


« Qui justifient le coupable pour un présent » : Ceux qui étaient coupables de délits étaient proclamés innocents par des juges et d'autres fonctionnaires qui avaient accepté des pots-de-vin, tandis que les innocents étaient considérés comme coupables, de sorte qu'on pouvait les réduire au silence ou exploiter leurs biens. Il est certain que les abus qui existaient chez les Israélites de l'antique royaume de Juda permettent au lecteur moderne de comprendre pourquoi les jugements de Dieu tombent sur eux. Mais le monde d'aujourd'hui peut aussi en retirer une grande leçon, car il suffit d'ouvrir les yeux pour voir les mêmes abus régner tout autour de soi. Les effets du péché aujourd'hui sont aussi dévastateurs qu'autrefois. Tel est le message d'Ésaïe pour aujourd'hui.


Ésaïe 5:26-30. « Il élève une bannière pour les peuples lointain » dans les derniers jours


Nous décrivons plus loin le rassemblement d'Israël dans la hâte et avec des moyens inconnus du temps d'Ésaïe.  


« Comme les trains et les avions n'existaient pas en ce temps-là, il aurait été difficile à Ésaïe de les désigner par leur nom, mais il semble les avoir décrits en termes fort justes. Comment, mieux que dans un train moderne, 'les sabots de leurs chevaux' pouvaient-ils 'ressembler à des cailloux', et 'les roues de ses chars à un tourbillon' ? Comment, mieux que dans le rugissement (le vrombissement) de l'avion, 'son rugissement' peut-il être 'comme celui d'une lionne' ? Les trains et les avions ne s'arrêtent pas pour la nuit. Ésaïe n'avait-il donc pas raison de dire que 'nul… ne sommeille, ni ne dort, aucun n'a la ceinture de ses reins détachée, ni la courroie de ses sandales rompue' ? Grâce à ce moyen de transport, le Seigneur peut vraiment 'en siffler un des extrémités de la terre' pour qu'il 'arrive avec promptitude et légèreté'. » (LeGrand Richards, Une Oeuvre merveilleuse et un prodige, p. 69)


L'expression « une bannière pour les peuples lointains » est  traitée dans le commentaire sur Ésaïe 11:10, 12.


Ésaïe 5:26-29


Ésaïe décrit le rassemblement moderne d’Israël. La bannière qui sera élevée est l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours. « Siffler », c’est convoquer, ce qui représente l’invitation aux nations de la terre à se rassembler dans l’Église. Ce rassemblement sera rapide et puissant.


Ésaïe 5:26. Que signifie « siffle » les peuples lointains ?


Cette expression est étrange aujourd'hui. Elle décrit simplement un signal, un sifflet, pour convoquer ou inviter quelqu'un à faire attention à un événement.

ÉSAÏE 6

Ésaïe 6:1-4. Vision du Seigneur et des régions célestes


Il  serait difficile, sinon impossible, de décrire unevision du monde céleste. Tel était le dilemme du prophète Ésaïe. Dans ces versets, il s'efforce de donner une idée de la puissance et de la gloire de sa vision, utilisant des images et des termes dont ses lecteurs pouvaient saisir la portée. Même ainsi, il se rendait compte qu'il était loin de communiquer la réalité de son expérience. Plus tard dans ses écrits, Ésaïe explique à quel point les mots et même les sens de l'homme mortel sont incapables de saisir les choses célestes. Il écrit : « Jamais on n'a appris ni entendu dire, et jamais l'oeil n'a vu qu'un autre dieu que toi ait fait de telles choses pour ceux qui se confient en lui » (Ésaïie 64:3).


D'autres qui ont eu des visions du monde céleste ont cité É saïe pour essayer d'expliquer leur capacité limitée de parler de ce qui leur avait été montré (voir 1 Corinthiens 9 ; D&A 76:10).


« Si nous pouvions lire et comprendre tout ce qui a été écrit depuis le temps d'Adam sur les relations entre les hommes, et Dieu et les anges dans un état futur, nous en saurions très peu de chose. Le fait de lire l'expérience des autres ou la révélation qui leur a été donnée, à eux, ne peut absolument pas nous donner, à nous, une vue globale de notre situation et de nos rapports véritables avec Dieu. On ne peut obtenir cette connaissance que par l'expérience grâce aux ordonnances de Dieu exposées dans ce but. Si vous pouviez regarder cinq minutes dans le ciel, vous en sauriez plus que vous n'en sauriez en lisant tout ce qui a jamais été écrit sur le sujet. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 262)


Ésaïe 6:1. « L'année de la mort du roi Ozias »


L'année approximative de la mort du roi Ozias est 740 av. J-C. 


Ésaïe 6:1. « Je vis le Seigneur »


Jean et Néphi témoignent tous deux que le Seigneur qu'Ésaïe vit était Jésus-Christ dans son état prémortel (voir Jean 12:41 ; 2 Néphi 11:2-3). En outre, certains ont eu une expérience similaire {voir Apocalypse 4:1-11).


Ésaïe 6:2. Que sont les séraphins ?


« Les séraphins sont des anges qui résident en la présence de Dieu, lui donnant continuellemment gloire, honneur et adoration. 'Louez-le, vous tous ses anges ! Louez-le, vous toutes ses armées ! » (Psaumes 148:2). L es séraphins sont les esprits non incarnés de la préexistence, car notre Seigneur 'contempla la vaste étendue de l'éternité et toutes les armées séraphiques du ciel avant que le monde soit fait' (D&A 38:1). Il est impossible de dire si le nom séraphin s'applique aussi aux anges ressuscités et rendus parfaits. Tandis qu'il priait en faveur des saints, le prophète a demandé 'que nous mêlions nos voix à celles de ces séraphins resplendissants qui entourent ton trône, chantant, avec des acclamations de louanges : Hosanna à Dieu et à l’Agneau ! (D&A 109:79).


« Séraphin correspond au pluriel hébreu séraphim. Ce sont des séraphins qu'Ésaïe vit dans sa vision. Le fait qu'il vil ces êtres saints munis d'ailes visait simplement à symboliser leur possibilité de se mouvoir, d'agir, etc. comme ce fut aussi le cas dans des visions que d'autres avaient reçues (voir D&A 77:4). » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 702-703)


Ésaïe 6:4. « Les portes furent ébranlées dans leurs fondements… et la maison se remplit de fumée »


La présence de fumée symbolisait la présence et la gloire de Dieu (voir Exode 19:18 ; Apocalypse 15:8). On utilise souvent le feu et la fumée pour décrire la gloire du monde céleste.


« Le Dieu Tout-Puissant lui-même demeure dans un feu éternel ; la chair et le sang ne peuvent y aller, car toute corruption est dévorée par le feu. 'Notre Dieu est un feu dévorant' [Deutéronome 4:24 ; Hébreux 12:29]. Quand notre chair sera vivifiée par l'Esprit, il n'y aura pas de sang en elle. Certains  demeurent dans une gloire plus haute que d'autres… L'immortalité demeure dans des embrasements éternels. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 298)


Ésaïe 6:5-8. Le prophète reçoit le pardon


L'expression 'Malheur à moi, je suis perdu' est une tournure idiomatique exprimant le sentiment écrasant d'indignité qu'éprouvait Ésaïe en la présence de Dieu {voir Young, Book of lsaiah, 1:247-248). De même l'utilisation de la braise symbolise la purification et le pardon (voir Young, Book of lsaiah 1:150-151). Joseph Smith eut des expériences semblables quand il fut appelé et dans le courant de son ministère (voir Joseph Smith, Histoire, 29 ; D&A 29:3 ; 36:1 ; 50:36 ; 60:7).


Ésaïe 6:8


En acceptant son appel, Ésaïe utilise les mêmes paroles que le Sauveur lorsqu’il a accepté la responsabilité de s’acquitter du plan de notre Père céleste pour le salut de ses enfants (voir Abraham 3:27).


Ésaïe 6:9-13. Ce qui est spirituel sera rejeté


Le message que le prophète Ésaïe fut chargé de remettre visait en partie à faire retomber sur le peuple la pleine responsabilité de ses choix, pour qu'il reste sans excuse. La façon dont le Livre de Mormon rend le verset 9 montre que ce que le Seigneur disait à Ésaïe, c'est que le peuple, pour la plupart, rejetterait ses paroles : « Et il dit : Va et dis à ce peuple : en vérité, entendez, mais ils ne comprenaient point ; voyez, mais ils ne discernaient point » (2 Néphi 7:9).


Les gens prétendaient entendre et voir, mais ils ne comprenaient pas l'esprit du message.


« Rends insensible le coeur de ce peuple, endurcis ses oreilles et bouche-lui les yeux » est utilisé pour décrire la façon de rendre le peuple responsable. Le commandement a bien entendu trait à « sa vue spirituelle, son ouïe spirituelle et ses sens spirituels… Le mal provoque son propre endurcissement… le péché, de par sa nature même, porte en lui son propre châtiment… l'acte mauvais en lui-même est le résultat de l'autodétermination découlant de la volonté de l'individu lui-même. » (Keil and Delitzsch, Commentary, 7:1:200-201)


On ne peut résister à la vérité ou la rejeter sans finir par s'endurcir spirituellement (voir History of the Church, 4:264). Le Nouveau Testament cite de nouveau le passage où Ésaïe condamne le royaume de Juda pour montrer que les gens de l'époque n'étaient pas différents. L'incapacité de beaucoup de gens de comprendre les paraboles est un accomplissement de la prophétie d'Ésaïe (voir Matthieu 13:10-17 ; Luc 8:9-10). Le sens de beaucoup de miracles restait également incompris (voir Jean 12:37-41). Les disciples comprenaient au moins partiellement le témoignage du Messie et sa qualité de Fils, mais les autres les rejetaient (voir Luc 10:21-24).


Le prophète Ésaïe demanda au Seigneur combien de temps certains resteraient endurcis contre la vérité (voir verset 11) ; la réponse : jusqu'à ce que l'homme mortel n'existe plus.


Ésaïe 6:13. La dispersion et le rassemblement du reste de Juda


Ce verset contient la prophétie que la maison d'Israël survivrait à la dévastation imminente, comme un arbre qui est dépouillé de ses feuilles en hiver mais qui reste en vie.

ÉSAÏE 7

Ésaïe 7:1-9. Mise en garde prophétique contre une alliance entre Israël (Éphraïm) et la Syrie


Le royaume d'Israël (Éphraïm) au nord avait contracté avec la Syrie une alliance d'assistance et de protection mutuelles contre le conquérant assyrien. Quand Juda refusa de se joindre à l'alliance, ils le menacèrent de le conquérir et attaquèrent leur ennemi du sud (voir 2 Rois 15:36-38 ; 16:1-6).


Ésaïe reçut le commandement de mettre le roi Achaz en garde contre la tentation de chercher à conclure des alliances politiques en faveur de Juda pour défendre son peuple. Le roi, le troisième des rois de Juda à qui Ésaïe était envoyé pour lui donner des conseils, finit par rejeter l'avertissement du Seigneur (voir 2 Rois 16:7-20).


Ésaïe 7:3. Qui était Schear Jaschub ?


C'était un des fils du prophète Ésaïe qui accompagna son père lors de sa visite au roi. Son nom était un nom prophétique qui signifiait : « Le reste reviendra » (voir commentaire sur Ésaïe 8:18).


Ésaïe 7:3. Qu'était « l'aqueduc de l'étang supérieur » ?


Voir commentaire sur 2 Rois 18:17.


Ésaïe 7:4. Pourquoi Retsin et Pékach d'Israël sont-ils qualifiés de « bouts de tisons fumants » ?


L'image évoquée est celle d'une torche qui a fini de brûler. Les morceaux de bois calcinés n'ont plus de force et ne constituent plus une menace réelle (voir Young, Book of lsaiah, 1:273).


Ésaïe 7:8. « Encore soixante-cinq ans »


Du fait que les chronologies des textes bibliques et contemporains ne sont ni complètes, ni d'accord entre elles, il est difficile de suivre l'histoire avec une précision absolue. Toutefois l'accomplissement de cette prophétie est généralement considéré comme s'étendant au-delà des premières invasions de Tiglath-Piléser III et Salmanasar V jusqu'à la conquête et au déplacement final de la majorité de la population sous le roi assyrien Ésar-Haddôn. Pendant toute la période de démembrement et d'émigrations, Éphraïm, le royaume du nord, fut à même de conserver une certaine identité jusqu'à la déportation finale (voir Keil and Delitzsch, Commentary,7:1:211-12 ; et Young, Book of lsaiah, 1:275-76).


Ésaïe 7:10-16. La promesse messianique de protection


Le roi Achaz n'était pas disposé à accepter les conseils. Le prophète l'invita donc à demander au Seigneur de confirmer son témoignage : « Demande en ta faveur un signe » (verset 11). Le roi refusa, non parce qu'il n'était pas disposé à mettre Dieu à l'épreuve comme il le dit (voir v. 12), mais parce qu'il ne voulait pas que le Seigneur le gêne dans son projet de faire alliance avec d'autres nations. Mais le Seigneur révéla malgré tout le signe, confirmant la promesse du prophète que le Messie naîtrait du reste de Juda, et que Juda ne périrait pas totalement. À la différence de la promesse donnée à Juda, le prophète prophétisa la chute du royaume du Nord, « le pays dont tu crains les deux rois » (verset 16), qui s'opposaient à Achaz. Les deux rois qui régnaient au nord, à l'époque, furent mis à mort par les Assyriens (voir Monte S. Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 58-59).


Ésaïe 7:14. « La jeune fille… enfantera un fils »


Dans le Nouveau Testament, où ce passage est cité pour signifier son accomplissement par la naissance de Jésus-Christ, on ne lit pas « jeune fille » mais « vierge » : « Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils » (Matthieu 1:23). Certains commentateurs font remarquer que le mot traduit par vierge désigne seulement une jeune fille et pas quelqu'un qui n'a jamais eu de rapports sexuels, ce qui empêche l'utilisation de ce passage comme preuve de ce que Jésus-Christ est né d'une vierge. Mais on peut montrer que le terme est correctement traduit et désignait une femme non mariée (voir Young, Book of lsaiah, 1:286-88).


De même, le Livre de Mormon témoigne de la virginité de Marie au moment de la conception du Christ (voir 1 Néphi 11:13, 15, 18, 20-21). Ainsi, la vision de Néphi confirme la prophétie antique d'Ésaïe que c'était effectivement une vierge qui concevait.


« Voici encore un exemple où l'on voit les hommes corriger les Écritures sans l'inspiration de l'Esprit. Ésaïe, prédisant la naissance du Christ, dit [selon la King James, la version anglaise] : 'Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un Fils et lui donnera le nom d'Emmanuel' (Ésaïe 7:14). Quand Ésaïe utilise le mot vierge, ce qu'il dit, c'est qu'une femme qui n'avait pasconnu d'homme enfanterait un fils. Les traducteurs modernes disent : '
Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel' (Ésaïe 7:14, version Segond). Quand on ne croit pas que le Christ était divin, cela n'a aucune importance de dire 'jeune fille' ou 'vierge'. » (Marion G. Romney, dans Conference Report, conférence interrégionale de Tokyo, 1975, p. 46)

Ésaïe 7:14. Quelle est la signification du nom « Emmanuel » ?


Ce nom est aussi un titre qui décrit la mission de l'Éternel dans la mortalité. Le Nouveau Testament donne une interprétation correcte de sa signification en hébreu. Matthieu écrit : « Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète :  Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous »  (Matthieu 1:22-23).

ÉSAÏE 8

Ésaïe 8. Mise en garde contre l'invasion assyrienne imminente


Ce chapitre est le prolongement des événements historiques introduits au chapitre 7. Le prophète Ésaïe doit de nouveau mettre Juda en garde contre les alliances, car, comme il le prophétise, elles seront inefficaces. La promesse messianique d'Emmanuel (« Dieu avec nous ») l'emporterait en leur faveur. L'invasion assyrienne se produirait, mais Juda survivrait. Ésaïe termine son écrit par une mise en garde contre les faux enseignements et les fausses pratiques qui cherchaient à éloigner Juda de la loi et du témoignage qui lui avaient été révélés.


Ésaïe 8:1-4. Qui était Maher Schalal Chasch Baz ?


C'est le nom propre le plus long de la Bible, et en hébreu il a une signification qui constituait un message d'avertissement à Juda. Le nom signifie « vite au  pillage, en hâte au butin ». Le Seigneur commanda au prophète de donner ce nom à son nouveau-né. L'expression « prophétesse » est utilisée ici uniquement pour désigner l'épouse du prophète, et non une fonction ou un don prophétique (voir Young, Book of Isaiah, 1:303). Ce fils et Schear Jaschub reçurent tous deux des noms prophétiques pour rendre le message d'Ésaïe frappant (voir commentaire sur Ésaïe 7:3 et 18).


Ésaïe 8:14. « une pierre d'achoppement, un rocher de scandale »


Les Écritures qualifient le Messie de « pierre » (Psaumes 118:22) et aussi de « rocher » (voir Genèse 49:24 ; Deutéronome 32:4, 15 ; 1 Samuel 2:2). Le prophète utilise ici cette expression pour montrer que le Sauveur serait rejeté, source d'achoppement et de scandale, par les incroyants d'Israël et de Juda. Les écrivains du Nouveau Testament citent aussi ce passage pour montrer que les Juifs rejetèrent pour la plupart le Sauveur (voir Romains 9:33 ; 1 Pierre 2:8).


Ésaïe 8:18. « Voici, moi et les enfants que l'Éternel m'a donnés, nous sommes des signes et des présages en Israël »


Le nom Ésaïe signifie « l'Éternel sauve ». Les noms de ses deux fils connus
Schear Jaschub (Ésaïe 7:3) et Maher Schalal Chasch Baz (Ésaïe 8:1), sont aussi porteurs d'un message au peuple de Juda (voir commentaire sur Ésaïe 7:3 ; 8:1-4). Chaque fois que quelqu'un voyait ou entendait Ésaïe et ses fils, il recevait un message par l'intermécliaire de leurs noms qui étaient un signe ou un témoignage contre le peuple.


Ésaïe 8:19. Mise en garde contre ceux qui évoquent les morts, qui chuchotent et marmonnent


L'expression « ceux qui évoquent les morts » ne rend pas avec précision le sens du terme hébreu utilisé autrefois. Le mot hébreu « ob » signifie « flacon ou sac de cuir » (voir William Gesenius, A Hebrew and English Lexicon of the Old Testament, p. 15). Cet objet était utilisé par les nécromanciens, qui trompaient leur monde en prétendant communiquer avec les morts. Pour pratiquer cet art ils se faisaient ventriloques. La voix ou le message des « esprits des morts » sortait du sac ou parfois d'une fosse (voir G. Johannes Botterweck et Helmer Ringgren, Theological Dictionary of the Old Testament, 1:131, 133-34). Le chuchotement et le marmonnement avaient pour but d'évoquer les esprits des morts ou de transmettre le prétendu message (voir Young, Book of lsaiah, 1:318). Le Seigneur mit Israël et  Juda en garde contre de telles pratiques au début deleur histoire (voir Lévitique 19:31 ; 20-27 ; Deutéronome 18:10-11).


« Essayer d'obtenir des informations d'une manière qui est contraire aux instructions que le Seigneur a données est un péché. Le Seigneur a formellement commandé à Israël, quand il était dans le pays de son héritage, de venir le trouver pour avoir des révélations et d'éviter les pratiques qui étaient courantes dans les nations païennes qui occupaient leurs terres… Tout au long de la Bible, dans le Nouveau Testament aussi bien que dans l'Ancien, le Seigneur et ses prophètes ont manifesté leur réprobation quand le peuple se détournait du Seigneur pour 'évoquer les morts'. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 4:33)

ÉSAÏE 9


Ésaïe 9:1-7. Nouvelle affirmation de la promesse messianique


Lorsqu'ils se lancèrent contre l'alliance d'Israël (Éphraïm) et des Syriens, les Assyriens détruisirent Damas et s'emparèrent de la partie nord d'Israël, appelée plus tard la Galilée (voir 2 Rois 15:27-31). En dépit de cette invasion et de la menace qu'elle constituait pour le reste d'Israël et pour Juda au sud, Ésaïe prophétisa la venue du Messie qu'il compara à la venue d'une lumière. Les terres dont avaient hérité les tribus de Zabulon et de Nephtali se trouvaient dans le nord d'Israël, ou la Galilée, où Jésus grandit et passa la plus grande partie de son ministère. 


« La raison fournie pour laquelle les incroyants de Juda étaient tombés dans des ténèbres sans aube est qu'il y avait un matin qui venait, mais dont la lumière ne se lèverait pas d'abord sur le pays de Juda, mais sur d'autres parties du pays… La signification est que les ténèbres  ne resteraient pas toujours dans le pays qui était alors dans la détresse ; mais que les régions mêmes que Dieu avait, jusqu'à présent, soumises à une profonde humiliation, il leur apporterait bientôt la gloire… La gloire suprême correspondrait à la profondeur de la disgrâce. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 7:243)


Matthieu considère que le fait que le Messie demeura en Galilée était l'accomplissement de la prophétie d'Ésaïe (voir Matthieu 4:12-16).


Ésaïe 9:5. « livrés aux flammes, pour être dévorés par le feu »


Le prophète décrit dans ce chapitre la venue du Christ comme étant « une grande lumière » (verset 2), sa première apparition, et comme du « feu » (verset 5), la purification et la destruction par le feu qui accompagneront sa venue glorieuse.


Ésaïe 9:6. « Un fils nous est donné… on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel »


« Ésaïe… dit que le Christ est 'Admirable, Conseil!er, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix' (Ésaïe 9:6). Ces titres et l'affimation que Jésus était le Créateur et que tout a été fait par lui se sont révélés être une pierre d'achoppement pour certains qui ne sont pas bien informés. La question qui se pose est : 'Comment pouvait-il, s'il n'avait pas un corps de chair et d'os avant de naître de Marie, accomplir tout cela en tant qu'esprit ?' Jésus n'avait pas de corps de chair et d'os avant de naître à Bethléhem. C'est ce qu'il explique très précisément au frère de Jared [Éther 3:16]. La réponse à cette question est simplement qu'il accomplit ces oeuvres merveilleuses à cause de la gloire que son Père lui avait donnée avant sa naissance (voir Jean 17:5-24) et parce qu'à ce moment-là il était Dieu. Ce sujet est clairement expliqué dans une épître publiée en 1916 par la Première Présidence et le collège des douze apôtres (voir Talmage, Articles de foi, p. 60-68). J'extrais ce qui suit de cette épître :


« 'Les Écritures qui appellent Dieu, d'une façon quelconque, le Père des cieux et de la terre, signifient que Dieu est l'auteur, l'organisateur, le créateur des cieux et de la terre. Dans ce sens (le contexte le montre dans chaque cas), l'Éternel, qui est Jésus-Christ, le fils d'Élohim, est appelé de 'Père' et même de 'Père éternel du ciel et de la terre' (Mosiah 16:15). Dans une signification analogue, Jésus est appelé 'le Père éternel' (Ésaïe 9:6 ; voir 2 Néphi 19:6).


« 'Le fait que Jésus-Christ, que nous connaissons sous le nom de Jéhovah, a été l'exécutant du Père, Élohim, dans l'oeuvre de la création, est exposé dans le livre [de James Talmage] Jésus le Christ, chapitre 4. Jésus-Christ, étant le Créateur, est logiquement appelé le Père du ciel et de la terre dans le sens expliqué plus haut ; et puisque ses créations sont de qualité éternelle, il est très justement appelé le Père éternel du ciel et de la terre'. » (Church History and Modern Revelation, 1:168)


Ésaïe 9:6. « Prince de la paix »


Au moment de la naissance du Christ, les anges proclamèrent « Paix sur la terre » (voir Luc 2:14). 


« Des siècles avant sa naissance, il fut annoncé comme étant 'Prince de la paix' (Ésaïe 9:6), et des anges annoncèrent sa venue… Parfois l'homme moderne pense par erreur que la mission de Jésus était de balayer la guerre, et les railleurs se sont écriés que puisque la terre est toujours affligée par la guerre, la mission du Christ a échoué et le christianisme est un mal. Pourtant le Christ lui-même a envoyé ses Douze, en disant : 'Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée' (Matthieu 10:34).


« Le Christ proclama effectivement une paix : la paix de la justice éternelle, qui est l'ennemie éternelle et mortelle du péché. Entre la justice et le péché, sous quelque forme que ce soit, il ne peut y avoir qu'une guerre incessante, que ce soit à l'intérieur d'un homme, parmi les hommes, ou entre les nations en conflit armé. Cette guerre est l'épée du Christ ; quelle qu'en soit la forme, cette guerre ne peut prendre fin que quand le péché sera écrasé et que le Christ soumettra toute chair. La justice est la paix partout où elle demeure ; le péché en lui-même est la guerre partoutoù on le trouve. » (J. Reuben Clark, dans Conference report, avril 1939, p. 104-105)

ÉSAÏE 10

Ésaïe 10:1-19, 24:34. Destruction de l'Assyrie


lmmédliatement après la prophétie de la destruction d'Israël, Ésaïe fait une prophétie concernant le destin de l'Assyrie de peur que l'on ne pense que cette nation païenne ne soit juste et noble à cause de ses succès contre Israël et Juda. L'accomplissement de cette prophétie détaillée a été confirmée par l'histoire. Ésaïe cite quelques-unes des campagnes militaires réussies de l'Assyrie (voir verset 9) et prophétise son invasion et son succès finaux contre Juda, donnant même les noms de beaucoup de villes de Juda qui tomberaient devant l'Assyrie (versets 28 à 32). La destruction d'Israël et de l'Assyrie est décrite comme étant terminée (versets 15 à 19). La destruction d'Israël et de l'Assyrie est aussi un symbole de la destruction des méchants à toutes les époques et a sa prophétie parallèle pour les derniers jours.

ÉSAÏE 11

Ésaïe 11:1. Qui était « le tronc d'lsaï et le « rameau… du tronc d'lsaï » ?


Les Doctrine et Alliances donnent l'interprétation de ce verset (voir D&A 113:1-6). Le tronc d' lsai, y est-il écrit, est le Christ. Le rameau sorti du tronc d'lsaï y est défini comme étant « un serviteur entre les mains du Christ qui est en partie descendant d’Isaï aussi bien que d’Éphraïm, ou de la maison de Joseph, sur lequel repose un grand pouvoir » (D&A 113:4). Celle Écriture semble parler du prophète Joseph Smith et du rôle de dirigeant d'Éphraïm dans le rétablissement des derniers jours.


« C'est Éphraïm qui détient la prêtrise aujourd'hui. C'est avec Éphraïm que le Seigneur a fait alliance, et c'est à lui qu'il a révélé la plénitude de l'Évangile éternel. C'est Éphraïm qui construit les temples et accomplit les ordonnances, tant pour les vivants que pour les morts. Lorsque les 'tribus perdues' viendront (et ce sera un spectacle splendide et quelque chose de merveilleux lorsqu'elles viendront en Sion) en accomplissement des prophéties faites par l'intermédiaire d'Ésaïe et de Jérémie, elles devront recevoir les bénédictions suprêmes par leur père Éphraim, le 'premier-né' en Israël. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:226)


« C'est la maison d'Israël que nous cherchons, et nous ne nous soucions pas qu'elle vienne de l'Est, de l'Ouest, du Nord ou du Sud, de la Chine, de la Russie, de l'Angleterre, de la Californie, de l'Amérique du Nord ou du Sud ou d'un autre endroit ; et c'est ce gamin même, à qui notre père Jacob a imposé les mains, qui sauvera la maison d'Israël. Le Livre de Mormon a été donné à Éphraïm, car Joseph Smith était un Éphraïmite pur, et le Livre de Mormon lui a été révélé ; et de son vivant il s'est donné pour tâche de rechercher ceux quicroyaient en l'Évangile. » (Brigham Young, Journal of Discourses, 2:268-269)


Ésaïe 11:1. Qui est le « rejeton » ?


« Puisqu'il faut une première et une seconde venue pour accomplir beaucoup de prophéties messianiques, nous devons forcément les examiner ici, et dans le cas des paroles davidiques messianiques, montrer aussi comment elles s'appliquent à la Seconde Venue de notre Seigneur. Le Christ est le Fils de David, la descendance de David, l'héritier, par Marie, sa mère, du sang du grand Roi. Il est aussi appelé le rameau d'lsaï et le rejeton, signifiant rejeton de David. Les prophéties messianiques sous ces rubriques parlent de la puissance et de la domination qu'il exercera en siégeant sur le trône de David et traitent presque exclusivement de la Seconde Venue sur la planète terre.


« Isaï était le père de David. Ésaïe parle du tronc d'Isaï qu'il qualifie aussi de rejeton sortant des racines de ce dignitaire d'autrefois. Il dit que l'Esprit du Seigneur reposera sur lui, qu'il sera puissant dans le jugement, qu'il frappera la terre et fera mourir les méchants ; et que l'agneau et le lion se coucheront ensemble ce jour-là, et toutes choses qui concernent la Seconde Venue et l'époque millénaire qui commencera de cette façon-là (Ésaïe 11). Quant à l'identité du tronc d'lsaï, la révélation dit : 'En vérité, ainsi dit le Seigneur, c'est le Christ' (D&A 113:1-2). Cela signifie aussi que le rejeton est le Christ, comme nous allons maintenant le voir grâce à d'autres Écritures apparentées.


« Par la bouche de Jérémie, le Seigneur prédit la dispersion antique et le rassemblement moderne de son Israël élu. Après avoir été rassemblé de 'tous les pays où je les ai chassés', après que le royaume aura été rétabli pour Israël comme le désiraient les anciens apôtres dans Actes 1:6, alors s'accomplira cet événement  encore futur et millénaire de nature : 'Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure ; et voici le nom dont on l'appellera : L'Éternel notre justice.' (Jérémie 23:5-6). C'est-à-dire q ue le roi qui régnera personnellement sur laterre pendant le millénium sera le rejeton qui est sorti de la maison de David. Il exercera le droit et la justice sur toute la terre parce qu'il est le Seigneur, celui que nous appelons le Christ.


« Le Seigneur a parlé de la même façon par l'intermédiaire de Zacharie : 'Ainsi parle l'Éternel des armées… je ferai venir mon serviteur, le germe [le rejeton]… j'enlèverai l'iniquité de ce pays, en un jour [ce qui veut dire que les méchants seront détruits et que l'ère millénaire de paix et de justice commencera]. En ce jour-là, dit l'Éternel des armées, vous vous inviterez les uns les autres sous la vigne et sous le figuier » (Zacharie 3:7-10). Le Seigneur dit aussi à propos de cette merveilleuse époque du millénaire : 'Voici, un homme, dont le nom est germe [le rejeton], germera dans son lieu, et bâtira le temple de l'Éternel. Il bâtira le temple de l'Éternel ; il portera les insignes de la majesté ; il s'assiéra et dominera sur son trône' (Zacharie 6:12-13).


« Le germe [rejeton] de David est le Christ. Nous allons maintenant voir qu'on l'appelle aussi David, qu'il est un nouveau David, un David éternel, qui régnera à jamais sur le trône de son ancêtre d'autrefois. 'En ce jour-là, dit l'Éternel des armées', c'est-à-dire, lors du grand jour millénaire du rassemblement, ' Ils serviront l'Éternel, leur Dieu, et David, leur roi, que je leur susciterai' (Jérémie 30:8-9).


« 'En ces jours et en ce temps-là, Je ferai éclore à David un germe de justice ; Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem aura la sécurité dans sa demeure ; Et voici comment on l'appellera : L'Éternel notre justice. Car ainsi parle l'Éternel : David ne manquera jamais d'un successeur assis sur le trône de la maison d'Israël… Si vous pouvez rompre mon alliance avec le jour et mon alliance avec la nuit, en sorte que le jour et la nuit ne soient plus en leur temps, alors aussi mon alliance sera rompue avec David, mon serviteur, en sorte qu'il n'aura point de fils régnant sur son trône, Et mon alliance avec les Lévites, les sacrificateurs, qui font mon service'. (Jérémie 33:15-21). Le trône temporel de David tomba de longs siècles avant la naissance de notre Seigneur, et cette partie d'Israël qui n'avait pas été dispersée jusqu'aux extrémités de la terre fut asservie au joug de fer de Rome. Mais les promesses restent. Le trône éternel sera rétabli en temps voulu avec un nouveau David assis dessus, et il régnera pour toujours et à jamais…


« Par l'intermédiaire d'Ézéchiel, le Seigneur parla ainsi de ce grand Berger : 'Je porterai secours à mes brebis J'établirai sur elles un seul pasteur, qui les fera paître, mon serviteur David ; il les fera paître, il sera leur pasteur. Moi, l'Éternel, je serai leur Dieu, et mon serviteur David sera prince au milieu d'elles'. Quand ce jour viendra, 'je traiterai avec elles une alliance de paix', dit le Seigneur, ce qui veut dire qu'ils auront de nouveau la plénitude de l'Évangile éternel. Alors il y aura 'une pluie de bénédiction' ; tout Israël demeurera en sécurité et saura que le Seigneur est son Dieu (Ézéchiel 34:23-27).


« Par l'intermédiaire d'Ézéchiel, le Seigneur parle aussi de la parution du Livre de Mormon, qui devient l'instrument entre ses mains pour réaliser le rassemblement d'Israël. À propos de ce jour de rassemblement, il dit : 'Je ferai d'eux une seule nation dans le pays, dans les montagnes d'Israël ; ils auront tous un même roi'. Il promet en ce jour-là de les purifier par le baptême, ' ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu. Mon serviteur David sera leur roi, et ils auront tous un seul pasteur. Ils suivront mes ordonnances, ils observeront mes lois et les mettront en pratique. Ils habiteront le pays que j'ai donné à mon serviteur Jacob, et qu'ont habité vos pères ; ils y habiteront, eux, leurs enfants, et les enfants de leurs enfants, à perpétuité ; et mon serviteur David sera leur prince pour toujours' (Ézéchiel 37:22-25). Alors le Seigneur répète que son peuple rassemblé aura son Évangile éternel avec toutes ses bénédictions ; il établira pour toujours au milieu d'eux son sanctuaire, c'est-à-dire son temple (comme le rapporte Zacharie) et tout Israël saura que le Seigneur est leur Dieu' (Ézéchiel 37:26-28).


« Comme il sera glorieux, le jour de la venue où le deuxième David, qui est le Christ, régnera sur le trône du premier David, quand tous les hommes demeureront en sécurité, quand la terre sera parsemée de temples et quand l'alliance de l'Évangile aura toute saforce et toute sa validité sur toute la terre ! » (Bruce R. McConkie, The Promised Messiah, p. 192-195)


Ésaïe 11:9. « La connaissance de l'Éternel remplira la terre »


La connaissance sacrée de Dieu règnera parmi les hommes (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 71).


« La connaissance de Dieu couvrira alors la terre comme les eaux couvrent le fond de l'océan. Il n'y aura pas de place pour l'ignorance, pas de place pour les ténèbres, pas de place pour ceux qui ne veulent pas servir Dieu. Pourquoi ? Parce que Jésus, le grand Créateur, et aussi le grand Rédempteur, sera lui-même sur la terre, et ses saints anges seront sur la terre, et tous les saints ressuscités qui sont morts dans les anciennes dispensations [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] se lèveront aussi et seront sur la terre.


« Comme elle sera heureuse, la terre, quand ce processus de purification se produira et que la terre sera remptie de la connaissance de Dieu comme les eaux couvrent le fond de l'océan. Quel changement ! Voyagez alors d'une extrémité de la terre à l'autre, vous ne pourrez pas trouver de méchants, d'ivrognes, d'hommes pour blasphémer le nom du grand Créateur, nul pour s'emparer des biens de son voisin et les voler, nul pour commettre l'impudicité : car tous ceux qui commettent l'impudicité seront précipités en enfer, dit le Seigneur Tout-Puissant, et tous ceux qui commettent le péché seront promptement châtiés par les jugements tout-puissants ! » (Orson Pratt, dans foumal of Discourses, 21:325)


Les promesses de révélation pour cette grande ère sont décrites dans les Doctrine et Alliances (voir D&A 101:32-34).


Ésaïe 11:10-16. Israël rassemblé dans le monde


« L'âme d'Ésaïe semblait être enflammée, et son esprit ravi dans les visions du Tout-Puissant tandis qu'il déclarait, au nom du Seigneur, qu'il arriverait dans les derniers jours que Dieu étendrait une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peupie, rassembler les bannis d'Israël, recueillir les dispersés de Juda, vouer à l'interdit le golfe de la mer d'Égypte et y faire marcher les hommes avec leurs sandales, les amener à Jérusalem sur des chevaux, des mulets, des animaux rapides et sur des chars, et reconstruire Jérusalem sur ses ruines alors même que le Destructeur des nations s'ébranlerait ; et tandis que Dieu faisait revenir les captifs d'Israël, ils mettraient toutes leurs malédictions et toutes leurs afflictions sur la tête des nations, leurs ennemis, qui n'avaient pas cherché à les racheter, mais à les détruire, et les avaient foulé aux pieds de génération en génération.


« En même temps, la bannière serait élevée afin que les gens honnêtes et humbles de la terre vivant parmi les nations s'y rendent, et que Sion soit rachetée et édifiée comme ville sainte, afin que la gloire et la puissance de Dieu reposent sur elle et qu'on les voie sur elle ; que les gardes sur les monts d'Éphraïm s'écrient : 'Levez-vous, montons à Sion, vers l'Éternel, notre Dieu !' [Jérémie 31:7] ; que les Gentils parviennent à sa lumière et des rois à la clarté de son aurore ; que le saint de Dieu ait un endroit pour fuir et se tienne en un lieu saint tandis que le jugement est en marche sur la terre ; que quand l'épée de Dieu qui s'est enivrée dans les cieux descendra sur Édom, ou le monde, quand le Seigneur plaidera avec toute chair par l'épée et par le feu et que ceux qui seront abattus par le Seigneur seront nombreux, les saints puissent échapper à ces calamités en fuyant vers les lieux de refuge,comme Lot et Noé. » (Wilford Woodruff, dans History of the Church, 6:26)


Ésaïe 11:10, 12. « Une bannière pour les peuples »


« Il y a plus de 125 ans, dans la petite ville de Fayette (comté de Seneca, New York), le Seigneur a élevé une bannière pour les nations. C'était l'accomplissement de la prédiction du prophète Ésaïe. Cette bannière, c'était l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, qui fut établie pour la dernière fois,  pour ne plus jamais être détruite ni donnée à un autrepeuple. C'était le plus grand événement que le monde ait vu depuis le jour où le Rédempteur fut élevé sur la croix et réalisa l'expiation infinie et éternelle. Elle signifiait plus pour l'humanité que tout ce qui a pu se produire depuis ce jour-là…


« Lorsque cette bannière eut été élevée, le Seigneur envoya ses anciens revêtus de la prêtrise, ainsi que de pouvoir et d'autorité parmi les nations de la terre, rendant témoignage à tous les peuples du rétablissement de son Église et invitant les enfants des hommes à se repentir et à recevoir l'Évangile ; car il était maintenant prêché dans le monde entier comme témoignage avant que ne vienne la fin, c'est-à-dire la fin du règne de la méchanceté et l'établissement du règne millénaire de paix. Les anciens s'en allèrent comme cela leur était commandé, et ils prêchent toujours l'Évangile et rassemblent d'entre les nations la postérité d'Israël à quila promesse a été faite. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:228-229)


Ésaïe 11:11. « Le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peuple »
 
« Cette Écriture nous apprend que les événements qui y sont décrits doivent arriver dans l'avenir : 'Le Seigneur étendra une seconde fois sa main, pour racheter le reste de son peuple'. Il ne pouvait y avoir de 'seconde fois' sans qu'il n'y en ait une première. La première fois, c'est quand le Seigneur délivra Israël de son esclavage, de sa captivité en Égypte. Quand le Seigneur étendit-il sa main 'la seconde fois' pour racheter le reste de son peuple ? C'est ce que nous allons envisager. La citation ci-dessus nous apprend que trois événements importants devaient se produire. (1) Il élèvera une bannière pour les nations ; (2) il rassemblera les exilés d'Israël ; (3) il recueillera les dispersés de Juda des quatre extrémités de la terre.


« Il doit y avoir deux lieux de rassemblement, un pour Israël et un pour Juda…


Puisque Moïse est le prophète que le Seigneur avait suscité pour conduire Israël hors d'Égypte et à qui il avait donné le pouvoir d'accomplir des miracles si étonnants devant le pharaon, allant jusqu'à faire traverser la mer Rouge à pied sec par les enfants d'Israël, il semble parfaitement logique que ce soit Moïse qui détienne les clefs du rassemblement d'Israël au moment où le Seigneur va 'étendre une seconde fois sa main pour racheter le reste de son peuple'. Ce sont ces clefs que Moïse a confiées à Joseph Smith et à Oliver Cowdery.


« Quand on parle d'Israël, la plupart des gens pensent aux Juifs, et quand on fait allusion au rassemblement d'Israël, ils pensent au retour des Juifs au pays de Jérusalem. Il faut se souvenir que les Juifs, descendants de Juda, ne représentent qu'une des douze branches ou tribus de la maison d'Israël, la famille deJacob. » (LeGrand Richards, Une Oeuvre merveilleuse et un prodige, p. 50-51)


Ésaïe 11:13-14. « Éphraïm ne sera plus jaloux de Juda, e t Juda ne sera plus hostile à Éphraïm »


Autrefois, à l'époque du schisme des deux royaumes, Juda (tribu principale du royaume du Sud) et Éphraïm (tribu principale du royaume du Nord) s'opposaient souvent. Parfois elles étaient même en guerre l'une contre l'autre. Ésaïe prophétise que dans les derniers jours ce conflit prendrait fin. Dans une prophétie semblable Ézéchiel promit que la maison d'Israël ne serait plus divisée, mais sous son vrai roi, le nouveau David (voircommentaire sur Ésaïe 11:1), il y aurait de nouveau une seule nation unie (voir EzéchieI 37:15-25). Jérémie et Zacharie parlent aussi de la réunion future de la maison d'Israël (voir Jérémie 3:18 ; Zacharie 10:6-7).


« Nous sommes d'Éphraïm… Le Seigneur attend de nous, puisque nous sommes les gardiens de son Évangile rétabli en ces derniers jours, que nous tendions la main de l'amitié à Juda parce qu'après tout nous sommes tous descendants des prophètes Abraham, Isaac et Jacob et que nous bénéficions de la promesse que, grâce à leurs descendants, toutes les nations de la terre seraient bénies.


« Je ne sais pas comment l'hostilité et la jalousie entre Éphraïm et Juda pourront disparaître, sauf si nous, qui sommes de la maison d'Éphraïm, qui sommes les gardiens de l'Évangile, prenons l'initiative et essayons d'apporter à cette branche de la maison d'Israël les bénédictions de l'Évangile rétabli…


« Et il me semble que la seule façon de sanctifier la tribu de Juda pour qu'elle demeure à jamais en sa présence, c'est que nous lui apportions l'Évangile du Seigneur Jésus-Christ comme le Sauveur le leur a promispour les derniers jours. » (LeGrand Richards, dans Conference Report, octobre 1956, p. 23-24)


Ésaïe 11:15-16. « L'Éternel desséchera la langue de la mer d'Égypte… et il y aura une route »


« Le quinzième verset nous dépeint aussi la merveilleuse puissance de Dieu, qui se manifestera par la destruction d'un petit bras de la mer Rouge, désigné sous le nom de golfe de la mer d'Égypte, et par la division des sept canaux d'un fleuve ; ce qui permettra au peuple d'y marcher avec ses sandales. Et de peur que quiconque ne comprenne pas cela littéralement, le dernier verset dit expressément : 'Et il y aura une route pour le reste de son peuple, Qui sera échappé de l'Assyrie, comme il y en eut une pour Israël, le jour où il sortit du pays d'Égypte'. Il ne nous reste qu'à demander si, aux jours de Moïse, les eaux de la mer Rouge furent 'littéralement'  divisées,ou si cela ne fut qu'une figure ; car les choses sepasseront absolument de la même manière. » (Parley P. Pratt, Voix d'avertissement, p. 33-34)

ÉSAÏE 12

Ésaïe 12. Psaume millénariste


Ce bref chapitre est un psaume de louanges pour la grande ère millénaire où le Seigneur régnera « au milieu » de son peuple (Ésaïe 12:6).


Ésaïe 12:2. « L'Éternel est ma force… C'est lui qui m'a sauvé »

La traduction littérale de ce verset révèle les noms et titres sacrés de la Divinité tels qu'ils sont utilisés dans l'Écriture :


« Voici 'El' est mon salut, j'aurai confiance et je n'aurai pas peur ; Car 'Yah', Yahweh, Il est devenu mon salut'.


« 'El' est le singulier d'Elohim. On le trouve rarement au singulier dans la Bible. Dans la version Segond, le singulier et le pluriel sont tous les deux rendus par le mot 'Dieu'. 'Yah' est une forme contractée de Jéhovah ou Yahweh, qui est généralement rendu dans la version Segond par 'l'Éternel'. La forme brève 'Yah' apparaît aussi en hébreu dans Exode 15:2 et Psaumes 118:14. » (Ellis T. Rasmussen, Introduction to the Old Testament and its Teachings, p. 46)

ÉSAÏE 13

Ésaïe 13. « Babylone » est un terme que le Seigneur utilise pour symboliser la méchanceté dans le monde moderne


Ésaïe voit d'avance la destruction spectaculaire de la Babylone de son temps, la dégradation de sa noblesse et la méchanceté universelle de ses masses et utilise, de la manière qui lui est caractéristique, le terme Babylone pour symboliser un état de choses et un jugement modernes. Chaque époque de la terre a eu sa propre Babylone, mais les prophètes considéraient la Babylone des derniers jours comme la plus perverse de tous les temps et la chose à détruire à l'avènement du Seigneur.


Bien qu'à l'époque Babylone n'était qu'une province du puissant empire assyrien, Ésaïe eut la vision exacte que ce serait Babylone et non l'Assyrie qui apporterait les jugements sur le royaume de Juda. Il prophétisa que Babylone finirait par recevoir son propre jugement. En même temps, Ésaïe utilise Babylone comme symbole du monde et de sa méchanceté. C'est ainsi que quand Ésaïe parle de Babylone, c'est à la fois de l'empire portant ce nom et de la Babylone spirituelle qu'il veut parler.


Dieu lance à ses forces l'appel de se rassembler pour renverser Babylone. Dans ce cas-ci, ces forces sont les Mèdes (voir Ésaïe 13:17). Il fut répondu à cet appel environ 130 ans plus tard quand les Mèdes et les Perses coalisés, sous la direction de Cyrus le Grand, jetèrent une digue sur l'Euphrate, traversèrent le lit du fleuve et se présentèrent sous les murailles de Babylone pour prendre la ville et renverser l'empire.  L'importance de l'événement ressort plus clairement quand on réfléchit à l'image suscitée par le terme Babylone au sens spirituel. Ce sont les « consacrés » (Ésaïe 13:3, version King James ; Segond dit « ma sainte milice »), les saints des derniers jours, qui sont appelés à se rassembler et à s'unir à Dieu pour renverser la méchanceté (Babylone) dans le monde.


Dans ce chapitre d'Ésaïe, on peut trouver un excellent exemple du dualisme juif que l'on trouve si souvent dans Ésaïe et dans d'autres écrits de l'Ancien Testament.


Ésaïe 13. Changements notables dans le texte d'Ésaïe


Néphi cite Ésaïe 13 dans son intégralité (voir 2 Néphi 23) mais diffère quelque peu du texte biblique. Les différences les plus importantes se trouvent aux versets 3, 8 et 22. La comparaison soigneuse des deux versions permet de voir ce qui a disparu de la Bible.

Ésaïe 13:1. Quelle est la menace sur Babylone ?


Puisque Babylone est le symbole scripturaire des peuples et des gouvernements qui s'opposent au royaume de Dieu, la menace sur Babylone ce sont les jugements  sévères qui l'attendent inévitablement. Effectivement, les aires de Babylone seront vannées et sa paille brûlée (voir Jérémie 51:1-2 ; Matthieu 3:12).


Ésaïe 13:2, 4-5. Qu'étaient la bannière, la montagne et la foule ?


Dans une très belle métaphore, Ésaïe 13 montre la bannière de l'Évangile élevée dans les derniers jours (voir v. 2) pour que le monde puisse s'y rassembler (voir Ésaïe 5:26 ; 62:10 ; 2 Néphi 15:26).


La « montagne » : voir le commentaire sur Ésaïe 2:1-5.


La « rumeur » est celle « un peuple nombreux » (Ésaïe 13:4) qui se rassemble, convoqué par le Seigneur des armées, prêt à livrer bataille (voir 2 Néphi 23:3-5). Cette foule, ce sont les saints qui seront rassemblés d'entre toutes les nations dans les derniers jours et enrôlés dans l'armée du Dieu vivant pour faire la guerre à la méchanceté (voir Matthieu 24:30-31 ; D&A 10:64-67 ; 29:7-11 ; 45:66-71 ; 76:28-29 ; 84:2 ; 103:22-25)


Ésaïe 13:9-10. Les prophètes ont parlé des signes dans les cieux


Un signe très spectaculaire de la venue du Seigneur, ce seront les grands prodiges qui se manifesteront dans les cieux (voir Joël 2:31 ; Matthieu 24:29  ; Apocalypse 6:12-17 ; D&A 29:14 ; 34:9 ; 45:42 ; 88:87 ; 133:49).


Ésaïe 13:11-12. Que veut dire que les hommes seront plus rares que l'or fin ?


Au chapitre 13, versets 11 et 12, Ésaïe répète un refrain déjà utilisé (voir Ésaïe 4:1-4), à savoir que les justes seront aussi difficiles à trouver que l'or précieux et seront estimés autant que lui. Les méchants seront balayés de la terre, et les justes qui sont dignes resteront pour devenir les joyaux précieux de la couronne royale du Seigneur (voir Ésaïe 62:3 ; D&A 60:4). En effet, le trésor de « l'or d'Ophir » (Ésaïe 13:12), la riche province aurifère de l'Inde, est insignifiante comparée à la valeur d'un seul juste (voir  D&A 18:10).


Ésaïe 13:13. Que signifie que les cieux seront ébranlés et la terre secouée ?


Cette prophétie est un dualisme. Elle a une double temporalité. Ébranler les cieux et secouer la terre était une figure de style juive suggérant une période de grande calamités et de grands désastres. Telle serait la chute de Babylone. Tout le climat politique et la situation générale du monde en seraient ébranlés.


La prophétie a aussi un accomplissement littéral dans les derniers jours. Tout sera rétabli. Les cieux fuiront  et la terre sera ramenée à l'état qu'elle connaissait jadis. La terre recevra alors sa gloire paradisiaque. Celle-ci ne doit pas être confondue avec l'état céleste qui est le destin final de cette sphère ; c'est au contraire l'état millénaire dans lequel toute vie connaîtra une paix continuelle (voir Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 34-38).


Ésaïe 13:14-18. Que signifie la destruction de Babylone par les Mèdes ?


Ésaïe dit que, de même que les Mèdes, les habitants de la région montagneuse dominant Babylone, descendront sur l'ornement des royaumes de l'Euphrate et le décimeront, de même, dans un sens spirituel, une puissance supérieure, qui ne s'intéresse pas à la richesse, s'abattra sur la Babylone des derniers jours et en détruira les orgueilleux, les méchants et leurs complices (voir 2 Néphi 23:15).


Ésaïe 13:19-22. La malédiction de Babylone impliquait-elle sa destruction ?


La description que fait Ésaïe de Babylone dans ces versets s'accomplit littéralement. Souvenons-nous qu'à l'époque où Ésaïe écrit cela, la Babylonie n'est pas encore un empire mondial. Sous Neboukadnetsar, la Babylonie renversa l'Assyrie et parvint à l'hégémonie sur le monde. Neboukadnetsar entreprit un programme de construction qui fit de Babylone une des villes les plus remarquables du monde antique. Prédire la dévastation et la désolation totales d'une telle ville était quelque chose de remarquable, car certaines villes antiques, telles que Jérusalem, Damas et Jéricho, sont restées au cours des siècles et existent toujours aujourd'hui. Mais après sa conquête par Cyrus, Babylone ne cessa de décliner. Il se passa plusieurs siècles avant qu'elle ne soit abandonnée, mais à l'époque du Christ elle était vide et en ruines et l'est restée. Les ruines silencieuses sont le témoignage éloquent de ce qu'Ésaïe parlait avec une précision divine.


La Babylone spirituelle deviendra de même une désolation et un désert quand Dieu viendra juger le monde et inaugurera le règne millénaire du Christ (voir Apocalypse 18).

ÉSAÏE 14

Ésaïe 14. Changements importants dans le texte d'Ésaïe


Le chapitre tout entier d'Ésaïe est cité par Néphi avec deux changements importants. Comparer les versets 2 et 4 des deux versions.


Ésaïe 14:2. Quelle relation y a-t-il entre Israël et le peuple dont il est question ici ?


Le processus de rassemblement, qui renvoie Israël dans ses terres promises, sera facilité par d'autres nations (peuples), qui aideront matériellement Israël à  revenir des extrémités de la terre. Alors ces autresnations épouseront la cause d'Israël, et les captifs (Israël) gouverneront leurs oppresseurs. Cette situation privilégiée se réalisera pleinement pendant la grande paix millénaire dont jouiront les justes qui auront véritablement conquis Babylone (le monde) (voir Ésaïe 14:3). En d'autres termes, comme disent C. F. Keil et F. Delitzsch : « Babylone tombe pour qu'Israël s'élève » (Commentary on the Old Testament, 7:1:306).


Ésaïe 14:4-21. Ésaïe compose un chant sur Babylone


Ce chant satirique ou provocateur, donné dans la belle poésie d'Ésaïe, est un chant de jugement contre la Babylone de l'injustice. Ésaïe parcourt à grands pas le futur dans sa puissante versification hébraïque, laissant Babylone écrasée et vaincue dans le triomphe d'Israël.


Ésaïe 14:12-15. Qui était l' « astre brillant, fils de l'aurore » ?


Ésaïe utilise le dualisme. Les chapitres 13 et 14 décrivent la chute de Babylone à la fois comme empire et comme symbole du monde (voir D&A 133:14). C'est ainsi que la plupart des savants pensent que l' « astre brillant, fils de l'aurore » est le roi de Babylone, probablement Nebucadnetsar. Dans l'utilisation symbolique de Babylone (Babylone en tant que méchanceté spirituelle et royaume de l'adversaire), l'astre brillant est Lucifer ou Satan. Cette interprétation est confirmée dans la révélation moderne (voir D&A 76:26-28). Satan et le prince de Babylone (tous les deux représentés par l'astre brillant, ou Lucifer, dans ce passage) aspirent à s'emparer de la gloire royale, mais en fait ils seront précipités en enfer où il y aura des pleurs, des lamentations et des grincements de dents.


Comparer Ésaïe 13:13-14 avec Moïse 4:1-4, où sont données les conditions imposées par Lucifer pour sauver tous les hommes. Ce qui renforce la force de l'image est le fait que l'expression « assemblée » (v. 13) est traduit par Keil et Delitzsch comme « assemblée des dieux » (Commentary, 7:1:312).


Dans un autre exemple encore de l'admirable dualisme d'Ésaïe, même les rois du monde sont couchés dans leur tombe (maison) avec honneur (voir v. 18-19), mais le roi de Babylone va être jeté au loin et piétiné. Ce sort fut littéralement réservé à la ville des Chaldéens, et si Neboukadnetsar fut certainement enterré avec beaucoup de faste, on ne trouve plus son tombeau aujourd'hui dans les ruines de Babylone. Pensons un moment à la « tombe » de Satan. N'ayant jamais reçu de corps, il n'aura jamais de tombe ni de monument d'aucune sorte, même s'il fut roi et gouverneur du grand empire mondial et historique de la Babylone spirituelle. Il n'est pas étonnant que les rois de la terre qui, bien que méchants dans la mortalité, pouvaient quand même hériter le royaume téleste, se soient étonnés de son destin final.


Ésaïe 14:24-27. L'Assyrie était comme Babylone


Outre l'utilisation de l'empire babylonien comme symbole de la Babylone spirituelle, Ésaïe décrit aussi la fin du grand empire assyrien, qui, du temps d'Ézéchias, connut, sur les collines de Jérusalem, une défaite écrasante infligée par un ange exterminateur (voir Ésaïe 37:33-38). L'Assyrie est aussi utilisée pour symboliser le monde. De la même manière, toutes les nations méchantes connaîtront la main des jugements de Dieu (voir Ésaïe 14:26).


Ésaïe 14:28-32. Menace contre les Philistins


Ces versets révèlent la sentence de la destruction, dont Ésaïe fut le témoin de son vivant, décrétée contre les Philistins. Les Philistins habitaient les villes de la côte quand Israël conquit Canaan sous Josué. Ils étaient les ennemis de toujours d'Israël, et la guerre entre les deux peuples continua pendant des siècles. Leur territoire se limitait à une bande côtière d'une dizaine de kilomètres de profondeur, mais ils furent connus plus rapidement du monde méditerranéen qu'Israël, et ce fut leur nom qui fut graduellement donné à tout le pays. De là les appellations « Palestine » et « Philistie ». Les Israéliens modernes n'aiment pas qu'on appelle leur pays la Palestine à cause de son origine et de sa signification.


L'empereur assyrien Tiglath-Piléser s'empara des Philistins vers l'époque de la mort d'Achaz, roi de Juda, qui avait fait alliance avec lui. En dépit de la haine éternelle des Philistins et de leurs persécutions à l'égard d'Israël, le peuple du Seigneur s'établit dans le pays. De la même manière, Sion sera établie, tandis que tous ses ennemis (Babylone, l'Assyrie, la Philistie et ainsi de suite) seront impuissants à y changer quoi que ce soit et tomberont.

ÉSAÏE 15

Ésaïe 15 à 16. Le jugement du Seigneur contre Moab


Moab était le fils aîné de la fille aînée de Lot (voir Genèse 19:37). Son peuple s'installa à l'est de la mer Morte à partir de la rivière Zéred vers le nord. Les Moabites étaient cousins des Israélites, mais il y avait un conflit constant entre eux, et le Seigneur les utilisait comme le bâton de son châtiment vis-à-vis d'Israël. Néanmoins, de peur qu'Israël n'ait le sentiment que le Seigneur préfère la méchanceté des Moabites, Ésaïe révèle leur destin dans ces deux chapitres, promettant qu'un jour le Seigneur se souviendra de ses alliances avec Israël, le rassemblera de parmi le monde et établira à jamais son alliance avec lui, tandis que Moab sera condamné à la destruction. Dans ce sens, Moab est aussi un symbole du monde méchant, et aucune de ses puissantes villes, ni ses lucratives routes marchandes, ni sa place éminente parmi les autres nations ne pourront demeurer en ce jour-là, mais tout sera détruit.


Ésaïe 15:3. Qu'est-ce que les têtes rasées ont à voir avec le jugement du Seigneur contre Moab ?


Le fait de raser la tête et de couper la barbe était un signe de grande honte dans l'Israël antique et signifie dans ce verset que l'orgueil supposé et la prétendue éminence de Moab se transformeront en honte et en reproches. Ésaïe décrit la tristesse des méchants en utilisant le terme « sac » et en faisant allusion aux hurleuses et pleureuses professionnelles qui avaient coutume de se manifester, au Proche-Orient, dans les périodes de douleur (voir James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 396-397).


Ésaïe 15:8-9. La destruction de Moab fut universelle


La clameur de la destruction de Moab est universelle, même au-delà de ses frontières vers Églaïm au nord-ouest de la mer Salée. Pour montrer l'étendue de la tragédie que Moab connaîtra, Ésaïe prophétise que le coeur des riches terres de pâture entourant Dibôn verra ses eaux (appelées Dimon) remplies du sang du peuple. En d'autres termes, il y aura un massacre et une destruction généralisés du peuple, l'ennemi pénétrant jusqu'au coeur même de Moab.


Ésaïe révèle que la relation entre Juda et Moab va changer, car le « lion », qui est Juda, va monter contre le reste de Moab, qui a été épargné, pour en faire sonvassal.


ÉSAÏE 16

Voir commentaire sur Ésaïe 15 à 16.


Ésaïe 16:6-11. La calamité du deuil va affliger Moab d'un bout à l'autre


Les nations de la terre qui sont comparées à Moab sont de grandes puissances parmi les hommes, mais elles seront amenées à hurler et à se lamenter. Leurs défenses tomberont à néant, et leurs richesses et leur abondance de nourriture disparaîtront, et à la place de la joie qu'elles escomptent, elles seront percées de chagrin jusqu'au coeur. En ce jour-là, le monde entier finira par comprendre que la méchanceté n'a jamais été le bonheur.


Bien que Moab ait été l'ennemi acharné d'Israël, Ésaïe n'en pleure pas moins sur la grande tragédie de son péché et la destruction qui en est le résultat.


Ésaïe 16:12-14. Les jours de Moab sont comptés


Ésaïe réaffirme simplement ce qu'il a déjà dit (voir Ésaïe 15:5), que Moab, en Transjordanie, verra la destruction dans les trois ans.


ÉSAÏE 17

Ésaïe 17. Le pouvoir et la puissance, tels que le monde les connaît, sont destinés à la destruction


Toutes les puissances du monde, y compris les voisins de Juda (la Syrie est représentée par « Damas » et le royaume du Nord, Israël, est représenté par la forteresse d'Éphraïrn), aussi bien que les nations du monde qui ont dépouillé le peuple du Seigneur, seront elles-mêmes détruites par les grands jugements de Dieu. Israël et les nations du monde sont humiliés par la main de Dieu. Néanmoins le Seigneur promet, dans Ésaïe 17:6-8, qu'un reste de ces nations païennes, comme un reste des Israélites, sera aussi préservé. Le « grapillage » (v. 6), ce sont les quelques-uns que les moissonneurs n'auront pas pris. On récoltait les olives en secouant les branches, ce qui en laissait toujours quelques-unes, éparses, sur les branches les plus hautes (voir v. 6). Comme Israël, ce reste des Gentils se tournera vers Dieu et abandonnera ses fausses religions (voir v. 7-8).

ÉSAÏE 18

Ésaïe 18. Ésaïe voit l'Évangile porté d'Amérique aux nations


« La traduction correcte [
d'Ésaïe 18:1] serait : 'Salut au pays ayant la forme d'ailes'. Connaissez-vous un pays qui a la forme d'ailes ? Pensez à votre carte. Il y a environ 25 ans, un des magazines du jour portait sur sa couverture le continent américain sous forme de deux ailes, avec le corps de l'oiseau entre les deux. J'ai toujours regretté ne pas avoir conservé ce magazine. L'Amérique n'a-t-elle pas la forme d'ailes, des ailes étendues d'un oiseau ? » (Joseph Fielding Smith, Signs of the Times, p. 51 ; voir aussi History of the Church, 6:322 ; Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 16:84-85 ; Spencer W. Kimball, Why CalI Me Lord, Lord and Do not the Things which I say?, Ensign, mai 1975, p. 4).


Ésaïe 18:7. Quelles offrandes les saints porteront-ils au Seigneur ?


Les saints sont tellement décidés à offrir au Seigneur une offrande valable d'Israël rassemblé que, comme le prophète Joseph Smith l'a dit, ils « ont travaillé bénévolement pour annoncer aux États-Unis [et maintenant au monde] que le rassemblement a commencé dans l'Ouest du Missouri, pour construire une ville sainte, où, comme on peut le voir au huitième chapitre d'Ésaïe, les offrandes seront 'apportées à l'Éternel des armées' » (History of the Church, 2:132). La montagne de Sion est identifiée dans la révélation moderne comme étant la nouvelle Jérusalem (voir D&A 84:2). Ainsi, une fois que l'Église est rétablie et qu'Éphraïm commence à rassembler Israël de sa dispersion (voir commentaire sur Ésaïe 11:13-14), ils peuvent présenter une maison rétablie de Jacob au Seigneur, et ce sera une offrande qui le ravira.

ÉSAÏE 19

Ésaïe 19:3. À propos d'augures, de nécromanciens et de devins


« Une des pratiques les plus méchantes et les plus perverses qui aient le soutien de l'adversaire est celle de la sorcellerie, pratique qui implique des relations directes avec les esprits malins. Un sorcier ou une sorcière est quelqu'un qui se livre à la magie noire, qui a fait un pacte avec le diable. À notre époque, le terme s'applique surtout aux femmes.


« Il n'existe bien entendu pas de sorcières, si l'on entend par là de vieilles femmes volant sur des balais magiques dans le ciel d'octobre ; pareille mythologie est une satire moderne d'une pratique peu comprise qui a existé dans tous les royaumes apostats du passé et que l'on trouve maintenant encore parmi beaucoup de peuples. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 840)


Ésaïe 19:8-9. Quelle signification ont les pêcheurs, le lin peigné et le tissage ?


Ils représentent les industries principales d'Égypte qui lui avaient valu une grande réputation. La pêche était de première importance dans ce pays, don d'un fleuve. Le lin peigné représente le lin fin qui était renommé dans le monde entier. C'étaient les étoffes blanches utilisées pour recouvrir le tabernacle de Moïse (voir Exode 25:4). Les étoffes blanches représentent le vêtement de coton courant en Égypte. Que ces trois industries manquent, ce serait une calamité nationale.


Ésaïe 19:11-25. Cette menace était-elle plus qu'un jugement contre l'Égypte ?


Une fois de plus Ésaïe utilise le dualisme prophétique. Sa menace contre l'Égypte a (1) un accomplissement physique vécu par le pays et son peuple tant du temps d'Ésaïe qu'à une époque future et (2) un accomplissement spirituel qui se produit dans le monde des derniers jours.

Ésaïe utilise une formule pour signaler au lecteur les parties de sa vision qui ont trait aux derniers jours. « En ce jour-là », aux versets 16, 18, 19, 23 et 24, suggère un accomplissement futur (on trouve d'autres utilisations de cette expression et sa signification dans Ésaïe 2:4, 11).


Jamieson, Fausset et Braun montrent pourquoi Ésaïe a pu utiliser des voisins tels que l'Égypte, Moab et Babylone pour décrire les méchants des derniers jours. À propos du monde, ils écrivent : « Babylone représente son idolâtrie, l'Égypte, sa tyrannie, Sodome, sa corruption totale, Jérusalem, ses prétentions à la sainteté pour cause de privilèges spirituels, tout en étant, pendant tout ce temps-là, l'assassin du Christ en la personne de ses membres. » (Jamieson, Fausset et Braun, A Commentary critical and explanatory on the Bible, p. 577 ; voir aussi Bruce R. McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:510).


Ésaïe 19:11-25. Quels sont les accomplissements possibles de cette prophétie ?


Ésaïe 19:11-14 promet que les dirigeants  des principaux centres d'Égypte seraient comme des insensés et incapables de sauver leur nation. Tsoan était Tanis, et Noph était Memphis. La prophétie des versets 16 et 17 que dans les derniers jours Juda serait pour l'Égypte un objet d'effroi aurait pu s'accomplir partiellement lors de la guerre des six jours en 1967, quand Israël décima les forces armées de l'Égypte lors des deux premiers jours de la guerre. Les versets 24 et 25 promettent la possibilité encore future que l'Égypte et d'autres nations de cette partie du monde adopteront l'Évangile rétabli.


Ésaïe 19:23-25. Quels pourraient être les accomplissements spirituels de la prophétie ?


La signification d'Esaïe 19:23-25 n'est pas claire. Ces versets semblent suggérer une alliance future entre Israël, l'Égypte et l'Assyrie (ou les nations qui habitent ces territoires antiques). Keil et Delitzsch expliquent l'alliance ainsi :


« Israël a maintenant atteint le grand but de son appel : être une bénédiction 'par toute la terre'… toutes les nations étant représentées ici par l'Égypte et l'Assyrie. Jusqu'à présent cela n'avait été qu'un désavantage pour Israël d'être situé entre l'Égypte et l'Assyrie. L'histoire du royaume éphraïmite, aussi bien que celle de Juda, le prouve. Si Israël s'appuyait sur l'Égypte, il s'induisait en erreur et était induit en erreur ; et s'il se reposait sur l'Assyrie, il ne faisait que devenir son esclave et avait l'Égypte comme ennemie. Ainsi Israël était douloureusement pris en sandwich entre les deux grandes puissances de la terre, les puissances de l'ouest et de l'est. Mais tout allait changer maintenant ! L'Égypte et l'Assyrie devenaient une en l'Éternel, et Israël le troisième dans l'alliance. Israël n'était plus la seule nation de Dieu, la création de Dieu, l'héritier de Dieu ; mais tout cela s'appliquait maintenant à l'Égypte et à l'Assyrie, aussi bien qu'à Israël. » (Commentary, 7:1:368)

ÉSAÏE 20

Ésaïe 20:1. Qui était
Tharthan ?


Tharthan était l'échanson, le serviteur de confiance de Sargon. Tharthan devint probablement l'officier principal de Sanchérib lors du siège de Jérusalem (voir 2 Rois 18:17). (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 7:1:370)


Ésaïe 20:2. Pourquoi Ésaïe marche-t-il « nu et déchaussé » ?


« Vu la grande importance apportée à l'habillement en Orient, où les sentiments dans ce domaine sont tout spécialement sensibles et pudiques, il suffisait à quelqu'un d'enlever son manteau pour être considéré comme dénudé. Par conséquent ce qu'il était commandé à Ésaïe de faire allait simplement à l'opposé de la coutume courante, et non de la décence morale. Il devait mettre de côté l'habillement de deuil et de prédicateur du repentir et ne porter que la tunique (cetoneth). Et c'est dans cette tenue, et sans chaussures, qu'il devait se montrer au public. » (Keil and Delitzsch, Commentary, 7:1:372)

ÉSAÏE 21

Ésaïe 21:1-2. Qu'était « le désert de la mer » ?


L'utilisation de cette expression a intrigué beaucoup de commentateurs. Des pays bien précis ont reçu la menace, néanmoins aucun pays connu n'est cité. Keil et Delitzsch croient qu'Ésaïe utilise ici un nom symbolique, et ils croient qu'il fait allusion à Babylone. Cette ville était située sur une plaine brûlante et poussiéreuse dans la vallée de l'Euphrate, mais dans l'antiquité, avant que l'on ne construise des barrages pour endiguer les eaux, la plaine tout entière était inondée chaque printemps dans les crues de l'Euphrate. Ainsi donc Babylone se trouvait à la fois dans un désert et sur une mer (voir Commentary, 7:1:377). Cette interprétation semble être confirmée par la description de Babylone par Jérémie quand il dit qu'elle « demeure près des grandes eaux » (Jérémie 51:13) et sa promesse que ses eaux se tariraient (Jérémie 50:38).


Spirituellement ou symboliquement, Jean décrit Babylone comme étant assise sur des eaux. Il explique alors que les eaux représentent les nations et les peuples de la terre (voir Apocalypse 17:1, 15). Si Ésaïe a utilisé la même idée, alors la mer représente la domination de Babylone, et le désert la perte imminente de ces dominations.


Ésaïe 21:3-10. Pourquoi Ésaïe est-il tellement attristé par sa vision ?


La souffrance causée par la vision accordée à Ésaïe était si intense que les mots qui la décrivent en hébreu sont particulièrement percutants et montrent bien qu'il s'agit de quelque chose de plus qu'une simple tristesse :


« 'chalchala' est la contorsion produite par une crampe, comme dans Nahum 2:11 ; 'tsirim' est le mot que l'on applique aux douleurs de l'accouchement ; 'na ava' signifie se plier ou s'incliner et est aussi utilisé pour exprimer un cri de douleur convulsif ; 'ta a', qui est utilisé dans un sens différent de Psaumes 95:10 (voir toutefois Psaumes 38:11), dénote le battement fiévreux et irrégulier du pouls. Les ténèbres du soir et de la nuit, que le prophète aimait tellement ('tchechek', un désir né d'une inclination, 1 Rois 9:1, 19), et auxquelles il aspirait toujours, soit pour s'adonner à la contemplation, soit pour se reposer de ses efforts extérieurs et intérieurs, avaient été transformés en tremblements par l'horrible vision. » (Keil and Delitzsch, Commentary, 7:1:379)


La destruction de Babylone ne fut pas quelque chose d'agréable à voir. Mais certains commentateurs croient qu'ici encore, Ésaïe vit une autre destruction, la destruction de la Babylone du monde avant l'avènement du Seigneur Jésus-Christ dans les derniers jours. Quoique nécessaire, la destruction serait une grande tragédie.


La description des nombreux ânes, chameaux et cavaliers semble désigner l'équipement de l'armée perse. Les animaux étaient utiles pour transporter la nourriture et le matériel de guerre, mais les Perses les utilisaient aussi efficacement « pour jeter l'ennemi dans la confusion » (Keil and Delitzsch, Commentary, 7:1:381).


Ésaïe 21:10. Que signifie l'allusion au battage ?


Israël fut battu au fléau : fauché sur son propre champ, battu et emmené en captivité à Babylone. Ce verset semble être une préfiguration de l'événement qui est décrit avec certains détails dans Ésaïe 22 (voir particulièrement la description aux versets 3-4).


Ésaïe 21:11-17. Quelle importance faut-il accorder à la mention de Duma et de l'Arabie ?


De même qu'Ésaïe utilise la destruction de toutes les grandes nations voisines d'Israël comme symbole du jugement qui s'abattra sur les méchants et leurs organisations au dernier jour, de même il prophétise ici, presque entre parenthèses, la destruction même des petits pays de l'Orient. Duma se trouve au coeur du désert d'Arabie vers le nord ; Dedan est le sud-est du golfe d'Aqaba, le long de la côte de la mer Rouge ; Kédar est la région située à l'est du mont Hermon, qui contient la région appelée Basan.

ÉSAÏE 22

Ésaïe 22:1-7. Que faut-il entendre par « la vallée des visions » ?


Ésaïe fait ici allusion à Jérusalem (voir Ésaïe 22:9). Comme c'était là qu'il résidait et que c'était par conséquent l'endroit où il recevait ses visions et ses révélations, il n'est pas étonnant qu'il l'ait appelé le lieu des visions.


Après avoir expliqué que les ennemis d'Israël n'échapperaient pas au châtiment, en révélant les diverses menaces qui pesaient sur eux (voir Ésaïe 13:21), le Seigneur ramène Ésaïe au thème qu'il développait précédemment : Israël et Juda peuvent s'attendre aux jugements de Dieu. C'est ainsi qu'après les sentences passées sur le monde, une sentence est ajoutée pour Jérusalem, qui était devenue partie intégrante du monde.


Ésaïe 22:8. Qu'était « la maison de la forêt » ?


« La maison forestière fut construite par Salomon sur Sion pour y entreposer et y exhiber les armes et les ustensiles précieux… et on l'appelait ainsi parce qu'elle reposait sur quatre rangées de colonnes de cèdre qui en faisaient le tour (elle était au centre de l'avant-cour du palais royal). » (Keil et Delitzsch, Commentary, 7:1:394)


Ésaïe 22:12-13. Un appel à pleurer et à se lamenter


Les termes descriptifs utilisés par Ésaïe sont les signes de la tristesse et du chagrin. Le fait de se raser les cheveux était une grande honte et signifiait une grande calamité (voir Ésaïe 3:24). Le Seigneur laisse entendre que quand Juda vit sa condamnation imminente, il aurait dû y voir un appel à un repentir profond et se revêtir de sac et se raser la tête. Au lieu de cela il agissait comme s'il avait été appelé à des festivités et chantait le refrain du monde : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (Ésaïe 22:13). Avec le comportement typique des méchants en temps de crise, il préférait se livrer à ses passions que se repentir (voir v. 17-19).


Ésaïe 22:15-25. Figures du Christ


Schebna, gouverneur du palais de Juda, était devenu orgueilleux et méchant (voir Ésaïe 22:15-16) et avait par conséquent été rejeté par le Seigneur (voir v. 17-19). Éliakim était un homme juste, le fils de Hilkija, le sacrificateur. Bien que le Seigneur décrive l'autorité d'Éliakim et la place qui lui serait donnée (voir Ésaïe 36:3 ; 37:2) dans les derniers versets de ce chapitre, Éliakim est une figure du Sauveur. La description évoque sans doute d'une manière précise l'autorité effective d'Éliakim, mais elle est aussi une description impressionnante de Jésus-Christ, qui remplacera finalement les gouverneurs d'Israël qui, comme Schebna, s'étaient enflés d'orgueil.


« Éliakim signifie la résurrection du Seigneur ; ou : Mon Dieu, il se lèvera » (Clarke, 4:107). Ainsi, même le nom symbolisait le Christ, « car l'espérance du salut et de la vie éternelle ne vient que par Éliakim, la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts » (idem).


Quand le patriarche Israël donna à son fils Juda ses bénédictions, il dit, entre autres choses : « Le bâton (de commandement) ne s'écartera pas de Juda, ni l'insigne du législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Chilo et que les peuples lui obéissent » (Genèse 49:10). À partir de ce moment-là, Juda détint le pouvoir souverain en Israël, et cela fut particulièrement manifeste lors du règne du roi David. La clef de la maison de David, le droit de régner, était un symbole du droit réel de régner, dont on ne peut  bénéficier que par l'intermédiaire de la sainte prêtrisede Dieu. Ce pouvoir était concentré dans le Seigneur Jésus-Christ, à qui le pouvoir fut donné de « fermer » et « d'ouvrir » sans que personne ne puisse passer outre à ce pouvoir. Jean et Ésaïe montrent tous les deux que la clef de David, le gouvernement, devait être sur les épaules du Sauveur du monde (voir Ésaïe 9:5 ; Apocalypse 3:7).


Quand Ésaïe dit que le Messie a « la clé de la maison de David » (v. 22), c’est une manière symbolique de dire que le Sauveur a le pouvoir d’admettre ou d’exclure n’importe qui de la présence de notre Père céleste (voir aussi Apocalypse 3:7-8 ; 2 Néphi 9:41).


Le « clou dans un lieu sûr » (Ésaïe 22:23, version Segond) est messianique et symbolise la réalité terrible de la croix, bien que celle-ci ne soit qu'une partie de toute la souffrance du Seigneur qui le fit « trembler de douleur » et « saigner à chaque pore » et lui torturèrent « à la fois le corps et l'esprit » (D&A 19:18). Tout comme le clou de la croix enfoncé en un lieu sûr fixait le corps du crucifié, ainsi le Sauveur lui-même est, pour tous ceux qui le veulent, un clou en un lieu sûr, car il leur a donné du pouvoir de sorte qu'aucun ne soit perdu (voir Jean 17:12).


Quand le Christ amènera les rachetés au Père, la gloire deviendra sienne, et les rachetés et leur postérité deviendront partie intégrante de la famille céleste sous le trône du Christ (voir Matthieu 28:18 ; 1 Corinthiens 15:27-28 ; Philippiens 2:5-11 ; 3:21 ; D&A 19:2).

ÉSAÏE 23

Ésaïe 23. L'attitude dure du Seigneur contre Tyr


Ce chapitre met fin à une phase des prophéties d'Ésaïe contre les voisins païens d'Israël et leurs types de méchanceté. Même si Babylone allait avoir, dans le proche avenir, la possession de la puissance impériale du monde, Tyr dominait ce monde contemporain et en était le centre commercial. C'est pourquoi, comme Tyr avait la mainmise sur le trafic de la richesse du monde, il était normal que le Seigneur s'adresse à elle en lui lançant une menace séparée (voir Ézéchiel 26 à 28).


Ésaïe 23:1. Où étaient Tarsis et le pays de Kittim ?


Tarsis était probablement l'ancien nom de la région appelée aujourd'hui l'Espagne ; c'était la collègue de Tyr dans la navigation de commerce. Kittim était le nom ancien de ce qui est aujourd'hui Chypre. On peut concevoir la Phénicie comme étant, à l'époque, le centre du commerce mondial.


Ésaïe 23:2-3. Sidon, cité-État


Sidon était l'ancienne ville des Phéniciens, tandis que Tyr était le nouvel emplacement qui avait acquis la suprématie à l'ère assyrienne. Sidon tirait ses revenus des céréales du fleuve (le Nil). Les marchands étaient devenus si célèbres qu'ils étaient honorés comme des princes par leurs compatriotes (voir Apocalypse 18:23 ; Ésaïe 23:8).


Ésaïe 23:14-18. Pourquoi Tyr est-elle qualifiée de prostituée ?


Comme Babylone, Tyr représentait le monde et devait donc finalement tomber sous les jugements de Dieu. Comme Babylone, elle était considérée comme une prostituée se livrant à la fornication (s'unissant dans la méchanceté) avec les royaumes du monde (voir Ésaïe 23:15, 17-18 ; Apocalypse 17:1-2). Les soixante-dix ans peuvent être une allusion aux jugements qui l'attendaient. Ésaïe 23:18 montre que finalement un bon usage sera fait de la marchandise de Tyr (du monde) pour l'édification du royaume de Dieu.

ÉSAÏE 24

Ésaïe 24:1-6. De quelle période ou de quel peuple le Seigneur parlait-il ?


Dans un des sens du terme, on pourrait utiliser Ésaïe 24:1-6 pour parler d'apostasie à n'importe quelle époque. Le passage parle d'une époque où le Seigneur dévastera (voir v. 1) la terre et en dispersera les habitants au dehors parce que le peuple a souillé la terre. « Ils enfreignaient les lois [de Dieu], altéraient les prescriptions, ils rompaient l'alliance éternelle » (v. 5). En conséquence « les habitants de la terre sont consumés, et il ne reste qu'un petit nombre d'hommes » (v. 6).


Ésaïe 24:2. « Il en est du sacrificateur comme du peuple »


« Le terme sacrificateur est utilisé ici pour désigner tous les chefs religieux de toutes les religions. Ésaïe dit : 'La terre a été profanée par ses habitants ; car ils enfreignaient les lois, altéraient les prescriptions, ils rompaient l'alliance éternelle' (Ésaïe 24:5). Il est choquant d'entendre, parmi les voies discordantes, celles de nombreux prêtres, qui encouragent les hommes à se souiller et ferment les yeux sur les tendances corruptrices et nient l'omniscience de Dieu. Assurément ces hommes devraient tenir bon, et cependant certains cèdent à la clameur populaire.


« Je vous cite quelques passages de la presse : 'Beaucoup d'hommes d'Église hésitent à dire clairement oui ou non à la marijuana'. 'Cela dépend des circonstances' (Times, 16 août 1968). On a créé 'une éthique de situation' qui semble couvrir tous les péchés. D'autres dirigeants religieux disent : 'On ne doit pas nécessairement appliquer des règles de conduite chrétienne précises aux problèmes de la sexualité' (Londres, British Council of Churches).


« Écoutez la différence avec la voix forte d'un prophète. Pierre prophétise : 'Il y a eu de faux prophètes parmi le peuple ; de même il y a parmi vous de faux docteurs qui introduiront insidieusement des hérésies de perdition… reniant le Maître qui les a rachetés… Beaucoup les suivront dans leurs dérèglements'(2 Pierre 2:1-2). » (Spencer W. Kimball, dans Conference Report, avril 1971, p. 9)


Ésaïe 24:5. Pourquoi était-il si grave d'altérer les prescriptions ?


Les ordonnances de l'Évangile font partie des moyens précis prévus par le Seigneur par lesquels on peut surmonter son état naturel, parvenir à la nouvelle naissance spirituelle et devenir semblable à Dieu. Chaque ordonnance a été prévue par Dieu pour enseigner des vérités spirituelles et faire avancer les hommes vers la piété. Quand on change les ordonnances (prescriptions), on perd leur force salvatrice.


Ésaïe 24:6-12. Le résultat de l'apostasie


Le châtiment décrété pour ceux qui enfreignent l'alliance éternelle de Dieu, c'est qu'il seront brûlés par le feu. Ces versets décrivent le grand deuil qui accompagnera la destruction.


Ésaïe 24:19-23. De grands changements physiques accompagneront la seconde venue du Seigneur


Ésaïe 24:19-23 décrit les événements et la conjoncture tels qu'ils seront juste au moment det la seconde venue du Seigneur ou juste avant. On trouve une description plus en profondeur des mêmes événements dans Doctrine et Alliances 88:86-94. Les « captifs dans une prison » et ceux qui sont «enfermés dans des cachots » (Ésaïe 24:22) sont ceux qui, dans le monde des esprits, attendent la prédication de l'Évangile (voir Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 2:150). Selon Orson Pratt, la lune sera confondue et le soleil aura honte parce que l'éclat qui accompagnera le Christ lors de son retour sur la terre sera une « lumière supérieure », une lumière qui fera que tout le reste paraîtra sombre par comparaison (dans Journal of Discourses, 20:12).

ÉSAÏE 25


Ésaïe 25:6-9


Une interprétation d’Ésaïe 25:6-7 est que la montagne symbolise le temple (voir aussi Ésaïe 2:2 ; D&A 58:8-9). Un voile est une étoffe légère. Symboliquement il représente souvent l’incrédulité qui empêche les gens de véritablement aller au Christ (voir Moïse 7:26).


Ésaïe 25:1-11. La Seconde Venue sera une époque de grande réjouissance pour les justes


Quoique traitant de grandes destructions et de grands jugements, Ésaïe est rempli non pas de désespoir, mais de joie. Ici, il éclate en un chant de triomphe, parce que le Seigneur finira par venir régner en Sion et à Jérusalem (voir Ésaïe 24:23).


La Seconde Venue sera une époque de grande réjouissance qui suivra « beaucoup de tribulations » (D&A 58:3-4). Un grand « festin de mets succulents » (Ésaïe 25:6) accompagnera aussi le retour du Seigneur, ce qui signifie que les hommes se feront un festin des fruits de l'Évangile jusqu'à être rassasiés (voir D&A 58:8). La venue du Seigneur contribuera à dissiper « le voile qui voile tous les peuples » (Ésaïe 25:7). Ce voile est peut-être « le voile ténébreux de l'incrédulité » (Alma 19:6 ; voir aussi Éther 4:15) qui caractérise ceux qui, dans les derniers jours, rejettent l'Évangile. Ou ce pourrait être un « voile de ténèbres » plus littéral, comme celui décrit dans Moïse 7:61, où les cieux seront obscurcis et « trembleront et la terre aussi ». Mais une grande joie s'ensuivra aussi, car le temps viendra où « le Seigneur, l'Éternel, essuie les larmes de tous les visages » (Ésaïe 25:8). Cette figure est utilisée à deux reprises dans l'Apocalypse (Apocalypse 7:17 ; 21:4) et représente manifestement un état millénaire.

ÉSAÏE 26

Ésaïe 26. « Nous espérons en toi, ô Éternel ! Sur le sentier de tes jugements »


Ésaïe 26 est un cantique, ou psaume, de louanges qui rend grâces au Seigneur. Il semble être une réaction à la libération, par Dieu, d'Israël, de sa dispersion sur la terre (voir v. 15). Ésaïe se réjouit de ce que les justes soient grandement bénis par Dieu et observe que les méchants sont ceux qui ne prennent pas la main que le Seigneur leur tend (voir v. 10-11). Comme il est accoutumé à le faire, Israël ne se tourne vers le Seigneur pour qu'il l'aide que lorsqu'il souffre profondément. De la même manière qu'une femme qui lutte pour donner le jour n'est délivrée de la souffrance que quand son enfant naît, de même Israël sera délivré de la souffrance quand le Seigneur établira à nouveau Sion (voir v. 6- 8). Le verset 19 est une affirmation de la résurrection, celle du Seigneur et la nôtre.


« Le prophète, dont nous savons déjà, depuis [Ésaïe 12], qu'il était psalmiste, joue maintenant le rôle de chef des choeurs de l'Église du futur, et il loue l'Éternel de ce qu'il a détruit la puissante ville impériale et s'est révélé être une défense et un bouclier contre latyrannie de la ville contre son Église opprimée. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 7:1:436-37)

ÉSAÏE 27

Ésaïe 27:1-6. Que signifient « Leviathan »,  « serpent » et « monstre » ?


Quand Israël sera rétabli, il « poussera des fleurs et des rejetons, et il remplira le monde de ses fruits » (Ésaïe 27:6). Ces fruits sont l'Évangile de paix (voir v. 5-6). En même temps, le Seigneur « frappera… le Léviathan, serpent fuyard… et il tuera le monstre » (v. 1). Le monstre et le serpent sont des termes scripturaires qui désignent Satan, l'ennemi commun de Dieu et de toute l'humanité (voir Apocalypse 12:9). Ainsi donc, le « Léviathan » comprend non seulement Satan en personne, mais aussi tous ceux qui le servent. En d'autres termes, ce qu'Ésaïe a vu est la destruction nécessaire de Babylone ou du monde, avant que Sion ne puisse être pleinement établie. Ici encore, comme au chapitre 26, Ésaïe est tellement rempli de la joie de ce jour futur qu'il met ses paroles par écrit sous forme d'un cantique de louanges.


Ésaïe 27:7-13. Selon la vision d'Ésaïe, qu'est-ce qui attend Jérusalem ?


Avant que Jacob ne soit rétabli, « la ville forte [Jérusalem] est solitaire. C'est une demeure délaissée et abandonnée » (Ésaïe 27:10), parce que « quand les rameaux sèchent [quand les tribus d'Israël deviennent méchantes), on les brise » (v. 11) et on les jette au feu, c'est-à-dire qu'elles subiront des jugements. Plus tard, elles seront « ramassées une à une » (v. 12) et ramenées à leur ville sainte, Jérusalem (voir v. 13).


L'allégorie de Zénos, dans Jacob 5, contient des images semblables.

ÉSAÏE 28

Ésaïe 28:1-8. « Malheur à la couronne superbe des ivrognes d'Éphraïm »


Ésaïe poursuit ici le thème selon lequel Israël (les royaumes du Nord et du Sud) doit s'attendre à subir des jugements avant le rétablissement final de Jacob. Le chapitre 28 d'Ésaïe parle de la rébellion des dix tribus habitant Israël, dont Éphraïrn était le chef reconnu. « Voici venir de la part du Seigneur, un [pays] fort et puissant », l'Assyrie, attendant comme « une tempête qui précipite des torrents d'eau » pour humilier Israël en le faisant « tomber à terre avec violence » (v. 2). Puis, comme une fleur qui fane sous la chaleur du soleil (voir v. 4), ou un homme ivre qui chancelle dans le vin (voir v. 7), Israël sera enlevé de sa terre promise.


En 724 av. J-C, Salmanasar, roi d'Assyrie, assiégea Samarie. Le siège prit fin après trois ans, lorsque Sargon II emmena finalement les dix tribus en captivité.


Ésaïe 28:14-15. En quoi Juda avait-il « conclu une alliance avec la mort, un pacte avec le séjour des morts » ?


« Le prophète affirme aux dirigeants de Jérusalem que leur politique et leur comportement entraînent une ruine inévitable. Cette fois-ci, leur erreur est d'avoir
délibérément fait alliance de servir, en échange de leur protection, un ou des dieux autres que le leur. La mort, 'maweth', est ici le dieu des enfers, le Chéol. Il est peut-être question ici du dieu cananéen des enfers, Mot, ou alors il s'agit d'une allusion au dieu égyptien Osiris. Les prophètes avaient l'habitude de considérer les divinités étrangères comme mensonge et fausseté (voir Amos 2:4 ; Jérémie 10:14). En contraste avec ce geste de panique de la part des dirigeants, Ésaïe déclare que la foi en Dieu est la seule fondation sûre pour la sécurité de Sion et que seule sa justice et sa droiture peuvent ériger un édifice qui demeurera. Ceux qui, dans leur terreur, auront cherché à se donner de la sécurité en adorant également d'autres dieux, feront connaissance, dans l'épouvante, des effets de l'ordre de destruction de Yahvé. » (The Interpreter's Bible, 5:317).


Bien entendu, l'expression peut également avoir un sens spirituel. Israël avait fait alliance avec la mort parce que la mort, c'est « le salaire du péché » (Romains 6:23).


On trouve d'autres allusions au fléau débordant à l'époque moderne dans Doctrine et Alliances 29:17-19 ; 45:31 ; 84:96-97 ; 97:22-26 ; 105:15.


Ésaïe 28:16. Qu'est-ce que la « pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix » ?


La pierre angulaire éprouvée et de prix est Jésus-Christ lui-même.


« Une des grandes prophéties messianiques d'Ésaïe est que le Messie promis serait 'une pierre d'achoppement, un rocher de scandale pour les deux maisons d'Israël, un filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. Plusieurs trébucheront ; ils tomberont et se briseront, ils seront enlacés et pris' (Ésaïe 8:14-15). Paul (Romains 9:33) et Pierre (1 Pierre 2:7-8) rapportent l'accomplissement de cette prophétie. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 657)


Jacob fait allusion à ce symbole quand il dit que « les Juifs, parce qu'ils trébuchent, rejetteront la pierre sur laquelle ils pouvaient bâtir, qui leur aurait été une fondation sûre » (Jacob 4:15).


Paul utilise aussi la même image quand il dit que la fondation de l'Église de Jésus-Christ, ce sont les apôtres et les prophètes, le Christ lui-même étant la pierre principale de l'angle (voir Éphésiens 2:19-20).


Ésaïe 28:17-22. Que faut-il entendre par « de la droiture comme règle » et « le lit… trop court pour s'y étendre » ?


Quand on a le Christ comme pierre principale de l'angle dans sa « maison » spirituelle, on est prêt à  affronter la justice du Seigneur avec équité et foi. Jésus-Christ devient notre avocat et plaide notre cas devant le Père (voir D&A 45:2-5).


« Je ferai de la droiture une règle, et de la justice un niveau » fait allusion au métier de la construction et poursuit l'image. Le Christ est la pierre principale de l'angle à partir de laquelle on pose toutes les autres pierres. L'ouvrier de la construction utilise le fil à plomb pour vérifier que le mur monte bien droit. Le fil à plomb est constitué d'un poids attaché à un fil qui, quand on le lâche, tombe perpendiculairement par rapport à son point de départ. Le maçon sait ainsi qu'il est droit. En utilisant la justice et le droit comme instruments de mesure, le Sauveur commence par la pierre principale de l'angle (lui-même) et lève une maison parfaitement et fermement construite, une maison qui peut résister à toute tempête qui pourrait balayer une maison construite d'une autre manière, et surtout une maison construite par l' « alliance avec la mort » (Ésaïe 28:18).


L'image du lit et de la couverture trop étroite se comprend facilement. De toute évidence, si on n'est pas couvert par le sang expiatoire de Jésus-Christ, on se retrouve comme quelqu'un qui est dans un lit trop court pour lui, avec une couverture qui est trop étroite pour le couvrir. Aussi attrayant que le péché puisse paraître au départ, il ne peut en aucune façon satisfaire les besoins intérieurs de l'homme. Le pécheur sera toujours semblable à l'homme dans un lit trop court ayant une couverture trop étroite. Il se contorsionne et se tourne et cherche constamment le confort mais ne peut pas le trouver. L'expiation du péché par le Christ ne couvre ou n'est efficace que pour ceux qui font confiance à Dieu de tout leur coeur et gardent ses saints commandements.


Ésaïe 28:23-29. Que signifie la parabole des semailles et du battage ?


Keil et Delitzsch expliquent la beauté et la puissance de la parabole d'Ésaïe, notant que la « nigelle » (Ésaïe 28:25) est ce qu'on appelle communément la nielle, et que le cumin (v. 25), est la même chose que le cumin moderne. L'un et l'autre sont des herbes dérivées des semences des plantes mentionnées.


« Le labour »… qui ouvre la terre, c'est-à-dire la retourne en Sion, et le hersage… qui brise les mottes, ont lieu pour préparer les semailles et ne sont donc pas interminables, mais seulement aussi longues que nécessaires pour préparer la terre à recevoir les semences. Quand les sillons d'ensemencement sont tracés dans la terre égalisée… les semailles et la plantation commencen t; et cela se fait aussi de diverses manières, selon les différentes espèces de fruits… Le blé, il le sème soigneusement en rangées… c'est-à-dire qu'il ne le sème pas à la volée comme les deux autres, mais dépose soigneusement les grains dans les sillons, sinon, en poussant, les plants pousseraient par paquets et s'étoufferaient mutuellement… l'orge se sème dans un endroit du champ spécialement délimité pour lui ou muni de panneaux… et… l'épeautre… le long des bords, de manière à border le champ d'orge. C'est par un instinct divin que le fermier agit de cette manière ; car Dieu, qui a créé l'agriculture à la création… a aussi donné aux hommes l'intelligence…


« Le verset 27 apporte encore une preuve de ce que le fermier est instruit par Dieu, en montrant ce qu'il fait ensuite. Il n'utilise pas le traîneau… qui détruirait totalement les espèces de grains qui sont plus tendres, mais les bat avec un bâton… Broie-t-on le blé ? Oh non, on ne le broie pas. C'est ce qui se passerait si on faisait passer sur lui de toute leur puissance le chariot attelé de puissants chevaux… La méthode sage et divinement inspirée adoptée par le cultivateur dans le traitement du champ et du fruit symbolise la méthode sage adoptée par le Maître divin lui-même dans le traitement de sa nation. Israël est le champ de l'Éternel. Les châtiments et les punitions de l'Éternel sont la charrue et la herse avec lesquelles il ouvre, retourne et sillonne de force ce champ. Mais cela ne dure pas éternellement. Quand le champ est ainsi morcelé, égalisé et rendu fertile une fois de plus, le processus douloureux des labours est suivi de semailles bienfaisantes dans une plénitude de grâces multiformes et sagement ordonnées.


« Une fois de plus Israël est le peuple de l'aire de l'Éternel (voir Ésaïe 21:10). Il le bat, mais il ne fait pas que le battre. Il frappe aussi à la porte ; et quand il bat, il ne continue pas à le faire éternellement, en d'autres termes, comme Caspari l'a bien expliqué, 'il ne punit pas tous les membres de la nation avec la même sévérité, et ceux qu'il punit avec une plus grande sévérité que d'autres, il ne les punit pas sans arrêt, mais dès qu'il a  atteint son but et que la balle du péché est détachée de ceux qui ont été punis, la punition cesse, et seuls les plus mauvais de la nation, qui ne sont rien d'autre que la balle, et la balle qui se trouve sur la nation elle-même, sont balayés par les châtiments' (voir Ésaïe 1:25 ; 29:20-21).


« Telle est la leçon solennelle et la consolation affectueuse qui se cachent derrière le voile de la parabole. L'Éternel punit, mais c'est afin de pouvoir bénir. Il crible, mais il ne détruit pas. Il ne bat pas son propre peuple au fléau, mais il lui donne des coups ; et même quand il le bat au fléau, le peuple peut se consoler quand il affronte le jugement proche, à l'idée qu'il n'est jamais écrasé ni lésé. » (Commentary,7:2:14-17)


ÉSAÏE 29

Ésaïe 29:1-4. Que signifie l'expression « la ville sera pour moi comme Ariel » ?


David vivait à Jérusalem, et Ariel est un autre nom de cette ville. D'une manière typiquement prophétique, cette prophétie a une application multiple. Elle pourrait être appliquée à n'importe quelle époque où Jérusalem a affronté une catastrophe de première grandeur à cause de son apostasie. En outre, Jérusalem est parfois utilisé comme nom générique, non pas simplement pour désigner la ville, mais pour la nation tout entière, tout comme on dit aujourd'hui Washington en pensant aux États-Unis ou Moscou en pensant à la Russie.  


« Si vous voulez bien lire Ésaïe 29:1-2 avec soin, vous saurez qu'Ésaïe vit non seulement la destruction de Jérusalem, mais la destruction d'un autre grand centre semblable à Jérusalem. Il ajoute alors : 'Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours' [Esaïe 29:4].


« Personne en ce monde ne pourrait expliquer cela intelligemment ou savoir quel peuple Ésaïe vit qui était semblable à Jérusalem, sans le Livre de Mormon. Voici l'explication dans le Livre de Mormon :

« 'Lorsque ma postérité et la postérité de mes frères auront dégénéré dans l’incrédulité et auront été frappées par les Gentils, oui, lorsque le Seigneur Dieu les aura investies de toutes parts, les aura cernées par des postes armés, aura élevé contre elles des retranchements, et lorsqu’elles auront été abaissées dans la poussière, de sorte qu’elles ne seront plus, néanmoins, les paroles des justes seront écrites, et les prières des fidèles seront entendues, et tous ceux qui auront dégénéré dans l’incrédulité ne seront pas oubliés. Car ceux qui auront été détruits leur parleront de la terre, et leur discours sera un murmure qui sortira de la poussière, et leur voix sera comme celle d’un spectre ; car le Seigneur Dieu lui donnera le pouvoir de chuchoter à leur sujet, comme si cela venait de terre ; et leur discours chuchotera de la poussière. Car ainsi dit le Seigneur Dieu : Ils écriront les choses qui se feront parmi eux, et cela sera écrit et scellé dans un livre, et ceux qui auront dégénéré dans l’incrédulité ne l’auront pas, car ils cherchent à détruire les choses de Dieu' (2 Néphi 26:15-17).


« Comment Joseph Smith aurait-il pu savoir cela quand le Livre de Mormon fut publié avant même que notre Église ne soit organisée, s'il n'y avait le fait que le Livre de Mormon est le livre promis dont Dieu dit qu'il le ferait paraître et qu'il le joindrait aux annales de Juda ? Comment pourrait-on comprendre cette prophétie d'Ésaïe sans l'explication contenue dans le Livre de Mormon ? » (
LeGrand Richards, dans Conference Report, avril 1963, p.118)


Le Livre de Mormon est véritablement la voix d'un peuple abaissé, parlant de la poussière, car il a littéralement été tiré du sol, tout comme Ésaïe l'a prophétisé.


Ésaïe 29:11-12. Qu'est-ce que le « livre cacheté » et à qui ces « mots » ont-ils été remis ?


Au début de la traduction du Livre de Mormon, Martin Harris voulut avoir la preuve que la traduction que Joseph Smith faisait était authentique. Il obtint la permission de porter une copie de plusieurs « mots » se trouvant sur les plaques, ainsi que leur traduction, à des savants. Le récit de Martin Harris au prophète Joseph Smith dit qu'il porta la copie au professeur Charles Anthon de New York, qui attesta que les caractères étaient réels et correctement traduits. Mais quand le professeur Anthon découvrit que le document d'où les caractères étaient tirés avait été lui-même obtenu par des moyens surnaturels, il rétracta son jugement en réclamant son certificat et en le mettant en pièces. Selon Harris : « IL dit que si je voulais lui apporter les plaques, il les traduirait. Je l'informai de ce qu'une partie des plaques était scellée et qu'il m'était interdit de les lui apporter. Il répliqua : 'Je ne puis lire un livre scellé'. Je le quittai et me rendis chez le Dr Mitchell qui confirma ce que le professeur Anthon avait dit des caractères et de la traduction. » (Joseph Smith, Histoire, verset 65)


L'homme qui ne sait pas lire, à qui le livre fut remis, était bien entendu Joseph Smith.


« Pour ce qui est des qualifications de Joseph Smith ou son niveau d'instruction, ils étaient très ordinaires. Il avait reçu un peu d'instruction dans les écoles de campagne du quartier où il vivait. Il pouvait lire un peu, il pouvait écrire, mais c'était d'une manière tellement ordinaire qu'il ne s'aventurait pas à écrire lui-même mais devait employer tantôt l'un, tantôt l'autre pour écrire tandis qu'il traduisait. Cet homme sans instruction ne fit pas la même réponse que le savant. Car lorsque le livre fut remis à ce jeune sans instruction et qu'il lui fut demandé de le lire, il répondit : 'Je ne suis pas savant'. Je suppose qu'il était conscient de sa faiblesse quand le Seigneur lui dit de lire ce livre, car il pensait que c'était une grande oeuvre. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 15:186)


Ésaïe 29:14. Que sont « prodiges » et « miracles » qu'Ésaïe prophétise ?


Si l'on peut à juste titre décrire le Livre de Mormon comme étant un prodige et un miracle, la prophétie d'Ésaïe comprend plus que le livre.


« Qu'est-ce qui constituerait vraiment des prodiges et des miracles ? Pourquoi ceux qui aiment et respectent la vérité n'accueilleraient-ils pas avec joie l'annonce d'une telle oeuvre ? Une génération quelconque devrait-elle rejeter la vérité quand elle lui parvient du ciel ? Pourquoi semble-t-il tellement plus facile d'accepter et de croire les prophètes morts que les prophètes vivants ? En accomplissant ces prodiges et ces miracles, le Seigneur avait en vue un 'rétablissement de toutes choses' (Actes 3:21) et avait induit Pierre à prophétiser dans ce sens à ceux qui avaient crucifié son Maître (voirActes 3:19-21). » (LeGrand Richards, Une Oeuvre merveilleuse et un prodige,  p.26)


Ainsi le rétablissement tout entier de la prêtrise – l'Église, les ordonnances, les vérités évangéliques – constitue les prodiges et les miracles prédits par Ésaïe.


Ésaïe 29:17. Quel rapport ce verset a-t-il avec la parution du Livre de Mormon ?


« Le rassemblement des Juifs en Palestine est un des signes des temps les plus remarquables et les plus importants. Le Seigneur a dit par l'intermédiaire de Jérémie : 'je les ferai revenir dans le pays que j'ai donné à leurs pères, et ils en prendront possession' (Jérémie 30:3). Jérémie dit que la Palestine, ayant longtemps langui sous l'emprise du désert, était destinée à être transformée en un champ fertile lors du rassemblement des Juifs dans leur patrie… Un livre sacré devait paraître avant ce temps-là, un livre qui était nouveau pour le monde, un livre qui parlait d'une nation déchue qui fut détruite soudainement, un livre qui serait présenté dans les derniers jours à un savant qui le rejetterait, mais qui serait livré par des moyens divins à un homme sans instruction grâce auquel il serait donné au monde…


« Où est ce livre ? C'est un des signes des temps. Non seulement les prophètes en ont prédit la parution, mais Ésaïe a fixé une limite à l'époque de sa publication. Cette limite de temps était liée à la période où la fertilité reviendrait en Palestine. Ésaïe dit que le livre paraîtrait d'abord et ajoute ensuite que 'Encore un peu de temps, et le Liban se changera en verger, et le verger sera considéré comme une forêt' (Ésaïe 29:17). La limite de temps est expirée. Ce nouveau livre d'Écritures devait paraître avant  maintenant, sinon Ésaïe n'était pas un vrai prophète, car la Palestine est de nouveau fertile. » (Mark E. Petersen, dans Conference Report, octobre 1965, p. 61)


Le Livre de Mormon est venu d'abord, tout comme Ésaïe l'a prédit.


Ésaïe 29:18-19. Que signifient les allusions aux sourds et aux aveugles ?


On peut être sourd ou aveugle soit spirituellement, soit physiquement ou les deux.


Bruce R. McConkie définit la surdité spirituelle comme étant « l'état de ceux qui manquent de spiritualité, dont les oreilles spirituelles ne sont pas sensibilisées aux chuchotements du son doux et subtil de l'Esprit. De même, l'aveuglement spirituel est la marque d'identification qui permet de distinguer ceux qui sont incapables de voir la main de Dieu se manifester dans les affaires des hommes. Ceux-là ont 'l'incrédulité et l'aveuglement du coeur (D&A 58:15), ils sont 'durs de coeur et aveugles d'esprit' (3 Néphi 2:1). » (Mormon Doctrine, p. 184)


Ésaïe 29:24. Qui l'expression « ceux dont l'esprit s'égarait acquerront de l'intelligence » désigne-t-elle ?


Il y a beaucoup de gens dans le monde chrétien qui sont sincères et qui ne sont pas responsables de leurs fausses conclusions doctrinales.


« Ô comme mon coeur a été peiné au-dedans de moi quand j'ai vu l'aveuglement du monde chrétien et que j'ai su que beaucoup étaient sincères ! Je savais qu'ils désiraient connaître la vérité, mais ils ne savaient pas s'il fallait tourner à gauche ou à droite, si grandes étaient les erreurs qui étaient enseignées parmi eux, et si fortes les traditions dont ils s'étaient imbibés, la crainte du Seigneur leur étant enseignée par les préceptes d'homme au lieu de l'être par l'inspiration et la puissance du Saint-Esprit. 'Ceux dont l'esprit s'égare acquerront de l'intelligence' quand ce livre paraîtra, et 'ceux qui murmurent recevront instruction'…


« Mais ceux qui ont lu ce livre me témoigneront que leur esprit a été entièrement apaisé dans le domaine de la doctrine, en ce qui concerne les ordonnances du royaume de Dieu. Ceux qui s'égaraient, et qui ne savaient pas si c'était l'aspersion, l'ondoiement ou l'immersion qui était la vraie méthode de baptême, le savent maintenant. Pourquoi ? Parce que le Livre de Mormon révèle ce mode tel qu'il fut donné aux Néphites d'autrefois sur le continent américain. Ainsi en est-il en ce qui concerne tous les autres principes de la doctrine du Christ : ils sont exposés avec tant de clarté qu'il est impossible à deux personnes de s'en faire des idées différentes après avoir lu le Livre de Mormon. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 15:188-189)


ÉSAÏE 30

Ésaïe 30. « Malheur… aux enfants rebelles »


Israël et Juda avaient été mis en garde par le Seigneur contre la tentation de faire confiance à d'autres nations, mais ils refusèrent d'écouter et demandèrent à l'Égypte de les protéger des Assyriens. Le Seigneur leur reproche de « se réfugier sous la protection de Pharaon, et chercher un abri sous l'ombre de l'Égypte » (Ésaïe 30:2). Tout cela, dit Esaïe, « n'est que vanité et néant » (verset 7). En conséquence Israël serait brisé aussi facilement qu'une jarre d'argile (voir v. 14).


Mais Dieu sera généreux envers Israël. S'il lui impose un certain temps « du pain dans l'angoisse, et de l'eau dans la détresse » (v. 20), néanmoins, dans les derniers jours, ses instructeurs enseigneront à nouveau le véritable Évangile et lui montreront comment y marcher (voir v. 21). Non seulement des prophètes reviendront, mais de grandes bénédictions temporelles seront rendues. « Le pain que produira la terre sera savoureux et nourrissant ; en ce même temps, tes troupeaux paîtront dans de vastes pâturages » (v. 23). À la fin, le Seigneur rachètera Israël. Même « les Assyriens » qui ont emmené les dix tribus en captivité seront finalement frappés de la massue de Dieu (v. 31).


Le thème d'Ésaïe 30 est que les hommes font confiance à la sagesse d'autres hommes au lieu de demander conseil à Dieu (voir v. 1-2) ou des instructions à ses prophètes (voir v. 9 -11). Le Seigneur dit que ce rejet de la parole de Dieu est la cause directe de leur destruction (voir v. 12-14).


« L'avertissement des versets 1 à 7 est lancé à notre époque par le fait que le Seigneur a commandé à Ésaïe de l'écrire comme témoignage pour les derniers jours (voir v. 8). » (Monte S. Nyman, Great are the Words of Isaiah, p. 121)

ÉSAÏE 31


Ésaïe 31. Faites confiance au Seigneur plutôt qu'au « bras de la chair »


Ce chapitre poursuit un thème semblable à celui du chapitre qui le précède. Toutefois « le premier avertissement parle contre l'idée de se fier à la sagesse de l'homme et le second contre l'idée de se fier au pouvoir de l'homme » (Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 118). « Malheur à ceux qui descendent en Égypte pour avoir du secours », car il n'y a personne là-bas (Ésaïe 31:1). « L'Égyptien est homme et non dieu » ; lui-même et ceux qu'il aide « tous ensemble ils périront » (v. 3). Seul le Seigneur peut sauver Israël. Ésaïe di : « Revenez à celui dont on s'est profondément détourné », et « l'Assyrien tombera sous un glaive qui n'est pas celui d'un homme », mais du Seigneur (v. 6, 8). L'« Égyptien », l'«Assyrien » des derniers jours, sont peut-être ceux en qui un peuple moderne a confiance plutôt qu'au Seigneur.


ÉSAÏE 32

Ésaïe 32. Israël sera une désolation jusqu'à ce que le Messie commence les préparatifs de son retour


Orson Pratt considérait que cette Écriture s'appliquait non seulement à Israël autrefois mais aussi aux saints des derniers jours qui furent chassés de chez eux dans l'Est des États-Unis, vers les déserts des Montagnes Rocheuses :


« L'as-tu vu, Ésaïe, aussi bien que les gens qui vivent de nos jours ? As-tu vu un peuple aller dans le désert et offrir des actions de grâce et le chant des psaumes ? As-tu vu ce désert, racheté de sa stérilité, devenir comme le jardin d'Éden ? Oh oui, dit Ésaïe, j'ai vu tout cela, et je l'ai écrit pour le profit de la génération qui vivrait quelque deux ou trois mille ans après mon époque. Mais, Ésaïe, devons-nous entendre par là que le peuple sera rassemblé dans ce désert et que les rassemblés seront des instruments entre les mains de Dieu pour racheter ce désert ?


« Oui, Ésaïe nous a dit tout cela. Nous allons revenir à ce que nous avons lu dans son 32e chapitre : 'Jusqu'à ce que l'Esprit soit répandu d'en haut sur nous, que le désert se change en verger, et que le verger fasse penser à une forêt. Alors le droit demeurera dans le désert, et la justice habitera dans le verger'. Quel verger  ? Eh bien, le désert y sera transformé en verger. 'L'oeuvre de la justice sera la paix, et l'ouvrage de la justice, la sécurité et la confiance pour toujours. Mon peuple demeurera dans un séjour de paix, dans des habitations sûres, dans des retraites tranquilles'.


« Est-ce comme cela que nous devons résider au Missouri ou en Illinois ? Avons-nous vécu dans la sécurité et la confiance pour toujours dans ces États ? Oh non, nous avons été battus par la tempête ; comme Ésaïe le dit : 'Battus par la tempête et que nul ne console'. C'était le cas de Sion, parce qu'elle était dans les États, et c'était conforme à une révélation moderne dans laquelle le Seigneur, parlant de Sion, dit : 'Vous serez chassés de ville en ville, et de synagogue en synagogue, et il n'y en aura que peu qui resteront pour recevoir un héritage' [D&A 63:31]. Mais quand le moment viendrait pour Sion de monter dans le désert, les choses changeraient : alors 'mon peuple demeurera dans un séjour de paix, dans des habitations sûres, dans des retraites tranquilles'. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 18:148-149)

ÉSAÏE 33

Ésaïe 33:14-15. « Qui… pourra séjourner auprès d'un feu dévorant ? »


Joseph Smith a enseigné que certains hommes « ressusciteront dans les embrasements éternels de Dieu, car Dieu demeure dans des embrasements éternels, et d'autres ressusciteront dans la damnation de leur propre impureté, qui est un tourment aussi atroce que celui de l'étang de feu et de soufre » (Enseignements, p. 293 ; voir aussi Hébreux 12:29 ; D&A 128:24 ; 130:7 ; 133:41). Dans une des plus belles Écritures de l'Ancien Testament, le Seigneur demande qui pourra supporter ce feu dévorant et décrit ensuite le genre de personne qui pourra le supporter (voir v. 14-15).


« 'Qui de nous pourra rester auprès de flammes éternelles ?' (v. 14). C'est-à-dire qui, dans l'Église, obtiendra un héritage dans le royaume céleste ? Qui ira où sont Dieu, le Christ et les saints ? Qui vaincra le monde, accomplira les oeuvres de la justice et, en persévérant dans la foi et le dévouement jusqu'à la fin, entendra la bienheureuse bénédiction : Viens, hérite le royaume de mon Père. Ésaïe répond : [Esaïe 33:15-16]. » (Bruce R. McConkie, dans Conference Report, octobre 1973, p. 55)


« Et maintenant, si je le peux, je vais prendre ces paroles d'Ésaïe, prononcées en leur temps par la puissance du Saint-Esprit, et je vais donner quelques idées sur la façon dont elles s'appliquent à nous et à notre situation.


« Premièrement, 'celui qui marche dans la justice et qui parle selon la droiture'. C'est-à-dire que, édifiant sur le sacrifice expiatoire du Seigneur Jésus-Christ, nous devons garder les commandements. Nous devons dire la vérité et accomplir les oeuvres de la justice. Nous serons jugés par nos pensées, nos paroles et nos actes.


« Deuxièmement, 'celui… qui refuse un gain acquis par extorsion'. C'est-à-dire que nous devons agir avec équité et justice à l'égard de nos semblables. C'est le Seigneur lui-même qui a dit que lors de sa venue il se hâtera de témoigner contre… ceux qui oppriment le salarié.


« Troisièmement, 'celui… qui secoue les mains pour ne pas toucher un présent'. C'est-à-dire que nous devons rejeter tous les efforts faits pour nous corrompre et agir équitablement et impartialement avec nos semblables. Dieu ne fait pas acception de personnes. Il considère toute chair de la même manière ; et seuls ceux qui gardent ses
commandements reçoivent des faveurs auprès de lui. Le salut est gratuit ; on ne peut pas l'acheter à prix d'argent ; et ne sont sauvés que ceux qui respectent la loi sur laquelle il repose. La corruption est du monde.


« Quatrièmement, celui 'qui ferme l'oreille pour ne pas entendre des propos sanguinaires, et qui se bande les yeux pour ne pas voir le mal'. C'est-à-dire que nous ne devons pas centrer notre attention sur le mal et la méchanceté. Nous devons cesser de critiquer et rechercher ce qu'il y a de bien dans le gouvernement et dans le monde. Nous devons avoir une approche positive et saine à l'égard de toutes les choses. » (Bruce R. McConkie, dans Conference Report, octobre 1973, p. 55-56).


Ésaïe 33:20-24. Que sait-on de l'avenir de Sion ?


Dans son état racheté, Sion sera un lieu d'une beauté et d'une justice extraordinaires. C'est pourquoi, « regarde Sion, la cité de nos fêtes ! » (Ésaïe 33:20), c'est-à-dire réfléchis à ce que ce sera de vivre en Sion. « C'est là vraiment que l'Éternel est magnifique pour nous : Il nous tient lieu de fleuves, de vastes rivières… C'est lui qui nous sauve » (v. 21-22). Et en outre : « Aucun habitant ne dit : Je suis malade ! Le peuple de Jérusalem reçoit le pardon de ses iniquités. » (v. 24). Ce sont là ceux qui ont appliqué le sang expiatoire du Christ en leur faveur.


« Dans le langage prophétique Sion est représentée comme une grande tente soutenue par des cordes fermement attachées à des piquets ou pieux. C'est ainsi qu'Ésaïe, ayant la vision de la gloire moderne d'Israël rassemblé dans sa Sion rétablie, proclame : 'Élargis l'espace de ta tente ; qu'on déploie les couvertures de ta demeure : Ne retiens pas ! Allonge tes cordages, et affermis tes pieux ! Car tu te répandras à droite et à gauche… Quelques instants je t'avais abandonnée, mais avec une grande affection je t'accueillerai' (Ésaïe 54:2-7). Et, à propos de la Sion du millénium, Ésaïe exulte : 'Regarde Sion, la cité de nos fêtes ! Tes yeux verront Jérusalem, séjour tranquille, tente qui ne sera plus transportée, dont les pieux ne seront jamais enlevés, et dont les cordages ne seront point détachés' (Ésaïe 33:20).


« Dans la ligne de ce symbolisme, les régions où la population de l'Église est importante et forte et soutient la Sion rétablie sont appelées pieux. Elles sont les points de ralliement et les centres de rassemblement pour les restes d'Israël dispersés (voir D&A 68:25-26 ; 82:13-14 ; 101:17-21 ; 115:6, 18 ; 124:134 ; 133:9). » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 764)

ÉSAÏE 34

Ésaïe 34:1-10. Que signifie le terme « Édom » et pourquoi l'utilisait-on ?


La seconde venue du Christ sera un jour de vengeance et de rétribution. Comme nous l'avons déjà vu, « la colère de l'Éternel va fondre sur toutes les nations », car « il les livre au carnage » (Ésaïe 34:2). De plus, les corps célestes, des luminaires tels que le soleil, les étoiles et la lune, « se dissolvent » (v. 4) et tombent « comme se tombe la feuille de la vigne » tandis que « les cieux sont roulés comme un livre » (v. 4). La description d'Esaïe rappelle un passage similaire dans D&A 88:95, où les hommes apprennent que quand le Seigneur reviendra, « le rideau des cieux sera roulé comme l'est un parchemin après avoir été enroulé, et la face du Seigneur sera dévoilée ». Ensuite l'épée du Seigneur, qui représente sa puissance et son jugement, « va descendre sur Édom » ou le monde (Ésaïe 34:5).


« Certains commentateurs de la Bible, parce que le nom d'Édom, petit pays à l'est du Joudain, est mentionné, s'imaginent qu'il désigne ce pays, mais le terme Édom est utilisé par le Seigneur pour symboliser le monde. Vous le trouverez dans ce sens à la section 1 des Doctrine etAlliances. Il parle du monde. » (Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 150)


Le sang est un symbole biblique représentant la méchanceté. La terre tout entière, tachée de sang, connaîtra « un grand carnage » (v. 6) au moment de la Seconde
Venue, « car
c'est un jour de vengeance pour l'Éternel, une année de représailles pour la cause de Sion. » (Ésaïe 34:8).


« Cela doit avoir lieu lors de la dispensation de la plénitude des temps
[voir commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], et cette prophétie n'avait rien à voir avec ce petit pays appelé Édom, mais avec les nations de la terre. » (Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 151)


Ésaïe semble être en parallèle avec des passages d'Ézéchiel, de Joël et de Jérémie où est prédite la grande bataille d'Armaguédon. Ce parallélisme explique la mention d'une « armée » (Ésaïe 34:2) et l'immense carnage qui aura lieu (voir les versets 3, 5-7).


La « poix qui brûle », le « soufre » et la « fumée » des versets 9 et 10 suggèrent les résultats d'une guerre nucléaire qui pourrait logiquement accompagner les dernières grandesguerres.


Ésaïe 34:16-17. Qu'est-ce que le « livre de l'Éternel » ?


Bien entendu tous les hommes ne sont pas méchants, et ceux qui ne le sont pas seront sauvés du feu destructeur, tant celui qui est spirituel (l'enfer) que celui qui est physique (voir 1 Néphi 22:15-17). Les noms des enfants du Seigneur qui ont gardé leurs alliances sont inscrits dans un livre appelé le « livre de l'Éternel » (Ésaïe 34:16), « le livre de la loi de Dieu » (D&A 85 ; voir aussi les versets 9-11), ou « le livre de vie » (Apocalypse 20:12). Les secrétaires du Seigneur tiennent sur la terre les registres des oeuvres des hommes, mais le livre de vie est le registre tenu dans le ciel. Les deux registres doivent s'accorder (voir D&A 128:6-9). À propos de ceux dont les noms sont inscrits dans le livre céleste, « aucun d'eux ne fera défaut » (Ésaïe 34:16).

ÉSAÏE 35

Ésaïe 35:1-7. «
Le désert et le pays aride se réjouiront ; la solitude s'égaiera, et fleurira comme un narcisse »


Plusieurs Autorités générales de l'Église ont vu dans l'installation des saints des derniers jours dans les vallées des montagnes Rocheuses l'accomplissement de ces versets d'Ésaïe (voir Milton R. Hunter, Conference Report, octobre 1965, p. 81 ; LeGrand Richards, Conference Report, octobre 1966, p. 42 ; Smith, Doctrine du salut, 3:305-306 ; Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 18:145). Personne n'habitait réellement dans la vallée du lac Salé quand les saints arrivèrent en juillet 1847. On pouvait la décrire comme un « désert » et un « pays aride » (Ésaïe 35:1). Les saints se mirent immédiatement au travail, et bientôt les vallées désertiques de l'Utah commencèrent à « fleurir comme un narcisse » (v. 1). Mais cette prophétie peut aussi être accomplie par l'installation des juifs modernes en Terre Sainte où des choses semblables se produisent.


Après avoir cité Ésaïe 35:3-4, Orson Pratt tint le raisonnement suivant :


« Cela n'a jamais été accompli ; mais avant le moment où Dieu viendra avec sa vengeance balayer la méchanceté de la terre, la maison d'Israël sera à nouveau rassemblée dans ses terres, et il sera permis au peuple de Dieu de demeurer dans le désert, et ce désert deviendra un verger. Il est même dit que le désert sera dans l'allégresse à cause de ceux qui sont rassemblés et fleurira comme un narcisse.


« Or c'est là quelque chose qui s'est accompli pendant le dernier quart de siècle, ici même, dans cette région désertique et aride. La grande oeuvre des derniers jours a commencé, le royaume de Dieu a été réorganisé sur la terre ; en d'autres termes, l'Église chrétienne, dans toute sa pureté et avec toutes ses ordonnances, a été réorganisée sur la face de la terre, et le moment est finalement venu où l'Esprit de Dieu a été déversé d'en haut. Jusqu'à ce moment il n'y avait pas d'espérance pour Israël, pas d'espérance pour la Palestine, pas d'espérance de rédemption pour les tribus dispersées aux quatre coins de la terre ; mais quand le désert deviendrait un verger, quand l'Esprit serait de nouveau déversé d'en haut, grâce à l'Évangile éternel du Fils de Dieu, le peuple serait rassemblé par commandement du Seigneur…


« Alors nous pourrons espérer voir un changement sur la face du pays où ce rassemblement a lieu, nous pouvons nous attendre à ce que les déserts deviennent semblables au jardin d'Éden, qu'ils fleurissent comme un narcisse qui fleurit dans des terres riches et fertiles, qui fleurit abondamment, et le désert tressaillira d'allégresse et chantera…


« Le prophète [Ésaïe] dit que quand Jésus viendra avec sa vengeance pour détruire les méchants, rachètera le désert et fera en sorte que le désert devienne un verger, alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet triomphera. Car des eaux jailliront dans le désert et des torrents dans la Araba, le mirage se changera en étang et la terre de la soif en fontaines d'eaux. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 18:145-146)


Ésaïe 35:8-10. Qui sont « les libérés… les rachetés de l'Éternel » et qu'est-ce que l'avenir leur réserve ?


Ésaïe 35:8-10 est étroitement lié à Doctrine et Alliances 133:26-34 généralement reconnu comme parlant du retour des dix tribus. Mais ces passages peuvent aussi être valables pour toutes les tribus. Seuls ceux que le Seigneur a libérés, c'est-à-dire les justes, marcheront sur le « chemin frayé » ou « la voie sainte ; nul impur n'y passera » (v. 8). Puisqu'Éphraïrn est la source des bénédictions des dix tribus (voir D&A 130:32), il va de soi qu'il doit être rassemblé d'abord. Les dix tribus pourront retourner « à Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête » (Ésaïe 35:10). Selon ce même tableau, Juda sera aussi rassemblé.


« Nos tribus d'Indiens de l'ouest sont descendantes de ce Joseph qui fut vendu en Égypte… l'Amérique est pour eux une terre promise et… toutes les tribus d'Israël y viendront avec tous les Gentils qui se conformeront aux conditions de la nouvelle alliance. Mais la tribu de Juda retournera à l'ancienne Jérusalem. La ville de Sion dont parle David au psaume 102, sera édifiée en Amérique. 'Les rachetés de l'Éternel retourneront, ils iront à Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête' (Ésaïe 35:10) ; alors ils seront libérés du fléau dévastateur qui déferlera sur le pays. Mais Juda obtiendra la délivrance à Jérusalem (voyez Joël 2:32 ; Ésaïe 26:20-21 ; Jérémie 31:12 ; Psaumes 1:5 ; Ézéchiel 34:11-13).


« Tout cela témoigne que le Bon Berger fera avancer ses propres brebis et les fera sortir de toutes les nations où elles ont été dispersées à une époque sombre et ténébreuse, pour aller en Sion et à Jérusalem ; il y a par ailleurs beaucoup de témoignages que l'on pourrait citer. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 11)

ÉSAÏE 36

Ésaïe 36 à 39. Ésaïe et l'invasion assyrienne


Ces chapitres des écrits du prophète sont parallèles avec le récit que l'on trouve dans 2 Rois 18:2 à 20:19. Ils citent les conseils d'Ésaïe et la prophétie faite au roi Ézéchias. Se reporter aux commentaires 2 Rois 18:14 à 20:11.

ÉSAÏE 37

Voir commentaire de
Ésaïe 36 à 39.

ÉSAÏE 38

Voir commentaire de Ésaïe 36 à 39.

ÉSAÏE 39

Voir commentaire de Ésaïe 36 à 39.

ÉSAÏE 40

Ésaïe 40 à 47. Ésaïe change de style pour passer à la poésie prophétique


Après avoir terminé les chapitres historiques qui précèdent, le prophète revient à un beau style d'écriture poétique, avec la brève exception du chapitre 44, versets 9 à 20. La poésie hébraïque diffère de la nôtre, essentiellement parce qu'elle s'appuie sur le parallélisme dans la pensée, plutôt que sur la rime et le nombre de pieds. Sa beauté et sa signification sont merveilleuses et agréables tant à l'esprit qu'à l'oreille.


Ésaïe 40:1-3. Pourquoi Ésaïe dit-il que le combat de Jérusalem est terminé ?


« Le message de consolation donné à Jérusalem, 'que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée', a trait aux derniers jours. Une autre traduction possible de ce passage est celle-ci : 'Que sa peine est purgée, son châtiment est payé'. Juda devait passer par le 'creuset… de l'adversité' (voir 48:10), de sorte que le message donné ici s'accomplira lorsqu'il sera passé par le creuset. Un coup d'oeil sur l'histoire et la situation actuelle montre qu'il passe toujours par ce creuset. Le reste du chapitre confirme aussi une période qui se situe lors de la Seconde Venue. » (Monte S. Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 141-142)


Ésaïe 40:3. « Une voix crie »


Ce verset désigne Jean-Baptiste, mais, comme c'est le cas de tant d'autres prophéties de l'Ancien Testament, il a une signification supplémentaire. Le Seigneur identifie Jean-Baptiste comme étant la « voix qui crie dans le désert » (voir Matthieu 3:3 ; Jean 1:23 ; 1 Néphi 10:8-9). Mais si ce précurseur devait préparer le chemin à la personne qui allait dire à Jérusalem que les temps d'épreuve étaient terminés (voir Ésaïe 40:1). Le prophète ne pouvait pas avoir seulement le ministère mortel de Jean-Baptiste à l'esprit.


« Au lieu de dire des mots de consolation à Jérusalem, il [le Christ] s'exclame : 'Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! Voici : votre maison vous est laissée déserte'. Étaient-ce là des mots de consolation pour Jérusalem ? Je ne pense pas. Jean-Baptiste n'était pas seulement le précurseur de sa première venue, mais aussi de son second avènement.» (George Teasdale, dans Journal of Discourses, 25:16)


Ce n'est que lors de la seconde venue du Seigneur que Jérusalem trouvera le pardon et la paix. C'est pourquoi la mention de la voix (Jean-Baptiste) ouvrant un chemin dans le désert s'applique à son ministère comme précurseur tant des premiers que des derniers jours. Luc cite Ésaïe 40:3-5 (voir Luc 3:4-6), non seulement le verset 3, mais aussi les versets 4 et 5 qui ont une application manifestement millénaire.


Jean-Baptiste a accompli deux fois cette prophétie. Mais elle devait avoir encore un autre accomplissement.


Un autre précurseur qui a préparé la venue du Christ est le prophète Joseph Smith.


« Malachie [comme Ésaïe] dit que le Seigneur envoie son messager pour préparer le chemin devant lui, et s'il est ici question de la venue de Jean-Baptiste, c'est une de ces prophéties des Écritures qui a un double accomplissement. Elle concerne aussi la venue du prophète Joseph Smith, parce que ce messager, qui devait venir préparer le chemin devant lui, devait venir de nos jours. Je vais m'étendre un peu là-dessus, parce que c'est important,  et je vais vous montrer quand ce messager devaitremettre son message…


« Le Seigneur a déclaré, par un de ses prophètes, qu'avant son second avènement, un messager serait envoyé préparer le chemin et l'aplanir. Vous pouvez appliquer ceci à Jean si vous le voulez, et c'est vrai. Jean, le messager qui est venu préparer le chemin devant le Seigneur dans la précédente dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], est aussi venu dans notre dispensation comme messager auprès de Joseph Smith ; c'est donc d'application, si vous désirez l'appliquer ainsi à Jean qui est venu comme messager préparer le chemin devant le Seigneur.


« Mais j'irai plus loin, et je prétends que Joseph Smith était le messager que le Seigneur a envoyé pour préparer le chemin devant lui. Il est venu et, sous la direction de saints messagers, a jeté les bases du royaume de Dieu et de cette oeuvre de prodiges et de miracles [Ésaïe 29:14], afin que le monde soit préparé pour lavenue du Seigneur. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:191-93).


Ésaïe 40:4. Des tremblements de terre changeront la face du pays


Avant la seconde venue en gloire du Seigneur Jésus-Christ, il y aura un grand tremblement de terre qui sera tellement destructeur que les montagnes seront abaissées, les vallées seront élevées, et les endroits raboteux transformés en plaines. Il sera si violent que le soleil s'obscurcira et que la lune se changera en sang. Les eaux seront repoussées dans les régions du nord et les terres se réuniront comme elles étaient avant le temps de Péleg (voir Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:86 ; 2:294-295 ; voir aussi Ésaïe 54:10 ; Ézéchiel 38:20  ; Apocalypse 16:15-20; D&A 49:23 ; 88:87 ; 109:74 ; 133:17-25, 44).


Ésaïe 40:6-8. Que signifie « Toute chair est comme l'herbe » ?


Les métaphores que les prophètes puisaient dans le pays de Canaan avaient un message spirituel poignant. « La pluie du  printemps » (Jérémie 3:3) tombe de janvier à début d'avril. Pendant cette pluie l'herbe jaillit en Israël comme un tapis vert spontané qui couvre le pays d'une manière si abondante et avec une telle splendeur qu'on a l'impression qu'elle ne pourrait jamais disparaître. Mais au bout de très peu de temps, la pluie prend fin et la chaleur ardente de l'été brunit l'herbe presque du jour au lendemain. Elle semble tout simplement disparaître des collines arides. l'herbe flétrie et morte est la métaphore choisie par Ésaïe pour décrire les méchants dont les voies semblent si attrayantes pour le monde mais qui ne peuvent durer longtemps. Seuls ceux qui sont sanctifiés par le Seigneur résisteront à la gloire de sa venue, car les méchants seront comme l'herbe desséchée devantun feu flamboyant (voir D&A 101:24-25).


Ésaïe 40:9. Qui était appelé « Sion » sur la haute montagne ?


Orson Pratt dit que cette Écriture est une prophétie concernant la Sion du Seigneur qui sera édifiée sur la terre avant qu'il ne vienne dans sa gloire. La prophétie dit que « le peuple appelé Sion » irait sur le haut territoire de montagne (les vallées des montagnes d'Utah et des régions voisines). Orson Pratt dit en outre que Joseph Smith avait aussi prédit la même chose et conclut : « C'est ainsi que la prophétie a été prononcée, c'est ainsi qu'elle s'est accomplie. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 15:48)


Ésaïe 40:10-11. L'oeuvre qui doit préparer sa venue


Ces versets parlent des préparatifs requis avant que le Seigneur ne revienne.

« Je crois sincèrement que ces jours-ci nous rapprochent de plus en plus de Dieu… Puissions-nous devenir 'ceux qui ont le coeur pur' et voir Dieu, ce qui est le sort bienheureux de ceux qui sont 'sages et ont reçu la vérité, et ont pris le Saint- Esprit pour guide', car ce sont eux qui ne seront pas trompés et 'supporteront le jour' (
D&A 45:57). » (Lévi Edgar Young, dans Conference Report, avril 1933, p. 121)


Ésaïe 40:12-31. Que signifie « mesuré les eaux », « pris les dimensions des cieux » et « ramassé la poussière » ?


Le verset 12 est la manière poétique d'Ésaïe de dire que Dieu connaît si intimement le monde qu'il peut même mesurer les eaux de l'océan et la poussière de la terre (voir Brigham Young, dans Journal of Discourses, 7:141).


Les autres versets mettent en relief, par l'utilisation impressionnante de contrastes, la grandeur de Dieu et le néant des nations mortelles et des dieux qu'ellesadorent.


Ésaïe 40:28. Ésaïe mentionne un des noms de Dieu


« De même qu'un des noms du Seigneur est 'Infini', un autre est 'Éternel' (Moïse 1:3 ; 7:35 ; D&A 19:10). Il est appelé l'Éternel dans tout l'Ancien Testament, ce qui signifie qu'il dure à jamais, car 'ses années ne finiront pas' (D&A 76:4). » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine,p. 243)


Ésaïe 40:31. Quelle sera la récompense de ceux qui « espèrent en l'Éternel » ?


Ésaïe parle du pouvoir ultime donné à ceux qui espèrent en l'Éternel, dont la force sera renouvelée, et dit qu'ils « prennent leur vol corrune les aigles » (Ésaïe 40:31).


Orson Pratt l'explique ainsi : ceux qui ont été limités à la sphère mortelle et à ses lois peuvent être renouvelés grâce à la lumière de la vérité et être rendus capables de se déplacer d'un endroit à l'autre à une vitesse accélérée, même à la vitesse de la lumière (voir Journal of Discourses, 3:104).


La grande promesse réservée à ceux qui ont été loyaux et fidèles à garder les commandements en espérant en l'Éternel réside dans le fait qu'ils « courent et ne se lassent point » et « marchent et ne se fatiguent point » (Esaïe 40:31 ; voir D&A 89:18-21).


Puisque tout homme qui court ressent une lassitude normale à la suite de ses efforts prolongés et que le simple fait de marcher ne fatigue normalement pas, il est évident que ces promesses s'appliquent davantage aux choses de l'Esprit, car le Seigneur « ne se fatigue point, il ne se lasse point » (Ésaïe 40:28).


Bien qu'il y en ait qui « courent » sans être envoyés (voir Jérémie 23:21), les serviteurs du Seigneur sont chargés d'exécuter la mission qu'il leur confie. Un homme que le Seigneur appelle au service est engagé dans une compétition dans laquelle « la course n'est point aux agiles ni la guerre aux vaillants »  (Ecclésiastes 9:11) ; mais la récompense est pour ceux qui « persévèrent jusqu'à la fin » (Matthieu 24:13 ; Marc 13:13). Avoir la force de mener la course de la vie sans se lasser est une promesse précieuse ; pouvoir voyager en sécurité et ne pas se fatiguer ou abandonner la vérité est une grande bénédiction. Quelle consolation, quel encouragement c'est pour ceux qui espèrent en l'Éternel, de pouvoir travailler avec force sans se lasser,de marcher avec certitude et de ne pas apostasier.


ÉSAÏE 41

Voir commentaire de
Ésaïe 40 à 47.


Esaïe 41 à 44. Une chose à savoir


Esaïe 40 à 66 est prophétique. Bien qu'il soit fait allusion à l'avenir immédiat d'Ésaïe, la teneur de sa prophétie concerne les derniers jours. Du fait qu'ils n'ont pas cette perspective, la plupart des spécialistes de la Bible ont le sentiment que ces chapitres sont historiques et qu'ils ont été écrits par des auteurs ultérieurs à l'époque d'Ésaïe. Pareil point de vue est cependant insoutenable à la lumière de l'Écriture révélée. Ésaïe a vu la fin dès le commencement, et ses déclarations prophétiques concernanl le destin d'Israël méritent plus de confiance que la perspective limitée qu'un historienpeut avoir du passé.


Ésaïe 41:1, 5. Que sont les « îles » vues par Ésaïe ?


De temps en temps le Seigneur a emmené des restes d'Israël vers des « îles » d'où il les rassemblera un jour avant le second avènement du Seigneur Jésus-Christ. L'Amérique est une de ces îles (voir 2 Néphi 10:20-21 ; voir aussi 1 Néphi 19:10, 16 ; 21:8 ; 22:3-4 ; 2 Néphi 10:8). L'étude de ces références révèle que les « îles » ou la demeure des restes dispersés d'Israël, n'étaient pas connues de l'homme (voir surtout 1 Néphi 22:3-4). Ésaïe fait allusion à Israël dispersé quand il utilise la métaphore « îles » et suggère que là, dans les îles, ils apprendront à avoir confiance en lui, à espérer en sa parole et à être renouvelés ensemble. Tout cela se produira vers l'époque de la moisson (voir Ésaïe 24:15 ; 41:1-5 ; 49:1 ; 51:5 ; 60:9). Alors Israël dispersé apprendra à chanter un cantique nouveau, le cantique des rachetés, quand il sera rassemblé dans le royaume(voir aussi Ésaïe 42:4, 10 ; Apocalypse 14:1-3).


Ésaïe 41:2. Qui est le juste venu de l'Orient ?


Jean a eu une vision similaire à celle d'Ésaïe et dit que ce juste venu de l'Orient est un « ange qui montait du côté du soleil levant, et qui tenait le sceau du Dieu vivant » (Apocalypse 7:2). Le Seigneur a révélé à Joseph Smith que cet ange venu de l'Orient était « Élias qui devait venir pour rassembler les tribus d'Israël et rétablir toutes choses » (D&A 77:9).


Bruce R. McConkie a dit à propos de cet « ange » :


« Qui a rétabli toutes choses ? Était-ce un seul homme ? Certainement pas. Beaucoup de messagers célestes ont été envoyés de la cour céleste conférer des clefs et l'autorité, rendre à nouveau leurs dispensations [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] et leurs gloires aux hommes de la terre. Les personnalités suivantes, au moins, sont venues : Moroni, Jean-Baptiste, Pierre, Jacques et Jean, Moïse, Élie, Élias,Gabriel, Raphaël et Michel (voir D&A 13 ; 110 ; 128:19-21). Puisqu'il est manifeste que ce n'est pas un seul messager qui a porté toute la charge du rétablissement, mais plutôt que chacun est venu avec une dotation spécifique d'en haut, il devient clair que Élias est un personnage composite. Il faut voir dans l'expression un nom et un titre désignant ceux qui avaient pour mission de conférer des clefs aux hommes en cette dispensation finale (voir Doctrine du salut, vol. 1, p. 170-174). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 221)


Ainsi l'homme « de l'Orient » semble désigner les anges du rétablissement qui sont groupés sous le titre composite d'Élias.


Ésaïe 41:21-29. La sagesse des méchants est futile


Le Seigneur invite les plus sages du monde à fournir la moindre des perspectives dans l'avenir (voir v. 21-23) et leur rappelle que leurs oeuvres les plus grandes ne sont que « le néant » (v. 24) et qu'à la fin ce qui a de la valeur pour eux n'est que « néant » (v. 29).


ÉSAÏE 42

Voir commentaire de Ésaïe 40 à 47.


Voir commentaire de Ésaïe 41 à 44.


Ésaïe 42:1-4. Qui est le serviteur ?


Il n'y a qu'un seul serviteur qui a reçu le pouvoir de révéler le droit (voir v. 1 ; voir aussi Romains 14:10 ; 2 Néphi 9:41), c'est celui à la loi duquel les îles s'attendent (voir Ésaïe 42:4 ; 51:5 ; 60:9), le Médiateur d'Israël et le Sauveur des nations. Il n'a pas crié ni élevé la voix dans les rues, c'est-à-dire qu'il n'a pas provoqué de grands tumultes ni s'est vanté de ce qu'il faisait. Matthieu cite ce passage d'Ésaïe après avoir observé que le Sauveur commandait aux multitudes de ne pas faire connaître ses guérisons (voir Matthieu 12:15 -21), car son royaume n'était pas un royaume terrestre dans lequel sa voix, ses oeuvres et ses prodiges devaient être annoncés à grands coups de trompette ; c'est plutôt un royaume céleste (voir Jean 18:33-37). Ainsi donc, il se retirait des multitudes et évitait les honneurs des hommes, et il exerçait son ministère avec humilité et douceur. L'esprit de jugement devait être retenu jusqu'au jour du jugement, époque à laquelle le Christ proclamerait sa victoire comme « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (1 Timothée 6:15).


L'image du roseau broyé et de la mèche qui brûle encore (voir v. 3) signifie que, même s'il vient en jugement, ce n'est pas pour détruire des âmes, mais pour les sauver.


C. F. Keil et F. Delitzsch expliquent « la mèche qui brûle encore » comme suit  : « Quand il est dit que dans un tel cas il ne brise ni n'éteint complètement, il y a plus de choses qui sont sous-entendues que le texte n'en exprime réellement. Non seulement il ne détruit pas la vie mourante, en fait il la sauve ; sa politique n'est pas de détruire, mais de sauver. » (Commentary on the Old Testament, 7:2:176)


L'expression : « Il annoncera la justice selon la vérité », qui suit immédiatement le passage sur le roseau et la mèche, Keil et Delitzsch l'interprètent comme « étant la manifestation d'une connaissance et d'une conscience des faits tels qu'ils existent dans les affaires compliquées des hommes, qui est de nature à favoriserl'équité et la bonté » (Commentary, 7:2:176).


Ésaïe 42:5-16. Qui est la lumière qui ouvre les yeux des aveugles ?


La pensée d'Ésaïe passe de la relation du père avec son fils à la relation du Sauveur avec l'Israël de l'alliance, particulièrement avec ceux qui répondent à l'invitation de l'Évangile et se qualifient pour chanter le cantique des exaltés (tant les vivants que les morts) (voir Ésaïe 49:7-12 ; 1 Néphi 21:7-12 ; Apocalypse 14:1-3). Quand des mortels, qui sont aveugles parce qu'ils n'ont pas la lumière de l'Évangile, acceptent l'Évangile de Jésus-Christ, ils sont comme des prisonniers libérés, qu'ils soient dans le monde des esprits (voir 1 Pierre 3:18-21 ; 4:6 ; Jean 5:28) ou dans le désert des errances mortelles.


« Nous avons donc ici un compte rendu de la prédication de notre Sauveur auprès des esprits en prison, auprès d'esprits qui étaient emprisonnés depuis le temps de Noé ; et qu'est-ce qu'il leur a prêché ? Qu'ils allaient devoir rester là ? Certainement pas ! Que sa propre déclaration témoigne [Luc 4;18 ; Ésaïe 42:7]. Il découle clairement de ceci qu'il n'est pas seulement allé leur prêcher, mais les délivrer ou les faire sortir de la prison… Nous voyons donc que Dieu traitera toute la famille humaine avec équité et que de même que les antédiluviens ont eu leur jour où ils ont été visités, de même les personnages dont parle Ésaïe auront leur jour où ils seront visités et délivrés aprèsavoir passé de nombreux jours en prison. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 176-177)


Tout est centré sur le Sauveur Jésus-Christ. Il est la lumière du monde et « des nations » (Ésaïe 42:6). Sa main est étendue pour fortifier, soutenir et protéger l'Israël de l'alliance ; mais ce n'est pas tout. Toute personne qui a fait l'alliance devient une lumière pour le monde en brandissant la lumière du Sauveur, ce qu'elle fait en vivant fidèlement ses commandements(voir 3 Néphi 18:24 ; voir aussi Actes 26:17-18).


Ésaïe 42:9-16. Prédiction du rétablissement de l'Évangile dans les derniers jours


Le prophète Ésaïe introduit la vision du rétablissement de l'Évangile dans les derniers jours en expliquant que les vérités et les clefs des anciens jours devaient être rétablies. Il observe aussi le rétablissement de nouvelles clefs dans la dispensation de la plénitude des temps [voir la définition de cette expression dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] (voir v. 9). En utilisant la métaphore de l'enfantement, il décrit le rétablissement du royaume de Dieu sur terre après une longue période d'apostasie, au cours de laquelle les cieux ont été scellés (voir v. 14 ; voir aussi Apocalypse 12:1-2, 13, 17). L'Église sera rétablie dans les derniers jours, avant la destruction qui transformera les montagnes en plaines et asséchera les eaux, et avant le retour des tribus dispersées d'Israël, quand elles viendront sur un chemin qu'elles ne connaissaient pas, et la lumière de l'Évangile dissipera les ténèbres qu'elles ont si longtemps supportées (voir Ésaïe 42:15-16). Ésaïe réitère la promesse du Seigneur que l'Évangile rétabli ne sera plus enlevé de la  terre et que le Seigneur n'abandonnera pas les siens (voir v. 16 ; voir aussi Ésaïe 2:2-3 ; 11:11-16 ; 29:14-15, 18-19 ; Daniel 2:44-45 ; Joël 2:25-29).


Ésaïe 42:10. Qu'est-ce que le « cantique nouveau » ?


Ésaïe mentionne le « cantique nouveau » après avoir mentionné le rétablissement de l'Évangile. Le cantique est unique en ce sens que seuls ceux qui sont sanctifiés sont dignes de le chanter (voir Apocalypse 14:1-3). Le même esprit apparaît dans Doctrine et Alliances 84:98-102. Dans un autre cas, le cantique est simplement appelé le « cantique de l'Agneau » (D&A 133:56-57).


Ésaïe 42:17-25. Les serviteurs du Seigneur sont-ils aveugles ?


Ésaïe était ravi dans la majesté de sa prophétie sur les derniers jours ; mais il fait maintenant une digression pour décrire Israël entre le jour de sa prophétie et le jour de son accomplissement. Il rappelle que tous ceux, y compris Israël rebelle, qui rendent hommage aux idoles sont sourds et aveugles au message et à la lumière de l'Évangile (voir les versets 17-18). La Traduction de Joseph Smith dit que le Seigneur enverra un messager parmi ceux d'entre les Israélites qui sont spirituellement aveugles, pour les éclairer. Ceux qui acceptent le message seront rendus parfaits. Le Seigneur dit qu'ils sont un peuple spirituellement aveugle et sourd, et qu'ils ne veulent pas ouvrir les oreilles pour entendre, et sont par conséquent persécutés par leurs ennemis. Ce n'est pas le serviteur qui est aveugle, mais Israël dispersé, qui a adopté les idoles de ses voisins.


ÉSAÏE 43

Voir commentaire de Ésaïe 40 à 47.


Voir commentaire de Ésaïe 41 à 44.


Ésaïe 43 à 44


Dans les chapitres 43 et 44, Ésaïe assure Israël que le Seigneur seul est aux commandes et peut sauver, qu'il est son Rédempteur et effacera ses péchés. Ensuite, parlant prophétiquement, mais au passé (Ésaïe a déjà vu le sacrifice rédempteur du Seigneur, bien qu'il ne se soit pas encore produit), il déclare que l'expiation a été faite et que la rédemption d'Israël n'est basée que sur le retour de celui-ci vers lui (voir Ésaïe 44:21-22).


Ésaïe 43:1-7. Un symbole et une figure de quelqu'un qui est appelé avant d'être reconnu par le Seigneur


Dans ces versets, où il promet le rétablissement et le rassemblement finaux d'Israël, Ésaïe le compare à quelqu'un qui fait un voyage dangereux où il est menacé par le feu et par l'eau. La métaphore est aussi valable pour une personne que pour la maison d'Israël. Le Seigneur l'appelle par son nom, car Israël est le nom qui lui est donné par alliance et symbolise le fait qu'il sera finalement préservé et lui appartiendra (voir Genèse 32:28-30). Il promet ensuite que, tandis qu'il traverse les dangers de son voyage de retour, il sera avec lui. Ni les eaux, ni les fleuves, ni le feu des épreuves et de la persécution ne pourront ôter la protection qu'il donne à son peuple élu.


Il y a peut-être aussi un symbolisme spirituel dans ces promesses. Quand Israël s'enfuit d'Egypte, il traversa l'eau (la mer Rouge) et fut protégé par le feu, la colonne de feu et de fumée (voir Exode 13:21-22 ; 14:21-22). Paul a vu dans ces phénomènes des figures ou des symboles du baptême d'eau et du Saint-Esprit (voir 1 Corinthiens 10:1-4). Ésaïe montre ici Israël en cours de rassemblement. On est rassemblé dans la bergerie en étant baptisé ; ainsi le symbolisme a une importance à la fois spirituelleet temporelle.


Ésaïe 43:4-10. Le rassemblement d'Israël est un événement universel


Ésaïe utilise l'orient, l'occident, le nord et le sud (voir les versets 5-6) pour symboliser « toutes les nations » (v. 9) du monde entier où Israël fut dispersé et d'où il sera rassemblé. Le rassemblement promis sera réalisé dans les derniers jours par l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (voir Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 18:228 ; voir aussi Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 2:181-82).


Dans le cadre de cette promesse, voir le commentaire sur Ésaïe 42:17-25, concernant le serviteur qui voit et entend et ouvrira les yeux et les oreilles deceux qui seront rassemblés.


Ésaïe 43:14-17. Pour son propre bien, Israël est livré à l'esclavage


Le Seigneur envoya Israël en esclavage à Babylone dans un but sage. Il est vraisemblable que le but de sa captivité était au moins double : rendre humble un Israël orgueilleux et pervers et avoir une raison indiscutable de détruire Babylone et de montrer au monde que cette attrayante « fille des Chaldéens » (Ésaïe 47:1) était un mauvais exemple à imiter, car elle ne serait plus (voir Ésaïe 47:1-6). Et tout cela serait aussi assuré que la destruction des Égyptiens du temps de Moïse, quiétait devenue légendaire.


Ésaïe 43:18-21. Que signifie « une chose nouvelle » dans le désert ?


Après avoir rappelé la destruction des Égyptiens avant son époque (voir v. 3) et avoir prédit la destruction de Babylone dans un jour encore à venir pour lui (voir v. 14-17), Ésaïe détourne l'attention du lecteur de tout cela en disant : « Ne pensez plus aux événements passés » (v. 18), et rappelle au lecteur qu'il va parler d'une « chose nouvelle » (v. 19). Ainsi, se projetant dans une nouvelle vision prophétique, Ésaïe parle d'une époque miraculeuse où la destruction sera inversée : « le désert… fleurira comme un narcisse » (Ésaïe 35:1), par opposition à la fleur de Babylone qui deviendra un désert. 


« Ésaïe a dit : 'Voici, je vais faire une chose nouvelle', et si j'ai bien compris le sens de cette Écriture, cette chose nouvelle était le grand principe de l'irrigation. Il est vrai que les saints ont dû faire les canaux, ils ont dû faire les fossés, ils ont dû installer les digues, mais la terre serait restée aride, si le Seigneur ne leur avait pas insufflé l'idée de le faire, et c'est cette intervention du Seigneur qu'Ésaïe prédit : [Ésaïe 43:19-20]. Si vous voulez voir des eaux dans le désert, traversez simplement l'Idaho et vous verrez les grands canaux qui sortent de la Snake River. Ils sont plus grands que beaucoup de cours d'eau du pays [Ésaïe 43:20-21 ; 41:18, 20].


« Ainsi, de même que vous faites vos moissons en saison, souvenez-vous que c'est le Seigneur Dieu d'Israël qui a fait cette chose nouvelle dans ce grand désert pour le faire prospérer comme un narcisse et pour être le pays qui attirerait l'attention du mondeentier. » (LeGrand Richards, dans Conference Report, octobre 1948, p. 44-45)


Après cet intermède prophétique, Ésaïe revient à l'Israël historique (voir Ésaïe 43:22-28), avec le seul rappel au verset 25 d'un pardon futur, un rayon d'espoir annonçant une amélioration.


Ésaïe 43:22-26. « Tu ne m’as pas invoqué » (v. 22)


« Je constate que quand je deviens négligent dans mes relations avec la Divinité et quand il semble qu’aucune oreille divine n’écoute et qu’aucune voix divine ne parle, c’est que je suis loin, très loin. Si je me plonge dans les Écritures, la distance diminue et la spiritualité revient. » (Spencer W. Kimball, Teachings, éd. Edward L. Kimball, 1982, p. 135)


ÉSAÏE 44

Voir commentaire de Ésaïe 40 à 47.


Voir commentaire de Ésaïe 41 à 44.


Voir commentaire de Ésaïe 43 à 44.


Ésaïe 44:1-2.


Ésaïe commence le chapitre 44 dans le même esprit que le chapitre 43 en rappelant à Israël qu'il est le peuple de l'alliance du Seigneur. Jacob était le père d'Israël. Le Seigneur renouvela avec Jacob l'alliance qu'il avait faite avec Abraham et changea son nom en  Israël à cause de sa justice (Genèse 35:9-11). C'est donc à juste titre que le Seigneur a aussi appelé [dans la King James Version] ce fidèle serviteur « Jesurun », qui est l'équivalent hébreu de droit ou juste (voir James Strong, The Exhaustive Concordance of the Bible, n° 3484, dans Hebrew and Chaldee Dictionary ; voir aussi McConkie, MormonDoctrine, p. 323).


Ésaïe 44:5-20. « N'est-ce pas du mensonge que j'ai dans ma main ? »

Avec une grande ironie, Ésaïe met en relief le manque de logique des hommes qui travaillent le bois et le métal, l'utilisent comme bois pour le feu et d'autres choses profanes, mais façonnent en même temps des idoles dans le même matériau et puis s'attendent à ce que ces idoles manifestent une grande puissance et répondent à leurs prières. Pareille idolâtrie suscite chez l'homme un « coeur abusé » qui « l'égare » (v. 20), ou en d'autres termes, qui a un effet tellement négatif qu'il lui fait perdre son âme. Bien que ce principe soit vrai et évident pour celui qui est spirituellement éveillé, l'idolâtre ne peut reconnaître ni admettre que c'est « du mensonge » qu'il a dans sa « main » (v. 20). Cette formule tragique reflète les conséquences graves auxquelles doit s'attendre celui qui vit dans le mensonge. Cela veut dire que quand quelqu'un continue à rechercher les trésors ou à adorer de faux dieux, il devient aveugle à la vérité et ne peut reconnaître qu'il a enfreint ses alliances et qu'elles sont devenues pour lui de la fausseté qui le condamnera au dernier jour.


Ésaïe 44:21-28 ; 45:1-14. Le Seigneur prophétise sur Cyrus, roi de Perse


À l'époque où Ésaïe prophétisait, Babylone n'était pas encore parvenue au pouvoir, et plus de cent ans allaient se passer avant qu'elle n'emmène Juda en captivité. Mais le calendrier n'affecte bien entendu en rien la vision d'un prophète. Après avoir mis par écrit de nombreuses prophéties concernant la destruction future de Juda et sa chute devant Babylone, Ésaïe révèle le plan du Seigneur pour rétablir Juda dans sa patrie sous un roi appelé Cyrus. Au moment où Ésaïe donna son nom, Cyrus était encore dans l'existence prémortelle.


De nombreux commentateurs nient qu'Ésaïe ait pu annoncer Cyrus avec une clarté suffisante pour pouvoir l'appeler par son nom. Ils prétendent donc ordinairement que cette partie d'Ésaïe a été écrite par quelqu'un durant l'exil et après que Cyrus ait aidé Israël. En d'autres termes, après l'événement. Néanmoins il est extrêmement intéressant de constater que l'historien juif Josèphe accepte les paroles d'Ésaïe et cite maintenant des lettres de Cyrus confirmant les prédictions du prophète. Voici une partie du récit de Josèphe :


« Il (Dieu) mit dans le coeur de Cyrus d'écrire cette lettre, et de l'envoyer par toute l'Asie. Voici ce que déclare le roi Cyrus : 'Nous croyons que le Dieu tout-puissant qui nous a établi roi de toute la terre est le Dieu que le peuple d'Israël adore ; car il a prédit par ses prophètes que nous porterions le nom que nous portons, et que nous rétablirions le temple de Jérusalem consacré en son honneur dans la Judée'.


« Ce qui faisait ainsi parler ce prince est qu'il avait lu dans les prophéties d'Ésaïe, écrites deux cent dix ans avant qu'il soit né, et cent quarante ans avant la destruction du temple, que Dieu lui avait fait connaître qu'il établirait Cyrus roi sur diverses nations et lui inspirerait la résolution de renvoyer son peuple à Jérusalem y bâtir son temple. Cette prophétie lui donna une telle admiration que, désirant l'accomplir, il fit assembler à Babylone les principaux des Juifs et leur dit qu'il leur permettait de retourner en leur pays et de rebâtir la ville de Jérusalem et le temple, qu'ils ne devaient point douter que Dieu ne les assistait dans ses desseins, et qu'il écrirait aux princes et aux gouverneurs de ses provinces voisines de la Judée de leur donner l'or et l'argent dont ils auraient besoin, et des victimes pour les sacrifices. » (Josèphe, Antiquités, XI, 1). (voir aussi Sidney B. Sperry, The Voice of Israël's Prophets, p. 107-108)


ÉSAÏE 45

Voir commentaire de Ésaïe 40 à 47.


Le chapitre 45 révèle comment et par qui le Seigneur rachètera Juda, reste d'Israël.


Ésaïe 45:1-14. Voir commentaire de Ésaïe 44:21-28


Ésaïe 45:1-4. Comment Cyrus, roi perse, pouvait-il être appelé le « messie » du Seigneur ?


« Cyrus est le seul roi gentil qui soit appelé le 'messie' de Dieu. Cyrus est donc, dans un certain sens, une figure du Messie, le Seigneur Jésus-Christ. On comprend souvent mal le symbolisme et on en fait mauvais usage. Une figure est un symbole prophétique désigné par Dieu, pour représenter ordinairement le Christ. Quand une personne ou une chose est qualifiée de figure, cela n'en altère pas la signification littérale ni n'en nie la réalité historique. Cyrus était un roi perse, et nous n'avons aucune raison de croire qu'il ait jamais réellement connu le vrai Dieu, bien que la religion perse ait été relativement exempte des idolâtries grossières des Babyloniens. Par conséquent, quand on dit que Cyrus est une figure du Christ, cela ne veut pas dire qu'il était à tous égards semblable au Seigneur Jésus-Christ. La seule ressemblance voulue réside dans le fait que Cyrus était le messie (l'oint) qui délivra le peuple d'Israël de sa captivité. Comme tel il annonce l'Oint plus grand qui sauve son peuple de ses péchés. » (Alfred Martin, Isaiah, the Salvation of Jehovah, p. 77-78)


Ésaïe 45:3. Cyrus s'est-il enrichi de la conquête de Babylone ?


« Quand Cyrus conquit l'Asie, il emporta de l'or et de l'argent, dont l'estimation en poids dans ce récit, une fois convertie en livres sterling, s'élève à cent vingt-six millions deux cent vingt-quatre mille livres. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:178). Une estimation basée sur le taux d'échange entre la livre sterling et le franc français en 1986 évaluerait le trésor que Cyrus prit aux Babyloniensà environ 1893 millions de francs.


Ésaïe 45:7. Le Seigneur crée-t-il le mal ?


Dans la première partie de ce verset, Ésaïe établit des contrastes : « Je forme la lumière et je crée les ténèbres », « Je réalise la paix et je crée le malheur ». Cela veut dire que le Seigneur est l'auteur de la paix, mais qu'il envoie aussi des jugements sur les méchants qui ont mûri dans l'iniquité. Pour cette raison, même quand les méchants sont punis par les méchants (voir Mormon 4:5), c'est sous la direction duSeigneur.


Ésaïe 45:8. Que signifie « les cieux répandent d'en haut » et « les nuées laissent couler la justice » ?


Ésaïe parle de la même chose que Psaumes 85:11 : « La fidélité germe de la terre, et la justice regarde du haut des cieux » qui est une allusion à la parution du Livre de Mormon tiré des annales néphites ensevelies (voir ÉzéchieI 7:20 ; voir aussi James E. Talmage, Articles de foi, p. 42 ; McConkie, Mormon Doctrine, p. 99 ; Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 17:287-88).


Cet événement moderne illustre l'idée que l'argile ne peut en vérité pas dire à celui qui la façonne : « Que fais-tu ? » (v. 9). Les nombreux hommes qui conspirèrent contre Joseph Smith n'insultaient pas simplement un homme, mais leur propre Créateur, dont cethomme était le serviteur.


Ésaïe 45:12. Qu'est-ce qui est au Seigneur et qu'est-ce qui est à l'homme ?


Quand les hommes et les organisations parlent des choses de la terre, ils en parlent souvent comme s'ils en étaient les propriétaires. « J'ai une grande maison », dira-t-on, ou : « J'ai édifié cette entreprise par mon travail ; elle m'appartient donc. » Si ces affirmations étaient réellement vraies, on pourrait comprendre qu'ils ne soient pas disposés à partager leurs biens avec les autres ou à donner au Seigneur la dîme qu'il requiert. Mais les hommes ne peuvent pas dire qu'ils possèdent. Par l'intermédiaire d'Ésaïe, le Seigneur rappelle à Israël qu'il est le Créateur de la terre, et par conséquent lui seul peut à juste titre s'en déclarer propriétaire. En des termes semblables à ceux d'Ésaïe, le Seigneur a rappelé aux saints des derniers jours qu'il a créé la terre et que les hommes ne sont que les intendants  de ce qui lui appartient (voir D&A 104:13-14, 54-57). Il leur a rappelé ensuite : « Et que personne parmi vous ne dise que c'est à lui, car cela ne lui appartiendra pas, ni en tout, ni en partie » (D&A 104:70).


« Avez-vous le sentiment d'être généreux quand vous payez votre dîme ? Fier quand la somme est importante ? L'enfant a-t-il été généreux envers ses parents quand il lave l'auto, fait son lit ? Êtes-vous libéral quand vous payez votre loyer ou que vous réglez les factures à la banque ? Vous n'êtes pas généreux ni libéral mais simplement honnête quand vous payez votre dîme [Ésaïe 45:12]. » (Spencer W. Kimball, dans Conference Report, avril 1968, p.77)


Ésaïe 45:15-25. Le Dieu d'Israël est le Seigneur, le Sauveur Jésus-Christ


C'est un des témoignages fondamentaux d'Ésaïe. En majeure partie le monde chrétien a perdu de vue le fait que le Dieu de l'Ancien Testament, c'est Jésus dans son état prémortel. On dit souvent que la théologie de l'Ancien Testament est très différente de celle du Nouveau. Ou on dit que la notion de Dieu a mûri à mesure que les gens devenaient plus civilisés et plus sophistiqués… Ce n'est pas seulement la révélation moderne qui enseigne que l'Éternel est le Christ. Les écrivains de l'Ancien et du Nouveau Testament en ont tous témoigné à maintes et maintes reprises, et personne ne l'a fait plus fréquemment ni plus puissamment qu'Ésaïe. Ce chapitre révèle clairement l'identité du Dieu de l'Ancien Testament. Voir les témoignages qui sont donnés ici :


1. Il est le Messie, le Sauveur du monde (voir v. 15).
2. Il donnera à Israël un salut éternel (voir v. 17).
3. Il est le Créateur (v. 18).
4. Il est juste et capable de sauver (voir v. 21).
5. Il n'y a aucun autre nom donné par lequel l'homme puisse être sauvé (voir v. 21-22).

6. Ses paroles sont vérité et justice (voir v. 23).
7. Tout genou fléchira et toute langue confessera que Jésus est le Christ (voir v. 23) ; voir Romains 14:11 ; voir aussi Smith, Doctrine du salut, 2:29.
8. Il est le Médiateur de toute la descendance d'Israël (voir v. 24).


Ésaïe 45:23. Que veut dire « tout genou fléchira devant moi, toute langue jurera par moi » ?


« Je tiens à attirer l'attention sur quelque chose qui est souvent dit dans les Écritures, et qui est, je pense, très souvent mal compris. C'est le passage qui dit que 'tout genou fléchira, et toute langue jurera par moi » [confessera] [Ésaïe 45:23 ; Romains 14:10-11 ; Philippiens 2:9-11 ; D&A 76:110 ; 88:104]. Je me demande combien d'entre nous pensent que si un genou fléchit et qu'une langue confesse, c'est un signe de pardon du péché et de libération du péché et que le candidat est prêt à l'exaltation ; si oui, vous commettez une erreur. Ce n'est pas du tout ce que cela veut dire.


« Le temps viendra où 'tout genou fléchira, et toute langue confessera', et cependant la vaste majorité de l'humanité ira éternellement dans le royaume téleste. Laissez-moi lire ce verset : 'Le temps viendra où tous verront le salut du Seigneur ; où chaque nation, famille, langue et peuple verra oeil à oeil et confessera devant Dieu que ses jugements sont justes' [Mosiah 16:1-4].


« Ce sera merveilleux lorsque les hommes en arriveront au stade où ils seront disposés à confesser que les jugements portés contre eux sont justes et fléchiront legenou et comprendront 'd'oeil à oeil'. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 2:37-38)


L'intention d'Ésaïe était d'assurer au monde entier, tant les méchants que les justes, que Jésus-Christ est le Dieu d'Israël et qu'un jour tous seront contraints de reconnaître ce fait, si oui ou non ils sont ou ont été sesdisciples.


ÉSAÏE 46

Voir commentaire de Ésaïe 40 à 47.


Le chapitre 46 déplore les idoles et dit que les idoles elles-mêmes sont en captivité.


Ésaïe 46. Les idoles sont des idoles, mais le Christ est Dieu


Le refrain poétique de ce chapitre est à la fois familier et nouveau. C'est un bon exemple d'enseignement à l'orientale. Le même thème est constamment répété avec de légères variations. C'est de cette façon que l'auditeur est amené à la conclusion inéluctable voulue par celui qui enseigne. Ésaïe était un maître de cette technique. Il énumère les manières dont le Seigneur a montré sa sollicitude à Israël et ne laisse la possibilité que d'une seule conclusion : « Je suisDieu, et il n'y en a point d'autre » (v. 9).


Ésaïe 46:11. Qu'était l'oiseau de proie de l'orient ?


Cette métaphore décrit Cyrus, qui était prophétiquement destiné à humilier Babylone d'une manière rapide et décisive. C'est une bonne transition vers le chapitre 47, où la destruction de Babylone est de nouveauexposée.


ÉSAÏE 47


Voir commentaire de Ésaïe 40 à 47.


Ésaïe annonce que Babylone sera détruite à cause de sa méchanceté. Ces avertissements s’appliquent également à la destruction finale du monde et de sa méchanceté.Bien que le monde se croie invincible, il sera détruit et il perdra ce qui a le plus de valeur, symbolisé par la privation d’enfants et le veuvage (v. 7-9). La désolation s’abattra sur le monde parce qu’il se proclame plus grand que Dieu (v. 10-11).


Ésaïe 47. La Babylone spirituelle est une contrefaçon et une perversion de l'Éternel


Ce chapitre démontre mieux que toute autre Écriture de l'Ancien Testament jusqu'où Satan est allé pour réaliser son mensonge éternel. Dès le début Lucifer avait dit dans son coeur : « Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée (des dieux), à l'extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très Haut » (Ésaïe 14:13-14). De même que Sion est la postérité spirituelle du Seigneur Jésus-Christ, de même Babylone est la postérité mauvaise de Lucifer qui tomba et devint Satan, « le père de tous les mensonges » (Moïse 4:4). La Babylone de ce monde a cherché à imposer sa domination aux enfants des hommes.


Le chapitre 47 révèle la destruction spectaculaire finale 1. de la Babylone temporelle et 2. de la Babylone spirituelle :


Verset 5. 1. « la souveraine des royaumes ». 2. De même que la société est attirée par une belle femme, de même les enfants des hommes sont attirés par le clinquant et la puissance de la Babylone spirituelle.


Verset 6.


1. Ne montre aucune pitié envers Israël de l'alliance, mais lui impose de lourds fardeaux.


2. Quoique paraissant attrayante parce que facile ou source de plaisir, la méchanceté de Babylone ne fait que réduire ses sujets en esclavage.


Verset 7.


1. Se vante d'être invincible, mais ne voit pas le jugement qui va finalement la détruire.


2. Dans son aveuglement, la Babylone spirituelle cause des ravages dans le monde, ne se rendant pas compte que ses actions ont un effet destructeur sur elle.


Verset 8.


1. Déclare que sa volupté est le but et la réalisation de son rêve dans la vie, pas simplement le moyen pour y arriver.


2. La Babylone du monde triomphe sur son trône quand les hommes adorent les voluptés de la chair. Elle devient une contrefaçon de la Divinité. Cette doctrine du diable nie « la puissance de Dieu, le Très Saint d'Israël » et dit « au peuple : il n'y a point de Dieu » (2 Néphi 28:5) et « il n'y a point d'enfer » ; c'est ainsi que le diable les saisit « de ses chaînes terribles d'où il n'y a point de délivrance » (2 Néphi 28:22).


Verset 10.


1. Par sa puissance mauvaise, Babylone assujettit les hommes à sa volonté.


2. La Babylone du monde, par des alliances et des actions perverses, assure au Prince des ténèbres la loyauté des hommes grâce à la promesse d'un gainsecret (voir Hélaman 6:16-25).


1. Cette « souveraine des royaumes » est devenue si grande que ses gouvernants se glorifient de la pensée qu'ils sont le centre de la connaissance et de la sagesse et imposent de s'agenouiller devant le roi et non devant Dieu (voir Daniel 3:1-6 ; 6:1-7).


2. La Babylone du monde se considère comme experte dans toute la connaissance et décrète que les hommes doivent l'adorer. Quand ils adoptent cette doctrine de l'enfer, les hommes commencent à croire qu'ils savent, alors que les autres ne savent pas, et ils se considèrent comme des dieux, allant jusqu'à donner et à prendre la vie (voir l'attitude de 2 Néphi 9:20). « Ô la vanité, la fragilité et la folie des hommes ! Quand ils sont instruits, ils se croient sages, et ils n'écoutent pas  les conseils de Dieu, ils les laissent de côté s'imaginant tout savoir par eux-mêmes. C'est pourquoi leur sagesse est folie, et elle ne leur sert de rien, et ils périront» (2 Néphi 9:28).


ÉSAÏE 48

Ésaïe 48:1-11. « Écoutez ceci, maison de Jacob » (verset 1)


Ésaïe 48 est le premier chapitre d'Ésaïe cité dans le Livre de Mormon dont il constitue 1 Néphi 20. Tous les versets qui se trouvent dans le Livre de Mormon diffèrent du texte de la King James (la version anglaise de la Bible), et beaucoup de différences sont importantes. On peut estimer que le texte du Livre de Mormon est plus correct que celui de la King James, parce que Néphi a vécu juste un peu plus de cent ans après l'époque d'Ésaïe et avait plus que vraisemblablement un texte plus pur que celui sur lequel les traducteurs de la King James ont travaillé. Les changements les plus importants se trouvent aux versets 1-2, 6 -7, 11, 14, 16-17 et 22.


Ésaïe 48:1-8. L'apostasie de Juda


Les versets 1 et 2 d'Ésaïe, chapitre 48, décrivent l'apostasie d'Israël à l'égard des révélations de Dieu. Alors que ce peuple élu du Seigneur est sorti « des eaux… du baptême » (1 Néphi 20:1 ; comparer Ésaïe 48:1-2 avec 1 Néphi 20:1-2), il ne s'appuie « point sur le… Seigneur » (1 Néphi 20:2). En d'autres termes, il a apostasié. Pour cette raison, le Seigneur décide de manifester son omniscience. Il lui a, dit-il, dès longtemps… fait les premières prédictions », c'est-à-dire qu'il a parlé des choses avant qu'elles ne se produisent, et puis « soudain j'ai agi, et elles se sont accomplies » (Ésaïe 48:3). Cela, il l'avait fait, dit-il, de peur que les apostats ne disent : « Voici, je le savais » (v. 7). Le Seigneur promet ensuite de différer sa colère mais refuse absolument de donner sa gloire à de faux dieux ou de permettre que son nom soit souillé (comparer le verset 11 avec 1 Néphi 20:11). Ainsi la raison pour laquelle le Seigneur révèle l'avenir à l'homme est partiellement expliquée : c'est la preuve concrète qu'il est véritablement Dieu, car aucune idole muette ne pourrait imiter un tel exploit.


ÉSAÏE 49

Ésaïe 49. Israël dispersé sur les îles de la mer


« Le chapitre 49 est un des chapitres les plus importants de tout le livre d'Ésaïe, parce qu'il prédit aussi très clairement la mission des saints des derniers jours et la destinée de l'Amérique en ce qui concerne la maison d'Israël. Néphi voyait dans ce chapitre la prédiction que l'Amérique recevrait une partie de l'Israël dispersé, tandis que son frère Jacob l'appliquait à la fois aux Juifs de Jérusalem et aux Gentils.» (Monte S. Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 173-174).


Ésaïe 49:1, 5. « L’Éternel m’a appelé dès ma naissance » : Nous avons été appelés dès notre naissance à accomplir l’œuvre dans les derniers jours (voir aussi Jérémie 1:5).


Ésaïe 49:2. « Il a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant » : Cette image suggère que l’on prononce de puissantes paroles de vérité, les paroles du Seigneur (voir aussi D&A 6:2)


Ésaïe 49:2. « Il m’a couvert de l’ombre de sa main » : Le Seigneur nous a protégés et nous a préparés à nos grandes responsabilités (voir aussi D&A 86:9).


Ésaïe 49:2. « Il a fait de moi une flèche aiguë » : Les flèches qui ont une pointe aiguë volent droit. Nous avons été aiguisés et préparés par le Seigneur pour voler droit là où il nous envoie.


Ésaïe 49:6. « Je t’établis… pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre » : Le Seigneur a demandé à ses serviteurs de relever et de rétablir le reste d’Israël et d’être une lumière pour les Gentils. De cette façon nous pourrons apporter le salut jusqu’aux extrémités de la terre (voir aussi D&A 86:8-11).


Ésaïe 49:1-3. « Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai » (verset 3)


Le chapitre tout entier d'Ésaïe 49 est cité dans 1 Néphi 21. Une moitié de verset manque dans la Bible. Il s'agit de l'affirmation que la dispersion d'Israël a été le résultat direct de la méchanceté des dirigeants religieux. Ceux qui sont dans les îles, qui sont invités à écouter, sont les branches dispersées de la maison d'Israël. Néphi écrit qu'à son époque, « la plus grande partie de toutes les tribus » d'Israël avait été « dispersée çà et là sur les îles de la mer » (1 Néphi 22:4). De plus, il ressort que la personne qui parle dans ces versets, le « moi » d'Ésaïe 49:1-2, est Israël lui-même. Sa bouche est « semblable à un glaive tranchant » (v. 2) parce qu'il possède la parole de Dieu à donner aux nations. En beaucoup d'endroits le message de Dieu est comparé à une épée tranchante (voir Éphésiens 6:17 ; Apocalypse 1:16 ; 2:12 ; D&A 6:2 ; 33:1). C'est une épée à deux tranchants, parce qu'elle coupe, quelle que soit la direction dans laquelle on la manie.


Mais Israël, dans l'antiquité, ne répandit pas la parole de Dieu comme il aurait pu le faire. Chargé de mission par le Seigneur, et tenu par alliance d'être une bénédiction pour toutes les nations, grâce à l'Évangile et à son pouvoir sacerdotal (voir Abraham 2:11), Israël, dans sa majeure partie, refusa ne fût-ce que de vivre les enseignements du Seigneur. Les versets 2 et 3 d'Ésaïe 49 peuvent donc concerner l'Israël moderne.


« Le fait que le Seigneur ait caché Israël dans 'l'ombre de sa main' est rendu clair dans les Doctrine et Alliances, où il déclare que les détenteurs de la prêtrise de notre dernière dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] sont 'héritiers légitimes, selon la chair, et [ont] été cachés au monde avec le Christ en Dieu' (D&A 86:8-9). Cette description des détenteurs de la prêtrise, 'héritiers légitimes selon la chair' est une allusion à l'alliance que le Seigneur fit avec Abraham, que toutes les nations de la terre seraient bénies grâce à la  descendance littérale de son corps, qui détiendrait le ministère et la prêtrise (voir Abraham 2:9-11). Doctrine et Alliances identifie aussi l'Israël moderne à la 'postérité d'Abraham' (D&A 103:17). Le monde ne savait pas où était l'Israël dispersé, mais le Seigneur le savait et l'avait caché dans sa main protectrice.


« La 'flèche aiguë' cachée dans le carquois du Seigneur est peut-être une allusion directe à Joseph Smith. 'Voyant de choix' des derniers jours, il allait être le serviteur du Seigneur dans un sens particulier (voir 2 Néphi 3:6 ; 3 Néphi 21:10). La description que le prophète Joseph fait de lui-même est intéressante à cet égard :


« 'Je suis comme une grosse pierre brute qui dévale une haute montagne ; et le seul poli que je reçois, c'est lorsque quelque aspérité est enlevée, par frottement en entrant en contact avec quelque chose d'autre, quand je frappe avec une force multipliée par l'accélération contre le fanatisme religieux, les supercheries de prêtres, les supercheries des hommes de loi, les supercheries des médecins, les journalistes qui mentent, les juges et les jurés subornés et l'autorité de gouverneurs parjures, soutenus par des populaces, des blasphémateurs, des hommes et des femmes licencieux et corrompus, l'enfer tout entier faisant sauter une aspérité ici, une aspérité là. Ainsi je deviendrai un trait lisse et poli dans le carquois du Tout-Puissant qui me donnera la domination sur chacun d'eux sans exception lorsque leur refuge de mensonges échouera et que leur cachette sera détruite, tandis que ces pierres polies avec lesquelles j'entre en contact s'abîment' (Enseignements du Prophète Joseph Smith, p. 245).


« Le trait est poli afin de voler d'une manière plus exacte et plus rapide, et le trait qui est poli est généralement réservé au tir le plus important. La dernière dispensation, où toutes choses sont seront rassemblées en une seule, est le 'tir' le plus important du Seigneur ; c'est pourquoi il a conservé sa 'flèche aiguë' ou 'son trait poli' pour cette oeuvre des derniers jours. Joseph a été appelé pour donner à cette génération la parole de Dieu (voir D&A 5:10), qui rappelle aussi l'analogie avec l'épée tranchante mentionnée au verset 2. » (Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 176-177)


Ésaïe 49:4-12. Le Seigneur a-t-il oublié Israël, son peuple élu ?


Le rétablissement a mis beaucoup de temps à venir. Pendant les années d'attente, Israël dépossédé s'est certainement senti solitaire et abandonné par le Seigneur. Ésaïe 49, versets 4 à 12, décrit cette solitude. Le verset 4 exprime l'attitude de quelqu'un qui est découragé dans une certaine mesure, mais pas complètement : « C'est en vain… que j'ai consumé ma force ; mais mon droit est auprès de l'Éternel » (Ésaïe 49:4).


Néphi dit à propos des Juifs que, dans leur état rejeté, ils sont « un objet de moquerie et de dérision et… haïs par toutes les nations » (1 Néphi 19:14). Ésaïe 49:7 décrit cet état : les hommes méprisent et haïssent le peuple de l'alliance du Seigneur. Mais Israël a toujours l'espérance : Il « m'a formé… pour ramener à lui Jacob et Israël » (v. 5). Jacob sera un jour ramené et rétabli « pour être la lumière des nations, pour porter » le « salut jusqu'aux extrémités de la terre » (v. 6). « Au temps de la grâce », Dieu entendra leurs cris et établira son serviteur (voir 1 Néphi 21:8) « pour traiter alliance avec le peuple » (Ésaïe 49:8). Cela a commencé avec l'appel de Joseph Smith. Depuis lors, l'appel est parvenu à d'autres, « pour dire aux captifs : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez ! » (v. 9). Ils mangeront les fruits de l'Évangile (« ils n'auront pas faim et ils n'auront pas soif ») et seront rassemblés « de loin… du septentrion et de l'occident » (v. 10, 12) dans le filet de l'Évangile.


Néphi interprète les versets ci-dessus dans 1 Néphi 22. Ses frères ayant demandé si les paroles d'Ésaïe devaient être interprétées spirituellement ou temporellement, Néphi répond qu'elles doivent être interprétées dans les deux sens (voir 1 Néphi 22:1-3). Il décrit ensuite la dispersion et le rassemblement d'Israël par les Gentils. 1 Néphi 22:8-12 donne uneinterprétation claire d'Ésaïe 49.


Ésaïe 49:13-17. Dieu se souvient de toutes ses alliances et de toutes ses promesses


Par le rétablissement dans les derniers jours, Dieu allait démontrer qu'il se souvenait de l'alliance qu'il avait faite avec Abraham.


Néphi apporte un changement significatif au verset 1 de sa citation d'Ésaïe (voir 1 Néphi 21:1). La promesse dit que Sion sera rétablie et ne sera plus frappée. Mais même ainsi, Sion, dans sa solitude, se considérera comme « abandonnée » par le Seigneur (Ésaïe 49:14), mais il montrera qu'il ne l'a pas abandonnée. Une mère peut-elle oublier son nourrisson quand il réclame de la nourriture ? Le Seigneur répond formellement à cette question : « Oui, elle peut l'oublier, mais moi, je ne t'oublierai point, ô maison d'Israël » (1 Néphi 21:15). Tout ce que le Seigneur a promis s'accomplira, car le peuple de son alliance fait tellement partie de lui-même que c'est comme si son nom avait été gravé sur ses mains ou sur ses murs qui sont continuellement devant ses yeux (voir Ésaïe 49:16). Pour cette raison les enfants (ou les descendants) d'Israël « viendront, en grande hâte, contre ceux qui te détruisent ; et ceux qui t'ont ravagée s'éloigneront de toi » (1 Néphi 21:17 ; on note l'addition du mot « contre »). Le récit donné par Néphi laisse entendre que si le peuple antique de Dieu a été « détruit » par ses ennemis, la roue tournera dans les derniers jours.


« Cette Sion du Seigneur, dans toute sa beauté, toute sa puissance et toute sa gloire, est gravée sur les mains du Dieu tout-puissant et est constamment devant sa face ; ses décrets sont fixés et nul ne peut les écarter. Il n'y a jamais eu de période sur la terre où on ait eu davantage besoin de prophètes et d'apôtres, de l'inspiration, de la révélation et de la puissance de Dieu, de la Sainte Prêtrise et des clefs du royaume, que dans notre génération. Il n'y a jamais eu de période où les amis de Dieu et de la justice parmi les enfants des hommes aient eu besoin de plus de foi aux promesses et aux prophéties qu'aujourd'hui ; et il n'y a certainement jamais eu de génération de gens sur la terre qui ait eu une oeuvre plus grande à accomplir que les habitants de la terre dans les derniers jours.


« C'est là une raison pour laquelle l'Église et le royaume ont progressé depuis leur début jusqu'aujourd'hui, au milieu de toute l'opposition, de toute l'oppression et de toute la guerre qui ont été menées contre eux par des hommes inspirés par le Malin. Si ce n'avait pas été la dispensation de la plénitude des temps [voir la définition de cette expression dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], la dispensation dans laquelle Dieu a déclaré qu'il établira son royaume sur la terre pour qu'il ne soit plus jamais renversé, les habitants de la terre auraient pu vaincre le royaume et la Sion de Dieu dans cette dispensation-ci au même titre que dans toutes les dispensations précédentes. Mais le moment prévu est venu de favoriser Sion, et le Seigneur Tout-puissant a décrété dans les cieux que toutes les armes forgées contre elle serontbrisées. » (Wilford Woodruff, dans Journal of Discourses, 15:8-9)


Ésaïe 49:18-21. Le rassemblement d'Israël dans les derniers jours sera rapide et soutenu


Dans Ésaïe 49:18-21, il est question du rassemblement d'Israël dans les derniers jours. De la même manière qu'une jeune épouse se pare pour ses noces, de même la Sion des derniers jours ornera spirituellement  ceux qui viennent à elle pour obtenir des bénédictions.Cette image représentant le Christ comme l'époux et le peuple de son alliance comme son épouse apparaît ailleurs dans les Écritures (voir Ésaïe 54:5 ; Jérémie 3:14 ; Matthieu 25:1-13 ; Apocalypse 19:7 ; D&A 33:17 ; 133:10, 19). Et de même que la jeune épouse se revêt de ses beaux vêtements en vue du mariage, de même Israël se revêtira de justice en vue de son « mariage » proche (voir Apocalypse 19:8, où les vêtements de la mariée sont décrits).


Tant de gens se rendront tant en Sion que dans l'ancienne Jérusalem, qu'on se plaindra que « l'espace est trop étroit pour moi ; Fais-moi de la place, pour que je puisse m'établir » (Ésaïe 49:20). Cette surpopulation s'est produite chaque fois qu'a eu lieu le rassemblement moderne spirituel ou temporel. L'Église a du mal à répondre aux besoins en églises et en dirigeants à cause du nombre de ses convertis ; l'Israël moderne a reçu tant d'immigrants que les « habitants y » sont « désormais à l'étroit » (v. 19). Ainsi donc la réaction exprimée au verset 21 correspond à une réalité  : « Qui me les a engendrés ?… Ceux-ci, où étaient-ils ? » En d'autres termes, d'où venaient tous ces gens (israélites) ?


Ésaïe 49:22-26. Comment les Gentils seront-ils des nourriciers et des nourrices pour Israël ?


Ésaïe 49:22-26 parle du jour où les promesses de Dieu s'accompliront et de la façon dont cela se fera. Le « comment » est expliqué aux versets 22 et 23. Dieu dressera sa « bannière », l'Évangile, ou la nouvelle alliance éternelle (voir D&A 66:2), « et ils [les Gentils] ramèneront tes fils [ceux de la maison d'Israël] entre leurs bras, ils porteront tes filles sur les épaules. Des rois seront tes nourriciers et leurs princesses tes nourrices » (Ésaïe 49:22-23). Cette prophétie, comme Néphi l'a dit, a un accomplissement à la fois temporel et spirituel (voir 1 Néphi 22:3).


Le « quand » de la prophétie, c'est maintenant. Des convertis venus du monde entier sont entrés dans l'Église, puis sont allés dans le monde entier, cherchantà récupérer la maison d'Israël et à la ramener au Seigneur.


« Le jour du réveil s'est levé. La dispersion est terminée, le rassemblement est en cours. Que le Seigneur nous bénisse tous pour que nous devenions des nourriciers et des nourrices (voir Ésaïe 49:23 et 1 Néphi 21:23) pour nos frères lamanites et hâtions l'accomplissement des grandes promesses qui leur ont été faites. » (Spencer W. Kimball, dans Conference Report, octobre 1965, p. 72)


Mais il y a aussi un autre aspect. Après la fin de la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne reçut mandat sur la Palestine et commença immédiatement à faciliter le rassemblement des juifs dispersés sur toute la terre. D'autres nations gentiles, tels que les États-Unis, apportèrent aussi leur assistance.


« Depuis le moment de la destruction de Jérusalem par Titus jusqu'en 1917, Jérusalem fut foulée aux pieds par les Gentils. Lorsque le général Allenby, à la tête des forces britanniques, se fut emparé de la Palestine, ce pays fut libéré de la tyrannie et de l'oppression de l'empire turc, et lorsque la paix eut été déclarée, l'Angleterre envoya en Palestine le Dr Herbert Samuel, un juif, comme gouverneur du pays, et c'était la première fois au cours de toutes ces années qu'un juif gouvernait en Palestine…


« Nous voyons aujourd'hui un miracle s'accomplir sous nos yeux. Après la guerre, que nous appelons la Première Guerre mondiale, le Premier Ministre britannique publia une déclaration destinée aux Juifs, leur disant qu'ils pouvaient se rassembler et créer en Palestine un foyer ou État juif. Ils commencèrent à se rassembler en grand nombre. Au commencement du siècle, les choses en Palestine étaient dans un état déplorable. Ils utilisaient des charrues en bois, l'irrigation par roue hydraulique ; les puits et les cours d'eau étaient contaminés. Ils portaient l'eau dans des outres en peau comme autrefois. L'hygiène était lamentable.


« Le gouvernement britannique changea tout cela lorsqu'il en obtint le mandat, car il faut savoir que le mandat sur la Palestine fut donné à la Grande-Bretagne. Ce pays et d'autres dépensèrent des millions de livres à remettre le pays à flot. Le lac de Galilée est maintenant un grand réservoir, et les eaux de crue des divers cours d'eau y sont détournés. On a construit des canaux pour l'irrigation, et le Jourdain a été détourné de son lit vers des canaux de part et d'autre de son cours original. Ces canaux irriguent quelque trois millions d'hectares qu'on ne pourrait cultiver autrement. Sur ces cours d'eau, on a construit des stations hydro-électriques. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:232-233)


Les Nations Unies, notamment la Russie et beaucoup d'autres pays maintenant hostiles à Israël, votèrent pour diviser la Palestine et créer, pour la première fois en près de deux mille ans, un État juif dans le pays. Ainsi les Gentils ont participé à l'accomplissement de cette prophétie, bien qu'il puisse encore y avoir un accomplissement futur.


La « capture » mentionnée dans Ésaïe 49:25 est la maison d'Israël dans sa dispersion. Elle est une « capture » ou une «proie», parce qu'elle a été incapable, au cours des siècles, de retourner dans sa terre promise ou de prétendre à ses bénédictions évangéliques. Aujourd'hui encore certains pays gentils ne permettent pas à leurs résidents juifs de retourner dans leur patrie et ne permettent pas non plus la prédication de l'Évangile sur leur territoire. Tout cela changera, car « la capture du puissant lui sera enlevée, et le butin du tyran lui échappera » (v. 25). Quand Jacob cite ce verset dans le Livre de Mormon, il ajoute cette phrase importante : « Car le Dieu puissant délivrera le peuple de son alliance » (2 Néphi 6:17), et ainsi « toute chair saura que moi, le Seigneur, je suis ton Sauveur et ton Rédempteur, le puissant de Jacob » (v. 18). Tout d'abord le Seigneur le prédit, puis il le réalise ; seul un « puissant » pouvait accomplir une telle tâche. Néphi dit bien que tous ceux qui cherchent à contrarier le Seigneur dans la réalisation de cette grande chose seront détruits, car ils « tomberont dans la fosse» qu'ils « ont creusée pour prendreau piège le peuple du Seigneur » (1 Néphi 22:14).


Ésaïe 49:26. Un ajout à Ésaïe dans le Livre de Mormon


« En commentant Ésaïe 49 dans 1 Néphi 22, Néphi cite ou paraphrase trois versets du « prophète », manifestement Ésaïe. Nous n'avons pas ces versets dans le texte actuel de la Bible, mais ils cadrent très bien avec le contexte d'Ésaïe 49 et 50. Nous pouvons illustrer cela en mettant [1 Néphi 22:15-17] entre le dernier verset du chapitre 49 et le premier verset du chapitre 50. » (Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 191)


ÉSAÏE 50


Ésaïe 50. « Où est la lettre de divorce par laquelle j'ai répudié votre mère ? » (verset 1)


Le Seigneur utilise l'image du divorce et la vente d'un esclave pour enseigner que même si l'apostasie passée d'Israël l'a dispersé parmi les nations, le Seigneur n'a pas mis au rancart l'alliance originelle faite avec son peuple. Le chapitre 50 poursuit le thème entrepris aux chapitres 48 et 49 que dans les derniers jours Israël serait de nouveau rassemblé et établi.


En vertu de la loi mosaïque, un homme qui divorçait de sa femme était tenu de lui remettre une lettre de divorce. Elle pouvait alors se remarier (voir Deutéronome 24:1-4). De même, en vertu des lois antiques, un homme pouvait se vendre ou vendre ses enfants en esclavage pour satisfaire ses créanciers. Mais le Seigneur n'avait pas de créanciers ; il n'avait pas non plus divorcé de sa « femme », Israël. C'était plutôt Israël qui était séparé du Seigneur par ses péchés et était endetté à l'égard de ses créanciers pervers. « C'est à cause de vos iniquités que vous avez été vendus, et c'est à cause de vos péchés que votre mère a été répudiée » (Ésaïe 50:1).


Mais le Seigneur peut à la fois racheter Israël à ses créanciers et lui pardonner ses transgressions à son égard. Cela il assure qu'il le fera. En parlant de l'avenir comme s'il était déjà passé, il lui rappelle qu'il a déjà essayé de le faire lorsque, lui, l'Éternel, est venu sur la terre en tant que Jésus-Christ. Cette déclaration est un passage messianique, puisque Jésus rachète du péché et délivre des voies mauvaises. Cependant, quand il est venu sur la terre, il n'y avait personne pour le recevoir ; quand il a appelé les hommes à se repentir, il n'y avait personne pour répondre (voir v. 2). Il a « livré » son « dos à ceux qui » le « frappaient» (il fut flagellé) et n'a pas dérobé son visage « aux ignominies et aux crachats » (v. 6 ; voir Matthieu 26:67 ; 27:26). Mais en dépit de ce rejet et de ces mauvais traitements, il n'a malgré tout pas divorcé d'Israël ni ne l'a vendu pour être esclave. L'alliance était toujours en vigueur et Israël recouvrerait son état d'épouse libre et fidèle de l'Éternel.


Les images ci-dessus peuvent aussi concerner Israël dispersé, car Israël, lui aussi, a été frappé et a été, au cours des siècles, victime des crachats et des flagellations. Le texte fait quand même dire à Israël que « le Seigneur, l'Éternel m'a secouru »… « sachant que je ne serais point confondu » (Ésaïe 50:7). La confiance d'Israël en Dieu est sans limites. « Celui qui me justifie est proche : Qui disputera contre moi ? » (v. 8). Le « Celui » de ce verset est le Seigneur dans le verset parallèle de 2 Néphi 7:8 : « Voici que le Seigneur, l'Éternel viendra à mon secours : qui me condamnera ? ». Israël déclare alors, comme s'il avait appris quelque chose grâce à ses expériences passées : « Quiconque marche dans l'obscurité et manque de lumière, qu'il se confie dans le nom de l'Éternel, et qu'il s'appuie sur son Dieu ! » (v. 10). Les hommes ont confiance en eux-mêmes, ils ne se fient pas à Dieu. Au lieu de cela ils vont « au milieu de » leur « feu et de » leurs « torches enflammées » (v. 11). Ceux qui refusent les révélations de Dieu et se fient à leur propre raison se coucheront « dans la douleur » (v. 11).


Ésaïe 50:10-11. Si nous décidons de craindre l’Éternel, d’obéir à la voix de ses serviteurs et de nous confier en lui, nous aurons sa lumière pour nous guider et nous ne marcherons pas dans les ténèbres (voir Jean 8:12 ; 12:46). Le Seigneur nous avertit que si nous décidons de marcher selon notre propre lumière, qui est comparée à la lumière donnée par des torches, nous nous coucherons dans la douleur.


ÉSAÏE 51

Ésaïe 51:1-3. Que signifie « le creux de la fosse d'où vous avez été tirés » (verset 1) ?


Les promesses de Dieu à Israël sont énoncées d'une manière directe dans l'alliance abrahamique. La plupart des saints des derniers jours ont des bénédictions patriarcales qui les affectent au lignage d'Abraham par une des douze tribus qui descendent de lui. Abraham est donc « le rocher » d'où Israël a été taillé et « la fosse » d'où il a été tiré. Israël, tant l'ancien que le moderne, est par conséquent invité à « porter les regards sur Abraham » leur « père, et sur Sara » (Ésaïe 51:2). C'est par eux que les saints prétendent aux bénédictions qui leur sont promises. Grâce à l'alliance établie avec Abraham et Sara, « l'Éternel a pitié de Sion » et « il rendra son désert semblable à un Éden » (v. 3). Ce chapitre est l'assurance que Dieu accomplira pour Abraham et ses descendants tout ce qu'il a promis dans l'alliance.


Ésaïe 51:4. Quelle loi sortira de Dieu ?


Ésaïe 51:4 contient la prophétie du rétablissement de la loi et de l'alliance de l'Évangile dans les derniers jours. Cette loi et cette alliance comportent des Écritures modernes et des prophètes vivants pour révéler ànouveau la volonté de Dieu.


Ésaïe 51:4-16. Qui parle dans ces versets ?


Dans Ésaïe 51:4-16, l'accent est particulièrement mis sur les adjectifs possessifs « mon » et « ma » : « mon peuple », « ma nation », « mon jugement», « ma justice », « mon salut », « mon bras », « ma loi » (v. 4-8). Le Seigneur met l'accent là-dessus pour souligner sa relation avec les hommes. Il est leur Créateur, il est leur juge, il est leur Sauveur et il est leur modèle parfait. Et alors même que « les cieux s'évanouiront comme une fumée » et que « la terre tombera en lambeaux comme un vêtement » (v. 6), les qualités qu'il s'attribue dureront éternellement. Dieu est donc permanent, stable, droit et digne de confiance. Ceux qui ont confiance en lui n'ont pas à craindre « l'opprobre des hommes » (v. 7), mais doivent se réveiller et se revêtir de force « comme aux jours d'autrefois » (v. 9). Cet appel est lancé par Dieu à ses enfants des derniers jours pour qu'ils reviennent à lui et viennent « à Sion avec chants de triomphe » d'où « la douleur et les gémissements s'enfuiront» (v. 11).


Comme c'est le cas pour beaucoup d'autres passages de l'Ancien Testament, ces versets rendent puissamment témoignage de ce que l'Éternel, le Dieu de l'Ancien Testament, est la même personne que Jésus-Christdans le Nouveau.


Ésaïe 51:17-23. Qui étaient les « fils en défaillance » (verset 20) ?


Pendant des siècles le peuple de l'alliance du Seigneur a « bu de la main de l'Éternel la coupe de sa colère », ou en d'autres termes, il a récolté les résultats de son refus d'écouter ses paroles et il a « bu, sucé jusqu'à la lie la coupe » (Ésaïe 51:17), et les jours des jugements pour Israël ne sont pas encore terminés. Lors de la bataille d'Armaguédon, la nation juive subira de nouveau une grande oppression et un grand jugement.


Le texte de 2 Néphi 8:19-20, tiré des plaque d'airain, commence le verset 19 « Ces deux fils sont venus à toi » et le verset 20 par « Tes fils en défaillance, sauf ces deux-ci ». Les « deux fils » pourraient être les deux témoins qui empêcheront les armées de battre les Juifs (voir Apocalypse 11:1-6 ; voir aussi D&A 77:15). À l'aide de ces deux serviteurs de Dieu et des miracles qu'ils accompliront, Dieu ôtera à Israël « la coupe de sa colère… la coupe d'étourdissement » (Ésaïe 51:17). Il est promis : « Tu ne la boiras plus » (Ésaïe 51:22). Au lieu de cela, la coupe de la colère sera donnée aux oppresseurs qui ont piétiné le peuple de l'alliance du Seigneur (voir v. 23). Ce sera alors leur tour de connaître la souffrance. À propos des « deux fils », voir le commentaire sur Apocalypse 11:3-4.


ÉSAÏE 52

Ésaïe 52:1-6. « Revêts ta parure, Sion ! » (verset 1)


Comme le montre le commentaire sur Ésaïe 2:3, il y aura deux sièges pour le Seigneur et son peuple pendant le millénium. Sion, la Nouvelle Jérusalem, sur le continent américain, et Sion, l'ancienne Jérusalem, en Terre sainte.


Les versets 1 et 2 d'Ésaïe 52 sont cités en trois endroits du Livre de Mormon (voir 2 Néphi 8:24-25 ; 3 Néphi 20:36-37 ; Moroni 10:31) et une fois dans les Doctrine et Alliances. C'est là, à la section 113, versets 7 et 8, que Joseph Smith répond aux questions concernant la signification d'Ésaïe 52:1-2. Il montre que les habits d'apparat symbolisent l'autorité de la prêtrise rendue dans les derniers jours à la maison d'Israël et que le fait de détacher les liens de son cou signifie l'arrêt des malédictions de Dieu. Si Israël retourne à Dieu, de nouvelles révélations seront données.


Quand le Sauveur cita des passages d'Ésaïe 52, il omit les versets 4 et 5 (voir 3 Néphi 20:36-40), peut-être parce qu'ils s'adressaient spécifiquement aux Israélites du temps d'Ésaïe et ne concernaient par conséquent pas les Néphites.


Ésaïe 52:7. « Qu'ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles »


Ésaïe 52:7 est un verset important pour l'oeuvre missionnaire. Son interprétation est donnée dans le Livre de Mormon lorsque les prêtres du roi Noé en demandent la signification à Abinadi (voir Mosiah 12:20-24). Celui qui apporte « de bonnes nouvelles » est Jésus-Christ, qui « publie la paix ». Ceux qui publient cette paix sont les serviteurs du Seigneur quirépandent sa parole.


Ésaïe 52:8-10. Un passage souvent cité


« Ces versets sont cités quatre fois dans le Livre de Mormon, et toujours en bloc, bien que le Sauveur y insère une fois un commentaire entre les versets 8 et 9 quand il les cite (voir 3 Néphi 20:33). Bien que le verset 8 parle de Sion tandis que le verset 9 parle de Jérusalem, le Sauveur cite deux fois les trois versets aux Néphites et dit qu'ils s'accompliront à la fois grâce aux Néphites et aux Juifs. Cela montre de nouveau la nature double des prophéties d'Ésaïe. Le Sauveur cite pour la première fois ce passage après avoir dit que l'Amérique serait donnée aux descendants de Léhi, lorsque les Gentils rejetteraient la plénitude de l'Évangile et seraient 'foulés aux pieds' par la maison d'Israël ; il dit que cela accomplira les paroles du prophète Ésaïe (voir 3 Néphi 16:10-20). Il cite plus tard le passage pendant qu'il instruit les Néphites sur le rétablissement des Juifs. Il remplace 'tes sentinelles' par 'leurs sentinelles', puisqu'il parle dans ce cas des sentinelles de Jérusalem plutôt que de celles de Sion (voir 3 Néphi 20:29-35).


« Abinadi reconnaît, lui aussi, l'application universelle de ce passage, quand il enseigne que 'le salut du Seigneur sera proclamé à toute nation, famille, langue et peuple' et cite comme preuve ces trois versets (voir Mosiah 15:28-31). Joseph Smith a désigné le comté de Jackson, au Missouri, comme étant la Sion dont il est question au verset 8 (voir Enseignements, p. 60). Les 'sentinelles' sont ceux qui prêchent l'Évangile, comme l'indique le verset 7. Les cris de triomphe qui seront poussés en Sion constitueront un nouveau cantique, chanté quand tous connaîtront le Christ, c'est-à-dire pendant le millénium. Les paroles du cantique, qui contiendra des parties du verset 8, se trouvent dans D&A 84:99-102. » (Nyman, Great Are the Words of Isaiah, p. 199)


Ésaïe 52:11-12. Pourquoi le Seigneur recommande-t-il que le départ hors de Babylone ne se fasse pas « avec précipitation » (verset 12) ?


En des termes qui se rapprochent fort de ceux d'Ésaïe, les Doctrine et Alliances explique que les serviteurs du Seigneur, ceux qui « portent les vases du Seigneur » (D&A 133:5), doivent fuir de Babylone, qui est définie comme étant « l'iniquité, qui est la Babylone spirituelle » (D&A 133:14). Vient alors ce qui est une citation presque directe d'Ésaïe 52:12, avec l'exhortation supplémentaire  : « Que tout soit préparé devant vous » et que personne « ne se retourne… de peur qu'une destruction soudaine ne s'abatte sur lui » (D&A 133:15). Cet ajout rend clair le commandement d'Ésaïe. Il exhorte Israël à se rassembler (à sortir de la méchanceté), mais d'une manière ordonnée, sous la direction du Seigneur.


Ésaïe 52:13-15. Qui est le serviteur ?


Ésaïe 52:13-15 est une prophétie double. D'une part, elle concerne Jésus-Christ. Ces versets constituent, avec Ésaïe 53, l'introduction au plus grand des chapitres messianiques de l'Ancien Testament. À propos du Sauveur, on lit : « Son aspect n'était plus celui de l'homme » (Ésaïe 52:14) quand il souffrit pour les péchés de l'humanité et fut crucifié sur le calvaire. Des clous (ou plutôt : des pointes de métal) furent enfoncés dans ses mains et ses pieds, et une lance lui perça le côté pour assurer sa mort (voir Jean 19:17-18, 32-34).


D'autre part, dans 3 Néphi 21:9, le Sauveur lui-même dit qu'Ésaïe 52:13 parle aussi d'un serviteur impliqué dans l'oeuvre de « prodiges » et de « miracles » (Ésaïe 29:14) du Père dans les derniers jours. « Un homme la leur annoncera », dit 3 Néphi 21:9 à propos de Joseph Smith et du Rétablissement. Les versets 10 et 11 ajoutent : « il sera défiguré » (3 Néphi 21:10). Il sera persécuté pendant toute sa vie et finalement assassiné. Néanmoins, il recevra du Père le pouvoir « de faire porter aux Gentils » (3 Néphi 21:11) le Livre de Mormon ainsi que d'autres révélations modernes (voir aussi D&A 3, 10). Il en résulte que les rois et ceux qui exercent le pouvoir sur la terre « verront ce qui ne leur avait point été raconté » (Ésaïe 52:15).


ÉSAÏE 53

Ésaïe 53:1-2. Comment Ésaïe prévoit-il que les hommes recevront le Christ ?


Quand Ésaïe dit du Sauveur qu'il est « un rejeton » sans beauté ni éclat, il veut dire que Jésus, quand il est né, était un tout petit enfant, ne pouvant rien faire pour lui-même, comme tous les autres hommes. Jésus a grandi comme les autres hommes.


« Le Christ ne s'est-il pas levé comme une faible plante ? Il n'y avait rien en lui pour inciter les gens à le remarquer. D'aspect il ressemblait aux hommes ; c'est pourquoi le prophète dit ici qu'il n'avait ni beauté ni éclat, c'est-à-dire qu'il ne se distinguait, n'était pas différent des autres au point qu'on le reconnaisse comme le Filsde Dieu. Il apparaissait comme un mortel. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:32)


Ésaïe 53:3. À quels égards Jésus était-il « Homme de douleur et habitué à la souffrance » ?


Jésus connut la tragédie et le chagrin pendant toute sa vie. Les membres de sa propre famille ne l'acceptèrent tout d'abord pas comme étant le Messie (voir Jean 7:5). Les gens de son propre village cherchèrent à le tuer (voir Luc 4:16-30). Ses compatriotes juifs rejetèrent son appel messianique (voir Jean 1:11). Un ami le trahit, un autre nia le connaître (voir Luc 22:48, 54-62). À la fin, « tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite » (Matthieu 26:56). Ses ennemis exigèrent sa crucifixion (voir Matthieu 27:22-23).


« Le Christ ne fut-il pas un homme de douleur ? Ne fut-il pas rejeté des hommes ? N'était-il pas habitué à la souffrance ? N'est-il pas vrai que les gens le méprisaient ? Assurément il a connu nos souffrances et nos douleurs, mais on a pensé qu'il était frappé de Dieu et abandonné par lui. Les gens n'ont-ils pas dit cela ?Comme tout ceci est vrai ! » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:32)


Ésaïe 53:4-9. « Il était blessé pour nos péchés » (verset 5)


Jésus a souffert et a été crucifié pour les transgressions des hommes.


« Nous n'avons qu'un petit nombre de détails sur la crucifixion proprement dite. Nous savons cependant que notre Seigneur fut cloué à la croix par des pointes que l'on enfonça dans les mains et les pieds, méthode romaine, au lieu d'être seulement lié de cordes comme c'était la coutume d'infliger cette forme de châtiment parmi les autres nations. La mort par crucifixion était, de toutes les formes d'exécution, à la fois celle qui durait le plus longtemps et qui était la plus douloureuse. La victime continuait à vivre tandis que sa torture augmentait constamment, d'une façon générale pendant de nombreuses heures, parfois pendant des jours.


« Les pointes si cruellement enfoncées dans les mains et les pieds pénétraient et écrasaient des nerfs sensibles et des tendons frémissants sans infliger de blessures mortelles. La victime souffrait jusqu'à ce que survienne la mort, soulagement auquel elle aspirait, amenée soit par l'épuisement que causait la douleur intense et ininterrompue ou par l'inflammation et la congestion localisées d'organes provenant du fait que le corps se trouvait dans une position tendue et anormale. » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 797-798)


Mais ce ne fut pas seulement sur la croix que le Christ souffrit. Au jardin de Gethsémané commencèrent les souffrances qui lui permirent de prendre sur lui les péchés du monde, ou, comme le dit Ésaïe, de porter les souffrances et de se charger des douleurs des hommes (voir Ésaïe 53:4). 


« L'agonie que le Christ éprouva dans le Jardin, l'esprit limité ne peut en sonder ni l'intensité ni la cause. La pensée qu'il ait souffert par crainte de la mort est intenable. Pour lui, la mort était préliminaire à la résurrection, au retour triomphal près du Père d'où il était venu et à un état de gloire qui transcendait même celui qu'il possédait précédemment ; et en outre, il était en son pouvoir de donner volontairement sa vie. Il luttait et gémissait sous un fardeau dont aucun autre être qui a vécu sur la terre ne pourrait même concevoir la possibilité. Ce n'était pas uniquement une douleur physique et une angoisse mentale qui lui firent souffrir une torture telle qu'elle produisit un suintement de sang de chaque pore, mais une angoisse spirituelle comme seul Dieu était capable d'en ressentir. Aucun autre homme, quelque grande que puisse être son endurance physique ou mentale, n'aurait pu souffrir ainsi ; car son organisme aurait succombé, et la syncope aurait produit la perte de conscience et un oubli bienvenus.


« En cette heure d'angoisse, le Christ rencontra et vainquit toutes les horreurs que Satan, 'le Prince de ce monde', pouvait infliger. La lutte effrayante que le Seigneur dut livrer dans les tentations qui l'assaillirent immédiatement après son baptême était dépassée et jetée dans l'oubli par cette lutte suprême avec les puissances du mal.


« D'une certaine manière, terriblement réelle bien qu'incompréhensible à l'homme, le Sauveur prenait sur lui le fardeau des péchés de l'humanité depuis Adam jusqu'à la fin du monde. La révélation moderne nous aide à comprendre partiellement cette terrible expérience. En mars 1830, le Seigneur glorifié, Jésus-Christ, dit ce qui suit : 'Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous afin qu'ils ne souffrent pas s'ils se repentent. Mais s'ils ne veulent pas se repentir, ils doivent souffrir comme moi. Et ces souffrances m'ont fait trembler moi-même, moi, Dieu, le plus grand de tous, à cause de la douleur, et elles m'ont fait saigner à chaque pore, m'ont torturé à la fois le corps et l'esprit, m'ont fait souhaiter ne pas devoir boire à la coupe amère et m'ont fait reculer d'effroi. Néanmoins, gloire soit au Père, j'ai bu à la coupe et j'ai terminé tout ce que j'avais préparé pour les enfants des hommes. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 745-747)


Le souffrance du Sauveur était l'intervention de  quelqu'un de tout à fait innocent prenant sur lui, par procuration, la responsabilité d'une multitude de coupables. Ainsi, dit Ésaïe, « ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé » et « il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités » (Ésaïe 53:4-5).


Quand il se tint devant Pilate, gouverneur de Judée, Jésus fut en butte « aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens » qui lui reprochaient beaucoup de choses mauvaises, mais « il ne répondit rien » (Matthieu 27:12). « Alors Pilate lui dit : N'entends-tu pas tout ce dont ils t'accusent ? » Mais Jésus garda le silence et « ne lui donna de réponse sur aucun point, ce qui étonna beaucoup le gouverneur » (Matthieu 27:13-14). Accomplissant la prophétie d'Ésaïe, « semblable… à une brebis muette devant ceux qui la tondent », Jésus « n'a pas ouvert la bouche » (Ésaïe 53:7).


Tôt le matin, les soldats responsables de Jésus l'amenèrent « de chez Caïphe [le souverain sacrificateur]… au prêto ire» où Pilate résidait (Jean 18:28). Plus tard, au moment de la crucifixion, la croix de Jésus fut mise entre deux malfaiteurs (voir Jean 19:18 ; Luc 23:32-33). Après la mort de Jésus sur la croix, Joseph d'Arirnathée, un riche, alla trouver Pilate et demanda la permission d'ensevelir Jésus. Joseph déposa le corps « dans un tombeau neuf, qu'il s'était fait tailler dans le roc » (Matthieu 27:60). L'étude du récit de Matthieu montre qu'Ésaïe prédit d'une manière remarquablement détaillée et précise l'arrestation, le procès, lamort et l'ensevelissement du Sauveur.


Ésaïe 53:10. A-t-il « plu » à notre Père céleste de « briser » son Fils ?


Il est évident que Dieu n'était pas heureux de la façon dont les hommes traitaient Jésus, mais cela lui plut que son Fils ait « livré sa vie en sacrifice pour le péché » (Ésaïe 53:10). L'expiation répondait aux exigences les plus strictes de la justice innée de Dieu et permettait le pardon et la miséricorde à certaines conditions.


« Je crois qu'en cette heure je peux voir notre cher Père derrière le voile contemplant cette agonie jusqu'à ce que lui-même ne put plus le supporter ; et comme la mère qui fait ses adieux à son enfant mourant doit être emmenée de la chambre pour ne pas regarder les dernières convulsions, il inclina la tête et se cacha quelque part dans son univers, son grand coeur se brisant presque à cause de l'amour qu'il avait pour son Fils.


« Oh ! En ce moment où il aurait pu sauver son Fils, je le remercie et le loue de ce qu'il ne nous a pas abandonnés, car il n'avait pas seulement l'amour de son Fils à l'esprit, mais il avait aussi de l'amour pour nous. Je me réjouis de ce qu'il ne soit pas intervenu et de ce que son amour pour nous lui ait donné la possibilité de supporter de contempler les souffrances de son Fils et de nous le donner finalement, notre Sauveur et Rédempteur. Sans lui, sans son sacrifice, nous serions restés et nous ne serions jamais entrés glorifiés en sa présence. Voilà donc ce que cela coûta, en partie, à notre Père céleste de donner son Fils aux hommes. » (Melvin J. Ballard, L'Etoile, juin 1976, p. 6)


Ésaïe 53:10. De quelle façon le Christ, par l'offrande qu'il a faite en justice, verra-t-il « une postérité » ? Qui est la postérité du Christ ?


Abinadi explique qui sera la postérité du Christ (voir Mosiah 15:10-13).


« Ainsi la descendance du Christ sont ceux qui sont adoptés dans sa famille, qui, par la foi, sont devenus ses fils et ses filles (voir Mosiah 5:7). Ils sont les enfants du Christ en ce qu'ils sont ses disciples et gardent ses commandements (voir 4 Néphi 17 ; Mormon9:26 ; Moroni 7:19). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 700)


Ésaïe 53:11. Comment le sacrifice du Christ a-t-il satisfait le Père et a-t-il ainsi justifié beaucoup d'hommes ?


La loi de la justice exige qu'il y ait un châtiment pour tout péché. En expiant les péchés de tous les hommes, Jésus satisfaisait totalement aux exigences de la justice et permettait le pardon des péchés. 


« Puis Jésus-Christ entra en scène comme Médiateur entre Dieu et l'homme et Avocat de l'homme auprès du Père. Il plaide notre cause. Étant notre Médiateur, il travaille, par son ministère, à nous réconcilier, à nous mettre en accord avec Dieu, son Père.


« Un avocat est quelqu'un qui défend ou plaide pour ou en faveur de quelqu'un d'autre. Un médiateur est quelqu'un qui réconcilie ou qui conclut un accord entre des parties.


« Cela fait partie de sa grande mission. Il est entre le Père et l'homme. Quand il était ici-bas, il priait souvent pour ses disciples, suppliant son Père en leur faveur, et il supplie depuis lors et se tient entre nouset Dieu, notre Père. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:34-35)


Ésaïe 53:12. Comment Jésus recevra-t-il « le butin avec les puissants » ?


Fils littéral et fidèle de Dieu, Jésus hérite de tout ce que le Père a à donner (voir Jean 16:15). Si les hommes acceptent l'expiation du Christ et mènent une vie digne, ils peuvent devenir « cohéritiers » du Christ (Romains 8:17). 


« Un cohéritier est quelqu'un qui hérite d'une manière égale avec tous les autres héritiers, y compris l'héritier principal, qui est le fils. Chaque cohéritier a une part égale et indivisible de l'intégralité du tout. Si l'un sait tout, tous les autres aussi. Si l'un a tout pouvoir, tous ceux qui héritent conjointement avec lui l'ont aussi. Si l'univers appartient à l'un, il appartient également à la totalité de tous ceux à qui les héritages conjoints sont conférés.


« Les cohéritiers sont possesseurs de tout (voir D&A 50:26-28). Tout leur appartient, car ils ont l'exaltation (voir D&A 76:50-60). Ils sont rendus 'égaux' à leur Seigneur (D&A 88:107). Ils obtiennent tout pouvoir tant dans le ciel que sur la terre et reçoivent la plénitude du Père, et toute connaissance et toute vérité leur appartiennent (voir D&A 93:15-30). Ils sont dieux (voir D&A 132:20. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 395)


ÉSAÏE 54

Ésaïe 54:2


« Le terme 'pieu' est symbolique. Représentez-vous une grande tente retenue par des cordages tendus jusqu’aux nombreux piquets qui sont fermement fixés dans le sol. Les prophètes ont comparé la Sion des derniers jours à une grande tente entourant la terre. Cette tente était maintenue par des cordages fixés à des piquets. Ces pieux sont évidemment diverses organisations géographiques qui s’étendent sur la terre. En ce moment, Israël est rassemblé dans les divers pieux de Sion. » (Ezra Taft Benson, L’Etoile, août 1991, p. 3)


Ésaïe 54:2. « Élargis l’espace de ta tente »


Le Seigneur veut que les membres de l’Église fassent connaître l’Évangile à beaucoup de personnes pour qu’il puisse couvrir la terre.


Ésaïe 54:3


Ésaïe prophétise que, dans les derniers jours, l’Église grandira rapidement et que beaucoup de personnes de par le monde se convertiront à la vérité.


Ésaïe 54:7. «Avec une grande affection je t’accueillerai»


Israël sera dispersé pendant de nombreuses années, mais le Seigneur a promis que dans les derniers jours il le rassemblerait dans l’Église vraie (voir v. 4-10).


Ésaïe 54:1-8. L'épouse est préparée pour le Seigneur


On retrouve une fois de plus la figure du mariage. Israël est qualifié d'épouse stérile à cause de son incapacité ou de sa répugnance à donner une postérité spirituelle au Seigneur. Mais à la fin, quand il sera de nouveau rassemblé, il y aura davantage d'enfants qui viendront de l'épouse temporairement délaissée que quand elle bénéficiait de son état de femme mariée dans les temps anciens (voir Ésaïe 54:1). Ceci étant, on devra trouver de la place pour que la « tente » (Ésaïe 54:2) de la Sion des derniers jours soit agrandie pour les recevoir tous. Quand on souhaite agrandir une petite tente, on doit arracher les pieux et les éloigner du poteau central. C'est ce que signifie allonger les cordages et affermir les pieux (v. 2 ; voir aussi commentaire sur Ésaïe 33:24). La croissance d'Israël dans les derniers jours, grâce à la conversion et au rassemblement, est représentée par l'expansion « à droite et à gauche » (Ésaïe 54:3).


Dans les temps anciens, les femmes du Proche-Orient considéraient que ne pas pouvoir avoir d'enfants était une grande malédiction. En tant que « épouse » (Ésaïe 54:6) rassemblée, Israël oubliera la honte et le délaissement de son passé et se réjouira de son nouvel état de prospérité. Il est de nouveau marié avec le Seigneur (voir v. 4-5). Les années de stérilité ou de délaissement, bien qu'elles aient paru longues, n'ont été qu'un bref moment par comparaison avec l'immense éternité qui l'attend (voir v. 6-8).


Ésaïe 54:9-17. Que signifient « les eaux de Noé » (verset 9) ?


Quand le Seigneur fait une promesse, il la tient. Il fit le serment d'envoyer un déluge purifier la terre du temps de Noé, puis fit personnellement alliance avec Noé de ne plus jamais détruire la terre de cette façon (voir Genèse 9:13-17). Cette promesse de rétablir Israël dans les derniers jours est « pour moi comme… des eaux de Noé » (Ésaïe 54:9), c'est-à-dire que sa promesse de rétablir Israël est tout aussi certaine que sa promesse à Noé. Les montagnes peuvent s'ébranler et les collines chanceler (v. 10), la promesse de Dieu s'accomplira malgré tout.


Quand elle sera rassemblée, Sion sera belle. Les pierres précieuses mentionnées aux versets 11 et 12 représentent les bénédictions matérielles et spirituelles dont jouira Israël racheté (voir aussi Apocalypse 21:19-21), notamment le fait que ses enfants seront « serviteurs de l'Éternel » (Ésaïe 54:17) et qu'il y aura une grande paix. Quiconque se rassemble pour opprimer l'Israël moderne, « tombera sous ton pouvoir » (v. 15), car « toute arme forgée contre toi sera sans effet » (v. 17 ; voir aussi D&A 71:9-10 où une promesse similaire est faite à Joseph Smith et à Sidney Rigdon).


ÉSAÏE 55

Ésaïe 55:1-2. « Venez aux eaux… Achetez et mangez » (verset 1)


Ce passage, qui parle de venir aux eaux et de manger, Jacob le répète dans son sermon sur l'expiation, et il constitue la base de son invitation à tous à venir profiter des bénédictions de la rédemption. La version des plaques d'airain contient quelques ajouts qui sont importants (comparer Ésaïe 55:1 avec 2 Néphi 9:50-51).


La signification des Écritures est la suivante : Jésus est « l'eau vive »et « le pain de vie » (Jean 4:13 ; 6:47-51), et ses dons généreux aux hommes sont gratuits. L'invitation à venir au Christ et à recevoir ses dons sans argent et sans rien payer ne signifie cependant pas qu'on peut les obtenir sans efforts mais qu'on n'a pas besoin des biens de ce monde pour les obtenir.


« Quand la vie terrestre sera terminée et que les choses apparaîtront sous leur vraie perspective, nous verrons plus clairement et comprendrons ce que le Seigneur et ses prophètes nous ont dit à maintes reprises, que les fruits de l'Évangile sont les seuls objectifs qui vaillent tous les efforts d'une vie. Leur possesseur obtient la vraie richesse, la richesse selon l'échelle des valeurs du Seigneur…


« Je considère que les bénédictions de l'Évangile ont une valeur si inestimable que la condition pour les avoir doit être exigeante, et si je comprends exactement ce que le Seigneur a dit à ce sujet, c'est le cas. Mais le prix à payer est à notre portée à tous, parce qu'il ne doit pas être payé avec de l'argent ni avec aucun des biens de ce monde, mais par une vie juste. Ce qui est requis est un dévouement total à l'Évangile et une fidélité sans réserve à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours…


« Une activité accomplie à contrecoeur ne suffit pas. Nous ne pouvons obtenir ces bénédictions et être comme le jeune homme riche qui protestait avoir gardé les commandements dès sa jeunesse mais s'en alla tout triste lorsque, en réponse à la question : 'Que me manque-t-il encore ? Jésus lui dit : 'Si tu veux être parfait va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres… puis viens, et suis-moi' (Matthieu 19:21). Il est manifeste qu'il pouvait vivre tout sauf [cela].


« Il ne peut pas y avoir de réserve de ce genre. Nous devons être disposés à tout sacrifier. Par la discipline de nous-mêmes et le dévouement nous devons démontrer au Seigneur que nous sommes disposés à le servir dans toutes les circonstances. Quand nous aurons fait cela, nous recevrons l'assurance que nous aurons la vie éternelle dans le monde à venir. Alorsnous aurons la paix dans ce monde. » (Marion G. Romney, dans Conference Report, octobre 1949, p.39, 43-44)


Ésaïe 55:3. « Mes faveurs envers David »


Vous trouverez l'explication sur l'identité de « David » dans le commentaire sur Ésaïe 11:1.


Ésaïe 55:8-13. Comment les enfants de Dieu peuvent-ils prendre part à sa bonté ?


Les voies, les paroles et les pensées de Dieu ne sont pas semblables à celles de l'homme : elles sont plus élevées et plus grandes. De même que la neige et la pluie descendent du ciel pour nourrir et faire prospérer les céréales et la nourriture pour les hommes, de même les paroles de Dieu nourrissent et font prospérer l'âme des hommes, s'ils ouvrent l'oreille pour entendre sa parole. Mais les hommes oublient souvent Dieu et se fient à leur propre sagesse ou rejettent la façon de Dieu de faire les choses, parce qu'elles ne se font pas comme les hommes pensent qu'on devrait les faire.


« Nous connaissons en partie, et voyons en partie, et comprenons en partie ; et de nombreuses choses de Dieu sont cachées à nos regards, tant ce qui est passé, ce qui est présent et ce qui est à venir. C'est pourquoi le monde en général juge les actions de Dieu, il fait usage du faible jugement que Dieu lui a donné pour approfondir les desseins de Dieu, pour interpréter les mystères qui sont passés et ce qui est encore caché, oubliant que nul ne connaît ce qui concerne Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu.


« Le monde oublie que la sagesse de ce monde est folie pour Dieu, que nul homme n'est compétent par lui-même pour interpréter les desseins et connaître les buts de Dieu, que ce soit à propos du passé, du présent ou de l'avenir ; et par conséquent, oubliant cela, il tombe dans toutes sortes d'erreurs ; il commet des erreurs concernant les Écritures, dont certaines décrivent la folie et les faiblesses de l'homme, et d'autres la sagesse et l'intelligence de Dieu, qui sont si loin au-dessus de la sagesse et de l'intelligence humaine que lescieux sont au-dessus de la terre. » (John Taylor, dans Journal of Discourses, 1:368)


Ésaïe 55:10-13


Ésaïe écrit que la parole de Dieu peut nourrir notre âme comme la pluie et la neige nourrissent les semences.


ÉSAÏE 56

Ésaïe 56:1-8. Qui sont « l'étranger » et « l'eunuque » (verset 3) ? Quelle est leur signification ?


Pour comprendre ce qu'Ésaïe veut dire au chapitre 56, versets 1 à 8, on doit comprendre le sens de trois mots et ce qu'ils signifiaient pour Israël dans l'antiquité. Les mots sont sabbat, étrangers et eunuques.


Sabbat. Les lecteurs modernes ne considèrent comme sabbat que le dimanche, ou jour du Seigneur, mais pour l'Israël de l'antiquité sabbat avait un sens plus large. Le sabbat hebdomadaire n'était qu'un parmi plusieurs jours appelés le sabbat. Toutes les fêtes, c'est-à-dire la Pâque, la Pentecôte, les Tabernacles et le Jour des expiations, étaient aussi qualifiées de sabbat (voir Samuel Fallows, éditeur, The Popular and Critical Bible Encyclopedia and Scriptural Dictionary, sous la rubrique « Sabbaths » ; James Hastings, éditeur, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « Sabbaths »).


Ainsi, « garderont mes sabbats [pluriel] » (v. 4) signifie que l'on gardait toute la loi de Moïse, puisque les diverses fêtes couvraient divers aspects de l'engagement des Israélites à l'égard de Dieu. En outre, le Seigneur dit à Moïse par révélation que le respect du sabbat est un signe de l'alliance entre Israël et Dieu (voir Exode 31:13 ; 16-17). Quand Ésaïe parle de souiller le sabbat, il implique bien plus que le simple fait de travailler ou de jouer le dimanche (le samedi pour les Juifs).


Étrangers. « Un étranger, sous la loi mosaïque et dans l'Ancien Testament en général, c'est quelqu'un qui n'est pas de lignage israélite, qui demeure avec les Hébreux et se distingue des gens du dehors qui sont temporairement en visite dans le pays [voir Exode 20:10 ; Lévitique 16:29 ; 17:8 ; 2 Samuel 1:13 ; É zéchieI14:7]. L'étranger n'était pas citoyen à part entière, néanmoins il avait des droits et des devoirs reconnus. Il était sous la protection de Dieu, et les Israélites étaient tenus de le traiter avec bonté [voir Lévitique 19:33-34 ; Deutéronome 10:18-19]. » (Fallows, éditeur, Bible Encyclopedia, sous la rubrique « Strangers »)


Eunuques. Sous la loi mosaïque, quiconque était sexuellement mutilé n'était pas autorisé à avoir un statut à part entière dans la maison d'Israël (voir Deutéronome 23:1-2). La loi fut vraisemblablement écrite parce que la totalité du corps symbolisait la totalité spirituelle. Un sacrificateur ou un Lévite qui était eunuque ne pouvait pas exercer de fonction dans le sacerdoce (voir Lévitique 21:17-23).


Quand on comprend ces trois mots, on peut voir la beauté de la promesse d'Ésaïe faite dans Ésaïe 56. Les étrangers (les Gentils) et les eunuques (ceux qui étaient précédemment exclus de l'appartenance à part entière au peuple de l'alliance et qui avaient le sentiment de ne pouvoir produire aucun fruit dans l'alliance, étant « un arbre sec » [v. 3]), allaient maintenant voir s'étendre à eux la totalité des bénédictions de Dieu, s'ils gardaient les sabbats (représentant la loi de Dieu). Non seulement les « bannis d'Israël » (ceux qui étaient dispersés) seraient rassemblés dans les derniers jours, mais il en serait de même « d'autres » (v. 8).


Le fait que l'on est descendant d'Israël ne sera pas aussi important que le fait de contracter l'alliance avec Dieu et de la respecter. Ainsi, à l'époque du rétablissement, la maison de Dieu sera « une maison de prière pour tous les peuples » (v. 7).


Ésaïe 56:9-12. Qui les images de ces versets pourraient-elles désigner ?


Il n'y a pas de consensus entre les érudits sur la signification des « bêtes », des « gardiens », des « chiens » et des « bergers » mentionnés dans Ésaïe 56:9-12. Les animaux dévorent, les sentinelles sont aveugles, les chiens sont muets et cupides, et les bergers sont sans intelligence. Dans un contexte moderne, ce qui semble être le cas ici, ces images peuvent désigner les Gentils qui rejettent l'Évangile quand il leur est présenté et cherchent à ce que les autres fassent de même. Ce passage peut aussi désigner ceux qui ont l'Évangile (veillent sur le troupeau), mais ne le rendent pas accessible à d'autres.


« Kimchi observe : 'Le troupeau est confié aux soins de ces gardiens. Les bêtes sauvages viennent ; ces chiens n'aboient pas, et les bêtes sauvages dévorent le troupeau. Ils ne profitent pas au troupeau. Non, ils lui nuisent ; car le propriétaire se fie à eux, qu'ils veilleront et seront fidèles ; mais il n'en est rien. Ce sont là les faux maîtres et les bergers insouciants'. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:212)


Ces mots décrivent bien le monde chrétien des derniers jours. Voir les commentaires de Néphi concernant les Églises d'aujourd'hui dans 2 Néphi 28:3-9 et les commentaires de Moroni dans Mormon 8:31-33, 37-39).

ÉSAÏE 57


Ésaïe 57. « Il n'y a point de paix pour les méchants, dit mon Dieu » (verset 21)

Quand les justes meurent, ils vont au paradis, état de paix et de repos. Les méchants, d'autre part, ne connaissent aucune paix. Ésaïe 57:3-12 parle de la méchanceté généralisée et donne comme exemple l'infidélité d'Israël à l'égard de Dieu, qualifiée ici et ailleurs d'adultère (voir v. 7-8). « Je vais publier ta droiture », dit le Seigneur, « tes oeuvres ne te profiteront pas » (v. 12). C'est peut-être le livre des Proverbes qui le dit encore le mieux : « Les trésors mal acquis ne profitent pas, mais la justice délivre de la mort » (Proverbes 10:2).


ÉSAÏE 58

Ésaïe 58:1-7. Y a-t-il une manière correcte de jeûner ?


Les hommes qui aiment vraiment le Seigneur cherchent à vaincre leurs péchés et à se rapprocher du Seigneur par le jeûne et la prière. Il est difficile de dire si Ésaïe 58:1-7 concerne l'Israël ancien ou l'Israël moderne ou les deux. Il est certain qu'il y a une manière correcte de jeûner et de communier avec Dieu. Les Israélites coupables décrits dans ces versets semblent avoir été dérangés parce qu'ils jeûnaient et que Dieu semblait ne pas y faire attention ; ils s'humiliaient, mais Dieu n'avait pas égard à leurs souffrances (voir v. 3).


Le Seigneur fait remarquer qu'ils jeûnaient pour de mauvaises raisons. Au lieu de s'abstenir de nourriture et des activités du monde, ils continuaient  leurs occupations et leurs désirs (voir v. 3). « vous jeûnez pour disputer et vous quereller, pour frapper méchamment du poing » (v. 4). Tel n'est pas le genre de jeûne commandé par le Seigneur. Il les invite à répondre si leur genre de jeûne est celui « auquel je prends plaisir » (v. 5). En d'autres termes, est-ce un jeûne correct qui lui est agréable ? Est-il la manifestation d'une humilité et d'une confiance en Dieu véritables ? Le jeûne a un but spirituel authentique : il détache les chaînes de la méchanceté, libère ceux qui sont spirituellement opprimés, donne du pain à ceux qui sont affamés et de quoi couvrir ceux qui sont nus (voir v. 6-7).


« Je suppose que quand il parle de 'détacher les chaînes de la méchanceté', de 'dénouer les liens de la servitude' et de 'rompre toute espèce de joug' [Ésaïe 58:6], qu'il parle de la méchanceté des gens qui ne pensent qu'à eux-mêmes avec égoïsme, vanité, orgueil et le coeur tellement tourné vers les choses du monde que les deux grands commandements qui sont d'aimer Dieu et d'aimer son prochain sont entièrement oubliés. Les principes de l'amour du prochain et de l'amour de Dieu sont inclus dans le vrai but du jeûne.


« Il ne faut certainement pas beaucoup d'imagination pour comprendre ce qu'il veut dire dans le passage : 'Fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable' [Ésaïe 58:7]. Il voulait dire qu'outre la sollicitude pour les pauvres, nous devons veiller sur notre parenté et être responsables de nos père, mère, frères et soeurs quand ils sont dans le besoin. » (John H. Vandenberg, dans Conference Report, avril 1963, p. 28)


Ésaïe 58:6-11. Bénédictions sont promises si l’on vit la loi du jeûne


Les bénédictions liées à la loi du jeûne sont les suivantes : On est plus fort pour résister à la tentation (voir Ésaïe 58:6) ; Nos fardeaux sont allégés (voir Ésaïe 58:6) ; Notre santé physique et spirituelle s’améliore (voir Ésaïe 58:8) ; Nous devenons humbles et prêts à communiquer avec le Seigneur (voir Ésaïe 58:9 ; Nous aidons les pauvres et les nécessiteux (voir Ésaïe 58:10) ; Nous sommes constamment guidés par le Seigneur (voir Ésaïe 58:11) ; Notre âme est rassasiée dans les lieux arides et nous sommes comme « une source dont les eaux ne tarissent pas » (Ésaïe 58:11).


Ésaïe 58:8-12. Promesses pour ceux qui jeûnent correctement


« Écoutez de nouveau Ésaïe et sa promesse : 'Alors ta lumière poindra comme l'aurore, et ta guérison germera promptement' (Ésaïe 58:8). Quelle valeur cela a-il pour nous ? Réfléchissons à ce que cela veut dire. 'Ta justice marchera devant toi, et la gloire de l'Éternel t'accompagnera' (Ésaïe 58:8). En outre : 'Alors tu appelleras, et l'Éternel répondra ; Tu crieras, et il dira : Me voici !' (Ésaïe 58:9). Que nous faudrait-il de plus comme assurance que cela est la promesse que nous invoquerons le Seigneur et qu'il répondra ?


« Puis Ésaïe répète [versets 9-11] : 'si tu éloignes… de toi le joug (ou la méchanceté), les gestes menaçants (accuser les autres) et les discours injurieux, si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l'âme indigente, ta lumière se lèvera sur l'obscurité, et tes ténèbres seront comme le midiL'Éternel sera toujours ton guide (le Saint-Esprit dirigera ta vie quotidienne), il rassasiera ton âme dans les lieux arides (ceci est notre sécurité personnelle dans les temps de besoin et de difficultés) et il redonnera de la vigueur à tes membres ; tu seras comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas (l'inspiration et la sagesse couleront continuellement de vous).


« 'Les tiens rebâtiront sur d'anciennes ruines, tu relèveras des fondements antiques ; on t'appellera réparateur des brèches, celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable.' (58:12). Pour moi c'est là une promesse faite à ceux qui oeuvrent auprès des membres de l'Église qui sont physiquement et spirituellement dans le besoin, 'grâce à toi', c'est-à-dire que nous pourrons les aider… à faire quoi ? 'Rebâtir sur d'anciennes ruines' et en les aidant à édifier : 'tu relèveras des fondements antiques ; on t'appellera réparateur des brèches'. En d'autres termes, nous les aidons à surmonter leur faiblesse, à guérir leur âme, à combler le fossé par la remotivation, la remise à flot et la 'restauration' des sentiers qu'ils pourront suivre. (John H. Vandenberg, dans Conference Report, avril 1963, p. 29)


Ésaïe 58:8. « la gloire de l'Éternel t'accompagnera »


La version du roi Jacques dit « la gloire de l'Éternel sera ton arrière-garde ». Le mot hébreu asaph a dans sa racine la signification de « rassembler » et, comme il est utilisé dans Ésaïe 58:8, « il s'applique au rassemblement de l'arrière-garde dispersée d'une armée, ou le fait de l'empêcher de s'étirer, et la défendre des attaques de l'ennemi » (William Wilson, Old Testament Word Study, sous la rubrique « rereward »). Une meilleure traduction serait : « La gloire de l'Éternel te rassemblera, ou te gardera ensemble, c'est-à-dire sera ton arrière-garde. » (C. F. Keil and F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 7:2:390)


« Quand Israël est diligent à accomplir des oeuvres d'amour compatissant, c'est comme une armée en marche ou une caravane qui voyage, pour qui la justice dégage et montre le chemin, ce qui est le don le plus approprié de Dieu, et dont l'arrière-garde est protégée par la gloire de Dieu, qui la conduit ainsi vers son but, de sorte que personne n'est laissé en arrière. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 7:2:390).


Ésaïe 58:13-14. La loi du sabbat


Dans la même langue poétique admirable qu'il a utilisée pour décrire la loi du jeûne, Ésaïe explique l'alliance du sabbat en utilisant une formule conditionnelle : le « si », étant la part de l'homme (voir Ésaïe 58:13), la conséquence (« alors ») étant la part de Dieu (voir v. 14).


Si on retient son pied (qui symbolise le fait de suivre ou d'obéir) pendant le sabbat pour ne pas agir selon son bon plaisir, si on fait du sabbat un délice (ce qui voudrait dire qu'on le considère véritablement comme un délice), pour sanctifier l'Éternel et que l'on honore Dieu en ne suivant pas ses propres voies, en ne se livrant pas à des penchants et à de vains discours (voir v. 13), alors on mettra son plaisir en l'Éternel (promesse similaire à : « Alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu » (D&A 121:45), on montera « sur les hauteurs du pays » (Ésaïe 58:14), sur les montagnes, où les hauteurs de la terre ont longtemps été le lieu des révélations et de la communion avec Dieu (voir Ésaïe 2:2 ; Moïse 1:1 ; 7:2 ; 1 Néphi 11:1 ; Éther 3:1), on jouira de l'héritage de Jacob.


Le mot héritage vient de la même racine que les mots héritier et hériter. La révélation moderne enseigne que l'héritage de Jacob est l'exaltation et l'état divin (voir D&A 132:37).


ÉSAÏE 59

Ésaïe 59:1-8. L'iniquité sépare l'homme du Seigneur


À quelque époque que ce soit, les hommes qui transgressent les commandements de Dieu sont séparés de son Saint-Esprit. Dans leur état séparé, les hommes ne peuvent ni entendre ni comprendre la parole du Seigneur.


Ésaïe 59:9-15. Qu'arrive-t-il quand les hommes refusent d'écouter Dieu ?


Quand les hommes ne reçoivent pas et n'écoutent pas la parole du Seigneur, ils attendent la lumière, mais il n'en vient pas (voir v. 9), et ainsi ils marchent  dans l'obscurité (voir v. 9) et tâtonnent comme des aveugles le long d'un mur (voir v. 10). La transgression règne (voir v. 12) et la vérité disparaît (voir v. 15). L'apostasie se produit chaque fois que les hommes se détournent du Seigneur leur Dieu.


Ésaïe 59:16-21. À quelle période de temps ces versets font-ils allusion ?


Ésaïe 59:16-21 parle de Jésus-Christ, l'intercesseur des hommes auprès du Père. Il est venu sur la terre parce que « il n'y a pas un homme » et « personne n'intercède » (v. 16) pour le peuple. Si le Sauveur n'avait pas été envoyé, l'état des hommes, dû à leur iniquité, aurait vraiment été sombre (voir v. 1-15 ; voir aussi 2 Néphi 9:8-9). C'est pour cela que Jésus a été envoyé sur la terre. « Son bras… vient en aide [à l'homme] » (v. 16), et ce salut est rendu possible parce que « il se revêt de la justice comme d'une cuirasse », tout comme la cuirasse protège l'homme à la bataille (v. 17). Sur la tête il avait « le casque du salut » (v. 17), et il était revêtu du vêtement de la vengeance (voir v. 17), car rend à chacun « selon ses oeuvres » (v. 17-18).


Quand le Seigneur reviendra, il viendra « pour Sion » (v. 20), et si Jacob, ou la maison d'Israël, se convertit de ses péchés (v. 20) pour se tourner vers le Seigneur, il mettra son Esprit sur lui.


« Il est certain que Jésus, quand il vint, il y a dix-huit siècles, ne détourna pas l'impiété de Jacob, car il était occupé à ce moment-là à remplir sa coupe d'iniquité. Il est resté dans l'incrédulité depuis ce temps-là jusqu'aujourd'hui ; c'est pour cela qu'il n'est pas venu de Rédempteur pour Sion pendant dix-huit siècles. Mais la Sion des derniers jours, cette Sion dont les anciens prophètes, et surtout Ésaïe, parlent si souvent et avec tant de détails, est l'Église et le royaume de Dieu ; et c'est pour cette Église, ou royaume, ou Sion que viendra un Rédempteur, qui détournera l'impiété de Jacob lorsqueles temps des Gentils seront accomplis. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 14:64)

ÉSAÏE 60

Ésaïe 60:1-2. « Les ténèbres couvrent la terre » (verset 2)


La « lumière » (d'Israël) est le Seigneur lui-même, et ces versets parlent de la situation qui existera dans les derniers jours, quand Sion brillera, mais que les ténèbres couvriront la terre. 


« Il est ici question de Sion qui reçoit cet appel : 'Lève-toi, sois éclairée, car… la gloire de l'Éternel se lève sur toi'. Il n'existe pas une chose qui soit plus complètement révélée dans les Écritures de vérité éternelle, que la naissance de la Sion de notre Dieu dans les derniers jours, revêtue de la gloire de Dieu provenant des cieux, une Sion qui attirera l'attention de toutes les nations et de toutes les familles de la terre entière. Ce ne sera pas quelque chose qui se produira dans un coin d'une île lointaine de la mer, ni au loin parmi quelque peuple obscur ; mais ce sera quelque chose qui attirera l'attention de tous les peuples et de toutes les nations qui se trouventsur la face de la terre entière. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 16:78)


Ésaïe 60:3-18. « Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées ? » Que signifie leur présence ?


Bien que les savants considèrent parfois le verset 3 d'Ésaïe 60 comme une parole prophétique relative aux mages qui vinrent de l'Orient rendre visite à l'Enfant né à Bethléhem (voir Matthieu 2:1-15), mis dans son contexte, c'est une prophétie sur une Sion des derniers jours, peut-être la Nouvelle Jérusalem. Ces « fils [de Sion] arrivent de loin » (Ésaïe 60:4), et « les trésors des nations » (v. 5) feront de même. De l'or, de l'argent, des chameaux et des dromadaires (symboles de la richesse terrestre) seront apportés pour glorifier la maison de la gloire de Dieu (voir v. 7). Lorsque ces choses précieuses seront rassemblées, « les fils de l'étranger » (les Gentils) rebâtiront les murs », aideront à reconstruire Jérusalem (v. 10 ; voir commentaire sur Ésaïe 49:22).


« 'Tes portes seront toujours ouvertes, elles ne seront fermées ni jour ni nuit, afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations, et leurs rois avec leur suite. Ces nations-là seront exterminées' [Ésaïe 60:11-12]. Ne restera-t-il aucun peuple ni aucune nation qui ne servira pas Sion ? Non, pas un seul. Qu'adviendra-t-il de cette grande république [les États-Unis]… qui se répand continuellement ? Si elle se conforme aux ordonnances de Sion, se repent de ses péchés et est prête pour ce jour grand et glorieux, Dieu la sauvera ; sinon elle sera totalement dévastée. C'est ce que les prophètes ont déclaré. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 14:355)


Ésaïe 60:19-22. « Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour » (verset 19)


Quand la Nouvelle Jérusalem sera finalement construite et que le Seigneur Jésus-Christ retournera avec gloire sur la terre, il ne sera plus nécessaire que le soleil et la lune donnent leur lumière au peuple de l'alliance de Dieu. Le Seigneur lui-même sera une lumière éternelle.

« Sion n'aura pas besoin de soleil quand le Seigneur sera là, et toute la ville sera éclairée par la gloire de sa présence. Quand les cieux tout entiers là-haut seront illuminés par la présence de sa gloire, nous n'aurons pas besoin de ces luminaires brillants du ciel pour donner la lumière, du moins en ce qui concerne la ville de Sion. Mais il y aura un grand peuple tout autour qui demeurera dans d'autres villes qui auront toujours besoin de la lumière du soleil et de la lune ; mais la grande capitale où le Seigneur établira un de ses trônes (car son trône ne sera pas à Jérusalem seulement, il sera aussi à Sion, comme vous le trouverez en de nombreux endroits de la Bible), ainsi donc quand il établira son trône en Sion et en illuminera les habitations par la gloire de sa présence, elles n'auront pas besoin de cette lumière qui vient des brillants luminaires qui luisent dans les cieux là-bas mais seront revêtues de la gloire de leur Dieu.


« Quand le peuple se réunira en des assemblées comme celle-ci, dans ses tabernacles, le Seigneur se réunira avec lui, sa gloire sera sur lui  ; une nuée le couvrira le jour et, s'il lui arrived'avoir une réunion le soir, il n'aura pas besoin… de lumière artificielle, car le Seigneur sera là et sa gloire sera sur toutes les assemblées. C'est ce que dit Ésaïe, le prophète, et je le crois. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 14:335-36 ; voir aussi D&A 133:57-58).

ÉSAÏE 61

Ésaïe 61:1-2. «
L'Éternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles »


Jésus cita Ésaïe 61:1-2 aux habitants de Nazareth dans leur synagogue. Quand il eut fini, « tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui » (Luc 4:20). Il dit alors : « Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie » (Luc 4:21 ; voir aussi v. 16-19). Ces versets d'Ésaïe [61:1-2] ont trait à Jésus comme le reste d'Ésaïe 61, à lui et à l'édification de sa Sion dans les derniers jours. C'est lui qui est désigné par le Père pour prêcher l'Évangile aux hommes, pour guérir ou apporter le pardon à l'âme blessée, pour prêcher la délivrance à ceux qui sont captifs  dans la prison des esprits (voir 1 Pierre 3:18-19). Jésuslui-même cite ce passage (Ésaïe 61:1-2) comme preuve de sa divinité (voir Matthieu 11:2-5 ; Luc 7:19-22).


Ésaïe 61:3-11. Que sont les vêtements du salut et le manteau de la justice (verset 10) ?


Le Seigneur ne travaille pas seul. Ésaïe 61:3-11 parle du rétablissement physique de Sion et de la prêtrise, que les fils de Sion utiliseront pour rétablir cette gloire
du Seigneur. Une fois de plus le symbole du mariage est employé pour décrire l'alliance entre le Seigneur et son peuple dans les derniers jours. Couverte «
des vêtements du salut » et « du manteau de la délivrance » (v. 10), Sion attend la venue de son Époux, Jésus-Christ.


Jean le Révélateur utilise un symbole similaire quand il parle des « noces de l'Agneau [Jésus] » et de « son épouse [Sion] » (Apocalypse 19:7). Dans ce chapitre de l'Apocalypse, l'épouse est vêtue « d'un fin lin », symbolisant « les oeuvres justes des saints » (Apocalypse 19:8). C'est ainsi que s'accomplira cette partie du dixième article de foi qui dit : « Jésus régnera en personne sur la terre… la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque ».


Le verset 11 d'Ésaïe 61 décrit le jour où la Sion du Seigneur, la Nouvelle Jérusalem, fera germer la justice et la louange « comme un jardin fait pousser ses semences ».

ÉSAÏE 62

Ésaïe 62. Comment l'union de Dieu et de son peuple dans les derniers jours est-elle symbolisée ?


Une fois de plus Ésaïe mentionne les ancienne et nouvelle Jérusalem. Leur « salut » paraîtra « comme l'aurore » et offriront leur « délivrance comme un flambeau qui s'allume » (Ésaïe 62:1).


On ne nommera plus [Jérusalem] « Délaissée » ni « Désolation » et on « appellera » Sion d'un nouveau nom et  (v. 4).


Une fois de plus Sion sera mariée avec le Seigneur. Ce symbole représente son retour à la justice spirituelle,  car « comme un jeune homme s'unit à une vierge », ainsi [le rétablissement de Jérusalem] fera la joie de [son Dieu] » (v. 5).

ÉSAÏE 63


Ésaïe 63:1-6. Description de la seconde venue du Sauveur.


Quand il viendra dans sa gloire, le Sauveur sera habillé de rouge (v. 2 ; voir aussi Apocalypse 19:11-13 ; D&A 133:46–48). Le rouge symbolise le sang qu’il a versé lorsqu’il a souffert pour nos péchés à Gethsémané et sur la croix.


Ésaïe 63:10-19. « Pourquoi, ô Éternel, nous fais-tu errer » ? (verset 17)


Ésaïe 63:10-19 décrit un peuple égaré, un peuple qui a rompu ses alliances avec le Seigneur. Ces versets expliquent le grand jugement de la terre décrit aux  versets 1-9. Le verset 17 contient, dans la Traduction de Joseph Smith, un changement important : au lieu de « Pourquoi, ô Éternel, nous fais-tu errer loin de tes voies et endurcis-tu notre coeur », le texte dit : « Pourquoi, Éternel, as-tu permis que nous errions loin de tes voies, et que nous endurcissions notre coeur ? » Dieu n'oblige personne à pécher ou à s'endurcir le coeur. Il est possible que la dernière partie du verset 17 soit une supplication pour que le Seigneur remette les tribus perdues d'Israël dans les terres de leur héritage (voirD&A 133:23-33).


ÉSAÏE 64


Dans tous ses écrits, Ésaïe témoigne que bien qu’il doive y avoir des combats, des tentations et des souffrances dans ce monde, le bien finira par vaincre le mal et, pour les justes, l’avenir sera plein de joie. Ésaïe prie avec ferveur pour qu’arrive la seconde venue du Sauveur, qui apportera le châtiment aux méchants et de grandes réjouissances aux justes.


Ésaïe 64:1-3. Que décrivent les grands remous physiques ?


Les cinq premiers versets d'Ésaïe 64 sont cités presque mot à mot dans Doctrine et Alliances 133:40-45. On y explique l'obligation qu'ont les serviteurs de Dieu d'aller prêcher l'Évangile et d'exhorter les hommes à adorer Dieu pour qu'ils puissent échapper à cette grande dévastation (voir D&A 133:37-39). La description des montagnes s'ébranlant en la présence de Dieu (voir Ésaïe 64:1, 3) est probablement une allusion aux formidables changements physiques qui accompagneront la seconde venue en gloire du Sauveur (voir D&A 88:87-91). À ce moment-là, les vallées seront « soulevées » et les montagnes « abaissées » (D&A 49:23) ; la voix de Dieu « renversera les montagnes », de sorte qu' «on ne retrouvera point les vallées » (D&A 133:22).


Jésus-Christ est un être céleste. Étant donné que le soleil est typique de la gloire du royaume céleste (voir D&A 76:70), les images d'embrasement et de feu qui décrivent la Seconde Venue pourraient en réalité être causées par la gloire de la personne du Christ.


« Il vient ! La terre frémit et les hautes montagnes tremblent ; l'océan remonte vers le nord comme s'il avait peur, et les cieux déchirés brillent comme de l'airain fondu. Il vient ! Les saints décédés jaillissent de leurs tombes, et les vivants qui seront restés seront enlevés avec eux à sa rencontre [voir 1 Thessaloniciens 4:17]. Les impies se précipitent pour se cacher de sa présence et invoquent les rochers tremblants pour qu'ils les recouvrent. Il vient avec toutes les armées des justes glorifiés. Le souffle de ses lèvres frappe de mort les méchants. Sa gloire est un feu dévorant. Les orgueilleux et les rebelles sont comme du chaume ; ils sont brûlés, et il ne leur reste 'ni racine ni rameau' [voir Malachie 3:19]. Il balaie la terre 'avec le balai de la destruction' [Ésaïe 14:23]. Il noie la terre sous le déluge  ardent de sa fureur, et l'impureté et les abominations du monde sont consumées.


« Satan et ses armées ténébreuses sont pris et liés : le Prince de la puissance de l'air a perdu sa domination, car celui dont c'est le droit de régner est venu et les royaumes de ce monde sont devenus les royaumes de notre Seigneur et de son Christ. » (Charles W. Penrose, The Second Advent, dans Millennial Star, 10 septembre 1859, p. 583)


Ésaïe 64:4-11. La justice de l'homme est-elle pour le Seigneur « comme un vêtement souillé » (verset 6) ?


Quand les hommes font le mal aux yeux du Seigneur, on peut comparer leurs voies à « un vêtement souillé ». « Nous sommes tous devenus comme des impurs » (Ésaïe 64:6). Dieu cache alors son visage à de telles personnes (voir v. 7), et on doit se repentir et supplier pour recevoir le pardon (voir v. 9). Ésaïe dit que « toute notre justice est comme un vêtement souillé », ou, comme Keil et Delitzsch traduisent le passage : « Toutes nos vertus sont comme un vêtement souillé de sang » (Commentary, 7:2:470). Cela ne veut pas dire que Dieu méprise la vertu et la considère comme de l'impureté, mais plutôt que l'ancienne justice d'Israël est maintenant devenue quelque chose de mauvais. La Traduction de Joseph Smith d'Ésaïe 64:5-6 reflète plus clairement cet enseignement.

ÉSAÏE 65

Ésaïe 65:1-7. Les hommes peuvent-ils trouver le Seigneur s'ils ne le cherchent pas ?


Au chapitre 65, versets 1-7, Ésaïe est trouvé par ceux qui ne le cherchent pas. Selon l'apôtre Paul, ces versets concernent les Gentils (voir Romains 10:20-21).


Dans la Traduction de Joseph Smith, ce passage dit que seuls ceux qui cherchent le Seigneur d'une manière fervente le trouveront.


Il y a une différence entre ceux qui savent qu'ils doivent invoquer le Seigneur, mais ne le font pas, et ceux qui ne l'invoquent pas parce qu'ils ne savent pas qu'ils devraient le faire. Les Gentils appartiennent à cette dernière catégorie.


Paul écrit que Dieu se manifesta aux Gentils mais pas aux Juifs parce qu'il avait « tout le jour » (c'est-à-dire pendant de nombreuses générations) tendu » ses « mains vers un peuple rebelle et contredisant » et qu'il n'avait pas voulu lui répondre (Romains 10:21). C'est maintenant le tour des Gentils. Ésaïe 65:3-7 décrit l'attitude du Seigneur vis-à-vis de ceux qui, ayant beaucoup reçu, ne rendent que peu au Donateur.


Ésaïe 65:17-25. Quelle période de temps ces versets concernent-ils ?


Les derniers chapitres du livre d’Ésaïe présentent un beau tableau du millénium, la période de paix de mille ans qui sera inaugurée par la seconde venue du Sauveur.


Ésaïe 65:17-25 parle du millénium. Les gens qui vivront à ce moment-là n'auront pas le désir de voir les choses être comme elles l'étaient jadis. En fait « on ne se rappellera plus » l'ancienne terre et elle ne reviendra plus à l'esprit (v. 17). Tout sera merveilleusement nouveau, la tristesse cessera (voir v. 19), les enfants ne mourront plus dans leur prime enfance (voir v. 20), on construira des maisons, on plantera des vergers et des potagers et on en profitera. Personne ne chassera quelqu'un d'autre de ses terres (voir les versets 21-22).


« Aussi grands et merveilleux que seront les changements apportés à la vie pendant l'ère millénaire, la mortalité en tant que telle continuera. Les enfants naîtront, grandiront, se marieront, vieilliront et passeront par l'équivalent de la mort. On sèmera, on moissonnera et on mangera ; les industries grandiront, on construira des villes et l'instruction sera promue ; les hommes continueront à prendre soin de leurs propres besoins, géreront leurs affaires et bénéficieront d'un libre arbitre total. Parlant une langue pure (voir Sophonie 3:9), demeurant dans la paix, vivant sans maladie et progressant selon les directives du Saint-Esprit, la société progressera et se perfectionnera pendant le millénium au-delà de toutce que les hommes ont pensé ou espéré. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 496-497)

Beaucoup d'informations concernant le millénium ont été révélées dans Doctrine et Alliances 101:23-31.

ÉSAÏE 66

Ésaïe 66:1-4. Comment se fait-il que «
celui qui immole un boeuf est comme celui qui tuerait un homme » (verset 3) ?


Autrefois Dieu exigeait un sacrifice d'animal comme signe de la venue de son Fils, Jésus-Christ, pour expier les péchés des hommes. Mais le peuple tourna en dérision la forme de culte qui devait lui enseigner la foi en la venue du Christ. Il conserva la forme extérieure des ordonnances mais en perdit le sens spirituel, car il ne manifesta aucune justice intérieure correspondante. Ainsi les formes du culte qui devaient le sauver devinrent une abomination et contribuèrent à sa condamnation.


En des termes extrêmement forts, Ésaïe révèle les sentiments du Seigneur pour ses observances religieuses hypocrites. Celui qui tuait le boeuf du sacrifice était considéré comme s'il offrait un homme, un acte d'une grande perversité. Les autres offrandes sacrificielles ne pouvaient signifier davantage que rompre la nuque à un chien ou offrir du sang de porc (voir v. 3), deux choses qui étaient interdites et considérées comme abominables. Les hommes « se complaisent dans leurs voies » (v. 3) au lieu de celles du Seigneur. Quand ils étaient appelés par Dieu, par l'intermédiaire de ses prophètes, ils refusaient d'écouter. Il en résulta l' « infortune » et l' « effroi » (v. 4), récompenses dignes de malfaiteurs.


Ésaïe 66:5-14. Comment « un pays peut-il naître en un jour » et « une nation est-elle enfantée d'un seul coup » (verset 8) ?


Même si les Juifs ont longtemps rejeté Jésus-Christ comme leur Messie, à un moment critique de l'avenir, il leur apparaîtra. Ce grand événement se produira pendant la bataille d'Armaguédon.


« Son apparition suivante se fera parmi les fils de Juda, qui seront à ce moment-là dans la détresse et presque vaincus. Au moment de la grande crise, alors que les troupes hostiles de plusieurs nations ravageront la ville et que toutes les horreurs de la guerre engloutiront le peuple de Jérusalem, il posera les pieds sur le mont des Oliviers, qui se fendra en deux à son contact.

« Accompagné d'une armée venue du ciel, il renversera et détruira les armées combinées des Gentils et apparaîtra aux Juifs en adoration comme le puissant Libérateur et Conquérant si longtemps attendu par leur peuple ; et tandis que leur poitrine se gonflera d'amour, de reconnaissance, de respect et d'admiration, le Libérateur leur montrera les signes de sa crucifixion et se révélera comme étant Jésus de Nazareth, qu'ils avaient insulté et que leurs pères avaient mis à mort. Alors l'incrédulité quittera leur âme, et l'aveuglement dont ils étaient affligés sera enlevé. 'U
ne source sera ouverte pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, pour le péché et pour l'impureté' [Zacharie 13:1], et 'un pays naîtra' pour Dieu 'en un jour' [Ésaïe 66:8]. Ils seront baptisés pour la rémission de leurs péchés, et recevront le don du Saint-Esprit, et le gouvernement de Dieu établi en Sion sera placé sur eux pour ne plus être renversé, etce à jamais. » (Charles W. Penrose, dans The Second Advent, p. 583)


L'allusion à une femme en travail qui « a enfanté ses fils » (verset 8) rappelle un passage similaire dans Apocalypse12:1-7 où une femme est décrite comme étant dans les douleurs de l'enfantement pour donner le jour à « un fils, un mâle ». Ce fils, dans la Traduction de Joseph Smith, est identifié comme étant le royaume millénaire de Dieu. Ainsi l'enfant de sexe masculin dont il est question dans Ésaïe, Sion, et l'enfant dont parle Jean dans l'Apocalypse ont probablement la même identité. Telle est la bonne nouvelle pour Jérusalem, qui s'en réjouira.


Ésaïe 66:15-24. Les derniers événements


Ces versets ont trait à la seconde venue du Seigneur et aux événements qui la précéderont directement. Les  versets 15 et 16 concernent la destruction de la grande armée qui se rassemblera contre Jérusalem juste avant le début du millénium (voir Ésaïe 34:1-10 ; Jérémie 25:31-33 ; ÉzéchieI 38:17-23 ; 39:1-16 ; Joël 3:1-2 ; 11-14).


Zacharie a enseigné qu'une fois que la bataille serait terminée, celles d'entre les nations païennes qui survivraient se tourneraient finalement vers l'Éternel et qu'une grande sainteté régnerait en Jérusalem, c'est-à-dire parmi le peuple de Dieu (voir Zacharie 14:16-21). Cet enseignement ressemble très fort à ce qu'Ésaïe révèle ici. Les méchants seront rassemblés pour être détruits (voir Ésaïe 66:15-18), ceux qui sont dispersés dans toutes les nations païennes (Tarsis, Pul, Lud, etc., v. 19) apporteront une offrande à Jérusalem, et le peuple saint de Dieu (voir v. 19-23) s'étonnera de ce que le Christ a fait aux méchants (voir v. 24).


De toute évidence beaucoup deviendront alors membres de l'Église, car le Seigneur dit qu'il prendra parmi les Gentils « des sacrificateurs, des Lévites » (v. 21) ; en d'autres termes, ils recevront la prêtrise.

 

 

JÉRÉMIE

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I 37 I 38 I 39 I 40 I 41 I 42 I 43 I 44 I 45 I 46 I 47 I 48 I 49 I 50 I 51 I 52 I


Jérémie exerce son ministère sous le règne de cinq rois, depuis Josias jusqu’à Sédécias (626-586 av. J-C). Avec Josias, il essaie de détourner le peuple de l’idolâtrie et de l’immoralité. Mais les successeurs de Josias règnent dans la méchanceté, et le peuple est dans une apostasie totale. La mission de Jérémie consiste à élever une voix d’avertissement devant ce peuple. Ses dénonciations de la méchanceté comptent parmi les plus sévères des Ecritures. Sa voix est l’une des dernières voix d’avertissement qui se soient élevées avant que Juda ne soit conquis par les Babyloniens.


La vie de Jérémie est remplie de tristesse, mais la façon dont il réagit aux épreuves peut nous instruire et nous édifier. Il est battu et emprisonné pour avoir prophétisé contre le royaume de Juda. Sa vie est constamment menacée. Mais malgré toute l’adversité et toute l’opposition, il est comme une « colonne der fer » (Jérémie 1:18). Le livre de Jérémie est le récit personnel et édifiant de la réaction du prophète à sa vie de chagrin et de frustration.


JÉRÉMIE 1

Jérémie 1:1-3. Jérémie : le cadre


Jérémie, Lévite, venait d'Anathoth, ville des sacrificateurs située à quelques kilomètres au nord-est de Jérusalem dans le territoire de la tribu de Benjamin. Il exerça son appel prophétique pendant le règne d'au moins quatre rois de Juda : Josias, Joachaz, Jojakim et Sédécias. Il commença son ministère dans sa jeunesse en 627 av. J-C environ et fut le principal prophète à Jérusalem, travaillant avec Habacuc, Sophonie, Léhi et d'autres (voir 1 Néphi 1:4). On peut supposer, sans craindre de se tromper, que les parchemins et les prophéties de Jérémie furent mentionnés par Léhi et Néphi  parce que certains étaient enregistrés sur les plaquesd'airain (voir 1 Néphi 5:14).


« À l'exception de Josias, tous les rois de Juda au cours du ministère de Jérémie furent des hommes indignes sous la direction desquels le pays souffrit  cruellement. Même pendant le règne d'un précédentroi, le méchant Manassé, le culte de Baal fut rétabli parmi les Juifs, et on introduisit le culte des astres célestes, conformément aux pratiques religieuses assyro-babyloniennes. Jérémie voit donc généralisés parmi son peuple l'idolâtrie, le culte sur les collines et les pratiques religieuses païennes. Il y avait des idoles païennes dans le temple [voir Jérémie 32-34], des enfants étaient sacrifiés à Baal-Moloch (7:31; 19:5; 32:35), et Baal était particulièrement invoqué, étant la divinité païenne courante. Il faut aussi citer le culte de la 'reine du ciel' (7:18 ; 44:19). La corruption du culte religieux de la nation s'accompagnait, bien entendu, de toutes  sortes d'immoralités et d'impiétés contre lesquelles leprophète dut continuellement témoigner. Les pauvres étaient oubliés. Jérémie était entouré de toutes parts d'une apostasie presque totale. Et il y avait des prophètes professionnels en abondance.


« Le Dr H. L. Willett dit : 'Il était entouré de nombreux prophètes, mais c'étaient les prédicateurs professionnels, beaux parleurs, optimistes, populaires, dont les paroles n'éveillaient aucune conscience, et qui assuraient le peuple que la nation était en sécurité sous la garde protectrice de Dieu. C'était un message qui était vrai du temps d'Ésaïe, mais ce temps-là était révolu depuis longtemps, et Jérusalem était destinée à la captivité. Ainsi, Jérémie était condamné à annoncer un message mal venu, tandis que les faux prophètes persuadaient le peuple que Jérémie manquait de patriotisme, n'avait pasd'inspiration et était pessimiste (14:13-14)'. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 153)


Jérémie 1:4-5. L'appel de Jérémie


Jérémie 1:4-5 est une grande preuve de l'existence prémortelle et individuelle des hommes. Le Seigneur lui attesta que son appel à la mission de prophète auprès des nations précédait sa naissance. L'expression « je te connaissais» (Jérémie 1:5) signifie plus qu'une connaissance de passage. Le mot hébreu yada, traduit par connaissais, exprime une relation très personnelle et très intime (voir J. A. Thompson, The Book of Jeremiah, The New International Commentary on the Old Testament, p. 145). En effet, la désignation prémortelle de Jérémie consistait à être préordonné, sanctifié et envoyé (voir Abraham 3:23).


Jérémie 1:6-10. La mission


Jérémie, comme les autres hommes chargés par le Seigneur de tâches aussi lourdes devant lesquelles ils se sentaient tout petits, exprima ses sentiments d'incapacité. Comparer les sentiments de Jérémie à ceux d'autres hommes tels qu'Énoch (voir Moïse 6:31), Moïse (voir Exode 4:10) et Gédéon (voir Juges 6:15).


Dans Jérémie 1:9, le rôle du prophète est succintement décrit. Un prophète ne dit pas nécessairement ce qu'il souhaite dire, car le Seigneur met ses propres paroles dans la bouche du prophète. C'est pour cela qu'il importe peu que la parole vienne directement de Dieu ou par l'intermédiaire de son serviteur : «  c'esttout un » (D&A 1:38).


Jérémie 1:11-16. « Que vois-tu ? »


La première vision de Jérémie fut celle d'une branche d'amandier (le bâton d'Aaron était une branche d'amandier). La branche d'amandier fut manifestement choisie parce que c'est le premier arbre à bourgeonner au printemps. De même que l'amandier se hâte de bourgeonner, de même la parole du Seigneur par l'intermédiaire de Jérémie se hâtera de s'accomplir.


Ensuite Jérémie eut la vision d'une « marmite bouillonnante », symbolisant le désastre et la souffrance, qui, comme le contenu d'un chaudron bouillant, déborderait et s'écoulerait des royaumes du Nord pour envahir Juda (voir C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 8:1-43-44).


L'encens qu'on offre (voir Jérémie 1:16) est un symbole de la prière (voir Apocalypse 5:8 ; 8:3). L'accusation du Seigneur implique beaucoup plus qu'un simple rituel consistant à brûler de l'encens à de faux dieux. Le peuple recherchait l'aide et les directives des faux dieux plutôt que celles du Seigneur.


Jérémie 1:17-19. Lève-toi et parle


Il fut dit à Jérémie de se tenir debout hardiment et fermement, de se ceindre les reins et de proclamer la parole du Seigneur sans craindre l'homme. Le Seigneur  le compara à une ville invincible, préparantJérémie à tenir bon face aux attaques qui se déverseraient sur lui une fois qu'il commencerait son ministère et condamnerait les péchés du peuple.

JÉRÉMIE 2

Jérémie 2:1-19. Les eaux de la vie abandonnées


L'évolution du développement spirituel d'Israël est décrite dans Jérémie, chapitre 2 :


La dévotion et la justice d'Israël au début (voir v. 2-3)


Son apostasie (voir v. 4-13). Le Seigneur demande ce que le peuple trouve à redire chez lui pour justifier le fait qu'il s'est détourné de lui.


Les résultats tragiques de l'apostasie (voir v. 14-19). Le peuple du Seigneur l'a abandonné, « Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, pour s'éloigner de moi ? » (v. 5) et ont « changé sa gloire contre ce qui n'est d'aucun secours » (v. 11).


Au verset 13, les deux maux commis par Juda sont énoncés : (1) ils ont abandonné la source (l'Éternel) d'eau vive (la vie) et (2) ils ont creusé des citernes (des dieux) qui ne retiennent pas l'eau (la vie). Ensuite l'image change, et le Seigneur dit qu'Israël a bu l'eau du Nil et du « fleuve » (l'Euphrate) (v. 18). En d'autres termes, ils ont bu les eaux spirituelles de l'Égypte et de Babylone et ont été remplis de l'eau sans vie de l'idolâtrie.


Le verset 19 enseigne la vérité importante qu'on est puni par, aussi bien que pour, ses transgressions. L'expression « de n'avoir de moi aucune crainte » (v. 19) désigne la crainte de Dieu. Le mot crainte dans le texte hébreu exprime un sentiment de profond respect. Si les Juifs avaient cette crainte en eux, ils n'auraient pas besoin de tirer leurs leçons des conséquences de leurs transgressions.


Jérémie 2:13


« Nous prêtons trop attention aux choses matérielles. Nos efforts pour obtenir ce dont nous avons besoin ou pour avoir davantage que ce dont nous avons besoin épuisent notre temps et notre énergie. Nous recherchons le plaisir ou les distractions ou nous nous impliquons trop dans les associations ou dans les activités civiques. Il est évident que l’on a besoin de distractions, que l’on a besoin d’accomplir des choses, que l’on a besoin d’apporter quelque chose ; mais si cela se fait au prix de l’amitié avec le Christ, le prix est beaucoup trop élevé… Les substitutions que nous créons pour remplacer Dieu dans notre vie ne retiennent vraiment pas l’eau [cf. Jérémie 2:13]. Dans la mesure où nous refusons 'l’eau vive' [v. 13], nous perdons la joie que nous pourrions avoir. » (Marion D. Hanks, dans Conference Report, avril 1972, p. 127)


Jérémie 2:20-37. Dénonciation de Juda


Jérémie emploie des images frappantes pour dénoncer Juda :


« Tu as dès longtemps brisé ton joug, rompu tes liens » (v. 20). Le Seigneur l'avait délivré de l'esclavage en Égypte.


« Tu t'es courbée comme une prostituée » (v. 20). Juda a commis l'idolâtrie, ou adultère spirituel, avec de faux dieux et s'est également engagé dans des pratiques immorales.


« Comment as-tu changé, dégénéré en une vigne étrangère ? » (v. 21). Cette vigne sauvage a produit des raisins empoisonnés, ou des oeuvres mauvaises.


« Quand tu te laverais avec du nitre, quand tu emploierais beaucoup de potasse, ton iniquité resterait marquée » (verset 22). Les moyens de purification les plus puissants ne pourraient purifier Juda de ses péchés.


« Dans la vallée » (v. 23). Cette vallée était probablement la vallée de Hinnom, où on sacrifiait les enfants à Moloch (voir Jérémie 7:31).


« Chamelle légère qui vagabonde ! Anesse sauvage… haletante dans l'ardeur de sa passion » (v. 23-24). Les images indiquent que de même qu'une chamelle ou une ânesse sauvage en chaleur court çà et la pendant la saison des amours, de même Israël a couru après de faux dieux.


« Ne t'expose pas à avoir les pieds nus, ne dessèche pas ton gosier » (v. 25). Dans leur vif désir de suivre les peuples du monde et d'adorer les faux dieux, ils couraient hors de chez eux, les pieds nus, et ne s'arrêtaient même pas pour étancher leur soif.


« Ils disent au bois : Tu es mon père ! Et à la pierre : Tu m'as donné la vie ! » (v. 27). Israël adorait des statues de bois et de pierre comme étant les dieux à qui ils devaient la vie et l'existence.


« Où donc sont tes dieux ? » (v. 28). Le Seigneur invite Juda à trouver de l'aide auprès des idoles, maintenant que la destruction le menace.


« En vain ai-je frappé vos enfants » (v. 30). Même les jugements du passé, comme la chute du royaume du Nord et le siège de Juda par l'Assyrie, n'ont pas suffi à amener le peuple au repentir.


« Votre glaive a dévoré vos prophètes » (v. 30). Le peuple tuait les prophètes envoyés par Dieu pour l'avertir.


« La jeune fille oublie-t-elle ses ornements ? » (v. 32 ; voir aussi v. 33-34). Au contraire de la jeune épouse qui s'orne de chasteté et de fidélité envers son mari, on voit cette jeune épouse de Juda porter des jupes souillées qui étaient si visibles qu'il n'était pas nécessaire de faire des recherches pour les trouver. Israël était devenu si habile à faire le mal, qu'il pouvait même enseigner l'idolâtrie aux prostituées expérimentées (voir v. 33).

JÉRÉMIE 3

Jérémie 3:1-11. « Tu t'es prostituée » (v. 1)


Jérémie continue le symbolisme du mariage qu'il a entrepris dans Jérémie 2:32 (voir commentaire sur Osée, où l'on trouve d'autres utilisations de ce même symbolisme).


Jérémie 3:1, 6, 9, 14 et 20 montrent que les enfants d'Israël avaient violé leurs voeux au Seigneur et s'étaient prostitués (voir v. 1) avec d'autres dieux. Israël, le royaume du Nord (les dix tribus), frère de Juda, avait aussi commis l'adultère (l'idolâtrie) avec de faux dieux, et le Seigneur lui avait donné une lettre de divorce et l'avait envoyé hors du pays (il fut emmené en captivité par les Assyriens).


Jérémie 3:12-19. Une prophétie et une promesse modernes


Au milieu de sa condamnation de Juda pour son apostasie, Jérémie se tourne vers l'avenir où Israël deviendra de nouveau une épouse fidèle et sera ramené. Le Seigneur rappelle à Israël qu'il est miséricordieux et que tout ce qu'il a besoin de faire pour être ramené c'est de revenir vers lui. Les promesses du Seigneur comprennent ce qui suit :


L'oeuvre missionnaire et le rassemblement en Sion (voir v. 14)


La connaissance et la compréhension enseignées par des bergers (dirigeants de l'Église) fidèles (voir v. 15)

L'accomplissement de l'ancienne alliance et l'établissement d'une nouvelle alliance (voir v. 16)


Le retour de Jérusalem à la justice (voir v. 17)


Le rassemblement d'Israël, y compris le retour des tribus perdues des pays du nord et le rassemblement des enfants de Juda dans les terres de leur héritage (voir v. 18-19 ; voir aussi Ésaïe 11:16 ; 35:8-10 ; 51:9-11 ; D&A 133:26-35)

JÉRÉMIE 4

Jérémie 4:1-4. «
Circoncisez-vous pour l'Éternel »


La circoncision fut donnée à Abraham comme signe de ce qu'un enfant naissait dans l'alliance et n'était responsable de ses péchés que quand il avait huit ans. Le Seigneur enseigne dans de nombreux passages d'Écriture que la vraie circoncision, une fois qu'une personne est responsable, est celle du coeur (voir Deutéronome 10:16 ; 30:6 ; Jérémie 9:25-26 ; Romains 2:25-29). On doit accepter l'alliance dans son coeur et devenir sans péché par la foi, le repentir et le baptême.


Jérémie 4:5-31. Désastres imminents


Le Seigneur utilise diverses figures dans Jérémie 4:5-31 pour prédire la catastrophe qui est sur le point de s'abattre sur Juda.


Le lion (v. 7). Renommé pour sa puissance destructrice, le lion, Babylone, est sur le point de sortir de son taillis, où il se cache jusqu'au moment où il va en jaillir pour la chasse.



Le vent brûlant (v. 11). Le vent brûlant du désert était dévastateur pour la Palestine s'il soufflait très longtemps ou très fort, car il desséchait les plantes, les animaux et les hommes et avait des effets terribles. Ce vent n'était pas la douce brise utilisée pour souffler la balle pendant qu'on vannait le grain, mais un vent impétueux et dur (voir v. 13).


Les nuées et le tourbillon (v. 13). Les troupes de Babylone seraient comme une immense nuée d'orage couvrant le ciel, et son effet serait celui d'une tornade.


La terre informe et vide comme avant la création (v. 23). Voir Genèse 1:2. Si grande serait la destruction, que ce serait comme si la création avait été défaite.


Revêtu de cramoisi (v. 30). Dans cette extrémité, comme une prostituée est rejetée par ses anciens amants, Juda demanderait l'aide de ses faux dieux dans sa recherche de plus en plus désespérée de secours, mais il n'en trouverait pas.

JÉRÉMIE 5

Jérémie 5:1-31. La corruption nationale


Jérusalem avait atteint le point de non retour. Dans une offre semblable à celle qu'il avait faite à Abraham pour la délivrance de Sodome et de Gomorrhe (voir Genèse 18:23-33), le Seigneur promit d'épargner Juda si on pouvait trouver quelqu'un qui vivait dans la justice ou recherchait la vérité (voir Jérémie 5:1). Mais dans une condamnation cinglante de Juda, Jérémie montre qu'il n'y a personne de ce genre. Au lieu d'accomplir des oeuvres de justice, le peuple jure faussement (voir v. 2) ; ils ont durci leur visage plus qu'un roc : ils n'ont montré ni repentir ni compassion (voir v. 3) ; ils s'attroupent dans la maison de la prostituée (voir v. 7) ; comme les chevaux à la saison des amours ils hennissent chacun après la femme de son prochain (voir v. 8) ; ils ont « un coeur indocile et rebelle » (v. 23) ; comme ceux qui prennent des oiseaux au piège, ils posent des pièges pour d'autres hommes et s'engraissent de leurs gains illégitimes (voir v. 26-28).


Dans le Livre de Mormon, la plénitude de l'iniquité est définie comme étant le stade atteint par une société où « ceux qui voulaient le mal étaient plus nombreux que ceux qui voulaient le bien » (Hélaman 5:2). C'était  déjà une chose grave que la société de Juda soit remplie de prophètes et de sacrificateurs corrompus, mais la véritable tragédie nationale, décrite dans le commentaire de synthèse de Jérémie, c'es t: « Et mon peuple prend plaisir à cela » (Jérémie 5:31). En outre, dans Jérémie 8:10, le prophète dit : « Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, tous sont avides de gain ; depuis le prophète jusqu'au sacrificateur, tous usent de tromperie ».  Est-il étonnant qu'il n'y ait plus eu d'espoir pour Juda ? Est-il surprenant que Jérémie ait été si sévère dans sa dénonciation ?

JÉRÉMIE 6

Jérémie 6:14-15. « Paix ! paix ! »


« Les prophètes et les sacrificateurs de l'époque pansaient les blessures de la nation, mais seulement d'une manière superficielle. Ils n'avaient pas non plus le moindre sentiment de honte pour les actes vils qu'ils commettaient. Ils ne ressentaient jamais la honte ni ne savaient comment rougir. Ils étaient devenus totalement insensibles aux maux dans lesquels ils se vautraient, eux et la nation. Mais l'abandon actif et continu au mal a l'art d'émousser la conscience, jusqu'à ce que l'on atteigne le stade où on perd la conscience du mal. À partir de ce moment-là, les dirigeants tombent  avec tous ceux qui tombent. Au jour du règlement de comptes divin, eux aussi seront abattus, car ce sera le jour de leur propre condamnation. » (John Arthur Thompson, Book of Jeremiah, p. 258)

JÉRÉMIE 7

Jérémie 7:1-28. Jérémie dit à Juda que le temple ne les sauvera pas


On ne peut se rendre compte à quel point l'affirmation de Jérémie était hardie que si on se souvient de l'importance que les réformes de Josias, en 621 av. J-C, accordaient au temple. Josias en avait fait le seul lieu de culte sacrificiel de l'Éternel pour tous les Juifs, tentant ainsi d'éliminer le culte des idoles. Le temple et ses sacrificateurs avaient ainsi acquis en ce temps-là une importance plus grande que jamais auparavant. C'est alors qu'au nom de l'Éternel, Jérémie lance un défi qui touche à l'existence même du temple. Il dit sans détours aux Juifs que s'ils changent de conduite et deviennent justes, ils seront épargnés ;  sinon, même le temple ne les sauvera pas, parce qu'il
ont fait du temple une caverne de brigands (v. 11). Étant donné le grand respect que le peuple avait pour le temple, même si c'était un faux respect, il n'est pas étonnant que Jérémie ait été promptement arrêté et emprisonné (voir Jérémie 26).


Le langage de Jérémie 7:11, combiné à celui d'Ésaïe 56:7, fut illustré par Jésus quand il purifia le temple (voir Matthieu 21:13).


Jérémie 7:12. Pourquoi le Seigneur leur dit-il d'aller à Silo ?


Lorsque les Isréalites, conduits par Josué, eurent conquis le pays de Canaan, le tabernacle, équivalent du temple, fut installé à Silo. Finalement, Israël devint si pervers qu'il édifia des idoles et les adora, faisant ainsi directement concurrence au tabernacle (voir Juges 18:30-31). Peu de temps après, les Philistins attaquaient les Israélites et les battaient. Ils envahirent Silo et, au cours de la bataille, emmenèrent l'arche de l'alliance (voir 1 Samuel 4:10-12).


Le parallèle entre Israël et Juda aurait dû être évident. Il était insensé de la part des méchants de considérer le temple comme une source de protection. Jérémie 7:21-23 rappelait ainsi au peuple que l'obéissance est plus importante pour Dieu que le rituel extérieur des sacrifices accomplis dans le temple.


Jérémie 7:29. « Coupe ta chevelure »


« Pour ses péchés, le peuple devait faire monter une complainte. Le fait de se couper les cheveux était un symbole de chagrin (Job 1:20 ; Michée 1:16). Le texte hébreu dit littéralement : 'Coupez votre couronne (nezer)'. Les cheveux étaient considérés comme étant, dans un certain sens, un diadème. Se couper les cheveux était abaisser l'orgueil d'Israël. Mais il peut y avoir ici l'écho de quelque chose d'autre. Les longs cheveux du naziréen étaient un signe de sa consécration à l'Éternel (Nombres 6:2-8). Se couper les cheveux signifiait abandonner sa consécration (Juges 16:15-22). Du point de vue de Jérémie, Israël, qui n'était plus représenté maintenant que par Juda et Jérusalem, avait abandonné sa consécration à l'Éternel et n'était pas digne de porter la couronne de ses longs cheveux. » (Thompson, Book of Jeremiah, p. 293)

JÉRÉMIE 8

Jérémie 8:1-3. «
On tirera de leurs sépulcres les os » (v. 1)


« Afin de jeter le plus de mépris possible sur le pays, les ennemis victorieux sortirent de leurs tombeaux, de leurs cavernes et de leurs sépulcres, les ossements des rois, des princes, des prophètes, des sacrificateurs et des principaux habitants et les exposèrent en plein air, de sorte qu'ils devinrent, selon l'ordre des jugements de Dieu, un blâme pour eux dans la vaine confiance qu'ils avaient dans le soleil, la lune et l'armée des cieux, toutes les planètes et les étoiles dont ils avaient établi le culte en opposition à celui de l'Éternel. La coutume de faire sortir les corps de la terre et d'en disperser les ossements semble avoir été générale. C'était l'expression suprême de la haine et du mépris. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:276)


Jérémie 8:22. « N'y a-t-il point de baume en Galaad ? »


Galaad était célèbre pour son onguent guérisseur (voir Genèse 37:25). Néanmoins, il n'existait pas d'onguent ou de médicament guérisseur pour l'Israël rebelle. Le baume du salut ne pouvait être administré que par le Sauveur d'Israël, l'Éternel, qu'il avait rejeté.

JÉRÉMIE 9

Jérémie 9. La lamentation de Jérémie


À part le cri de David sur son fils Absalom (voir 2 Samuel 18:33), ou les lamentations prophétiques de Jésus sur Jérusalem (voir Matthieu 23:37), ou les lamentations de Mormon sur la nation néphite détruite (voir Mormon 6:16-22), peu de passages, dans les Écritures, se lamentant sur les résultats du péché sont aussi émouvants que Jérémie 9.


Dans Jérémie 9:16-21, le Seigneur parle de la coutume qui existait dans l'Israël d'autrefois de payer des pleureuses professionnelles, pour crier et se lamenter pendant un temps prolongé à la mort de quelqu'un. Jérémie reçoit l'ordre d'engager des pleureuses professionnelles pour se lamenter sur Juda.


Jérémie 9:15. Juda serait-il complètement « exterminé » ? (v. 16)


Être exterminé ne veut pas dire être frappé d'extinction. Être exterminé et détruit, dans le contexte des prophéties de la dispersion d'Israël, signifiait être totalement désorganisé et disséminé de manière que la puissance, l'influence, la cohésion nationales d'Israël disparaissent. Moïse, dans Deutéronome 4:26, dit à tout Israël : « Vous serez entièrement détruits ». Et cependant les versets qui suivent montrent qu'Israël continuerait à exister sous l'aspect de gens sans abri.

JÉRÉMIE 10

Jérémie 10:1-16. Un exposé
sur les idoles marqué au coin du bon sens


Dans un enchaînement d'idées profond quoique simple, Jérémie montre la stupidité et le manque total de logique du culte des idoles. Les hommes prennent des matériaux tels que le bois et les métaux précieux qu'ils façonnent et auxquels ils donnent la forme qu'ils veulent, pour en faire toutes sortes d'ustensiles. Ensuite ils prennent ces mêmes matériaux, en font une idole par le travail de leurs mains, et tout à coup  s'attendent à ce que l'idole soit remplie d'un pouvoirsurnaturel et soit capable d'apporter une aide miraculeuse à la personne qui l'a faite.

JÉRÉMIE 11

Jérémie 11:1-12


Jérémie met les Juifs de son époque en garde contre le fait que les péchés qu’ils commettent sont ceux-là mêmes pour lesquels les générations passées ont été sévèrement punies.


Jérémie 11:1-14. Personne n'échappera


Jérémie 11:1-14 parle de l'alliance que le Seigneur a faite avec la maison d'Israël au moment de l'exode. « Je vous prendrai pour mon peuple, je serai votre Dieu » (Exode 6:7). Tout comme les ancêtres des Juifs avaient enfreint l'alliance, de même leurs enfants l'avaient fait en Juda (voir Jérémie 11:10). C'est pourquoi personne n'échapperait au châtiment décrété, et les prières de Jérémie et celles du peuple ne serviraient à rien (voir v. 11-14).


« L'avertissement de Jérémie fut vain. Le Seigneur lui fit observer qu'il y avait une conspiration parmi les Juifs et qu'ils étaient revenus aux iniquités de leurs ancêtres. Leurs dieux étaient aussi nombreux que leurs villes, et le nombre des autels dressés à Baal était aussi grand que celui des rues de Jérusalem. Mais, avertit le Seigneur, leurs dieux ne les sauveraient pas dans leurs ennuis. Vu leur état spirituel, le prophète reçoit le commandement de ne pas prier pour le peuple. Le Seigneur ne voulait pas non plus écouterleurs cris (voir v. 9-14). » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 165-166)

JÉRÉMIE 12

Jérémie 12:1-4. Pourquoi les méchants prospèrent-ils ?


Jérémie pose des questions vieilles comme le monde : Pourquoi les méchants prospèrent-ils alors que les justes ne prospèrent pas (voir Jérémie 12:1). Combien de temps se passera-t-il avant que leur méchanceté ne soit punie (voir v. 4 ; voir aussi Malachie 3:13-18).


« L'hostilité dont Jérémie est victime de la part de ses concitoyens d'Anathoth provoque son mécontentement devant la prospérité des méchants, qui réussissent  et vivent dans l'impunité. Il commence donc à protester devant Dieu et exige de la justice de Dieu qu'ils soient retranchés du pays (versets 1-4), sur quoi le Seigneur le réprimande pour cette manifestation de mauvaise humeur et d'impatience en lui disant qu'il devra endurer patiemment des choses pires encore. Cette section, section, dont le lien avec la précédente ne fait aucun doute, montre par un exemple concret la corruption totale du peuple ; et elle a été incluse dans les prophéties parce qu'elle nous montre la grandeur de la longanimité de Dieu à l'égard d'un peuple mûr pour la destruction. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 8:1:219)


Jérémie 12:5. « Comment pourras-tu lutter avec des chevaux ? »


Quand Jérémie lui demande pourquoi les méchants prospèrent, le Seigneur lui répond d'une manière frappante qui a aidé beaucoup de personnes à reprendre courage. Ce passage avait aussi une signification spécifique pour Jérémie et pour son peuple.


« Si les plus petits maux auxquels tu es exposé provoquent chez toi tant de plaintes amères, dans quel état seras-tu lorsque, dans le courant de ton ministère prophétique, tu seras exposé à des maux bien plus grands, de la part d'ennemis bien plus puissants ? Les piétons sont peut-être ici le symbole des événements mauvais courants ; les chevaux, de maux beaucoup plus terribles. Si tu t'es laissé écraser par de petites difficultés, que feras-tu quand il en viendra de grandes ?


« Je crois que la signification est celle-ci : 'Si, dans un pays qui connaît maintenant la paix, tu ne te considères pas comme étant en sécurité, que feras-tu lors de la
crue du Jourdain à l'époque où l'ennemi, comme un torrent dévastateur, inondera toute cette partie du pays ?'


« Le débordement du Jourdain, qui se produisait généralement à la récolte, obligeait les lions et les autres animaux de proie à sortir de leur cachette au milieu des buissons qui en bordaient les rivages ; se répandant dans tout le pays, ils causaient de terribles ravages, tuant des hommes et emportant le bétail. » (Clarke, Commentary, 4:287)


Jérémie 12:9. Pourquoi l'image de l' « oiseau de proie, une hyène » ?


« Israël, avec son fier plumage, a attiré l'attention des oiseaux de proie (ennemis), qui se lancent à son attaque. Une autre traduction devient possible quand on rend saboua par un nom, 'hyène', ce qui est possible. Quand on comprend ainsi le mot et qu'on y ajoute la substitution par la LXX de 'oiseau de proie' par 'caverne', on arrive à la  traduction : 'Mon pays est-il l'antre d'une hyène, avec des oiseaux de proie tout autour d'elle ?' (NEB). Il en résulte l'image de l'antre d'une hyène autour duquel rôdent des vautours, en attendant de se jeter sur ce qui reste de la carcasse, lorsque l'hyène a mangé. Dans un cas comme dans l'autre, le peuple et le pays sont attaqués par des ennemis. Il y a un festin préparé pour 'tous les animaux des champs'. Dans la destruction de Juda, il y en aura pour tout le monde. » (Thompson, Book of Jeremiah, p. 358)


Jérémie 12:14-17. Ceux qui dépouillent Juda pourront-ils jamais être bénis par le Seigneur ?


« Ceux qui pillent l'héritage du Seigneur seront aussi emmenés de leur pays ; mais quand ils auront été punis comme Juda, le Seigneur aura pitié d'eux et les ramènera tous dans leur pays. Et si les païens, qui séduisent maintenant le peuple de Dieu pour le conduire dans l'idolâtrie, apprennent les voies du peuple de Dieu et se convertissent au Seigneur, ils deviendront citoyens parmi le peuple de Dieu et seront édifiés au milieu de lui ; mais s'ils ne le font pas, ils sertont extirpés, balayés. C'est ainsi que le Seigneur se manifestera devant toute la terre comme un juge juste, et, par le jugement, assurera le bien-être et la prospérité non seulement d'Israël, mais aussi des peuples païens. Par cette découverte de son plan mondial, le Seigneur donne une réponse si complète aux murmures du prophète concernant la prospérité des impies (v. 1-6) qu'on peut y voir clairement la justice du gouvernement de Dieu sur la terre. » (Keil et Delitzsch, Commentary, p. 8:1:228)

JÉRÉMIE 13

Jérémie 13:1-11. La parabole de la ceinture de lin


La ceinture de lin représente la nation sacerdotale de Judée, puisque le lin servait à faire les vêtements sacerdotaux (voir Lévitique 16:4).


« La parabole, me semble-t-il, ne doit pas être poussée trop loin par la logique occidentale. Mais ses traits généraux et son explication semblent raisonnablement clairs. La ceinture représente la maison d'Israël tout entière, y compris Juda. 'Car comme on attache la ceinture aux reins d'un homme, ainsi je m'étais attaché toute la maison d'Israël et toute la maison de Juda, dit l'Éternel' (13:11). En raison des iniquités du peuple du Seigneur (dans ce cas les Juifs), il sera séparé de lui. La captivité imminente à Babylone pourrait bien être représentée par la dissimulation de la ceinture près de l'Euphrate. Le fait que la ceinture n'était 'plus bonne à rien' (v. 10) indique simplement que la relation étroite entre Dieu et les Juifs avait été tendue jusqu'à la rupture. » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 167)


Jérémie 13:22-27. Un léopard peut-il changer ses taches (v. 23) ?


La couleur de la peau, comme les taches du léopard, ne peut être changée. Mais qu'en est-il des péchés d'Israël ?


« Le peuple s'est tellement endurci dans son comportement corrompu, qu'il y est ancré pour de bon. Il n'est pas plus capable de changer sa façon de faire qu'un Éthiopien ne pourrait changer de peau ou un léopard de taches. C'est pourquoi, il sera dispersé, parce qu'il a oublié le Seigneur et qu'il a mis sa 'confiance dans la fausseté' (Moffatt). Faut-il le dire ? Jérémie ne parle pas au verset 23 du mal naturel ou d'un défaut radical dans la nature humaine. Il ne dit pas que les hommes sont si nécessairement pécheurs qu'ils sont comme l'Éthiopien ou le léopard et ne peuvent rien y faire. Ce qu'il dit, c'est que, qu'elle soit totalement noire ou seulement tachetée, la perspective du mal chez les gens est tellement enracinée qu'ils ne veulent rien y faire. La cause en est la cause de base : ils ont oublié le Seigneur. C'est pour cela que les désastres se produisent. » (The Interpreter's Bible, 5:928)

JÉRÉMIE 14

Jérémie 14-15. La prière d'un prophète


Jérémie, chapitres 14 et 15, constitue une discussion entre Jérémie et le Seigneur concernant une grande sécheresse et les effets qui l'accompagnent.


« La détresse découlant de cette sécheresse prolongée [voir Jérémie 14:2-6] donne au prophète l'occasion d'élever une prière pressante en faveur de son peuple [voir Jérémie 14:7-9, 19-22] ; mais le Seigneur rejette toute intercession et fait savoir au peuple que pour avoir apostasié, il va être détruit par l'épée, la famine et la peste [voir Jérémie 14:10-18 ; 15:1-9]. Ensuite, le prophète se plaint des persécutions qu'il doit endurer et il est remis à sa place par le Seigneur et consolé [voir Jérémie 15:10-21].  Ensuite, ce qu'il a à faire ultérieurement lui est prescrit, puisque, pour ses péchés, Juda sera condamné à être banni mais sera rétabli (Jérémie 16:1-17:4). Et le discours conclut par des considérations générales sur les causes de la calamité, ainsi que par des prières pour la sécurité du prophète, et des affirmations sur la façon dont le jugementpeut être écarté. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 8:1:242-43)


Jérémie 14:1-6. Quelle fut la gravité de la sécheresse ?


Tout le monde, même les riches, fut affecté par la sécheresse, calamité que Juda avait souvent connue. Ordinairement, les étés de Juda, même à l'époque moderne, sont secs, car il ne tombe pas beaucoup de pluie d'avril à la mi-octobre. À cause de la rareté de ces chutes de pluie, les rivières sont basses ou même desséchées et l'herbe est rare.


« La campagne et la ville, les personnes distinguées et les personnes ordinaires, les champs et les agriculteurs, sont plongés dans un deuil profond, et les animaux des champs languissent parce qu'il ne pousse ni herbe, ni verdure. Cette description donne une image touchante de la détresse dans laquelle le pays et les habitants sont tombés par manque de pluie. Ce ne sont pas seulement les hommes, mais la terre elle-même qui s'afflige et languit, avectous les animaux qui y vivent. » (Keil t Delitzsch, Commentary, 8:1:244)


Jérémie 14:7-18. Intercession de Jérémie pour Israël


Jérémie supplie Dieu de détourner sa colère ne fût-ce que « à cause de ton nom » (Jérémie 14:7). Le Seigneur refuse et commande à Jérémie : « Ne prie pas en faveur de ce peuple, pour son bien » (v. 11). Mais Jérémie refuse, parce que beaucoup de prophètes ont attiré le peuple dans le péché en l'assurant qu'il aurait la paix (voir v. 13). Le Seigneur rejette l'excuse invoquée pour justifier les péchés du peuple. Rien, semble-t-il, ne peut détourner sa colère (voir v. 14-18). Mais Jérémie persévère (voir v. 19-22). Comparer l'amour persévérant de Jérémie pour son peuple rebelle à celui de Moïse (Exode 32:31-32) et de Mormon(Mormon 2:10-14).


JÉRÉMIE 15

Voir commentaire de Jérémie 14-15.


Jérémie 15:1-14. « Je suis las d'avoir compassion »


Il est clair que Juda en est arrivé à un stade où le Seigneur ne veut plus lui pardonner. Jérémie fait dire au Seigneur : « Je suis las d'avoir compassion » (Jérémie 15:6), c'est-à-dire, de céder constamment et de rendre à nouveau sa chance à Israël. Rien de ce que Dieu a fait n'a marché ; il est inutile de continuer à traîner.


L'expression « la mère du jeune homme » (v. 8) est soit une allusion à la ville mère, Jérusalem (voir Clarke, Commentary, 4:295), ou à la mère du jeune guerrier (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 8:1:257).


Jérémie lui-même serait emmené « dans un pays que tu ne connais pas » (Jérémie 15:14).


Jérémie 15:15-21. Le Seigneur soutient son prophète


Jérémie commence alors à plaider pour lui-même. Lui, du moins, a été fidèle, même si Juda ne l'a pas été. « Je ne me suis point assis dans l'assemblée des moqueurs » (Jérémie 15:17), rappelle-t-il au Seigneur. Le Seigneur soutient son prophète : « Je te délivrerai de la main des méchants » (v. 21). Effectivement Jérémie ne fut pas emmené à Babylone, mais alla en Égypte et y mourut probablement quelques années plus tard. Mais la promesse était plus vraisemblablement une promesse de délivrance spirituelle, une promesse de récompense éternelle pour sa fidélité, car Jérémie futemmené en Égypte contre sa volonté.


JÉRÉMIE 16

Jérémie 16:1-12. Commandements négatifs


Le temps de Jérémie fut une triste époque pour Juda. Pour symboliser cette vérité, le Seigneur dit au prophète trois choses qu'il ne devait pas faire :


1. Il ne devait pas se marier ni avoir d'enfants (voir Jérémie 16:2). La calamité s'abattant sur le peuple était si universelle que Dieu ne voulait pas que des enfants en subissent les outrages, mais ce commandement, comme celui qui fut donné à Osée (Osée 10), à qui il fut commandé de prendre une prostituée, n'était probablement pas littéral ; il était probablement plutôt allégorique, c'est-à-dire, que Jérémie ne devait pas s'attendre à ce que son peuple se marie de nouveau dans l'alliance, et qu'il ne devait pas s'attendre à ce que son ministère produise des enfants spirituels (des convertis).


2. Il ne devait pas se lamenter sur ceux de Juda qui mouraient par l'épée ou par la famine (voir Jérémie 16:5), puisqu'ils s'étaient attiré ces jugements.


3. Il ne devait pas festoyer ni manger avec des amis à Jérusalem (voir v. 8), parce que le festin était un symbole de fête, et manger ensemble un symbole de camaraderie.


En outre, Jérémie reçut le commandement d'expliquer très clairement au peuple les raisons de ses actes aussi bien que les raisons du châtiment qui allait venir sur eux.


Jérémie 16:13-21. Condamnation et délivrance


« Pensez simplement à cette déclaration [v. 14 -15] pendant quelques instants. Pensez à la façon dont les juifs et les chrétiens, tout au long de ces derniers siècles, ont loué le Seigneur pour la façon dont il les a délivrés, sous la garde de Moïse, lorsqu'il conduisit Israël hors de captivité ; et pourtant, voici Jérémie, avec cette parole d'un saint prophète, qui nous dit que dans les derniers jours, on ne se souviendrait plus de cela, mais de la façon dont Dieu a réuni Israël dispersé dans tous les pays où il l'avait chassé.


« Et Jérémie a vu le jour où le Seigneur ferait cette chose même, où il appellerait de nombreux pêcheurs et de nombreux chasseurs : 'et ils les pêcheront… et ils les chasseront de toutes les montagnes et de toutes les collines, et des fentes des rochers' (Jérémie 16:16). Où trouvez-vous ces pêcheurs et ces chasseurs mentionnés dans cette grande prophétie de Jérémie ? Ce sont les [milliers de] missionnaires de cette Église, et ceux qui les ont précédés, à partir du moment où le prophète Joseph Smith reçut la vérité et envoya des messagers pour la communiquer au monde. Ainsi, ils sont partis, pêchant et chassant, et les réunissant de toutes  les montagnes et de toutes les collines, et des fentes des rochers ; je pense que cette prophétie est beaucoup plus littérale que certains d'entre nous ne le pensent ! » (LeGrand Richards, Rapports de conférence 1970-72, p. 119-120)

JÉRÉMIE 17

Jérémie 17:1-18. Métaphores et similitudes


Ce chapitre est rempli de métaphores, de similitudes que le prophète Jérémie utilise pour illustrer l'état déchu de Jérusalem. Son péché est écrit « avec un burin de fer, avec une pointe de diamant » (Jérémie 17:1). Ces métaphores disent à quel point le péché était profondément enraciné dans la conscience de Juda.


« Ma montagne et ses champs » (v. 3) est vraisemblablement une allusion à Jérusalem, qui est nichée dans la région des collines de Judée.


L'objet de notre confiance décide si nous sommes maudits ou bénis (voir v. 5, 7).


« Un misérable dans le désert » (v. 6) représente Juda comme desséché, sans humidité ni nourriture.


Le Seigneur éprouve le coeur et sonde les reins (le moi intérieur) pour déterminer les directions prises (voir v. 10).


Comme une perdrix qui couve des oeufs qui n'écloront pas, de même ceux de Juda qui s'enrichissent par des moyens malhonnêtes partiront les mains vides (voir v. 11).


Jésus-Christ (l'Éternel dans l'Ancien Testament) est « l'espérance d'Israël », la « source d'eau vive » (v. 13 ; voir aussi Jean 4:9-14). Jésus est le bon Berger, le pasteur de ceux qui le suivent (voir v. 16 ; voir aussi Jean 10:14 ; Psaumes 23:1).


Jérémie 17:19-27. De quel autre péché grave,  outre l'idolâtrie, Juda était-il coupable ?


« Nous qui vivons à une époque où l'esprit de l'observance du sabbat est violé d'une manière aussi flagrante, nous ferions bien d'observer l'importance remarquable que Jérémie attache à la sanctification de ce jour. Non seulement le prophète commande au peuple de sanctifier le jour et de n'y accomplir aucun ouvrage, mais il va jusqu'à promettre que la ville de Jérusalem demeurera ou sera habitée à jamais… Cet enseignement de Jérémie…  est une indicationtrès précise de l'importance que le Seigneur accorde à l'observance du sabbat (voir D&A 59:9-24). Non seulement on a une bonne occasion, le jour du sabbat, de méditer sur Dieu et sa bonté, mais aussi d'adorer et de se reposer mentalement el physiquement. De plus, le sabbat donne aux hommes l'occasion d'édifier l'amour dans leur foyer et d'allumer un bon esprit chez leurs voisins. Jérémie pensait probablement que si son peuple observait l'esprit du sabbat, il pourrait finalement être détourné de ses voies mauvaises et être digne des promesses faites par le Seigneur. » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 172-173)

JÉRÉMIE 18


Jérémie 18:6. « L’argile… dans la main du potier »


Le Seigneur montre à Jérémie que s’il se repent, il le façonnera pour en faire quelque chose de mieux, comme le potier a refaçonné le vase gâché. Il lui rappelle aussi qu’il a le pouvoir de le détruire s’il ne se repent pas.


Jérémie 18:1-10. En quoi Juda était-il de l'argile dans la main du potier ?


« Heber C. Kimball prêcha chez le président Joseph Smith concernant la parabole qui se trouve au dix-huitième chapitre de Jérémie, à propos de l'argile entre les mains du potier, qui lorsqu'elle ne se laissa pas manipuler par le potier fut enlevée du tour et puis rejetée dans le broyeur pour aller dans la fournée suivante, et fut un vase de déshonneur ; mais toute l'argile qui se formait bien dans les mains du potier et se laissait façonner, était un vase d'honneur ; et ainsi en était-il de la famille humaine, et ainsi en sera-t-il toujours : Tous ceux qui sont malléables entre les mains de Dieu et obéissent à ses commandements sont des vases d’honneur, et Dieu les recevra. Le président Joseph se leva et dit : 'Frère Kimball vous a donné une explication correcte de la parabole'. » (History of the Church, 4:478)


« Il y a beaucoup de vases que l’on détruit après les avoir moulés et façonnés. Pourquoi ? Parce qu’ils ne se contentent pas de la forme que le potier leur a donnée mais se donnent immédiatement une forme qui leur plaît ; par conséquent ils sont incapables de comprendre ce que Dieu veut et se détruisent par le pouvoir de leur libre arbitre. [Ces personnes] doivent passer par un grand nombre de modelages et de formes ; ensuite… elles doivent être vernissées et chauffées, et même au moment où ils sont chauffés, certains vases se fendent. » (Heber C. Kimball, dans Stanley B. Kimball, Heber C. Kimball: Mormon Patriarch and Pioneer, 1981, p. 270)


Jérémie 18:17-23. « Tuons-le »


À cause de la hardiesse de Jérémie, le peuple se ligua pour punir le prophète. L'expression « Tuons-le avec la langue » (v. 18) se rend mieux par « Frappons-le sur la langue ». Aujourd'hui encore, le châtiment pour avoir menti, dans certains pays du Proche-Orient, est administré en frappant le pécheur sur la bouche avec un gros morceau de cuir, comme la semelle d'une chaussure (voir Clarke, Commentary, 4:303).

JÉRÉMIE 19

Jérémie 19:1-15. Juda sera brisé et dispersé


Le discours de Jérémie, chapitre 19, versets 1-15, fut prononcé pendant le règne de Jojakim. La cruche d'argile cassée sert à Jérémie à représenter la mise à sac et la captivité de Juda. Une fois brisé, le vase ne pourra plus être « rétabli » (v. 11). Les Juifs revinrent de la captivité babylonienne au bout de soixante-dix ans, mais près de dix-neuf cents ans se sont écoulés depuis que Jérusalem a été détruite et ses habitants dispersés par les Romains, et ce n'est que maintenant qu'Israël est finalement rassemblé dans l'alliance.


La sinistre prédiction concernant le cannibalisme (voir v. 9) s'accomplit pendant le siège de Jérusalem sous Nebucadnetsar (voir Lamentations 4:4-10).


Jérémie 19:14-15 montre Jérémie debout dans la cour du temple, rappelant de nouveau au peuple les ennuis qui l'attendent à cause de sa méchanceté.


JÉRÉMIE 20

Jérémie 20:1-6. Jérémie aux entraves


Lorsque Paschhur, inspecteur en chef du temple, apprend que Jérémie prophétise, dans la cour du temple, contre la méchanceté du peuple, il fait battre Jérémie et le fait mettre aux entraves. Il s'agit ici d'un instrument de torture qui oblige le corps à prendre une position non naturelle, un peu comme le pilori de l'époque médiévale emprisonnait certaines parties du corps, comme les bras, les jambes ou la tête, à l'aide de poutres de bois qui coinçaient les parties du corps dans une certaine position.


Loin de se laisser intimider par ce dur traitement, Jérémie l'utilise comme occasion supplémentaire d'enseigner. Paschhur signifie « libre » en hébreu. Une fois libéré, Jérémie dit à Paschhur que le Seigneur avait un nom différent pour lui. il dit que Dieu ne l'avait pas appelé Paschhur ou « libre », mais Magor Missabib, qui signifie « la crainte de toutes parts » (voir Jérémie 1:4-6).


Jérémie 20:7-18. Le poids de la parole de Dieu


La forte tension que l'appel prophétique causait à Jérémie est particulièrement visible dans Jérémie 20:7-8, 14-18. Le mot hébreu traduit au verset 7 par « persuadé » signifie littéralement « incité » ou « persuadé ». La puissance qui persuade le prophète de continuer à prêcher la parole de Dieu au prix de telles souffrances est « comme un feu dévorant qui est renfermé dans mes os » (v. 9). Il ne peut être arrêté. Les versets 14-18 expriment le désespoir de Jérémie face au ministère solitaire qui lui est confié. Certains savants croient que ces versets étaient destinés à l'origine à précéder les versets 7-13 parce que la teneur de la lamentation change aux versets 11-13 dans lesquels Jérémie pense à louer le Seigneur.

JÉRÉMIE 21

Jérémie 21 ; 22:1-9. Le Seigneur fera-t-il ce qu'il a dit ?


Les paroles de Jérémie déplaisent à Paschhur (voir Jérémie 20:1-6), mais quand le roi Sédécias l'envoie interroger le Seigneur par l'intermédiaire de Jérémie, il va le trouver. Jérémie répond en trois parties : (1) La réponse à l'espérance du roi que le Seigneur interviendra pour sauver Jérusalem des Chaldéens (voir Jérémie 21:4-7). Il n'y a pas d'espoir. (2) Recommandations sur la façon dont le peuple et la famille royale peuvent sauver leur vie en se rendant aux Chaldéens plutôt qu'en les combattant (voir v. 8-10). (3) Une prophétie concernant la maison de David (voir 21:11-14 ; 22:1-9), que Jérémie accompagne d'une autre possibilité : si le roi et son peuple retournent à la justice, le trône de Dieu sera préservé (voir Jérémie 22:4), sinon il deviendra une ruine (v. 5).


Galaad symbolisait la terre la plus riche qu'Israël connaissait, et le Liban la plus haute montagne et les plus beaux arbres (voir v. 6). Mais le Seigneur envoya ses destructeurs, et les plus belles terres furent détruites. La raison est donnée au verset 9.

JÉRÉMIE 22

Voir commentaire de
Jérémie 21 ; 22:1-9.


Jérémie 22:10-30. Condamnations précises pour les gouverneurs de Juda


«  Ne pleurez point celui qui est mort » (Jérémie 22:10 ; voir aussi v. 11-12) désigne Josias, roi d'Israël, qui mourut d'une blessure reçue à la bataille de Meguiddo. « Pleurez, pleurez celui qui s'en va » (v. 10) désigne Shallum, ou Joachaz, fils de Josias et successeur sur le trône, qui fut emmené en Égypte.


L'enseignement principal de Jérémie 22:10-30 est que le peuple le plus beau et le mieux aimé du Seigneur, Juda, allait connaître une grande tragédie à cause de son iniquité. Le peuple ne devait pas pleurer sur ses rois perdus. Il devait plutôt pleurer sur la tragédie imminente et se détourner de ses voies mauvaises.


Jérémie réprimande Jojakim pour sa vie égoïste et ses injustices à l'égard de son peuple (voir v. 13-19), qui étaient particulièrement manifestes quand on les comparait aux actes de justice de son père, Josias (voir v. 15-16).


L'enterrement d'un âne (voir v. 19) signifiait rester sans sépulture en plein champ. Cette prophétie s'accomplit probablement quand Jojakim fut fait captif pendant le siège de Jérusalem par Nebucadnetsar (voir commentaire sur 2 Rois 24:5-7).


Les noms Liban et Basan (voir Jérémie 22:20) sont utilisés pour décrire le transfert d'Israël de Juda à Babylone. Tout comme le vent sec détruit les terres de pâturages en dévorant les bergers, ou les pâtures (voir v. 22), de même Babylone détruirait les bergers et les chefs de Juda.


Le verset 23 est plutôt caustique. À cause de leur grande hauteur et de leur beauté, les cèdres du Liban étaient souvent utilisés comme symbole de l'orgueil. Ici ils symbolisent les chefs de Juda, qui sont invités à réfléchir à la grandeur qui sera la leur quand viendront les souffrances de la guerre.


Jérémie 22:24-30. Jojakin est appelé Jeconia par Jérémie


Jeconia est comparé à une bague au doigt, qui est  appréciée à la fois comme symbole de puissance etcomme bijou. Ainsi Jeconia, ou Jojakin, s'entend dire que s'il était tout ce que Dieu a de précieux, dans l'état actuel d'injustice de Jojakin, celui-ci devrait quand même être livré entre les mains de Nebucadnetsar, pour ne jamais revenir (voir v. 25-27).

 
JÉRÉMIE 23

Jérémie 23. Qui étaient les bergers infidèles ?


Le chapitre 23 est avant tout une dénonciation cinglante des chefs religieux de l'époque de Jérémie, mais au milieu de cette condamnation se trouve une prophétie remarquable concernant l'avenir d'Israël. Un grand rassemblement est prédit (v. 3-4, 7-8) au cours duquel le « germe juste » (le Messie) deviendra roi d'Israël (v. 5-6 ; voir aussi les commentaires sur Jérémie 23:3 et Jérémie 23:4-8). Jérémie montre que les bergers (chefs religieux) de Juda n'ont pas nourri et protégé les brebis (Israël) mais les ont dispersées et les ont chassées (les ont éloignées de Dieu). C'est pour cela que Jérémie prophétise qu'un jour futur, on trouvera des bergers justes pour rassembler à nouveau Israël pour servir son vrai roi, l'Éternel.


Le reste de Jérémie 23 est un catalogue des péchés des chefs religieux juifs, des sacrificateurs et des « prophètes ». Les expressions qui suivent valent particulièrement d'être notées : Prophètes et sacrificateurs sont corrompus (voir v. 11) ; Ils prophétisent au nom de Baal et égarent le peuple (voir v. 13) ; Les prophètes sont adultères, menteurs et amis des hommes de mal. Ils sont aussi pervers, aux yeux de Dieu, que Sodome et Gomorrhe (voir v. 14) ; Ils expriment leurs propres paroles, pas celles de Dieu (voir v. 16) ; Ils disent aux méchants qu'ils peuvent avoir la paix et qu'il n'y a pas de mal dans ce qu'ils font (voir v. 17) ; Ils s'appellent eux-mêmes au ministère et prophétisent sans révélation (voir v. 21) ; Ils prennent leur propre parole et la donnent comme étant la parole de Dieu, alors que le Seigneur n'a pas parlé par leur intermédiaire (v. 31).


Jérémie 23:3. Un rassemblement promis dans les temps modernes


« Le rassemblement d'Israël consiste à recevoir la vérité, à parvenir de nouveau à la connaissance véritable du Rédempteur et à entrer dans l'authentique bergerie du bon Berger… Cela consiste à être 'rendu à la vraie Église et au vrai troupeau de Dieu' et ensuite à être 'rassemblé' et 'établi' dans différentes 'terres de promission' (2 Néphi 9:2). » (Bruce R. McConkie, Come: Let Israel Build Zion, Ensign, mai 1977, p. 117)


« Un grand groupe de gens quitta l'ancien monde à l'époque de la tour de Babel. Un autre grand groupe quitta l'ancien monde en l'an 600 av. J-C. Depuis la venue de Colomb en Amérique, il y a eu de nombreux groupes qui sont venus de l'ancien monde en Amérique. Le Seigneur avait cela entre les mains et a veillé là-dessus. Il a dit par l'intermédiaire de Néphi : 'La maison d'Israël sera, tôt ou tard, dispersée sur toute la surface de la terre' (1 Néphi 22:3). Et maintenant il dit : 'Je rassemblerai le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassées' (Jérémie 23:3).


« Le rassemblement d'Israël est maintenant en cours. Des centaines de milliers de personnes ont été baptisées dans l'Église. Des millions d'autres deviendront membres de l'Église. Et c'est comme cela que nous rassemblerons Israël. Les Anglais se rassembleront en Angleterre. Les Japonais se rassembleront en Orient. Les Brésiliens se rassembleront au Brésil. Ainsi cet élément important de l'histoire du monde est déjà en cours de réalisation. Cela se fera par l'oeuvre missionnaire. » (Spencer W. Kimball, dans Conference Report, conférence interrégionale de Sao Paulo, février-mars 1975, p. 73)


Une fois que l'on comprend que le grand rassemblement des derniers jours consiste avant tout à entrer dans l'alliance (se joindre à l'Église), les prophéties de l'Ancien Testament sur le rétablissement de la maison d'Israël deviennent beaucoup plus claires. Par exemple, les « bergers qui les feront paître » (v. 4) sont les prophètes et les détenteurs de la prêtrise qui, au contraire des sacrificateurs et des prophètes du temps de Jérémie, poussent leur peuple à faire le bien et à obéir au Seigneur (voir le commentaire sur Jérémie 30:3, 8).


Jérémie 23:4-8. Qui est le germe de David ? (v. 5)


Le « germe » de David est expliqué dans le commentaire sur Ésaïe 11:1. Le « germe » et le « roi » (v. 5) sont manifestement le Seigneur Jésus-Christ quand il reviendra sur la terre régner comme « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 17:14 ; voir aussi Apocalypse 19:16).

JÉRÉMIE 24

Jérémie 24. Quelle est la signification de la parabole des figues ?


La volonté du Seigneur était que Juda se soumette à Babylone, subisse son châtiment et se repente. Ceux qui le faisaient étaient emmenés pour leur bien (voir Jérémie 24:5). Mais Sédécias et d'autres refusèrent de se soumettre.


« Sous le symbole des bonnes et des mauvaises figues, Dieu représente l'état des personnes qui ont déjà été emmenées en captivité à Babylone, avec leur roi Jeconia, par comparaison avec l'état de ceux qui sont emmenés avec Sédécias. Ceux qui ont déjà été enlevés étant l'élite du peuple, sont représentés par les bonnes figues ; ceux qui restent maintenant et qui seront bientôt emmenés en captivité, sont représentés par les mauvaises figues, qui ne sont bonnes à rien. En outre, l'état des premiers dans leur captivité était de loin préférable à l'état de ceux qui étaient maintenant sur le point d'être livrés entre les mains du roi de Babylone. Les seconds seraient traités comme rebelles à double titre ; les premiers, étant les plus respectables des habitants, étaient bien traités ; et même en captivité, une distinction nette serait faite entre eux, Dieu voulant qu'il en fût ainsi. Mais le prophète explique suffisamment ce qu'il veut dire…


«[Le Seigneur dit :] Ceux qui sont déjà emmenés en captivité, je les estime comme beaucoup plus excellents que ceux qui restent encore dans le pays. Ils n'ont pas péché aussi profondément, et ils sont maintenant pénitents ; et pour cette raison, je jetterai un regard favorable sur eux (v. 6). Je veillerai sur eux et ils seront renvoyés dans leurs propres terres. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:316-17)

JÉRÉMIE 25

Jérémie 25:16-29. Qui boira la coupe de la colère de Dieu ?


On trouvera un commentaire sur l'expression « coupe remplie du vin de la colère [de Dieu] » dans le commentaire sur Ésaïe 51:17-23. En commençant à Jérusalem et dans les villes de Juda, la coupe amère sera bue par l'Égypte, les nations de l'occident et de l'orient, et la Babylonie.


La dernière partie du chapitre 25 fait un bond prophétique dans l'avenir jusqu'au moment de la bataille d'Harmaguédon. Cette bataille est décrite ici pour montrer à Juda que les nations perverses n'échapperont pas au jugement du Seigneur. Le langage de ces Écritures montre que ce que Jérémie vit était le moment où toutes les nations se rassembleraient contre le peuple du Seigneur et seraient amenées en jugement. Joseph Fielding Smith a expressément lié la controverse du Seigneur avec les nations aux derniers jours (voir The Signs of the Times, p. 138-175). Et le langage de Jérémie 25:32-33 est similaire à d'autres Écritures concernant Harmaguédon (voir commentaire sur ÉzéchieI 38:39).


Jérémie cite divers pays de l'Antiquité au Proche-Orient comme étant ceux qui combattront Israël (voir Jérémie 25:15-25). Ces noms ne spécifient pas certains pays, ils désignent seulement de grandes régions du monde antique, de sorte que l'on ne peut pas établir à partir de cette source une liste de nations modernes qui combattront
à Harmaguédon.


« Les prophéties ne nomment pas les nations modernes qui combattront pour et contre Israël, mais la désignation Gog et Magog est donnée à la coalition des pays qui cherchent à renverser et à détruire le reste de la postéritéélue du Seigneur. » Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 298)


Les prophètes s'accordaient pour dire que toutes les nations s'uniraient d'une manière ou d'une autre à cette alliance (voir Jérémie 25:26 ; Joël 3:1; Zacharie14:2 ; Apocalypse 16:14).


JÉRÉMIE 26


Jérémie 26:1-9. Jérusalem semblable à Silo


Le livre de Jérémie n'est pas arrangé chronologiquement. Par exemple, Jérémie 25 parle de la quatrième année du règne de Jojakim. Ensuite Jérémie 26:1-9 parle de la première année de son règne.


Jérémie compare Jérusalem à Silo, qui fut le premier lieu de repos permanent du tabernacle et l'endroit où les tribus tirèrent leur héritage au sort. Silo faisait partie de l'héritage d'Éphraïrn et était l'endroit où Anne emmena Samuel servir Éli. Ce que le Seigneur dit dans Jérémie 26:1-9, c'est que, tout comme il a permis que les Philistins profanent le tabernacle, de même il permettra que les Babyloniens profanent le temple. Et tout comme Silo fut rasée pour sa méchanceté, de même Jérusalem sera détruite (voir Jérémie 7:12, 14).


Jérémie 26:7-15


La plupart des habitants du pays, y compris les sacrificateurs, s’opposent à Jérémie et à son message (v. 7-11). Cela n’empêche pas Jérémie de remettre courageusement le message que le Seigneur lui a commandé de donner (v. 12-15). 


Jérémie 26:14-15. « Traitez-moi comme il vous semblera bon et juste »


Les paroles de Jérémie, aux versets 14 et 15,sont comparables à celles d'Abinadi dans Mosiah 17:9-10. Comme dans le cas d'Abinadi, le message de Jérémie à l'intention de ses ennemis est : « Vous pouvez faire ce que vous voulez, ma parole reste. Si vous décidez de me tuer, vous verserez le sang innocent, mais vous ne vous débarrasserez pas de ma parole. »


Jérémie 26:20-24. Le cas d'Urie


Le cas d'Urie, raconté ici au procès de Jérémie, montre la méchanceté du roi Jojakim. Quand Urie apprit l'intention du roi de le tuer, il s'enfuit en Égypte. Mais de toute évidence l'Égypte ne lui offrit pas l'asile, car il fut extradé et tué par Jojakim lui-même. Le fait que ce soit le seul récit que nous ayons d'Urie et de son ministère laisse entendre qu'il y eut probablement beaucoup de prophètes dont nous ne savons rien.


Le verset 24 implique que Jérémie, quoique acquitté, aurait vraisemblablement subi le sort d'Urie  dela part du peuple s'il n'y avait pas eu Achikam pour le protéger.


JÉRÉMIE 27

Jérémie 27. Le joug de la servitude


Jérémie 27:1 fait remonter la prophétie concernant l'esclavage de Juda au règne de Jojakim, mais lesversets 3 et 12 laissent entendre qu'elle fut faite pendant le règne de Sédécias, et non celui de Jojakim.


Des ambassadeurs de divers pays voisins étaient venus trouver Sédécias avec la proposition que, unis, ils pouvaient battre Babylone. Jérémie reçut le commandement de prendre des liens et des jougs et de les porter pour symboliser que la volonté du Seigneur était qu'ils se soumettent à leurs futurs conquérants. Jérémie laissa aussi le message qu'ils ne devaient pas essayer de changer les décrets de Dieu. Leurs terres étaient assignées à Babylone jusqu'à ce que ce pays soit devenu mûr dans l'iniquité et récolte sa propre rétribution. Le verset 11 fait à Juda la promesse spécifique que la soumission est son seul espoir de conserver ses terres.


Tous les messages que l'on prétend venir de Dieu ne  viennent pas vraiment de lui (voir v. 15), et ce ne sont pas tous les messagers qui apportent sa parole. Jérémie avertit Sédécias que les prophètes qui disaient que Babylone ne s'emparerait pas de Juda devaient essayer de conserver le reste des trésors du temple qui demeuraient après la première et la deuxième conquête de Nebucadnetsar. Ce que Jérémie voulait faire ressortir, c'est que la captivité qu'il promettait était réaliste, tandis que les promesses de délivrance hors des griffes de Babylone faites par les faux prophètes ignoraient la réalité, puisque les Babyloniens avaient déjà prouvé qu'ils pouvaient conquérir impunément Juda.

JÉRÉMIE 28

Jérémie 28. Le défi d'Hanania


On voit dans Jérémie 28 l'intensité du  débat qui faisait rage à Jérusalem. Hanania prétendait savoir de Dieu que non seulement le peuple de Sédécias n'irait pas en captivité, mais que la puissance (joug) de Babylone avait été brisée et que les trésors du temple et les captifs reviendraient dans les deux ans (voir versets 1-4).


Au verset 6, le « Amen ! Que l'Éternel fasse ainsi ! » de Jérémie est sarcastique, voulant dire que l'on verrait qui serait celui dont les prophéties s'accompliraient. Moïse avait enseigné que le moyen de savoir si un prophète était vrai était de voir si ses paroles se réalisaient  (voir Deutéronome 18:22). Jérémie avait prophétisé la destruction et la captivité ; Hanania, le retour et le rétablissement. Jérémie se borna à répondre que le prophète dont les paroles se réaliseraient était celui que le Seigneur avait choisi (voir v. 9).


Pour rendre sa prophétie spectaculaire, Hanania brisa les jougs que Jérémie portait sur les épaules, prédisant  que Dieu ferait de même au joug imposé par la Babylonie à Juda. La réponse du Seigneur fut simple et puissante : les jougs de bois deviendraient des jougs de fer (voir v. 13).


La mort d'Hanania, prophétisée par Jérémie (voir v. 15-17), aurait dû montrer à Sédécias et au peuple lequel de ces deux hommes était le vrai prophète, mais ils étaient trop endurcis pour réagir.

JÉRÉMIE 29

Jérémie 29. Lettre aux captifs


« Tout comme à Jérusalem, de même à Babylone, les prédictions des faux prophètes entretenaient l'espoir fiévreux que la domination de Nebucadnetsar ne durerait pas longtemps et que le retour des exilés dans leur patrie ne tarderait pas à se produire. L'esprit de mécontentement ainsi excité dut exercer une influence nocive sur le sort des captifs et ne pouvait manquer de contrarier le but que le châtiment infligé par Dieu visait à atteindre, à savoir : l'avancement moral du peuple. C'est pourquoi Jérémie profita d'une occasion fournie par une ambassade envoyée par le roi Sédécias  à Babel pour adresser une lettre aux exilés, les exhortantà se soumettre volontairement au sort que Dieu leur avait imposé. Il leur conseilla de se préparer, en s'installant là-bas, à un long séjour à Babel, et à rechercher le bien de ce pays, cela étant la condition indispensable au leur. Ils ne devaient pas se laisser séduire par les vaines promesses des faux prophètes que leur retour serait rapide, puisque Dieu ne les ramènerait pas et n'accomplirait ses glorieuses promesses que lorsque soixante-dix ans auraient passé (v. 4 -14). » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary of the Old Testament, 8:1:408-409)


Jérémie 29:10-14


Jérémie prophétise que soixante-dix ans après avoir été emmené en captivité à Babylone, le peuple de Juda retournera dans sa patrie et vivra de nouveau en accord avec Dieu.


JÉRÉMIE 30

Jérémie 30:3, 8. Dans les derniers jours le Seigneur rassemblera Israël


Les chapitres 30 à 33 traitent des prédictions du prophète concernant le rétablissement d'Israël et de Juda dans les derniers jours et l'alliance nouvelle et éternelle que le Seigneur fera avec eux.


Ezra Taft Benson a dit du rétablissement moderne qu'il se divisait en « trois phases : le rassemblement d'Israël au pays de Sion, le continent américain ; le retour des dix tribus des pays du nord ; et le rétablissement des Juifs en Palestine en tant que peuple élu de Dieu.


« Le miracle du retour des Juifs devait être un des événements qui précéderaient la seconde venue du Christ… Ésaïe dit qu'on rassemblera 'les dispersés des quatre coins de la terre' et les fera 'revenir dans le pays' de sorte qu'ils 'construiront les lieux dévastés' et 'répareront les villes dévastées' (Ésaïe 11:11-12).


« Jérémie, qui prédit si clairement leur dispersion, dit aussi que le Seigneur les fera 'revenir dans le pays que j'ai donné à leurs pères, et ils en prendront possession', et 'je les rétablirai comme autrefois' (Jérémie30:3 ; 33:7). » Ezra Taft Benson, dans Conference Report, avril 1950, p. 75)


Jérémie 30:3 a plusieurs significations. Il parle du retour des Juifs après cent dix ans de captivité à Babylone. Il parle aussi du rétablissement des Juifs dans leur patrie dans les derniers jours, lorsqu'ils auront été dispersés de Palestine pour la deuxième fois. Et il parle du retour des tribus perdues des pays du nord. Notez que le Seigneur les amènera.


Le joug dont il est parlé au verset 8 est le joug de l'oppression de Nebucadnetsar. Doctrine et Alliances 113:9-10 explique ce que sont les « liens » dont il est question dans Jérémie 30:8.


Jérémie 30:9. Le David des derniers jours, roi d'Israël


Une fois encore, il est fait mention du David moderne, qui sera roi en Israël. Il est parfois appelé « le germe » (Jérémie 23:5 ; 33:15), parce que Jésus, qui est le roi David des derniers jours, est un germe de l'ancien lignage de David (voir Matthieu 1:1 ; 12:23  ; 22:42; voir aussi le commentaire sur Ésaïe 11:1).


Jérémie 30:11-24. « Vous le comprendrez dans la suite des temps »


C'est le Seigneur Jésus-Christ qui sauve. Il est le Sauveur et le Rédempteur d'Israël. Mais il ne ferme pas les yeux sur les péchés de son peuple (voir v. 11). « Tous ceux qui t'aimaient », qui oublièrent Israël, étaient les faux dieux que l'épouse infidèle de l'Éternel, Israël, recherchait. Aucun ne vint à la rescousse, sauf le Seigneur, qui avait toujours aimé Israël et qui promit : « Tous ceux [les Chaldéens] qui te dévorent seront dévorés » (par les Mèdes et les Perses) (v. 16). Les Assyriens furent détruits par les Babyloniens, les  Babyloniens furent détruits par les Mèdes et les Perses,les Égyptiens et les Perses furent détruits par les Grecs. Toutes ces nations ont maintenant disparu, mais les Juifs existent toujours en tant que peuple distinct.


Dans les derniers jours, Israël sera le peuple du Seigneur, et il sera son Dieu, comme il le désirait au commencement. Le Seigneur promet à Israël : « Vous le comprendrez dans la suite des temps ». Ce n'est que maintenant, dans les derniers jours, alors que ces promesses se réalisent, que l'on peut pleinement comprendre ce que Jérémie et les autres prophètes disaient.

JÉRÉMIE 31

Jérémie 31:6-9. Le Seigneur lui-même rassemblera l'Israël dispersé


Les gardes mentionnés au verset 6 sont les prophètes de justice des derniers jours (voir aussi ÉzéchieI 3:16-21). Dans les derniers jours, ils crieront à tous les hommes de s'unir pour adorer correctement le Seigneur (voir D&A 1:1-2).


Le verset 8 montre Israël rassemblé venant du pays du nord (voir D&A 110:11 ; 133:26) et des extrémités de la terre.


Le verset 9 dit qu'Israël reviendra en pleurant. Il pleurera, parce qu'il se rendra compte que les souffrances qu'il a endurées au cours des siècles se sont produites parce qu'il rejetait le Seigneur Jésus-Christ, qui le conduira dans les derniers jours (voir Jérémie 50:4 ; Zacharie 12:10).


Jérémie 31:10-14. « Ils ne seront plus dans la souffrance » (v. 12)


Ces versets décrivent l'assurance avec laquelle Israël reviendra. Les promesses de grande abondance (v. 12) et de réjouissances (v. 13) et la fin des souffrances (voir v. 12) sont exactement l'opposé des promesses dans d'autres chapitres annonçant tragédie, désolation et lamentations pour Juda. Juda n'écouta pas l'avertissement de Jérémie, et ses sombres prédictions se réalisèrent, mais ici l'espérance d'un jour meilleur est donnée.


Bien que l'accomplissement final de ces versets soit encore dans le futur, LeGrand Richards a vu un parallèle entre les versets 7-14 et le début de l'histoire de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Les saints quittèrent Nauvoo avec des larmes et des supplications. Ils ne quittèrent pas leurs belles maisons parce qu'ils le voulaient. Il vit les torrents d'eau  vers lesquels ils marchaient par un chemin uni comme étant la North Platte River, qu'ils longèrent sur environ mille kilomètres. Le fait de triompher (par des chants) sur les hauteurs de Sion a trait, selon Richards, au Choeur du Tabernacle. La transformation de leur deuil en joie (voir v. 13) veut dire que les saints trouvaient la joie entre eux par la danse et d'autres activités aussi bien que dans les réunions de témoignage.


« Bien que les membres de la prêtrise de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ne soient pas payés pour leurs services et que des milliers d'entre eux aient quitté leurs familles pendant des années d'affiliée pour faire oeuvre missionnaire parmi les nations de la terre, payant leurs propres frais et sans rémunération de la part de l'Église, néanmoins, dans leur coeur, ils estiment qu'ils sont mieux payés que n'importe quel autre chef religieux du monde, à cause de la joie et de la satisfaction que le Seigneur met dans leur coeur, que l'on ne pourrait absolument pas acheter avec de l'argent. Il a ainsi rassasié 'de graisse l'âme des sacrificateurs', et son peuple est heureux de sa bonté. » (Richards, Israel! Do you know?, p. 179-180).


Jérémie 31:15-17. Rachel pleurant sur ses fils


Rachel, l'épouse bien-aimée de Jacob, désirait de tout son coeur avoir des fils. On la voit ici pleurer amèrement sur ses fils et refuser d'être consolée parce qu'ils ont été faits prisonniers.

« Les cris de Rachel se font entendre à Rama, qui est la ville frontière la plus haute en altitude des deux royaumes, d'où les lamentations qui s'étaient élevées  résonnaient de tous côtés et pouvaient être entendues en Juda… La destruction du peuple d'Israël par les Assyriens et les Chaldéens est un symbole du massacre des petits enfants de Bethléhem [cité par Matthieu dans son évangile (Matthieu 2:18)], dans la mesure où le péché qui conduisit les enfants d'Israël en exil jeta les bases pour que Hérode l'Iduméen devienne roi des Juifs et souhaite faire périr le vrai roi et Sauveur d'Israël, afin de fortifier sa propre domination. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary of the Old Testament, 8:2:25-26)


Jérémie 31:22. Que veut dire « la femme recherchera l'homme »


Bien des fois, dans les écrits hébreux, Israël est décrit comme une femme et parfois comme une jeune épouse. Le mariage entre la femme (Israël) et le mari (le Messie) est utilisé pour décrire une association très tendre et très intime. Le Seigneur utilise de nombreuses fois cette relation dans les Écritures comme un exemple de son engagement à prendre soin de son peuple, à le protéger et à le bénir.


« Dans le verset en question, le verbe 'rechercher' signifie entourer d'amour et de sollicitude, qui est le comportement naturel et justifié du plus fort envers le plus faible et envers ceux qui ont besoin d'aide. Et la nouvelle chose que Dieu crée consiste en ce que la femme, la nature plus faible qui a besoin d'aide, entoure avec amour et sollicitude l'homme, qui est le plus fort. On trouve, exprimée ici, une nouvelle relation entre Israël et le Seigneur, une allusion à une nouvelle alliance que le Seigneur, aux versets 33 et suivants, conclura avec son peuple et dans laquelle il agit avec tant de condescendance à son égard que celui-ci  peut l'enlacer avec amour. Telle est la substance de la signification messianique de ces mots. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 8:2:30)


Jérémie 31:29-30. « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées » (v. 29)


Ce proverbe émet l'idée que les enfants sont affectés par ce que leurs parents sont et font. Apparemment, les Juifs avaient à tort jeté la honte sur les enfants de pécheurs connus, oubliant la nuance qui se trouve dans Exode 20:5-6. Dans ce chapitre, Jérémie corrige les Juifs (voir aussi ÉzéchieI18:1-4). Rien, dans Exode 20:5-6, ne justifie de dire qu'en dernière analyse les enfants sont punis pour les péchés de leurs parents. Néanmoins, les enfants peuvent souffrir des conséquences des péchés des parents.


Jérémie 31:31-34. Le rétablissement de l'Évangile


Les versets 31-34 traitent du rétablissement de l'Évangile par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith et du jour où l'alliance de Dieu sera véritablement établie avec son peuple.


« Le moment est enfin arrivé où le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob a étendu une seconde fois sa main, pour racheter le reste de son peuple… et conclure avec eux l'alliance qui fut promise lorsque leurs péchés leur seraient enlevés (voir Ésaïe 11 ; Romains 25 à 27 et Jérémie 31:31-33). Cette alliance n'a jamais été conclue avec la maison d'Israël, ni avec la maison de Juda, car il faut deux parties pour conclure une alliance, et ces deux parties doivent être d'accord, sinon aucune alliance ne peut être conclue.


« Le Christ, à l'époque où il était dans la chair, avait l'intention de faire alliance avec eux, mais ils le rejetèrent, lui et ses propositions, et en conséquence ils ont été retranchés et aucune alliance n'a été conclue avec eux à cette époque. Mais leur incrédulité n'a pas rendu la promesse de Dieu nulle et non avenue : non, car il y eut, dans David, un nouveau jour limité, qui était le jour de sa puissance, et alors son peuple, Israël, serait un peuple bien disposé et il écrirait sa loi dans leur coeur et l'imprimerait dans leurs pensées, il ne se souviendrait plus de leurs péchés, ni de leurs iniquités.


« Ainsi lorsque cette famille élue eut rejeté le Christ et ses propositions, les hérauts du salut lui dirent : 'Voici, nous nous tournons vers les païens', et les païens reçurent l'alliance et furent entés à l'endroit où la famille élue avait été retranchée, mais les païens n'ont pas continué dans la bonté de Dieu, mais se sont écartés de la foi qui avait jadis été remise aux saints et ont rompu l'alliance dans laquelle leurs pères étaient établis (voir Ésaïe 24:5)…


« Que reste-t-il donc à faire dans des circonstances telles que celles-ci ? Je vais maintenant vous dire ce que le Seigneur exige de tous les hommes, grands et petits, riches et pauvres, hommes et femmes, ecclésiastiques et laïcs, croyants et non croyants, pour qu'ils puissent jouir totalement du Saint-Esprit de Dieu et échapper aux jugements de Dieu qui sont presque sur le point de se déverser sur les nations de la terre.


« Repentez-vous de tous vos péchés et soyez baptisés d'eau pour leur rémission au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et recevez l'ordonnance de l'imposition des mains de celui qui est ordonné et scellé à ce pouvoir, afin que vous receviez le Saint-Esprit de Dieu ; et ceci est conforme aux Saintes Écritures et au Livre de Mormon et est la seule façon que l'homme ait de pouvoir entrer dans le royaume céleste. Telles sont les conditions de la Nouvelle Alliance. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 9-11)


Jérémie 31:34. Tous connaîtront le Seigneur


« Le Seigneur a promis que le temps viendra où chacun sera son propre instructeur, c'est-à-dire saura, parce qu'il mène une vie juste, ce qu'il doit faire. Il sera tellement rempli de l'Esprit du Seigneur qu'il sera appelé à faire le bien sans qu'il ne soit nécessaire que quelqu'un vienne dans sa maison pour la mettre en ordre. Le bon moment pour commencer c'est maintenant. » Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1:302)


Jérémie 31:36. Un avertissement à Israël


Le Seigneur, qui a travaillé si longtemps et si dur pour établir son peuple juste, dit que si les ordonnances de la prêtrise qui assurent le salut et l'exaltation cessent d'exister, Israël cessera aussi d'exister… pour toujours. Cette affirmation indique l'importance des ordonnances dans le plan du Seigneur.

JÉRÉMIE 32

Jérémie 32:1-5. Jérémie emprisonné


D'un point de vue strictement politique, on peut comprendre que les dirigeants juifs aient réagi aussi violemment contre Jérémie. À une époque de crise nationale, il réclamait la reddition et la soumission à Babylone. Mais Jérémie ne parlait évidemment pas d'un point de vue politique ; il parlait pour le Seigneur. Sédécias isola Jérémie du peuple pour avoir prophétisé en plein milieu du siège la captivité imminente de Juda et le renversement du roi par les Babyloniens (voir v. 2). La contradiction apparente entre la prophétie de Jérémie et celle d'Ézéchiel est traitée dans les commentaires sur 2 Rois 25:1-7 et sur Ézéchiel 12:13.


Jérémie 32:6-44. Pourquoi Jérémie fait-il enfermer la preuve de son achat ?


Jérémie achète le champ de son cousin parce qu'il en a le droit comme plus proche parent (voir Lévitique 25:25 ; voir aussi Ruth 4). Il scelle ensuite la preuve de l'achat dans un vase (voir Jérémie 32:11-12), comme preuve de sa foi en la promesse de Dieu que « on achètera encore des maisons, des champs et des vignes, dans ce pays » (v. 15). Après la mort de Jérémie, le droit de propriété passera à son plus proche parent. Le reste du chapitre 32 est l'attestation du Seigneur à Jérémie que les hommes reviendront vraiment de Babylone pour habiter le pays (voir v. 26-44).


Jérémie 32:36-41. Le rétablissement et une alliance perpétuelle


Jérémie annonce le retour complet de tout le peuple du Seigneur et l'établissement d'une alliance perpétuelle avec ce peuple. L'accomplissement de cette promesse doit encore s'accomplir pleinement (voir 3 Néphi 20:29-46 ; 21).

JÉRÉMIE 33

Jérémie 33:3-14. Prophétie des derniers jours


Le Seigneur est omniscient et par conséquent connaît l'avenir. La prophétie c'est l'histoire future, c'est-à-dire l'histoire à l'envers. Dans Jérémie 33:3-14, le Seigneur parle de nouveau du rétablissement d'Israël et de Juda dans les derniers jours. Remarquez les termes qu'il utilise pour décrire le processus : « Je les guériraiJe les purifierai… Je leur pardonnerai toutes les iniquités… » (v. 6, 8).


Dans les derniers jours, même le pays désolé sera rendu à son état premier (voir v. 12). Les villes, qui étaient jadis désolées, seront de nouveau remplies de gens et de leurs abondants troupeaux. Dans les derniers jours, le Seigneur accomplira tout ce qu'il a promis à la maison d'Israël et à la maison de Juda (voir v. 14).


Jérémie 33:15-16. Le germe de David


« Le germe de justice » qui germera à David qui « pratiquera la justice dans le pays » (v. 15) est Jésus-Christ (voir Ésaïe 11:1 ; Jérémie 23:5-6). Quand cet événement millénaire se produira, les Juifs demeureront en sécurité à Jérusalem.


La dernière partie du verset 16 n'est pas une très bonne traduction puisqu'elle implique que Jérusalem elle-même sera appelée « l'Éternel notre justice ». Selon Adam Clarke, le passage devrait dire : « Et celui qui l'appellera est le Seigneur, notre justification », c'est-à-dire Jésus-Christ lui-même, le germe de David (The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:344).


Jérémie 33:17-26. Devenir fils et filles du Christ


La descendance de David, ce sont ceux qui se repentent de leurs péchés, acceptent les ordonnances de l'Évangile, reçoivent le don du Saint-Esprit et suivent le nouveau David, Jésus-Christ. Le roi Benjamin expliqua cette notion à son peuple, lorsque celui-ci eut manifesté son désir de faire alliance avec Dieu de faire sa volonté et d'obéir à ses commandements (voir Mosiah 5:7). Abinadi a également expliqué ce que signifie la descendance du Christ (voir Mosiah 15:11-13).

JÉRÉMIE 34

Jérémie 34:1-7. La conquête de Jérusalem


Jérémie 34:1-7 concerne la conquête de la ville par Nebucadnetsar ainsi que la captivité et la mort de Sédécias (voir commentaire sur 2 Rois 25:1-7).


Jérémie 34:8-22. De quelle façon Sédécias enfreignit-il son alliance avec le peuple ?


« Dans les premiers temps du siège de Jérusalem, les hommes de la ville libérèrent leurs esclaves hébreux. Cela a pu être fait en partie parce que l'ancienne loi exigeait la libération des esclaves, comme prévu dans Exode 21:1 et Deutéronome 15:2, et en partie à cause du besoin de main d' oeuvre pour défendre la ville  assiégée. De toutes façons, la libération était garantie par une alliance solennelle. Ensuite l'avance des Égyptiens semble avoir obligé les Babyloniens à lever le siège. En dépit de leur serment solennel, et en ignorant les droits de l'amour fraternel et de la justice la plus élémentaire, les hommes de la ville se mirent en devoir de réduire à nouveau leurs malheureux frères en esclavage. Cet acte impie leur valut immédiatement la dénonciation du Seigneur et une terrible condamnation. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 182-183)


Jérémie 35. L'exemple des Récabites


Ce chapitre remonte dans le temps jusqu'au règne de Jojakim, fils de Josias (voir Jérémie 25). Jérémie y expose aux Juifs le bon exemple des Récabites qui, ayant fait l'alliance de ne jamais boire de vin, refusèrent d'en boire quand Jérémie le leur offrit dans la maison de Dieu (ce peuple s'était installé à Jérusalem et avait échappé aux envahisseurs babyloniens).


Jérémie reçut le commandement de rappeler l'exemple des Récabites au peuple de Juda (voir v. 13-14). Le message était le celui-ci : les Récabites avaient fidèlement respecté leurs alliances, alors même qu'ils n'étaient pas le peuple de l'alliance du Seigneur. Les Juifs transgressaient les commandements du Seigneur et enfreignaient à toutes les occasions les promesses qu'ils avaient faites à Dieu. C'est ainsi que tomberait sur les Juifs « tous les malheurs que j'ai annoncés sur eux » (v. 17).


Jérémie 36:1-8. La parole du Seigneur est enregistrée


« La quatrième année du règne de Jojakim, la parole du Seigneur parvint à Jérémie, lui commandant  de mettre par écrit tous les discours qu'il avait précédemment prononcés, afin que Juda fasse quand même, si c'était possible, attention aux menaces et revienne (voir v. 1-3). Conformément à ce commandement, il fit écrire toutes les paroles du Seigneur dans un livre par son scribe Baruc, avec pour commandement supplémentaire que cela devait être lu dans le temple, le jour du jeûne, au peuple qui était venu des alentours à Jérusalem (voir v. 4-8).


« Lorsque, après cela, le neuvième mois de la cinquième année de Jojakim, un jeûne fut décrété, Baruc lut les prophéties au peuple assemblé dans la chambre de Guemaria, dans le temple. Michée, fils de Guemaria, en informa les ministres qui étaient assemblés au palais royal ; ceux-ci firent venir Baruc avec le rouleau et se le firent lire. Mais ils furent tellement effrayés par ce qui leur était lu qu'ils jugèrent nécessaire d'en parler au roi (voir v. 9-19).


« Sur leur conseil, le roi fit amener le rouleau et s'en fit lire une partie ; mais à peine avait-on lu quelques colonnes qu'il découpa le rouleau en petits morceaux et les jeta dans le brasier qui brûlait dans la chambre, commandant en même temps que Baruc et Jérémie lui soient amenés ; mais Dieu les cacha (voir v. 20-26).


« Lorsque ce rouleau eut été brûlé, le Seigneur commanda au prophète de faire écrire toutes ses paroles sur un nouveau rouleau et de prédire un sort honteux au roi Jojakim ; sur quoi Jérémie dicta de nouveau ses discours à Baruc (voir v. 27-32). » (Keil et Delitzsch, Commentary, 8:2:93)

JÉRÉMIE 35



JÉRÉMIE 36

Jérémie 36:1-6, 20-32


Les prophéties de Jérémie sont mises par écrit et lues au peuple (v. 1-6). Le roi brûle ces paroles, et le Seigneur commande à Jérémie de les récrire (v. 20-32).

JÉRÉMIE 37

Jérémie 37:12-15

Jérémie est accusé injustement et mis en prison (v. 12-15).


Jérémie 37 à 39. La « récompense » d'un prophète


Quand le roi Jojakin se rebella contre Babylone, il fut déposé, et son oncle, Sédécias, fut mis sur le trône. Dès ce moment-là, il aurait dû être évident que les prophéties de Jérémie étaient en train de se réaliser. Nebucadnetsar était venu à deux reprises, et à deux reprises il avait humilié impunément Juda. Mais Sédécias n'était pas plus sage que son frère Jojakim, ni que son neveu, Jojakin. Lui aussi commença à chercher le moyen de briser le joug babylonien. Ne prêtant aucune attention aux avertissements répétés de Jérémie, il se rebella, et, une fois de plus, les Babyloniens attaquèrent Jérusalem.


C'est dans ce cadre que se produisirent les événements de ces chapitres. Jérusalem était assiégée, et la recommandation de Jérémie qu'il fallait se rendre était mal accueillie. Il était considéré comme traître et fauteur de troubles. À ce moment-là, une armée du pharaon avança vers le nord pour rencontrer les forces de Nebucadnetsar (voir Jérémie 37:5). Nebucadnetsar relâcha temporairement son étau sur Jérusalem pour affronter la menace venue du sud. Les Juifs se sentirent remplis d'espoir, mais une fois de plus Jérémie réduisit celui-ci en miettes. Il prophétisa que l'armée égyptienne retournerait en Égypte (voir v. 7) et que le siège serait de nouveau mis devant la ville. Selon Jérémie, Juda sera tellement impuissant, que même si l'armée chaldéenne tout entière était blessée dans la bataille contre l'Égypte, elle réussirait quand même à détruire Jérusalem (voir les versets 8-10).


Pendant que le siège était levé, Jérémie décida de retourner au pays de Benjamin, probablement pour visiter sa ville natale. Ses ennemis profitèrent de cette  occasion pour agir. L'accusant de fuir pour rejoindre les Chaldéens, les chefs juifs firent arrêter Jérémie, le firent battre et jeter en prison (voir v. 11-15).


La personnalité faible et indécise du roi Sédécias se manifesta. Il appela secrètement Jérémie auprès de lui, demandant s'il y avait une parole du Seigneur concernant le destin de Jérusalem (voir les versets 16-17)


Néanmoins, quand les autres dirigeants exigèrent la mort de Jérémie pour avoir prêché la reddition (voir Jérémie 38:1-4), Sédécias répondit faiblement : « Voici, il est entre vos mains ; car le roi ne peut rien contre vous » (v. 5). Mais quand les amis de Jérémie supplièrent pour que sa vie soit épargnée, Sédécias changea d'avis et le fit secrètement libérer de prison (voir v. 7-13).


La question de Jérémie à Sédécias, rapportée dans Jérémie 37:19 était extrêmement sarcastique. Les faux prophètes avaient promis que les Babyloniens ne viendraient pas contre Jérusalem et que ceux qui avaient déjà été amenés en captivité reviendraient. À ce moment-là, Jérémie cite les paroles de Moïse qui permettent de distinguer les vrais prophètes des faux. Maintenant que les Babyloniens entouraient la ville, Jérémie demanda où étaient tous ces autres prophètes. La parole de Jérémie s'était avérée et il était en prison. La fausseté de leurs paroles avait été démontrée, et où étaient-ils ?


Le chapitre 39 de Jérémie donne en détail la chute de Jérusalem et la fin tragique de Sédécias et de sa  famille. Comme Jérémie avait prédit le succès final de Babylone, il fut libéré par les Chaldéens et autorisé à rester en liberté à Jérusalem (voir les v. 11-14).


JÉRÉMIE 38

Jérémie est jeté dans une citerne où il s’enfonce dans la boue (v. 4-6). Sur ordre du roi Sédécias, on le sort de la citerne et on le remet en prison (v. 7-13).


Voir commentaire sur Jérémie 37 à 39.

JÉRÉMIE 39


Voir commentaire sur Jérémie 37 à 39.

JÉRÉMIE 40

Jérémie 40 à 44. Après la chute de Juda


« Nous avons mentionné précédemment qu'après la chute de Jérusalem, Jérémie fut libéré et autorisé à rester en Palestine. En fait il fut tout d'abord emmené, enchaîné, avec tous les autres Juifs capturés, jusqu'à Rama, une ville située à environ huit kilomètres au nord de Jérusalem. Là, le 'chef des gardes' babylonien défit ses liens, 'lui donna des vivres et des présents' et le renvoya auprès de Guedalia, nouveau gouverneur de Juda, avec des instructions lui permettant de demeurer parmi le peuple ou d'aller où bon lui semblerait (voir 40:1-6).


« Après la nomination de Guedalia comme gouverneur de Juda, beaucoup de Juifs des environs reprirent confiance et retournèrent chez eux. Mais l'un d'eux, Ismaël, fils de Netalia, semble avoir été envoyé par Baalis, roi des Ammonites, dans le but exprès de tuer Guedalia (voir 40:14). Le bon gouverneur en fut averti mais ne voulut pas croire ceux qui l'avaient informé du complot. Il en résulta que lui, ainsi que les Juifs et les Chaldéens qui étaient avec lui à Mitspa, furent froidement tués par Ismaël et ses complices (41:1-3). D'autres Juifs furent mis à mort par Ismaël, mais il s'échappa à Ammon avant que l'on puisse l'appréhender (voir 41:4-15).


« Après cet incident, le peuple de Juda s'adresse à Jérémie, lui demandant de prier Dieu en son nom et de lui demander conseil. Le prophète pria, et le Seigneur recommanda au peuple de rester en Juda où il serait béni. Il lui fut dit de ne pas avoir peur du roi de Babylone ; le Seigneur le sauverait et le délivrerait de sa main et aurait compassion de lui. D'autre part, s'il allait en Égypte pour échapper à la guerre et à la faim, il serait cruellement déçu. Il lui fut dit que la famine, la peste et l'épée seraient son destin terrible (voir 42:1-22). Mais les Juifs entêtés refusèrent d'écouter les paroles du Seigneur données par l'intermédiaire de Jérémie et se dirigèrent vers l'Égypte, emmenant le malheureux prophète et son scribe Baruc (voir 43:1-7).


« À Tahpanhès, la parole du Seigneur parvint à Jérémie, prédisant la destruction de l'Égypte par le même Nebucadnetsar qui avait détruit Jérusalem [voir Jérémie 43:8-13].


« Ainsi les Juifs désobéissants, qui avaient échappé aux difficultés en Juda, allaient devoir les affronter en Égypte (voir aussi 44:12-14). Jérémie continua à les réprimander pour leur culte idolâtre de la 'reine du ciel', mais ils refusèrent de faire attention à ses paroles (voir 44:15-30). » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 184-185)

JÉRÉMIE 41

Voir commentaire de
Jérémie 40 à 44.

JÉRÉMIE 42

Voir commentaire de Jérémie 40 à 44.


Jérémie 42:9-22.


Par l’intermédiaire de Jérémie, le Seigneur dit au peuple de rester dans le pays de Juda et promet de le bénir s’il le fait.


JÉRÉMIE 43

Voir commentaire de Jérémie 40 à 44.


Jérémie 43 à 44


Malgré la demande du Seigneur (voir Jérémie 42:9-22), Jochanan emmène le peuple en Égypte, où la plupart d’entre eux restent dans leur méchanceté.


JÉRÉMIE 44

Voir commentaire de Jérémie 40 à 44.

JÉRÉMIE 45

Jérémie 45. Baruc


Ce passage est une sorte d'appendice qui appartient au chapitre 36 et est précieux pour l'aperçu qu'il nous donne de la vie de Baruc. Lui aussi pouvait être assailli par le désespoir comme Jérémie et put dire : 'Malheur à moi !' (v. 3). Il se peut qu'en dictant les paroles de condamnation de Jérémie, et sachant dans son coeur qu'elles étaient vraies et s'accompliraient, il se soit senti déprimé devant tout cela et rempli de pressentiments quant à son propre avenir. Il était profondément mêlé aux affaires de Jérémie. Il écrivit, en 605-604 av. J-C, ses oracles pour les premier et deuxième rouleaux. Il continua certainement à enregistrer par la suite les paroles du prophète et alla avec lui en Égypte, où il continua probablement son travail de scribe. Il n'est pas impossible que Baruc soit finalement retourné en Juda ou se soit même rendu jusqu'à Babylone pour rejoindre les exilés et qu'il ait pu raconter ce qui se passa en Égypte, mais nous n'avons aucune indication d'aucune sorte. À certains moments, il se trouva avec Jérémie dans des situations dangereuses (voir 36:19, 26 ; 43:3). Une grande partie du livre actuel de Jérémie doit remonter soit directement soit indirectement jusqu'à lui. » (J. A. Thompson, The Book of Jeremiah, the New International Commentary on the Old Testament, p. 683)

JÉRÉMIE 46

Jérémie 46. La conquête de l'Égypte par Babylone : Israël sera sauvé


L'expression « ce jour est au Seigneur » (v. 10) désigne la Seconde Venue (voir Joël 1:15 ; Amos 5:18). Ce sera « un jour de vengeance, où il se venge de ses ennemis » (v. 10). Pour les méchants, ce sera un jour terrible, mais pour ceux qui sont préparés ce sera un grand jour (voir Malachie 3:23). Les versets 14 et 25 citent des villes égyptiennes. No est un nom de la ville de Jupiter, Thèbes. L'Égypte est décrite comme une très belle génisse, mais la destruction s'abattra sur elle du nord (Babylone) (voir v. 20). Mais au milieu de cette tourmente, Israël reçoit la promesse que le Seigneur le sauvera, lui et sa descendance, et qu'il reviendra, car le Seigneur lui-même sera avec lui. Les deux derniers versets sont les seuls du chapitre 46 qui ne s'accomplirent pas du temps de Jérémie ou peu après.

JÉRÉMIE 47

Jérémie 47. La prédiction de la destruction des Philistins


« Des eaux s'élèvent du septentrion » (v. 2) désigne l'arrivée  d'une multitude de gens de Chaldée. La trépidation des sabots, le grondement des chars et le fracas des roues décrivent une guerre. La destruction est attribuée au Seigneur, qui permet aux hommes de faire de telles choses contre ceux qui ont mûri dans l'iniquité.

JÉRÉMIE 48

Jérémie 48. Moab est détrôné pour avoir méprisé Dieu


Moab était condamné à la destruction, et le Seigneur prononce une malédiction sur les ennemis de Moab s'ils ne le détruisent pas. Dieu est l'Auteur de la vie et a le droit d'en disposer comme il lui plaît. Ces gens avaient renoncé à leur vie par leur idolâtrie et d'autres crimes. La fureur de Dieu apparaît au verset 35, où il décrète la condamnation sur ceux qui trompent le peuple en essayant de pratiquer leur idolâtrie dans les lieux saints.


Le verset 42 prédit que Moab sera détruit en tant que peuple. Cela n'implique pas que tous les Moabites seront détruits mais que leur identité en tant que peuple disparaîtra. Cette prophétie s'accomplit littéralement, en dépit du fait que le peuple continua à vivre dans le pays de Moab. Il fut emmené en captivité par les Chaldéens et ne retrouva plus jamais sa place de nation.


Le verset 47 promet que le Seigneur fera revenir « les captifs de Moab, dans la suite des temps ». Ce passage pourrait indiquer la conversion du reste de ce peuple à l'Évangile dans les derniers jours.

JÉRÉMIE 49

Jérémie 49. Destruction pour les Ammonites, Édom, Kédar, Hatsor et Élam


On croit que cette prophétie fut faite après la prise de Jérusalem. Les Ammonites avaient profité de l'état de dépression d'Israël pour envahir son territoire, espérant se l'annexer. Jérémie laisse entendre que Dieu préservera les descendants d'Israël et les ramènera un jour dans leur héritage (voir v. 2). La promesse faite aux Ammonites (v. 6) s'accomplit quand ils retournèrent avec les Moabites et les Israélites grâce à la permission donnée par l'édit de Cyrus.


Le Seigneur dit qu'il avait rendu Édom désert (voir v. 7-22), signifiant qu'il avait découvert toutes ses cachettes et les avait révélées à ses ennemis. Les veuves et les orphelins d'Ésaü seraient confiés aux bons soins du Seigneur, qui est le meilleur des maris pour l'une et le plus aimant des pères pour l'autre.


Le verset 39 parle du retour de captivité d'Élam, grâce au Seigneur, dans les derniers jours. Il faut de nouveau supposer que ce passage signifie sa conversion, comme c'est le cas des Moabites.

JÉRÉMIE 50

Jérémie 50. Babylone sera détruite pour toujours


Israël dispersé sera de nouveau amené dans les pays de son héritage. Il recherchera le Seigneur et s'unira à lui en une alliance perpétuelle qui ne peut être rompue. Le « rassemblement d'une multitude de grandes nations du pays du septentrion » (v. 9) est commenté par Clarke : « L'armée de Cyrus était composée de Mèdes, de Perses, d'Arméniens, de Caduciens, de Saces, etc. Bien que tous ceux-ci ne venaient pas du nord, ils étaient néanmoins classifiés parmi les Mèdes, qui, eux, venaient du nord par rapport à Babylone. » (Clarke, Commentary, 4:383)


C'est par ces vainqueurs qu'Israël serait chassé comme « une brebis égarée » (v. 17) et le roi de Babylone, Nebucadnetsar, serait puni. Mais un jour Israël serait ramené dans les pays de son héritage (voir v. 19) et recevrait le pardon (voir v. 20). Il serait dirigé par le Seigneur Jésus-Christ (voir v. 34). Il est l'Avocat auprès du Père (voir D&A 29:5) et plaide la cause de l'homme devant lui.


Les versets 41 à 46 décrivent la destruction de Babylone, ce qui fut un sujet d'étonnement pour toutes les nations environnantes, parce qu'elles pensaient que Babylone était indestructible. Ici, Babylone est conçue non seulement comme une puissance nationale, mais comme le symbole de ce qui est profane et de la méchanceté spirituelle (voir D&A 133:14).

JÉRÉMIE 51

Jérémie 51. C'est le Seigneur qui a détruit Babylone


Ce chapitre est la continuation de la prophétie du chapitre 50. « Un vent destructeur » (v. 1) est le vent d'est parce qu'il est chaud et sec, venant du désert et  transportant des particules de sable qui causent beaucoup de dommages. La métaphore est utilisée ici pour désigner la puissance avec laquelle le Seigneur a détruit Babylone. Pour ce qui est des vanneurs (voir v. 2), Clarke dit : « Quand on piétine le blé sous les pattes du bétail, ou qu'on l'écrase avec une lourde roue armée de fers, on le jette en l'air avec une pelle, face au vent, pour que la balle et la paille brisée s'en séparent. C'est là une image utilisée par le prophète ; ces gens seront piétinés, écrasés et vannés par leurs ennemis. » (Clarke, Commentary, 4:387)


Dans tout cela, il est promis à Israël qu'il n'a pas été oublié (voir v. 5) et qu'il sera racheté. Comme Babylone est aussi un symbole du monde, Israël reçoit pour tâche de fuir sa méchanceté et de prendre la responsabilité de sauver sa propre âme (voir v. 6). Dieu l'aurait guérie, comme il guérirait tous ses enfants, avant sa destruction, mais parfois, comme Babylone, il refuse de se tourner vers le Seigneur et par conséquent n'est pas guéri (voir v. 9).


Les chapitres 50 et 51 de Jérémie furent écrits et envoyés à Babylone du temps de Sédécias (voir Jérémie 51:59-64). Ils sont difficiles à interpréter si on n'a pas recours à deux principes de la prophétie hébraïque : (1) la nature double de certaines prophéties et (2) l'utilisation répétée d'archétypes et de métaphores.


Le dualisme de ces chapitres est manifeste, car certains versets parlent spécifiquement de la destruction de la Babylone de l'époque par les nations venues du nord, et cependant, la destruction de Babylone est associée maintes et maintes fois (voir Jérémie 50:4-5, 19-20, 33-34) à des événements qui ne se sont jamais produits à l'époque et qui, de toute évidence, se produiront à l'époque du rassemblement et du rétablissement d'Israël et de Juda. Par exemple, Israël ne participa pas au retour hors de Babylone, mais Israël et Juda seront rétablis ensemble dans les derniers jours.


Il apparaît que Jérémie prédit la chute non seulement de la Babylone de Nebucadnetsar, mais également de la Babylone spirituelle. Sa vision balaya les siècles de 800 av. J-C à au-delà de 2000 apr. J-C. Et la chute de la Babylone de Nebucadnetsar autrefois était un prototype de la chute future de « Babylone la grande » (Apocalypse 18:2 ; voir Apocalypse 18 et 19).

JÉRÉMIE 52

Jérémie 52. Appendice historique


Le dernier chapitre de Jérémie est un résumé de données historiques précédemment traitées (voir Jérémie 39) et l'enregistrement d'autres événements, tels que l'amélioration de la situation de Jojakin à Babylone (voir Jérémie 52:31-34). Étant donné que Jérémie ne se rendit pas à Babylone, mais fut emmené en Égypte, il est douteux que ce chapitre ait été écrit par lui. Il fut peut-être ajouté par son scribe Baruc(voir 2 Rois 24-25 ; Jérémie 39).

 

 

LAMENTATIONS

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I



LAMENTATIONS 1

Lamentations 1:1-11. Qui écrivit les Lamentations et pourquoi ?


La tradition a longtemps attribué le livre des Lamentations à Jérémie, bien que certains critiques modernes doutent que la totalité du livre ait été écrite par lui.


« Nous clôturons donc cette enquête, après avoir prouvé que la tradition qui attribuait les Lamentations au prophète Jérémie est une des traditions historiques les mieux prouvées. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 8:2:349-50)


L'auteur des Lamentations écrit pour révéler la situation pathétique de Juda, peuple dépouillé par les Babyloniens. Il compare Jérusalem abandonnée à une femme dont le mari est mort (voir verset 1). Tous ses « amants » [King James, Segond dit « tous ceux qui l'aimaient »] (les faux dieux qu'elle a adorés) l'ont abandonnée à ses ennemis (voir v. 2-3). Tout cela est arrivé à cause de la méchanceté de Juda (voir v. 5- 8). Même le Seigneur l'a abandonnée à l'heure de son affliction. Ses ennemis « ont ri de sa chute » (v. 7).


L'en-tête du livre des Lamentations dans les textes hébreux est eikha, que l'on traduit par : « hélas ! comment… » (Keil et Delitzsch, Commentary, 8:2:335). Il  était de coutume autrefois en Juda de composer et de chanter des Lamentations concernant les amis et les parents décédés. Jérémie fait de même pour sa Jérusalem bien-aimée.


Le «  tout ce qu'il y avait de précieux» aux versets 10 et 11 est une allusion partielle aux vases précieux enlevés du temple par l'ennemi. Le petit nombre d'objets de valeur laissé avait été vendu pour aider à soulager la faim et la détresse qui s'étaient abattues sur le peuple.


Lamentations 1:12-22. « Sion a étendu les mains, et personne ne l'a consolée » (v. 17)


Jérémie emploie des images frappantes pour décrire la grande détresse de Juda, la comparant à un feu dans les os, un filet sous les pieds, un joug sur le cou, le foulage du raisin dans le pressoir. Chaque allusion est bien choisie. Au moins une des images, le joug ou les liens sur le cou, est aussi employée dans Ésaïe 52:2. Selon l'interprétation donnée dans Doctrine et Alliances 13:10, les liens autour du cou d'Israël « sont les malédictions que Dieu a jetées sur lui ou sur les restes d'Israël dans sa dispersion parmi les Gentils ». Les soixante-dix ans de captivité de Juda à Babylone furent semblables à ce qui est décrit dans ces Écritures.


Dans sa captivité, personne n'apparut pour consoler Juda. Il tendait les mains pour supplier qu'on l'aide, mais personne ne répondit (voir Lamentations 1:16-17). Ses faux « amants » et anciens alliés l'abandonnèrent (voir v. 19). Sion était dans une grande détresse. Elle sut alors que sa méchanceté était la cause de son état lamentable (voir v. 20-22).

LAMENTATIONS 2

Lamentations 2:1-10. Suite à sa méchanceté, Juda est abandonné et puni par le Seigneur


L'état pitoyable de Juda, causé par ses iniquités, a été produit par la toute-puissance de Dieu. Dans Lamentations 2:1-10, la calamité de Juda est attribuée à Dieu comme  châtiment de la méchanceté passée de Juda.


« L'auteur ne pouvait manifestement pas chasser de son esprit les scènes affreuses qu'il avait vécues. Les anciens ou chefs de famille qui prenaient part à l'administration étaient impuissants à faire quoi que ce soit. Les magistrats solennels comme les jeunes filles au coeur léger étaient réduits à un chagrin silencieux (v. 10) »  (D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeur, The New Bible Commentary, Revised, p. 661)


Lamentations 2:11-22. « Mur de la fille de Sion, répands jour et nuit des torrents de larmes ! »


Jérusalem était un objet non seulement de pitié, mais aussi de mépris. Des nourrissons innocents mouraient de faim dans ses rues, pleurant en vain pour avoir de la nourriture (voir v. 11-12). Les prophètes que Juda avait écoutés avaient été infidèles à leur tâche qui était d'élever la voix contre l'iniquité. Ils avaient dit des paroles flatteuses et avaient ainsi encouragé Juda dans ses transgressions. Par conséquent, Jérusalem était un objet de moquerie et de dérision aux yeux des nations (voir v. 13-14). De toute évidence, il n'y avait rien à Jérusalem qui puisse être une cause de réjouissances. Aux versets 18 à 22, elle attire l'attention du Seigneur sur son état pitoyable. Ses larmes sont des larmes réelles de tristesse selon Dieu pour ses iniquités aussi bien que pour les pertes temporelles subies de la part des Babyloniens.

LAMENTATIONS 3

Lamentations 3:1-66. Y a-t-il un espoir que Juda puisse se relever de sa chute, et si oui, comment ?


Lamentations 3:1-66 contient la lamentation personnelle de l'auteur sur sa détresse et celle de son peuple. Ses pensées sont exprimées sous une forme poétique hébraïque.


«Dans une veine véritablement prophétique, le poète élégiaque se met au rang de ses compatriotes et les supplie de revenir au Seigneur et de chercher à se réconcilier avec lui. Qu'ils s'examinent à la lumière de ses commandements qu'ils ont transgressés et, en même temps, qu'ils élèvent les mains vers le Dieu du ciel, qu'ils élèvent aussi leurs coeurs, c'est-à-dire que leurs prières demandant le pardon soient véritables et sincères. Qu'ils sachent aussi ce que l'on ressent à ne pas avoir le pardon, à être toujours sous le jugement de Dieu (v. 42), et ils finiront par apprécier d'autant plus le miracle de son pardon. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 66 2)


Malgré tout, ce ne serait pas facile d'obtenir le pardon. Le reste du chapitre 3 indique qu'en dépit du peu de désir de Dieu d'écouter, le suppliant doit continuer à supplier pour obtenir le soulagement. Les versets 61-66 contiennent une demande instante pour que le Seigneur rétribue aussi les ennemis de Juda pour leur dureté et leur méchanceté.

LAMENTATIONS 4

Lamentations 4. Quels groupes précis sont responsables de la chute de Juda ?

Dans Lamentations 4:1-22, l'auteur revient à son premier thème et recommence le chant funèbre. Divers groupes sont responsables des souffrances de Jérusalem. Tout d'abord « les fils de Sion » qui, jadis, étaient estimés « à l'égal de l'or pur » (v. 2) étaient devenus des vases inférieurs comme ceux faits d'argile. Les mères d'Israël, au contraire des chacals qui nourrissent convenablement leurs jeunes, ont négligé leurs enfants. La méchanceté existe partout.


Les versets 8 et 10 décrivent la faim atroce éprouvée pendant le siège de Jérusalem, qui en amena finalement certaines à manger leurs propres enfants.


Lamentations 4:21-22. « Fille d'Édom… il mettra tes péchés à découvert »


Édom, au moment de la prise de Jérusalem, avait cherché à s'enrichir grâce à la tragédie de Juda (voir Abdias 1:10-16), et les Juifs éprouvaient une profonde rancune pour ce qu'il avait fait à ce moment-là (voir Ézéchiel 25:12-14 ; Psaumes 137:7-9). Mais les Juifs pouvaient se consoler en se disant qu'alors que leurs châtiments étaient maintenant terminés, celui d'Édom était encore futur : « Vers toi aussi passera la coupe » (Lamentations 4:21).

LAMENTATIONS 5

Lamentations 5. «
Souviens-toi, Éternel, de ce qui nous est arrivé ! Regarde, vois notre opprobre ! »


Lamentations 5:1-22 est une prière pour obtenir de l'aide. Le Seigneur seul détient la clef de la délivrance de Juda. Son sort est bien triste et ses péchés ont fait qu'il en a été ainsi.


« Le verset 4 mentionne l'eau et le bois comme étant les substances les plus indispensables à la vie sans lesquelles il est impossible d'exister. Ils doivent acheter l'une ou l'autre, parce que le pays, avec ses eaux et ses forêts, est entre les mains de l'ennemi. L'accent est mis sur 'notre eau… notre bois'. Ce qui leur appartenait en propre autrefois, gratuitement, ils devaient maintenant l'acheter. » (Keil et Delitzsch, Commentary,8:2:448)

 

 

ÉZÉCHIEL

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I 29 I 30 I 31 I 32 I 33 I 34 I 35 I 36 I 37 I 38 I 39 I 40 I 41 I 42 I 43 I 44 I 45 I 46 I 47 I 48 I


En 597 av. J-C, le roi Nebucadnetsar de Babylone emmène en captivité une partie de la population du royaume de Juda. Parmi les captifs il y a Ézéchiel, que le Seigneur appellera cinq ans plus tard comme prophète. En 587 av. J-C, les Babyloniens détruisent Jérusalem et font beaucoup de prisonniers. Ézéchiel exerce son ministère auprès de son peuple exilé jusqu’en 570 av. J-C Les écrits d’Ézéchiel se composent de réprimandes sévères et de promesses merveilleuses vis-à-vis non seulement du royaume antique de Juda, mais de tout Israël, y compris les membres de l’Église d’aujourd’hui. Bien que Jérusalem ait été détruite, Ézéchiel prédit le jour où Israël sera rassemblé et rétabli. Cet événement est symbolisé dans sa vision de la vallée d’ossements desséchés et dans sa prophétie sur les bois de Juda et de Joseph.


Ézéchiel était contemporain de Jérémie et de Daniel. Le Seigneur avait un grand prophète, Jérémie, à la cour de Jérusalem ; un autre, Daniel, à la cour de Babylone et un troisième, Ézéchiel, parmi les exilés de Babylonie. Jérémie et Ézéchiel étaient de lignage sacerdotal. Daniel a peut-être été de lignage royal (voir  Daniel 1:3). Jérémie servit le Seigneur en remettant ses avertissements et ses instructions aux rois et aux chefs de ceux qui allaient bientôt être conquis. Daniel le fit aux conquérants et Ézéchiel, aux exilés.


Ézéchiel, dont le nom signifie « Dieu est fort » ou « Dieu fortifie », était fils de Buzi et sacrificateur de la famille de Tsadok. Il fut emmené en captivité à Babylone par Nebucadnetsar, lors de la captivité de Jojakin (voir Sidney B. Sperry, The Voice of Israël's Prophets, p. 189-190).


« La famille [d'Ézéchiel] a dû être considérée comme éminente et influente, car, selon le récit de 2 Rois 24:14-16, ce furent surtout 'les puissants du pays' qui furent emmenés en captivité à Babylone par Nebucadnetsar quand Jojakin fut déposé en tant que roi de Juda. La plupart des savants pensent que cet événement se produisit en 597 av. J-C, mais le fait que Sédécias a succédé à Jojakin nous amène à lui attribuer une date un peu plus ancienne, 601 av. J-C, en suivant certaines données chronologiques du Livre de Mormon. » (Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 190-191 ; voir aussi Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre 10, chapitre 9 ; et ÉzéchieI 4:14).


Les prophéties d'Ézéchiel pourraient être groupées en gros en trois étapes de temps comme suit : 1. Proche : de quelques jours à quelques années ; 2. Intermédiaire : de quelques années à quelques centaines d'années (pour la plupart accomplies vers 200 av. J-C environ) ; 3. Lointaine : de 2500 à 2700 ans plus tard.


ÉZÉCHIEL 1

Ézéchiel 1:1, 4-28. Récit de la vision d'Ézéchiel


Il est très difficile, sinon impossible, à un mortel de rapporter par écrit le message et l'esprit d'une vision ou d'une autre révélation de Dieu, d'une manière telle que le lecteur ait une compréhension complète de ce qui se produisit et de ce qui fut communiqué. Tel fut le problème que dut affronter Ézéchiel quand il voulut  décrire ces visions transcendantes du ciel. D'autres aussi se sont trouvés devant le même problème (voir 2 Corinthiens 12 :4; 3 Néphi 28:12-14 ; D&A 76:114-17).


« Si vous pouviez regarder cinq minutes dans le ciel, vous en sauriez plus que vous n'en sauriez en lisant tout ce qui a jamais été écrit sur le sujet. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 262)


On doit recevoir la révélation pour la comprendre pleinement. Ceux, et Ézéchiel en fait partie, qui ont eu des visitations ou des visions des mondes éternels ont souvent utilisé le symbolisme, les métaphores, les similitudes, les comparaisons et d'autres sortes de langage figuré pour essayer de communiquer l'expérience qu'ils ont eue et le message qu'ils ont reçu (voir D&A 110:2-3 ; JSH v. 32 ;  Daniel 10:5-9 ; Apocalypse 1:12-18 ; 12:1-6). C'est pourquoi, tout ce qu'Ézéchiel a dit ne doit pas être pris littéralement, car il utilise beaucoup d'expressions figurées pour essayer de dire quelque chose qui dépasse de loin l'expérience mortelle. Bien des fois, par exemple, il utilise des mots tels que comme, aspect et apparence (voir Ézéchiel 1:4- 5, 7, 10, 13-14, 16, 24, 26-28).


Une autre difficulté pour comprendre Ézéchiel et les autres auteurs de l'Ancien Testament, ce sont les différences culturelles entre les Juifs de l'époque d'Ézéchiel et le lecteur moderne. 


Ézéchiel 1:4. « un vent impétueux »


Cette métaphore désigne la puissance de Dieu. Par exemple, la puissance de la présence de Dieu fut révélée à Job par une tempête (voir Job 38:1).


Ézéchiel 1:4, 13. Nuée, feu, clarté,charbons ardents, flambeaux, éclat étincelant


Ces figures sont utilisées dans toutes les Écritures quand il s'agit de parler de la gloire, de la puissance et de la majesté de la présence de Dieu ou de celle de ses messagers (voir « nuée » et « feu » dans Exode 13:21-22 ; 16:10 ; 19:9-16 ; 24:16 ; Lévitique 16:2 ; Matthieu 17:5 ; D&A 34:7 ; Voir « feu », « éclat », « couleur d'ambre », « flambeaux » et « éclair » dans Exode 3:2 ; Hébreux 12:29 ; 1 Néphi 1:6 ; D&A 29:12 ; 110:2-3 ; 133:41 ; Habacuc 3:3-4 ; Actes 26:13 ; 2 Thessaloniciens 2:8 ; JSH v. 16-17, 30-32 ; Daniel 10:6).


Ézéchiel 1:5-6, 10. Quatre animaux ayant quatre faces


Dans sa vision, Ézéchiel vit quatre animaux, dont chacun avait quatre faces. « Ils avaient tous une face d'homme… de lion… de boeuf… d'aigle » (Ézéchiel 1:10). L'apôtre Jean eut une vision similaire. dans sa vision les êtres vivants sont décrits comme semblables  «à un lion… à un veau… [à] un visage d'homme, et… à un être en plein vol » (Apocalypse 4:7). Le prophète Joseph explique que les quatre êtres vivants de la vision de Jean représentent des catégories d'êtres (voir D&A 77:3). Les faces des animaux de la vision d'Ézéchiel semblent représenter la même chose. Le commentaire midrachique suivant cadre avec cette conception :


« L'homme est exalté au milieu de la création, l'aigle est exalté au milieu des oiseaux, le boeuf est exalté au milieu des animaux domestiques, le lion est exalté au milieu des animaux sauvages ; et ils ont tous reçu la domination, et la grandeur leur a été donnée, et cependant ils se tiennent sous le char saint. » (D. Guthrie et J. A. Matyer, éditeurs, The New Bible Commentary, Revised, p. 667)


Ézéchiel vit que le trône de Dieu était au-dessus des animaux (Ézéchiel 1:26-28). Cette situation signifie qu'il a domination sur tous les êtres vivants, même s'il fournit à toutes ses créations, tant animaux qu'hommes, le moyen d'entrer dans la gloire éternelle, chacun dans son ordre approprié (voir D&A 77:2-3).


Ézéchiel 1:6. Que représentent les ailes des animaux ?


Le Seigneur a enseigné à Joseph Smith que les ailes   des êtres vivants que Jean vit dans sa révélation (voir Apocalypse 4:8) « représentent le pouvoir de se mouvoir, d'agir, etc. » (D&A 77:4). Cette interprétation semble aussi s'appliquer aux animaux de la vision d'Ézéchiel.


Ézéchiel 1:7. Des pieds comme du bronze poli


Le mot droit dans Ézéchiel 1:7 signifie « debout et non plié comme quand on est assis ou à genoux » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 9:1-23). C'est-à-dire que les animaux ne se déplaçaient pas comme un homme se déplace quand il marche.


La comparaison de la plante de leurs pieds à celle du pied d'un veau semble désigner le caractère lisse du sabot de la vache et indique que les pieds des animaux étaient luisants. « Il n'est rien qui donne un éclat plus grand que le bronze fortement poli » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:425).


Ézéchiel 1:9, 11. Leurs ailes étaient jointes l'une à l'autre


Les animaux de la vision d'Ézéchiel se trouvaient dans une harmonie et une unité complètes. Ils se déplaçaient à l'unisson, ce qui symbolise l'utilité totale existant parmi tous les êtres vivants qui se soumettent à la volonté de Dieu.


Ézéchiel 1:15-21. Que représentent les roues décrites par Ézéchiel ?


Du fait que Joseph Smith a reçu du Seigneur des clefs pour interpréter la signification des êtres vivants de la vision de Jean (voir D&A 77:2-4), les parallèles entre la vision de Jean et celle d'Ézéchiel nous donnent quelques indices quant à la signification des animaux vus par Ézéchiel. Il n'y a cependant aucun parallèle entre la vision de Jean et les roues vues par Ézéchiel.


«  J'affirme hardiment que chaque fois que Dieu donne la vision d'une image d'une bête ou d'une représentation quelconque, il assume toujours la responsabilité de donner une révélation ou une interprétation de sa signification, sinon nous ne sommes ni responsables ni tenus de rendre compte de notre croyance en elle. N'ayez pas peur d'être damnés parce que vous ne connaissez pas la signification d'une vision ou d'une représentation, si Dieu n'a pas donné de révélation ou d'interprétation sur le sujet. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 234)


À ce jour l'interprétation de la vision d'Ézéchiel n'a pas été donnée, par conséquent personne n'est tenu de comprendre ce que représente chaque détail, comme les roues.


ÉzéchieI 1:26-28. Ézéchiel vit Dieu sur son trône


Ézéchiel vit une étendue sur ou au-dessus des animaux. Au-dessus de l'étendue, Ézéchiel vit Dieu assis sur son trône dans sa gloire. Ézéchiel utilise plusieurs termes pour décrire l'éclat, la beauté et la gloire de Dieu. Puis, en tant qu'humble témoignage de cette gloire, de cette beauté et de cette majesté, il tombe la face contre terre avec une crainte respectueuse (voir aussi Ésaïe 6:1-5 ; Apocalypse 1:10-18 ; D&A 76:19-23 ; 110:1-4 ; voir aussi les parallèles entre le langage d'Ézéchiel et celui de Jean dans Apocalypse 4:2-11).


ÉZÉCHIEL 2

ÉzéchieI 2:9-10 ; 3:1-3. Que faut-il entendre par le « livre en rouleau » que le Seigneur fait manger à Ézéchiel ?


Dans une expérience similaire, l'apôtre Jean reçut, lui aussi, le commandement de manger un livre. Le Seigneur explique, par l'intermédiaire du prophète Joseph Smith, que ce geste représente une mission confiée à Jean parmi les tribus d'Israël (voir D&A 77:14).


« Le fait pour Jean de manger un livre contenant la parole que Dieu lui a adressée est conforme à la coutume et à la tradition de l'Israël antique. Le geste signifie qu'il mange le pain de vie, qu'il participe à la bonne parole de Dieu, qu'il fait un festin de la parole du Christ qui est dans sa bouche aussi douce que le miel. Mais il remplit d'amertume ses entrailles (voir Apocalypse 10:10), c'est-à-dire que les jugements et les fléaux promis à ceux à qui la parole de Dieu était envoyée l'amenèrent à désespérer et à éprouver du chagrin. 'Que tes paroles sont douces à mon palais, plus que le miel à ma bouche !' (Psaumes 119:103). Tel est le cri de joie du psalmiste et inversement combien est amer le châtiment pour la rébellion et la désobéissance. Ézéchiel eut une expérience semblable. Il lui fut commandé de manger un rouleau (un livre), qui fut dans sa bouche 'doux comme du miel', mais dans l'écrit lui-même il y avait des 'lamentations,plaintes, gémissements' (ÉzéchieI 2:10). » Bruce R. McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:507)

ÉZÉCHIEL 3

ÉzéchieI 3:1-3. Voir commentaire sur ÉzéchieI 2:9-10 ; 3:1-3.


ÉzéchieI 3:8. « J'endurcirai ta face… j'endurcirai ton front »


Le Seigneur promet à Ézéchiel la force, le courage et la fermeté, étant donné que sa mission s'adresse à un peuple très rebelle et entêté (voir Jérémie 1:17-19). Le Seigneur donne à ses humbles serviteurs suffisamment de force pour résister à l'opposition que le monde leur manifeste tandis qu'ils cherchent à faire sa volonté.


ÉzéchieI 3:17-21. Il peut y avoir danger à être sentinelle


Du temps d’Ézéchiel, la sentinelle sur une tour mettait le peuple en garde contre le danger imminent représenté par les armées ennemies. Ézéchiel mettait son peuple en garde contre les ennemis qui leur faisaient courir un danger spirituel.


Les prophéties d'Ézéchiel ne tombèrent pas dans des oreilles amicales. Mais, en tant que sentinelle, il devait élever la voix d'avertissement. L'analogie de la sentinelle faisait allusion à la sentinelle militaire, qui devait rester éveillée et qui risquait d'être exécutée si elle n'avertissait pas la ville quand l'ennemi apparaissait. Pareille sentinelle était toujours en danger : l'ennemi cherchait à la tuer pour l'empêcher de donner l'alarme et, si elle ne donnait pas l'alarme quand c'était nécessaire, sa vie était en danger de la part de ceux qu'elle avait la responsabilité d'avertir. De même, les sentinelles dans le royaume du Seigneur ont une responsabilité grave aux conséquences lointaines.


« Étant sentinelles sur la tour de Sion, nous avons l'obligation et le droit en tant que dirigeants d'élever la voix contre les maux de l'époque : des maux qui s'attaquent aux bases mêmes de tout ce que nous chérissons en tant que véritable Église du Christ et en tant que membres de nations chrétiennes.


« Étant l'une de ces sentinelles, ayant l'amour de l'humanité, j'accepte humblement cette obligation et cette tâche difficile et je m'efforce avec reconnaissance de faire mon devoir sans crainte. À une époque aussi grave que la nôtre, nous ne devons pas laisser la peur de la critique nous empêcher de faire notre devoir, au risque même de voir nos avis étiquetés comme étant politiques, à mesure que le gouvernement s'insère de plus en plus dans notre vie quotidienne…

« L'Église est basée sur la vérité éternelle. Nous ne faisons pas de compromis sur les principes. Nous ne renonçons pas à nos principes, quelles que soient les tendances ou les pressions du jour. La fidélité de l'Église à la vérité est inébranlable. S'élever contre les actions immorales ou injustes a été la tâche des prophètes et des disciples de Dieu depuis des temps immémoriaux. C'est pour cette raison même que beaucoup d'entre eux ont été persécutés. Néanmoins c'était la tâche que Dieu leur avait donnée, en tant que sentinelles sur la tour, d'avertir le peuple. » (
Ezra Taft Benson, L'Étoile, novembre 1973, p. 466-467)


ÉzéchieI 3:25-27. Pourquoi Ézéchiel sera-t-il lié ?


Ézéchiel est appelé à prophétiser à un peuple très obstiné, et, comme Néphi le dit plus tard : « Les coupables trouvent que la vérité est dure, car elle les blesse au plus profond d'eux-mêmes » (1 Néphi 16:2). Quand ils entendirent les messages pleins de reproches et d'avertissements, les concitoyens impies d'Ézéchiel se dressèrent contre lui. Ils cherchèrent à le faire taire et à empêcher son oeuvre, soit en le ligotant et en l'enfermant physiquement (bien qu'il n'y ait aucun passage d'Écriture qui dise que cela se soit réellement produit) ou en rejetant son message, en refusant d'écouter et en cherchant à en amener d'autres à faire de même,« liant » ainsi l'efficacité d'Ézéchiel.


ÉZÉCHIEL 4

ÉzéchieI 4:1-3. Représentation du siège de Jérusalem par Ézéchiel


Ézéchiel reçoit le commandement de représenter la ville de Jérusalem sur une tablette d'argile et de décrire pour le peuple les événements qui vont s'abattre sur la ville. Le Seigneur veut rendre très clair pour le peuple, à l'aide de divers moyens, le message qu'il a pour lui. Ézéchiel reçoit le commandement de mettre sous les yeux du peuple d'autres représentations visuelles pour enseigner plus efficacement ses messages (voir ÉzéchieI 4:4 à 17:5). D'autres prophètes ont reçu pour instructions d'utiliser des techniques d'enseignement similaires (voir Jérémie 27:1-11 ; Actes 21:11 ; 1 Rois 11:29-39 ; 13:1-11 ; 19:1-18).


Pendant les événements décrits dans Ézéchiel 4, Ézéchiel lui-même était en captivité avec d'autres Juifs à Babylone. À deux reprises, Nebucadnetsar était allé à la guerre contre Juda et avait chaque fois fait des captifs. Mais les deux fois il se retira, pensant avoir donné une leçon à Juda. Par conséquent Jérusalem resta intacte jusqu'au troisième siège, qui entraîna la destruction de Juda. Ézéchiel représente cette destruction d'une manière spectaculaire aux versets 1-3.


La « poêle de fer » (v. 3) représente la muraille que les Chaldéens construisirent autour de Jérusalem pendant leur siège. Elle empêchait les fuites et ne permettait aucun approvisionnement.


ÉzéchieI 4:4-8. Pourquoi Ézéchiel reçoit-il le commandement de se coucher sur le côté gauche puis le côté droit pendant 430 jours ?


ÉzéchieI 4:4- 8 contient un nouvel exemple de technique didactique qui n'a pas été complètement interprété. Après avoir dessiné l'image de Jérusalem assiégée (v. 1-3), Ézéchiel reçoit l'ordre de se coucher sur le côté pendant 390 jours et de porter l'iniquité d'Israël (dans ce cas il semble qu'il s'agisse du royaume du Nord). Ensuite il devait changer de côté et se coucher pendant 40 jours encore pour porter l'iniquité de Juda.


La signification symbolique de l'acte est la suivante : Ézéchiel devait être lié au lit (v. 8) et ligoté pour montrer que les deux royaumes étaient ligotés ou conduits en esclavage à cause de leur iniquité. Mais on ne sait pas si Ézéchiel a été jusqu'à accomplir cet acte. Il semble étrange que le Seigneur ait demandé à un prophète de rester quinze mois immobile. Peut-être qu'Ézéchiel ne se couchait sur le côté, comme cela lui était commandé, que le soir, quand il était au lit, ou peut-être accomplit-il l'acte d'une manière symbolique quelconque.


On ne sait pas exactement pourquoi les chiffres 390 et 40 sont utilisés, attendu que, en dépit du fait qu'il fut dit à Ézéchiel que chaque jour représentait une année (v. 6), les années ne correspondent à aucune histoire connue.


Keil et Delitzsch, utilisant le total de 430 jours ou années (390 + 40), suggèrent que c'est le nombre d'années qu'Israël fut en esclavage en Égypte (voir Exode 12:40-41). Ils expliquent que la division en 390 et 40 jours représentait quarante ans qui se passèrent après que Moïse eut tué l'Égyptien et se fut enfui dans le désert de Madian (voir Exode 2:11-15 ; Actes 7:23, 30). Cette période, qui se situe juste avant le moment où Moïse revint délivrer Israël, fut probablement la période de souffrance la plus intense pour Israël (voir Commentary, 9:1:74-76). Mais d'autres croient que les 430 ans constituent l'époque s'étendant d'Abraham à l'Exode. Sans clef révélée pour interpréter ces nombres, on ne peut pas interpréter ce passage d'une manière précise.


ÉzéchieI 4:9-11, 16-17. Pourquoi Ézéchiel reçoit-il l' ordre de manger des aliments bien précis et de le faire en respectant les poids et mesures ?


Un autre acte symbolique qu'il fut commandé à Ézéchiel d'accomplir représentait la situation qui régnerait pendant le siège de Jérusalem par les Babyloniens.


« En temps de disette, il est courant dans tous les pays de mélanger plusieurs espèces de grains de moindre valeur au meilleur grain, pour le faire durer plus longtemps. Ce 'machlîn', que le prophète reçoit le commandement de prendre, de froment, d'orge, de fèves, de lentilles, de millet et d'épeautre, devait montrer à quel point les aliments nécessaires à la vie seraient rares pendant le siège…


« Tous les grains ci-dessus, moulus, devaient être façonnés en une seule masse, dont ils devaient tirer trois cent quatre-vingt-dix pains, un pain par jour, et ce pain devait peser vingt sicles. Or un sicle pesant environ quatorze grammes, cela ferait deux cent quatre-vingts grammes de pain par jour ; et avec cela de l'eau constituant le sixième d'un hin, ce qui est environ un litre de notre mesure. Tout cela montre que les provisions seraient tellement réduites pendant le siège, qu'on serait obligé de manger le type d'aliment le plus vulgaire et ce, au poids, et son eau à la mesure ; la ration de chaque homme étant à peine d'un litre et deux cent quatre-vingts grammes (un peu plus d'une demi-livre de pain) pour se nourrir chaque jour. » (Clarke, Commentary, 4:4 34)


L'expression «  je vais briser le bâton du pain » (ÉzéchieI 4:16) indique que le moment viendrait où les habitants de Jérusalem seraient sans pain (voir 2 Rois 25:3 qui rapporte l'accomplissement de la prophétie).


ÉzéchieI 4:12-15. Dans quel but Ézéchiel reçut-il le commandement de cuisiner sur de la bouse ?


« La bouse de boeuf et de vache séchée est un combustible courant en Orient ; et c'est avec cela, vu le manque de bois et de charbon, qu'ils sont obligés de préparer leur nourriture. On récolte effectivement des excréments séchés de toute espèce. Ici, le prophète doit préparer son pain avec des excréments humains séchés… Cela était requis pour montrer la misère extrême à laquelle ils seraient exposés, car, n'étant pas capables de quitter la ville pour recueillir les excréments  séchés des bêtes, les habitants seraient littéralement obligés, au cours du siège, d'utiliser les excréments humains séchés comme combustible. Les circonstances mêmes montrent que telle fut exactement la situation. Toutefois, nous voyons que le prophète ne fut pas obligé d'utiliser ce genre de combustible, car, à sa demande, de la bouse de vache lui fut donnée en remplacement (voir v. 15). » (Clarke, Commentary, 4:4 34-35)


Comme l'indique ÉzéchieI 4:13, les Juifs seraient chassés à Babylone où ils seraient obligés de manger  du «pain souillé ». Comme les pays étrangers étaient considérés comme impurs (voir Osée 9:3-4 ; Amos 7:17), vivre et manger dans d'autres pays était considéré comme impur.

ÉZÉCHIEL 5

ÉzéchieI 5:1-4, 12. Que faut-il entendre par la coupe et la répartition des cheveux d'Ézéchiel ?


Dans ÉzéchieI 5:12, le Seigneur explique brièvement l'acte symbolique suivant qu'il commande à Ézéchiel d'accomplir (voir v. 1-4). Ézéchiel représentait la nation juive et particulièrement la ville de Jérusalem. Ce qu'il devait faire à ses cheveux serait également fait à Juda. Le rasoir représentait les Babyloniens qui découperaient Juda avec l'épée et seraient l'instrument par lequel les jugements s'abattraient sur lui.


« Rendre la tête chauve, raser ou arracher la barbe étaient un signe de deuil chez les Hébreux et dans beaucoup d'autres nations » (James M. Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 256 ; voir aussi Esdras 9:3 ; Job 1:20 ; Ésaïe 22:12 ; 48:37-38).


De même qu'Ézéchiel devait brûler le tiers des cheveux dans la ville, de même le tiers des habitants de Juda périrait dans Jérusalem pendant le siège. Le tiers des cheveux qu'Ézéchiel coupa avec un couteau représentait ceux qui seraient tués par l'épée dans les environs de Jérusalem. Le tiers qui fut dispersé dans le vent représentait ceux qui seraient emmenés en captivité et dispersés loin de leur patrie. En outre, une épée serait tirée derrière ceux qui seraient dispersés (voir ÉzéchieI 5:2, 12), ce qui était exprimé par les cheveux qu'Ézéchiel serra dans les pans de son vêtement et jeta plus tard au feu. Cet acte signifiait que, même parmi ceux qui étaient emmenés en captivité et étaient préservés de la destruction originelle, certains seraient brûlés « dans le feu » (v. 4) plus tard pour être détruits ou pour être  purifiés de l'iniquité par les tribulations. Juda ne serait pas entièrement détruit, comme l'atteste la promesse du Seigneur que certains finiraient par échapper (voir ÉzéchieI 6:8-10).


ÉzéchieI 5:10. « Des pères mangeront leurs enfants »


Comme Moïse l'avait prophétisé précédemment (voir Lévitique 26:29 ; Deutéronome 28:53), le siège de Jérusalem serait tellement terrible et la famine si atroce que les parents mangeraient leurs enfants et les enfants leurs parents (voir ÉzéchieI 16-17 ; Jérémie 19:9 ; Lamentations 2:20 ; 4:10). Ces tragédies se produisirent aussi pendant le siège de Jérusalem par Titus en 70 de notre ère (voir Josèphe, De la guerre des Juifs contre les Romains, livre 5, chapitre 27 ; livre 6, chapitres 20, 21).

ÉZÉCHIEL 6

ÉzéchieI 6:9. Que faut-il entendre par l'expression «
coeur adultère et infidèle » ?


L'expression « coeur adultère et infidèle » désigne l'idolâtrie pratiquée par Israël. Certains trouveront peut-être étrange que l'Israël d'autrefois se soit rendu coupable d'une telle infidélité envers l'Éternel. Et pourtant l'Israël moderne est souvent coupable de la même chose. Bien qu'aujourd'hui les hommes adorent rarement des idoles de bois ou de pierre, ils peuvent se consacrer à servir  certains gouvernements qui se sont proclamés la religion d'État, ou alors, ils se consacrent à l'acquisition de choses matérielles ou à d'autres activités qui les éloignent du service de Dieu (voir Spencer W. KimbaIl, Le Miracle du pardon, p. 45-47).


Les Juifs adoraient les dieux étrangers, parce qu'ils mettaient leur confiance dans la force des hommes et des gouvernements terrestres plutôt qu'en l'Éternel et en la justice pour résoudre les questions relatives au bonheur et au bien-être humains. L'idolâtrie moderne est essentiellement la même que l'idolâtrie antique, bien que la forme extérieure ait changé.

ÉZÉCHIEL 7

Ézéchiel 7:7. « Plus de cris de joie dans les montagnes »


L'expression « Plus de cris de joie dans les montagnes » dans Ézéchiel 7:7 concerne la destruction imminente de Jérusalem.


« Les troupes ennemies avancent ! Vous entendez un son, un bruit tumultueux ; ne supposez pas que cela vient de fêtes célébrées sur les montagnes, de la joie des moissonneurs ou de ceux qui foulent au pressoir [les grandes réjouissances étaient courantes au moment de la moisson]. C'est le bruit de ceux par lesquels vous allez, vous et votre pays, tomber… ils n'ont pas la réverbération du son, ou le renvoi du son ou l'écho provenant des montagnes. 'Maintenant je vais bientôt répandre ma fureur' (v. 8). La voilà ! » Clarke, Commentary, 4:439-440).


Dans tout le chapitre 7, Ézéchiel fait résonner le même thème que faisait retentir Jérémie : À cause de la méchanceté du peuple, Jérusalem va être détruite.


Ézéchiel 7:20. Qu'est-ce que la parure ?


La parure mentionnée dans Ézéchiel 7:20 est une  allusion au temple, la plus belle parure de Jérusalem. Le temple sera pillé et profané par les conquérants, parce que le peuple l'a pillé et l'a spirituellement profané par ses idoles.

ÉZÉCHIEL 8

ÉzéchieI 8:3-18. Vision par Ézéchiel des abominations idolâtres à Jérusalem


Quoique résidant à Babylone parmi les exilés, Ézéchiel est transporté « dans des visions divines » (ÉzéchieI 8:3) au temple de Jérusalem.


« C'est là, dans le temple, que l'Éternel montre au prophète les diverses sortes d'idolâtrie qu'Israël pratique aussi bien en public qu'en privé, pas simplement dans le temple, mais dans tout le pays. La répartition de ces différentes formes d'idolâtrie en quatre groupes ou scènes d'abomination (versets 5-6, 7-12, 13-15 et 16-18), que le prophète voit dans et de la cour du temple, appartient au style visionnaire de cette révélation divine. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1-116-117)


ÉzéchieI 8:7-12. Adoration des animaux dans les ténèbres


Dans sa vision de la deuxième abomination qui lui est montrée (voir ÉzéchieI 8:7-12), Ézéchiel voit toutes sortes d'animaux et de reptiles.


« Il est très vraisemblable que les images représentées sur le mur étaient les objets d'adoration des Égyptiens : le boeuf, le singe, le chien, le crocodile, l'ibis, le scarabée et divers autres. Il semble qu'ils aient été adorés en privé par le Sanhédrin ou grand conseil juif, composé de soixante-dix ou soixante-douze personnes, six choisies dans chaque tribu pour représenter le peuple. Les images étaient représentées sur le mur, tout comme nous trouvons ces idoles antiques sur les murs des tombes des rois et des nobles d'Égypte. » (Clarke, Commentary, 4:443)


Il est significatif que ce culte se pratiquait dans les ténèbres (voir v.12). Ce fait, outre la nécessité dans laquelle se trouvait Ézéchiel de percer le mur pour voir à l'intérieur, montre que les Israélites d'autrefois connaissaient le Seigneur mais cherchaient à lui cacher leurs pratiques abominables. Ils disaient : « L'Éternel ne nous voit pas » (v.12). Tel est souvent le cas parmi ceux qui accomplissent des gestes impies. Comme il est insensé de penser qu'on peut cacher ses actes à l'oeil de Dieu qui voit tout.


Ézéchiel 8:14. Qui était Thammuz et pourquoi les femmes pleuraient-elles pour lui ?


Selon J. R. Dummelow, Thammuz était « une divinité adorée à la fois en Babylonie et en Phénicie, la même que le Grec Adonis. Il semble avoir été un dieu du printemps, et le mythe qui le concerne parlait de sa mort précoce et de la descente d'Ichtar, sa jeune épouse, aux enfers à sa recherche. La mort de Thammuz symbolisait la destruction de la végétation du printemps par la chaleur de l'été, et elle était fêtée annuellement par cette journée de deuil des femmes lors du quatrième mois (juin-juillet), qui était appelé Thammuz. Cette superstition avait été introduite à Jérusalem. » (J. R. Dummelow, A Commentary on the Holy Bible, p. 497-498)


ÉzéchieI 8:16. Le culte du soleil, le dos tourné au temple


« Le culte du soleil était pratiqué par les Cananéens mais avait récemment été réintroduit par l'Assyrie (voir 2 Rois 23:5-11 ; Jérémie 8:2). Entre le portique et l'autel était l'endroit où les sacrificateurs priaient (voir Joël 2:17), le visage, bien entendu, tourné vers le temple ; c'est là que, le dos tourné au temple, se faisait l'adoration du soleil, qui constituait le renoncement le plus total possible à l'Éternel. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 6 70 ; voir aussi 2 Chroniques 29:6)


ÉzéchieI 8:17. Que signifie approcher « le rameau de leur nez » ?


Bien que la signification de l'expression « approcher le rameau de leur nez » ne soit pas claire et qu'il y ait des divergences d'opinion parmi les savants, un commentaire de Dummelow peut être utile. Il écrit que l'expression « s'explique ordinairement comme étant une cérémonie liée au culte du soleil. Les Perses adorateurs du soleil tenaient devant la bouche des bouquets de brindilles de certains arbres, afin de ne pas contaminer le soleil de leur souffle. » (Dummelow, Commentary, p. 498)

ÉZÉCHIEL 9

Ézéchiel 9:4. Pourquoi une marque fut-elle faite sur le front des justes à Jérusalem ?


« Cette marque devait être mise sur ces fidèles pour les protéger lorsque les infidèles seraient détruits. Elle montrait qu'ils appartenaient à Dieu. Il s'agit là d'une allusion à une coutume très ancienne. En Égypte, un esclave en fuite était libéré de son maître s'il allait au temple et se donnait au dieu, recevant sur sa personne certaines marques pour exprimer sa consécration à la divinité qui y était adorée. Une marque fut mise sur Caïn pour le protéger, preuve de la promesse de Dieu de lui épargner la vie en dépit de sa méchanceté [voir Genèse 4:15]. Aujourd'hui encore tout hindou porte  une marque d'une sorte ou d'une autre sur le front indiquant sa consécration à son dieu. Plusieurs passages de l'Apocalypse montrent les saints avec une marque sur le front [voir Apocalypse 7:3 ; 9:4 ; 14:1 ; 22:4]. Il est également dit de ceux qui suivent la 'bête' qu'ils sont marqués sur le front ou sur les mains [voir Apocalypse 13:16-17 ; 14:9 ; 20:4]. Les Romains marquaient leurs soldats à la main et leurs esclaves au front. La femme vêtue de pourpre et d'écarlate, que Jean vit, avait un nom écrit sur le front [voir Apocalypse 17:5]. » (Freeman, Manners and customs of the Bible, p. 301-302)


Dans le cas d'Ézéchiel 9:4, la marque représentait l'allégeance des fidèles à Dieu. Étant ceux qui appartenaient à Dieu, ils seraient préservés.


ÉzéchieI 9:5-8. Mise à mort de ceux qui n'étaient pas marqués sur le front


Aucun de ceux qui étaient marqués au front ne devait être tué. Ce passage montre que même dans la guerre, les fléaux et la famine, le Seigneur peut préserver ceux qu'il veut et laisser mourir les autres (voir 3 Néphi 10:12). Même s'il doit y avoir des martyrs et d'autres exceptions, les saints d'aujourd'hui ont la promesse que, d'une manière générale, les justes seront préservés dans les tribulations à venir (voir 1 Néphi 22:16-17 ; 2 Néphi 30:10 ; D&A 97:25-27 ; 115:6 ; Moïse 7:61- 62). Dans une grande mesure, la préservation des justes est une chose à laquelle on peut naturellement s'attendre, puisqu'ils suivent les recommandations inspirées qui les amènent à faire des choix favorables à leur bien-être (voir le commentaire sur ÉzéchieI 21:1).


Ce n'est pas le simple fait de faire partie du royaume de Dieu qui préserve les gens : c'est la justice personnelle. En fait, le Seigneur a réservé ses jugements les plus sévères à ceux qui professent son nom mais ne lui obéissent pas.


« Où ces jugements grands et sévères commenceront-ils ? Sur quel peuple le Seigneur a-t-il l'intention de commencer sa grande oeuvre de vengeance ? Sur le peuple qui professe connaître son nom et le blasphème malgré tout au milieu de sa maison. C'est lui qui est désigné pour subir certains  des jugements les plus terribles des derniers jours. » (Orson Pratt, dans N. B. Lundwall, compilateur, lnspired Prophetie Warnings to All lnhabitants of the Earth, p. 139).


Comparer Ézéchiel 9:6 et D&A 112:24-26.

ÉZÉCHIEL 10

Ézéchiel 10. Ézéchiel reçoit encore une vision semblable à la précédente


La description, au chapitre 10, d'une vision ultérieure d'Ézéchiel, contient beaucoup d'éléments qui correspondent à la vision décrite au chapitre un. Une différence importante au chapitre dix est l'allusion fréquente aux chérubins. La substitution de la face de boeuf du chapitre un (voir v. 10) par la face d'un chérubin au chapitre dix (voir v. 14) suscite une question d'interprétation. Si les faces représentent diverses classes d'êtres vivants dans le royaume de Dieu, qui agissent en harmonie avec sa volonté, le problème n'est pas difficile. Le chérubin, qui est un ange  au service de Dieu, est dans la même catégorie que tous les êtres vivants qui servent Dieu. En fait, tous les êtres vus par Ézéchiel sont qualifiés de chérubins (voir Ézéchiel 10:20). Tous suivent les ordres de son Esprit et accomplissent son oeuvre.


Le verset douze du chapitre dix parle d'yeux sur le corps, le dos, les mains et les ailes des chérubins et sur les roues. Ces yeux représentent la lumière et la connaissance. Tous les êtres qui servent Dieu avec un dévouement total peuvent avoir la bénédiction de recevoir la lumière du Christ, esprit par lequel ils agissent en harmonie complète, conformément à sa volonté.


ÉzéchieI 10:1. Que sont les chérubins ?


« Apparemment, un chérubin est un ange appartenant à un certain ordre ou rang auquel sont confiés des devoirs précis. La partie de la parole du Seigneur qui est maintenant accessible aux hommes n'expose pas clairement l'identité ni l'oeuvre de ces êtres célestes. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 124-125)


ÉzéchieI 10:2, 6-7. Que signifient les charbons ardents dispersés sur Jérusalem ?


La partie de la vision d'Ézéchiel qui se trouve dans ÉzéchieI 10:2, 6-7 fait allusion au jugement, et à l'incendie et à la destruction qui seront finalement le sort de la ville.

ÉZÉCHIEL 11

Ézéchiel 11:3, 7, 11. «
Ce n'est pas le moment ! Bâtissons des maisons ! La ville est la chaudière, et nous sommes la viande »


« Jérémie avait appelé ceux qui étaient en exil à se construire des maisons et à se préparer pour un séjour prolongé à Babylone et à ne pas se laisser séduire par les paroles des faux prophètes, qui prédisaient un prompt retour ; car des jugements sévères devaient encore tomber sur ceux qui étaient restés en arrière au pays [voir Jérémie 29]. Les autorités de Jérusalem ridiculisèrent cette parole de Jérémie, disant : 'Ce n'est pas le moment ! Bâtissons des maisons ! La ville est la chaudière, et nous sommes la viande', c'est-à-dire ce n'est pas prochainement qu'on va construire des maisons en exil ; on n'en arrivera pas à ce que Jérusalem tombe entre les mains du roi de Babylone, que ce soit d'une manière permanente ou totale. Au contraire, Jérusalem est la marmite, et nous, ses habitants, nous sommes la viande. La comparaison est celle-ci : de même que la marmite empêche la viande de brûler, de même la ville de Jérusalem nous protège de la destruction… Ces paroles expriment non seulement une confiance erronée en la force de Jérusalem, mais aussi le mépris et le dédain pour les prédictions des prophètes envoyés par Dieu. Ézéchiel doit donc prophétiser, comme il le fait aux versets 5 à 12, contre cette opinion pernicieuse qui conforte le peuple dans ses péchés. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1:144-145)

ÉZÉCHIEL 12

ÉzéchieI 12:1-14. La fuite, l'abandon et la crevaison des yeux de Sédécias décrits sous forme de symboles prophétiques


La prophétie du sort de Sédécias faite par Ézéchiel semble contredire celle de Jérémie et incita Sédécias à rejeter les deux (voir le commentaire sur 2 Rois 25:1-7).


ÉzéchieI 12:27. « Il prophétise pour des temps éloignés »


Une erreur courante et ridicule que les gens sans inspiration commettent est d'ignorer les avertissements prophétiques, pensant que leur accomplissement n'est pas imminent et qu'ils ont toujours le temps de « manger, boire et se réjouir » (2 Néphi 28:7-8). Ils pensent toujours que le repentir peut venir plus tard. Le Seigneur, pendant son ministère, mit en garde contre une telle sottise (voir Matthieu 24:37-44 ; 25:1-13). Il est bien plus sage de se repentir dès le premier son de la voix d'avertissement des oints du Seigneur.

ÉZÉCHIEL 13

ÉzéchieI 13:1-16. Ézéchiel réprimande les faux prophètes


Le chapitre 13 d'Ézéchiel suit de près la condamnation des faux prophètes par Jérémie (voir Jérémie 23:9-40).


Il est courant, parmi les peuples du monde, de rejeter les paroles des vrais prophètes et d'accepter les paroles des faux (voir Hélaman 13:24-38). C'est la méthode facile au début, car elle permet aux gens de n'accepter que ce qu'ils veulent entendre. C'est néanmoins le chemin de la destruction.  


Les faux prophètes apaisent et endorment les gens dans une sécurité charnelle (voir 2 Néphi 28:21). Comme les renards rusés du désert (ÉzéchieI 13:4), ils se procurent leur proie par la subtilité. Les faux prophètes n'ont pas prévu de défense sûre pour le peuple contre la destruction spirituelle (voir v. 5). Ézéchiel compare l'oeuvre des faux prophètes au fait d'enduire un mur de badigeon (v. 10).


« Kitto est d'avis qu'il est fait allusion ici aux murs en pisé, c'est-à-dire des murs faits de terre battue entassée dans des moules ou des boîtes pour lui donner une forme ou une consistance et puis déversée des moules, couche par couche, sur le mur, où elle sèche à mesure que le travail avance. Ces murs ne peuvent pas résister aux effets du temps, et les maisons construites de cette façon ne tardent pas à s'écrouler et à tomber en ruines… Pour les protéger des intempéries, on fait parfois un très fin mortier, qu'on étale en couches épaisses à l'extérieur des murs. Quand ce mortier est mélangé de chaux, il répond au but prévu ; mais quand on ne met pas la chaux, comme c'est souvent le cas, le mortier non renforcé n'offre pas de protection…


« Mais certains commentateurs traduisent taphel par 'badigeon'. Pour eux l'idée du texte symbolise un mur fait d'un matériau périssable et revêtu, non d'un ciment qui pourrait le protéger, mais d'une fine couche de chaux, qui donne au mur un fini d'apparence durable, que sa nature réelle ne justifie pas. » Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 302)


ÉzéchieI 13:17-23. Dénonciation des magiciennes et des devins


Il vaudrait mieux traduire le mot coussinets (voir Ézéchiel 13:18) par bandes. Le voile faisait partie des accessoires des arts magiques (voir The Interpreter's Bible, 6:132-33).


Ézéchiel prophétisa contre les femmes qui, par la divination (voir ÉzéchieI13:23), éloignaient les gens de Dieu et donnaient un faux sentiment de sécurité. Elles attiraient la destruction sur ceux qui, sinon, pourraient vivre (spirituellement) et soutenaient ceux qui auraient dû être condamnés (voir v. 19, 22). Elles promettaient une prospérité et une liberté (voir v. 20) qu'elles ne pouvaient pas assurer (voir 2 Néphi 28:22-23 ; Alma 30:53, 60).

ÉZÉCHIEL 14

ÉzéchieI 14:9. Le Seigneur trompe-t-il jamais les prophètes ?


Dans la Traduction de Joseph Smith, Ézéchiel 14:9 est corrigé pour lui faire dire que si un prophète est trompé, ce n'est pas par le Seigneur.


ÉzéchieI 14:13-20. Noé, Job et Daniel ne purent pas sauver les impies des jugements de Dieu


Daniel, qui était contemporain d'Ézéchiel à Babylone, fut un des hommes les plus justes de la terre à l'époque et était hautement favorisé par Dieu. Il était même respecté par Nebucadnetsar et Darius, rois de Babylone et de Perse (voir Daniel 2:48 ; 6:1-3). Le Seigneur qualifie Noé et Job d'intègres (voir Genèse 6:9 ; Job 1:1, 8 ; 2:3), signifiant qu'ils marchaient en droiture devant Dieu en vivant les commandements qu'il leur avait donnés. Mais, dit Ézéchiel, même eux n'auraient pas pu sauver le peuple de Juda des conséquences de ses péchés. Tous les hommes subissent les conséquences de leurs actions et ne peuvent compter sur la justice d'autrui (voir Ézéchiel 14:18, 20). En outre, ce n'est pas le pouvoir personnel du porte-parole du Seigneur qui tourne les gens vers Dieu mais la volonté de celui qui reçoit de répondre aux incitations et au témoignage de l'Esprit de Dieu (voir, par exemple, le message de la parabole du riche et de Lazare dans Luc 16:19-31).

ÉZÉCHIEL 15

Ézéchiel 15:1-8. Les habitants de Jérusalem comparés à une vigne inutile


Le peuple de Jérusalem de l'époque d'Ézéchiel était semblable à ceux dont parle Ésaïe dans sa parabole de la vigne (voir Ésaïe 5:1-25). Quoique choisi comme vigne du Seigneur pour produire du fruit, il ne produisait pas et n'avait pas grande valeur.


« Le Seigneur décréta, par l'intermédiaire de son prophète Ézéchiel (15:2- 5) que ce qui donnait de la valeur à un cep de vigne, c'était uniquement son fruit ; et c'est vrai, car le bois de vigne ne sert à rien qu'à brûler ; comme bois, la vigne tout entière est inférieure à une branche d'un arbre de la forêt (v. 3). Et Israël est représenté comme une vigne de ce genre, précieuse si elle est fertile, sinon rien d'autre que du combustible (et encore : de mauvaise qualité). » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 659)

ÉZÉCHIEL 16

ÉzéchieI 16:3-5. Le peuple de Jérusalem était comme des enfants de païens


Le Seigneur dit de Jérusalem (qui représente Juda en général) qu'elle a les Amoréens pour père et les Hittites pour mère.


« Le lignage et la naissance dont il est question ne sont pas un lignage physique mais spirituel. Spirituellement parlant, Israël provenait du pays des Cananéens [alors qu'il aurait dû découler de son père spirituel, l'Éternel] et son père était l'Amoréen et sa mère une Hittite, dans le même sens que quand Jésus dit aux Juifs : 'Vous avez pour père le diable' (Jean 8:44). Le pays des Cananéens est cité comme étant le pays des pires abominations païennes ; et d'entre les tribus cananéennes, les Amoréens et les Hittites sont cités comme père et mère… parce qu'ils étaient reconnus comme les chefs de file de l'impiété cananéenne. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1:196)


Le Seigneur dit : « Ton cordon [ombilical] n'a pas été coupé » (ÉzéchieI 16:4). C'est-à-dire qu'ils étaient toujours nourris dans leur méchanceté par les pratiques dégradantes de leurs voisins païens, qui leur avaient donné le jour dans l'iniquité. Ils n'étaient pas non plus « lavé[s]… frotté[s] avec du sel… enveloppé[s] dans des langes » (v. 4). Ils n'avaient pas été purifiés des corruptions qu'ils avaient héritées de leurs parents.


L'allusion au fait de ne pas avoir été frottés avec du sel vient d'une pratique antique qui voulait que «  les nouveaux-nés soient frottés de sel, afin de leur endurcir la peau, car cette opération était censée la rendre sèche, serrée et ferme… Le sel a peut-être aussi été appliqué comme emblème de pureté et d'incorruptibilité » (Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 304). Le fait de langer aurait été une sorte de protection pour un tendre nouveau-né. Le message qu'Ézéchiel veut transmettre est que les Juifs n'avaient jamais été vraiment purifiés des corruptions du monde et n'étaient jamais nés enfants de Dieu. Sans la sollicitude de Dieu, ils n'avaient personne pour les protéger.


ÉzéchieI 16:30-34. Les iniquités de Juda étaient pires que celles d'une prostituée


Les images utilisées par Ézéchiel au chapitre 16, versets 30 à 34, comptent parmi les plus cinglantes de toutes les Écritures. Comparant l'idolâtrie à l'adultère, Ézéchiel condamne Juda pour avoir été bien pire qu'une prostituée qui prend des hommes pour un gain personnel et les cadeaux qu'ils lui font. Juda n'était pas comme cela. Il méprisait les cadeaux personnels (voir v. 31) et prenait des étrangers pour le simple plaisir de changer et d'être avec d'autres hommes (voir v. 32). Une prostituée reçoit des cadeaux de ses amants, et c'est ce qui la motive ; dans le cas de Juda, non seulement il n'était pas question de recevoir de tels cadeaux de ses amants (les faux dieux ne profitaient en rien à Israël), mais au lieu de cela, c'était lui qui faisait des cadeaux à ses amants (les faux dieux) (voir v. 33).


Ainsi, enfoncé aussi profondément qu'il l'était dans son idolâtrie (adultère), Juda ne devait pas être étonné d'être puni en conséquence (voir v. 35-43).


ÉzéchieI 16:44-52. Les péchés de Juda étaient pires que ceux de ses voisins


Juda était dans une situation désespérée, car ses péchés étaient plus grands que ceux de Samarie ou de Sodome, qui toutes deux étaient déjà tombées sous la main vengeresse du Seigneur. Pour comprendre le message de ce passage, il est utile de connaître la signification de plusieurs termes symboliques de ces versets.


ÉzéchieI 16:45. Les mots mère et père désignent les Hittites et les Amoréens qui étaient les chefs de file de l'idolâtrie cananéenne. Le mot fille indique Jérusalem, représentant Juda ou Israël. Le mari représente le Seigneur (voir Ézéchiel 16:8, 32, 38). L'antécédent de qui et de ses est « fille » et non « mère ». Les enfants étaient offerts en sacrifice à Molok dans le cadre du culte païen. Les soeurs étaient Samarie et Sodome (voir le v. 46). Jérusalem et elles étaient toutes motivées par le même esprit d'idolâtrie.


Ézéchiel 16:46. Les mots grande et petite sont peut-être une allusion au degré d'iniquité, c'est-à-dire que celle de Samarie était plus grande, celle de Sodome moindre. La gauche indique la direction du nord, la droite indique le sud. Le mot filles est utilisé ici et dans tout le reste du chapitre dans un sens différent de celui du mot fille au verset 45 ; les filles sont les villes sous la domination de Samarie, et Sodome, les villes secondaires des environs (voir Keil and Delitzsch, Commentary, 9:1:221-23 ; voir aussi Interpreter's Bible, 6:148-149)

ÉZÉCHIEL 17

ÉzéchieI 17:1-21. La parabole du cèdre


Bien que la Bible dise que les fils de Sédécias furent tués (voir 2 Rois 25:7), le  Livre de Mormon parle de la fuite de son fils Mulek (voir Omni 1:15 ; Mosiah 25:2 ; Hélaman 6:10 ; 8:21).


« Quand Sédécias, roi de Juda, fut emmené en captivité à Babylone, le Seigneur prit un de ses fils, dont le nom était Mulek, avec un groupe de gens qui étaient disposés à écouter ses  paroles, et leur fit traverser l'océan et les installa en Amérique. Cela se fit en accomplissement des 22e et 23e versets du 17e chapitre d'Ézéchiel… En lisant ce chapitre, on verra que les Juifs étaient le 'cèdre élevé', que Sédécias, le roi, était 'le sommet de ses branches', que le 'tendre rameau' arraché du sommet de ses jeunes branches était un de ses fils, que le Seigneur fit sortir et installa avec ses compagnons dans la terre de choix qu'est l'Amérique, qu'il avait donnée en héritage à un reste de la tribu de Joseph en accomplissement de la bénédiction de Jacob et de Moïse donnée sur la tête de cette tribu [voir Genèse 48 à 49 ; Deutéronome 43]. » Orson Pratt, dans Orson Pratt's Works on the Doctrines of the Gospel, p. 280-281)

ÉZÉCHIEL 18

ÉzéchieI 18:1-20. « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra » (v. 20)


Le Seigneur a donné à chacun la liberté d'exercer son libre arbitre. Il est donc responsable de ses actes tandis qu'il travaille à son salut. Nul n'est puni pour les péchés de quelqu'un d'autre. 


Ézéchiel utilise l'exemple d'un homme, de son fils et de son petit-fils pour enseigner l'obligation de rendre compte dans le cadre de la vie et de la mort spirituelles. Il dit que si un homme (le grand-père dans ce cas) est juste, il vivra (voir ÉzéchieI18:5-9). Si son fils, ayant vu le bon exemple et ayant été exposé aux bons enseignements, se tourne vers l'iniquité, il ne vivra pas (voir v. 10-13). « Que son sang retombe sur lui ! » (v. 13), c'est-à-dire qu'il sera puni pour ses propres péchés. Si, de son côté, il a un fils qui voit les iniquités de son père et vit malgré tout dans la justice, « celui-là [le fils] ne mourra pas pour l'iniquité de son père » (v. 17 ; voir aussi v. 14-18). Le verset 20 est un résumé évident de ces principes (voir le commentaire sur Jérémie 31:29-30).


ÉzéchieI 18:24, 27. On ne peut pas être sauvé par sa justice passée


Le Seigneur a dit que tous ceux qui souhaitent être sauvés doivent persévérer dans la justice jusqu'à la fin (voir Matthieu 10:22 ; Mosiah 4:30 ; 3 Néphi 15:9  ; 27:17; D&A 18:22 ; 53:7 ; 82:7).


« Ayant reçu les ordonnances salvatrices nécessaires : le baptême, le don du Saint-Esprit, les ordonnances et les scellements du temple, on doit vivre les alliances contractées. On doit persévérer dans la foi, et quelque brillants qu'aient été les services rendus par l'évêque ou le président de pieu ou quelqu'un d'autre, s'il faiblit plus tard dans la vie et ne vit pas dans la justice 'jusqu'à la fin', les bonnes oeuvres qu'il a accomplies sont toutes en danger. » Spencer W. Kimball, Le Miracle du pardon, p. 116)

ÉZÉCHIEL 19

ÉzéchieI 19:1-9. L'allégorie de la lionne et des lionceaux


« L'interprétation de cette allégorie semble assez claire. La lionne, si elle n'est pas le pays condamné [Juda], est Hamutal, mère de Sédécias (2 Rois 24:18). Le premier de ses lionceaux serait donc Joachaz qui, après avoir régné peu de temps, fut emmené comme prisonnier en Égypte par le pharaon Néco (2 Rois 23:31-33). Joachaz fut remplacé à son tour par Jojakim, fils de Josias par une autre épouse que Hamutal. Jojakim fut remplacé par son fils Jojakin. Lorsque ce dernier fut emmené en captivité par les Babyloniens, le deuxième fils de Hamutal, Sédécias, fut nommé roi à sa place. Il devait par conséquent être l'autre 'lionceau' de l'allégorie. Quand il fut emmené en captivité par Nebucadnetsar et déporté à Babylone, Sédécias accomplit la prophétie des deux derniers versets. » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 211)


ÉzéchieI 19:10-14. L'allégorie de la vigne et de ses sarments


L'allégorie d'Ézéchiel 19:10-14 traite de la situation d'Israël à l'époque d'Ézéchiel.


« Israël ressemblait à une vigne plantée près des eaux… Cette vigne produisit de vigoureux rameaux pour des sceptres de souverains ; c'est-à-dire qu'elle produisit des rois puissants et s'éleva à une grande hauteur… elle fut déchirée par la fureur de Dieu, précipitée sur le sol, de sorte que son fruit se dessécha… le déracinement finit par la transplantation de la vigne dans une terre désolée, aride, desséchée, en d'autres termes, par la transplantation du peuple d'Israël en exil. La terre desséchée est Babylone, décrite comme une terre aride dans laquelle le royaume de Dieu ne pouvait pas prospérer. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:261-62)


Avec la destruction de Juda par Nebucadnetsar et le meurtre des fils de Sédécias, « Elle n'a plus de rameau vigoureux pour un sceptre de souverain » (Ézéchiel 19:14). 


« Il ne restait personne du sang royal de Juda. Et à partir de ce moment-là plus personne de sa race royale ne s'assit jamais sur le trône d'Israël. » Clarke, Commentary, 4:474)

ÉZÉCHIEL 20

ÉzéchieI 20:3, 31-32. «  Je ne me laisserai pas consulter par vous »


Quand les anciens d'Israël vinrent interroger Ézéchiel concernant la parole du Seigneur (v. 1), le Seigneur ne voulut pas répondre (v. 3). La raison est donnée dans le reste du chapitre 20. Le Seigneur dit à Ézéchiel de leur rappeler l'alliance qu'il avait faite avec Israël et les grandes bénédictions qu'il lui avait données, et aussi la façon dont le peuple s'était rebellé contre lui. Il commanda ensuite à Ézéchiel de leur rappeler l'état d'apostasie dans lequel ils se trouvaient à ce moment-là, qui était semblable à celui de leurs pères (voir ÉzéchieI 20:31-32). Si les anciens avaient véritablement voulu la parole de Dieu, ils auraient obéi à ce qu'ils avaient déjà reçu de ses prophètes. Dieu ne veut pas qu'on se moque de lui. Il ne donne pas davantage à ceux qui rejettent ce qu'il a déjà donné (voir Alma 12:9-11).


ÉzéchieI 20:33-44. Israël sera rassemblé par révélation et avec puissance


Ézéchiel prophétise la captivité et la dispersion d'Israël, et aussi le rassemblement dans les derniers jours. Il dit que ce rassemblement s'accomplira par la révélation (voir v. 35) et sera accompagné par des manifestations de la puissance du Seigneur (voir v. 33-34).


« Jeunes gens, qui êtes assis sur ces sièges-ci, vous verrez s'accomplir les temps des Gentils… La mission que vous recevrez, jeunes gens, sera d'aller vers les restes dispersés de la maison d'Israël parmi toutes les nations et royaumes des Gentils, pour aller à leur recherche et leur proclamer le message rétabli par  l'ange, afin qu'il soit prêché à Israël aussi bien qu'aux Gentils. Telle est votre destinée. Voilà, jeunes gens, ce que le Seigneur va exiger de vous [voir 1 Néphi 13:42]…


« Et vous aurez le plaisir de les rassembler par milliers, par dizaines de milliers et par centaines de milliers des îles de la mer et de tous les coins de la terre ; car ce sera un jour de puissance bien plus qu'il ne l'est, tandis que l'Évangile continue parmi les Gentils.


« Quand viendra ce jour de sa puissance, il [Israël] sera disposé à écouter, il se rassemblera dans sa terre promise, car ce sera le jour de la puissance du Seigneur. À quel égard la puissance se manifestera-telle alors ? De même que la puissance se manifesta quand le Seigneur fit sortir Israël de la nation égyptienne pour aller dans le désert du Sinaï et lui parla de sa propre voix, de même la puissance du Dieu tout puissant sera manifestée parmi toutes les nations de la terre quand il produira la rédemption et le rétablissement de son peuple d'Israël, ou, en d'autres termes, le déploiement de puissance d'autrefois sera surpassé, car ce qui s'est fait dans un seul pays, parmi les Israélites et les Égyptiens du désert, sera accompli dans toutes les nations…


« C'est ainsi qu'il plaidera avec Israël dans les derniers jours, et montrera sa main et sa force puissantes quand il les rassemblera d'entre les nations ; et il donnera la révélation comme il l'a fait avec leurs pères dans le désert du pays d'Égypte. » Orson Pratt, en 1871, dans Journal of Discourses, 14:64- 66)


Les prophéties d'Ézéchiel et l'interprétation d'Orson Pratt s'accomplissent maintenant.


Passer sous le sceptre (voir ÉzéchieI 20:37) est une figure de style qui « désigne la coutume de dîmer les brebis… Les brebis étaient toutes mises dans un  enclos; et… il ne sortait qu'une brebis à la fois… [Le berger] comptait… et quand la dixième sortait, il la marquait avec un bâton [trempé dans du rouge] et disait : 'Celle-ci… est mise à part pour le Seigneur'. » (Clarke, Commentary, 4:477). Ainsi les Israélites convertis seront au Seigneur, comme la dîme.


ÉzéchieI 20:46-49. Qu'est-ce que la forêt des champs du midi et qu'est-ce que le Seigneur entendait lorsqu'il dit qu'il allumerait un feu au-dedans d'elle ?


« La forêt des champs du midi est une figure   désignant le royaume de Juda [le Négev ou sud du pays d'Israël]… La forêt est une figure désignant la population, ou la masse des gens. Les hommes, pris individuellement, sont les arbres. L'arbre vert représente symboliquement le juste, et l'arbre sec l'impie (voir v. 3 ; voir aussi Luc 23:31). Le feu que l'Éternel allume est celui de la guerre… Par l'ardeur terrible du feu, qui ne peut être éteint, tout le monde saura que Dieu l'a allumé et qu'il a été envoyé en jugement. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1:288-289).


Le Seigneur décrit davantage au chapitre suivant le caractère terrible de la fureur de la guerre qui s'abattra sur Juda (voir ÉzéchieI 21:1-17).


ÉZÉCHIEL 21

ÉzéchieI 21:4. Les justes souffrent parfois avec les méchants


Quand les justes vivent parmi les méchants, ils connaissent parfois des tribulations découlant de l'impiété de leurs voisins. Parfois « ceux qui sont innocents sont obligés de souffrir pour les iniquités des coupables » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 25).


« C'est une fausse idée que de croire que les saints échapperont à tous les jugements pendant que les méchants souffriront ; car toute chair est sujette à la souffrance et 'les saints auront aussi du mal à échapper' ; néanmoins beaucoup de saints échapperont, car le juste vivra par la foi ; néanmoins beaucoup de justes seront la proie de la maladie, des fléaux, etc., en raison de la faiblesse de la chair, et cependant seront sauvés dans le royaume de Dieu. De sorte que c'est un principe impie que de dire qu'Untel et Untel ont transgressé puisqu'ils sont la proie de la maladie ou de la mort, car toute chair est sujette à la mort ; et le Sauveur a dit : 'Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés'. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 129)


« Et quand toutes les provisions eurent été consommées, de sorte qu'il n'y avait plus de pain dans la ville, pendant le siège de Nebucadnetsar, les justes durent souffrir aussi bien que les méchants ; car ils ne pouvaient être préservés que par miracle, quand il n'y avait pas de pain ; mais le fait de mourir de faim n'était pas une perte pour eux, parce que le Seigneur les prenait directement dans sa gloire. Et aussi peu disposés  que soient les hommes en général à mourir, néanmoins,il n'y a pas un exemple, et il ne peut y en avoir, où un homme se soit plaint d'être allé trop tôt au ciel. Encore une fois, si Dieu avait permis que personne d'autre que les méchants ne soit emmené en captivité, le cas de ceux-ci aurait été tout à fait désespéré, car il n'y aurait eu personne pour donner le bon exemple, pour prêcher le repentir, réprimander le péché ou montrer que Dieu est disposé à pardonner au pécheur. Mais dans sa miséricorde, Dieu a permis que beaucoup de justes soient également amenés, afin que les méchants ne soient pas totalement abandonnés ou placés hors de portée du salut.


« Par conséquent Ézéchiel et Daniel et, en fait, plusieurs autres prophètes et justes, furent ainsi retranchés du pays et emmenés en captivité. Et à quel point cela n'a-t-il pas favorisé la gloire de Dieu et le bien des hommes ! Quelle semence de salut semée dans les pays païens, en retranchant les justes avec les méchants ! C'est à cela que nous devons, grâce à Dieu, beaucoup de psaumes, la totalité du livre d'Ézéchiel, toutes les prophéties de Daniel, l'exemple brillant de Schadrac, Méschac et Abed Nego, les décrets passés en faveur de la religion du vrai Dieu par Nebucadnetsar, Cyrus, Darius, etc. » (Clarke, Commentary, 4:479-80)


ÉzéchieI 21:6-7. « Les reins brisés »


Pour décrire la terreur et la souffrance des jugements qui s'abattront sur Juda, Ézéchiel reçoit le commandement de soupirer et de pleurer comme une femme subissant les douleurs de l'enfantement.


ÉzéchieI 21:10, 13. « Le sceptre de mon fils méprise tout bois »


L'épée de Nebucadnetsar, ce qui veut dire sa force destructrice, avait du mépris pour toute force ou puissance promise à Juda (voir Genèse 49:9-10). Son épée détruisit le gouvernement royal de Juda, tout comme elle avait abattu d'autres nations sur lesquelles elle avait exercé sa puissance (voir le commentaire sur ÉzéchieI 21:1-4).


ÉzéchieI 21:12, 14. « Frappe sur ta cuisse » et « frappe des mains »


ÉzéchieI 21:12, 14 donne des signes de grande émotion : dans ce cas-ci, une grande alarme et une grande horreur devant la calamité imminente (voir aussi ÉzéchieI 6:11 ; Jérémie 31:9). Frapper des mains était aussi un signe de mépris (voir Job 27:23), de colère (voir ÉzéchieI 22:13) ou de triomphe (voir ÉzéchieI 25:6) ou indiquait un engagement (voir ÉzéchieI 21:17).


ÉzéchieI 21:21. « Il secoue les flèches, il interroge les téraphim, il examine le foie »


Les trois méthodes de divination utilisées par les idolâtres consistaient à secouer les flèches et à en tirer une dehors ou à les regarder tomber, à consulter les idoles et à examiner les entrailles des sacrifices d'animaux, coutumes qui n'étaient pas plus ridicules que de consulter les cartes et les feuilles de thé ou de lire dans la paume. Nebucadnetsar conquit Jérusalem parce que l'Éternel le permettait, et non parce qu'une flèche, une statue ou un foie annonçait de bons augures (voir Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 305-307).


ÉzéchieI 21:26-27. « La tiare sera ôtée… en attendant la venue de celui à qui appartient le jugement »


Juda sera renversé et son roi déposé jusqu'à ce que vienne celui qui a le droit de régner sur Israël et sur toute chair : Jésus-Christ, le Roi (voir Michée 4:7 ; Apocalypse 11:15 ; D&A 133:25)

ÉZÉCHIEL 22

Ézéchiel 22 traite des nombreux péchés pour lesquels Jérusalem a été détruite. En voyant quels genres de péchés poussent le Seigneur à permettre cette destruction, nous pouvons mieux comprendre ce qui est offensant à ses yeux.


ÉZÉCHIEL 23

ÉzéchieI 23:1-49. Allégorie des deux soeurs


Ézéchiel 23 parle de l'idolâtrie des dix tribus (Samarie) et de Juda (Jérusalem). Toutes les mentions de prostitution ou d'autres pratiques sexuelles impures et de diverses parties de l'anatomie féminine sont des  métaphores. Ces métaphores sont utilisées de la même manière que dans Osée, Jérémie, Ézéchiel et d'autres dans lesquelles l'Éternel est le mari et la nation d'Israël la femme. L'infidélité et la fornication sont similaires, et les deux mots ont un sens double. Un sens a trait au mariage (l'adultère) et l'autre au culte (l'idolâtrie). Ézéchiel oppose ces deux significations et tire des leçons à propos des deux.


« Les idolâtries et les alliances étrangères de Jérusalem et de Samarie sont décrites ici avec les mêmes images puissantes qui sont utilisées au chapitre 16. Ohola (Samarie) et Oholiba (Jérusalem) étaient deux soeurs, toutes deux séduites en Égypte dans leur jeunesse (v. 3), toutes deux épousées par Dieu (v. 4) et toutes deux infidèles à Dieu. Samarie prit pour amant tout d'abord les Assyriens (v. 5 -7) et puis les Égyptiens (v. 8) et fut finalement tuée par les premiers (v. 9-10). Jérusalem, n'étant pas avertie par le destin de sa soeur, fit des Assyriens puis des Babyloniens ses amants (v. 1, 16). Ayant rompu avec ces derniers, elle s'est tournée vers ses premiers amants d'Égypte (v. 17-21), mais elle sera détruite, comme sa soeur, par les amants qu'elle vient d'abandonner (v. 22-35). Le péché et le jugement des deux soeurs sont de nouveau décrits (v. 36-49). » (
Dummelow, Commentary, p. 507)


La Traduction de Joseph Smith apporte des changements réduits mais importants dans ÉzéchieI 23:17, 22 et 28. Les amants des deux soeurs détournent leur esprit, non pas de leurs amants (les faux dieux), mais de Dieu.

ÉZÉCHIEL 24

ÉzéchieI 24:1-14. La parabole de la marmite bouillante


La marmite de cette parabole représente la ville de Jérusalem. Ses habitants sont symbolisés par la viande et les os de la marmite. Les morceaux de choix représentent les habitants les plus forts et les plus importants de la ville (Sédécias et sa famille font partie de ce groupe). Le fait de faire bouillir le contenu de la marmite sur le feu représente le siège de Jérusalem par les Babyloniens. La rouille qui se trouve dans la marmite indique l'impureté et l'effusion de sang à Jérusalem, dont les habitants sont dans un état extrêmement pécheur. De même que le contenu de la marmite en est sorti morceau par morceau, de même la ville de Jérusalem sera vidée un à un de ses habitants, soit par la mort, soit par la captivité. L'expression « sans recourir au sort » (v. 6) signifie que le contenu de la marmite sera extrait sans discrimination, au hasard, sans préférence. Le fait de chauffer la marmite vide représente l'incendie de la ville de Jérusalem après le siège (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1-344-4 ; Clarke, Commentary, 4:488-89 ; Dummelow, Commentary, p. 507-508).


Ézéchiel 24:7 et 8 parlent du sang versé sur un rocher nu.


« Le sang qu'elle [la ville] a versé… elle l'a mis sur le rocher nu, elle ne l'a pas répandu sur la terre pour le couvrir de poussière. Dans un accès de fureur, dans un acte de vengeance, j'ai versé son sang sur le rocher nu, pour qu'il ne soit pas couvert [voir Genèse 4:10, Job 16:18 et Ésaïe 26:21]. L'idée est qu'elle a péché d'une manière insolente et éhontée et n'a rien fait pour couvrir son péché, n'a montré aucun signe de repentir ou d'expiation par lequel elle aurait pu se débarrasser de son péché. Tout cela a été ordonné par Dieu. Il a fait en sorte que le sang qui a été versé tombe sur un rocher nu afin qu'il reste découvert, et afin qu'il puisse exercer sa vengeance pour le crime. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:345)


ÉzéchieI 24:15-27. Pourquoi Ézéchiel reçoit-il le commandement de ne pas pleurer la mort de sa femme ?


Bien que le Seigneur ait enlevé « ce qui fait les délices de tes yeux » (ÉzéchieI 24:16), c'est-à-dire sa femme (voir v. 18), Ézéchiel reçoit le commandement de ne pas prendre le deuil. Verser des cendres sur la tête, se dénuder les pieds, se couvrir les lèvres et manger le pain d'affliction, tout cela était des signes de douleur (voir Josué 7:6; 2 Samuel 13:19 ; Ésaïe 20:2-3 ; Michée 3:7 ; Osée 9:4) (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1:348-49).


« Lorsque Ézéchiel s'abstint ainsi de toute lamentation et de tout signe extérieur de deuil à la mort de sa bien-aimée, les gens se dirent qu'une conduite aussi frappante devait signifier quelque chose et lui demandèrent ce qu'il entendait prouver par là. Il leur annonça alors la parole de Dieu (v. 20-24). De même que sa bien-aimée, sa femme, lui avait été enlevée, de même l'objet le plus cher de son peuple, le saint temple, serait enlevé à la nation par la destruction, et ses enfants par l'épée. Quand cela se produirait, ils agiraient comme lui; ils ne se lamenteraient ni ne pleureraient, mais, dans leur profond chagrin, ils soupireraient simplement en silence à cause de leurs péchés et gémiraient l'un à l'égard de l'autre. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:1:349)

ÉZÉCHIEL 25

ÉzéchieI, chapitres 25 à 32. Ézéchiel prophétise contre les nations étrangères


Ces huit chapitres contiennent des prophéties contre plusieurs nations étrangères : Ammon, Moab, Édom, la Philistie, Tyr, Sidon et l'Égypte.


« Les prophètes se concentrèrent surtout sur Israël/Juda, mais tous étaient très conscients du fait que Dieu était le Seigneur du monde entier. Il n'est pas de nation qui échappe à la portée de son jugement ; et ce qu'il condamne et punit dans son propre peuple, il le condamne et le punit aussi dans d'autres nations. Ce recueil de prophéties marque effectivement la rupture dans le ministère d'Ézéchiel avant la chute de Jérusalem en 587 av. J-C, et son ministère ultérieur. » (David Alexander et Pat Alexander, éd., Eerdmans' Handbook to the Bible, p. 423)


Ces chapitres d'Ézéchiel ressemblent à ceux d'Ésaïe et de Jérémie où des menaces prophétiques sont prononcées sur certaines nations étrangères (voir Ésaïe 13:23 ; Jérémie 46-51).


Ézéchiel 25:3. Quelle est la signification de l'interjection « Ah ! ah ! » ?


« Ah ! ah ! » (Ézéchiel 25:3 ; 26:2 ; 36:2) était utilisé pour exprimer une joie méchante. Parce que les Ammonites se réjouissaient quand Juda tomba et que le temple fut profané, le Seigneur fut mécontent et promit de les punir (voir Robert Young, Analytical Concordance to the Bible, sous la rubrique « Ah! ah! »


ÉzéchieI 25:8. Qu'est-ce que Séir ?


Séir est le nom originel de la chaîne de montagnes  s'étendant le long du côté oriental de la vallée del'Araba depuis la mer Morte jusqu'au golfe d'Akaba. Cette région était la patrie des Édomites, descendants d'Ésaü. Séir, dans la Bible, devint synonyme d'Édom. Comparer cette prophétie sur Édom (v. 8-11) à celles qui se trouvent dans Ésaïe 16:1-5 (où Séla, qui, en hébreu, signifie « le roc », est censé être le mont Séir) et dans Jérémie 49:7-22.


ÉzéchieI 25:16. Qui étaient les Kérétiens ?


Il vaudrait mieux traduire le mot Kérétiens par « Crétois », une branche des peuples de la mer dont les Philistins faisaient partie. Les Crétois habitaient le sud-ouest de Canaan (voir C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 9:1:369).


ÉZÉCHIEL 26

Voir commentaire de
ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.


ÉzéchieI 26:1-14. Accomplissement remarquable d'une prophétie


Les prophètes de l'Ancien Testament prédirent avec de nombreux détails beaucoup d'événements futurs. Les prophéties d'Ézéchiel concernant Tyr sont parmi les plus remarquables. Tyr était située sur la côte de la Palestine, à peu près à mi-chemin entre le Carmel, en Israël et Beyrouth, au Liban. Mais c'est une caractéristique géographique particulière à Tyr qui lui donne sa destinée prophétique la plus remarquable. Merrill F. Unger note que Tyr « se composait jadis de deux parties : une défense côtière rocheuse très puissante sur la terre ferme, et une ville sur une île restreinte, mais bien protégée, à environ 750 mètres du rivage » (Unger's Bible Dictionary, sous la rubrique « Tyre », p. 1121).


Ézéchiel prédit que Nebucadnetsar mettrait le siège devant Tyr (voir Ézéchiel 26:7-11), mais un sceptique pourrait dire que cette prédiction n'était pas remarquable, puisque Nebucadnetsar conquérait presque toutes les grandes villes de la région, et Tyr était un fruit particulièrement mûr à cause de sa richesse. Mais « avant qu'une génération ne se soit écoulée, selon Josèphe, Philostrate et Seder Olam, Nebucadnetsar se présenta comme prédit [dans ÉzéchieI 26:7-15), fit des retranchements, éleva des terrasses et dressa le grand bouclier. Au bout de treize ans [vers 605 av. J-C], il prit la ville, du moins ce qui se trouvait sur la terre ferme, et Tyr fut oubliée pendant soixante-dix ans, comme Ésaïe l'avait prédit [23:15]. » (Samuel Fallows, éditeur, The Popular and Critical Bible Encyclopedia and Scriptural Dictionary, sous la rubrique « Tyre », p. 1682).


Certaines promesses particulières d'Ézéchiel semblèrent ne pas s'accomplir, notamment les suivantes : « J'en raclerai la poussière » (ÉzéchieI 26:4) ; Tyr deviendra « un rocher nu » (ÉzéchieI 26:4) ; « Elle sera dans la mer un lieu où on étendra les filets » (ÉzéchieI 26:5) ; « On jettera au milieu des eaux tes pierres, ton bois et ta poussière » (ÉzéchieI 26:12) ; « Tu ne seras plus rebâtie » (ÉzéchieI 26:14). Pendant près de trois cents ans ces prophéties semblèrent inexactes. Nebucadnetsar conquit la ville située sur la terre ferme mais fut incapable de soumettre la totalité de Tyr à cause de sa position stratégique sur l'île. Au bout de quelques dizaines d'années, Tyr retrouva sa richesse et sa splendeur, mais la ville ruinée sur le rivage ne fut pas reconstruite, et la fortification dans l'île devint le centre.


Puis, en 332 av. J-C, Alexandre le Grand déferla du monde méditerranéen au nord. Il se dirigea avec ses forces vers le sud et campa sur les ruines de l'ancienne Tyr, isolant les habitants de l'île située au large. Elle était censée avoir fait une alliance de paix avec les Grecs, mais quand Alexandre demanda la permission d'y amener ses troupes pour adorer leurs dieux et se vit opposer un refus, il mit le siège devant elle, tâche difficile puisque la ville se trouvait sur une île à sept cent cinquante mètres du rivage.


« Le siège mémorable commença. Alexandre construisit un môle de soixante mètres de large en direction de l'île. Il fut détruit à plusieurs reprises. La défense fut farouche et couronnée de succès, jusqu'au moment où Alexandre entoura la ville d'une flotte de 224 navires. Tyr fut prise d'assaut, 8000 de ses habitants massacrés, 2000 crucifiés sur le rivage et 30 000 vendus comme esclaves. Tyr cessa d'être une île et fut dorénavant unie en permanence à la terre ferme. Seule une vague péninsule indique aujourd'hui l'existence de l'ancienne île fortifiée. Le môle a maintenant 750mètres de large.  » James Hastings, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « Tyre »)


Fallows note de quelle façon s'accomplit la prophétie d'Ézéchiel que Tyr serait raclée et rendue nue comme un rocher : « Les ruines de la vieille Tyr furent si complètement lancées dans la mer que son emplacement exact ne peut plus être déterminé. Alors que les ruines de près de cinquante villes proches de Rome, qui périrent il y a plus de deux mille cinq cents ans, en sont encore témoins, la disparition de toute trace d'une ville est une sorte de miracle. » (Bible Encyclopedia, sous la rubrique « Tyre », p. 1682)


Aujourd'hui il n'y pas d'île en face de Tyr, mais quand on examine de près la côte de cette région, on découvre une petite péninsule s'avançant dans la mer. À cause de sa configuration et des vents dominants, les pécheurs locaux vont jusqu'au promontoire rocheux et aride pour étendre leurs filets pour les sécher.


Le prophète Ézéchiel répond assurément aux critères énoncés dans Deutéronome 18:18-22 pour déterminer si un prophète parle pour le Seigneur.


ÉZÉCHIEL 27

Voir commentaire de ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.


Ézéchiel 27:5, 10, 13-14, 16. Emplacements géographiques


Senir (voir ÉzéchieI 27:5) est le mont Hermon. Puth (voir le verset 10) est la Lybie. Javan (voir le v. 13) est la Grèce. Togarma (voir v. 14) est l'Arménie. La Syrie(voir v. 16) était appelée dans les temps anciens Aram.


ÉZÉCHIEL 28

Voir commentaire de ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.


ÉzéchieI 28:20-23. « Tourne ta face vers Sidon »


Sidon, soeur de Tyr, avait également été une écharde dans la chair pour Israël. Si les Israélites avaient suivi le commandement de Moïse de faire périr tous les Cananéens (voir Deutéronome 7:1-5 ; Juges 1:31), Tyr et Sidon seraient, à l'époque d'Ézéchiel, des villes israélites depuis près de huit siècles, et leur histoire aurait été tout autre.


ÉZÉCHIEL 29

Voir commentaire de ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.


ÉzéchieI 29:1-16. L'Égypte apprendra qui est Dieu


« Par son orgueil insupportable par lequel il s'est placé parmi les dieux, le pharaon a exposé son pays tout entier à la colère de dieu. Mais il va apprendre qui est Dieu ! » Alexander et Alexander, Eerdmans'Handbook, p. 425)


Syène (voir Ézéchiel 29:10) était une ville du sud de l'Égypte, loin en amont sur le Nil. Patros (voir v. 14) était le nom de la haute Égypte, ou partie sud de l'Égypte. Une fois que le siège du gouvernement de l'Égypte fut repoussé vers Patros, l'Égypte devint « le moindre des royaumes » et ne s'éleva « plus au-dessus des nations » (v. 15). À partir de ce moment-là, l'Égypte cessa de jouer un rôle important dans les affaires du monde.


ÉzéchieI 29:18-20. Nebucadnetsar perd Tyr


Nebucadnetsar n'avait pas été capable de conquérir la ville insulaire (voir le commentaire sur Ézéchiel 26:1-14). Quand le long siège de Tyr prit fin, beaucoup de Tyriens chargèrent leurs richesses sur leurs navires et s'enfuirent vers Carthage ; ainsi Nebucadnetsar perdit une partie du butin d'une des villes les plus riches du monde (voir Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:503).


ÉZÉCHIEL 30

Voir commentaire de ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.


ÉzéchieI 30:13-17. Emplacements des jugements du Seigneur sur l'Égypte


Noph (v. 13) : Memphis, en basse Égypte
Tsoan (v. 14) : Ramsès, en basse Égypte, dans le delta du Nil
No (v. 14-16) : Thèbes, en haute Égypte
On (v. 17) : La ville sacrée d'Héliopolis, en basse Égypte
Pi-Béseth (v. 17) : Ville de basse Égypte, identifiée à Bubaste, à environ soixante kilomètres de Memphis


ÉZÉCHIEL 31

Voir commentaire de ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.

ÉZÉCHIEL 32

Voir commentaire de ÉzéchieI, chapitres 25 à 32.


Ézéchiel 32. La chute effroyable de l'Égypte


Ézéchiel 32 est écrit en un style poétique et figuratif et a trait à la chute imminente de l'Égypte et à l'extermination de son peuple, surtout les dirigeants, les « les luminaires des cieux » (v. 8). Au verset 22, le Seigneur dit qu'Assur (l'Assyrie) est déjà dans le royaume des morts, ce qui est l'endroit où l'Égypte est en train de se rendre. La mention des « profondeurs de la terre » aux versets 18 et 24 est typique de la croyance antique que le séjour des morts est sous la terre. Le pharaon allait rejoindre les rois de Tyr, de Sidon, de Damas, d'Assyrie, de Perse, d'Édom et ainsi de suite, au royaume des morts, avec leurs armées, et être consolé de savoir qu'ils ont un sort commun (voir v. 31) (voir Clarke, Commentary, 4:510).


ÉZÉCHIEL 33

ÉzéchieI 33:2-9. « Je t'ai établi comme sentinelle sur la maison d'Israël »


Ézéchiel 33:2-9 réitère les enseignements concernant la sentinelle que l'on trouve dans Ézéchiel 3:17-21.


ÉzéchieI 33:12-19. Se repentir du péché


Ézéchiel 33:12-19 dit que les actes justes d'un homme n'annulent pas ses oeuvres d'iniquité. Toutefois, si le pécheur « revient de son péché et pratique la droiture et la justice » (v. 14), ses péchés ne seront plus retenus contre lui (v. 16).


« Il n'y a jamais de moment où l'esprit est trop vieux pour s'approcher de Dieu. Tous sont à la portée de la miséricorde qui pardonne à tous ceux qui n'ont pas commis le péché impardonnable. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 154)


« Quand on est humble dans la tristesse, que l'on a abandonné inconditionnellement le mal, confessé à ceux qui sont désignés par le Seigneur, on doit ensuite réparer, dans la mesure où c'est possible, le tort qui a été commis. Si on a cambriolé, on doit rendre à son propriétaire légitime ce qui a été volé. Une des raisons pour lesquelles le meurtre n'est pas pardonnable est peut-être le fait que quand il a ôté la vie à quelqu'un, l'assassin ne peut pas la lui rendre. La réparation complète n'est pas possible. De même, quand on a  dépouillé quelqu'un de sa vertu, il est impossible de la lui rendre. Cependant, l'âme vraiment repentante trouve ordinairement des choses à faire pour réparer dans une certaine mesure.


« Le véritable esprit du repentir l'exige. Le pécheur suppliant doit aussi pardonner à tout le monde toutes les offenses commises contre lui. Le Seigneur n'est pas tenu de nous pardonner tant que notre coeur n'est pas pleinement purifié de toute haine, de toute rancune et de toute accusation contre tous les autres. » (Spencer W. Kimball, Be Ye Clean, Brigham Young University Speeches of the Year, 4 mai 1954, p. 11)


ÉzéchieI 33:21-33. Ézéchiel apprend la destruction de Jérusalem


« La nouvelle ne prit pas Ézéchiel par surprise. Dieu lui avait déjà rendu la parole, comme promis [voir Ézéchiel 24:27], lorsque le messager arriva. Certains textes donnent 'onzième' année plutôt que 'douzième' au verset 21, auquel cas la nouvelle prend une durée plus vraisemblable de six mois pour leur parvenir. Ceux qui restaient en arrière en Juda, loin de se repentir, étaient occupés à annexer les biens des autres. Et en Babylonie, les exilés, qui semblaient boire les paroles d'Ézéchiel, venaient simplement se distraire. Ils n'y croyaient pas ni n'agissaient en conséquence, situation déprimante après tout ce qui était arrivé. » (Alexander et Alexander, Eerdmans' Handbook, p. 426)


Il est malheureux que les Juifs de Babylonie n'aient pas apprécié à ce moment-là « qu'il y avait un prophète au milieu d'eux » (ÉzéchieI 33:33).

ÉZÉCHIEL 34


Dans ce chapitre, le Seigneur réprimande les pasteurs égoïstes d’Israël qui n’ont pas fait paître le troupeau. Il se décrit ensuite comme le bon berger qui rassemblera son troupeau dans les derniers jours et le conduira pendant le millénium.


Ezéchiel 34:2-3, 8


Le Seigneur est mécontent de certains bergers parce qu’ils se nourrissent au lieu de nourrir les troupeaux.


Ézéchiel 34:1-10. « Les pasteurs ne devaient-ils pas paître le troupeau ? »


Sur un ton très semblable à celui de Jérémie (voir Jérémie 23:1-8), Ézéchiel condamne les bergers du troupeau spirituel du Seigneur, les chefs religieux de son époque. Par contraste avec le soin que le Seigneur apportait à son troupeau, les bergers d'Israël se nourrissaient eux-mêmes, mais pas le troupeau. Les bergers négligents ne fortifiaient pas les malades, ne pansaient pas ceux qui étaient blessés, ne ramenaient pas ceux qui étaient égarés, ni ne cherchaient la brebis perdue, toutes choses qu'un vrai berger ferait pour ses brebis. Au lieu de cela, ils gouvernaient les brebis par la force et la  cruauté et les laissaient errer pour devenir la proie des animaux.


« Quiconque remplit un office dans l’Église dans lequel il est responsable du bien-être spirituel ou temporel d’enfants du Seigneur est berger de ces brebis. Le Seigneur tient ses bergers pour responsables de la sécurité (du salut) de ses brebis. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, 2e éd., 1966, p. 710)


« En lisant et en étudiant les Écritures, nous nous rendons compte que le Sauveur s'est toujours préoccupé  du bien-être des membres de son troupeau tant à titre individuel qu'à titre collectif. C'est de cette nécessité de nous préoccuper des besoins des membres de l'Église en cette époque troublée et d'y répondre que je désire vous parler ce soir, mes frères.


« Évêques et présidents de branche, soyez toujours attentifs aux besoins des personnes et des familles précieuses qui constituent la population de vos paroisses et de vos branches. Vous êtes les bergers qui paissez notre peuple. Dans toute la mesure du possible, laissez vos conseillers et les autres personnes qui travaillent sous votre direction gérer les programmes. Si vous faites ainsi, vous serez souvent à même de détecter très tôt les membres qui ont des difficultés graves, au moment où leurs problèmes sont encore petits et peuvent être réglés. Soyez attentifs aux petites tensions et aux petits problèmes que vous voyez dans les familles de manière à pouvoir accorder l'attention, les conseils et l'amour là où on en a le plus besoin. Une heure passée avec un jeune homme ou une jeune fille perturbé peut le sauver ou la sauver et vaut infiniment mieux que les centaines d'heures passées plus tard à essayer de ramener un jeune homme ou une jeune fille quand ils ne sont plus pratiquants. Comme nous l'avons dit tant de fois,déléguez les tâches que les autres peuvent accomplir,  de manière à être libres pour faire les choses que vous,et vous seuls, pouvez faire.


« Les membres du service pastoral doivent aider à veiller sur le troupeau. Même s'ils ne donnent pas de conseils comme le font les évêques et les présidents de branche, ils peuvent apporter une grande aide appropriée et préventive sous la direction des dirigeants de collège et des épiscopats.


« Présidents de pieu, évêques et présidents de branche, veuillez accorder un intérêt tout particulier à l'amélioration de la qualité de l'enseignement dans l'Église. Le Seigneur nous a dit de paître ses brebis (voir Jean 21:15-17). Je crains que bien trop souvent beaucoup de nos membres viennent à l'Église, assistent patiemment à un cours ou une réunion et puis rentrent chez eux presque sans avoir été instruits. C'est particulièrement regrettable lorsque cela arrive à un moment où ils entrent peut-être dans une période de tension, de tentations ou de crise. Nous avons tous besoin d'être touchés et nourris par l'Esprit, et un enseignement efficace est une des manières les plus importantes d'y parvenir. Nous faisons souvent un travail d'enrôlement vigoureux pour amener les membres à venir à l'église, mais ensuite nous ne veillons pas suffisamment sur ce qu'ils reçoivent quand ils se présentent. » (Spencer W. Kimball, L'Étoile, avril 1981, p. 95-96)


« Nous faisons appel à vous pour que vous vous reconsacriez… Nous voulons que vous gardiez, que vous paissiez, que vous soigniez et que vous aimiez le troupeau et, si certaines brebis sont perdues momentanément, nous vous invitons à les trouver. » (Ezra Taft Benson, L’Etoile, octobre 1983, p. 85)


ÉzéchieI 34:23-31. Qui est David le Prince ?


Voir le commentaire sur Ésaïe 11:1.

ÉZÉCHIEL 35

Ézéchiel 35. Édom sera détruit


Pourquoi le Seigneur traite-t-il si durement le peuple d'Édom, descendant d'Ésaü et par conséquent aussi d'Abraham et d'Isaac ? La réponse apparaît quand on analyse Ézéchiel 35. Le peuple d'Édom haïssait les Israélites et versait leur sang (voir v. 5), cherchait à s'emparer de leurs terres (voir v. 10, 12), parlait contre le Seigneur (voir v. 13) et se réjouissait de la désolation d'Israël (voir v. 15).


Édom fut détruit en tant que nation distincte, ce qui prouve encore une fois que le Seigneur tient ses promesses. Bien que la nation ne soit plus, Édom est devenu un symbole du monde méchant qui existe aujourd'hui (voir Jérémie 49:7-22, Abdias 1 et D&A 1:36 ; voir aussi les commentaires sur Jérémie 49 et sur Abdias 1).

ÉZÉCHIEL 36

Ézéchiel 36. La maison d'Israël sera rassemblée dans ses terres


Les seuls versets d'Ézéchiel 36 qui ne traitent pas des derniers jours sont ceux qui expliquent pourquoi le Seigneur a dispersé Israël (voir v. 16-22). Aucun des événements suivants ne s'est complètement produit, bien qu'aujourd'hui soit le jour où ces prophéties s'accomplissent :


Verset 10-11 : Les hommes qui se multiplient sur le pays sont de toute la maison d'Israël et pas simplement du royaume de Juda.


Verset 12-14 : Israël doit marcher sur le pays.


Verset 24 : Ceux qui reviennent seront rassemblés d'entre les païens et de tous les pays.


Verset 25 : Ils seront purifiés de leurs souillures.


Versets 26-27 : Ils seront convertis au Seigneur et recevront son Esprit.


Les versets 28 à 38 expliquent que la remise sur pied d'Israël sera tout à fait remarquable et sera faite pour les raisons voulues par le Seigneur, et non parce que Israël l'a mérité (voir v. 32). L'Israël du futur doit être spirituellement digne et doit se soumettre à la volonté du Seigneur.

ÉZÉCHIEL 37


ÉzéchieI 37:1-14. La vision de la vallée d'ossements donnée à Ézéchiel traite-t-elle de la résurrection ou de la renaissance de la maison d'Israël ?


Les paroles prophétiques ont souvent une signification double. Tel est le cas de l'allégorie bien connue des ossements desséchés dispersés. La beauté de la prophétie est que le Seigneur peut révéler plus d'une vérité dans une prophétie à ceux qui sont spirituellement éveillés.


« On peut voir dans ce passage que la doctrine de la résurrection des morts… est utilisée pour symboliser le retour des exilés d'Israël dans leur pays. Les exilés sont représentés, selon moi, comme ayant perdu tout espoir (leurs ossements sont desséchés) de jamais vivre de nouveau en nation. Mais le Seigneur leur montre  qu'ils peuvent être rétablis par sa grande puissance tout comme les morts seront relevés dans la résurrection. La doctrine de la résurrection du corps est considérée comme admise. Certains auteurs prétendent que l'idée de la résurrection était inconnue aux Hébreux de l'époque. Mais le fait qu'Ézéchiel parle comme il le fait me semble être une indication que la doctrine était comprise depuis longtemps en Israël. Tout vrai prophète comprend la doctrine de la résurrection… et Israël avait eu beaucoup de prophètes longtemps avant le temps d'Ézéchiel. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, pp. 225-226)


La signification symbolique de cette prophétie, en ce qui concerne le rassemblement d'Israël, est la suivante : les ossements représentent Israël dans son état perdu et dispersé ; les tombes montrent où se trouve Israël aussi bien que son état de mort spirituelle. L'esprit ou ruach en hébreu (voir ÉzéchieI 37:9) signifie le nouvel esprit de justice que le peuple aura quand il sera ressuscité, c'est-à-dire, sera revenu de son état déchu. La source de cette vie nouvelle sera le Saint-Esprit. Mais le récit de la résurrection qu'Ézéchiel fait ici est littéral, aussi bien que symbole du rassemblement futur d'Israël.


« Il n'est rien de plus réel, de plus littéral, de plus personnel que la résurrection, comme Ézéchiel en eut alors la vision. Il vit les morts revivre, vivre littéralement, en tant que personnes, chacun devenant dans sa forme physique ce qu'il avait été dans la mortalité. Il en fut pour chacun d'eux comme il en serait de leur Seigneur, lorsque, s'étant aussi relevé de cette vallée d'ossements desséchés, il se tint dans la chambre haute avec ses disciples, mangea devant eux et leur permit de toucher son corps physique. La voix du Seigneur dit à son peuple : 'j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcreset je vous ramènerai dans le pays d'Israël (v. 12-14). Celui qui fera tout cela, nous nous en rendons maintenant bien compte, est le Seigneur Jésus-Christ, qui est le Dieu d'Israël. » (Bruce R. McConkie, The Promised Messiah, p. 270-271)


Ézéchiel 37:1-14


La vision de la vallée remplie d’ossements symbolise la résurrection et le retour des enfants d’Israël dans la terre promise. On peut également voir dans la vision d’Ézéchiel une analogie décrivant le renouvellement de « l’espérance » d’Israël (v. 11). Bien que l’espérance d’Israël puisse être aussi morte que « l’armée très nombreuse » d’ossements qu’Ézéchiel a vue, le Sauveur peut lui rendre vitalité et vie.


ÉzéchieI 37:15-20. Quel est le symbolisme des deux pièces de bois que l'on réunit ?


Ce passage est encore un exemple de la nature double de la prophétie.


« Quelle est la signification de ces 'bois' et quelle est leur importance ? La plupart des commentateurs croient simplement que chaque pièce de bois représente un des deux royaumes, soit Juda, soit Israël (Éphraïm), qui doivent être liés l'un à l'autre ou unis sous la direction du Seigneur. Cet acte symbolise la réunion d'Éphraïm et de Juda en un seul royaume… Toutefois… pareille interprétation n'est en aucune façon complète… Chacun des bois représente une Écriture, un écrit important. La Bible représente l'Écriture de Juda… Mais… quelle Écriture représente le bois d'Éphraïm ? Nous répondons : le Livre de Mormon. L'Écriture néphite est le livre des descendants de Joseph vendu en Égypte qui se rendirent sur le continent américain. » Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 226-227)


Les Doctrine et Alliances et le Livre de Mormon affirment que la prophétie d'Ézéchiel traite de la réunion de la Bible et du Livre de Mormon. Doctrine et Alliances 27:5 enseigne que le Livre de Mormon est le bois d'Éphraïm. Le Livre de Mormon, dans 1 Néphi 13:40-41, 2 Néphi 29:10-14 et Mormon 7:8-9, dit que les annales des Juifs et les annales des Néphites seront rassemblées en un seul volume.


Le signe que Jésus-Christ a donné aux Néphites pour qu'ils sachent que le rétablissement des tribus d'Israël était proche est la parution du Livre de Mormon, qui a permis la réunion des annales (voir 3 Néphi 20:46 ; 21:1-7 ; 29:1).


« Du fait que [le Livre de Mormon] est paru, comme l'a si bien montré la vision d'Ézéchiel, l'Israël moderne sera rassemblé, son peuple deviendra pur devant le Seigneur, il fera de nouveau avec lui l'alliance de son Évangile éternel, et son tabernacle et son temple seront éternellement au milieu d'eux (voir ÉzéchieI 37:15-28). » (Bruce R. McConkie, Promised Messiah, p. 146)


ÉzéchieI 37:15-17. Quelle était autrefois la signification du mot « bois » ?


Parmi les spécialistes de la Bible, ceux qui ne sont pas saints des derniers jours affirment que l'interprétation chrétienne traditionnelle du mot bois doit être « baguette ou sceptre » plutôt qu'un livre d'une sorte ou d'une autre. Ils en concluent que la réunion des deux sceptres tribaux symbolisent d'une manière frappante la réunification des tribus divisées.


« Des découvertes passionnantes récentes confirment maintenant le caractère correct des interprétations de Joseph Smith, d'une manière qui n'aurait pas été possible en 1830… Le mot hébreu etz… a pour signification première bois…


« L'Irak moderne contient presque toute la Mésopotamie, territoire des royaumes antiques d'Assyrie et de Babylonie. En 593 av. J-C, quand il fut appelé à être prophète, Ézéchiel vivait en exil en Babylonie… En se promenant dans ses rues, il devait voir le scribe typique enfoncer un stylet en forme de coin dans des tablettes d'argile humide pour composer les écrits complexes que nous connaissons sous le nom de cunéiformes (en forme de coin). Mais les savants d'aujourd'hui savent que l'on faisait d'autres sortes de documents en Mésopotamie  : le papyrus, le parchemin et les tablettes de bois. Bien que seules les tablettes d'argile aient survécu aux millénaires, les auteurs faisaient allusion, sur leurs tablettes d'argile, aux autres matériaux utilisés pour l'écriture [un de ces styles d'écriture était appelé 'tablettes de bois'].


« Les archéologues modernes savaient ce qu'étaient le papyrus et le parchemin, mais qu'étaient ces tablettes de bois ? Comment pouvait-on écrire en cunéiforme sur le bois ?…


« Il y a quelques années… San Nicolo [un archéologue] se souvint que les Romains et les Grecs faisaient des tablettes de bois à cire pour tenir des annales à l'aide de planches dont la surface avait été taillée plus bas que les bords, afin de contenir une fine couche de cire. Les scribes écrivaient sur la cire. Les bords soulevés protégeaient les surfaces gravées quand deux tablettes étaient réunies.


« Se pourrait-il que les Babyloniens aient fait la même chose ?… Mais cinq ans plus tard… une découverte faite dans le territoire qui avait été l'ancienne Assyrie confirma sa théorie à la lettre.


« La découverte, qui se produisit sous la direction de l'archéologue Max Mallowan, fut faite dans une couche de boue, au fond d'un puits, à Nimrud, ville appelée Kala dans la Bible… À  la fin du jour, les ouvrier avaient trouvé… des fragments de deux jeux complets de tablettes, un d'ivoire et l'autre de noyer, chacun composé de seize planches…


« Toutes les surfaces des planches étaient enfoncées de deux millimètres et demi, laissant tout autour un rebord large de douze millimètres. Les surfaces renfoncées constituaient un lit pour un remplissage de cire dont certains fragments fins, semblables à des biscuits, furent découverts soit adhérant toujours aux planches, soit mélangés à la boue voisine…


« Les planches de couverture… avaient des marques de charnière des deux côtés, ce qui prouve que les seize planches de chaque jeu avaient jadis été fixées les unes aux autres comme un paravent japonais. L'ouvrage tout entier constituait un document si long que Mallowan put annoncer que sa découverte était le plus ancien exemple connu d'un livre…(Keith H. Meservy, Ezechiel's Sticks, Ensign, septembre 1977, p. 24-26)


« Le bois ou annales de Juda (l’Ancien Testament et le Nouveau Testament) et le bois ou annales d’Éphraïm (le Livre de Mormon qui est un autre témoignage de Jésus-Christ) sont maintenant si intimement liés que si vous vous penchez sur l’un, vous êtes entraîné vers l’autre; tout en apprenant de l’un, vous êtes éclairé par l’autre. Ils sont vraiment unis dans nos mains. La prophétie d’Ézéchiel a maintenant trouvé son accomplissement. » (Boyd K. Packer, L’Étoile, avril 1983, p. 109)


Ézéchiel 37:15-28


La prophétie d’Ézéchiel sur les bois de Juda et de Joseph a un double sens. Elle désigne la réunion à l’époque moderne des Écritures de Juda et de Joseph (Israël). Elle désigne aussi le rassemblement dans les derniers jours des royaumes de Juda et de Joseph (Israël).


Les enfants d’Israël seront rassemblés et unis en un seul royaume avec le Sauveur pour roi (v. 21–22). Le peuple sera purifié (v. 23), observera les ordonnances du Seigneur (v. 24) et demeurera dans une terre promise (v. 25).


ÉzéchieI 37:26-28. Un temple moderne à Jérusalem


Ézéchiel prophétise au chapitre 37, versets 26 à 28, un sanctuaire sacré ou temple qui ferait partie de la grande réunification d'Israël. Peu après cette vision, Ézéchiel reçut une vision détaillée de ce à quoi ressemblerait le nouveau temple de Jérusalem (voir Ézéchiel 40:48).


« Ézéchiel prédit la construction d'un temple à Jérusalem qui sera utilisé pour les ordonnances après qu'Israël aura été rassemblé de sa longue dispersion et quand il sera purifié de ses transgressions. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, :229).

ÉZÉCHIEL 38

ÉzéchieI 38-39. La bataille de Gog et de Magog


« Notre Seigneur reviendra au milieu de la bataille d'Harmaguédon, ou, en d'autres termes, pendant la grande guerre entre Israël et Gog et Magog. Lors de la Seconde Venue, toutes les nations de la terre seront en guerre, et la bataille sera en cours dans la région de Jérusalem et d'Harmaguédon (voir Zacharie 11:12-13 ; Apocalypse 13:14-21). Les prophéties ne nomment pas les nations modernes qui lutteront pour et contre Israël, mais l'expression Gog et Magog désigne l'ensemble des nations qui cherchent à renverser et à détruire le reste de la postérité élue du Seigneur.


 «Les chapitres 38 et 39 d'Ézéchiel enregistrent beaucoup de détails prophétiques concernant cette grande guerre. Il faut remarquer qu'elle se produira 'à la fin des temps', qu'elle aura lieu sur les 'montagnes d'Israël', contre ceux qui ont été rassemblés au pays de leur ancien héritage, que le pays d'Israël sera relativement sans protection, un pays de 'villes sans 'muraille' ; que Gog et Magog viendront 'du nord, en nombre suffisant pour 'couvrir le pays' comme une nuée ; que le Seigneur viendra à ce moment-là, et que tous les hommes trembleront en sa présence. Qu'il y aura un tremblement de terre comme on n'en avait encore jamais connu, qui renversera les montagnes, que la peste, le sang, le feu et le soufre tomberont sur les armées, que les forces de Gog et Magog seront détruites sur les montagnes d'Israël, que le grand festin de Dieu aura alors lieu, les animaux et les oiseaux mangeant la chair et buvant le sang de ceux qui seront tombés (voir Apocalypse 19:17-18 ; D&A 29:18-21) ; et que la maison d'Israël enterrera les morts pendant sept mois et brûlera pendant sept ans les armes de guerre abandonnées. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 324-325)


Le fait que la bataille qui précède le millénium, que l'on appelle la bataille d'Harmaguédon, fait allusion à  Gog et à Magog, peut tout d'abord prêter à confusion, puisque Jean (voir Apocalypse 20:7-9) appelle bataille de Gog et Magog la dernière grande bataille qui aura lieu à la fin du millénium. Mais le nom Gog et Magog est utilisé pour les deux batailles, parce qu'il symbolise une alliance de grandes puissances mauvaises.


« Avant la venue du Christ, la grande guerre, parfois appelée Harmaguédon, aura lieu comme l'a annoncé Ézéchiel, chapitres 38 et 39. Une autre guerre, celle de Gog et Magog, aura lieu après le millénium. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:49)


Il est évident que la bataille qu'Ézéchiel a vue sera un des plus grands événements de l'histoire du monde, et il n'est donc pas surprenant que les prophètes en parlent à maintes reprises. Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Joël, Zacharie et Jean le Révélateur en parlent tous en donnant certains détails, et elle est mentionnée en plusieurs endroits des Écritures modernes.


ÉzéchieI 38:1-2. Gog et Magog


Les termes Gog et Magog sont souvent associés comme, par exemple, s'agissant de la « bataille de Gog et Magog » (Apocalypse 20:8). Ainsi beaucoup de gens supposent que ces termes désignent deux peuples portant ces noms. Mais ÉzéchieI 38:1-2 montre que Gog est le nom d'une personne et Magog le pays d'où elle vient. Techniquement parlant, « Gog de Magog » est la manière correcte de le dire. Mais au cours des siècles, les noms se sont mis à désigner la coalition de nations qui combattront Israël dans les derniers jours (voir le commentaire sur Ézéchiel 38-39).


Ézéchiel 38:2-6.


Ézéchiel nomme Gog du pays de Magog, le prince de Meschek et de Tubal, comme chef des forces qui iront contre Israël (voir Ézéchiel 38:1-3). Magog, Meschek et Tubal étaient des pays d'autrefois occupant des régions que l'on trouve actuellement pour la plupart dans l'ancienne U.R.S.S. ou parmi ses satellites. Gog est un nom symbolique désignant le ou les chefs de cette grande puissance mauvaise qui naîtra dans les derniers jours.Ézéchiel cite la Perse, l'Éthiopie, la Lybie, Gomer et Togarma comme étant alliées à Gog (voir Ézéchiel 38:2-6).


Ces noms ne spécifient pas certains pays, ils désignent seulement de grandes régions du monde antique, de sorte que l'on ne peut pas établir à partir de cette source une liste de nations modernes qui combattront à Harmaguédon.


« Les prophéties ne nomment pas les nations modernes qui combattront pour et contre Israël, mais la désignation Gog et Magog est donnée à la coalition des pays qui cherchent à renverser et à détruire le reste de la postérité élue du Seigneur. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 298)


L'objectif stratégique de cette grande alliance perverse est clairement la nation d'Israël (voir Ézéchiel 38:8, 15-16 ; voir aussi Joël 2:1 ; 3:1-2 ; Zacharie 14:2).


Verset 2


Magog : Correspond aux régions situées au nord et à l'est de la mer Noire et de la Crimée, territoires maintenant occupés par la Russie. Magog était autrefois habitée par les Scythes, un peuple barbare féroce qui était passé maître dans l'art de la guerre rapide et brutale. Ainsi Magog devient un symbole suggérant la nature guerrière de ce peuple.


Méschec : Le peuple de Méschec était autrefois appelé les Mouchki. Certains linguistes pensent qu'ils donnèrent leur nom à Moscou (Moskva en russe). Méschec et Tubal, comme Magog, étaient descendants de Japhet (voir Genèse 10:2), et les trois sont ordinairement associés. Ils semblent avoir eu des liens géographiques et d'autres liens étroits.


Tubal : Par association, on suppose que cette région était proche de Méschec, très vraisemblablement dans la région entourant la mer Noire en Géorgie et en Turquie. Si Gog doit être de Magog, Méschec et Tubal, cela donne à croire que Gog n'est pas nécessairement une seule personne, mais est peut-être une nation ou un groupe de dirigeants qui agissent d'une manière unie.


Verset 5


Perse : Correspond à l'Iran. Du temps d'Ézéchiel, la Perse n'était pas encore devenue un grand empire mondial, de sorte que ses territoires n'étaient pas aussi étendus en ce temps-là qu'ils le furent plus tard.


Éthiopie : En hébreu, l'Éthiopie représentait ordinairement la totalité de l'Afrique située au sud de l'Égypte et les pays côtiers du nord de l'Afrique.


Lybie : La Lybie (Pouth en hébreu) signifiait généralement l'Afrique du Nord à l'exception de l'Égypte. Elle comprenait les régions maintenant occupées par la Lybie, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie.


Verset 6


Gomer : Correspond à la majeure partie de l'Europe moderne et des parties de l'Asie mineure. Gomer, autre descendant de Japhet (voir Genèse 10:2), est considéré par la plupart des savants comme l'ancêtre du peuple auquel les historiens classiques donnent le nom de Cimmériens. Les Cimmériens furent à l'origine de peuples ultérieurs tels que les tribus thériques, gaéliques, celtiques, britanniques et teutoniques.


Togarma : Correspond à l'Asie mineure. Togarma était fils de Gomer (voir Genèse 10:3), et les Arméniens prétendent être ses descendants. Bien que le pays soit très petit maintenant, l'Arménie comprenait autrefois ce qui fait partie du sud de l'ancienne U.R.S.S., la Turquie et la Syrie.


Ézéchiel 38:18. Dans ce qui sera un des moments les plus noirs de l'histoire d'Israël, juste au moment où il semblera qu'ils sont sur le point d'être annihilés, la fureur du Seigneur se déchaînera sur les royaumes du monde (voir EzéchieI38:18)


Ézéchiel 38:22. « J'exercerai mes jugements… par des pierres de grêle »


Comme Ézéchiel, Jean le Révélateur vit aussi de gros grêlons pleuvoir sur la vaste armée à Harmaguédon. Il estime leur poids à un talent (voir Apocalypse 16:21), ce qui représente environ 34,3 kg.


Ézéchiel 38:33 est le verset dont il est question dans Doctrine et Alliances 29:21.


ÉZÉCHIEL 39


Voir le commentaire sur ÉzéchieI 38-39.


Ézéchiel 39:11. Où est « la vallée de la multitude de Gog » ?


ÉzéchieI 39:11 décrit un élément futur et ne fait pas allusion à un emplacement connu de son époque. L'appellation « vallée de la multitude de Gog » lui sera donnée à cause de l'immensité du nombre d'hommes qui y seront enterrés. Étant donné que la bataille finale se concentrera autour de Jérusalem, il faut supposer que la vallée de la multitude de Gog se trouve quelque part dans les environs.

ÉZÉCHIEL 40

ÉzéchieI 40 à 44. La vision d'un temple futur


Dans une des visions les plus remarquables de l'Ancien Testament, Ézéchiel eut la bénédiction d'être enlevé par l'Esprit jusqu'à la ville sainte de Jérusalem pour voir sur la montagne du temple le temple magnifique qui y serait construit dans les derniers jours. Dans ÉzéchieI 40:3, Ézéchiel est présenté à un « homme » qui lui montre ensuite le temple et ses dimensions. Cet « homme » n'était probablement pas le Seigneur mais un messager autorisé.

« Au cours de la vingt-cinquième année de la captivité de Babylone, alors que le peuple d'Israël se trouvait encore en exil dans un pays étranger, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Ézéchiel ; la puissance de Dieu reposa sur lui, et il eut la vision d'un temple dont il décrivit minutieusement le plan. Le prophète ne s'est pas prononcé sur la question de savoir si le projet qui lui avait été montré devait être réalisé dans la suite ou si ce n'était qu'un idéal grandiose, mais inaccessible. Ce qui est certain, c'est que ce temple, dont il eut la vision, n'a pas encore été construit.


« Dans la plupart de ses traits essentiels, l'idéal d'Ézéchiel suivait de près le plan du temple de Salomon ; si étroite, en effet, est cette ressemblance, que nombre de détails spécifiés par Ézéchiel ont été retenus comme étant ceux du splendide édifice détruit par Nebucadnetsar. La caractéristique prédominante du temple décrit par Ézéchiel, c'était l'ampleur de ses proportions et la symétrie, tant de la maison sainte que de ses dépendances. L'enceinte devait être un carré de cinq cents coudées, entouré de murailles et pourvu de portes et d'arcades sur trois côtés ; du côté ouest, le mur n'était rompu par aucune porte. À chacune des portes, il y avait de petites pièces considérées comme des loges et pourvues d'un portique. Dans le parvis extérieur il y avait d'autres pièces. Toute cette enceinte devait être surélevée et une volée de marches menait à chaque porte. Dans le parvis intérieur, on voyait le grand autel, dressé devant la maison et occupant le centre d'un carré de cent coudées.


« On avait pourvu amplement à toutes les variétés de sacrifices et d'offrandes, ainsi qu'au logement des prêtres, des chanteurs, et de tous ceux qui participaient au rituel sacré. Le bâtiment principal comprenait un portique, un saint et un sanctuaire intérieur ou très saint lieu, ce dernier, surélevé par rapport au reste et accessible par des marches. Ce plan prévoyait une spécialisation plus grande encore que celle qui caractérisait le complexe sacré du temple de Salomon. Le service du temple était fixé dans le détail ; les ordonnances de l'autel, les devoirs des prêtres, le ministère des Lévites, le règlement régissant les oblations et les fêtes, tout était exposé.


« Le but immédiat de cette révélation faite par le moyen de la vision du prophète semble avoir été d'éveiller le peuple d'Israël à la conscience de sa déchéance et à une conception de sa gloire disparue. » (James E. Talmage, La Maison du Seigneur, p. 43-44)


ÉzéchieI 40:45-46. Qui sont les fils de Tsadok ?


Le messager céleste expliqua à Ézéchiel que les Lévites qui auraient la charge de la sainte maison seraient les fils de Tsadok. Celui-ci était un souverain sacrificateur juste de l'époque du roi Salomon. Il remplaça Abiatar (voir 1 Rois 2:26-27, 35) à cause de sa  loyauté à David et à Salomon. Il fut le premier souverain sacrificateur à officier dans le temple de Salomon. Apparemment, le Seigneur désirait que les descendants de Tsadok le juste officient dans le temple moderne de Jérusalem (voir Ézéchiel 44:15 ; 48:11).



ÉZÉCHIEL 41

Voir commentaire de
ÉzéchieI 40 à 44.

ÉZÉCHIEL 42

Voir commentaire de ÉzéchieI 40 à 44.

ÉZÉCHIEL 43

Voir commentaire de ÉzéchieI 40 à 44.


ÉzéchieI 43:1-5 ; 44:4. La gloire de Dieu remplit le temple


La gloire de Dieu se manifeste dans l'éclat et la puissance de sa présence divine. Il était attendu que la gloire du Seigneur remplirait sa sainte maison à Jérusalem. Il ne fait pas de doute que sa gloire a rempli tous les temples qui ont été construits en son nom et par son autorité (voir Nombres 9:15-18 ; 2 Chroniques 5:13-14 ; Esdras 6:14-16 ; D&A 110:1-5 ; D&A124:27-28, 38-41).


ÉzéchieI 43:18-27. Quels sacrifices seront offerts dans le temple ?

« Lorsque ces temples [le temple vu par Ézéchiel et les autres qui seront construits dans la Nouvelle Jérusalem] seront construits, il est très vraisemblable que des dispositions seront prises pour certaines cérémonies et ordonnances qui pourront être accomplies par la prêtrise d'Aaron et qu'une place sera prévue où les fils de Lévi pourront présenter leur offrande avec justice. Tel devra être le cas, parce que tout doit être rétabli.


« Des ordonnances étaient accomplies dans l'antiquité en Israël, dans le tabernacle, lorsqu'il était dans le désert et après qu'il ait été rétabli à Silo dans le pays de Canaan et plus tard dans le temple construit par Salomon. Le Seigneur nous a informés que tel était le cas et a dit que, dans ces édifices, on accomplissait des ordonnances pour le peuple…


« Nous vivons dans la dispensation de la plénitude des temps [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] dans laquelle tout sera rassemblé, et tout ce qui a été depuis le commencement sera rétabli. Même notre terre retrouvera l'état dans lequel elle était avant la transgression d'Adam. Il est de la nature des choses que la loi du sacrifice devra être  rétablie, sinon tout ce que le Seigneur a décrété ne sera pas rétabli. Il sera par conséquent nécessaire que les fils de Lévi, qui ont fait autrefois les sacrifices sanglants en Israël, fassent de nouveau pareils sacrifices pour arrondir et compléter cette ordonnance dans notre dispensation. Le sacrifice par l'effusion du sang fut institué à l'époque d'Adam et devra nécessairement être rétabli.


« Le sacrifice d'animaux sera effectué pour compléter le rétablissement lorsque le temple dont il a été parlé sera construit ; au commencement du millénium, ou lors du rétablissement, des sacrifices seront accomplis suffisamment longtemps pour compléter la plénitude du rétablissement dans notre dispensation. Après cela, le sacrifice revêtira quelque autre caractère. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:92-93)


La gloire de l’Éternel a rempli le temple (v. 2, 4-5). Le temple est le lieu du trône de l’Éternel sur la terre (v. 7). L’Éternel marche dans le temple, l’appelant « le lieu où je poserai la plante de mes pieds » (v. 7). Le temple est un lieu où le Seigneur peut habiter au milieu de son peuple (v. 7). Dans le temple, nous étudions les lois du Seigneur (v. 11). Le Seigneur veut que nous accomplissions certaines ordonnances dans le temple (v. 11). Même les espaces verts qui entourent le temple seront très saints (v. 12). 


ÉZÉCHIEL 44

Voir commentaire de ÉzéchieI 40 à 44.


ÉzéchieI 44:4. Voir commentaire sur ÉzéchieI 43:1-5 ; 44:4.


Ézéchiel 44:6-9, 23


Seuls ceux qui sont dignes peuvent entrer dans le temple (v. 6-9). Dans le temple, nous apprenons la différence entre sacré et profane, entre pur et impur (v. 23).


ÉZÉCHIEL 45


Ézéchiel 45 à 46


Le Seigneur donne une description plus détaillée des rites liés au temple, telles que certaines ordonnances qu’accomplissaient les Juifs dans les temples et qu’ils n’accomplissent pas correctement à l’époque où ils sont emmenés captifs à Babylone.


ÉzéchieI 45:1-8 ; 47:13 ; 48:29. Comment le pays sera-t-il divisé entre les tribus d'Israël ?


Selon la vision du futur donnée à Ézéchiel, la Terre Sainte sera divisée en bandes s'étirant entre la Méditerranée à l'ouest et la mer Morte et le Jourdain à l'est. Chacune des douze tribus recevra une bande de terre avec une bande prise hors du milieu pour le prince, la ville et les Lévites, c'est-à-dire les sacrificateurs. Joseph recevra une part double (Ézéchiel 47:13) puisque Éphraïm et Manassé, fils de Joseph, devinrent tous deux des tribus en Israël. La ville aura douze portes, une pour chaque tribu (y compris Lévi et une pour Joseph). Au nord seront les tribus de Ruben, Juda et Lévi, à l'est seront Joseph, Benjamin et Dan, au sud Siméon, Issacar et Zabulon, à l'ouest Gad, Aser et Nephthali. Jérusalem sera alors appelée « L'Éternel est ici » (Ézéchiel 48:35). Il y aura là un rassemblement des tribus dispersées d'Israël, et le temple dont Ézéchiel eut la vision aura une place et une fonction centrales dans le rassemblement.


« Des dispositions sont prises pour les tribus d'Éphraïm et de Manassé. Il est tout à fait évident, d'après la vision d'Ézéchiel, que tous les descendants de Joseph n'auront pas leur héritage sur le continent américain, comme certains parmi nous l'ont supposé. Nous pouvons toutefois avoir des raisons de croire que la plus grande partie de la postérité de Joseph aura sa place en Amérique (voir Éther 13:5-12), mais les propos d'Ézéchiel impliquent que certains des savants de Joseph demeureront en Palestine. » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 236-237)

ÉZÉCHIEL 46

Voir commentaire de
Ézéchiel 45 à 46.

ÉZÉCHIEL 47


ÉzéchieI 47:1-12. Des eaux sortent du temple


« Juda doit revenir, Jérusalem doit être reconstruite, et le temple, et de l'eau sortir d'en dessous du temple et les eaux de la mer Morte devenir saines. Il faudra du temps pour reconstruire les murs [de la ville] et le temple, etc.  ; et tout ceci doit être fait avant que le Fils de l'homme ne fasse son apparition. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 230)


La mer Morte verra ses eaux assainies, c'est-à-dire qu'elle deviendra un lac dont les rives seront entourées de feuillages verdoyants et que les poissons foisonneront dans ses eaux (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 230).


Les eaux sortant d'en dessous du temple et l'assainissement de la mer Morte peuvent se produire quand le Seigneur lui-même posera le pied sur le mont des Oliviers, amenant cette montagne à se diviser en deux et à créer une grande vallée (voir Zacharie 14:4 ; D&A 33:20-24).


De même que les eaux du temple assainissent le désert de Judée et la mer Morte dans la vision d’Ézéchiel, de même l’Évangile de Jésus-Christ nous guérit et nous purifie si nous voulons y goûter.


Ézéchiel 47:13. Voir commentaire sur ÉzéchieI 45:1-8 ; 47:13 ; 48:29.


ÉzéchieI 47:22-23. Qui sont ces étrangers ?


Il y aura certainement des convertis qui ne font pas partie d'Israël par le sang, mais qui recevront un héritage à cause de leur dévouement à l'Évangile. Ils seront alors adoptés dans la maison d'Israël. Ces étrangers seront peut-être d'entre les peuples gentils qui accepteront l'Évangile dans les derniers jours.


ÉZÉCHIEL 48

Ézéchiel 48:29.
Voir commentaire sur ÉzéchieI 45:1-8 ; 47:13 ; 48:29.


ÉzéchieI 48:31-34. Les portes de la ville


Apocalypse 22:13-17 donne les conditions à remplir pour passer les portes de la ville sainte.


ÉzéchieI 48:35. Jérusalem sera appelée sainte


Dans la Traduction de Joseph Smith, Ézéchiel 48:35 dit que le nom de Jérusalem sera « sainte » parce que la présence du Seigneur y sera. Le temple sera construit comme symbole pour Israël en Palestine que le Seigneur est avec son peuple.

  

 

DANIEL

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DANIEL 1


Daniel 1


Dans sa jeunesse, Daniel est emmené en captivité de Jérusalem à Babylone. Lui et d’autres jeunes Hébreux prometteurs, parmi lesquels ses amis Schadrac, Méschac et Abed Nego, sont élevés à la cour du roi Nebucadnetsar. Daniel et ses amis refusent de se souiller en mangeant la nourriture du roi Nebucadnetsar (v. 1-16). Le Seigneur bénit Daniel et ses amis en leur accordant la santé et la sagesse.


Daniel 1:1-2. Quel était le cadre historique de la captivité de Daniel ?


La plupart des savants s'accordent pour dire que Nebucadnetsar, prince babylonien, commandait les troupes de son père en 605 av. J-C quand elles infligèrent une lourde défaite aux forces égyptiennes à Carkemisch (voir Jérémie 46:2). Cette défaite marqua le commencement de la fin de l'empire égyptien comme puissance mondiale et fit savoir au monde connu qu'il devrait maintenant compter avec Babylone.


Nebucadnetsar poursuivit les Égyptiens vers le sud et leur infligea une défaite pire encore près de Hamath en Syrie (voir Harry Thomas Frank, Discovering the Biblical World, p. 127), annexant ainsi la Syrie et la Palestine à l'empire babylonien en expansion. Comme on le voit dans Daniel 1:1, cette poussée eut pour résultat le siège de Jérusalem, la troisième année de Jojakin et l'assujettissement de Juda comme vassal de Babylone pendant les trois années suivantes (voir 2 Rois 24:1). À ce moment-là, un grand nombre d'entre les plus beaux vases du temple furent emportés comme tribut à Babylone (voir 2 Chroniques 36:7). L'élite des membres de l'aristocratie de Juda, dont Daniel (voir 2 Rois 20:14-18; Daniel 6:13), fut emmenée en captivité à Babylone. Au cours de cette campagne, Nebucadnetsar apprit la mort de son père, et, dans l'année, il retourna à Babylone pour devenir roi (voir Jérémie 25:1). Plus tard, il assiégea encore deux fois Jérusalem, emmenant chaque fois d'autres captifs, et finit par détruire Jérusalem vers 587 av. J-C. De toute évidence, Daniel et ses trois compagnons furent emmenés en captivité pendant le premier exil à Babylone (voir Daniel 1:6). Daniel vivait à Jérusalem en même temps que Léhi, mais rien ne permet de dire qu'ils se sont connus.


Daniel 1:2. Où était le pays de Schinear ?


Schinear était la plaine du Delta inférieur entre le Tigre et l'Euphrate où ils s'approchent du Golf Persique. C'était l'antique pays de Chaldée ou la Babylonie (voir William Smith, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « Shinaf »).


Daniel 1:3. Qui le mot « eunuques » désigne-t-il ?


« Le mot eunuque est la forme française du mot grec qui signifie gardien du lit. Au sens strict du terme, c'étaient les personnes qui avaient la responsabilité des chambres-à-coucher des palais et des grandes maisons. Mais étant donné que le tempérament jaloux et corrompu de l'Orient exigeait que cette mission soit entre les mains de personnes qui avaient été privées de leur virilité, le mot eunuque en vint naturellement à désigner les personnes se trouvant dans cette situation. Certains d'entre eux s'élevèrent pour être les conseillers confidentiels de leurs maîtres ou maîtresses royaux, et le mot était de temps en temps employé pour désigner les personnes se trouvant dans un tel poste sans que cela ait quelque chose à voir avec leur virilité.  » (Smith, Dictionary of the Bible, sous la rubrique « eunuch »).


« Le mot eunuques désignait les officiers qui se trouvaient dans les environs du palais ou à l'intérieur, qu'ils fussent littéralement eunuques ou non. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:563)


Daniel 1:8. Qu'y avait-il d'offensant dans les mets du roi ?


Les mets du roi étaient ceux qui se trouvaient sur sa table. Les raisons du refus de Daniel de manger la nourriture ont pu être entre autres les suivantes : (1) certains aliments utilisés par les Babyloniens étaient vraisemblablement parmi ceux dont la loi mosaïque interdisait la consommation (voir Lévitique 11 ; Deutéronome 14) ; (2) les Babyloniens, comme les autres païens, mangeaient des bêtes qui n'avaient pas été dûment saignées (voir Lévitique 3:17) et violaient ainsi la loi mosaïque et (3) les païens consacraient la nourriture lors de leurs fêtes en offrant une partie de la nourriture et de la boisson en sacrifice à leurs dieux. Le fait de consommer une telle nourriture signifierait participer au culte des faux dieux. En outre, la nourriture était considérée comme contaminée et impure, selon la loi juive, quand elle était préparée par quelqu'un qui était considéré comme impur, tels que les païens (voir Lévitique 7:19-21). Daniel était strictement loyal au Seigneur et refusa de participer à toute pratique associée à quoi que ce soit d'impur ou d'idolâtre.


Daniel 1:20. Que signifient les termes « magiciens » et « astrologues » ?


Le mot hébreu utilisé pour désigner astrologues et magiciens est Aschaphim qui signifie enchanteur qui utilise des incantations ou qui pratique les arts cachés (voir Davidson, Analytical Hebrew and Chaldee Lexicon, p. 51-52). Ces gens étaient souvent associés à des esprits mauvais (voir Actes 8:9-24). Daniel et ses frères étaient fondés sur la vérité et la révélation de Dieu et avaient donc une sagesse et une compréhension beaucoup plus grandes que les magiciens et les astrologues du roi.


Daniel 1:21. Combien de temps dura la captivité de Daniel à Babylone ?


Daniel fut parmi ceux de la première captivité, et il resta à Babylone avec beaucoup d'autres Juifs, même lorsque la plupart d'entre eux furent retournés dans leur patrie pour construire leur temple et leur nation.  Il resta à Babylone pour servir divers rois pendant les soixante-dix années de la captivité juive (voir Jérémie 25:11 ; 29:10). Bien que nous n'ayons aucune information quant à son âge au moment de sa captivité, Daniel 1:21 montre qu'il vécut au moins jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans.


DANIEL 2

Daniel 2:1-23


Une nuit le roi Nebucadnetsar fait un songe qui le perturbe. Il met ses conseillers à l’épreuve en leur disant qu’il l’a oublié et leur commande de le lui révéler ainsi que son interprétation (v. 2–5). Quand ils disent qu’ils ne peuvent pas décrire le songe, il ordonne la mise à mort de tous les mages de Babylone, y compris Daniel et ses amis (v. 10–13).


Daniel 2:17-19. Daniel et ses compagnons sauvent leur vie en obtenant la révélation de Dieu


« Par la foi en Dieu vous pouvez vous mettre au diapason de l'infini, et par le pouvoir et la sagesse obtenus de votre Père céleste, maîtriser les puissances de l'univers pour qu'elles vous servent au moment où vous en avez besoin pour résoudre des problèmes qui dépassent votre force ou votre intelligence humaines. » (Harold B. Lee, dans Church News, 15 août 1970, p. 2)


Daniel 2:26-30. « Il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets » (v. 28)


Le roi aurait attribué à Daniel le mérite d'avoir donné l'interprétation de son rêve, mais Daniel lui fit bien comprendre que ce n'était pas lui, ni aucun des magiciens ou des astrologues, qui étaient capables de découvrir la nature du rêve et son interprétation. Il témoigna que « il y a dans les cieux un Dieu » (Daniel 2:28), et c'est par la puissance de ce Dieu qu'était révélé le mystère du rêve de Nebucadnetsar. Daniel ne s'attribua pas le mérite de ce que le Seigneur avait fait pour son profit. S'il l'avait fait, il aurait certainement offensé Dieu (voir D&A 59:21).


Daniel 2:28. Le rêve de Nebucadnetsar ne concernait-il que « la suite des temps » ?


L'interprétation inspirée du songe de Nebucadnetsar donnée par Daniel montrait que l'accomplissement du rêve du roi commençait dans le futur immédiat. Daniel dit à Nebucadnetsar : « C'est toi qui es la tête d'or » (v. 38). Le songe révélait les événements qui se produiraient sur une longue période de temps. Mais le point culminant devait se produire dans les derniers jours. Le mot hébreu utilisé, achariyth, signifie « durer ou finir » (James Strong, A Concise Dictionary of the Words in a Hebrew Bible, dans The Exhaustive Concordance of the Bible, p. 11). Cette définition, combinée à l'explication donnée par Daniel et la lumière ajoutée par la révélation moderne (voir D&A 65:2 ; 138:44), le montre bien.


Daniel 2:31-45. Qu'étaient les royaumes représentés par le rêve de Nebucadnetsar ?


« Le monde chrétien d'aujourd'hui est témoin du fait que les choses mêmes que représentait la grande statue se sont produites avec le passage du temps. L'histoire témoigne du fait que le roi Nebucadnetsar était la tête d'or. Les Mèdes et les Perses, royaume inférieur à Babylone, furent la poitrine et les bras d'argent. Le royaume macédonien, sous Alexandre le Grand, fut le ventre et les cuisses de bronze ; et l'empire romain sous les César fut les jambes de fer. Car, notez-le bien, plus tard, l'empire de Rome, fut divisé. La direction du gouvernement dans une des divisions se trouvait à Rome et celle de l'autre division était à Constantinople. Ces deux grandes divisions représentaient donc les jambes de fer. Finalement, l'empire romain fut divisé en royaumes plus petits, représentés par les pieds et constitués par un mélange de fer et d'argile. » (Rudger Clawson, dans Conference Report, avril 1930, p. 32)


« Les pieds étaient des gouvernements plus modernes qui découlèrent du royaume de fer [l'empire romain], lorsqu'il  eut perdu sa force. Ceux-ci sont représentés par les dix orteils ou les dix royaumes qui seraient partiellement forts et partiellement brisés. Ils n'auraient pas la force des jambes de fer, mais ils seraient mêlés d'argile boueuse pour  représenter à la fois la force et la faiblesse. » (Orson Pratt, dans Journal of Discourses, 18:337)


« Rome serait remplacée par un groupe de nations d'Europe représentées par les orteils de la statue.  L'histoire du monde décrite brièvement fut suivie de la vraie révélation. Daniel dit  : 'Dans le temps de ces rois [c'est-à-dire, le groupe de nations européennes], le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit… C'est une révélation concernant l'histoire du monde, qu'une puissance mondiale en remplacerait une autre jusqu'à ce qu'il y ait maints royaumes plus petits se partageant la direction de la terre.


« Dans le temps de ces rois, le pouvoir ne serait pas donné à l'homme, mais le Dieu des cieux établirait un royaume, le royaume de Dieu sur la terre, qui ne serait jamais détruit ni laissé à d'autres. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a été rétablie en 1830, après maintes révélations de source divine ; c'est le royaume, établi par le Dieu des cieux, qui ne serait jamais détruit ni remplacé, et la pierre détachée de la montagne sans le secours d'aucune main, qui deviendrait une grande montagne et remplirait toute la terre. » (Spencer W. Kimball, L'Étoile, août 1976, p. 51)


Daniel 2:44-45. Comment se fait-il que le royaume établi par Dieu anéantira les autres royaumes ?


La section 65 des Doctrine et Alliances parle de l'accomplissement du reste de la prophétie de Daniel. Le prophète Joseph Smith pria pour que le royaume ecclésiastique de Dieu, qui fut établi de son temps sur la terre, aille de l'avant, afin que le futur royaume des cieux vienne.


« Pendant le millénium, le royaume de Dieu continuera sur la terre, mais en ce jour-là, ce sera à la fois un royaume ecclésiastique et politique. C'est-à-dire que l'Église (qui est le royaume) recevra le gouvernement du monde. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p.416)


Ce royaume millénaire, on peut également l'appeler à juste titre royaume des cieux, comme Joseph Smith l'a fait dans sa prière inspirée qui se trouve dans Doctrine et Alliances 65. L'établissement de ce royaume est ce que le Seigneur a enseigné aux saints à demander dans le Notre Père, quand il dit : « Que ton règne vienne » (Matthieu 6:10) (voir Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 1, p. 222). La venue du royaume sur la terre est ce que Daniel dit quand la pierre se mit à rouler et frappa la statue, et finit par remplir la terre entière.


« Le Seigneur Dieu tout puissant a établi un royaume qui exercera le pouvoir et l'autorité sur tous les royaumes du monde et ne sera jamais détruit ; c'est le royaume que Daniel vit et sur lequel il écrivit. On peut considérer qu'il faux de dire que le royaume que ce prophète a prédit est véritablement établi ; cela nous ne pouvons l'empêcher, mais nous savons qu'il en est ainsi, et nous invitons les nations à croire en notre témoignage. Le royaume continuera à augmenter, à grandir, à se répandre et à prospérer de plus en plus. Chaque fois que ses ennemis entreprendront de le renverser, il s'étendra davantage et deviendra plus puissant ; au lieu de diminuer, il continuera à augmenter, il se répandra d'autant plus et deviendra plus merveilleux et plus visible aux yeux des nations, jusqu'à ce qu'il remplisse la terre entière. » (Brigham Young, dans Journal of Discourses, 1:202-3)


Daniel 2:49. Daniel devint prospère à cause de sa justice


« L'Évangile était la vie de Daniel. La parole de sagesse était vitale pour lui. À la cour du roi, il pouvait être peu critiqué, mais même pour un souverain il ne voulait pas boire le vin du roi ni remplir son estomac de viande et de nourriture riche. Sa modération et la pureté de sa foi lui valurent la santé, la sagesse, la connaissance, l'habileté et l'intelligence, et sa foi l'unit étroitement à son Père céleste, et des révélations lui furent données aussi souvent qu'il en avait besoin. Le fait qu'il révéla les rêves du roi et leur interprétation lui valut des honneurs, des applaudissements, des cadeaux et une situation élevée, toutes  choses pour lesquelles beaucoup d'hommes vendraient leur âme. » (Spencer W. Kimball, dans Conference Report, conférence interrégionale du Mexique et d'Amérique centrale, 1972, p. 31)

DANIEL 3


Daniel 3


Schadrac, Méschac et Abed Nego refusent d’adorer l’idole de Nebucadnetsar (v. 1-12). Celui-ci les précipite dans une fournaise ardente et le Seigneur les sauve de la mort (v. 13–30).


Daniel 3:1-18. Trois Hébreux qui furent fidèles à Dieu en dépit des menaces et des pressions


Daniel ne fut pas seul comme jeune homme exemplaire. Ses trois compagnons manifestèrent la même loyauté et le même dévouement inébranlables à Dieu.


« Nous nous rappelons l'intégrité des trois Hébreux, Schadrac, Méschac et Abed Nego qui, comme Daniel, défièrent hommes et souverains pour être fidèles à eux-mêmes et à leur foi. Ils étaient tenus par un décret de l'empereur de s'agenouiller et d'adorer une statue d'or monumentale que le roi avait dressée. Au risque de perdre leur caste, de perdre leur place, de mettre le roi en colère, ils affrontèrent la fournaise ardente plutôt que de céder et de renier leur Dieu. Le piège habilement conçu marcha comme ses auteurs pervers l'espéraient.


« La dédicace devait être quelque chose de sensationnel avec des gens venus de tous les coins du pays pour y assister. Y avait-il jamais eu une telle statue ? Un tel spectacle ? Vingt-sept mètres d'or sous la forme d'un homme, qu'est-ce qui pouvait être plus scintillant, plus étincelant ? Il devait y avoir une foule innombrable fourmillant dans les rues et à l'endroit où se trouvait la statue gigantesque quand l'officier annonça la procédure et le décret que tous devaient s'agenouiller au son de la musique et adorer la statue. Ni la ruse des fourbes, des rusés conspirateurs, ni la crainte du roi et de ce qu'il pouvait leur faire, ne dissuada les trois courageux jeunes gens de quitter le vrai chemin de la droiture.


« Quand le son prévu du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse et d'autres instruments de musique résonna  dans la région et que les masses d'hommes et de femmes remplirent partout les maisons et les rues d'adorateurs prosternés devant la gigantesque statue d'or, trois hommes refusèrent d'insulter leur vrai Dieu. Ils prièrent Dieu, et quand ils se trouvèrent face à l'empereur furieux, ils répondirent courageusement, bien que cela allait leur valoir une mort certaine [voir Daniel 3:17-18]. » (Spencer W. Kimball, Integrity, Brigham Young University Speeches of the Year, Provo, 25 février 1964, p. 18)


Daniel 3:16-18


« Les problèmes immédiats ne nous seront pas épargnés, mais la mort éternelle nous sera épargnée. En attendant, cette espérance nous permet de prononcer le mot employé il y a des siècles par trois hommes vaillants. Ils savaient que Dieu avait le pouvoir de les sauver de la fournaise ardente, s’il le décidait. 'Sinon', dirent-ils, ils le serviraient tout de même ! » (Neal A. Maxwell, L’Étoile, janvier 1995, p. 42)


Schadrac, Méschac et Abed Nego étaient disposés à obéir au Seigneur, qu’il les protège ou non. Notre obéissance ne doit pas être conditionnée par le fait que le Seigneur nous donne ou ne nous donne pas en retour la bénédiction attendue au moment prévu.


Daniel 3:19-23. Schadrac, Méschac et Abed Nego jetés dans la fournaise


Le fait de chauffer la fournaise « sept fois plus qu'il ne convenait de la chauffer » (Daniel 3:19) est, suppose-t-on, une façon idiomatique de dire que la fournaise devait être chauffée beaucoup plus fort que d'habitude, chauffée au maximum (voir Clarke, Commentary, 4:578).


« Si les trois furent amenés jusqu'à la fournaise, elle devait avoir une ouverture par le haut, par laquelle on pouvait y jeter les victimes. Quand elle était chauffée normalement, on pouvait le faire sans que cela représente de danger pour les hommes qui faisaient le travail ; mais dans ce cas-ci, la chaleur du feu était si intense, que les serviteurs eux-mêmes périrent. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 9:3:130)


Le roi vit apparemment ce qui se passait dans la fournaise grâce à une ouverture pratiquée dans le bas (voir D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeurs, The New Bible Commentary, Revised, p. 692)

DANIEL 4

Daniel 4:8-9. « L'esprit des dieux saints »


Les événements qui entourent l'interprétation du rêve précédent de Nebucadnetsar par Daniel (voir Daniel 2:46-47) montrent que Nebucadnetsar reconnaissait la capacité de Daniel de recevoir la révélation de la part de Dieu. Les païens croyaient que « la révélation des secrets surnaturels appartenait aux dieux, et que les hommes qui avaient ce pouvoir devaient posséder l'esprit des dieux » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:147). Mais les pouvoirs spirituels de Daniel ne détournèrent pas nécessairement Nebucadnetsar de ses croyances polythéistes ou de sa croyance au dieu babylonien suprême, Bel. Bien que reconnaissant les capacités spirituelles de Daniel, Nebucadnetsar ne reconnaissait pas le Dieu juif comme le seul Dieu ou le Dieu suprême.


Daniel 4:19. Pourquoi Daniel fut-il « stupéfait » ?


Daniel était perturbé parce qu'il savait que le message du rêve de Nebucadnetsar n'était pas bon. Il savait qu'il devait lui annoncer les jugements que Dieu allait faire tomber sur lui. Nebucadnetsar remarqua la préoccupation de Daniel et se rendit compte que celui-ci avait l'interprétation.


« Il lui demande, sur un ton amical, de le lui dire sans réserve. Daniel le lui communique alors en termes exprimant un intérêt affectueux pour le bien-être du roi. Les mots : que le rêve soit pour tes ennemis, etc. ne signifie pas : c'est un  rêve, une prophétie, du genre que les ennemis du roi pourraient souhaiter (Klief), mais : puisse le rêve avec son interprétation être pour tes ennemis, puisse-t-il s'accomplir pour eux ou être pour eux. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:154)


Daniel 4:27. « Ton bonheur pourra se prolonger »


Daniel recommande au roi de réformer sa vie, de se repentir de ses péchés et de faire preuve d'une plus grande miséricorde pour les pauvres. Ce que la déclaration de Daniel implique, c'est que si Nebucadnetsar faisait ce qui lui était recommandé, il pourrait recevoir  la faveur divine et détourner le châtiment qui le menaçait, conservant ainsi sa vie prospère. La miséricorde pour les pauvres est citée comme condition requise pour obtenir le pardon du péché. C'est une des preuves les plus sincères du repentir et de la soumission à la volonté du Seigneur (voir Jacques 1:27).


Daniel 4:31-34. Nebucadnetsar loue Dieu


Le fait que Nebucadnetsar loua et glorifia Dieu lorsque la raison lui fut rendue, montre qu'il se rendait compte que son expérience était le juste châtiment de son orgueil. Il ne s'ensuit cependant pas nécessairement  que cette expérience provoqua chez lui un repentir sincère ou la conversion au Dieu de Daniel. Il est néanmoins remarquable que Daniel ait eu autant d'influence sur un homme profondément enraciné dans l'idolâtrie et les superstitions païennes.

DANIEL 5

Daniel 5:1.
Belschatsar le roi


Beaucoup de savants ont contesté l'affirmation que Belschatsar fut roi de Babylone parce que « Belschatsar ne régna jamais comme roi unique, et n'est jamais désigné comme roi (charrou) dans les inscriptions cunéiformes. De plus, affirme-t-on, il n'y a rien qui prouve que Belschatsar ait jamais régné sur le trône comme subordonné de Nabonide, son père. Pour répondre à cet argument, nous pouvons noter, en premier lieu, que le mot araméen malka ('roi') n'a pas forcément le sens de monarque ou de roi unique (voir R. D. Wilson, Studies in the Book of Daniel, 1917, p. 83-95). En outre, un des documents cunéiformes dit expressément que Nabonide confia la royauté à Belschatsar… Selon toute probabilité, il y eut un règne conjoint de Nabonide et de Belschatsar dans lequel ce dernier occupait un poste subordonné. Toutefois, puisqu'il était l'homme sur le trône avec qui Israël devait traiter, il est qualifié de roi dans le livre de Daniel. On ne peut soulever aucune objection valable contre cet usage. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 694)


Daniel 5:3. Boire dans les vases du temple


Quand le roi de Babylone renversa Jérusalem, « il sortit de là tous les trésors de la maison de l'Éternel » (2 Rois 24:13). Comme le font remarquer Keil et Delitzsch, pendant la fête, les Babyloniens « burent dans les vases sacrés du temple du Dieu d'Israël pour glorifier… leurs dieux païens dans des cantiques de louanges. Ce faisant, non seulement ils mettaient 'l'Éternel au même niveau que leurs dieu' (Havernick), mais élevaient ceux-ci 'contre le Seigneur des cieux' (v. 23), comme Daniel en accuse le roi. Le fait d'emporter les vases du temple à Babylone et de les mettre dans le temple de Bel était un signe de défaite pour le Dieu à qui ces vases étaient consacrés… L'utilisation de ces vases pour boire du vin lors d'une fête, au milieu de chants de cantiques de louanges aux dieux, revenait par conséquent à fêter ces dieux comme vainqueurs du Dieu d'Israël. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:180)


Daniel 5:6. Que signifie l'expression « les jointures de ses reins se relâchèrent » ?


La grande crainte qui envahit le roi le fait vaciller sur ses jambes et ses genoux s'entrechoquent.


Daniel 5:7. La troisième place dans le gouvernement du royaume


Cette promesse signifie que celui qui interpréterait l'Écriture viendrait à la troisième place dans le royaume après Nabonide et Belschatsar. Les vêtements pourpres et le collier d'or mentionné dans Daniel 5:7 étaient des symboles de dignité portés par les hauts fonctionnaires.


Daniel 5:17. « Garde tes dons »


Ceux qui agissent selon l'influence de l'Esprit de Dieu ont des capacités accrues, non à cause de leurs qualifications, mais parce qu'ils ont la possibilité d'utiliser la puissance de Dieu. Ils sont serviteurs entre les mains du Seigneur et doivent faire du bien aux autres et exécuter la volonté du Seigneur. Daniel le savait et ne méritait ni ne recherchait les récompenses des hommes pour le rôle qu'il jouait comme instrument entre les mains de Dieu.


Daniel 5:25-29. L'interprétation de l'écriture sur le mur


L'écriture sur le mur annonçait non seulement que le royaume babylonien serait renversé, mais aussi le moyen par lequel il le serait.


« 'Compté' (mene), c'est-à-dire Dieu a compté… les jours du royaume ; 'Pesé', de teqel (un cycle, utilisé à la fois comme pièce de monnaie et comme poids), indiquait que Belschatsar avait été pesé (dans la balance) et avait été trouvé léger ; 'Divisé' (parsîn) : ton royaume est divisé (parsîn) et est donné aux Mèdes et aux Perses (paras). Le mot paras semble vouloir dire que les Perses étaient la puissance dominante devant laquelle Babylone tomberait. Quand Daniel lut l'Écriture, il lut -e5–f4- Parsîn (v. 25), mais
en donnant l'interprétation, il employa la forme Peres (v. 28)… Nous avons ainsi un jeu de mots dans lequel l'idée fondamentale de division est liée au nom du conquérant. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 694)


Daniel 5:29. Pourquoi Daniel fut-il récompensé par le roi, alors qu'il prophétisait sa destruction ?


Belschatsar ne croyait pas que le Dieu de Daniel était le seul vrai Dieu, mais il est vraisemblable que, comme d'autres païens, il croyait aux dieux et aux révélations de Dieu. Il dut être profondément impressionné par la capacité de Daniel d'interpréter l'Écriture sur le mur parce qu'il le récompensa généreusement. Keil et Delitzsch avancent une autre raison possible :


« Belchatsar avait peut-être du mal à croire que la condamnation dont Dieu le menaçait était aussi proche qu'elle l'était en réalité… et peut-être… espérait-il être à même, en conférant des honneurs à Daniel, d'apaiser la colère de Dieu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:191)


Daniel 5:30. Babylone fut-elle réellement renversée en une seule nuit ?


Babylone était entourée d'une muraille massive de plus de trente mètres d'épaisseur et de quatre-vingt-dix mètres de haut. Pour faire une brèche dans une telle muraille, même au cours d'un siège constant, il faudrait des mois, et cependant il n'y a aucune indication dans le livre de Daniel que la ville ait été assiégée à l'époque. Se pourrait-il qu'une ville de la taille de Babylone, et munie des fortifications qu'elle avait, soit prise en une seule nuit ? Des sources historiques autres que la Bible indiquent que c'est exactement ce qui arriva, confirmant exactement le livre de Daniel :


« Cyrus avait précédemment veillé à ce que le Pallacopas, canal qui coulait à l'ouest de la ville et transportait l'eau superflue de l'Euphrate au lac de Nitocris, soit drainé, afin d'y faire passer le fleuve ; de cette façon, il fut rendu si profond que ses soldats purent pénétrer dans la ville en longeant son lit. » (Hérodote, dans Samuel Fallows, éditeur, The Popular and Critical Encyclopedia and Scriptural Dictionary, sous la rubrique « Babylon », p. 207)


Ainsi les Perses passèrent sous les murailles massives.


« Les ordres de Cyrus le précédèrent dans la ville. Aucune vengeance n'allait être exercée. La vie reprendrait le plus vite possible son cours normal dans la ville. Les dieux que Nabonide avait enlevés aux villes de province, tout aussi bien traitées, devaient leur être immédiatement rendus. Par-dessus tout, il ne serait pas question de terroriser la population. En fait, Cyrus avait l'intention de changer une partie de la politique de Nabonide qui l'avait rendu désagréable à ses sujets. On peut imaginer la réception que Cyrus reçut quand il fit son apparition dans la capitale quelques semaines après sa prise. Ce n'était pas un conquérant. C'était un libérateur ! Et loin d'imposer un règne étranger au peuple, Cyrus joua personnellement le rôle de Marduk, le dieu principal de Babylone, lors de la fête du Nouvel An, s'attribuant par là, à lui et à ses héritiers, le droit de gouverner l'empire babylonienpar désignation divine. » (Harry Thomas Frank, Discovering the Biblical World, p. 140)


DANIEL 6

Daniel 6


Les hommes du roi Darius persuadent celui-ci de signer un décret en vertu duquel, pendant 30 jours, toutes les prières doivent lui être adressées à lui plutôt qu’à quelqu’un d’autre ou à Dieu (v. 1-9). En dépit du décret du roi, Daniel prie Dieu (v. 10-13). Pour le punir d’avoir désobéi au décret, il est précipité dans la fosse aux lions (v. 14-17). Le Seigneur envoie un ange le protéger (v. 18-23).


Daniel 6:1-3. Les Mèdes et les Perses reconnurent-ils la promotion que Belschatsar donna à Daniel dans les dernières heures de son règne ?


« Le successeur [de Belschatsar] serait enclin à la reconnaître [la promotion de Daniel] en se disant que l'interprétation faite par Daniel de l'écriture mystérieuse venant de Dieu sur la mise à mort de Belschatsar semblait avoir l'approbation d'en haut, se présentant comme si c'était quelque chose qui était décidé dans les conseils des dieux, ce qui permettait au successeur d'affirmer devant le peuple que son usurpation du trône était rendue légitime. Pareille réflexion pourrait le pousser à confirmer l'élévation de Daniel à la fonction à laquelle Belschatsar l'avait promu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:190-91)


Si ce qui précède est probablement vrai, il ne faut pas oublier les grandes capacités de Daniel. Un souverain sage reconnaîtrait et utiliserait un homme du gabarit de Daniel.


Daniel 6:10. Réaction de Daniel à un décret païen


Ceux qui sont justes ne craignent pas les hommes. Leur seul désir est de servir et d'honorer Dieu. Avec la même foi qu'avaient montrée ses frères Schadrac, Méschac et Abed Nego quand ils refusèrent de se prosterner devant l'idole, Daniel refusa de suivre le décret abominable qui condamnait les prières à tout autre dieu que le roi.


« Cette loi inaltérable des Mèdes et des Perses aurait été terrifiante pour n'importe quel homme, mais le fidèle Daniel ne broncha pas. Y avait-il un doute sur ce qu'il devait faire ? Il pouvait sauver sa vie en abandonnant ses prières au Dieu vivant. Que devait-il faire ? Un homme intègre ne pouvait pas faire faux bond. Daniel était l'intégrité incarnée. » (Kimball, Integrity, p. 17)


Daniel 6:10. Pourquoi Daniel priait-il trois fois par jour, tourné vers Jérusalem ?


Salomon, dans sa prière de consécration du temple de Jérusalem, fait prier le peuple « en direction de la ville que tu as choisie et de la maison que j'ai bâtie à ton nom » (1 Rois 8:44). Le prophète Joseph Smith a recommandé un jour aux douze apôtres de se « familiariser avec ces hommes qui, comme Daniel, prient trois fois par jour tournés vers la maison du Seigneur » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 128). Et Wilford Woodruff, dans la prière de consécration du temple de Salt Lake City, a dit : « Père céleste, quand tes fidèles n'auront pas l'occasion d'entrer dans cette sainte maison pour t'offrir leurs supplications et qu'ils seront opprimés et désemparés, environnés de difficultés ou assaillis par la tentation, et qu'ils tourneront le visage vers cette sainte maison qui est la tienne et qu'ils te demanderont de les délivrer, de les aider, d'exercer ta puissance en leur faveur, nous te supplions de jeter sur eux, de ta demeure sainte, un regard de miséricorde et de tendre compassion, et d'écouter leurs cris  » (dans James E. Talmage, La Maison du Seigneur, p. 184).


Ces prophètes ne veulent pas dire que la direction vers laquelle on se tourne a une importance mystique, mais plutôt que c'est une attitude d'orientation spirituelle. Faire face au temple, qui est la représentation temporelle de la maison de Dieu, suggère qu'on tourne son coeur vers le Seigneur et les alliances faites dans le temple pour être plus semblable à lui. Wilford Woodruff précise ce point dans ce qu'il dit ensuite :


« Ou bien, quand les enfants de ton peuple, dans les années à venir, seront éloignés par une cause quelconque, et que leur coeur se tournera vers ce saint temple  en se souvenant de tes promesses, et que leurs crismonteront vers toi du fond de leur affliction et de leur douleur, afin que tu leur accordes soulagement et délivrance, nous te supplions humblement de leur prêter une oreille miséricordieuse ; écoute leurs cris et accorde-leur les bénédictions qu'ils demandent » (dans Talmage, La Maison du Seigneur, p. 184)


Daniel 6:24. Les accusateurs de Daniel jetés dans la fosse aux lions


Certains ont attaqué la pratique cruelle de condamner les femmes et les enfants aussi. Mais pour un monarque absolu, cela semblait probablement être la chose logique à faire, parce que ces familles pouvaient être un foyer d'insurrection à l'avenir. La leçon devait être suffisamment sévère pour avertir tous les autres qui pourraient être jaloux du serviteur préféré et le plus précieux du roi, car les monarchies (aussi bien que beaucoup d'autres gouvernements) ne se sentent en sécurité qu'en écrasant totalement les traîtres et les conspirateurs. Un monarque aurait vraisemblablement le sentiment que toute autre manière de faire l'amènerait peu à peu à perdre son pouvoir absolu.


Daniel 6:24-28


« Non seulement le service de Daniel profita au roi, mais grâce à la foi qu’il avait au Seigneur, son service influença tout un pays. Le roi envoya une proclamation selon laquelle tous les habitants du royaume devaient adorer le Dieu vrai et vivant, le Dieu que Daniel adorait. Combien grande fut la puissance du service d’un seul juste, qui en toucha un si grand nombre, alors qu’il exerçait son activité 'dans le monde' dans lequel il vivait ! À quel point les résultats de notre service ne sont-ils pas efficaces si nous continuons à agir à notre manière 'dans le monde' dans lequel nous, nous vivons ! » (L. Tom Perry, L’Etoile, juillet 1988, p. 12)


Daniel 6:28. Daniel devient prospère


« Il avait servi cinq rois : Nebucadnetsar, Évil-Merodac, Belschatsar, Darius et Cyrus. Peu d'hommes de cour ont eu un règne aussi long, servi tant de maîtres sans en flatter aucun, réussi davantage dans la gestion des affaires publiques, été aussi utile aux États dont ils étaient les fonctionnaires, ou ont dû davantage à Dieu, ou laissé un tel exemple à la postérité. » (Clarke, Commentary, 4:590)

DANIEL 7

Daniel 7:1-28. Que représentaient les bêtes que Daniel vit ?


Comme le chapitre 2, le chapitre 7 donne une représentation imagée de l'histoire : il y a quatre empires sucessifs, et ensuite le royaume de Dieu est établi. Mais le chapitre 7 semble porter davantage sur l'établissement des aspects ecclésiastiques du royaume, tandis que le chapitre 2 traite davantage des aspects politiques du royaume de Dieu.

« Vous voyez là que les animaux dont il est question représentent les royaumes du monde, dont les habitants étaient des individus bestiaux et abominables. C'étaient des assassins, ils étaient corrompus et carnivores et de dispositions brutales. Le lion, l'ours, le léopard et l'animal à dix cornes représentaient les royaumes du monde, dit Daniel… Les prophètes ne déclarent pas qu'ils ont vu une bête ou des bêtes, mais qu'ils ont vu l'image ou la représentation d'une bête. Daniel ne vit pas un ours ou un lion véritables, mais l'image ou la représentation de ces animaux. La traduction aurait dû dire 'image' au lieu de 'animal' dans chacun des cas où les prophètes parlent d'animaux…


« Quand les prophètes disent qu'ils voient des animaux dans leurs visions, ils veulent dire qu'ils ont vu les images, celles-ci étaient des types représentant certaines choses. En même temps ils recevaient l'interprétation de ce que ces images ou types pouvaient représenter. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 232, 234)


Daniel 7:2-8. Doit-on comprendre toutes les images prophétiques données dans les Écritures ?


Voir la déclaration de Joseph Smith citée dans le commentaire sur Ézéchiel 1:15-21.


Daniel 7:4-8. Quel lien y a-t-il entre les quatre bêtes et les événements historiques ?


Comme le mentionne Daniel 7:17, quatre bêtes représentaient « quatre rois [ou royaumes] qui s'élèveront de la terre ». Le premier, qui était comme un lion avec des ailes d'aigle, représentait le royaume babylonien sous Nebucadnetsar. Le lion et l'aigle sont tous deux les rois des animaux de leur catégorie. La tête d'or du rêve du chapitre 2 peut être comparée de la même façon.


« Ce que l'or est parmi les métaux et la tête parmi les membres du corps, le lion l'est parmi les bêtes et l'aigle parmi les oiseaux. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:222)


Les plumes arrachées (voir Daniel 7:4) semblent avoir représenté la suppression de la possibilité de voler ou de la possibilité de dominer et de conquérir. Le changement qui donne un coeur d'homme veut manifestement dire que la folie de Nebucadnetsar eut pour effet de le rendre plus humain (voir Daniel 4:34-37).


La deuxième bête (voir Daniel 7:2) représentait l'empire des Mèdes et des Perses, comme la poitrine et les bras d'argent de la statue du chapitre 2. Les habitants du Proche-Orient ancien considéraient l'ours comme le plus fort des animaux après le lion. Le fait de se dresser sur un côté pourrait représenter le fait de dresser les pattes de devant de l'ours (qui se tiendrait sur ses pattes de derrière) comme il le fait quand il chasse sa proie.


« L'ours (Mède et Perse) a, en tant que tel… deux côtés : l'un, le côté mède, est en repos après les efforts faits pour hériter le royaume mondial ; mais l'autre, le côté perse, se dresse et alors devient non seulement plus élevé que les premiers, mais est aussi prêt pour de nouvelles rapines. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:225)


Les côtes que l'ours tient entre ses dents et le fait qu'il « mange beaucoup  de chair» (Daniel 7:5) signifie la férocité avec laquelle il exercera sa domination.


Le troisième royaume correspondait à l'empire grec d'Alexandre le Grand. Les ailes signifient la possibilité de se déplacer et de répandre son influence. Les têtes désignent la possibilité de gouverner ou le siège du gouvernement. Le royaume grec s'étendit considérablement sous Alexandre et exerça son pouvoir sur une grande partie de la terre.


La quatrième bête n'était pas comparée à un animal. Mais elle était très forte et terrible et réduisit en morceaux les restes des anciens royaumes. Elle représentait l'empire romain et les forces du mal qui se manifestaient dans cet empire. Les dix cornes sont les royaumes dans lesquels l'empire romain fut ultérieurement divisé. Elles sont semblables aux dix orteils de  la grande statue décrite dans Daniel 2 (voir aussi Daniel 7:23-24).


Bien que l'on puisse considérer que chacune de ces bêtes représente les royaumes profanes mentionnés, la représentation ne désignait probablement pas simplement leur domination politique mais aussi les pratiques mauvaises soutenues commises contre le monde par leur règne. La vision ne doit pas être considérée comme entièrement politique non plus, étant donné surtout la « petite corne » (v. 8). On ne peut pas identifier ce symbole à une personne ou un royaume du monde bien précis ; il semble être similaire à la « bête » [qui sort] « de la mer » que Jean vit (Apocalypse 13:1), qui fit également « la guerre aux saints » (Apocalypse 13:7) comme le fit cette corne (voir Daniel 7:21-22, 25).


La petite corne représentait une importante puissance antichrist qui serait suscitée après l'époque de l'empire romain, et elle devait être différente des dix autres royaumes mentionnés après le royaume romain. Daniel dit que cette corne aurait le pouvoir de faire la guerre aux saints et de les gêner jusqu'à la seconde venue du Christ (voir Daniel 7:20-27).


« Je pense que la dernière bête que Daniel vit, qui était si terrible et qui avait une bouche qui parlait avec arrogance (7:7-8) n'est nulle autre que 'la grande et abominable Église' de nos Écritures modernes. Pour expliciter ma pensée : souvenez-vous que Daniel vit que 'l'animal fut tué, et son corps fut anéanti, livré au feu pour être brûlé' (7:11). Dans une révélation donnée au prophète Joseph Smith concernant les forces destructrices qui seraient déchaînées avant la Seconde Venue, le Seigneur explique : [D&A 88:94].


« Cette puissance mauvaise est indubitablement la même que celle dont il est question à la vingt-neuvième section des Doctrine et Alliances et dont témoigne Ézéchiel le prophète [voir D&A 29:21 ; ÉzéchieI 38:14-23].


«Le Livre de Mormon parle aussi d'une manière détaillée de cette force mauvaise dans le monde qui connaîtra la destruction. Remarquez quelques paroles de Néphi : [1 Néphi 22:13-18].


« Je voudrais souligner que même si la 'grande et abominable Église' est correctement identifiée comme étant la puissance qui est représentée par la bête terrible vue par Daniel, nous ne comprenons pas tout à fait à l'heure actuelle ses ramifications ou l'étendue de ladomination qu'elle aura avant sa destruction. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 260-261)


Daniel 7:9-14. Daniel vit « l'Ancien des jours » (v. 9, 13), ou Adam, et aussi le Christ prenant la place qui lui revient comme roi de la terre


Dans la suite de sa vision Daniel vit placer des trônes, représentant l'établissement du royaume des cieux avec le Christ à sa tête. Ce royaume allait gouverner éternellement « tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues » (v. 14). La révélation moderne enseigne que finalement tous les royaumes du monde prendront fin lors de la préparation de la Sion millénaire (voir D&A 87:6). Il semble que ce soit cette évolution que Daniel vit.


Dans un discours adressé aux douze apôtres, le prophète Joseph Smith explique le nom « Ancien des jours » (7:9, 13, 22) : « Daniel, en son chapitre 7, parle de l'Ancien des jours ; il entend par là l'homme le plus ancien, notre père Adam, Michel : il réunira ses enfants et tiendra un conseil avec eux pour les préparer pour la venue du Fils de l'Homme. Il (Adam) est le père de la famille humaine et préside sur les esprits de tous les hommes, et tous ceux qui ont eu les clefs doivent se tenir devant lui dans ce grand conseil… Le Fils de l'Homme se tient devant lui et la gloire et la domination lui sont données. Adam remet son intendance au Christ, ce qui lui fut remis comme détenteur des clefs de l'univers, mais conserve sa place de chef de la famille humaine. » (Enseignements, p. 125)


Daniel 7:13-14. Qu'arrivera-t-il lors du grand rassemblement à Adam-ondi-Ahman ?


« Daniel parle de la venue du Christ, et ce jour est tout proche. Il y aura un grand rassemblement dans la vallée d'Adam-ondi-Ahman ; un grand conseil sera tenu. L'Ancien des jours, qui est Adam, siégera. Le jugement – non pas le jugement dernier – aura lieu : les justes qui ont détenu des clefs y feront rapport et remettront leurs clefs et leur ministère. Le Christ viendra, et Adam fera son rapport. À ce conseil, le Christ sera reçu et reconnu comme le souverain légitime de la terre. Satan sera lié. Après cet événement, tous les gouvernements du monde, y compris les États-Unis, devront s'intégrer dans le gouvernement de Dieu. Alors le règne de la justice sera établi. La terre sera purifiée, les méchants seront détruits et le règne de la paix sera inauguré [
voir D&A 78:15-16 ; 107:53- 57 ; 116]. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:21 ; voir aussi Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 95-125)

Daniel 7:14. Les saints préparent le royaume dans lequel le Christ régnera

 
« Quand j'étais président de la mission des États du Sud, l'un de nos missionnaires fit un sermon sur le songe de Nebucadnetsar, lors d'une réunion à laquelle assistaient des amis de l'Église ; je restai à la porte pour les saluer tandis qu'ils sortaient. Arriva un homme qui se présenta en tant que pasteur et me dit :


« Vous n'allez pas me dire que vous considérez l'Église mormone comme ce royaume ?
« Si, Monsieur, pourquoi ? répondis-je.
« Cela est impossible, dit-il.
« Pourquoi donc ? demandai-je.
« Il ne peut y avoir de royaume sans roi, répondit-il, et vous n'avez pas de roi ; vous n'avez donc pas de royaume.
«Mon ami, dis-je, vous n'avez pas bien lu. Vous avez lu seulement le septième chapitre de Daniel, où celui-ci vit quelqu'un semblable au Fils de l'Homme venir sur les nuées des cieux, et '
on lui donna la domination, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent' (Daniel 7:14).
« Maintenant, mon ami, poursuivis-je, comment le royaume peut-il lui être donné quand il vient sur les nuées des cieux, si on ne lui a pas préparé de royaume ? C'est ce que nous, saints des derniers jours, sommes en train de faire. » (
LeGrand Richards, L'Etoile, août 1976, p. 43)


Daniel 7:18, 22, 27. Les saints possèderont le royaume


Daniel a enseigné que les saints posséderont le royaume lorsque le Seigneur reviendra prendre la place qui lui revient à la tête de ce royaume. Il est cependant nécessaire que les saints se préparent pour prendre possession du royaume.


« On m'a souvent posé la question : 'Quand le royaume sera-t-il remis entre les mains des saints du Dieu Très Haut ?)' et j'ai toujours répondu de cette manière : Dès que le Seigneur constatera qu'il a sur la terre un peuple qui va soutenir et défendre ce royaume, qui sera trouvé capable de défendre ses intérêts et d'étendre son influence sur la terre. Quand il constatera qu'il a un tel peuple, un peuple qui restera ferme et lui restera fidèle, un peuple qui ne se jettera pas dans les bras du diable, alors, et alors seulement, il remettra 'le royaume' entre les mains des saints du Très-Haut, dans sa puissance et son influence, quand il remplira toute la terre… Cela dépend, dans une grande mesure, du peuple lui-même, de la rapidité avec laquelle le royaume dont a parlé Daniel sera remis entre les mains des saints de Dieu.


« Quand nous nous montrerons fidèles dans toutes les urgences qui pourront se produire, et capables d'affronter et de traiter toutes les difficultés qui menacent notre paix et notre bien-être, et de vaincre tous les obstacles qui peuvent avoir tendance à gêner la progression de l'Église et du royaume de Dieu sur la terre, alors notre Père céleste aura confiance en nous, etalors il sera capable de se fier à nous. » (Daniel H. Wells, dans Journal of Discourses, 23:305)

DANIEL 8

Daniel 8. Quelle est la signification de la vision du bélier et du bouc donnée à Daniel ?


Bien qu'une grande partie de ce que Daniel a vu dans cette vision soit maintenant un fait d'histoire, elle ne fait pas partie de l'Ancien Testament. La plupart des choses qu'il a écrites dans ce chapitre se sont accomplies entre 500 av. J-C et l'époque du Christ, période qui a peu d'écrits de l'Ancien Testament pour la décrire. 


La vision du chapitre 8 de Daniel est centrée sur les deuxième et troisième empires dont il est question au chapitre 7 de Daniel. Le bélier à deux cornes symbolise l'empire des Mèdes et des Perses, et les cornes (Daniel 8:3) représentent les rois de Médie et de Perse (voir v. 20). La corne qui pousse en dernier lieu et qui est plus haute que les autres représente les Perses, qui finirent par dominer l'alliance et prirent le pouvoir sur les Mèdes. Le bouc qui vint et « frappa le bélier… lui brisa les deux cornes… le jeta par terre et le foula » (v. 7) désigne Alexandre le Grand et son empire grec.


Alexandre lui-même correspond à la description de la « grande corne » (v. 21). À l'âge de trente-deux ans, Alexandre mourut à l'apogée de sa puissance. « L orsqu'il fut puissant, sa grande corne se brisa » (v. 8).Après sa mort, ses quatre principaux généraux se partagèrent l'empire, et ils semblent être les quatre cornes spectaculaires qui s'élevèrent à la place de la corne unique (voir v. 8, 22).


La « petite corne » (v. 9) qui sortit de l'une d'eux a généralement été interprétée comme représentant Antiochus IV (Épiphane), qui gouverna la Syrie de 175 à 164 av. J-C. Il persécuta violemment les Juifs, déclarant que l'observance de la loi mosaïque était un délit capital.


« La plupart des écrivains anciens croyaient que cette 'petire corne' représentait Antiochus Épiphane, mais cela n'exclut pas la probabilité que la 'grande et abominable puissance' précédemment mentionnée, et qui est 'l'Église du diable' est mentionnée par le prophète comme nécessaire pour accomplir totalement sa prédiction. Ce qu'Antiochus était pour les Juifs du temps des Maccabées, 'l'Église du diable' l'a été en touttemps pour 'l'Église du Christ. » (George Reynolds et Janne M. Sjodahl,  Commentary of the Pearl of Great Price, p. 13)


Bien qu'Antiochus IV réponde aux conditions décrites dans la prophétie, il semble avoir été l'exemple de ceux qui agissent par le pouvoir de Satan et cherchent à « précipiter » les « étoiles du ciel » (voir Job 38:7 ; Ésaïe 14:13 ; Apocalypse 12:4), les enfants de Dieu, et cherchent à s'élever « contre le chef des chefs » (Daniel 8:25), qui est le Christ. Antiochus IV supprima le sacrifice quotidien du temple et détruisit le lieu du sanctuaire de l'Éternel (le temple) (voir Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre 12, chapitre 7, p. 377).


Des événements similaires se produisirent pendant l'époque romaine, après la venue du Christ :


« Et vers le déclin de ces royaumes, quand la transgression des Juifs fut arrivée à son comble, ces derniers furent rudement châtiés par les Romains, qui prirent Jérusalem et firent cesser le sacrifice perpétuel. Les Romains ne s'arrêtèrent pas là, ils exterminèrent les hommes puissants et saints, c'est-à-dire les apôtres et les premiers chrétiens, qui furent mis à mort par les autoritésde Rome. » (Parley P. Pratt, Voix d'avertissement, p. 23)


Cette prophétie ne se limite pas à l'époque allant jusqu'à la période des Maccabées : c'est ce qu'indiquent aussi deux expressions dans Daniel 8:19. L'expression « au terme de la colère, car il y a un temps marqué pour la fin » signifie « dans la dernière période de la fureur, ou dans les derniers jours ». L'expression au verset 26 : « Elle se rapporte à des temps éloignés » se réfère à la même période.


Daniel 8:16. Qui est Gabriel et pourquoi l'envoyer pour permettre à Daniel de comprendre sa vision ?


Le messager envoyé à Daniel fut l'antique prophète Noé. Le prophète Joseph Smith explique la relation qui existe entre Noé et le genre humain et nous permet ainsi de bien voir pourquoi il était directement associé aux événements qui se produisirent sur la terre après son ministère mortel :


« La prêtrise fut donnée en premier lieu à Adam ; il reçut la Première Présidence et en détient les clefs de génération en génération. Il l'obtint lors de la création, avant que le monde fût formé, comme nous le voyons dans Genèse 1:26, 27, 28. Il reçut la domination sur tous les êtres vivants. Il est Michel, l'archange, dont parlent les Écritures. Elle fut ensuite donnée à Noé, qui est Gabriel, et qui suit immédiatement Adam dans l'autorité de la prêtrise ; il fut appelé par Dieu à cet office, et il fut le père de tous les vivants à son époque et c'est à lui que fut donnée la domination. Ces hommes détinrent les clefs d'abord sur la terre et ensuite dans le ciel. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 124-125)

DANIEL 9

Daniel 9:1-19. Les supplications de Daniel en faveur de son peuple


« Il semble qu'à un moment donné au cours de la première année de Darius, le Mède, Daniel méditait les Écritures et plus particulièrement les écrits de Jérémie traitant de la période de la captivité de Daniel. Il était particulièrement préoccupé par le moment de l'achèvement des soixante-dix années d'exil prédites par Jérémie (Jérémie 25:11-12 ; 29:10) et le retour de ce peuple dans son pays. Une étude soigneuse de 2 Chroniques 36:21-23, Esdras 1:1 et suivants, les passages de Jérémie et Daniel 9:1-2 semble conduire inévitablement à la conclusion que Daniel estimait que les soixante-dix ans de la capivité de son peuple étaient terminés et que son peuple devait être rétabli.


« Le prophète tint probablement le raisonnement suivant : Babylone, la puissance qui a causé la captivité, est maintenant tombée et la Perse est dans la première année de son règne (539 av. J-C). Il y a maintenant soixante-dix ans ou presque que ma famille et moi, pour ne pas parler de beaucoup d'autres Juifs, avons été emmenés en captivité (609/608 av. J-C). Qu'est-ce que Jérémie voulait dire par soixante-dix ans de désolation et le châtiment du roi de Babylone (Jérémie 25:11-12) ? Étant donné que mon peuple n'est pas encore établi, je vais interroger le Seigneur et confesser les péchés de mon peuple.


« Le prophète supplia alors le Seigneur avec ferveur en recourant 'à la prière et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cendre' (9:3). Il confessa les péchés de son peuple et la justice de Dieu quand il le punit, mais lui demanda de regarder la ville de Jérusalem et de se souvenir deson peuple. » (Sperry, Voice of Israe/'s Prophets, p. 265-266)


Tandis que Daniel priait, Gabriel lui apparut, lui parla et lui fit comprendre les desseins du Seigneur à l'égard de son peuple.


Daniel 9:24-27. L'explication des soixante-dix semaines par Gabriel


Le mot hébreu que l'on traduit habituellement par semaine devrait plutôt être traduit par sept qui signifie une période divisée en sept. L'expression « soixante-deux semaines » désigne donc soixante-deux périodes de sept. Ces périodes de sept pourraient être des jours, des semaines, des mois, des années ou même des périodes d'une durée non spécifiée. Étant donné cette variation possible, il est très difficile de rattacher l'explication de Gabriel à des périodes bien spécifiques  de l'histoire, mais beaucoup de tentatives ont été faitesdans ce sens, ce qui a donné plusieurs interprétations. Sperry dit de ces versets qu'ils sont « un des passages les plus difficiles de tout l'Ancien Testament » (Voice of Israel's Prophets, p. 266).


Bien que les périodes de temps mentionnées soient difficiles à identifier, le contexte et plusieurs expressions du passage indiquent que celui-ci concerne une période au cours de laquelle le salut du peuple de Daniel se réalisera.


Le verset 24 de Daniel, chapitre 9, est une allusion à la venue du Christ et à son expiation, grâce auxquelles le pardon des péchés et la réconciliation de l'homme avec Dieu par le repentir seraient rendus possibles. En menant à bien la mission que son Père l'avait envoyé accomplir, le Christ accomplissait la loi et les paroles des prophètes concernant sa venue, et c'est ainsi qu'il put « sceller la vision et le prophète » (v. 24).


Le verset 25 parle de l'époque située entre le retour des Juifs pour reconstruire Jérusalem et la venue du Messie.


Le verset 26 fait allusion au Messie qui « sera retranché, et il n'aura pas de successeur », ce qui semble être une allusion à sa crucifixion.


Le reste du chapitre décrit la destruction de Jérusalem et du temple et ressemble fortement au message de Matthieu 24:15 et à la Traduction de Joseph Smith de ce verset. Le passage concernant une solide alliance d'une semaine (voir Daniel 9:27) n'a cependant pas été expliqué d'une manière satisfaisante et peut rendre douteuse l'explication donnée ci-dessus.

DANIEL 10

Daniel 10:5-8. L'apparition du Seigneur à Daniel


Daniel essaie de décrire la gloire et la majesté du Seigneur. Sa description ressemble beaucoup à celle donnée par d'autres prophètes dans des circonstances semblables. Comparez ce passage de Daniel 10:5-8 à Ézéchiel 1:26-28, Apocalypse 1:13-15, D&A 110:2-3.


Le fait d'être en la présence du Seigneur ôta toute force à Daniel. D'autres prophètes ont aussi eu une expérience semblable (voir Moïse 1:9-10 ; JSH 1:20).


Daniel 10:10-13. Adam et Noé apparaissent à Daniel


Il a été précédemment question d'une visite de Gabriel (Noé) à Daniel (voir le commentaire sur Daniel 8:16). Ce chapitre parle de Michel, qui est Adam (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 125).


Daniel 10:13. Qui est le chef du royaume de Perse ?


Le fait qu'Adam vint aider les messagers à lutter contre le chef du royaume de Perse donne à penser que le chef n'était pas un dirigeant mortel de Perse mais était le chef des forces mauvaises qui soutenaient la domination impie des royaumes du monde. Si ce raisonnement est correct, c'est Satan ou un membre de son armée qui est le chef dont il est question. D'autres passages scripturaires rapportent des situations où Adam intervint pour soutenir des justes luttant contre Satan (voir Jude 1:9 ; D&A 128:20).


Daniel 10:14. Qu'est-ce que le messager venait faire comprendre à Daniel ?


Le messager dit qu'il était venu faire comprendre à Daniel ce qui arriverait à son peuple « dans la suite des temps ». Il dit aussi que la vision concernait « ces temps-là » (Daniel 10:14). Le contenu des deux chapitres suivants indique que ce qui fut donné à Daniel n'était pas l'histoire des derniers jours seulement mais aussi le récit de choses de l'époque de Daniel s'étendant loin dans l'avenir, y compris les derniers jours.

DANIEL 11

Daniel 11:1-45. Vision des rois, des guerres et des conflits successifs


La façon superficielle dont la prophétie traite des événements de la période couverte par ce chapitre montre clairement que l'intention de Daniel n'était pas de mettre l'accent sur l'histoire mais simplement de la donner comme cadre pour lui permettre d'indiquer ses effets sur le peuple du Seigneur.


 « La prophétie ne constitue pas la prédiction des guerres historiques des Séleucides et des Ptolémées mais une description idéale de la guerre des rois du nord et du sud dans ses grandes lignes, en quoi, il est vrai, divers éléments de l'annonce prophétique se sont historiquement accomplis, mais la réalité historique ne correspond pas exactement au contenude la prophétie. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:450)


Le manque de correspondance directe entre le chapitre et l'histoire semble indiquer que Daniel n'avait pas l'intention de présenter la chronologie détaillée d'événements futurs mais plutôt de donner un aperçu des événements principaux qui influenceraient le peuple du Seigneur. Le passage suivant montre que certains événements prophétisés dans ce chapitre ont pu être donnés pour indiquer la nature du conflit entre les royaumes du monde et le royaume de Dieu. C'est-à-dire qu'ils étaient les symboles d'événements futurs :


« Par la guerre de ces deux royaumes [les Ptolémées et les Séleucides] pour obtenir la souveraineté, le pays de  l'alliance et le peuple de l'alliance ne furent pas seulement entraînés dans un triste état, mais ils furent aussil'objet d'une guerre qui caractérise et décrit typiquement les relations du royaume du monde et du royaume de Dieu. La tentative faite par ce roi d'extirper le culte du Dieu vivant et de détruire la religion juive montre d'une manière symbolique la grande guerre que la puissance du monde entreprendra, dans les derniers stades de son développement, contre le royaume de Dieu. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 9:3:426, 27)


Plusieurs choses citées par Daniel semblent être dualistes, s'appliquant à plus d'une période de temps. « L'abomination du dévastateur » dans Daniel 11:31 est un exemple de ce dualisme. Bien que l'on puisse à juste titre interpréter ce verset comme se rapportant à la destruction de Jérusalem et à la profanation du temple par Antiochus Épiphane (ce qui a été la conclusion de beaucoup de spécialistes), l'abomination du dévastateur à laquelle il fait allusion est aussi citée par le Seigneur quand il parle de la destruction de Jérusalem et du temple par les Romains en 70 ap. J-C (voir JSM, v. 12). Elle a aussi été appliquée aux destructions qui sont encore futures (voir JSM, v. 32).


« Cet état de désolation, né de l'abomination et de la méchanceté, devait se produire deux fois pour accomplir les paroles de Daniel. La première serait lorsque les légions romaines de Titus, en 70 ap. J-C, mirent le siège devant Jérusalem, détruisant et dispersant le peuple, ne laissant pas pierre sur pierre dans le temple profané et répandant une telle terreur et une telle  dévastation qu'on en a rarement vu de pareilles sur laterre…


« Puis, à propos des derniers jours… notre Seigneur dit : 'De plus, l'abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel s'accomplira' (JSM, v. 31-32). C'est-à-dire que Jérusalem sera de nouveau assiégée… c'est pendant ce siège que le Christ viendra, que les méchants seront détruits et quel'ère millénaire commencera. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 12)


Il est possible que dans le dualisme prophétique, Daniel ait montré les événements proches et lointains à l'aide de la même image. Une grande partie de Daniel, chapitre 11, suggère la bataille future d'Harmaguédon, mais il y a aussi des détails qui semblent liés à la révolte maccabéenne contre Antiochus Épiphane. Ils pouvaient aussi être liés à la chute de Juda devant Rome.


Certains ont utilisé Daniel 12:1, qui dit que ce serait un temps d'afflictions comme on n'en avait encore jamais vu, signifiant la bataille d'Harmaguédon. Le langage de ce verset rappelle Joël 2:2 et Apocalypse 16:18, qui sont les prophéties d'Harmaguédon. Mais le Sauveur applique formellement Daniel 12 à la chute de Juda en 70 ap. J-C (voir JSM, v. 18). En outre, Doctrine et Alliances montre Michel dirigeant les armées de Dieu après le millénium (voir D&A 88:110-116).


D'autres ont noté que la persécution des Juifs sous Antiochus fut la plus délibérée et la plus sauvage de leur histoire jusqu'à ce moment-là. Qu'est-ce qui est correct ? Cette époque terrible se situe-t-elle en 67 av. J-C ou en 70 ap. J-C, ou est-elle encore future, soit avant le millénium à Harmaguédon, soit après ? Étant donné la nature dualiste de la prophétie dans l'Ancien Testament, il est très possible que les quatre réponses soient correctes.

DANIEL 12

Daniel 12:4. Augmentation de la connaissance dans les derniers jours


« Les théologiens du dix-neuvième siècle ont pensé voir ces prédictions s'accomplir dans la création de la machine à vapeur, de la machine à coudre, de l'automobile. Ce qu'ils virent n'était que le vague début de l'accroissement de connaissances le plus spectaculaire qui se soit produit depuis que les hommes  sont sur la terre. S'ils pouvaient sortiraujourd'hui de leurs tombeaux et voir une fusée géante en vol, un satellite fait de main d'homme en orbite et un film de la Lune ou de Mars apparaître sur un écran de TV, un choeur célèbre dans le Dakota du Sud chanter pour une grande partie de la terre, grâce au satellite là-haut dans l'espace, ils reconnaîtraient dans toutes ces merveilles de l'âge spatial et de nombreuses autres un accomplissement dépassant de loin leur attente mais non moins valide pour autant. » (Spencer W. Kimball, Discours prononcé lors de la consécration du centre de formation en langues, Provo, 27 septembre 1976, p.5)


Daniel 12:7-13. « Quelle sera l'issue de ces choses ? »


Le Seigneur n'a pas encore révélé l'interprétation des périodes de temps mentionnées dans ces versets. De nombreux calculs et de nombreuses formules ont été proposés, et chacun, tour à tour, s'est révélé faux.


William Miller, fondateur du mouvement adventiste, prédit la venue du Christ en 1844, prédiction que Joseph Smith déclara être fausse (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 276). Les calculs de Miller venaient d'une interprétation de ce passage de Daniel. À maintes et maintes reprises des gens ont pensé qu'ils avaient la clef et ont incité d'autres personnes à croire, et n'ont fait que récolter d'amères déceptions. Aujourd'hui encore, il y en a qui prédisent que des tremblements de terre et de grandes calamités se produiront à des dates précises, basées sur ce passage de Daniel, et, chose triste à dire, ils parviennent encore à en persuader d'autres à les croire et à les suivre.


Joseph Smith a dit que si le Seigneur ne donnait pas les clefs pour interpréter un symbole ou une image utilisée par lui, il ne tiendrait pas ses enfants pour responsables (voir le commentaire sur Ézéchiel 1:15-21). Pour des raisons que nous ne connaissons pas actuellement, le Seigneur n'a pas révélé la clef permettant d'interpréter ce passage et, tant qu'il ne le fait pas, les spéculations et les calculs ne servent à rien.

 

 

OSÉE

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I


Comme Ésaïe, Osée fait un usage abondant de métaphores et de symboles. Chaque chapitre contient au moins une métaphore, et il faut les voir toutes dans le cadre de l'histoire et de la tradition d'Israël pour les comprendre. Le mariage est la métaphore fondamentale du message d'Osée. Tout au long de l'histoire, toutes les cultures ont prescrit des manières de célébrer l'alliance du mariage. Du fait que la plupart des gens savaient personnellement ce qu'est le mariage, ils comprenaient mieux le Seigneur quand les prophètes utilisaient la terminologie du mariage pour décrire symboliquement les alliances que Dieu faisait avec eux, et eux avec lui. C'est ainsi que l'alliance vécue entre l'Éternel et son peuple Israël se trouva comparée à l'alliance vécue par un homme et son épouse.


Dans l'alliance symbolique du mariage, Dieu est l'Époux, et Israël, le peuple de l'alliance, est l'épouse. Dieu épousa Israël dans l'alliance d'Abraham (voir Genèse 17). Cette alliance fut renouvelée avec le peuple de Moïse au pied du Sinaï (voir Exode 19:4-8). Ésaïe 54:5 dit : « Celui qui t'a faite est ton Époux ». Une autre allusion au rôle de Dieu en tant qu'Époux dans l'alliance se trouve dans Jérémie 3:20 et dans Apocalypse19:7. Quand Israël se détournait de son époux pour adorer d'autres dieux, il rompait des alliances. Il « se prostitue, il abandonne l'Éternel » (Osée 1:2 ; voir aussi 2:2, 4-5 ; Jérémie 2:20 ; 3:1, 9 ; 5:7 ; Exode 34:14-16 ; Deutéronome 31:16).


« Dans un sens spirituel, pour en souligner la gravité, le péché mortel de l'idolâtrie est appelé adultère. Quand le peuple du Seigneur l'abandonne et adore de faux dieux, son infidélité à l'Éternel est décrite comme étant de la prostitution et de l'adultère (voir Jérémie 3:8-9 ; Osée 1:2 ; 3:1). En abandonnant le Seigneur, le peuple est infidèle aux promesses qu'il a faites dans son alliance, promesses qui ont été faites à l'Éternel qui est symboliquement son Époux. » (Bruce R. McConckie, Mormon Doctrine, p. 25)


Ce symbolisme est au centre du message d'Osée, car il décrit l'infidélité d'Israël comme si c'était celle d'une épouse qui a tourné le dos à un époux fidèle pour suivreses amants.


OSÉE 1

Osée 1:1. Qui était Osée ?


« Le titre de ce livre nous apprend qu'Osée était le fils de Beéri. Malheureusement, nous ne savons rien du père. Le nom hébreu du prophète, Osée, signifie 'aide', 'délivrance' et 'salut', et découle de la même racine que les noms Josué et Jésus. Vu les nombreuses allusions que fait la prophétie au royaume du Nord, les commentateurs pensent communément qu'Osée était originaire de ce royaume-là. Le titre nous apprend en outre qu'Osée était prophète 'au temps d'Ozias, de Jotham, d'Ahaz, d'Ézéchias, rois de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël'.


« Jéroboam II, roi d'Israël, régna de 788 à 747 av. J-C, et Ézéchias, le dernier cité des rois de Juda, commença à régner en 725 av. J-C. Nous ne sommes donc pas loin de la vérité si nous fixons le ministère d'Osée entre 755 et 725 av. J-C. Il était donc contemporain de trois autres grands prophètes : Ésaïe, Amos et Michée. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israël's Prophets, p. 274)


Osée 1:1. Qu'est-ce qui se passait du temps d'Osée ?


« Les années de la vie d'Osée furent tristes et tragiques. La coupe de la colère céleste se déversait sur son peuple apostat. Le pays souffrait des maux du schisme provoqué par la ruse de celui qui a été marqué par la flétrissure indélébile : 'Jéroboam qui fit pécher Israël'. Les obligations vis-à-vis de la loi s'étaient relâchées, et les droits de la religion étaient méprisés ; Baal devenait le rival de l'Éternel, et dans les recoins sombres des bosquets se pratiquaient les rites impurs et meurtriers des divinités païennes. La paix et la prospérité fuyaient le pays qui était harassé par les invasions étrangères et les querelles intestines ; la puissance et le meurtre devenaient les doubles sentinelles du trône ; des alliances furent contractées avec d'autres nations qui apportèrent les séductions du paganisme ; les incirconcis infligèrent à Israël captivité et insultes ; la nation était totalement avilie, et une fraction seulement de la population conservait sa fidélité spirituelle. » (Samuel Fallows, The popular and Critical Bible Encyclopedia and Scriptural Dictionary, sous la rubrique « Hosea »)


Osée 1:2-3. Osée reçut-il le commandement d'épouser une prostituée ?


Ces versets suscitent quelques questions. Dieu commanderait-il à un de ses serviteurs de prendre pour épouse une femme immorale, simplement pour symboliser la relation existant entre lui-même et Israël ? Ou ce commandement ne doit-il être interprété que dans un sens symbolique ? Les interprétations se  répartissent en cinq catégories générales :


1. Dieu demande littéralement à Osée d'épouser une prostituée. Les érudits qui adoptent ce point de vue pensent qu'un tel mariage a servi de leçon de choses pour attirer l'attention d'Israël sur son état charnel. Sperry exprime son opposition à cette thèse quand il dit formellement que « ce serait attribuer à Dieu un commandement qui ne cadre pas avec la sainteté de sa personne » (Voice of Israël's Prophets, p. 281).


2. Toute cette expérience fut donnée à Osée en rêve ou dans une vision. Il n'y eut ni prostituée ni mariage, mais il fut demandé à Osée d'accepter le fardeau d'être prophète (époux) auprès de l'immoral Israël (Gomer). Bien que cela soit plausible, la plupart des érudits rejettent cette option à cause des sentiments intenses qu'Osée exprime à l'égard de ces images.


3. Osée épousa une femme qui, à l'époque, était bonne et fidèle mais devint plus tard une épouse infidèle, une prostituée, qui quitta alors son mari pour prendre part aux rites de la fertilité des Cananéens voisins. Dans ce cas, la vie d'Osée fut une « parabole vécue », et l'expression « femme prostituée » (Osée 1:2) désigne ce que Gomer devint. En d'autres termes, Osée épousa effectivement Gomer, mais elle n'était pas protituée à ce moment-là. Mais, comme d'autres de son époque, elle en devint une. Les érudits qui optaient pour cette conception expliquent qu'Osée, repensant plus tard dans sa vie à ses expériences et à tout ce qu'il avait souffert et appris à cause d'elle, écrivit certains événements de sa propre vie qui contribuèrent à illustrer ses enseignements. Le seul problème soulevé par cette interprétation est que le Seigneur commanda à Osée de prendre une « femme prostituée » (verset 2). Si Gomer était loyale et fidèle au moment du mariage, cette expression serait une manière étrange de la décrire.


4. Une variante de la troisième interprétation est que Gomer n'était pas véritablement une prostituée mais une adoratrice de Baal; elle était donc coupable de prostitution spirituelle. Mais, même dans ce cas là, il semblerait étrange que Dieu ait demandé au prophète d'épouser une femme non croyante.


S'il y a une théorie qui est étroitement liée à l'explication par le rêve donnée au point deux, c'est celle qui veut que les paroles présentent une allégorie visant à enseigner les conséquences spirituelles de l'infidélité d'Israël.


« L'appel du Seigneur à Osée de prendre pour femme une prostituée représente l'appel du prophète au ministère, le ministère auprès d'un peuple apostat et infidèle à l'alliance. Les enfants méchants de cette union apparente représentent les jugements proches du Seigneur contre Israël, dont le prophète devait avertir le peuple. Je crois que les Hébreux de l'époque devaient comprendre facilement le symbole de la femme et des enfants prostitués, sans que cela ne rejaillisse sur la femme d'Osée ou, s'il n'était pas marié, sur lui-même. » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 281)


« Car il y a une différence essentielle entre une représentation purement symbolique et l'accomplissement proprement dit d'une chose. Que Dieu commande à un prophète de mettre en évidence un péché sous une forme symbolique afin d'en souligner d'une manière frappante auprès du peuple le caractère abominable et le châtiment qu'il mérite n'est pas incompatible avec sa sainteté ; tandis que le commandement de commettre un péché le serait. Dieu, étant le Saint, ne peut abolir les lois de la morale ou commander quelque chose de réellement immoral sans se contredire ni renier sa propre nature. » (C.F. Keil et Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 10:1-35).


« En outre, si Osée épousait une femme ayant un passé douteux, il lui serait impossible de prêcher à son peuple et de dénoncer son immoralité sexuelle. On pourrait le considérer avec mépris et dire : 'Tu es aussi coupable que nous : ne viens pas nous faire la morale'. » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 281)


On peut donc apporter des arguments raisonnables à l'appui de chaque point de vue, mais quoi qu'il en soit le sens du symbolisme est clair, et c'est cela qui permet de comprendre les écrits d'Osée. 


« Mais que l'on accepte l'interprétation des mariages d'Osée donnée par l'auteur ou une autre, la signification religieuse des chapitres 1 à 3 est tout à fait claire. Les femmes d'Osée représentent Israël, la compagne déloyale et impudique de l'Éternel, et ce dernier stipule que si Israël n'abandonne pas ses prostitutions et ne se réforme pas, il sera sévèrement puni. Il sera arrêté et puni pour ses péchés grossiers et apprendra ainsi dans le creuset de l'expérience amère que son époux est plus pour lui qu'il ne le pensait tout d'abord [Osée 2:6-7].


« L'affection constante de l'Éternel pour Israël, en dépit de sa méchanceté au cours des années, se révèle dans ses tentatives de le ramener à lui [Osée 2:14].


« Ses cajoleries tendres et compatissantes auront pour résultat qu'Israël finira par retourner à la bergerie. Il ne se laissera plus aller à l'immoralité perverse des Cananéens, mentionnée si fréquemment au chapitre 2 [Osée 2:16-17].


« L'attention du lecteur est attirée sur les merveilleuses promesses que le Seigneur fait à Israël à la fin des chapitres 1 à 3. Il affirme que dans les derniers jours (la dispensation dans laquelle nous vivons maintenant [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr]) Israël sera grandement béni, et l'alliance qui existait au commencement sera renouvelée entre eux. Voici les promesses qui se trouvent à la fin du chapitre 2 [Osée 2:19-23]. » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 282-284)


Osée 1:4-11. Noms symboliques


Les noms bibliques étaient souvent donnés en fonction des circonstances dans lesquelles l'enfant naissait. Dans le récit d'Osée, Gomer donne à son mari trois enfants, deux fils et une fille. Les noms donnés aux enfants semblent symboliser la destruction qui attend Israël à la suite de son comportement idolâtre (adultère) : les enfants (les jugements) sont le résultat naturel de la prostitution (impiété) d'Israël.


Jizréel, le nom du premier enfant, est le même que celui de la vallée de la purge sanglante de l'ancien roi Jéhu et préfigure la débâcle d'Israël dans cette vallée stratégique. C'est une vallée dominée par Méguiddo (l'Armaguédon du Nouveau Testament, voir Apocalypse 16:16), célèbre pour ses batailles cruciales passées et futures. Jizréel signifie « Dieu sèmera » ou dispersera au loin, puisqu'on semait autrefois en lançant des poignées de semence. Cela fait sans aucun doute allusion à la débâcle et à la dispersion d'Israël.


Le nom Lo-Rouhama signifie en hébreu « qui n'a pas obtenu miséricorde » et suggère que, si miséricordieux que Dieu soit, il n'arrêterait pas la justice divine et ne sauverait pas l'Israël du nord ; les dix tribus seraient faites prisonnières et emmenées captives.


Lo-Ammi, nom du troisième enfant, signifie en hébreu « pas mon peuple ». C'est comme une lamentation qui montre que par sa prostitution Israël ne pouvait être considéré comme le peuple de Dieu.


Avec les deux derniers noms symboliques, le Seigneur prédisait les résultats négatifs du péché (voir Osée 1:6, 9), mais dans les versets suivants il proposait une promesse d'espérance (versets 7,10). Tout au long du livre, Osée utilise pour technique d'entremêler la promesse de destruction ou de malédiction et la promesse du retour en grâce futur.

OSÉE 2

Osée 2. Par l’intermédiaire d’Osée, Dieu décrit certaines conséquences que les Israélites vont subir pour avoir rompu leur alliance. Toutefois, son message n’est pas : « Je vous rejetterai pour toujours à cause de votre infidélité. » Au contraire, c’est : « Je vous inviterai à revenir » (v. 14-15). Le Seigneur déclare : « Je te fiancerai à moi par la justice » (v. 21).


Osée 2:16-25


En dépit de l’infidélité de sa femme, le mari continue à l’aimer et veut qu’elle revienne à lui. De même le Seigneur aime toujours son peuple qui s’est égaré et il veut qu’il se tourne de nouveau vers lui (v. 16-25).


OSÉE 3

Osée 3:1-3. Que représente le deuxième mariage d'Osée ?


Dans les premier et troisième chapitres d'Osée, le Seigneur commande à son prophète de se marier. Les savants ne sont pas d'accord sur le point de savoir si ces mariages étaient réels ou symboliques.


« Ainsi donc, si, nous ralliant au texte, nous devons considérer que les commandements divins donnés dans Osée 1 et 3 concernent deux mariages successifs du prophète avec des femmes impudiques, cela balaie toute probabilité que le commandement de Dieu et son exécution par le prophète tombent dans le domaine de la réalité objective…


« Le commandement divin lui-même de contracter ce deuxième mariage, s'il était censé être réellement consommé, serait tout à fait inconciliable avec la sainteté de Dieu…


« Par conséquent, il ne nous reste aucune autre possibilité que de considérer les mariages d'Osée comme des événements internes, c'est-à-dire réalisés uniquement dans cette mission intérieure et spirituelle danslaquelle la parole de Dieu lui était adressée. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:34-35)


Que les mariages aient été réels ou symboliques, ils permettaient au Seigneur d'enseigner efficacement à son prophète ses propres relations avec l'Israël indèle. Dès le départ, Israël joue le rôle de la prostituée (voir Osée 1:2) ; même après avoir contracté les alliances d'obéissance et de fidélité envers le Seigneur en tant que son épouse, il abandonne son époux, le Seigneur, et va se prostituer aux idoles (voir Osée 3:1-3).


Dans les pays du Proche-Orient, la femme était considérée comme cheptel ou propriété de l'homme ;  l'homme pouvait donc la vendre, l'échanger ou s'en débarrasser selon son désir. L'homme qui achetait une femme en devenait le seul maître. En achetant la femme au chapitre 3, Osée (symbolisant le Seigneur) pouvait la (c'est-à-dire Israël) mettre hors d'atteinte de ses anciens compagnons et la reprendre comme sienne.


Osée 3:2


Le verset 2 cite le prix du rachat de la femme mentionnée au verset 1. Quinze sicles d'argent, c'était la moitié du prix d'achat requis pour un esclave (voir Exode 21:32 ; Zacharie 11:12). On ne sait pas pourquoi il fut commandé à Osée de ne payer que la moitié.


Quand on considère que Gomer symbolise Israël, le prix d'achat implique qu'Israël avait perdu ou perdrait sa liberté et, qu'en outre, il subissait l'esclavage du péché, qui exige aussi un prix de rachat, avant qu'Israël ne puisse être réconcilié avec son Sauveur. Osée désirait racheter sa femme de l'esclavage tout comme notre Père céleste cherche ses enfants pour les racheter du pouvoir de Satan grâce au sang de son Fils Jésus-Christ.


Osée 3:3


Bien que le prix d'achat mentionné dans Osée 3:2 ait été payé, il y a un temps d'épreuve, d'attente et de préparation, avant que ne soient récupérées toutes les bénédictions de l'alliance et la compagnie de l'époux et Sauveur. Ce principe vaut, qu'il s'applique à Gomer, la personne, ou à Gomer, la figure d'Israël.


Osée 3:4-5. La captivité


Osée 3:4 fait allusion à la captivité imminente d'Israël, époque où il serait sans dirigeant (« roi », « chef ») et sans le temple ni les pratiques religieuses auxquels il croyait (« sacrifice »). Il serait aussi sans révélations (représentées par l'éphod auquel étaient attachés l'urim et le thummim). Les Cananéens adoraient les téraphims, divinités qui accordaient la prospérité terrestre et révélaient l'avenir. Les commentateurs croient que ces objets de culte cananéens sont ajoutés aux objets de culte de l'Éternel pour montrer au peuple que le culte des idoles serait également perdu. « David leur roi » (verset 5) est un des titres du Messie ou Jésus-Christ (voir commentaire sur Ésaïe 11:1).


Comme le fait remarquer Osée 3:3, Gomer devrait se purifier avant de pouvoir ressentir l'amour d'Osée, parce que l'amour vrai exige que Gomer s'aime aussi elle-même. Dans sa captivité, Israël allait souffrir sans l'aide de Dieu jusqu'à ce qu'il purifie sa vie ; alors ilsaurait que Dieu continuait à l'aimer.


OSÉE 4

Osée 4:3. « C'est pourquoi le pays sera dans le deuil »


Voir aussi Lévitique 26 et Deutéronome 28 où le Seigneur décrit la relation entre l'abondance du pays et la justice ou la méchanceté du peuple.


Osée 4:8. « Ils se repaissent du péché de mon peuple »


Keil et Delitzsch expliquent que l'expression hébraïque traduite par « péché de mon peuple » désigne « le sacrifice pour le péché du peuple, dont il était commandé aux sacrificateurs de manger la chair pour effacer le péché du peuple (voir Lévitique 6:19 et les commen taires sur cette loi à Lévitique 10:17). Cependant l'accomplissement de ce commandement devint un péché de la part des sacrificateurs parce que leurs aspirations allaient dans le sens de la transgression du peuple ; en d'autres termes, ils souhaitaient que les péchés du peuple augmentent afin de recevoir une bonne quantité de viande de sacrifice à manger. » (Commentary, 10:78-79)

Osée 4:12. Le bois et le bâton


Le bois représente les idoles. Le bâton était la baguette divinatoire, instrument utilisé pour prédire l'avenir, trouver des objets perdus ou cachés, etc. On les consultait dans la culture cananéenne. Ainsi, au lieu de demander conseil au Dieu vivant, ils se tournaient vers les idoles.


Osée 4:15. Pourquoi éviter Guilgal et Beth-Aven ?


Guilgal était l'endroit où la loi de la circoncision avait été renouvelée lorsqu'Israël eut traversé le Jourdain du temps de Josué, mais il était souillé par l'idolâtrie depuis le temps de Jéréboam. Beth-Aven signifie « maison de l'iniquité », et Béthel signifie « maison de Dieu ». Osée, comme Amos dans Amos 4:5, applique le nom Beth-Aven à la ville de Béthel pour montrer que la maison de Dieu est uniquement devenue la maison de l'iniquité et des idoles.


Osée 4:16. « Une vache rétive »  et «un agneau dans de vastes plaines »


Une vache rétive est une vache qui refuse de se laisser conduire. Elle refuse d'obéir et ne veut pas tirer avec l'autre animal mis dans le même attelage qu'elle ni se soumettre aux ordres du conducteur.


Un agneau dans de vastes plaines est un animal sans défense, perdu et sans protection dans un grand espace découvert. Cette figure suggère la dispersion d'Israël parmi les gentils.

Osée 4:17 ; 5:3-5, 9, 11-14 ; 6:4. Pourquoi insiste-t-on tellement sur Éphraïm et Juda et ne cite-t-on pas les autres tribus ?


Comme elles étaient les deux tribus dominantes, Juda finit par représenter tous les Israélites du royaume du Sud, et Éphraïm représenta les Israélites du royaume du Nord. C'est ainsi que, dans l'utilisation qui en est faite ici, Juda signifie le royaume du Sud, et Éphraïm le royaume du Nord.

OSÉE 5


Osée 5:1-2. Le piège et le filet


Mitspa et Thabor, qui sont deux montagnes, étaient célèbres à cause de la chasse ; de là le piège et le filet. Les infidèles étaient ceux qui poussaient les animaux dans une fosse camouflée. La métaphore met les gouvernants et les sacrificateurs dans le rôle sanglant des chasseurs qui tuent spirituellement leur proie, Israël.


Osée 5:3-5, 9, 11-14. Voir commentaire sur Osée 4:17 ; 5:3-5, 9, 11-14 ; 6:4.


Osée 5:7. « Engendré des enfants illégitimes »


« Israël aurait dû engendrer des enfants de Dieu en respectant l'alliance avec le Seigneur ; mais, dans son apostasie, il avait engendré une génération adultère, des enfants que le Seigneur ne pouvait reconnaître comme étant les siens. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:89)


Osée 5:10-11. « Déplacent les bornes »


Deutéronome 27:17 dit « Maudit soit celui qui déplace la borne de son prochain » (voir aussi Deutéronome 19:14). Comme il n'y avait pas de clôture en Israël dans l'antiquité, le bien d'un homme était délimité par des bornes de pierre. Déplacer une borne était une infraction grave, car c'était comme lui voler ses terres. Si celui qui détruisait les limites de son voisin était maudit, combien plus maudits étaient les chefs de Juda qui détruisaient les bornes morales et spirituelles protégeant le culte de l'Éternel ? Dans Osée 5:11, l'expression « suivre (sa) loi » indique qu'Éphraïm  était opprimé parce qu'il recherchait l'impureté au lieude suivre les vrais commandements.


OSÉE 6


Osée 6:1-3. Appel à revenir


Osée 6:2 peut être une allusion symbolique au rassemblement d'Israël et au millénium. Si un jour est mille ans (voir 1 Pierre 3:8), Israël sera ranimé et béni dans deux ou trois mille ans.


Osée 6:3 est un appel à rechercher la connaissance de l'Éternel, dont la venue est aussi certaine que l'aurore et dont la bénédiction est « comme la pluie du printemps qui arrose la terre ». Pour le fermier d'autrefois, en Israël, il y avait deux « pluies » qui étaient d'une importance capitale. La première pluie ou pluie du printemps amollissait la terre de sorte qu'ils pouvaient la labourer et semer ; la dernière pluie ou pluie d'automne permettait aux cultures de pousser (voir aussi Joël 2:23).


Osée 6:4. Voir commentaire sur Osée 4:17 ; 5:3-5, 9, 11-14 ; 6:4.


Osée 6:6. Que manquait-il à Israël dans sa relation avec l'Éternel ?


Ainsi donc la fidélité d'Israël était celle d'une femme versatile. Il lui manquait la constance, la fidélité d'un véritable amour conclu dans l'alliance. Dans la langue natale d'Osée, ce qui manquait à Israël c'était le hésed. Ce mot est extrêmement difficile à rendre en français. C'est un terme d'alliance qui désigne la fidélité ou l'amour royal qui unit les deux parties d'une alliance. Quand une personne manifeste le hésed à l'égard d'une autre, elle n'est pas simplement motivée par l'obligation légale mais par une loyauté intérieure qui découle de la relation même. Cet amour dans l'alliance se caractérise par la constance, la fermeté, la permanence. Dans le symbole frappant d'Osée, le hésed d'Israël était comme une nuée passagère du matin ou comme la rosée matinale qui s'évapore rapidement (6:4). C'est pour cela que l'Éternel méprisait les formes de culte existantes : « Car je veux la loyauté et non le sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes » (Osée 6:6).


« Sans doute ne devons-nous pas voir dans les paroles d'Osée une opposition de sa part à l'égard du culte officiel. Mais il s'opposait aux formes qui étaient dénuées de l'esprit de véritable fidélité au Dieu de l'alliance. Jésus invita à deux reprises ses auditeurs à aller relire Osée 6:6 quand il fut accusé d'enfreindre les règles officielles de l'orthodoxie (cf Matthieu 9:13 et 12:7). » (Bernhard W. Anderson, Understanding the OldTestament, p. 248)


OSÉE 7

Osée 7:8-9. « Un gâteau qui n'a pas été retourné »


Du fait qu'Éphraïm (le royaume du Nord) s'était mêlé à d'autres nations, adorait leurs idoles et apprenait leurs coutumes, il n'avait accompli que la moitié des conditions requises pour assurer la conquête de Canaan ; en d'autres termes, il « n'était cuit qu'à moitié ».


« Israël était ainsi devenu un gâteau qui n'a pas été retourné… un gâteau cuit sur des cendres brûlantes ou des pierres chauffées au rouge qui, s'il n'est pas retourné, brûle en dessous et n'est pas cuit du tout audessus. La signification de cette figure est expliquée par le verset 9. De même que le feu brûle le gâteau quand on ne le retourne pas, de même les étrangers ont dévoré la force d'Israël, en partie par des guerres dévastatrices et en partie par le paganisme qui s'est introduit en Israël dans leur sillage. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:107:8)


Osée 7:11-13. Quel danger faisaient courir à Israël les alliances dans lequelles il s'embrouillait ?


« Nous vivons à une époque où les tambours de la guerre amènent beaucoup de gens… à discuter du point de savoir si nous devrions ou non faire alliance avec d'autres pays pour nous défendre. Pendant le ministère d'Osée il y eut des conspirations et d'autres troubles internes qui affaiblirent gravement Israël (voir 2 Rois 15). Éperdu, le peuple chercha successivement l'aide de l'Assyrie et de l'Égypte, payant le tribut aux deux, ce qui eut pour résultat qu'il perdit son indépendance et son autonomie nationale, étant obligé d'accepter la tutelle de l'Assyrie. Osée mit le pays en garde contre la sottise de chercher à faire alliance avec des nations étrangères. Les alliances politiques ne remédiaient pas à la cause réelle de leurs ennuis : la corruption morale et la rébellion contre Dieu. Il est certain  qu'Osée croyait que Dieu protégerait les siens s'ils lui faisaient confiance.


« 'Éphraïm est devenu comme une colombe stupide, sans intelligence : ils ont fait appel à l'Égypte, ils sont allés en Assyrie' (7:11).


« Osée voulait que le peuple évite de faire alliance avec des nations qui ne se fiaient qu'à sa force. Que les grands pays mènent leurs propres guerres, les petits pays qui décidaient d'unir leur destin au leur étaient sûrs d'y perdre. En outre, les grands pays avaient des pratiques religieuses qui étaient totalement opposées aux idéaux prophétiques. Leur immoralité, s'ajoutant à celle qui régnait déjà en Israël, allait causer un jour la perte du pays. Ainsi Israël allait étendre sur lui-même le filet de la destruction. Au lieu de rechercher l'amour et la protection de Dieu, ses relations avec les autres pays ne pouvaient que le conduire dans un piège, ce qui fut le cas. » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 285-286)


Osée 7:14. Pourquoi le peuple réclamait-il du blé et du vin ?


Quand les épreuves surviennent, certains pleurent  sur leur lit. Plutôt que de prier Dieu de tout coeur, ils recherchent le blé et le vin, quelque chose pour panser les blessures. Ils ne cherchent pas ce qui assure l'aide du Seigneur.


Osée 7:16. Un arc faussé


Un arc faussé est un arc qui reprend brutalement sa forme pendant que l'archer lui met sa corde ou se brise pendant qu'il le bande. Dans les deux cas,l'archer peut être blessé.


OSÉE 8

Osée 8:8-9. Un âne sauvage


L'âne sauvage est un des animaux les plus indépendants et les plus imprévisibles du monde. Comme Israël voulait suivre son propre chemin et se tenir à l'écart, il est comparé à un âne sauvage. Il allait monter seul en Assyrie et être englouti par les Gentils. Les « amours » dont Éphraïm paie le prix représentent sa tentative continuelle de trouver la sécurité et des amis par des alliances politiques plutôt que par l'obéissance à Dieu.


Osée 8:13 ; 9:3-6. L'Égypte


L'Égypte était le pays de la première captivité entre l'époque de Joseph et celle de Moïse. Le mot désigne ici la captivité ou la servitude en général : c'est ainsi que l'Assyrie est la nouvelle Égypte.

OSÉE 9

Osée 9:3-6. Voir commentaire de Osée 8:13 ; 9:3-6.


Osée 9:7. « Le prophète est fou »


Osée parle des faux prophètes qui disaient que tout allait bien en Israël et que ses ennemis ne viendraient pas contre lui.


Osée 9:10-17. Les images d'Osée


Osée utilise plusieurs expressions figurées qu'Israël comprenait très bien à l'époque, mais que le lecteur moderne a du mal à saisir.


Verset 10. Des raisins dans le désert, les premiers fruits d'un figuier :  Dans l'antiquité on considérait le raisin et la figue comme des fruits de choix ; c'est ainsi qu'au départ l'Éternel considérait Israël comme quelque chose de délicieux. Baal-Peor est une autre manière de dire que le peuple commettait des actes immoraux (voir Nombres 25:1-3 ; Psaumes 106:28).


Verset 11. La gloire d'Éphraïm s'envole : Le royaume du Nord ne verra ni conception, ni grossesse, ni naissance : Éphraïm restera totalement désolé.


Verset 12. Avoir des fils, mais en être privé: Même leurs fils devenus adultes seront retranchés.


Verset 13. Éphraïm et Tyr : La gloire et la splendeur de Tyr étaient célèbres. Dieu avait choisi Éphraïm pour recevoir des bénédictions semblables, mais à cause de sa méchanceté il serait stérile.


Verset 15. Guilgal : Voir commentaire sur Osée 4:15. Leurs chefs sont des rebelles : Voir  commentaire sur Osée 5:1-2.


OSÉE 10

Osée 10:12. Comment Israël ou tout autre enfant de Dieu peut-il obtenir miséricorde ?


« Mais la miséricorde n'est pas répandue à tort et à travers sur l'humanité, si ce n'est dans le sens général qu'elle se manifeste dans la création et le peuplement de la terre et dans le don gratuit de l'immortalité à tous les hommes. Mais la miséricorde est accordée (à cause de la grâce, de l'amour et de la condescendance de Dieu), comme c'est le cas de toutes les bénédictions, à ceux qui se conforment à la loi sur laquelle elle repose (voir D& A 130:20-21). Cette loi est la loi de la justice ; ceux qui sèment pour la justice moissonnent [la miséricorde] (voir Osée 10:12). Il n'y a pas de promesse de miséricorde pour les méchants mais, comme cela est dit dans les dix commandements, le Seigneur promet de faire preuve de bienveillance envers les milliers de ceux qui l'aiment et gardent ses commandements (voir Exode 20:6 ; Daniel 9:4 ; D& A 70:18). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 484)


Osée 10:12-13. La loi de la moisson


Si on sème ou accomplit des oeuvres de justice, on récolte la miséricorde et les bénédictions de l'obéissance (voir D& A 130:20-21). Si on sème la méchanceté, on récolte l'iniquité. Ce qu'on obtient est le résultat de ce que l'on fait. Ce que l'on fait est le résultat de ce à quoi on accorde sa confiance : on peut faire confiance à Dieu, au pouvoir ou aux amis ou à l'argent ; mais ce que l'on reçoit correspond à ce à quoi on a fait confiance (voir aussi Osée 8:7).


« Si vous répandez des semences de justice, vous moissonnerez la justice. Si vous semez des ronces et la corruption, vous récolterez les ronces et la corruption. Un prophète du Seigneur a dit : 'Puisqu'ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête' (Osée 8:7). Si vous répandez des semences de pureté, vous moissonnerez la pureté. Si vous répandez les semences… de l'immoralité… vous moissonnerez la destruction de vos attributs divins. Si vous répandez les semences de l'amour pur, vous recevrez l'amour pur. Si vous aimez Dieu de tout votre coeur, de toute votre âme et de tout votre esprit, vous récolterez l'amour de Dieu. Si vous voulez obtenir la gloire céleste, vous devez implanter dans votre coeur et dans votre personnalité les manières célestes de Dieu.


« Jésus a fait cette exhortation : 'Car si vous voulez que je vous donne une place dans le monde céleste, vous devez vous préparer en faisant ce que je vous ai commandé et ce que j'ai exigé de vous' (D&A 78:7). Si vous voulez une vie céleste, il faudra que vous répandiez des semences célestes. La religion  pure vient de Dieu. Si vous voulez une religion puredans votre vie, vous devez semer l'Évangile de JésusChrist dans votre coeur. Souvenez-vous : 'l'homme est tel que sont les arrière-pensées de son âme'. Si vous pensez comme un être céleste, vous serez comme un être céleste. Si vous pensez comme doit penser un enfant de Dieu, vous serez membres de la famille céleste. » (Bernard P. Brockbank, Be Worthy of Celestial Exaltation, dans Speeches of the Year, 1974, p. 386-387)


Osée 10:14. Qui était Schalman ?


Schalman est sans doute Salmanasar, et Beth-Arbel est peut-être la ville arménienne d'Arbela, que Salmanasar détruisit pendant qu'il était encore général sous Tiglath-Piléser (voir Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:645).

OSÉE 11

Osée 11:1. Quand Israël sortit d'Égypte


Matthieu considérait la sortie d'Israël hors de l'Égypte comme un symbole ou modèle de la sortie de Jésus hors d'Égypte (voir Matthieu 2:15). Quand les Israélites étaient humbles, Dieu pouvait accomplir des miracles avec eux (voir aussi Osée 12:13).


Osée 11: 4. « Comme celui qui aurait relâché leur joug »


Une autre image souvent utilisée dans les Écritures pour décrire les relations entre le Seigneur et son peuple est le rapport maître-animal. Cette similitude est utilisée brièvement au verset 4.


« C'est une comparaison agricole : il s'agit de la coutume d'enlever le joug du cou et des bajoues des boeufs pour qu'ils aient plus de facilité pour manger. Henderson dit : 'L'ol, le joug, était constitué non seulement par la pièce de bois posée sur le cou, par laquelle l'animal était attaché au timon, mais aussi par tout le harnais entourant la tête qui y était fixé. Les jougs utilisés en Orient sont très lourds et serrent tellement les animaux qu'ils sont incapables de fléchir le cou'… Comparez ce passage à ce que Jésus dit de son joug dans Matthieu [11:28-30]. » (James M. Freeman, Manners and Customs of the Bible, p. 317)

OSÉE 12

Osée 12:1. Se repaître de vent


Se repaître de vent, c'est croire en quelque chose qui n'a ni vérité ni consistance. Porter de l'huile en Égypte représente la tentative d'obtenir une protection, grâce au tribut versé dans le cadre d'une alliance avec l'Égypte.

OSÉE 13


Osée 13:9


Pendant le ministère d’Osée, Israël (le royaume du nord) est attaqué par les Assyriens qui finissent par détruire le royaume et par emmener le peuple en esclavage. Au sens propre, les Assyriens sont responsables de la destruction d’Israël. Mais dans ce verset, le Seigneur donne une autre raison à la ruine d’Israël.


Osée 13:13. Que sont les analogies de ces versets ?


La femme en travail est Israël.


« De même qu'il y a un moment critique dans l'enfantement où la mère en travail peut voir se faciliter la tâche par le savoir-faire de ceux qui l'assistent et où, en cas de négligence, la vie de la mère et de l'enfant peut être mise en danger, de même, il y a un moment ou Éphraïm aurait pu revenir à Dieu, mais il ne voulut pas ; c'est pourquoi il court maintenant le risque d'être finalement détruit. » (Clarke, Commentary, 4:651)


Osée 13:14


Osée utilise les figures de la résurrection comme métaphore pour promettre le rassemblement et le rétablissement d'Israël. La métaphore des « ossements desséchés », dans ÉzéchieI 37:1-14, contient le même message. Le fait que la résurrection symbolise le rassemblement d'Israël ne diminue pas l'utilité de ces passages pour prouver que la résurrection était une doctrine ferme chez les Israélites. En fait, c'est exactement l'inverse qui est vrai, car une métaphore de ce genre perd sa force si le symbole ou la figure utilisés ne sont pas réels.


À la fin d'Osée 13:14, le Seigneur dit : « La clémence se dérobe à mes yeux ». Cela pourrait vouloir dire que le Seigneur ne fléchira pas dans son dessein, même si Israël l'invoque pour qu'il le délivre. Mais lorsque le tombeau sera vaincu et que les jugements auront été rendus, il n'y aura plus de péché ; par conséquent, il  n'y aura plus de clémence parce que chacun sera affecté à un royaume dont il peut respecter les lois.

OSÉE 14

Osée 14:2. « L'hommage de nos lèvres »


Ce verset traite de bonnes résolutions. Présenter l'hommage sincère de ses lèvres (« les bouvillons de vos lèvres », dit le texte hébreu) comme sacrifice au Seigneur était aussi précieux que les meilleurs sacrifices de la loi mosaïque qui étaient de jeunes boeufs ou dejeunes taureaux.

 

 

JOËL

I 01 I 02 I 03 I


Le prophète Joël a exercé son ministère auprès du peuple du royaume de Juda. Nous ne savons pas exactement quand il a vécu, mais ses prophéties sont particulièrement importantes pour nous parce que beaucoup d’entre elles concernent les derniers jours. Joël utilise l’image frappante d’une nuée de sauterelles dévorantes pour symboliser la dévastation que les armées et les jugements de Dieu vont apporter dans les derniers jours. Il prophétise aussi de grandes bénédictions dans les derniers jours, prévoyant que le Seigneur déversera son Esprit sur toute chair (voir Joël 2:28).


JOËL 1

Joël 1:1. Qui était Joël et quand a-t-il vécu ?


Les biblistes ne sont pas d'accord sur l'époque où Joël a vécu. Certains pensent qu'il a précédé Amos et Osée parce que les deux hommes le citent (comparez Amos 1:2 à Joël 3:16), mais il est possible aussi que ce soit Joël qui les ait cités, de sorte que cet argument n'est pas concluant. Joël a peut-être exercé son ministère avant le temps d'Ésaïe, car Ésaïe cite une des prophéties de Joël (comparez Ésaïe 13:6 avec Joël 1:15), mais il est possible que ce soit Joël qui ait cité Ésaïe. Mais tout bien considéré, il semble probable que le ministère de Joël ait eu lieu vers l'époque où Joas régnait en Juda. Le ministère de Joël se produisit manifestement avant le règne d'Ozias mais après le règne d'Athalie, la reine qui essaya d'exterminer le lignage davidique.


Joël 1:1-2. « Prêtez l'oreille, vous tous, habitants du pays ! »


Le message du livre de Joël est simple et direct. À cause de son iniquité la maison d'Israël est tombée dans un état semblable à l'ivresse. C'est pourquoi de grands jugements s'abattront sur elle de la part du Seigneur. Les jugements seront si terribles que Joël invite le peuple du Seigneur à pleurer, à se lamenter et à se repentir. Ils doivent convoquer des assemblées solennelles (voir Joël 1:14 ; 2:15-17) et parler au peuple de ces jugements afin qu'il puisse supplier pour être délivré par le repentir. Bien que les avertissements soient sombres et terribles, Joël donne l'assurance que si le peuple se tourne vers Dieu dans la tristesse et le repentir, il lui répondra, et les désastres pourront être détournés (voir 2:12-14).


Les prophéties de Joël, comme toutes les prophéties de l'Ancien Testament, sont doubles : elles mettent en garde contre une destruction immédiate et imminente (par les conquêtes de la Syrie et de la Babylonie), mais elles portent aussi directement sur les derniers jours et sur la destruction qui menacera de nouveau Israël juste avant le millénium.


Joël 1:1-4. L'utilisation des images dans la littérature hébraïque


La littérature hébraïque est connue pour ses riches images. Dans ces versets et ceux qui suivent, Joël utilise l'image de la famine pour décrire l'avenir de Juda. La chenille est l'hébreu gazam, qui signifie « rongeur ». La sauterelle est en hébreu arbeth qui signifie « nombreux ». Le grillon est l'hébreu yeleq qui signifie « lécheur » et le criquet est l'hébreu chasil qui signifie « dévoreur » (voir Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:658). Ces termes hébreux désignent les étapes du développement dans la vie de la sauterelle. Ces images fixaient définitivement dans l'esprit des Juifs la dévastation prophétisée par Joël pour les derniers jours.


La famine dont il est question n'est-elle que littérale, physique ? Ou a-t-elle un sens symbolique et spirituel ? Quand ils regardent ce qui arriva à Juda du temps de Joël, beaucoup d'érudits ont le sentiment que la chenille était une métaphore désignant les invasions assyro-babyloniennes de la Palestine. Ce que ces deux empires laissèrent, les Mèdes et les Perses le « mangèrent » pendant leurs invasions. On peut voir que Joël 1:4 est un exemple du dualisme hébreu cité plus haut. Un prophète peut faire allusion à un incident et aussi penser à un autre. Par exemple, le grillon pourrait aussi représenter les invasions et l'étouffement de la Palestine par la Grèce sous Alexandre le Grand et ses successeurs. Alors le criquet représenterait l'invasion qui consuma Juda quand il fut envahi par Rome et finalement détruit par Titus. Ces passages semblent aussi s'appliquer à la bataille future d'Harmaguédon quand les armées du nord se rassembleront et se battront juste avant le millénium.

Joël 1:5-7. Que faut-il entendre par le vin, le lion, la vigne et le figuier ?


Juda était devenu ivre du vin de l'iniquité et aurait de bonnes raisons de pleurer et de se lamenter, car le Seigneur ne tolérerait pas qu'il se glorifie de ses péchés. La sécurité et la richesse de Juda qui étaient à la base de cette méchanceté sont comparées à la vigne d'où l'on enlève les raisins pour faire du vin. La vigne allait être retranchée, Juda serait humilié par la main toute puissante du Seigneur de manière à ne plus être ivre.


La vigne et le figuier, qui comptent parmi les plantes les plus stables et les plus durables qui aient nourri Israël autrefois, représentaient ce que le Seigneur avait donné de mieux à son peuple. Mais ce dernier avait rejeté le don et le Donateur, et tout serait dévasté par les nations innombrables d'envahisseurs qui, comme un lion, ne pourraient être arrêtées. Le lion est celui des animaux que l'on craint le plus, et il tue sa proie avec une grande sauvagerie. On dépouille un arbre en enlevant l'écorce du tronc, ce qui tue l'arbre. L'image était claire. La maison d'Israël serait renversée, ou retranchée, et dépouillée par de puissantes nations extérieures. Ses vignes et ses vergers seraient désolés.


Joël 1:8-20. La perte du culte du temple


Une des conséquences de la destruction et de la dispersion de la nation judaïque serait la perte de son culte du temple, la source de joie et d'allégresse (voir Joël 1:16). Son champ était dévasté, elle n'était plus un peuple fertile pour le Seigneur (voir les versets 10, 12). À l'époque, le laboureur s'occupait du verger tandis que le vigneron cultivait le vignoble (à l'époque du Nouveau Testament un laboureur prenait également soin d'un vignoble). Au verset 13 il est question de se revêtir de vêtements de sac (un tissu grossier fait de poils d'animaux) qui rappelleraient constamment la grande tragédie tombant sur le peuple. Joël invite tout le peuple à hurler et à se lamenter parce que le temple tomberait et que le peuple de Dieu subirait un désastre national.


Tout comme Moïse avait commandé à Israël d'apprendre un cantique (voir Deutéronome 31:30 à 32:43) dont les paroles lui rappelleraient sa condamnation s'il enfreignait ses alliances, de même Joël commanda à Juda d'apprendre les paroles qu'il crierait dans les derniers jours pour se rappeler son chagrin futur. Une assemblée solennelle eut lieu pour rassembler les dirigeants de la prêtrise et le peuple pour examiner cette question sacrée (voir v. 14).


« Les semences [qui] ont séché sous les mottes » (v. 17), c'est le fait que quand la jeune plante a été coupée par les sauterelles, la semence s'est tout simplement desséchée. Car Israël et Juda seraient dévorés par leurs envahisseurs, ils se dessécheraient, eux aussi. Les granges n'auraient aucune valeur car elles n'abriteraient rien. Ces sombres prédictions s'accomplirent quand le peuple de l'alliance tomba d'abord devant l'Assyrie et puis devant Babylone et fut ensuite gouverné par une série d'empires. Mais ces versets semblent aussi exiger un accomplissement dans les derniers jours où la destruction menacera de nouveau Juda. L'expression « le jour de l'Éternel » au verset 15 est une formule souvent associée à l'époque qui précédera immédiatement la Seconde Venue. Les chapitres 2 et 3 de Joël s'appliquent aux derniers jours.

JOËL 2


Le prophète Joël décrit certains événements des derniers jours qui précéderont la Seconde Venue. Il décrit la marche d’une grande armée qui causera de grandes destructions à cause de la méchanceté du peuple (Joël 2:1-11). Il invite Israël à se repentir et à se tourner vers Dieu, promet que Dieu sera au milieu de lui et décrit le triomphe et la rédemption qu’Israël connaîtra finalement (Joël 2:12-32).


JoëI 2:1. Qu'est-ce que « Sion » et « ma montagne sainte » ?


La montagne sainte du Seigneur est l'endroit où se trouve son temple, l'endroit d'où il parle au peuple. Parfois c'est le temple (voir Ésaïe 2:1-3), parfois la Nouvelle Jérusalem (voir D&A 84:2). La Sion des derniers jours, que les Écritures appellent aussi fréquemment « ma montagne sainte » (D&A 45:66-70 ; 82:14 ; 133:2, 13, 18, 26-32, 56)est un état spirituel aussi bien qu'un lieu. « En vérité, ainsi dit le Seigneur, que Sion se réjouisse car c'est là Sion : CEUX QUI ONT LE COEUR PUR » (D&A 97:21).


« Sion, ce sont des gens. Sion, ce sont les saints de Dieu. Sion, ce sont ceux qui ont été baptisés. Sion, ce sont ceux qui ont reçu le Saint-Esprit. Sion, ce sont ceux qui gardent les commandements. Sion, ce sont les justes, ou en d'autres termes, comme le dit la révélation : 'C'est là Sion : ceux qui ont le coeur pur » (D&A 97:21).


« Lorsque le Seigneur eut appelé son peuple Sion, dit l'Écriture, Énoch 'bâtit une ville qui fut appelée la ville de sainteté, à savoir Sion', Sion 'fut enlevée au ciel' où 'Dieu la reçut dans son propre sein' et 'c'est de là qu'il fut dit : Sion s'est enfuie' (Moïse 7:19, 21, 69).


« Lorsque le peuple du Seigneur eut été enlevé (car ce furent des gens qui furent enlevés au ciel, pas des briques, du mortier et de la terre, car il y a déjà de meilleures maisons dans  le ciel que ce que les hommespeuvent construire sur la terre), lorsque ces saints justes allèrent demeurer au-delà du voile, d'autres, étant convertis et désirant la justice, recherchèrent une ville qui avait une fondation, dont le Constructeur et le Créateur était Dieu, et eux aussi 'furent enlevés en Sion par les pouvoirs du ciel' (Moïse 7:27).


« Cette même Sion qui fut enlevée au ciel reviendra pendant le millénium quand le Seigneur ramènera Sion ; et ses habitants se joindront à la Nouvelle Jérusalemqui sera alors établie (voir Moïse 7:62-63. » (Bruce R. McConkie, Come: Let Israël Build Zion, Ensign, mai 1977, p. 117)


Le prophète Joseph Smith a aussi enseigné que l'endroit de Sion, ou le « pays de Sion », est l'Amérique du Nord et du Sud (voir Enseignements du prophète
Joseph Smith, p. 294).


Bien qu'à cause du contexte il soit difficile de dire dans quel sens Joël utilise les termes Sion et montagne sainte, il s'agit probablement d'un exemple de plus du dualisme hébraïque. Montagne de Sion était un des noms de Jérusalem, et c'est donc un appel aux habitants à s'éveiller. Mais la montagne de Sion a aussi une signification dans les derniers jours.


Joël 2:2-11. « Le jour de l'Éternel est grand, il est très redoutable »


Le « jour de l'Éternel » sera grand parce que Sion sera une réalité, mais les événements qui y sont associés le rendront également redoutable, comme le montrent ces versets (voir commentaire sur Ézéchiel 38 et 39).


Un événement des derniers jours appelé la bataille d'Harmaguédon est décrit dans ce verset. Comme les sauterelles qui dévorent les cultures et enténèbrent le ciel à cause de leur nombre, de même « un peuple nombreux et puissant » (v. 2) s'abattra sur le pays d'Israël dans les derniers jours. Ce langage est comparable à celui de Jean et d'Ézéchiel quand ils décrivent la bataille d'Harmaguédon (voir Apocalypse 9:1-10 et ÉzéchieI 38:8-9. Si grand sera le nombre de ce peuple que « devant eux la terre frémit » (verset 10). Le soleil, la lune et les étoiles seront assombris Les chevaux (v. 4) symbolisent la guerre. Les chars (voir v. 5) symbolisent une armée très puissante.


« Nous avons ici une armée grande et terrible marchant en rangs ininterrompus et écrasant tout devant elle, trouvant devant elle comme un jardin d'Éden, laissant derrière elle le désert, causant le deuil, causant la souffrance ; et ainsi le prophète élève la voix d'avertissement, et cette voix s'adresse à nous, si vous le voulez bien, afin que nous nous tournions vers le Seigneur et déchirions notre coeur. » (Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 160)


Quand ces événements se produiront, ils frapperont de terreur le coeur des habitants de Jérusalem. Le siège mis devant la ville sera très dur. L'armée impitoyable envahira le pays d'Israël. Des brèches seront faites dans les murailles de la ville, et les maisons seront pillées (voir v. 9). Les mots « ils se ruent au travers des projectiles sans rompre (les rangs) » (v. 8) est une manière de dire que les armes utilisées contre l'envahisseur seront inefficaces. Mais le Seigneur est fort et il tient parole. Il a promis de sauver le peuple et il le fera (voir v. 11 ; voir aussi Zacharie 14 ; Apocaypse 9:11 ; ÉzéchieI 38:39).


D'autres événements, comme le pays qui est « devant lui comme un jardin d'Éden » (v. 3) concernent spécifiquement les derniers jours. Aujourd'hui la Galilée et la vallée de Jizréel dans l'Israël moderne ont véritablement « fleuri comme le narcisse ».


Joël 2:12-22. Le Seigneur achètera et bénira son peuple


Le Seigneur appelle ses enfants à toutes les époques dans les mêmes termes : « Revenez à moi de tout votre coeur » (v. 12). Il désire qu'ils deviennent son peuple afin qu'il puisse être leur Dieu.


« Autrefois, on déchirait ses vêtements et on s'asseyait sur le sac et la cendre quand on se repentait. C'est pourquoi le Seigneur dit : 'Déchirez vos coeurs et non vos vêtements'. Humiliez-vous. Préparez-vous, ô Israël, afin que vous puissiez recevoir mes bénédictions, que vous soyez protégés de cette situation qui va se produire. Et alors viennent les derniers mots que j'ai lus dans cette partie de ce chapitre : Le Seigneur dit qu'il prendra en main cette grande armée, qu'il a aussi une armée. Son armée est terrible, tout aussi terrible que l'autre armée, et il prendra les choses en main.


« Quand je dis l'autre armée, l'armée du Seigneur, n'imaginez pas qu'il pense à l'Angleterre ou aux États-Unis. Il n'est pas question de cela. Il ne parle pas d'une armée terrestre. L' armée du Seigneur n'est pas une armée terrestre, mais il a une armée terrible ; et quand cette armée est en marche, elle met fin aux autres armées, quelque terribles qu'elles soient ; et c'est ainsi que dans ces derniers mots que je vous ai lus il dit qu'il le fera. Il chassera cette terrible armée du nord dans le désert aride et désolé, son avant-garde dans la mer orientale, son arrière-garde dans la mer occidentale. Il fera cela et ensuite il bénira son peuple qui est, bien entendu, Israël. » (Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 160-161)


L'image de l'époux et de l'épouse (voir v. 16) est bien choisie. Israël était marié avec le Seigneur dans l'alliance abrahamique (voir Jérémie 3:14 ; voir aussi le commentaire sur Osée). L'Époux était l'Éternel et l'épouse Israël. L'Époux revenait réclamer son épouse qui avait été temporairement mise de côté pour méchanceté.


Joël 2:23-27. « Vous reconnaîtrez que moi je suis au milieu d'Israël »


Ces versets décrivent la délivrance finale de Juda et d'Israël. Les années de la sauterelle, du grillon, du criquet et de la chenille désignent des générations d'oppression pour Israël dispersé et rejeté. Mais tout n'était pas perdu car le Seigneur promit « la pluie d'automne et la pluie de printemps » (v. 23). Après une sécheresse pour le punir, ces pluies reviendraient, symbolisant le fait que Dieu acceptait son peuple une fois châtié et racheté. « Vous reconnaîtrez que moi je suis au milieu d'Israël ; moi, l'Éternel, votre Dieu, et qu'il n'y en a point d'autre ; et mon peuple ne sera plus jamais dans la honte » (v. 27 ; voir aussi Philippiens 2:10-11). Un des grands thèmes des prophètes de l'Ancien Testament est que bien qu'il doive y avoir une grande apostasie en Israël, à la fin Israël retournera à l'alliance (l'Évangile) et deviendra fidèle.


Joël 2:28-32. « Je répandrai mon Esprit sur toute chair »


Toutes les inventions modernes en matière de voyages et de communications se sont produites depuis le rétablissement de l’Évangile.


« J’affirme que s’il n’y avait pas eu de rétablissement de l’Évangile, et si l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours n’avait pas été organisée, il n’y aurait pas eu de radio, il n’y aurait pas eu d’avion, et l’on n’aurait pas eu les merveilleuses découvertes de la médecine, de la chimie, de l’électricité et les nombreuses autres découvertes qui ont profité au monde. Dans de telles conditions, ces bénédictions auraient été refusées, car elles appartiennent à la dispensation de la plénitude des temps dont le rétablissement de l’Évangile et l’organisation de l’Église constituent le centre, d’où rayonne l’Esprit du Seigneur dans le monde entier. L’inspiration du Seigneur s’est répandue et s’est emparée de l’esprit des hommes, bien qu’ils ne le sachent pas, et ils sont dirigés par le Seigneur. De cette manière il les met à son service afin que ses desseins et sa justice puissent en temps voulu régner sur la terre…


« Je ne crois pas un seul instant que ces découvertes soient venues par hasard ou qu’elles viennent de l’intelligence supérieure que posséderaient les hommes d’aujourd’hui par rapport à ceux qui ont vécu dans les temps passés. Elles se sont produites et se produisent parce que le moment est venu, parce que le Seigneur l’a voulu et parce qu’il a déversé son Esprit sur toute chair» (Joseph Fielding Smith, Doctrine du Salut, 3 vols., 1:175)


La déclaration de Joël que le Seigneur déversera son esprit sur toute chair dans les derniers jours forme un contraste frappant avec la famine décrite par Amos (Amos 8:11-12). L’ange Moroni citera la prophétie de Joël à Joseph Smith et lui dira qu’elle n’est pas encore accomplie, mais le serait bientôt (Joseph Smith, Histoire, v. 4).


Quand Moroni apparut au prophète Joseph Smith, il cita ces versets, disant qu'ils n'étaient pas encore accomplis, mais le seraient bientôt. Moroni expliqua aussi que « la plénitude des Gentils était près d'être accomplie » (Joseph Smith, Histoire, verset 41). Ces passages situent l'accomplissement de cette partie de la prophétie de Joël après 1823. Dans son langage et son contenu elle s'applique manifestement aux derniers jours, bien qu'elle se soit aussi accomplie précédemment. Le verset 5 est une allusion à Jésus-Christ (voir Romains 10:13).


« Il ne fait pas l'ombre d'un doute dans l'esprit de l'auteur que Joël vit d'avance la dispensation dans laquelle nous vivons [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] et les jugements de Dieu sur le monde. Il l'exprima en des termes que son peuple pouvait facilement comprendre. Les jugements que Joël vit le frappèrent si vivement et si douloureusement qu'il poussa un cri d'angoisse, comme s'il était là, à l'intention des gens de notre époque pour qu'ils se repentent et échappent à la colère de Dieu. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israël's Prophets, p. 297)


Les derniers jours sont caractérisés par le fait que l'Esprit sera déversé sur toute chair. Pierre, voyant un riche et merveilleux déversement de l'Esprit le jour de la Pentecôte, cite Joël (voir Actes 2:17-21) à propos des derniers jours, du moment qui précédera immédiatement la seconde venue du Seigneur où il déversera son esprit sur toute chair. Cet esprit n'est pas seulement le Saint-Esprit, mais aussi l'Esprit du Christ, cet esprit qui éclaire chacun (voir Moroni 7:16 ; D&A 93:2). Les fils et les filles prophétiseront, prêcheront, exhorteront, prieront et instruiront de manière à ce que cela profite à l'Église. La révélation directe sera donnée. Les jeunes gens et les jeunes filles qui représentent le Seigneur seront inspirés. Le don de l'enseignement et le don de l'inspiration seront accordés à toutes les catégories et à tous les niveaux de gens. Le Seigneur appellera et qualifiera ceux qu'il choisit. Il déversera son Esprit sur eux, et cette prophétie commence maintenant à s'accomplir.


Le message de ce passage est quadruple : (1) Il y aura un riche déversement de l'Esprit du Seigneur dans les derniers jours ; (2) certains signes s'accompliront avant la seconde venue du Christ dans les nuées du ciel ; (3) sa venue sera grande pour les justes et terrible pour les méchants et (4) les « rescapés » (v. 5), l'Israël des derniers jours, ce seront ceux qui resteront lorsque la période de tribulations et de dispersion sera terminée.


JOËL 3


Joël 3:1-8. « Je rassemblerai toutes les nations »


Joël utilise des allusions et des figures bien comprises de son peuple pour décrire les grands signes et les jugements qui se produiront dans les derniers jours, juste avant le retour du Seigneur. Au chapitre 3, Joël fait encore un autre tableau du jugement de Dieu sur les nations. Israël, qui avait été dispersé parmi les nations, verra sa chance tourner, et la rétribution s'abattra sur ses ennemis dans la vallée de Josaphat, littéralement la « vallée de la décision » en hébreu. On ne sait pas exactement où se trouve cette vallée. Il y a beaucoup de chances pour que ce soit le Cédron, une vallée étroite entre Jérusalem et le mont des Oliviers (voir D&A 45:47-49 ;133:19-21 ; Robert Young, Analytical Concordance to the Bible, sous la rubrique « Jehoshaphat »). Ce passage semble traiter des derniers événements de la bataille d'Harmaguédon à Jérusalem quand le grand tremblement de terre frappera l'énorme armée et que Jésus apparaîtra sur le mont des Oliviers pour délivrer Israël (sur Harmaguédon, voir le commentaire sur ÉzéchieI 38-39)


Ces versets sont une déclaration de guerre de la part du Seigneur. Ils sont aussi un défi lancé à ceux qui veulent se frotter à sa puissance.


« Nous voyons Joël, Sophonie, Zacharie proclamer qu'en ce dernier jour, le jour où le soleil s'assombrira et que la lune se transformera en sang et que les étoiles tomberont du ciel, que les nations de la terre se rassembleraient contre Jérusalem. Ils en parlent tous, et quand ce moment-là viendra, le Seigneur sortira de sa retraite. » (Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 170)


Le Seigneur sera la force d'Israël et frappera ses ennemis de fléaux si terribles que leur chair pourrira et tombera de leurs os, leurs yeux se consumeront dans leurs orbites et leur langue dans leur bouche, tant l'homme que la bête (voir Zacharie 14:12-15). Alors Juda saura que le Christ est le Seigneur son Dieu, car il se tiendra sur le mont des Oliviers, qui se fendra en deux, et Juda le verra comme son Messie qui vient le délivrer. Ils l'interrogeront sur ses blessures et apprendront qu'il est le Christ, et leur deuil ne connaîtra pas de limites, car ils sauront que c'est lui qu'ils attendaient et que leurs pères ont crucifié (voir Zacharie 12:9-11 ; 13:6 ; D&A 45:51-53).


Joël 3:17. « Jérusalem sera sainte »


Les étrangers, dans le sens où l'utilise l'Ancien Testament, désigne les Gentils, ou ceux qui ne sont pas d'Israël. Ce verset dit qu'aucun dieu étranger, aucun peuple impur n'aura la permission d'entrer dans la ville ou de la traverser. Cette promesse doit encore s'accomplir.


Joël 3:18. « Une source sortira »


Voir commentaire sur ÉzéchieI 47:1-12.


Joël 3:18-21. « Le lait coulera des collines »


En acceptant Jésus-Christ comme Rédempteur, les Juifs entreront dans une ère nouvelle. Les montagnes et les collines même seront pleines des richesses du ciel. Cette image implique plus qu'une simple abondance de fruits tangibles. Juda connaîtra son Dieu et il reconnaîtra son peuple ; ils édifieront leur Jérusalem et y habiteront dorénavant en paix (voir Smith, The Signs of the Times, p. 171-72).

 

AMOS

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Amos est un berger de Tekoa, petit localité au sud de Jérusalem. Il exerce son ministère dans le royaume d’Israël entre 800 et 750 avant Jésus-Christ environ. La plupart des gens sont alors dans l’apostasie. Ils aiment la richesse et oppriment les pauvres et ils sont tellement endurcis que même la famine ou la peste n’arrivent pas à les amener à l’humilité. Amos dénonce les péchés du peuple et prophétise des châtiments encore plus terribles. Il souligne néanmoins que Dieu est vivement désireux de purifier quiconque veut se repentir et lance cette exhortation : « Cherchez l’Éternel, et vous vivrez ! » (Amos 5:6). Il prophétise également sur les derniers jours.


AMOS 1

Amos 1:1. Qui était Amos et quand exerça-t-il son ministère ?


Le nom hébreu Amos signifie « porteur » ou « fardeau » et désigne l'avertissement important que le Seigneur chargea Amos de porter au royaume d'Israël. Amos était un berger d'une ville appelée Tékoa, actuellement un sommet de colline couvert de ruines antiques situé à environ dix kilomètres au sud de Bethléhem, loin des itinéraires habituels des marchands. Bien que petite et obscure, Tékoa était suffisamment stratégique pour que Roboam la fortifie pour en faire un bastion au sud de Jérusalem (voir 2 Chroniques 11:6). Amos était habile à observer les gens et les nations, et les savants sont d'accord pour dire qu'il était loin d'être un paysan sans instruction, même s'il disait de lui-même qu'il n'était qu'un simple berger (voir 1:1 ; 7:14-15).

Étant donné que les règnes contemporains d'Ozias, de Juda et de Jéroboam II d'Israël sont spécifiquement mentionnés dans l'Écriture, le ministère d'Amos a été situé vers 750 av. J-C. S'il en est ainsi, il était contemporain d'Ésaïe et d'Osée.


Amos 1:2. « De Sion l'Éternel rugit »


« Cette introduction était naturelle dans la bouche d'un berger qui connaissait bien le rugissement des lions, le beuglement des taureaux et le mugissement des vaches. Le rugissement du lion dans la forêt est un des bruits les plus terrifiants de la nature ; quand il est proche, il frappe de terreur l'homme et la bête. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:672)


Le terme Sion désigne parfois Jérusalem où il y a une colline de ce nom, mais ce n'est pas toujours le cas, comme le montrent les références suivantes : Joël 4:16-17 ; Ésaïe 40:9 ; 64:10 ; 2:2-3. La dernière référence parle d'une Sion dans les derniers jours. Cette Sion se trouvera sur le continent américain (voir le commentaire sur Joël 2:1).


Amos 1:3 à 2:16. Le Seigneur déversera des jugements


Ici le prophète Amos prédit les jugements du Seigneur sur les Syriens (voir Amos 1:3-5), sur les Philistins (voir Amos 1:6-8), sur les Tyriens (voir Amos 1:9-10), sur les Édomites (voir Amos 1:11-12), sur les Ammonites (voir Amos 1:13-15) et sur les Moabites (voir Amos 2:1-3). Tous ces peuples étaient des voisins des Israélites, et dans la plupart des cas avaient été ennemis du peuple de l'alliance. Une fois ces jugements prononcés, Amos décrit les jugements qui vont tomber sur le royaume de Juda (voir Amos 2:4-5) et sur le royaume d'Israël (voir Amos 2:6-16). Le fait qu'il rattache les deux royaumes des Israélites aux autres nations laisse entendre qu'Israël n'était plus un peuple qui appartenait en propre à Dieu (voir Exode 19:5 ; Deutéronome 14:2) mais était devenu comme les nations gentiles qui l'entouraient.


Bien qu'Amos soit envoyé spécifiqueùent à Israël, il parle pour Dieu contre les maux de toutes les nations. Certains ont qualifié Amos de prophète de malheur, mais il ne faisait qu'avertir le peuple des sentiers funestes qu'il était en train de suivre. Tous ces territoires ou royaumes finirent par tomber.


Amos 1:3, 6, 11. « A cause de trois crimes… même de quatre »


L'expression « à cause de trois crimes… même de quatre » veut dire que les délits auxquels il est fait allusion ont été extrêmement abondants. Le même style est utilisé dans Proverbes 6:16 : « Il y a six choses… et même sept » et dans Matthieu 18:21-22 : « Soixante-dix fois sept fois », indiquant un nombre infini. Ce que l'expression veut dire, c'est que trois transgressions sont de trop et qu'on les a même dépassées. Ou, comme l'expliquent C. F. Keil et F. Delitzsch : « L'expression indique non pas un petit nombre, mais un grand nombre de crimes, ou 'l'impiété sous sa pire forme'. » (Commentary on the Old Testament, 10:1:242)


Amos 1 et 2 Pourquoi ces nations devaient-elles être punies ?


Les raisons données par Amos dans l'énoncé des jugements sur les diverses nations peuvent intriguer au départ. On pourrait se demander si une mauvaise action, quelque grave qu'elle soit, entraîne normalement les jugements de Dieu sur un pays. Amos fut inspiré d'utiliser un procédé poétique. Il choisit l'acte ou le trait de caractère de chaque nation qui illustre d'une manière spectaculaire l'étendue de sa méchanceté. L'acte unique cité démontre à quel point ce pays a sombré dans l'iniquité. 


Amos 1:3. Ils « ont foulé Galaad avec des herses de fer »


Galaad faisait partie du territoire situé à l'est de l'Arnon dont héritèrent les tribus de Gad, de Ruben et de Manassé (voir Deutéronome 3:13). Quand les Syriens le conquirent sous Hazaël (voir 2 Rois 10:32-33), ils traitèrent de toute évidence leurs captifs avec une cruauté barbare, les écrasant sous des herses de fer (un incident du même genre est rapporté dans 2 Samuel 12:31).


Amos 1:6. Ils « ont déporté tout un peuple » à Édom


Ce passage semble parler de l'époque où les Philistins faisaient des raids sur Juda pendant le règne de Joram (voir 2 Chroniques 21:16-17). Ils vendaient tous leurs captifs àl'ennemi juré d'Israël, les Édomites.


Amos 1:9. Ils ont livré les captifs israélites à Édom


Comme Gaza, la Phénicie vendait aussi les captifs israélites, bien qu'il soit possible que la Phénicie ait acheté les captifs à d'autres ennemis d'Israël, tels que la Syrie, et les ait vendus ensuite à Édom puisqu'il n'y a aucun document disant que Tyrcapturait directement des Israélites.


Amos 1:11. A poursuivi son « frère » avec l'épée et a conservé sa grande colère


Les Edomites étaient descendants d'Ésaü, dont le nom était aussi Édom (voir Genèse 25:30). C'étaient donc des peuples étroitement apparentés (« frères ») à Israël, mais qui lui vouaient une haine et une hostilité violentes. Les Édomites comptaient parmi les ennemis jurés d'Israël.


Amos 1:13. Ils « ont éventré les femmes enceintes de Galaad »


Le fait mentionné ici n'est pas rapporté dans l'Ancien Testament, mais les Ammonites étaient un peuple féroce du désert qui conquit souvent des parties d'Israël. Le fait de tuer des femmes enceintes est révélateur d'une nature particulièrement brutale.


AMOS 2


Amos 2:1. Le roi de Moab a brûle les os du roi d'Édom


« Les os du roi d'Édom n'ont pas été brûlés pendant qu'il était encore en vie, mais lorsque le cadavre a été brûlé dans de la chaux, c'est-à-dire si complètement que les os se sont transformés en poudre comme la chaux… Il n'y a aucune trace de cet événement dans les livres historiques de l'Ancien Testament, mais il était certainement lié à la guerre dont il est question dans 2 Rois 3 que Joram d'Israël et Josaphat de Juda menèrent contre les Moabites en compagnie du roi d'Édom ; de sorte que la tradition juive que l'on trouve dans Jérôme, à savoir qu'après cette guerre les Moabites déterrèrent les os du roi d'Édom de son tombeau et les profanèrent en les réduisant en cendres n'est apparemment pas sans fondement. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:250)


Amos 2:1-16. Voir le commentaire sur Amos 1:3 à 2:16.


Amos 2. Voir le commentaire de Amos 1 et 2.


Amos 2:4-16. Les châtiments de Juda et d'Israël


Les raisons du châtiment de Juda et d'Israël diffèrent de celles du châtiment des nations gentiles. Aucun acte n'est cité, si ce n'est celui d'avoir abandonné le Seigneur et de s'être tournés vers la méchanceté. Israël avait reçu la loi de Dieu. Par conséquent, il était attendu davantage de lui.


Le fait de convoiter « jusqu'à la poussière de la terre qui est sur la tête des indigents » (v. 7) veut dire que d'une manière générale le peuple opprimait les pauvres, n'ayant à leur égard ni justice ni miséricorde. L'idée était que le peuple aspirait à voir les pauvres dans un tel état de misère qu'il leur jetait de la poussière sur la tête (signe de deuil).


Les versets 11 et 12 parlent des naziréens que le Seigneur avait institués pour montrer la nature spirituelle de sa religion (voir Nombres 6:2-21). Amos condamne Israël pour avoir souillé les naziréens en leur donnant du vin à boire. Il les réprimande aussi pour avoir commandé aux prophètes de ne pas prophétiser. Apparemment Israël aurait aimé se débarrasser de ces serviteurs du Seigneur de façon à pouvoir vivre chacun à sa manière etse sentir à l'aise en le faisant.


AMOS 3

Amos 3:1-8. Dieu ne fait rien sans prévenir ses prophètes


Amos parlait à tout Israël, aux douze familles ou tribus. Utilisant la métaphore de l'époux, le Seigneur rappelle à Israël qu'il n'a choisi personne d'autre (voir Amos 3:2 ; Deutéronome 7:6). Il se dit être époux fidèle et rappelle à Israël l'alliance qui existe entre eux (voir Jérémie 3:19-20). Au verset 3 il demande à Israël de se rappeler la nécessité de l'unité dans leurs relations. Pour qu'ils puissent marcher ensemble, il faut qu'ils en soient convenus. Les images sont toutes choisies pour exprimer la même chose : Dieu a la prescience de toutes les calamités (voir v. 2- 6) mais n'envoie jamais de calamités avant d'en avoir tout d'abord averti son prophète (voir v. 7 ; voir aussi 2 Néphi 30:17 ; Jacob 4:8). Les prophéties viennent par révélation directe. Dieu connaît tous ses enfants et ce qu'ils font ; il les avertit et les menace en toute justice de ses jugements. Le fait que les prophètes prophétisent correctement montre qu'ils sont en communion avec Dieu et qu'ils marchent effectivement ensemble.


Amos 3:7 est une déclaration du rôle des prophètes.


« Il y a beaucoup d'Écritures qui nous assurent que Dieu s'intéresse autant à nous aujourd'hui qu'à tous ses autres enfants depuis le commencement, et ainsi nous croyons en la révélation continue de Dieu par ses prophètes pour nous guider en ces derniers jours. Le prophète Amos a dit : 'Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs lesprophètes. » (N. Eldon Tanner, L'Étoile, août 1975, p. 37)


Amos 3:9-11. Quelle est l'importance de la mention d'Asdod et de l'Égypte ?


« Asdod, une des capitales philistines, est donnée comme exemple d'une des villes principales des incirconcis qu'Israël considérait comme des païens impies ; et l'Égypte est citée en même temps qu'elle comme étant le pays dont Israël avait connu l'injustice et l'impiété jusqu'à satiété. Par conséquent, si des païens comme ceux-là sont appelés à voir la conduite injuste et dissolue que l'on peut voir dans ces endroits, elle devait être bien grave en effet. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:262-63)


Amos 3:11 dit : « Voici un ennemi ! », ce qui signifie qu'il ne sera pas possible d'échapper. Où que le peuple se tournerait, il rencontrerait un ennemi, car les jugements et la rétribution de Dieu sont sûrs.


Amos 3:12-15. Que signifient les figures utilisées ici par Amos ?


Amos utilise des figures frappantes pour montrer que quasiment personne n'échapperait et que ceux qui échapperaient quand même n'y arriveraient qu'à grand peine. C'est comme un berger qui ne peut récupérer davantage d'une brebis emportée par un lion que deux de ses pattes ou un morceau de son oreille, juste assez pour prouver qu'ils appartenaient à sa brebis. Cette prophétie s'accomplit quand Sargon emmena la Samarie, une partie du royaume du nord, en captivité vers 721 av. J-C.


En Orient, ceux qui sont couchés sur les lits sont les gens que l'on honore à table. Ces mots signifient que  même les villes qui ont leur place officielle dans lepays, que ce soit Samarie en Israël ou Damas en Syrie, n'échapperaient pas aux jugements. En ce jour-là, le Seigneur retirerait sa puissance d'Israël, ce qui est symbolisé par le fait de briser les cornes de l'autel (les cornes sont un symbole de pouvoir).


Béthel (voir v. 14) était la capitale religieuse officielle du royaume du nord. Le prophète disait que ce ne seraient pas seulement les pauvres habitants des villages et de la campagne qui seraient frappés, mais aussi ceux de la noblesse, ceux qui avaient des maisons d'été et d'hiver ornées de vases et de sculptures d'ivoire.

AMOS 4

Amos 4:1-3. La corruption des femmes d'Israël


La qualité de vie dans une localité dépend en grande partie de ce qu'en font les femmes. Si elles sont cruelles et cupides, leurs enfants risquent beaucoup d'être comme elles. Amos compare ici les femmes de Samarie aux vaches qui paissaient dans les riches pâturages à l'est du lac de Galilée, qui ne se souciaient que de manger et de boire. Leur péché consistait à inciter leurs maris à leur apporter de la nourriture achetée avec l'argent soutiré aux pauvres. Ainsi, de la même manière qu'on attrape des poissons avec des crochets et qu'on les sort de l'étang, ces femmes et leurs enfants seraient pris au piège par les ennemis d'Israël et arrachés violemment à leur richesse et à leur débauche (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:266 - 68).


Amos 4:4-13. Comment le Seigneur considérait-il l'état spirituel d'Israël ?


Les sacrifices d'Israël avaient dégénéré en un rituel où le coeur n'était pas. Cela ne servait à rien d'aller dans les centres religieux, à Béthel ou à Guilgal, et d'offrir des sacrifices alors qu'on était dans un état de péché. Les sacrifices extérieurs auraient dû symboliser le repentir, un changement intérieur ; mais les sacrifices extérieurs sans le changement intérieur sont une moquerie, et on ne se moque pas de Dieu.


« Israël était méticuleux dans l'accomplissement des exigences extérieures de sa religion, mais les conditions intérieures et moins tangibles que sont l'amour, la miséricorde, la justice et l'humilité étaient ou bien incomprises ou bien négligées. Dans une tentative d'amener son peuple à reprendre ses sens, le Seigneur, dit Amos, lui avait envoyé sept calamités naturelles. Il lui envoya successivement la famine, la sécheresse, la rouille et la nielle, les chenilles, la peste, la mort par l'épée et l'incendie, mais en vain (voir 4:6-11). Amos avait le coeur déchiré devant l'état de péché d'Israël. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'avertir le pays du coup final que Dieu allait lui donner et pour lequel le peuple devait se préparer (voir 4:12-13). Cela ne lui faisait pas plaisir de passer jugementsur ses frères. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israël's Prophets, p. 311)


Le Seigneur des armées (voir Amos 4:13) est le Seigneur Jésus-Christ, le Créateur du ciel et de la terre.

AMOS 5

Amos 5:1-3.

 
Les trois premiers versets du chapitre 5 sont une lamentation sur l'état déchu d'Israel. La vierge pure (Israël) devenait une femme mauvaise, et « nul ne la relève » (Amos 5:2).


Amos 5:4-27. « Haïssez le mal, aimez le bien »


Le Seigneur invite ici l'Israël déchu à se repentir : « Cherchez-moi et vivez » (v. 4). Ce message est le même pour toutes les générations et pour tous les peuples (voir 2 Néphi 1:20 ; Mosiah 26:30). Le Seigneur veut être un Dieu personnel pour ses enfants fidèles et obéissants. Il n'était pas trop tard pour qu'Israël se repente. Mais s'il ne le faisait pas, sa situation serait comme celle d'un homme qui fuirait un lion pour rencontrer un ours (voir v. 19). Et les diverses offrandes sacrificielles ne serviraient à rien, s'il n'y avait pas un vrai repentir : « À quoi serviraient les fêtes, les assemblées solennelles, les holocaustes et les  offrandes dans le culte d'un Dieu juste alors que leur coeur et leur esprit étaient mauvais et que leurs actes vis-à-vis de leurs frères moins fortunés étaient injustes ? Tout cet étalage extérieur était futile, et Amos réclame la justice dans deux vers qui sont devenus célèbres : « Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » (5:24). Cet appel vibrant au repentir est un des plus beaux de tous les temps. » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 313)


Amos 5:26. Qui étaient Sikkouth et Kiyoun mentionnés dans certaines versions de l'Ancien Testament ?


Sikkouth et Kiyoun étaient des dieux païens que les femmes israélites avaient adoptés. Celles de Samarie étaient si gravement adonnées à l'idolâtrie qu'elles portaient des reproductions en miniature de ces dieux partout où elles allaient. Pour ce péché le Seigneurpromit de les « [déporter] au-delà de Damas » (v. 27).


AMOS 6

Amos 6. « Malheur à ceux qui vivent tranquilles dans Sion »


Le Seigneur détaille ici la captivité qu'il prévoit pour Israël dégénéré. Mais il l'invite d'abord à visiter d'autres lieux de destruction : Kalné en Mésopotamie, Hamath en Syrie et Gath en Philistie, et fait remarquer ce qui est arrivé aux gens là-bas. Les Israélites étaient-ils meilleurs qu'eux ? Certainement pas. Ils avaient été punis, et Israël le serait aussi. De plus les riches, ceux qui se couchaient sur des lits d'ivoire et mangeaient une nourriture somptueuse seraient les premiers à souffrir (voir Amos 6:3-7 ; 2 Néphi 28:21-25).


« Amos adresse ensuite ses invectives aux riches insouciants et sans gêne d'Israël, à ceux qui sont à l'aise, à ceux qui sont suffisants et arrogants, bref à ceux qui, étant dans l'abondance, ne se préoccupent pas du triste état social et religieux de leur pays. Ces personnes sont totalement indifférentes à la ruine qui menace leur peuple. Le prophète leur apprend (voir versets 1-8, 11-14) qu'elles sont vouées à l'exil, que le pays sera détruit parce que ses habitants pervertissent la vérité et la justice et se fient à leur propre force. » (Sperry, Voice of Israël's prophets, p. 313)


C'est ainsi qu'Israël assura de son propre choix sa propre destruction. Un cheval ne peut pas courir sur la rocaille sans glisser, et un homme ne peut pas labourer de la rocaille pour semer (voir v. 12). Pour la même raison Israël, rebelle, ne pouvait pas espérer prospérer dans son état de méchanceté. Le verset 13 est une condamnation
contre Israël qui se réjouissait de s'affranchir de la puissance du Seigneur et estimait pouvoir se suffire à lui-même. Ce qu'Amos avait prédit se réalisa dans les trente ans.

AMOS 7

Amos 7:9. Les visions d'Amos


Les trois derniers chapitres d'Amos traitent de cinq de ses visions. Les quatre premières de ces visions commencent par une formule telle que « le Seigneur, l'Éternel, m'envoya cette vision » (voir Amos 7:1, 4, 7 ; 8:1), tandis que la cinquième commence par les mots : « Je vis le Seigneur » (Amos 9:1). Les quatre premières visions montrent les divers jugements du Seigneur sur Israël, tandis que la cinquième vision dévoile le renversement de sa théocratie apostate et le rétablissement d'Israël déchu. Les visions sont (1) une nuée de sauterelles (voir Amos 7:1-3), (2) un feu dévorant (voir Amos 7:4-6), (3) le maître constructeur avec le niveau (voir Amos 7:7-9), (4) la corbeille de fruits mûrs (voir Amos 8) et (5) le chapiteau frappé (voir Amos 9:1-6). Chacun avait un sens symbolique qui montrait clairement que le Seigneur avait l'intention de mettre fin au royaume d'Israël si son peuple ne se repentait pas.


Amos 7:1-3. Une nuée de sauterelles


« Le roi, qui fit couper l'herbe précoce, est l'Éternel ; et la tonte de l'herbe ce sont les jugements que l'Éternel a déjà exécutés sur Israël. La pousse du regain est une représentation figurative de la prospérité que le pays connut de nouveau après ces jugements ; par conséquent cela désigne, dans les faits réels, le moment où l'aurore
s'était à nouveau levée pour Israël (4:13). » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:306-307)


Amos 7:4-6. Un feu dévorant


Le feu qui avait dévoré le grand abîme, c'est-à-dire l'océan, symbolise les guerres partiellement destructrices auxquelles Israël participa plus tard. Comme le feu qui dévorait le grand abîme, la terre d'Israël fut partiellement dépouillée et une grande partie de sa population emmenée.

Amos 7:7-9. Le maître constructeur avec le niveau


On utilise le niveau pour construire d'une manière exacte. Cela symbolise apparemment ici que la justice stricte de Dieu sera utilisée pour juger Israël de sa méchanceté. Toute méchanceté sera découverte, mesurée (jugée) et détruite.


AMOS 8

Amos 8:1-9. La corbeille de fruits d'été


La récolte des fruits d'été symbolisait le mûrissement d'Israël. Tout comme il faut manger le fruit d'été quand il est cueilli sous peine de le voir se gâter, de même Israël était mûr pour être cueilli et dépouillé par ses ennemis.


Amos 8:9-14. Le soleil se couchant à midi


On peut dire que le soleil d'un homme se couche à midi, s'il est pris par la mort dans la force de l'âge. Au sens figuré, le soleil d'une nation se couche à midi lorsque le pays est détruit au milieu de la prospérité. Mais la double prophétie d'Amos rappelle aussi qu'avant la seconde  venue du Seigneur le soleil s'assombrira et refusera de donner sa lumière. En fait ce sera un signe pour les méchants des derniers jours que leur soleil est sur le point de se coucher à midi (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 10:1:317).


Amos 8:11-12. Une disette dans le pays


La prophétie d’Amos qu’il y aura une famine spirituelle s’accomplira parmi les enfants d’Israël après le temps de Malachie, dernier prophète de l’Ancien Testament. Cette période prendra fin quelque quatre cents ans plus tard lorsque Jean-Baptiste sera appelé à préparer la voie à Jésus-Christ. La prophétie d’Amos s’applique aussi à la grande apostasie, aux siècles de ténèbres spirituelles qui suivront la mort des apôtres du Sauveur et qui prendront fin avec Joseph Smith, le prophète, et le rétablissement de l’Évangile.


On trouve ici encore un cas évident de dualisme prophétique, de prophétie à double temporalité. Amos prédit une disette d'entendre la parole du Seigneur, disette qui se produisit de toute évidence pendant la période d'apostasie en Israël et en Juda. La dureté de leur coeur atteignit un tel état que de 400 av. J-C jusqu'au ministère de Jean-Baptiste qui commença en 30 de notre ère, il n'y eut pas de prophète en Israël. Mais la prophétie d'Amos s'accomplit aussi ultérieurement. Lorsque le Christ eut rétabli son Église sur la terre, elle aussi tomba finalement dans l'apostasie. De nouveau la révélation cessa et il y eut une grande disette d'entendre la parole de Dieu, disette qui dura pendant plus de mille ans.


« De nombreux siècles passèrent, et le jour vint où un manteau d'incrédulité recouvrit cette terre, non pas un manteau de coton ou de laine, mais un manteau d'apostasie, et, chez beaucoup, une faim et une soif qui n'étaient pas satisfaites. Ce fut le Seigneur notre Dieu qui vint sur la terre et se manifesta et rapporta la vérité à la terre avec les
prophéties, les révélations, l'autorité, la prêtrise, l'organisation et tout ce qui est pour le profit de l'humanité. C'est le Seigneur notre Dieu qui a fait tout cela pour nous. » (
Spencer W. Kimball, dans Conference Report, Conférence régionale de Temple View, Nouvelle-Zélande, 1976, p. 4)


« Nous assistons aujourd'hui à une recherche inquiète parmi les habitants de l'Europe. Pourquoi ? Parce qu'il y a dans le coeur humain une faim qui le ronge, qui, si elle n'est pas nourrie par les vérités de l'Évangile, laisse la vie vide et ne lui accorde aucune paix. Le méli-mélo de systèmes économiques recommandé par tant de soi-disant sages du monde n'a pas résolu grand-chose comme problèmes et n'a pas apporté de joie réelle. Ces panacées vides ont amené l'humanité à rechercher les biens de ce monde et les symboles du pouvoir matériel, rendant l'humanité aveugle à la vérité que seule une vie juste, bien ancrée dans l'application quotidienne des commandements de Dieu, apporte le vrai bonheur. Tout ce qui est moins que cela laisse le coeur affamé, d'une faim intérieure intense, d'une faim que nous avons pour mission d'identifier et de définir et dont nous devons rendre les hommes conscients. J'ai vu en Europe s'accomplir les paroles d'Amos qu'il y aurait 'une famine dans le pays, non pas une disette de pain… mais…d'entendre les paroles de l'Éternel' (Amos 8:11). » (Joseph B. Wirthlin, dans Conference Report, octobre 1975, p. 154-155)


Avec le rétablissement de l'Évangile, la disette a pris fin, non pas directement pour chaque personne, mais pour la terre en général.


« Après des siècles de ténèbres spirituelles… nous annonçons solennellement au monde entier que la disette spirituelle est terminée, que la sécheresse spirituelle a pris fin, que la parole du Seigneur dans sa pureté et sa totalité est accessible à tous les hommes. Il n'est pas nécessaire d'errer d'une mer à l'autre, ni du septentrion à l'orient à la recherche du véritable Évangile, comme prédit par Amos, car la vérité éternelle estdisponible. » (Spencer W. Kimball, dans Conference Report, avril 1964, p. 93-94)


AMOS 9

Amos 9:1-6. Le chapiteau frappé


De son lieu de résidence le Seigneur frappera les méchants. Personne ne pourra échapper, où qu'il se cache. Il n'y a que la seconde venue du Seigneur qui accomplit une telle description, car lorsque le Seigneur viendra dans sa gloire, les récompenses de la justice seront données. Il n'est pas de montagne suffisamment haute, pas de mer suffisamment profonde pour que le pécheur non repenti puisse se cacher des jugements d'un Dieujuste.


Amos 9:7-15. « Je ferai secouer la maison d'Israël par toutes les nations »


Amos dit à Israël qu'il ne pouvait pas s'attendre à être délivré par le simple fait qu'il était le peuple élu (voir Amos 9:7). Le royaume d'Israël, dit-il, serait détruit, sauf un reste de Jacob que le Seigneur préserverait à cause de sa miséricorde (voir v. 8). Le rassemblement du reste juste sera tel que pas une seule âme digne ne passera inaperçue (voir v. 9). Et le Seigneur établira son oeuvre, allant jusqu'à rendre au temple de Jérusalem la place qui lui revient.


Tous les justes qui ont pris sur eux le nom du Seigneur, qu'ils soient Israélites ou Gentils, seront amenés dans le royaume (voir Amos 9:12). Et les pays de la terre donneront leurs richesses. Les promesses faites à Israël dispersé sont assurées, car il sera rassemblé dans le royaume de Dieu, héritant de toutes les bénédictions promises aux justes sans avoir à craindre de les perdre à nouveau (voir v. 14-15).

 

 

ABDIAS

Abdias. Qui était Abdias ?


Abdias était un voyant qui vivait vers 730 av. J-C et eut la bénédiction de voir le salut d'Israël et d'autres événements importants dans les derniers jours. Son livre est le plus petit, non seulement de ceux des prophètes, mais de tout l'Ancien Testament. On ne sait rien d'autre de lui que ce qui est dans le livre. Un homme du nom d'Abdias protégea les prophètes du Seigneur pendant le règne du roi Achab (voir 1 Rois 18), mais ce n'était vraisemblablement pas la même personne. Le livre d'Abdias prophétise la destruction d'Édom en des termes semblables aux prophéties deJérémie.


Abdias 1:1. Qu'était Édom et où est-il ?


Édom est un autre nom d'Ésaü, frère de Jacob. La forme grecque du mot Édom est Idumée. Ceux qui s'installèrent en Édom étaient proches parents des habitants de Juda. Israël était plus loin au nord.


« L'histoire des relations entre Israël et Édom est, dès le début, remplie d'envie et de haine. Genèse 36:1 dit : 'Voici la postérité d'Ésaü, qui est Édom'. Cela nous rappelle la lutte pour la suprématie dès la naissance, ou même avant, entre Ésaü et son frère cadet Jacob (Israël)… Ésaü vendit son droit d'aînesse à son frère pour un plat de lentilles et finalement il vendit aussi le saint héritage patriarcal. Ésaü, on s'en souviendra, se maria parmi les Cananéens, cequi fut une grande épreuve pour ses parents. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israël's Prophets, p. 318-319)


À cause de sa méchanceté et de sa haine durable pour Israël, Édom, comme Babylone, devint un symbole du monde (voir D&A 1:36).


Abdias 1:3-9. Les Édomites vivaient dans une fausse sécurité

Les ruines mondialement célèbres de Petra, dans la Jordanie moderne, sont remarquables. Une ville tout entière taillée dans des falaises rocheuses. On ne pouvait y accéder que par une gorge étroite. Du haut des falaises élevées, les Édomites pouvaient se protéger des envahisseurs avec une grande efficacité. Petra, ou la montagne de Séir, était au pays d'Édom, et beaucoup de savants pensent qu'elle était la capitale de l'Idumée. Bien que beaucoup de ruines actuellement visibles à Petra soient d'une période ultérieure, elles donnent quand même un impact spectaculaire aux paroles d'Abdias.


Abdias 1:10-15. Les raisons de la grande chute d'Édom


Ces versets résument la raison de la grande chute d'Édom. (1) La violence manifestée à l'égard de son frère Jacob et (2) le fait qu'il se réjouit de la destruction des enfants de Juda « au jour de leur ruine » (v. 12). J. R. Dummelow croit que la destruction d'Édom est due en partie au fait qu'il aida Nebucadnetsar pendant le siège et la prise de Jérusalem (voir A Commentary of the Holy Bible, p. 574).


Abdias 1:16-21. Un jour de délivrance et de réjouissances


Ces versets ont une signification à la fois temporelle et spirituelle. Si Ésaü (Édom) représente la méchanceté profane des hommes, on peut considérer que ces versets concernent le jour où Israël sera totalement établi et où le mal sera  totalement éliminé. La montagne de Sion, symbole de la délivrance et de la sainteté (voir v. 17), sera l'héritage de la « maison de Jacob » (v. 17-18), tandis que la « maison d'Ésaü » (v. 18) sera du chaume, et ne sera bonne qu'à être brûlée. « La maison de Jacob sera un feu, et la maison de Joseph une flamme… elles allumeront et consumeront la maison d'Ésaü ; et il ne restera rien de la maison d'Ésaü » (v. 18). Finalement, « des libérateurs monteront sur la montagne de Sion, pour juger la montagne d'Ésaü ; et à l'Éternel appartiendra le règne » (v. 21).


Abdias, un prophète dont nous ne savons pas grand chose en dehors des vingt et un versets de sa prophétie, a vu le rétablissement d'Israël dans les derniers jours et l'oeuvre qu'il accomplira.


« Comme le révèlent les Écritures, une des caractéristiques de nos derniers jours est l'apparition de sauveurs sur la terre. Cela fut prophétisé à l'époque de l'Ancien Testament [voir Abdias 1:21]. Paul le prophétisa à l'époque du Nouveau Testament, parlant de ceux qui avaient vécu sur la terre dans les temps anciens [voir Hébreux 11:39-40]. Cela a également été prophétisé sur nous qui vivons aujourd'hui [voir D&A 86:11]. Ainsi donc le Seigneur lui-même a marqué cette oeuvre de son approbation.


« La question qui s'ensuit logiquement est : pour qui dois-je être un sauveur ? À la section 127 des Doctrine et Alliances, verset 6, le prophète Joseph Smith utilise ces paroles : 'pour vos morts'…Nos morts sont… nos ancêtres directs, comme l'explique Joseph Smith : 'Mais comment vont-ils devenir sauveurs sur le mont de Sion ? En construisant leurs temples, en érigeant leurs fonts baptismaux et… en recevant toutes les ordonnances, les baptêmes, les confirmations, les ablutions, les onctions, les ordinations et les pouvoirs de scellement sur leur tête en faveur de tous leurs ancêtres qui sont morts, et en les rachetant, afin qu'ils se lèvent dans la première résurrection et soient exaltés avec eux sur des trônes de gloire ; et c'est en cela que se trouve la chaîne qui lie le coeur des pères aux enfants et les enfants aux pères, ce qui accomplit la mission d'Élie' (Enseignements du prophèteJoseph Smith, p. 267). » (Theodore M. Burton, dans Conference Report, octobre 1972, p. 47-48)

 

 

JONAS

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JONAS 1

Jonas 1:1. Où et quand Jonas vivait-il ?


« Nous ne savons pas grand-chose de la vie de Jonas, mais le peu que nous savons représente davantage que ce que nous connaissons d'autres prophètes dont traite ce livre. Au premier verset du livre il est dit de lui qu'il est 'fils d'Amitthaï'. Mais le livre de Jonas n'est pas le seul livre de l'Ancien Testament où il est cité. Dans 2 Rois 14:25 on nous dit que Jéroboam, roi d'Israël, 'rétablit la frontière d'Israël depuis l'entrée de Hamath jusqu'à la mer de l'Araba, selon la parole que l'Éternel, le Dieu d'Israël, avait prononcée par l'intermédiaire de son serviteur le prophète Jonas, fils d'Amitthaï, de Gath-Hépher'. Il n'est donc guère douteux que Jonas était un personnage historique et qu'il se livrait à des activités prophétiques.


« Selon Josué 19:10-13, Gath-Hépher, la patrie du prophète, se trouvait sur le territoire de la tribu de Zabulon. D'après la tradition monastique, il s'identifie au village arabe actuel d'El-Meched, à cinq kilomètres environ au nord-est de Nazareth, où l'on montre une des nombreuses tombes musulmanes de Nébi Yunus, le prophète Jonas. St Jérôme (vers 400 ap. J-C) dit aussi que Gath-Hépher était situé à environ deux milles romains de Séphoris vers Tibériade.


« Le nom de Jonas signifie 'colombe' et celui de son père 'sincère'.


« Puisque Jonas vivait pendant le règne de Jéroboam, il est possible de le situer vers 788 av. J-C. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 326)


Jonas et Jésus étaient tous deux de la Galilée. 2 Rois 14:25 et trois passages du Nouveau Testament montrent que l'histoire de Jonas est véridique et non une allégorie comme l'affirment certains érudits.


« Notre Seigneur fit mention à deux reprises de l'histoire de Jonas quand on lui demanda un signe du ciel. Dans chaque cas il donna 'le signe du prophète Jonas', le grand événement de la vie de ce prophète étant une préfiguration de la mort et de la résurrection de Jésus lui-même (voir Matthieu 12:39-41 ; 16:4 ; Luc 11:29-30). » (Bible Dictionnary, s. v. « Jonah »)


Jonas 1:3. « Jonas se leva pour s'enfuir à Tarsis »


Comme dans le cas de Job, la vie et les expériences de Jonas sont une leçon universelle similaire à une allégorie, et l'application à tous les hommes est tirée des expériences réelles d'un seul homme. Jonas était une figure du Christ en ce sens qu'il fut dans le ventre du poisson (dans « le séjour des morts » pour employer ses propres termes, voir Jonas 2:2) tout  comme Jésus fut dans la tombe pendant trois jours, puis en sortit. La portée symbolique de l'histoire de Jonas est plus vaste que cela :


« La mission de Jonas avait une importance symbolique et figurative qui visait non seulement à éclairer Israël sur la place du monde gentil par rapport au royaume de Dieu, mais aussi à représenter l'adoption future de ceux d'entre les païens qui observeraient la parole de Dieu dans la communion du salut préparé en Israël pour toutes les nations.


« Quand le moment approcha où Israël devait être livré au pouvoir des Gentils et foulé aux pieds par eux à cause de son apostasie opiniâtre devant le Seigneur son Dieu, il n'était que tout naturel pour l'esprit pharisaïque d'Israël de considérer les Gentils simplement comme des ennemis du peuple du royaume de Dieu et non seulement de nier leur aptitude à être sauvés,  mais aussi de voir dans l'annonce prophétique du jugement qui allait s'abattre sur les Gentils leur condamnation à la destruction totale. Le but de la mission de Jonas à Ninive était de combattre de la manière la plus énergique et pratiquement de mettre fin à une idée fausse qui semblait être renforcée par le choix d'Israël comme véhicule du salut et qui poussait le peuple au pharisaïsme, se fiant à son appartenance extérieure au peuple élu et à sa parenté par lignage avec Abraham…


« L'attitude d'Israël vis-à-vis du dessein de Dieu de faire preuve de miséricorde aux Gentils et de leur accorder le salut est représentée par la façon d'agir de Jonas quand il reçoit le commandement divin et quand il s'en va pour l'exécuter. Jonas essaie d'échapper au commandement de proclamer la parole de Dieu à Ninive en fuyant à Tarsis, parce qu'il est mécontent de la manifestation de miséricorde divine à l'égard du grand monde païen et parce que, selon le chapitre 4, verset 2, il craint que la prédication du repentir ne détourne de Ninive la destruction dont elle est menacée. Dans cet état d'esprit du prophète se reflètent les sentiments et l'état d'esprit général de la nation israélite vis-à-vis des Gentils. Sur le plan humain Jonas partage ce sentiment et convient donc pour être représentatif de l'orgueil d'Israël d'être l'élu… Le châtiment qui lui est infligé à cause de sa résistance obstinée à la volonté de Dieu annonce qu'Israël sera rejeté et banni de la face de Dieu à cause de sa résistance obstinée à l'appel divin.


« Mais Jonas, une fois jeté à la mer, est avalé par un grand poisson, et quand il prie le Seigneur dans le ventre du poisson, il est rejeté indemne sur la terre ferme. Ce miracle a aussi une signification symbolique pour Israël. Il montre que si la nation charnelle, avec son esprit impie, se tourne vers le Seigneur, même dans la dernière extrémité, elle sera sauvée de la destruction par un miracle divin pour parvenir à une nouveauté de vie. Et enfin la façon dont Dieu réprimande le prophète quand il est irrité parce que Ninive a été épargnée (chapitre 4) vise à montrer comme dans un miroir présenté à tout Israël la grandeur de la compassion divine qui embrasse toute l'humanité, afin qu'il y réfléchisse et le prenne àcoeur. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 10:1:383-385)


Jonas 1:2-3. Pourquoi Jonas s'enfuit-il à Tarsis ?


« Un appel en mission venant directement du Seigneur ! Mais ce n'était pas une surprise pour le prophète d'être appelé, car il avait probablement accompli précédemment beaucoup de missions pour le Seigneur en Israël. Ce qui était surprenant pour lui, ce n'était pas l'appel, mais le genre d'appel, et cela provoqua la rébellion dans son coeur. C'était un appel à aller à Ninive, 'la grande ville' d'Assyrie pour prêcher à ses habitants païens, car leur méchanceté était montée devant le Seigneur…


« Jonas était déchiré entre sa loyauté à Dieu et la violence de ses émotions. Ces dernières étaient à leur comble et finirent par déterminer ses actes. Ne pouvant affronter l'appel en mission, il décida de fuir le pays et d'échapper à cette désagréable responsabilité. Il n'avait pas l'intention de renoncer à son office prophétique, il voulait simplement s'absenter sans autorisation pendant un certain temps jusqu'à ce qu'une situation désagréable se règle d'elle-même. » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 328-329)


On ne sait pas exactement où se trouvait Tarsis, mais Adam Clarke et d'autres pensent qu'il s'agit de Tartessos en Espagne, près du détroit de Gibraltar (voir The Holy Bible… with a Commenlary and Critical Notes, 4:700). Que ce soit là-bas que Jonas s'enfuit ou vers quelque autre port de la Méditerranée, il est certain que Tarsis était dans la direction opposée de Ninive.


Jaffa était, du temps de Jonas, un port de mer important sur la côte d'Israël. Les navires partaient de là pour se rendre en divers endroits de la Méditerranée. Il s'agit de la même localité que celle à côté de laquelle la Tel Aviv moderne a été construite.


Jonas 1:4-7. La pratique de tirer au sort


Dans les temps anciens on tirait au sort quand on désirait une décision impartiale. On ne connaît ni la nature ni la forme des objets utilisés à l'époque biblique, pas plus que la méthode exacte utilisée, mais certains érudits pensent qu'on utilisait des pierres lisses ou des bâtons différenciés par des couleurs ou des symboles. Les païens tiraient au sort parce que, croyaient-ils, les dieux guideraient les événements. Dans le cas de Jonas, le Seigneur semble avoir guidé le résultat.


Jonas 1:8-10. La grandeur du Dieu de Jonas


Jonas proclama hardiment que l'Éternel est le seul Dieu de toute la création.


Jonas 1:11-16. Jonas propose lui-même son sort


Ce verset montre que la fuite de Jonas n'était pas un acte de lâcheté. Les hommes n'acceptèrent l'offre de Jonas que quand ils eurent fait l'impossible pour se sauver d'autres façons. L'empressement de Jonas montre aussi qu'il se rendait compte que son comportement avait déplu à Dieu. Jonas 1:14-16 témoigne que ce ne fut qu'à contrecoeur que les marins jetèrent Jonas par-dessus bord comme il le leur avait commandé. Pour tenter de s'absoudre de toute offense à l'égard de l'un des dieux, les marins firent une prière au Seigneur et le supplièrent de ne pas leur imputer cet acte.


Jonas 1:17. « L'Éternel fit venir un grand poisson »


Le passage où Jonas est avalé par un « grand poisson » a fait l'objet de beaucoup de railleries et de controverses de la part du monde. On utilise ce verset comme argument par excellence pour démontrer que le livre de Jonas n'est qu'une parabole et non le compte rendu d'un fait historique. 


« Allons-nous le rejeter en disant que c'est impossible et que le Seigneur ne pouvait pas envoyer un poisson ou une baleine avaler Jonas ?… Assurément le Seigneur, dans le ciel, rit de la sagesse du railleur, et puis tout à coup répond à sa sottise en répétant le miracle contesté ou en en présentant un plus grand…


« Je crois, avec M. William J. Bryan, en l'histoire de Jonas. La raison principale pour laquelle j'y crois, ce n'est pas le fait que c'est rapporté dans la Bible, ou que l'événement s'est répété de nos jours, mais parce que Jésus-Christ, notre Seigneur, y croyait. Les Juifs vinrent le trouver pour lui demander un signe de sa divinité. Il leur en donna un, mais non ce à quoi ils s'attendaient. Les railleurs de son époque, malgré ses grandes oeuvres, étaient incapables, à cause de leurs péchés, de croire.


« 'Il leur répondit : Une génération mauvaise et adultère recherche un signe, il ne lui sera donné d'autres signe que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson, de même le Fils de l'homme sera troisjours et trois nuits dans le sein de la terre'. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine
du salut, 2:292)


Le mot hébreu tanîn utilisé dans Jonas et le mot grec katos utilisé dans la Bible décrivent un monstre marin de taille gigantesque. Les requins sont courants dans la Méditerranée et ont un gosier suffisamment large pour recevoir le corps d'un homme. Bien entendu, la nature miraculeuse de cet événement réside autant dans le fait que Jonas ait pu vivre pendant trois jours dans le système digestif d'un grand poisson que dans le fait qu'il ait pu être avalé tout entier.

JONAS 2

Jonas 2. Jonas supplia le Seigneur et fut sauvé


En fin de compte, Jonas se tourna finalement à nouveau vers Dieu. Sa prière était l'expression d'un repentir sincère et valable. L'utilisation par lui de l'expression « séjour des morts » est un parallèle de plus avec l'ensevelissement du Christ. Le langage de la prière de Jonas (voir Jonas 2:3-5) et celui que le Seigneur utilisa avec le prophète Joseph Smith pendant qu'il était enfermé à la prison de Liberty (voir D&A 122:7) se ressemblent. La promesse de Jonas : « J'accomplirai les voeux que j'ai faits » était sa façon de dire qu'il accomplirait la mission qui lui avait été confiée. Par conséquent, « l'Éternel parla au poisson qui vomit Jonas sur la terre ferme » (voir Jonas 2:9-10).

JONAS 3

Jonas 3:1-3. Pourquoi Ninive est-elle appelée « la grande ville » ?


Ninive était un centre commercial bien connu à l'époque de Jonas. Elle avait des terrasses, des arsenaux, des casernes, des bibliothèques et des temples. Les murs étaient si larges que des chars pouvaient y rouler de front. Au-delà des murs se trouvaient la grande banlieue, de petites villes et des villages. La circonférence de la grande ville était d'environ cent kilomètres, soit trois jours de voyage (voir Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 331-332)


Jonas 3:5-9. « Le sac et la cendre »


Les paroles de Jonas semblent avoir eu un effet immédiat et très positif sur les Ninivites. On ne peut qu'essayer de deviner pourquoi un peuple qui n'était pas hébreu a pu accepter et croire un prophète hébreu. Peut-être que l'apparition d'un étranger qui, apparemment sans penser à sa sécurité, ait fait une telle distance pour démasquer les péchés d'un peuple qu'il ne connaissait pas, fut pour eux un choc qui les incita au repentir. Quoi qu'il en soit, sa mission eut le résultat prévu : Ninive se repentit sur « le sac et la cendre ».

« On utilisait anciennement un tissu grossier et sombre fait de poils de chameau et de chèvre pour faire des sacs. On l'utilisait pour faire les vêtements grossiers portés par les personnes en deuil, et c'est ainsi qu'il se fixa dans l'esprit prophétique comme un symbole de tristesse et de deuil. Il était de coutume chez les personnes en deuil, revêtues de sac, soit de répandre des cendres sur elles, soit de s'asseoir sur des tas de cendres, montrant par là que leur joie avait péri ou avait été détruite (Genèse 37:34 ; Esther 4:1-3 ; Ésaïe  61:3; Jérémie 6:26).


« L'usage du sac et de la cendre dans l'antiquité était aussi un signe d'humilité et de pénitence. Quand des personnes justes se couvraient de sacs et répandaient de la cendre pour acquérir la force spirituelle pour communier avec la Divinité, cet usage était toujours accompagné de jeûne et de prière. Daniel, par exemple, commence le compte rendu d'une de ses grandes prières auprès du trône de grâce par cette explication : 'Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu afin de recourir à la prière et aux supplications, par le jeûne, le sac et la cendre. Je priai l'Éternel, mon Dieu, et lui fis cette confession' (Daniel 9:3-4 ; Ésaïe 58:5 ; 1 Rois 21:17-29).


« Le sac et la cendre (ainsi que le jeûne, la prière et la communion avec le Seigneur qui accompagnaient leur usage) devinrent le symbole du repentir le plus sincèreet le plus humble. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 659)

JONAS 4

Jonas 4:1-11. Jonas fut mécontent du Seigneur


Jonas manifeste ici un deuxième problème : sa faiblesse de caractère. Il bouda parce que le peuple s'était repenti et que Dieu avait détourné sa colère. Il était si énervé qu'il souhaita être mort. Bien que s'étant repenti de son désir d'échapper à l'appel du Seigneur et s'étant rendu à Ninive, Jonas n'avait pas fondamentalement changé d'attitude à l'égard des Gentils.


Le Seigneur enseigna à Jonas d'une manière qu'il pouvait comprendre que tout était dans sa main : le ricin, le ver et même la vie. Le Seigneur envoya tout d'abord le redoutable vent d'est qui était extrêmement destructeur, car il soufflait du désert d'Arabie, un désert chaud et sec. Puis le Seigneur fit brûler le soleil sur Jonas, le mettant si mal à l'aise qu'il souhaita mourir. Une fois que Jonas fut dans cette situation, le Seigneur put lui enseigner la valeur des âmes de Ninive. Comme les milliers de personnes qui vivaient à Ninive ignoraient les principes sauveurs de l'Évangile, elles ne pouvaient pleinement « distinguer leur droite de leur gauche » (Jonas 4:11). Assurément le Seigneur éprouvait plus de pitié pour eux que Jonas pour le ricin (voir Alma 26:27, 37). Grâce à cette simple plante, le Seigneur enseigna à Jonas l'amour que Dieuéprouve pour tous ses enfants.

 

 

MICHÉE

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MICHÉE 1

Michée 1:1. Quelques faits concernant Michée


« On peut déduire du verset introductif du livre de Michée que le ministère du prophète se déroula sous les règnes de Jotham, Ahaz et Ézéchias, rois de Juda. Par conséquent sa prédication eut lieu pendant les années allant d'environ 740 à 697 av. J-C. Nous pouvons lui attribuer la date approximative de 725 av. J-C. Cette date montre Michée comme un contemporain du grand Ésaïe et peut-être aussi d'Osée et d'Amos.


« Le nom de Michée est l'abréviation de Mikaye, lui-même contraction probable de Mika-Yehu, 'qui est semblable à Jéhovah'. Il faut distinguer ce prophète d'un prophète plus ancien, également appelé Michée, fils de Jimla (1 Rois 22:8 et suivants) ainsi que de dix autres personnes portant le même nom dans l'Ancien Testament. Le fait qu'on l'appelle Michée de Moréscheth donne à penser qu'il est originaire de Moréscheth Gath, qui est mentionné dans le texte (1 :14). Le nom de la ville signifie territoire ou propriété de Gath et elle se situait, semble-t-il, dans la Chéphéla, une région de collines basses de la Judée, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Jérusalem. Si nous situons bien Moréscheth… elle domine un merveilleux panorama et dut être autrefois d'une importance considérable. Michée était donc le produit des collines et des vallées et semble ne pas avoir eu un grand amour pour les villes (1:5 ; 5:11 ; 6:9). » (Sperry, Voice of Israël's Prophets, p. 334)


Michée 1:4. « Sous lui les montagnes se fondent »


Le langage de Michée 1:4 est comparable à celui d'Ésaïe 64:1-2 ; 2 Pierre 3:10 ; Doctrine et Alliances 101:23-25 ; 133:40-41.


Michée 1:8-16. Jugements sur les villages de Juda


L'expression « sa plaie est incurable » (verset 9) signifie la méchanceté du royaume du Nord, et « elle s'étend jusqu'à Juda » montre que la maladie spirituelle s'était répandue jusqu'au royaume du sud.

MICHÉE 2

Michée 2:1-11. Quelle autre accusation Michée porte-t-il contre son peuple ?


Michée ressentait profondément les injustices sociales de son époque. Il parle ici de ceux qui « méditent l'injustice et qui trament le mal sur leur couche » (Michée 2:1), parlant probablement de ceux qui passaient des nuits blanches à imaginer les choses mauvaises qu'ils allaient faire. Ensuite, quand venait l'aube, ils mettaient leurs complots nocturnes à exécution.


Une accusation précise est portée contre les hommes au pouvoir qui faisaient usage de leur fonction pour s'approprier les terres et les biens des autres.


« Michée ressentait profondément l'injustice qui affligeait Israël à son époque. Lui, qui venait de la campagne, ressentait certainement ces maux d'une manière plus aiguë que s'il était venu de la ville. Il ne peut s'empêcher de faire le procès des riches et cupides accapareurs de terres qui s'abattaient sur les campagnes et endettaient les pauvres vis-à-vis d'eux. De nos jours encore les régions rurales de notre propre pays pourraient en prendre de la graine et veiller à ne pas laisser leurs terres tomber entre les mains des prêteurs…


« Ce qui préoccupait Michée, ce n'était pas tellement le simple fait que l'on accaparait des biens. Ce qui lui rongeait l'âme et le remplissait d'une juste indignation, c'était qu'il était permis à des gens sans scrupules de commettre si facilement le mal et de prendre des êtres humains en leur pouvoir. L'indépendance personnelle  se perdait, et la sécurité du foyer et de la famille était entre les mains d'un petit nombre d'hommessans scrupules. » (Sperry, Message of the Twelve Prophets, p. 112-113)


Quand des hommes comme Michée dénonçaient ces abus, ceux contre qui ils parlaient répondaient : « Ne prophétisez pas ! » (Michée 2:6). Cette réponse ne fait qu'inciter Michée à renouveler ses accusations contre eux. À ces pirates assoiffés d'argent et de terres, il dit : « Vous enlevez le manteau de dessus les vêtements » et « Vous chassez de leurs maisons chéries les femmes de mon peuple » (versets 8, 9).


« Pareille prédication de la part de Michée ne plaît pas aux grands hommes corrompus, car ils s'imaginent que ces menaces sont incompatibles avec la bonté du Seigneur. Michée interrompt (verset 7) en faisant remarquer que Dieu n'est pas colérique et ne châtie pas par plaisir, mais qu'il est poussé à la colère par les péchés de la nation et est obligé de punir. Après avoir réfuté (versets 7-9) les objections de ses prophéties en relevant les transgressions du peuple, le prophète répète la prédiction du châtiment sous forme d'un ordre à Israël (verset 10) de sortir du pays parce que celui-ci ne peut pas supporter l'impureté et les abominations. À cela, Michée ajoute l'argument que le peuple veut seulement entendre prédire le bien, qu'il aime mieux écouter les mensonges des faux prophètes qui sont à la poursuite du vent (c'est-à-dire du vide et du néant) plutôt que d'être poussé par l'Esprit du Seigneur.


« 'Qu'un homme, au gré du vent, se mette à débiter des mensonges : je vais bavarder pour toi sur le vin, sur les boissons fortes ! Ce sera le bavard qu'il faut'. » (Sperry, Message of the Twelve Prophets, p. 113-114)


Michée 2:12-13. Le rassemblement futur d'Israël promis


Après avoir fustigé les faux prophètes parce qu'ils disent au peuple que tout est bien, Michée prophétise le salut. Cette prophétie concerne un peuple qui a été flagellé à cause de l'iniquité, et il ne subsiste plus qu'un reste de la maison d'Israël jadis puissante. Michée prédit que le peuple sera rassemblé. Il compare son état dispersé à une forme d'emprisonnement et annonce un libérateur qui fera une brèche dans les murs de la prison et conduira le peuple dans la Terre promise.

MICHÉE 3

Michée 3:1-3. Qui sont les « chefs de Jacob » ?


Michée, à propos de l'iniquité qu'il voit autour de lui, s'adresse aux « chefs de Jacob » (Michée 3:1), c'est-à-dire aux chefs de la maison d'Israël. Il les accuse de haïr le bien et d'aimer le mal, et il les compare, eux et leur façon d'utiliser leurs pouvoirs administratifs, à un groupe de cannibales qui mangent la chair et rompent les os de leur propre peuple (voir Michée 3:2-3), une image frappante de leur méchanceté.


Michée 3:4-12. « Les prophètes qui égarent mon peuple »


Tout au long de l'Ancien Testament, on rencontre de vrais et de faux prophètes. Les vrais prophètes disent  la parole de Dieu. Les faux prophètes disent les choses agréables, mais souvent fausses, que les gens aiment entendre.


« Il semble que dans la génération d'Amos et de Michée, les dirigeants d'Israël (on ferait mieux de les qualifier de tyrans) utilisaient des prophètes et des voyants professionnels pour masquer leurs méfaits. Malheureusement la religion se prête assez facilement à l'usage que veut en faire l'hypocrite. C'est ainsi que les chefs riches et sans scrupules d'Israël disposaient du moyen facile d'engager contre salaire des hommes de religion professionnels pour couvrir leurs actions par la flatterie et le mensonge. Le prophète mercenaire recevait son salaire de ses riches clients. Il ne pouvait donc pas penser ni juger d'une manière indépendante. De fortes pressions étaient exercées sur lui pour qu'il prenne le parti des riches et, par conséquent, ferme les yeux sur la situation réelle du peuple. Bien entendu, il ne pouvait pas attaquer les péchés de l'époque qui permettaient à ses clientsd'exploiter le commun du peuple d'Israël. » (Sperry, Message of the Twelve Prophets, p. 116-117)


Michée, vrai prophète de Dieu, ne disait pas de choses agréables à Israël dont il fallait dénoncer les abus. Il accusa les chefs du pays de juger « pour des présents », les sacrificateurs ou chefs religieux d'enseigner « pour un salaire» et les prophètes de faire de la divination ou de prophétiser pour de l'argent (Michée 3:11). Le fait d'utiliser ces faux hommes de religion permettait aux dirigeants de se justifier, de penser qu'ils s'appuyaient sur le Seigneur et de dire : « L'Éternel n'est-il pas au milieu de nous ? Le malheur ne nous atteindra pas » (Michée 3:11).


Qu'allait-il donc en résulter, demanda Michée ? Quand ces faux prophètes lanceraient leurs mensonges, la vraie prophétie cesserait dans tout le pays, et les ténèbres de l'apostasie s'abattraient. Quelle meilleure manière de décrire cette situation déplorable que de la comparer à une nuit sans vision ou à un jour sans lumière (voir verset 6) ? Quand les hommes crieront vers Dieu, « il ne leur répondra pas » (v. 4, 7).

MICHÉE 4

Michée 4:1-2. Quel sens ces versets ont-ils ?


« Quand les pionniers sont arrivés pour installer l'Église au sommet des montagnes, nos premiers dirigeants ont déclaré que c'était le commencement de l'accomplissement de la prophétie que de Sion sortirait la loi et de Jérusalem la parole de l'Éternel.


« Je me suis souvent demandé ce que signifiait cette expression, que de Sion sortirait la loi. Il y a des années, je suis allé avec les Autorités générales au temple d'Idaho Falls, et j'ai entendu dans cette prière inspirée de la Première Présidence la définition du sens de ce terme : 'De Sion sortira la loi'. Notez ce qu'elle dit :


« 'Nous te remercions de ce que tu nous as révélé que ceux qui nous ont donné notre gouvernement constitutionnel ont été sages à tes yeux et de ce que tu les as suscités dans le but même de produire ce document sacré [voir D&A 101]… Nous prions que les rois, les gouverneurs et les gens de toutes les nations sous le ciel soient persuadés des bénédictions que reçoit le peuple de ce pays grâce à la liberté qu'il a, sous ta direction, et soient contraints d'adopter des systèmes de gouvernement similaires, pour accomplir l'antique prophétie d'Ésaïe et de Michée que 'de Sion sortira la loi et deJérusalem la parole de l'Éternel'. » (Harold B. Lee, Improvement Era, octobre 1945, p. 504)


« L'histoire des nations montre les efforts des hommes de l'Utah pour faire de ces principes de base le fondement d'une structure saine. Je me suis souvent demandé ce que signifiait le commandement donné par le Seigneur à nos premiers dirigeants de non seulement garder ses commandements, mais aussi d'aider à faire avancer son oeuvre selon ses commandements, avec la promesse qu'ils seraient alors bénis. Ils devaient aussi chercher à faire paraître et à établir Sion. Tout cela soulignait ce que le Seigneur dit à l'Église dans une autre révélation. Il dit : 'Car si vous voulez que je vous donne une place dans le monde céleste, vous devez vous préparer en faisant ce que je
vous ai commandé et ce que j'ai exigé de vous' (D&A 78:7).


« Vous remarquerez qu'il ne suffisait pas d'être simplement bon ; tous devaient aussi être disposés à faire avancer son oeuvre et à faire apparaître et à établir Sion. Cela signifiait travailler de toutes ses forces, si l'on voulait obtenir une place dans le monde céleste.


« Beaucoup de gens, selon ces prophètes, diraient : 'Montrez-nous votre voie afin que nous marchions dans vos sentiers'. » (Harold B. Lee, dans Conference Report, conférence interrégionale de Manchester, 1971, p. 138-139).


Michée 4:8-13. Si Jérusalem est renversée et son peuple dispersé, comment deviendra-t-elle grande ?


Michée utilise l'image des douleurs de l'accouchement par lesquelles une femme met un enfant au monde, pour illustrer que Juda s'attirerait la souffrance d'où sortirait un jour une vie nouvelle dans le Seigneur. Sous peu, il serait chassé de sa ville et se retrouverait captif de Babylone. Cette prophétie est étonnante parce que l'Assyrie était maîtresse du monde du temps de Michée, Babylone n'étant qu'une province de l'Assyrie. Cette partie de la vision de Michée se projetait de presque 130 ans dans le futur, mais le temps n'est rien pour un prophète. Puis, regardant plusieurs millénaires dans l'avenir, Michée vit Israël revenir avec la force de Dieu. Utilisant le symbole de la corne de fer et des sabots de bronze, il prédit qu'Israël foulerait ses ennemis sous ses pieds aussi facilement qu'un boeuf bat le grain.


Ce passage a une grande importance pour les saints des derniers jours parce que Jésus le cite lors de sa visite aux Néphites. Après avoir parlé du rassemblement d'Israël dans les derniers jours, Jésus utilise la prophétie de Michée pour écrire le genre de destruction qui attendait les Gentils de l'époque s'ils ne se repentaient pas (voir 3 Néphi 20:17-21).

MICHÉE 5

Michée 5:1-4. « Et toi, Bethléem… de toi sortira… celui qui dominera sur Israël »


C'est une des prophéties messianiques les mieux connues de l'Ancien Testament. C'est en fait celle que Matthieu cite dans le Nouveau Testament, disant qu'elle était accomplie par la naissance de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Éphrata est simplement un nom supplémentaire permettant de distinguer la Bethléem de Juda d'une autre Bethléem située sur les terres attribuées à la tribu de Zabulon (voir Josué 19:15). La prophétie s'accomplit, bien entendu, quand Jésus naquit à Bethléem de Judée du temps du roi Hérode (voir Matthieu 2:1 ; Luc 2:1-20).


Ironie du sort, cette prophétie fut utilisée par certains des Juifs pour nier que Jésus soit le Messie. Ne sachant pas qu'il était né à Bethléem, mais pensant qu'il était de Nazareth, ces gens citèrent Michée pour montrer que Jésus ne pouvait être le Messie (voir Jean 7:40-43).


Michée 5:5-15. Israël deviendra-t-il puissant ?


Regardant toujours dans le lointain avenir, Michée prophétise les grandes batailles par lesquelles Israël, dirigé par le Christ, finira par triompher de tous ses ennemis.


« Dans ce récit, le Messie est appelé le Prince de la Paix dans Ésaïe 9:6, parce qu'il assure à Israël la paix dans un sens plus élevé et plus parfait que Salomon. Mais de quelle façon ? Cela est expliqué d'une manière plus complète dans ce qui suit : à savoir (1) en défendant Israël contre les attaques des puissances impériales (v. 5b, 6) ; (2) en l'élevant pour en faire une puissance capable de vaincre les nations (v. 7-9) et (3) en détruisant le matériel de guerre et tout ce qui est de nature idolâtre, empêchant ainsi tout risque de guerre (v. 10-15). L'Assyrie symbolise les nations du monde qui attaquent le peuple du Seigneur, parce que du temps du prophète, cette puissance était la puissance impériale qui mettait Israël en danger. Contre cet ennemi, Israël fera lever sept bergers et huit princes qui, sous le haut commandement du Messie, c'est-à-dire agissant en subordonnés, le repousseront et empiéteront victorieusement sur ses terres… Le chiffre sept désigne le nombre d'oeuvres venant de Dieu, de sorte que sept bergers, c'est-à-dire princes, seraient tout à fait suffisants, et ce chiffre est surpassé par les huit pour exprimer l'idée qu'il pourrait y en avoir même plus qu'il n'en fallait. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 10:1:486-487)


Quand le Christ apparut aux Néphites, il cita cette prophétie de Michée (comparer 3 Néphi 21:12-21 avec Michée 5:8-15) pour souligner la force qu'aurait Israël quand le Seigneur le rassemblerait d'entre les nations  et purifierait par son intermédiaire les Gentils qui entendraient sa parole. Ceux qui ne voudraient pas écouter sa parole et s'opposeraient à son oeuvre seraient retranchés et détruits.

MICHÉE 6

Michée 6:6-8. Résumé de ce que le Seigneur exige de ses enfants


On peut résumer les lois de Dieu, comme le fait Michée aux versets 6 à 8, en trois mots : garder les commandements. Michée dit dans ces versets que le péché consiste à enfreindre une loi divine et que le fait d'offrir des holocaustes ne pourrait en aucune façon assurer la rémission des péchés, s'il n'y avait pas aussi un changement de coeur.


« Il est vrai que sous la loi de Moïse, le Seigneur exigeait le sacrifice et d'autres pratiques rituelles, mais ce n'était là que des principes symboliques qui devaient conduire son peuple à des choses plus élevées et meilleures. Mais le culte d'Israël s'était sclérosé, et la méchanceté du peuple avait rendu son rituel inacceptable à Dieu.


« Michée révéla au peuple les exigences fondamentales de la vraie religion en une réponse qui est l'une des plus nobles de tous les temps.


« 'On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l'Éternel demande de toi, c'est que tu pratiques le droit, que tu aimes la loyauté, et que tu marches humblement avec ton Dieu'.


« En ces quelques vers Michée résume l'essence des enseignements des prophètes. Ils furent composés dans le même esprit que les paroles du Christ quand il dit :


« 'Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est le premier et le grand commandement. Voici le second, qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même'. » (Sperry, Message of the Twelve Prophets, p. 125-126)


Michée 6:9-16. Quelle méchanceté Israël commit-il devant le Seigneur ?


Le Seigneur tourne de nouveau son attention vers les péchés spécifiques d'Israël. Les riches d'Israël étaient pleins de violence et proféraient le mensonge (voir Michée 6:12), mais le pire de tout, c'était que « on s'en tient aux prescriptions d'Omri, à toute la manière d'agir de la maison d'Achab » (v. 16).


« Omri, roi d'Israël, père d'Achab, fut un des pires rois qu'Israël ait jamais eus. Et Achab suivit les traces de son méchant père. Les prescriptions de ces rois imposaient l'idolâtrie la plus vile. Jézabel, femme du dernier et fille d'Ethbaal, roi de Tyr, n'avait pas son égale sur la terre. C'est d'elle que Shakespeare semble s'être inspiré pour imaginer le personnage de Lady Macbeth, une femme qui, comme son prototype, était un mélange de tigresse et de démon, sans plus. Omri, Achab et Jézabel étaient les modèles que les Israélites suivaient du temps de ce prophète…


« Il y a peu de chapitres dans les prophètes, ou dans la Bible, qui aient plus de valeur et d'importance authentiques que celui-ci. La structure est aussi élégante qu'impressionnante ; et il est à tous égards dignede l'Esprit de Dieu. » (Adam Clarke, The Holy Bible… with a Commentary and Critical Notes, 4:725)

MICHÉE 7

Michée 7:1-6. Quelle est la signification des figures de style utilisées par Michée ?


Le prophète Michée utilise trois figures pour décrire l'état de perversité profonde dans lequel se trouvait Israël : (1) l'image d'un raisin solitaire sur la vigne (voir Michée 7:1) ; (2) un homme qui tend un piège à un autre (voir v. 2) et (3) la comparaison entre un homme méchant et une ronce ou un buisson d'épines (voir v. 4).


« Le prophète souligne ici le petit nombre de justes que l'on trouvera dans le pays. Lui-même semble être la seule personne à être du côté de Dieu, et il se considère comme un raisin solitaire qui a échappé à la récolte… et désire voir les figues nouvelles : une piété de haut niveau ; mais il ne trouvera qu'une piété très imparfaite ou fausse…


« Chacun tend un piège à son frère. Le texte hébreu dit : 'Chaque homme chasse son frère dans les rets'. Cela semble être une allusion au duel antique entre le rétiaire et le secutor. Le premier avait un filet qu'il s'efforçait de jeter par-dessus la tête de son antagoniste  afin de le liquider ensuite avec son glaive. L'autre parait le coup, et quand le rétiaire ratait, il était obligé de courir autour de l'arène pour avoir le temps de remettre son filet en place pour pouvoir le jeter à nouveau. Pendant qu'il courait, l'autre suivait, afin de le liquider avant qu'il ne soit à même de mettre à nouveau son filet en position, c'est pourquoi il était appelé secutor, le poursuivant, tout comme l'autre était appelé
le rétiaire ou l'homme au filet…


« Le meilleur d'entre eux est comme une ronce. Ils sont inutiles en eux-mêmes et on ne peut pas les toucher sans être blessé. Il fait allusion aux épais buissons d'épines encore fréquents en Palestine. » (Clarke, Commentary, 4:726)


Le Sauveur paraît avoir eu Michée 7:6 à l'esprit quand il dit les paroles rapportées dans Matthieu 10:35-36.


Michée 7:7-20. Qu'est-ce que Michée voit d'avance et qu'est-ce qu'il prophétise ?


Dans ces versets Michée prophétise qu'Israël sera un jour établi en qualité de peuple et annonce le jour où Israël aura appris à « regarder vers l'Éternel…  le Dieu de [son] salut » (Michée 7:7). Bien que ses ennemis l'aient emporté contre lui à cause de sa méchanceté, « l'Éternel est [sa] lumière ». Il plaidera sa cause et la mènera « à la lumière» (v. 8-9). Ses ennemis le verront aussi et seront honteux (voir verset 10). Les murailles de ses villes seront construites, et son peuple sera rassemblé de tous les coins de la terre (voir les v. 11-12). Il habitera de nouveau son pays comme dans le passé et craindra le Seigneur (v. 17), car il sera avec son peuple  à ce moment-là comme il le fut dans le passé (voir les v. 13-17).


Sperry voit en Michée 7:14-20 une prière :


« Après avoir promis le rétablissement d'Israël, Michée prie admirablement pour qu'elle s'accomplisse. La prière se distingue par l'élévation poétique de son style et la pertinence de sa demande. Comme beaucoup d'autres prières de l'Ancien Testament, elle est prophétique dans son esprit…


« Michée termine sur une doxologie. Il se réjouit de la perspective de l'avenir glorieux d'Israël et éclate en un chant de louanges et d'admiration sublime pour la bonté aimante, la fidélité et la compassion, ces attributs divins que Dieu manifestera pour le délivrer. » (Sperry, Message of the Twelve Prophets, p. 126)

 

 

NAHUM

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NAHUM 1

Nahum 1:1. Pourquoi Nahum prophétisa-t-il ?


« La date des activités de Nahum a dû être déduite de certaines déclarations faites dans la prophétie. Au chapitre 3:8-10, il est fait allusion à la destruction de la ville de No Amon, la Thèbes égyptienne, comme étant un fait déjà accompli. Nous savons que Thèbes fut prise par Assurbanipal, l'Assyrien, en 663 av. J-C. C'est pourquoi, la prophétie de Nahum a dû être écrite après cette date. Et comme la prophétie de Nahum traite de la destruction future de Ninive, nous savons qu'elle a dû être écrite avant 612 av. J-C,
date de sa chute. Nous pouvons par conséquent estimer que le ministère de Nahum se déroula probablement entre les années 663 et 612 av. J-C. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 353)


Nahum 1:1-14. Les prophéties de Nahum sont écrites en une poésie hébraïque superbe


« Nahum était un prophète. Quand il eut la vision de la fin de l'Assyrie, il déversa en un hébreu sans réserves et riche en images le soulagement ressenti par son peuple. À  bien des égards, sa poésie laisse éclaterla colère, soupire de soulagement et exprime l'espérance de tous ceux qui ont été opprimés quand les oppressions ont finalement cessé et que l'oppresseur n'existe plus. Mais Nahum était aussi prophète ; et il vit dans la chute de l'Assyrie un exemple de la main de Dieu moissonnant dans la justice et avec vengeance tous les ennemis du bien, tandis qu'il préserve avec miséricorde et patience ceux qui essaient de bien agir…


« Dans sa vision du renversement de cet empire cruel et puissant, dont les rois se vantent, dans leurs propres annales, des captifs qu'ils ont mutilés, des royaumes qu'ils ont assujettis et des trésors qu'ils ont confisqués, Nahum raconte comment la condamnation des puissants et des méchants est décrétée, méritée et accomplie. 


« Son livre commence par une acrostiche, avec une strophe pour chacune des quinze premières lettres de l'alphabet hébreu, avec deux altérations dans l'ordre. Les sept premières strophes mettent l'accent sur la puissance de Dieu sur la nature et sur ses ennemis ; mais la troisième s'interrompt pour parIer de sa bonté et de sa justice. La deuxième série de sept strophes met l'accent sur sa puissance sur tous ses ennemis et sur tout ce qui est mal, mais parle de nouveau, par contraste, dans la troisième des séries, de sa bonté et de sa miséricorde à l'égard de ceux qui se réfugient en lui. La quinzième et dernière strophe est un résumé et une transition vers le prochain sujet à traiter, le châtiment de Ninive.


« Dans le poème suivant (les versets 11-14), le prophète s'adresse alternativement à l'Assyrie et à Juda ; l'une sera punie et l'autre racheté. Il conclut par un verset d'espérance, à propos d'une époque paisible en des termes qui semblent annoncer l'âge messianique où toutesi les oppresons auront cessé. » (Ellis T. Rasmussen,  Nahum, a Poet-Prophet, Instructor, août 1962,encart entre les pages 270 et 271)


Nahum 1:2-10. La Seconde Venue


Nahom emploie des images habituellement associées à la seconde venue du Sauveur pour décrire la dévastation future de l'Assyrie. L'Assyrie serait brûlée aussi facilement que la paille sèche dans un champ. Voici encore un exemple du dualisme prophétique si courant dans l'Ancien Testament.


Nahum 1:11-13. « Celui qui méditait le mal » (v. 11)


Prophétisant toujours sur l'avenir de Juda, Nahum parle de quelqu'un « qui méditait le mal contre l'Éternel », dont le fardeau sur Juda, probablement un tribut annuel important (voir 2 Rois 17:14), devait être brisé. Sanchérib, roi d'Assyrie, avait envahi Juda avec une force de près de deux cent mille hommes. La prophétie prédisait qu'il ne tarderait pas à mourir et que la maison de ses dieux deviendrait son tombeau (voir Nahum 1:14). Tandis qu'il adorait au temple consacré au dieu Nisroc, ses deux fils, Adrammélec et Scharetser assassinèrent leur père comme Nahum l'avait prophétisé (voir 2 Rois 19:37).


NAHUM 2

Nahum 2:12-14. «
Voici, j'en veux à toi » (v. 13)


Dans ces versets, Nahum écrit un cantique de deuil provocateur pour la chute de Ninive. « Qu'est devenu ce repaire de lions, demande-t-il, ce pâturage des lionceaux, où se retiraient le lion, la lionne, le petit du lion… ? » (v. 11). C'est comme dire, où sont ces gens féroces qui jadis mirent en déconfiture et attaquèrent mon peuple ? «J'arracherai du pays ta proie, Et l'on n'entendra plus la voix de tes messagers » (v. 13).

NAHUM 3

Nahum 3:1-7. « Malheur à la ville sanguinaire » (v. 1)


Ces versets prononcent le pire des malheurs sur Ninive, « la ville sanguinaire » (v. 1). C'était une prostituée, elle était perverse à l'extrême, et ses châtiments étaient mérités, parce qu'elle était « habile enchanteresse, qui vendait les nations par ses prostitutions et les peuples par ses enchantements » (v. 4). En d'autres termes, non seulement elle se tournait elle-même vers la méchanceté mais exportait cette méchanceté vers beaucoup d'autres, grâce à sa puissance et à son influence.


Nahum 3:8-11. « Es-tu meilleure que No Amon ? » (v. 8)


Comme d'autres villes corrompues avaient trouvé la destruction, de même en serait-il de Ninive. Elle n'était pas mieux lotie que la ville égyptienne de No Amon (Thèbes), qui avait précédemment été détruite par Assurbanipal, roi d'Assyrie. De même, les alliés de Thèbes, l'Éthiopie ou la Lybie, n'avaient pas été capables de la protéger. Ninive, chercherait aussi de la force chez desalliés mais n'en trouverait pas.


Nahum 3:5-17 ; 18-19


« Le poème final (chapitre 3) s'ouvre sur un prélude sur les maux de la ville d'oppression, Ninive. Ses mensonges, ses viols et sa sorcellerie, sa prédation sur les milliers de tués, sa prostitution et son recours à la magie, et la séduction des nations, tout cela est raconté. À cause de tout cela, dit le prophète, elle deviendra détestable (versets 5-7). Comme toutes les autres villes puissantes mais méchantes, Ninive tombera (versets 8-11) ; toutes ses défenses seront inutiles quand ses chefs fuiront  comme des sauterelles (versets 12-17). Sa fin est venue ; il ne reste plus au prophète qu'à écrire l'épitaphe (versets 18-19).

« Le message de Nahum est toujours vrai : la décadence finit par la destruction. Bien que le Seigneur soit lent à la colère, il a aussi une grande puissance et n'acquitte en aucune façon les méchants. Sa miséricorde ne dépouille pas la justice, mais la justice ne dépouille pas non plus sa miséricorde. 'L'Éternel est bon, il est un abri au jour de la détresse ; il prend soin de ceux qui se réfugient auprès de lui'. » (
Rasmussen, Nahum, a Poet-Prophet, Instructor, août 1962, encart entre les pages 270 et 271).

 

 

HABACUC

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HABACUC 1

Habacuc 1:1. Qui était Habacuc et quand a-t-il exercé son ministère ?


Habacuc remplit très probablement son ministère après l'apparition des Chaldéens dans l'histoire du monde. Beaucoup de savants croient qu'il écrivit après la bataille de Karkemich dans laquelle Nebucadnetsar battit les Égyptiens en 605 av. J-C et avant la première déportation des Juifs en 597 av. J-C. D'après son écrit, on croit aussi qu'il vécut à Jérusalem (voir James Hastings, éditeur, A Dictionary of the Bible, sous la rubrique « Habakkuk ». Si tel est le cas, il était contemporain de Léhi et de Jérémie, prophétisant au même peuple.


On ne sait rien de l'homme à part ce que l'on peut déduire de cet écrit. Les informations à son sujet qui sont parvenues jusqu'à nous sont de toute évidence légendaires et on ne peut vraiment s'y fier. Ce que l'on sait, c'est que c'était un grand prophète qui a laissé « une des paroles les plus nobles et les plus pénétrantes qui soient dans le monde de la religion » (J. R. Dummelow, A Commentary on the Holy Bible, p. 587).


Habacuc 1:2-4. « Jusques à quand, Éternel, appellerai-je au secours sans que tu écoutes ? »


Habacuc, comme d'autres prophètes au cours des siècles, se demanda pourquoi le Seigneur ne répondait pas à ses prières. Il est certain que quiconque croit en Dieu s'est parfois senti abandonné. Joseph Smith et même Jésus ont connu au moins une fois dans leur vie  cette solitude (voir D&A 121:1-6; Matthieu 27-46).

« Les malheurs d'Habacuc se produisirent vraisemblement à l'époque de la dégénérescence de Juda, après que l'Assyrie eut conquis le nord, c'est-à-dire Israël, et avant que la Babylonie ne fût venue emmener la tribu restante, Juda, en captivité. Les réformes religieuses d'Ézéchias au cours de son siècle, et celles de Josias cent ans plus tard (vers 620 av. J-C) avaient mis un certain temps ceux qui étaient justes et droits à la tête de Juda. Mais comme toujours, la corruption dans la politique, les moeurs et la religion réapparut rapidement quand les champions du droit eurent disparu.


« Les compromis religieux, suscités par les désirs des libéraux et des libertins cherchant sans cesse à adoucir les restrictions et les responsabilités de la foi à laquelle Israël s'était engagé par alliance attiraient la dérision et les persécutions sur les 'pieux' et les 'fidèles'. C'est dans de telles conditions que Jérémie souffrit, et il est vraisemblable que ce fut là aussi le cadre dans lequel se déroula le ministère d'Habacuc.


« C'est ainsi qu'il élève la voix contre l'iniquité, les méfaits, les pillages, la violence, les luttes et les querelles existant de toutes parts, car le mécanisme de la justice et l'exécution de la loi semblent être retardés sans fin quand les justes sont entourés de toutes parts parles méchants. » (Ellis T. Rasmussen, Habakkuk, A Prophet with a Problem, Instructor, septembre 1962, encart entre les pages 306 et 307)


Habacuc 1:5-17. «  Je vais susciter les Chaldéens » (v. 6)


La lamentation d'Habacuc a été exprimée par beaucoup de justes : Pourquoi le Seigneur permet-il aux nations et aux hommes mauvais d'agir, et pourquoi leur est-il permis, dans certains cas, de punir le peuple de Dieu ? Habacuc ne parle pas des Babyloniens (Chaldéens) dans sa question (voir v. 1-4), mais il est évident, d'après la réponse du Seigneur, que c'est à eux qu'Habacuc pense. Le Seigneur répond qu'il a l'intention d'utiliser les Chaldéens dans ses justes desseins d'une telle manière qu'Habacuc aurait du mal à le croire (voir v. 5- 6). La réponse du Seigneur ne fait qu'augmenter la confusion d'Habacuc : comment Dieu peut-il admettre les cruautés d'une nation plus perverse
que Juda ? Les Chaldéens ne recevront-ils jamais le châtiment de leur méchanceté ? C'est la foi de Habacuc qui est mise à l'épreuve.

HABACUC 2

Habacuc 2. Que signifie « le juste vivra par sa foi » ? (v. 4)


Le Seigneur répond à la question d'Habacuc comme suit : « Le juste vivra par sa foi » (v.4). 


« Quoique quelque peu obscur, [Habacuc 2:4] est un des plus grands passages de l'Ancien Testament. Il signifie essentiellement ceci : il y a une distinction morale et spirituelle entre les Chaldéens et le peuple de Juda. Les Chaldéens, enflés d'orgueil et arrogants, se vantant de leur richesse et de leur puissance et faisant preuve de duperie dans leurs relations avec les autres nations, ne possèdent pas les éléments moraux et spirituels qui, seuls, peuvent assurer la permanence et la stabilité. Le peuple du Seigneur, d'autre part, doit posséder une intégrité morale, une fidélité et une perception spirituelle qui lui assureront un avenir. L'avenir appartient aux justes. Quand le prophète dit que 'le juste vivra par sa foi (plus exactement, par sa fidélité)', ilparle de permanence. » (Sperry, Voice of Israel's Prophets, p. 371-172)

HABACUC 3

Habacuc 3:4-20. Avoir confiance en Dieu


Le chapitre tout entier est de l'excellente poésie hébraïque, bien que la poésie ne ressorte pas bien dans la traduction française. Habacuc fait un certain nombre d'allusions à des événements de l'époque de Moïse et de Josué. Quiconque connaît bien ces événements bibliques reconnaîtra ceux auxquels il est fait allusion. La teneur de la prière d'Habacuc était qu'il souhaitait que l'Éternel revienne et soutienne Israël comme dans les temps anciens. C'est ce qu'il fera assurément dans les derniers jours. Par conséquent Habacuc place pleinement sa confiance dans le Seigneur.


« Après son expérience, Habaquq se sentit inspiré à exprimer un psaume de louanges à Dieu et de confiance en lui. Plein de respect devant la force et la gloire de Dieu, il décrit poétiquement la puissance de la Divinité par rapport à tous les aspects de la nature et parle de son pouvoir de vaincre tous ses ennemis. Puis, dans l'esprit également exprimé par Job qui dit : 'Même s'il voulait me tuer, je m'attendrais à lui',  Habacuc énonce en six vers les désastres qui pourraient s'abattre sur lui mais affirme puissamment dans ces cinq derniers vers :


« Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel,

Je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut.
L'Éternel, le Seigneur, est ma force ;

Il rend mes pieds semblables à ceux des biches,

Et il me fait marcher sur mes lieux élevés.


«C'est à cause de cette confiance en Dieu malgré les vicissitudes de la vie que le message d'Habacuc est aussi un excellent stimulant pour nous qui vivons aujourd'hui. » (
Rasmussen, Habakkuk, A Prophet with a Problem, Encart entre les pages 306 et 307)

 

 

SOPHONIE

I 01 I 02 I 03 I



SOPHONIE 1

Sophonie 1:1. Qui était Sophonie ?


Sophonie était un des prophètes envoyés par Dieu pour avertir Juda et l'encourager à se repentir. Son ministère met fin au silence de soixante-dix ans qui avait commencé avec la fin des ministères d'Ésaïe et de Michée. Il était contemporain du roi Josias et son ministère joua probablement un rôle important dans les mouvements de réforme de l'époque. En effet, Israël était à la croisée des chemins entre le péril et la sécurité. C'est pour cela que la description des jugements de Dieu sur les méchants et le triomphe final de son royaume, exposés par Sophonie, sont le message que Juda, vacillant, avait besoin d'entendre.


La brève généalogie qui se trouve au verset 1 fait remonter Sophonie à Ézéchias, mais les autres noms ne sont pas des personnages connus. Cet Ézéchias a dû être le roi, sinon, il était certainement un personnage éminent de l'époque. On ne sait rien de la vie de Sophonie.


Sophonie 1:1-9. S'agit-il d'une prophétie concernant l'avenir immédiat ou l'avenir lointain ?


Il y a un désaccord sur le point de savoir si Sophonie ne parlait que de la destruction de la Judée par l'ennemi qui approchait à ce moment-là ou s'il faisait une généralisation concernant le triomphe final de Dieu sur les méchants. Ce qui est certain, c'est qu'il affirmait le droit et le pouvoir de Dieu de juger la terre entière. Le but qu'il poursuivait en cataloguant toutes les diverses formes de vie était de souligner l'universalité du jugement. L'allusion aux méchants de l'humanité concentre l'attention sur le problème principal : le péché et ses conséquences inévitables (voir D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeurs, The New Bible Commentary, Revised, p. 776).


Il semble qu'on puisse conclure sans crainte que Sophonie s'attendait au désastre imminent de Juda et voyait, à l'avance, la destruction finale de tous les méchants (voir Ellis T. Rasmussen, Introduction to the Old Testament and Its Teachings, 2:73). Sophonie 1:7 indique que cette prophétie a un lien précis avec le « jour du Seigneur », toujours considéré par les prophètes comme étant la seconde venue de Jésus-Christ. S'il en est ainsi, cette prophétie concorde avec le dualisme courant dans le style des prophètes hébreux.


Sophonie 1:10-18. Le grand jour vient, le peuple récolte les jugements


Les images contenues dans ces versets peuvent être difficiles à comprendre, parce que Sophonie utilise des termes bien connus des auditeurs de son époque, mais qui sont étrangers au lecteur moderne. L'information suivante sera utile :


1. La « porte des Poissons » (v. 10) était à l'extrémité nord de la ville, et ceux qui étaient là seraient les premiers à voir arriver l'envahisseur venu du nord.


2. La porte des Poissons donnait sur un quartier de la ville appelé « l'autre quartier » (v. 10), probablement parce qu'il était une expansion de la cité originelle de David. Ce quartier serait le premier qui serait atteint à partir du nord.


3. « Macthesch » (v. 11) était le nom du quartier commerçant, qui se trouvait dans « l'autre quartier » ; de là l'allusion aux marchands : « les hommes chargés d'argent » (v. 11).


4. « Fouiller avec des lampes » (v. 12) implique une recherche approfondie, puisque dans les maisons mal éclairées de l'époque il fallait utiliser une lampe pour chercher un objet perdu la nuit.


5. « Reposent sur leurs lies » (v. 12), ce qui est une figure tirée de la fabrication du vin. La lie est le résidu épais de la pulpe des raisins. « Le bon vin, quand il reste longtemps sur sa lie, devient plus fort ; mais le mauvais vin devient plus aigre et plus épais » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:134). L'interprétation  du symbole est que les hommes méchants,comme le mauvais vin, restent apathiques à l'égard de la vraie religion et deviennent de plus en plus durs et violents.

SOPHONIE 2

Sophonie 2. Y a-t-il de l'espoir que certains échapperont à la colère quand viendra le jour du Seigneur ?


Selon Sophonie, Juda n'était pas la seule nation qui était mûre pour la destruction. Les peuples étrangers qui provoquaient Juda et se moquaient de lui étaient encore plus dignes d'annihilation. Chacun d'eux aurait sa part dans la condamnation imminente. Pourtant il y avait un certain espoir.


« Ceux qui voient le pire dans la nature humaine sont souvent les premiers à voir une lueur d'espoir. Après les sombres perspectives, que rien ne vient mitiger ni soulager, Sophonie envoie un rayon de lumière dans les ténèbres. Un reste pourra quand même être sauvé [voir v. 2-3]. Il ne voit aucun moyen d'échapper pour qui que ce soit si ce n'est les humbles, qu'il mentionne par contraste avec les orgueilleux qui ont provoqué la colère jalouse de Dieu. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 777)

SOPHONIE 3

Sophonie 3:1-7. Avertissement et promesse


Sophonie se tourne de nouveau vers Jérusalem avec, à la fois, un avertissement et une promesse. Il condamne de nombreux groupes dans la société de Juda, notamment les chefs politiques, les juges, les prophètes et les sacrificateurs. La corruption existait à tous les niveaux. Il souligne la justice et la droiture constantes du Seigneur, qui abaisse continuellement les hommes et les nations qui pratiquent la méchanceté. Toutefois il ne faut pas perdre toute espérance, parce qu'il y aura quand même un reste avec qui Dieu pourra travailler et réaliser ses justes desseins. En outre, il y a toujours la miséricorde illimitée de Dieu. Les justes de toutes les époques peuvent se consoler dans leur justice.


Sophonie 3:8-20. Message final de Sophonie


Le prophète conclut sur une note optimiste. Le jour viendra où le peuple de Dieu n'aura « plus de malheur à éprouver » (Sophonie 3:15). Ceux qui auront supporté le fardeau de la honte seront rassemblés de loin et deviendront « un sujet de renom et de louange » (v. 20) parmi les hommes.


« Sophonie vit notre époque et au-delà. Il en souffrit et s'en réjouit à la fois. Il souffrit en esprit à cause de la désolation et de la destruction qu'il vit, mais il put l'utiliser comme avertissement et comme menace envers son propre peuple. Dans la rédemption et les bénédictions finales d'Israël, il voyait un rayon d'espoir s'étendre vers Juda. Aucun prophète n'a écrit plus clairement ni plus vigoureusement concernant le jour du Seigneur. Sophonie doit être ajouté à la liste des prophètes qui nous avertissent sérieusement du désastre. » (Sidney B. Sperry, The Voice of Israel's Prophets, p. 388)

 

AGGÉE

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AGGÉE 1

Aggée 1:5-7.


« J'ai lu cette remarquable Écriture et continue à être frappé par la clarté avec laquelle le prophète de l'Ancien Testement décrit la situation d'aujourd'hui. Presque tous les jours il est question de gens qui investissent et retirent peu. Nous mangeons une nourriture si raffinée que tous les éléments nutritifs ont disparu. Nous connaissons la boisson qui ne peut jamais étancher la soif de ceux qui boivent, les gens qui s'habillent pour la mode plutôt que pour la chaleur, le confort et la pudeur ; le salaire élevé du salarié d'aujourd'hui qui ne satisfait ni ne comble ses besoins… N'est-ce pas le moment et n'est-ce pas l'heure de suivre l'exhortation du Seigneur : 'Considérez attentivement vos voies !' (Aggée 1:5, 7) ? » (L. Tom Perry, dans Conference Report, avril 1973, p. 14 ; ou Ensign, juillet 1973, p. 20)


Aggée 1:7-11. Les conséquences de la désobéissance


Aggée commanda aux Juifs de Jérusalem : « Considérez attentivement vos voies ! » (Aggée 1:7). Ils avaient refusé de s'acquitter de la tâche que le Seigneur leur avait donnée de reconstruire le temple. Il y avait eu, il est vrai, des circonstances difficiles, à cause de l'ingérence des Samaritains, mais le Seigneur ne leur donnerait pas la prospérité s'ils ne suivaient pas ses commandements (voir aussi D&A 82:10).


Aggée 1:9-11.


Le Seigneur établit un lien direct entre la pauvreté du peuple et la stérilité du pays, et leur négligence à suivre le commandement de reconstruire la maison du Seigneur.

AGGÉE 2

Aggée 2:3-9. «
La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première » (v. 9)


Quand les fondations du second temple furent posées, certains, qui avaient connu l'ancien temple, pleurèrent de joie à l'idée de pouvoir à nouveau recevoir des bénédictions qui avaient été accessibles dans le temple de Salomon (voir Esdras 3:12-13). Il fut manifeste, pendant la construction, que ce temple, construit dans la pauvreté, n'aurait pas la splendeur de l'ancien temple. Le Seigneur assura cependant le peuple que ce n'était pas la splendeur relative des deux bâtiments qui le préoccupait, mais leur obéissance à son commandement de lui construire une maison.


Aggée prophétisa un temple futur qui dépasserait celui de Salomon en gloire et en splendeur et serait l'endroit où le Seigneur donnerait la paix à son peuple (voir Aggée 2:9). Cette prophétie s'accomplira dans le temple du dernier jour promis qui sera un jour construit sur le même emplacement. Mais une paix durable ne sera apportée que lorsque le Seigneur aura ébranlé «  les cieux et la terre, la mer et le sec… [et] toutes les nations » (v. 6-7), lorsqu'il viendra dans sa gloire inaugurer le millénium. Alors sa maison sera effectivement remplie de gloire et la paix sera établie.


Aggée 2:10-19. Pourquoi Aggée soulève-t-il les questions concernant « la chair consacrée » (v. 12) et le fait de devenir « souillé par le contact d'un cadavre » (v. 13) ?


« La nation, dans son attitude à l'égard du Seigneur, ressemble, d'une part, à un homme qui porte de la chair consacrée dans le pan de son vêtement, et, d'autre part, à un homme qui est devenu impur en touchant un cadavre. 'Israël possède aussi un sanctuaire au milieu de son pays, à savoir, l'endroit que l'Éternel a choisi comme demeure et qu'il a gratifié de nombreuses merveilleuses promesses. Mais de  même qu'aucune sorte de nourriture, ni le pain, ni les légumes, ni le vin, ni l'huile, n'est sanctifiée par le fait qu'un homme la touche de son vêtement sanctifié, de même tout cela ne sera pas rendu saint du fait qu'il est implanté dans la terre du pays qui entoure et renferme le sanctuaire de l'Éternel... car Israël est totalement impur à cause de sa négligence à l'égard de la maison de l'Éternel, comme un homme qui est devenu impur en touchant un cadavre. Tout ce qu'Israël saisit, toutes les choses sur lesquelles il met la main, tout ce qu'il sème et cultive, est affecté dès le départ par la malédiction de l'impureté ; et par conséquent même les sacrifices qu'il offre là-bas sur l'autel de l'Éternel sont impurs'. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Od Testament, 10:2:204-5)


L'impureté était la raison pour laquelle le pays était si stérile (voir Aggée 2:15-17), mais quand les Juifs se seraient repentis et auraient commencé à travailler sur le temple (voir v. 18), le malédiction devait être levée, et le Seigneur promit sa bénédiction (voir v. 19).


Aggée 2:20-23. Pourquoi Zorobabel est-il comparé à « un sceau » ?


« La signification de cette expression figurée, faire de Zorobabel comme un sceau, est évidente, vu l'importance du sceau aux yeux de l'Oriental, qui a l'habitude de constamment porter son sceau sur lui et d'en prendre soin comme d'une possession très précieuse… Nous obtenons ainsi cette pensée pour notre passage actuel, à savoir que le jour où l'Éternel renverserait les royaumes des nations, il ferait de Zorobabel comme un sceau, qui est inséparable de son propriétaire ; c'est-à-dire qu'il lui donnerait un poste dans lequel il serait et resterait inséparablement lié à lui, l'Éternel, qu'il ne le rejetterait donc pas, mais prendrait soin de lui comme son bien précieux. » (Keil and Delitzsch, Commentary, 10:2-213-14)


La prophétie est manifestement de nature messianique, et Zorobabel, dans ces Écritures, symbolise le Christ. 


«Pour comprendre la signification de cette promesse, nous devons regarder le poste que Zorobabel occupait dans la communauté d'Israël à son retour d'exil. Car nous pouvons considérer dès le départ que la promesse ne s'appliquait pas à sa personne particulière mais plutôt au poste officiel qu'il détenait, étant donné que ce qui est prédit ici ne devait se produire qu'après le renversement du trône et de la puissance de tous les royaumes des païens, et par conséquent ne pouvait avoir lieu du temps de Zorobabel, puisque, bien qu'il faille s'attendre à la chute de tel ou tel royaume au cours d'une génération, on ne pouvait certainement pas espérer le renversement de tous les
royaumes et l'arrivée de tous les païens pour remplir le temple du Seigneur de leurs possessions (voir v. 7).


« Zorobabel était un gouverneur (perse) en Juda et avait certainement été choisi pour ce poste parce qu'il était prince de Juda [voir Esdras 1:8], et, en tant que fils de Schealthiel, était descendant de la famille de David [voir Aggée 1:1]. Par conséquent, la souveraineté de David, dans son état d'humiliation d'alors, sous la souveraineté
de la puissance impériale, était représentée et préservée dans sa domination comme prince et gouverneur de Juda, de sorte que l'accomplissement de la promesse divine que la postérité de David et son royaume se perpétueraient éternellement était alors associée à Zorobabel et dépendait de la préservation de sa famille.


« La promesse indique donc que quand l'Éternel renverserait les nations païennes, il conserverait et prendrait soin de la souveraineté de David en la personne de Zorobabel. Car l'Éternel avait choisi Zorobabel comme son serviteur. Par ces paroles, la promesse messianique faite à David était transférée à Zorobabel et à sa famille parmi les descendants de David et s'accomplirait en sa personne de la même manière que la promesse faite à David, que Dieu ferait de lui le plus haut placé des rois de la terre [voir Psaumes 89:27].


« L'accomplissement trouve son point culminant en Jésus-Christ, Fils de David et descendant de Zorobabel [voir Matthieu 1:12 ; Luc 3:27] en qui Zorobabel fut fait sceau de l'Éternel. Jésus-Christ a relevé le royaume de son père David et il n'y aura pas de fin à son royaume [voir Luc 1:32-33]. Même s'il est apparemment opprimé et profondément humilié pour le moment par la puissance des royaumes des nations, il ne sera jamais écrasé ni détruit mais mettra en pièces tous ces royaumes, et les détruira, et lui-même durera éternellement [voir Daniel 2:44 ; Hébreux 12:28 ; 1 Corinthiens 15:24]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:214-15)

 

 

ZACHARIE

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ZACHARIE 1

Zacharie 1:1. Qui était Zacharie ?


Zacharie était fils de Bérékia, qui était « fils d'Iddo » (v. 1). Iddo était un des « sacrificateurs lévites » qui accompagnèrent Zorobabel, fils de Schealthiel, lors du retour de l'exil à Babylone (voir Néhémie 12:1, 4, 7). Certains spécialistes de la Bible confondent Zacharie avec le Zacharie mentionné dans le Nouveau Testament (voir Matthieu 23:35 ; Luc 11:51). Joseph Smith a enseigné qu'il s'agissait de deux personnes différentes (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 210).


Zacharie 1:2-6. La parole du Seigneur s'accomplit-elle toujours ?


Zacharie dit au peuple qui était sorti de l'exil de Babylone qu'il était témoin de l'accomplissement de la parole que Dieu avait donnée à ses ancêtres par les prophètes (voir Marc 13:31 ; Luc 21:33). C. F. Keil et F. Delitzsch font dire à Zacharie : « Vos pères sont en effet morts depuis longtemps, et même les prophètes ne vivent ni ne peuvent vivre à jamais ; mais malgré cela, les paroles des anciens prophètes se sont accomplies  dans le cas des pères. Les paroles et les décrets de Dieu prononcés par les prophètes sont parvenus au Père, de sorte qu'ils ont été obligés de confesser que Dieu leur avait vraiment fait ce dont il les avait menacés, c'est-à-dire qu'il a fait exécuter le châtiment dont il les avait menacés. » (C. F. Keil et F. Delitzsch, Commentary on the Old Testament, 10:2:226). Zacharie supplia le peuple de ne pas résister aux paroles des prophètes comme ses ancêtres l'avaient fait.


Zacharie 1:8-17. Première vision de Zacharie


C'est la première des sept visions données à Zacharie.


« Ce qui a provoqué les visions est l'impatience grandissante des exilés après leur retour. Ils ne pouvaient voir aucun signe de la présence de Dieu, ni de son intérêt pour les travaux qu'ils faisaient et pour les difficultés qu'ils rencontraient. Aggée les avait assurés : 'Encore un peu de temps… et j'ébranlerai toutes les nations… et je remplirai de gloire cette maison » (Aggée 2:6-7). Mais le temps passait et il n'y avait aucun signe de cela. Le peuple commençait à perdre sa foi en Dieu. Les visions de Zacharie se produisaient donc au moment d'une crise extrêmement importante. Pour ses compatriotes, elles constituaient un panorama lumineux d'espérance, révélant la merveilleuse providence de Dieu et son amour pour son peuple. La première vision l'assure que Dieu connaît tous les détails de sa situation. Ses messagers sont toujours en alerte, apportant à leur Roi des nouvelles de toutes les parties de la terre. » (J. R. Dummelow, éditeur, A Commentary on the Holy Bible, p. 601)


Zacharie 1:8. Quelle est la signification ou le symbolisme des chevaux de différentes couleurs ?


« L'homme monté sur un cheval roux est probablement l'ange du Seigneur (cf. v. 11). Dans cette scène, qui se passe au fond de la vallée, il est le protecteur du peuple de Dieu. Les aspects de la Providence divine sont représentés par les couleurs des éclaireurs célestes. Le roux représente la bataille et l'effusion de sang (cf. Apocalypse 6:4), le blanc représente la victoire et la paix (cf. Apocalypse 6:2), le fauve, ce sont les séquelles de la confusion dans la période trouble succédant à la fin des hostilités (cf. Apocalypse 6:5-8). » (D. Guthrie et J. A. Motyer, éditeur, The New Bible Commentary, Revised, p.789)


Zacharie 1:9-11. Mission des cavaliers


« Les cavaliers envoyés par Dieu reviennent maintenant et font rapport que la terre n'est en aucune façon ébranlée ni en mouvement mais que le monde entier est tranquille et en repos. Nous ne devons en effet pas déduire de ce récit que les cavaliers furent tous envoyés dans le but simple et exclusif d'obtenir des informations concernant l'état de la terre et de les communiquer au Seigneur. Car il aurait été tout à fait superflu et sans signification d'envoyer une troupe entière, sur des chevaux de différentes couleurs, rien que dans ce but. Leur mission était plutôt de prendre une part active à l'agitation des nations, si celle-ci existait, et de l'amener au but désigné par Dieu, et ce de la manière indiquée par la couleur de leurs chevaux, c'est-à-dire selon [Apocalypse 6], ceux qui étaient sur les chevaux roux par la guerre et l'effusion de sang, ceux qui étaient sur les chevaux fauves par la famine, la peste et d'autres fléaux, et finalement ceux qui étaient sur les chevaux blancs par la victoire et la conquête du monde. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2-234)


Zacharie 1:12-17. Rétablissement de Jérusalem


Jérusalem resta en ruines pendant soixante-dix ans après la terrible destruction par les Babyloniens du temps du roi Sédécias, roi de Juda. Zacharie prophétisait maintenant une époque où le pays de Juda prospérerait de nouveau. Des villes couvriraient le pays, et Jérusalem serait reconstruite et ornée d'un temple. Le Seigneur accepterait encore son peuple et posséderait Jérusalem. Nous avons ici de nouveau une prophétie double. Jérusalem fut reconstruite sous Zorobabel, Esdras et Néhémie et redevint la capitale de la nation juive. Mais en 70 apr. J-C, Rome détruisit Jérusalem et les Juifs en tant que nation. Ce ne fut qu'en 1948, quand Israël redevint une nation indépendante, que Jérusalem redevint le siège du gouvernement juif. Le 13 décembre 1949, le gouvernement d'Israël annonçait que « Jérusalem était et resterait la capitale éternelle d'Israël » (Encyclopedia Judaica, 9:1486).


Zacharie 1:16. « Le cordeau sera étendu sur Jérusalem »


C'était une manière de dire que la ville serait mesurée et construite en conséquence (voir Jérémie 31:38-40).


Zacharie 1:18-19. Que sont les cornes ?


« La corne est un symbole de puissance [voir Amos 6:13]. Les cornes symbolisent par conséquent les puissances du monde qui se dressent avec hostilité contre Juda et lui font du mal… Les quatre cornes que l'on voit simultanément [peuvent] représenter des nations qui se succèdent. Cela apparaît encore plus clairement dans les visions [de Daniel 2 et 7], dans lesquelles non seulement la statue colossale vue en rêve par Nebucadnetsar [Daniel 2] mais aussi les quatre bêtes que Daniel vit monter simultanément de la mer, symbolisent les quatre empires qui se succédèrent. C'est à ces quatre empires que les quatre cornes de notre vision font allusion… Zacharie les voit dans tout le déploiement de leur puissance, dans laquelle ils ont opprimé et écrasé le peuple de Dieu… et pour laquelle ils seront eux-mêmes détruits. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:238-39)


On ne sait pas exactement quels sont les quatre empires dont il est question dans cette prophétie. Si la prophétie parlait des empires du passé qui avaient participé à la dispersion, il s'agirait de l'Assyrie, de la Babylonie, de la Perse et de la Médie. Mais si Zacharie avait les yeux également tourné vers l'avenir, comme Daniel, les quatre empires seraient l'Assyrie, la BabyIonie, la Grèce et Rome. La Perse et la Médie seraient omises, puisqu'elles étaient responsables du retour des exilés.


Zacharie 1:20-21. Quelle est la raison d'être des forgerons ?


Le Seigneur dit à Zacharie que les constructeurs étaient venus pour « effrayer » et « abattre » les quatre cornes.


« La vision ne montre pas quelles puissances Dieu utilisera à cette fin. Ce que le texte veut simplement faire, c'est montrer au peuple de Dieu que toutes les puissances hostiles  qui se sont élevées contre lui, ou s'élèveront contrelui, seront jugées et détruites par le Seigneur. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2241)


ZACHARIE 2


Zacharie 2:1-5. Pourquoi Jérusalem ne devait-elle pas être mesurée ?


« Jérusalem ressemblera un jour à un pays ouvert couvert de villes et de villages sans murailles ; elle ne sera plus une ville entourée de murailles; elle sera donc extraordinairement agrandie à cause de la foule des hommes et du bétail qu'elle aura en bénédiction [voir Ésaïe 49:19-20 ; EzéchieI 38:11]. De plus… à ce moment-là Jérusalem n'aura pas de murailles de protection pour l'entourer, parce qu'elle bénéficiera d'une protection supérieure. L'Éternel sera pour elle une muraille de feu tout autour, c'est-à-dire une défense de feu qui consumera quiconque s'aventure à l'attaquer [voir Ésaïe 4:5 ; Deutéronome 4:24]. L'Éternel sera aussi la gloire au milieu de Jérusalem, c'est-à-dire, remplira la ville de sa gloire [voir Ésaïe 60:19]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:245)


Ce n'est qu'à l'époque moderne que la ville de Jérusalem s'est étendue au-delà de ses murailles.


Zacharie 2:8. Que signifie l'expression « la prunelle de son oeil » ?


« La prunelle de l'oeil est une figure utilisée pour désigner le bien le plus précieux que l'on ait et, dans ce sens, est appliqué dès Deutéronome 32:10 à la nation d'Israël. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:248)

ZACHARIE 3

Zacharie 3. Qui était le souverain sacrificateur Josué ?


La plupart des savants s'accordent pour dire que le Josué dont il est question ici était le souverain sacrificateur de l'époque. Mais, suivant le procédé typiquement juif, il y a un dualisme dans ce chapitre. Josué (hébreu Jeschua, grec Hi-ai-sous, français Jésus, était un symbole du souverain sacrificateur Jésus-Christ (voir Hébreux 4:14). Le chapitre est par conséquent de nature messianique.


« Passant des promesses d'un avenir glorieux pour la ville et le peuple de Dieu, Zacharie se tourne vers le moyen d'y parvenir. Dieu suscitera un Médiateur sacerdotal parfait, dont Josué et ses collègues dans le sacerdoce sont le symbole. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 790)


Zacharie 3:2. En quoi Israël est-il « un tison arraché du feu » ?


« C'est peut-être là une expression proverbiale. Israël, en tant que nation, avait été sauvé de la fournaise de Babylone (voir Amos 4:11) pour devenir une torche destinée à éclairer les nations. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 791)


Zacharie 3:3-5. Quel est le symbolisme des « vêtements sales » (v. 3) ?


« Josué rencontre l'opposition de Satan [voir Zacharie 3:1]… non parce qu'il aurait commis des offenses personnelles, que ce soit dans sa vie privée ou domestique, mais dans ses fonctions officielles de souverain sacrificateur, et pour des péchés qui étaient liés à sa fonction, ou pour des offenses qui impliquent la nation [Lévitique 4:3] ; quoique pas en tant que porteur des péchés du peuple devant le Seigneur, mais comme chargé de ses péchés et de ceux de son peuple. Les vêtements sales qu'il porte l'indiquent [voir Zacharie 3:3]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:251)


Le vêtement sale représente le péché. Le changement de vêtements symbolise l'abandon des vieux et le fait de revêtir les nouveaux, qui seraient les vêtements de justice.


Zacharie 3:8-10. Qui est le germe ?


Voir le commentaire sur Ésaïe 11:1. Il s'agit d'une allusion messianique.

ZACHARIE 4

Zacharie 4:2. Que représente le chandelier ?


Le chandelier représente Juda revenu de l'exil à Babylone (voir Dummelow, Commentary, p. 603).


Zacharie 4:3, 11-14. Qui sont les deux oliviers ?


Les deux oliviers représentent Josué et Zorobabel (voir Bruce R. McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:510). Josué et Zorobabel peuvent être considérés comme des symboles messianiques « qui, hommes remplis de l'Esprit, confèrent des bénédictions de la part de Dieu à l'Église et à l'État et sont un symbole du Messie, prêtre et roi » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 791). Jean utilise la même image dans Apocalypse 11:4, de sorte qu'il se peut bien qu'elle ait un sens double.


Zacharie 4:7. Quelle est la signification de la montagne devant Zorobabel ?


La montagne représente les obstacles qui se trouvaient devant Zorobabel tandis qu'il essayait d'achever le temple. La montagne devint cependant une plaine, c'est-à-dire que les obstacles furent enlevés, et Zorobabel fut à même de terminer les travaux du temple (voir Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:270-72).


Zacharie 4:10. « Les yeux de l'Éternel »


La Traduction de Joseph Smith remplace le mot « yeux » par « serviteurs » (voir aussi Apocalypse 4:8 ; D&A 77:4).

ZACHARIE 5

Zacharie 5:1-4. Que signifie le « rouleau qui volait » ?


Le rouleau était un livre que Zacharie vit voler dans les airs.


« Le rouleau volant semble représenter les dispositions principales de la loi, tant morale que religieuse, et symbolise le principe divin de la sainteté. Le fait qu'il vole dans les cieux montre de quel côté le jugement vient et aussi la vitesse de son exécution. Deux péchés particuliers sont condamnés : un de chaque côté du rouleau, selon la force de l'hébreu. La malédiction tombe sur tous les voleurs et tous les parjures, le vol et le mensonge étant les péchés typiques d'une communauté pauvre (cf. 7:9-10 ; 8:17). Le châtiment est si pénétrant et si permanent qu'il entre et consume la structure même de la maison du malfaiteur, comme si le bâtiment était souillé par la lèpre (cf. Lv. 14:45. »  (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 792)


Zacharie 5 :6-11. La septième vision


Pour comprendre cette vision, il est nécessaire de comprendre plusieurs symboles :


Boisseau : Un vase rond, qui était une des plus grandes mesures de capacité chez les Juifs.


Masse de plomb : Une masse de plomb suggère un sujet très important.


Femme :  Symbole d'Israël et de ses péchés.


Schela : Un symbole de Babylone ou du monde (voir Genèse 10:10).


Dans sa vision, Zacharie voit la femme dans un boisseau,  couverte d'un disque de plomb et emportée àBabylone. Babylone était « considérée comme la contrepartie de Sion et le lieu même de tout ce qui est mal, surtout de péchés tels que la tricherie et le parjure. La vision est remarquable. Dieu non seulement pardonne les péchés de son peuple, mais les emporte totalement de leur pays, afin qu'ils ne le séduisent plus. » (Dummelow, Commentary, p. 604)

ZACHARIE 6

Zacharie 6:1-8. Quelle était la mission des quatre serviteurs ?


Dans la traduction de Joseph Smith de Zacharie 6:5, le mot « vents » est remplacé par « serviteurs ». Ce changement  important est essentiel pour la compréhension de ces versets. Les serviteurs du Seigneur sont des détenteurs de la prêtrise qui travaillent pour réaliser les desseins de Dieu.


Les serviteurs venaient d'entre deux montagnes (deux endroits où le Seigneur jugera les nations) qui étaient faites de bronze (symbole de fermeté ; voir Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:286-287). Les quatre serviteurs parcourent la terre sur des chars tirés par des chevaux de couleurs différentes (voir le commentaire sur Zacharie 1:8). Les chevaux noirs, les seuls qui ne sont pas précédemment mentionnés, semblent représenter la mort ou le deuil.


Jean le Révélateur parle aussi des quatre serviteurs, ou anges, qui se tiennent aux quatre coins de la terre (voir Apocalypse 7:1-3). Le 6 décembre 1832 le Sauveur  dit au prophète Joseph Smith que ses angescriaient vers lui jour et nuit pour avoir la permission de moissonner la terre et de brûler l'ivraie (voir D&A 86:4-7). Zacharie 6:7 dit que les anges ne pouvaient s'en aller sur la terre qu'après avoir reçu la permission du Seigneur.


« Dieu a retenu pendant de nombreuses années les anges de la destruction, pour qu'ils ne moissonnent pas le blé avec l'ivraie. Mais je tiens à vous dire maintenant que ces anges ont quitté les portes du ciel et qu'ils se tiennent maintenant au-dessus de ce peuple et de cette nation et planent au-dessus de la terre, attendant de déverser les jugements. Et ils seront déversés à partir de ce jour-même. Les calamités et les troubles augmentent sur la terre, et il y a une signification à cela. Souvenez-vous de cela et réfléchissez-y. Si vous faites votre devoir, et si je fais mon devoir, nous aurons la protection et passerons en paix et ensécurité au travers des afflictions. » (Wildford Woodruff, The Temple Workers' Excursion, Young Woman's Journal, août 1984, p. 512-513)


« Je voudrais maintenant faire quelques commentaires concernant la déclaration du président Woodruff et cette parabole [la parabole du blé et de l'ivraie dans D&A 86]. Le Seigneur a dit que ces anges seraient envoyés à la fin de la moisson, et la moisson est la fin du monde. Voilà qui devrait nous inciter à de très sérieuses réflexions. Et les anges plaident, comme je vous l'ai lu, devant le Seigneur pour être envoyés remplir leur mission. Jusqu'en 1893, le Seigneur leur a dit non, et puis il les a libérés. Selon la révélation du président Woodruff, le Seigneur les a envoyés remplir cette mission. Qu'en déduisons-nous ? Que nous sommes au moment de la fin. Nous sommes au moment de la moisson. Nous sommes au moment dont il est dit qu'ilest la fin du monde. » (Joseph Fielding Smith, The Signs of the Times, p. 11-21)


Zacharie 6:9-15. Un symbole messianique


« Un groupe de Juifs venaient d'arriver de Babylone. Zacharie reçut l'ordre de prendre une partie de l'argent et de l'or qu'ils ont apporté pour le temple et de faire des couronnes pour le souverain sacrificateur Josué. Ainsi il serait plus complètement un symbole de celui qui devait venir, qui est à la fois Sacrificateur et Roi pour son peuple. » (Dummelow, Commentary, p. 605)

ZACHARIE 7

Zacharie 7:1-14. La justice est plus importante que le rituel


Ce chapitre contient l'explication de la raison pour laquelle le Seigneur refusa d'entendre les prières de Juda et permit à Nebucadnetsar de disperser pendant un certain temps les Juifs de leur patrie. Il commence par la question de savoir si les Juifs qui sont revenus de Babylone doivent continuer à observer les fêtes et les jeûnes qu'ils avaient observés pendant qu'ils étaient en exil, en souvenir de l'incendie de érusalem et du temple par Nebucadnetsar.


« La réponse de Zacharie, qui doit toucher l'oreille de 'tout le peuple' (v. 5), a une importance particulière quand nous nous souvenons de son intérêt profond pour le peuple ; elle montre que, comme les premiers prophètes, c'est-à-dire les prophètes préexiliques… il se souciait infiniment plus de justice que de rituels. Leur jeûne, leur rappelle-t-il, comme ce qu'ils mangent et boivent, n'affecte Dieu en rien mais n'affecte qu'eux- mêmes. Ce qu'il exige, par l'intermédiaire de ses prophètes, c'est quelque chose de très différent, c'est le droit véritable (cf. Amos 24), la bienveillance (cf. Osée 6:6) et la compassion dans leurs rapports sociaux, et aussi une mentalité qui se refuse à exploiter les membres sans défense de la société ou d'entretenir des desseins méchants à leur égard (voir 9:11).


« Cette loi prophétique (v. 12), c'est-à-dire cette doctrine, quoique donnée par l'Esprit divin, ils l'avaient volontairement rejetée, ayant une épaule rebelle (v. 11) comme un animaI qui refuse de porter le joug, avec le résultat que l'Éternel fut indigné (v. 12), les dispersa parmi des nations étrangères (v. 14) et abandonna leur beau pays à la désolation (v. 14). » (Frederick Carl Eiselen, éditeur, The Abingdon Bible Commentary, p. 824)


Zacharie 7:5 ; 8:19. Quel était le but des fêtes ?


Tandis qu'ils étaient en captivité à Babylone, les Juifs célébraient quatre fêtes en souvenir d'événements qui se produisirent quand Babylone attaqua et détruisit  Jérusalem. Une de ces fêtes était célébrée le dixième mois, le mois au cours duquel les Babyloniens avaient mis le siège devant Jérusalem (voir Jérémie 39:1). Une deuxième fête, célébrée au cours du quatrième mois, commémorait la destruction de Jérusalem (voir Jérémie 39:2 ; 52:67). Une troisième fête, célébrée le cinquième mois, marquait la destruction du temple (voir Jérémie 52:12-14). Une quatrième fête était célébrée le septième mois pour commémorer l'assassinat de Guedalia, le roi fantoche mis à la tête de Juda par les Babyloniens après la destruction de Jérusalem (voir 2 Rois 25:25).


Zacharie rappela au peuple qu'il avait institué les jours de fête pour se souvenir des tragédies, mais il ne s'était pas une seule fois souvenu du Seigneur par des fêtes lorsqu'il était en captivité.

ZACHARIE 8

Zacharie 8:1-8. Quelle est la perspective de Zacharie ici ?


Regardant Jérusalem, telle qu'il la voyait pendant la période où le peuple de Dieu était dispersé sur la terre, Zacharie parla d'une ville en ruines, dénudée à la fois des très vieux et des très jeunes. La vision que le Seigneur lui donna lui permit de voir un jour futur où Jérusalem serait une « ville fidèle, et la montagne de l'Éternel des armées (le temple) montagne sainte » (v. 3). « Des vieillards et des femmes âgées s'assiéront encore dans les rues de Jérusalem » (v. 4) et « les rues de la ville seront remplies de jeunes garçons et de jeunes filles, jouant dans les rues » (v. 5).


« Comme Joël et les autres prophètes, Zacharie condamne vigoureusement les péchés d'Israël, néanmoins il annonce le retour en faveur auprès de Dieu comme récompense pour le repentir et l'obéissance à ses lois… C'était un optimiste qui aimait s'étendre sur ce qu'il y a de positif et de beau dans la vie, sans avoir peur de reconnaître et de faire connaître les maux qui avaient besoin d'être corrigés. Il aimait s'imaginer Jérusalem rendue à sa gloire de jadis, remplie de nombreuses familles aux enfants heureux et entourée de prospérité et de paix, la haine et l'égoïsme bannis et la sollicitude et l'amour tendre de Dieu guidant ses enfants…


« Trop souvent on a tendance à voir l'aspect sombre des messages des prophètes. Quand on fait un peu attention, on se rend compte que le beau côté l'emporte sur le côté sombre et révèle l'espérance d'un avenir où Dieu et la justice triompheront et où le monde se lèvera dans la justice comme il le veut. Zacharie était un prophète dont les visions de lumière l'emportaient sur beaucoup d'autres. » (Roy A. Welker, Spiritual Values of the Old Testament, p. 308-309)


Zacharie 8:11-17. Promesse à Juda


Le Seigneur promit de rassembler Juda (voir Zacharie 8:13) et de ramener le peuple au pays de Jérusalem. Les cieux ne seraient plus scellés et la terre assoiffée  deviendrait productive. De même que les châtimentspromis s'accomplirent pour leurs ancêtres, aussi sûrement les bénédictions promises s'accompliront (voir v. 14-15).
Toutefois le Seigneur exigera alors, comme toujours, que son peuple garde ses commandements et marche dans une justice continuelle (voir v. 16-17).


Zacharie 8:19. Voir le commentaire de Zacharie 7:5 ; 8:19.


Zacharie 8:20-23. Quand cette prophétie s'accomplira-t-elle ?


Un temps viendra dans l'histoire de la terre où l'oeuvre se répandra de ville en ville. Beaucoup de gens viendront vers la tribu de Juda pour obtenir d'elle la connaissance de ses bénédictions. Cette prophétie s'accomplira quand la tribu de Juda tournera le coeur vers le Dieu d'Israël, acceptera la responsabilité de la prêtrise et gardera les commandements. Alors la paix sera donnée à un pays troublé et au peuple. Il est très possible que le mot juif soit utilisé ici pour désigner un véritable Israélite et pas nécessairement un simple descendant de la tribu de Juda (voir Romains 2:28-29 ; 9:6 ; 2 Néphi 30:2).

ZACHARIE 9

Zacharie 9:1-8. Ennemis de Juda


Beaucoup de spécialistes de la Bible considèrent que ces versets s'accomplirent du temps d'Alexandre le Grand. Il est vrai qu'Alexandre le Grand détruisit, vers 332 av. J-C, ces villes avec son armée. Mais en examinant ces versets de plus près, leur signification dépasse une interprétation aussi limitée :


« Le prophète parle simplement de Damas et de Hamath en termes généraux, et ce n'est que dans le cas des villes phéniciennes et philistines qu'il décrit d'une manière spécifique comment elles allaient tomber de leur situation élevée, parce qu'elles étaient les plus proches du royaume d'Israël et représentaient la puissance du royaume du monde et son hostilité à l'égard du royaume de Dieu, partiellement dans le développement profane de leur puissance et partiellement dans leur hostilité à l'égard de la nation de l'alliance. La description est individualisée d'un bout à l'autre, utilisant des villes particulières pour illustrer des faits généraux.


« C'est ce qui ressort égaIement de l'annonce du salut pour Sion aux versets 8 à 10, où nous voyons que le renversement des nations hostiles à Israël a un lien intime avec l'établissement du royaume messianique ; et cela est également confirmé par la deuxième moitié de notre chapitre, ou la conquête de la puissance impériale par le peuple de Dieu est exprimée dans les victoires de Juda et d'Éphraïm sur les fils de Javan. Les différents peuples et villes cités par leurs noms ne sont introduits que comme représentants de la puissance impériale. C'est ce que montre la distinction que fait ce verset entre (le reste de) l'humanité et toutes les tribus d'Israël. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:325-26)


Zacharie 9:9. En quoi ce verset se rapporte-t-il spécialement à la vie de Jésus ?


Après avoir lancé une menace de jugement contre les nations mauvaises entourant Juda, Zacharie rédige un passage que Matthieu et Jean considèrent tous les deux comme accomplis par l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem monté sur un âne (voir Zacharie 9:9 ; Matthieu 21:1-11 et Jean 12:12-15).


Zacharie 9:11-12. Qui sont les captifs ?


« C'est à propos de ceux-ci que Zacharie prophétisa lorsque, dans le cadre d'une longue prophétie messianique, il parla des 'prisonniers pleins d'espérance' (Zacharie 9:12) ; c'est à propos de ceux-là qu'il donna l'assurance que 'l'Éternel, leur Dieu, les sauvera' (Zacharie 9:16). Il donne le message messianique en ces termes : 'À cause de ton alliance scellée par le sang' (Zacharie 9:11), c'est-à-dire à cause de l'alliance de l'Évangile qui est efficace à cause de l'effusion du sang du Christ, 'je retirerai tes captifs de la fosse où il n'y a pas d'eau' (Zacharie 9:11).


« 'Où il n'y a point d'eau' : voilà qui exprime d'une manière heureuse et succincte la pensée que l'eau salvatrice, qui est le baptême, est une ordonnance terrestre qui ne peut être accomplie par les êtres spirituels pendant qu'ils demeurent dans le monde des esprits. Paul n'a-t-il pas dit dans ce même ordre d'idées : 'Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiserpour eux ?' (1 Corinthiens 15:29). » (Bruce R. McConkie, The Promised Messiah, p. 241)


Zacharie 9:13-17. Juda et Éphraïm bénis


Il viendra un jour où Juda et Éphraïm seront un : tout Israël sera uni. Le Seigneur défendra son peuple, Israël, contre la Grèce (le monde). En ce jour-là, Israël deviendra comme une couronne de pierres précieuses et une bannière pour tous les peuples (voir lecommentaire sur Ésaïe 11:13-14).


ZACHARIE 10

Zacharie 10:1-12. Suivre le vrai berger


Jésus-Christ est le vrai berger des âmes des hommes (voir Jean 10:7-15). Il a la maîtrise des éléments de la nature et la puissance de sauver éternellement les hommes. Néanmoins il y en avait qui préféraient se fier aux faux bergers. Ils s'adressaient aux devins et aux idoles pour avoir de la pluie. Mais ceux qui font cela se trouveront sans véritable berger (voir v. 1-2). D'autre part, ceux qui suivent le Christ trouveront un Dieu qui se soucie de son peuple (voir v. 3), qui en fait son instrument pour exercer ses desseins sur la terre (voir v. 4-5) et qui remettra Juda et Éphraïm à la place qui leur revient devant le Seigneur (voir v. 6-12).


Zacharie 10:4. Quelle est la signification des symboles dans leur relation avec Juda ?


« 'De lui' est répété quatre fois dans ce verset. Juda fournira la pierre angulaire de la sécurité. Dans Ésaïe 28:16, c'est là une figure du roi davidique. Le clou était le clou maçonné dans un mur pour tenir les armes de guerre aussi bien que les ustensiles ménagers. C'est l'attribut d'une chose à laquelle on peut se fier (cf. Ésaïe 22:23). L'arc de guerre désigne le pouvoir efficace dans la direction (cf. Osée 1:5). 'Tous les chefs' (littéralement 'oppresseurs') : le mot est ordinairement employé dans un sens péjoratif, mais ici il est utilisé positivement. Son prince et chef n'opprimera pas par des impôts injustes ni n'imposera des fardeaux écrasants que les pauvres ne pourraient supporter mais exigera le tribut de leurs ennemis vaincus. Oesterly attribue les titres ci-dessus à Simon, Juda et Jonathan Maccabée [voir 1 Maccabée, dans les Apocryphes], mais chacun des quatre est indubitablement messianique. L'allusion finale est au Lion de la tribu de Juda par l'aide duquel son peuple vaincra tous les ennemis. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 796)


Zacharie 10:6-8


Les peuples de Juda et de Joseph seront rassemblés, et le peuple d’Éphraïm deviendra puissant. Le Seigneur « sifflera » ou appellera son peuple et le rassemblera.


Zacharie 10:10-11. Rassemblement d'Israël


« L'Égypte, comme nous l'avons déjà montré [dans Osée 9:3 ; voir aussi 8:13 ], est présentée dans tous les passages mentionnés simplement comme un symbole du pays de la servitude parce qu'elle a été le pays où Israël vécut dans les temps anciens sous l'oppression du monde païen. Et l'Assyrie est présentée de la même manière, comme le pays dans lequel les dix tribus avaient été ultérieurement exilées. Ce sens typiquement symbolique est donné par le verset 11, puisque la rédemption d'Israël hors des  pays cités y est montrée sous le symbole de la libérationd'Israël hors de l'esclavage d'Égypte sous la direction de Moïse… Les Éphraïmites doivent retourner au pays de Galaad et au Liban, le premier représentant le territoire des dix tribus dans les temps anciens à l'est du Jourdain, l'autre celui situé à l'ouest [voir Michée 7:14]. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:351-52)

ZACHARIE 11

Zacharie 11. Harmaguédon


Zacharie, chapitres 11, 12 et 13 traite de la bataille d'Harmaguédon et des horreurs qui l'accompagneront (voir Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 74, 324-325 ; Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:50). Ézéchiel parle aussi de cette bataille (Ezéchiel 38-39). Cette bataille aura lieu avant la seconde venue du Sauveur.
Zacharie 11 est une préface des chapitres 12 et 13 où Zacharie prophétise la bataille d'Harmaguédon.


Zacharie 11:1-3. Destruction du royaume politique de Juda

« Les cèdres et les cyprès du Liban et les chênes de Basan sont simplement des symboles représentant ce qui est élevé, glorieux et puissant dans le monde de la nature et de l'humanité et ne doivent désigner des personnes que pour ce qui concerne leur place élevée dans l'État. Par conséquent, l'idée de ces versets est la suivante : le pays d'Israël, avec tous ses personnagespuissants et glorieux, deviendra désolé. Or, étant donné que la désolation d'un pays implique aussi la désolation du peuple habitant dans le pays et de ses institutions, la destruction des cèdres, des cyprès, etc., implique la destruction de tout ce qui est haut et élevé dans la nation et le royaume ; de sorte que, dans ce sens, la dévastation du Liban est une représentation figurée de la destruction du royaume israélite ou la dissolution de l'existence politique de l'antique nation de l'alliance. Ce jugement fut exécuté sur le pays et le peuple d'Israël par la puissance impériale de Rome. Cette référence historique est évidente dans la description suivante des faits qui provoquèrent cette catastrophe. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:356-57)


Zacharie 11:4-14. « Pais les brebis destinées à la boucherie ! »


« Bien que les brebis soient finalement destinées à l'abattage, on ne les fait pas seulement paître dans ce but mais généralement pour donner du profit à leur propriétaire. De plus, les Écritures ne parlent jamais de paître dans le sens de préparer pour l'abattoir mais toujours dans le sens de soins affectueux pour préserver ; et dans le cas que nous étudions, le berger paît les brebis qui lui sont confiées en tuant les trois mauvais bergers ; et ce n'est que quand les brebis se sont lassées de ses soins qu'il brise les houlettes du berger et renonce à son office pastoral, pour les abandonner à l'abattage… Israël fut abandonné par l'Éternel entre les mains des nations du monde, ou des puissances impériales, pour le punir de son péché. Mais comme ces nations ont abusé du pouvoir qui leur était confié  et ont cherché à détruire totalement la nation de Dieu,  qu'elles auraient seulement dû châtier, le Seigneur prend son peuple en charge en sa qualité de berger, parce qu'il n'épargnera plus les nations du monde, c'est-à-dire ne veut plus qu'elles traitent son peuple selon leur plaisir sans être punies.


« Le fait qu'elles cessent d'être épargnées se manifeste dans le fait que Dieu fait en sorte que les nations se détruisent par des guerres civiles et soient mises en pièces par des rois tyranniques… Ceux-ci les mettent en pièces, c'est-à-dire dévastent la terre par la guerre civile et la tyrannie, sans intervention de la part de Dieu pour sauver les habitants de la terre, ou les nations en dehors des limites d'Israël, ou pour imposer un frein à la tyrannieet à l'autodestruction. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:358, 360-361)

Zacharie 11:11-13. Trente pièces d'argent


Le vrai berger, le seul qui pourrait sauver Israël des jugements imminents, serait vendu par son propre peuple pour trente pièces d'argent.


Zacharie 11:15-17. Le berger insensé


« Le chapitre annonce les afflictions terribles que les Juifs endureront après avoir rejeté le Messie et après la chute finale de leurs chefs suprêmes. Le fait que le gouverneur dont il est question, c'est Dieu qui le fit surgir, jette une lumière importante sur la souveraineté du gouvernement divin sur l'histoire. Il est là où il est par ordre divin (v. 16) et les actes scandaleux que son coeur mauvais lui enseigne à accomplir sont le jugement terrible du Seigneur sur un peuple qui a rejeté le vrai berger. » (Guthrie et Motyer, New Bible Commentary, p. 798)

ZACHARIE 12

Zacharie 12:2-3, 8-9


Une grande guerre aura lieu dans et autour de Jérusalem, mais le Seigneur interviendra et sauvera les habitants de Jérusalem de la destruction.


Zacharie 12:3. « Je ferai de Jérusalem une pierre pesante »


« Les nations qui entreprennent de s'emparer de Jérusalem et de la gouverner verront que la chose est difficile. » (Dummelow, Commentary, p. 610)


Zacharie 12:11. La vallée de Meguiddo.


« À une centaine de kilomètres à vol d'oiseau au nord de Jérusalem, se trouve la ville antique de Meguiddo (appelée maintenant Tell el-Mutesellim). Dans sa situation un peu au nord du centre de la Palestine, Meguiddo surplombe la grande plaine d'Esdraélon, une région d'environ trente-deux kilomètres sur vingt-trois, dans laquelle beaucoup de grandes batailles eurent lieu autrefois. Meguiddo est la vieille forme hébraïque d'Harmaguédon signifiant la montagne ou la colline de Meguiddo, ou la colline des batailles ; c'est 'la vallée de Meguiddo' mentionnée dans Zacharie (Zacharie 12:11). Au moment même de la seconde venue de notre Seigneur, 'toutes les nations' se rassembleront 'pour combattre Jérusalem' (Zacharie 11 à 14), et la bataille d'Harmaguédon (recouvrant manifestement la région tout entière depuis Jérusalem jusqu'à Meguiddo et peut-être davantage) sera en cours. » (Mc Conkie, Mormon Doctrine, p. 74)


Zacharie 12:11. « Le deuil d'Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddo »


« Au verset 11, la profondeur et la violence de la souffrance causée par l'exécution du Messie sont représentées en les comparant au deuil d'Hadadrimmon. Jérôme dit à ce propos: 'Hadadrimmon est une ville proche de Jérusalem, qui était anciennement appelée sous ce nom mais est maintenant appelée Maximianopolis, dans le champ de Meguiddo, ou le bon roi Josias fut blessé par le pharaon Neko'…


« Le deuil d'Hadadrimmon est par conséquent le deuil pour la calamité qui s'abattit sur Israël à Hadadrimmon à la mort du bon roi Josias, qui fut mortellement blessé dans la vallée de Meguiddo selon [2 Chroniques 35:22-24), de sorte qu'il rendit bientôt l'esprit. La mort de ce roi, le plus pieux de tous les rois de Juda, fut si amèrement regrettée par le peuple, et surtout par les membres justes de la nation, que non seulement le prophète Jérémie composa une élégie pour sa mort, mais d'autres chanteurs, hommes et femmes, se lamentèrent sur lui en des chants funèbres qui furent placés dans un recueil de chants élégiaques et conservés en Israël jusque longtemps après la captivité [2 Chroniques 35:25]. Zacharie compare la lamentation sur la mise à mort du Messie à ce grand deuil national. » (Keil et Delitzsch, Commentary, 10:2:390)


Zacharie 12:11-14. « En ce jour-là, le deuil sera grand à Jérusalem » (v. 11)


Il y aura, en ce jour-là, un grand deuil pour trois raisons au moins : (1) beaucoup de Juifs auront été tués par les armées assiégeantes ; (2) les familles seront dispersées et incapables d'entrer en contact les unes avec les autres ; (3) les Juifs sauvés se rendront compte que celui qu'ils ont longtemps rejeté et que leurs ancêtres ont persécuté et tué est véritablement le Messie qu'ils ont attendu si longtemps.


« Alors ils l'accepteront comme leur Rédempteur, ce qu'ils n'ont jamais été disposés à faire. Alors ce sera le moment, comme le dit ce passage de Zacharie, où toute famille sera dans le deuil, chacune de son côté : la maison de David, la maison de Nathan, les Juifs. Ils tomberont par terre, ils déchireront leurs vêtements et ils se lamenteront et pleureront, parce qu'ils n'ont pas été disposés à accepter le Fils de Dieu mais ont accepté les enseignements de leurs pères et ont rejeté leur Rédempteur et leur Messie. Alors ils se prosterneront à ses pieds et l'adoreront. Après ce jour-là viendra leur rédemption et la construction de Jérusalem. Ils retrouveront leur propre pays et 'ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier' [Michée 4:4], et ils apprendront à aimer le Seigneur et à garder ses commandements et à marcher dans la lumière, et il sera leur Dieu et ils seront son peuple, et cela est imminent. » (Joseph Fielding Smith, Signs of the Times, p. 171-172)

ZACHARIE 13

Zacharie 13. Autres aperçus d'Harmaguédon


Zacharie contemplait toujours la dernière grande bataille.


Zacharie 13:7. Qui est le berger qui sera frappé ?


Le berger d'Israël est Jésus-Christ. Les brebis sont celles qui connaissent sa voix, c'est-à-dire les membres de l'Église (voir James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 740-741).


« La désignation des disciples se produisit quand Jésus fut fait prisonnier et qu'ils s'enfuirent tous. Cette fuite fut le prélude de la dispersion du troupeau à la mort du berger. Mais le Seigneur tourna bientôt sa main vers les disciples. La promesse : 'Après que je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée' (Matthieu 26:32 ; Marc 14:28) montre le Seigneur tournant sa main vers les petits, qui montre que l'expression doit être comprise ici dans un sens positif et qu'elle commença à s'accomplir dans le rassemblement des disciples par le Sauveur ressuscité. Cet accomplissement n'épuise pas la signification des versets que nous examinons ici ; ils eurent un accomplissement beaucoup plus général dans la totalité de la nation d'Israël. » (Keil et Delitzsch, Commentary,10:2:399)


Zacharie 13:8-9. Zacharie dit que le tiers seulement d'Israël survivra à cette crise finale.


ZACHARIE 14

Zacharie 14:3. «
Il combattra ces nations »


Dans ce qui sera un des moments les plus noirs de l'histoire d'Israël, juste au moment où il semblera qu'ils sont sur le point d'être annihilés, la fureur du  Seigneur se déchaînera sur les royaumes du monde (voir ÉzéchieI 38:18) et le Seigneur « paraîtra, et il combattra ces nations » (Zacharie 14:3).


Zacharie 14:4-5. « La montagne des oliviers se fendra par le milieu » (v. 4)


Le mont des Oliviers sera divisé en deux, ouvrant un chemin pour permettre à la maison d'Israël de fuir. En fuyant par ce passage, les Juifs verront le Messie  venu les délivrer. Avec reconnaissance et joie, ils seprécipiteront aux pieds du Libérateur et découvriront les plaies de ses mains et de ses pieds. Ils se rendront tout à coup compte que leur Messie est le Messie qui est déjà venu vers eux, et la nation juive se convertira à son Dieu (voir aussi Zacharie 12:9-10 ; 13:6 ; D&A 45:47-53).


Zacharie 14:8-9. « des eaux vives sortiront de Jérusalem »


Des eaux vives sortiront du temple de Jérusalem et assainiront la Mer Morte et le désert de Judée (voir aussi Ézéchiel 47:1, 8-9).

Un tremblement de terre créera manifestement une immense source à Jérusalem qui formera un nouveau fleuve, coulant vers l'ouest jusqu'à la Méditerranée et vers l'est jusqu'à la mer Morte (voir aussi Joël 3:18 ; ÉzéchieI 47:1-5). À cause de ce fleuve, la mer Morte verra ses eaux assainies, c'est-à-dire qu'elle deviendra un lac dont les rives seront entourées de feuillages verdoyants et que les poissons foisonneront dans ses eaux (voir ÉzéchieI 37:6-12 ; Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 230).

« Des eaux vives » peut signifier littéralement de l’eau fraîche ou, symboliquement, la connaissance venue des cieux.


Zacharie 14:10. « Tout le pays deviendra comme la plaine »


La région environnant Jérusalem, qui est maintenant très montagneuse et très abrupte, sera nivelée et deviendra comme une plaine.


Zacharie 14:12. « La plaie dont l'Éternel frappera tous les peuples qui auront combattu contre Jérusalem »


Un fléau frappera l'armée, causant une maladie et une calamité terribles (voir aussi D&A 29:18-20).


Zacharie 14:13. « Ils lèveront la main les uns sur les autres »


Les armées de Gog se tourneront l'une contre l'autre, peut-être à cause de la panique et de la confusion produites par le grand tremblement de terre (voirÉzéchieI 38:21 ; Zacharie 14:13).


Zacharie 14:16-20.


Harmaguédon… prépare la voie pour l'inauguration du règne millénaire du Christ et l'ère de paix qui durera mille ans. L'humanité entrera dans une période remarquable de justice, de santé, d'instruction, de prospérité et de sécurité (voir aussi Ésaïe 65:17-25 ; D&A 84:98-102 ; 101:23-24 ;133:52-56).


Zacharie 14:16-19. Y aura-t-il des « nations » (des non Israélites) qui survivront à Harmaguédon ?


« Tandis que j'étais en conversation, au cours de la soirée, avec le juge Adams, je dis que le Christ et les saints ressuscités régneront sur la terre mais ne demeureront pas sur la terre. Ils la visiteront quand cela leur plara ou quand ce sera nécessaire pour la gouverner. Il y aura des hommes méchants sur la terre pendant les mille ans. Les  nations païennes qui ne veulent pas venir adorerseront détruites. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 216)


« Pendant le millenium, le Seigneur utilisera les forces de la nature pour tourner l'attention des gens vers la vérité. 'S'il y a des familles de la terre qui ne montent pas à Jérusalem Pour se prosterner devant le roi, l'Éternel des armées, Lla pluie ne tombera pas sur elles' (Zacharie 14:17). » (Mormon Doctrine, p. 499)


Zacharie 14:20-21. Pourquoi mettra-t-on sur les clochettes des chevaux « Sainteté à l'Éternel » ?


Dans cette splendide image, Zacharie enseigne que dans le millénium la paix et la justice régneront au point que tout (symbolisé par des détails minimes comme les ornements des chevaux et les marmites) sera saint et pur et « il n'y aura plus de marchands dans la maison de l'Éternel des armées » (v. 21).

 

 

MALACHIE

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MALACHIE 1

Malachie 1:1. Qui était Malachie et quand vivait-il ?


Comme c'est le cas pour tant de prophètes, on ne sait pas grand-chose de la vie de Malachie, si ce n'est ce que l'on peut apprendre dans son livre. Il vécut après les prophètes Aggée et Zacharie, et on croit qu'il était contemporain de Néhémie. Le livre fut probablement écrit environ quatre cents ans avant la naissance du Christ. Léhi et sa famille quittèrent Jérusalem en 600 av. J-C, près de deux cents ans avant l'époque de Malachie. 


Malachie 1:2-5. Le Seigneur a-t-il réellement « eu de la haine » (v. 3) pour Ésaü ?


Le mot haine en hébreu signifie un amour moindre que pour quelqu'un d'autre, et non pas le fait de détester avec une profonde hostilité (voir Genèse 29:31). Ésaü était le frère de Jacob, qui devint Israël, le père des douze tribus. Les spécialistes des Écritures savent que le Seigneur hait le péché plutôt que le pécheur, mais quand les hommes se liguent contre le Seigneur comme Ésaü et ses descendants, les Édomites, l'avaient fait pendant des siècles, le Seigneur retire ses bénédictions. Dans ce sens, Jacob fut aimé et Ésaü haï.


Les descendants d'Ésaü rejetèrent si totalement le Seigneur, qu'ils finirent par symboliser pour les prophètes la méchanceté de l'humanité en général (voir D&A 1:36 ; voir aussi le commentaire sur Ésaïe 34:1-10). Avant le temps de Malachie, on les appelait Édomites ou Iduméens, et le lieu où ils habitaient était appelé Édom.


Jacob était le symbole d'Israël ou du peuple élu tandis qu'Ésaü (Édom) symbolisait le monde. Cela donne un sens beaucoup plus large à la déclaration du Seigneur.


Malachie 1:6-14. De quels péchés Juda se rendit-il également coupable dans l'Antiquité et pourquoi ?


Édom n'était pas seul dans sa méchanceté. Le peuple de Juda, et particulièrement les Lévites vivant en son sein, étaient également souillés et corrompus. En tant que fils spirituels et serviteurs du Seigneur (voir v. 6), leurs offrandes à Dieu étaient devenues viles et sans valeur. Étant donné que les sacrifices qu'ils faisaient pour le peuple symbolisaient le sacrifice et l'expiation à venir du Fils de Dieu, le seul sacrifice acceptable était celui qui était immaculé.


Les prêtres et les Lévites du temps de Malachie se moquaient de Dieu en offrant au Seigneur des sacrifices constitués par des animaux malades, aveugles et boiteux et en les qualifiant d'acceptables (v. 8). Ils n'avaient aucun respect pour ce qu'ils faisaient. Le Seigneur leur dit : « Je ne prends aucun plaisir en vous… et les offrandes de votre main ne me sont point agréables » (v. 10). Ils étaient égoïstes et profanes, et pas un seul d'entre eux ne voulait allumer un feu sur le foyer de l'autel s'il n'était payé pour le faire. Le Seigneur avait été insulté. La table sur laquelle l'offrande était faite était souillée. L'offrande elle-même était « méprisable » (v. 12). Un tel comportement, promit Malachie, aurait pour résultat la malédiction plutôt que les bénédictions.


« L'expiation devait être un sacrifice par procuration, volontaire et inspiré par l'amour chez le Sauveur, universelle dans  son application à l'humanité dans la mesure où les hommes accepteront le moyen de délivrance ainsi placéeà leur portée. Seul quelqu'un qui était sans péché pouvait être éligible pour une mission pareille. Même les victimes de l'autel de l'ancien Israël offertes comme propitialion provisoire pour les offenses du peuple sous la loi de Moïse devaient être pures et exemptes de défauts ou de taches ; sinon elles étaient inacceptables, et essayer de les offrir constituait un sacrilège. » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 25)


On trouve les conditions requises pour un sacrifice en vertu de la loi de Moïse dans Lévitique 22:18-22 ; Deutéronome 15:21 ; 17:1.

MALACHIE 2

Malachie 2:5-7. Comment devrait être un détenteur de la prêtrise


Le détenteur fidèle de la prêtrise est un adorateur sincère. Il agit comme s'il était en la présence du Seigneur quand il est en mission pour lui. Il est honnête dans toutes ses relations avec les autres, et son discours est digne et approprié. Il marche avec le Seigneur avec confiance et assurance et est à l'aise dans son rôle, qui est de faire du bien aux autres et de les  conduire vers un meilleur mode de vie. Il étudie les Écritures et sait enseigner les paroles de vie aux autres.  « Il est un envoyé [instructeur, instrument, représentant] de l'Éternel des armées » (v. 7).


Malachie 2:8-10. La colère du Seigneur à l'égard des détenteurs infidèles de la prêtrise


Toutes les promesses que le Seigneur fait aux hommes sont conditionnelles. Comment la prêtrise de l'époque de Malachie pouvait-elle jouir de l'Esprit et rencontrer du succès dans ses efforts, si elle n'était digne ? Dans ces versets, le Seigneur rappelle aux sacrificateurs et aux Lévites que ses représentants étaient des hommes qui marchaient autrefois avec lui dans la paix et l'équité et en détournaient beaucoup de l'iniquité (voir v. 6). Il énumère ensuite les péchés de Juda et de ses détenteurs de la prêtrise. Ces derniers, par exemple, avaient « fait de la loi une occasion de chute pour plusieurs » (v. 8), en rendant des jugements injustes et immoraux, les conduisant ainsi à la destruction spirituelle et à la ruine. Comparée aux instructions données aux Lévites dans Deutéronome 33:8-11, pareille conduite est bien en dessous du niveau attendu par Dieu.


Pour cette raison, ils étaient méprisables pour le peuple plutôt qu'aimés de lui comme le Seigneur le voulait (voir v. 8-9). Tous les hommes sont frères, enfants du même Dieu. Quand un homme maltraite son frère, il offense son Dieu aussi.


Malachie 2:11-17. De quels péchés précis Juda lui-même était-il coupable ?


Comme les sacrificateurs ne jugeaient ni ne dirigeaient en justice, Juda était, une fois de plus, tombé dans de graves péchés. Il « a profané ce qui est consacré à l'Éternel, ce qu'aime l'Éternel ; il s'est uni à la fille d'un dieu étranger » (v. 11), ce qui veut dire que Juda avait contracté une alliance temporelle ou spirituelle avec une nation qui ne considérait pas l'Éternel comme le Seigneur du ciel.


Un des péchés les plus graves commis jadis par le peuple du Seigneur était l'infidélité aux engagements du mariage. Certains Hébreux, lassés de leurs femmes, mères de leurs enfants, recherchaient la compagnie de femmes plus jeunes. Les épouses se rendaient au temple et en appelaient à Dieu à l'autel. En étant ainsi infidèles à leurs engagements dans le mariage, dit le Seigneur, les hommes avaient trahi (voir v. 13-14). Le Seigneur était en colère contre ces hommes, parce qu'ils ne restaient pas fidèles à leurs femmes, mais il exprima aussi sa colère à l'égard des sacrificateurs, parce qu'ils connaissaient le problème et ne faisaient pas justice. Il dit aux hommes de sonder leurs sentiments les plus intimes à l'égard des femmes qu'ils avaient aimées dans leur jeunesse, qui avaient porté leurs enfants et qui les avaient aimés et servis, et de ne pas les répudier (v. 15). « Car je hais la répudiation, dit l'Éternel » (v. 16). Il a horreur de tels actes et de ceux qui les commettent.

MALACHIE 3


Malachie 3:1. Qui est le messager envoyé préparer le chemin de l'Éternel et qui est le Messager de l'Alliance ?


Un des messagers envoyés préparer le chemin du Seigneur à sa première venue fut Jean-Baptiste. La mission de Jean se fit dans l'esprit et le pouvoir de la prêtrise d'Élias (voir Luc 1:17). Élias est un nom qui désigne un précurseur, quelqu'un qui va devant ou prépare le chemin pour quelqu'un ou quelque chose de plus grand. Dans ce sens, la prêtrise d'Aaron est la prêtrise d'Élias, parce qu'elle prépare et qualifie les personnes pour de plus grandes bénédictions.


« L'esprit d'Élias est de préparer la voie à une révélation plus grande de Dieu qui est la prêtrise d'Élias ou la prêtrise à laquelle Aaron fut ordonné. Et quand Dieu envoie dans le monde, en préparation d'une oeuvre plus grande, un homme détenant les clefs et le pouvoir d'Élias, on appelle cela la doctrine d'É lias, et cela même dès lespremiers temps du monde. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 272)


Au midi des temps, Jean prépara le chemin pour que le Messager de l'Alliance lui-même vienne apporter les bénédictions supérieures (voir Matthieu 3:1-3, 11-12). Celui qui était plus puissant que Jean et le suivait pour  aptiser de feu et du Saint-Esprit était Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Il est appelé le Messager de l'Alliance parce qu'il révèle l'Évangile du salut aux hommes.


« Notre Seigneur est le Messager de l'Alliance (voir Malachie 3:1). Il vint au nom de son Père (voir Jean 5:43), porteur du message de son Père (voir Jean 7:16-17), pour accomplir l'alliance du Père qu'un Rédempteur et Sauveur serait donné aux hommes (voir Moïse 4:1-3 ; Abraham 3:27-28). En outre, par son ministère, les termes de l'alliance éternelle du salut entrèrent en vigueur ; le message qu'il enseigna était que le salut était donné par l'intermédiaire del'alliance évangélique. » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 488)


Quand il reviendra sur la terre, il fera plus d'une apparition avant de venir dans les nuées du ciel pour que toute chair le voie simultanémént (voir D&A 88:93 ; 101:23). Une de ces apparitions au moins sera une visite soudaine à son temple, encore à construire, dans le comté de Jackson, au Missouri.


« Malachie écrivit la promesse, à propos d'événements des derniers jours, que '
soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez' (Malachie 3:1). Assurément le Tout-Puissant n'est pas limité dans le nombre d'apparitions et de retours sur la terre nécessaires pour accomplir les Écritures, inaugurer la dispensation finale [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] et consommer cette grande oeuvre des derniers jours.


« Cette apparition soudaine des derniers jours dans le temple ne fait pas allusion à son apparition lors du jour grand et redoutable, car cette venue aura lieu quand il mettra le pied sur le mont des Oliviers au milieu de la grande guerre finale. L'apparition au temple s'est accomplie, du moins en partie, lors de son retour, le 3 avril 1836, au temple de Kirtland. Et il se pourrait bien qu'il revienne soudainement dans d'autres de ses temples, plus particulièrement dans celui qui sera construit dans le comté de Jackson, au Missouri.


« Dans cet ordre d'idées, il vaut d'être noté que lorsque et là où le Seigneur apparaîtra, il viendra soudainement, c'est-à-dire 'rapidement à l'heure où vous n'y penserez point' (D&A 51:20). Son avertissement souvent répété : 'Voici, je viens rapidement'  (D&A 35:27), signifieque quand l'heure désignée arrivera, il viendra avec une vitesse et une soudaineté qui ne laisseront pas de temps supplémentaire pour se préparer pour cegrand jour. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 693-694)


Malachie 3:2. « Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? »


Le retour en gloire du Seigneur sur la terre sera un jour grand et redoutable. Grand pour les justes et redoutable pour les méchants. Comme Jean-Baptiste l'a dit aux Juifs, le Seigneur amassera le blé (les justes), et brûlera la paille (les méchants) « dans un feu qui ne s'éteint point » (Matthieu 3:12). Les seuls qui survivront seront ceux qui auront gardé leurs alliances avec le Seigneur ou qui seront dignes au moins de la gloire paradisiaque, de la gloire terrestre. Toute méchanceté sera détruite sur la terre.


« Quand le  Christ viendra pour la deuxième fois, ce sera dans les nuées du ciel, et ce sera le jour de la vengeance contre les impies, où ceux qui auront aimé le mal et se seront rendus coupables de transgressions et de rébellion contre les lois de Dieu seront détruits. Pendant tout le ministère du Christ, la méchanceté régna et parut l'emporter, mais [le jour où il] viendra dans les nuées de gloire, comme il est déclaré dans ce message de Malachie au monde, [jour] qui, selon Moroni, [est] proche, alors le Christ apparaîtra pour épurer et purifier tant les hommes que les animaux et tout ce qui appartient à cette terre, car la terre elle-même subira un changement et recevra son ancienne gloire paradisiaque.» (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 3:20-21)


Malachie 3:3-6. Qu'est-ce que les offrandes que les fils de Lévi présenteront avec justice (v. 3) ?


Il y a plus d'une signification aux « offrandes avec justice » que présenteront les fils de Lévi à ou vers la seconde venue du Seigneur. 


« On pense en général que le sacrifice fut entièrement aboli lorsque fut fait le grand sacrifice [c'est-à-dire le sacrifice du Seigneur Jésus], et qu'à l'avenir l'ordonnance du sacrifice ne sera plus nécessaire ; mais ceux qui affirment ceci ne connaissent certainement pas les devoirs, les droits sacrés et l'autorité de la prêtrise, ou les prophètes.


« L'offrande de sacrifices a toujours été liée la prêtrise et constitue une partie des devoirs de celle-ci. Elle a commencé avec la prêtrise et continuera jusqu'après la  venue du Christ, de génération en génération. On nous dit souvent que les serviteurs du Très-Haut faisaient des sacrifices dans les temps anciens, avant la loi de Moïse, ordonnances qui continueront lorsque la prêtrise sera rétablie avec toute son autorité, tout son pouvoir et toutes ses bénédictions…


« Ces sacrifices, ainsi que toutes les ordonnances appartenant à la prêtrise seront entièrement rétablies lorsque le temple du Seigneur sera construit et les fils de Lévi purifiés, et ils seront administrés avec tous leurs pouvoirs, ramifications et bénédictions. Ceci a toujours existé et existera toujours quand les pouvoirs de la prêtrise de Melchisédek se manifestent suffisamment ; sinon comment le rétablissement de toutes choses dont ont parlé tous les saints prophètes pourrait-il se réaliser ? Il ne faut pas entendre par là que la loi de Moïse sera rétablie avec tous ses rites et toute la diversité de ses cérémonies. Cela, les prophètes ne l'ont jamais dit ; mais les choses qui existaient avant le temps de Moïse, à savoir le sacrifice, continueront. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 137-138)


Malachie 3:7-9. « Un homme trompe-t-il Dieu ? » (v. 8)


Ici, le Seigneur, par l'intermédiaire de Malachie, engage Juda dans une série de questions et réponses. Il dit qu'ils se sont écartés de cette prescription, et il les invite à revenir. « En quoi devons-nous revenir ? » (v. 7) demandent-ils. Il répond qu'ils l'ont trompé, lui, Dieu. De nouveau ils demandent : « En quoi t'avons-nous trompé ? » (v. 8). À quoi il répond : « Dans les dîmes et les offrandes » (v. 8). C'est pourquoi, dit-il, « Vous êtes frappés par la malédiction » (v. 9).


« Le Seigneur a demandé non seulement que nous donnions de nous-mêmes et donnions nos services, il nous a aussi demandé de donner de nos moyens et de nos biens… On nous demande de faire don de notre dîme et de nos offrandes, et pas seulement pour édifier l'Église, car avant qu'il n'y ait une organisation de l'Église, Dieu introduisit le principe du sacrifice, afin de mettre à l'épreuve ses serviteurs et ses enfants, afin qu'ils apportent le meilleur de leurs terres et de leurs troupeaux ; et, parce que l'Église n'avait pas besoin de cela, et qu'il n'y avait pas de pauvres à nourrir, on brûlait cela sur l'autel du sacrifice ; mais le don sanctifiait l'âme de ceux qui donnaient…


« Le prophète Malachie a déclaré que, dans les derniers jours, le Seigneur enverrait son messager préparer le chemin devant lui, et il invita Israël, et, selon mon interprétation, cela signifie l'Israël des derniers jours, à revenir à lui et promit qu'il reviendrait vers eux, et ils dirent : 'En quoi devons-nous revenir ?' et il dit : 'Dans les dîmes et les offrande'… vous me trompez, la nation tout entière ! Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu'il y ait de la nourriture dans ma maison'…


« Nous avons besoin de la dîme des saints pour que le royaume aille de l'avant, car il sera édifié aussi vite que la foi des saints peut l'édifier, et il est retardéquand il y a un manque de foi. » (LeGrand Richards, dans Conference Report, avril 1939, p. 44-45)


Malachie 3:10-12. Les bénédictions du paiement de la dîme


Le Seigneur a promis à l'Israël ancien et moderne  : « vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répands pas sur vous la bénédiction en abondance » (v. 10). Toutes les choses matérielles aussi bien que spirituelles lui appartiennent, et c'est lui qui les donne selon qu'il le juge bon. Dans ces bénédictions du ciel, il y a les révélations qu'il nous donne dans notre vie personnelle. Toutes les bénédictions sont, bien entendu, conditionnelles (voir D&A 82:10 ; 130:21 ; 132:5). Il désire bénir abondamment ses enfants fidèles (voir 1 Corinthiens 2:9).


Par « celui qui dévore » (v. 11), le Seigneur a pu vouloir dire les sauterelles et les autres insectes nuisibles à l'agriculture, mais il a sans doute aussi voulu dire l'adversaire. Il a promis que les fruits du sol et de la vigne ne paraîtront pas avant leur temps, car alors ils n'auraient pas grande valeur. Ce que l'Écriture implique, c'est que toute l'oeuvre de la main des hommes recevrait sa bénédiction et paraîtrait et porterait ses fruits en sa saison.


Grâce aux bénédictions qui seront données aux fidèles, le monde qui les entoure les reconnaîtra à la fois individuellement et comme peuple.


Malachie 3:13-15. Sert-on le Seigneur en vain ?


Une des nombreuses vérités concernant les relations par alliance est que les deux parties doivent respecter leurs promesses, afin que l'alliance reste valable. Parfois quand des hommes sans foi perdent les bénédictions promises, ils le reprochent au Seigneur (voir D&A 58:29-33). C'est insensé. Le Seigneur est Dieu ; il n'enfreint jamais une promesse (voir D&A 82:10).


La difficulté, comme la décrit Malachie, est que ceux qui critiquent le Seigneur ont déformé la vérité : ils mettent en doute l'avantage qui découle de l'observance des ordonnances du Seigneur et prétendent que « c'est en vain que l'on sert Dieu » (v. 14). Ils voient de l'injustice dans le fait que les méchants prospèrent et que ceux qui accomplissent le mal sont élevés, et ils reprochent au Seigneur de permettre que de telles choses existent. Leurs critiques à l'égard du Seigneur sont donc rudes (voir v. 13). 


« Il y a quelque temps une soeur m'a dit : 'Comment se fait-il, frère Kimball, que ceux qui font le moins pour l'édification du royaume semblent être les plus prospères  ? Nous roulons en Ford, nos voisins roulent en Cadillac. Nous respectons le sabbat et assistons ànos réunions  ; eux jouent au golf, vont à la chasse, à la pêche et jouent. Nous nous abstenons de ce qui est interdit, alors qu'ils mangent, boivent et se réjouissent et ne se refusent rien. Nous payons la dîme et faisons d'autres dons à l'Église ; ils ont intégralement leurs gros revenus à dépenser pour eux-mêmes. Nous sommes coincés à la maison par nos nombreux enfants qui sont souvent malades ; ils sont totalement libres pour sortir, pour les dîners et les bals. Nous portons des vêtements de coton et de laine, et je porte le même manteau pour toutes les saisons, mais eux portent de la soie et des vêtements somptueux, et elle porte un manteau de vison. Nos maigres revenus sont toujours un peu trop courts et ne semblent jamais suffire à ce qui est nécessaire, tandis que leur richesse semble suffisante pour leur permttre n'importe quel luxe. Et cependant le Seigneur promet des bénédictions aux fidèles ! Il me semble que ce n'est pas payant de vivre l'Évangile, que les orgueilleux et ceux qui rompent l'alliance sont ceux qui prospèrent'.


« Alors je lui dis : 'C'est une vieille question que la vôtre. Job et Jérémie se sont plaints comme vous'. Et je lui citai la réponse du Seigneur donnée par l'intermédiaire de Malachie [Malachie 3:19-20].


« Alors je dis à cette soeur découragée : 'Mais il y a beaucoup de récompenses pour lesquelles vous n'avez pas besoin d'attendre le jour du jugement. Vous avez beaucoup de bénédictions aujourd'hui. Vous avez tous vos gentils enfants qui sont des enfants justes. Quelle merveilleuse récompense en échange de ce qu'on appelle les sacrifices ! Les bénédictions que vous avez, on ne peut pas les acheter avec toute la richesse de votre voisin'. » (Faith Preceedes the Miracle, p. 121-122)


Malachie 3:16-18. Qu'est-ce que le « livre de souvenir » ?


Ceux qui se consacrent au Seigneur méritent la bénédiction de voir leur nom inscrit dans le livre de vie de l'Agneau. Ce « livre de souvenir » sacré (v. 16) est tenu dans les cieux et contient le nom des fils et filles fidèles de notre Père céleste, ou, en d'autres termes, de ceux qui sont ses joyaux précieux (voir D&A 128:6-7 ; Psaumes 69:28 ; Apocalypse 3:5 ; 21:27). Ce sont ceux qui hériteront la vie éternelle, car ce livre contient les « noms des sanctifiés, à savoir ceux du monde céleste » (D&A 88:2). Ceux dont le nom est écrit là-dedans et qui retournent par après à leurs péchés verront leur nom effacé du livre (voir Apocalypse 13:8 ; 17:8 ; 22:19).


Le livre de vie est le livre de souvenir du Seigneur, et il n'est pas différent de celui que chacun des disciples a reçu le commandement de tenir.


« Adam tenait un registre de ses descendants fidèles, dans lequel il écrivait leur foi et leurs oeuvres, leur justice et leur dévouement, leurs révélations et leurs visions, et leur fidélité au plan révélé de salut. Pour marquer l'importance d'honorer nos ancêtres dignes et d'écouter les grandes vérités qui leur ont été révélées, Adam appela son registre un livre de souvenir. Il fut écrit 'selon le modèle que le doigt de Dieu… a donné' (Moïse 6:4-6, 46).


« Des registres semblables ont été tenus par les saints à toutes les époques (voir Malachie 3:16-17 ; 3 Néphi 24:15-16). Beaucoup de nos Écritures actuelles nous sont parvenues parce qu'elles avaient tout d'abord été écrites par des prophètes qui suivaient le procédé d'Adam de tenir un livre de souvenir. L'Église tient des registres semblables aujourd'hui (voir D&A 85) et exhorte ses membres à tenir leur livre de souvenir personnel etfamilial. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 100)


MALACHIE 4

Malachie 4:1. « Tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume »


Malachie dit que « le jour vient » où il y aura une grande destruction des méchants (v. 1).


« Quand Malachie a prophétisé sur la seconde venue du Christ, il a parlé des 'hautains' et de 'tous les méchants'. De qui parlait-il ? Tout d'abord, de ceux qui rejetaient le Christ à cause de l'orgueil de leur coeur, et deuxièmement, de ceux qui, ayant accepté Jésus, n'étaient pas vaillants à garder ses commandements. Malachie ajoute qu'ils 'seront comme du chaume'. Cela veut dire qu'ils seront détruits. Par qui ? Malachie explique : 'Le jour qui vient les embrasera, dit l'Éterneldes armées'. » (Theodore M. Burton, dans Conference Report, octobre 1967, p. 81)


Toutes les choses corruptibles et impures, aussi bien l'homme que la bête, le poisson et l'oiseau, seront éliminés de la terre pendant sa purification (voir D&A 64:24 ; 101:24-25).


Malachie 4:1. « Il ne leur laissera ni racine ni rameau »


Chacun appartient à un arbre familial. Les « racines » d'une personne sont les ancêtres dont elle descend, et ses « rameaux » sont ceux qui descendent d'elle. Ne garder « ni racine ni rameau » c'est se voir retrancher éternellement de ses ancêtres et de sa postérité. C'est exactement l'état de ceux pour qui les bénédictions de la prêtrise de Melchisédek n'ont pas été accomplies ou pour ceux qui, ayant reçu les ordonnances, ne vivent pas de manière à être dignes de réclamer leurs bénédictions. Pour empêcher cette grande catastrophe, Élie fut envoyé sur la terre dans les derniers jours avec le pouvoir de scellement (voir D&A 110:13-16).


Malachie 4:5-6. Quelle est la grande oeuvre commencée par Élie ?


La terre a une destinée. Son but est d'être l'endroit où les hommes réalisent leur salut éternel devant le Seigneur. Pour obtenir ce salut, il faut, entre autres, qu'ils acquièrent en justice les ordonnances nécessaires qui les scelleront à Dieu et les uns aux autres pour le temps et toute l'éternité. Mais les ordonnances ne sont pas pour les vivants seulement. Sinon des milliers de personnes se verraient refuser ces bénédictions simplement parce que la prêtrise qui est nécessaire pour cela n'était pas sur la terre quand elles étaient en vie.


Joseph Smith apprit de Moroni qu'Élie viendrait. Moroni parle des «promesses faites aux pères » (JSH, v. 39) dans les temps anciens. Ces promesses, dit Moroni, aideraient à tourner le coeur des enfants vers leurs pères.


« Quelle est la promesse qui fut faite aux pères et qui devait s'accomplir dans les derniers jours lorsque le coeur des enfants se tournerait vers leurs pères ? C'est la promesse que le Seigneur a faite
aux nations de la terre par l'intermédiaire d'Énoch, d'Ésaïe et des prophètes que le moment viendrait où les morts seraient rachetés. Et le coeur des enfants s'est tourné en ce qu'ils accomplissent l'oeuvre au temple par procurationet font leur généalogie. » (Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, 2:149)


Élie apparut à Joseph Smith et à Oliver Cowdery en accomplissement de la promesse du Seigneur écrite par Malachie. Sa visite eut lieu le 3 avril 1836 dans le temple de Kirtland. Les clefs de la prêtrise qu'Élie apportait étaient le pouvoir de scellement de la prêtrise de Melchisédek, le moyen par lequel ce qui était lié et scellé sur la terre est également lié et scellé dans les cieux (voir D&A 110:13-16).


« Le mot ramener devrait être traduit ici par lier ou sceller. Mais quel est le but de cette importante mission ? Ou comment doit-elle s'accomplir ? Les clefs doivent être remises, l'esprit d'Élie doit venir, l'Évangile doit être rétabli, les saints de Dieu rassemblés, Sion édifiée et les saints monter comme sauveurs sur le mont de Sion. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 267)


« Ce retour des coeurs vers les relations familiales signifie établir et sceller un  lignage patriarcal dans le temple et traduire cet héritage familial dans notre vie quotidienne. C'est pour cela, même si nous construisons des temples, que si nous ne gardons pas les alliances que nous y avonsfaites, nous serons rejetés en tant que peuple. » (Theodore M. Burton, dans Conference Report, octobre 1987, p. 81)

 

 

 

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MATTHIEU

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MATTHIEU 1

Matthieu 1:17. Jésus de lignée royale


Il y a deux généalogies de Jésus dans les quatre évangiles. Celle qu'établit Matthieu énumère les successeurs légitimes au trône de David. Ce n'est pas forcément une liste généalogique montrant strictement la lignée de père en fils car, comme dans de nombreuses histoires de royautés, l'aîné des héritiers survivants peut être un petit-fils, un arrière petit-fils ou même un neveu ou autre parent du monarque régnant. Mais celle que donne Luc est une généalogie de père en fils qui établit les liens de Joseph au roi David. Bien sûr, Jésus n'était pas le fils de Joseph, mais la généalogie de Joseph rejoint celle de Marie puisqu'ils étaient cousins ; Jésus hérita par sa mère, Marie, du sang de David et, par conséquent, du droit au trône de David. Jésus naquit de lignée royale.


« Si Juda avait été une nation libre et indépendante, gouvernée par son souverain légitime, Joseph le charpentier aurait été son roi couronné, et son successeur légal au trône aurait été Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 104)


Matthieu 1:18-25. Marie était fiancée à Joseph


Marie était fiancée à Joseph. Ils n'étaient pas mariés, mais ils étaient promis l'un à l'autre en des termes très stricts. Marie était virtuellement considérée comme la femme de Joseph et l'infidélité de sa part pendant la période des fiançailles était punissable de mort (Deutéronome 22:23-24). Pendant la période des fiançailles, la future mariée vivait avec sa famille ou ses amis et toute communication entre elle et son futur mari était chaperonnée par un ami. Quand Joseph apprit que Marie était enceinte, sachant qu'il n'était pas le père, il avait deux possibilités : (1) il pouvait exiger que Marie soit jugée publiquement ; à cette époque de l'histoire juive, il pouvait résulter de ce jugement la mort de Marie ; ou bien (2) il pouvait rompre en privé le contrat de fiançailles devant témoins. De toute évidence, Joseph choisit la plus miséricordieuse des deux possibilités. Il aurait pu réagir égoïstement et avec colère quand il apprit que Marie était enceinte ; le fait qu'il ait choisi d'annuler les fiançailles en privé montre bien quel était le caractère profond de Joseph. 


« Joseph était un juste, strict observateur de la loi, sans être toutefois extrémiste ; en outre, il aimait Marie et voulait lui épargner toute humiliation inutile, quels que puissent être son propre chagrin et ses propres souffrances. Par amour pour Marie, il craignait que la chose ne soit rendue publique et décida pour cette raison de faire annuler les fiançailles d'une manière aussi privée que la loi le permettait. ». (Talmage, Jésus le Christ, p. 101)


Il se peut que le Seigneur ait prévu cette expérience pour mettre Joseph à l'épreuve et, si c'est le cas, Joseph révéla sa fidélité. C'est après seulement que Joseph ait pris sa décision que l'ange lui apparut et lui dit qu'il devait prendre Marie pour femme. Le haut rang de Marie était connu avant sa naissance (Mosiah 3:8 ; Alma 7:10 ; 1 Néphi 11:15, 18-21 ; Ésaïe 7:14), et il ne fait aucun doute que Joseph fut préordonné à détenir cette position d'honneur. Il est sûr que Joseph était une âme noble dans la préexistence pour avoir la bénédiction de cet extraordinaire honneur de venir sur la terre pour servir de tuteur légal au Fils du Père éternel dans la chair.


Matthieu 1:18-25. Pourquoi le Sauveur devait-il naître d’une mère mortelle et d’un Père immortel ?


L’expiation de JésusChrist « nécessitait le sacrifice personnel d’un Être immortel qui n’était pas sujet à la mort. Néanmoins, il devait mourir et reprendre son corps. Le Sauveur était le seul à pouvoir accomplir cela. De sa mère mortelle, il avait hérité le pouvoir de mourir. De son Père, il avait obtenu le pouvoir sur la mort » (Russell M. Nelson, La constance au milieu du changement, L’Étoile, janvier 1994, p. 39).


MATTHIEU 2

Matthieu 2:13-23. Jésus et Jean échappent à la fureur d'Hérode

Les mages connaissaient bien les prophéties qui prédisaient la naissance du Christ ; ayant reconnu les signes qui avaient été donnés, ils vinrent à Jérusalem et dirent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. » (Matthieu 2:2). Hérode, pensant que le Messie promis serait une menace pour son royaume, envoya des soldats tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous à Bethléhem. Mais un ange avait averti Joseph et il avait emmené Marie et l'enfant Jésus en Égypte.


Les mages arrivèrent à Jérusalem quand Jésus était jeune enfant. Les sacrificateurs d'Hérode les dirigèrent sur Bethléhem : « Ils entrèrent dans la maison (Jésus n'était plus dans une étable), virent le petit enfant (ce n'était plus un bébé), se prosternèrent et l'adorèrent » (Matthieu 2:11). Puis les mages, avertis par un ange de ne pas retourner vers Hérode retournèrent dans leur pays par un autre chemin. Quand Hérode vit que les mages ne revenaient pas, il envoya ses soldats tuer tous les enfants « de deux ans et au-dessous » (Matthieu 2:16).


Jean-Baptiste était un petit enfant qui avait juste six mois de plus que Jésus et qui vivait aussi avec ses parents aux alentours de Bethléhem quand Hérode donna l'ordre de massacrer les bébés. Jean échappa au massacre grâce au courage généreux de son père, Zacharie.


« Lorsque Hérode décréta la mort des petits enfants, Jean avait environ six mois de plus que Jésus, et il se trouva sous le coup de cet édit infernal ; Zacharie détermina la mère de Jean à emmener celui-ci dans la montagne où il fut nourri de sauterelles et de miel sauvage. Lorsque son père refusa de révéler où l'enfant était caché, comme il était le grand-prêtre sacrificateur cette année-là, il fut tué, sur l'ordre d'Hérode, entre le temple et l'autel, comme Jésus l'a dit. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 364)


Zacharie mourut pour sauver son fils ; il mourut en martyr, le premier peut-être de l'ère chrétienne.


MATTHIEU 3

Matthieu 3:1. Quelle était l'importance de la mission de Jean-Baptiste ?


« Peu de prophètes ont l'importance de Jean-Baptiste. Entre autres choses son ministère fut prédit par Léhi (1 Néphi 10:7-10), Néphi (1 Néphi 11:27 ; 2 Néphi 31:4-18), et Ésaïe (Ésaïe 40:3) ; Gabriel descendit des lieux glorieux pour annoncer la naissance proche de Jean (Luc 1:5-44) ; il fut le dernier administrateur légal qui détenait les clés et l'autorité pendant la dispensation mosaïque (D&A 84:26-28) [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr]. Sa mission était de préparer le chemin devant le Christ, de le baptiser et de témoigner qu'il était le Fils de Dieu (Jean 1). Et, à notre époque, le 15 mai 1829, il revint sur terre, ressuscité, pour conférer la Prêtrise d'Aaron à Joseph Smith et Oliver Cowdery (voir Joseph Smith 2:66-75 ; D&A 13). (McConkie, Mormon Doctrine, p. 393)


Matthieu 3:1-3. Pourquoi dit-on de Jean qu'il était un Élias ?


Quand l'ange vient à Zacharie dans le temple pour lui annoncer la naissance de Jean, il lui fit la promesse que Jean préparerait la voie du Seigneur « avec l'esprit et la puissance d'Élie (Élias) » (Luc 1:17). [Note de la Rédaction : Nos versions françaises de la Bible confondent ces deux dénominations en une seule (Élie) alors que version anglaise reflète l'état de choses originel en utilisant soit «Élijah » (Élie) soit « Élias ». Par souci de vérité nous avons remis chacune à sa place.]


Bien que Jean ne s'appelle pas réellement Élie (Élias), sa mission fut accomplie par « l'esprit et la puissance d'Élie (Élias) ».


« Car l'esprit d'Élias consiste à aller devant pour préparer la voie pour quelque chose de plus grand, ce qui fut le cas pour Jean-Baptiste, qui criait dans le désert : 'Préparez la voie du Seigneur et aplanissez ses sentiers.' Et on leur apprit, à tous ceux qui pouvaient le comprendre, que c'était là l'esprit d'Élias ; et Jean prit bien soin de dire aux gens qu'il n'était pas la Lumière, mais qu'il était envoyé pour porter témoignage de la Lumière.


« Il dit au peuple que sa mission était de prêcher la repentance et de baptiser d'eau; mais c'est Celui qui viendrait après lui qui baptiserait de feu et du Saint-Esprit.


« S'il avait été un imposteur, il aurait pu aller au-delà des limites qui lui avaient été fixées, et il aurait pu entreprendre d'accomplir des ordonnances qui n'appartenaient pas à cet office et à cet appel ressortissant à l'esprit d'Élias.


« L'esprit d'Élias consiste à préparer la voie pour une révélation plus grande de Dieu. C'est prêtrise d'Élias, prêtrise à laquelle Aaron fut ordonné. Et lorsque Dieu envoie un homme dans le monde pour préparer une œuvre plus grande, avec les clefs du pouvoir d'Élias, cela s'appelle la doctrine d'Élias, même depuis les premiers âges du monde.


« La mission de Jean se limitait à la prédication et au baptême, mais ce qu'il fit était légal ; et lorsque Jésus-christ rencontrait l'un ou l'autre des disciples
de Jean, il le baptisait de feu et du Saint-Esprit. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 471-472)


Bien que la mission de Jean ait été courte et que son message ait été simple, la façon généreuse et courageuse dont il accomplit son œuvre ont fait dire solennellement à Jésus qu'il n'y avait pas de plus grand prophète que Jean-Baptiste(voir Luc 7:28).


Matthieu 3:9. Que signifie l'affirmation de Jean que Dieu pouvait susciter des enfants à Abraham à partir de pierres ?


« Le judaïsme affirmait que la postérité d'Abraham avait une place assurée dans le royaume du Messie attendu, et qu'aucun converti des Gentils ne pouvait espérer atteindre le rang et la distinction dont les 1enfants1 étaient assurés. L'affirmation énergique de Jean que Dieu pouvait susciter des enfants à Abraham à partir des pierres des berges du fleuve, signifiait pour ceux qui l'écoutaient que même les plus humbles de la famille humaine pouvaient être préférés à eux s'ils ne se repentaient pas et ne se ré formaient pas. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 148)


Matthieu 3:16. Pourquoi est-il important de savoir que le Saint-Esprit descendit sous forme d'une colombe ?


« Les auteurs des quatre évangiles mentionnent que l'Esprit descendit 'comme une colombe'. Luc ajoute : 'sous une forme corporelle' ; et les écrits du Livre de Mormon disent qu'il se posa sur le Christ 'sous la forme d'une colombe' (1 Néphi 11:27 ; 2 Néphi 31:8). Joseph Smith a dit que Jean a fait descendre le Fils de Dieu dans les eaux du baptême, et a eu le privilège de voir le Saint-Esprit descendre du ciel sous la forme d'une colombe, ou plutôt, sous l'emblème de la colombe, en témoignage de cette administration.


« Puis le prophète donne cette explication : 'Le symbole de la colombe fut institué avant la création du monde pour représenter le Saint-Esprit, et le diable ne peut pas se manifester sous l'emblème de la colombe.Le Saint-Esprit est un personnage et a la forme d'un homme. Il ne revêt pas la forme d'une colombe, mais la colombe est son emblème. Le Saint-Esprit ne peut pas être transformé en une colombe ; mais le signe de la colombe fut donné à Jean pour témoigner de la véracité de l'acte, de même que la colombe est l'emblème de la vérité et de l'innocence' (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 385-386). Il apparaît donc que Jean vit l'emblème de la colombe, qu'il vit le Saint-Esprit descendre 'sous une forme corporelle' puisque c'est un personnage, et que son apparition eut lieu comme une colombe. » (McConkie, DNTC, 1:123-24)


MATTHIEU 4

Matthieu 4:1-11


Parfois les gens se sentent coupables quand ils sont tentés de pécher. Mais même le Sauveur, qui a vécu « sans commettre de péché » (Hébreux 4:15), a été tenté. Cela peut être réconfortant de savoir qu’ayant aussi fait face à des tentations et les ayant surmontées, le Christ connaît les tentations auxquelles nous faisons face et qu’il peut nous aider à les surmonter (voir Hébreux 2:18 ; Alma 7:11-12).


Matthieu 4:1. Est-ce que Jésus alla dans le désert pour y être tenté ?


Traduction de Joseph Smith : « Puis Jésus fut emmené par l'Esprit dans le désert pour être avec Dieu. Et quand il eut jeûné quarante jours et quarante nuits et qu'il eut communié avec Dieu, il eut faim et fut laissé pour être tenté par le diable. »


« Jésus n'est pas allé dans le désert pour être tenté par le diable ; les hommes justes ne recherchent pas la tentation. Il y alla 'pour être avec Dieu'. Probablement fut-il visité par le Père ; il ne fait pas de doute qu'il reçut des manifestations spirituelles transcendantes. Les tentations vinrent après 'qu'il eut communié avec Dieu', après 'quarante jours'. Il en fut de même dans le cas de Moïse : il communia avec Dieu, eut des visions de l'éternité, puis il fut laissé seul pour être tenté par le diable. Après avoir résisté à la tentation, il communia à nouveau avec la Divinité et il reçut encore plus de lumière et de révélation. (McConkie, DNTC, 1:128)


Matthieu 4:5, 8. Est-ce que c'est le diable qui transporta Jésus sur le haut du temple et, plus tard, lui montra tous les royaumes du monde ?


Traduction de Joseph Smith : « Puis Jésus fut transporté dans la ville sainte et l'Esprit le plaça sur le haut du temple. Alors, le diable vint à lui et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; Et ils te porteront sur les mains de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. Et, à nouveau, Jésus était guidé par l'Esprit et celui-ci le transporta sur une montagne très élevée et lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire. Et le diable vint à nouveau à lui et dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores. »

Matthieu 4:18-20. Appel de Pierre et André.


La Traduction de Joseph Smith fait deux additions importantes au récit que fait Matthieu de la façon dont Jésus a appelé Pierre et André : 1. « Je suis celui sur qui les prophètes ont écrit : suivez-moi » . 2. « Et eux, croyant en ses paroles, laissèrent leur filet… » (v. 11)

Matthieu 4:19. Que signifie devenir « pêcheurs d'hommes » ?


« Le moyen par lequel les dirigeants deviennent spirituels comme l'étaient ces disciples est exposé très simplement par le Maître. Le Sauveur a appelé des pêcheurs, des collecteurs d'impôts et autres personnes de divers métiers pour être ses douze disciples choisis. Il donna à chacun d'eux la même promesse simple : 'Suivez-moi, je vous ferai pêcheurs d'hommes' (Matthieu 4:19 ; Marc 1:17).


« 'Suivez-moi' n'est qu'une façon de dire 'Gardez mes commandements'. C'est ce qu'il a expliqué quand il a dit aux Néphites : 'C'est pourquoi, quelle espèce d'hommes devez-vous être ? En vérité, je vous le dis, vous devez être tels que suis moi-même' (3 Néphi 27:27).


« Devenir 'pêcheurs d'hommes' n'est qu'une façon de dire 'devenir des dirigeants parmi les hommes'. C'est pourquoi, dans la langue d'aujourd'hui, nous dirions à ceux qui sont appelés à enseigner de cette façon : 'Si vous gardez mes commandements, je ferai de vous des dirigeants parmi les hommes.' » (Harold B. Lee, dans CR, octobre 1960, p. 15)


Matthieu 4:23-25. Jésus guérit-il tous les malades ?


La Traduction de Joseph Smith ajoute ces mots à Matthieu 4:23 : « pour tous ceux qui croyaient en son nom ». Donc, les guérisons faites par Jésus étaient réservées à tous ceux qui avaient foi en lui, elles n'étaient pas données à tout le monde sans discernement comme notre version de la Bible semble l'impliquer.


Matthieu 4:23-25. Les miracles sont opérés conformément à des lois naturelles


« Les miracles ne peuvent être en contradiction avec la loi naturelle, ils s'accomplissent en vertu du fonctionnement de lois qui ne sont pas universellement ou communément reconnues…


« Quand nous contemplons les miracles accomplis par le Christ, nous devons nécessairement y voir l'intervention d'un pouvoir qui transcende notre intelligence humaine actuelle. Dans ce domaine, la science n'a pas encore fait suffisamment de progrès pour pouvoir analyser et expliquer. Affirmer que les miracles n'existent pas sous prétexte que, étant donné que nous ne pouvons comprendre les moyens employés, ceux que l'on rapporte doivent être imaginaires, c'est prétendre que l'esprit humain est omniscient, en impliquant que ce que l'homme ne peut comprendre ne peut être, et que, par conséquent, il est capable de comprendre tout ce qui est…


« Pour comprendre les œuvres du Christ, on doit savoir qu'il est le Fils de Dieu ; l'invitation est là, pour l'homme qui n'a pas encore appris à savoir, pour l'âme honnête qui désire s'informer du Seigneur ; à celui-là nous disons : 'Venez envoyez'. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 179-181)


MATTHIEU 5

Matthieu 5:29-30. « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le. »


« Quand le Seigneur parla des parties du corps, il est évident qu'il avait à l'esprit les amis proches ou les parents qui essaient de nous détourner du chemin de la droiture et de l'humble obéissance aux commandements divins que nous recevons du Seigneur.


« Si un ami ou un parent s'efforce d'entraîner quelqu'un loin des commandements, mieux vaut se dispenser de son amitié ou des relations avec lui plutôt que de le suivre dans ses mauvaises pratiques jusqu'à être détruit. L'utilisation de comparaisons ou d'illustrations était aussi commune autrefois que de nos jours. Lorsque nous lisons ces expressions anciennes du Nouveau Testament, nous ne devons pas prendre à la lettre une expression du type de celle que rapporte Matthieu dans les paroles du Sauveur. Quand elles sont bien comprises, ces expressions peuvent devenir des figures de langage très expressives. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 5:79)


Matthieu 5:48. Soyez donc parfaits


« Le salut ne vient pas tout d'un coup ; il nous est commandé d'être parfaits comme notre Père céleste est parfait. Il nous faudra des éternités pour parvenir à ce but, car il y aura des progrès plus grands au-delà du tombeau ; et c'est là que les fidèles vaincront tout et recevront tout, même la plénitude de la gloire du Père. Je crois que le Seigneur pensait ce qu'il disait ; que nous devons être parfaits comme notre Père céleste est parfait. Cela ne viendra pas tout d'un coup, mais ligne par ligne et précepte par précepte, exemple par exemple et même ainsi, nous n'aurons pas tout tant que nous vivrons dans cette vie mortelle, car il faudra que nous allions même au-delà du tombeau avant d'atteindre cette perfection et d'être semblables à Dieu.


Mais ici nous jetons les bases. C'est ici que ces vérités simples de l'Évangile de Jésus-Christ nous sont enseignées dans cet état probatoire pour nous préparer à cette perfection. Notre devoir est d'être meilleurs aujourd'hui qu'hier et meilleurs demain qu'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que nous sommes sur ce chemin, si nous gardons les commandements du Seigneur, nous sommes sur ce chemin de la perfection et nous ne pourrons y arriver qu'en obéissant et en ayant dans le coeur le désir de vaincre le monde. » (Smith, Doctrine du salut, 2:27)


MATTHIEU 6

Matthieu 6:1-4. Comment faire l'aumône ?


« Faire l'aumône, c'est faire des dons librement pour soulager les pauvres ; c'est une intention qui vient de Dieu et qui trouve sa plus haute manifestation dans les entreprises charitables organisées de son royaume.


« À l'heure actuelle, la plus grande partie des aumônes faites par les saints sont gérées par l'intermédiaire du grand plan d'entraide de l'Église. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 30-31)


Matthieu 6:5-15. Comment prie-t-on « dans le secret » ?


« Allez quelque part où vous pouvez être seul, où vous pouvez méditer, où vous pouvez vous agenouiller, où vous pouvez lui parler à haute voix. La chambre, la salle de bains ou un cabinet de toilette feront l'affaire. Une fois que vous y êtes, imaginez-le. Pensez à qui vous êtes en train de parler, maîtrisez vos pensées – ne les laissez pas divaguer – adressez-vous à lui comme à votre Père et à votre ami. Maintenant, dites-lui ce que vous avez vraiment envie de lui dire, pas des phrases banales qui ont peu de sens, mais ayez avec lui une conversation sincère et venant du cœur. Confiez-vous à lui, demandez-lui son pardon, suppliez-le, profitez de sa présence, remerciez-le, exprimez-lui votre amour et ensuite, écoutez ses réponses. Écouter est une partie essentielle de la prière. Les réponses du Seigneur viennent doucement, toujours très doucement. Peu de personnes entendent ses réponses de façon audible, par leurs oreilles. Nous devons écouter très attentivement sinon nous ne les entendrons jamais. C'est dans notre cœur que nous sentons la plu part des réponses du Seigneur, sous forme d'une expression de chaleur et de bien-être ou bien elles peuvent venir comme des pensées dans notre esprit. Elles viennent à ceux qui se sont préparés et qui sont patients. » (H. Burke Peterson, Adversity and Prayer, Ensign, janvier 1974, p. 19)


Matthieu 6:13. Voir commentaire de Luc 11:4.


Matthieu 6:19-23. Que sont les « trésors dans le ciel » ?


« Les trésors dans le ciel, ce sont les qualités, la perfection dans certains domaines et le caractère qu'ont acquis les hommes par l'obéissance à la loi. Ainsi, ceux qui acquièrent ces qualités divines telles que la connaissance, la foi, la justice, le discernement, la compassion et la sincérité retrouveront toutes ces qualités qui leur seront rendues dans l'immortalité (voir Alma 41:13-15). 'Quel que soit le principe d'intelligence que nous atteignions dans cette vie, il se lèvera avec nous dans la résurrection' (D&A 130:18). Le plus grand trésor que nous puissions obtenir dans le ciel, c'est la persistance de la cellule familiale dans le plus haut degré du monde céleste. » (McConkie, DNTC, 1: 239-40)


Matthieu 6:24. Qu'est-ce que Mamon ?


« Mamon est le mot araméen qui signifie 'les richesses'. Ainsi, ce que dit Jésus, c'est : 'Vous ne pouvez pas servir Dieu et les richesses ou bien les choses du monde qui résultent toujours de l'amour de l'argent.' » (McConkie, DNTC, 1:240)


Matthieu 6:25-34. Est-il vrai que les membres de l'Église ne doivent pas se soucier de leur bien-être matériel ?


« Cette partie du Sermon sur la Montagne fut adressée aux apôtres et à ceux des disciples qui avaient été appelés à abandonner leur vie de tous les jours et à porter le message du salut au monde. Cela n'a jamais été, ni maintenant ni autrefois, un appel aux saints en général pour qu'ils vendent ce qu'ils possèdent (voir Luc 12:33), qu'ils fassent l'aumône et qu'ensuite ils ne se soucient pas de leurs besoins temporels présents ou à venir. Au contraire, cela fait partie de leur mise à l'épreuve sur la terre que les véritables disciples du Maître subviennent à leurs propres besoins et à ceux de leur famille (voir D&A 75).


« Cependant, une règle spécifique s'applique à ceux qui sont appelés à aller dans le monde sans bourse ni besace prêcher l'Évangile. Pendant le temps de leur service
missionnaire, ils ne doivent pas se soucier de travail ou d'occupations temporelles. Toute leur attention, leur force et leurs talents doivent être centrés sur l'œuvre du ministère et le Père leur promet qu'il s'occupera de leurs besoins quotidiens. » (McConkie, DNTC, 1:243)


MATTHIEU 7

Matthieu 7:1. Les vrais disciples doivent-ils obéir à l'ordre « ne jugez pas » ?


Le jugement et le discernement sont des éléments nécessaires de la vie. La Traduction de Joseph Smith donne quelques éclaircissements à ce sujet.


1. Voici les paroles que Jésus enseigna à ses disciples pour qu'ils les redisent au peuple.


2. Ne jugez pas injustement afin que vous ne soyez pas jugés ; mais jugez en justice.


Cependant, certaines formes de jugement ne doivent être rendues que par le Seigneur.


« La raison pour laquelle nous ne pouvons pas juger est évidente : nous ne voyons pas ce qu'il y a dans le cœur (voir 1 Samuel 16:7). Nous ne connaissons pas les mobiles bien que nous en imputions à toutes les actions que nous voyons. Ils peuvent être purs alors que nous pensons qu'ils sont mauvais.


« Il n'est pas possible de juger quelqu'un avec justice sans connaître ses désirs, sa foi et ses buts. La différence des cadres de vie, l'inégalité des possibilités et de nombreux autres facteurs font que les gens ne se trouvent pas dans la même position. Il se peut que l'un parte d'en haut l'autre d'en bas et qu'ils se rencontrent s'ils vont dans des directions opposées. Quelqu'un a dit que ce n'est pas l'endroit où vous vous trouvez qui compte, mais la direction dans laquelle vous allez, ce n'est pas d'être plus ou moins près de la réussite ou de l'échec, mais le lieu vers lequel vous vous dirigez.


« Comment pouvons-nous, avec toutes nos faiblesses et nos défauts, nous poser en juges ? Au mieux, l'homme ne peut juger que ce qu'il voit ; il ne peut pas juger le cœur ou l'intention ou se mettre à juger ce que son prochain est capable de faire.


« Quand nous essayons de juger les gens, ce que nous ne devrions pas faire, nous avons une grande tendance à chercher les défauts et les faiblesses tels que la vanité, la malhonnêteté, l'immoralité et l'intrigue et à être très fiers de les avoir trouvés. Il en résulte que nous ne voyons que le côté le plus mauvais de ceux que nous jugeons. » (N. Eldon Tanner, Judge Not, That Ye Be Not Judged, Ensign, juillet 1972, p. 35)


Matthieu 7:13-14. « Entrez par la porte étroite »


« Le chemin menant à la vie éternelle est à la fois étroit et droit. Il est droit parce qu'il a une direction invariable : elle est toujours la même. Il n'y a pas de détours, de chemins tortueux ou de tangentes qui mènent au royaume de Dieu. Il est étroit, parce qu'il est limité, c'est un chemin sur lequel il faut obéir totalement à la loi complète. Il est droit en ce concerne la direction, étroit en ce qui concerne la largeur. La porte est étroite ; le chemin est à la fois étroit et droit. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 769)


MATTHIEU 8

Matthieu 8:2. Qu'est-ce que la lèpre ?


« La lèpre n'était rien moins qu'une mort vivante, qu'une corruption de toutes les humeurs, qu'un empoisonnement des sources mêmes de la vie, une dissolution graduelle du corps tout entier, de telle sorte qu'un membre après l'autre se décomposait réellement et tombait. Aaron décrit avec précision l'aspect que le lépreux présentait aux yeux des spectateurs, lorsque, plaidant pour Myriam, il dit : 'Qu'elle ne soit pas comme l'enfant mort-né, dont la chair est à moitié consumée quand il sort du sein de sa mère !' (Nombres 12:12). En outre, la maladie était incurable par l'art et l'adresse de l'homme ; non que le lépreux ne puisse pas recouvrer la santé, car, quoique rares, de tels cas sont prévus par la loi lévitique… » (Talmage, Jésus le Christ, p. 244, citation de Trench, notes sur le chapitre 14)


Matthieu 8:18-22


Être disciple de Jésus-Christ signifie que je le mets en premier dans ma vie. Dans ces versets, Jésus enseigne qu’être ses disciples exige de nous que nous le mettions en premier, même si cela signifie parfois que nous devons sacrifier d’autres choses auxquelles nous accordons de l’importance.



MATTHIEU 9

Matthieu 9:11. Qu'est-ce qu'un publicain ?


« Les publicains étaient des collecteurs d'impôts, représentants d'un pouvoir étranger qui tenait les Juifs en sujétion. C'est pourquoi ils formaient un groupe social haï, méprisé et tourné en dérision. Il ne fait aucun doute qu'il était particulièrement répugnant pour les Juifs que quelqu'un de leur propre race, comme Matthieu, ait accepté un tel emploi. » (McConkie, DNTC, 1:181)


Matthieu 9:17. Que voulait dire Jésus par l'expression « du vin nouveau dans de vieilles outres » ?


« C'est de cette manière que notre Seigneur proclama la nouveauté et la de son Évangile. Ce n'était nullement un rapiéçage du judaïsme. Il n'était pas venu réparer des vêtements vieux et déchirés; la toile qu'il donnait était nouvelle, et la coudre sur l'ancienne n'aurait fait que déchirer de nouveau le tissu complètement usé et laisser une déchirure encore plus vilaine que précédemment. Ou pour prendre un autre exemple, il n'était pas prudent de confier du vin nouveau à de vieilles… outres faites de peau d'animaux, et qui se détérioreraient évidemment avec l'âge. Tout comme le vieux cuir se fend ou se déchire sous une pression, même légère, de même les vieilles peaux… éclateraient sous la pression du jus en fermentation, et le bon vin serait perdu.


« L'Évangile enseigné par le Christ était une révélation nouvelle qui remplaçait une révélation passée et marquait l'accomplissement de la loi ; ce n'était pas un simple ajout, ni une répétition de commandements passés ; elle comportait une nouvelle alliance éternelle.


« Les efforts pour rapiécer les vêtements du traditionalisme juif avec la nouvelle étoffe de l'alliance ne pouvait avoir de plus beau résultat qu'une déchirure de l'étoffe. Le vin nouveau de l'Évangile ne pouvait être contenu dans les vieux récipients des libations mosaïques usés par le temps. Le judaïsme serait humilié et le christianisme perverti par tout mélange incongru de ce genre. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 239-240)


MATTHIEU 10

Matthieu 10:1. Par qui les douze apôtres furent-ils dotés de leur pouvoir ?


« Au commencement de son ministère, le Maître choisit douze hommes qu'il sépara des autres en leur donnant le nom d'apôtres. Ils devaient être des témoins spéciaux de la sainteté de sa vie et de la divinité de sa mission, et ils eurent aussi la responsabilité de transmettre aux générations à venir l'exposé authentique de sa doctrine, des principes et des ordonnances essentiels au salut de l'âme humaine…


« Les véritables serviteurs dans le royaume de Dieu, quand ils reçurent l'autorité légitime, furent dotés du saint pouvoir sans lequel leur ministère aurait été 'un airain qui résonne et une cymbale qui retentit.' Cette dotation céleste aux Douze qu'il avait choisis fut le résultat de trois expériences sacrées.


« Premièrement, ils furent baptisés d'eau, peut-être par Jean-Baptiste, ou peut-être ont-ils été les seuls que le Maître baptisa lui-même car Jean rapporte que lui et ses disciples se trouvaient en Judée et que 'là il demeurait avec eux et baptisait' (Jean 3:22). Puis 'il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit' (Jean 20:22), ce qui, selon toute vraisemblance, était la confirmation, le don du Saint-Esprit, ou le baptême de l'Esprit par l'imposition des mains car c'est ainsi que procédèrent ensuite ses disciples…


« La troisième des expériences spirituelles remarquables que firent les disciples est décrite ainsi par le Maître lui-même : 'Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis… afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne' (Jean 15:16).


« Essayez d'imaginer, si vous le pouvez : être 'appelé' par le Maître et 'ordonné' sous ses mains. On a bien la preuve qu'en résultat de ces ordinations ils furent dotés du pouvoir d'en haut et reçurent l'autorité d'agir officiellement comme représentants du Seigneur par les événements miraculeux qui suivirent et qui firent d'eux des 'hommes différents' à cause de cette commission divine.


« Ces témoins spéciaux, ces apôtres, ne furent pas les seuls à recevoir ces dons célestes et à en jouir. Ils reçurent la mission de les transmettre par ordination à tous les autres qui avaient reçu le témoignage de la mission divine du Seigneur ressuscité… (Harold B. Lee, CR., avril 1955, p. 18-19)


Matthieu 10:1-5. Comment Jésus appela-t-il ses serviteurs ?


« Cela se passe selon un processus assez bien défini :
1) Il y a besoin d'un un nouveau dirigeant.
2) Le dirigeant est choisi par le procédé de l'élimination par prophétie et révélation.
3) Le dirigeant choisi est officiellement appelé par quelqu'un qui détient l'autorité de façon indiscutable.
4) Il est présenté à une assemblée du peuple, et,
5) Il est ordonné et mis à part par l'imposition des mains de ceux qui en ont pleinement l'autorité.


« Et cela est conforme à notre cinquième Article de foi : 'Nous croyons que l'on doit être appelé par prophétie et par l'imposition des mains, par ceux qui détiennent l'autorité, pour prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances.


« Il est intéressant de remarquer que même autrefois, le processus était pratiquement le même. Malheureusement, toutes les étapes n'en ont pas été notées, mais il y en a des preuves évidentes. Le fait de 'oindre' ceux qui étaient appelés dans les temps anciens ressemble beaucoup et est étroitement apparenté à la mise à part d'aujourd'hui, avec les bénédictions qui l'accompagnent.


« Les premiers apôtres furent appelés par le Seigneur : 'Venez, suivez-moi, leur a-t-il dit, et je vous ferai pêcheurs d'hommes'. Ce n'était pas une simple façon de parler. C'était un appel précis.


« 'Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent' (Matthieu 4:20). 'Car il enseignait comme ayant autorité' (Matthieu 7:29). Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir…' (Matthieu 10:1). Ceci comprenait la mission de prêcher et d'accomplir les ordonnances. Cela comprenait la mise à part, la mission à accomplir, la bénédiction. La promesse faite à ses dirigeants fut des plus spectaculaires. Ils reçurent toute l'autorité quand le Rédempteur leur dit : 'Celui qui vous reçoit me reçoit' (Matthieu 10:40). 'Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez…enseignez (à toutes les nations) à observer tout ce que je vous ai prescrit' (Matthieu 28:18-20). » (Spencer W.Kimball, CR, octobre 1958, p. 53-54)


Matthieu 10:9-10. Les missionnaires d'aujourd'hui doivent-ils partir sans bourse ni sac ?


« Selon les coutumes sociales de son époque, Jésus envoya ses disciples sans bourse ni sac. Ils devaient être habillés simplement. ne pas emporter d'argent, de nourriture ou de vêtements, n'avoir qu'un bâton et compter sur l'hospitalité des gens pour la nourriture, le vêtement et le logement. Les chaussures (faites en ce temps-là de cuir souple) étaient interdites parce que trop luxueuses. Il fallait mettre des sandales (de fabrication plus·grossière). La bourse servait à transporter l'argent, le sac était une besace servant à transporter les provisions. Plus tard, Jésus révoqua cette instruction de compter sur l'hospitalité des gens et donna ce commandement à la place : Maintenant… que celui qui a une bourse la prenne, que celui qui a un sac le prenne également' (Luc 22:35-36).


« Par l'intermédiaire de ses représentants dûment appelés sur la terre, le Seigneur a maintenant aboli ce commandement que les missionnaires partent sans bourse ni sac pour le travail missionnaire moderne. Les exigences légales et les circonstances sociales, économiques et industrielles différentes ont rendu ce changement nécessaire, fait qui montre que nous avons besoin de la révélation continue pour que les affaires du Seigneur puissent toujours être dirigées de façon à s'adapter aux circonstances existantes. Les missionnaires ne doivent pas compter sur ceux vers qui ils sont envoyés pour la nourriture, le vêtement et le logement ; c'est eux-mêmes ou bien leur famille ou leurs amis qui doivent subvenir à leurs besoins. Il n'y a pas, bien sûr, de corps missionnaire rémunéré dans la véritable Église du Seigneur. » (McConkie, DNTC., 1:325-326)


Matthieu 10:16. Que signifie être prudents comme les serpents ?


La Traduction de Joseph Smith permet de mieux comprendre : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; soyez donc des serviteurs prudents aussi inoffensifs que des colombes. »


Matthieu 10:28. Qui sont ceux qui cherchent à faire périr l'âme ?


« Apparemment, il y avait dans l'Église primitive des hommes qui enseignaient pour doctrine les sophismes des hommes. Il y en a aujourd'hui qui semblent tirer une certaine fierté d'être en désaccord avec les enseignements orthodoxes de l'Église et qui présentent leurs propres opinions qui diffèrent quelque peu de la vérité révélée. Certains le font presque innocemment, d'autres pour satisfaire leur tendance à l'égoïsme et d'autres semblent le faire délibérément. Les hommes peuvent penser ce qu'ils veulent, mais ils n'ont pas le droit d'imposer aux autres des points de vue non orthodoxes. Ces personnes devraient comprendre que leur âme est en danger…


« Le grand objectif de toute notre œuvre est de former la personnalité et de faire grandir la foi de ceux que nous servons. Si quelqu'un ne peut pas accepter et enseigner le programme de l'Église tel qu'il est, sans réserves, il ne doit pas enseigner. C'est une question de loyauté, dans ce cas, de démissionner de son poste. Car non seulement il serait malhonnête et trompeur, mais encore il se trouverait sous le coup de la condamnation, car le Sauveur a dit qu'il vaudrait mieux pour lui qu'on suspende une meule de moulin à son cou et qu'on le jette dans la mer, plutôt que de détourner la doctrine, de trahir la cause ou d'être cause de scandale en détruisant la foi de 'l'un de ces petits' qui croient en lui. Et souvenez-vous que cela ne signifie pas seulement les petits enfants, cela comprend aussi les adultes qui croient et ont foi en Dieu. » (Spencer W. Kimball, CR, avril 1948, p. 109-110)


Matthieu 10:28. Quelle attitude les saints doivent-ils avoir envers ceux qui cherchent à détruire l'âme ?


« Il y a des gens qui agissent comme s'ils ne croyaient pas en l'éternité ou en la résurrection. Ils tremblent de peur à la pensée d'une guerre nucléaire et, pour sauver leur corps, ils voudraient la paix à n'importe quel prix. Et pourtant, la meilleure assurance de paix et de vie, c'est d'être fort moralement aussi bien que militairement. Mais ils veulent la vie au sacrifice des principes. Plutôt que de choisir entre la liberté et la mort, ils préfèrent vivre en esclavage. Ils ne tiennent pas compte de cette Écriture si claire : 'Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne' (Matthieu 10:28). Le Seigneur aurait pu, je suppose, éviter la guerre dans les cieux à propos du libre arbitre. Il lui aurait suffi de faire un compromis avec le diable, mais s'il l'avait fait, il aurait cessé d'être Dieu.

« Alors qu'il est déjà difficile de vivre pour défendre la vérité, vu le libre arbitre, certains d'entre nous devront peut-être même, dans un avenir pas très lointain, mourir pour la vérité. Mais la meilleure préparation à la vie éternelle, c'est d'être prêt à tout moment à mourir en étant parfaitement préparé par un vaillant combat pour le bien. » (David O. McKay, CR, avril 1964, p. 120)


Matthieu 10:38-39. Comment pouvez-vous conserver votre vie en la perdant ?


« Dire que ses disciples doivent haïr tout ce qui leur est cher, est certainement une parole dure. Mais nous découvrons, grâce à d'autres interprétations de la doctrine (Matthieu 10:37-38), que le sens est que quiconque aime son père, sa mère, sa femme et tout ce qui lui est cher, même sa propre vie, plus qu'il n'aime le Christ, n'est pas digne de lui et ne peut être son disciple. L'idée est tout à fait claire : dans ce commandement, tous ceux qui cherchent la vie éternelle doivent venir au Christ, disposés à abandonner tout ce qu'ils possèdent, si c'est nécessaire. S'ils ne sont pas disposés à le faire, à donner même leur vie pour sa cause, ils ne sont pas dignes de son royaume. C'est chose raisonnable. Notre Sauveur n'exige rien d'injuste, car il est venu donner sa vie pour nous afin que nous ayons la vie éternelle. Il a souffert pour nous ; ne devons-nous pas l'aimer plus que notre propre vie ? » (Joseph Fielding Smith, Le chemin de la perfection,p. 255-56)


MATTHIEU 11

Matthieu 11:2-3. Jean doutait-il que Jésus était le Messie ?


« La question se pose souvent de savoir pourquoi Jean envoya ses disciples poser cette question à Jésus. Beaucoup se sont demandé s'il était possible que Jean lui-même doute de l'identité du Christ et de son divin. Nous devons nous rappeler, cependant, que le dernier témoignage connu de Jean est celui qu'il donna à ses disciples quand ils se posaient des questions sur la popularité grandissante de Jésus. Jean leur rappela à ce moment-là que lui-même n'était pas le Messie et qu'ils devaient le quitter pour suivre Jésus. Cela se passait plusieurs mois avant l'événement dont nous parlons ici.


« Il apparaît que l'une des difficultés qu'éprouva Jean fut de réussir à persuader ses disciples de le laisser et de devenir les disciples de Jésus-Christ de qui il avait rendu témoignage. Maintenant, des mois après le baptême de Jésus, et après ses efforts répétés pour les persuader, Jean se rendit compte que certains de ses disciples hésitaient encore à se détacher de lui et à suivre leur vrai Maître. Il est plus vraisemblable que Jean envoya les deux disciples à Jésus pour qu'ils soient persuadés, eux, plutôt que pour se persuader lui. La question qu'ils devaient poser à Jésus devait servir à les édifier eux et non lui.


« Jean savait mieux que personne qui était Jésus et il le savait depuis longtemps. Il avait reçu une révélation du ciel à son sujet. Il avait vu de ses yeux, entendu de ses oreilles et reçu le témoignage du Saint-Esprit. Il avait même reçu le ministère d'anges pendant qu'il était en prison. La réponse la plus satisfaisante semble être que Jean envoya ses disciples questionner Jésus sur son identité de façon qu'ils puissent, à la longue, comprendre eux-mêmes que le témoignage qu'il leur donnait depuis de nombreux mois était vrai. Cette explication concorde avec la connaissance sûre que Jean avait du Rédempteur, le témoignage qu'il donna à ses disciples comme on le sait, et la répugnance naturelle que ses disciples avaient à le quitter.


« Peut-être faudrait-il souligner ici qu'il n'y avait pas d'antagonisme entre Jésus et Jean. Il n'y avait pas à abandonner et à rejeter Jean pour accepter Jésus. Mais Jésus était le Fils de Dieu et Jean son prophète. Il n'y a pas de comparaison possible entre les deux et Jean ne voulait pas de malentendu parmi ses propres disciples sur sa position relativement au Maître. » (Matthews, A Burning Light: The Life and Ministry of John the Baptist, p. 92)


Matthieu 11:11. Pas de plus grand prophète que Jean-Baptiste


« Comment se fait-il que Jean ait été considéré comme l'un des plus grands prophètes ? Ses miracles n'auraient pas pu constituer sa grandeur.


« Premièrement, il reçut la mission divine de préparer la voie devant le Seigneur. À qui une telle mission a-t-elle été confiée avant ou depuis ? À personne.


« Deuxièmement, il reçut la mission importante, et cela fut requis de lui, de baptiser le Fils de l'Homme. Qui d'autre a eu l'honneur de faire cela ? Qui a jamais reçu un tel privilège et une telle gloire ?…


« Troisièmement, Jean, à cette époque, était le seul administrateur légal des affaires du royaume qui existait alors sur la terre, et détenait les clés du pouvoir. Les Juifs devaient obéir à ses instructions ou être damnés par leur propre loi ; et le Christ lui-même accomplit tout ce qui était juste en se conformant à la loi qu'il avait donnée lui-même à Moïse sur la montagne, et ainsi il magnifia la loi et l'honora au lieu de la détruire. Le fils de Zacharie s'empara des clefs, du royaume, du pouvoir, de la gloire des Juifs, par l'onction sacrée et le décret des cieux, et ces trois raisons font de lui le plus grand prophète né d'une femme. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 385-386)


Matthieu 11:11. Qui était considéré comme « le plus petit dans le royaume des cieux » ?


« À qui Jésus faisait-il allusion lorsqu'il parlait du plus petit ? Jésus était considéré comme ayant le moins de droits dans le royaume de Dieu, et (apparemment) avait, de tous, le moins le droit d'être considéré par eux comme un prophète. C'est comme si le Christ avait dit : 'Celui qui est considéré comme le moindre parmi vous, c'est-à-dire moi-même, est plus grand que Jean.' » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 386)


Matthieu 11:20-24. Existe-t-il un lieu qui soit l'enfer ?


« Nous ne croyons pas que tous ceux qui n'acceptent pas l'Évangile seront à la fin, jetés en enfer. Mais surtout nous ne croyons pas que l'enfer soit un lieu où les méchants brûlent pour l'éternité. Cependant, le Seigneur a préparé un lieu pour tous ceux qui doivent être punis éternellement pour avoir violé ses lois…


« Un lieu où ceux qui ne peuvent pas être rachetés (qui sont appelés fils de perdition) entreront dans les ténèbres, c'est celui-là le véritable enfer où iront ceux qui ont eu la connaissance de la vérité, en ont reçu le témoignage et s'en sont ensuite détournés et ont blasphémé contre le nom de Jésus-Christ. Ce sont ceux-là qui ont péché contre le Saint-Esprit. Pour eux, il n'y a pas de pardon et le Seigneur a dit qu'il a préparé un lieu pour eux (voir D&A 76:31-37 ; 88:32-33).


« Tous ceux qui entreront dans le royaume téleste qui sera un lieu bien délimité comme chacun des autres royaumes, seront punis pour leurs péchés. Satan aura domination sur eux pendant un temps jusqu'à ce qu'ils aient payé le prix de leurs péchés avant de pouvoir entrer dans le royaume téleste.


« Cette terre deviendra un royaume céleste quand elle sera sanctifiée. Ceux qui entreront dans le royaume terrestre devront aller dans une autre sphère qui sera préparée pour eux. De même, ceux qui entreront dans le royaume téleste devront aller dans une terre qui aura été préparée pour eux et il y aura un autre lieu, l'enfer, où demeureront le diable et ceux dont ce sera la punition d'aller avec lui. Bien sûr, ceux qui entreront dans le royaume téleste et ceux qui entreront dans le royaume terrestre subiront le châtiment éternel de savoir que, s'ils avaient gardé les commandements du Seigneur, ils auraient pu retourner en sa présence comme ses fils et ses filles. Ce sera un tourment pour eux, et c'est en ce sens que ce sera l'enfer. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 2:208-210)


MATTHIEU 12

Matthieu 12:30. « Celui qui n'est pas avec moi est contre moi »


« Au cours de son ministère, Jésus rencontra diverses réactions. Il y en eut qui l'acceptèrent avec joie, le suivirent partout et essayèrent de vivre ses enseignements. Il y en eut qui furent indifférents et d'autres encore qui s'opposèrent franchement à lui. Ainsi, les gens de cette époque eurent un exemple clair et vivant de la loi d'opposition en toutes choses. D'un côté, il y avait Jésus qui prêchait le chemin de la vie, de l'autre, les scribes et les pharisiens qui le combattaient à chaque pas. Et puis il y avait les indifférents. Peut-on dire qu'ils étaient pour le Seigneur ou contre lui ou étaient-ils, comme nous l'avons dit, indifférents ? Je vous rappelle que les indifférents ne gardaient pas les commandements et que, par leur indifférence, ils incitaient à la même attitude d'autres personnes qui, ainsi, refusaient aussi d'obéir aux commandements du Seigneur leur Dieu.


« Ces indifférents édifièrent une barrière contre le Christ et, en montrant l'exemple de la désobéissance, ils devinrent une entrave pour son oeuvre ; c'est la raison pour laquelle le Seigneur dit : 'Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse' (Matthieu 12:30). » (Mark E. Petersen, CR, avril 1945, p. 41-42)


Matthieu 12:31. Quelle est la condition du pardon ?


« C'est pourquoi je vous dis : toute espèce de péché et de blasphème sera pardonnée aux hommes qui me reçoivent et se repentent ; mais le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera pas pardonné aux hommes. » (Traduction de Joseph Smith)


Matthieu 12:31. Qu'est-ce que le péché contre le Saint-Esprit ?


Pour pécher contre le Saint-Esprit, une personne doit rejeter la connaissance qu'elle a reçue du Saint-Esprit.


« Il doit dire que le soleil ne brille pas, alors qu'il le voit. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 505)


« Le témoignage de l'Esprit est si grand et les impressions et révélations de la vérité divine manifestées avec tant de force que celui qui les reçoit acquiert une conviction de la vérité qu'il ne peut pas oublier. C'est pourquoi, une fois qu'une personne a été éclairée par l'Esprit de façon à recevoir la connaissance que Jésus-Christ est le seul Fils de Dieu engendré dans la chair, si ensuite elle se détourne et combat le Seigneur et son œuvre, elle le fait contre la lumière et le témoignage qu'elle a reçus par le pouvoir de Dieu. C'est pourquoi elle s'est soumise au mal volontairement et Jésus a dit qu'il n'y avait pas de pardon pour une telle personne. Le témoignage du Saint-Esprit est le plus fort témoignage qu'un homme puisse recevoir. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 4:92)


Matthieu 12:32. Quelle est la différence entre rejeter Jésus et renier le Saint-Esprit ?


« Un homme qui n'a pas reçu le don du Saint-Esprit et qui, par conséquent, n'a jamais goûté au don céleste, peut être coupable de blasphème contre Jésus-christ et ensuite être pardonné s'il se repent, mais le témoignage acquis par le don du Saint-Esprit est si grand que s'il se retourne contre le Seigneur et combat son œuvre après avoir reçu ce témoignage, il n'y a pas de pardon pour lui. Le fait de répandre le sang innocent ne se limite pas au fait d'ôter la vie à des innocents ; il consiste aussi à chercher à détruire la parole de Dieu et d'exposer le Christ à l'ignominie. Ceux qui connaissent la vérité et combattent ensuite les serviteurs autorisés de Jésus-Christ combattent Jésus-Christ lui-même car lutter contre ses serviteurs c'est lutter contre lui et se trouver ainsi coupable de son sang versé. » (Smith,Answers to Gospel Questions, 1:63-64)


MATTHIEU 13

Matthieu 13.


« J'entreprendrai maintenant quelques remarques au sujet des paroles du Seigneur qui sont rapportées dans le treizième chapitre de son évangile selon saint Matthieu, et lesquelles, selon moi, nous font comprendre aussi clairement le sujet important du rassemblement que toute autre parole rapportée dans la Bible. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 126-27)


Le rassemblement, processus par lequel les descendants éparpillés d'Israël sont peu à peu retrouvés dans les nations de la terre et ont la possibilité de recevoir tous avantages de l'Évangile, est à présent en cours. Les clés nécessaires à l'accomplissement de cette grande œuvre furent rétablies par Moïse quand il apparut à Joseph Smith et Oliver Cowdery dans le temple de Kirtland (voir D&A 110:11). Le rassemblement ne sera pas terminé tant que toutes les tribus d'Israël ne seront pas retournées dans le pays de leur héritage (Jérémie 16:14-15). Les paraboles de Matthieu 13 racontent les étapes principales et les épisodes de ce rassemblement en commençant par la graine de l'Évangile qui est plantée au midi des temps (la parabole du semeur) jusqu'au tri final des méchants d'avec les justes (parabole du filet).


Matthieu 13:3-8. Quel fut un des buts principaux de la parabole du semeur ?


« Cette parabole fut donnée pour montrer les effets produits par la prédication de la parole ; et nous croyons aussi que c'est une allusion directe au commencement ou l'établissement du royaume à cette époque-là. » (Enseignements de Joseph Smith, p. 130)


Matthieu 13:9-17. Pourquoi certains reçoivent-ils les paroles du Sauveur et pas d'autres ?


« La condamnation qui pesait sur la multitude qui n'acceptait pas sa parole, provenait du fait qu'ils ne voulaient pas voir de leurs yeux et entendre de leurs oreilles ; non pas parce qu'ils ne pouvaient pas et n'avaient pas le privilège de voir et d'entendre, mais parce que leur cœur était rempli d'iniquité et d'abomination. 'Vous faites ce qu'ont fait vos pères avant vous.'


« Nous tirons la conclusion, alors, que la raison même pour laquelle la multitude, ou le monde, comme a dit Jésus, n'a pas reçu l'explication de sa parabole, était son incroyance. À vous, dit-il en s'adressant à ses disciples, il est donné de connaître les mystères du royaume des cieux. Et pourquoi ? À cause de la foi et de la confiance qu'ils avaient en lui. » (Enseignements du prophète Joseph Smith,p. 128-129, 130)


Matthieu 13:4, 19. Qu'est-ce qui endurcit le cœur ?

« Les hommes qui n'ont aucun principe de justice en eux-mêmes et dont le cœur est rempli d'iniquité, et qui ne sont pas attirés par les principes de la vérité, ne comprennent pas la parole de vérité lorsqu'elle leur est annoncée. Le diable enlève la parole de vérité de leur cœur, parce qu'il n'y a chez eux aucun désir de justice. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 130)


Matthieu 13:5-6, 20-21. Les endroits pierreux


Tout comme la pousse dépourvue de racines est incapable de survivre sous la chaleur du soleil de midi, ainsi il y a ceux qui, sans un réel témoignage et une véritable foi perdent leur conviction et même leur intérêt pour l'Église sous la pression des difficultés ou de la moquerie.


« Permettez-moi de vous dire que nombreux sont parmi vous ceux qui verront le temps où vous aurez tous les soucis, toutes les épreuves et les persécutions que vous pourrez supporter et de nombreuses occasions de montrer que vous êtes fidèles à Dieu et à son œuvre. Notre Église a devant elle de nombreux lieux resserrés à franchir avant que l'œuvre de Dieu ne soit couronnée par la victoire. Pour venir à bout de ces difficultés, il faudra que vous ayez une connaissance personnel le de la véracité de cette œuvre. Ces épreuves seront d'une nature telle que l'homme ou la femme qui ne possèdera pas cette connaissance ou ce témoignage personnel tombera. Si vous n'avez pas ce témoignage, menez une vie juste, invoquez le Seigneur et ne cessez pas de lui demander ce témoignage jusqu'à ce que vous l'ayez obtenu. Si vous ne le faites pas, vous ne pourrez pas tenir.


« Rappelez-vous ces paroles, car il y en a beaucoup parmi vous qui les verront s'accomplir. Le temps viendra où aucun homme ni aucune femme ne pourra persévérer avec une lumière d'emprunt. Chacun de nous devra être guidé par la lumière qui se trouve en lui. Si vous ne l'avez pas, comment ferez-vous ? » (Heber C. Kimball, cité
par Harold B. Lee, dans CR, octobre 1965, p. 128 ; voir aussi Orson F. Whitney, Life of Heber C. Kimball, p. 449-450)


Matthieu 13:7, 22. Parmi les épines


« Si la semence tombe parmi les épines, c'est dans une bonne terre puisqu'il y pousse des mauvaises herbes. Mais la bonne semence est vite étouffée et meurt parce qu'elle ne peut pas vaincre l'influence des herbes et des chardons. Il en est de même pour les membres de l'Église qui savent que l'Évangile est vrai, mais qui ne sont pas vaillants dans leur témoignage de Jésus et qui ne font pas des efforts positifs et courageux pour rechercher l'intérêt de l'Église. Ainsi en est-il des saints qui préfèrent à l'Évangile les honneurs des hommes, les principes d'éducation du monde, la réussite politique, l'argent ou les biens matériels. Ils savent que l'œuvre du Seigneur est établie sur la terre, mais ils laissent les occupations du monde étouffer la parole. Et au lieu de gagner la vie éternelle, ils seront brûlés avec l'ivraie qui les a vaincus. » (
Bruce R. McConkie, DNTC, 1:289)


Matthieu 13:8, 23. La bonne terre


« Si la semence tombe dans une terre productive et fertile et si elle est ensuite nourrie et soignée, elle produit une récolte. Mais même dans ce cas, tous les saints n'auront pas une récolte de la même valeur. Les degrés de réceptivité de la foi sont nombreux, la productivité de la culture a divers degrés. Tous les hommes, y compris les saints, seront jugés selon leurs œuvres. Ceux qui gardent complètement la loi de l'Évangile récolteront le centuple et hériteront la plénitude du royaume du Père. Les autres auront des récompenses moindres dans des lieux qui sont préparés à cet effet. » (McConkie, DNTC, 1:289)


Matthieu 13:25. Qu'est-ce que l'ivraie ?


« L'auteur de l'article 'Tares' (Ivraie) dans le dictionnaire de Smith dit :


'Les critiques et les exégètes s'accordent pour que le pluriel grec zizania, A.V. 'ivraie', de la parabole (Matthieu 13:25) indique la plante appelée 'ivraie aristée' (Lolium temulentum), une herbe très répandue, et la seule espèce du genre qui a des propriétés délétères. Avant de monter en épi, l'ivraie aristée a un aspect très semblable au blé, et les racines des deux sont souvent entrelacées ; c'est ce qui explique le commandement que 'l'ivraie' devait être laissée jusqu'à la moisson, de peur qu'en l'arrachant, les hommes 'ne déracinent en même temps le blé'. Lorsqu'elle est en épi, cette ivraie se distingue facilement du blé et de l'orge, mais lorsqu'ils sont tous deux moins développés, 'l'examen le plus attentif sera souvent incapable de la découvrir. Même les fermiers, qui sarclent généralement leurs champs dans ce pays, n'essayent pas de séparer l'un de l'autre… Le goût en est amer, et, quand on la mange isolément, ou même lorsqu'elle est mêlée au pain ordinaire, elle provoque des étourdissements et agit souvent comme un émétique violent.' La citation secondaire est de The Land and the Book de Thompson, II, 111, 112.


« On a prétendu que l'ivraie est une espèce dégénérée de blé ; et on a essayé, en introduisant cette pensée, d'ajouter une signification supplémentaire à la parabole instructive de notre Seigneur ; cette conception forcée n'est cependant pas justifiée scientifiquement, et les étudiants sérieux ne se laisseront pas égarer par elle. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 367)


Matthieu 13:30. Qu'est-ce qui sera récolté le premier, le blé ou l'ivraie ?


Matthieu 13:30 indique que c'est l'ivraie qui sera récoltée d'abord, mais la Traduction de Joseph Smith précise : « Laissez-les croître ensemble jusqu'à la moisson et à l'époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Amassez d'abord le blé dans mon grenier et liez l'ivraie en gerbes pour la brûler ». 


Matthieu 13:29-30, 38. Est-ce que l'ivraie représente les méchants à l'extérieur de l'Église ou parmi les membres de l'Église eux-mêmes ?


« Maintenant, nous apprenons, grâce à cette parabole, non seulement l'établissement du royaume aux jours du Sauveur, ce qui est représenté par la bonne semence, mais aussi la corruption de l'Église, ce qui est représenté par l'ivraie semée par l'ennemi, et que ses disciples auraient voulu arracher, dont ils auraient voulu purifier l'Église, si leurs vues avaient été favorisées par le Seigneur. Mais lui, sachant toutes choses, leur dit : Non ! Ou, en d'autres termes : Votre point de vue n'est pas juste, l'Église est dans son enfance, et si vous prenez des mesures draconiennes, vous détruirez le blé, ou l'Église, en même temps que l'ivraie. C'est pourquoi il est préférable de laisser croître ensemble jusqu'au temps de la moisson, ou de la fin du monde, ce qui signifie la destruction des méchants. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 131-32)


Matthieu 13:31. Le grain de sénevé


« Il faut savoir que le plant de sénevé atteint en Palestine une taille plus grande que dans les régions septentrionales. La leçon de la parabole est facile à lire. La semence est une entité vivante. Quand on la plante correctement, elle absorbe et assimile les matières nutritives de la terre et de l'atmosphère, grandit et, en son temps, est à même de fournir un logement et de la nourriture aux oiseaux. De même la semence de la vérité est vivante, vivace et capable de se développer au point de fournir de la nourriture et un abri à tous ceux qui vont à sa recherche. Dans les deux conceptions, la plante mûre produit de la semence en abondance, et c'est ainsi qu'à partir d'un seul grain on peut couvrir un champ tout entier. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 355)


Matthieu 13:31-32. À quelle étape du rassemblement la parabole du grain de sénevé fait-elle allusion ?


« Et de nouveau Il leur proposa une autre parabole, faisant allusion au Royaume qui serait établi, juste un peu avant ou à l'époque même de la moisson. Voici cette parabole : 'Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé…' Maintenant, nous voyons clairement que cette parabole est donnée pour représenter l'Église telle qu'elle sera établie dans les derniers jours…


« Prenons le Livre de Mormon, qu'un homme a pris et a caché dans son champ, avec la foi qu'il surgirait du sol dans les derniers jours à l'époque voulue. Voyons-le sortir du sol, lui qui est, en effet, considéré comme la moindre des semences, mais voici que ses branches s'élèvent toujours plus haut, dominant tout aux alentours, dans sa majesté divine, jusqu'à ce que, comme le sénevé, il devienne la plus grande de toutes les herbes. Et c'est la vérité, elle a germé et elle est sortie de terre, et la justice commence à regarder du haut des cieux, et Dieu envoie ses pouvoirs, ses dons et ses anges pour se loger dans les branches de cette plante. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 132)


Matthieu 13:31-32. Que représentent les « oiseaux du ciel » qui viennent habiter dans les branches de l'arbre formé par le grain de sénevé ?


« Le royaume des cieux est comme un grain de sénevé. Le grain de sénevé est petit mais il produit un grand arbre, et les oiseaux s'abritent dans les branches de cet arbre. Les oiseaux sont les anges, et ainsi les anges descendent, et se réunissent pour rassembler leurs enfants, et les rassemblent. Nous ne pouvons pas devenir parfaits sans eux ni eux sans nous. Lorsque cela sera fait, le Fils de l'Homme descendra, l'Ancien des jours siégera, nous pourrons participer à une assemblée innombrable d'anges, communier avec eux et recevoir leurs instructions. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 217)


Matthieu 13:33. Parabole du levain


« On peut comprendre par cela que l'Église des saints des derniers jours a levé d'un peu de levain qui a été mis en trois témoins. Voyez comme cela ressemble à la parabole ! Ce levain fait lever rapidement la pâte, et fera bientôt lever le tout. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 134-35)


Matthieu 13:52. Comparaison avec le maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes


« Pour l'application de cet exemple, voyez le Livre de Mormon sortant du trésor du cœur, et aussi les alliances données aux saints des derniers jours et la traduction de la Bible. Tout cela fait sortir du cœur des trésors nouveaux et anciens, ce qui correspond aux trois mesures de farine qui subissent le contact purificateur d'une révélation de Jésus-Christ, et du ministère des anges, qui ont déjà commencé cette œuvre dans les derniers jours, ce qui correspond au levain qui a fait lever la pâte. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 138)


Matthieu 13:54-58. Jésus est rejeté une deuxième fois à Nazareth. Quelle importance cela revêt-il ?


« Ces Nazaréens furent témoins contre eux-mêmes. Ils avaient une parfaite connaissance que leur concitoyen excellait en sagesse et accomplissait des œuvres miraculeuses qui dépassaient le pouvoir humain ; et pourtant, ils le rejetèrent… Selon les lois éternelles que Jésus lui-même décréta dans l'éternité, les miracles sont le fruit de la foi. Quand il y a la foi, il y a des signes, des miracles et des dons de l'Esprit. Quand il n'y a pas de foi, ces choses ne peuvent pas arriver. » (McConkie, DNTC, 1:322)


MATTHIEU 14

Matthieu 14:1, 2. Pourquoi Hérode avait-il peur de Jésus ?


« L'histoire rapporte que le roi fut 'attristé' de donner l'ordre de faire mourir Jean. Cette 'tristesse' était certainement réelle car il pensait que Jean était un prophète et il savait qu'il était très aimé du peuple. On se rend compte qu'Hérode n'avait pu oublier son acte à tel point que, plus tard, il crut que Jésus était Jean, ressuscité des morts. Sa conscience devait le travailler et même le hanter à la pensée que Jean était ressuscité des morts et qu'il accomplissait maintenant des œuvres puissantes. Jean n'avait pas fait de miracles pendant son ministère (Jean 10:41), mais une fois ressuscité (comme Hérode le supposait), il aurait été très possible qu'il ait acquis des pouvoirs miraculeux. C'est certainement pour cela que la phrase d'Hérode 'C'est pour cela qu'il se fait par lui des miracles' (Matthieu 14:2) est rapportée. La crainte d'Hérode dans ce cas, est une illustration du principe que 'le méchant prend la fuite sans qu'on le poursuive, le juste a de l'assurance comme un jeune lion' (Proverbes 28:1). » (Matthews, A Burning Light: The Life and Ministry of John the Baptist, p. 96)


Matthieu 14:25. Que signifie la quatrième veille de la nuit ?


« Probablement sous l'influence de leurs voisins méditerranéens, les Grecs et les Romains, les Juifs de l'époque du Nouveau Testament divisaient la nuit en veilles militaires au lieu de la diviser en heures. Chaque 'veille' représentait le temps de garde d'une sentinelle. La première veille commençait à 18 heures et se terminait à 21 heures ; la deuxième allait de 21 heures à minuit ; la troisième de minuit à 3 heures du matin ; la quatrième de 3 heures du matin à 6 heures. » (Smith, A Diationnary of the Bible, p. 737)


Matthieu 14:30-31. En quoi l'expérience de Pierre marchant sur l'eau est-elle semblable à la nôtre quand notre foi défaille ?


« La comparaison que fait le Seigneur entre l'âme qui doute et le flot de la mer agité et poussé par le vent s'applique à nombreux d'entre nous. Nous avons tous vu, pour la plupart, les eaux de la mer quand elle est calme, et à d'autres moments, les ravages qu'elles causent lorsque les vents deviennent violents et que les vagues s'élèvent et deviennent des forces puissantes et destructrices. On peut faire une comparaison avec les coups de l'adversaire. Quand nous sommes sereins et que nous marchons aux côtés du Seigneur, les attaques de l'adversaire ne se font pas sentir ; mais quand nous nous détournons et que nous sommes trompés par les vents de fausse doctrine, par les vagues des philosophies d'hommes et leurs sophismes, nous pouvons être emmenés à la dérive, submergés et même noyés dans les profondeurs de l'incrédulité, et l'esprit du Seigneur peut être complètement balayé de notre vie. Ces âmes qui sont trompées et qui doutent ne peuvent rien recevoir du Seigneur à cause de leur manque de constance. » (Delbert L. Stapley, CR, avril 1970, p. 74)


Matthieu 14:34-36. Ceux qui ont le cœur pur peuvent attirer sur eux les pouvoirs des cieux


« Le Sauveur et ses disciples arrivèrent dans le pays de Génésareth où 'tous les malades' furent amenés au Seigneur pour qu'il 'leur permette seulement de toucher le bord de son vêtement'. 'Et tous ceux qui le touchèrent furent guéris.'


« Peut-être avaient-ils eu connaissance que la femme atteinte d'une perte de sang depuis douze ans avait été guérie rien qu'en touchant ses vêtements (Marc 5:25-34). Peut-être considéraient-ils le bord du vêtement comme quelque chose de sacré à cause du commandement divin que tout Israël avait reçu de border les vêtements de bleu afin qu'en regardant cette frange il se souvienne de 'tous les commandements de l'Éternel pour les mettre en pratique' (Nombres 15:37-41) ; ou peut-être, éprouvant la présence divine avec une telle force, ils recherchaient même le plus léger et le moindre contact physique avec lui. Mais en tout cas, leur foi fut si grande que tous reçurent de son infinie bon té et furent guéris. » (McConkie, DNTC, 1:350-51)


MATTHIEU 15

Matthieu 15:1-20. Ceux qui n'ont pas le cœur pur sont scandalisés par la vérité spirituelle


« Cherchant à porter une accusation contre les disciples de Jésus, les scribes et les pharisiens lui demandèrent pourquoi ses disciples transgressaient 'la tradition des anciens' en ne se lavant pas les mains avant de prendre leur repas. Jésus, en réponse, réprimanda les scribes et les pharisiens en ces mots : 'Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi' (Matthieu 15:7-8). Il leur dit cela parce que, par leurs traditions, ils avaient aboli et rendu vaine la loi de Moïse. Dans cette réprimande, Jésus coupait et retranchait le système de commentaires et de coutumes. Il rejetait dans l'oubli toutes les légendes et les règles, la sagesse rabbinique, les règles de la loi et tout ce que l'on peut qualifier au mieux de religion extérieure.


«Après avoir ébranlé la base de leur religion extérieure, il jeta le discrédit auprès du peuple sur l'autorité des pharisiens et des scribes, appelant à lui la foule en lui disant ces paroles frappantes : 'Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme' (Matthieu 15:11).


« Parce qu'il avait dénoncé leurs traditions, les pharisiens furent scandalisés. Ils le furent surtout par cette déclaration car par elle le Seigneur montrait aux foules qu'elles n'étaient plus obligées de se conformer à ce qui n'était que cérémonie sans aucune signification spirituelle et éternelle. » (Farrar, The Life of Christ, p. 337-341).


Matthieu 15:2. Qu'étaient les nombreuses ablutions exigées par la coutume juive ?


« Les nombreuses ablutions requises par la coutume juive à l'époque du Christ étaient, on le reconnaît, dues au rabbinisme et à 'la tradition des anciens' et non conformes à la loi mosaïque. Dans certaines conditions, des ablutions successives étaient prescrites, et à propos de celles-ci nous trouvons des allusions aux 'première', deuxième' et 'autres' eaux, la 'deuxième eau' étant nécessaire pour rincer la 'première eau' qui était devenue souillée par contact avec les mains 'impures' et ainsi de suite avec les eaux ultérieures. Parfois il fallait plonger ou immerger les mains, d'autres fois il fallait les purifier en déversant de l'eau dessus, et il était alors nécessaire qu'on laissât couler l'eau jusqu'aux poignets ou aux coudes dans la mesure où l'on était censé être souillé; dans d'autres cas encore, comme le prétendaient les disciples du rabbi Chammaï, seul le bout des doigts, ou les doigts jusqu'aux articulations devaient être mouillés dans certaines circonstances particulières.


« Les lois pour la purification des récipients et du mobilier étaient détaillées et exigeantes ; des méthodes distinctes s'appliquaient respectivement aux récipients de terre, de bois et de métal. La crainte de se mouiller les mains par mégarde conduisait à beaucoup de précautions extrêmes. Comme on savait que le Rouleau de la Loi, le Rouleau des Prophètes et d'autres Écritures, quand on les mettait de côté, étaient parfois touchés, griffés ou même rongés par des souris, on avait lancé un décret rabbinique selon lequel les saintes Écritures, ou une partie quelconque de celles-ci comprenant au moins quatre-vingt-cinq lettres (la section la plus courte de la loi ayant exactement ce nombre), souillaient les mains par simple contact. C'est ainsi que les mains devaient être purifiées cérémoniellement après avoir touché un exemplaire des Écritures, ou même un passage écrit de celles-ci.


« Être émancipé de ces choses, et 'beaucoup d'autres choses semblables' devait en effet, être un soulagement. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 447-448).


Matthieu 15:13. Qui sont les « plantes » qui doivent être déracinées ?


« Les faux ministres qui sont scandalisés par la vérité 'sont corrompus et apostats et, en temps voulu, ils seront déracinés' par les vérités déclarées parle Seigneur et ses prophètes. » (McConkie, DNTC, 1:368)


Matthieu 15:22. Que faut-il entendre par « une femme cananéenne » ?


« Une femme, apprenant sa (Jésus) présence dans son pays, vint demander une faveur. Marc nous dit qu'elle était grecque ou plus littéralement une Gentile qui parlait grec, et syra-phénicienne de nationalité (voir Marc 7:26) ; Matthieu dit que c'était 'une femme cananéenne' ; ces déclarations s'accordent, puisque les Phéniciens étaient de descendance cananéenne. Les historiens évangéliques déclarent clairement que cette femme était de naissance païenne ; et nous savons que parmi les peuples ainsi classés, les Juifs avaient un mépris particulier pour les Cananéens. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 433)


Matthieu 15:24. Qui étaient les brebis perdues de la maison d'Israël ?


Dans cette phrase, Jésus parle des Juifs.


« L'Évangile devait être présenté aux Juifs avant d'aller aux Gentils. Le ministère mortel de Jésus était destiné à Israël, pas à d'autres nations. S'il a guéri cette païenne ou tout autre Gentil, c'est… à cause de la grande foi de ces personnes. » (McConkie, DNTC, 1:371)


Matthieu 15:26. Qui sont les « petits chiens » dont il est question ?


« Le mot grec kunariois est le diminutif de « chien », traduit par « petit chien ».


« Les rabbis disaient souvent des Gentils qu'ils étaient des chiens… ne dit pas 'chiens' mais 'petits chiens', c'est-à-dire les chiens familiers de la maison, et la femme reprend adroitement l'expression, donnant pour argument que si les Gentils sont les chiens de la maison, c'est alors parfaitement leur droit de se nourrir des miettes qui tombent de la table de leur maître. » (Dummelow, Commentary, p. 678-679)


MATTHIEU 16

Matthieu 16:17-18.
Quelle est la pierre sur laquelle la véritable Église est bâtie ?

« Le nom de Céphas… signifie 'un voyant' ou 'une pierre'. Ce nom prend… une signification encore plus grande lorsque, lui promettant les clés du royaume, notre Seigneur dit à Pierre que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre la pierre de la révélation ou, en d'autres termes contre son don de voyant. » (McConkie, DNTC, 1:132-133).


Matthieu 16:19. Quelles sont les clés du royaume des cieux ?


« Ces clés comprennent le pouvoir de scellement, c'est-à-dire le pouvoir de lier et de sceller sur la terre au nom du Seigneur et par son autorité et que l'acte soit ratifié dans les cieux. Ainsi, si Pierre baptisait par l'autorité du pouvoir de scellement qui lui est promis ici, cette ordonnance serait pleinement valable quand la personne pour qui elle était accomplie entrerait dans les mondes éternels et lui permettrait d'être admise dans le monde céleste. De même, si Pierre utilisait ces clés de scellement pour célébrer un mariage, ceux qui se trouveraient unis par le mariage éternel seraient mari et femme pour toujours. Quand ils arriveraient dans leur futur ciel, ils se retrouveraient unis en cellule familiale comme ils l'étaient sur la terre. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 615-616 ; voir aussi Doctrinal New Testament Commentary, 1:389-90)


Matthieu 16:19. Le fait que Jésus ait déclaré que Pierre recevrait les clefs du royaume a-t-il une signification particulière ?


« Autrement dit, Pierre, détenant les clés du royaume, était le président de la Haute-Prêtrise à son époque de la même façon que Joseph Smith et ses successeurs à qui ces 'clefs' ont été remises de nos jours sont les présidents de la Haute-Prêtrise et les chefs terrestres de l'Église et du royaume de Dieu sur la terre. » (Harold B. Lee, octobre 1953, p. 25)


Matthieu 16:24. « Qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive »


La Traduction de Joseph Smith ajoute : « Pour un homme, prendre sa croix, c'est se refuser à toute impiété, à tout appétit du monde et garder mes commandements ».


MATTHIEU 17

Matthieu 17:1-9. Que s’est-il passé sur le mont de la Transfiguration ?


Quand Jésus a emmené Pierre, Jacques et Jean sur « une haute montagne », il a été transfiguré (ou glorifié) devant eux. Moïse et Élie sont aussi apparus et ont conféré les clés de la prêtrise aux apôtres. Ces clés leur ont permis de diriger l’Église du Christ sur la terre après sa résurrection. Ces clés ont aussi été rétablies à notre époque (voir D&A 110).


Matthieu 17:1-9. Pourquoi Pierre, Jacques et Jean furent-ils les seuls à recevoir certains droits, clés et bénédictions ?


« Ils furent les seuls témoins de la résurrection de la fille de Jaïrus (voir Marc 5:22-24, 35-43). Eux seuls contemplèrent la gloire et la majesté de Jésus transfiguré ; eux seuls reçurent de lui, de Moïse et d'Élie les clés du royaume et il leur fut interdit de parler de ces événements transcendants aux autres membres des Douze jusqu'après la résurrection de notre Seigneur. Eux seuls furent emmenés dans un lieu de Gethsémané où ils purent être témoins de ses souffrances quand il prit sur lui les péchés du monde (voir Marc 14:32-42). Ce sont eux qui vinrent à Joseph Smith et Oliver Cowdery conférer la prêtrise et les clés dans cette dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] (voir D&A 27:12-13 ; 128:20).


« Pourquoi toujours eux et pas d'autres ou même tous les Douze ? La simple raison, c'·est que Pierre, Jacques et Jean formaient la Première Présidence de l'Église à leur époque… Nous savons par la révélation moderne qu'ils détenaient et rétablirent 'les clés du royaume qui appartiennent toujours à la Présidence de la Haute-Prêtrise' (D&A 81:2). Autrement dit, ils formaient la Première Présidence de leur époque. » (McConkie, DNTC, 1:401-2)


« Au temps de son ministère, le Christ appela les premiers apôtres qui aient jamais été ordonnés à cet office pour autant que nous le sachions. Il leur conféra tout le pouvoir et toute l'autorité de la prêtrise. Il appela aussi trois des Douze à détenir les clés de la présidence. Pierre, Jacques et Jean agirent en tant que Première Présidence de l'Église en leur temps. » (Smith, Doctrines of Salvation, 3:152)


Matthieu 17:3-4. Qu'est-ce qui est important dans l'apparition de Moïse et d'Élie ?


« Moïse, le grand prophète-homme d'État dont le nom symbolisait la loi, et Élie le Tischbite, prophète d'une si grande renommée que son nom est devenu le type et le symbole de la sagesse collective et du don de discernement de tous les prophètes. Moïse détenait les clés du rassemblement d'Israël et les clés nécessaires pour ramener les dix tribus du nord, Élie les clés du pouvoir de scellement. Ce sont les clés qu'ils remirent à Pierre, Jacques et Jean sur la montagne qui eux-mêmes les remirent à Joseph Smith et Oliver Cowdery dans le temple de Kirtland, près de deux mille ans plus tard (voir D&A 110:11-16). Tous deux étaient des êtres qui avaient été enlevés au ciel et ils avaient un corps de chair et d'os, état dont ils jouissaient apparemment pour pouvoir conférer des clefs à des hommes mortels. Nous avons dans les Écritures un récit détaillé de l'enlèvement au ciel d'Élie (voir 2 Rois 2) et un certain nombre de références scripturales par lesquelles on ne peut que comprendre que Moïse lui aussi fut enlevé au ciel sans goûter la mort (voir Alma 45:18-19). Quand ces deux hommes saints apparurent dans notre dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] pour rétablir leurs clés et leurs pouvoirs, ils vinrent en personnages ressuscités (voir D&A 133:55). » (McConkie, DNTC, 1:402-403)


Matthieu 17:14-21. Quand on cherche à avoir plus de foi, on doit d’abord se reposer sur la foi qu'on a déjà.


Le père dont il est fait mention dans Matthieu 17 avait des raisons de douter que Jésus puisse guérir son fils. Il avait demandé à ses disciples de le guérir et ils en avaient été incapables. Mais quand le Sauveur lui a demandé de faire preuve de foi, il ne s’est pas concentré sur ses doutes. Il a dit : « Je crois ! ». Puis, reconnaissant que sa foi n’était pas parfaite, il a ajouté : « Viens au secours de mon incrédulité ! »


MATTHIEU 18

Matthieu 18:6. Que signifie : « Si quelqu'un scandalisait un de ces petits » ?


« Les 'petits' ce sont les enfants et ceux qui sont devenus comme les petits enfants en se conformant aux principes de l'Évangile. 'Scandaliser un de ces petits', c'est-à-dire faire trébucher ou tomber quelqu'un à cause d'un mauvais exemple ou d'une fausse doctrine est un péché très grave. Le Sauveur a enseigné que dans certains cas, il vaudrait mieux pour quelqu'un n'être jamais né que d'avoir empêché la progression éternelle de quelqu'un d'autre. » (McConkie, DNTC, 1:420)


Matthieu 18:17. Est-il nécessaire de discuter de ses transgressions avec les dirigeants de l'Église ?


« La fonction des autorités constituées de l'Église en matière de pardon est double : 1) Exiger le châtiment approprié : par exemple, lancer une action officielle en ce qui concerne le pécheur dans les cas qui justifient soit la disqualification, soit l'excommunication ; 2) lever le châtiment et tendre la main de la fraternité au transgresseur. Quelle que soit celle des deux mesures qui est prise, que ce soit le pardon ou les mesures disciplinaires de l'Église, cela doit se faire à la lumière de tous les faits et d'après l'inspiration qui peut être accordée à ceux qui prennent la décision. Il est donc important que le transgresseur repentant se confesse pleinement à l'autorité appropriée. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 303)


MATTHIEU 19

Matthieu 19:6. « Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint »


« Tels qu'ils sont rapportés ici, les enseignements de notre Seigneur sur le mariage et le divorce sont fragmentaires et incomplets. On ne peut les comprendre qu'en relation avec la loi du mariage céleste telle qu'elle nous a été à nouveau révélée à notre époque. Le mariage éternel était basé sur les mêmes principes généraux que les disciples du temps de Jésus connaissaient et comprenaient, ainsi que les pharisiens, du moins en partie. Mais les récits de la discussion du Maître sur le mariage et le divorce conservés par Matthieu et par Marc sont si condensés et abrégés qu'ils ne donnent pas une image claire du problème. Les exégètes modernes ont besoin des mêmes données et de la même connaissance que ceux qui furent à l'origine de cette discussion.


« Pour comprendre correctement le rôle que jouent le mariage et le divorce dans l'ordre divin des choses, il faut connaître au moins les principes suivants :


« Le mariage et la cellule familiale sont la partie centrale du plan de la progression et de l'exaltation. Dans la perspective éternelle, toutes les choses tournent autour d'un même centre : la cellule familiale. L'exaltation, c'est la continuation de la cellule familiale dans l'éternité. Ceux dont la cellule familiale dure ont la vie éternelle ; tous les autres ont un degré de salut moindre dans les demeures qui sont préparées…


« Le mariage céleste ou éternel est la porte de l'exaltation. Pour remplir la mesure de sa création et obtenir la vie éternelle, un homme doit entrer dans cet ordre du mariage et garder toutes les alliances et les obligations qui l'accompagnent. Si un couple est scellé par ce mariage éternel, les deux personnes deviennent mari et femme dans cette vie et le restent dans le monde à venir (voir D&A 131:1-4 ; 132).


« Le divorce ne fait pas partie du plan de l'Évangile, quel que soit le type de mariage. Mais parce que les hommes, dans la pratique, ne vivent pas toujours en accord avec les principes de l'Évangile, le Seigneur permet le divorce pour une raison ou une autre selon la stabilité spirituelle des personnes concernées. Dans l'ancienne Israël, les hommes avaient le droit de répudier leur femme pour des raisons relativement insignifiantes (voir Deutéronome 24:1-4). Dans les conditions idéales, le divorce ne devrait pas être permis sauf quand il y a péché sexuel. De nos jours, les divorces sont permis selon les modalités des lois civiles et l'Église permet aux personnes divorcées de se remarier sans qu'elles soient entachées d'immoralité comme ce serait le cas dans un système plus élevé. » (McConkie, DNTC, 1:546-547)


Matthieu 19:3-9. Jésus a-t-il enseigné que le divorce n’est jamais acceptable ou que des personnes divorcées ne doivent pas se remarier ?


Dans un discours sur le divorce, Dallin H. Oaks a enseigné que notre Père céleste veut que la relation maritale soit éternelle. Mais Dieu comprend aussi qu’« à cause de la dureté de [notre] cœur » (Matthieu 19:8), ce qui comprend les mauvais choix et l’égoïsme de l’un des conjoints ou des deux, le divorce est parfois nécessaire. Dallin Oaks a expliqué que le Seigneur « permet aux personnes divorcées de se remarier sans encourir la flétrissure de l’immoralité spécifiée dans la loi supérieure. À moins de s’être livré à des transgressions graves, le membre divorcé peut se qualifier pour une recommandation à l’usage du temple en vertu des mêmes principes de dignité qui s’appliquent aux autres membres. » (Dallin H. Oaks, Le divorce, Le Liahona, mai 2007, p. 70)


Matthieu 19:16-20. « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »


« Un jour, un jeune homme riche vint à Jésus et lui demanda : 'Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?' La réponse de notre Seigneur fut l'évidence, celle de tous les prophètes de tous les âges. Ce fut : 'Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.' La question suivante fut : Lesquels ?' Jésus les énuméra : 'Tu ne tueras point ; tu ne commettras point d'adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignages ; honore ton père et ta mère ; et : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.' Puis vint cette réponse et cette demande (car le jeune homme était un homme bon, un homme fidèle, qui recherchait la justice) : 'J'ai observé toutes ces choses ; que me manque-t-il encore ?'


« Nous pourrions tous demander : 'N'est-il pas suffisant de garder les commandements ? Que devons-nous faire de plus qu'être fidèle et loyal à toutes les vérités ? Y a-t-il plus que la loi d'obéissance ?' Dans le cas de notre jeune homme riche, oui, il y avait plus. Le Seigneur attendait de lui qu'il vive la loi de consécration, qu'il sacrifie ses biens terrestres car il lui répondit : 'Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi.' Comme vous le savez, le jeune homme s'en alla tout triste 'car il avait de grands biens' (Matthieu 19:16-22). Et nous restons à nous demander quels liens intimes il aurait pu avoir avec le Fils de Dieu, de quelle amitié il aurait pu jouir avec les apôtres, quelles révélations et quelles visions il aurait pu recevoir s'il avait été capable de vivre la loi d'un royaume céleste. Tel qu'il est, il reste anonyme, tel qu'il aurait été, son nom aurait pu être tenu en mémoire et en honneur parmi les saints pour toujours.


« Il est parfaitement clair, je pense, que le Seigneur attend de nous beaucoup plus que ce que nous ne faisons parfois. Nous ne sommes pas comme les autres hommes. Nous sommes les saints de Dieu et nous avons les révélations des cieux. On demande beaucoup à qui l'on a beaucoup donné. C'est tout ce qui concerne son royaume que nous devons mettre en premier dans notre vie. » (Bruce R.McConkie, CR, avril 1975, p. 75-76)


MATTHIEU 20

Matthieu 20:17-34


Jésus-Christ prédit que, lorsqu’il retournera à Jérusalem, il sera trahi et condamné à mort. Il enseigne à ses disciples qu’au lieu de rechercher des postes et de l’autorité, ils doivent suivre son exemple et servir les autres.


Matthieu 20:28.  « Fils de l'homme »

« Dans chacun des Évangiles, nous lisons que le Sauveur se donne souvent le titre de 'le fils de l'homme'. Certains chrétiens adoptent l'opinion que cela indique le fait que notre Seigneur est devenu un homme et que pendant qu'il était sur la terre, il est apparu comme un homme. Pendant des siècles, l'idée dominante était que Dieu, qu'on parle du Père ou du Fils, était sans corps et n'avait pas la forme d'un homme, sauf quand notre Seigneur apparut parmi les hommes dans son ministère terrestre…

« Ce titre donné au Sauveur peut avoir été courant dans le temps des saints antédiluviens. Il est rapporté dans la Perle de grand prix qu'Énoch vit génération après génération tout au long du temps, et nous lisons… : 'Et il arriva qu'Énoch cria vers le Seigneur, disant : Lorsque le Fils de l'Homme viendra dans la chair, la terre se reposera-t-elle ? Je t'en prie, montre-moi ces choses' (Moïse 7:54). Il semblerait d'après ces paroles écrites longtemps avant l'avènement de Jésus-Christ sur la terre qu’en ce temps-là, on le connaissait par son titre.

« Nous avons reçu d'autres informations précises dans les instructions que le Seigneur donna à Adam et qui sont rapportées dans Moïse 6:57 comme suit : 'C'est pourquoi, enseigne-le à tes enfants, que tous les hommes de partout doivent se repentir, sinon ils ne pourront en aucune façon hériter le royaume de Dieu, car rien d'impur ne peut y demeurer, ou demeurer en sa présence ; car, dans la langue d'Adam, Homme de Sainteté est son nom, et le nom de son Fils unique est le Fils de l'Homme, Jésus-Christ, Juge intègre, qui viendra au midi du temps'.Ici,le Père, parlant à Adam, dit de lui-même qu'il est Homme, dont le nom est 'Homme de Sainteté'.

« Par conséquent… Jésus… se désigne lui-même comme Fils de l'Homme. Il entend par là qu'il est réellement le Fils de Dieu qui est Homme de Sainteté ou Saint Homme. » (Joseph Fielding Smith, Réponses aux questions sur l'Évangile, vol. 1, p. 31-32)


MATTHIEU 21

Matthieu 21:15-16


Traduction de Joseph Smith : « Et quand les principaux sacrificateurs virent les choses merveilleuses qu'il faisait et les enfants du royaume qui criaient dans le temple en disant : Hosanna au Fils de David, ils furent très irrités et lui dirent : Entends-tu ce qu'ils disent ?


« Ce ne sont pas des enfants au sens propre du terme… mais des disciples, des membres de l'Église, ceux qui avaient le témoignage de la divinité de Jésus. C'est de ces 'enfants du royaume', ces membres de l'Église qui, par la repentance étaient devenus 'des enfants nouveau-nés' en Christ (1 Pierre 2:2) que venaient les louanges. De qui pouvaient-elles venir sinon de ceux qui avaient la connaissance et qui étaient soumis aux inspirations du Saint-Esprit ? » (McConkie, DNTC, 1:585)


Les principaux sacrificateurs étaient les gardiens du temple et, en fait, les gardiens (c'est ce qu'ils étaient censés être) de toute la structure de la religion juive. Ils s'enrichissaient des bénéfices provenant du commerce dans le temple; ainsi, le temple n'était pas seulement l'origine de leur position sociale privilégiée (si jalousement convoitée), mais aussi la source de leurs revenus, et plus : de leur fortune.


Jésus s'était déjà introduit, au début de son ministère, dans les limites de leurs fonctions sacrées et, à cet te occasion, il avait appelé le temple « la maison de mon Père » (Jean 2:16). Bien que cette fois-là les sacrificateurs aient été irrités parce qu'il prétendait être le Fils de Dieu (ce Dieu à qui était le temple), ils étaient au moins d'accord sur le fait que le temple appartenait à Dieu.


Mais maintenant, près de la fin de son ministère, Jésus déclarait ouvertement qu'il était le Messie, et « les enfants du royaume » l'entendirent appeler le temple « ma maison » (Matthieu 21:13).


Il semble que ses disciples aient compris ce que voulait dire Jésus, car ils se mirent à chanter et à le louer comme le Messie depuis longtemps attendu. Quand il eut fini de purifier le temple avec colère et violence, ses disciples se réunirent autour de lui pour recevoir ce qu'il pouvait leur donner car c'était sa maison et personne d'autre que lui n'avait plus parfaitement le droit d'y exercer son ministère. 


« La colère de son indignation fut suivie du calme d'un ministère de douceur ; dans les cours purifiées de sa maison, les aveugles et les invalides s'approchèrent de lui en boitant et en tâtonnant et il les guérit. La colère des principaux sacrificateurs et des scribes faisait rage contre lui, mais elle était impuissante. Ils avaient décrété sa mort et avaient fait des efforts répétés pour se saisir de lui, et voilà qu'il était là à l'endroit même sur lequel ils prétendaient avoir juridiction suprême, et ils avaient peur de le toucher à cause des gens du commun qu'ils professaient mépriser et pourtant craignaient du fond du cœur, 'car tout le peuple l'écoutait avec admiration'. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 643-644)


Matthieu 21:28-32. Quel est le message de la parabole des deux fils ?


« La première phrase : 'Que vous en semble ?' les appelait à faire très attention. Elle impliquait qu'une question allait bientôt s'ensuivre ; et cette question fut : Lequel des deux fut le fils obéissant ? Il n'y avait qu'une réponse logique, et ils durent la donner, autant qu'ils y répugnassent. L'application de la parabole suivit avec une promptitude condamnatoire. Eux, les principaux sacrificateurs, scribes, pharisiens et anciens du peuple, étaient représentés par le deuxième fils, qui, lorsqu'il lui fut dit d'aller travailler dans la vigne répondit avec tant d'assurance, mais n'alla point, bien que les vignes fussent occupées à devenir sauvages parce qu'on ne les taillait pas, et que les pauvres fruits qui pourraient arriver à maturité seraient abandonnés pour tomber et pourrir par terre. Les publicains et pécheurs sur qui ils donnaient libre cours à leur mépris, dont le contact était une souillure, étaient semblables au premier fils, qui par un refus grossier bien que franc ignora l'appel du père, mais changea d'avis plus tard et se mit au travail, espérant avec repentance s'amender du temps qu'il avait perdu et de l'esprit peu filial qu'il avait montré. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 648)


Matthieu 21:33-46. Quand ils répondirent à la question du Seigneur, comment les dirigeants juifs amenèrent-ils le jugement sur eux-mêmes ?


« De nouveau les Juifs étaient obligés de répondre à la grande question dont traitait la parabole, et de nouveau par leur réponse ils prononçaient jugement eux-mêmes. La vigne, au sens large, était la famille humaine, mais plus spécialement le peuple de l'alliance, Israël ; le terrain était bon et pouvait produire une grande abondance, les vignes étaient de choix et avaient été plantées avec soin, et le vignoble tout entier était amplement protégé par une haie et bien équipé d'une presse à vin et d'une tour. Les vignerons ne pouvaient être personne d'autres que les prêtres et les instructeurs d'Israël, y compris les dirigeants ecclésiastiques qui étaient présents en personne dans l'exercice de leurs fonctions.


« Le Seigneur de la vigne avait envoyé parmi le peuple des prophètes autorisés à parler en son nom ; ceux-ci, les locataires corrompus, les avaient rejetés, maltraités, et, en de nombreux cas, cruellement massacrés. Dans les rapports plus détaillés de la parabole nous lisons que lorsque le premier serviteur arriva, les cruels vignerons 'le battirent, et le renvoyèrent à vide', ils blessèrent le suivant 'à la tête, et l'outragèrent', ils en assassinèrent encore un autre et tous ceux qui vinrent ensuite furent brutalement maltraités, et certains d'entre eux furent tués. Ces hommes corrompus avaient utilisé la vigne de leur seigneur pour leur gain personnel et n'avaient rien rendu de la vendange au propriétaire légal.


« Lorsque le Seigneur renvoya d'autres messagers, 'en plus grand nombre que les premiers' (la version du Roi Jacques dit : 'Plus que les premiers' ce qui entraîne le commentaire suivant, ndt.) ou en d'autres termes plus grands que les précédents, l'exemple plus récent étant Jean-Baptiste, les vignerons les rejetèrent avec une détermination perverse plus prononcée que jamais. Finalement le Fils était venu en personne ; ils craignaient son autorité, car c'était celle de l'héritier légal, et avec une méchanceté presque incroyable, ils décidèrent de le tuer afin de perpétuer leur possession injuste de la vigne et la conserver dorénavant comme la leur.


« Sans interruption, Jésus porta l'histoire du passé criminel à l'avenir encore plus tragique et terrible, qui n'était à ce moment-là éloigné que de trois jours, et raconta calmement avec les images prophétiques, comme si cela était déjà accompli, comment ces hommes corrompus chassèrent le Fils bien-aimé de la vigne et le tuèrent. Incapables d'échapper à la question incisive de ce que le Seigneur de la vigne ferait naturellement et justement aux méchants vignerons, les dirigeants juifs donnèrent une seule réponse pertinente possible : qu'il détruirait certainement ces misérables pécheurs et affermerait sa vigne à des locataires plus honnêtes et plus dignes. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 650-651)


MATTHIEU 22


Matthieu 22:2-11. Quelle est l'interprétation de la parabole des noces ?


« Dans cette parabole des noces… Jésus enseigne ces vérités : (1) le fait que lui-même est Fils de Dieu ; (2) la destruction à venir de Jérusalem ; (3) le rejet du restant juif du peuple de l'alliance ; (4) la prédication de l'Évangile aux Gentils et (5) ceux qui répondent à l'appel de l'Évangile ne seront pas choisis pour le salut s'ils ne se revêtent pas de justice. 


« C'est Dieu lui-même le roi de la parabole ; Jésus, qu'il a engendré et qui est son héritier, est le fils du roi ; et ceux qui ont été invités les premiers au 'mariage de l'Agneau' (D&A 58:11) sont les habitants choisis et favorisés d'Israël à qui l'Évangile avait été offert dans les temps anciens. 'Le reste' qui rejeta la dernière invitation par la violence et le meurtre étaient les descendants juifs de l'ancienne Israël; et c'est leur ville, Jérusalem, qui fut violemment détruite. » (McConkie, DNTC, 1:597)


« Que ce fils était le Messie est incontestable, puisque c'est le royaume des cieux qui est l'objet de la parabole; et que ce sont les saints, ou ceux qui sont trouvés fidèles par le Seigneur, qui seront trouvés dignes d'occuper un siège au festin des noces, cela ressort avec évidence des paroles de Jean dans l'Apocalypse, lorsqu'il dit que le bruit qu'on entend dans les cieux est comme le bruit d'une grande multitude ou comme la voix des puissants tonnerres, disant : Le Seigneur notre Dieu Tout-Puissant est entré dans son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'agneau sont venues, et son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 81-82)


Matthieu 22:15. Quels efforts furent faits pour essayer de faire faire ou dire à Jésus quelque chose de contraire à la loi juive ou romaine ?


« Les autorités juives persistaient sans relâche dans leurs efforts, bien décidées à tenter ou à entraîner Jésus à commettre un acte ou à prononcer une parole sur lesquels elles pourraient baser l'accusation qu'il avait commis une offense, soit en vertu de leur loi, soit en vertu de la loi romaine. Les pharisiens se consultèrent 'sur le moyen de surprendre Jésus par ses propres paroles' ; puis, mettant de côté leurs préjugés partisans, ils conspirèrent à cette fin avec les hérodiens, faction politique dont la caractéristique principale était l'objectif de maintenir au pouvoir la famille des Hérode, politique qui entraînait nécessairement le soutien du pouvoir romain dont les Hérode détenaient l'autorité qui leur était déléguée. Ils avaient conclu la même association incongrue que précédemment, lorsqu'ils essayèrent de provoquer Jésus à parler ou à agir ouvertement en Galilée ; et le Seigneur avait mis les deux partis dans le même panier lorsqu'il avait averti les disciples de se méfier du levain de l'un et de l'autre.


« C'est ainsi que le dernier jour où le Seigneur enseigna en public, les pharisiens et les hérodiens unirent leurs forces contre lui ; les uns veillant à la moindre infraction technique de la loi mosaïque, les autres prêts à s'emparer de la moindre excuse pour l'accuser de déloyauté envers les pouvoirs séculiers. Leurs plans furent conçus par traîtrise et mis à exécution comme l'incarnation vivante d'un mensonge. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 662-663)


Matthieu 22:18. Qu'est-ce que des hypocrites ?


« Si l'on ne prend que le Nouveau Testament, on ne se rend pas bien compte de la vie que les Romains menaient en Palestine, de la vie que le Christ condamna et pourtant, comme je l'ai déjà dit, il m'a semblé que le péché que le Sauveur condamna plus que tout autre était le péché d'hypocrisie : le fait de mener une double vie : celle que nos amis et parfois notre femme croient nous menons et celle que nous menons en réalité. » (J. Reuben Clark, Church News, 2 février 1963, p. 16)


« Le mot 'hypocrite' est la traduction d'un mot grec signifie 'acteur'. Un hypocrite est un acteur, quelqu'un qui fait semblant. Il joue des rôles qui ne reflètent pas ses sentiments et ses pensées véritables. Il ne montre pas aux autres ce qu'il est réellement. Il y a dans sa conduite une feinte, un subterfuge, de l'ostentation, une imposture et de la tromperie. Dans l'atmosphère fabriquée du théâtre, nous savons que les acteurs font semblant d'être quelqu'un d'autre. Mais dans la vie de tous les jours nous attendons des gens qu'ils soient eux-mêmes, qu'ils agissent sans feinte, sincèrement et honnêtement. » (Lowell L. Bennion, Jesus the Christ, Instructor, avril 1964, p. 165)


Matthieu 22:17-21. Comment Jésus évita-t-il le piège du dilemme posé dans l'incident de l'argent du tribut ?


« Les adversaires de Jésus pensaient que Jésus se prendrait au piège quel que soit le côté du dilemme qu'il choisisse. Ce qui est intéressant à remarquer dans sa réponse, c'est qu'il n'éluda pas la question mais qu'il y répondit clairement et positivement sans se faire prendre à aucune des deux pointes du piège. Il dit : 'Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut.' 'Et ils lui présentèrent un denier' (Matthieu 22:18-19). Le denier mentionné était sans nul doute la monnaie romaine courante à l'effigie de Tibère ou peut-être d'Auguste. Il voulut leur faire remarquer l'effigie de César et l'inscription qui donnait son nom et ses titres. La maxime courante était que celui qui fait frapper son et ses titres sur une pièce de monnaie était celui à qui appartenait la pièce et qui était reconnu comme le souverain. 'Il leur demanda : De qui sont cette effigie et cette inscription ? De César lui répondirent-ils.


« Ils avaient reconnu que la pièce appartenait à l'empereur romain et comme c'était la monnaie qui servait à payer le tribut, cela montrait que le pays était sous la domination de Rome. 'Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu'. Autrement dit : 'Ne soyez pas malhonnêtes : donnez à César ce qui est à lui ; et en même temps, ne soyez pas impie : donnez à Dieu ce qui appartient à Dieu.'


« La sagesse de cette réponse définit les limites de chacun des deux souverains et la juridiction des deux empires : celui des cieux et celui de la terre. L'effigie des monarques frappée sur les pièces de monnaie montre que les choses temporelles appartiennent au souverain temporel. L'image de Dieu dans le cœur et l'âme de l'homme montre que tous les biens et les pouvoirs appartiennent à Dieu et doivent être employés à son service…


« Dans notre époque actuelle de trouble, la question pourrait être pertinemment : Que devons-nous à César ? Au pays dans lequel nous vivons ? Nous devons lui être soumis, le respecter et l'honorer. Les lois promulguées pour favoriser le bien-être de tous et supprimer les mauvaises actions doivent être strictement respectées. Nous devons payer le tribut, l'impôt, pour soutenir le gouvernement dans les dépenses nécessaires pour assurer la protection de la vie, de la liberté, de la propriété et aider à augmenter le bien-être de tous. » (Howard W. Hunter, CR, avril 1968, p. 65)


Matthieu 22:23-33. Nous marierons-nous quand nous serons ressuscités ?


« Jésus ne s'attarda pas à discuter des éléments du problème qui lui était présenté ; que le cas ait été théorique ou réel n'avait pas d'importance, puisque la question : 'De qui sera-t-elle donc la femme ?' était basée sur une conception absolument fausse. 'Jésus leur répondit : Vous êtes dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de mari, mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel.' L'intention du Seigneur était claire : Dans l'état ressuscité, il n'y a aucun doute sur le point de savoir auquel des sept frères la femme appartiendra pour l'éternité, puisque tous sauf le premier l'avaient épousée pour la durée de la vie mortelle seulement et avant tout dans le but de perpétuer dans la mortalité le nom et la famille du frère qui était mort le premier.


« Voici une partie des paroles du Seigneur telles que Luc les rapporte : 'Mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. Car ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrection.' Dans la résurrection on ne se mariera pas ni ne donnera en mariage ; car toutes les questions relatives à l'état marital doivent être réglées avant ce moment-là, selon l'autorité de la Sainte Prêtrise, qui détient le pouvoir de sceller en mariage pour le temps et l'éternité. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 667-668)


Matthieu 22:36-38. Le premier et plus grand commandement


« Les gens du monde, pour la plupart, ne tiennent pas compte du premier et du plus grand commandement : aimer Dieu, mais ils parlent beaucoup d'aimer leur frère… Mais seuls ceux qui connaissent et aiment Dieu peuvent aimer et servir de la meilleure façon ses enfants, car seul Dieu comprend parfaitement ses enfants et sait ce qui est le mieux pour leur bien-être. C'est pourquoi il faut être en harmonie avec Dieu pour aider le mieux possible ses enfants… Par conséquent, si vous désirez aider vos semblables le mieux possible, vous devez placer en premier le premier commandement. Si nous ne faisons pas passer en premier l'amour de Dieu, nous sommes facilement trompés par des hommes malhonnêtes qui professent un grand amour pour l'humanité… » (Ezra Taft Benson, CR, octobre 1967, p. 35)


MATTHIEU 23

Matthieu 23:5. « Ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements »


« Par une interprétation traditionnelle d'Exode 13:9 et de Deutéronome 6:8, les Hébreux adoptèrent la coutume de porter des phylactères, qui consistaient essentiellement en des bandes de parchemin sur lesquelles étaient écrits en entier ou en partie les textes suivants : Exode 13:2-10 et 11:17, Deutéronome 6:4-9, et 11:13-21. On portait les phylactères sur la tête et le bras. Les bandes de parchemin pour la tête étaient au nombre de quatre, sur chacune desquelles un des textes cités ci-dessus était écrit. On plaçait ceux-ci dans un réceptacle cubique de cuir mesurant de 1,5 cm à 3,5 cm de côté ; le réceptacle était divisé en quatre compartiments et on plaçait dans chacun d'eux un des petits rouleaux de parchemin. Des courroies maintenaient le réceptacle sur le front entre les yeux du porteur.


« Le phylactère du bras ne contenait qu'un seul rouleau de parchemin sur lequel les quatre textes prescrits étaient notés ; on le plaçait dans une petite boite attachée par des lanières sur l'intérieur du bras gauche de manière à pouvoir être approché du cœur lorsque les mains étaient placées ensemble dans l'attitude de la dévotion. Les pharisiens portaient le phylactère du bras au-dessus du coude tandis que leurs rivaux, les sadducéens, l'attachaient à la paume de la main (voir Exode 13:9). Le commun du peuple ne portait les phylactères qu'au moment de la prière, mais on disait que les pharisiens les paradaient pendant toute la journée.


« L'allusion que fit notre Seigneur à la coutume des pharisiens de fabriquer de grands phylactères avaient trait à l'agrandissement du réceptacle qui les contenait en particulier celui du front. La grandeur des bandes de parchemin était fixée par une règle rigide. Le Seigneur avait commandé au peuple d'Israël, par l'intermédiaire de Moïse
(Nombres 15:38), d'attacher au bord de son vêtement une frange avec un ruban bleu. Étalant avec ostentation leur prétendue piété, les scribes et les pharisiens prenaient plaisir à porter de larges bords pour attirer l'attention publique. C'était une autre manifestation d'hypocrisie. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 688)


Matthieu 23:7. Les hommes doivent-ils utiliser des titres tels que « Rabbi » ?


« Il est convenable d'employer les titres de respect tels que 'frère', 'frère évêque' ou 'Rabbi' quand c'est fait discrètement et que cela manifeste un réel respect pour le titre ou l'office en question. Ce que Jésus condamne ici n'est pas l'utilisation du titre en tant que tel mais la vaine gloire, l'orgueil et la présomption provoquées par son utilisation excessive et habituelle. D'ailleurs, il apparaît que ces chefs religieux étaient si infatués de leur personne qu'ils se mettaient au même rang que Dieu, en importance. 'Les rabbis se mettaient réellement à la place de Dieu et presque sur un pied d'égalité avec lui. Leurs traditions étaient plus obligatoires que la loi et considérées comme les lois obligatoires de Dieu' (Dummelow, p. 700). » (McConkie, DNTC, 1:617)


Matthieu 23:37-39. Pourquoi Jésus pleura-t-il sur Jérusalem ?


« Jérusalem, la ville sainte ! Jérusalem, la ville de dépravation 'qui est appelée, dans un sens spirituel, Sodome et Égypte' (Apocalypse 11:8) ; Jérusalem, condamnée spirituellement et devant être bientôt détruite temporellement (voir Luc 19:41-44) ; Jérusalem, où se trouve le temple, la ville des prophètes, la cité où le Seigneur exerça son ministère ; Jérusalem, ville où le Fils de Dieu fut crucifié, crucifié par 'le peuple le plus méchant de la terre' car, 'il n'y a point d'autre nation sur la terre qui crucifierait son Dieu' (2 Néphi 10:3) ; Jérusalem, future capitale du monde et centre à partir duquel sortira 'la parole de l'Éternel' (Ésaïe 2:3) ; Vraiment, l'histoire de Jérusalem ne ressemble à celle d'aucun autre lieu ; et c'est avec juste raison que Jésus pleura à cause de la rébellion des enfants de cette ville. » (McConkie, DNTC, 1:626)


MATTHIEU 24


Matthieu 24:2. « Il ne restera pas ici pierre sur pierre »


« La prophétie de Jérémie n'était pas encore tout à fait accomplie, mais le temps prouva que pas un seul mot de cette prophétie ne devait faillir : 'Tout Juda est emmené captif, il est emmené tout entier captif', telle était la prédiction. Un mouvement de rébellion parmi les Juifs donna à leurs maîtres romains un semblant d'excuse pour les châtier, châtiment dont le point culminant fut la destruction de Jérusalem, en 71 après J.-C. La ville tomba après un siège de six mois, devant les armées romaines conduites par Titus, fils de l'empereur Vespasien.

« Josèphe, le fameux historien, à qui nous devons la plus grande partie de ce que nous savons des détails de cette lutte, résidait lui-même en Galilée et fut emmené à Rome parmi les captifs. D'après son récit, nous apprenons que plus d'un million de Juifs perdirent la vie au cours de la famine qui accompagna le siège ; beaucoup plus encore furent vendus comme esclaves et innombrables furent ceux qui durent s'exiler. La ville fut entièrement détruite et l'emplacement sur lequel se tenait le temple fut passé à la charrue par les Romains qui essayaient de découvrir des trésors. C'est ainsi que les paroles du Christ furent accomplies littéralement : 'Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée'. » (Talmage, Articles de foi, p. 399)


Matthieu 24:2. Comment la prophétie concernant la destruction du temple et de Jérusalem fut-elle accomplie ?


« Vous connaissez tous la suite, comment les Juifs menèrent au bout leur horrible complot et crucifièrent le Fils de Dieu et comment ensuite, ils continuèrent à lutter contre son Évangile. Vous vous rappelez aussi le prix qu'ils payèrent, comment en l'an 70 la ville tomba aux mains des Romains, point culminant d'un siège dans lequel, selon l'historien Josèphe, un million cent mille personnes furent tuées et 'des dizaines de milliers furent emmenés captifs pour être vendus en esclavage ou massacrés par des bêtes sauvages ou dans des combats de gladiateurs pour l'amusement des spectateurs romains'.


« Toute cette destruction et cette dispersion des Juifs auraient été évitées s'ils avaient accepté l'Évangile de Jésus-Christ et l'avait laissé agir sur leur cœur. » (Marion G. Romney, CR, octobre 1948, p. 76-77)


Matthieu 24:3. Quelle est l'importance du mont des Oliviers ?


C'est sur le mont des Oliviers que le Seigneur s'entretenait souvent avec les apôtres et les disciples ; et c'est sur les pentes mont des Oliviers que se trouvait Gethsémané. C'est du mont des Oliviers qu'il monta au ciel. C'est sur ce mont des Oliviers qu'il reviendra et se fera reconnaître des Juifs.


Matthieu 24:3. « Quel sera le signe de ton avènement ? »


Dans Matthieu 24, le Sauveur parle de deux événements précis. Les disciples de Jésus lui posèrent deux questions : (1) « Dis-nous, quand cela arrivera-t-il ? » et (2) « Quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? » (Matthieu 24:3). La première question concernait « l'abomination de la désolation » qui devait arriver sur les Juifs et la destruction du temple d'Hérode. La deuxième question concernait la seconde venue en gloire du Seigneur pour juger le monde. À la façon dont ils posèrent ces deux questions, on a l'impression que les disciples pensaient que ces deux événements auraient lieu en même temps ou presque. Mais dans sa réponse, Jésus montre clairement que ce n'était pas du tout le cas.


Matthieu 24:3. Quelle est la fin du monde dont il est question ici ?


« Maintenant les hommes n'ont aucune raison possible de dire que ces paroles sont au figuré, ou que le Seigneur ne veut pas dire ce qu'il dit, car maintenant, il explique la parabole qu'il avait précédemment donnée. Et, selon ces paroles, la fin du monde est la destruction des méchants, la moisson et la fin du monde sont une allusion directe à la famille humaine dans les derniers jours (et non pas à la terre elle-même, comme beaucoup l'ont imaginé) et à ce qui précédera la venue du Fils de l'Homme et la restauration de toutes choses dont les saints prophètes ont parlé depuis le commencement du monde. Et les anges auront quelque chose à voir avec cette grande œuvre, car ils sont les moissonneurs. Et, de même que l'ivraie sera rassemblée en tas et brûlée, il en sera de même à la fin du monde.


« Car les serviteurs de Dieu iront avertir les nations, à la fois les prêtres et le peuple, et ceux qui endurciront leur cœur et rejetteront la lumière de la vérité, seront livrés aux tourments de Satan, et lorsque la loi et le témoignage auront été scellés, comme ce fut le cas pour les Juifs, ils seront laissés dans les ténèbres, et seront livrés au jour qui brûlera comme une fournaise, car ils sont enchaînés par leurs croyances, et leurs liens sont renforcés par leurs prêtres, et ainsi ils sont prêts pour l'accomplissement de la parole du Seigneur : 'Le Fils de l'Homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité ; et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.'


« Nous comprenons que le travail d'engrangement du blé aura lieu tandis que l'ivraie sera liée en tas et préparée pour le feu ; et qu'après ce jour ardent comme une fournaise, les justes resplendiront comme le soleil, dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 135-136)


Matthieu 24:1-3. Le temple d'Hérode fut-il détruit comme prophétisé ?


Oui. Cela se produisit le vendredi 9 août de l'année 70 après J-C ou aux environs de ce jour-là.


Matthieu 24:3. À quoi les disciples pensaient-ils quand ils posèrent à Jésus la question : « Dis-nous, quand cela arrivera-t-il ? »


Leur question porte sur la destruction du temple d'Hérode, la mise à sac de Jérusalem et le massacre et la dispersion des Juifs (voir Joseph Smith 1:2-4)


Matthieu 24:3-5, 9-13. Comment les anciens chrétiens furent-ils séduits et aussi persécutés comme Jésus l'avait prophétisé ?

De faux Christ : Simon Magus, Menander, Dositheus et d'autres, et d'autres faux docteurs prêchant des hérésies odieuses menèrent de nombreux saints à l'apostasie. La persécution se manifesta largement dans la persécution exercée par les Juifs et provoquée par le conflit entre le judaïsme et le christianisme. Les apôtres furent jetés en prison (voir Actes 5:18) ; Étienne fut lapidé (voir Actes 7:54-60) ; Hérode ordonna que Jacques, le fils de Zébédée, soit tué (voir Actes 12:1-2). Et non seulement les Juifs cherchaient à persécuter ceux qui confessaient Jésus-Christ, mais ils essayaient avec tout le zèle possible de pousser les Romains à s'opposer au mouvement chrétien.


Matthieu 24:15-22, 29, 34-35. Qu'est-ce que l'abomination de la désolation dont parlent Daniel et le Sauveur ?


« Cette grande tragédie devait avoir deux moments :

« 1. Le moment de la destruction de Jérusalem


« Et maintenant la hache était plantée au pied de l'arbre pourri. Jérusalem devait payer le prix. Daniel avait prédit cette heure où la désolation causée par l'abomination et la méchanceté balaierait la ville (Daniel 9:27 ; 11:31 ; 12:11). Moïse avait dit que le siège serait si terrible que les mères dévoreraient leurs propres enfants (Deutéronome 28). Jésus précisa que la destruction aurait lieu pendant que les disciples vivraient encore.


« Et elle vint, en vengeance, sans retenue. La faim dépassa les limites de l'endurance humaine ; le sang coula à flots dans les rues. Le temple fut ravagé par la destruction. Un million cent mille Juifs furent massacrés. Jérusalem fut passée à la charrue comme un champ, et le restant de ce qui avait été autrefois une nation puissante fut éparpillé jusqu'aux bouts de la terre. La nation juive mourut, empalée sur les lances romaines, aux mains des Gentils.


« Mais qu'arriva-t-il aux saints qui demeuraient à Jérusalem en ce triste moment ? Ils tinrent compte des avertissements de Jésus et s'enfuirent en hâte. Guidés par la révélation comme les véritables saints le sont toujours, ils s'enfuirent à Pella, en Pérée, et furent épargnés. » (McConkie, DNTC, 1:644-45)


2. Le moment de la Seconde Venue


« Toute la désolation et la dévastation de la première destruction de Jérusalem n'est qu'un prélude au siège à venir. Titus et ses légions massacrèrent un million cent mille Juifs, détruisirent le temple et passèrent la ville à la charrue. Au renouvellement à venir de cette 'abomination de la désolation', le monde entier sera en guerre, Jérusalem sera le centre du conflit, toutes les armes modernes seront utilisées et, au milieu du siège, le Fils de l'Homme viendra, posera le pied sur le mont des Oliviers et combattra avec ses saints (voir Zacharie 12:1-9).


« À propos de ces batailles finales qui accompagneront son retour, le Seigneur dit : 'Je rassemblerai toutes les nations pour qu'elles attaquent Jérusalem. La ville sera prise, les maisons seront pillées, et les femmes violées. La moitié de la ville ira en captivité, mais le reste du peuple ne sera pas exterminé de la ville.' Cependant le conflit ne se terminera pas de la même façon que la première fois : 'L'Éternel paraîtra, dit la prophétie, et il combattra ces nations, comme il combat au jour de la bataille. Ses pieds se poseront en ce jour sur le mont des Oliviers… L'Éternel sera roi de toute la terre' (Zacharie 14). » (McConkie, DNTC, 1:659-60)


Matthieu 24:24. Comment les élus pourront-ils ne pas être séduits ?


« La Traduction de Joseph Smith ajoute ces mots significatifs : 'ceux qui sont élus selon l'alliance'. C'est bien ce que nous avons dit dans cette conférence : Si chaque membre de notre Église n'obtient pas pour lui-même un témoignage inébranlable du caractère divin de l'Église, il se trouvera parmi ceux qui seront séduits en ce jour où 'les élus selon l'alliance' doivent être mis à l'épreuve. Seuls survivront ceux qui ont obtenu pour eux-mêmes ce témoignage. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1950, p. 129)


Matthieu 24:28. « En quelque lieu que soit le cadavre, là s'assembleront les aigles. »


« Dans la parabole telle qu'elle est donnée ici, le cadavre est le corps de l'Église vers lequel les aigles, qui représentent Israël, voleront pour trouver de la nourriture. Le rassemblement d'Israël est d'abord spirituel et ensuite temporel. Il est spirituel en ce sens que les brebis perdues de la maison d'Israël seront d'abord 'rendues à la vraie Église et au vrai troupeau de Dieu', ce qui signifie qu'elles parviendront à une véritable connaissance du Dieu d'Israël, accepteront l'Évangile qui a été rétabli dans les derniers jours et se joindront aux membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Il est temporel en ce sens que ces convertis seront ensuite 'ramenés dans les pays de leur héritage, et rétablis dans toutes leurs terres de promission' (2 Néphi 9:2 ; 25:15-18 ; Jérémie 16:14-21), ce qui signifie que la maison de Joseph sera établie en Amérique, la maison de Juda en Palestine et que les douze tribus perdues viendront vers Éphraïm en Amérique pour y recevoir leurs bénédictions en temps voulu (voir D&A 133). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 280 ; DNTC, 1:648-49)


Matthieu 24:29-30, 36-39. Que nous a dit le prophète Joseph sur le moment de la deuxième venue et sur le signe du Fils de l'Homme ?


« La venue du Fils de l'Homme n'aura jamais lieu, et ne pourra jamais avoir lieu, avant que les jugements désignés pour cette heure soient déversés, et ces jugements ont déjà commencé. Paul dit : 'Mais vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur. Oui, vous êtes tous enfants de lumière et enfants du Jour.' Le but du Tout-Puissant n'est pas de venir sur terre et de l'écraser et de la réduire en poudre, mais il révélera ce jour à ses serviteurs les prophètes.


« Juda doit retourner, Jérusalem doit être rebâtie, ainsi que le temple, et l'eau jaillira de dessous le temple, et les eaux de la mer Morte seront purifiées. Il faudra un certain temps pour rebâtir les murs de la cité et le temple, etc. et tout cela doit se passer avant que le Fils de l'Homme fasse son apparition. Il y aura des guerres, et des bruits de guerre, et des signes dans les cieux et sur la terre, le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, il y aura des tremblements de terre en divers lieux, les mers déborderont; et alors apparaîtra, dans les cieux, un seul grand signe, celui du Fils de l'Homme. Mais que fera le monde ? Les gens diront que c'est une planète, une comète, etc. Mais le Fils de l'Homme viendra comme le signe du Fils de l'Homme, qui sera comme la lumière du matin qui se lève à l'orient. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 399-400)


Matthieu 24:40. Comment se fait-il que l'un sera détruit et l'autre laissé lorsque le Seigneur reviendra ?


« Ainsi ceux qui resteront sur terre le jour où il sera transfiguré et qui le supporteront (voir D&A 63:20-21) sont ceux qui sont honnêtes et droits et qui vivent au moins la loi qui leur permettrait d'entrer dans le royaume de gloire terrestre à la résurrection. Tous ceux qui vivent des principes télestes ne pourront plus rester sur la terre, ils ne pourront pas supporter ce jour.


« Ainsi, nous voyons que Malachie cite, parmi ceux qui ne supporteront pas ce jour : les enchanteurs, les adultères, ceux qui jurent faussement, ceux qui retiennent le salaire du mercenaire, qui oppriment la veuve et l'orphelin, ceux qui éloignent les hommes de la vérité, ceux qui ne craignent pas Dieu, les membres de la vraie Église qui ne paient pas une dîme honnête, ceux qui font le mal et les orgueilleux. Tous ceux-ci, dit-il, seront comme du chaume quand viendra ce jour qui brûlera comme une fournaise (voir Malachie 3-4 ; D&A. 64:23-25). » (McConkie, DNTC, 1:669)


Matthieu 24:45-51. Le serviteur fidèle et prudent


« Jésus parle ici de ses ministres, de ses serviteurs, des détenteurs de sa sainte prêtrise. Ce sont ceux qu'il a établis comme gouverneurs dans la maison de Dieu pour instruire et perfectionner les saints. Leur responsabilité est de travailler à cette tâche quand le Maître reviendra. S'ils accomplissent ce service quand le Seigneur reviendra, il leur donnera leur exaltation. Mais si les gouverneurs de la maison du Seigneur pensent que sa deuxième venue est encore lointaine, s'ils oublient leur tâche, se querellent avec leurs frères et se mettent à vivre à la façon du monde, alors, la vengeance du Seigneur qu'ils auront rejeté retombera sur eux en toute justice quand celui-ci reviendra. » (McConkie, DNTC, 1:675)


MATTHIEU 25


Matthieu 25:1-13. La parabole des dix vierges


« L'objectif de cette leçon était de faire prendre conscience à ceux qui étaient appelés au ministère, à ses disciples et au monde qu'il faut veiller et se préparer constamment en prévision du jour où il a prédit que le Seigneur reviendrait pour juger la terre.


« L'époux de la parabole était le Maître, le Sauveur de l'humanité. La noce symbolise la deuxième venue du Sauveur où il viendra prendre son Église. Les vierges représentent ceux qui affirment leur croyance au Christ parce qu'elles attendent avec impatience la venue de l'époux pour la noce, c'est-à-dire que ceux qui attendent le Christ sont dans l'Église et au courant des événements qui doivent se produire au moment de sa venue.


« Ce que le Seigneur nous a dit dans la révélation moderne confirme que cette parabole se référait particulièrement à ceux qui croient au Christ et contenait un avertissement. Il dit : 'Voilà ce que vous devez attendre… à savoir le jour de la venue du Fils de l'Homme. Et jusqu'à cette heure, il y aura des vierges folles parmi les sages ; et à ce moment-là, il se produira une séparation complète des justes et des méchants' (D&A 63:53-54).

« Cela, sans aucun doute, signifie une séparation des méchants d'avec les justes qui professent leur croyance dans le Jésus-Christ.


« Le Seigneur définit les vierges sages de sa parabole dans une autre révélation dans laquelle il dit : 'Car ceux qui sont sages, ont accepté la vérité, ont pris le Saint-Esprit pour guide et n'ont pas été séduits – en vérité, je vous le dis, ils ne seront pas abattus et jetés au feu, mais supporteront le jour' (D&A 45:57).

« Nous trouvons indiquée ici une vérité que nous devons tous reconnaître, c'est que parmi le peuple de Dieu, ceux qui croient dans le Sauveur du monde, il y a ceux qui sont sages et gardent les commandements, mais il y a aussi ceux qui sont fous, qui sont désobéissants et négligent qui leurs devoirs. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1951, p. 26-27)


Matthieu 25:14-30. La parabole des talents


« Vous savez, frères, que lorsque le maître, dans la parabole des talents du Sauveur, appela ses serviteurs devant lui, il leur donna plusieurs talents à faire fructifier pendant qu'il séjournerait quelque temps à l'étranger et que lorsqu'il rentrerait, il demanderait des comptes. C'est ainsi qu'il en est maintenant. Notre Maître n'est absent que pour peu de temps, et, bientôt, il appellera chacun et lui demandera de rendre des comptes ; et il réclamera dix talents de celui à qui il en a donné cinq ; et celui qui ne sera pas amélioré sera au dehors, comme un serviteur inutile, tandis que les fidèles jouiront d'honneurs éternels. C'est pourquoi nous implorons ardemment notre Père de faire reposer sa grâce sur vous, par Jésus-Christ, son Fils, afin que vous ne faiblissiez pas à l'heure de la tentation, et que vous ne soyez pas vaincus à l'heure de la persécution. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 89)


MATTHIEU 26


Matthieu 26:1-2. Jésus prophétise sa mort et sa résurrection


Comme le moment de la mort de Jésus approchait, le Sauveur en parla directement ainsi que de la façon dont elle serait perpétrée. Mais ce n'était pas la première fois que Jésus prophétisait sur sa mort et la résurrection qui devait suivre (voir Jean 2: 18-22 ; Luc 9:21-22 ; Marc 9:30-32 ; Marc 10:32-34).


Matthieu 26:5. Pourquoi les dirigeants juifs ne s'emparèrent-ils pas de Jésus pendant la fête de la Pâque ?


« Les dirigeants craignaient tout particulièrement un éclat des Galiléens, qui manifestaient une fierté de provinciaux devant l'importance de Jésus, un des leurs, et dont un grand nombre se trouvait alors à Jérusalem. On conclut en outre, et pour les mêmes raisons, que la coutume juive de faire des exemples frappants des transgresseurs notoires en leur infligeant un châtiment public aux époques des grandes assemblées générales devait être mise de côté dans le cas de Jésus ; les conspirateurs dirent donc : 'Que ce ne soit pas pendant la fête, afin qu'il n'y ait pas de tumulte parmi le peuple'. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 719)


Matthieu 26:6. Quelle distance y avait-il de Béthanie à Jérusalem ?


Béthanie était à quinze stades, soit environ trois kilomètres de Jérusalem, de l'autre côté du mont des oliviers.


Matthieu 26:6-13. Que penser du fait que Jésus ait été oint de parfum de nard ?


« Oindre d'huile ordinaire la tête d'un invité, c'était lui faire honneur ; lui oindre également les pieds, c'était montrer une considération extraordinaire et signalée ; mais oindre la tête et les pieds de nard, et en telle abondance, était un acte d'hommage respectueux rarement rendu, même aux rois. L'acte de Marie était une expression d'adoration ; c'était l'exubérance parfumée d'un coeur plein de culte et d'affection. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 623-624)


Matthieu 26:15. Pourquoi trente pièces d'argent ?


« Ils auraient pu lui proposer une seule pièce d'argent, ou cent. Judas n'était pas venu pour marchander, mais pour trahir. Quelle somme, par conséquent, devaient-ils fixer ? Avec une ruse diabolique, ils choisirent la somme qui, dans leur loi, correspondait au prix fixé pour un esclave. 'Trente sicles d'argent' dédommageaient le propriétaire pour la mort 'd'un esclave, homme ou femme' (Exode 21:28-32).


« Trente pièces d'argent ! Voilà ce qu'ils paieraient pour la vie de leur Dieu, ni plus ni moins. En agissant de la sorte, ils faisaient savoir à tous les hommes, à tout jamais qu'ils le considéraient comme le plus vil de tous les hommes. Et ainsi, dans leur volonté même d'avilir et d'insulter, ils accomplissaient au plus petit détail près, la prophétie de Zacharie qui avait prédit leur conspiration diabolique : 'Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire ; sinon, ne le donnez pas', dit le Seigneur en parlant de la somme pour laquelle il serait vendu. 'Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d'argent' (Zacharie 11:12). » (McConkie, DNTC,1: 702-703)


Matthieu 26:17. Qu'était la fête des pains sans levain ?


La fête des pains sans levain était étroitement associée à la Pâque. Quand les Hébreux se préparèrent en toute hâte pour quitter l'Égypte et les souffrances qu'ils y enduraient, ils n'eurent pas assez de temps pour laisser lever leur pain comme c'était la coutume. Ils se hâtèrent de le faire cuire et quittèrent leur maison le plus vite possible. La fête des pains sans levain commémorait cet événement. À l'origine, la Pâque durait une journée et la fête des pains sans levain sept. Ensuite, les deux fêtes furent combinées ce qui faisait que la période entière de la Pâque était de huit jours.


Matthieu 26:22. « Est-ce moi, Seigneur ? »


« Il y a une leçon à tirer du chapitre 26 de Matthieu ; c'est à l'occasion du dernier souper. Pendant qu'ils mangeaient il dit : 'Je vous le dis en vérité, l'un de vous me livrera.'


« Je vous rappelle que ces hommes étaient des apôtres, avec ce qu'implique leur rang d'apôtre. J'ai toujours trouvé intéressant le fait que, à cette occasion-là, ils ne se sont pas poussé du coude les uns les autres en disant : 'Je parie que c'est Judas, il a une attitude bizarre depuis ces derniers temps'. Cela dénote quelque chose de leur état d'apôtre. Leur réaction, d'après ce qui nous est rapporté fut celle-ci : 'Ils furent profondément attristés ; et chacun se mit à dire : Est-ce moi, Seigneur ? (Matthieu 26:22).


« Voulez-vous, je vous en prie, dominer la tendance à mépriser les conseils et prendre juste un instant, l'attitude au moins d'un apôtre et vous poser ces questions : Ai-je besoin de m'améliorer ? Dois-je prendre ce conseil à cœur et le suivre ? S'il y a quelqu'un qui est faible, qui ne suit pas les frères ou qui ne veut pas les suivre, Seigneur, est-ce moi ? » (Boyd K. Packer, Follow the Brethren,Speeches of the Year, 1965, p. 3)


Matthieu 26:36. « Là-dessus, Jésus alla… dans un lieu appelé Gethsémané »


« Gethsémané – Ce nom signifie 'presse à huile' et provenait probablement d'un moulin qui fonctionnait à cet endroit-là pour l'extraction d'huile des olives qui y étaient cultivées. Jean appelle l'endroit un jardin, appellation qui nous permet de le considérer comme une propriété privée clôturée. Le même auteur montre que c'était un lieu fréquenté par Jésus lorsqu'il cherchait une retraite pour prier ou une occasion de parler confidentiellement avec les disciples (voir Jean 18:1-2). » (Talmage, Jésus le Christ, p. 620)


Matthieu 26:39. « S'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! »

« Dieu est immuable ainsi que ses lois, dans toutes leurs formes et toutes leurs applications et, lui-même étant la source de la loi, étant celui qui l'a donnée et qui la soutient, toutes ces lois fonctionnent éternellement… C'est pourquoi la loi de l'expiation devait être accomplie comme toutes les autres lois car Dieu ne pouvait pas être Dieu s'il ne l'accomplissait pas. Jésus dit : 'S'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi'. Mais ce n'était pas possible car ça aurait été une violation de la loi : il devait prendre la coupe. L'expiation devait s'accomplir, un Dieu devait être sacrifié. Aucun pouvoir ne peut résister à une loi de Dieu. Il est omniprésent, omnipotent, il existe partout, en toutes choses. » (Taylor, The Mediation and Atonement, p. 168-169).


Matthieu 26:36-44. Que se passa-t-il à Gethsémané ?


« Où et dans quelles circonstances le sacrifice expiatoire du Fils de Dieu fut-il accompli ? Fut-ce sur la croix du Calvaire ou dans le jardin de Gethsémané ? Quand ils considèrent l'expiation infinie et éternelle, c'est la croix du Christ que la plupart des chrétiens regardent. Il est certain que le sacrifice de notre Seigneur fut achevé quand il fut élevé par les hommes ; et cette partie de sa vie et de ses souffrances est la plus spectaculaire et peut-être la plus émouvante. Mais en réalité, la douleur et la souffrance, le triomphe et la grandeur de l'expiation ont eu lieu d'abord à Gethsémané.


« C'est là que Jésus prit sur lui les péchés du monde à condition qu'il se repente. C'est là qu'il souffrit au-delà de ce que peut endurer un être humain. C'est là qu'il lui sortit de grosses gouttes de sang de chaque pore. C'est là que son angoisse fut si grande qu'il aurait bien aimé que la coupe s'éloigne. C'est là qu'il fit le choix final de suivre la volonté de son Père. C'est là qu'un ange des cieux vint le fortifier dans sa plus grande épreuve. De nombreuses personnes ont été crucifiées et ont connu l'extrême souffrance de cette torture. Mais un seul être, et c'est l'homme qui avait Dieu pour Père, s'est courbé sous le fardeau de la douleur et de l'angoisse qui pesa sur lui en cette horrible nuit, cette nuit où il descendit au-dessous de toute chose en se préparant à monter au-dessus de toute chose. » (McConkie, DNTC, 1:774-75)


Matthieu 26:59 ; 27:1-2. De qui se composait le Sanhédrin ?


Composé d'une assemblée de soixante et onze érudits ordonnés, comprenant des Lévites, des prêtres, des scribes, des pharisiens, des saduccéens et des membres d'autres groupements politiques, au temps du Sauveur, le Grand Sanhédrin était la plus haute cour de justice juive et le conseil législatif suprême à Jérusalem. Sa principale fonction était celle de cour suprême en ce qui concerne l'interprétation de la loi juive. Le Sanhédrin se réunissait dans les salles impressionnantes de pierre taillée du temple où les membres du sanhédrin siégeaient en demi cercle.


L'accusé, en habit de deuil, était traduit devant le conseil ; et s'il y avait une preuve contre le prisonnier, le Sanhédrin avait autorité pour condamner à la peine capitale pour les délits qui violaient les lois juives importantes. Cependant, le conseil n'était pas autorisé à mettre la sentence à exécution, car la loi romaine leur interdisait de mettre un individu à mort sans la sanction du procurateur romain.


Au temps de Jésus, la juridiction du Sanhédrin ne s'étendait qu'à la Judée ; et tant que Jésus prêcha en Galilée et en Pérée, il ne pouvait pas l'arrêter. Mais quand Jésus entra dans Jérusalem pour sa dernière Pâque, il se trouva à l'intérieur de la juridiction du Sanhédrin ; c'est alors que les dirigeants méchants et sans scrupules du conseil purent se saisir de lui, fabriquer une accusation de blasphème contre lui et ensuite manipuler Pilate, le procurateur romain, pour obtenir la crucifixion.


Matthieu 26:47-75. Irrégularités du procès de Jésus


L'arrestation, l'interrogatoire privé, la mise en accusation, l'action intentée par le sanhédrin, le procès, la procédure de condamnation, la sentence, la qualification des membres du Grand Sanhédrin pour faire un procès à Jésus, tout était illégal.


MATTHIEU 27

Matthieu 27:1-2. De qui se composait le Sanhédrin ?


Voir Matthieu 26:59


Matthieu 27:2. Ponce Pilate

Appelé en 25-26 après J-C, dans la douzième année du règne de Tibère, Ponce Pilate fut le sixième procurateur romain de la Judée et exerçait du temps du ministère du Christ. Arbitraire et désirant plaire à César, sa vie politique finit mal.


Matthieu 27:24. Pourquoi Pilate céda-t-il à l'exigence des Juifs ?


« Ne tenant absolument aucun compte de l'antipathie hébraïque pour les images et les enseignes païennes, (Pilate) faisait entrer les légionnaires à Jérusalem le soir, portant leurs aigles et leurs étendards décorés de l'effigie de l'empereur. Pour les Juifs, cet acte constituait une profanation de la Ville Sainte. En grandes foules, ils se rassemblèrent à Césarée et firent une pétition auprès du procurateur pour que les étendards et les autres images soient enlevés de Jérusalem. Pendant cinq jours le peuple supplia et Pilate refusa. Il le menaça d'un massacre général, et eut la stupéfaction de voir le peuple s'offrir comme victime à l'épée plutôt que d'abandonner sa demande. Pilate dut céder. » (Josèphe, Antiquités XVIII, ch. 3:1, et Guerres II, ch. 9:2-3)


« Il les offensa de nouveau en s'appropriant de force le Corban, ou fonds sacré du temple pour la construction d'un aqueduc destiné à fournir à Jérusalem l'eau des réservoirs de Salomon. S'attendant à la protestation publique du peuple, il avait fait déguiser des soldats romains en juifs et leur avait ordonné de se mélanger à la foule en cachant des armes sur eux. À un signal donné ces assassins utilisèrent leurs armes et un grand nombre de Juifs sans défense furent tués ou blessés. » (Josèphe, Ant. XVIII, ch. 3:2 et Guerres II, ch. 9:3-4)


« Une autre fois, Pilate avait gravement offensé le peuple en installant dans sa résidence officielle de Jérusalem des boucliers qui avaient été consacrés à Tibère, et ce 'moins pour honorer Tibère que pour ennuyer le peuple juif'. Une pétition signée par les fonctionnaires ecclésiastiques de la nation et par d'autres personnes influentes, y compris quatre princes hérodiens, fut envoyée à l'empereur, qui réprimanda Pilate et ordonna que les boucliers fussent transférés de Jérusalem à Césarée. » (Philon, De Legatione ad Caium, sect. 38)


« Ces outrages au sentiment national et un grand nombre de petits actes de violences, d'extorsion et de cruauté, les Juifs pouvaient s'en servir contre le procurateur. Il se rendait compte que sa position n'était pas sûre et il craignait d'être démasqué. Il avait fait tant de mal que lorsqu'il aurait voulu faire du bien il en fut empêché par la crainte lâche qu'il avait de son passé accusateur. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 790-791)


Matthieu 27:24. Que voulait dire Pilate en se lavant les mains devant les Juifs ?

« À ce moment-là (ou peut-être plus tôt comme le récit donné par la Traduction de Joseph Smith l'indique) Pilate, suivant la pratique juive dans ces cas-là (Deut. 21:1-9), accomplit la cérémonie rituelle destinée à le dégager de la responsabilité de la mort de Jésus. » (McConkie, DNTC, 1:810)


Matthieu 27:26-30. Moqueries et flagellation


« Cette pratique brutale, préliminaire à la crucifixion, consistait à dépouiller la victime de ses vêtements, à l'attacher à un pilier ou un encadrement de porte et à le battre avec un fouet fait de lanières de cuir armées de morceaux pointus de plomb et d'os. Cette torture la laissait ensanglantée, affaiblie et parfois morte. Pilate essaya en vain de susciter la compassion pour Jésus après la flagellation. Pour enseigner qu'il fallait supporter le châtiment, Paul, se remémorant cette scène, écrivit : 'Car le Seigneur châtie celui qu'il aime, et il frappe de sa verge tous ceux qu'il reconnaît pour ses fils' (Hébreux 12:6).

« Pilate regarde sa cohorte de six cents soldats railler et maltraiter le Fils de Dieu. Le manteau écarlate, la couronne d'épines, le roseau dans la main de notre Seigneur, faire semblant de lui obéir en l'appelant cyniquement 'Roi', tous ces simulacres, inspirés par le diable, du respect auquel il avait droit, plus les dégoûtants crachats et les coups qu'il reçut, tout cela c'est le tableau de l'avilissement humain au plus bas degré. Les soldats romains se sont associés à la foule juive. » (McConkie, DNTC, 1:807)


Matthieu 27:32. La croix


« La croix était constituée de deux parties, un pieu ou un poteau solide d'environ 2,50 mètres de haut qui était fixé dans le sol et une traverse non fixée (le patibulum) qui était portée par le criminel jusqu'au lieu de l'exécution. Parfois, le patibulum était une seule pièce de bois, mais le plus souvent il consistait en deux poutres parallèles maintenues ensemble entre lesquelles on passait le cou du criminel. Devant lui marchait un soldat portant une tablette sur laquelle le crime était inscrit ou bien le criminel la portait suspendue au cou par une corde.


« Au lieu de l'exécution, le criminel était déshabillé et couché sur le dos et ses mains étaient clouées au patibulum. Le patibulum était ensuite
hissé (le criminel y étant suspendu) dans la position voulue et fixé par des clous ou des cordes au poteau vertical. Le corps de la victime était maintenu non seulement par les clous passant à travers les mains, mais par un morceau de bois saillant en angle droit (le sedile) sur lequel il était assis comme sur une selle. Parfois il y avait aussi un support pour les pieds qui y étaient cloués.


« L'agonie de la crucifixion était longue et durait parfois plusieurs jours, la mort étant provoquée par la douleur, la faim et la soif. » (Dummelow, p. 716-717, cité dans McConkie, DNTC, 1:815)


Matthieu 27:33. « Golgotha » ou « lieu du Crâne »


« 'Le lieu du crâne'. Le nom hébreu araméen 'Golgotha', le grec 'Kranion' et le latin 'Calvaria' ou, sous sa forme francisée, 'calvaire', ont le même sens et veulent dire 'crâne'. Ce nom peut avoir été appliqué par allusion à un aspect topographique, de la même manière que nous parlons du pied d'une colline ; ou si cet endroit était le lieu ordinaire des exécutions, il se peut qu'il ait été appelé ainsi pour exprimer la mort, tout comme nous appelons un crâne une tête de mort. Il est probable que les corps des condamnés exécutés étaient ensevelis du lieu de leur mort ; et si le Golgotha, ou calvaire, était le lieu fixé pour l'exécution, il ne serait pas surprenant que des crânes et d'autres ossements humains aient été mis à découvert par les ravages des animaux et par d'autres moyens ; il faut cependant remarquer qu'il était contraire aux lois et aux sentiments juifs de laisser sans sépulture les corps ou l'une quelconque de leurs parties. L'origine de ce nom a aussi peu d'importance que les nombreuses théories divergentes concernant l'emplacement exact du lieu. » (Talmage, Jésus le Christ,p. 812-813)


Matthieu 27:35. « Après l'avoir crucifié »


« (La crucifixion) était considérée unanimement comme la plus horrible des morts. En outre, chez les Romains, à cette peine venait également s'ajouter la dégradation, et lorsqu'on appliquait ce châtiment à un homme libre, on ne le faisait que dans le cas des criminels les plus vils… Le criminel portait sa propre croix, ou tout au moins une partie de celle-ci. De là, au figuré, 'prendre' ou 'porter sa croix' veut dire 'endurer des souffrances, de l'affliction ou de la honte', comme un criminel se dirigeant vers le lieu de la crucifixion (voir Matt. 10:38, 16:24, Luc 14:27, etc.). Le lieu d'exécution était en dehors de la ville (voir 1 Rois 21:13 ; Actes 7:58 ; Héb. 13:12), souvent sur une route publique ou à un autre endroit bien visible.


« Arrivé au lieu de l'exécution, on enlevait les vêtements du condamné, ceux-ci devenant la propriété des soldats (Matt. 27:35). On enfonçait alors la croix dans le sol, de sorte que les pieds du condamné se trouvaient à quarante ou cinquante centimètres au-dessus du sol, et on l'y attachait, ou bien ou l'y étendait sur le sol, et puis on l'élevait avec elle. Il était de coutume de mettre des soldats de garde pour veiller sur la croix, de manière à empêcher qu'on enlève le condamné tandis qu'il vivait encore. C'était chose nécessaire étant donné le caractère lent de la mort, qui ne se produisait parfois pas avant trois jours et était en fin de compte le résultat d'un engourdissement graduel et de la faim. Sans cette garde, les concernés pouvaient être détachés et récupérés, ce qui se passa d'ailleurs dans le cas d'un ami de Josèphe…


« Dans la plupart des cas, on laissait le corps pourrir sur la croix sous l'action du soleil et de la pluie, ou bien on laissait les oiseaux et les animaux le dévorer. Pour cette raison, la sépulture était généralement interdite ; mais étant donné Deutéronome 21:22, on faisait une exception nationale expresse en faveur des Juifs (voir Matt. 27:58). Ce châtiment horrible fut heureusement aboli par Constantin. » (Bible Dict. de Smith, cité dans Talmage, Jésus le Christ, p. 813)


Matthieu 27:1, 35. Quel jour eut lieu la crucifixion ?


Parmi les spécialistes chrétiens, les opinions ne concordent pas complètement sur le jour de la crucifixion du Christ. Certains pensent qu'elle eut lieu le jeudi au lieu du vendredi, comme on le raconte traditionnellement. Si l'on considère que le jour de la crucifixion est le vendredi Jésus n'est resté que vingt-quatre heures dans la tombe bien que, il est vrai, cela recouvre diverses parties de trois journées distinctes. À propos du jour de la crucifixion, on lit dans Jean 19:31 : « et ce jour de sabbat était un grand jour » (un jour spécialement solennel, pas nécessairement un samedi). Le livre du Lévitique (23:4-6) exige que le quinzième jour du premier mois soit observé comme un jour de convocation, c'est-à-dire un sabbat ; cela pouvait tomber n'importe quel jour de la semaine. Ainsi, si le Christ a été crucifié un jeudi, le 14e jour de Nisan, le vendredi était le sabbat de la Pâque suivi du samedi de sabbat normal.


Matthieu 27:35. « Ils tirent au sort ma tunique »


« La prophétie messianique 'Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique' (Psaumes 22:19) contient deux parties : (1) Ils doivent se partager ses vêtements et (2) sa tunique doit être tirée au sort.


« Les hommes juifs portaient cinq vêtements : un couvre-chef, des chaussures, un sous-vêtement, un vêtement par-dessus et une ceinture. Ces objets, selon la coutume romaine devenaient la propriété des soldats qui faisaient la crucifixion. Il y en avait quatre et chacun prenait un vêtement. Dans le cas de Jésus, la tunique, tissée d'une seule pièce, était apparemment d'une excellente qualité, c'est pourquoi les soldats choisirent de la tirer au sort. » (McConkie, DNTC,1:820)


Matthieu 27:46. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?


« C'était à lui de faire le choix. C'était à lui que devait être donnée cette possibilité. C'était à lui de réussir l'épreuve de donner sa vie volontairement. Le soutien du Père lui fut complètement enlevé et la souffrance de Gethsémané reprit : notre Sauveur fut laissé complètement seul de façon à pouvoir accomplir seul le sacrifice expiatoire et avoir la gloire d'une victoire complète sur les forces du péché et de la mort. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 805)


C'était lui qui devait accepter, de sa propre volonté, de donner sa vie, en rançon pour beaucoup, afin que par son sang nous puissions être purifiés et sanctifiés jusqu'à ce que nous arrivions à un état qui nous permette de jouir à nouveau de la présence de notre Père céleste.


« Il semble qu'en plus des souffrances terribles causées par la crucifixion, l'agonie de Gethsémané soit revenue, intensifiée au point qu'il aurait été au-delà des pouvoirs humains de la supporter. En cette heure cruelle, le Christ mourant était seul, seul d'une manière terriblement réelle. Pour que le sacrifice suprême du Fils puisse être consommé dans toute sa plénitude, il semble que le Père ait retiré le soutien de sa présence immédiate, laissant au Sauveur des hommes la gloire d'une victoire complète sur les forces du péché et de la mort. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 805)


Matthieu 27:51-53. « Les sépulcres s'ouvrirent et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent » [sujet traité par la rédaction de la feuille d'olivier]


« Non seulement le Christ ressuscita à ce moment-là des morts, mais on en vit d'autres qui étaient sortis de leurs tombeaux, des hommes et des femmes justes qui étaient morts avant le Christ et qui eurent la bénédiction de se lever avec lui. Je ne crois pas que la résurrection d'alors fut générale ; je crois qu'elle se limita à ceux qui, tout en étant sur la terre, s'étaient montrés disposés à tout faire pour le royaume de Dieu et pour qui ni les biens ni les honneurs, ni la vie elle-même n'avaient été trop chers pour les empêcher d'exécuter les desseins de Dieu. » (Anthon H. Lund, dans Conference Report, avril 1904, p. 6 ; voir aussi Cours de l'Institut, manuel de l'étudiant, 1985, commentaire sur D&A 133:54-55)


« Les justes d'entre les morts qui avaient vécu du temps d'Adam jusqu'à l'époque où le Christ rompit les liens de la mort étaient avec le Christ dans sa résurrection (voir D&A 133:54-55). » (McConkie, Mormon Doctrine, 1958, 1966, p. 639-640 ; voir aussi Cours de Institut, manuel de l'étudiant, 1979, commentaire sur Mosiah 15:22-23)


« Tous ceux qui sont sortis du tombeau jusque maintenant ont été ressuscités avec des corps célestes et hériteront du royaume céleste (voir D&A 88:98). » (Oscar McConkie, Le royaume de Dieu, 1962, 1967, chapitre 9, p. 46)


Matthieu 27:62-69 ; 28:1-4, 11-15. Quelles tentatives furent faites pour discréditer la résurrection ?


« Nous avons suffisamment traité dans le texte l'affirmation absurde que le Christ n'était pas ressuscité, mais que son corps avait été volé du tombeau par les disciples. Le mensonge est sa propre réfutation. Les incrédules d'une époque ultérieure, reconnaissant l'absurdité palpable de cette tentative grossière de déformer les faits n'ont pas hésité à proposer d'autres hypothèses, dont chacune est intenable, cela a été prouvé d'une manière concluante.


« Ainsi, la théorie basée sur la supposition invraisemblable que le Christ n'était pas mort lorsqu'on le descendit de la croix, mais se trouvait dans un état de coma ou de syncope et qu'on le ranima plus tard, se réfute d'elle-même lorsqu'on l'examine à la lumière des faits dont nous disposons. Le coup de lance du soldat romain aurait été fatal, même si la mort ne s'était pas déjà produite. Le corps fut descendu, manipulé, enveloppé d'un linceul et enseveli par des membres du Sanhédrin juif, dont on ne peut concevoir qu'ils aient pu participer à l'ensevelissement d'un homme vivant ; et pour ce qui est de la possibilité que Jésus ait pu être ranimé plus tard, Edersheim (vol. 2, p. 626) tranche la question comme suit : 'Pour ne pas parler des nombreuses absurdités que cette théorie entraîne en réalité elle transfère – si nous acquittons les disciples de toute complicité – l'imposture sur le Christ lui-même'. Une personne crucifiée, descendue de croix avant sa mort et ranimée par après, aurait été incapable de marcher les pieds percés et mutilés le jour de son retour à la vie, comme Jésus le fit sur la route d'Emmaüs.


« Une autre théorie qui a eu son temps est celle que ceux qui prétendirent avoir vu le Christ ressuscité furent trompés sans le savoir, ces personnes ayant été victimes de visions subjectives, mais irréelles provoquées par leur état d'excitation et d'imagination. L'indépendance et l'individualité marquées des diverses apparitions du Seigneur qui sont parvenues jusqu'à nous rejettent la théorie de la vision. Les illusions visuelles subjectives du genre de celles que propose cette hypothèse présupposent un état d'attente de la part de ceux qui pensent qu'ils voient; mais tous les incidents relatifs aux manifestations de Jésus après sa résurrection étaient directement opposés à l'attente de ceux qui furent les témoins de son état ressuscité.


« Les exemples précédents de théories fausses et intenables concernant la résurrection de notre Seigneur, nous les citons comme exemples des nombreuses tentatives manquées pour nier par le raisonnement le plus grand miracle et le fait le plus merveilleux de l'histoire. Nous avons des preuves plus concluantes pour attester la résurrection de Jésus-Christ que nous n'en avons pour les événements historiques en général que nous acceptons. Et cependant le témoignage de la résurrection de notre Seigneur n'est pas basé sur des pages écrites. Celui qui cherche avec foi et sincérité recevra une conviction personnelle qui lui permettra de confesser pieusement comme l'apôtre éclairé d'autrefois, lorsqu'il s'exclamait : 'Je sais que mon Rédempteur est vivant' (Jean 19:25). » (Talmage, Jésus le Christ, p. 852-853)


MATTHIEU 28


Matthieu 28:1-4. Quelle fut l'heure de la résurrection ? Quand le Sauveur sortit-il du tombeau ?


« Notre Seigneur prédit nettement sa résurrection d'entre les morts le troisième jour (voir Matt. 16:21 ; 17:23 ; 20:19 ; Marc 9:31 ; 10:34 ; Luc 9:22 ; 13:32 ; 18:33), et les anges au tombeau (voir Luc 24:46) confirmèrent l'accomplissement des prophéties ; en outre des apôtres témoignèrent dans ce sens au cours d'années ultérieures (voir Actes 10:40 ; 1 Corinthiens 15:4). Il ne faut pas penser que le troisième jour spécifié veut dire la fin de trois jours complets. Les Juifs commençaient à calculer les heures quotidiennes au coucher du soleil ; par conséquent l'heure précédant le coucher du soleil et l'heure suivante appartenaient à des jours différents. Le Christ mourut et fut enterré le vendredi après-midi. Son corps demeura au tombeau, mort, pendant une partie du vendredi (premier jour), tout le samedi, ou selon notre manière de diviser les jours, du vendredi au coucher du soleil au samedi au coucher du soleil (deuxième jour), et une partie du dimanche (troisième jour). Nous ne savons pas à quelle heure entre le samedi au coucher du soleil et le dimanche à l'aube il se leva. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 850-851)

Matthieu 28:2-4, 11-15. Quelles furent les réactions des soldats aux événements du jour de la résurrection ?


« Samedi, le sabbat juif était passé, et la nuit précédant l'aube du dimanche le plus mémorable de l'histoire était presque terminée, tandis que les soldats romains montaient la garde devant le sépulcre sacré où gisait le corps du Seigneur Jésus. Tandis qu'il faisait encore noir, la terre commença à trembler ; un ange du Seigneur descendit en gloire, roula la pierre massive de devant l'entrée du tombeau, et s'assit dessus. Son aspect était aussi brillant que l'éclair et son vêtement était blanc comme la neige fraîche. Les soldats, paralysés de peur, tombèrent comme morts sur le sol. Lorsqu'ils se furent partiellement ressaisis de leur effroi, ils s'enfuirent terrorisés. Même la rigueur de la discipline romaine, qui décrétait l'exécution sommaire de tout soldat désertant son poste, ne put les arrêter. En outre, il ne leur restait plus rien à garder ; le sceau de l'autorité avait été brisé, le sépulcre était ouvert et vide. » (Talmage, Jésus le Christ,p. 827)


Matthieu 28:1, 5-7. Pourquoi Marie de Magdala et les autres femmes fidèles allèrent-elles au tombeau ?


« Dès les premières lueurs de l'aube, la dévouée Marie de Magdala et d'autres femmes fidèles se mirent en route pour la tombe, apportant des épices et des onguents qu'elles avaient préparés pour achever d'oindre le corps de Jésus. Certaines d'entre elles avaient assisté à l'ensevelissement et se rendaient compte de la nécessité dans laquelle Joseph et Nicodème s'étaient trouvés d'envelopper hâtivement le corps d'épices et de le mettre au tombeau, juste avant le commencement du sabbat ; et maintenant ces adoratrices venaient au petit matin servir leur Seigneur avec amour en oignant et en embaumant d'une manière plus approfondie l'extérieur du corps. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 827-828)


Matthieu 28:1-4, 11-15. Voir Matthieu 27:62-69


Matthieu 28:16-20. Jésus apparaît en Galilée


« De toutes les apparitions qui sont rapportées du Christ ressuscité aux disciples en Palestine, celle-ci est la plus importante. Et pourtant, le récit qu'en a conservé la Bible actuelle n'est que très fragmentaire. Ce fut une apparition prévue, organisée à l'avance à laquelle fut invitée une grande multitude de disciples. C'est certainement à propos de cette apparition que Paul écrivit plus tard : 'Il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois' (1 Corinthiens 15:6). Si c'est le cas, les soixante-dix et les frères dirigeants de l'Église ont dû y assister ainsi peut-être que les femmes fidèles qui sont héritières des mêmes récompenses que les détenteurs obéissants de la prêtrise.


« Nous ne savons pas quand Jésus a précisé le lieu de la réunion, mais le soir où il fut trahi et arrêté, il fit cette promesse : 'Après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée' (Matthieu 26:32). Puis les ange s au tombeau, quand ils annoncèrent aux femmes qu'il était ressuscité, leur commandèrent de dire aux disciples : 'Il vous précède en Galilée : c'est là que vous le verrez' (Matthieu 28:7 ; Marc 16:7). Et ensuite, pour confirmer encore ce rendez-vous et insister ainsi sur son importance, Jésus ressuscité lui -même dit aux femmes prosternées devant lui pour l'adorer : 'Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront' (Matthieu 28: 9-10).


« Nous pouvons supposer qu'une grande préparation précéda cette réunion ; qu'y furent traitées de nombreuses choses ; ce fut peut-être quelque chose de semblable à son ministère auprès des multitudes néphites et le point de dé part, par la bouche de nombreux témoins, du témoignage qui fut porté au monde qu'il est le Fils de Dieu. » (McConkie, DNTC, 1:866-867)


 

MARC

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I



MARC 1

Marc 1:17. Voir commentaire de Matthieu 4:19.

Marc 1:21-28. Des esprits impurs peuvent-ils entrer dans le corps d'une personne et en prendre possession ?


« Pour comprendre le fait que Jésus chassait des démons, nous devons avoir la connaissance de la pré-existence et du fait que Dieu est réellement notre Père. Comme l'Évangile nous le révèle, Dieu est un Homme saint et exalté, une personne réelle à l'image de qui l'homme est créé, un être pour qui la cellule familiale se perpétue dans un état d'immortalité. C'est lui, en personne, qui est le Père de l'esprit de tous les hommes. Ses enfants spirituels ont commencé à vivre en tant qu'hommes et femmes dont le corps était composé d'éléments spirituels et non matériels.


« Ces enfants spirituels de la Divinité, doués du libre arbitre et soumis à la loi, ont eu toutes les possibilités progresser, de se perfectionner et d'obtenir le droit de subir l'examen probatoire de mortalité. Deux tiers d'entre eux ont réussi les épreuves de la pré-existence et se trouvent maintenant dans la phase où ils doivent naître dans le monde sous forme d'êtres mortels. Ceux qui forment l'autre tiers, n'ayant pas gardé leur premier état, se sont finalement ouvertement rebellés contre Dieu et ses lois. Il en résulta une guerre dans les cieux, et le diable et tous ceux qui l'avaient suivis furent précipités sur la terre. Tous ceux qui furent ainsi rejetés se voient refuser éternellement le droit d'avoir un corps à eux. Dans cet état désespéré et maudit, ils cherchent à s'installer illicitement dans le corps d'hommes mortels. » (McConkie, DNTC, 1:167-68)


MARC 2

Marc 2:21. Que voulait dire Jésus par l'expression « du vin nouveau dans de vieilles outres » ?


« C'est de cette manière que notre Seigneur proclama la nouveauté et la de son Évangile. Ce n'était nullement un rapiéçage du judaïsme. Il n'était pas venu réparer des vêtements vieux et déchirés; la toile qu'il donnait était nouvelle, et la coudre sur l'ancienne n'aurait fait que déchirer de nouveau le tissu complètement usé et laisser une déchirure encore plus vilaine que précédemment. Ou pour prendre un autre exemple, il n'était pas prudent de confier du vin nouveau à de vieilles… outres faites de peau d'animaux, et qui se détérioreraient évidemment avec l'âge. Tout comme le vieux cuir se fend ou se déchire sous une pression, même légère, de même les vieilles peaux… éclateraient sous la pression du jus en fermentation, et le bon vin serait perdu.


« L'Évangile enseigné par le Christ était une révélation nouvelle qui remplaçait une révélation passée et marquait l'accomplissement de la loi ; ce n'était pas un simple ajout, ni une répétition de commandements passés ; elle comportait une nouvelle alliance éternelle.


« Les efforts pour rapiécer les vêtements du traditionalisme juif avec la nouvelle étoffe de l'alliance ne pouvait avoir de plus beau résultat qu'une déchirure de l'étoffe. Le vin nouveau de l'Évangile ne pouvait être contenu dans les vieux récipients des libations mosaïques usés par le temps. Le judaïsme serait humilié et le christianisme perverti par tout mélange incongru de ce genre. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 239-240)


MARC 3


Marc 3:7-35. Jésus guérit de nombreuses personnes, envoie ses apôtres prêcher et met en garde contre le blasphème.


Jésus se rend à la mer de Galilée et guérit de nombreuses personnes qui l’y ont suivi, notamment des personnes qui ont des esprits impurs. Après avoir choisi les douze apôtres, Jésus les ordonne et les envoie prêcher, guérir et chasser les démons. Il met ensuite en garde les scribes contre le blasphème contre le Saint-Esprit et enseigne que les membres de sa famille sont les personnes qui font la volonté de notre Père céleste.


Marc 3:31-35. Voir commentaire de Matthieu 8:18-22.

MARC 4

Marc 4:4, 25. Voir commentaire de Matthieu 13:4, 19.


Marc 4:5-6, 16-17. Voir commentaire de Matthieu 13:5-6, 20-21.


Marc 4:7, 18-19. Voir commentaire de Matthieu 13:7, 22.


Marc 4:8, 20. Voir commentaire de Matthieu 13:8.


MARC 5

Marc 5:1-21. Pourquoi l'homme fait-il cette réponse insensée : « Légion est mon nom car nous sommes plusieurs » ?


« On voit bien ici que l'homme était doté d'un conscient double ou d'une personnalité multiple. Il était à ce point possédé par des esprits mauvais qu'il ne pouvait plus distinguer entre sa personnalité à lui et la leur. » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 380)

MARC 6

Marc 6:37. Que représentent les deux cents deniers mentionnés ?


Le denier était la monnaie romaine de l'époque. C'était une pièce d'argent. Deux cents deniers correspondraient approximativement à 160 francs français [24 €] actuels.

MARC 7

Marc 7:1. Qui étaient les scribes ?


« Il y a un acteur de premier plan dans la liste des personnages du Nouveau Testament : le scribe. On le trouve à Jérusalem, en Judée et en Galilée et il n'est pas nouveau dans la vie et la culture juives. Présent à Babylone et aussi au cours de la dispersion, il est le porte-parole du peuple; il est le sage ; il est l'homme de bon conseil, le rabbi qui a reçu son ordination par l'imposition des mains. Sa capacité à interroger et à poser des questions est renommée. Personnage digne et important, c'est un aristocrate parmi les gens du peuple qui ne connaissent pas la loi. En ce qui concerne la foi et les pratiques religieuses, il est l'autorité et celui qui tranche ; en tant qu'instructeur de la loi, en tant que juge dans les tribunaux ecclésiastiques, il est l'érudit qui doit être respecté, celui dont le jugement est infaillible.


« Il voyage en compagnie des pharisiens, mais il n'est pas nécessairement membre de leur parti religieux. Il a le rang correspondant à son office. Sa valeur est bien supérieure à celle des gens ordinaires, et ceux-ci doivent l'honorer, car il doit être loué par Dieu et par les anges dans les cieux. En fait, ses paroles concernant la loi et les pratiques doivent être révérées au point qu'il faut les croire, même si elles sont en contradiction Avec le bon sens, même s'il venait à affirmer que le soleil ne brille pas à midi alors que tout le monde le voit. » (Edersheim, The Life and Times of Jesus the Messiah, 1 :93-94)


Marc 7:11. Que voulait dire « corban » ?


« Le mot 'corban' signifie une offrande, un sacrifice à Dieu. Son utilisation permettait à un homme de faire vœu d'éviter ou d'accepter n'importe quelle obligation. Ainsi un homme pouvait dire: 'Je fais vœu à Dieu ou plutôt c'est corban pour moi de m'abstenir de vin pendant un certain temps.' Il pouvait dire : 'C'est corban pour moi de rendre l'hospitalité à tel ou tel homme.' Il pouvait s'abstenir d'aider ses parents en disant : 'C'est corban pour moi pendant un certain temps de ne pas assister mes parents' » (Dummelow, A Commentary on the Holy Bible, p. 678).


De cette façon, on annulait les lois comme « Honore ton père et ta mère ». Le Sauveur se rendit compte de cela et réprimanda les scribes et les pharisiens d'échapper de cette manière à leurs obligations légitimes.


MARC 8

Marc 8:1-10. Voir Matthieu 15:32-39.


Marc 8:11-13. Voir Matthieu 6:1-14.


Marc 8:14-21. Voir Matthieu 16:5-12.


Marc 8:27-30. Voir Matthieu 16:13-20.


MARC 9

Marc 9:2-10. Voir commentaire de Matthieu 17:1-9.


Marc 9:14-29. Voir commentaire de Mathhieu 17:14-21.


MARC 10

Marc 10:1-12. Voir le commentaire de Matthieu 19:1-9.


Marc 10:17-30


Un jeune homme riche demande ce qu’il doit faire pour obtenir la vie éternelle, et Jésus enseigne que le fait de mettre sa confiance dans les richesses peut empêcher quelqu’un d’entrer dans le royaume de Dieu.


« Là est la difficulté, et ce fut le problème du jeune homme. Il avait de grands biens, et il préférait se reposer sur sa richesse que d’abandonner tout pour suivre le Christ… Nul ne peut obtenir le don de la vie éternelle s’il n’est disposé à sacrifier toutes les choses terrestres pour l’obtenir. » (Joseph F. Smith, Doctrine de l’Évangile, p. 219-220)



MARC 11

Marc 11:11. Jésus bénit ses disciples pour le jour où Jérusalem serait détruite


Traduction de Joseph Smith : « Et Jésus entra dans Jérusalem et alla dans le temple. Et quand il eut regardé toutes choses autour de lui et béni les disciples, c'était le soir. Et il alla à Béthanie avec les Douze. »


« Jérusalem devait être entièrement dévastée et châtiée comme peu de villes l'ont jamais été, mais les fidèles qui se trouveraient dans ses murs devaient être protégés, sauvés et bénis. » (McConkie, DNTC, 1:579)


Marc 11:12-14. Pourquoi Jésus a-t-il maudit le figuier stérile ?


Peut-être que Jésus a voulu donner plusieurs leçons quand il a maudit le figuier stérile.


1. Démontrer qu'il avait le pouvoir de détruire

« Bien que Jésus soit venu pour bénir et sauver, il avait le pouvoir de frapper, de détruire et de maudire. 'Il faut qu'il y ait de l'opposition en toutes choses' (2 Néphi 2:11) ; si les bénédictions sont le résultat de la justice, leur opposé, les malédictions, doit venir de la méchanceté. Les véritables ministres de l'Évangile cherchent toujours à bénir, bien que le rejet de leur message entraîne des malédictions. 'Je bénirai celui que tu bénis, et je maudirai celui que tu maudis, dit le Seigneur' (D&A 132:47). Il est bon que Jésus ait laissé une manifestation de son pouvoir de maudire, et le fait qu'il n'ait pas choisi une personne mais un arbre est un acte évident de miséricorde. » (McConkie, DNTC, 1:582)


2. Enseigner la foi à ses disciples


« Appliquant la leçon de cet événement, Jésus dit : 'Ayez foi en Dieu' ; puis il répéta certaines des assurances qu'il avait déjà données sur la puissance de la foi, laquelle permettait même de déplacer des montagnes, s'il était besoin de pareil miracle, et laquelle permet d'ailleurs d'accomplir n'importe quelle chose nécessaire. Il montra que faire flétrir un arbre était bien peu en comparaison des choses plus grandes qu'il était possible d'accomplir par la foi et la prière. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 639)


3. Témoigner de sa domination sur toutes choses


« Pour les apôtres cet acte était une preuve indiscutable du pouvoir que le Seigneur possédait sur la nature, de son contrôle sur les forces naturelles et toutes choses matérielles, de sa juridiction sur la vie et la mort. Il avait guéri des multitudes, le vent et les vagues avaient obéi à ses paroles, en trois occasions il avait rendu les morts à la vie. Il convenait qu'il montre son pouvoir de frapper et de détruire. En manifestant sa domination sur la mort, il avait relevé miséricordieusement une jeune fille du lit sur lequel elle était morte, un jeune homme de la bière dans laquelle on le portait au tombeau, un autre du sépulcre dans lequel son cadavre avait été déposé ; mais pour prouver son pouvoir de détruire d'un mot, il choisit pour sujet un arbre stérile et sans valeur.


« Aucun des Douze ne pouvait douter lorsque quelques jours plus tard ils le virent entre les mains des prêtres vindicatifs et de païens sans cœur, que s'il l'avait voulu il aurait pu frapper ses ennemis d'un mot, même à mort. Et pourtant ce n'est qu'après sa résurrection glorieuse que même les apôtres se rendirent compte à quel point son sacrifice avait été volontaire. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 640-641)


4. Montrer le sort de la nation qui le rejetait


« L'arbre feuillu et stérile était un symbole du judaïsme qui se proclamait à voix haute être la seule vraie religion de l'époque et invitait avec condescendance le monde entier à venir prendre de son fruit riche et mûr, alors qu'en réalité ce n'était qu'une croissance dénaturée de feuilles, sans aucun fruit en saison, ni même de bulbes comestibles restés d'une année précédente, parce que ce qu'il avait en fait de fruits anciens était desséché au point de devenir sans valeur et rendu répugnant, mangé qu'il était des vers. La religion d'Israël avait dégénéré en une dévotion religieuse artificielle, qui dépassait les abominations du paganisme dans la prétention de son étalage et dans le vide de ses professions.


« Comme nous l'avons déjà fait remarquer dans ces pages, le figuier était un symbole favori dans les représentations rabbiniques de la race juive et le Seigneur avait déjà adopté ce symbolisme dans la parabole du figuier stérile, plante sans valeur qui ne faisait qu'encombrer le sol. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 642)


MARC 12

Marc 12:41-44. Quelle fut l'importance de l'offrande de la veuve ?


« Dans les comptes gérés par les anges qui tiennent les registres, calculés selon l'arithmétique du ciel, les inscriptions sont faites en termes de qualité plutôt que de quantité, et les valeurs sont déterminées sur la base de la capacité et de l'intention. Les riches donnaient beaucoup mais pourtant ils conservaient davantage; le don de la veuve était tout ce qu'elle avait. Ce n'était pas la petitesse de son offrande qui la rendait spécialement acceptable, mais l'esprit de sacrifice et d'intention pieuse avec lequel elle donnait. Dans le livre des comptables célestes la contribution de cette veuve était inscrite comme un don magnifique, surpassant en valeur la largesse des rois. 'La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu'elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 683)


MARC 13


Le Sauveur parle à ses apôtres de la Seconde Venue.

MARC 14

Marc 14:22-25. Que dit réellement Jésus lors de l'institution de la Sainte-Cène ?


Traduction de Joseph Smith : « Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le leur donna en disant : Prenez et mangez. Voici, vous ferez ceci en souvenir de mon corps ; car chaque fois que vous ferez ceci, vous vous rappellerez cette heure où j'étais avec vous. Puis il prit la coupe, et quand il eut rendu grâce, il la leur donna et ils en burent tous. Et il leur dit : Ceci est en souvenir de mon sang qui est répandu pour beaucoup et c'est le nouveau testament que je vous donne : car vous rendrez témoignage de moi dans tout le monde. Et chaque fois que vous accomplirez cette ordonnance, vous vous souviendrez de moi à cette heure où j'étais avec vous et où je buvais cette coupe avec vous dans les derniers instants de mon ministère. Je vous le dis en vérité, vous rendrez témoignage de ceci : car je ne boirai plus du fruit de la vigne avec vous jusqu'au jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu. »


MARC 15

Marc 15:34


« Il semble qu'en plus des souffrances terribles causées par la crucifixion, l'agonie de Gethsémané soit revenue, intensifiée au point qu'il aurait été au-delà des pouvoirs humains de la supporter. En cette heure cruelle, le Christ mourant était seul, seul d'une manière terriblement réelle. Pour que le sacrifice suprême du Fils puisse être consommé dans toute sa plénitude, il semble que le Père ait retiré le soutien de sa présence immédiate, laissant au Sauveur des hommes la gloire d'une victoire complète sur les forces du péché et de la mort. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 805)


Marc 15:47 ; 16:1. Pourquoi Marie de Magdala et les autres femmes fidèles allèrent-elles au tombeau ?


Voir commentaire de Matthieu 28:1, 5-7.


MARC 16

Marc 16:1. Voir Marc 15:47


Marc 16:9-11. Jésus apparaît à Marie de Magdala


« Qu'il y a beaucoup de choses relatives à la mort, l'ensevelissement et la résurrection de notre Seigneur qui anoblissent et exaltent les vertus des femmes fidèles ! Elles pleurèrent à la croix, cherchèrent à s'occuper de son corps blessé et sans vie et vinrent au tombeau pleurer leur ami et Maître. C'est pourquoi il n'est pas étonnant de trouver une femme, Marie de Magdala, choisie entre tous les disciples et même les apôtres pour être le premier être mortel à voir un être ressuscité et à se prosterner en sa présence. Marie, qui avait été guérie de beaucoup et qui aima beaucoup, vit le Christ ressuscité ! » (McConkie, DNTC, 1:843)


Marc 16:11, 13. Pourquoi les apôtres ne crurent-ils pas ce que leur disaient Marie de Magdala et les autres femmes ?


« Marie de Magdala et les autres femmes racontèrent aux disciples l'histoire merveilleuse de leurs expériences respectives, mais les frères ne purent ajouter foi à leurs paroles ; ils 'tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes'. Après tout ce que le Christ avait enseigné concernant sa résurrection des morts en ce troisième jour, les apôtres étaient incapables d'accepter la réalité de l'événement ; dans leur esprit, la résurrection était un événement mystérieux et lointain, et non une possibilité actuelle. Il n'y avait ni précédent ni analogie pour soutenir les histoires que ces femmes racontaient – d'un mort qui serait revenu à la vie, avec un corps de chair et d'os que l'on pouvait voir et toucher – à part les cas du jeune homme de Naïn, de la fille de Jaïrus et du bien-aimé Lazare de Béthanie ; mais ils voyaient les différences essentielles qui existaient entre ces cas de restitution à un renouveau de vie mortelle et la nouvelle de la résurrection de Jésus.


« La douleur et le sentiment de perte irréparable qui avaient caractérisé le sabbat de la veille, étaient remplacés, en ce premier jour de la semaine, par une perplexité profonde et des doutes en conflit. Mais alors que les apôtres hésitaient à croire que le Christ soit réellement ressuscité, les femmes, moins sceptiques, plus confiantes,
savaient, car elles l'avaient vu et avaient entendu sa voix, et certaines d'entre elles lui avaient touché les pieds. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 832-833)


Marc 16:12. Pourquoi le Seigneur ne révéla-t-il pas son identité quand il apparut à Cléopas et son compagnon sur la route d'Emmaüs ?


« Pourquoi le Seigneur ressuscité choisit-il ce moyen d'apparaître à et son compagnon (peut-être Luc, puisque c'est lui qui rapporte cet épisode) ? Était-ce pour citer et interpréter les prophéties messianiques 'en commençant par Moïse et par tous les prophètes ?' Cela aurait pu être fait dans des circonstances ayant plus d'effet ; c'est pour cela que Luc ne rapporte même pas les explications données. Pourquoi le Seigneur cacha-t-il son identité ? Pourquoi marcher et parler, peut-être des heures sur les chemins poussiéreux de Palestine ?


« De toute évidence, c'était pour montrer à quoi ressemble un être ressuscité. Il enseignait l'Évangile comme lui seul pouvait le faire, enseignant par un sermon vivant, sermon qui devait avoir son point culminant peu de temps après dans une chambre haute en présence de ses apôtres (voir Luc 24:36-44).


« Jésus longea un chemin de Judée, marcha pendant des heures et enseigna les vérités de l'Évangile exactement comme il l'avait fait pendant les trois ans et demi de son ministère mortel. Il ressemblait tant à n'importe quel autre instructeur en train de voyager, par son attitude, son vêtement, son langage, son apparence physique, sa conversation qu'ils ne reconnurent pas Jésus qu'ils croyaient mort. 'Reste avec nous', lui dirent-ils comme ils l'auraient dit à Pierre ou à Jean. 'Entre et dormir ; tu dois être fatigué et tu dois avoir faim'. Ils crurent que c'était un homme mortel. Pouvait-on trouver un moyen plus parfait d'enseigner ce qu'était un être ressuscité quand il retient en lui sa gloire ? Les hommes sont des hommes, qu'ils soient mortels ou immortels et, après cet épisode sur la route d'Emmaüs, il n'y a pas lieu de faire de la réalité de la résurrection quelque chose d'extra-spirituel (voir Marc 16:9-11). » (McConkie, DNTC,1:850)

 

 

LUC

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I



LUC 1

Luc 1:5–25, 57–80


L’ange Gabriel apparaît à Zacharie et lui dit, qu’en réponse à sa prière, sa femme, Élisabeth, donnera naissance à un fils. Ce fils, qui devra recevoir le nom de Jean, préparera le peuple à accepter le Seigneur. Zacharie met en doute les paroles de Gabriel et est rendu muet. Élisabeth devient enceinte dans son âge avancé et donne naissance à Jean. Zacharie fait preuve d’un regain de foi lorsqu’il prophétise la mission de Jean.


Luc 1:5-25, 57-80. Les bénédictions de Dieu nous sont accordées quand il le juge bon.


Pour une raison ou pour une autre, le calendrier de Dieu impliquait que la bénédiction d’avoir un enfant, qu’Élisabeth et Zacharie désiraient, viendrait beaucoup plus tard qu’ils ne l’avaient espéré.


« Certaines bénédictions se manifestent rapidement, d’autres tard, certaines uniquement aux cieux, mais pour ceux qui embrassent l’Évangile de Jésus-Christ, elles se manifestent » (Jeffrey R. Holland, Un sacrificateur des biens à venir, Le Liahona, janvier 2000, p. 45)


Luc 1:26–56. Voir Matthieu 1:18-25.


L’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle sera la mère du Fils de Dieu. Marie et sa cousine Élisabeth se réjouissent de la nouvelle de la venue du Sauveur. Joseph apprend que Marie va donner naissance au Sauveur.


Luc 1:28-35. Voir commentaire de Matthieu 1:18-25.


Luc 1:46-55. Marie témoigne de la mission de Jésus-Christ.


Les paroles de Marie dans Luc 1:46-55 prédisent des aspects de la mission du Sauveur.


LUC 2

Luc 2:1-20. Édit de César Auguste


C'est Rome qui gouvernait une partie du monde méditerranéen au temps de la naissance du Christ. Auguste gouvernait avec énergie et compétence et, pendant toute la période où il fut au pouvoir (de 31 avant J-C à 14), il chercha à établir dans la bureaucratie romaine une tradition de loyauté et d'honnêteté, à réorganiser les gouvernements des provinces et à faire des réformes financières. Son gouvernement fut caractérisé par l'ordre.


Auguste ordonna un recensement de tout l'empire romain en l'an 1 avant J.-C. Ce recensement était en fait l'enregistrement des personnes.


« Ce recensement des sujets romains, une fois obtenu, permettrait d'obtenir l'impôt à prélever sur les divers peuples intéressés. Le recensement en question était le deuxième des trois recensements que les historiens déclarent s'être produits à des intervalles de vingt ans environ. Si le recensement avait été fait suivant la méthode romaine habituelle, chaque personne aurait été enregistrée dans sa ville de résidence ; mais la coutume juive, que la loi romaine respectait, exigeait que le recensement soit fait dans les villes que les familles respectives considéraient comme celles de leurs ancêtres. » (Talmage, Jésus le Christ., p. 109-110)

« Le 6 avril 1973 est une date particulièrement significative parce qu'elle commémore non seulement l'anniversaire de l'organisation de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dans cette dispensation
[voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], mais aussi l'anniversaire de la naissance du Sauveur, notre Seigneur et Maître, Jésus-Christ. » (Harold B. Lee, CR., avril 1973, p. 4)


LUC 3

Luc 3:1-22. Sous la loi de Moïse, l’officier présidant la Prêtrise d’Aaron s’appelait le grand prêtre. Cependant, à l’époque du ministère du Sauveur, l’office de grand prêtre était devenu corrompu. Le grand prêtre est alors aussi le chef politique de la nation mais, à cette époque, les hommes qui détiennent cet office ne sont pas choisis par Dieu. Ils sont choisis par des hommes comme Hérode et d’autres chefs romains. À l’époque, certaines personnes croient que, comme ils sont descendants d’Abraham, ils sont meilleurs que les autres ou que Dieu les aime plus que les non-Israélites. Ils peuvent être comparés aux personnes qui pensent actuellement qu’elles iront au ciel simplement parce qu’elles sont membres de l’Église.


Luc 3:2-18. Voir Matthieu 3:1-12.


Luc 3:7. Voir Matthieu 3:7.


Luc 3:9. Les fruits symbolisent le résultat des choix que nous faisons.


Luc 3:10-15. Jean enseigne à des groupes particuliers de la société juive comment ils peuvent produire des bons fruits en vivant dans la justice. Le ministère de Jean est impressionnant et certains pensent qu’il est peut-être le Messie.


Luc 3:15-16, 21-22. Voir Matthieu 3:13-17.


Luc 3:16-17. Lexpression « baptiser du Saint-Esprit et de feu » (v. 16) désigne les effets purificateurs et sanctificateurs de la réception du don du Saint-Esprit. Pour mieux comprendre le verset 17, il est utile de comprendre le processus de séparation du blé de la paille. Une fois que le blé est récolté et battu (lorsque le grain est séparé du reste de la plante), le fermier vanne le grain. Le vannage est une méthode ancienne employée pour séparer les grains de blé de la paille et de la balle (l’enveloppe extérieure). Le vanneur utilise une grande pelle ou une fourche en bois appelée un van pour projeter en l’air le blé battu. Le vent emporte les parties indésirables plus légères et les grains de blé plus lourds tombent sur l’aire de battage. Le point de doctrine important enseigné dans ces versets est que Jésus-Christ sépare les justes des méchants.


Luc 3:18-22. Jésus va à Jean-Baptiste pour se faire baptiser par lui (voir également Matthieu 3:13-17). Plus tard, Jean-Baptiste est emprisonné par Hérode.


Luc 3:21-22. Voir Matthieu 3:16-17.


Luc 3:23-28. Voir commentaire de Matthieu 1:17.


Luc 3:23-38. Exposé de la généalogie de Jésus.


Présentation de la généalogie de Jésus qui donne la lignée directe de Jésus par le sang. Luc témoigne aussi que Joseph est le père de Jésus « comme on le croyait » (Luc 3:23), et non son vrai père.


LUC 4

Luc 4:1-13. Voir Matthieu 4:1-11.


Luc 4:1-13. Jésus-Christ est tenté par Satan dans le désert.


Jésus jeûne quarante jours dans le désert et rejette les tentations de Satan.


Luc 4:14-17. Après avoir jeûné et été tenté dans le désert, Jésus commence à prêcher dans les synagogues de Galilée. Il retourne bientôt à Nazareth, sa ville natale. Là, il se lève dans la synagogue pour faire la lecture du livre d’Ésaïe, qui prophétise la mission divine du Messie.


Luc 4:14–32


Jésus enseigne dans une synagogue à Nazareth. En disant que la prophétie d’Ésaïe est accomplie, Jésus annonce qu’il est le Messie dont elle parle. Après qu'il a attesté être le Messie qu’Ésaïe avait annoncé, les gens le rejettent avec colère.


Luc 4:23-27.


Jésus sait que les habitants de Nazareth vont le mettre au défi de prouver qu’il est le Messie en répétant les miracles qu’il a accomplis à Capernaüm. Jésus répond en citant deux récits scripturaires pour leur enseigner le principe de la foi : le récit d’Élie et la veuve de Sarepta (dans 1 Rois 17:1-16) et celui de Naaman et Élisée (dans 2 Rois 5:1-14). Il est important de savoir que les prophètes de l’Ancien Testament Élie et Élisée ont tous les deux accompli des miracles pour des personnes qui n’étaient pas Israélites (païens). Jésus enseigne aux habitants de Nazareth que, bien qu’il y ait eu des veuves et des lépreux parmi les Israélites, deux païens ont bénéficié de miracles parce qu’ils ont eu la foi et ont accepté les prophètes de Dieu. Comme tellement d’habitants de Nazareth manquent de foi en lui, Jésus n’accomplit que très peu de miracles parmi eux (voir Matthieu 13:54- 58 ; Marc 6:1-6). Le contraste entre les habitants de Nazareth et la veuve de Sarepta et Naaman nous apprend un principe important sur la foi : Lorsque nous montrons notre foi en Jésus-Christ, nous pouvons voir des miracles se produire.


LUC 5


Luc 5:1-11. Voir commentaire de Matthieu 4:18-20.


Luc 5:17-24. La rémission des péchés guérit l'esprit


« D'après ce que Jésus a dit au moment où il guérit le paralytique, il semblerait que la rémission des péchés est la thérapeutique qui guérit et que les deux sont synonymes…


« Dans ce cas, il y a eu guérison physique. Parfois, il y a aussi une guérison du système nerveux ou de l'esprit. Mais toujours, la rémission des péchés, qui accompagne le pardon divin, guérit l'esprit. Cela explique le fait que, dans les Écritures, conversion et guérison sont très souvent associées. » (Marion G. Romney, dans CR, octobre 1963, p. 24-25)


Luc 5:37. Que voulait dire Jésus par l'expression « du vin nouveau dans de vieilles outres » ?


« C'est de cette manière que notre Seigneur proclama la nouveauté et la de son Évangile. Ce n'était nullement un rapiéçage du judaïsme. Il n'était pas venu réparer des vêtements vieux et déchirés; la toile qu'il donnait était nouvelle, et la coudre sur l'ancienne n'aurait fait que déchirer de nouveau le tissu complètement usé et laisser une déchirure encore plus vilaine que précédemment. Ou pour prendre un autre exemple, il n'était pas prudent de confier du vin nouveau à de vieilles… outres faites de peau d'animaux, et qui se détérioreraient évidemment avec l'âge. Tout comme le vieux cuir se fend ou se déchire sous une pression, même légère, de même les vieilles peaux… éclateraient sous la pression du jus en fermentation, et le bon vin serait perdu.


« L'Évangile enseigné par le Christ était une révélation nouvelle qui remplaçait une révélation passée et marquait l'accomplissement de la loi ; ce n'était pas un simple ajout, ni une répétition de commandements passés ; elle comportait une nouvelle alliance éternelle.


« Les efforts pour rapiécer les vêtements du traditionalisme juif avec la nouvelle étoffe de l'alliance ne pouvait avoir de plus beau résultat qu'une déchirure de l'étoffe. Le vin nouveau de l'Évangile ne pouvait être contenu dans les vieux récipients des libations mosaïques usés par le temps. Le judaïsme serait humilié et le christianisme perverti par tout mélange incongru de ce genre. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 239-240)


LUC 6


Luc 6:1. « un jour de sabbat appelé second-premier »


« On appelait ainsi, selon l'opinion la plus probable, le premier sabbat des sept semaines que l'on devait compter à partir du second jour des Asymes, jusqu'à la Pentecôte (voir Lévitique 23:15). » (Bible Crampon, 1923, 1989)


« Littéralement : un sabbat second premier. Les deux adjectifs se trouvent chez de nombreux témoins. Ils correspondent à une formule juive connue. À cette date, proche de la moisson, il est interdit de manger le grain de la moisson nouvelle (voir Lévitique 23:14). Cette donnée, qui correspond aux usages du judaïsme et qui est bien en situation ici, est sûrement ancienne et probablement originale dans le texte. » (Bible TOB, traduction œcuménique de la Bible, 9e édition, 2000)


« La plupart des textes grecs ne font pas de différence entre le second sabbat et le premier sabbat. Ils indiquent seulement que 'un jour de sabbat' Jésus traversait des champs céréaliers. » (Daniel H. Ludlow, Companion to your Study of the New Testament)


Luc 6:9. Est-il permis, le jour de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal ?


« Que ce soit chez vous ou à l'Église, vos pensées et votre conduite doivent toujours être en harmonie avec l'esprit et le but du sabbat. Les lieux où l'on s'amuse et où l'on se divertit peuvent avoir une réelle utilité au moment qui convient, mais ils ne favorisent pas la croissance spirituelle ; ces lieux ne vous 'préserveront pas des souillures du monde' et ne vous donneront pas la 'plénitude de la terre' promise à ceux qui respectent la loi du sabbat. Vous qui prenez l'habitude de violer le sabbat en ne le 'sanctifiant' pas, vous perdez la joie que pourrait contenir toute votre âme pour un dé à coudre de plaisir. Vous accordez trop d'attention à vos désirs physiques aux dépens de votre santé spirituelle.


« Celui qui ne respecte pas le sabbat donne les premiers signes d'affaiblissement de sa foi en négligeant ses prières en famille, en critiquant, en ne payant pas sa dime et en ne faisant pas de dons, et cette personne dont l'esprit commence à s'embrumer parce qu'elle meurt de faim spirituellement commence bientôt à avoir des doutes et des craintes qui l'empêchent d'acquérir des connaissances spirituelles ou de progresser en justice. Tels sont les signes d'une détérioration spirituelle, d'une maladie spirituelle auxquelles on ne peut porter remède que par une bonne nourriture spirituelle. » (Harold B. Lee, Decisions for Successful Living, p. 147-148)


Luc 6:13. Qu'est-ce qu'un apôtre ?


Une des choses les plus importantes à savoir sur les apôtres c'est qu'ils sont appelés à être témoins du Sauveur. Ce témoignage peut leur être donné de plusieurs façons.


« Puis-je me permettre de vous rendre mon propre témoignage ? Il y a quelques années, j'avais un entretien avec un des missionnaires quand deux autres missionnaires vinrent à moi avec ce qui, pour eux, semblait être une question très difficile. Un jeune pasteur méthodiste s'était moqué d'eux quand ils lui avaient dit qu'il était nécessaire qu'il y ait des apôtres aujourd'hui pour que la véritable Église se trouve sur la terre. Le pasteur leur avait dit : 'Est-ce que vous vous souvenez que lorsqu'ils se sont réunis pour choisir qui remplacerait Judas, ils ont dit que ce devait être quelqu'un qui les avait accompagnés et qui avait été témoin de toutes les choses relatives à la mission et à la résurrection du Seigneur ? Si telle est la condition pour être apôtre, comment pouvez-vous dire que vous avez des apôtres ?' Les jeunes gens me dirent : 'Que répondre à cela ?'


« Je leur répondis : 'Retournez voir votre ami le pasteur et posez-lui deux questions. Premièrement, comment l'apôtre Paul a-t-il obtenu ce qui est nécessaire pour être appelé apôtre ? Il ne connaissait pas le Seigneur, il ne le connaissait pas personnellement. Il n'avait pas accompagné les apôtres, il n'avait pas été témoin du ministère ni de la résurrection du Seigneur. Comment obtint-il un témoignage suffisant pour être apôtre ? Ensuite, posez-lui la deuxième question : Comment sait-il que tous ceux qui sont apôtres aujourd'hui n'ont pas reçu de la même façon ce témoignage ?' Je vous rends témoignage que ceux qui détiennent l'office d'apôtre peuvent savoir que la mission du Seigneur est vraie et qu'en fait ils le savent réellement. » (Address to Seminary and Institute Faculty, 26 juin 1962)


LUC 7


Luc 7:18-35


Ces versets nous apprennent que Jean-Baptiste est le prophète préordonné pour préparer la voie pour le Fils de Dieu et pour le baptiser.


Luc 7:28 


« Jésus était considéré comme ayant le moins de droits dans le royaume de Dieu et [apparemment] était le moins digne d’être accepté comme prophète ; comme s’il avait dit : ’Celui qui est considéré comme étant le plus petit parmi vous, c’est-à-dire moi-même, est plus grand que Jean’ » (Enseignements des présidents de l’Église, Joseph Smith, 2007, p. 89).


Luc 7:29-35


Beaucoup croient les enseignements de Jésus, mais les pharisiens et les docteurs de la loi qui sont présents rejettent ses enseignements. Jésus explique qu’ils rejettent la vérité, qu’elle soit enseignée par lui ou par Jean-Baptiste.


Luc 7:36


Un pharisien du nom de Simon invite Jésus à un festin chez lui. Au cours d’un festin, les invités s’asseyaient ou s’allongeaient sur des coussins autour d’une table basse, les pieds à l’extérieur de la table. Les pauvres étant autorisés à récupérer les restes de nourriture des banquets, il n’était donc pas étrange que des personnes non invitées entrent dans la maison pendant le festin (voir James E. Talmage, Jésus le Christ, 1991, p. 285-286).


Luc 7:36–50


« Il était de coutume à l’époque de traiter un hôte distingué avec une attention marquée, de le recevoir par un baiser d’accueil, de lui donner de l’eau pour laver la poussière de ses pieds et de l’huile pour oindre les cheveux et la barbe. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 285).


Une femme cherchant à obtenir le pardon, lave les pieds du Seigneur avec ses larmes. Simon le pharisien critique Jésus parce qu’il a laissé la femme pécheresse le toucher. Jésus enseigne à Simon la parabole des deux débiteurs et pardonne à la femme.


« En réalité, Jésus est en train de dire : ’Ses péchés étaient nombreux, mais elle a cru en moi, s’est repentie de ses péchés, s’est fait baptiser par mes disciples et ses péchés ont été lavés dans les eaux du baptême. Maintenant elle m’a cherché pour manifester l’immense gratitude de quelqu’un qui jadis était souillé, mais est maintenant pur. Sa reconnaissance ne connaît pas de limite et son amour est sans mesure parce qu’on lui a beaucoup pardonné’ » (McConkie, octrinal New Testament Commentary, 3 vol., 1965-1973, 1:265).


LUC 8

Luc 8:5, 12. Voir commentaire de Matthieu 13:4, 19.


Luc 8:6, 13. Voir commentaire de Matthieu 13:5-6, 20-21.


Luc 8:7, 14. Voir commentaire de Matthieu 13:7, 22.


Luc 8:8, 15. Voir commentaire de Matthieu 13:8, 23.


LUC 9


Luc 9:18-21. Voir Matthieu 16:13-17.


Luc 9:28-36. Voir commentaire de Matthieu 17:1-9.


Luc 9:57-62


Les enseignements que donne le Sauveur à ces hommes nous apprennent que, pour être disciples de JésusChrist, nous ne devons permettre à rien de prendre la priorité sur le fait de le suivre.


LUC 10

Luc 10:17. Ce que signifie l'appel de soixante-dix


« Les soixante-dix sont des anciens appelés à prêcher l'Évangile dans tout le monde sous la direction des douze apôtres. Un collège de soixante-dix comprend soixante-dix membres dont sept sont choisis comme présidents. La différence entre les soixante-dix et les anciens est que les soixante-dix sont des 'officiers voyageurs' de l'Église tandis que les anciens en sont les 'officiers sédentaires'. » (Widtsoe, Priesthood and Church Government, p. 115)


Luc 10:21. Qui sont les « enfants » à qui le Père donne des révélations ?


« Comparés aux savants de l'époque, comme les rabbis et les scribes, dont la connaissance ne servait qu'à leur endurcir le cœur contre la vérité, ces serviteurs dévoués étaient comme des petits enfants en humilité, en confiance et en foi. Ces enfants étaient et sont parmi les nobles du royaume. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 523)


Luc 10:27, 29, 36. Comment de nombreux dirigeants juifs de l'époque de Jésus comprenaient-ils le mot « prochain » ?


« Parmi les lois sacrées laissées par Moïse figurait le commandement : 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même' (Lévitique 19:18). Des siècles plus tard, pour donner au peuple une interprétation étroite et non inspirée de ce commandement, les rabbis écrivirent : 'Nous ne devons pas provoquer la mort des Gentils, mais s'ils se trouvent en danger de mort, nous ne sommes pas tenus de les délivrer, c'est-à-dire, si l'un d'eux tombe à la mer, vous n'avez pas besoin de l'en sortir car un Gentil n'est pas notre prochain. » (Dummelow, A Commentary on the Holy Bible, p. 751)


Luc 10:38-42. Le dévouement de Marie et Marthe


« Il ne reprochait pas à Marthe son désir de bien faire les choses, et il n'était pas question non plus pour lui de sanctionner une négligence possible de la part de Marie. Nous devons supposer que Marie avait aidé de bon cœur avant l'arrivée du Maître ; mais maintenant qu'il était là, elle désirait rester avec lui. Si elle avait négligé coupablement son devoir, Jésus ne l'aurait pas félicitée pour ce qu'elle faisait. Ce qu'il désirait, ce n'était pas seulement des repas bien servis et du confort matériel, mais la compagnie des sœurs, et surtout leur attention réceptive à ce qu'il avait à dire. Il avait plus à leur donner qu'elles ne pouvaient lui fournir. Jésus aimait les deux sœurs aussi bien que leur frère. Ces deux femmes étaient dévouées à Jésus, et chacune s'exprimait à sa manière. Marthe était du genre pratique, se souciant de services matériels ; elle était hospitalière et pleine d'abnégation de nature. Marie, contemplative et plus encline au spirituel, montrait sa dévotion par cet autre service qu'est la compagnieet l'appréciation. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 529-530)


LUC 11

Luc 11:1-4. « Enseigne-nous à prier »


« Sans aucun doute les apôtres, étant des Juifs fidèles, étaient des hommes de prière ; pourtant, en regardant Jésus prier, ils en furent si frappés et se sentirent si humbles qu'ils lui demandèrent, quand il eut fini : 'Seigneur, enseigne-nous à prier.'


« Il leur donna un schéma simple, le même que celui qu'il avait donné dans le sermon sur la montagne. Il leur enseigna 'comment il était le plus convenable de s'adresser à la Divinité pour prier, ce qu'il fallait dire pour la louer et l'adorer, quel type de demandes les hommes doivent lui faire. Telle qu'elle se présente, c'est l'une des plus belles déclarations que l'on trouve dans les Écritures, par sa concision et son expression. Mais elle n'atteint pas cependant, la grandeur de l'une des prières que fit Jésus plus tard chez les Juifs, la grande prière sacerdotale (Jean 17), et on ne peut la comparer non plus avec l'une des prières qu'il prononça chez les Néphites (3 Néphi 19). » (McConkie, DNTC, 1:235)


Plus utiles peut-être encore que ce court modèle lui-même furent les directives et les conseils pertinents qu'il leur donna (voir Luc 11:5-13).


Luc 11:4. Comparé à Matthieu 6:13 : une phrase de moins dans Luc


Dans la prière du Seigneur telle qu'elle est rapportée dans Luc, il manque ces grandes paroles de sanctification : « Car c'est à toi qu'appartiennent dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! »


« La prière telle qu'elle est donnée dans Luc a été considérablement remaniée. Les spécialistes affirment que les changements… partent de la plume de Marcion, l'hérétique d'il y a près de 1800 ans. » (J. Reuben Clark, CR, avril 1954, p. 42)


Dans la Traduction de Joseph Smith, le récit de Luc comprend l'expression de respect et d'humilité qui manque dans notre version de la Bible.


Luc 11:5-13. La parabole de l'ami à minuit


« Certains considèrent que la Parabole est difficile à appliquer, puisqu'elle traite de cet élément de la nature humaine qui est égoïste et amoureux du confort, et l'utilise apparemment pour symboliser le retard délibéré de Dieu. Mais l'explication en est claire lorsque l'on examine dûment le contexte. La leçon du Seigneur que si l'homme, malgré tout son égoïsme et son peu de désir de donner, accorde néanmoins ce que son prochain lui demande à bon droit et continue à demander en dépit de ses objections et de son refus temporaire, il en est d'autant plus certain que Dieu accordera ce qu'on lui demande avec persistance, avec foi et avec une intention juste.


« Il n'y a aucun parallèle entre le refus égoïste de l'homme et l'attente sage et bienfaisante de Dieu. Il faut que l'individu soit conscient d'avoir vraiment besoin de prier, et ait réellement confiance en Dieu pour que la prière soit efficace ; et c'est avec miséricorde que le Père retarde parfois le don afin que la demande soit plus fervente. Et pour employer les termes de Jésus : 'Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent'. » (Talmage, Jésus te Christ, p. 532)


Luc 11:24-26. « Et la dernière condition de cet homme est pire que la première »


« Cela veut-il dire que celui qui a cessé de fumer ou de boire ou qui a abandonné les péchés sexuels, trouve la vie vide pendant un certain temps ? Les choses qui l'occupaient, lui plaisaient et remplissaient ses pensées sont parties, et de meilleurs remplacements n'ont pas encore rempli les vides. C'est là l'occasion que Satan attendait. L'homme prend le départ, mais peut s'apercevoir que la perte des habitudes d'hier est si grande qu'il est tenté de retourner à ses voies mauvaises et son sort empire ainsi infiniment. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 161)


Luc 11:32. « Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront »


« Ce sera comme si les nations des païens et des Gentils, ceux qui n'eurent pas la loi et la lumière qu'eut Israël, devaient se lever en jugement contre le peuple choisi qui a eu de bien plus grandes occasions de faire le bien. Les païens de Ninive se repentirent quand un homme vint prêcher chez eux alors que le peuple de l'alliance de Dieu, le peuple choisi parmi tous ceux de la terre, refusa de serepentir quand le Fils de Dieu lui-même vint parmi eux. » (McConkie, DNTC, 1:278)


Luc 11:47-49. Y en a-t-il, à notre époque, qui bâtissent des tombeaux ?


« Bâtissez-vous aussi des tombeaux pour les prophètes qui sont morts et des sépulcres pour ceux qui ont vécu il y a très longtemps en méprisant ceux qui sont vivants ? » (Spencer W. Kimball, CR, octobre 1949, p. 123)


« Même dans l'Église, il y en a qui s'abaissent jusqu'à terre pour orner les tombeaux des prophètes d'hier, mais lapident mentalement les prophètes vivants. » (Spencer W. Kimball, Instructor, 95:257, août 1960)


Luc 11:52. Jésus dénonce la perte de la plénitude des Écritures


Traduction de Joseph Smith : « Malheur à vous, docteurs de la loi ! Car vous avez enlevé la clé de la connaissance, la plénitude des Écritures ; vous n'êtes pas entrés vous-mêmes dans le royaume et ceux qui voulaient y rentrer, vous les en avez empêchés. »


« Le diable mène la guerre contre les Écritures. Il les hait, il pervertit la simplicité de leur signification et quand il le peut, il les détruit. Il incite ceux qui se laissent influencer par lui à supprimer et retrancher, modifier et corrompre, retoucher et déformer. C'est pourquoi, Jésus, ici [Luc 11:52], est en train de maudire ceux qui ont contaminé et détruit les Écritures qui auraient dû guider et éclairer les Juifs. » (McConkie, DNTC, 1:624-625)


LUC 12


Luc 12:16-21. L'homme riche


« Les plans qu'il faisait pour conserver convenablement ses fruits et ses marchandises n'étaient pas mauvais en eux-mêmes, bien qu'il ait pu concevoir de meilleurs moyens de répartir ses surplus, soulager les nécessiteux, par exemple. Son péché était double : premièrement, il considérait surtout ses grandes réserves comme le moyen de s'assurer le confort personnel et celui de ses sens ; deuxièmement, il ne reconnut pas la part de Dieu dans sa prospérité matérielle, et compta même les années comme siennes. Il fut frappé au moment de sa jouissance égoïste.


« On ne nous dit pas si la voix de Dieu lui parvint comme un pressentiment terrible de sa mort imminente, ou par un messager angélique ou autrement ; mais la voix prononça sa condamnation : 'Insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée'. Il avait utilisé son temps et les pouvoirs de son corps et de son esprit à semer, à récolter et à engranger, tout cela pour lui-même. Qu'advint-il de tout cela ? À qui serait la richesse pour laquelle il avait mis son âme en danger ? S'il n'avait pas été insensé, il aurait pu se rendre compte, comme l'avait fait Salomon, de la vanité de thésauriser pour qu'un autre, d'une moralité peut-être incertaine, possède ces richesses. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 536-537)


Luc 12:36-39. « Soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces »


« C'est une petite parabole que seul Luc rapporte et qui avertit les apôtres d'être prêts pour la seconde venue du Christ qui sera soudaine. Les apôtres sont comparés aux serviteurs qui ont été laissés pour garder la maison (l'Église) pendant que le maître (le Christ) est parti à une noce (c'est-à-dire est monté aux cieux). Leurs reins sont ceints parce qu'ils ont du travail à faire dans la maison (prêcher l'Évangile et administrer l'Église) et leurs lampes sont allumées parce que leur tâche est d'éclairer un monde sombre et rempli de péché par leur exemple lumineux. Le retour des noces du Christ est son deuxième avènement ou bien cela représente le jugement qu'il fera de chaque âme à la mort. Les 'noces' ici, ne représentent pas la joie finale des bienheureux comme dans la parabole des dix vierges, mais le temps que passe le Christ à la droite de Dieu entre l'Ascension et le Second Avènement. » (Dummelow, The One Volwne Bible Commentary, p. 754-755, cité par McConkie, DNTC, 1:676)


Luc 12:49-53. Que voulut dire Jésus quand il déclara : « Je suis venu jeter un feu sur la terre » ?


« Lorsque ceux qui cherchent honnêtement la vérité acceptent l'Évangile, ils abandonnent le monde et gagnent sa haine. L'épée de la persécution, de la dissension dans le foyer et des critiques méchantes dans la famille est souvent dégainée par leurs plus proches parents. » (McConkie, DNTC, 1:335)

LUC 13

Luc 13:6-9. Que signifie la parabole du figuier stérile ?


« Un homme (Dieu) avait un figuier (le restant juif de la maison d'Israël) planté dans sa vigne (le monde) ; il vint (au midi des temps) pour y chercher du fruit (la foi, la justice, les bonnes œuvres, les dons de l'Esprit) et il n'en trouva point.


« Alors, il dit au vigneron (le Fils de Dieu) : Voilà trois ans (la période du ministère de Jésus) que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le (détruis la nation juive pour qu'elle ne soit plus un royaume organisé) : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ? (Pourquoi empêcherait-il la conversion du monde en occupant le territoire et en prenant le temps de mes serviteurs ?)


« Le vigneron (le Fils de Dieu) lui répondit (à Dieu) : Seigneur, laisse-le encore cette année ; je creuserai tout autour et j'y mettrai du fumier (je prêcherai l'Évangile, j'élèverai une voix d'avertissement, je montrerai des signes et des prodiges, j'organiserai l'Église et je donnerai à la nation juive toutes les possibilités de se convertir). Peut-être à l'avenir donnera-t-il du fruit (la nation juive sera conservée en nation organisée et ses membres obtiendront l'exaltation) ; sinon, tu le couperas (tu détruiras la nation juive, elle deviendra un objet de moquerie et de risée et les Juifs seront éparpillés parmi toutes les nations). » (McConkie, DNTC, 1:477)

LUC 14

Luc 14:12-24. Quelle est la signification de la parabole des conviés ?


« Il laissa aux savants à qui l'histoire était adressée le soin d'expliquer la parabole. Certains d'entre eux en sonderaient certainement le sens, du moins en partie. Le peuple de l'alliance, Israël, était les hôtes spécialement invités. Ils avaient été conviés longtemps à l'avance, et en professant eux-mêmes appartenir au Seigneur, avaient accepté de prend re part à la fête. Lorsque tout fut prêt, le jour désigné, ils furent respectivement convoqués par le Messager qui avait été envoyé par le Père ; il était à ce moment même au milieu d'eux. Mais les soucis des richesses, l'attrait des choses matérielles et les plaisirs de la vie sociale et domestique les occupaient tout entiers, et ils demandaient à être excusés ou déclaraient irrespectueusement qu'ils ne pouvaient pas ou ne voulaient pas venir.


« Alors la joyeuse invitation devait être portée aux Gentils, qui étaient considérés comme spirituellement pauvres, estropiés, aveugles et boiteux. Et plus tard, même les païens en dehors des murs, les étrangers dans les portes de la ville sainte seraient invités au souper. Ceux-ci, surpris de cette invitation inattendue, hésiteraient, jusqu'au moment où, par des exhortations et des assurances véritables qu'ils étaient réellement compris parmi les invités, ils se sentiraient contraints ou obligés de venir. Les dernières paroles du Seigneur prévoient que certaines des personnes impolies arriveraient plus tard, après s'être occupées de leurs affaires plus absorbantes : 'Car je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper'. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 552-553)


Luc 14:28-30. « Lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense ? »


« Les convertis doivent calculer la dépense avant d'entrer dans l'Église… Ils ne doivent entrer dans le royaume que s'ils sont prêts à faire les sacrifices requis… Ils doivent faire tout le chemin pour la cause de l'Évangile ou rester en dehors complètement… Ils ne doivent pas le suivre s'ils ne sont pas capables de persévérer dans sa parole et faire les choses qu'il enseigne et commande.


« Les saints tièdes sont damnés ; s'ils ne se repentent pas et ne deviennent zélés, le Seigneur a promis de les vomir de sa bouche (Apocalypse 3:14-19). Seuls les vaillants obtiennent le salut céleste ; les saints 'qui ne sont pas vaillants dans le témoignage de Jésus' ne peuvent accéder plus haut que le royaume terrestre(voir D&A 76:79). » (McConkie, DNTC, 1:504)


LUC 15


Luc 15:4-7. La brebis perdue


« Les brebis vont où il y a de l'herbe. Il semble que la brebis de la parabole ne se soit pas perdue en désobéissant délibérémment ou par négligence de sa part. Elle a simplement pris un autre chemin à la recherche de pâturages plus verts et s'est bientôt égarée.


« Je vous le demande ce soir, comment cette brebis s'est-elle égarée ? Elle n'était pas rebelle. Si vous étudiez bien la comparaison, la brebis cherchait sa nourriture d'une façon parfaitement légitime, mais peut-être stupidement ou alors par inconscience, elle s'est laissée attirer par le champ, par la perspective d'une herbe meilleure jusqu'à ce qu'elle finisse par s'éloigner du troupeau et se perde.


« C'est ainsi qu'il y a des jeunes gens et des jeunes filles dans l'Église qui s'égarent loin du troupeau d'une façon parfaitement légitime. Ils cherchent la réussite, réussite dans les affaires, dans leur métier et assez vite ils se désintéressent de l'Église et finissent par perdre le contact avec le troupeau. Ils se sont égarés du chemin de la véritable réussite, peut-être stupidement, par inconscience, dans certains cas, peut-être volontairement. Ils ne voient plus ce qui constitue la véritable réussite. » (David O. McKay, CR, avril 1945, p. 120)


Luc 15:9-10. La drachme perdue


« Dans ce cas, la chose perdue n'en est pas elle-même responsable. Celui à qui elle avait été confiée l'avait, par insouciance ou par négligence, égarée ou laissée tomber. Cela fait une différence et, des trois, c'est celle qui s'applique à nous… Ce qui nous a été confié, ce n'est pas seulement des pièces de monnaie, mais des âmes vivantes d'enfants, de jeunes gens et d'adultes. Elles nous ont été confiées… Une jeune fille peut s'éloigner à cause d'une réflexion désobligeante d'une autre jeune fille de son âge à la SAM… et la présidente des jeunes filles la laisse partir, néglige d'aller la rechercher le jeudi soir suivant et de l'inviter à revenir. Une autre personne peut s'égarer à cause de l'inactivité de son instructeur de l'École du dimanche ou de l'indifférence de cet instructeur qui est satisfait d'avoir quinze personnes ce matin au lieu de penser aux quinze autres qui sont en train d'errer à cause de sa négligence. » (David O. McKay, CR, avril 1945, p. 121-122)


Luc 15:11-32. Quelques commentaires sur la parabole du fils prodigue


« Je pense qu'il est significatif que le Seigneur ait bien fait comprendre dans sa parabole que le jeune fils avait beaucoup perdu en s'égarant, mais, dans une certaine mesure au moins, il a payé par ses souffrances et sa déchéance. C'est une exigence de la justice. Mais une fois que le châtiment fut donné, le cœur aimant du père se réjouit de la repentance et du retour de son fils. Quel encouragement à la repentance ! Que c'est bon de savoir que le Père est miséricordieux et qu'il pardonne ! C'est mieux de ne pas avoir transgressé, mais c'est merveilleux d'être accepté quand on revient ! » (Stephen L. Richards, CR, avril 1956, p. 93)


« La troisième parabole est celle du fils prodigue, 'le plus jeune fils' nous dit-on, qui, donc, manquait de maturité dans son jugement. Il ne voulait plus être contraint et supportait mal d'être guidé par son père. Il est évident qu'il aspirait à la soi disant liberté, qu'il voulait, comme on dit, voler de ses propres ailes. Alors, il dit : 'Mon père, donne-moi ma part, que je m'en aille.' Le père la lui donna et le garçon s'en alla.


« Nous sommes en présence d'un cas d'exercice de la volonté, d'un choix, d'un choix délibéré. Dans un sens, c'est un cas de rébellion contre l'autorité. Et que fit-il ? Il dissipa son bien dans une vie de débauche, le dilapida avec des prostituées. C'est une des façons de se perdre.


« Les jeunes gens qui commencent à se laisser aller à leurs appétits et à leurs passions sont sur la pente de l'apostasie aussi sûrement que le soleil se lève à l'est. Et il n'y a pas que les jeunes. N'importe quel homme ou n'importe quelle femme qui prend cette route de l'intempérance et de la vie dissolue se séparera du troupeau aussi inévitablement que la nuit suit le jour.


« 'Mon esprit ne restera pas à toujours dans l'homme' (Genèse 6:3), dit le Seigneur. 'Mon esprit ne demeurera pas dans un tabernacle impur.' Celui qui essaie de mener une double vie, celui qui la mène en violation des alliances qu'il a contractées est, comme l'a dit quelqu'un, 'soit un fourbe soit un sot'. Souvent, il est les deux parce qu'il fait usage de son libre arbitre pour satisfaire ses passions, pour gaspiller ses biens en menant une vie de débauche, pourvioler les alliances qu'il a contractées dans la maison du Seigneur.


« Dans ces cas-là, nous ne pouvons pas faire grand-chose, seulement mettre en garde la personne qui s'est égarée et prier pour elle jusqu'à ce que, comme le fils prodigue, 'elle rentre en elle-même'. » (David O. McKay, avril 1945, CR, p. 122-123)


Luc 15:11-32. Quelles sont les conséquences du péché ?


« J'ai toujours eu l'impression que le Sauveur avait voulu que le père de la parabole représente notre Père éternel à tous. Il connaissait la rigidité de la loi juive. Il savait quel terrible délit c'était de renoncer à son patrimoine, un délit impardonnable, je suppose, dans la maison juive. Ainsi, il fit revenir vers son père ce fils égaré non pour qu'il soit rejeté, mais bien reçu et aimé. Il ne fit pas redonner au jeune fils tous les droits auxquels il avait renoncé. L'aîné, qui avait toujours fait son devoir, se plaignit du festin qui avait été organisé pour le retour de son jeune frère, mais le père le consola en lui disant : 'Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi', puis il répéta à l'aîné ce qu'il avait dit au plus jeune : 'Il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé' (Luc 15:31-32).


« Tous les choix que nous faisons élargissent ou réduisent le domaine dans lequel nous pouvons prendre et fixer nos décisions dans l'avenir. Quand nous faisons un choix, nous sommes irrévocablement engagés à accepter les conséquences de ce choix. Jésus, dans sa parabole du fils prodigue, donne une illustration classique de cette vérité.


« Vous vous rappelez sans doute que dans cette parabole, un jeune homme, exerçant son droit fondamental de choisir, décide de prendre la partie qui lui revient des biens de son père et de s'en aller voir le monde. C'est ce qu'il fait tandis que la nature suit son cours uniforme. Quand sa fortune fut dilapidée, il fait un autre choix qui le ramène chez lui où l'attendent 'l'anneau, la robe et le veau gras'. Son père, très heureux, l'accueille à bras ouverts. Mais les conséquences de sa première décision restent pour lui car la femme est partie. Le 'père' lui-même ne peut pas détruire les effets de sa renonciation. » (Collins, Such Is Life, p. 85-88 ; voir aussi Marion G. Romney, CR, octobre 1968, p. 65)


LUC 16

Luc 16:8. « Les enfants de ce siècle sont plus prudents à l'égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière »


À première lecture, la parabole de l'économe infidèle semble être une justification de la malhonnêteté dans son emploi. Une étude attentive montrera cependant que cette parabole a été donnée pour enseigner le soin avec lequel les saints de Dieu doivent entreprendre la tâche de préparer leur avenir éternel. Sachant qu'il ne lui restait que peu de temps dans son emploi, l'économe essaya avec sagesse d'essurer son avenir en se gagnant quelques amis.


« Ce n'était pas la malhonnêté de l'économe qui était exaltée, mais sa prudence et sa prévoyance qui furent félicitées, car s'il avait mal utilisé les biens de son maître, il avait soulagé les débiteurs, et ce faisant il n'avait pas outrepassé ses pouvoirs légaux, car il était toujours économe bien qu'il ait été moralement coupable de méfaits. Nous pouvons résumer la leçon de cette manière : Utilisez votre richesse de manière à vous assurer des amis plus tard. Soyez diligent, car le jour où vous pouvez utiliser vos richesses terrestres passera bientôt. Prenez de la graine même des gens malhonnêtes et méchants ; s'ils sont prudents au point de prévoir le seul avenir qu'ils puissent imaginer, combien plus vous, qui croyez en un avenir éternel, ne devez-vous pas prévoir ! » (Talmage, Jésus le Christ, p. 566)


Luc 16:19-31. Que nous apprend la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare sur le monde des esprits ?


Dans la célèbre parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare nous sont présentés deux états différents des hommes dans le monde qui se trouve après la mort : 'Le sein d'Abraham' et 'le séjour des morts', le premier étant décrit comme un lieu de repos, le deuxième comme un lieu de tourments. Entre les deux se trouve 'un grand abîme' qui empêche toute communication entre les deux. Telle était la situation avant la visite que fit le Christ au monde des esprits entre le moment de sa mort et celui de sa résurrection. La visite du Sauveur dans le monde des esprits établit un pont au-dessus de l'abîme séparant le paradis (le sein d'Abraham) et l'enfer ce qui permit aux esprits en prison de recevoir le message de l'Évangile par les officiers autorisés.


« Il n'y eut pas de communication entre les esprits qui se trouvaient au paradis et ceux qui se trouvaient en enfer jusqu'à ce que le Christ ait jeté le pont sur le 'grand abîme' sépare ces deux demeures (voir Alma 40:11-14). Il fit cela pendant que son corps reposait dans la tombe de Joseph d'Arimathée et que son propre esprit désincarné continuait à exercer son ministère auprès des hommes dont l'esprit se trouvait en prison (voir 1 Pierre 3:18-21 ; 4:6). 'Jusqu'à ce jour-là' les prisonniers restèrent enfermés et l'Évangile ne leur fut pas prêché (voir Moïse 7:37-39). L'espoir de salut pour les morts était encore futur. » (McConkie, DNTC, 1:521)


« Mais maintenant, depuis que notre Seigneur a proclamé 'aux captifs la liberté et aux prisonniers la délivrance' (Ésaïe 61:1), l'Évangile est prêché partout dans le monde des esprits, la repentance est accordée à ceux qui la recherchent et les ordonnances vicariales sont accomplies dans les temples de la terre et il y a un espoir de salut pour l'esprit des hommes qui auraient accepté l'Évangile de tout leur cœur dans cette vie s'ils en avaient eu l'occasion. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 144)


« Hadès, shéol, paradis, esprit en prison, c'est tout un : c'est un monde des esprits. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 434)


Luc 16:31. « S'ils n'écoutent pas Moise et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait »


« Ici sont enseignées deux grandes vérités éternelles : (1) Dieu choisit et envoie ses propres représentants et ses témoins aux hommes mortels pour crier repentance et prêcher l'Évangile du salut. Si les hommes ne tiennent pas compte de ce message, ils sont damnés. Et, (2) Ceux qui refusent d'entendre les oracles vivants qui leur sont envoyés à leur époque et qui refusent de croire les enseignements des anciens prophètes qui leur sont rapportés ne se convertiraient pas par une démonstration de miracles, fût-ce la résurrection de personnes mortes.


« Lazare ressuscita des morts sur l'ordre de Jésus et revint parmi les hommes, redevenu un être mortel. Au lieu de se convertir, de nombreux Juifs rebelles cherchèrent à faire périr Jésus pour empêcher que des personnes réceptives ne croient en lui et en son pouvoir divin (voirJean 11:1-52 ; 12:10-11). Notre Seigneur lui-même est ressuscité des morts en une glorieuse immortalité, il est apparu à de nombreuses personnes et il a envoyé des témoins dans le monde entier attesterde sa résurrection et pourtant les hommes n'ont pas cru. » (McConkie, DNTC, 1:522)


LUC 17

Luc 17:14. Pourquoi les lépreux devaient-ils aller se montrer aux sacrificateurs ?


« Pour un lépreux, 'pour le jour de sa purification', le moyen prescrit pour obtenir la permission de rentrer dans la société était de se montrer aux sacrificateurs du peuple (voir Lévitique 14:2-3). Jésus dit aussi aux lépreux de se montrer aux sacrificateurs pour éprouver leur foi. Ils crurent tous les dix et firent ce qui leur était demandé pour guérir et c'est 'pendant qu'ils allaient' voir les sacrificateurs qu'ils furent tous guéris. » (McConkie, DNTC, 1:536)


Luc 17:17-18. « Les dix n'ont-ils pas été guéris ? »


« Celui qui revint remercier Jésus était un Samaritain et peut-être que cette démonstration de gratitude faite par un Samaritain était une autre preuve pour les apôtres que tous les hommes sont acceptables par le Seigneur et que la supériorité exclusive à laquelle prétendaient les Juifs en tant que peuple élu devait bientôt être remplacée par le commandement de porter l'Évangile de paix à tous les peuples. » (McConkie, DNTC, 1:537)


Luc 17:20. Pourquoi Jésus dit-il : « Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards »


« Les prophéties prédisant les événements relatifs à la première et à la seconde venue du Messie étaient confondues dans l'esprit des Juifs. Ils croyaient à tort qu'à sa première venue il manifesterait son pouvoir qui renverserait et détruirait tous les royaumes terrestres. C'est pourquoi, se basant sur une fausse promesse, en se moquant de lui, ils exigeaient une réponse à leur question sarcastique : 'Si tu es le Messie promis comme tu as prétendu l'être si souvent, quand manifesteras-tu ton pouvoir, quand le joug romain sera-t-il brisé, quand leroyaume de Dieu viendra-t-il vraiment ?' » (McConkie, DNTC, 1:539)


LUC 18

Luc 18:1-8. Pourquoi le Seigneur raconta-t-il la parabole du juge inique ?


« Le juge était un homme pervers ; il refusait la justice à la veuve, qui ne pouvait obtenir réparation de nul autre. Il fut poussé à agir par le désir d'échapper aux importunités de la femme. Évitons l'erreur de comparer son action égoïste avec les voies de Dieu. Jésus ne voulait pas dire que Dieu céderait finalement aux supplications de la même manière que le juge inique l'avait fait ; mais il fait remarquer que si même un être tel que ce juge, qui 'ne craignait point Dieu et qui n'avait d'égard pour personne', finissait par écouter la veuve et lui accorder ce qu'elle demandait, nul ne devrait douter que Dieu, le Juste et le Miséricordieux, écouterait et répondrait. L'entêtement du juge, bien qu'entièrement pervers de sa part, peut avoir été finalement avantageux pour la veuve. Si elle avait aisément obtenu réparation, elle aurait pu devenir de nouveau imprudente, et il aurait pu se faire qu'un adversaire pire encore que le premier l'opprime. Le but dans lequel le Seigneur donna cette parabole est déclaré expressément : pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne point se relâcher. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 533)


Luc 18:9-14. Pourquoi le Seigneur a-t-il raconté la parabole du pharisien et du publicain ?


« Il nous est dit expressément que cette parabole fut donnée au profit de certaines personnes qui étaient assurées que leur pharisaisme serait certainement justifié devant Dieu. Elle ne s'adressait pas spécialement aux pharisiens ni aux publicains. Les deux personnages représentent des classes extrêmement séparées. Il se peut que l'esprit de satisfaction pharisaïque de soi ait abondamment existé parmi les disciples et même un peu parmi les Douze… La parabole peut s'appliquer à tous les hommes ; sa morale fut résumée dans une répétition des paroles de notre Seigneur prononcées dans la maison du chef pharisien. » (Talmage, Jésus leChrist, p. 576-577)


LUC 19

Luc 19:11-28. Pourquoi Jésus a-t-il raconté la parabole des mines ?


« Jésus voyageait vers Jérusalem pour la dernière fois. Dix jours plus tard environ, il allait mourir sur la croix et les Juifs, en général, croiraient qu'il n'avait pas réussi à établir le royaume messianique promis. Pour corriger l'idée fausse que le 'royaume de Dieu' (c'est-à-dire le royaume politique, le royaume qui gouvernerait toutes les nations ayant à sa tête le Messie roi, le royaume du millénium) 'allait apparaître' à l'instant, Jésus donna la parabole des mines. » (McConkie, DNTC,1:571)


Luc 19:41. Jésus pleura sur Jérusalem


« Selon la tradition, quand Jésus prononça ces mots, il se tenait sur le mont des Oliviers, en face d'un point des murailles qui entourent Jérusalem qui se trouve à quelques mètres mètres au sud de la Belle Porte. De cet endroit, on a une très belle vue de cette ville historique.


« Elle est merveilleusement pittoresque avec ses anciennes maisons aux toits plats, ses tours d'églises et ses dômes de mosquées couvrant les quatre collines sur laquelle Jérusalem est construite. La vue est impressionnante, même à l'heure actuelle ; elle a dû beaucoup inspirer Jésus quand il la contempla dans toute sa splendeur du temps d'Hérode.


« Mais c'était les habitants de la ville et non les belles constructions ou le beau panorama que le Sauveur vit, les yeux embués de larmes, quand il s'écria en pleurant : 'Si tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux' (Luc 19:42). Il vit le peuple divisé en sectes rivales en conflit les unes contre les autres, chacune professant avoir plus de sainteté et de justice que l'autre et fermant toutes les yeux à la vérité.


« Il y avait les Juifs hébraïques, conservateurs, s'en tenant rigidement à la loi mosaïque. Il y avait les esprits plus libéraux, les juifs hellénisants dont le point de vue avait été modifié par la philosophie païenne. Il y avait quelques Esséniens avec leur ascétisme, qui rejetaient la Prêtrise d'Aaron. Il y avait les Sadducéens qui observaient le sabbat de façon formelle et vide et qui niaient la résurrection. Et enfin, les Pharisiens qui faisaient l'aumône pour être vus des hommes, qui portaient de larges phylactères, qui étaient avares et cupides, qui affirmaient hautainement avoir la pré-éminence et dont l'hypocrisie était cachée le plus souvent sous une apparence vénérable de sainteté supérieure.


« Il n'est pas étonnant que le Sauveur, voyant ces divisions parmi son peuple, ait prié le Père avec tant de ferveur pour son petit troupeau ('qu'ils soient un comme nous sommes un'). Il n'est pas étonnant que le Sauveur, discernant parfaitement la tromperie et l'hypocrisie sous le vernis extérieur de la religion ait prononcé une dénonciation si cinglante quand il a dit :


« 'Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer' (Matthieu 23:13).


« Voilà comment étaient les gens que vit le Fils de l'Homme quand il se tint il y a vingt siècles sur le mont des Oliviers et que, voyant la ville, il 'pleura sur elle'. » (David O. McKay, CR, octobre 1944, p. 77-78)


LUC 20

Luc 20:1-8. Voir Matthieu 21:12-17.


Luc 20:9-19. Voir Matthieu 21:33-46.


Luc 20:20-26. Voir Matthieu 22:15-22.


Luc 20:27-40. Voir Matthieu 22:23-33.


Luc 20:41-44. Voir Matthieu 22:41-46.


Luc 20:45-47. Voir Matthieu 23:1, 5-7.


LUC 21

Luc 21:25-38. Voir Marc 13:21-37.


Luc 21:29-36. Voir Matthieu  25:1-13.

LUC 22

Luc 22:3. Satan entra-t-il littéralement dans le corps de Judas ?


« C'est possible, car Satan est un être spirituel qui fut engendré de Dieu dans la pré-existence et qui fut précipité des cieux à cause de sa rébellion. Lui et ceux qui le suivirent, qui sont aussi des êtres spirituels, ont le pouvoir, dans certains cas, d'entrer dans le corps des hommes ; ils sont aussi parfois chassés, par le pouvoir de la prêtrise, de ces corps dans lesquels ils sont entrés illégalement (voir Marc 1:21-28). Mais si le corps de Judas n'était pas littéralement possédé par Satan, cependant, ce membre traître des Douze était totalement soumis à la volonté du diable. 'Avant que Judas ne vende le Christ aux Juifs, il s'était vendu au diable ; il était devenu le serf de Satan et obéissait aux ordres de son maître' (Talmage, Jésus le Christ, p. 721). » (McConkie, DNTC, 1:702)


Luc 22:44. « Étant en agonie, il priait plus instamment »


« Quel exemple parfait ! Il avait beau être le Fils de Dieu et même avoir été fortifié par un ange, il pria avec une foi encore plus grande ; il grandit même en grâce et atteint les hauteurs les plus élevées de l'unité spirituelle avec le Père. C'est à très juste titre que Paul, parlant de cette heure, écrivit : 'Dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu'il soit Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel' (Hébreux 5:7-9). » (McConkie, DNTC, 1:776)


Mais qu'est-ce qui causa la souffrance intense du Sauveur ?


« Jésus devait ôter le péché par le sacrifice de sa propre personne… Et comme, dans sa propre personne, il portait les péchés de tous et les expiait en se donnant lui-même en sacrifice, c'est pourquoi il fut accablé du poids de la souffrance de tous les âges et de toutes les générations, l'indescriptible souffrance due à ce sacrifice expiatoire par lequel il portait les péchés du monde et souffrit dans sa propre personne les conséquences de la violation par l'homme d'une loi éternelle de Dieu. De là la profonde affliction, l'angoisse indescriptible, la torture accablante qu'il souffrit pour se soumettre au décret éternel de Dieu et aux exigences d'une loi inexorable.


« La souffrance du Fils de Dieu n'était pas simplement la souffrance due à sa mort ; car en réalisant l'expiation pour les péchés du monde, il portait le poids, la responsabilité et le fardeau des péchés de tous les hommes, ce qui, pour nous, est inconcevable…


« Gémissant sous le poids de cette charge accumulée, sous cette force intense et incompréhensible, cette terrible exigence de la loi divine devant laquelle l'humanité faible reculait et la souffrance extrême lui faisant transpirer de grosses gouttes de sang, il en arriva à s'exclamer : 'Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi.' Dans ce lieu solitaire, il avait lutté pour supporter la charge la plus lourde qui soit, il avait combattu les puissances des ténèbres déchaînées contre lui. Placé au-dessous de toutes choses, l'esprit accablé de souffrances et de douleur, seul et apparemment sans soutien et abandonné, dans son agonie, c'est du sang qui sortit de ses pores. » (Taylor, The Mediation and Atonement, p. 149-150)


Luc 22:44. « Et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre »


« L'agonie que le Christ éprouva dans le jardin, l'esprit limité ne peut en sonder ni l'intensité ni la cause. La pensée qu'il ait souffert par crainte de la mort est intenable. Pour lui, la mort était préliminaire à la résurrection, au retour triomphal auprès du Père d'où il était venu et à un état de gloire qui transcendait même celui qu'il possédait précédemment ; et en outre, il était dans son pouvoir de donner volontairement sa vie.


« Il luttait et gémissait sous un fardeau dont aucun autre être qui a vécu sur la terre ne pourrait même concevoir la possibilité. Ce n'était pas une douleur physique ni une angoisse mentale uniquement qui lui firent souffrir une torture telle qu'elle produisit un suintement de sang de chaque pore, mais une angoisse spirituelle comme seul Dieu était capable d'en ressentir. Aucun autre homme, quelque grande que puisse être son endurance physique ou mentale, n'aurait pu souffrir ainsi ; car son organisme humain aurait succombé et la syncope aurait produit la perte de conscience et un oubli bienvenu.


« Dans cette heure d'angoisse, le Christ rencontra et vainquit toutes les horreurs que Satan, 'le prince de ce monde' pouvait infliger. La lutte effrayante que le Seigneur dut livrer dans les tentations qui l'assaillirent immédiatement après son baptême était dépassée et jetée dans l'oubli par cette lutte suprême avec les puissances du mal. D'une certaine manière, terriblement réelle bien qu'incompréhensible à l'homme, le Sauveur prenait sur lui le fardeau des péchés de l'humanité depuisAdam jusqu'à la fin du monde. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 745-746)

LUC 23

Luc 23:6-11. Le Christ devant Hérode


« Si effrayé qu'Hérode ait pu être jadis de Jésus, qu'il avait superstitieusement cru être la réincarnation de sa victime assassinée, Jean-Baptiste, ce sentiment était maintenant remplacé par un intérêt amusé lorsqu'il vit, lié devant lui, le célèbre prophète de Galilée, accompagné d'une garde romaine et de fonctionnaires ecclésiastiques. Hérode commença à questionner le Prisonnier, mais Jésus resta silencieux. Les principaux sacrificateurs et les scribes exprimèrent avec véhémence leurs accusations, mais le Seigneur ne prononça pas un mot. Hérode est le seul personnage de l'histoire à qui Jésus, pour autant qu'on le sache, appliqua personnellement une épithète méprisante. 'Allez dire à ce renard', dit-il un jour à certains pharisiens qui étaient venus le trouver pour lui dire qu'Hérode avait l'intention de le tuer.


« Pour autant que nous le sachions, Hérode se distingue en outre par ce qu'il est le seul être qui ait vu le Christ face à face et lui ait parlé sans jamais entendre sa voix. Pour les pécheurs repentants, les femmes en pleurs, les enfants babillards, pour les scribes, les pharisiens, les sadducéens, les rabbis, pour le souverain sacrificateur parjure et son sujet obséquieux et insolent, et pour Pilate le païen, le Christ avait des paroles – de réconfort ou d'enseignement, d'avertissement ou de réprimande, de protestation ou de dénonciation -et cependant pour Hérode, le renard, il n'avait qu'un silence dédaigneux et royal.


« Piqué au vif, Hérode passa des questions insultantes à des actes de dérision méchante. Ils se moquèrent, lui et ses soldats, des souffrances du Christ, et le traitèrent 'avec mépris', puis, après l'avoir, pour se moquer de lui, 'revêtu d'un habit éclatant, il le renvoya à Pilate'. Hérode n'avait rien trouvé en Jésus qui justifie une condamnation. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 774-775)


Luc 23:34. « Pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font »


« (Sa première parole sur la croix) est une demande de pardon dans un sens particulier et limité du terme. Jésus était le Fils de Dieu ; en tant que tel, il avait le pouvoir de pardonner les péchés, pouvoir qu'il avait exercé librement quand les circonstances s'y prêtaient (voir Matt. 9:2-8).


« Mais ici, il n'exerce pas ce pouvoir. Il ne dit pas : 'Tes péchés te sont pardonnés' comme il avait coutume de le faire en d'autres occasions. Il ne demande pas non plus au Père de pardonner les péchés de ces personnes dans le sens de les purifier du péché de façon à pouvoir être qualifiées pour entrer dans l'Église ou hériter du royaume céleste. La loi par laquelle on obtient ce pardon exige le repentir et le baptême. Ce qu'il veut dire plutôt c'est : 'Père ne leur impute pas ce péché, car ils agissent selon les ordres qui leur sont donnés. Ceux qui sont pleinement et réellement coupables sont leurs gouverneurs et les Juifs qui ont conspiré pour me faire condamner. Ce sont Caïphe et Pilate qui savent que je suis innocent. Ces soldats ne font qu'exécuter leurs ordres'.


« Il faut bien remarquer que Jésus n'a pas prié pour Judas qui l'a trahi, ni pour Caïphe et les principaux sacrificateurs qui ont conspiré contre lui, ni pour les faux témoins qui perdirent leur âme en parjurant devant le sanhédrin et les salles de jugement de Rome, ni pour Pilate et Hérode qui, l'un et l'autre, auraient pu le libérer, ni pour Lucifer dont le pouvoir et la force de persuasion sont à la base de toute cette machination. Tous ceux-là sont laissés aux mains du Juge éternel qui les traitera selon leurs œuvres. La miséricorde ne peut pas aller à l'encontre de la justice ; le coupable ne reste pas libre simplement parce que le juste ne porte pas d'accusation contre lui.


« Là, sur la croix, Jésus met simplement en application son propre commandement de pardonner à nos ennemis et de bénir ceux qui nous maudissent. » (McConkie,
DNTC, 1:818-19)


« Quand le Seigneur, au moment de mourir, se tourna vers le Père et demanda : 'Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font' (Luc 23:34), il parlait des soldats qui le crucifiaient. Ils agissaient sous l'autorité d'une nation souveraine. C'étaient les Juifs qui étaient coupables de la mort du Seigneur. Encore,une fois, comment pouvait-il leur pardonner, comment son Père pouvait-il leur pardonner, alors qu'ils ne se repentaient pas. Ces gens méchants qui s'écrièrent : 'que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !' (Matt. 27:25) ne s'étaient pas repentis. Ceux qui 'l'injurièrent' sur le Calvaire (Matt. 27:39) ne s'étaient pas repentis. Les dirigeants juifs qui jugèrent illégalement Jésus, exigeant de Pilate qu'il le crucifie et incitèrent la foule à ses actes les plus vils, ne s'étaient pas repentis. Pas plus que les soldats romains qui, bien que certainement tenus par la loi militaire de crucifier Jésus comme on le leur commandait, n'étaient absolument pas obligés d'ajouter les insultes et les cruautés auxquelles ils soumirent le Sauveur avant sa crucifixion. » (Spencer W. Kimball, Le miracle du pardon, p. 156-157)


Luc 23:43. Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis


Au voleur sur la croix qui lui demandait de se souvenir de lui après la mort, le Sauveur répondit en lui donnant tout l'espoir possible : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis.


« C'est-à-dire, aujourd'hui tu seras avec moi dans le monde des esprits où l'Évangile te sera enseigné et où tu auras une réponse à tes questions. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 434)


« Jésus n'a pas laissé entendre qu'un malfaiteur pouvait se repentir sur son lit de mort, mais ce qu'il a fait, c'est accepter le grain de foi et de repentance qui se montre chez un homme pénitent. Comme toujours, les efforts du Seigneur ont tendu à donner la plus grande espérance possible à celui qui setournerait de l'obscurité à la lumière éternelle. » (McConkie, DNTC, 1:823-824)


Luc 23:46. Je remets mon esprit entre tes mains


Quand il comprit que l'œuvre de sa vie mortelle était terminée, à ce moment-là seulement, il dit avec humilité, respect et soulagement ce qu'il avait décidé de sa propre volonté : 'Père, je remets mon esprit entre tes mains'. Jésus inclina la tête et passa volontairement de cette vie dans l'autre.


« Jésus le Christ était mort. Sa vie ne lui avait été enlevée que parce qu'il l'avait permis. Aussi doux et bienvenu qu'aurait été le soulagement procuré par la mort à chacune des étapes précédentes de sa souffrance. de Gethsémané à la croix, il vécut jusqu'à ce que tout soit accompli comme prévu.


« À notre époque,la voix du Seigneur Jésus s'est fait entendre, confirmant qu'il avait souffert et qu'il était mort. et définissant le dessein éternel qui avait été ainsi accompli. Ecoutez et faites attention à ses paroles : 'Car voici, le Seigneur, votre Rédempteur, la souffert la mort dans la chair et il a éprouvé les souffrances de tous les hommes, afin que tous les hommes puissent se repentir etvenir à lui' (D&A 18:11). » (Talmage, Jésus le Chris, p. 806)


LUC 24

Luc 24:10-11. Pourquoi les apôtres ne crurent-ils pas ce que leur disaient Marie de Magdala et les autres femmes ?


« Marie de Magdala et les autres femmes racontèrent aux disciples l'histoire merveilleuse de leurs expériences respectives, mais les frères ne purent ajouter foi à leurs paroles ; ils 'tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes'. Après tout ce que le Christ avait enseigné concernant sa résurrection des morts en ce troisième jour, les apôtres étaient incapables d'accepter la réalité de l'événement ; dans leur esprit, la résurrection était un événement mystérieux et lointain, et non une possibilité actuelle. Il n'y avait ni précédent ni analogie pour soutenir les histoires que ces femmes racontaient – d'un mort qui serait revenu à la vie, avec un corps de chair et d'os que l'on pouvait voir et toucher – à part les cas du jeune homme de Naïn, de la fille de Jaïrus et du bien-aimé Lazare de Béthanie ; mais ils voyaient les différences essentielles qui existaient entre ces cas de restitution à un renouveau de vie mortelle et la nouvelle de la résurrection de Jésus.


« La douleur et le sentiment de perte irréparable qui avaient caractérisé le sabbat de la veille, étaient remplacés, en ce premier jour de la semaine, par une perplexité profonde et des doutes en conflit. Mais alors que les apôtres hésitaient à croire que le Christ soit réellement ressuscité, les femmes, moins sceptiques, plus confiantes,
savaient, car elles l'avaient vu et avaient entendu sa voix, et certaines d'entre elles lui avaient touché les pieds. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 832-833)


Luc 24:13. Quelle distance y avait-il d'Emmaüs à Jérusalem et où le village se trouvait-il ?


« Emmaüs se trouvait à soixante stades (environ 12 kilomètres) de Jérusalem. L'emplacement du village n'a pas été défini jusqu'à présent. » (Smith, A Dictionary of the Bible, éd. révisée, rubrique « Emmaüs »)


Luc 24:34. Pourquoi Jésus apparut-il à Pierre en dehors des autres ?


« C'est la seule allusion que les évangélistes font à l'apparition personnelle que le Christ accorda ce jour-là à Simon Pierre. L'entrevue entre le Seigneur et son apôtre, jadis renégat, mais maintenant repentant, dut être pénible. La pénitence pleine de remords que Pierre avait manifestée pour son reniement du Christ dans le palais du souverain sacrificateur était profonde et pitoyable ; il se peut qu'il ait douté que le Maître puisse jamais l'appeler encore son serviteur ; mais le message du tombeau que les femmes apportèrent dans lequel le Seigneur envoyait ses salutations aux apôtres qu'il désignait pour la première fois comme ses frères, titre honorable et affectueux, dont Pierre n'avait pas été exclu, avait dû engendrer de l'espoir en lui ; en outre, dans la mission dont ils avaient chargé les femmes, les anges avaient mis Pierre en avant en le citant tout spécialement. Le Seigneur alla trouver Pierre repentant, pour apporter, nous n'en doutons pas, le pardon et le rassurer avec amour. L'apôtre lui-même conserve un silence respectueux au sujet de cette visite, mais Paul en parle lorsqu'il cite les preuves incontestables de la résurrection du Seigneur. » (Talrnage, Jésus le Christ, p. 838-839).


Mais le fait que Jésus ait apparu à Pierre a peut-être encore une autre signification.


« Auparavant, au cours de son ministère mortel, Jésus avait annoncé qu'il confèrerait les 'clés du royaume' à Pierre (Matthieu 16:19). Pierre, Jacques et Jean (qui présidaient avec lui) reçurent ces clés sur la montagne de la Transfiguration (voir Matthieu 17:1-8 ; Luc 9:28-36). Après cela, ils 'agirent en tant que membres de la Première Présidence de l'Église à leur époque' (Smith, Doctrines of Salvation, 3:152).


« 'Ces clés appartiennent toujours à la présidence de la Haute-Prêtrise' (D&A 81:2) et ne peuvent être employées dans leur plénitude sur la terre que par un seul homme à la fois ; et cet homme, dans la période qui suivit immédiatement l'ascension au ciel de Jésus était Pierre. Il se peut donc que l'apparition de Jésus à Pierre en particulier soit liée, d'une certainefaçon, au principe des clefs. » (McConkie, DNTC, 1:851)

 

JEAN

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JEAN 1

Jean 1:1. Comment Jésus est-il la Parole de Dieu ?

« Le Père a agi dans l'œuvre de la création par l'intermédiaire du Fils, qui est devenu ainsi l'exécutif par l'intermédiaire duquel la volonté, le commandement ou la parole du Père étaient mis en vigueur. C'est donc avec beaucoup d'exactitude que l'apôtre Jean pouvait dire du Fils, Jésus-Christ, qu'il était la Parole ; ou comme le déclara le Père, 'la Parole de mon pouvoir' (Moise 1:32). » (Talmage, Jésus le Christ, p. 39).

Jean 1:9-11. Comment le monde a-t-il reçu le Sauveur ?

« Après avoir déclaré que la mission de Jean-Baptiste était de rendre témoignage de la lumière, Jean continue son propre témoignage de Jésus en disant : 'Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.' (Jean 1:9-11)

« Pourquoi à cette époque-là ou à la nôtre certains ne le reçoivent-ils pas ? Il ne fait aucun doute qu'ils attendaient quelque chose de tout à fait différent. Ils recherchaient un chef qui opérât des réformes politiques et sociales et ils s'intéressaient peu aux problèmes spirituels. 'Le monde a été fait par elle et le monde ne l'a point connue. Il y en a aujourd'hui qui passent à côté de lui et qui ne le reconnaissent pas. » (Howard W. Hunter dans CR, octobre 1968, p. 141)

Jean 1:18. Que faut-il penser de cette déclaration de Jean : « Personne n'a jamais vu Dieu » ?

Bien sûr, il y a des prophètes qui ont contemplé la Divinité. Joseph Smith a enseigné cependant que le Père ne se manifeste que pour rendre témoignage de Jésus : « Et personne n'a jamais vu Dieu, sauf quand il a rendu témoignage du Fils ; car personne ne peut être sauvé si ce n'est par lui » (Jean 1:19, Traduction de Joseph Smith). Remarquez aussi comment Jean explique lui-même ce qu'il a voulu dire dans Jean 6:46.

Jean 1:42. Pourquoi était-il important que Simon reçoive un autre nom ?

« Destiné à devenir président de l'Église de Jésus-Christ et à utiliser dans leur plénitude les clés du royaume, Pierre devait devenir prophète, voyant et révélateur (voir D&A 81:2). En prévision de ce futur appel, Jésus donne ici un nouveau nom à son principal disciple, le nom de Céphas qui signifie 'un voyant' ou 'une pierre'.

« Ce nom prendra bientôt une signification encore plus grande lorsque, lui promettant les clés du royaume, notre Seigneur dit à Pierre que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre la pierre de la révélation ou, en d'autres termes contre son don de voyant (voir Matthieu 16:18). » (McConkie, DNTC, 1:132-133).

Jean 1:47-49. Quelle fut l'expérience de Nathanaël sous le figuier ?

« Jésus ici exerce son pouvoir de voyant. D'après le fragment de recit qui est conservé dans les Écritures, il apparaît que Nathanaël avait fait une expérience spirituelle très intense en priant, en méditant ou en adorant sous un figuier. Le Seigneur, dispensateur de toutes les choses spirituelles, avait été présent en esprit aux côtés de Nathanaël bien que son corps fût absent. Et cet Israélite 'sans fraude', à cette manifestation du don de voyance de Jésus, fut amené à l'accepter comme le Messie. » (McConkie, DNTC, 1:134)

JEAN 2

Jean 2:4. Est-ce que Jésus accéda volontiers à la demande de sa mère pour les noces de Cana ?

Traduction de Joseph Smith : « Jésus lui dit : Femme, que veux-tu que je fasse pour toi ? Je le ferai, car mon heure à moi n'est pas encore venue. »

Jean 2:4. Que penser du terme « femme » qu'emploie Jésus pour s'adresser à sa mère ?

« L'interjection 'Femme', appliquée par un fils à sa mère peut paraître assez dure sinon irrespectueuse à nos oreilles, mais le fait de l'utiliser exprimait en réalité une intention tout à fait opposée. Pour tout fils, sa mère devait être avant tout la femme par excellence ; elle est la seule femme au monde à qui le fils doit son existence terrestre, et, bien que le titre de 'Mère' appartienne à toutes les femmes qui ont acquis les honneurs de la maternité, cependant il n'y a pour aucun enfant plus d'une femme qu'il puisse, à bon droit, appeler de ce titre.


« Lorsque, dans les dernières terribles scènes de son expérience mortelle, le Christ pendait agonisant, sur la croix, il baissa les yeux sur Marie, sa mère, qui était en pleurs, et la confia à l'apôtre bien-aimé, Jean, en ces termes : 'Femme, voici ton fils ! ' Peut-on penser qu'en cet instant suprême, le souci de notre Seigneur pour la mère dont il était sur le point d'être séparé par la mort, puisse provenir d'une émotion autre que celle du respect, de la tendresse et de l'amour ?' » (Talmage, Jésus le Christ, p. 175-176)

Jean 2:6. guelle quantité représentaient les « deux ou trois mesures » que contenaient les vases ?

Une mesure faisait environ 35 litres. Chacun des vases contenait donc de 70 à 105 litres d'eau. Il en résulte que Jésus créa entre 400 et 600 litres de vin ; ce miracle montre que c'était une noce où il y avait un très grand nombre d'invités.

Jean 2:13-14. Qu'était la Pâque ?

« L'ancien Israël, du temps de Moïse, fut libéré de l'esclavage temporel par l'Éternel. Pour commémorer cette délivrance, il lui fut commandé de célébrer la fête de la Pâque. La fête avait pour but de rappeler deux choses : (1) que l'ange destructeur était passé sans toucher les maisons ni les troupeaux d'Israël tandis qu'il avait frappé les premiers-nés des hommes et des animaux des Égyptiens et (2) que l'Éternel était son Libérateur, le même être saint qui, au moment voulu, viendrait dans le monde comme Roi-Messie pour réaliser l'expiation infinie et éternelle.

« Tous les symboles de la fête se rattachaient à ces deux événements. Le repas était mangé en hâte comme si l'on se préparait à fuir (ceci était d'ailleurs plus respecté dans les premiers temps de l'instauration de la Pâque qu'au temps de Jésus). L'agneau du sacrifice était un agneau sans tache dont le sang était répandu mais dont les os n'étaient pas brisés. Le sang était aspergé sur les maisons qu'il fallait épargner, autant de représentations et de symboles du sacrifice à venir du Messie (voir Exode 12).

« Et maintenant, près d'un millénaire et demi après que l'Éternel ait donné la Pâque à Israël, lui-même, revêtu de son corps parmi les autres hommes, se préparait à célébrer la fête pour accomplir la loi donnée à Moise. » (McConkie, DNTC, 1:704)

Jean 2:13-22. Jésus défendit la sainteté de la maison de son Père

« Quand Jésus purifia le temple, il était rempli d'une colère sainte parce que les hommes ne respectaient pas le caractère sacré de la maison de son Père, en y vendant des pigeons et des agneaux pour les sacrifices. Des changeurs de monnaie se trouvaient là pour la commodité de ceux qui venaient d'autres pays. Ils leur donnaient en monnaie locale l'argent dont ils avaient besoin pour le temple. Sans doute qu'à leurs yeux, ils ne faisaient rien de mal, mais ils faisaient ces choses dans la maison du Seigneur. On nous dit qu'il renversa les tables des changeurs et qu'il s'adressa aux vendeurs de pigeons en ces termes : 'Otez cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic' (Jean 2:16).

« L'attitude respectueuse, a écrit Ruskin, est la plus noble qu'un homme puisse avoir au monde. Le respect est un des signes de la force ; le manque de respect un des plus sûrs indices de faiblesse. Aucun homme qui se moque des choses sacrées ne peut s'élever bien haut. Nous devons respecter avec loyauté les nobles valeurs de la vie, sinon, au jour de l'épreuve, nous les abandonnerons. » (David O. McKay, CR, octobre 1950, p. 163-164)

JEAN 3

Jean 3:5. Qu'est-ce que le « royaume de Dieu » dont parle Jésus ?

« On voit très clairement que le royaume de Dieu dont parle le Sauveur dans sa conversation avec Nicodème est le royaume céleste. C'est aussi ce qui est impliqué dans les instructions que notre Sauveur donna à ses apôtres quand il les quitta. Ils devaient aller de par le monde prêcher l'Évangile et tous ceux qui l'accepteraient et seraient baptisés entreraient dans le royaume céleste, mais tous les autres seraient damnés, autrement dit, envoyés dans l'un des autres royaumes. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 5:147-148)

JEAN 4

Jean 4:1-3. Jésus lui-même fit des baptêmes d'eau

« Ils cherchèrent plus diligemment des moyens de pouvoir le mettre à mort ; car beaucoup recevaient Jean comme prophète mais ne croyaient pas en Jésus.

« Or, le Seigneur savait cela, quoique lui-même n'en baptisât pas autant que ses disciples.

« Le Sauveur sut cela, bien que lui-même ne baptisait pas autant que ses disciples. » (Jean 4:2, Traduction de Joseph Smith)

« Contrairement aux faux enseignements et aux traditions, Jésus en personne baptisa d'eau pour qu'il puisse être le grand Exemple en toutes choses. Nul doute qu'il accomplit aussi toutes les autres ordonnances essentielles au salut et à l'exaltation. » (McConkie, DNTC, 1:148)

Jean 4:9. Pourquoi les Juifs détestaient-ils tant les Samaritains ?

« La route directe reliant la Judée à la Galilée passait par la Samarie ; mais beaucoup de Juifs, et surtout les Galiléens, préféraient prendre une route indirecte bien que plus longue plutôt que de traverser le pays d'un peuple aussi méprisé d'eux que l'étaient les Samaritains. Le ressentiment entre Juifs et Samaritains avait grandi pendant des siècles, et à l'époque du ministère terrestre de notre Seigneur s'était transformé en une haine vraiment intense. Les habitants de la Samarie étaient un peuple mêlé, chez lesquels le sang d'Israël était mélangé à celui des Assyriens et d'autres nations ; et une des raisons de l'animosité qui existait entre eux et leurs voisins tant au nord qu'au sud, était que les Samaritains prétendaient être reconnus pour Israélites ; ils se vantaient que Jacob était leur père, mais ceci, les Juifs le niaient. Les Samaritains avaient une version du Pentateuque qu'ils révéraient comme étant la loi, mais ils rejetaient tous les écrits prophétiques de ce qui est maintenant l'Ancien Testament, parce qu'ils s'y considéraient traités avec insuffisamment de respect.

« Pour les Juifs orthodoxes de l'époque, un Samaritain était plus impur qu'un Gentil d'une autre nationalité. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 209-210)

Jean 4:10. Quelle était l'importance du terme « eau vive » ?

Les prophètes d'Israël avaient maintes fois déclaré que le Seigneur était une source d'eau vive qu'Israël avait rejetée (voir Jérémie 2:13 ; Ésaïe 8:6). Jésus lui-même, l'Éternel, avait supplié l'ancienne Israël de se repentir et de revenir à lui pour qu'il puisse la rassasier et lui donner de la vigueur. Et l'Éternel, dans son exhortation, avait utilisé en figure de langage, l'image de la source et de l'eau (voir Ésaïe 58:11).

JEAN 5

Jean 5:26-27. voir Jean 10:17-18

Jean 5:31-34. Que dit Jésus sur sa mission et le témoignage que les autres ont rendu de lui ?


Traduction de Joseph Smith : « Donc, si je rends témoignage de moi-même, alors mon témoignage est vrai. Car je ne suis pas le seul, il y en a un autre qui rend témoignage de moi et je sais que le témoignage qu'il donne de moi est vrai. Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu aussi témoignage à la vérité. Et il ne reçut pas son témoignage de l'homme mais de Dieu et vous dites vous-mêmes qu'il est un prophète; c'est pourquoi vous devez recevoir son témoignage. Je dis ces choses pour que vous puissiez être sauvés… Mais j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces œuvres mêmes que je fais témoignent de moi et témoignent que le Père m'a envoyé. Et le Père' lui-même qui m'a envoyé a rendu témoignage de moi. Et en vérité, je vous atteste que vous n'avez jamais entendu sa voix et que vous ne l'avez jamais vu ; car sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé. »

Jean 5:39. Que signifie « sonder les Écritures » ?

« Puisque nous ne pouvons pas vivre de toutes paroles qui sortent de la bouche de Dieu sans savoir quelles sont ces paroles, il est impératif que nous les étudiions. C'est ce que le Seigneur nous a demandé de faire.

« Jésus répondit ironiquement aux Juifs qui contestaient vivement que Dieu pût être son Père : 'Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi' (Jean 5:39).

« Dans la de son Livre des Commandements, le Seigneur a dit : 'Sondez ces commandements, car ils sont vrais et dignes de foi, et les prophéties et les promesses qu'ils contiennent s'accompliront toutes' (D&A 1:37).

« ll nous a été demandé par Dieu d'enseigner 'les principes de l'Évangile qui sont dans la Bible et le Livre de Mormon' (D&A 42:12). Nous ne pouvons pas le faire si nous ne savons pas quels sont ces principes. » (Marion G. Romney, CR, avril 973, p. 117)

JEAN 6


Jean 6:14-15. Pourquoi y eut-il tant de personnes parmi celles qui suivaient Jésus qui voulurent faire de lui leur roi?

« De nombreux Juifs, à l'époque de Jésus, attendaient fiévreusement l'apparition imminente de leur Messie attendu depuis si longtemps. L'oppression de la domination rpmaine se faisait plus lourde de jour en jour. Il était donc tout à fait naturel qu'ils pensent voir en Jésus l'accomplissement de leurs espoirs et de leurs rêves pour leur vie terrestre. Ne possédait-il pas des pouvoirs miraculeux ? N'avait-il pas changé de l'eau ordinaire en vin, ressuscité des morts, guéri des malades et transformé quelques pains et quelques poissons en une quantité de nourriture suffisante pour plus de cinq mille personnes ? Ne pouvait-il pas tourner ces mêmes pouvoirs contre Rome et libérer les Juifs de l'occupation étrangère ?

« La multitude, maintenant nourrie et rassasiée, se mit à réfléchir au miracle. En Jésus, par lequel une œuvre si grande s'était accomplie, elle reconnaissait Quelqu'un qui avait des pouvoirs surhumains. 'Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde', dit-elle – le prophète dont la venue avait été prédite par Moïse et qui serait semblable à lui. De même qu'Israël avait été nourri miraculeusement du temps de Moise, de même maintenant ce nouveau prophète fournissait du pain dans le désert. Dans son enthousiasme, le peuple proposa de le proclamer roi et de le forcer à devenir son chef. Telle était sa conception grossière du gouvernement messianique. » (James E. Talmage, Jésus le Christ, p. 409)


Jean 6:25. Qu'est-ce qu'un rabbi ?

Le mot « rabbi » qui signifie littéralement « mon grand maître » était un terme de très grand respect chez les anciens Juifs. Le rabbi local, dans chaque village, faisait partie des hommes les plus instruits de la région ; il était en général diplômé d'une école rabbinique officielle. Un rabbi se consacrait véritablement au service des gens du peuple en les instruisant dans leurs synagogues, en les assistant dans leurs besoins par des moyens charitables, et par l'étude et la mise en application constante de la loi de Moïse (la Torah) telle qu'il la comprenait.

Jean 6:31-32. Qu'est-ce que la manne ?

« Pendant les quarante années qu'ils passèrent dans le désert, Moïse et les enfants d'Israël reçurent leur nourriture du ciel. Certains passages de l'Ancien Testament indiquent que la manne était donnée sous la forme d'une pellicule que l'on trouvait sur le sol tous les jours sauf le jour de sabbat. Selon les instructions du Seigneur, elle devait être ramassée de bonne heure le matin avant que la chaleur du soleil ne la fasse fondre et il ne fallait prendre que la quantité nécessaire pour les besoins de la journée. La veille du sabbat, il fallait en ramasser une quantité double pour pouvoir manger le jour du sabbat. La manne avait le goût d'huile fraîche ou de gâteaux au miel, et elle fut utilisée par les Israélites pour nourrir une population de deux millions de personnes pendant quarante ans. Pour la manger, il fallait la moudre et la faire cuire et elle a toujours été considérée comme un don miraculeux de Dieu et non comme un produit de la nature. » (Smith, Dictionary of the Bible, p. 378-379).

Jean 6:66. Pourquoi ceux qui avaient suivi le Christ furent-ils si nombreux à se détourner de lui après le sermon sur « le pain de vie » ?

« (Le sermon sur 'le pain de vie' tel qu'il est rapporté par Jean) est d'une très grande teneur spirituelle et contient des instructions sur le Christ 'pain de vie' que ceux qui l'avaient suivi ne purent pas croire. Ils ne comprirent pas ce qu'il disait et beaucoup d'entre eux s'en allèrent…

« Les Douze entrevirent seulement la signification spirituelle de ce sermon…

« Ces apôtres avaient, ce jour-là, le pouvoir et le droit de faire un choix : marcher avec ceux qui ne voyaient que les bienfaits, les avantages physiques que la nature pourrait leur donner ou utiliser leurs dons au profit de ce qu 'il y a de spirituel en l'homme.

« Cette décision détermine si l'on répond à l'appel de l'âme, qui est de s'élever, ou si l'on cède à la tentation de ramper…

« Les disciples de Jésus aperçurent une lueur qui devait illuminer spirituellement leur âme comme le soleil éclaire l'obscurité avec des rayons de lumière. Mais il y a peu de personnes qui voient la Lumière elle-même ou même qui croient à son existence et souvent, après l'avoir aperçue, ils se détournent vers les choses plus grossières et plus sordides. » (David O. McKay, Whither Shall We Go?, Speeches of the Year, 1961, p. 2-4)

JEAN 7

Jean 7:2. Qu'était la fête des Tabernacles ?

« Le quinzième jour de ce septième mois, ce sera la fête des tabernacles en l'honneur de l'Eternel, pendant sept jours. » (Lévitique 23:34)

La fête des Tabernacles était une période de réjouissances pour exprimer au Seigneur sa gratitude pour les riches récoltes des terres fertiles de Palestine. Les champs et les vignes se trouvaient souvent assez loin des villages israélites, c'est pourquoi les familles campaient temporairement pour la saison de la moisson et la semaine de fête. Ces habitations temporaires étaient décorées de fruits et de guirlandes qui représentaient la moisson abondante reçue du Seigneur. Les décorations servaient aussi à rappeler aux occupants les quarante ans que leurs ancêtres avaient passés dans le désert à camper dans des tentes de fortune faites avec tous les tissus qu'on avait pu trouver. Les Juifs ne devaient jamais oublier que Dieu avait libéré leur peuple de la captivité et de l'esclavage.

Des sacrifices d'animaux : béliers, agneaux et taureaux étaient offerts chaque jour. Les gens participaient aussi à une cérémonie pendant laquelle ils agitaient des branches de palmiers, de myrte, de saule et de citronnier de haut en bas vers les points cardinaux pour symboliser la présence de Dieu dans tout l'univers.

Le huitième jour, la fête de conclusion, était une assemblée solennelle, un jour de prière pour la pluie et un jour de commémoration des morts (voir Exode 23:1, 17 ; Lévitique 23:39-43 ; Nombres 29:12-38 ; Deutéronome 16:13-15 ; 31:10-13).

Jean 7:16-17. Quelle est la méthode que Jésus préconise pour connaître la véracité de sa doctrine ?

« En sondant les écrits tels qu'ils nous sont donnés par les hommes qui vécurent quotidiennement avec le Seigneur, nous voyons qu'une fois, les hommes qui l'écoutaient s'élevèrent contre lui. Ils contestèrent ses œuvres comme les hommes aujourd'hui le contestent. Et une voix s'écria : 'Comment savoir que ce que tu nous dis est vrai ? Comment savoir s'il est vrai que tu es le Fils de Dieu comme tu le professes ?' Et Jésus lui répondit tout simplement (et remarquez cette méthode) : 'Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon propre chef' (Jean 7:17).

« Cette méthode est très logique. Elle est très philosophique. C'est la méthode la plus simple pour donner à un individu la connaissance de ce que l'esprit humain peut concevoir. C'est en faisant une chose, en l'introduisant dans votre être même que vous serez convaincu si elle est bonne ou mauvaise. Il se peut que vous ne puissiez pas me convaincre de ce que vous savez, mais vous, vous le savez parce que vous l'avez vécu. C'est cette méthode que le Sauveur donna à ces hommes quand ils lui demandèrent comment ils pourraient savoir si la doctrine était de Dieu ou des hommes. » (David O. McKay, CR, octobre 1966, p. 136)

JEAN 8

Jean 8:1-11. La femme surprise en adultère


Selon la loi mosaique, le châtiment physique de l'adultère était la mort.


« Le Seigneur pardonna-t-il à la femme ? Pouvait-il lui pardonner ? Il semble qu'il n'y ait aucun signe de pardon. Son commandement fut : 'Va et ne pèche plus.' Il commandait à la pécheresse de continuer son chemin, d'abandonner sa vie mauvaise, de ne plus commettre de péchés, de transformer sa vie. Il lui disait : Femme, pars et commence à te repentir ; et il lui indiquait le premier pas : abandonner ses transgressions. » (Spencer W. Kimball, Le miracle du pardon, p. 155)


Jean 8:12. « Je suis la lumière du monde »


« La célébration connue sous le nom de fête des Tabernacles étaient marquée par un brillant déploiement de lumière qui provenait de grands chandeliers en or disposés dans tout l'ensemble des bâtiments du temple. Apparemment, Jésus a utilisé cette situation pour déclarer : 'Je suis la lumière du monde'.


« Ses auditeurs savaient bien que leur Messie serait comme une lumière pour tous les hommes ; c'est-à-dire qu'ils savaient qu'étant la source même de lumière et de vérité, il se tiendrait devant tous comme une lumière, un exemple, un dispensateur de vérité ; ils savaient que sa mission serait de marquer et d'éclairer le chemin que devraient prendre tous les hommes (voir 3 Néphi 15:9 ; 18:16, 24). Les prophéties messianiques promettaient qu'il serait 'la lumière des nations', une lumière qui percerait l'obscurité de l'erreur et de l'incrédulité (Ésaïe 60:1-3). En appliquant ces prophéties à sa propre personne, Jésus proclamait clairement que c'était lui le Messie et c'est bien ce que comprirent ses auditeurs. » (McConkie, DNTC, 1:452-153)


« Le Christ est la lumière de l'humanité. Avec cette lumière, l'homme voit clairement son chemin. Quand cette lumière est rejetée, l'âme de l'homme trébuche dans l'obscurité. Aucune personne, aucun groupe, aucune nation ne peut réussir complètement sans suivre celui qui a dit : 'Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie' (Jean 8:12). » (David O. McKay, CR,avril 1940, p. 115)


Jean 8:31-32. « La vérité vous affranchira »

« Nous devons nous affranchir du pouvoir destructeur de la fausse doctrine, nous affranchir de l'esclavage des appétits et de la luxure ; nous affranchir des chaînes du péché, de toute influence mauvaise et corruptrice et de tout pouvoir qui nous freine et nous diminue, nous affranchir vers une liberté illimitée dont seuls les êtres exaltés jouissent dans sa plénitude. » (Bruce R. McConkie, DNTC, 1:456-457)

Jean 8:56-59. Que signifie ce que dit Jésus : « Avant qu'Abraham fût, je suis » ?

« C'est l'affirmation la plus directe et la plus évidente de sa divinité que personne n'ait jamais donnée ou ne puisse jamais donner. 'Avant Abraham, je fus, moi, l'Éternel'. C'est-à-dire 'Je suis le Dieu Tout-Puissant, le Grand JE SUIS. Je suis celui qui existe par lui-même, l'Éternel. Je suis le Dieu de vos pères. Mon nom est : JE SUIS CELUI QUI SUIS.'

« C'est à Moïse que l'Éternel était apparu, s'identifiant comme le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et lui avait dit : 'Je suis celui qui suis… C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle 'Je suis' m'a envoyé vers vous… Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération' (Exode 3:14-15).

« Lorsqu'il apparut un peu plus tard, nous lisons dans la version du roi Jacques : 'Je suis le Seigneur : Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob sous le nom de Dieu Tout-Puissant, mais je n'ai pas été connu d'eux sous mon nom, JÉHOVAH' (Exode 6:2-3, traduction de la version du roi Jacques ; la version Segond ne dit pas 'Jéhovah' mais 'l'Eternel', ndt). Par la révélation moderne, nous savons que l'une des grandes déclarations que le Seigneur fit à Abraham fut : 'Je suis le Seigneur, ton Dieu… Mon nom est Jéhovah' (Abraham 2:7-8). Et de même, le récit donné par la Traduction de Joseph Smith dit : 'Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob. Je suis le Seigneur Dieu Tout-Puissant, le Seigneur JÉHOVAH. Et ne connaissaient-ils pas mon nom ?' 


« Les Juifs avaient très bien compris que Jésus avait déclaré clairement être le Messie ; on le voit à leur tentative de se jeter sur lui pour le lapider. La mort par lapidation était le châtiment du blasphème, crime dont notre Seigneur aurait été coupable si ses affirmations quant à sa divinité n'avaient pas été vraies. Mais Jésus, exerçant de toute évidence ses pouvoirs divins, s'éloigna d'eux sans être vu. » (McConkie, DNTC, 1:464)

JEAN 9

Jean 9:1-41. La guérison de l'aveugle de naisance


Le vrai problème qui préoccupait les pharisiens n'était pas de savoir s'il était convenable que Jésus ait guéri quelqu'un le jour de sabbat. Ce n'était pas non plus de savoir si Jésus était vraiment le Messie. Les pharisiens sentaient que c'était leur existence même en tant qu'interprètes de la loi mosaique qui était menacée. Ils exigeaient que chaque Juif se conforme à une série de règles et de lois rituelles rigoureuses ; s'il les enfreignait, cela le rendait impur et, par conséquent, inacceptable devant Dieu. Contrastant avec ce rituel, Jésus enseignait que les lois de Dieu sont basées sur l'amour, que l'obéissance apportait la liberté, le bonheur et la réalisation de soi. L'essence des énseignements du Christ jeta la lumière de la vérité sur ces philosophies fausses et contraignantes qui maintenaient les hommes dans l'obscurité de l'incrédulité, de l'ignorance et du péché (voir Jean 9:39). Jésus montra le chemin par lequel les hommes peuvent réaliser leur salut et proposa un  choix: restez comme vous êtes ou transformez votre vie et suivez-moi. C'est comme Sl Jésus avait dit :


« Je suis venu dans le monde pour mettre en jugement tous les hommes, pour les diviser en deux camps selon qu'ils accepteront ou rejetteront ma parole. Ceux qui sont spirituellement aveugles auront les yeux ouverts par l'obéissance à mon Evangile et ils verront les choses de l'Esprit. Ceux qui croient pouvoir voir dans le royaume spirituel, mais qui n'acceptent pas mon Évangile et me rejettent, resteront dans l'obscurité et seront rendus aveugles aux réalités spirituelles. » (McConkie, DNTC, 1:482)

JEAN 10

Jean 10:1-15. Le symbole du « bon berger »

« Le berger, en Palestine, menait une vie solitaire. Ce qu'il y avait de remarquable en lui, c'est qu'il était fidèle à son troupeau et le protégeait. La nuit, les moutons étaient enfermés dans un enclos appelé bergerie entouré de hauts murs destinés à empêcher qu'un animal ou quelqu'un y pénètre. Sur le haut des murs, on plaçait des épines qui empêchaient les loups d'entrer dans la bergerie en sautant par-dessus le mur. La seule entrée normale était la porte (Jean 10:1). Souvent, on mettait plusieurs troupeaux dans le même enclos et un seul berger, appelé le portier, montait la garde à la porte pendant la nuit tandis que les autres rentraient chez eux pour se reposer. Quand ils revenaient le matin, ils se faisaient reconnaître par le portier qui les laissait entrer et chacun appelait son propre troupeau qu'il conduisait au pâturage (Jean 10:2-3). Le berger était celui grâce à qui les moutons pouvaient se nourrir.

« Le berger marchait devant ses moutons et les conduisait. Les moutons le connaissaient et avaient confiance en lui et ne suivaient pas un étranger (Jean 10:4-5). En général, il leur donnait à chacun un nom, et chacun connaissait son nom et venait quand le berger l'appelait. Si c'était un étranger qui appelait, les moutons devenaient craintifs et tremblants et n'obéissaient pas à sa voix parce que ce n'était pas la voix de leur maître et qu'ils ne la reconnaissaient pas (voir Jean 10:3-4, 27).

« Le vrai berger, celui à qui appartenait le troupeau, était prêt à donner sa vie pour ses bêtes s'il le fallait. Parfois, un léopard ou une panthère, poussés par la faim, sautaient par dessus les murs de la bergerie au milieu des moutons effrayés. C'était des cas où la force et le courage du berger étaient mis à l'épreuve. Un mercenaire, à qui les moutons n'appartiennent pas, pouvait, dans de telles circonstances, fuir le danger et se dérober aux devoirs du berger (Jean 10:11-13). S'il n'était pas surveillé, le mercenaire pouvait ne pas faire passer au premier plan le bien-être des moutons. On connaissait des cas de mercenaires qui vendaient des moutons, empochaient l'argent et expliquaient leur disparition en disant que les loups étaient venus et les avaient tués. Si l'on applique ceci à l'Évangile, on voit ce qu'un 'mercenaire' pourrait faire des âmes hurnaines. Mais le principal souci du vrai berger, c'était le bien-être de son troupeau (voir Jean 21:15-17).

« Même le vêtement du berger était conçu pour l'aider à s'occuper de ses bêtes. À l'intérieur de son manteau, il y avait un général une grande poche dans laquelle il pouvait porter pour l'amener en sécurité un agneau trop faible ou blessé. Ésaïe fait allusion à cette poche quand il décrit le rôle du Christ en le comparant à celui d'un berger (Ésaïe 40:10-11).

« La comparaison du Christ avec le bon berger est parfaite dans tous les détails. Il est la porte de la bergerie par laquelle nous devons entrer. Il n'y a personne d'autre (voir Jean 10:9). Il n'est pas un simple mercenaire, mais le vrai berger des âmes humaines ; 'nous ne nous appartenons point à nous-mêmes' (1 Corinthiens 6:19-20), mais il nous a rachetés avec son sang précieux (voir 1 Corinthiens 7:23 ; 1 Pierre 1:18-19 ; 2 Pierre 2:1 ; Actes 20:28). Le berger conduit les moutons dans un pâturage où ils peuvent se nourrir. Jésus nous a donné sa parole. Nous sommes mis en garde contre les doctrines des hommes. Seul le 'pâturage' sur lequel il conduit ses brebis est une nourriture qui leur convient, et aucun homme ne peut être sauvé dans l'ignorance de sa parole ou sans ses révélations. La vraie brebis connaît sa voix. Le vrai berger connaît ses brebis, elles lui appartiennent et il les appelle. De la même façon, nous prenons sur nous le nom du Christ, car nous lui appartenons ; nous sommes ses brebis et si nous avons son nom, nous pourrons entrer 'par la porte'. » (Matthews, The Parables of Jesus, p. 75-76)


Jean 10:17-18 (voir aussi Jean 5:26-27). Comment se fait-il qu'aucun homme ne pouvait ôter la vie à Jésus ?

« Jésus n'avait pas de père dans la chair, c'est-à-dire un père qui fût mortel, sujet à la mort. Notre Père éternel, que nous prions, est le père du corps de Jésus-Christ, et de son Père il hérita la vie : la mort lui était toujours soumise. Il avait le pouvoir de donner sa vie parce qu'il était le Fils de Marie qui, comme nous, était mortelle et il pouvait aussi reprendre sa vie : il avait ce pouvoir en lui. Dans ses enseignements aux Juifs et à ses disciples, il parla fréquemment de ce pouvoir et de sa mission. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 1:33)

Jean 10:22. Qu'était la fête de la Dédicace et pourquoi cette fête ?

« Près de deux cents ans avant le ministère public de Jésus, Antiochos Épiphane, un roi séleucide qui avait le contrôle de la Palestine, essaya de détruire le judaïsme en obligeant ses sujets à accepter la culture grecque. Pour montrer ostensiblement son mépris de la foi juive, Antiochos sacrifia un porc (le plus impur des animaux, selon les Juifs) sur un petit autel grec bâti pour la circonstance à l'intérieur des limites du temple. Après cela, Antiochos interdit toutes les ordonnances religieuses prescrites par la loi de Moise et ordonna que l'on brule tous les exemplaires connus de la loi juive. Enfin, il ordonna la construction d'autels païens dans toute la Palestine, et les Juifs devaient adorer les dieux païens ou mourir. Cette suppression de la religion juive déclencha ce que l'on appelle la révolution des Maccabées.

« Judas Maccabée avec ses quatre frères réunit autour de lui un certain nombre de Juifs fidèles qui refusaient d'obéir aux exigences d'Antiochos. Ils formèrent une armée de guérillas et menèrent une lutte sans répit contre les troupes utilisées par Antiochos pour faire mettre en vigueur ses règlements religieux. Finalement, les Maccabées eurent le contrôle de Jérusalem. Judas alors procéda à la purification du temple (qui, pendant trois ans, avait servi à faire des offrandes à Zeus) et au rétablissement du culte de l'Éternel. On instaura la fête de la Dédicace appelée parfois la fête des lumières pour célébrer cette époque où le temple fut repris et à nouveau consacré. La fête se passe pendant le mois de Chislev, à cheval sur nos mois de novembre et décembre, et dure huit jours. Elle est marquée par des repas raffinés, des services spéciaux à la synagogue et une illumination supplémentaire dans tous les foyers, de là son nom, fête des lumières. » (Harper's Bible Dictionary, p. 133, 406-407).

Jean 10:22-38. Quelle importance revêt le fait que Jésus soit allé à la fête de la Dédicace ?

La fête de la Dédicace ayant lieu quelque deux mois après la fête des Tabernacles donna à Jésus une autre occasion de déclarer ouvertement qu'il était le Messie. Les Juifs, le mettant au défi avec beaucoup d'insolence, désiraient vivement faire déclarer clairement à Jésus qu'il était le Christ. À leurs questions pressantes, Jésus répondit : « Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas » (Jean 10:25). Il dit aux Juifs la raison pour laquelle ils ne croyaient pas en ses paroles : c'est qu'ils n'étaient pas ses brebis. « Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent » (Jean 10:27). Remarquez la similitude du témoignage qu'il donne ici avec celui qu'il a donné précédemment à la fête des Tabernacles (voir Jean 10:14-16). En conclusion, après avoir déclaré qu'il était le Messie, il dit qu'il avait le pouvoir de donner aux hommes la vie éternelle et annonça qui il était par rapport au Père : « Moi et le Père nous sommes un » (Jean 10:30).

Comme on l'a déjà vu dans une autre occasion semblable (Jean 8:58-59), quand Jésus s'identifia très clairement à Dieu, les Juifs furent très irrités et prirent des pierres pour le lapider. Mais Jésus répondit simplement : « Je vous ai fait voir plusieurs bonnes œuvres venant de mon Père : pour laquelle me lapidez-vous ? » (Jean 10:32). Ils répondirent qu'ils ne le lapidaient pas pour une bonne œuvre ; ils lui dirent : « Toi, qui es un homme, tu te fais Dieu » (Jean 10:33). Les Juifs avaient clairement compris ce que Jésus avait déclaré être.

Jean 10:39-40. Où Jésus alla-t-il après son affrontement avec les Juifs à la fête des Tabernacles ?

Une fois de plus, les Juifs essayèrent de s'emparer de Jésus par la force mais ils n'y parvinrent pas car l'heure de sa mort et de son sacrifice expiatoire n'était pas encore arrivée. Jésus « s'en alla… au-delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait d'abord baptisé. Et il y demeura » (Jean 10:40). Cette région au-delà du Jourdain s'appelait « Pérée », mot qui signifie littéralement « la terre qui est au-delà ».

« La durée de son séjour en Pérée n'est rapportée nulle part dans nos Écritures. Elle n'a pas pu dépasser plus de quelques semaines maximum. Il est possible que certains des discours, des enseignements et des paraboles que nous avons déjà traitées, suite au départ du Seigneur de Jérusalem après la fête des Tabernacles l'automne précédent, appartiennent chronologiquement à cet intervalle. Quittant cette retraite de calme relatif, Jésus retourna en Judée pour répondre à un ardent appel de personnes qu'il aimait. Il quitta la Béthanie de Pérée pour la Béthanie judéenne où Marthe et Marie demeuraient. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 598)

JEAN 11

Jean 11:1-46. Quelle importance revêt la mort et la résurrection de Lazare ?

Quand Jésus apprit que Lazare était malade, il ne se rendit pas immédiatement à Béthanie comme Marie et Marthe l'avaient espéré. « Il resta deux jours encore dans le lieu où il était » (Jean 11:6). Jésus avait un but en laissant Lazare mourir.

Quand Jésus et ses apôtres arrivèrent, le corps de Lazare était au tombeau depuis quatre jours. Il y avait une croyance commune chez les Juifs que l'esprit du défunt se mouvait autour du corps pendant trois jours dans l'espoir de pouvoir y rentrer à nouveau. Après cela, la décomposition commençait et l'esprit s'en allait pour toujours (voir McConkie, DNTC, 1:533).

Il se peut que Jésus ait attendu quatre jours pour ressusciter Lazare à cause de cette croyance. Selon les Écritures, Jésus avait deux fois auparavant ressuscité des morts et, dans les deux cas, il l'avait fait immédiatement après que le corps et l'esprit aient été séparés. Ces deux fois-là, Jésus avait évité toute publicité autour de ce qu'il avait fait (voir Luc 7:1, 1-17 ; 8:41-42, 49-56).

« Mais dans le cas de 'notre ami Lazare' ce fut tout différent. Jésus savait très bien que Lazare était malade et ne fit rien pour empêcher sa mort ; il laissa préparer son corps pour être enseveli ; il attendit que les funérailles soient terminées et que le corps soit mis au sépulcre. Il laissa passer quatre jours pour que le processus de décomposition soit en cours ; il mit à l'épreuve au maximum la foi de Marie et de Marthe ; il alla au tombeau fermé par une pierre dans des circonstances qui attirèrent de nombreux sceptiques et incroyants ; il agit à tous égards comme s'il recherchait la publicité, puis, usant de sa prérogative divine de donner la vie ou la mort selon sa volonté, il commanda : 'Lazare, sors !'

« Pourquoi cette mise en scène étudiée, pourquoi avoir attiré l'attention sur l'un des plus puissants miracles de son ministère ? Deux raisons se dégagent particulièrement. (1) Comme notre Seigneur approchait du point culminant de son ministère mortel, il rendait un témoignage irréfutable qu'il était le Messie, qu'il avait une origine divine, qu'il était en fait véritablement le Fils réel de Dieu. (2) Il mettait en scène comme pour montrer l'un de ses plus grands enseignements : qu'il était la résurrection et la vie, que l'immortalité et la vie éternelle étaient données par lui et que ceux qui croyaient en ses paroles et y obéissaient ne connaîtraient jamais la mort spirituelle. » (McConkie, DNTC, 1:530-531)

De cette façon, notre Sauveur s'assurait que les Juifs qui ne croyaient pas en lui n'aient aucune excuse de ne pas l'avoir accepté comme le Fils de Dieu. Il démontrait clairement sa divinité d'une façon qui ne pouvait être controversée. 


« On ne pouvait douter de la réalité de la mort de Lazare, car on avait été témoin de son décès, on avait préparé et enseveli son corps de la manière habituelle, et il avait passé quatre jours dans le tombeau. Quand il fut appelé, il y avait beaucoup de témoins au tombeau, dont certains étaient des Juifs importants parmi lesquels beaucoup étaient hostiles à Jésus et auraient volontiers nié le miracle s'ils l'avaient pu. Dieu était glorifié et la divinité du Fils de l'Homme était confirmée par le résultat. » (Talmage, Jésus Le Christ, p. 605)

JEAN 12

Jean 12:2-8. Voir commentaire de Matthieu 26:6-13.


Jean 12:12-13. « Hosanna au Fils de David »

« La fête des Tabernacles comprenait une sainte convocation qui, dans ce cas, était aussi appelée Assemblée solennelle. Dans nos assemblées solennelles modernes, nous poussons le cri de Hosanna, qui était aussi associé autrefois à la fête des Tabernacles sauf qu'autrefois Israël agitait des feuilles de palme au lieu de mouchoirs blancs en exultant dans des cris tels que 'Hosanna, hosanna, hosanna à Dieu et à l'Agneau'…. Au début de notre ère, certains rites supplémentaires faisaient partie de la fête, notamment le fait qu'un prêtre allait à la piscine de Siloé, puisait de l'eau dans une cruche d'or, la portait au temple et la versait dans un vase à la base de l'autel. Pendant qu'on faisait cela, le choeur chantait le Hallel, composé des Psaumes 113 à 118. Quand le choeur arrivait à ces paroles : 'Louez l'Éternel', et encore quand il chantait : 'Apporte donc maintenant le salut, Éternel' et encore une fois à la fin : 'Ô Rendez grâces au Seigneur', tous les adorateurs secouaient leur loulabs (branche de palmier) vers l'autel, ce qui ressemble beaucoup à ce que nous faisons quand nous poussons aujourd'hui le cri du Hosanna.

« Ainsi donc lorsque les foules de Jérusalem, en rencontrant Jésus, 'coupèrent des branches d'arbre et en jonchèrent la route… et… crièrent : 'Hosanna au Fils de David' [Hosanna signifie : Apporte le salut de grâce], ils appliquaient, en ce qui concerne le Christ, ce qui était considéré comme une des principales cérémonies de la fête des Tabernacles, priant que Dieu envoie des cieux 'très hauts' ce salut lié au Fils de David, qui était symbolisé par l'eau versée' (Alfred Edersheim, The Temple, p. 279). » (McConkie, The Promised Messiah, p. 433-434)


Jean 12:12-13. Pourquoi tant de gens qui acclamèrent Jésus dans Jérusalem comme roi et Messie le rejetèrent-ils plus tard ?


Le peuple d'Israël haïssait la domination cruelle et oppressive de Rome, et les Écritures leur promettaient un Messie qui les délivrerait, promesses que l'apôtre Paul devait confirmer plus tard (voir Romains 11:26-27 ; Psaumes 14:7 ; Ésaïe 59:20).


Mais, contrairement à d'autres nations apostates et déchues, la plus grande partie des gens, en Palestine, au temps de Jésus, avaient tant perdu de lumière et de révélation qu'ils étaient incapables de voir la vérité spirituelle. Ils étaient dominés par Rome ; la seule signification qu'ils pouvaient trouver à la promesse d'un libérateur attendu était qu'il délivrerait Israël de la domination étrangère. Beaucoup d'entre eux aussi étaient dirigés par l'hypocrisie, les formes religieuses mortes, l'extorsion et l'orgueil ; d'ailleurs, de nombreux dirigeants religieux étaient coupables de graves péchés (voir par exemple Jean 8:1-11). Ils se trouvaient dans un état si déplorable de décadence et d'aveuglement spirituel qu'ils ne pouvaient pas entendre ce que leur disait celui quipouvait les délivrer du péché (par leur repentance).


Jean 12:15. « Voici, ton roi vient »

« Comme le peuple le savait, et le comprenait, Zacharie avait prophétisé : 'Sois transportée d'allégresse, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi. Il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, le petit d'une ânesse' (Zacharie 9:9). Quand nous voyons l'entrée triomphale de notre Seigneur dans Jérusalem, le peuple qui agite les branches de palmier, les vêtements soigneusement placés sous ses pas et les acclamations pour le louer et proclamer sa divinité, on dirait que Zacharie a vu la scène et a écrit non une prophétie mais de l'histoire.

« Tous les détails de cet épisode unique se complétaient pour attester de l'identité du personnage central du tableau. C'était comme si Jésus avait dit : 'Je vous ai souvent dit en termes clairs et avec les explications nécessaires que je suis le Messie. Mes disciples rendent aussi le même témoignage. Maintenant, je viens à vous en roi d'Israël exactement comme les anciens prophètes ont dit que je viendrais. Et le fait que vous participez à cet événement est en lui-même un témoignage que je suis celui qui doit venir pour racheter mon peuple. » (McConkie, DNTC, 1:577-578)

Jean 12:20-26. Comment Jésus enseigna-t-il aux Grecs qu'il était nécessaire qu'il meure ?

« Jésus leur attesta que l'heure de sa mort était proche, l'heure à laquelle 'le Fils de l'Homme doit être glorifié'. Ils furent surpris et affligés des paroles du Seigneur et demandèrent probablement si pareil sacrifice était nécessaire. Jésus expliqua en citant une illustration frappante tirée de la nature : 'En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit.

« La comparaison est excellente, et en même temps magistralement simple et belle. Un fermier qui néglige ou refuse de semer son blé en terre, parce qu'il veut le garder, ne peut avoir d'accroissement ; mais s'il sème le blé dans un sol bon et riche, chaque grain vivant peut se multiplier de nombreuses fois, bien que la semence doive nécessairement être sacrifiée dans ce processus. C'est ainsi, dit le Seigneur, que 'celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle'.

« Ce que le Maître veut dire est clair ; celui qui aime sa vie au point de ne pas vouloir la mettre en danger, ou si c'est nécessaire, la sacrifier au service de Dieu, perdra son occasion d'acquérir l'accroissement abondant de la vie éternelle, tandis que celui qui considère l'appel de Dieu comme à ce point supérieur à la vie que son amour de la vie est comme de la haine en comparaison, trouvera la vie qu'il abandonne librement ou est disposé à abandonner, même si pour le moment elle disparaît comme le grain enfoui dans la terre ; et il se réjouira de l'abondance d'un développement éternel.

« Si cela est vrai de l'existence de chaque homme, combien cela était-il éminemment vrai de la vie de celui qui était venu mourir afin que les hommes vivent ? C'est pourquoi il était nécessaire qu'il moure, comme il avait dit qu'il était sur le point de le faire ; mais sa mort, loin d'être une vie perdue, devait être une vie glorifiée. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 631-632)

Jean 12:26. Quelle récompense les serviteurs fidèles de Jésus recevront-ils ?

« Après le témoignage des Écritures sur ce point, le Saint-Esprit donne l'assurance et le témoignage à ceux qui obéissent au Christ qu'il est réellement ressuscité des morts ; et s'il est ressuscité des morts, par son pouvoir, il fera se tenir devant lui tous les hommes : car s'il est ressuscité des morts, les liens de la mort temporelle sont rompus et le tombeau n'a pas de victoire. Et si le tombeau n'a pas de victoire, ceux qui gardent les paroles de Jésus et obéissent à ses commandements ont non seulement la promesse de ressusciter des morts mais l'assurance d'être admis dans son royaume glorieux ; car il dit lui-même : 'là où je suis, là aussi sera mon serviteur' (Jean 12). (Smith, HC, 2:19)

Jean 12:27-30. Qui entendit la voix de Dieu rendre témoignage de Jésus ?

« Dans l'évangile de Jean est racontée une expérience… qui eut lieu pendant le ministère du Maître et qui montre comment, dans toute une foule, quelques-uns seulement… entendent Dieu quand il parle.

« Apparemment, seul le Maître savait que c'était Dieu qui avait parlé. De nos jours souvent les hommes et les femmes vivent si loin des choses spirituelles que lorsque le Seigneur parle à leur perception physique ou à leur esprit, sans qu'il y ait de son audible, ou qu'il leur parle par l'intermédiaire de ses serviteurs qui ont l'autorité et qui lorsqu'ils sont inspirés par l'Esprit sont comme sa propre voix, ces hommes et ces femmes n'entendent que du bruit, comme ce fut le cas pour les gens de Jérusalem. De même, ils ne reçoivent pas la sagesse inspirée ni l'assurance intime que la volonté du Seigneur s'est exprimée par ses dirigeants et ses prophètes. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1966, p. 115-116).

JEAN 13

Jean 13:1-20. Quand Jésus lava les pieds de ses disciples, c'était un signe de son amour pour eux.

« Le lavement des pieds est une ordonnance sacrée de l'Évangile. Elle a été commandée par le Seigneur aussi bien dans cette dispensation que dans les précédentes [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr]

« Notre Seigneur fit deux choses pour accomplir cette ordonnance : (1) Il accomplit l'ancienne loi donnée à Moïse et (2) il institua une ordonnance sacrée qui devait être accomplie depuis ce jour-là parmi ses vrais disciples par des administrateurs légaux.

« L'ordonnance du lavement des pieds faisant partie du rétablissement de toutes choses a été rétablie dans la dispensation de la plénitude des temps [voir la définition de cette expression dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr]. Selon la règle qu'il avait fixée de ne révéler les principes et les préceptes que ligne sur ligne, précepte sur précepte, le Seigneur révéla sa volonté concernant le lavement des pieds peu à peu jusqu'à ce que la pleine connaissance de la dotation et de toutes les ordonnances du temple ait été donnée. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 829-830)

« Quel exemple de service pour ces grands serviteurs, les disciples du Christ ! Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit. Ainsi nous sentons notre obligation de servir davantage les membres de l'Église, de consacrer notre vie à l'avancement du royaume de Dieu sur la terre. » (David O. McKay, CR, avril 1951, p. 159)

Jean 13:26-27. Que signifiait de donner le pain trempé à quelqu'un ?

« Dans les régions du monde où l'on n'utilise pas de couverts aux repas, la pratique commune est de placer le potage et la viande au centre de la table. Des morceaux de pain minces, souvent taillés en forme de cuillère, sont utilisés pour extraire à la fois la viande et le bouillon du plat… C'est une marque de grand honneur pour deux amis de tremper leur morceau de pain dans le même plat et une marque de respect encore plus grande que l'un trempe un morceau de pain pour son ami et le lui présente. C'est ainsi que Judas essaya de feindre l'amour et la loyauté pour Jésus, lors du repas de la Pâque, en mettant la main dans le même plat que lui (voir Matthieu 26:23). Jean rapporte que c'est Jésus qui trempa le pain pour Judas et le lui tendit en lui disant : 'Ce que tu fais, fais-le promptement' » (Jean 13:27). (Harper's Bible Dictionnary, article « sop »)

Jean 13:31-35. Qu'enseigna Jésus sur le principe de l'amour ?

On a pu remarquer justement que si beaucoup de grands dirigeants religieux du monde ont enseigné le principe d'amour, Jésus est le seul qui puisse vraiment dire : « Suivez-moi » car lui seul a non seulement enseigné le principe, mais en a donné l'exemple. Et nous devons nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. « À ceci, dit-il, tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. » (Jean 13:35)

Peut-être que la meilleure façon de comprendre ce que Jésus a enseigné au sujet du principe d'amour est de méditer sur l'amour que Jésus nous offre. Considérez la position divine de laquelle il est descendu pour venir sur terre nous secourir et permettre notre rédemption et le pardon de nos péchés. Pensez aussi à son extrême souffrance à Gethsémané et sur la croix.

JEAN 14

Jean 14:2. Quelles sont ces demeures ?

« Mon texte concerne la résurrection des morts, et vous le trouverez dans le quatorzième chapitre de Jean : 'Dans la maison de mon Père il y a plusieurs demeures.' Cela devrait être : 'Dans le royaume de mon Père il y a beaucoup de royaumes', afin que vous soyez les héritiers de Dieu, co-héritiers avec moi…

« Il y a des demeures pour ceux qui obéissent à la loi céleste, et il y a d'autres demeures pour ceux qui ne parviennent pas à observer la loi, pour chaque homme selon son ordre. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 516-517)

Jean 14:7-11. Comment est-il possible de connaître le Père ?

Quand Jésus exerça son ministère dans ce monde, il avait l'apparence que le Père aurait eue ; il dit ce que le Père aurait dit et fit ce que le Père aurait fait.

« Jésus étant, dans son ministère mortel, comme l'a dit Paul, 'l'empreinte de sa personne' (celle de son Père) (Hébreux 1:3), il était une révélation véritable et parfaite de la personne et de la nature de Dieu. C'est ce qu'il confirma à Philippe quand il dit : 'celui qui m'a vu a vu le Père' (Jean 14:9). (Marion G. Romney, CR, octobre 1967, p. 135)

Jean 14:12. Comment les serviteurs de Jésus pouvaient-ils faire de plus grandes œuvres que lui ?

« Il ne dit pas qu'ils feraient ces œuvres dans le temps, mais qu'ils feraient de plus grandes œuvres parce qu'il s'en allait au Père. Il dit dans le verset 24 (du chapitre 17 de Jean) : 'Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire.' Si l'on rapproche ces paroles, il devient très clair que c'est dans l'éternité que ceux qui croient en son nom accompliront ces plus grandes œuvres, là où il allait et où ses serviteurs devaient contempler sa gloire. » (Lectures on Faith, lecture n° 7, paragraphe 12)

Jean 14:16-24. Quels sont les deux Consolateurs ?

« Ces déclarations sur les deux Consolateurs sont le point culminant et le couronnement des enseignements du Fils de Dieu. Nous n'avons aucun récit de tout ce qu'il a pu dire qui tire plus complètement le rideau de l'éternité et offre aux fidèles une vision des gloires de Dieu. Jésus fait aux saints la promesse, basée sur l'amour et l'obéissance, qu'ils peuvent avoir dès maintenant, ici, dans cette vie (1) le don et la compagnie constante du Saint-Esprit ; le réconfort et la paix que le Saint-Esprit a pour fonction de donner ; la révélation et le pouvoir sanctificateur qui seuls prépareront les hommes à se trouver en compagnie de dieux et d'anges dans le monde à venir. (2) Des visites personnelles du second consolateur, le Seigneur Jésus-Christ lui-même, l'être ressuscité et parfait qui habite avec son Père dans les demeures d'en haut, et (3) Dieu le Père… visitera l'homme en personne, demeurera en lui, pour ainsi dire et lui révèlera tous les mystères cachés de son royaume. » (McConkie, DNTC, 1:735)

Jean 14:18-24. « Je viendrai à vous »

« Maintenant, qui est cet autre Consolateur ? Il n'est ni plus ni moins que le Seigneur Jésus lui-même ; et c'est là la somme et la substance de toute la question. Lorsqu'un homme obtient ce second Consolateur, il a Jésus-Christ lui-même, en personne, pour l'aider, ou lui apparaître de temps en temps, et Jésus lui révélera même le Père, et ils demeureront avec lui, et les visions des cieux lui seront ouvertes, et le Seigneur l'enseignera face à face, et il pourra avoir une connaissance parfaite des mystères du royaume de Dieu. Et ce fut l'état et la condition auxquelles arrivèrent les saints d'autrefois lorsqu'ils reçurent des visions si glorieuses : Ésaïe, Ézéchiel, Jean sur l'ile de Patmos, saint Paul dans les trois ciels, et tous les saints qui ont communié dans l'assemblée générale de l'Église du Premier-Né. » (Enseignements du. prophète Joseph Smith, p. 206-207)

Jean 14:26. Quand les disciples reçurent-ils le don du Saint-Esprit ?

« Les disciples de Jésus ne reçurent pas le don du Saint-Esprit pendant que Jésus était avec eux. La raison en est, en partie du moins, qu'ils avaient avec eux pour être guidés et instruits, le deuxième membre de la Divinité, Jésus lui-même. Pendant qu'il était avec eux, ils n'avaient pas besoin de la compagnie du Saint-Esprit. Avant de les quitter, le Sauveur leur promit de leur envoyer le Consolateur ou Saint-Esprit. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 2:159)

Jean 14:30. « Le prince du monde vient »

« Satan était si puissant au temps du Maitre que celui-ci l'appelle 'le prince du monde'. Mais il a ajouté : 'Le prince du monde vient. Il n'a rien en moi' (Jean 14:30). Nous devons être capables de dire, même si le mal est de tous côtés : 'Moi et ma maison, nous servirons le Dieu de ce pays.' Le prince de ce monde vient tenter chacun de nous et les seuls qui resteront debout en ces jours de méchanceté sont ceux qui ont bâti leur maison sur le roc, comme le Maître l'a dit : Quand la tempête s'est abattue, que les vents ont soufflé et battu la maison et que la pluie est venue, elle n'est pas tombée parce qu'elle était fondée sur le roc. C'est ce que le Seigneur essaie de nous dire aujourd'hui. » (Harold B. Lee, British Area Conference Report, août 1971, p. 135)

JEAN 15

Jean 15:1-8. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire »

Les membres de l'Église sont comme les branches et les feuilles d'un grand arbre. Elles sont sur l'arbre, mais cela ne suffit pas pour les sauver. Si elles ne reçoivent pas la nourriture et le pouvoir qui vient du Christ qui est le tronc (et le pouvoir du Christ leur est transmis par le Saint-Esprit uniquement si elles se rendent dignes de le recevoir) elles fanent et tombent comme des feuilles mortes.

« En tant que saint des derniers jours vous dites : 'Je crois que je comprends bien mon devoir et que j'agis très bien.' Il est possible que ce soit vrai. Vous voyez la petite branche ; elle est verte, elle est épanouie et elle est l'image même de la vie. Elle a sa part dans l'arbre et elle est reliée au tronc, aux branches et aux racines. Mais l'arbre pourrait-il vivre sans elle ? Mais oui. Elle n'a pas à se vanter et à se glorifier en disant : 'Comme je suis verte ! Comme je suis florissante ! Que j'ai une bonne situation ! Comme tout va bien pour moi !' et 'Je suis vraiment à ma place et je fais ce qu'il faut.' Mais pourriez-vous vous passer de la racine ? Non. Vous avez la part et la situation qui conviennent dans l'arbre.

« Il en est de même pour notre peuple. Quand les gens essaient de faire leur part, quand ils magnifient leur appel, vivent leur religion et marchent dans l'obéissance à l'Esprit du Seigneur, une portion de son Esprit leur est donnée pour les faire vivre. Et tant qu'ils sont humbles, fidèles, diligents et qu'ils observent les lois et les commandements de Dieu, ils gardent leur situation sur l'arbre : ils sont florissants ; les bourgeons, les fleurs, les feuilles, tout va parfaitement bien et ils font partie intégrante de l'arbre. » (John Taylor, JD, 6:108)


Jean 15:19. Être dans le monde, mais pas du monde [sujet traité par la rédaction de la feuille d'olivier]


Premièrement, 'Soyez dans le monde'. Soyez engagé ; informez-vous. Essayez d’être compréhensif et tolérant et d’apprécier la diversité. Apportez d’importantes contributions à la société par votre service et votre engagement. Deuxièmement, 'Ne soyez pas du monde'. Ne suivez pas des chemins qui vous égarent, ne courbez pas le dos pour vous accommoder de ce qui n’est pas bien ou pour l’accepter… Nous, membres de l’Église, devons davantage influencer les autres qu’ils ne nous influencent. Nous devons nous employer à arrêter la vague du péché et du mal au lieu d’être passivement emportés par elle. Nous devons tous contribuer à résoudre le problème au lieu de l’éluder ou de l’ignorer. » (M. Russell Ballard, L’Étoile, juillet 1989, p. 74)


JEAN 16

Jean 16:24. Les apôtres n'avaient-ils jamais prié auparavant ?

« Dans ce verset, Jésus ne dit pas que ses apôtres n'avaient jamais prié auparavant ni jamais rien demandé ; il dit que ses apôtres n'avaient jamais prié auparavant en son nom, c'est-à-dire au nom de Jésus-Christ. Il ne fait aucun doute que les apôtres étaient des hommes de foi qui priaient souvent, autrement, comment auraient-ils jamais pu mériter le grand et saint honneur d'être appelés à l'apostolat ?

« Puisque la loi divine, de tout temps, avait été que les hommes prient le Père au nom du Christ, pourquoi Jésus avait-il attendu cette heure pour instituer parmi ses disciples cette pratique qui avait toujours existé ? C'est peut-être pour une raison semblable à celle pour laquelle ils n'avaient pas reçu le Saint-Esprit plus tôt ; tant que Jésus était avec ses disciples, le Saint-Esprit ne viendrait pas vers eux (voir Jean 16:7). Peut-être que tant que Jésus était en personne avec eux, ils lui adressaient directement la plupart de leurs demandes plutôt que de les adresser au Père. C'est ce que firent les Néphites quand le Seigneur ressuscité et glorifié exerça son ministère parmi eux. C'est lui qu'ils prièrent directement et non le Père (voir 3 Néphi 19:17-25). » (McConkie, DNTC, 1:758)


Jean 16:33. « Prenez courage, j'ai vaincu le monde »

Il y a une grande différence entre la paix dont parla Jésus et le monde qui nous entoure. Nous vivons dans un monde méchant, un monde devenu fou à force de se laisser aller à la débauche et au crime. Chaque jour, nous somnoes informés de tragiques événements : guerres, catastrophes naturelles, peur et vains efforts des hommes pour éviter les désastres ou y réagir intelligemment. Malgré tout cela, Jésus a promis à ses disciples qu'ils auraient la paix dans ce monde.


Et la promesse de Jésus est réelle car ceux qui obéissent à ses commandements sentent réellement dans leur cœur son influence et son réconfort. Face à tout péril menaçant, ils peuvent prier Dieu et il leur répondra par « le murmure doux et léger » du Saint-Esprit et dira à leur cœur d'être en paix.


« Beaucoup trop souvent, quand Dieu parle avec le murmure doux et léger comme il l'a fait à Élie dans la grotte, il se peut que notre audition physique ne la perçoive pas parce que, comme un poste de radio défectueux, nous ne sommes pas branchés sur la longueur d'onde de l'infini. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1966, p. 115)


JEAN 17

Jean 17:1. L'importance de la prière sacerdotale

Ayant une parfaite compréhension de sa mission et sachant que le moment de son expiation était venu, Jésus conclut la partie enseignement de son ministère par une prière, une prière que l'on a parfois appelée la prière sacerdotale, d'autres fois la grande prière d'intercession. Ces deux façons de la désigner sont convenables puisque, comme nous le verrons, Jésus, notre grand-prêtre, se donna lui-même en offrande ; puis, en tant que Médiateur, il intercéda pour les membres dignes de son royaume. Cet ordre avait été établi dans l'ancienne Israël.

Une fois par an, le grand-prêtre président dans l'ancienne Israël entrait dans le saint des saints, le lieu le plus sacré du tabernacle. Il accomplissait certains rites relatifs au jour de l'Expiation, un jour mis à part, dans toute la nation, pour l'humiliation et la contrition. S'étant lui-même lavé et s'étant vêtu de lin blanc, il présentait devant le Seigneur un jeune taureau et deux jeunes boucs en offrande expiatoire et un bélier pour ses propres péchés et ceux du peuple. Le rôle du grand-prêtre était celui de médiateur, c'est-à-dire de quelqu'un qui intercédait auprès du Seigneur en faveur du peuple. Son rôle, bien sûr, était une figuration du grand rôle de médiateur du Sauveur en notre faveur. Ainsi, quand Jésus pria le Père pour tous ceux qui croyaient en lui, il fut pour nous l'intercesseur ou le plus grand des grands-prêtres.

La prière qu'il fit ce jour-là comprend trois parties bien distinctes. Dans la première partie (Jean 17:1-3), Jésus s'offre lui-même en sacrifice. Son heure était venue. La partie suivante de la prière (Jean 17:4-19) est un rapport respectueux fait au Père de sa mission mortelle. Dans la dernière partie (Jean 17:20-26), Jésus intercède non seulement pour les onze apôtres, mais pour tous ceux qui croiront en Jésus « par leur parole » de façon que tous parviennent à une unité parfaite, unité qui leur permet d'être un en Christ comme le Christ et le Père sont un. Ainsi, tous auraient une unité parfaite et le monde croirait que le Père a envoyé son Fils.

Jean 17:3. Comment un homme peut-il connaître Dieu et Jésus ?

« Connaître Dieu complètement de façon à être capable d'obtenir le salut éternel signifie que nous devons savoir ce qu'il sait, aimer ce qu'il aime, éprouver ce qu'il éprouve. Pour employer le langage du Nouveau Testament, nous devons être 'semblable à lui' (1 Jean 3:2).

« Mais avant de devenir semblables à lui, nous devons obéir aux lois qui nous permettront d'acquérir la personnalité, les qualités parfaites et les attributs qui sont les siens.

« Et avant de pouvoir obéir à ces lois, nous devons apprendre ce qu'elles sont ; nous devons apprendre qui est le Christ et ce qu'est son Évangile. Nous devons apprendre 'que le salut a été, est et sera dans le sang et par le sang expiatoire du Christ, le Seigneur omnipotent' (Mosiah 3:18). Nous devons apprendre qu'il est essentiel pour le salut d'être baptisé par quelqu'un qui a l'autorité légale pour le faire et que, après le baptême, nous devons garder les commandements et 'avancer avec fermeté dans le Christ, avec une parfaite espérance et avec l'amour de Dieu et de tous les hommes' (2 Néphi 31:20). » (Bruce R. McConkie,CR, avril 1966, p. 79)

JEAN 18

Jean 18:13. Qui étaient Anne et Caïphe?

« Cyrenius… enleva à Joazar l'office de grand-prêtre… et nomma Ananus, le fils de Seth, à cet office… (Valerius Gratus) enleva à Ananus l'office de grand-prêtre et nomma Ismaël, fils du Phabi à cet office. Il le lui enleva peu de temps après et ordonna Éléazar, fils d'Ananus qui avait déjà été grand-prêtre auparavant, à cet office. Au bout d'un an, Gratus le lui enleva et le donna à Simon, le fils de Camithus ; et, pas plus d'un an plus tard, Joseph Caïphe lui succéda. Quand Gratus eut fait ces choses, il retourna à Rome après avoir gouverné en Judée pendant onze ans, et Ponce Pilate fut son successeur. » (Josèphe, Antiquities of the Jews, 18:2. 1-2)

« Joseph Caïphe fut grand-prêtre entre 18 et 36 après J.-C., mais Anne continuait à exercer un grand contrôle religieux et politique sur les Juifs, soit comme remplaçant du grand prêtre et président du Sanhédrin, soit comme principal juge examinateur. Les richesses d'Anne étaient considérables et venaient, en partie du moins, de la vente de ce qui servait aux sacrifices dans le temple. » (Hastings, Dictionary of the Bible, article « Annas »)

« Joseph Caïphe était grand-prêtre sous Tibère (voir Matthieu 26:3, 57 ; Jean 11:49 ; 18:13-14, 24, 28 ; Actes 4:6) et fut nommé à l'office de grand-prêtre par Valerius Gratus » (Smith, Dictionary of the Bible, article « Caiaphas »). Dans Jean 18:13, nous lisons que Joseph Caïphe était le gendre de Anne.

Jean 18:12-14 ; 19-23. Voir commentaire de Matthieu 26:47-75.


JEAN 19

Jean 19:4-12. Pilate chercha à le relâcher

« Je ne trouve rien de coupable en cet homme ». Jésus est innocent. Pilate le savait ; Hérode le savait ; Caïphe le savait ; le Sanhédrin le savait ; la foule le savait ; et Satan le savait. Pourtant, il sera dit coupable et condamné à mort.

« 'Voici l'homme' ! Pilate semble avoir compté que l'aspect pitoyable du Christ fouetté et sanglant adoucirait le cœur des Juifs en colère. Mais il ne réussit pas son effet. Pensez à ce fait terrible : un païen qui ne connaissait pas Dieu, suppliant les prêtres et le peuple d'Israël de laisser la vie à leur Seigneur et Roi. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 779)

« Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le, car moi je ne trouve point de crime en lui ». Pilate donna l'ordre ; personne d'autre n'avait ce pouvoir. Pilate condamna un innocent à être crucifié. Et il le savait ! Y a-t-il dans l'histoire meilleur exemple de crime judiciaire ?

« Jésus avait été condamné par le Sanhédrin pour blasphème, un crime juif. Pilate le condamnait pour sédition, un délit romain. Maintenant que la mort de notre Seigneur a été ordonnée, les Juifs cherchent à faire croire que Pilate a ratifié leur condamnation à mort juive. Quand ils emploient l'expression 'Fils de Dieu' Pilate est encore plus effrayé d'avoir ordonné une exécution injuste. Il lui demande s'il est homme ou demi-dieu. Jésus dédaigne de répondre. Pilate est vexé et se vante d'avoir le pouvoir de le sauver ou de le détruire. C'est alors que notre Seigneur devient le Juge et place Pilate devant la barre du jugement : 'Tu n'as de pouvoir sur moi que celui que te donne la Providence divine ; ta sentence est injuste, mais Caïphe qui m'a livré à toi commet un plus grand péché encore, car il est juif et il connaît mon origine divine.'

« Pilate chercha à le relâcher… il chercha le consentement des principaux sacrificateurs et des scribes pour le relâcher, car le procurateur avait le pouvoir, s'il avait voulu l'utiliser, soit de le sauver, soit de le détruire. » (McConkie, DNTC, 1:809)


Jean 19:30. « Tout est accompli »


Quand le Sauveur, ayant triomphé, s'exclama : « Tout est accompli », il savait que son sacrifice expiatoire avait été accepté par le Père.


« Aussi doux et bienvenu qu'aurait été le soulagement procuré par la mort à chacune des étapes précédentes de sa souffrance, de Gethsémané à la croix, il vécut jusqu'à ce que tout soit accompli comme prévu. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 806)


« Il comprit que tout était 'accompli'. Il avait enduré jusqu'à la fin la souffrance de Gethsémané, l'outrage du procès, la douleur de la crucifixion elle-même. Il était seul à fouler au pressoir, et cela à cause de sa soumission constante à la volonté du Père et parce qu'il était soutenu par un amour total et éternel pour vous, pour toute l'humanité, 'qui, sans sa médiation, serait restée dans la détresse absolue de désirer sans espoir pendant toute l'éternité. » (Hugh B. Brown, CR, avril 1962, p. 108)


Jean 19:28. « J'ai soif »


« La période de faiblesse, le sentiment d'abandon total passa bientôt, et les besoins naturels du corps se firent de nouveau sentir. La soif terrifiante, qui constituait une des douleurs les plus atroces de la crucifixion, arracha des lèvres du Sauveur la seule parole qui nous soit rapportée exprimant sa souffrance physique. 'J'ai soif', dit-il. Un de ceux qui étaient tout près, on ne nous dit pas s'il était Romain ou Juif, disciple ou sceptique, imprégna rapidement une éponge de vinaigre, dont un récipient se trouvait tout près, et ayant attaché l'éponge à l'extrémité d'un roseau ou d'une tige d'hysope, l'appuya sur les lèvres enfiévrées du Seigneur. D'autres auraient empêché cette seule réaction humaine, car ils dirent : 'Laisse, voyons si Élie viendra le sauver.' Jean affirme que le Christ ne s'exclama 'J'ai soif' que lorsqu'il sut 'que tout était déjà accompli' ; et l'apôtre vit dans cette incident l'accomplissement d'une prophétie. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 805)


JEAN 20

Jean 20:1. Que représente « le premier jour de la semaine » ?

« Jésus étant sorti du tombeau le premier jour de la semaine, les anciens apôtres, guidés par l'Esprit, firent du dimanche le jour de sabbat pour commémorer ce jour et maintenir le souvenir de la glorieuse réalité de la résurrection. La révélation des derniers jours nous confirme que ce changement fut approuvé de Dieu puisqu'il appelle ce jour-là 'le jour du Seigneur' et dit ce qu'il faut faire et ne pas faire ce jour-là (voir D&A 59:9-17). » (McConkie, DNTC, 1:841)


Jean 20:11-18. Jésus apparaît à Marie de Magdala.


Voir commentaire de Marc 16:9-11.


Jean 20:11-18. Marie de Magdala était-elle la même que celle qui oignit Jésus chez le pharisien Simon (Luc 7:36-50) ou bien celle que l'on appelle Marie de
Béthanie ?


« Marie-Madeleine devint une des amies les plus intimes que le Christ avait parmi les femmes ; la dévotion qu'elle avait pour son Guérisseur et Celui qu'elle adorait comme le Christ était inébranlable ; elle se tint près de la croix tandis que les autres femmes restaient à distance au moment de son agonie mortelle. Elle fut parmi les premières au sépulcre le matin de la résurrection et fut le premier être mortel à contempler et à reconnaître un Être ressuscité – le Seigneur qu'elle avait aimé de toute la ferveur d'une adoration spirituelle. Dire que cette femme, élue d'entre les femmes pour mériter des honneurs aussi éminents, était autrefois une créature déchue, l'âme flétrie par la chaleur d'une volupté impie, c'est contribuer à la perpétuation d'une erreur pour laquelle il n'y a aucune excuse.


Néanmoins, la fausse tradition, née d'une théorie ancienne et injustifiable, que cette femme noble, qui était tout particulièrement une amie du Seigneur, était la même qui, reconnue pécheresse, lava et oignit les pieds du Sauveur dans la maison de Simon le pharisien et gagna la récompense du pardon par sa contrition, a gardé avec tant de ténacité sa place dans l'esprit populaire au cours des siècles, que le nom Madeleine est devenu le terme générique désignant les femmes qui perdent leur vertu et se repentent par après.


« Nous n'examinons pas si la miséricorde du Christ aurait pu être accordée à la pécheresse que l'on fait à tort de Marie de Magdala ; l'on ne peut pas mesurer les limites, ni sonder les profondeurs du pardon divin ; mais s'il était exact que cette Marie et la pécheresse repentante qui servit Jésus assis à la table du pharisien était une seule et même personne, nous aurions reconnu que la réponse affirmative à cette question était correcte, car cette femme qui avait été pécheresse était pardonnée. Nous traitons ici du document scriptural comme d'un document historique, et rien de ce qui s'y trouve ne justifie l'accusation réellement répugnante bien que commune que l'âme dévouée de Marie-Madeleine n'était pas chaste. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 323-324)


Jean 20:17. Pourquoi le Seigneur empêcha-t-il Marie de le toucher ?

« On peut se demander pourquoi Jésus avait interdit à Marie de Magdala de le toucher, pour permettre ensuite si rapidement après à d'autres femmes de lui tenir les pieds tandis qu'elles se prosternaient devant lui pour l'adorer. Nous pouvons supposer que l'attitude émotionnelle de Marie avait été provoquée plus par un sentiment d'affection personnelle quoique sacrée que par l'impulsion d'une adoration pieuse comme celle dont faisaient preuve les autres femmes. Bien que le Christ ressuscité manifestât la même considération amicale et intime qu'il avait montrée dans son état mortel envers ceux dont il avait partagé étroitement la compagnie, il ne faisait plus partie d'eux dans le sens littéral du terme. Il y avait chez lui une dignité qui interdisait toute familiarité intime de la part de qui que ce fût.

Le Christ dit à Marie de Magdala : 'Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père.' Si la deuxième proposition fut ajoutée pour expliquer la première, nous devons en déduire qu'il ne devait être permis à aucune main humaine de toucher le corps ressuscité et immortalisé du Seigneur tant qu'il ne s'était pas présenté au Père. Il semble raisonnable et probable qu'entre la tentative impulsive de Marie de toucher le Seigneur et l'action des autres femmes qui le tinrent par les pieds tout en se prosternant devant lui avec un respect adorateur, le Christ monta vers le Père, et revint plus tard sur terre poursuivre son ministère dans son état ressuscité. » (Talmage, Jésus le Christ, p. 832)


Jean 20:17. Que faut-il comprendre dans les paroles de Jésus : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » ?

« Un choix si soigneux des mots était bien en accord avec son habitude invariable de maintenir la distinction entre lui et les autres hommes. Lui était le Fils de Dieu, littéralement ; les autres hommes avaient un père mortel. Ainsi par exemple, il prit soin de dire : 'Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu' (Jean 20:17) et non 'notre Père' et 'notre Dieu' ». (McConkie, DNTC, 1:413)

Jean 20:19-29. Thomas douta-t-il de la résurrection ?

« Le cas de Thomas montre pourquoi le Seigneur est resté si longtemps sur la route d'Emmaüs et dans la chambre haute : c'était pour montrer, dans le cas où les disciples douteraient, comment était son corps exactement. Et c'est pourquoi, au lieu de mépriser Thomas en le montrant du doigt, nous ferions mieux de considérer avec attention le manque de croyance moderne en cet être saint, cet Homme sanctifié qui règne avec son Père, là-haut, dans les cieux. » (McConkie, DNTC, 1:860)

JEAN 21

Jean 21:1-17. « Simon… m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci ? »

« Voilà une question très importante pour chacun de nous. Puis-je vous demander, à chacun de vous : 'Aimez-vous le Seigneur ?' Presque sans exception, la réponse serait 'oui'. Mettons-nous à la place de Pierre…

« Pouvez-vous vous figurer la grandeur de cette scène : Pierre, cet homme fort, à qui sont posées ces questions si simples ? Et le Seigneur avait un moyen de savoir quelle était la profondeur de l'amour de Pierre et de lui enseigner la façon de montrer son amour pour Jésus-Christ.

« Nous montrons et nous prouvons notre amour en 'paissant les brebis'. Il y a plus de trois milliards de gens aujourd'hui sur la terre, et au rythme où nous enseignons actuellement, plus de deux milliards et demi d'enfants de Dieu ne connaîtront pas l'Évangile. Que diriez-vous si vous deviez vivre sur cette terre en n'ayant jamais l'occasion de connaître et d'apprendre le chemin véritable de la vie ?

« Notre tâche est grande. Nous avons besoin d'instructeurs, un besoin urgent de chaque membre de l'Église qui a un témoignage et qui est converti. Les brebis et les agneaux ont faim du pain de vie, de l'Évangile de Jésus-Christ. Nous pouvons montrer notre amour en suivant le prophète de Dieu, en appliquant la règle 'chaque membre un missionnaire' pour amener une ou plusieurs âmes à l'Église chaque année. » (Bernard P. Brockbank, CR, octobre 1963, p. 66)

Jean 21:21-24. Jean ne mourrait-il point ?

« Il est intéressant de noter que l'évangile de Jean rapporte qu'il lui fut promis qu'il demeurera jusqu'au second avènement du Christ, et non qu'il échapperait à la mort. Du rapport concernant le changement des trois disciples néphites nous apprenons que c'est cela qui a lieu. Un changement s'opère dans leur corps, de sorte qu'ils ne mourront point, mais qu'à la seconde venue du Christ, il y aura en eux un plus grand changement et ainsi 'ils ne goûteront jamais à la mort' (3 Néphi 28:1-10, 36-40). Ils seront comme une personne qui vit pendant le millénium. » (McConkie, DNTC, 1:865)

 

 

ACTES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I 14 I 15 I 16 I 17 I 18 I 19 I 20 I 21 I 22 I 23 I 24 I 25 I 26 I 27 I 28 I



ACTES 1

Actes 1:1. Qui était Théophile ?


Le nom lui-même signifie « aimé » ou « ami de Dieu ». C'est à lui que furent adressés l'évangile de Luc et le livre des Actes (Luc 1:3 ; Actes 1:1). Étant donné que dans Luc il est appelé « excellent Théophile », on en a déduit que c'était un homme de haut rang. Ce titre laisse supposer sans crainte de se tromper que c'était un Gentil, peut-être un Grec et que c'était un personnage officiel.


Actes 1:8. Le message de l'Évangile était-il porté selon un plan bien particulier ?


Juste avant son ascension aux cieux, Jésus informa ses apôtres qu'ils seraient « témoins » de son nom « à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ». Il est intéressant de noter combien le livre des Actes reflète l'accomplissement des paroles de notre Sauveur. Les chapitres 1 à 7 parlent d'événements qui ne se situent qu'à Jérusalem. Mais après la lapidation d'Etienne, les disciples « se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie » (Actes 8:1). Luc nous informe que ceux qui avaient été ainsi dispersés « allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole » (Actes 8:4). Plus tard, il nous dit jusqu'à quelle distance de Jérusalem la parole s'était répandue : « Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l'occasion d'Étienne allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs » (Actes 11l:19).


À ce moment-là, la parole de Dieu fut portée en Samarie par Philippe (Actes 8:5). Les Samaritains, bien que n'étant pas totalement des Gentils étaient considérés comme des Juifs bâtards par les habitants de la Judée. C'était des gens qu'il fallait éviter le mieux possible. Quand les apôtres, à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait reçu la parole du Seigneur, pierre et Jean y allèrent pour conférer le Saint-Esprit (Actes 18:14-15). Il est clair que le message de l'Évangile était sorti de Jérusalem. Au moment de la conversion de Paul, on voit d'après le chapitre 9 des Actes que la parole de Dieu s'était répandue jusqu'à Damas, ville de Syrie, à quelque deux cents kilomètres au nord-est de Jérusalem. Pendant ce temps Philippe prêchait dans les villes situées à l'ouest de la Judée, le long de la côte (voir carte au début du chapitre).


À Césarée, habitait un homme qui s'appelait Corneille, qui était centenier romain et c'était un Gentil. Il priait Dieu et se préoccupait beaucoup de choses spirituelles. Il eut l'honneur d'être le premier Gentil à entrer dans l'Église de Jésus-Christ sans être passé par une première conversion au judaïsme (Actes 10). Pierre, président de l'Église de Jésus-Christ, reçut la révélation que « Dieu ne fait point acception de personnes mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable » (Actes 10:34-35). L'Évangile était allé de Jérusalem en Samarie, puis dans le monde entier et aux Gentils. Bien que Paul eût pour méthode d'aller prêcher l'Évangile d'abord dans les synagogues juives de chaque ville où il pouvait aller, de plus en plus il tourna aussi son attention vers les Gentils (Actes 13:46 ; 18:6 ; 28:28). Bien que nous n'ayons pas de rapports précis de leur travail, on peut supposer à coup sûr que les autres apôtres contribuèrent aussi à réaliser la prédiction du Seigneur : qu'ils seraient ses « témoins… jusqu'aux extrémités de la terre ».


ACTES 2

Actes 2:1. Qu'était le jour de la Pentecôte ?


Cinquante jours, soit sept semaines après la fête de la Pâque, les Juifs fidèles observaient une fête connue sous le nom de Pentecôte. Ce mot vient du grec pentekoste et il signifie littéralement « cinquantième ». Ce jour était considéré soit comme le jour des premiers fruits (Nombres 28:26) soit comme la fête de la moisson (Exode 23:16). Étant donné qu'il venait après les sept semaines de la pâque, on l'appelait aussi la fête des Semaines (Exode 34:22 ; Deutéronome 16:10). Comme il est significatif que Dieu ait littéralement déversé son Esprit sur son peuple au moment où celui-ci exprimait sa gratitude envers lui. Pierre vit cela comme un accomplissement partiel de l'ancienne prophétie du prophète Joël (Joël 2:28-32).

« Avec la fin de l'ancienne dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] et l'ouverture de la nouvelle, la fête de la Pentecôte cessa d'être le moment autorisé pour le culte religieux. Et il est significatif que le Seigneur ait choisi la Pentecôte, qui découlait de la dernière Pâque, comme occasion de souligner éternellement l'accomplissement de tout ce qu'impliquaient les feux sacrificatoires du passé. Le feu est un agent purificateur. L'impureté et la maladie meurent dans ses flammes. Le baptême de feu, dont Jean promit que le Christ l'apporterait, signifie que quand les hommes reçoivent la compagnie du Saint-Esprit, le mal et l'iniquité sont brûlés et extirpés de leur âme comme par le feu. La force sanctificatrice de ce membre de la Divinité les rend purs. Selon une image semblable, tous les feux sur tous les autels du passé, en brûlant la chair des animaux, signifiaient que la purification spirituelle viendrait par le Saint-Esprit que le Père enverrait à cause du Fils.

« En cette première Pentecôte de l'ère dite chrétienne, ces feux auraient accompli leur symbolisme purificatoire si l'ordre ancien avait encore existé. Il était donc tout à
fait approprié qu'au lieu de cela le Seigneur choisit ce jour même pour envoyer le feu vivant du ciel, pour ainsi dire, un feu qui demeurerait dans le coeur des hommes et remplacerait à tout jamais tous les feux allumés sur tous les autels du passé. Et c'est ainsi que le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit
(voir Actes 2:1-14). » (Bruce R. McConkie, The Promised Messiah, p. 431-432)


Actes 2:2-4. Ce qui s'est passé autrefois le jour de la Pentecôte s'est-il renouvelé ?


Cette grande experience de la Pentecôte où fut déversé l'Esprit, le Saint-Esprit, a un parallèle dans l'histoire. Lors des services de dédicace du temple de Kirtland, le prophète Joseph Smith pria pour une onction de l'Esprit venue d'en haut. Il pria en faveur des saints : « Qu'il en soit pour eux comme pour tes disciples le jour de Pentecôte ; que le don des langues soit déversé sur ton peuple, à savoir comme des langues de feu, ainsi que leur interprétation. Et que ta maison soit remplie de ta gloire comme d'un vent puissant et impétueux (D&A 109: 35-37). Cette prière fut exaucée à la lettre, non pas une seule fois mais pendant plusieurs jours après les services de consécration. Une fois, « on entendit comme le bruit d'un vent violent, impétueux, qui remplit le temple, et toute l'assemblée se leva en même temps, comme mue par un pouvoir invisible ; beaucoup se mirent à parler en langues et à prophétiser ; d'autres virent de glorieuses visions ; je vis que le temple était rempli d'anges, et je le déclarai à l'assemblée » (Smith, HC, 2:428 ; cf. 432). (Talmage, La maison du Seigneur, p. 121)


Actes 2:29-31, 34. Que savons-nous du sort spirituel de David, roi d'Israël ?


« Un meurtrier, par exemple, quelqu'un qui répand le sang innocent, ne peut recevoir le pardon. David, se repentant du meurtre d'Urie, chercha le pardon de Dieu, et y mit tous ses soins et toutes ses larmes. Mais il ne put l'obtenir qu'en passant par l'enfer ; néanmoins il obtint la promesse que son âme ne serait pas laissée en enfer. Bien que David était roi, il n'obtint jamais l'esprit ni le pouvoir d'Élie, ni la plénitude de la prêtrise. Et la prêtrise qu'il reçut, ainsi que son trône et son royaume lui seront enlevés et donnés à un autre du nom de David dans les derniers jours, lequel sera issu de lui. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 477)


Actes 2:40. « Sauvez-vous de cette génération perverse »


Le mot qui a été rendu dans notre version de la Bible par « perverse » implique beaucoup plus l'idée de rébellion : « Sauvez-vous de cette générationrebelle. »


ACTES 3

Actes 3:20. Que signifie « des temps de rafraîchissement » ?


« Si nous voulons comprendre le sens de la prophétie de Pierre, nous devons savoir exactement et précisément ce que signifie les « temps de rafraîchissement ». Jésus en a parlé comme étant le temps du « renouvellement de toutes choses » où « le Fils de l'Homme… sera assis sur le trône de sa gloire » (Matthieu 19:28). C'est le jour où « la terre sera transfigurée, à savoir selon le modèle qui fut montré à mes apôtres », dit le Seigneur (D&A 63:21). C'est le jour où « la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque » (Dixième Article de foi). C'est le jour de la « nouvelle terre » que vit Ésaïe (Esaïe 65:17), la terre telle qu'elle sera quand il n'y aura plus de méchanceté, quand le millénium commencera… C'est le jour où les hommes « de leur glaive… forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes » (Ésaïe 2:4), un jour de paix et de justice universelles, l'ère du millénium où le Christ règnera en personne sur la terre. » (Bruce R. McConkie, CR, octobre 1967, p. 43)


Actes 3:21. Que signifie « les temps du rétablissement » ?


C'est « une période au cours de laquelle toutes choses seront rétablies selon la promesse que fit Dieu par la bouche de ses saints prophètes depuis le commencement du monde.


« Ainsi, le Christ est venu une fois et a exercé son ministère parmi les hommes, le point culminant de son ministère étant son sacrifice expiatoire et son ascension au Père. Il doit revenir, une seconde fois, en des jours de rafraîchissement et de renouvellement pour régner en personne sur la terre. Mais il ne peut pas revenir la seconde fois tant que n'a pas commencé une période de l'histoire de la terre qui s'appelle 'le temps du rétablissement' ou, en d'autres termes, il ne peut pas revenir avant l'époque ou la période du rétablissement ; et, à cette époque ou cette période, toutes les choses essentielles que Dieu a toujours données à toutes les époques de la terre, pour le salut, l'amélioration, la bénédiction et l'édification de ses enfants seront rétablies. » (Bruce R. McConkie,CR, octobre 1967, p. 43)


ACTES 4

Actes 4:6. Qui étaient Anne, Caïphe, Jean et Alexandre ?


Anne était grand-prêtre juif pendant la vie de Jésus. Il était le fils de Seth, fut nommé à l'office de grand-prêtre à trente-sept ans ; il détenait cet office quand Jean-Baptiste commença son appel à la repentance (Luc 3:2). Il était le beau-père de Caïphe, grand-prêtre au moment de la crucifixion de Jésus et des difficultés de Pierre et de Jean avec le Sanhédrin (Jean 18:18, 24 ; Actes 4:6). C'était un homme très influent parmi les Juifs et cinq de ses fils servirent comme grands-prêtres.


Le nom entier de Caïphe était Joseph Caïphe. Il fut grand-prêtre des Juifs pendant le règne de l'empereur Tibère (Matthieu 26:3, 57 ; Jean 11:49 ; 18:13-14, 24, 28 ; Actes 4:6). Devant lui comparurent Jésus et les apôtres Pierre et Jean. Il était le gendre de Anne, grand-prêtre avant lui, et il servit environ dix-huit ans à cet important poste.


On ne sait rien de plus de Jean et d'Alexandre que cette seule référence.

ACTES 5

Actes 5:1-11. Quelle leçon peut-on tirer de la mort d'Ananias et Saphira ?


« La leçon qu'Ananias peut nous apprendre, c'est que les menteurs qui ne se repentent pas seront damnés. Qu'arrivera-t-il alors à celui qui ne paie qu'une partie de la dîme et qui dit à son évêque que la somme donnée à son évêque est une dîme complète ? Ou au couple immoral qui, de connivence, affirme qu'il est pur pour obtenir une recommandation pour le temple ? Ou aux membres de l'Église qui n'avouent pas des péchés, de quelque sorte qu'ils soient, qui les empêcheraient de recevoir les bénédictions du temple, une ordination à la prêtrise ou un poste de dirigeant ? » (McConkie. DNTC, 2:58-59)


Actes 5:34-40. Qui était Gamaliel ?


Petit-fils du célèbre rabbi Hillel et célèbre lui-même, Gamaliel était membre du Sanhédrin et distingué docteur de la loi juive à l'époque où l'Église primitive commençait juste à faire ses premiers pas. Paul dit qu'il a été « instruit aux pieds de Gamaliel » (Actes 22:3), expression idiomatique signifiant qu'il eut pour maître le célèbre docteur de la loi. Gamaliel avait la réputation d'être tolérant et bon ; il considérait les aspects les plus humains de la loi, relâchait les exigences de l'observance du sabbat pour qu'elles soient moins rigoureuses et encourageait une façon plus humaine de traiter la femme dans les lois sur le divorce. Le conseil qu'il donna aux principaux sacrificateurs concernant les apôtres et la nouvelle Église (voir Actes 5:34-40) confirme cette réputation de tolérance et de sagesse. Il est vraisemblable que son sage conseil sauva la vie des apôtres même si le Sanhédrin les fit battre de verges avant deles renvoyer (voir Actes 5:40).


Actes 5:36. Qui étaient Theudas et Judas le Galiléen ?


Gamaliel tenta de dissuader les dirigeants juifs de persécuter et de tuer pierre et les apôtres. Dans un discours qu'il fit devant le Sanhédrin, il parla d'un homme appelé Theudas qui avait rallié à lui quatre cents hommes, mais n'avait pas réussi à obtenir d'autres disciples. Il fut tué et ses disciples dispersés. L'argument de Gamaliel était le suivant : « Laissez les choses suivre leur cours. Si cette œuvre vient des hommes, elle échouera comme celle de Theudas. Si elle est de Dieu, elle triomphera de vos persécutions » (voir Actes 5:35-39).


Pour démontrer que le Sanhédrin devait libérer les apôtres, Gamaliel cita le cas de Judas le Galiléen qui prouve qu'un mouvement est réduit à néant si le Seigneur n'est pas avec lui. Bien que les conseils de Gamaliel aient persuadé le Sanhédrin, il se trouve que son évaluation de Judas et de ses disciples n'est pas tout à fait exacte. En 6 ou 7 après J.-C., Quirinus, gouverneur romain de la Syrie, entreprit un recensement de la Palestine. Judas, Galiléen loyal et fanatique, dit que les Juifs devaient être libérés de toute domination étrangère et s'opposa par conséquent au recensement. Il réunit une troupe de partisans qui se révoltèrent ouvertement par la violence à l'ordre donné. Ils furent, pour la plupart, fait prisonniers, torturés et tués, y compris Judas lui-même. En ce sens, au moins, Gamaliel avait raison. Mais de cette brève insurrection était né le mouvement connu sous le nom de Zélotes qui, en 66, mena une autre révolte contre Rome. C'est cette révolte à l'instigation des Zélotes qui conduisit à la destruction du temple et à la dispersion des Juifs hors de Palestine en 70-72.


ACTES 6

Actes 6:5 à 7:59. Qui était Étienne ?


Sept hommes, parmi lesquels Étienne, furent choisis par les apôtres pour s'occuper de tout ce qui concernait le système d'entraide en usage à cette époque. Étienne fut particulièrement vaillant dans sa tâche. Les Écritures attestent que c'était un homme « plein de grâce et de puissance » qui « faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple ». Il parlait et agissait avec une telle autorité et une telle puissance que certains Juifs le firent arrêter sur de fausses accusations. De faux témoins déclarèrent devant le Sanhédrin qu'Étienne avait blasphémé contre le temple et la loi de Moïse. Pendant le procès, tous ceux qui le regardèrent virent que son visage était « comme celui d'un ange » (Actes 6:15). Ils refusèrent pourtant de tenir compte de ce témoignage visible qui était manifesté par la transfiguration d'Étienne. Pour sa défense, il raconta l'histoire des relations de Dieu avec ses enfants. Étienne donna pour argument qu'Israël ne comprenait pas sa propre loi. Il avait persécuté et tué les prophètes comme il avait persécuté et tué Jésus. Étienne contempla les cieux et vit le Christ ressuscité avec son Père. Ils ne purent supporter son témoignage accusateur. Ils crièrent au blasphème et Étienne fut traîné hors des murs de Jérusalem et lapidé. Étienne mourut, un des premiers martyrs de la foi.


ACTES 7

Actes 7:1-59. Voir Actes 6:5 à 7:59


Actes 7:58. Qui était Saul ?


Saul était le nom hébreu de l'apôtre Paul. De la tribu de Benjamin (voir Romains 11:1 ; Philippiens 3:5), Paul était un Juif de la Diaspora. Au moment opportun, il changea son nom hébreu en son équivalent romain, Paul, ce qui lui permit d'avoirdes relations plus faciles avec les milieux gentils.


Actes 7:60. « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! »


« Quand le Seigneur, au moment de mourir, se tourna vers le Père et demanda : 'Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font' (Luc 23:34), il parlait des soldats qui le crucifiaient. Ils agissaient sous l'autorité d'une nation souveraine. C'étaient les Juifs qui étaient coupables de la mort du Seigneur. Encore,une fois, comment pouvait-il leur pardonner, comment son Père pouvait-il leur pardonner, alors qu'ils ne se repentaient pas. Ces gens méchants qui s'écrièrent : 'que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !' (Matt. 27:25) ne s'étaient pas repentis. Ceux qui 'l'injurièrent' sur le Calvaire (Matt. 27:39) ne s'étaient pas repentis. Les dirigeants juifs qui jugèrent illégalement Jésus, exigeant de Pilate qu'il le crucifie et incitèrent la foule à ses actes les plus vils, ne s'étaient pas repentis. Pas plus que les soldats romains qui, bien que certainement tenus par la loi militaire de crucifier Jésus comme on le leur commandait, n'étaient absolument pas obligés d'ajouter les insultes et les cruautés auxquelles ils soumirent le Sauveur avant sa crucifixion.


Le Seigneur pouvait-il pardonner à Pilate ? Certainement pas sans la repentance de celui-ci. Pilate se repentit-il ? Nous ne savons pas ce qu'il a fait après avoir disparu de l'Écriture. Il avait le désir de favoriser le Sauveur. Il ne montra pas suffisamment de courage pour résister à la pression du peuple. Aurait-il pu sauver la vie du Seigneur ? Encore une fois, nous ne le savons pas. Nous laissons Pilate au Seigneur, comme nous lui laissons tous les autres pécheurs, mais souvenez-vous que 'savoir et ne pas faire', c'est pécher. » (SpencerW. Kimball, Le miracle du pardon, p. 156-157)


ACTES 8

Actes 8:5. Qui était Philippe ?


Philippe était l'un des sept hommes qui avaient été choisis pour aider les apôtres à s'occuper des nécessiteux (Actes 6:1-6). Il prêcha en Samarie, où Simon le magicien crut au message de l'Évangile (Actes 8:5-13), Sur le commandement d'un ange, Philippe alla de Jérusalem à Gaza où il exposa les paroles d'Ésaïe et l'Évangile à un eunuque de grande importance qui reçut la parole avec joie et fut baptisé (voir Actes 8:26-39). Ensuite il prêcha en divers endroits et, finalement, s'installa définitivement à Césarée (voir Actes 8:40). Paul séjourna avec Philippe à Césarée lors de son troisième voyage missionnaire (voir Actes 21:8-15). Philippe avait quatre filles non mariées qui avaient le don de prophétie (voir Actes 21:9).


Actes 8:5-8. Un détenteur de la prêtrise d'Aaron peut-il accomplir de grandes œuvres de justice ?


« Qu'un homme soit prêtre ou apôtre, cela ne fait aucune différence s'il magnifie son appel. Un prêtre détient les clés du ministère d'anges. Jamais de ma vie, que ce soit quand j'étais apôtre, soixante-dix ou ancien, je n'ai mieux senti la protection du Seigneur que lorsque je détenais l'office de prêtre. Le Seigneur m'a révélé par des visions, des révélations et par le Saint-Esprit beaucoup de choses que je vis devant moi. » (Wilford Woodruff, Millenial Star, 53:629)


ACTES 9

Actes 9:2-3, 8. Quelle était l'importance de la ville de Damas ?


Damas, capitale actuelle de la Syrie, prétend être la plus ancienne ville du monde à avoir été constamment habitée. À l'époque des apôtres, elle se trouvait dans la province romaine de Syrie. Située à 200 kilomètres environ au nord-est de Jérusalem et à une centaine de kilomètres de la mer Méditerranée, Damas se trouve au coeur d'une plaine fertile.


On comprend clairement la suprématie de Damas sur les anciennes cités du fait de sa situation. C'était le terminus de trois routes principales du commerce de l'ancien Proche-Orient.


Comme elle était proche de Jérusalem, c'était une ville d'une grande importance pour l'ancienne Israël et pour Juda. C'est là qu'Achaz, roi de Juda, prit modèle pour le grand autel qu'il éleva dans le temple de Jérusalem, ostensiblement pour apaiser le roi victorieux d'Assyrie, Tiglath-Piléser III (voir 2 Rois 16:10-16). Plus tard, la ville fut détruite, comme les prophètes de Dieu l'avaient prophétisé (voir Ésaïe 17:1 ; Amos 1:4 ; Jérémie 49:23-27). Elle fut reconstruite ensuite sur le même emplacement.


De nos jours, dans le quartier chrétien de la ville, se trouve ce que l'on pense avoir été la fameuse « rue droite » dans laquelle se trouvait la maison d'un certain Judas chez qui Paul demeura quelque temps, après sa conversion. La muraille par laquelle il fut descendu, la nuit, dans une corbeille, par des amis pour échapper aux Juifs furieux de la ville (voir Actes 9:23-25) est, selon toute vraisemblance, celle qui entoure encore la cité. Du temps de Paul, comme de nos jours, les produits fabriqués à Damas sont vendus à l'air libre dans les bazars des rues. Parmi les produits bien connus fabriqués autrefois par les habitants de la ville, il y avait les soieries et les damas, ainsi que les aciers de Damas qui étaient très prisés.


Actes 9:4-6. Quelles leçons importantes pouvons-nous tirer du récit de la conversion de Paul ?


« Il y a une leçon que nous tous dans notre Église pouvons tirer. Reconnaissons, nous aussi, l'autorité locale. L'évêque peut être un homme humble. Certains d'entre vous peuvent penser qu'ils lui sont supérieurs, mais il a reçu l'autorité directement de notre Père céleste. Reconnaissez cette autorité. Recherchez les conseils de votre président de branche, les conseils de votre président de pieu. S'ils ne peuvent pas résoudre vos difficultés ou vos problèmes, ils écriront.à d'autres frères, les Autorités générales, et demanderont le conseil nécessaire. Reconnaître l'autorité est un principe important.


« L'autre leçon à tirer de ce qui est arrivé à Paul près de Damas, c'est le fait remarquable que Jésus, notre Seigneur, s'intéresse à son Église et à ses membres. Et comme il s'y intéressait à cette époque, iI s'y intéresse aujourd'hui.


« J'aime sentir qu'il regarde ce que nous faisons, qu'il est affligé quand nous ne nous conformons pas aux idéaux et aux principes qu'il nous a donnés dans l'Évangile. Il fut affligé de voir Saul, un serviteur choisi, qui allait aveuglément détruire l'Église. Il est heureux quand il voit que les frères qu'il a appelés font leur devoir et essaient de mener une vie pure et droite en accord avec lesprincipes de l'Évangile. » (David O. McKay, CR, octobre 1951, p. 159-160)


Actes 9:5. « Il te serait dur de regimber contre les aiguillons »


Il s'agit du long bâton pointu utilisé pour piquer la peau des animaux pour les faire avancer. L'animal piqué a tendance à ruer, à se retourner, littéralement à « regimber contre les aiguillons ». Cette réaction ne fait qu'augmenter la douleur et rendre la blessure plus profonde sans avoir aueun effet sur l'aiguillon lui-même.


« Damas se trouve à environ deux cents cinquante kilomètres au nord de Jérusalem. Il fallait donc à Saul et ses compagnons environ une semaine pour faire le voyage. Peut-être que, pendant ces quelques jours d'inactivité relative, il se mit à se demander si ce qu'il faisait était bien ou mal. Peut-être que le visage rayonnant d'Étienne agonisant et la dernière prière du martyr commença à s'enfoncer un peu plus profondément dans son âme. Les pleurs et les cris des petits enfants à qui il arrachait leurs parents commencèrent à percer son âme de façon plus aiguë, à le mettre mal à l'aise et à le rendre malheureux à la pensée de ce qu'il allait encore faire de semblable à Damas. Peut-être se demandait-il si c'était vraiment dans l'œuvre du Seigneur qu'il était engagé pour se sentir si inquiet et si amer. Il devait apprendre bientôt que seule l'œuvre du mal fait éprouver ces sentiments et que le vrai service du Seigneur apporte toujours la paix et la satisfaction. » (
David O. McKay, Ancient Apostles, p. 120)


Actes 9:8. Qu'est-ce qui rendit Saul aveugle sur la route de Damas ?

« Saul de Tarse vit l'Éternel, le Christ glorifié, et il entendit sa voix et conversa avec lui. Bien qu'il fût partiellement caché, l'éclat de la lumière venant des cieux dans laquelle il se tenait – plus brillante que l'éclat du soleil à midi – fit tomber Saul par terre, tremblant et saisi d'effroi. La voix dit : 'Je suis Jésus que tu persécutes' (Actes 9:5). La lumière était si intense et si brillante que même avec cette protection, il fut aveuglé. Il a dit : 'Comme je ne voyais rien, à cause de l'éclat de cette lumière, ceux qui étaient avec moi me prirent pari la main, et j'arrivai à Damas' (Actes 22:11). Par un miracle de la prêtrise, Paul recouvra la vue après trois jours d'obscurité totale. » (Spencer W. Kimball, CR,  avril 1964, p. 96)


Actes 9:18. Pourquoi était-il nécessaire que Paul, qui avait eu une vision, se soumette à l'ordonnance du baptême ?


« Saul vit le Fils de Dieu ressuscité, il reçut des visions, des miracles furent opérés en sa faveur et pourtant rien de tout cela ne suffisait à le qualifier pour être membre de l'Église ou pour servir. Le baptême est la porte d'entréepour tous : le Christ, Paul, toute personne responsable. » (McConkie, DNTC, 2:91)


Actes 9:20-22. Face à quels nouveaux problèmes Paul se trouva-t-il après sa conversion ?

Dès qu'il devint membre de l'Église de Jésus-Christ, Paul se trouva face à deux nouveaux problèmes : l'un qui venait de ses anciennes relations avec les Juifs, l'autre de sa nouvelle situation de disciple de Jésus. Avant sa conversion, l'œuvre qu'il accomplissait en persécutant les chrétiens était pleinement approuvée par les dirigeants Juifs. Après sa conversion il dut faire face à ses anciens amis et ses anciennes relations et déclarer qu'il avait eu tort. « Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu » (Actes 9:20). Remarquez le caractère direct de son témoignage. La colère des Juifs fut si grande qu'ils « se concertèrent pour le tuer » (Actes 9:23).


Mais que dire de ceux qui connaissaient Paul autrefois comme leur persécuteur ? Comment reçurent-ils son témoignage de Jésus ? Leur réaction dut être semblable à celle d'Ananias qui, après avoir été appelé par le Christ à exercer son ministère auprès de Paul, dit : « Seigneur, j'ai appris de plusieurs personnes tout le mal que cet homme a fait à tes saints dans Jérusalem ; et il a ici (c'est-à-dire à Damas) des pouvoirs, de la part des principaux sacrificateurs, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom' (Actes 9:13-14). Sa conversion n'était-elle pas simplement une ruse pour prendre au piège ceux qui avaient sincèrement épousé la cause chrétienne ? Seul le temps pouvait répondre à cettequestion et prouver que la conversion de Paul était authentique.


Actes 9:27. Qui était Barnabas ?


Barnabas fut le compagnon missionnaire de Paul pendant sa première mission (voir Actes 9:27). Son premier service dans l'Église qui soit enregistré est la vente de son champ selon l'accord qu'avaient pris les premiers chrétiens d'avoir tout en commun (voir Actes 4:36). C'était un Juif (très exactement un Lévite) de l'île de Chypre ; son nom était Joses ou Joseph. Quand Paul et lui rencontrèrent les Lycaoniens, Barnabas reçut le rom de Jupiter, le plus puissant des dieux romains (voir Actes 14:12) à cause de ses prouesses physiques, de la dignité de son aspect et de son air impérieux. On dit de lui que c'était « un homme de bien, plein d'Esprit-Saint et de foi » (Actes 11:24) ; il fut choisi avec Paul pour relever les fonds d'entraide pour les pauvres de Judée (Actes 11:29-30) et c'était un rude travailleur qui subvint à ses propres besoins au lieu de recourir à l'Église pour qu'elle l'entretienne (voir 1 Corinthiens 9:6). Bien qu'il ait eu un grave différend avec Paul au sujet de Jean Marc, son neveu, qu'il voulait emmener pour le deuxième voyage (voir Actes 15:36-39), ils se réconcilièrent plus tard. C'est lui le premier qui, après la conversion de Paul, alla le chercher à Tarse pour le faire travailler avec lui (voir Actes 11:25-26). Ilsemble avoir été apôtre (voir Actes 14:4, 14).


ACTES 10

Actes 10:1. Qui était Corneille ?


Centenier romain, c'est-à-dire chef de cent hommes, Corneille est décrit par Luc comme un homme pieux qui craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beaucoup d'aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement (voir Actes 10:1-2). Ce devait être aussi un homme de prière qui cherchait la vérité, car il reçut, en réponse à une prière, une vision dans laquelle il lui fut dit de faire venir Pierre qui lui dirait ce qu'il devait faire pour rendre sa vie parfaite devant Dieu (voir Actes 10:3-6). Il est le premier Gentil connu à avoir reçu l'Évangile au midi des temps sans s'être d'abord converti au judaïsme (voir Actes 10:47-48).


Actes 10:6. Pourguoi Corneille envoya-t-il chercher Pierre après avoir vu un ange ?


Le fait de voir un ange ou de recevoir la visite d'êtres célestes n'apporte pas le salut ; c'est le fait de garder les commandements qui l'apporte. L'ange qui apparut et donna à Corneille les premières instructions aurait pu lui dire ce qu'il fallait faire, mais il l'envoya à Pierre qui détenait l'autorité sur la terre. C'est ainsi que fonctionne le royaume de Dieu. 


« Il n'est pas étonnant… que l'ange dit au bon Corneille qu'il fasse chercher Pierre afin que celui-ci lui enseigne la voie du salut : Pierre pouvait le baptiser, mais les anges ne le pouvaient pas aussi longtemps qu'il y avait, dans la chair, des officiers dûment autorisés détenant les clefs du royaume, oul'autorité de la prêtrise. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 370)


Actes 10:9-33. Pourquoi Pierre fut-il choisi pour apporter l'Évangile aux Gentils ?


« Ce fut Pierre qui eut le premier le devoir et le droit de prêcher l'Évangile aux Gentils. Veuillez remarquer que lorsque le Seigneur désira que les Gentils connaissent son Évangile, il donna au chef des Douze les instructions nécessaires pour tourner la clé qui leur ouvrait la porte de l'Évangile. C'est l'une des tâches particulières de l'apostolat. » (McKay, Ancient Apostles, p. 87)


« Pierre, détenant les clés du royaume, était de son temps président de la Haute-Prêtrise, de la même façon que Joseph Smith et ses successeurs (à qui ces 'clefs' furent remises aussi de nos jours) sont présidents de la Haute-Prêtrise et chefs sur la terre de l'Église et du royaume de Dieu. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1953, p. 25)


Actes 10:10. « Il tomba en extase »


« Parfois, les prophètes 'tombent en extase' au moment où ils reçoivent des visions. C'est-à-dire qu'ils sont si complètement enveloppés par l'Esprit que… les fonctions normales du corps sont suspendues. » (McConkie, Mormon Doctrine,p. 802)


Actes 10:44-48. Quelle est la différence entre le Saint-Esprit et le don du Saint-Esprit ?


« Il y a une différence entre le Saint-Esprit et le don du Saint-Esprit. Corneille reçut le Saint-Esprit avant d'être baptisé, ce qui était le pouvoir de Dieu pour le convaincre de la véracité de l'Évangile, mais il ne put recevoir le don du Saint-Esprit qu'après avoir été baptisé. S'il ne s'était pas conformé à ce signe ou ordonnance, le Saint-Esprit, qui l'avait convaincu de la véracité de l'existence de Dieu, l'aurait quitté. Avant de se conformer à ces ordonnances et de recevoir le don du Saint-Esprit, par l'imposition des mains, selon l'ordre de Dieu, il n'aurait pas pu guérir les malades ou commander à un esprit malin de sortir d'un homme et être obéi de lui. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 276)


ACTES 11

Actes 11:26. Quand les premiers saints furent-ils appelés « chrétiens » et pourquoi ?


« Chrétien est le terme générique désignant les disciples du Christ, ceux qui croient qu'il est le Fils de Dieu et que le salut, à tous les degrés, s'obtient grâce à lui et par son sacrifice expiatoire. Étant donné qu'il y a eu des disciples du Christ dans toutes les dispensations successives de l'Évangile depuis Adam jusqu'à nos jours [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], ils ont dû tous être connus sous le nom de chrétiens, ou un terme équivalent et synonyme. Dire que les saints ont été appelés chrétiens pour la première fois à Antioche signifie que pour la première fois, dans la dispensation du midi des temps, il y eut un nombre suffisant de membres de l'Église pour que les non-membres reconnaissent les saints comme une organisation distincte et séparée, détachée et à part de la synagogue et de la communauté juive. » (McConkie, DNTC, 2:112-113)


Il est intéressant de remarquer que dès 73 avant J.-C., tous les Néphites qui appartenaient à l'Église au pays de Zarahemla étaient connus sous le nom de chrétiens (voir Alma 46:14-15). D'ailleurs, le nom de Jésus-Christ a été révélé à Jacob et à Néphi quelque cinq cents ans avant sa naissance, ce qui fait que les Néphites, au moins, n'avaient pas de doutes sur l'identité du Messie qui devaitles sauver de leurs péchés (voir 2 Néphi 10:3 et 25:19).


Actes 11:28. Qui était Agabus ?


On sait peu de choses sur Agabus si ce n'est qu'il possédait le don de prophétie et que c'était un chrétien plein de grandeur. Par l'inspiration de Dieu, il prédit une famine qui aurait lieu pendant le règne de l'empereur Claude, fait que le Nouveau Testament et Josèphe confirment (Actes 11:28 ; Josèphe, Antiquités, 20. 2. 5). Quand Paul revint de sa troisième mission, Agabus prédit que Paul seraitlié et emprisonné (Actes 21:10-11)


ACTES 12

Actes 12:1. Qui était le Jacques qu'Hérode tua ?


Il y a au moins trois hommes portant le nom de Jacques qui sont mentionnés dans le Nouveau Testament : (1) Jacques, le fils de Zébédée et frère de Jean, l'apôtre bien-aimé, était membre du collège original des douze apôtres. Il fut martyr, aux mains d'Hérode, dans les premiers temps de son apostolat. Il servit, avec Pierre et Jean dans la Première Présidence jusqu'à sa mort (vers 44 avant J-C). (2) Jacques, fils d'Alphée et de Marie (voir Actes 1:13 ; Marc 16:1), parfois appelé Jacques « le mineur », était aussi membre du collège original des Douze. Où il exerça son ministère après la résurrection de Jésus, on ne le sait pas. (3) Jacques, le demi-frère de Jésus, comme ses autres frères, n'accepta pas l'appel de Jésus pendant que le Sauveur vivait (Jean 7:1-7). Plus tard, il devint apôtre (voir Actes 15: 13-34 ; Galates 1:18-19 ; 3:9).


Actes 12:1. Qui étaient Hérode et Bérénice ?


Deux des Hérode, le père et le fils, furent appelés Hérode Agrippa. Ils gouvernèrent les Juifs du temps de Jésus et des apôtres. Hérode Agrippa I était un petit-fils d'Hérode le Grand et, à la différence de ceux qui régnèrent avant lui, il observa très fidèlement la loi de Moïse. Pour conserver les faveurs des Juifs, il mit à mort Jacques, fils de Zébédée, frère de Jean, le disciple bien-aimé et apôtre de Jésus-Christ (voir Actes 12). Après la mort de son père, Hérode Agrippa II reçut les tétrarchies qu'avaient autrefois Philippes, son frère, et Lysanias, gouverneur romain. Il reçut le titre de roi. La meilleure image que nous ayons de lui est celle qui se trouve dans le Nouveau Testament au tribunal de Festus (voir Actes 25:13-26 ; 26). Son mariage incestueux avec sa soeur Bérénice le rendit odieux aux Juifs.


Bérénice était l'aînée des filles d'Hérode Agrippa I. Elle fut mariée, à un très jeune âge, à son oncle, Hérode, roi de Chalsis. Après la mort de celui-ci, en 48 avant J-C environ, elle épousa son propre frère, Hérode Agrippa II. Elle était présente lorsque son mari et frère ainsi que Festus écoutèrent Paul avant que celui-ci ne parte pour Rome (voir Actes 25:13, 23 ; 26:30).


Actes 12:12. Qui était Jean, surnommé Marc ?


Jean Marc appelé communément Marc est l'auteur de l'évangile qui porte son nom. C'était le fils de l'une des femmes les plus importantes de l'Église primitive à Jérusalem. Les disciples se réunissaient chez elle et c'est là que se rendit Pierre après avoir été libéré de prison (voir Actes 12:12-17). Jean Marc fut choisi comme compagnon de Paul et Barnabas quand ils partirent pour leur premier voyage missionnaire (voir Actes 12:25 ; 13:5) mais, pour une raison qui n'est pas précisée, il les laissa à la moitié du voyage. Ce fut plus tard un sujet de mésentente entre Paul et Barnabas quand ils entreprirent le deuxième voyage. Barnabas voulait reprendre Marc avec eux, mais Paul refusa ; aussi, ils se séparèrent et allèrent chacun de leur côté (voir Actes 15:37-41). Il est évident que Paul se réconcilia plus tard avec Marc puisqu'il en parle en faisant ses éloges dans ses épîtres (voir, par exemple, Colossiens 4:10 et Philémon 24). Pierre parle de Marc en disant qu'il est son fils et qu'il était avec lui à Babylone, probablement Rome. Une ancienne tradition veut que Marc ait écrit son évangile à Rome en se documentantdirectement auprès de Pierre.


ACTES 13

Actes 13:1-14, 26. Quel est l'objectif principal du premier voyage missionaire de Paul ?


L'objectif réel du premier voyage missionnaire de Paul fut d'établir des branches de l'Église dans tles régions très éloignées de Jérusalem. Un grand nombre de personnes entendirent et reçurent le message de l'Évangile ; sans ce voyage missionnaire, elles ne l'auraient pas pu. De plus, nous avons la possibilité de voir Paul à l'œuvre dans sa nouvelle activité de dirigeant et d'organisateur. Il entre dans une ville où il n'y a aucun membre, où la plupart des gens n'ont même pas entendu parler de Jésus-Christ. Quand il s'en va, il y a une branche de l'Église, petite, mais prospère à qui il donne la tâche de continuer à progresser pendant son absence. Nous remarquons aussi que Paul est très désireux de prêcher l'Évangile à tous les hommes sans considération de ce qu'ils font ou de ce qu'ils sont. Quand les Juifs rejettent la parole de Dieu, Paul se tourne vers les Gentils.


Actes 13:6. « Ils trouvèrent un certain magicien, faux prophète »


« Mes ennemis disent que j'ai été un vrai prophète. Eh bien, je préférerais être un vrai prophète déchu qu'un faux prophète. Lorsqu'un homme va et prophétise, et ordonne aux hommes d'obéir à ses enseignements, il doit être ou bien un vrai ou un faux prophète. De faux prophètes s'élèvent toujours pour s'opposer aux vrais prophètes et ils prophétisent toujours tellement près de la vérité qu'ils arrivent presque à tromper les élus eux-mêmes. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 515)


Actes 13:7. Qui était Sergius Paulus ?


C'était le proconsul romain à Chypre quand Paul et Barnabas allèrent dans l'île lors du premier voyage missionnaire. On dit de lui que c'était un homme intelligent qui demanda à Paul et Barnabas de lui prêcher la parole de Dieu. Quand il vit le miracle accompli par Paul (il rendit aveugle Elymas, le magicien), il « crut, étant frappé de la doctrine du Seigneur » (Actes 13:12).


ACTES 14

Actes 14:1-21


Ces versets décrivent les tribulations que Paul et Barnabas subissent tandis qu’ils continuent de prêcher.


Actes 14:22


Ce verset nous apprend le principe suivant : Si nous traversons les tribulations avec fidélité, nous serons préparés à entrer dans le royaume céleste.


ACTES 15

Actes 15:1. Quelques hommes venus de la Judée


« Ils venaient des quartiers généraux de l'Église… et c'était de bons frères ; mais sur la question de la circoncision, ils se trompaient. N'étant pas conduits par l'Esprit, ils enseignaient une fausse doctrine. Étant donné que le Seigneur laisse souvent ses serviteurs se débrouiller seuls et trouver les solutions à des problèmes difficiles avant de finir par leur faire comprendre sa volonté par révélation, il se présente des situations semblables dans l'Église aujourd'hui. Par exemple, des frères qui, aujourd'hui, envoyés dans les Églises pour les fortifier et pour prêcher, prennent parfois sur eux de défendre des philosophies politiques et sociales ou des théories en matière d'éducation qui leur semblent bonnes (affirmant même dans certains cas qu'elles sont nécessaires au salut) et qui, en fait, ne sont pas ce que Dieu demande à son peuple. » (McConkie,
DNTC, 2:139)


Actes 15:1. « Si vous n'êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés »


L'ordonnance de la circoncision fut instituée par l'Éternel lui-même. Elle fut d'abord donnée à Abraham et à ses descendants en signe de l'alliance qui assurait des bénédictions sacrées et éternelles à tous ceux qui serviraient le Seigneur en justice (voir Abraham 2:8-11; Genèse 17). Selon la loi de Moïse, tout enfant masculin devait être circoncis à l'âge de huit jours (voir Lévitique 12:3). Le but principal de ce signe était de rappeler l'alliance que Dieu avait faite avec Abraham (voir Genèse 17:9-14).


Après le sacrifice expiatoire de Jésus-Christ, la nécessité d'un signe fut abolie. L'Évangile et ses bénédictions n'étaient plus réservés exclusivement aux Juifs ; l'Évangile était pour tous. Dans une révélation donnée à Mormon et rapportée dans le Livre de Mormon, Jésus dit : « Les petits enfants ont la santé, car ils sont incapables de commettre le péché ; et la malédiction d'Adam leur est enlevée en moi, de sorte qu'elle n'a aucun pouvoir sur eux ; et la loi de la circoncision est finie en moi » (Moroni 8:8).


Au temps de Jésus et des apôtres, on disait communément « les circoncis » et les « incirconcis », le premier terme comme équivalent de « Juif » le deuxième signifiant « Gentil » (voir Galates 2:7). Bien que le conseil de Jérusalem ait réglé la question par révélation, Paul se trouva obligé de combattre ce problème partout où il alla. Un grand nombre de ses convertis étaient juifs et tenaient à ce que tous les Gentils convertis au christianisme obéissent aussi au rite mosaïque. Paul dit bien clairement que la circoncision, que ce soit pour les Juifs ou pour les Gentils, était finie en Christ (voir Romains 2, 3, 4 ; 1 Corinthiens 7:19 ; Galates 5:6 ; 6:15 ; Colossiens 2:11 ; 3:11).


Actes 15:2. Le compte rendu que fit Paul du conseil de Jérusalem


La version du conseil de Jérusalem donnée dans Actes 15 n'est pas la seule que nous ayons. Paul en donna lui-même un compte rendu, très bref, dans l'épître aux Galates (2:1-10). Nous y notons un certain nombre de points importants :


1. Le conseil eut lieu « quatorze ans après » une première visite à Jérusalem, probablement vers 35-36 ou « quatorze ans après » sa conversion (ce que veut dire Paul n'est pas très clair).


2. Paul s'y rendit sur l'ordre du Seigneur, c'est-à-dire, par révélation.


3. Quand il fut à Jérusalem, il « leur exposa » l'Évangile qu'il prêchait parmi les païens, en particulier et non publiquement.


4. Il refusa de permettre la circoncision de Tite, qui était grec, comme le désiraient les judaïsants.


5. Jacques, Céphas et Jean, qui étaient regardés comme des « colonnes » (Galates 2:9 ; c'est-à-dire des dirigeants de l'Église), donnèrent à Paul et Barnabas « la main d'association ».


6. Paul reçut la mission d'aller « vers les païens » avec son message. D'autres allèrent « vers les circoncis ».


7. La seule chose qui fut demandée à Paul fut de ne pas oublier d'obtenir des dons pour les pauvres de l'Église (nous voyons que Paul accomplit fidèlement cette tâche dans Actes 11:30 ; 24:17 ; 1 Corinthiens 16:1-3 ; 2 Corinthiens 8, 9 ; Romains 15:25-27).


Alors que cela n'est pas mentionné dans les Actes, il est clairement indiqué dans les paroles de Paul aux Galates qu'il rendit visite en privé aux dirigeants de l'Église avant d'assister à la réunion publique où il prit la parole. D'ailleurs Actes 15:4-6 semble suggérer qu'il y eut plusieurs réunions publiques pour débattre de cela ; il y en eut peut-être trois : une quand Paul arriva avec la délégation d'Antioche (voir Actes 15:3-4 ; Galates 2:2) ; une seconde session au cours de laquelle les judaïsants affirmèrent que Tite, un des compagnons de Paul, qui était grec, devait se soumettre à la circoncision. Le problème resta sans solution (voir Actes 15:5 ; Galates 2:3-5) ; et la dernière quand les apôtres et les anciens vinrent considérer ensemble la question de la circoncision (Actes 15:7-29 ; Galates 2:6-10). Là, les choses se passèrent dans l'ordre : il y eut débat, délibérations et prises de décisions. Remarquez comme le compte rendu donné par Paul de la solution donnée à ce problème tel qu'on le trouve exprimé dans Galates 2:6-10 concorde avec celui donné dans Actes 15:23-29.


Cependant, la question de la circoncision ne fut pas la seule affaire réglée à la conférence de Jérusalem ; il apparaît que Paul et Barnabas ont établi une distinction entre l'œuvre des apôtres qui portaient l'Évangile aux Juifs et ceux qui le portaient aux Gentils. Les « colonnes de l'Église », Pierre, Jacques, le frère du Seigneur, et Jean ont donné expressément à Paul et Barnabas la permission de porter le message de l'Évangile aux Gentils en voyant la réussite phénoménale des travaux des deux hommes jusqu'à ce jour-là. Ainsi, l'immense champ de travail se trouvait répartie et la main droite de l'intégration tendue symboliquement par l'intermédiaire de Paul et Barnabas à tous les Gentils convertis présents et futurs.


Actes 15:7. Pourquoi le Seigneur parla-t-il par la bouche de Pierre ?


« Pierre était le président de l'Église ; il recevait et annonçait la volonté de Dieu sur toutes les questions. » (McConkie, DNTC, 2:143)


Actes 15:28. « Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous »


« Les représentants du Seigneur luttèrent et travaillèrent sur le « problème, sondèrent les Écritures, cherchèrent les conclusions possibles et firent de leur mieux pour résoudre le problème sur la base des bons principes qu'ils connaissaient. Étant arrivés à ce qu'ils considéraient être une solution convenable (c'est-à-dire adopter les déclarations de Jacques qui étaient basées sur le principe énoncé par Pierre), ils demandèrent au Seigneur si leurs conclusions étaient bonnes et en accord avec sa volonté. Dans cet exemple, apparemment, la décision fut prise et acceptée selon le même processus de révélation qu'utilisera le prophète [Joseph Smith] pour traduire le Livre deMormon (voir D&A 8-9). » (McConkie, DNTC, 2:144-145)


Actes 15:40. Qui était Silas ?


On pense que le Silas dont il est question dans les Actes des Apôtres est la même personne que le Silvain des épîtres de Paul (voir 2 Corinthiens 1:19 ; 1 Thessaloniciens 1:1 ; 2 Thessaloniciens 1:1). Il avait une place de premier plan parmi les dirigeants de l'Église à Jérusalem. Il était prophète dans son domaine et prêcha l'Évangile (voir Actes 15:32). C'est lui qui, avec Paul, apporta à Antioche la décision du conseil de Jérusalem concernant les conditions requises pour être membre de l'Église (Actes 15:1-35). Quand Paul fut en désaccord avec Barnabas, c'est Silas qui fut choisi comme compagnon de Paul pour le second voyage missionnaire.


Ses expériences et ses voyages missionnaires comportent l'emprisonnement à Philippes où le geôlier et sa famille furent convertis (voir Actes 16:16-40), des voyages à Thessalonique, puis à Bérée où il séjourna quelque temps pendant que Paul se rendait à Athènes (voir Actes 17:1-15) ; il travailla avec Paul aussi à Corinthe (voir Actes 18:5 ; 2 Corinthiens 1:19). S'il est vrai que Silas et Silvain étaient la même personne, c'est lui qui fut le secrétaire pour le livre de 1 Pierre et qui porta cette épître de Pierre en Asie Mineure (voir 1 Pierre 5:12).


Il était peut-être citoyen romain (voir Actes 16:37).


Actes 15:40. Quels furent les aspects importants du second voyage missionnaire de Paul ?


On voit que l'Église a grandi aussi rapidement dans les autres parties de l'empire qu'à Jérusalem et ses alentours. Le deuxième voyage missionnaire donna à Paul la possibilité, d'une part, de rendre visite aux Églises déjà fondées lors de son premier voyage, d'autre part, d'en établir d'autres dans des régions qui, jusque-là, n'avaient pas été touchée s par l'Évangile. Ainsi fut établie une pratique qui devait durer pendant tout le travail d'apôtre de Paul : « visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont » (Actes 15:36). Mais Paul n'y alla pas toujours en personne. Il y envoya Timothée, Tite ou Silas. Nous percevons ainsi plus clairement non seulement son talent d'organisateur, mais aussi ses capacités d'administrateur. Il prit l'habitude de faire suivre ses visites de lettres de compliments ou d'exhortations, méthode qu'il devait utiliser pendant tout le reste de sa vie au service du Christ.


Finalement, beaucoup de choses montrent qu'il jouissait dans une grande mesure des bénédictions du Saint-Esprit dans son ministère, car il reçut constamment des visions et des instructions concernant le travail du Seigneur et démontra le pouvoir de Dieu en de multiples occasions (voir Actes 16:7-9, 26 ;18:9).


ACTES 16

Actes 16:16. Qu'est-ce que l'esprit de divination ?


La divination, c'est l'action de découvrir l'avenir par des moyens tels que les cartes, les horoscopes, les rêves, les envoûtements, les boules de cristal, etc. La divination était un art pratiqué depuis longtemps chez les anciens (voir Esaïe 2:6 ; Daniel 2:27 ; 5:11). Elle était et elle est toujours interdite au peuple du Seigneur voir Deutéronome 18:9-14 ; Josué 13:22).


Actes 16:30-34. La foi au Seigneur Jésus-Christ est-elle tout ce qui est nécessaire au salut ?


« La croyance seule est à peine le début de cette démarche qui mène à un héritage céleste si on la considère comme un facteur isolé, si on ne la voit pas dans un ensemble qui comprend le baptême et l'attitude qui s'ensuit : la volonté de persévérer jusqu'à la fin (voir 2 Néphi 31:15-21). Et dans ce cas précis, Paul et Silas enseignent l'Évangile à toutes les personnes du groupe, les baptisent et, sans contestation, leur confèrent le don du Saint-Esprit, les lançant ainsi dansla direction du salut. » (McConkie, DNTC, 2:152)


ACTES 17

Actes 17:18. Qu'étaient les épicuriens et les stoïciens ?


Le terme épicurisme vient de Épicure qui vivait aux alentours de 300 avant J-C. Selon sa philosophie, le monde existait par hasard et n'avait ni but ni raison d'être. Le plus grand bien auquel pouvait arriver un homme était celui qui lui apportait le plus grand plaisir ou la plus grande absence de peine ou de douleur. Contrairement à des idées communément répandues à cette époque comme de nos jours, l'épicurisme ne prônait pas la licence grossière comme objectif de vie, mais les joies qui donnaient à l'homme les satisfactions personnelles les plus longues et les plus pleines.


Le stoïcisme, par contre, reconnaissait un pouvoir suprême qui gouvernait l'univers. Selon cette philosophie, toutes choses ont été organisées et mises en mouvement par un Esprit divin, et le sage, le véritable stoïcien est celui qui accepte les choses comme elles sont plutôt que de les changer pour qu'elles deviennent comme il aimerait qu'elles soient. Cette acceptation nécessite un grand courage et une grande maîtrise de soi, car l'homme se trouve obligé de livrer une bataille sans fin contre la nature. Le corps n'est pas un instrument qu'il faut punir ou nourrir. Il faut faire comme s'il n'existait pas. Dans son célèbre discours à l'Aréopage (sur la colline de Mars) Paul fit une citation prise dans « Phaenomena », œuvre d'Aratus, poète cilicien : « C'est ce qu'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : Nous sommes de sa race » (de la race de Dieu) (Actes 17:28). Ce sont des paroles presque identiques que nous trouvons dans l'« Hymne à Zeus » écrit par Cléanthe. Ces deux hommes étaient des stoïciens. En citant ces poètes, Paul ne chercha probablement pas à faire étalage de ses connaissances et de sa culture devant son auditoire. Il est certain qu'il essaya de se placer sur un terrain commun avec ses auditeurs pour gagner leur confiance et faire ainsi qu'ils écoutent son message.


Actes 17:15-34. Quelle fut l'importance de la visite de Paul à Athènes ?


Athènes, capitale de la Grèce, était une des merveilles du monde antique. Bien qu'en déclin général au moment de la visite de Paul, Athènes avait autrefois possédé avec fierté plus de génie intellectuel, plus de recherche philosophique et plus de splendeur architecturale que n'importe quelle ville de l'Antiquité. Même pendant la période de déclin, ses habitants étaient fiers de leur brillant héritage. On essaya vigoureusement de préserver et de restaurer l'ancienne grandeur d'Athènes.


À l'époque du premier siècle après J.-C., Athènes était une ville-état libre qui avait la faveur de la protection de Rome. Une grande partie de ses édifices les plus remarquables sont encore debout. L'Agora, ou Place du marché, était particulièrement célèbre. Les hommes importants de la ville s'y rassemblaient chaque jour pour y entendre des débats, pour diriger les affaires de la ville et pour apprendre, si possible, quelque chose de nouveau (voir Actes 17:21). Étant donné que le message de Paul était nouveau, il était assuré d'avoir une foule pour l'écouter dès le départ. Finalement, Paul fut amené au fameux Aréopage (c'est-à-dire la colline de Mars) et les gens qui l'accompagnaient disaient : « Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ? » (Actes 17:19). Bien que le message de Paul ait été rejeté par la plus grande majorité, il y eut au moins un membre du Haut Tribunal, Denys l'aréopagite, et une femme, Damaris, et quelques autres dont le nom n'est pas mentionné qui crurent (voir Actes 17:34).


Actes 17:22. « Je vous trouve à tous égards extrêmement religieux »


Paul, en parlant du caractère religieux et de la « dévotion » des habitants d'Athènes, préparait avec sagesse son auditoire à un message concernant un Dieu dont ils ne savaient rien.


Actes 17:26. Paul enseignait-il l'existence prémortelle quand il dit : « ayant déterminé la durée des temps » ?


« Voici un point de doctrine important qui cadre exactement avec ce qu'enseigna Moïse quand il expliqua comment Dieu 'donna un héritage aux nations, quand il sépara les enfants des hommes', et 'fixa Ies limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël' (Deutéronome 32:8). La doctrine impliquée dans ces Écritures est claire : 'Si le Seigneur a fixé aux nations les bornes de leur demeure, un choix d'esprits a dû être fait pour former ces nations. » (Joseph Fielding Smith, Le chemin de la perfection, p. 47)


« Puis-je à nouveau vous poser à chacun cette question : 'Qui êtes-vous ?' Vous êtes tous les fils et les filles de Dieu. Vos esprits ont été créés et ils ont vécu sous forme d'intelligences organisées avant que le monde soit. Vous avez reçu la bénédiction d'avoir un corps physique parce que vous avez obéi à certains commandements dans cet état prémortel… Le moment de l'histoire du monde où chacun est venu a été déterminé, comme l'apôtre Paul l'a enseigné aux hommes d'Athènes et comme le Seigneur l'avait révélé à Moïse, …avant que ce monde ne soit créé. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1973, p. 7)


ACTES 18

Actes 18:18. Voir Actes 15:40


Actes 18:23. Le troisième voyage missionnaire de Paul


Le troisième voyage missionnaire de Paul est le plus long des trois, autant par sa durée (quatre ans) que par la distance couverte. Une grande partie de son temps fut consacrée à des visites aux villes dans lesquelles il était passé au cours des deux premiers voyages, mais ce fut Éphèse qui devint son quartier général pendant trois ans. C'est pendant cette période que nous avons la meilleure image de Paul car nous le voyons théologien, prédicateur, écrivain et serviteur fidèle de Jésus-Christ non seulement grâce au récit brillant de Luc mais aussi à travers quatre lettres de Paul : deux aux Corinthiens, une aux Romains et une aux Galates. L'une des préoccupations premières de Paul au cours de ce troisième voyage fut de collecter des fonds pour les pauvres de Jérusalem.


ACTES 19

Actes 19:1-20. Paul confère le don du Saint-Esprit et accomplit des miracles.


Lorsque Paul commence son troisième voyage, il se rend dans les régions de Galatie et de Phrygie (voir Actes 18:23) puis il retourne à Éphèse.


« Il semble… qu’un Juif sectaire avait baptisé comme Jean [Jean-Baptiste], mais qu’il avait oublié de dire qu’il fallait en suivre un du nom de Jésus-Christ, afin de se faire baptiser de feu et du Saint-Esprit : ce qui montra à ces nouveaux convertis que leur premier baptême était illégal et lorsqu’ils entendirent cela, ils se firent volontiers baptiser de nouveau et après avoir eu l’imposition des mains, ils reçurent les dons, selon la promesse » (Times and Seasons, 1er septembre 1842, p. 904)


Cette expérience nous apprend que pour être valable, le baptême doit être accompli par un serviteur autorisé de Dieu et que, pour que le baptême soit complet, il doit être accompagné de la réception du Saint-Esprit.


« Vous pourriez aussi bien baptiser un sac de sable qu’un homme si ce n’est en vue de la rémission des péchés et de l’obtention du Saint-Esprit. Le baptême d’eau n’est qu’un demi-baptême et n’est bon à rien sans l’autre moitié, c’est-à-dire le baptême du Saint-Esprit » (Joseph Smith, Enseignements des présidents de l’Église, 2007, p. 102)


Actes 19:7-10


Paul continue de prêcher à Éphèse pendant plus de deux ans. Ce récit nous apprend que Dieu manifeste son pouvoir par l’intermédiaire de ses serviteurs autorisés.


Actes 19:13-16


Comme les fils de Scéva n’ont pas l’autorité de la prêtrise pour bénir au nom de Jésus-Christ, l’esprit mauvais ne reconnaît ou n’admet pas leur autorité, bien qu’ils affirment représenter le Sauveur.


Actes 19:17-20


L’expression « arts magiques » (v. 19) fait référence à la sorcellerie et à d’autres pratiques impies. Ces versets nous apprennent le principe suivant : En confessant et en abandonnant les pratiques impies, nous montrons notre foi en Jésus-Christ.


ACTES 20

Actes 20:38. Le troisième voyage missionnaire de Paul


Le troisième voyage missionnaire de Paul est le plus long des trois, autant par sa durée (quatre ans) que par la distance couverte. Une grande partie de son temps fut consacrée à des visites aux villes dans lesquelles il était passé au cours des deux premiers voyages, mais ce fut Éphèse qui devint son quartier général pendant trois ans. C'est pendant cette période que nous avons la meilleure image de Paul car nous le voyons théologien, prédicateur, écrivain et serviteur fidèle de Jésus-Christ non seulement grâce au récit brillant de Luc mais aussi à travers quatre lettres de Paul : deux aux Corinthiens, une aux Romains et une aux Galates. L'une des préoccupations premières de Paul au cours de ce troisième voyage fut de collecter des fonds pour les pauvres de Jérusalem.


ACTES 21

Actes 21:9. Les femmes peuvent-elles prophétiser ?


« Bien que les hommes soient appelés à être ceux qui dirigent au foyer et à l'Église, les femmes ne sont en rien au-dessous d'eux pour ce qui est des dotations spirituelles. Elles prophétisent, reçoivent des visions, s'entretiennent avec des anges (voir Alma 32:23), jouissent des dons de l'Esprit et se qualifient avec leur mari pour l'exaltation complète au plus haut niveau céleste. » (McConkie,DNTC,2:181)


Actes 21:10-14. Paul aurait-il dû aller à Jérusalem alors qu'il avait été mis en garde ?


« Paul aurait-il dû aller à Jérusalem ? Ce voyage était-il en accord avec la volonté et les desseins du Seigneur ?


« Quelle que soit la réponse à ces questions, il est clair que Paul fut prévenu des persécutions et des épreuves qu'il aurait à l'issue de ce voyage. Il avait reçu les chuchotements de l'Esprit qui lui disait que 'des liens et des tribulations' l'attendaient à Jérusalem (Actes 20:22-24). Alors, Agabus, sachant apparemment que Paul est déterminé à affronter les persécutions et même la mort à Jérusalem, vient lui dire, au nom du Seigneur, qu'à Jérusalem, il sera lié par les Juifs et livré aux Gentils.


« Cependant, c'est grâce à son arrestation après son voyage à Jérusalem, qu'il put, pendant qu'il se trouvait sous la garde des Romains, rendre témoignage devant les Juifs de Jérusalem, devant Festus, puis devant Agrippa, dans l'île de Malte et à Rome même. Pour que les témoins du Christ puissent s'adresser aux rois et aux gouverneurs, il semble qu'il soit nécessaire souvent que les serviteurs du Seigneur soient arrêtés et jugés. Sûrement que ce voyage à Jérusalem mit à l'épreuve l'âme noble et ferme de Paul et, grâce à cela, il eut des occasions de défendre la vérité et la justice qu'il n'aurait pas eues autrement. » (McConkie,DNTC, 2:181)


Actes 21:28-29. Quelle accusation les Juifs portaient-ils contre Paul ?


Trophime était un Éphésien, un Gentil qui n'était pas admis à pénétrer dans les cours intérieures du temple. Accuser Paul d'avoir violé les enceintes sacrées était une accusation très grave, bien que fausse. C'était un délit puni de mort pour lequel Paul aurait pu être lapidé. C'est à l'intervention du tribun des soldats romains stationnés à Jérusalem pour maintenir l'ordre qu'il dut de ne pas être gravement blessé.


Actes 21:38. « Tu n'es donc pas cet Égyptien ? »


Josèphe, l'historien juif romain nous parle d'un Juif égyptien qui souleva une grande foule dans le désert et l'amena jusqu'au mont des Oliviers (voir Josèphe, Guerres 2. 13. 5). Il promit à ceux qui l'avaient suivi que les murs de Jérusalem s'écrouleraient quand ils approcheraient et qu'ils pourraient expulser les Romains facilement. Félix, le gouverneur romain, les accueillit avec son armée et ce fut la déroute totale. Cependant le chef n'avait pas été capturé et le tribun avait cru que Paul était cet homme.


ACTES 22

Actes 22:1-21 ; 26:1-29. Des disciples de Jésus-Christ rendent témoignage avec hardiesse.


Quand Paul a exprimé les puissants témoignages rapportés dans Actes 22 et 26, il était prisonnier de soldats romains. Les personnes à qui il s’est adressé avaient le pouvoir de le condamner à mort. Il a néanmoins choisi de témoigner hardiment de Jésus-Christ.


Actes 22:1-21 ; 26:9-20. Pourquoi y a-t-il des différences entre les trois récits de la vision qu’a eue Paul de Jésus-Christ ?


Le livre des Actes contient trois récits de la vision miraculeuse de Paul sur la route de Damas (voir Actes 9:3-20 ; 22:1-21 ; 26:9-20). Chacun de ces récits est légèrement différent des autres, et certains fournissent plus de détails que d’autres. Étant donné que ces récits ont été faits à des auditoires différents dans des buts différents, il est raisonnable de penser que Paul a choisi de souligner différentes parties de son expérience pour chaque auditoire. Les différents récits fournissent des détails qui n’existeraient pas s’il n’y avait qu’un récit.


ACTES 23

Actes 23 à 25


Rencontre de Paul avec les chefs des Juifs et son emprisonnement. Pendant que Paul est en prison, le Seigneur lui apparaît pour le réconforter et le rassurer (voir Actes 23:11). Le tribun qui a fait arrêter Paul l’envoie à Césarée pour empêcher une bande de Juifs de le tuer. Là, Paul affirme son innocence devant Félix, le gouverneur romain. Bien que convaincu de l’innocence de Paul, Félix laisse Paul enfermé dans une maison pendant deux ans. Festus remplace Félix au poste de gouverneur romain de la Judée et le roi Hérode Agrippa, qui gouverne une région située au nord-est de la mer de Galilée, rend visite à Festus et souhaite entendre Paul. On amène alors Paul devant le roi Agrippa.

ACTES 24

Voir commentaire de Actes 23 à 25.

ACTES 25


Voir commentaire de Actes 23 à 25.


Actes 25:11. « J'en appelle à César »


Sous la loi romaine, chaque citoyen accusé d'un délit avait le droit et la possibilité d'être entendu devant le siège impérial. Les autorités en matière de droit romain affirment que les magistrats locaux avaient un pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne les appels. Ils pouvaient décider si le cas justifiait l'exercice de ce droit quand la culpabilité était évidente et quand le délit était si grave que retarder le jugement aurait été à l'encontre de la vraie justice.


ACTES 26


Actes 26:1-29. Voir commentaire de Actes 22:1-21 ; 26:1-29.


Actes 26:9-20. Voir commentaire de Actes 22:1-21 ; 26:9-20.


Actes 26:25. « Je ne suis point fou, très excellent Festus, ce sont, au contraire, des paroles de vérité et de bon sens que je prononce »


Les hommes qui ne sont pas spirituellement en accord avec les vérités éternelles ne peuvent croire avec simplicité un humble témoignage quand ils l'entendent. De nombreuses personnes qui ont un témoignage de l'Évangile n'engagent pas leur vie pour le Christ parce qu'elles se sont persuadées que ce serait trop difficile et que cela leur coûterait trop d'abandonner leurs amis, leurs habitudes, leur manière confortable de vivre. Mais Paul se souciait peu des biens, des modes, de l'opinion des gens. Il était prêt à abandonner sa vie même pour son témoignage.


ACTES 27

Actes 27:9. « L'époque même du jeûne était déjà passée »


Quand Luc parle du fait que la navigation était dangereuse parce que le jeûne était déjà passé, cela est sûrement une référence au jour de l'Expiation chez les Hébreux. Il marquait la période pendant laquelle on considérait comme dangereux de naviguer jusqu'à ce que le temps s'améliore. Le jour de l'Expiation était le dernier de dix jours solennels mis à part pour la pénitence et la purification personnelle. Il tombait le dixième jour de Tishri, le septième mois du calendrier hébreu et correspondait à fin septembre, début octobre de notre calendrier. Il marquait aussi l'entrée annuelle du grand-prêtre dans le Saint des Saints très sacré pour accomplir l'expiation universelle pour les péchés du peuple et il ne fallait ce jour-là ni manger ni travailler. Chez les Juifs, la datation se faisait beaucoup par les fêtes annuelles et les jours saints.


ACTES 28

Actes 28:16-31. Que savons-nous des activités de Paul pendant son emprisonnement à Rome ?


Luc nous donne peu de renseignements sur l'emprisonnement de Paul à Rome. Il est certain que Paul avait depuis un certain temps l'intention de s'y rendre (voir Actes 19:21 et Romains 1:9-11), mais peut-être pas comme prisonnier politique. C'est pratiquement une certitude que Paul ne fut pas inactif pendant la période de son emprisonnement. Outre son ardeur naturelle au travail, Luc nous dit que « on permit à Paul de demeurer en son particulier, avec un soldat qui le gardait » (Actes 28:16) et qu'il « recevait tous ceux qui venaient le voir » et enseignait « ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ, en toute liberté et sans obstacle » (Actes 28:30-31).


Il est généralement reconnu que Paul écrivit au moins quatre de ses épîtres pendant son premier emprisonnement : aux Philippiens, aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philémon.

On voit d'après certaines de ses lettres que Paul avait fortement l'espoir d'être acquitté. Aux saints de Philippes, il écrivit : « J'ai confiance dans le Seigneur que moi-même aussi j'irai bientôt » (Philippiens 2:24). À Philémon, il écrivit : « En même temps prépare-moi un logement, car j'espère vous être rendu, grâce à vos prières » (Philémon 22). Quant au procès, il devait attendre le bon vouloir de Néron, ce qui fait qu'une bonne partie du temps de Paul se passa à attendre.

 

 

ROMAINS

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ROMAINS 1

Romains 1:7-8. Paul écrit aux saints de Rome


« À qui l'épître aux Romains était-elle adressée ? Aux Gentils qui se trouvaient à Rome ? Au monde en général ? Aux Églises chrétienne d'aujourd'hui ? En aucune façon. S'il y a une vérité que le monde peut apprendre dans cette épître, tant mieux. Mais Paul l'écrivit aux saints, aux membres de l'Église, à ceux qui avaient déjà le don du Saint-Esprit, à ceux qui étaient nés de nouveau, à ceux qui détenaient la prêtrise et jouissaient des dons de l'Esprit. Il écrivait à des gens qui connaissaient déjà la doctrine du salut, et ses enseignements ne peuvent être compris que par des gens qui ont la même formation, la même connaissance et la même expérience que ceux à qui était destiné le message à l'origine. L'épître aux Romains est un livre scellé pour le monde des religions ; c'est un volume de vérités inspirantes de l'Évangile ouvert pour les saints de Dieu. » (McConkie, DNTC, 2:216)


Romains 1:26-27. Quelle est la gravité du comportement homosexuel ?

« Parmi les effets sociaux négatifs du comportement homosexuel, il n'en est aucun de plus important que l'effet sur le mariage et le foyer…


« Où se situe la perversion du comportement homosexuel ? Il est clair qu'il est hostile au dessein de Dieu en ce qu'il renie son premier grand commandement de 'multiplier et remplir la terre'. Si cette pratique devenait universelle, elle dépeuplerait la terre en une seule génération. Elle annulerait le grand programme que Dieu a créé pour ses enfants d'esprit en ce qu'elle laisserait dans le monde céleste d'innombrables esprits non incarnés à qui n'aurait pas été donnée l'occasion de profiter des possibilités de la mortalité…


« La gravité du péché du comportement homosexuel est égale à celle de la fornication, de l'adultère…


« Le Seigneur a promis que tous les péchés peuvent être pardonnés sauf certains qui sont énumérés, et ce péché n'est pas parmi ceux qui ont été cités. Il est donc pardonnable si on l'abandonne totalement et si la repentance est sincère et absolue. Assurément, on peut le surmonter, car il y a de nombreuses personnes heureuses qui étaient autrefois prises dans ses griffes et qui ont, depuis, complètement transformé leur vie…


« Les tentations viennent à tout le monde. La différence entre le pécheur et la personne digne est généralement que l'un a cédé et que l'autre a résisté. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 82-87)


ROMAINS 2

Romains 2:6-13. L'importance des œuvres


Les Églises qui font de la justification par la foi et du salut par la grâce leur principale doctrine, ou bien se trompent sur les enseignements puissants de Paul dans ces versets ou bien les ignorent délibérément. Paul enseigne clairement que les bonnes œuvres sont récompensées et les œuvres mauvaises punies et conclut par ces mots frappants : « Ce ne sont pas… ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. »

ROMAINS 3

Romains 3:1-31. L'homme doit être justifié par la grâce


Puisque, comme le dit Paul, tous les hommes pèchent, aucun homme ne peut être justifié (c'est-à-dire être ramené à des relations normales avec Dieu) par des œuvres seulement. Il doit intervenir un pouvoir qui comble le fossé. Ce pouvoir fut donné par Jésus-Christ. Il vécut la loi de façon parfaite, fut sans péché, et, par conséquent, ne se trouva jamais loin de Dieu. De plus, il se sacrifia pour pouvoir payer avec sa sainteté la dette du péché pour tous les hommes qui viendraient à lui. Sa grâce devient la source de leur justification devant Dieu.


« Il y a une différence entre le Seigneur Jésus-Christ et le reste de l'humanité. Nous n'avons pas la vie en nous car aucun pouvoir ne nous a été donné pour déposer notre vie et la reprendre. C'est quelque chose qui est au-dessus de notre pouvoir et ainsi, comme nous sommes sujets à la mort et pécheurs – car, tous, dans une certaine mesure, nous sommes transgresseurs de ]a loi, si bons que nous ayons pu essayer d'être – nous n'avons pas la capacité en nous-mêmes et par nous-mêmes de recevoir la rédemption de nos péchés par nos propres actes, quels qu'ils soient.


« C'est cela, la grâce dont Paul nous parle. C'est donc par la grâce de Jésus-Christ que nous sommes sauvés. Et s'il n'était pas venu dans le monde déposer sa vie pour pouvoir la reprendre ou, comme il l'a dit par ailleurs, pour nous donner la vie pour que nous puissions l'avoir plus abondamment, nous serions encore soumis à la mort et nous serions encore dans nos péchés…


« Ainsi, il est facile de comprendre que nous devons accepter la mission de Jésus-Christ. Nous devons croire que c'est par sa grâce que nous sommes sauvés, qu'il a accompli pour nous cette œuvre que nous ne pouvions pas accomplir nous-mêmes et qu'il a fait pour nous ces choses qui étaient essentielles pour notre salut et qui étaient au-delà de notre pouvoir ; et il est nécessaire aussi – et nous en avons le commandement – que nous accomplissions les œuvres qui sont requises de nous telles qu'elles nous sont données dans les commandements connus sous le nom d'Évangile de Jésus-Christ. » (Smith, Doctrines of Salvation, 2:309-311)

ROMAINS 4

Romains 4:4. La vie éternelle : un don ou un salaire ?


Ce que veut dire Paul ici, c'est que si un homme était justifié par les œuvres de la loi, il aurait raison de se glorifier car la récompense reçue du Père serait un dû pour les services qu'I iI aurait rendus, et non un don de la grâce. Mais bien sûr, ce n'était pas le cas. Aucun homme ne peut gagner le salut par lui-même. Ceci renversa la conception qu'avaient les Juifs que l'on pouvait, en quelque sorte, gagner le plaisir de Dieu et la gloire-éternelle par l'obéissance à la loi. À ce propos, il est intéressant de noter que la terminologie même employée par le Seigneur montre clairement que rien de ce que l'homme aurait pu faire lui-même ne lui aurait fait gagner le royaume céleste. Chaque fois que le Seigneur parle de la façon dont sa gloire et son royaume sont transmis à l'homme il emploie le verbe hériter et le nom don. Il n'est pas dit que ce don est fait inconditionnellement, mais il est clair cependant que c'est un don. Les Doctrine et Alliances illustrent parfaitement bien cet équilibre : « Si tu veux faire le bien, oui, et rester fidèle jusqu'à la fin, tu seras sauvé dans le royaume de Dieu, ce qui est le plus grand de tous les dons de Dieu, car il n'est pas de plus grand don que celui du salut » (D&A 6:13).


Quel prix les hommes doivent-ils payer pour ce précieux don ? Il ne s'agit pas de se conformer aux principes mosaïques, d'accomplir les ordonnances et les rites d'une loi morte, mais de payer le prix de la foi, la foi au Seigneur Jésus-Christ, qui implique d'accomplir jusqu'au bout les œuvres de la justice et qui ne peut pas exister si les hommes ne conforment pas leur vie aux principes de l'Évangile et tant qu'ils ne le font pas. Le salut vient-il donc par les œuvres ? Non, pas les œuvres de la loi mosaïque ni même par les œuvres plus parfaites de l'Évangile lui-même. Le salut vient par l'expiation du Christ, par la rançon qu'il a payée, le sacrifice propitiatoire qu'il a fait. Sans cela, aucune bonne œuvre des hommes ne pourrait les racheter de la mort temporelle (cette rédemption étant la résurrection) ni de la mort spirituelle (cette rédemption étant la vie éternelle). » (McConkie, DNTC, 2:231)


Romains 4:16. Comment les hommes sont-ils justifiés ?


Traduction de Joseph Smith : « Par conséquent, vous êtes justifiés pour ce qui est de la foi et des œuvres par la grâce, afin que la promesse puisse être assurée à toute la postérité ; non pas seulement à ceux qui sont de la loi mais aussi à ceux qui sont de la foi d'Abraham qui est le père de nous tous. »


ROMAINS 5

Romains 5:20. « la loi est intervenue pour que l'offense abonde »


Le mot grec que Paul emploie ici et qui est traduit par « intervenue » signifie littéralement « entrer par le côté de ». En grec classique, on utilisait souvent ce mot à propos des acteurs, dans les théâtres, qui jouaient un rôle secondaire, qui entraient sur la scène depuis les coulisses, jouaient leur rôle et disparaissaient à nouveau. L'emploi d'un tel mot pour décrire la loi de Moïse évoque les mêmes choses que celles que Paul suggéra dans l'épître aux Galates quand il dit de la loi qu'elle était un « pédagogue » (voir note sur Galates 3:24)


ROMAINS 6

Romains 6:1-6. Quel est le symbolisme du baptême ?


« Le baptême ne peut pas être administré autrement que par immersion totale du corps dans l'eau pour les raisons suivantes :


1. Il est à la similitude de la mort, de l'ensevelissement et de la résurrection de Jésus-Christ et de tous ceux qui ont reçu la résurrection.


2. Le baptême est aussi une naissance et il est accompli à la similitude de la naissance d'un enfant au monde.


3. Le baptême n'est pas seulement une figure de la résurrection, mais aussi une transformation littérale, une résurrection d'une vie à une autre. » (Smith, Doctrines of Salvation, 2:323-324)


ROMAINS 7

Romains 7:1-6. La loi de Moïse est semblable à un époux décédé


« Paul avait un art consommé pour trouver des illustrations qui faisaient passer ses enseignements de l'Évangile. Il compare ici la soumission d'Israël à la loi de Moïse à celle d'une épouse à son mari. Tant que son mari vit, la femme est liée à lui ; elle doit obéir à ses lois et si elle va avec un autre, elle est adultère. Mais quand le mari meurt, il ne peut plus diriger les actions de sa femme et elle est libre d'en épouser un autre.


« Il en est de même pour Israël et la loi. Tant que la loi vivait, elle était en vigueur : Israël se trouvait donc marié à elle et devait obéir à ses articles. S'il cherchait d'autres dieux ou suivait d'autres religions, il était comme adultère. Mais maintenant, la loi est accomplie ; elle ne vit plus ; accomplie par le Christ, elle est morte, et Israël est marié à une autre loi, celle du Christ, à laquelle il doit maintenant obéir.


« D'ailleurs, chaque fois que la Prêtrise de Melchisédek (qui 'administre l'Évangile', D&A84:19) se trouvait dans l'ancien Israël, la loi de Moïse était morte et les hommes étaient vivants en Christ. C'est pourquoi nous voyons Néphi dire, six cents ans avant le Christ : 'Et malgré que nous croyons au Christ, nous gardons la loi de Moïse, et nous demeurons fermes dans l'attente du Christ, jusqu'à ce que la loi soit accomplie. Car c'est à cette fin que la loi a été donnée ; c'est pourquoi la loi est devenue chose morte pour nous, et nous sommes rendus vivants dans le Christ à cause de notre foi. Cependant, nous gardons la loi à cause des commandements' (2 Néphi 25:24-25). » (McConkie, DNTC, 2:253-54)

ROMAINS 8

Romains 8:4-6. Le sens du mot « chair »


Ce passage, comme certains autres a suscité l'idée que Paul considérait le corps physique comme une chose mauvaise en soi. Et c'est bien malheureux, parce qu'une lecture attentive des termes employés par Paul mène à une toute autre conclusion.


Quand on examine attentivement l'utilisation que fait Paul du terme « chair », on voit très bien qu'il ne la considère pas comme une chose mauvaise. Peut-être le verset 13 de Galates 5 est-il celui qui permet le mieux de comprendre la conception que Paul a de la chair. Il emploie un terme grec intéressant pour la représenter : le mot aphormay. En grec classique, c'était un mot du vocabulaire militaire utilisé pour décrire le point à partir duquel l'attaque était lancée sur l'ennemi. Il faudrait donc le traduire littéralement par tête de pont ou base d'opérations. C'est une métaphore appropriée car bien souvent, les besoins de notre corps deviennent la base vulnérable d'opérations. Combien d'âmes ont été gagnées par l'adversaire quand elles se sont rendues aux appétits du corps ? Combien de vies éternelles ont été perdues parce qu'elles n'étaient pas dominées par 'l'affection de l'esprit' mais par 'l'affection de la chair' ?


Romains 8:17. « Nous serons… co-héritiers de Christ »


« Dans l'important discours doctrinal connu soul le nom de 'discours sur King Follet', le prophète Joseph Smith, à propos de ceux qui seront héritiers de Dieu et co-héritiers avec Jésus-Christ, dit que ce co-héritage était l'héritage pour un individu du même pouvoir, de la même gloire et de la même exaltation, jusqu'à ce qu'il arrive à l'état de Dieu et s'élève au trône du pouvoir éternel, partageant les récompenses avec tous ceux qui l'ont précédé. Un co-héritier hérite légalement de tous les biens et les partage de façon égale avec tous les autres héritiers. Rien n'est exclu ni aucune valeur réajustée entre les co-héritiers participants…


« Si nous sommes conduits par l'Esprit de Dieu dans notre vie, nous avons la promesse d'être héritiers de lui et co-héritiers avec le Christ, notre Seigneur, dans le grand royaume de Dieu et sa gloire. Nous 'souffrons avec le Christ' quand nous sacrifions les choses du monde et que nous obéissons complètement à chaque vérité, chaque principe, chaque ordonnance du plan de l'Évangile. Tout ce que nous donnons par une dîme honnête et les autres contributions ainsi que notre participation généreuse et le service rendu à nos frères pour édifier le royaume de Dieu sur la terre augmentent le capital de bonheur et de joie dont nous hériterons avec le Christ, le Seigneur. » (Delbert L. Stapley, CR, avril 1961, p. 66)


Romains 8:29-30. « Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés »


Le dictionnaire définit la prédestination comme la doctrine selon laquelle Dieu aurait décrété d'avance quels seraient notre état, notre condition, nos actions dans la vie. Il n'y a dans cette doctrine aucune place pour le libre arbitre. Les saints des derniers jours sont parfois troublés de voir Paul utiliser le mot prédestination dans son épître. Trois facteurs nous aident à comprendre ce qu'a voulu dire Paul.


D'abord, il n'y a rien dans le sens du mot grec original qui a été traduit par « prédestiné » qui implique la perte du libre arbitre. C'est un mot composé formé du préfixe pro, signifiant « avant » et du verbe horidzo signifiant « définir ». Le verbe lui-même était dérivé de horos, une limite (notre mot horizon vient de ce verbe). Littéralement, le mot signifie « déterminer ou décider à l'avance ». Quelques traductions modernes de la Bible utilisent préordonner pour prohoridzo.

« Ce à quoi Paul pensait ne peut pas être très clairement exprimé dans la traduction qui nous est parvenue. Qu'il ait enseigné que certains hommes sont destinés à être damnés est à rejeter ; de même le fait que certains seraient prédestinés à être sauvés sans une mise à l'épreuve de leur foi. Ceux qui se rebellèrent et rejetèrent la vérité furent précipités avec Lucifer à cause du grand don du libre arbitre.

« Nous avons de bonnes raisons de croire que tous ceux qui eurent le droit de venir dans ce monde mortel y vinrent parce qu'ils s'étaient qualifiés dans l'existence prémortelle. Il est abusif de de penser que Paul puisse enseigner qu'au commencement, avant que la terre soit formée, certaines âmes aient été destinées à venir sur la terre, à y recevoir un corps mortel pour que les unes soient ensuite destinées à la perdition et les autres au salut. Une telle doctrine est contraire à tout ce qui a été révélé. » (
Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 4:153)


ROMAINS 9

Romains 9:13. Le Seigneur haïssait-il Ésaü ?


Les noms d'Ésaü et de Jacob représentent les nations qui furent issues de ces deux frères, c'est-à-dire Édom et Israël, mais il semble encore étrange que Dieu ait choisi d'en haïr un et d'aimer l'autre. Mais alors que le mot grec employé ici signifie « haïr » dans le même sens que nous l'employons, Paul cite une expression tirée de Malachie 1:3. Et en hébreu, le verbe traduit par « haïr » contient de nombreuses nuances de sens, par exemple le fait de rejeter ou d'éprouver un vif déplaisir ou, très communément, le fait d' « aimer moins que ». Le point important de l'exposé de Paul, c'est que Jacob fut accepté et Ésaü rejeté sur la base de la justice de leur vie personnelle et non sur un quelconque jugement arbitraire.


« Dieu choisit Jacob de préférence à Ésaü pendant qu'ils étaient encore tous deux dans le sein de Rébecca et avant que l'un ou l'autre, par les œuvres de leur vie, ait mérité une préférence. Pourquoi ? C'est une pure question d'existence prémortelle. Jacob arrivait dans le monde avec une plus grande capacité spirituelle qu'Ésaü ; il avait été préordonné à une œuvre spécifique ; il fut choisi pour servir dans un domaine spécifique. » (McConkie, DNTC, 2:277)

ROMAINS 10

Romains 10:9-10. Peut-on être sauvé simplement en confessant Jésus ?


Ces deux versets ont très souvent été cités par ceux qui croient que le salut vient par la grâce seulement et qu'il ne dépend en aucune façon des bonnes œuvres de l'homme. Certains groupes vont même jusqu'à dire que si un homme confesse Jésus avant de mourir subitement, il sera sauvé dans le royaume de Dieu, même s'il a mené une vie mauvaise jusqu'à ce moment-là. Non seulement cette idée est contraire à tout l'ensemble des enseignements de Paul (certains dans l'épître aux Romains elle-même, comme Romains 2:5-13 ; 6:13, 16 et la la totalité des chapitres 12 à 14), mais encore c'est une grossière erreur de compréhension de ce que Paul dit en réalité.


Le passage en question se trouve dans la partie où Paul parle du rejet de l'Évangile par Israël. Il commence par faire remarquer que, tandis que les Juifs ont du zèle pour Dieu (c'est-à-dire qu'ils essaient de toutes leurs forces d'obéir à ses commandements), ils ont manqué un point essentiel de l'Évangile en essayant de ne compter que sur leur propre justice. Paul cite alors assez librement l'Ancien Testament pour montrer qu'aucun homme ne pourrait accomplir ce que fit le Christ en descendant du ciel et en ressortant du grand gouffre de la mort, quels que puissent être ses efforts. Ce que les hommes doivent faire pour avoir droit aux bénédictions du Christ, c'est confesser leur Seigneur ouvertement devant le monde. Et ils ne peuvent le faire qu'en « croyant du coeur » (verset 10).

Le coeur (en grec Kardia) était considéré comme le siège du moi le plus intime de l'homme. « Croire du coeur » implique beaucoup plus qu'une acceptation intellectuelle. Cela implique l'engagement, la conduite correspondant à cet engagement et un changement intérieur. Il est évident que si quelqu'un croit vraiment en quelque chose, il aura dans la vie une conduite en rapport avec ce qu'il croit. Le confesser de la bouche ne suffit pas.


Romains 10:14-15. Accepter le Christ nécessite que l'on accepte ses prophètes


« Il n'est pas possible, à mon sens, que les gens, dans le monde, acceptent le Christ et parviennent au salut sans accepter en même temps les prophètes que le Christ a envoyés et sans recevoir de leurs mains l'administration des saintes ordonnances.


« Le Christ et ses prophètes font un. Nous ne pourrions pas croire au Christ s'il n'y avait pas de prophètes pour nous proclamer le Christ et ses vérités salvatrices. L'apôtre Paul a fait le raisonnement suivant à ce sujet : 'comment croiront-ils en Celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ?' (Romains 10:14-15).


« Sans le Christ, il n'y aurait pas de salut. Sans les prophètes de Dieu, envoyés aux divers âges de l'histoire de la terre, le témoignage du Christ ne serait pas rendu, le message du salut ne serait pas enseigné et il n'y aurait pas d'administrateurs légaux pour accomplir les ordonnances salvatrices pour les hommes, c'est-à-dire pour les accomplir de sorte qu'elles soient valables sur la terre et scellées éternellement dans les cieux.


« C'est pourquoi le Seigneur a envoyé des prophètes. Personne ne peut supposer qu'il pourrait croire en Christ et refuser d'accepter Pierre, Jacques et Jean. Le Seigneur et ses prophètes marchent ensemble. Le Christ a dit : 'Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron' ; puis il a dit à ses apôtres : 'Vous êtes les sarments' (Jean 15:1, 5). Les sarments et le cep sont liés. Il a enseigné aussi que si les sarments étaient coupés du cep, ils dessècheraient et mourraient, et seraient jetés au feu. Si les gens veulent cueillir sur les sarments du fruit de la vie éternelle, ils doivent accepter les prophètes, car les sarments, ce sont les prophètes. » (Bruce R. McConkie, CR, octobre 1951, p. 147)


Romains 10:17. Comment la foi vient-elle ?


« La foi vient en entendant la parole de Dieu, par le témoignage des serviteurs de Dieu ; ce témoignage est toujours inspiré par l'Esprit de prophétie et de révélation. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 203)


ROMAINS 11

Romains 11:13. « Je glorifie mon ministère »


« Parfois nous entendons des frères dire 'magnifier la prêtrise'. Bien que beaucoup d'entre nous nous servions de cette expression erronée, en fait, ce n'est pas la prêtrise que nous magnifions ; ce sont les offices et les appels dans la prêtrise. On ne peut pas l'augmenter parce qu'il n'y a pas d'autorité ni de pouvoir plus grand dans l'univers.

« Magnifier quelque chose c'est l'intensifier, lui donner plus d'importance, l'augmenter, faire qu'on le respecte et qu'on l'estime davantage.


« Le président Joseph F. Smith a dit : 'Il n'y a pas d'office issu de cette prêtrise qui soit ou qui puisse être plus grand que la prêtrise elle-même. C'est de la prêtrise que l'office tient son autorité et son pouvoir. Aucun office ne donne d'autorité à la prêtrise. Aucun office ne donne de pouvoir supplémentaire à la prêtrise. Mais tous les offices dans l'Église tiennent leur pouvoir, leur vertu, leur autorité de la prêtrise' (Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, Salt Lake City, Deseret Book Co., 1939, p. 148). L'apôtre Paul a déclaré : 'En tant que je suis apôtre des païens, je glorifie mon ministère' (Romains 11:13). Et Jacob, instruisant le peuple de Néphi déclare : 'Moi, Jacob, à cause de la responsabilité que j'ai vis-à-vis de Dieu de magnifier mon office avec modération… Vous savez vous-mêmes que, jusqu'à présent, j'ai été diligent à remplir l'office auquel j'ai été appelé. Mais je suis aujourd'hui accablé d'une anxiété et d'un désir beaucoup plus grands pour le bien-être de votre âme, que je ne l'ai été jusqu'à présent' (Jatob 2:2-3). Il n'y a aucun appel ni aucun office qui soit plus élevé que la prêtrise. Le président John Taylor a noté : 'L'honneur vient du travail accompli et non de l'office… par une personne qui magnifie son office et son appel' (John Taylor, Gospel Kingdom, comp. G. Homer Durham, Salt Lake City, Deseret Book Co., 1944, p. 133). (Delbert L. Stapley, CR, août 1972, p. 641)


Romains 11:17-24. Le greffage des branches d'olivier sauvage


Certains spécialistes de la Bible ont eu vite fait de faire remarquer que Paul avait fait une erreur évidente ici en se servant d'un symbole tiré de la culture des oliviers pour faire sa démonstration. Certes, le greffage de branches d'un olivier à un autre pour changer la nature de l'arbre était communément pratiquée, mais toujours en sens inverse de celui qui est mentionné par Paul. C'est-à-dire qu'une bonne branche d'un olivier cultivé pouvait être greffée sur un olivier sauvage pour en faire un olivier cultivé. Si le procédé est inversé, les résultats aussi. L'arbre devient ce que sont les branches qui lui ont été greffées et non l'inverse comme dans la petite allégorie de Paul. Par conséquent, ces spécialistes concluent que Paul était ignorant de la culture des oliviers et qu'il a fait une erreur évidente dans son symbole.


Mais il est difficile de croire qu'un homme aussi instruit et qui avait autant voyagé que Paul ne connaissait pas les principes de base de la culture des oliviers que beaucoup de gens connaissaient bien à l'époque. La meilleure explication, c'est que, par le paradoxe même de ce symbole, il enseigne une doctrine profonde et importante. D'une part, la conversion des Gentils (la transformation d'oliviers sauvages en oliviers cultivés) était contraire à ce qu'attendait Israël et ce n'était pas ce à quoi on pouvait s'attendre naturellement. D'autre part, le symbole de Paul montre clairement que la source de la nourriture est encore l'alliance que Dieu a faite avec Abraham (les racines de l'arbre). Le pouvoir vient de l'alliance avec Abraham, et non des Gentils. Renverser ce symbole serait contraire à la vérité. Les Gentils n'étaient pas la racine de l'arbre ; ils n'en sont que les branches. Le troisième point de l'argumentation de Paul, c'est qu'il indique clairement lui-même qu'il savait que ce qu'il disait était contraire à la nature. Cela veut donc dire que c'est à dessein qu'il a choisi ce symbole paradoxal pour enseigner aux Gentils leur véritable rapport avec le peuple de l'alliance. Paul a pu s'appuyer sur les écrits d'un ancien prophète, Zénos, qui parla d'une façon semblable (voir Jacob 5, 6, dans le Livre de Mormon).


Romains 11:25. « La totalité des païens »


« Pendant les près de deux mille ans qui se sont écoulés entre Abraham et le Christ, les statuts et les jugements de Dieu furent réservés presque exclusivement à la postérité d'Abraham et à la maison d'Israël. Pendant le ministère mortel de notre Seigneur, le message fut limité à Israël, aux Juifs, et il n'était pas alors offert aux Gentils. Après la résurrection de Jésus, Pierre ouvrit la porte à la prédication de l'Évangile aux Gentils. Paul, qui était apôtre, devint leur principal avocat et instructeur. Ainsi, il y eut une période ou un temps fixé pendant lequel les Juifs devaient entendre la parole, puis un temps où les Gentils devaient avoir la préférence. Le temps des Gentils est la période pendant laquelle l'Évangile leur est dispensé, à eux de préférence, et il se prolongera jusqu'à ce qu'ils aient eu la possibilité complète d'accepter la vérité, jusqu'à ce que 'la totalité des païens' l'ait entendue. Puis le message ira à nouveau aux Juifs, c'est-à-dire aux Juifs en tant que nation et entant que peuple. » (McConkie, DNTC, 2:290)


ROMAINS 12


Romains 12 à 16. Paul invite ses correspondants à devenir des vrai saints et de vrais disciples de Jésus-Christ.


Les cinq derniers chapitres de Romains contiennent des dizaines d’instructions précises sur la façon dont les saints doivent vivre.


Romains 12:1. « être un sacrifice vivant »


« Paul ici fait allusion au fait que les anciens sacrifices, ceux qui entraînent la mort, sont abolis, qu'ils ont été remplacés par un nouvel ordre, les sacrifices vivants. Comme presque toute doctrine, celle-ci est enseignée plus clairement et plus parfaitement dans le Livre de Mormon que dans la Bible. Après sa résurrection, le Seigneur Jésus a dit aux Néphites : 'Et vous ne m'offrirez plus l'effusion du sang ; oui, vos sacrifices et vos holocaustes seront supprimés, car je n'accepterai aucun de vos sacrifices et aucun de vos holocaustes. Et vous m'offrirez en sacrifice un coeur brisé et un esprit contrit. Et quiconque vient à moi le coeur brisé et l'esprit contrit, je le baptiserai de feu et du Saint-Esprit' (3 Néphi 9:19-20). Ainsi, offrir notre corps comme un sacrifice vivant, c'est se présenter par l'obéissance avec un coeur brisé et un esprit contrit. » (McConkie, DNTC, 2:292)


ROMAINS 13


Voir commentaire de Romains 12 à 16.


Romains 13:1-7. Qui sont les autorités supérieures ?


Traduction de Joseph Smith :


« Que toute âme soit soumise aux autorités supérieures. Car il n'y a pas de pouvoir dans l'Église autre que celui de Dieu ; les autorités qui existent sont ordonnées par Dieu. »


« Mais d'abord, rendez à tous ce qui leur est dû en ce qui concerne l'impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, l'impôt à qui vous devez l'impôt afin que vos offrandes puissent être faites dans la crainte de celui à qui appartient la crainte et en l'honneur de celui à qui appartient l'honneur. »


« Pour obtenir le salut, les saints doivent être soumis aux ministres de Dieu. La doctrine et les ordonnances de l'Évangile ne peuvent pas être séparées de ceux qui sont appelés pour enseigner l'Évangile du Christ et en accomplir les ordonnances. Ceux qui acceptent l'Évangile montrent qu'ils l'acceptent en se soumettant à la volonté et à l'autorité du Christ. Pour cela, ils viennent à ceux qui détiennent l'autorité légale pour enseigner la doctrine du Christ et accomplir les ordonnances du salut en son nom et par son autorité. » (McConkie, DNTC, 2:296)


ROMAINS 14


Voir commentaire de Romains 12 à 16.


Romains 14:23. « Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché »


« Cette loi s'applique aux saints, à ceux qui ont la lumière, qui savent que le salut est en Christ, à ceux qui se trouvent sous l'alliance pour garder les commandements. Elle n'est pas applicable au monde en général, car le péché n'est pas impureté quand il n'y a pas de loi. Ainsi, les saints sont coupables de péché quand ils déchoient des principes élevés qu'ils sont dans l'obligation d'atteindre. » (McConkie, DNTC, 2:302)


ROMAINS 15


Voir commentaire de Romains 12 à 16.


Romains 15:24, 28. Paul alla-t-il en Espagne ?


Les Actes se terminent par le premier emprisonnement de Paul et là se termine le récit officiel de la partie connue de la vie de Paul. À partir de ce moment-là les spécialistes ne sont pas sûrs, mais de nombreux détails tendent à prouver que Paul fut finalement acquitté et libéré et, pendant ce temps, il aurait naturellement continué son œuvre missionnaire. Comme il avait exprimé son intention d'aller en Espagne, beaucoup ont supposé qu'il y était arrivé avant d'être arrêté à nouveau et mis à mort lors d'une vague de persécutions contre les chrétiens. Clément de Rome (vers 100) déclare que Paul était allé « jusqu'aux extrémités de l'occident » ce qui semblerait vouloir dire l'Espagne. D'autres pères chrétiens de l'Église primitive ont dit aussi qu'il avait travaillé en Espagne. Il se peut donc que les intentions de PauI d'aller en Espagne se soient finalement réalisées.


ROMAINS 16

Voir commentaire de Romains 12 à 16.


Romains 16:17-18. Mise en garde


Paul met en garde contre les personnes qui causent des divisions, enseignent des doctrines fausses et cherchent à tromper les autres.


 

1 CORINTHIENS

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1 CORINTHIENS 1

1 Corinthiens 1:14. Qui était Crispus ?


Quand le nombre de fidèles le permettait, la synagogue juive était présidée par un collège d'anciens (voir Luc 7:3) qui lui-même se trouvait sous l'autorité de celui qu'on appelait le « chef de la synagogue » (Luc 8:41 ; 13:14). Crispus était l'un de ces personnages. Il avait la charge de la synagogue de Corinthe au moment où Paul administra l'Évangile dans cette ville. Il fut converti par la parole de Paul et baptisé peu de temps après avec sa famille par le grand apôtre des Gentils. Paul en parle précisément comme étant l'une des rares personnes qu'il baptisa à Corinthe.


1 Corinthiens 1:17. Pourquoi Paul dit-il que le Seigneur ne l'a pas envoyé pour baptiser ?


Certains se sont servis de cette Écriture pour étayer la théorie selon laquelle Paul ne voyait aucune importance réelle au baptême lui-même et ne le considérait pas comme essentiel aux yeux de Dieu. Dire cela, c'est ne pas vouloir tenir compte des nombreux autres passages dans lesquels Paul parle de cette ordonnance d'une façon qui montre que non seulement il l'approuve, mais encore que c'est une nécessité absolue pour tous ceux qui veulent avoir un lien valable avec le Christ (voir Romains 6:3-4 ; Éphésiens 4-5 ; Galates 3:27 ; Colossiens 2:12).


Paul a dit cela dans un certain contexte : il réprimande les saints de Corinthe parce qu'ils ont tendance à créer des divisions et des querelles même avec les plus petites choses. Il leur demande de cesser et d'être « parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment » (1 Corinthiens 1:10). Le mot grec « schismata » employé pour « divisions » est très significatif des véritables sentiments de Paul : on dirait que le grand apôtre a si honte d'un tel esprit de factions qu'il refuse d'y être identifié. L'efficacité d'un représentant de Jésus-Christ se voit non pas au nombre de gens qu'il baptise, mais à la façon dont il répand la parole de Dieu de sorte que tous ceux qui veulent entendre et obéir puissent le faire.


1 Corinthiens 1:23. Pourquoi la crucifixion était-elle un « scandale » pour les Juifs ?


Le mot « scandale » vient du grec skandalon et signifie « obstacle », « pierre d'achoppement ». C'est une métaphore que Paul utilise et qui était commune aux Grecs et aux Hébreux. Le skandalon était la partie non fixe d'un piège qui servait de détente lorsque quelqu'un heurtait le piège avec le pied et qui faisait que la personne était prise dans le piège. Il est souvent utilisé dans le Nouveau Testament comme symbole du Christ parce que son apparition et son bref séjour parmi les hommes fut différent de ce que les Juifs attendaient. Ils attendaient un roi de gloire puissant qui, d'un seul coup miraculeux rejetterait le joug détesté de Rome et établirait un royaume messianique dans lequel les Juifs fidèles règneraient suprêmement. Pour la plupart des Juifs, Jésus fut cloué sur une croix comme des centaines d'autres l'avaient été. Ce fut le bâton qui les fit trébucher et tomber dans le piège. Le prophète Jacob, dans le Livre de Mormon, dit aussi que les Juifs avaient « trébuché » (Jacob 4:14-15).


1 Corinthiens 1:26-31. « Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes »


« Question : Qui est le mieux qualifié pour prêcher l'Évangile : un président de collège de cinquante ans, renommé dans le monde entier et possédant de nombreux diplômes universitaires ou un bachelier de dix-neuf ans qui n'a encore aucune formation universitaire ?


« Réponse : Celui qui a un témoignage de l'Évangile et qui, par la vie qu'il mène, est digne d'être guidé par le Saint-Esprit et de l'avoir pour compagnon.


« Question : Comment se peut-il que les choses faibles du monde puissent confondre les fortes ?


« Réponse : La vraie religion n'est pas une question de capacités intellectuelles, de renom ou de distinction comme le monde l'entend, mais une question de spiritualité. Et, dans le domaine spirituel, les choses faibles sont fortes.


« Question : Comment se fait-il que des personnes faibles et peu expérimentées aient une puissance et une compréhension spirituelles qui est souvent refusée aux érudits et aux sages du monde ?


« Réponse : C'est dans une grande mesure une question de préparation dans l'existence prémortelle. Certaines personnes ont acquis dans la vie prémortelle les talents de reconnaître la vérité, de comprendre les choses spirituelles, de recevoir la révélation de l'Esprit. D'autres ne les ont pas acquis. Ceux qui sont spirituellement dotés ont été préordonnés et envoyés sur la terre pour servir dans le ministère de Dieu sous sa direction. » (McConkie, DNTC, 2:316-317)


1 Corinthiens 1:28. Pourquoi Dieu choisit-il « les choses viles de ce monde » pour accomplir son œuvre ?


Voici un exemple de la façon dont le sens des mots évolue au cours des siècles pour devenir presque le contraire du mot d'origine. La vieille acception du mot vil est « de la plus basse condition », opposé à « noble » tandis qu'aujourd'hui il signifie « ignoble, méprisable ».


1 CORINTHIENS 2

1 Corinthiens 2:1-8. « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse »


« Il n'y eut autrefois, il n'y a maintenant et il n'y aura de toute éternité qu'une seule façon qui soit la bonne de prêcher l'Évangile : prêcher par le pouvoir de l'Esprit. Tout ce qui est moins que cela n'est pas de Dieu et n'a aucun pouvoir pour convertir ni sauver. Toute l'érudition religieuse de tous les professeurs de religion de tous les âges n'est rien à côté du témoignage né de l'Esprit d'un administrateur légal…


« S'il est une vérité pour le salut que Dieu a montrée clairement et de façon impérissable, c'est que, de tout temps, à toutes les époques, maintenant et à jamais, parmi les gens instruits et les ignorant de toutes les races et de tous les peuples et, pour cela, dans tous les mondes infinis du Grand Créateur, il n'y a qu'une formule et une seulement pour communiquer la vérité salvatrice aux hommes : prêcher par le pouvoir de l'Esprit. » (McConkie, DNTC, 2:318)


1 CORINTHIENS 3



1 CORINTHIENS 4

1 Corinthiens 4:16. « Soyez mes imitateurs »

Pour certains, ce conseil de Paul peut sembler plein d'orgueil et de suffisance, mais il n'en est rien. Étant donné que le Nouveau Testament n'était pas encore écrit et l'idéal chrétien encore imparfaitement compris, les Corinthiens avaient besoin d'un modèle de vie. Paul ne voulait pas de disciples à lui, pour sa gloire personnelle. Ce qu'il voulait dire simplement, c'était : Imitez-moi, puisque j'imite le Christ. »

1 CORINTHIENS 5

1 Corinthiens 5:1, 11. Dans quel sens le mot « impudicité » est-il employé ?


Le mot que Paul a utilisé est porneia (dont dérive notre mot « pornographie ») qui signifiait toute relation sexuelle en dehors du mariage. Il serait peut-être bon de signaler ici que Corinthe était réputée dans tout le monde antique pour son immoralité. Elle était située à proximité de deux ports importants et soumise par conséquent à tous les vices et les maux qui se trouvent dans les grands centres d'affaires et de commerce. De plus, Corinthe était l'emplacement du célèbre temple d'Aphrodite (Vénus), la déesse de l'amour dans lequel se trouvaient un millier de « prêtresses » qui n'étaient en réalité rien d'autre que des prostituées glorifiées sous le manteau du culte religieux. Telle était autrefois la réputation de Corinthe que « vivre à la Corinthienne » signifiait mener une vie de débauche sans retenue, et sur la scène, les Corinthiens étaient en général représentés en ivrognes. Il n'est donc pas surprenant que dans ce chapitre et celui qui suit, Paul condamne sévèrement l'immoralité et les désirs de la chair.


« Apparemment, un membre de l'Église de Corinthe avait épousé sa belle-mère, soit qu'elle était veuve, soit qu'elle était séparée de son premier mari. Ces mariages étaient interdits par la loi mosaïque sous peine d'excommunication (Lévitique 18:6-8, 29). Paul reprend l'interdiction mosaïque, dit que de telles unions sont des impudicités, condamne les frères corinthiens qui ferment les yeux sur ce péché et prononce l'excommunication du coupable. Paul tenait ce raisonnement que si l'on gardait le pécheur dans l'Église, son influence, comme du levain, se répandrait dans toute l'Église. Celle-ci doit donc se débarrasser du vieux levain de la méchanceté pour le remplacer par une influence nouvelle, le levain de justice. » (McConkie, DNTC, 2:335)


1 CORINTHIENS 6

1 Corinthiens 6:2-3. Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ?


« L'homme qui réussit cette épreuve, qui est fidèle, qui est racheté du péché par le sang du Christ grâce aux ordonnances de l'Évangile et qui atteint l'exaltation dans le royaume de Dieu est au-dessus des anges ; si vous en doutez, lisez votre Bible, car il y est écrit que les saints 'jugeront les anges' et aussi qu'ils 'jugeront le monde'. Et pourquoi ? Parce que l'homme juste ressuscité a progressé au-delà des esprits préexistants ou désincarnés et s'est élevé au-dessus d'eux, ayant, comme le Christ, corps et esprit, ayant gagné la victoire sur la mort et le tombeau et ayant du pouvoir sur le péché et sur Satan ; il est passé, en fait, de l'état des anges à celui d'un dieu. Il possède des clés de pouvoir, de domination et de gloire que l'ange ne possède pas – et qu'il ne peut pas posséder sans les avoir obtenues de la même façon que l'homme ressuscité les a obtenues : en réussissant les mêmes épreuves et en montrant la même fidélité. » (Smith, Gospel Doctrine, p. 18-19)


1 CORINTHIENS 7

1 Corinthiens 7:7. L'apôtre Paul était-il marié ?


Il est possible que Paul ait été marié autrefois et qu'il était veuf au moment où il écrivit la première épître aux Corinthiens. Son coeur étant entièrement tourné vers l'œuvre missionnaire, il avait pu choisir de ne pas se remarier. C'est pourquoi il aurait conseillé à tous ceux qui se trouvaient dans la même situation : « Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi. »


En dehors du fait que le mariage est un commandement éternel de Dieu, ce que Paul, l'apôtre de Jésus-Christ devait savoir aussi bien que n'importe qui, il y a d'autres raisons impératives pour que la réponse à la question : « Paul était-il marié », soit oui.


En premier lieu, les écrits de Paul indiquent une attitude positive envers le mariage. Certains des meilleurs conseils donnés à ce sujet dans les Écritures nous viennent de Paul (voir Éphésiens 5:21 à 6:4 ; Colossiens 3:8-21). Il serait vraiment présomptueux de la part de Paul de donner de tels conseils si lui-même n'avait pas obéi à la loi de Dieu.


Dans 1 Corinthiens 9:5, Paul dit que les apôtres ont autant le droit de se marier que n'importe qui d'autre : « N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une soeur qui soit notre femme, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? » Mais le mariage est plus qu'un droit ; c'est un devoir solennel. C'est pourquoi Paul écrit dans 1 corinthiens 11:11 : « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. » Il est donc indiscutable qu'il était nécessaire pour tous de se marier si c'était « dans le Seigneur ».


Les Juifs fidèles considéraient le mariage comme une obligation religieuse et une chose d'une extraordinaire importance. C'était la coutume pour les Juifs, hommes et femmes, de se marier très tôt, généralement entre seize et dix-huit ans, mais parfois dès quatorze ans. Paul, pharisien strict (voir Actes 26:5), fut instruit « dans la connaissance exacte de la loi » de ses pères et était « plein de zèle pour Dieu » (Actes 22:3) comme les Juifs fidèles devaient l'être. Par conséquent, « il semble n'y avoir aucune bonne raison… pour que Paul, pharisien bien instruit et zélé, ait manqué d'honorer une obligation si sacrée aux yeux de son peuple » (Sperry, Paul's Life and Letters, p. 9). Quand la liste des 613 préceptes contenus dans la loi de Moïse fut établie, le mariage fut inscrit en numéro un. « Si Paul, pharisien à Jérusalem, a vécu célibataire, son cas était tout à fait exceptionnel. » (Farrar, The Life and Work of St Paul, p. 46)


La plupart des spécialistes s'accordent pour dire que Paul était membre du corps dirigeant, le Sanhédrin, ou bien qu'il y était étroitement associé (voir Actes 8:3 ; 9:1-2 ; 22:5 ; 26:10). Si Paul était vraiment membre du Sanhédrin, il devait avoir satisfait aux conditions particulières requises pour en faire partie, et l'une de ces conditions était le mariage. Si Paul n'en était pas membre, il devait quand même en tant que représentant officiel du corps dirigeant vivre en accord avec toutes les coutumes juives reconnues.


Que répondre à ceux qui soutiennent que Paul était célibataire et enseignait aux autres de l'être aussi ? Le passage cité comme preuve est 1 Corinthiens 7:7-8 où Paul dit : « Je voudrais que tous les hommes soient comme moi… À ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu'il leur est bon de rester comme moi. » Spencer W. Kimball a commenté ainsi ce passage : « Quand on relie ces paroles à d'autres qu'il a prononcées, il est clair qu'il ne parle pas du célibat, mais recommande le mariage pour une vie sexuelle normale et contrôlée et une continence absolue en dehors du mariage. Il n'y a aucune preuve réelle que Paul n'ait jamais été marié, comme le prétendent certains spécialistes, et il y a en fait des indications dans le sens contraire. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 67)


1 Corinthiens 7:9. « Il vaut mieux se marier que de brûler »


Ce qu'a voulu dire Paul n'est pas tout à fait clair. Le mot grec qui est rendu par « brûler » est un infinitif passif pour exprimer l'idée d'être enflammé de passion, de convoitise ou de colère. La Traduction de Joseph Smith est plus explicite : « Mais s'ils manquent de continence, qu'ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de commettre le péché. »


1 Corinthiens 7:14. « le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le frère »


« La sanctification est une récompense personnelle qui suit la justice personnelle. Les bonnes œuvres d'une personne ne peuvent pas être transférées à une autre. Le mari incroyant n'est pas sanctifié par sa femme, ni la femme incroyante par son mari, comme on suppose à tort que Paul l'enseignait (voir 1 Corinthiens 7:14). En réalité, comme nous le savons par la révélation moderne, Paul donnait son opinion sur les conditions sociales de son époque pour contredire l'hérésie selon laquelle les petits enfants sont impies (voir D&A 74). » (Bruce R. McConkie, Mormon Doctrine, p. 475)


1 Corinthiens 7:14. « vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints »


« Or, du temps des apôtres, tous les Juifs qui ne croyaient pas en l’Évangile de Jésus-Christ pratiquaient la loi de la circoncision. Il arriva qu’une grande querelle s’éleva parmi le peuple à propos de la loi de la circoncision, car le mari non croyant désirait que ses enfants fussent circoncis et assujettis à la loi de Moïse, loi qui était accomplie. Et il arriva que les enfants, élevés dans la soumission à la loi de Moïse, prêtaient l’oreille aux traditions de leurs pères et ne croyaient pas en l’Évangile du Christ, en quoi ils devenaient impurs. C’est pour cette raison que l’apôtre écrivit à l’Église, lui donnant un commandement, non du Seigneur, mais de lui-même, interdisant aux croyants de s’unir à des incroyants, sauf si la loi de Moïse était abolie entre eux, afin que leurs enfants restent sans circoncision, et que fût abolie la tradition qui dit que les petits enfants sont impurs, car elle existait parmi les Juifs ; mais les petits enfants sont saints, étant sanctifiés par l’expiation de Jésus-Christ ; et c’est là ce que les Écritures veulent dire. » (D&A 74:2-7)


Paul fait allusion à des mariages dans lesquels seul le mari ou la femme est converti au christianisme. Bien que dans ce contexte, le terme s'applique à des parents juifs qui voulaient continuer à circoncire leurs enfants, le principe des dommages spirituels pour les enfants issus de ces mariages reste vrai dans toutes les générations. Quand un homme ou une femme qui est membre fidèle de l'Église épouse quelqu'un qui n'a pas un témoignage fort de l'Évangile, non seulement le mariage lui-même est mis en danger mais l'éducation spirituelle des enfants sera gravement limitée. Un enfant a besoin du témoignage spirituel et de l'éducation de ses deux parents sans conflit ni schisme.


1 Corinthiens 7:25-40. Ce que Paul pense du mariage à la lumière de la Traduction de Joseph Smith


Il est clair que Paul se débat ici avec des problèmes difficiles que lui posent les saints de Corinthe. Sur certaines choses, il peut répondre avec autorité. Sur d'autres, il prononce un jugement personnel. Les versets 25 à 40 traitent de questions particulières concernant ceux qui accomplissent un service missionnaire ou autre service de prêtrise nécessitant d'être absent du foyer pendant de longues périodes. Voici les modifications qu'apporte la Traduction de Joseph Smith :

« J'estime, par conséquent, qu'il est bon dans la situation actuelle, qu'un homme reste ainsi pour pouvoir faire davantage de bien.


« Mais si tu te maries, tu n'as pas péché ; et si une vierge se marie, elle n'a pas péché. Cependant ces personnes auront des tribulations dans la chair. Car je ne vous épargne pas.


« Mais je vous parle à vous qui êtes appelés au ministère, car je vous dis ceci : Frères, le temps qui reste est court avant que vous soyez appelé au ministère. Même ceux qui ont une femme seront comme s'ils n'en avaient pas. Car vous êtes appelés et choisis pour faire l'œuvre du Seigneur.


« Et il en sera de ceux qui pleurent comme s'ils ne pleuraient pas, de ceux qui se réjouissent comme s'ils ne se réjouissaient pas et de ceux qui achètent comme s'ils ne possédaient pas.


« Et de ceux qui usent de ce monde comme si' ils n'en usaient pas car les façons du monde passent.


« Mais je voudrais que vous magnifiiez votre appel, je voudrais que vous soyez sans inquiétude, car celui qui n'est pas marié se soucie des choses qui appartiennent au Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. C'est pourquoi cela vaut mieux.


« Mais celui qui est marié se soucie des choses qui sont du monde, des moyens de plaire à sa femme. Par conséquent, il y a une différence, puisqu'il a des obligations.


« Mais si un homme pense qu'il ne se conduit pas bien envers la jeune fille avec laquelle il s'est fiancé, si elle dépasse l'âge nubile, et qu'il considère comme nécessaire de l'épouser, qu'il fasse ce qu'il a promis, il ne pèche pas, qu'ils se marient.


« Ainsi, celui qui se donne en mariage fait bien, mais celui qui ne se donne pas en mariage fait mieux. » (JST)


« Il est clair, d'après les corrections et les ajouts de la Traduction de Joseph Smith, qu'il s'agissait du service dans le cadre de l'œuvre missionnaire et que les questions principales semblaient être : les personnes fiancées qui sont appelées en mission, doivent-elles d'abord se marier ou bien partir accomplir la mission du Seigneur pendant qu'elles sont célibataires ? Si elles doivent servir en étant célibataires, celles qui étaient mariées auparavant doivent-elles divorcer avant de servir ?… En général, et Paul précisa qu'il s'agissait de son opinion à lui, le mariage devait être différé. » (McConkie, DNTC, 2:346-347)


1 Corinthiens 7:32. « Je voudrais que vous soyez sans inquiétude »


On trouve une expression similaire dans Philippiens 4:6 où Paul dit : « Ne vous inquiétez de rien ». Paul ne conseille pas l'insouciance. Ce qu'il conseille à ses lecteurs, c'est de rester sereins et de ne pas être anxieux.


1 CORINTHIENS 8

1 Corinthiens 8:5. « Plusieurs dieux et plusieurs seigneurs »


« Paul dit qu'il y a plusieurs dieux et plusieurs seigneurs. Je veux mettre cela en évidence de façon claire et simple. Mais pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu, c'est-à-dire, en ce qui nous concerne, et il est en tout et partout… Vous savez bien, et je porte témoignage, que Paul ne faisait pas allusion aux dieux païens. J'ai reçu cela de Dieu… J'ai le témoignage provenant du Saint-Esprit que Paul ne faisait pas allusion aux dieux païens dans le texte. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 522, 524)

1 CORINTHIENS 9

1 Corinthiens 9:1. Paul fut-il ordonné apôtre, et si oui, par qui ?


Nous manquons complètement de renseignements sur de nombreux détails importants qui, à travers les âges, ne sont pas parvenus jusqu'à nous et nous ignorons quand et où Paul fut ordonné… On peut supposer, sans crainte d'erreur, que Paul eut le temps de se mêler à ses frères, les Douze, et que l'apostolat lui fut conféré par eux sur inspiration divine… Nous n'avons pas de raison de croire que Paul reçut son ordination indépendamment des autres apôtres. » (Joseph Fielding Smith, Answers to Gospel Questions, 4:99-100)

1 Corinthiens 9:22. « Je me suis fait tout à tous »


« Paul dit ici qu'il s'est fait « tout à tous » pour les aider à accepter le message de l'Évangile ; c'est-à-dire qu'il s'est adapté à toutes les situations et toutes les circonstances chez toutes les classes de gens pour arriver à ce qu'ils prêtent attention à ses enseignements et à son témoignage. Puis, de crainte que certains ne supposent que ceci comprenait l'approbation de leurs fausses doctrines et pratiques, ou que cela d'une manière ou d'une autre était un compromis entre l'Évangile et les faux systèmes d'adoration, il se hâta d'ajouter que lui et tous les autres hommes devaient obéir aux lois de l'Évangile pour être sauvés. » (McConkie, DNTC, 2:353)


1 CORINTHIENS 10

1 Corinthiens 10:2. « Ils ont tous été baptisés… dans la nuée et dans la mer »


« [Paul] dit ici que de même qu’Israël, quand il a traversé la mer Rouge, fuyait l’univers profane de l’Égypte, de même ses descendants chrétiens doivent, par le baptême, délaisser les convoitises de la chair et mener une vie de sainteté. » (Bruce R. McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3 vol., 1966-1973, 2:355)


1 Corinthiens 10:24. « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d'autrui »


Paul invite ses lecteurs à des actes de réelle charité chrétienne. La Traduction de Joseph Smith dit : « mais que chacun cherche le bien d'autrui. »


1 Corinthiens 10:25. « Mangez tout ce qui se vend au marché »


On comprend clairement ce que Paul veut dire quand on sait qu'il s'agit du marché de la viande. Très souvent, quand des animaux étaient sacrifiés à des dieux païens, seule une partie de la carcasse était nécessaire. Le reste pouvait être vendu, et c'était souvent le cas, au boucher local pour être revendu aux classes les plus pauvres. Il n'y avait, bien sûr, aucun moyen pour les chrétiens de savoir si la viande proposée à la vente venait d'animaux abattus pour la nourriture ou pour des sacrifices dans les temples.


Certains des convertis de Paul, très désireux d'observer la lettre de la loi, refusaient d'acheter quoi que ce soit sur les marchés de viande locaux. Paul indique que ces scrupules n'avaient pas lieu d'être. Quelqu'un peut respecter la lettre de la loi et en violer cependant l'esprit s'il donne, par son exemple, une occasion de pécher à un frère plus faible (voir 1 Corinthiens 8). D'autre part, quelqu'un qui observe strictement la loi, à la lettre, peut finir par tomber dans l'extrême pharisaïque et oublier le but réel dans lequel la loi a été donnée au départ.


1 CORINTHIENS 11

1 Corinthiens 11:11. « Dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme »


« La maison du Seigneur est une maison d'ordre et non une maison de confusion ; et cela signifie que, dans le Seigneur, l'homme n'est point sans la femme et que, dans le Seigneur, la femme n'est point non plus sans l'homme et qu'aucun homme ne peut être sauvé et exalté dans le royaume de Dieu sans la femme et qu'aucune femme ne peut atteindre seule la perfection et l'exaltation dans le royaume de Dieu. C'est ce que cela signifie.


Dieu institua le mariage dès le commencement. Il fit l'homme à son image et à sa ressemblance, homme et femme, et, dans leur création, il était conçu qu'ils devaient être unis par les liens sacrés du mariage et que l'un ne serait pas parfait sans l'autre. De plus, cela signifie qu'il n'y a pas d'union pour le temps et l'éternité qui puisse être rendue parfaite en dehors de la loi de Dieu et de l'ordre de sa maison. Les hommes peuvent la désirer, en imiter la forme dans cette vie, mais elle n'aura aucun effet si elle n'est pas accomplie et sanctionnée par autorité divine, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » (Smith, Gospel Doctrine, p. 272)


1 CORINTHIENS 12

1 Corinthiens 12:3. « Nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur ! si ce n'est par le Saint-Esprit »


Les hommes peuvent dire des choses sans l'aide du Saint-Esprit, mais ils ne peuvent pas être assurés des vérités éternelles sans l'influence de ce membre de la Divinité. Le prophète Joseph Smith a dit que 1 Corinthiens 12:3 devait être traduit : « Nul ne peut savoir que Jésus est le Seigneur, si ce n'est par le Saint-Esprit. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 312)

1 CORINTHIENS 13

1 Corinthiens 13:1-13. Les enseignements de Paul sur la charité 


Le mot « charité », bien sûr, est utilisé ici dans le sens de « l'amour pur du Christ » (Moroni 7:47) et non dans le sens de donner de l'argent ou de rendre des services à ceux qui sont dans le besoin. Voici quelques explications complémentaires :


Verset 5. Le verbe « soupçonner » serait mieux traduit par « tenir compte de ».


Verset 12. « Nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure ». Pour nous qui sommes habitués aux miroirs d'excellente qualité que nous avons aujourd'hui, l'image de Paul n'est pas claire. « Le fait que l'on voie d'une manière imparfaite vient de ce que les anciens miroirs étaient de métal poli et il fallait constamment les faire briller de sorte qu'en général était toujours attachée au miroir une éponge imprégnée de pierre ponce en poudre. » (Vincent, Word Studies, 2:795-796)

1 CORINTHIENS 14

1 Corinthiens 14:1-22. Est-ce que tous les dons de l'Esprit sont visibles comme le don des langues ?


« Il y a plusieurs dons mentionnés ici, cependant lequel d'entre eux pourrait être reconnu par un observateur lors de l'imposition des mains ? La parole de sagesse et la parole de connaissance, sont autant des dons que les autres, cependant si quelqu'un possède ces deux dons, ou les reçoit par l'imposition des mains, qui le saura ? Un autre peut recevoir le don de la foi, et on l'ignorera tout autant que le premier. Ou bien supposons qu'un homme reçoive le don de guérir ou de faire des miracles, il est impossible de le savoir à ce moment-là, car ce sera plus tard et dans des circonstances particulières que ces dons seront manifestés. Ou bien, s'il possède le don d'interprétation des langues, à moins que quelqu'un ne parle dans une langue inconnue, il devra naturellement garder le silence. Il y a seulement deux dons que l'on peut discerner immédiatement : le don des langues et le don de prophétie…


« Un spectateur ne pourrait même pas reconnaître la présence du plus grand, du meilleur et du plus utile des dons. Il est vrai qu'un homme pourrait prophétiser, ce qui est un grand don, un don que Paul a recommandé à l'Église de rechercher et de désirer, plutôt que de parler en langues ; mais que connaît le monde au sujet du don de prophétie ? Paul dit qu'il ne sert seulement qu'à ceux qui croient. Mais les Écritures ne disent-elles pas qu'ils parlèrent en langues et prophétisèrent ? Oui, mais qui a écrit ces livres et ces épîtres ? Non pas les hommes du monde ni des spectateurs fortuits, mais les apôtres eux-mêmes, des hommes qui savaient discerner un don d'un autre, et qui étaient capables d'écrire à ce sujet. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 342)


1 Corinthiens 14:26-40. Quelles sont les choses que nous devons savoir en ce qui concerne le fait de parler en langues ?


Le diable aussi parle en langues :


« Ne parlez pas en langues (selon le don des langues) sans les comprendre, ou sans en recevoir l'interprétation. Le diable peut parler en langues. L'adversaire vient avec son œuvre. Il peut tenter toutes les classes de gens ; il peut parler anglais ou néerlandais. Que personne ne parle en langues sans interprète, si ce n'est avec le consentement de celui qui préside, lequel peut discerner ou interpréter ; un autre peut aussi le faire. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 221)


Il y a un but précis au don des langues


« Le don des langues par le pouvoir du Saint-Esprit se trouve dans l'Église, pour le profit des serviteurs de Dieu afin qu'ils prêchent aux incroyants, comme au jour de Pentecôte. Lorsque des hommes dévots de chaque nation s'assemblent pour écouter les choses de Dieu, que les anciens leur prêchent dans leur propre langue maternelle, que ce soit en allemand, en français en espagnol ou en irlandais, ou quoi que ce soit, et que ceux qui comprennent la langue parlée, interprètent dans leur propre langue maternelle ; c'est là ce que l'apôtre veut dire dans 1 Corinthiens 14:27. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 270)


Mises en garde à propos du don des langues


« N'éprouvez pas autant de curiosité au sujet du don des langues ; ne parlez pas en langues excepté lorsqu'il y a un interprète présent. Le véritable but du don des langues est de parler aux étrangers, et si certaines personnes sont tellement désireuses de faire étalage de leur intelligence, qu'elles parlent dans leur propre langue. Les dons de Dieu sont utiles lorsqu'ils sont employés à bon escient, mais lorsqu'ils sont appliqués contrairement aux desseins du Seigneur, ils deviennent un danger, un piège et une malédiction au lieu d'une bénédiction. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 345)

« Si vous avez quelque chose à révéler, que ce soit dans votre propre langue. Ne vous livrez pas trop à l'exercice du don des langues, sinon le diable prendra avantage de ceux qui sont innocents ou qui ne sont pas sur leurs gardes. Vous pouvez parler en langues pour votre propre réconfort, mais je pose cette règle, que si quoi que ce soit est enseigné par le don des langues, cela ne sera pas accepté comme doctrine. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 320)


1 Corinthiens 14:34-35. Les femmes doivent-elles garder le silence à l'Église ?


Dans la Traduction de Joseph Smith, le mot « parler » a été remplacé par le mot « diriger ».


« Les femmes ont-elles le droit de parler à l'Église ? Oui, pour enseigner, conseiller, rendre témoignage, exhorter et autres actions semblables ; non s'il s'agit de diriger l'Église elle-même ou d'essayer de donner des directives quant aux affaires de Dieu sur la terre. 'Une femme n'a pas le droit de fonder ou d'organiser une Église. Dieu ne les a jamais envoyées ici-bas pour faire cela' (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 295). Paul dit ici aux sœurs qu'elles sont soumises à la prêtrise, que ce n'est pas leur rôle de diriger, que la femme de l'évêque n'est pas l'évêque. » (Bruce McConkie, DNTC, 2:387-388)


1 CORINTHIENS 15

1 Corinthiens 15:29. Autrement, que feraient ceux gui se font baptiser pour les morts ?

« Quiconque a été baptisé et appartient au royaume a le droit d'être baptisé pour ceux qui sont partis ; et aussitôt que la loi de l'Évangile est observée ici-bas par leurs amis qui agissent par procuration pour eux, le Seigneur possède des administrateurs là-bas pour les libérer. Un homme peut agir par procuration pour ses propres parents ; les ordonnances de l'Évangile, qui ont été préparées avant la fondation du monde, ont été ainsi accomplies par eux, et nous pouvons également être baptisés pour ceux qui ont notre amitié. Mais cela doit être révélé d'abord à l'homme de Dieu, de peur que nous allions trop loin dans ce domaine. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 518)


1 Corinthiens 15:44-49. « Il ressuscite corps spirituel »


« L'esprit et le corps sont l'âme de l'homme. Et la résurrection d'entre les morts est la rédemption de l'âme » (D&A 88:15-16).


Il y a une séparation de l'esprit et du corps au moment de la mort. La résurrection réunira à nouveau l'esprit au corps et le corps deviendra un corps spirituel, un corps de chair et d'os mais vivifié par l'esprit au lieu de l'être par le sang. Ainsi, notre corps, après la résurrection, vivifié par l'esprit, deviendra immortel et ne mourra jamais. C'est ce que veulent dire les paroles de Paul : 'Il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel' et 'la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu'. Le corps naturel (animal) est fait de chair et de sang, mais, vivifié par l'esprit au lieu de l'être par le sang, il peut entrer dans le royaume, et il y entrera. » (Howard W. Hunter, CR,avril 1969, p. 138)


1 Corinthiens 15:45. « Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant »


« Une âme ou une personne immortelle consiste en un corps ressuscité dans lequel se trouve éternellement un esprit éternel. C'est le Christ… qui « vivifie tout », réalisant ainsi la « rédemption de l'âme » (D&A 88:17). » (McConkie, DNTC, 2:402)


1 Corinthiens 15:50. « La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu »


Le prophète Joseph Smith a enseigné ce qui suit concernant les corps ressuscités :

1. « Le Dieu Tout-Puissant, lui-même, demeure dans un feu éternel ; la chair et le sang ne peuvent aller là-bas, car toute corruption est dévorée par le feu… Lorsque notre chair sera vivifiée par l'Esprit, il n'y aura pas de sang dans les veines de ce corps. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 518)


2. « La chair et le sang ne peuvent aller là-bas (c'est-à-dire dans la présence de Dieu) ; mais la chair et les os, vivifiés par l'Esprit de Dieu, peuvent y aller. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 458)


3. « Quant à la résurrection, tous seront ressuscités par le pouvoir de Dieu, ayant de l'esprit dans leur corps, et non du sang. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 277)


1 CORINTHIENS 16

1 Corinthiens 16:22. Que signifient « anathème » et « Maranatha » ?


Cette inclusion étrange de deux mots araméens dans les paroles de conclusion de l'épître de Paul a soulevé bien des questions. On connaît leur signification : « anathème », littéralement, signifie « mis à part » ou « consacré » et le sens de ce mot a évolué pour signifier « maudit ». C'est le mot qu'utilise Paul dans Galates 1:8 quand il dit que quiconque prêche un autre Évangile que le vrai doit être « anathème ». « Maranatha » a reçu diverses traductions : « Le Seigneur vient », « le Seigneur viendra », « le Seigneur est proche », etc. Il semble avoir été un salut ou un mot de passe habituel chez les chrétiens.


Dans certaines versions, les deux mots sont juxtaposés et c'est cette association étrange qui intrigue le plus les spécialistes. Dans d'autres versions, dont notre version Segond, on a mis un point entre les deux. La phrase signifie donc : « Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit maudit. Notre Seigneur vient ! » La plupart des spécialistes semblent préférer cette séparation entre les deux mots. Mais l'un d'eux a suggéré que Paul associe exprès ces deux mots, utilisant une vieille forme d'exclamation syrienne : « Qu'il soit maudit, le Seigneur vient bientôt », ce qui voudrait dire qu'à la venue du Seigneur, chacun recevrait son châtiment. (voir Fallows, The Popular and Critical Bible Encyclopedia and Scriptural Dictionary, 1:104)

 

 

2 CORINTHIENS

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2 CORINTHIENS 1

2 Corinthiens 1:22. « Lequel… a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit »


Les arrhes sont la somme d'argent donnée comme garantie d'un marché, la somme restante devant être payée plus tard. Ce que Paul veut dire ici, c'est que le Saint-Esprit nous a été donné comme premier paiement, en garantie d'un paiement futur de bénédictions complètes si nous restons fidèles.

2 CORINTHIENS 2

2 Corinthiens 2:5-7


Ces versets sont intéressants pour connaître l'amour et la compassion de Paul. Nous ne savons pas si le transgresseur dont il parle ici est le fornicateur mentionné dans sa première lettre (voir 1 Corinthiens 5:1) ou l'un des faux docteurs dans l'Église qui avaient mené une révolte contre Paul et ses enseignements. Mais il est évident que l'Église a pris des sanctions contre cet homme et maintenant Paul met en garde les membres pour qu'ils ne lui retirent pas leur amour. Dans le verset 5, il fait remarquer qu'il a été bouleversé d'apprendre ce qui se passait pour ce frère, non parce qu'il était attristé personnellement, mais parce que cet homme faisait du tort à l'Église entière à Corinthe. Maintenant, Paul les encourage à pardonner et à consoler cet homme pour qu'il ne soit pas écarté de l'ensemble des frères (voir versets 6-12). Cette attitude de fermeté sur ce qui concerne les règles et les lois de l'Église, mais d'amour et de pardon lorsque le transgresseur montre une véritable repentance et corrige son erreur, est une marque de l'Église de Jésus-Christ aujourd'hui comme autrefois.


2 Corinthiens 2:17. Les falsificateurs


« Dans la version grecque, le mot qui est rendu ici par 'falsifier' est appliqué aux colporteurs. Le mot englobait les marchands de victuailles et de marchandises de toutes sortes, mais surtout les détaillants de vin pour qui c'était chose courante de falsifier et de donner moins que la mesure » (Vincent, Ward Studies, 2:813). Cette classe de marchands avait une telle réputation de malhonnêteté et de manque de scrupules que, dans certains cas, ils étaient exclus des offices publics. Les faux docteurs avaient le même état d'esprit, ils frelataient ou altéraient la parole de Dieu à leur guise pour pouvoir mieux arriver à leurs fins égoïstes. Ainsi, nous avons une image de Paul qui est capable, non seulement de faire preuve d'un grand amour, mais aussi d'une grande sévérité pour condamner ceux qui veulent faire des ravages dans l'Église.


2 CORINTHIENS 3

2 Corinthiens 3:6, 14. « Ancien Testament » et « Nouveau Testament »


Le mot « testament » est la traduction du mot latin « testamentum » lui-même traduction du mot grec signifiant « alliance ». Le testament, c'est-à-dire les dernières volontés d'une personne, est un exemple de la véritable signification du mot. Cependant, quand nous disons « Nouveau Testament » et « Ancien Testament », cela nous évoque immédiatement les deux divisions de la Bible. Nous devons nous rappeler que ces deux divisions furent appelées ainsi parce que la première contient les écrits et les annales du peuple de Dieu sous l'ancienne alliance (la loi mosaïque) et la deuxième ce qu'il fit sous la nouvelle alliance (la loi du Christ). Le Nouveau Testament, tel que nous le connaissons dans la Bible, était loin d'être compilé longtemps encore après la mort de Paul. C'est pourquoi dans le verset 6, Paul dit qu'ils sont ministres de la nouvelle alliance du Christ qui abolit l'ancienne. Même dans le verset 14 où il est évident que Paul parle des écrits (puisqu'il parle de la « lecture de l'Ancien Testament ») il n'utilise pas le mot dans le même sens que nous. Lui le prend plutôt dans le sens de la loi mosaïque, de l'ancienne alliance.


2 CORINTHIENS 4

2 Corinthiens 4. Bbien qu’il ait eu des afflictions, Paul n’est pas inquiet ou troublé. Il écrit aux saints de Corinthe pour les aider à voir leurs tribulations dans un contexte plus large.


2 Corinthiens 4:1-7. Paul garantit aux saints qu’il leur a honnêtement prêché l’Évangile. Il enseigne que Satan, « le dieu de ce siècle » (v. 4) œuvre pour empêcher les gens d’accepter l’Évangile. Paul se compare, lui et ses compagnons missionnaires, à des vases de terre qui contiennent le « trésor » de « la lumière… de la connaissance de la gloire de Dieu » (v. 6-7).


2 Corinthiens 4:11-14. Paul enseigne que même si certaines personnes meurent pour l’Évangile de Jésus-Christ, leur mort sera temporaire.


2 Corinthiens 4:14-16. L’expression « lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (v. 16) signifie que même si Paul et ses compagnons meurent physiquement, leur esprit est fortifié quotidiennement.


2 Corinthiens 4:11-16. Ces versets nous apprennent que nos épreuves et nos afflictions sont peu importantes comparées aux bénédictions et à la progression éternelles que nous connaissons quand nous les endurons fidèlement.


2 CORINTHIENS 5

2 Corinthiens 5. Paul enseigne aux saints le jugement et l’expiation de Jésus-Christ.


Ces versets nous apprennent les deux vérités suivantes : 1. Comme dans la condition mortelle nous sommes séparés de Dieu, nous devons marcher par la foi et non par la vue. 2. Nous serons tous jugés par Jésus-Christ selon ce que nous aurons fait dans la condition mortelle.


2 Corinthiens 5:16. La Traduction de Joseph Smith dit : « nous ne vivons plus selon la chair », ce qui signifie que nous abandonnons un mode de vie matérialiste.


2 Corinthiens 5:20-21. Paul se donne le nom, ainsi qu’à ceux qui enseignent avec lui, d’« ambassadeurs pour Christ » et il exhorte les saints à se réconcilier avec Dieu.


2 Corinthiens 5:14–21. « nouvelle créature… réconciliés avec lui »


Paul savait tout autant que quiconque ce que c’était que de devenir « une nouvelle créature ». De persécuteur des chrétiens qu’il était, il est devenu défenseur intrépide du Christ. Il savait par lui-même comment Jésus, « qui n’a point connu le péché », peut ôter les nôtres et nous donner sa « justice », nous ramenant à l’unité avec Dieu.


« La réconciliation est le processus de rachat d’un homme de l’état de péchés et de ténèbres spirituelles où il se trouve et de sa restauration à un état d’harmonie et d’unité avec la Divinité… L’homme qui était autrefois charnel et mauvais, qui vivait selon la chair, devient une nouvelle créature du Saint-Esprit ; il est né de nouveau ; et, tout comme un petit enfant, il est vivant dans le Christ. » (Bruce R. McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3 vols, 1965–73, 2:422–23)


2 CORINTHIENS 6

2 Corinthiens 6:12. « Vous n'êtes point à l'étroit au-dedans de nous ; mais vos entrailles se sont rétrécies »


Tel qu'il est employé ici, le mot « entrailles » représente très souvent le siège de la compassion ou de la bonté. Quand nous éprouvons de l'amour ou de la compassion pour quelqu'un ou quelque chose nous éprouvons en général une sensation de douleur en nous. « Que tes entrailles soient… remplies de charité envers tous les hommes » (D&A 121:45), signifie : « Faites preuve d'un amour semblable à celui du Christ pour les autres ». Dans 2 Corinthiens 6:12, le mot « entrailles » est employé dans l'expression « Vos entrailles se sont rétrécies ». C'est tout simplement pour Paul une façon de dire aux Corinthiens que ce n'était pas par un manque d'affection de sa part qu'ils avaient été limités, mais parce qu'ils n'avaient pas fait preuve de l'amour et de la compassion nécessaires. On retrouve dans le Nouveau Testament des emplois semblables de ce mot (voir Colossiens 3:1-2 ; 1 Jean 3:17).


2 Corinthiens 6:14. « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger »


« Que devons-nous faire ? Nous attirerons-nous le malheur d'une maison divisée ? Ou écouterons-nous la voix de l'expérience et épouserons-nous quelqu'un de notre foi ?…


« La réponse à faire à tout le monde est évidente : épousez quelqu'un de votre foi. Si vous êtes presbytérien, épousez un presbytérien. Si vous êtes catholique, épousez un catholique. Si vous êtes de la maison de Juda, épousez quelqu'un de votre foi. Si vous êtes mormon, épousez un mormon. » (Mark E. Petersen, CR, avril 1958, p. 106)


2 CORINTHIENS 7

2 Corinthiens 7:8-10. « En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais »


« Souvent, les gens prétendent s'être repentis, alors que tout ce qu'ils ont fait a été d'exprimer du regret pour une mauvaise action. Mais la vraie repentance se marque par cette tristesse selon Dieu, qui change, transforme et sauve. Regretter ne suffit pas. Il se peut que le criminel au pénitencier, prenant conscience du prix élevé qu'il doit payer pour son acte insensé, souhaite ne pas avoir commis son crime. Ce n'est pas de la repentance. Le perverti qui subit une condamnation sévère pour viol peut regretter profondément d'avoir fait ce qu'il a fait, mais il ne se repent pas si la lourde condamnation est la seule raison de sa tristesse. Cela, c'est la tristesse selon le monde.


« L'homme vraiment repentant regrette avant qu'on ne l'arrête. Il regrette même si son secret n'est jamais connu… La repentance selon Dieu signifie que l'on doit reconnaître le péché et, sans la pression de sources extérieures, commencer sa transformation. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 144)


2 CORINTHIENS 8

2 Corinthiens 8:1-8


Environ un an plus tôt, les saints de Corinthe s’étaient engagés à faire une collecte de biens pour les saints pauvres de Jérusalem. L’apôtre Paul dit aux saints de Corinthe que les membres de l’Église de Macédoine ont donné généreusement pour subvenir aux besoins temporels des pauvres. Il explique que les membres de l'Église de Macédoine ont agi ainsi parce qu’ils voulaient faire la volonté de Dieu. Paul recommande aux saints de Corinthe de suivre cet exemple en subvenant aux besoins des autres par amour sincère.


2 Corinthiens 8:1-15 ; 9:5-15. Partager joyeusement ce que nous avons pour faire du bien aux pauvres et aux nécessiteux.


« Riches ou pauvres, nous devons ‘faire ce que nous pouvons’ quand d’autres personnes sont dans le besoin [voir Marc 14:6, 8]… [Dieu] vous guidera dans des actes compatissants de disciple si vous êtes vraiment désireux d’obéir à un commandement qu’il nous a donné à maintes reprises, et si vous priez et cherchez consciencieusement des moyens de le faire » (Jeffrey R. Holland, Ne sommes-nous pas tous mendiants ?, Le Liahona, novembre 2014, p. 41)


2 Corinthiens 8:16-24. Paul parle aux saints de Corinthe de Tite et de deux autres frères qui ont été envoyés collecter les contributions caritatives pour les saints de Jérusalem. Paul exprime sa confiance dans les saints de Corinthe et explique que leurs offrandes généreuses montreront leur amour pour les autres.


2 CORINTHIENS 9

Voir commentaire de 2 Corinthiens 8:1-15 ; 9:5-15.


2 Corinthiens 9


Paul parle des bénédictions que l’on reçoit quand on donne sincèrement Il continue de faire l’éloge des saints de Corinthe (voir v. 1-5). Il leur dit qu’il a envoyé Tite et d’autres pour confirmer leur disposition à donner volontiers aux pauvres.


2 Corinthiens 9:6-7


Selon ces versets, si nous donnons de bon cœur aux nécessiteux, Dieu nous bénira généreusement.


2 Corinthiens 9:11-15


Le fait de reconnaître la générosité de Dieu lorsqu’il nous bénit peut nous aider à éprouver de la reconnaissance envers lui.


2 CORINTHIENS 10

2 Corinthiens 10 à 11


Paul parle de la guerre spirituelle, des tromperies de l'adversaire et de ses tribulations personnelles.


2 Corinthiens 10:5. « amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ »


L’instruction d’amener « toute pensée captive à l’obéissance de Christ » signifie maîtriser nos pensées, notamment éviter les pensées inconvenantes et se concentrer sur des choses bonnes et édifiantes. Ce verset nous apprend que, lorsque nous maîtrisons nos pensées par obéissance à Jésus-Christ, nous avons plus de succès dans la guerre contre l'adversaire.


2 Corinthiens 10:7-18. Paul se glorifie dans le Seigneur et enseigne que ses faiblesses personnelles ne doivent pas servir d’excuse pour ne pas l’écouter.


2 CORINTHIENS 11


Voir commentaire de  2 Corinthiens 10 à 11.


2 Corinthiens 11:24. Les coups donnés par les Juifs

Dans Deutéronome 25:1-3, Moïse établit le principe qu'un homme coupable pouvait être battu jusqu'à quarante coups. Les rabbis juifs avaient réduit ce maximum à trente-neuf, de peur que par erreur le coupable soit battu plus de quarante fois (Moïse avait dit qu'il ne fallait pas dépasser ce nombre, c'est pourquoi cette précaution était prise). Du temps de Paul, c'était devenu un châtiment brutal et douloureux appliqué avec une grande précision. Quiconque savait comment les Juifs battaient de verges ne pouvait être que très impressionné en apprenant que Paul avait enduré cinq fois ce châtiment, car souvent la victime mourait sous les coups.


« Ses deux mains (de la victime) étaient attachées à… un pieu d'une coudée et demie de haut. L'officier public déchirait alors le vêtement de la victime jusqu'à ce que sa poitrine soit à nu. Le bourreau était debout sur une pierre derrière le criminel. Le fouet comportait deux lanières dont l'une était composée de quatre bandes de cuir de veau, l'autre de deux bandes de cuir d'âne. Elles passaient toutes les deux par le trou d'un manche… Le prisonnier se baissait pour recevoir les coups que le bourreau donnait d'une seule main, mais de toutes ses forces : treize sur la poitrine, treize sur l'épaule droite, treize sur l'épaule gauche. Pendant que le châtiment était infligé, le juge principal lisait à haute voix Deutéronome 28:58-59 ; 24:9 et Psaumes 78:38-39 qui parlent des commandements de Dieu, des châtiments à appliquer quand on ne les observe pas et de la compassion du Seigneur pour le pécheur… Si le châtiment n'était pas terminé à la fin de la lecture de ces trois passages, ils étaient répétés de façon que la lecture prenne fin exactement en même temps que le châtiment lui-même. Pendant ce temps, un second juge comptait les coups et un troisième, avant chaque coup criait : 'Hakkehu' (Frappe-le). » (Frederic Farrar, Life and Works of St Paul, p. 715-716)


On ne peut s'empêcher de se demander pourquoi Paul s'est soumis à ces terribles châtiments aux mains des Juifs alors qu'en d'autres occasions, il s'était réclamé de sa qualité de citoyen romain pour y échapper (voir Actes 22:24-29). Farrar dit que, une fois qu'une personne avait été ainsi battue, elle était considérée comme pleinement rétablie dans ses droits, ayant payé complètement toute dette causée par sa mauvaise action. Puis Farrar ajoute : « S'il avait refusé de s'y soumettre en s'abritant derrière son droit de citoyen romain, il aurait risqué l'excommunication et se serait finalement vu empêché d'entrer dans la synagogue. » (Farrar, St Paul, p. 717)


Comme nous l'avons vu dans les Actes, la méthode missionnaire qui était propre à Paul était d'entrer dans la synagogue et de commencer à prêcher. S'il avait été empêché d'y entrer, cela aurait considérablement diminué ses possibilités. Quand on pense à la détermination qu'il fallait pour risquer une seconde fois un tel traitement après l'avoir souffert une première fois, on a une petite idée de l'engagement de Paul envers le Christ. Et l'on ne s'étonne plus de sa mauvaise humeur devant les vaines vantardises et les critiques mesquines des faux docteurs à Corinthe.


2 CORINTHIENS 12

2 Corinthiens 12:2-4. « Je connais un homme en Christ qui fut… ravi jusqu'au troisième ciel »


L'homme que connaissait Paul était Paul lui-même.


« Paul monta jusqu'au troisième ciel, et il put comprendre ainsi les trois principaux degrés de l'échelle de Jacob : les gloires ou royaumes téleste, terrestre et céleste, où Paul vit et entendit des choses qu'il lui fut interdit de répéter. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 427)


2 Corinthiens 12:7-9. « Il m'a été mis une écharde dans la chair »


Le mot employé par Paul signifie littéralement « un pal » (cf. empaler) ou « un pieu ». C'est le mot qui servait à désigner les pieux très pointus, les instruments de chirurgie ou les hameçons. Le terme lui-même suggère quelque chose d'extrêmement douloureux et source de nombreux ennuis. On a discuté sans fin pour savoir ce que pouvait être cette infirmité. On a été jusqu'à suggérer que ce pouvait être sa femme, méchante mégère, qui se serait tournée contre lui après sa conversion, ou l'épilepsie, ou une grave maladie des yeux, ou la malaria ou une quelconque faiblesse spirituelle qui l'aurait constamment troublé. Il n'y a aucun moyen de savoir, avec ce que nous possédons actuellement, de quoi voulait parler Paul. Ce dont nous pouvons être sûr, c'est que chacun de nous a des faiblesses, spirituelles et physiques, que l'adversaire utilisera pour nous attaquer.


« Le Seigneur nous a dit dans les Écritures que Satan est un ennemi de toute justice ; à cause de cela, ceux qui se tiennent en des lieux élevés dans le royaume de notre Père deviendront les objets de ses attaques. Vous qui présidez dans les divers lieux du royaume de notre Père, vous pouvez vous attendre, comme l'avait compris l'apôtre Paul à être les objets des attaques du diable…


« Parfois, c'est par l'infirmité, les difficultés, les épreuves que votre âme est mise à l'épreuve : mais la faiblesse que provoque en vous ces infirmités permettra que la puissance de Dieu repose sur vous tout comme l'apôtre Paul se résigna et fut consolé à la pensée que, grâce à ses épreuves, la puissance de Dieu pouvait reposer sur lui. » (Harold B. Lee, CR, octobre 1949, p. 57)


2 CORINTHIENS 13


2 Corinthiens 13. Paul exhorte les saints de Corinthe à s’examiner personnellement et à prouver leur fidélité.


Parmi les saints de Corinthe,des faux instructeurs remettaient en cause Paul et son autorité d’apôtre. Lorsque Paul demande aux saints de Corinthe d’examiner s’ils sont « dans la foi » (v. 5), il leur demande de réfléchir à leur fidélité au Seigneur et à son Église.


2 Corinthiens 13:1. Que veut dire Paul quand il parle de « deux ou trois témoins » ?


À l’époque de l’Ancien Testament, deux ou trois témoins devaient être présentés pour porter une accusation contre quelqu’un (voir Deutéronome 19:15). Paul cite cette pratique quand il fait allusion à sa troisième visite à Corinthe.


2 Corinthiens 13:5-6


Au lieu de critiquer les dirigeants de l’Église, les membres doivent s’interroger sur leur fidélité personnelle.


« Si un homme se dresse pour condamner les autres, critiquant l’Église, disant qu’ils sont hors du chemin, alors que lui-même est juste, sachez alors avec certitude que cet homme est sur la grand-route de l’apostasie ; et, s’il ne se repent pas, il apostasiera, aussi vrai que Dieu vit. » (Joseph Smith, dans Enseignements des présidents de l’Église, 2007, p. 341)

 

GALATES

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GALATES 1

Galates 1:8-9. Ceux qui introduisent de faux enseignements dans l'Église


« Depuis les tout premiers jours de l'Église chrétienne, des évangiles contrefaits ont été enseignés. Comme Paul le fit remarquer, ce n'était pas de vrais évangiles puisqu'il n'y a qu'un seul Évangile du Christ. Aujourd'hui, ce n'est pas différent. Nous sommes entourés de fausses idées. Dans le domaine de la pensée et des connaissances, nous sommes entourés d'idées fausses et de suppositions qui suscitent des questions et des doutes. Ceci semble abattre les hommes et détruire la foi et la moralité. Où donc y a-t-il de l'espoir dans ce monde d'erreur et de décadence morale ? Dans la connaissance et la compréhension des vérités enseignées par le Maître qui doivent être enseignées par l'Église du Christ sans déformation, et auxquelles ses membres doivent croire et selon lesquelles ils doivent vivre. Ce sont des vérités éternelles et elles le resteront perpétuellement sans considération des changements dans notre société, du développement des nouvelles réalisations scientifiques ou de l'augmentation des connaissances de l'homme. » (Howard W. Hunter, CR, octobre 1973, p. 66)


« Il y a parmi nous des loups. J'entends par là des gens qui professent être membres de cette Église et qui n'épargnent pas le troupeau. Parmi nos propres membres, il y a des hommes qui s'élèvent et qui enseignent des choses pernicieuses. Être pernicieux c'est détourner de ce qui est juste ou correct, et s'obstiner volontairement dans le mal pour attirer à soi les membres faibles et non avertis.


« Et, comme l'apôtre Paul l'a dit, cela nous étonne aussi aujourd'hui, comme en ce temps-là, que certains membres se détournent si promptement de ceux qui leur ont enseigné l'Évangile et se détournent des véritables enseignements de l'Évangile du Christ pour se laisser séduire vers quelque chose qui corrompt la vraie doctrine de l'Évangile du Christ et les transforme en pratiques et en activités méchantes et perverses. Ces gens-là, comme l'ont prouvé les événements choquants qui se sont produits parmi certains de ces groupuscules, ont été maudits comme les prophètes l'ont annoncé ; et ils sont manifestement au pouvoir de ce Malin qui fait gober par les gens crédules tous les sophismes que l'adversaire envoie depuis le début des temps. » (Harold B. Lee, L'Étoile, septembre 1973, p. 376)


GALATES 2

Galates 2:2-4, 9. « Afin de ne pas courir ou avoir couru en vain »


La façon dont est traduit le verset 2 semble impliquer que Paul éprouvait des doutes quant à sa mission envers les Gentils et qu'il se rendit auprès des apôtres pour voir s'il ne « courait pas en vain ». Mais dans la langue originale, on ne trouve pas cette idée. Ce qui est exprimé ici, c'est que Paul alla chercher l'approbation officielle du travail dans lequel il était engagé (probablement en réponse aux critiques qui commençaient déjà à être soulevées par les judaïsants). Le verset 4 montre qu'il reçut cette approbation sans réserves car Tite n'eut pas à se faire circoncire comme l'exigeaient ceux qui s'opposaient à Paul. On voit encore mieux le soutien complet et sans réserves des frères dans le verset 9 où Paul dit que lui et Barnabas reçurent « la main d'association », idiome grec et hébreu exprimant la collaboration complète, l'alliance ou l'unité.


Galates 2: 11-21. Comment Paul, qui était apôtre, pouvait-il reprendre Pierre, le président de l'Église ?


Pierre et Paul qui, tous deux avaient reçu des révélations, avaient vu des anges et avaient été approuvés par le Seigneur, et qui, tous deux hériteront de la plénitude du royaume du Père, eux, ces prédicateurs remplis de justice et de puissance se trouvèrent en désaccord sur un point fondamental des règles de l'Église. pierre était le président de l'Église ; Paul, apôtre et au-dessous de Pierre dans la hiérarchie de l'Église, était soumis à la direction du chef des apôtres. Mais Paul avait raison et Pierre avait tort. Paul maintint avec fermeté et détermination qu'ils devaient marcher « droit selon la vérité de l'Évangile » ; Pierre temporisa de peur d'offenser les demi-convertis juifs qui respectaient toujours la loi de Moïse.


Il ne s'agissait pas de savoir si les Gentils devaient recevoir l'Évangile. Pierre lui-même avait reçu la révélation que Dieu ne fait point acception de personnes et que les hommes de tous les lignages étaient maintenant héritiers du salut avec les Juifs (voir Actes 10:21-35). De plus, les dirigeants de l'Église, réunis en conseil, guidés et dirigés dans leurs décisions par le Saint-Esprit, avaient décidé que les Gentils qui recevraient l'Évangile ne seraient pas soumis à la loi de Moïse (voir Actes 15:1-35). Mais les membres de l'Église juifs n'avaient pas été capables d'accepter cette décision sans réserves. Ils continuèrent eux-mêmes à se conformer au rituel mosaïque et voulaient que les convertis païens fassent de même. Pierre se rangea de leur côté. Paul résista publiquement au chef des apôtres et gagna, ce qui aurait été impossible s'il n'avait pas eu raison. Sans aucun doute, si nous avions le récit complet, nous verrions Pierre revenir en arrière et faire tout son possible pour que les saints juifs arrivent à croire que la loi de Moïse était accomplie dans le Christ et qu'il ne fallait plus l'appliquer à personne, ni Juif ni Gentil. » (McConkie, DNTC, 2:463-64)


Galates 2:13. « dissimulation »


Paul a utilisé un mot très fort dont « dissimulation » est une très bonne traduction. Il part du mot « simuler » qui signifie « prendre l'aspect de ». Dissimuler, ici, signifie donc « se cacher sous une fausse apparence ». Le mot grec hypokrisei a la même racine que notre mot hypocrite. Ces judaïsants étaient des hypocrites parce qu'ils faisaient semblant d'être fidèles dans leur obéissance aux principes de l'Évangile, alors qu'en réalité, ils travaillaient à l'encontre de ses vrais principes.


Galates 2:16. « justifié par la foi », « la loi », « les œuvres de la loi », « justifié par la foi »


Le but principal de cette lettre particulière fut de montrer aux saints de Galatie que l'obéissance à la loi mosaïque n'était non seulement pas nécessaire mais qu'elle était en fait contraire à l'Évangile. Le sens particulier de « la loi », c'était les cinq premiers livres de l'Ancien Testament. C'était ceux qu'on appelait en hébreu, la Torah. C'est dans ce sens que Paul utilisa le mot « loi » dans Galates 4:21-22, quand il attire l'attention sur l'exemple de Sara et d'Agar. Mais du temps de Jésus le terme « la loi » représentait aussi tout l'ensemble des règles, des pratiques et des rites du code mosaïque, d'une part ceux qui figuraient expressément dans les écrits de Moïse, d'autre part, la foule de traditions orales qui avaient été formulés au cours des siècles qui avaient suivi. C'est dans ce sens large que Paul utilise le terme « la loi » dans l'épître aux Galates.


Pour expliquer très brièvement ce que veut dire « justifié », on dira que c'est « être reconnu juste » et aussi « retrouver de bonnes relations avec quelqu'un ». Par conséquent, ce que Paul disait, c'est qu'aucun homme ne peut être rendu juste ni retrouver de bonnes relations avec Dieu uniquement avec les œuvres de la loi mosaïque ni d'ailleurs par aucune loi d'oeuvres seule. Cela ne peut se faire que par le sacrifice expiatoire du Sauveur et par l'obéissance aux principes et aux ordonnances de l'Évangile (Paul exposa cette doctrine de façon beaucoup plus complète et systématique dans les premiers chapitres de sa lettre aux Romains).


GALATES 3

Galates 3:8. L'Évangile fut-il prêché aux saints qui vécurent avant le Christ ?

« Il faut noter que, selon Paul (voir Galates 3:8), l'Évangile fut prêché à Abraham. Nous voudrions bien savoir en quel nom l'Évangile fut prêché alors, si c'était au nom du Christ, ou en tout autre nom. Si c'était en tout autre nom, était-ce l'Évangile ? Et si c'était l'Évangile, et s'il était prêché au nom du Christ, comportait-il des ordonnances ? Sinon, était-ce l'Évangile ? Et s'il y avait des ordonnances, quelles étaient-elles ? Nos amis diront peut-être qu'il n'y a jamais eu d'ordonnances, excepté les sacrifices, avant la venue du Christ, et qu'il n'était pas possible que l'Évangile soit administré à l'époque où les sacrifices étaient toujours en vigueur. Mais rappelons-nous qu'Abraham a offert des sacrifices, et, cependant, l'Évangile lui avait été prêché. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 77)


Galates 3:19. À quoi la loi de Moïse a-t-elle été ajoutée à cause de la transgression ?


« Il est dit aussi dans Galates 3:19, que la loi (de Moïse ou lévitique) a été « ajoutée » à cause de la transgression. À quoi, dites-moi, cette loi fut-elle ajoutée, si elle ne fut pas ajoutée à l'Évangile ? Il est très clair qu'elle fut ajoutée à l'Évangile, puisque nous apprenons que l'Évangile leur fut prêché. De ces quelques faits nous concluons que chaque fois que le Seigneur s'est révélé aux hommes autrefois, et leur a donné le commandement de lui offrir un sacrifice, il l'a fait afin que ceux-ci puissent attendre avec foi le temps de sa venue, et mettre leur confiance dans l'efficacité de cette expiation pour la rémission de leurs péchés. Et c'est ce qu'ont fait des milliers de ceux qui sont partis avant nous, et dont les vêtements sont immaculés, et qui, tel Job, attendent avec une assurance pareille à la sienne, le temps où ils le verront, le dernier jour, sur cette terre, dans la chair. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 78-79)


Galates 3:24. Comment la loi fut-elle un pédagogue pour les enfants d'Israël ?


Le mot grec est paidagogos, d'où est dérivé notre mot pédagogue qui évoque l'idée de quelqu'un qui instruit, un instituteur, un professeur, un enseignant. Mais à l'époque de Paul, ce mot avait un sens particulier qui donne encore davantage de force à l'image. Un paidagogos était une sorte de professeur particulier employé par les familles les plus riches. Il avait non seulement la responsabilité des études de l'enfant, mais il devait aussi le préparer et le former de toutes les façons pour l'amener à maturité. L'équivalent le plus juste que nous ayons, c'est le précepteur ou la gouvernante qui vivaient dans la maison et avaient la responsabilité directe d'élever les enfants.


Par le fait que Paul emploie ce mot, on comprend immédiatement le véritable but de la loi mosaïque : préparer les enfants d'Israël (qui étaient littéralement des enfants, dans le sens spirituel) à la maturité, aux lois et aux ordonnances « adultes » de l'Évangile. Le prophète Abinadi avait bien cela à l'esprit quand il expliqua pourquoi les Israélites avaient reçu la loi de Moïse (voir Mosiah 13:29-31).


Abinadi a déclaré que toutes ces choses étaient des «figures » des choses à venir : il est très important de comprendre cela. « Figure » est le synonyme couramment employé dans les Écritures de « symbole ». Ainsi, non seulement la loi de Moïse était-elle un ensemble de lois strictes destinées à instruire les enfants d'Israël dans les voies de l'obéissance et à les amener à la maturité spirituelle, mais encore elle contenait un symbolisme profondément spirituel qui faisait penser à Jésus comme Rédempteur et Messie. En bref, la loi de Moïse était destinée à préparer le peuple de Dieu à l'Évangile qui devait venir.


Galates 3:27. Une personne méchante peut-elle vraiment revêtir Christ par la repentance et le baptême ?


« Quand un corps physique est sale, le processus de purification consiste à prendre un bain complet, à se brosser les dents, à se laver les cheveux, à se nettoyer les ongles et à mettre des vêtements frais et propres. Quand on transforme une maison, on répare, on remplace le toit, on lave et on peint les murs, on balaie et frotte les planchers, on répare et époussette le mobilier, on lessive les tentures et on polit les métaux. Quand un homme souillé naît de nouveau, ses habitudes changent, ses pensées sont purifiées, ses attitudes sont régénérées et élevées, ses activités tout à fait mises en ordre, et tout ce qui était sale, dégénéré ou réprouvé chez lui est lavé et rendu pur…


« Quand on est lavé, purgé et purifié, on n'est plus adultère. Le processus de lavage et de purification est mentionné bien des fois en bien des endroits par bien des prophètes.


« L'effet de la purification est merveilleux. Des âmes troublées ont trouvé la paix. Ces robes souillées ont été purifiées au point d'être sans tache. Ces personnes autrefois souillées, ayant été purifiées par leur repentance – leur lavage, leur purification, leur blanchissage – sont rendues dignes d'un service constant dans le temple et de se trouver devant le trône de Dieu, fréquentant la royauté divine. » (Spencer W. Kimball, Le miracle du pardon, p. 326)


GALATES 4

Galates 4:6. « Abba, Père »


Paul indique que, par l'expiation du Christ, nous pouvons être adoptés comme fils de Dieu et que l'Esprit peut nous aider à crier « Abba, Père ». Abba est un mot araméen (apparenté à l'hébreu) et il suggère plus que la seule idée de Père. C'est le diminutif intime et personnel du mot « père » utilisé par les enfants dans le cercle de famille. Notre équivalent en français serait « papa », bien que cela ne traduise pas entièrement le mot suggéré. L'enseignement qu'il faut en tirer, c'est que Dieu n'est pas seulement le Père (nom et titre officiel), mais qu'il est aussi Abba, le père qui nous aime et nous guide, qui nous connaît intimement et de qui nous pouvons nous approcher sans crainte.


Galates 4:21-31. L'allégorie de Sara et Agar


« Paul utilise ici la vie d'Abraham pour montrer par une image la supériorité de l'Évangile sur la loi de Moïse, méthode d'enseignement qui permet que soit rappelée sa doctrine dans les foyers chaque fois que ses auditeurs pensent à Abraham et à sa vie.


« Agar, l'esclave, porta Ismaël ; et Sara, la femme libre, mit au monde Isaac. Ismaël était né selon la chair, tandis qu'Isaac, enfant de la promesse, était né selon l'Esprit. Agar représente ainsi l'ancienne alliance, la loi de Moïse, l'alliance sous laquelle les hommes étaient soumis à l'esclavage du péché ; tandis que Sarah symbolise la nouvelle alliance, l'Évangile, l'alliance sous laquelle les hommes sont rendus libres, libres de l'esclavage et du péché, par Jésus-Christ.


« Le mont Sinaï, d'où vint la loi, et Jérusalem, d'où elle est maintenant administrée, symbolisent la roi, et leurs enfants sont en esclavage. Mais la Jérusalem spirituelle, la cité céleste dont les saints seront citoyens est symbolisée par Sara, et elle est la mère des hommes libres. Sara qui fut si longtemps stérile, comme notre mère spirituelle, nous a maintenant tous faits, comme Isaac, héritiers de la promesse.


« Mais maintenant comme alors, ceux qui sont nés selon la chair luttent contre ceux qui sont nés selon l'esprit. Et, comme Dieu rejeta Ismaël et accepta Isaac, de même maintenant, il rejette ceux qui s'attachent à la loi de Moïse et accepte ceux qui se tournent vers le Christ. » (McConkie. DNTC, 2:477-478)


GALATES 5

Galates 5:2. Pourquoi, à l'époque de Paul, la circoncision avait-elle pour résultat la négation du pouvoir du Christ ?


« La circoncision, en tant qu'ordonnance religieuse, est le signe et la marque que l'on croit à tout le système mosaïque, qu'on l'accepte et qu'on s'y conforme. Par conséquent, pour les chrétiens de cette époque, cela revenait à rejeter le Christ et son Évangile qui remplaçait la loi (voir Actes 15:1-35). » (McConkie, DNTC, 2:479)


Galates 5:16-26. Le naturel et le spirituel


« Il y a une dualité en l'homme, et sa vie est un plan de Dieu. C'est le premier fait fondamental à se rappeler. L'homme a un corps naturel et un corps spirituel…


« Le corps de l'homme, par conséquent, n'est que le tabernacle dans lequel demeure son esprit. Trop de gens, beaucoup trop, sont enclins à considérer le corps comme l'homme lui-même et, par conséquent, à tendre leurs efforts vers la satisfaction des plaisirs du corps, de ses appétits, de ses désirs, de ses passions. » (David O. McKay, The Abundant Life in a Selfish World, Improvement Era, septembre 1949, p. 558)


GALATES 6

Galates 6-17. « Je porte sur mon corps les marques de Jésus »


Le mot grec stigmata utilisé ici a donné notre mot français « stigmate ». Cela signifie une blessure ou une cicatrice. Anciennement, ce mot désignait la marque au fer rouge faite sur les criminels (on disait aussi « flétrissure »). Ce n'était pas des marques dont il y avait lieu d'être fier et, en général, elles étaient considérées avec mépris. Mais ici, Paul n'en parle pas comme de marques de honte mais de fidélité en face de la persécution. Peut-être que ces stigmata qu'il portait, il les avait en partie reçus en Galatie même. Il faut se rappeler que, lors du premier voyage missionnaire, Paul et Barnabas furent expulsés d'Antioche, en Pisidie, par la force (voir Actes 13:50). Puis ils furent obligés de fuir d'Icone pour éviter d'être lapidés (voir Actes 14:5), mais les Juifs furieux les poursuivirent jusqu'à Lystre où ils mirent à exécution leur projet, lapidèrent Paul et le laissèrent pour mort à l'extérieur de la ville (Actes 14:19).

 

ÉPHÉSIENS

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ÉPHÉSIENS 1

Éphésiens 1:3-4. Sur quoi le Seigneur se basa-t-il pour choisir ses saints avant la fondation du monde ?


« Il doit y avoir des dirigeants, des officiers présidents et des gens qui sont dignes et capables de prendre les rênes. Pendant les âges au cours desquels nous sommes demeurés dans l'état prémortel nous avons, non seulement acquis nos caractéristiques respectives et montré notre dignité et nos capacités ou leur absence, mais nous nous sommes également trouvés à l'endroit où ces progrès pouvaient être observés. Il est raisonnable de croire que l'Église était organisée là-bas. Les êtres célestes vivaient dans une société parfaitement organisée. Chacun connaissait sa place. Il ne fait aucun doute que la prêtrise avait été conférée et les dirigeants choisis pour officier. Les ordonnances relatives à cette préexistence étaient exigées et l'amour de Dieu régnait. Dans ces conditions il était naturel que notre Père du ciel choisisse ceux qui étaient les plus dignes et évalue le talent de chaque individu. Il ne savait pas seulement ce que chacun de nous POUVAIT faire, mais également ce que chacun de nous FERAIT lorsqu'il serait mis à l'épreuve et lorsque de la responsabilité lui serait donnée. Puis, lorsque le temps vint pour nous d'habiter sur la terre mortelle, tout fut préparé et les serviteurs du Seigneur choisis et ordonnés pour leurs missions respectives. » (Joseph Fielding Smith, Le chemin de la perfection, p. 50)


Éphésiens 1:5-11. Pourquoi Paul dit-il que nous sommes prédestinés ?


Le mot prédestination n'exprimait pas autrefois la même idée qu'aujourd'hui. La plupart des versions modernes traduisent ce mot grec par « préordonner ».


Sur les enseignements de Paul à propos de la prédestination, voir le commentaire de Romains 8:29-30.


Éphésiens 1:10. « Lorsque les temps seraient accomplis »


Note de la Rédaction : La version anglaise du roi Jacques dit « dans la dispensation de la plénitude des temps », expression signifiant l'époque de l'accomplissement des temps, époque désignée aussi comme étant « les derniers jours » (Actes 2:17 ; 2 Timothée 3:1 ; 2 Pierre 3:3). Définition : Le terme « dispensation » désigne, chez les saints des derniers jours, une période de l'histoire de l'humanité pendant laquelle la connaissance et les bénédictions de l'Évangile sont dispensées (distribuées, diffusées) ici-bas. C'est une période au cours de laquelle l'Éternel a un ou plusieurs représentants, appelés prophètes, sur la terre. La « dispensation de la plénitude des temps » a commencé en 1820 et se terminera par la venue en gloire du Sauveur.


L'expression équivalente à « lorsque les temps seraient accomplis » est, dans la version anglaise du roi Jacques, « la dispensation de la plénitude des temps ». Nous savons d'après les Écritures modernes que la dispensation de la plénitude des temps est la dispensation dans laquelle nous vivons actuellement (voir D&A 27:13 ; 112:30 ; 124:41).


« La dispensation de la plénitude des temps, c'est la nôtre et nous y voyons courir, comme de puissants fleuves qui se jettent dans l'océan, toutes les anciennes dispensations, ce qui nous met en contact avec elles et elles avec nous. Et nous voyons que depuis le commencement, Dieu n'a eu qu'un seul grand dessein : le salut de ses enfants. Et maintenant est arrivé le jour final, la dispensation finale où la vérité, la lumière et la justice doivent inonder la terre. » (B. H.Roberts, CR, octobre 1904, p. 73)


Éphésiens 1:18. « Qu'il illumine les yeux de votre coeur »


Autrefois comme maintenant, le coeur était considéré comme le siège de la moralité et de la spiritualité. Les paroles de Paul impliquent que c'est toute la personne qui se trouve littéralement éclairée par l'Évangile de Jésus-Christ.


Éphésiens 1:23. « La plénitude de celui qui remplit tout en tous »


« Dans les Lectures on Faith, Joseph Smith décrit le Père et le Fils comme 'remplissant tout en tous' parce que le Fils, ayant vaincu, a 'reçu une plénitude de la gloire du Père' et possède 'la même pensée que le Père'. Puis il énonce la conclusion à laquelle Paul ne fait ici qu'allusion : 'Et tous ceux qui gardent ses commandements grandiront de grâce en grâce et deviendront héritiers du royaume céleste et co-héritiers avec Jésus-Christ ; possédant la même pensée, étant transformés pour devenir à l'image ou à la ressemblance et l'image même de Celui qui remplit tout en tous ; ayant en eux la plénitude de sa gloire et ils deviendront un en Lui comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un' (Lectures on Faith, p. 50-51). » (McConkie, DNTC, 2:497)


ÉPHÉSIENS 2

Éphésiens 2:8-10. Que veut dire Paul quand il dit que les œuvres ne nous sauvent pas ?


« Je ne prends pas à la légère l'Écriture qui déclare : 'C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu' (Éphésiens 2:8). Cela est absolument vrai, car l'homme, en prenant sur lui la mortalité devint impuissant à se sauver lui-même. Livré à lui-même, à tâtonner dans un état naturel, il serait devenu (et c'est ce qu'il est effectivement devenu) comme cela nous est dit dans les Écritures modernes, 'charnel, sensuel et diabolique, par nature' (Alma 42:10). Mais le Seigneur, par sa grâce, apparut à l'homme, lui donna l'Évangile, c'est-à-dire le plan éternel par lequel il pourrait s'élever au-dessus des choses charnelles et sensuelles de la vie et obtenir la perfection spirituelle. Mais il doit s'élever par ses propres efforts et il doit marcher par la foi.


« 'Celui qui veut monter l'escalier menant à la vie éternelle doit le monter marche par marche, depuis la première, en bas, à la dernière, tout en haut. Il ne faut pas qu'il manque une seule marche, qu'il néglige un seul devoir s'il veut éviter de se trouver en danger et de se retarder et s'il veut arriver en toute sécurité et le plus rapidement possible au palier le plus élevé de l'exaltation céleste.' C'est à chaque individu que revient la responsabilité de choisir le chemin de la justice, de la fidélité et du devoir envers son prochain. S'il choisit autre chose et qu'il en résulte pour lui l'échec, le malheur et la mort, il n'a qu'à s'en prendre à lui-même. » (David O. McKay, CR, avril 1957, p. 7)


Éphésiens 2:14. « le mur de séparation »


Comme on peut le remarquer dans l'ensemble de cette lettre, Paul montre que les Gentils qui acceptent l'Évangile sont maintenant acceptés et font partie du « peuple de l'alliance ». Dans le grand temple de Jérusalem, le temple proprement dit était protégé contre l'influence des Gentils. Une barrière était érigée et si un Gentil la dépassait, il pouvait être mis à mort. Des archéologues ont même trouvé un des blocs de marbre de cette barrière qui portait cette inscription : « Qu'aucun étranger n'aille au-delà de la barrière et de la clôture entourant le sanctuaire. Quiconque sera surpris à le faire attirera sur lui la mort ». On se rappellera que Paul fut accusé de n'avoir pas tenu compte de cet avertissement et d'avoir amené des Gentils au-delà de la barrière, ce qui déclencha une émeute et son arrestation (voir Actes 21:28).


Éphésiens 2:20. Comment Jésus est-il la pierre angulaire ?


Jésus, parlant aux dirigeants juifs, se compara à la pierre que ceux qui bâtissaient avaient rejetée de leur construction, comme des insensés et qui, maintenant, était devenue « la principale de l'angle » (Matthieu 21:42), ou comme dit Paul « la pierre angulaire ». Cette comparaison est tout à fait judicieuse dans cette partie du discours de Paul car la pierre angulaire, autrefois, était la pierre massive posée au coin pour réunir solidement deux murs séparés pour en faire un seul bien solide. Par le Christ, Juifs et Gentils sont liés inséparablement, non pour former deux murs séparés, mais pour former un peuple uni formant un temple du Seigneur.


ÉPHÉSIENS 3

Éphésiens 3


Paul exprime ses aspirations pour les saints d’Éphèse.


Éphésiens 3:1-16


L’apôtre Paul prêche Jésus-Christ et enseigne que, par lui, les païens peuvent être « cohéritiers » (v. 6) avec Israël des promesses de Dieu. Le ministère de Paul est de prêcher l’Évangile de Jésus-Christ aux païens.


Éphésiens 3:1-19


Les apôtres et les prophètes s’efforcent d’aider les enfants de Dieu à connaître et à ressentir l’amour de Jésus-Christ.

ÉPHÉSIENS 4

Éphésiens 4:8. « il a emmené des captifs »


« Il a vaincu la mort ; tous les hommes étaient les captifs de la mort jusqu'à ce que le Christ emprisonne la geôlière et soumette la mort ou, comme le dit la suite du psaume que cite Paul : 'Dieu est pour nous le Dieu des délivrances, et l'Éternel, le Seigneur, peut nous garantir de la mort' (Psaumes 68:21). » (McConkie, DNTC, 2:509)


Éphésiens 4:14. « Afin que nolis ne soyons plus des enfants… emportés à tout vent de doctrine »


« Les Autorités que le Seigneur a placées dans son Église constituent pour le peuple de l'Église un havre, un refuge, une amarre, pour ainsi dire. Aucun membre de cette Église ne s'égarera jamais s'il s'amarre solidement aux Autorités que le Seigneur a placées dans son Église. Cette Église ne s'égarera jamais ; le Collège des Douze ne vous entraînera jamais sur des sentiers détournés ; il ne l'a jamais fait et ne le fera jamais. Il peut y avoir des personnes qui, individuellement, font des erreurs mais il n'y aura jamais à aucun moment la majorité du Conseil des Douze du mauvais côté. Le Seigneur les a choisis ; il leur a donné des responsabilités particulières. Et les gens qui se tiennent près d'eux seront en sécurité. Et, à l'inverse, chaque fois que quelqu'un suit un chemin qui lui plaît, opposé aux Autorités, il se trouve dans un grave danger. Je ne dirai pas que les dirigeants que le Seigneur choisit sont nécessairement les plus brillants et les plus entraînés, mais ils sont ceux qui ont été choisis et, une fois qu'ils ont été choisis, ils représentent officiellement son autorité et les gens qui se tiennent près d'eux sont en sécurité. » (Spencer W. Kimball, CR, avril 1951, p. 104)


ÉPHÉSIENS 5

Éphésiens 5:16. « Rachetez le temps, car les jours sont mauvais » [sujet traité par la rédaction de la feuille d'olivier]


Voir commentaire de Colossiens 4:5-6.


« Racheter le temps : Acheter ces moments que d'autres semblent jeter ; l'amélioration constante de chaque moment présent, afin que vous puissiez, dans une certaine mesure, regagner le temps que vous avez perdu. Certains pensent qu'il y a ici une allusion au cas des débiteurs, qui, en accordant une précieuse considération à leurs créanciers, obtiennent plus de temps pour payer leurs dettes. »
(Adam Clarke, Bible Commentary, vol. 3, p. 483)

« Racheter notre temps de la paresse, du sommeil ou des loisirs inutiles et des visites impertinentes, [et l'utiliser] à des fins utiles et importantes ; parce que la vie, la santé, la liberté et l'utilisation de nos sens et de notre compréhension sont en tout temps incertaines. Le monde est également plein de misère et d'iniquité ; et il n'y a 'ni travail ni conseil... dans la tombe, où nous allons' ».
(Thomas Scott, Practical Observations on the New Testament, p. 393-394)


Éphésiens 5:22-25. Mari et femme : aimez-vous l'un l'autre


« L'une des déclarations les plus stimulantes et les plus profondes des Écritures saintes c'est l'instruction de Paul aux maris et aux femmes concernant leurs devoirs l'un envers l'autre et envers leurs enfants. D'abord, il commande aux femmes : 'Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur' (Éphésiens 5:22). 'Comme au Seigneur !', 'Soumettez-vous comme au Seigneur à votre mari', dit-il. 'Comme au Seigneur', pouvez-vous concevoir cela ? Est-ce que cela veut dire quelque chose pour vous qui écoutez les directives du Seigneur, faites sa volonté, suivez ses justes préceptes et le servez fidèlement ? 'Car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église' (Éphésiens 5:23).


« Pouvez-vous trouver dans toutes les saintes Écritures un moment où le Seigneur Jésus-Christ ne fit pas ce qu'attendait de lui son Église ? Pouvez-vous trouver une seule Écriture qui dise qu'il fut infidèle à son peuple, à ses voisins, à ses amis, à ses proches ? Est-ce qu'il fut fidèle ? Est-ce qu'il fut sincère ? Y a-t-il quoi que ce soit de bon et de digne qu'il n'ait pas donné ? C'est donc cela que nous demandons, que lui demande à un mari, à tous les maris. Tel est l'objectif. Voyez-vous un seul manquement dans sa noble vie ? Il ne doit y en avoir aucun non plus dans la vôtre. 'Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses' (Éphésiens 5:24).

« Beaucoup de fausses interprétations, beaucoup d'erreurs se glissent dans l'esprit d'un grand nombre de personnes, de nos jours… Les mots de Paul 'comme au Seigneur' veulent dire beaucoup de choses. Qu'ils s'enfoncent profondément dans votre coeur. Une femme n'a pas à craindre de se voir imposer des mesures tyranniques ou d'avoir à se soumettre à des exigences qui ne sont pas bonnes quand son mari est réfléchi et qu'il a le sens du sacrifice de soi et de la dignité. On peut penser qu'aucune femme intelligente n'hésiterait à se soumettre en toutes choses à son propre mari, s'il est vraiment juste…


« Les maris ont ce commandement : 'Maris, aimez vos femme, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-même pour elle » (Éphésiens 5:25).


« Il y a une Écriture qui dit : 'Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis' (Jean 15:13). Votre femme est votre amie. Vous devez être disposé à aller jusqu'au sacrifice de votre vie pour elle si cela était nécessaire. Donneriez-vous votre vie pour elle ?


« Il faut que vous vous posiez cette question : 'Suis-je capable d'aimer ma femme comme le Christ a aimé l'Église ?' Imaginez-vous la façon dont il aima l'Église ? Chacun de ses souffles était important pour lui. Chaque étape de sa croissance, chaque membre qui la composait étaient précieux pour lui. Il donna à son peuple toute son énergie, tout son pouvoir, il s'y consacra totalement. Il donna sa vie : qu'aurait-il pu donner de plus ? » (Spencer W. Kimball, Address to Religious Educators, Assembly Hall, 12 sept. 1975, p. 3-5)


ÉPHÉSIENS 6

Éphésiens 6:5-9. Relations entre serviteurs et maîtres : « comme des serviteurs du Christ »


Spencer W. Kimball a montré que le conseil de Paul est encore applicable de nos jours bien que l'esclavage ait en principe été aboli :


« Paul parle des 'maîtres impies' et fait certainement allusion à ceux qui escroquent les serviteur 􀃎 ou les employés et ne paient pas convenablement les travaux effectués ou la marchandise fournie. Il pense vraisemblablement à ceux qui sont méchants, exigeants et n'ont aucune considération pour leurs subordonnés. Bref, l'employeur doit traiter ses employés selon la règle d'or, se souvenant qu'il y a un Maître dans les cieux qui juge aussi bien l'employeur que l'employé.


« Paul exige de même un niveau élevé de la part des employés. Nous pouvons interpréter ceci en termes modernes comme voulant dire que le serviteur et l'employé doivent constamment servir avec honnêteté, d'une manière pleine et entière, et faire pour leur employeur ce qu'ils voudraient que l'employé fasse pour eux si eux-mêmes étaient l'employeur. Toute autre façon de faire exige la repentance. » (Le miracle du pardon, p. 55-56)


Éphésiens 6:11-17. Que signifie pour un saint des derniers jours de se revêtir « de toutes les armes de Dieu » ?


« Remarquez maintenant la nature des armes dont Paul revêt l'homme qui se prépare à affronter les puissances des ténèbres. Il dit : 'Ayez à vos reins la vérité pour ceinture.' Les reins, c'est cette partie du corps entre la côte inférieure et la hanche et vous vous rendrez compte que c'est celle où se trouvent les organes vitaux de la reproduction…  Paul disait que cette partie du corps était l'une des plus vulnérables. Nous devons avoir les reins ceints d'une armure. Et ensuite, nous devons avoir une cuirasse sur le coeur. Vous vous rappelez que dans les Écritures, le coeur est toujours le symbole de notre conduite… Ainsi, nous devons avoir une cuirasse sur le coeur.


« Il dit ensuite que nous devons avoir les pieds chaussés de quelque chose qui les protègerait, les pieds représentant les objectifs, les buts de la vie que nous devrions protéger par une sorte d'armure et empêcher de se mettre sur le mauvais pied. Et finalement, nous devons avoir un casque sur la tête. Voilà les quatre parties du corps que l'apôtre Paul vit comme les plus vulnérables devant les puissances des ténèbres. Les reins, symbolisant la vertu, la chasteté ; le coeur symbolisant notre conduite ; nos pieds, nos buts ou nos objectifs dans la vie et, finalement notre tête, nos pensées.


« Ce qui est encore plus intéressant à étudier, c'est l'armure elle-même destinée à nous protéger… Nous devons ceindre nos reins de la vérité. Qu'est-ce que la vérité ? La vérité, dit le Seigneur, c'est la connaissance des choses telles qu'elles sont, telles qu'elles étaient et telles qu'elles seront… Qu'est-ce qui va nous guider le long du chemin des bonnes valeurs morales ou des bons choix ? Ce sera la connaissance de la vérité. Il faut qu'il y ait une norme par laquelle évaluer notre conduite, autrement comment saurons-nous ce qui est bien ? Et comment saurons-nous ce qui est mal ?… 'Nos reins seront ceints de vérité' a dit le prophète.


« Et le coeur ? Quelle est la sorte de cuirasse qui protègera notre conduite dans la vie ? Nous aurons sur notre coeur une cuirasse de justice. Ayant appris la vérité, nous avons une norme selon laquelle nous pouvons faire la distinction entre le bien et le mal et ainsi notre conduite sera toujours jugée en fonction de ce que nous savons être vrai. La cuirasse qui couvrira notre conduite sera la cuirasse de la justice.


« Avec quoi protègerons-nous nos pieds ou bien en fonction de quoi jugerons-nous nos objectifs ou nos buts dans la vie ? Dans toutes les Écritures on trouve une phrase suggérée par ce que l'apôtre Paul avait proposé comme protection pour nos pieds. Il dit : 'Mettez pour chaussures à vos pieds le zèle que donne l'Évangile de paix'. Intéressant, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que l'Évangile de paix ? Tout le coeur et la substance de l'Évangile de paix furent bâtis autour de la personne de celui qui fut couché dans une crèche… Comme vous avez de la chance si, dans votre enfance, au foyer, votre père et votre mère vous ont appris la doctrine de la repentance, la foi en Christ, le Fils du Dieu vivant ; la signification du baptême et de ce que l'on obtient par l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit. Comme il a de la chance l'enfant qui a appris à prier et qui a reçu tous ces enseignements qu'il gardera pendant toute sa vie, les pieds chaussés du zèle que nous donne l'Évangile de paix…


« Et enfin, le casque du salut. Avez-vous jamais entendu parler de cette sorte de casque ? Le casque du salut. Qu'est-ce que le salut ? Le salut, c'est le fait d'être sauvé. Sauvé de quoi ? Sauvé de la mort et sauvé du péché…


« Quand ces deux choses auront été enlevées de la terre et quand celle-ci aura été sanctifiée et purifiée de son impureté, elle sera le lieu du salut. Le royaume céleste sera sur cette terre car il n'y aura plus de péché, plus de mort, plus de pleurs car toutes les anciennes choses n'existeront plus. Grâce à qui ? À l'expiation du Seigneur Jésus-Christ. L'apôtre Paul a dit en effet qu'un casque de salut guiderait notre pensée pendant toute notre vie…


« L'apôtre Paul alla plus loin. Il ne laissa pas l'homme revêtu de son armure, s'attendant simplement à le voir faire face à une armée, visible ou invisible. Il mit à cet homme un bouclier dans une main et une épée dans l'autre, ces armes étant celles de l'époque. Ce bouclier était le bouclier de la foi et l'épée, l'épée de l'Esprit qui est la parole de Dieu. Pour ma part, je ne peux penser à des armes plus puissantes que la foi et une connaissance des Écritures qui contiennent la parole de Dieu. Quelqu'un ainsi armé et ainsi préparé est prêt à sortir se battre contre cet ennemi qui est plus à craindre que les ennemis de la lumière. » (Harold B. Lee, Feet Shod with the Preparation of the Gospel of Peace, Speeches of the Year, 1954, p. 2-4, 6-7)

 

 

PHILIPPIENS

I 01 I 02 I 03 I 04 I



PHILIPPIENS 1

Philippiens 1 à 3


L’apôtre Paul exhorte les saints de Philippes à œuvrer ensemble pour vivre l’Évangile de Jésus-Christ. Il leur conseille de suivre l’exemple d’humilité et de désintéressement du Sauveur et il enseigne que Dieu opère en eux pour qu’ils obtiennent le salut. Paul parle des sacrifices qu’il a faits pour suivre Jésus-Christ.


Philippiens 1


Paul parle des bénédictions qui découlent de l’opposition.


Philippiens 1:1-11


Paul exprime sa reconnaissance et son amour pour les saints de Philippes.


Philippiens 1:3-11


L’un des buts de Paul en écrivant cette lettre est d’exprimer sa reconnaissance pour l’affection et le soutien financier que les saints de Philippes lui ont accordés pendant son deuxième voyage missionnaire et son emprisonnement à Rome.


Philippiens 1:7, 13, 16


Selon ces versets, Paul a dû écrire cette lettre entre  60 et 62 après J-C, pendant qu’il était emprisonné à Rome.


Philippiens 1:12-14


L’opposition rencontrée par Paul a « contribué aux progrès de l’Évangile » (v. 12). Dans tous les « prétoires » c’est-à-dire les quartiers généraux militaires, les gens savent que Paul est emprisonné pour avoir prêché l’Évangile de Jésus-Christ. L’emprisonnement de Paul incite aussi d’autres membres de l’Église à être plus courageux pour prêcher l’Évangile. Ces versets nous apprennent que l’opposition que nous rencontrons en suivant Jésus-Christ peut aider à faire avancer son œuvre.


Philippiens 1:15-26


Paul enseigne que, quoi qu’il lui arrive, cela glorifiera le Sauveur.


Philippiens 1:28


La Ttraduction de Joseph Smith dit : « Sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires, qui ont rejeté l’Évangile, ce qui est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous qui avez reçu l’Évangile, de salut ; et cela de la part de Dieu. »


PHILIPPIENS 2


Voir commentaire de Philippiens 1 à 3.


Philippiens 2:5-8. De l'égalité et de la nature du Père et du Fils


« Où repose donc l'égalité de notre Seigneur avec son Dieu et notre Dieu ? N'est-ce pas en ce que Jésus, couronné maintenant lui-même d'exaltation, a reçu de son Père toute connaissance, toute vérité, toute sagesse, tout pouvoir ? N'est-ce pas dans le même sens que tous les fils de Dieu, en tant que co-héritiers avec Christ recevront tout ce que le Père possède ? (voir D&A 76:54-60 ; 84:38 ; 132:20). N'est-ce pas en ce que, marchant sur les traces du Père, ceux qui sont adoptés comme ses fils gagnent leur propre exaltation ? » (McConkie, DNTC, 2:531)


Philippiens 2:12. « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement »


« Une doctrine importante de l'Église est que chaque personne, individuellement, porte la responsabilité de travailler à son salut ; et le salut se réalise selon un développement progressif. L'Église n'accepte pas la doctrine selon laquelle il suffit de croire en Jésus-Christ et de le murmurer. Un homme peut dire qu'il croit, mais s'il ne fait rien pour que cette croyance ou cette foi le pousse à agir, à réaliser, à faire progresser son âme, sa profession de foi ne lui servira à rien. 'Travaillez à votre salut' est une exhortation à prouver la réalité de sa foi par l'activité et un effort d'obéissance réfléchi. Mais il faut faire cela en sachant bien que si l'on ne compte absolument que sur soi, il peut en résulter de l'orgueil et une faiblesse qui mènera à l'échec. C'est avec 'crainte et tremblement' que nous devons rechercher la force et la grâce de Dieu pour qu'il nous donne l'inspiration pour obtenir la victoire finale.


« 'Travailler à son salut', ce n'est pas s'asseoir paresseusement en rêvant et en espérant que Dieu enverra généreusement ses bontés et ses bénédictions sur nos genoux. C'est accomplir chaque jour, à chaque heure, à chaque instant si nécessaire la tâche ou le devoir qui se présente immédiatement et continuer à l'accomplir avec joie au fil des années, laissant à un Père juste et bienveillant le soin de déterminer à qui accorder les fruits de ces travaux, à celui qui les a accomplis ou à d'autres. » (David O. McKay, CR, avril 1957, p. 7)


PHILIPPIENS 3


Voir commentaire de Philippiens 1 à 3.


Philippiens 3:2. « Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux circoncis »


Paul ici attaque les judaïsants, ces judéo-chrétiens qui exigeaient une obéissance complète à la loi mosaïque comme condition pour être sauvé.


Il a utilisé le mot « chiens » pour suggérer qu'ils étaient impurs et impies. L'utilisation de l'expression « mauvais ouvriers » indique qu'ils pensaient être justes et qu'en réalité ils ne l'étaient pas.


Le mot employé par Paul et qui a été traduit par « faux circoncis » était un mot ressemblant à circoncision et qui signifiait « mutilation » et que Paul emploie par dérision à la place de circoncision.


Philippiens 3:15. Paul voulait-il dire que les saints étaient parfaits ?


« Quand ces apôtres écrivaient aux membres de l'Église, ils s'adressaient à eux comme à des saints. Un saint n'est pas nécessairement une personne parfaite, mais une personne qui tend vers la perfection, quelqu'un qui essaie de surmonter les défauts et les faiblesses qui l'éloignent de Dieu. Un vrai saint cherche à changer sa manière de vivre pour se rapprocher des voies du Seigneur. Il est vrai que nous avons chacun des imperfections à combattre. La vie est une série constante de difficultés à surmonter et d'épreuves. Malgré cela, nous ne devons jamais cesser de lutter pour acquérir cette perfection de vie qui peut nous permettre une meilleure communion avec Dieu. » (Theodore M. Burton, CR, octobre1973, p. 51)


PHILIPPIENS 4

Philippiens 4:14. De quelle façon les Philippiens ont-ils pris part à la détresse de Paul ?


Paul fait ici allusion aux dons que les saints ont fait à Paul.

 

 

COLOSSIENS

I 01 I 02 I 03 I 04 I



COLOSSIENS 1

Colossiens 1:5-6. « dans le monde entier » :


La Traduction de Joseph Smith rend l'expression « dans le monde entier » par « dans toutes les générations ». Bruce R. McConkie l'interprète comme signifiant « dans
toutes les dispensations » [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] (DNTC, 2: 23). Colossiens 1:5-6 semble signifier que l'Évangile a été prêché par les saints prophètes et instructeurs dans toutes les dispensations au cours de l'histoire du monde.


Colossiens 1:9. Comment peut-on connaître la volonté de Dieu ?


« Tous les saints que nous connaissons par les révélations de Dieu qui existent encore, obtinrent la connaissance qu'ils étaient acceptés aux yeux de Dieu par le sacrifice qu'ils lui offrirent ; et par la connaissance qu'ils obtinrent ainsi, leur foi devint suffisamment forte pour s'accrocher à la promesse de la vie éternelle et pour endurer comme s'ils voyaient celui qui est invisible ; et ils furent rendus capables, par la foi, de combattre les puissances des ténèbres, de déjouer les ruses de l'adversaire, de vaincre le monde et d'obtenir ce qui est au bout de leur foi, le salut de leur âme. » (Lectures on Faith, Lecture Sixth, vs. 11, p. 59)


Colossiens 1:19. Comment « toute la plénitude » peut-elle demeurer dans le Fils ?


Il a plu au Père d'investir Jésus, le Fils, de tout pouvoir dans le ciel et sur la terre (voir Matthieu 28:18), de le placer dans les hauts lieux près du Père et de le rendre parfait comme le Père est parfait (Éphésiens 1:23 ; Colossiens 2:9). Le Fils « est aussi à l'image et à la ressemblance du personnage du Père, possédant toute la plénitude du Père ou la même plénitude que le Père… Et, étant le seul fils engendré du Père, plein de grâce et de vérité et ayant vaincu, il reçut une plénitude de la gloire du Père, possédant la même pensée que le Père » (Lectures on Faith, Lecture Fifth, vs. 2, p. 48-49)


Colossiens 1:26. « le mystère caché de tout temps et dans tous les âges »


Paul parle du Christ comme d'un mystère et c'est ce qu'il est pour tous ceux qui essaient de le comprendre avec un esprit charnel. Le Christ n'est connu que par l'homme spirituel.


COLOSSIENS 2

Colossiens 2:8. Quel est le danger de la connaissance acquise dans le monde ?


« Le Seigneur a fortement mis en garde contre l'égotisme et l'arrogance, le fol orgueil et l'esprit de rébellion qui accompagne parfois les connaissances. Pour notre bonheur et notre exaltation, il est indispensable que nous acquérions et mettions en application la connaissance avec intelligence (la 'lumière de la vérité') et humilité….

« 'Être instruit est une bonne chose si on écoute les conseils de Dieu' (2 Néphi 9:29). » (Hanks, Now and Forever, p. 126)


Colossiens 2:11. « la circoncision de Christ »


C'est une « circoncision spirituelle qui consiste à accepter le Christ et à vivre son Évangile, à couper non une partie du corps, mais toute sa nature charnelle. Cela contraste avec la circoncision charnelle ou littérale qui avait été autrefois un symbole de la conformité à la loi des commandements charnels que Dieu donna à Moïse pour rappeler à Israël ses devoirs. » (McConkie, DNTC, 3:33)


Colossiens 2:13. « être rendu à la vie » par Jésus après avoir été mort dans le péché


Celui qui était mort spirituellement à cause du péché peut être rendu spirituellement vivant par sa soumission aux premiers principes et ordonnances de l'Évangile. Il est amené à une nouveauté de vie en Jésus-Christ par le pardon de ses anciens péchés.


« Notre Père aimant nous a donné le merveilleux principe du repentir comme accès au pardon. Tous les péchés, sauf ceux qui font exception pour le Seigneur, fondamentalement le péché contre le Saint-Esprit et le meurtre, seront pardonnés à ceux qui se repentent totalement, d'une manière suivie et continue pour produire une transformation sincère et globale de leur vie. Le pardon existe même pour le pécheur qui commet des transgressions graves, car l'Église pardonnera et le Seigneur pardonnera ces choses quand le repentir sera parvenu à maturité. » (Spencer W. Kimball, Le miracle du pardon, p. 24)


Colossiens 2:18-19. Que veut dire Paul quand il parle du culte des anges ?


La philosophie gnostique enseignait que Dieu n'était pas directement approchable par l'homme, mais qu'il fallait entrer en contact avec lui par une série d'anges médiateurs ou d'esprits moins divins. Paul dénonce ici cette notion du culte des anges qui détourna les saints de la soumission au vrai chef (le Christ),le seul vrai médiateur entre l'homme et Dieu.


COLOSSIENS 3


Colossiens 3 et 4


Paul recommande aux saints de Colosses d’affectionner les choses célestes et de faire preuve de sagesse Dans Colossiens 3-4, l’apôtre Paul exhorte les saints de Colosses à mettre un terme à leur méchanceté et à cultiver les qualités de Jésus-Christ. Il leur recommande aussi de s’adonner à la prière et de faire preuve de sagesse, notamment dans leurs relations avec les gens qui ne sont pas chrétiens. Il transmet aussi les salutations de plusieurs de ses compagnons dans le ministère, notamment Luc.


Colossiens 3:3. « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu »


Ce verset parle de ceux qui sont morts au péché et scellés à la vie éternelle. 


« Votre vie est cachée avec Christ en Dieu et iI en est ainsi de nombreux autres. Rien d'autre que le péché impardonnable ne peut vous empêcher d'hériter de la vie éternelle, car vous êtes scellés par le pouvoir de la prêtrise à la vie éternelle, ayant fait la démarche nécessaire pour cela. » (Joseph Smith, HC, 5:391)


Colossiens 3:5. « Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre »


« Cela veut dire : Faites mourir et maîtriser vos désirs charnels ; disciplinez vos appétits ; maîtrisez vos désirs du monde. » (McConkie, DNTC, 3:36)


Colossiens 3:11. L'égalité dans la fraternité en Christ


« Je pourrais dire, en utilisant le langage de l'apôtre Paul : 'Nous ne sommes ni Anglais, ni Allemands, ni Français, ni Hollandais, ni Espagnols, ni Italiens, mais nous sommes tous un en tant que membres baptisés de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, et aussi nous sommes 'la descendance d'Abraham', comme l'a déclaré l'apôtre Paul, et par conséquent 'héritiers de la promesse'. Nous tous, enfants de Dieu, avons été baptisés par ceux qui ont été autorisés à prêcher l'Évangile et en administrer les ordonnances. » (Harold B.Lee, European Area, CR, août 1973, p. 5-6)


Colossiens 3:17. Comment une femme doit-elle être « soumise » à son mari ?


En Grec, le mot « soumis » n'implique pas que les femmes soient inférieures aux hommes. Cela implique plutôt la volonté de se laisser guider par l'autre. C'est le même mot qui est utilisé dans Luc 2:51 où Luc montre comment Jésus retourna à Nazareth avec Marie et Joseph, soumis à eux. Dans n'importe quelle organisation, y compris celle de la famille, il faut que quelqu'un gouverne ; et Paul suggère ici que c'est l'homme qui a cette tâche par la prêtrise qu'il détient et que la femme doit la reconnaître et s'y soumettre. Dans le verset qui suit immédiatement, Paul demande aux hommes d'aimer leur femme ; ainsi, il ne justifie en aucune façon d'abuser de son pouvoir, verbalement ou physiquement ni aucune sorte de dictature au foyer (voir Éphésiens 5:22-31).


Colossiens 3:19. « Maris, aimez vos femmes »


« Il y a des gens mariés qui permettent à leurs yeux de se promener et à leur coeur de vagabonder, qui pensent que c'est normal de flirter un peu, de partager leur coeur et de désirer quelqu'un d'autre que sa femme ou son mari. Le Seigneur dit en termes non équivoques : 'Tu aimeras ta femme de tout ton coeur, et tu t'attacheras à elle et à personne d'autre' (D&A 42:22).

« Et quand le Seigneur dit : 'de tout ton coeur', il ne permet aucun partage, aucune division, aucune restriction. Et la même chose est dite à la femme : Tu aimeras ton mari de tout ton coeur, et tu t'attacheras à lui et à personne d'autre. Les mots 'personne d'autre' éliminent toute autre personne et toute autre chose. L'époux (ou l'épouse) prend la première place dans la vie du mari ou de la femme et ni la vie sociale, ni le métier, ni la vie politique, ni aucun autre intérêt, aucune personne, ni aucune chose ne doit jamais passer au-dessus de l'époux ou de l'épouse. Nous voyons parfois des femmes qui accaparent leurs enfants et s'affairent autour d'eux aux détriments du mari, les éloignant parfois même de lui. Le Seigneur dit à ces femmes : Tu t'attacheras à lui et à personne d'autre.


« Le mariage présuppose une appartenance totale et une fidélité totale. Chaque homme et chaque femme prend son conjoint étant bien entendu qu'il ou elle se donne totalement à l'autre : tout son coeur, toute sa force, toute sa loyauté, tout son honneur et toute son affection avec toute sa dignité. Toute divergence est péché, tout partage du coeur est transgression. De même que nous devons avoir en vue seulement la gloire de Dieu, de même nous devons avoir les yeux, les oreilles et le coeur tournés vers le mariage, l'époux ou l'épouse et la famille. » (Spencer W. Kimball, CR, octobre 1962, p. 57)


Voir aussi le commentaire sur Éphésiens 5:22-23.


COLOSSIENS 4

Voir commentaire de Colossiens 3 et 4.


Colossiens 4:5-6. « Rachetez le temps » [sujet traité par la rédaction de la feuille d'olivier]


Voir commentaire de Éphésiens 5:16.


L'expression apparaît dans la version Segond, dans la version anglaise du roi Jacques [« rachetant le temps »] et n'a pas été modifiée dans la Traduction de Joseph Smith.


« On a déjà vu cette expression dans l'épître aux Éphésiens [5:16, ndlr]. Le temps présent n'est point à nous. Dieu nous en a laissé l'usage, pour l'employer à la gloire et à notre salut. C'est à nous à nous le rendre propre, en l'achetant par la pratique des bonnes œuvres. Nous le perdons si nous l'employons mal ; si nous en abusons, nous en rendrons un compte rigoureux à la justice du Seigneur. La circonstance où l'apôtre emploie cette expression ici et dans l'épître aux Éphésiens me persuade qu'il veut principalement marquer l'attention pleine de prudence que les fidèles doivent apporter pour se tirer des temps fâcheux, et pour éviter les persécutions. » (Augustin Calmet, Commentaire, Épitres de Saint Paul, tome 2, p. 166)


Le verset complet dit : « Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors, et rachetez le temps. »


« Ainsi les Colossiens doivent 'racheter leur temps', en acquérant et en exerçant cette sagesse céleste, à l'honneur de Dieu et au bien de l'humanité afin que leur conversation soit non seulement inoffensive, mais 'toujours avec grâce' [v. 6], soit le langage authentique de la piété, de la pureté, de la sagesse et de l'amour. Les choses célestes se savourent comme la viande est conservée et savourée en étant assaisonnée avec du sel [v. 6] (voir Matthieu 5:13). En tenant compte de ces règles, ils sauraient comment ils doivent répondre à chaque homme [v. 6], s'il demande une raison de leur espérance [1 P. 3:15] et s'il s'enquiert sérieusement de la nature du christianisme ; ou s'il désirait une solution de quelque doute ou difficulté ; ou s'il était disposé à objecter, à critiquer, à contester ou à insulter ; car la douceur de la sagesse céleste dicterait une réponse pertinente à chaque occasion, et les préserverait des disputes honteuses. » (Thomas Scott, Practical Observations on the New Testament, p. 410)

« Le sel [v. 6] : Chez les Grecs, le sel attique désignait l'esprit, l'intelligence, l'ingéniosité audacieuse souvent accompagnée d'illusions polluantes ou profanes qui étaient coutumières et admirées. Probablement l'apôtre y fait-il allusion, mais il montre à ses lecteurs une manière bien plus excellente. » (Cecil, dans Matthew Henry, The Comprehensive Commentary on the Holy Bible: Acts – Revelation, p. 436)


« Racheter le temps ; soit en améliorant toutes les occasions de leur faire du bien ; ou bien, marchant prudemment et avec circonspection, afin de ne pas leur donner l'avantage, ou d'être exposé à leur malveillance. » (Thomas Scott, dans Matthew Henry, The Comprehensive Commentary on the Holy Bible, : Acts – Revelation, p. 436)


 

1 THESSALONICIENS

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1 THESSALONICIENS 1

1 Thessaloniciens 1:1. Pourquoi Paul écrivit-il aux Thessaloniciens, et quand ces lettres furent-elles écrites ?

Les missionnaires furent chassés de Thessalonique par les Juifs en colère (voir Actes 17:5, 10). De là, Paul se rendit à Bérée, puis à Athènes et enfin à Corinthe où Silas et Timothée le rejoignirent. Paul alors renvoya Timothée à Thessalonique vérifier comment les choses allaient dans la branche.


Pendant qu'il était avec les saints de Thessalonique à observer la situation dans cette jeune branche, Timothée apporta certainement des conseils et du réconfort aux membres et leur rappela leurs devoirs et leurs engagements dans l'Évangile. Après cela, il retourna à Corinthe et fit rapport à Paul. Avec le rapport de Timothée et l'expérience personnelle qu'il avait déjà de Thessalonique, Paul put écrire aux saints et les féliciter de leur vie exemplaire de chrétiens.


Il leur envoya un message de consolation et d'encouragements pour qu'ils puissent être capables de continuer à supporter la persécution et les épreuves et à rester fermes dans leur foi au Seigneur Jésus-Christ. Écrit à des membres dont on se rend compte que la plupart étaient des Gentils avant leur baptême et non des Juifs, le livre attire l'attention sur des problèmes qui étaient probablement particuliers à des convertis d'origine païenne. Les trois problèmes auxquels les convertis de Thessalonique avaient à faire face étaient les questions de solidarité dans les relations sociales, de pureté sexuelle et d'honnêteté dans le travail. Si les saints de Thessalonique avaient été des Juifs convertis, il semble qu'ils n'auraient pas eu les mêmes problèmes à un tel degré. Pourquoi ? Parce que les Juifs avaient été éduqués dans la loi de Moïse qui encourageait les relations sociales et surtout les liens familiaux, décourageait le péché sexuel et mettait à l'honneur les vertus des six jours de travail.


Les lettres aux Thessaloniciens furent écrites – pour autant qu'on puisse le déterminer – de Corinthe, plusieurs mois après que Paul ait quitté la Macédoine, probablement vers la fin de l'année 52.


1 Thessaloniciens 1:1. Qui étaient Silvanus et Timothée ?


Silvanus est l'autre forme du nom Silas ; on pense que cet homme est celui qui accompagna Paul dans son deuxième voyage missionnaire (voir le commentaire sur
Actes 15:40).


1 Thessaloniciens 1:10. Comment les saints peuvent-ils être délivrés de la colère à venir ?

« Nous semblons être préoccupés par la pensée que les saints devraient profiter de chaque porte qui leur semblera être ouverte pour obtenir un point d'appui sur cette terre, et se préparer de toutes leurs forces en vue des orages terribles qui s'amassent maintenant dans les cieux, 'un jour de nuées, de ténèbres et d'obscurité, de ténèbres épaisses', dont ont parlé les prophètes et qui ne peut tarder longtemps encore. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 192)


La « colère à venir » c'est « la désolation de l'abomination qui attend les méchants, tant dans ce monde que dans le monde à venir » (D&A 88:85).


1 THESSALONICIENS 2

1 Thessaloniciens 2:2. Qu'implique le fait que Paul annonçait l'Évangile « au milieu de bien des combats » ?


Il semble que Paul ne prêcha jamais mieux l'Évangile qu'en étant en conflit avec les Juifs et les Gentils qui s'opposaient à lui, en luttant durement contre les épreuves morales et en ayant de grandes épreuves. Aujourd'hui, les missionnaires doivent aussi endurer des difficultés et de l'opposition : l'opposition des non-membres, le doute et la tentation qui viennent d'eux-mêmes ou imposés par le diable et même des épreuves physiques et financières. Et, comme Paul, les missionnaires aujourd'hui surmontent les difficultés et endurent de la même façon : par la persévérance née de la foi au Seigneur Jésus-Christ.


1 THESSALONICIENS 3

1 Thessaloniciens 3:1-7


Timothée rapporte à Paul que les saints sont restés fidèles malgré la persécution.


1 Thessaloniciens 3:9 à 4:12


Paul exhorte les saints à se sanctifier en d’autres termes à devenir pur, par l’obéissance aux commandements de Dieu, que Paul et d’autres leur ont enseignés.


1 THESSALONICIENS 4


Voir commentaire de 1 Thessaloniciens 3:9 à 4:12.


1 Thessaloniciens 4:3-5. Que veut dire « posséder son corps dans la sainteté et l'honnêteté » ?


Les hommes et les femmes doivent maîtriser leur corps, le respecter comme un temple de Dieu et l'honorer. Ils ne doivent pas l'utiliser comme un instrument servant à satisfaire leurs appétits sensuels.


« Être sanctifié, c'est devenir propre, pur et sans souillure ; n'avoir aucune part au sang et aux péchés du monde ; devenir une nouvelle créature du Saint-Esprit, quelqu'un dont le corps a été renouvelé par la nouvelle naissance de l'Esprit. La sanctification est un état de sainteté, un état auquel on ne parvient qu'en se conformant aux lois et aux ordonnances de l'Évangile. Le plan de salut est le système et le moyen qui a été fourni aux hommes pour pouvoir sanctifier leur âme et, par là, devenir dignes d'un héritage céleste. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 675)


1 THESSALONICIENS 5

1 Thessaloniciens 5:2. « Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit »


« Je ne sais pas quand il va venir. Nul ne le sait. Même les anges des cieux sont dans l'ignorance de cette grande vérité (voir Matthieu 24:36-37). Mais ce que je sais, c'est que les signes qui ont été annoncés sont là. La terre est pleine de calamités, de troubles. Le coeur des hommes leur manque. Nous voyons les signes comme nous voyons les feuilles pousser sur le figuier; et, sachant que ce temps est proche, il convient que vous et moi, et tous les hommes sur la surface de la terre, nous écoutions les paroles du Christ et ses apôtres et que nous veillions car nous ne savons ni le jour ni l'heure. Mais je vous dis ceci : il viendra comme un voleur dans la nuit, au moment où beaucoup d'entre nous ne seront pas prêts. » (Smith, Doctrines of Salvation, 3:52-53)


1 Thessaloniciens 5:12-13. « Ayez de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur »


Les membres de l'Église doivent tenir en haute estime les dirigeants ecclésiastiques qui ont l'autorité sur eux. Ils doivent perdre complètement l'habitude de critiquer, de blâmer, de médire et de faire des commérages, pour faire place au désir d'aider, aux compliments sincères, à la bonté et à la patience. Il faut respecter et honorer de la même façon tous ceux qui travaillent à édifier le royaume.


Comment les détenteurs de la prêtrise peuvent-ils faire qu'on les honore de cette façon ? Pour les hommes de l'Église, voici un conseil d'une grande valeur : « Si vous honorez la Sainte Prêtrise d'abord en vous-même, vous l'honorerez en ceux qui vous gouvernent et en ceux qui oeuvrent dans les divers appels de l'Église. » (Joseph F. Smith, Melchizedek Study Guide, 1970-71, leçon 27, § 7). Toujours, selon le président Smith, il y a un corollaire qui est également vrai pour les femmes de l'Église : « Si vous honorez la Sainte Prêtrise (dans la personne de votre mari, de votre père, de vos fils), vous honorerez (cette prêtrise et ses appels) en ceux qui vous gouvernent et en ceux qui oeuvrent dans les divers appels de l'Église. »


1 Thessaloniciens 5:14. « Supportez les faibles »


« Les saints sont exhortés ici à soutenir, à réconforter ceux qui manquent de courage ou de résolution pour vivre l'Évangile. » (McConkie, DNTC, 3:58)


1 Thessaloniciens 5:19. « N'éteignez pas l'Esprit »


« Dans la vraie Église, il y aura toujours des manifestations puissantes de l'Esprit de Dieu. La tendance à les retenir et les empêcher est une tendance du monde. » (McConkie, DNTC, 3:58)


1 Thessaloniciens 5:26. Que veut dire Paul par l'expression : « Saluez tous les frères par un saint baiser »


Traduction de Joseph Smith : « Saluez tous les frères par une sainte salutation. »

 

2 THESSALONICIENS

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2 THESSALONICIENS 1

2 Thessaloniciens 1:9. Qu'est-ce que « la ruine éternelle » ?


La ruine éternelle, c'est-à-dire la destruction éternelle, c'est la mort spirituelle « qui est d'être rejeté hors de la présence de Dieu et être mort aux choses de la justice » (McConkie, DNTC, 3:61).

2 THESSALONICIENS 2

2 Thessaloniciens 2:2. « Par quelque lettre qu'on dirait venir de nous »


Traduction de Joseph Smith : « Que vous ne soyez pas ébranlés dans votre esprit ou troublés par une lettre, sauf si vous la recevez de nous ; ni par l'esprit, ni par une parole, autre que celle que le jour du Christ est proche. »


2 Thessaloniciens 2:3. « Car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant »


Le mot grec que Paul utilise est le mot apostasia dont dérivent les mots apostasie, apostasier et apostat. Le sens littéral du mot, c'est se révolter ; mais dans le grec séculier, cela signifiait la révolte politique ou le changement de forme de gouvernement. Ce passage dans Thessaloniciens est une référence à l'apostasie qui devait se produire sur la terre avant que le Seigneur ne revienne pour gouverner et régner en majesté et en pouvoir.


2 Thessaloniciens 2:3. Qui est « le Fils de perdition » ?


Sont connus sous le nom de Fils de perdition Satan et ceux qui, avec lui, se rebellèrent dans les cieux contre Dieu et furent précipités. Ces esprits rebelles « choisirent le mal délibérément, après avoir eu la lumière. Pendant qu'ils demeuraient dans la présence de Dieu, ils entrèrent en rébellion en toute connaissance de cause. Leur mission sur la terre est d'essayer de détruire l'âme des hommes et de les rendre aussi malheureux qu'ils le sont eux-mêmes » (Smith, Doctrines of Salvation, 2:219). Le mot perdition est dérivé du latin perditus qui signifie « détruire » et ce fut un titre donné à Satan (D&A 76:26). Par conséquent, dans ce passage, Paul parle de Satan.


2 Thessaloniciens 2:7. Qu'est-ce que le mystère de l'iniquité ?


« Le fait de savoir qui ou ce qui retenait le pouvoir de l'iniquité à ce moment-là a soulevé bien des discussions. Certains auteurs soutiennent que c'est la présence des apôtres qui eut cette action tandis que d'autres croient que c'était le pouvoir du gouvernement romain. On sait que la politique romaine était de décourager les querelles religieuses et de laisser une grande liberté de culte tant que les dieux de Rome n'étaient pas insultés, ni leurs sanctuaires profanés. Avec le déclin de la suprématie romaine, 'le mystère de l'iniquité' présent dans l'Église apostate agit pratiquement sans retenue.


« L'expression 'mystère de l'iniquité' utilisée par Paul est significative. Parmi les premiers qui pervertirent la foi chrétienne, ceux qui s'attaquèrent à sa simplicité et à son caractère universel furent particulièrement importants. Cette simplicité était si différente des mystères du judaïsme et des rites mystérieux de l'idolâtrie païenne que beaucoup s'en trouvèrent déçus. Et les premiers changements dans la forme chrétienne du culte furent marqués par l'introduction de cérémonies mystiques. » (Talmage, The Great Apostasy, p. 41-42)


D'après la Traduction de Joseph Smith, celui qui doit disparaître (qui « sera chassé »), c'est Satan qui fut et qui est toujours la cause de la misère, du malheur et du péché dans le monde. Et il continuera jusqu'à ce qu'il soit lié par le Seigneur au début du millénium (voir McConkie, DNTC, 3:63).


Traduction de Joseph Smith : « Car le mystère de l'iniquité agit déjà, et c'est celui qui agit maintenant et que le Christ laisse agir jusqu'à ce qu'arrive le temps où il sera chassé. »


2 Thessaloniciens 2:9. Satan a-t-il le pouvoir d'opérer des signes et des prodiges ?


« Satan a un grand pouvoir pour produire de faux signes et de faux prodiges. Il a la capacité d'imiter les miracles de Dieu – voyez les efforts des magiciens à la cour de Pharaon quand ils imitèrent le miracle de Moïse et d'Aaron (voir Exode 7, 8). Satan a du pouvoir sur les éléments. Il est un maître en tromperie. Il peut apparaître sous la forme d'un ange de lumière (voir 2 Corinthiens 11:14). C'est un bon orateur ; il a le don des langues. Satan a de nombreux pouvoirs qu'il utilise pour égarer les hommes. Les esprits qui suivirent Satan ont les mêmes capacités, à un moindre degré (voir Apocalypse 16:14). Mais dans tout cela, « le pouvoir du démon est limité ; le pouvoir de Dieu est illimité. » (Discours de Brigham Young, p. 68)


2 Thessaloniciens 2:11. Dieu cherche-t-il à égarer les hommes ?


Dieu n'essaie pas d'égarer les hommes car il est un Dieu de vérité et il ne peut pas mentir (voir D&A 62:6 ; Deutéronome 32:4). Il laisse les hommes croire ce qu'ils veulent. S'ils choisissent d'accepter ce qui n'est pas la vérité, il ne les force pas à penser ou à faire autrement.


« Si l'homme doit être récompensé pour le bien et puni pour le mal, la justice élémentaire exige qu'il ait le pouvoir d'agir comme il veut. La connaissance du bien et du mal est essentielle pour la progression de l'homme sur la terre. S'il était forcé de faire tout le temps le bien ou s'il était poussé à commettre le péché sans qu'il puisse y résister, il ne mériterait ni une bénédiction dans le premier cas, ni une punition dans le second…


« Dieu se tient dans l'ombre de l'éternité… déplorant les résultats des sottises, des transgressions et des péchés de ses enfants entêtés, mais nous ne pouvons pas l'en blâmer, pas plus que nous ne pouvons blâmer un père qui dirait à son fils : 'il y la deux routes, mon fils, une qui mène à droite, l'autre qui mène à gauche. Si tu prends celle qui va à droite, elle te mènera à la réussite et au bonheur. Si tu prends celle qui va à gauche, cela t'apportera la misère, le malheur et peut-être la mort, mais c'est à toi de choisir laquelle tu veux prendre. Tu dois choisir ; je ne t'en imposerai pas une. » (McKay, Pathways ta Happiness, p. 90-94)


Ainsi, Paul veut dire que Dieu laisse les hommes s'égarer parce qu'ils « n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés » (verset 10).


2 THESSALONICIENS 3

2 Thessaloniciens 3:6. Nous est-il vraiment demandé de retirer notre amitié « à tout frère qui vit dans le désordre » ?


« Les ennemis du dedans, les traîtres à la Cause, les faiseurs de faux cultes qui pervertissent la doctrine et les pratiques qui mènent au salut en entraînent souvent d'autres avec eux, et ces âmes s'ajoutent à celles qui perdent leur droit à l'héritage dans le royaume céleste. Quand ces faiseurs de faux culte et ces ennemis s'obstinent dans leur opposition à l'Église et qu'ils cherchent à en convertir d'autres à leurs idées dissidentes, la sagesse veut qu'on les évite, comme Paul le dit ici, et qu'on les laisse entre les mains du Seigneur. » (McConkie, DNTC, 3:67)


2 Thessaloniciens 3:8. « Nous n'avons mangé gratuitement le pain de personne »


Même Paul et ceux qui étaient associés à lui dans le ministère, qui avaient droit au soutien temporel des saints, choisirent de donner l'exemple en subvenant eux-mêmes à leurs besoins. Il y a des dangers à un ministère rémunéré. » (McConkie,DNTC, 3:67)


2 Thessaloniciens 3:16. Comment le Seigneur peut-il donner la paix en tout temps ?


« La paix du Christ ne vient pas par la recherche des choses superficielles de la vie ; elle ne vient qu'en jaillissant du coeur de l'individu. Jésus a dit à ses disciples : 'Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne' (Jean 14:27). Ainsi le Fils de l'Homme, l'exécuteur de ses propres volontés et de son testament, donna à ses disciples et à l'humanité 'la première de toutes les bénédictions humaines'. C'était un legs conditionné à l'obéissance aux principes de l'Évangile de Jésus-Christ, un legs fait à chaque individu. Aucun homme n'est en paix avec lui-même quand il n'est pas en accord avec ce qu'il y a de meilleur en lui, quand il transgresse la loi du bien, soit envers lui-même en se laissant aller aux passions, aux appétits, en cédant aux tentations malgré les accusations de sa conscience, soit envers ses semblables en trompant leur confiance. Celui qui transgresse la loi n'a pas la paix ; la paix vient par l'obéissance à la loi. Et c'est ce message que Jésus veut que nous proclamions aux hommes. » (David O. McKay, CR, octobre 1938, p. 133)

 

1 TIMOTHÉE

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1 TIMOTHÉE 1

1 Timothée 1:4 « fables et généalogies sans fin »

« Les Juifs avaient scrupuleusement conservé leurs tables généalogiques jusqu'à l'avènement du Christ… Mais on nous dit qu'Hérode détruisit les registres publics : étant donné qu'il était Iduméen, il était jaloux de l'origine noble des Juifs, et, pour que personne ne puisse lui reprocher son ascendance, il ordonna que les tables généalogiques qui étaient conservées dans les archives du temple soient brûlées… À partir de ce moment-là, ils ne purent retrouver leur généalogie que de mémoire ou à partir de tables imparfaites qui avaient été conservées par des particuliers ; et pour arriver à retrouver une ligne régulière d'ascendance à partir de ces documents était un travail sans fin et incertain. C'est probablement à cela que l'apôtre fait allusion : le travail sans fin et inutile d'essayer de retrouver ces généalogies, les tables authentiques ayant été détruites. Ainsi, nous pouvons conclure que Paul dénonce les généalogies douteuses et incertaines qui avaient été arrangées pour de mauvaises raisons. » (Smith, Answers to Gospel Questions, 1:214-215)


Paul peut aussi avoir voulu parler de cette tendance qu'avaient les Juifs à être très fiers de leur ascendance et du fait qu'ils croyaient que l'ascendance était une preuve de la faveur de Dieu (voir Jean 8:37-45). Cela, dit Paul, est une fable. La faveur de Dieu est accordée selon la droiture de la personne et non en fonction de son ascendance.

1 Timothée 1:17 à 2:15

Paul conseille à Timothée de garder la foi et il enseigne que Jésus-Christ est notre Médiateur. Paul exhorte aussi les femmes à s’habiller avec pudeur.


1 TIMOTHÉE 2

Voir commentaire de
1 Timothée 1:17 à 2:15.

1 TIMOTHÉE 3


1 Timothée 3:6. Pourquoi Paul dit-il qu'un évêque ne doit pas être un nouveau converti ?

Pour désigner un nouveau converti, Paul a utilisé le mot neophyton. Ce mot est composé de neos, « nouveau », et phyow qui, au passif, signifie « naître », « jaillir », « grandir », exprimant ainsi le concept d'un nouveau converti ou de quelqu'un qui vient de naître. Un évêque, en particulier, doit être un dirigeant de la prêtrise possédant une certaine expérience.


1 Timothée 3:8. « un gain sordide »


« L'argent ne constitue pas toujours un 'gain sordide'. Il y a de l'argent propre, de l'argent propre qui sert à acheter nourriture, vêtements et logement et autres choses nécessaires, et avec lequel nous pouvons contribuer à édifier le royaume de Dieu.


« L'argent propre, c'est le salaire reçu pour une journée bien remplie de travail honnête. C'est le dédommagement raisonnable d'un service rendu avec fidélité. C'est le bénéfice honnête de la vente de marchandises, de biens ou de services. C'est le revenu de transactions dans lesquelles toutes les parties ont tiré un bénéfice.


« Le gain sordide, c'est l'argent du sang ; c'est l'argent obtenu par le vol… Le gain sordide, c'est celui qui vient d'opérations basées sur le péché… Le gain sordide, c'est l'argent qui vient de la corruption et de l'exploitation…


« J'ai la forte conviction que des hommes qui acceptent un salaire sans donner la contrepartie complète d'énergie, de dévouement et de service reçoivent de l'argent qui n'est pas propre. Il est certain que ceux qui font commerce de choses qui sont interdites reçoivent un gain sordide. » (Spencer W. Kimball, CR, octobre 1953, p. 52)

1 Timothée 3:12. Les diacres doivent-ils être mariés ?


C'est l'avis de Paul qu'à cette époque-là, un diacre devait être marié. Cela ne s'applique pas à notre époque. Les conditions étaient différentes du temps de Paul où un homme n'était pas considéré comme qualifié pour prendre part au ministère avant trente ans. Dans ces conditions, les diacres, les prêtres et les instructeurs devaient être des hommes mûrs. Cela n'est pas exigé de nos jours. Il y a aujourd'hui, dans toutes sortes d'Églises, des ministres qui ont moins que cet âge-là… Cette règle n'existait pas non plus dans les temps très anciens, car nous apprenons que Noé n'avait que dix ans quand il reçut la prêtrise des mains de Metuschela » (voir D&A 107:52). » (Smith, Answers to Gospel Questions, 1:129)


1 TIMOTHÉE 4


1 Timothée 4:3. « Prescrivant de ne pas se marier »

Étant donné que la vie éternelle ne peut être atteinte que par le mariage céleste, l'adversaire fait tout ce qui est en son pouvoir pour « prescrire » aux hommes et aux femmes de ne pas se marier. Le célibat, la vie commune en dehors des liens du mariage, le comportement homosexuel, l'adultère, l'avortement et la limitation des naissances ne sont que quelques-unes des nombreuses méthodes employées pour pervertir l'esprit des hommes et empêcher la création et la continuité de cette union sacrée.

« La plus grande
menace de l'adversaire aujourd'hui est de détruire la famille, et de tourner en dérision la loi de la chasteté et la sainteté de l'alliance du mariage. » (Harold B. Lee, Church News, 19 août 1972, p. 3)

Paul, prophétiquement, s'est rendu compte de ce problème majeur des derniers temps et c'est pourquoi il nous a mis en garde de façon précise contre cette pratique apostate.

1 Timothée 4:3-5. Les restrictions de la loi mosaïque à propos de certaines viandes et de certains aliments


« Dieu a aboli les restrictions mosaïques en ce qui concerne l'absorption de certaines viandes et de certains aliments. Maintenant ces viandes et ces aliments sont purs (sanctifiés, pourrait-on dire). Il n'y a plus d'aliments impurs ou interdits sur le plan du cérémonial. Quiconque ordonne de s'abstenir de viandes, pour que l'homme n'en mange pas, n'est pas ordonné de Dieu ; 'car voici, les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et ce qui vient de la terre, sont destinés à l’usage de l’homme, pour sa nourriture et son vêtement, et pour qu’il ait en abondance' (D&A 49:19 ; voir aussi 89:12-13). » (McConkie, DNTC, 3:86)

1 Timothée 4:7. Voir 1 Timothée 1:4


1 Timothée 4:8. Paul condamne-t-il l'exercice physique ?


« L'exercice corporel est utile à peu de chose, tandis que la piété est utile à tout ». Cela ne signifie pas que l'exercice physique n'a pas de valeur mais que son utilité est limitée ; il n'est profitable que de quelques façons peu nombreuses. Mais la piété (l'exercice spirituel) a une utilité illimitée ; elle est profitable de toutes les façons. L'exercice physique profite au corps qui périra tandis que la piété profite à la fois au corps et à l'esprit.


1 TIMOTHÉE 5

1 Timothée 5:1-8. Quels sont les principes d'entraide temporelle approuvés par Paul ?


Trois principes d'entraide précis sont enseignés par Paul dans ces versets :

« Les principes de l'Évangile veulent que les membres de l'Église travaillent et subviennent eux-mêmes à leurs besoins. Quand cela n'est pas possible, c'est leur famille, y compris leurs enfants et leurs petits-enfants qui doivent leur fournir l'aide temporelle dont ils ont besoin. Si cette aide ne peut pas être suffisante, alors seulement il est justifié de faire appel à l'Église pour être aidé matériellement…


« Pour avoir droit à l'aide de l'Église dans le système d'entraide qui fonctionnait alors, les veuves devaient être dans le besoin, ne pas avoir d'enfants ou de parents qui pouvaient assurer leur subsistance, avoir 60 ans, avoir été fidèles à leur mari, avoir vécu les principes de l'Évangile en général, ce qui se manifestait par le fait qu'elles avaient élevé des enfants, accordé l'hospitalité a des étrangers, lavé les vêtements des saints, soulagé les affligés et avaient vécu d'une manière digne. Il était conseillé aux jeunes veuves de se remarier et d'élever des enfants.


« Il y a des cas ou des anciens, passant tout leur temps au ministère, doivent recevoir l'aide temporelle de l'Église, surtout pour leur famille (voir D&A 75:24). » (McConkie, DNTC, 3:90-91)


1 Timothée 5:22. « N'impose les mains à personne avec précipitation »


« Les frères doivent avoir acquis de l'expérience, être mis à l'épreuve et trouvés dignes avant d'être ordonnés et mis à part pour servir dans des postes de l'Église où ils auront du pouvoir et de l'influence. » (McConkie, DNTC, 3:92)


1 TIMOTHÉE 6

1 Timothée 6


Paul exhorte Timothée à aider les autres à rechercher les richesses de l’éternité. Paul donne à Timothée des conseils en matière d’argent. Les conseils de Paul nous apprennent que, si nous faisons confiance au Dieu vivant et sommes riches en bonnes œuvres, nous pouvons nous saisir de la vie éternelle.


1 Timothée 6:6-10. Mises en garde de Paul au sujet de la richesse.


Les enseignements de Paul nous apprennent que l’amour de l’argent conduit à l’iniquité et à l’apostasie. Il est important de comprendre que c’est l’amour de l’argent et non l’argent lui-même, qui conduit à l’iniquité.


« En soi, il n’y a rien de mauvais dans l’argent. Le bon Samaritain a utilisé la même monnaie pour servir son semblable que Judas pour trahir le Maître. C’est ’l’amour de l’argent ’ qui est la ’racine de tous les maux’ (1 Timothée 6:10). La différence radicale réside dans le degré de spiritualité avec lequel nous considérons, évaluons et gérons les choses de ce monde et nos expériences ici-bas. « Si on lui permet de devenir un objet de culte ou la priorité, l’argent peut nous rendre égoïstes et orgueilleux, ’boursouflés des choses vaines du monde’ (Alma 5:37). Par contre, si nous l’utilisons pour remplir nos obligations légales et payer notre dîme et nos dons, l’argent peut être une preuve d’intégrité et peut développer l’altruisme. L’emploi de nos biens, éclairé par la spiritualité, peut nous aider à nous préparer à la loi supérieure du royaume céleste. » (Dallin H. Oaks, Spirituality, Ensign, novembre 1985, p. 63)

 

2 TIMOTHÉE

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2 TIMOTHÉE 1

2 Timothée 1:2


Paul est conscient que ses jours sont comptés et il souhaite voir Timothée, qu’il appelle figurativement « mon enfant bien-aimé ».


2 Timothée 1:7-8


La deuxième épître de Paul à Timothée met l’accent sur la force que l’on reçoit lorsque l’on a un témoignage de Jésus-Christ.


2 Timothée 1:16 ; 2:9


Pendant son emprisonnement, Paul portait des chaînes.


2 TIMOTHÉE 2

2 Timothée 2:1-7. Quelle sorte de dévouement à l'œuvre Paul demande-t-il à Timothée ?


Paul exhorte Timothée à être fort dans la foi. Pour cela, il utilise trois métaphores :


La métaphore militaire montre qu'un soldat doit être un soldat et rien d'autre. Il ne doit pas s'embarrasser d'autres affaires. Il doit être vaillant, car seuls les soldats vaillants reçoivent la faveur de leur capitaine. Comme un soldat courageux, Timothée doit se consacrer de toute son âme à Jésus s'il veut gagner la grande bataille entre la lumière et les ténèbres (voir versets 3-4).


La deuxième métaphore concerne le sport. Elle indique qu'un homme ne gagne le prix que s'il s'astreint à un entraînement rigoureux et se conforme aux règles du jeu. Timothée est exhorté à observer tous les commandements s'il veut gagner le grand prix de la vie éternelle (voir verset 5).


Une troisième métaphore, prise de l'agriculture, implique que si Timothée travaille diligemment dans la vigne du Seigneur, il récoltera le salut pour son âme (voir verset 6).


2 Timothée 2:9. Voir commentaire de 2 Timothée 1:16 ; 2:9.


2 Timothée 2:14, 16, 23-25. « les disputes de mots »


« Les querelles et la division sont du diable. L'accord et l'unité sont de Dieu. La véritable religion étant donnée par révélation, tout ce que l'homme a à faire pour essayer de comprendre et d'interpréter les principes de l'Évangile, c'est de trouver ce que le Seigneur veut dire dans une révélation donnée. Cette connaissance ne peut s'obtenir que par le pouvoir de l'Esprit. C'est pourquoi il n'y a aucune raison de discuter, d'argumenter, de se quereller, de chercher à ce qu'une cause le remporte sur une autre. Ceux qui ont l'Esprit ne s'attachent pas obstinément à un point de doctrine ou de philosophie pour la seule raison de sortir victorieux de la discussion. Ce qu'ils veulent plutôt, c'est trouver la vérité par l'étude, la recherche et l'inspiration. 'Cessez de vous quereller les uns avec les autres' (D&A 136:23), a commandé le Seigneur (voir aussi Tite 3:9). » (McConkie, DNTC, 3:105)


2 Timothée 2:15. « qui dispense droitement la parole de la vérité »


« Toute vérité n'a pas la même valeur. Certaines vérités scientifiques peuvent être profitables aux hommes mais pour cette vie seulement ; les vérités de la religion révélée déverseront les bénédictions sur eux maintenant et à jamais. Mais même les vérités révélées n'ont pas toutes la même valeur. Certaines choses s'appliquent seulement aux dispensations passées
[voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], comme les cérémonies du système mosaïque ; d'autres sont valables pour toutes les époques, comme les lois relatives au baptême et au mariage céleste. » (McConkie, DNTC, 3:105-106)


2 Timothée 2:17. Qu'est-ce que la gangrène ?


Paul met les saints en garde contre les querelles et les folles discussions. Pour illustrer cela, il prend l'exemple de la gangrène qui non seulement est une affection douloureuse, mais qui est aussi la mort des cellules et des tissus vivants à cause du manque de sang. Les querelles et les discussions empêchent le passage de la nourriture que le Saint-Esprit apporte à la spiritualité, ce qui provoque la mort de la spiritualité. Si on les tolère, ces discussions peuvent détruire la foi des saints.


2 Timothée 2:18. Pourquoi certains disent-ils que la résurrection est déjà arrivée ?


« Les ministres de l'adversaire se plaisent à spiritualiser les prophéties et les principes de l'Évangile. Probablement s'agit-il ici de l'enseignement allégorique disant que la résurrection était la nouvelle vie de l'âme par l'acceptation de l'Évangile. Cette doctrine est comparable à l'hérésie qui consiste à dire que la deuxième venue du Seigneur est déjà arrivée, dans le sens où il est déjà revenu habiter dans le coeur des fidèles. » (McConkie, DNTC,3:106)


2 TIMOTHÉE 3

2 Timothée 3:1-4. Dans quelle mesure la prophétie de Paul sur « des temps difficiles » est-elle accomplie aujourd'hui ?


« Nous voyons notre monde s'enfoncer dans les profondeurs de la corruption. Tous les péchés mentionnés par Paul se généralisent actuellement dans notre société.


« Hommes et femmes sont égoïstes. Ils se vantent de ce qu'ils réalisent. Ils maudissent. Ils blasphèment. Un autre péché, c'est la désobéissance des enfants vis-à-vis des parents et la désobéissance des parents vis-à-vis de la loi. Beaucoup sont insensibles, ce qui semble effriter la vie familiale tandis qu'ils cherchent à satisfaire leurs besoins égoïstes. On dit qu'il y a des millions de pervertis qui ont abandonné l'affection naturelle et sauté les fiançailles et les rapports matrimoniaux normaux. Cette pratique se répand comme une traînée de poudre et change notre monde. On est insensible vis-à-vis de Dieu, du conjoint et même des enfants. » (Spencer W. Kimball, L'Étoile, octobre 1971, p. 306)


2 Timothée 3:4. « aimant le plaisir plus que Dieu »


« Paul parle des gens 'aimant le plaisir plus que Dieu'. Cela ne décrit-il pas le relâchement sexuel éhonté de notre époque ? Paul parle de ceux qui 's'introduisent dans les maisons et qui captivent les femmes d'un esprit faible et borné, chargées de péchés, agitées par des passions de toute espèce' (2 Timothée 3:6).


« L'immoralité semble maintenant recevoir l'approbation des gens autrefois honorables. La débauche n'a jamais produit aucune espèce de bien, et Paul a dit : 'Mais celle qui vit dans les plaisirs est morte, quoique vivante' (1 Timothée 5:6). Mais maintenant se fait entendre une voix céleste : 'Tu ne commettras point l'adultère. Celui qui commet l'adultère et qui ne se repent pas sera chassé'(D&A 42:24). » (Spencer W. Kimball, CR, avril 1971, p. 8)


2 Timothée 3:5. « ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force »

« Il s'agit d'une apparence de piété qui n'a pas le pouvoir de sauver ; d'une coquille vide brisée en morceaux ; d'une image trompeuse sans substance ; d'une imitation de ce que Dieu a autrefois révélé par l'intermédiaire de Pierre et de Paul ; d'un système de pseudo-christianisme qui adorait un Dieu sans pouvoir, un Dieu qui ne donnait aucune révélation, ne dévoilait rien par des visions, ne faisait pas de miracles et avait oublié le plan immuable du passé. Il s'agit de toute la chrétienté plongée dans l'apostasie. » (McConkie, DNTC, 3:111)


2 Timothée 3:7. « apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la vérité »


« Parmi les signes des derniers temps, il y avait un accroissement de la connaissance… La connaissance n'augmente-t-elle pas ? Y a-t-il eu une période dans l'histoire du monde où la connaissance a été déversées sur les hommes avec autant d'intensité qu'à notre époque ? Pourtant, c'est bien triste à dire, les paroles de Paul sont exactes : les hommes apprennent toujours et ne peuvent jamais arriver à la connaissance de la vérité' (2 Timothée 3:7). » (Joseph Fielding Smith, CR, avril 1966, p. 13-14)


2 Timothée 3:8. Qui étaient Jannès et Jambrès ?


Selon la tradition juive, c'était les magiciens égyptiens qui s'étaient opposés à Moïse (voir Exode 7:9-13 et Smith, A Dictionary of the Bible, rev. ed.,rubrique « Jannes and Jambres »)


2 Timothée 3:16. Les Écritures seules nous sauveront-elles ?


« Mais, objectera-t-on, n'avons-nous pas la Bible, et les saintes Écritures ne peuvent-elles pas nous donner la sagesse nécessaire pour que nous soyons sauvés ? Si, à condition que nous y obéissions. 'Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre.' Les 'bonnes œuvres' sont le grand point de discussion. La Bible elle-même n'est que lettre morte, c'est l'Esprit qui donne la vie. Le moyen d'obtenir l'Esprit, c'est celui qui est clairement indiqué dans les Écritures. Il n'y en a pas d'autre. Par conséquent, l'obéissance à ces principes est absolument nécessaire pour obtenir le salut et l'exaltation mis en lumière dans l'Évangile. » (Smith, Gospel Doctrine, p. 101-102)


2 TIMOTHÉE 4

2 Timothée 4:2


Traduction de Joseph Smith : « Prêche la parole. Sois persévérant quand il le faut. Ceux qui ne persévèrent pas, réprimande-les, reprends-les, exhorte-les avec patience et en instruisant. » (tiré du manuscrit original par Robert J. Matthews ; notez, outre les changements de termes, les changements de ponctuation apportés par le prophète)


2 Timothée 4:4. Que voulait dire Paul en parlant de « fables » ?


« Toutes les fausses doctrines sont des 'fables', c'est-à-dire des histoires qui ont été imaginées, fabriquées et inventées, ceci contrairement à l'Évangile qui est réel et vrai (voir 2 Pierre 1:16). L'apostasie consiste à se détourner de la vraie doctrine vers des fables. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 261)


2 Timothée 4:6-7. Paul pouvait-il être martyr avant que son heure soit arrivée ?


« Il faut rappeler que Pierre fut libéré de prison par un ange et protégé de bien des manières jusqu'à ce que son œuvre soit accomplie. Il en fut de même pour Paul. Aucune violence ne put lui enlever la vie tant qu'il n'eut pas rendu son témoignage à Rome, en Grèce et dans d'autres pays. Mais à la fin, il fit cette déclaration prophétique à Timothée : 'Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi' (2 Timothée 4:6-7). En approchant de l'éternité, il n'avait pas de crainte, seulement de l'assurance et une calme résignation à l'inévitable martyre qu'il fallait qu'il subisse. Il ne voulait pas mourir, mais il était prêt à sceller ainsi son témoignage du Rédempteur. » (Spencer W. Kimball, CR, avril 1946, p. 46)


2 Timothée 4:6-8. « Désormais la couronne de justice m'est réservée »


« L'appel et l'élection de Paul étaient certains. Il était scellé pour la vie éternelle. Il avait gardé les commandements, été soumis à toutes les épreuves et le Seigneur lui avait donné la promesse : 'Mon fils, tu seras exalté'. Et puisqu'aucun homme n'est ou ne peut être exalté seul, c'est l'une des raisons évidentes pour laquelle nous savons que Paul était marié. » (McConkie, DNTC, 3:116)

 

TITE

I 01 I 02 I 03 I



TITE 1

Tite 1:12. Nature et caractère des Crétois


La citation faite par Paul définissant les Crétois comme des « menteurs, méchantes bêtes, ventres paresseux » peut avoir été empruntée à Épiménidès, poète grec qui vivait au VIe siècle avant J-C. En utilisant ce langage très fort, Paul condamne les faux docteurs de la Crète parce qu'ils pervertissent l'Évangile pour gagner de l'argent (verset 11). Cela correspond à la réputation qu'avaient les Crétois d'être cupides et avares et qui a été rapportée par des auteurs de l'Antiquité tels que Cicéron, Tite-Live, Plutarque et Polybe. Dans l'Histoire, le nom « Crétois » finit par devenir synonyme de « malhonnête ». Leur réputation de menteurs devint si connue que sur ce nom fut greffé un verbe (kretidzein, qui signifie « parler comme un Crétois », c'est-à-dire « mentir ») et un nom (kretismos, qui signifiait littéralement « conduite crétoise », c'est-à-dire « mensonge »).


L'expression « ventre paresseux » donne l'idée de paresse accompagnée de gloutonnerie menant à une obésité extrême. Certains disent que Paul, qui était apôtre, n'aurait pas dû médire de tout un groupe de gens pour dire ce qu'il avait à dire. Mais si nous lisons attentivement, nous voyons que Paul applique cette définition à ceux qui apportent de faux enseignements dans l'Église. Dans toutes ses lettres, il n'hésite pas à parler en termes forts et avec sévérité de cette mauvaise action.


Tite 1:15. « ceux qui sont purs »

La pureté dont il est question ici est la pureté du corps et de l'esprit. Cela inclut la pureté sexuelle. Elle est d'une très grande importance et ne peut être négligée dans nos  efforts pour parvenir à la perfection.


« Ceux qui ont le coeur pur sont ceux qui sont exempts de souillure ou de faute morale ; ceux qui ont bridé leurs passions, se sont dépouillés de l'homme naturel et sont devenus des saints par l'Expiation (voir Mosiah 3:19) ; ceux qui sont nés de nouveau en devenant les fils et les filles du Christ (voir Mosiah 5:7) ; ceux qui marchent dans les chemins de la droiture et de la vertu et cherchent à faire tout ce qui peut contribuer à la progression du royaume terrestre du Seigneur…


« L'un des traits caractéristiques d'un saint, c'est d'avoir une 'saine intelligence' (2 Pierre 3:1). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 612-613)


TITE 2

Tite 2:10. « ne rien dérober »


Paul veut parler ici du vol secret plutôt que du vol visible. Il exhorte les serviteurs à ne pas se servir pour eux des choses qui appartiennent à leur maître. Il leur demande au contraire de faire preuve de fidélité et de se montrer dignes de confiance en tout.

TITE 3

Tite 3:5. Les hommes sont-ils sauvés par « les œuvres de justice » ?


« Il n' y a pas de salut par les bonnes œuvres uniquement. Cela signifie qu'il n'y a pas de bonnes œuvres que les hommes puissent accomplir qui, par elles-mêmes, les fassent ressusciter ou obtenir la vie éternelle. L'immortalité et la vie éternelle viennent de l'expiation du Christ, la première étant un cadeau gratuit, la seconde étant offerte à ceux qui seront baptisés et garderont ensuite les commandements. » (McConkie, DNTC, 3:126-127)

 

Tite 3:5. « le baptême de la régénération »


« Le baptême d'eau est nommé « baptême de la régénération » parce qu'il signifie que les convertis baptisés sont régénérés, c'est-à-dire renouvelés spirituellement ; ils deviennent comme de petits enfants, sont vivants dans le Christ et sans péché. » (McConkie, DNTC, 3:127)

Tite 3:9. « les discussions folles, les généalogies, les querelles, les disputes relatives à la loi »


« Il n'y a aucun pouvoir de conversion dans le débat et la querelle. Les ministres du Christ doivent enseigner et non discuter. Les missionnaires vont, par exemple, 'annoncer de bonnes nouvelles', mais avec cette restriction : 'Tu ne parleras pas de dogme' (D&A 19:31), ce qui signifie qu'ils doivent enseigner et expliquer les principes fondamentaux du salut et ne pas s'engager dans les querelles et les discussions sur les dogmes des Églises.


« Ici, les querelles et les disputes relatives à la loi de Moïse se rapportent à la fausse tradition juive selon laquelle le salut était réservé à la postérité choisie, connue grâce aux généalogies. Dans notre dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], le Seigneur a commandé de faire des recherches généalogiques parce que c'est nécessaire pour que les personnes qui n'ont pas eu l'occasion de recevoir l'Évangile dans cette vie puissent obtenir le salut. » (McConkie, DNTC, 3:127)


Tite 3:10-11. Le péché d'hérésie


Quelqu'un est considéré comme hérétique quand il appartient à l'Église mais qu'il adhère à toute opinion religieuse contraire à la doctrine officielle de l'Église. L'hérésie, c'est croire et adopter une fausse doctrine. La vraie doctrine du royaume se trouvent dans les Écritures, les rapports des conférences et les paroles des prophètes vivants telles qu'elles furent et sont inspirées parle Saint-Esprit.


Tite 3:10. Y a-t-il des hommes qui doivent être rejetés ?


« Il vient un moment où c'est la sagesse de se détourner et de s'écarter de ceux qui se rebellent contre la lumière et dont le coeur s'attache à déclarer une doctrine fausse et qui mène à la damnation. On a une illustration moderne de cela dans ceux qui quittent l'Église pour prêcher et pratiquer le mariage plural à une époque où le président de l'Église a retiré à tous les hommes le pouvoir d'accomplir ces mariages. » (McConkie, DNTC, 3:128)



PHILÉMON

Philémon 2. Qui étaient Apphia et Archippe ?


Il est très probable que ces deux personnes étaient membres de l'Église à Colosses et que c'étaient des amis, peut-être des convertis de Paul au cours de son séjour à Éphèse lors de sa troisième mission. Certains ont même dit qu'Apphia était la femme de Philémon et Archippe son fils. II n'y a rien de plus sur Apphia dans les écrits de Paul, mais dans la lettre aux Colossiens écrite à peu près à la même époque, il adresse cette exhortation à Archippe : « Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir » (Colossiens 4:17). Ce qu'était précisément ce ministère, on ne le sait pas. Selon une ancienne tradition, Philémon serait devenu évêque de Colosses et, pendant la persécution déclenchée par Néron au cours de laquelle Pierre et Paul trouvèrent la mort, il aurait été martyr à Colosses avec sa femme, Apphia, son fils Archippe et son esclave Onésime.


Philémon 8. « Ce qui est convenable »


Le mot grec employé par Paul est dérivé du verbe qui signifie « en arriver à » et il y a dans ce mot l'idée de mesurer selon un certain critère ou une certaine norme. En choisissant ce mot, Paul suggère avec délicatesse que le pardon de Philémon pour son esclave fugitif serait l'attitude qui conviendrait le mieux à un véritable disciple du Christ.


Philémon 9. Quel âge Paul avait-il quand il écrivit à Philémon ?


Dans la traduction que nous avons, Paul dit qu'il est un « vieillard » et certains se sont demandés quel âge exactement l'apôtre avait à cette époque-là. Nous ne savons pas la date de naissance de Paul, mais par recoupements, nous pouvons conclure qu'il est né entre l'an 1 et l'an 6 après J-C. S'il a écrit cette lettre vers 62 après J-C, il devait avoir entre cinquante-cinq et soixante ans. Cependant, le mot grec qui a été traduit par « vieillard » est presbyteis qui signifie littéralement « ancien ». Il se peut que Paul ait voulu parler de son titre de prêtrise (un apôtre est ancien) ou qu'il ait voulu dire qu'il était plus âgé que Philémon.


Philémon 10. Que signifie le mot « Onésime » ?


Le mot « Onésime » signifie littéralement : « utile » ou « avantageux » ; c'était un nom très courant pour les esclaves à cette époque. Sous la loi romaine, l'esclave était considéré comme un bien et le maître pouvait parfois lui donner un nom tel que celui-ci s'il était particulièrement optimiste quant aux capacités de son esclave. Remarquez le jeu de mots habile que fait Paul dans les versets 10 et 11.


Philémon 16. Quelle était la pratique romaine en ce qui concerne l'esclavage ?


À l'époque de Philémon et Onésime, les esclaves se trouvaient complètement à la merci de leurs propriétaires. Même les délits insignifiants étaient souvent punis de la façon la plus cruelle. On peut se rendre compte de l'autorité sans limite dont jouissaient les maîtres dans cet article de Vincent :


« L'attitude de la loi envers l'esclavage était exprimée dans la formule : servile caput nullum jus habet (l'esclave n'a aucun droit). Le pouvoir du maître était illimité. Il pouvait mutiler, torturer ou tuer l'esclave à son gré. Pollio, qui vécut à l'époque d'Auguste, ordonna qu'un esclave soit précipité dans une mare pleine de lamproies voraces. Auguste s'interposa, mais quelque temps après ordonna lui-même qu'un de ses esclaves soit crucifié sur le mât d'un bateau parce qu'il avait mangé une de ses cailles favorites. Juvénal parle d'une femme dépravée qui ordonna qu'un esclave soit crucifié. Quelqu'un proteste. Elle répond : « Alors, un esclave est un homme, est-ce pas ? Il n'a rien fait, dites-vous. D'accord. Mais je commande. Que mon bon plaisir tienne lieu de raison » (vi., 219). Martial rapporte le cas d'un maître qui coupa la langue d'un esclave. La vieille législation romaine imposait la mort pour celui qui avait tué un boeuf de labour, mais le meurtrier d'un esclave n'avait aucun compte à rendre. La poursuite des esclaves fugitifs était un métier. Ceux qui étaient retrouvés étaient marqués au front, condamnés à travailler double et parfois jetés aux bêtes féroces dans les amphithéâtres. La population esclave était nombreuse. Certains propriétaires en possédaient jusqu'à vingt mille. » (Marvin Vincent, Word Studies in the New Testament, 2:931)


Philémon 12. « Lui, mes propres entrailles »


Comme nous avons eu déjà l'occasion de le voir (voir commentaire de Corinthiens 6:12), le mot « entrailles » est employé comme synonyme de sentiments et affection.

 

HÉBREUX

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I 06 I 07 I 08 I 09 I 10 I 11 I 12 I 13 I



HÉBREUX 1

Hébreux 1:13-14. Quelle différence y a-t-il entre un ange et un esprit servant ?


« La différence entre un ange et un esprit servant : Le premier possède un corps ressuscité ou transfiguré (qui n'est pas passé par la mort, qui a été enlevé au ciel (cf. Élie, ndlr), et son esprit sert les esprits qui possèdent un corps. Le second est un esprit sans corps, qui visite et sert les esprits sans corps. Jésus-Christ devint un esprit servant (tandis que son corps gisait dans le sépulcre) pour les esprits en prison, ce qui lui permit de remplir une partie importante de sa mission, sans laquelle il n'aurait pas pu compléter son œuvre et entrer dans son repos. Après sa résurrection, il apparut comme un ange à ses disciples. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 264)


« Ces anges sont sous la direction de Michel ou Adam, qui lui-même agit selon les directives du Seigneur. Dans Hébreux 1:4 nous apprenons que Paul comprenait parfaitement les buts de Dieu dans ses relations avec l'homme, et cet ordre parfait et glorieux qu'il établit lui-même pour accorder pouvoirs, révélations et gloire. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 230)


HÉBREUX 2

Hébreux 2:6-9. Le Sauveur est-il réellement au-dessous des anges ?


« Le texte dont est tirée cette citation, Psaumes 8:5-7, dit que l'homme a été fait un peu inférieur à Élohim… Cela signifie que tous les enfants de Dieu, y compris Jésus, étant enfants de sa famille, ont été créés soumis à lui avec le pouvoir de progresser jusqu'à ce que tout leur soit soumis. De ceux qui obtiennent la vie éternelle, il est écrit : 'Alors, ils seront au-dessus de tout, car tout leur sera soumis. Alors ils seront dieux, parce qu'ils auront tout pouvoir et que les anges leur seront soumis' (D&A 132:20). » (McConkie, DNTC, 3:143)


HÉBREUX 3

Hébreux 3:11. Que signifie entrer dans le repos du Seigneur ?


Les Écritures définissent le « repos » du Seigneur comme « la plénitude de sa gloire » (voir D&A 84:24). D'autre part :


« Les prophètes d'autrefois parlaient d'entrer dans le repos de Dieu ; qu'est-ce que cela veut dire ? À mon avis, cela signifie entrer dans la connaissance et l'amour de Dieu, ayant foi en son but et en son plan au point que nous savons que nous sommes dans le bon chemin et que nous ne recherchons pas autre chose, ne sommes pas emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction (voir Éphésiens 4:14). Nous savons que la doctrine est de Dieu, et nous ne posons aucune question aux hommes à son sujet ; qu'ils gardent leurs opinions, leurs idées et leurs caprices, si cela leur chante… Celui qui est arrivé à un tel degré de foi en Dieu que tout doute et toute crainte ont été chassés de lui est entré 'dans le repos de Dieu'… Il se repose du doute, de la peur, de l'appréhension et du danger, il se repose des remous religieux du monde. » (Joseph F. Smith, Doctrine de l'Évangile, p. 97-98)


HÉBREUX 4

Hébreux 4:8. Pourquoi Paul dit-il que Josué ne donna pas le repos aux anciens israélites ?


Jésus est la forme latine du grec Iésous, qui est lui-même une reproduction du nom hébreu Yeshua, traduit par Josué. Mais Paul parle bien ici du Josué de l'Ancien Testament. Ce qu'il veut expliquer, c'est que les Israélites ne trouvèrent pas leur « repos » sous Moïse ni Josué sous la direction desquels ils trouvèrent la terre promise et y entrèrent, ni même sous David, leur plus grand roi.


HÉBREUX 5

Hébreux 5:1-3. Que savons-nous sur le travail des anciens principaux sacrificateurs ?


À un moment donné du séjour des enfants d'Israël dans le désert, près du mont Sinaï, Dieu commanda à Moïse de prendre Aaron et ses fils et de les consacrer à l'office de prêtre (voir Exode 28:1). Un récit de leur consécration qui dura sept jours se trouve dans le Lévitique, chapitre 8. Plus tard, d'autres prêtres, membres de la tribu de Lévi, furent ordonnés de la même façon pour aider Aaron et ses fils dans leurs devoirs de prêtrise (Nombres 18:1-6). Les fils d'Aaron présidaient les prêtres de l'ordre lévitique ou ordre inférieur et sont parfois appelés précisément dans certains passages « principaux sacrificateurs » (Lévitique 21:10 ; Nombres 35:25 ; Josué 20:6 ; 2 Rois 12:10), c'est-à-dire « grands-prêtres », bien que ce n'étaient pas des grands-prêtres au sens où nous l'entendons aujourd'hui. C'était plutôt les prêtres qui présidaient l'ordre de la prêtrise d'Aaron (voir John Taylor, Items on Priesthood, p. 5, 6).


Les prêtres de Dieu étaient mis à part pour accomplir certaines ordonnances et fonctions prescrites par le Seigneur. Ils avaient pour tâche particulière de porter l'arche de l'alliance du Seigneur (voir Deutéronome 31:9 ; Josué 3:3, 17) et de servir dans le tabernacle (Nombres 3:6-9 ; 8:24). Un des devoirs principaux de ces prêtres était d'offrir les sacrifices du matin et du soir au Seigneur en faveur du peuple (voir Exode 29:38-44). Ils avaient aussi pour tâche de veiller au feu qui brûlait dans l'autel sacré et de veiller à ce qu'il brûle continuellement, jour et nuit (voir Lévitique 6:12). Ils avaient pour responsabilité particulière d'enseigner les commandements du Seigneur aux enfants d'Israël (voir Lévitique 10:11 ; Deutéronome 33:10). Ainsi Paul pouvait dire qu'ils avaient « été établis pour les hommes dans le service de Dieu. »


Hébreux 5:4. D'où les prêtres de l'ancien Israël tenaient-ils leur autorité ?


« Aaron et ses fils furent appelés de Dieu par quelqu'un qui détenait l'autorité dans le ministère (voir Exode 28:1). Il en est de même dans notre dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] ; Les hommes reçoivent leur autorité de ceux qui l'ont pour la transmettre. 'Nul ne s'attribue cette dignité s'il n'est appelé de Dieu comme le fut Aaron', et Aaron reçut son appel par révélation. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 381)


Hébreux 5:5, 10. Comment le Christ devint-il souverain sacrificateur ?

« La prêtrise est un principe éternel, et existe avec Dieu depuis toute éternité, et existera à toute éternité, sans commencement de jours ou fin d'années. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 214)


« Si un homme obtient, dans sa totalité, la prêtrise de Dieu, il doit l'obtenir de la même façon que Jésus l'a obtenue, et c'est en gardant tous les commandements et en obéissant à toutes les ordonnances de la maison du Seigneur. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 432)


Hébreux 5:7-8. « bien qu'il fût Fils »


« Ces versets font référence au Christ et à son ministère mortel et concordent parfaitement avec d'autres Écritures portant sur le même sujet ainsi qu'avec les sermons des frères du début de notre dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] qui citent ces versets comme s'appliquant à notre Seigneur. Cependant, il y a une note de bas de page dans la Traduction de Joseph Smith qui dit : 'Le 7e et le 8e versets font allusion à Melchisédek et non au Christ.' Prise isolément, comme elle ne représente qu'un aspect du problème, cette note donne une impression fausse. En fait, les versets 7 et 8 s'appliquent à la fois à Melchisédek et au Christ parce que Melchisédek était un prototype du Christ et que le ministère du prophète annonçait et symbolisait celui de notre Seigneur au même titre que le faisait le ministère de Moïse (voir Deutéronome 18:15-19 ; Actes 3:22-23). Ainsi, bien que les mots de ces versets et, particulièrement du verset 7 furent, à l'origine, appliqués à Melchisédek, ils s'appliquent aussi bien et peut-être même encore mieux à la vie et au ministère de celui par l'intermédiaire de qui toutes les promesses faites à Melchisédek furent accomplies. » (McConkie, DNTC, 3:157)


Hébreux 5:9. En quoi peut-on dire que Jésus fut rendu parfait ?


« Le Christ fut toujours parfait en ce sens qu'il obéit en tout temps à toute la loi du Père et qu'il fut toujours celui qui est sans péché (voir Hébreux 4:14-16 ; 5:1-3). Mais, d'autre part, il fut rendu parfait par les souffrances et les expériences de la vie mortelle en ce sens qu'il est mort et qu'il est ressuscité dans une glorieuse immortalité. Arrivé à cet état de perfection, possédant pour toujours un corps de chair et d'os, il eut ensuite la même perfection éternelle que possédait son Père. C'est pour cela qu'il dit, après la résurrection, que tout pouvoir lui avait été donné dans le ciel et sur la terre (voir Matthieu28:18). » (McConkie, DNTC, 3:158)


HÉBREUX 6

Hébreux 6:1. Peut-on laisser les principes de la doctrine du Christ et atteindre la perfection ?


« C'est une contradiction. Je n'y crois pas. Je crois que ce devrait être : 'C'est pourquoi, sans laisser les premiers principes de la doctrine du Christ, tendons à la perfection, sans poser de nouveau les fondements, à savoir, le renoncement aux œuvres mortes, la foi en Dieu, la doctrine des baptêmes, l'imposition des mains, la résurrection des morts et le jugement éternel. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 461)


Hébreux 6:4-6. De quelle façon certaines personnes crucifient-elles pour leur part le Fils de Dieu et l'exposent-elles à l'ignominie ?


« Tous les péchés seront pardonnés, excepté le péché contre le Saint-Esprit ; car Jésus sauvera tout le monde excepté les fils de perdition. Que doit faire un homme pour commettre le péché impardonnable ? II doit recevoir le Saint-Esprit, voir les cieux ouverts devant lui, connaître Dieu, et alors pécher contre Lui. Après qu'un homme a péché contre le Saint-Esprit, il n'y a plus de repentance possible pour lui. Il doit dire que le soleil ne brille pas alors qu'il le voit ; il doit renier Jésus-Christ alors que les cieux lui ont été ouverts, et renier le plan de salut alors que ses yeux en voient la vérité. Et à partir de ce moment-là il commence à être un ennemi. C'est là le cas de beaucoup d'apostats de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.


« Lorsqu'un homme commence à devenir l'ennemi de cette œuvre, il se met à me pourchasser, il essaye de me tuer, et ne cesse jamais d'avoir soif de mon sang. Il reçoit l'esprit du diable – le même esprit qui possédait ceux qui ont crucifié le Seigneur de la Vie – ce même esprit qui pèche contre le Saint-Esprit. Vous ne pouvez sauver de telles personnes ; vous ne pouvez pas les amener à la repentance ; ils font la guerre totale comme le diable, et terribles en sont les conséquences. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 504-505)


Hébreux 6:19-20. « Là où Jésus est entré pour nous comme précurseur »


« Le jour de l'expiation, le souverain sacrificateur passait de l'autre côté du voile pour entrer dans le saint des saints. Cela faisait partie des rites de purification qui libéraient Israël du péché (voir Lévitique 16). De même Jésus est entré dans les cieux préparer la voie pour ceux qui, par l'obéissance à ses lois,deviennent purs et sans taches. » (McConkie, DNTC, 3:165)


HÉBREUX 7

Hébreux 7:3


Paul cite une partie perdue de Genèse 14 que la Traduction de Joseph Smith a restituée. Voir le 3e paragraphe :


« Or Melchisédek était un homme d'une grande foi, qui pratiquait la justice ; et lorsqu'il était enfant il craignait Dieu, fermait la gueule des lions et éteignait la puissance du feu.


« Et ainsi, ayant été approuvé de Dieu, il fut ordonné grand-prêtre selon l'ordre de l'alliance que Dieu avait faite avec Énoch,


« Laquelle était selon l'ordre du Fils de Dieu ; lequel ordre venait non de l'homme, ni de la volonté de l'homme, ni d'un père ou d'une mère, ni par un commencement de jours et une fin d'années, mais de Dieu.

« Et il fut donné aux hommes par l'appel de sa propre voix, selon sa propre volonté, à tous ceux qui crurent en son nom. »


Hébreux 7:3. Melchisédek n'avait-il vraiment pas de mère, pas de père, pas de généalogie ?


Traduction de Joseph Smith : « Car ce Melchisédek fut ordonné prêtre selon l'ordre du Fils de Dieu, lequel ordre était sans père, sans mère, sans postérité, n'ayant ni commencement de jours, ni fin de vie. Et tous ceux qui sont ordonnés à cette prêtrise sont rendus semblables au Fils de Dieu, demeurant prêtres à perpétuité. » 


Hébreux 7:3. Quel est le sens de l'expression « sans père, sans mère, sans postérité » en ce qui concerne la prêtrise de Melchisédek ?


« Contrairement à la prêtrise d'Aaron telle qu'elle était administrée dans l'ancien Israël, l'ordre de Melchisédek ne descendait pas 'd'un père et d'une mère' (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 454). C'est-à-dire que le droit à la prêtrise supérieure n'était pas transmis de père en fils comme c'était le cas pour les Lévites et les fils d'Aaron. Une vie juste était la condition indispensable pour que soit conférée la prêtrise supérieure. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 478)


Hébreux 7:9. Comment Lévi pouvait-il payer la dîme à Melchisédek ?


« Abraham rencontra Melchisédek et lui paya la dîme bien longtemps avant la naissance d'Isaac, son fils. Les fils d'Isaac, Jacob et Ésaü naquirent après la mort d'Abraham, et Lévi était le troisième fils de Jacob. Comment était-il donc possible que Lévi paie la dîme 'par Abraham', un homme qui était mort bien des années avant sa naissance ? Le problème se complique quand on se rappelle que les Lévites ne devinrent la tribu des prêtres (à qui les Israélites payaient leur dîme) qu'après que Moïse les ait délivrés de la captivité, quelque quatre cents ans plus tard.


« Bien qu'il soit difficile à comprendre pour nous, cet argument de Paul devait avoir une grande force pour un esprit juif, car les Juifs mettaient fortement l'accent sur la continuité et l'unité de la race entière. Le 'pour ainsi dire' montre clairement que Paul fait une métaphore.


« Toute la loi juive, ses ordonnances et sa prêtrise sont considérées comme étant potentiellement en Abraham. Quand Abraham payait la dîme, c'est Lévi qui payait la dîme. Quand Abraham était béni, c'est Israël qui était béni. C'est une sorte de raisonnement qui convenait bien aux Hébreux qui insistaient si fortement sur la solidarité de leur race. » (Vincent, Word Studies, 2:1128)


Hébreux 7:11-14. Pourquoi le changement de la loi mosaïque à la loi de l'Évangile nécessitait-il aussi un changement dans la prêtrise ?


La mission et l'expiation de notre Sauveur mit fin à la loi inférieure de Moïse et institua à sa place la loi supérieure de Jésus-Christ (voir 3 Néphi 15:8-9). Ce changement nécessitait aussi un changement dans la prêtrise, ce dont Paul parlait. Ni la loi de Moïse ni la prêtrise d'Aaron qui l'administrait n'étaient capables d'amener les enfants de Dieu à la perfection. La prêtrise d'Aaron est une prêtrise inférieure et elle n'administre que l'Évangile préparatoire. La prêtrise de Melchisédek, d'autre part, est la prêtrise supérieure qui a pour responsabilité d'administrer les ordonnances de l'Évangile dans leur plénitude et qui est capable de purifier notre vie de sorte que nous puissions à nouveau entrer dans la présence de Dieu (voir 3 Néphi 27:19-20)


Hébreux 7:18-22. « Les Lévites sont devenus sacrificateurs sans serment »


La prêtrise d'Aaron, étant un ordre inférieur et, par conséquent, incapable d'amener les hommes à la perfection, était de nature héréditaire et se transmettait de père en fils. Donc, comme maintenant, la prêtrise d'Aaron se recevait par les hommes « sans serment » (Hébreux 7:20:21). C'est-à-dire qu'au moment où elle est reçue, il n'y a pas de promesses éternelles de faites en échange. C'est différent avec la prêtrise de Melchisédek (voir D&A 84:33-44). La prêtrise de Melchisédek ne se reçoit que par serment [de Dieu] et alliance [de l'homme].


« Toute personne à qui est conférée la prêtrise de Melchisédek reçoit son office et son appel dans cette prêtrise supérieure par un serment et une alliance. L'alliance est la suivante : 1. L'homme, de son côté, accepte solennellement de magnifier son appel dans la prêtrise, de garder les commandements de Dieu, de vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu et de marcher sur les chemins de la justice et de la vertu. Et 2. Dieu, de son côté, accepte de donner à ces personnes un héritage d'exaltation et de divinité dans sa présence éternelle. Le serment, c'est ce qu'atteste solennellement Dieu, sa promesse jurée que ceux qui respectent leur part de l'alliance se lèveront et hériteront de tout selon la promesse. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 480)


HÉBREUX 8

Hébreux 8:3. Que savons-nous de l'ordonnance des sacrifices
telle qu'elle était pratiquée par les anciens souverains sacrificateurs ?


Beaucoup ont cru que l'ordonnance du sacrifice des animaux avait été introduite pour la première fois par Moïse, mais ce n'est pas le cas. Le principe du sacrifice fut enseigné dès l'origine à Adam après son expulsion du jardin d'Éden. Il fut enseigné à Adam qu'en offrant les « prémices » de ses troupeaux, il préfigurait le sacrifice expiatoire du Christ. 'C'est une similitude du sacrifice du Fils unique du Père' (Moïse 5:7), lui fut-il dit.


« La forme de l'ordonnance fut toujours prévue de façon à faire porter l'attention sur le sacrifice de notre Seigneur. Pour l'offrande sacrificielle faite au moment de la Pâque, l'immolation de l'agneau pascal par exemple, il fallait choisir un agneau mâle d'un an, sans défaut ni tache. Pour l'offrande, il fallait répandre le sang et prendre soin de ne casser aucun os, autant de symboles de la façon dont le Christ mourut. De nombreux détails furent ajoutés à la loi pendant son application sous la dispensation mosaïque [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], mais les principes de base régissant les sacrifices font partie de l'Évangile lui-même et furent institués avant Moïse et l'ordre inférieur qu'il instaura. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 665)


Hébreux 8:7-13. Quelle est la meilleure alliance dont parle Paul ?


L'Évangile était une meilleure alliance en ce qu'elle offrait les principes et les ordonnances du salut dans leur plénitude, contrairement à la loi de Moïse. Les Israélites, en général, rejetèrent la plénitude de l'Évangile les deux fois où elle leur fut offerte, la première fois quand ils voyageaient dans le désert sous la direction de Moïse et, plus tard, quand Jésus vint sur la terre au midi des temps.


« Cette alliance n'a jamais été établie avec la maison d'Israël, ni avec la maison de Juda, car il faut deux parties pour conclure une alliance, et ces deux parties doivent être d'accord, sinon une alliance est impossible.


« Le Christ, aux jours de son incarnation, leur proposa de conclure une alliance avec lui, mais ils le rejetèrent, lui et ses propositions, en conséquence de quoi ils furent retranchés et aucune alliance ne fut faite avec eux à cette époque…


« Et ainsi, après que cette famille choisie eut rejeté le Christ et ses propositions, les hérauts du salut leur dirent : 'Voyez, nous nous tournons vers les Gentils'. Et les Gentils reçurent l'alliance et furent greffés sur le tronc là où la famille élue avait été retranchée. Mais les Gentils n'ont pas persévéré dans les voies de la justice de Dieu, ils se sont détournés de la foi qui avait été confiée aux saints autrefois, et ont rompu l'alliance qu'avaient contractée leurs pères (voir Ésaïe 24:5). Ils sont devenus orgueilleux, et n'ont plus de crainte ; c'est pourquoi il n'y aura que quelques-uns d'entre eux qui seront rassemblés avec la famille élue. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 14-15)


HÉBREUX 9

Hébreux 9:1-10. Que savons-nous de l'ancien tabernacle et des services qui y étaient tenus ?


Pendant les pérégrinations d'Israël et avant la construction d'un temple sous le règne de Salomon (en 970 environ av. J-C), les prêtres d'Israël accomplissaient les ordonnances sacrées en faveur de leur peuple dans une tente transportable connue sous le nom de tabernacle. Cet édifice, construit de façon à pouvoir être rapidement transporté d'un lieu à un autre était toujours ce que l'on installait en premier dans tout nouveau lieu de campement.

Le tabernacle était composé de deux parties: une partie extérieure dans laquelle les Lévites et les fils d'Aaron pouvaient entrer chaque jour accomplir les ordonnances sacrées prescrites par la loi de Moïse, et une partie intérieure, séparée par un voile, qui était considérée comme la partie la plus sainte et dans laquelle le souverain sacrificateur ne pouvait entrer qu'une fois dans l'année pour accomplir ses devoirs sacrés le jour de l'Expiation. Comme l'explique Paul, la partie extérieure du tabernacle contenait le chandelier sacré, douze pains de proposition et un autel des parfums. Dans la partie intérieure connue sous le nom de saint des saints se trouvait l'arche de l'alliance, un coffre ayant à peu près la grandeur d'une grosse malle de notre époque. Dans l'arche, on gardait l'encensoir d'or, le vase d'or contenant la manne, la verge d'Aaron et les tables sur lesquelles se trouvaient les Dix Commandements.


Le mot « tabernacle » signifie littéralement « demeure ». Ce nom lui avait été donné parce qu'on croyait que Dieu vivait réellement dans son enceinte sacrée. Quand Israël installait son campement, le tabernacle était dressé précisément au milieu du camp (pour symboliser l'idée que Dieu devait être au centre de la vie de son peuple) et les tentes des diverses tribus étaient placées tout autour.


Chaque partie du tabernacle était considérée comme un sanctuaire sacré. Tandis que les sacrificateurs pouvaient entrer dans la partie extérieure chaque jour pour accomplir leurs devoirs de prêtrise, seul le souverain sacrificateur pouvait entrer dans le saint des saints et cela, une fois par an, le jour de l'Expiation. Le souverain sacrificateur était le sacrificateur président. Tous les prêtres de l'ordre d'Aaron étaient des descendants d'Aaron tandis que les Lévites étaient seulement de la tribu de Lévi. Le souverain sacrificateur devait non seulement être de la tribu de Lévi mais encore il devait être l'aîné d'un descendant direct d'Aaron.


Yom Kippur, le jour de l'Expiation, est le jour le plus sacré de l'année juive. Il avait pour but l'offrande d'un sacrifice spécial dans le saint des saints pour les péchés du peuple. Le rituel comprenait une série d'actions dont les deux premières étaient de préparer le souverain sacrificateur pour ses devoirs solennels. D'abord, il offrait des sacrifices pour lui-même et les autres sacrificateurs pour les rendre symboliquement dignes d'accomplir leurs fonctions sacrées. Ensuite, il enlevait ses vêtements sacerdotaux, se revêtait d'une simple tunique blanche en préparation au sacrifice lui-même puis il retournait dans la cour extérieure. Prenant deux boucs purs et sans tache, il en consacrait un à l'Éternel et un à Azazel, le méchant, le diable. Le bouc consacré à l'Éternel était alors sacrifié dans la cour extérieure. Son sang était emporté dans le saint des saints et aspergé sur le propitiatoire et devant l'arche de l'alliance. Ceci symbolisait que les péchés d'Israël étaient expiés par le sacrifice.


Retournant dans la cour extérieure, le souverain sacrificateur posait les mains sur le deuxième bouc et confessait solennellement tous les péchés d'Israël sur lui. Cela fait, le bouc était emmené à l'extérieur du camp et, soit on l'obligeait à se perdre, soit il était précipité d'une hauteur et ainsi, il était détruit. C'est de cette façon qu'était symbolisé le transfert des péchés d'Israël sur le bouc. C'est de là que vient notre notion moderne de bouc émissaire, c'est-à-dire quelqu'un qui est effectivement puni pour les fautes ou les péchés d'un autre.


Hébreux 9:11-15, 23-28. Le rôle de Jésus-Christ comme souverain sacrificateur et médiateur de la nouvelle alliance


Jésus accomplit essentiellement la même fonction pour nous que les anciens principaux sacrificateurs pour Israël : il expia pour nos péchés. Cependant, il y a une différence entre les deux offrandes : les anciens sacrificateurs offraient des boucs et des brebis des troupeaux d'Israël ; le Christ, lui, le plus pur « agneau de Dieu » (Jean 1:29, 36) s'offrit lui-même. Aucun homme n'enleva au Christ sa vie : le Sauveur la donna volontairement (voir Jean 10:18). Ainsi Jésus fut pour nous non seulement le souverain sacrificateur parce qu'il fit l'offrande, mais aussi c'est lui-même qui fut l'offrande. C'est ce que Paul veut nous faire comprendre. Le Christ est le médiateur de la nouvelle alliance comme les anciens sacrificateurs furent les médiateurs de l'ancienne alliance, loi de Moïse. Jésus vint « pour abolir le péché par son sacrifice » (Hébreux 9:26). Comme l'ancien souverain sacrificateur entrait sur la terre dans le saint des saints et aspergeait le sang du bouc sur le propitiatoire, ainsi Jésus-Christ entra dans le sanctuaire sacré des cieux eux-mêmes pour y intercéder devant le Père en faveur de ceux qui, par leur repentance,avaient droit à cet acte de miséricorde (Hébreux 9:11-15, 23-25).


Hébreux 9:15-17. « Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constatée »


« Dans le vocabulaire juridique, le testateur c'est celui qui laisse à sa mort ses dernières volontés ou testament. Le testament est le document écrit dans lequel le testateur dit comment il dispose de ses biens. Dans le sens où il est employé dans l'Évangile, le mot testament signifie alliance. Jésus est le médiateur de la nouvelle alliance ou testament, c'est-à-dire de l'Évangile qui est venu remplacer la loi de Moïse…


« Autrement dit, le Christ dut mourir pour apporter le salut. Le testament ou alliance du salut entra en vigueur à cause de l'expiation accomplie en même temps que cette mort. Le Christ est le testateur. On ne peut pas hériter de son don, comme ce serait le cas pour n'importe quel testateur, tant qu'il n'est pas mort. Le Christ mourut pour que vienne le salut ; s'il n'était pas mort, il n'aurait pu faire hériter les hommes ni de l'immortalité ni de la vie éternelle. » (McConkie,Mormon Doctrine, p. 784-785)


Hébreux 9:22. « sans effusion de sang, il n'y a pas de pardon »


Sous la loi de Moïse, pour la rémission de péchés il fallait répandre le sang d'un animal. En instituant les lois concernant les ordonnances sacrificielles dans l'ancien Israël, le Seigneur expliqua : « Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il serve d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation » (Lévitique 17:11). Cela signifie que le sang est le symbole de la vie et que pour la rémission des péchés, il fallait la vie du Christ (voir Mosiah 3:14-15).


HÉBREUX 10

Hébreux 10:1-9. La loi de Moïse ne peut pas mener à la perfection


Paul revient ici à un thème déjà développé, celui que l'on ne peut atteindre la perfection ni par la loi de Moïse ni par la prêtrise inférieure qui administre cette loi (comparer avec Hébreux 7:11-12). La loi, dit Paul, « n'est qu'une ombre des biens à venir et non l'exacte représentation des choses » elles-mêmes. C'est parce que, explique-t-il, le sacrifice de la loi de Moïse doit être répété chaque jour tandis que l'acte expiatoire du Christ fut accompli « une fois pour toutes ».

Hébreux 10:19-20. Comment entrons-nous dans le sanctuaire par le sang de Jésus ?


« L'ancien tabernacle et les temples qui ont été construits après avaient des voiles qui séparaient une partie de l'ensemble de l'autre. Passer le premier voile, c'était aller de la cour extérieure à un sanctuaire intérieur appelé le saint. Passer le second voile, c'était aller du saint au saint des saints.


« Paul, sachant que les Hébreux comprennent ces choses, explique ainsi symboliquement le rôle de Jésus qui nous a permis d'entrer dans les cieux, notre 'saint des saints'. De même que dans les temps anciens, le grand-prêtre entrait dans le sanctuaire terrestre après des rites de purification, de même nous avons, nous aussi, le droit d'entrer dans le sanctuaire céleste grâce au sang du Christ qui nous purifie du péché.


« L'expiation des péchés ne se fait plus par le souverain sacrificateur en Israël quand il passe de l'autre côté du voile du temple pour entrer dans le saint des saints (voir Lévitique 16 ; Hébreux 6:19-20). Maintenant, il y a un autre moyen, un moyen vivant car le voile du vieux temple fut déchiré à la crucifixion (voir Matthieu 27:50-51). Jésus est passé de l'autre côté du voile pour entrer dans les cieux eux-mêmes. Pendant qu'il vivait, sa chair mortelle faisait obstacle entre lui et le saint des saints éternel car 'la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu' (1 Corinthiens 15:50) mais maintenant il a, pour ainsi dire, déchiré le voile de sa chair par la mort et il est entré dans la plénitude du royaume de son Père par la résurrection. » (McConkie, DNTC, 3:190-191)


Hébreux 10:26-31. « outrager l'Esprit de la grâce »


Voir commentaire de Hébreux 6:4-6

HÉBREUX 11

Hébreux 11:3. « Par la foi…le monde a été formé »


« Par ceci nous comprenons que le principe de pouvoir qui existait dans le sein de Dieu, par lequel les mondes furent formés, était la foi ; et c'est parce que ce principe de pouvoir existait dans la Divinité que toutes les choses créées existent ; c'est ainsi que toutes choses dans les cieux sur la terre ou sous la terre existent en raison dé la foi comme elle existait en Lui.

« Sans le principe de la foi, les mondes n'auraient jamais été créés ni l'homme formé de la poussière. C'est le principe par lequel l'Éternel travaille et par lequel il exerce son pouvoir sur toutes les choses temporelles aussi bien que les choses éternelles. Retirez ce principe, cet attribut – car c'est un attribut – de la Divinité, et elle cesse d'exister. » (Lectures on Faith, Lecture First, vs. 15-16)


Hébreux 11:3. « Ce qu'on voit n'a pas été fait de choses visibles »


« Un passage difficile et obscur ? Non, en réalité. Paul dit simplement que les choses créées n'ont pas été faites à partir de 'choses' que l'on voit, c'est-à-dire : tout ce qui a été créé, cette terre et tout ce qui est dessus, tout cela ne fut et ne demeure pas par le pouvoir de l'homme ou par des forces de la nature ou de l'univers, sans direction. Il n'y a pas de hasard dans la création, pas de vie suscitée accidentellement dans les marécages de l'origine du monde, pas de développement d'une espèce à une autre par un processus d'évolution.


« La création fut prévue, organisée et maîtrisée. Elle se fit par le pouvoir de Dieu, et par la foi. Elle se fit par un pouvoir qui ne se voit pas, que l'esprit charnel ou l'intelligence scientifique ne comprend pas. La création est l'œuvre de Dieu. Les choses vinrent à l'existence par des forces que l'homme ne voit pas et qu'on ne peut connaître en fait que par la révélation. Et, comme Dieu créa tout par la foi, on ne peut connaître et comprendre toute l'œuvre qu'il a créée que par ce même pouvoir, ce pouvoir qui est la foi. » (McConkie,DNTC, 3:195)


Hébreux 11:4. « Par la foi… Abel offrit… un sacrifice plus excellent que celui de Cain »


Beaucoup se sont demandé pourquoi le sacrifice de Caïn fut refusé et celui d'Abel accepté (voir Genèse 4:3-5 ; Moise 5:19-21). Quelle était la nature du péché de Caïn ? Était-ce seulement que Caïn recevait ses ordres de l'adversaire tandis qu'Abel les recevait du Seigneur et y obéissait (voir Moïse 5:18) ? 


« C'est par la foi en ce sacrifice expiatoire, en ce plan de rédemption qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice qui fut accepté, sacrifice qui consistait en l'holocauste des premiers-nés de son troupeau. Caïn, lui, offrit des fruits de la terre, et son sacrifice ne fut pas accepté parce qu'il ne pouvait pas le faire avec foi, parce qu'il ne pouvait pas avoir la foi, ou, en d'autres termes, parce qu'il ne pouvait pas faire preuve de foi en s'opposant au plan des cieux. C'est par l'effusion de sang que le Fils Unique devait expier pour l'homme, car tel était le plan de rédemption, et sans l'effusion de sang, il n'y avait pas de rémission ; et ce genre de sacrifice fut institué comme modèle, pour permettre à l'homme de discerner le grand sacrifice que Dieu avait préparé. Offrir un sacrifice de façon différente excluait la véritable foi, parce que la rédemption n'était pas à ce prix, et le pouvoir de l'expiation n'avait pas été institué selon cet ordre ; par conséquent Caïn ne pouvait pas avoir la foi ; et tout ce qui n'est point foi est péché. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 75)


Hébreux 11:4. « Il (Abel) parle encore, quoique mort »


« Comment se fait-il qu'il parle encore ? Eh bien, il a magnifié la prêtrise qui lui avait été conférée, et mourut en juste ; il est donc devenu un ange de Dieu en recevant son corps du séjour des morts, et il détient toujours les clefs de sa dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr] ; et il fut envoyé des cieux à Paul pour lui apporter la consolation et pour transmettre une certaine connaissance des mystères de la divinité.


« Et s'il n'en était pas ainsi, je vous le demande, comment Paul connaissait-il tant de choses au sujet d'Abel, et pourquoi dirait-il 'qu'il parle encore quoique mort' ? S'il a parlé, quoique mort, c'est en étant envoyé des cieux pour remplir un ministère. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 231-232)


Hébreux 11:5. « C'est par la foi qu'Énoch fut enlevé pour qu'il ne voie point la mort »


Le seul renseignement concernant Énoch que nous ayons dans la Bible en dehors de cette affirmation de Paul, est celui qui est donné dans Genèse 5:24 : « Hénoc marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit. » Cet unique passage, avec le commentaire inspiré qu'en a fait Paul a donné lieu à des spéculations sans fin sur la destinée d'Énoch. Que signifie « il ne fut plus, parce que Dieu le prit » ? Le prit où ? Aux cieux ? Au paradis ? Énoch et sa ville entière étaient si justes qu'ils furent enlevés de la terre en un lieu où ils puissent « demeurer en sûreté à jamais » (Moise 7:20).


Certains êtres sont enlevés au ciel :


« Ainsi Dieu se réserva Énoch, et ne le fit point passer par la mort à cette époque. Il lui attribua un ministère en faveur des corps terrestres, au sujet duquel très peu a été révélé… Beaucoup ont supposé que la doctrine de l'enlèvement au ciel est une doctrine par laquelle des hommes furent emmenés immédiatement en présence de Dieu, et dans une plénitude éternelle ; mais c'est là une erreur. Leur demeure appartient à l'ordre terrestre et c'est un lieu préparé pour ceux que le Seigneur se réserve pour exercer un ministère d'ange en faveur de nombreuses autres planètes. Car ceux-là ne jouissent pas encore d'une aussi grande plénitude que ceux qui sont ressuscités des morts. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 233-234)


Hébreux 11:9, 14. Que signifie être co-héritiers avec Abraham ?


Au départ, au sens premier, il s'agit des terres et de la postérité dans la chair. Les descendants d'Abraham et leurs enfants après eux doivent hériter de la terre de Canaan et leur postérité (figurativement) doit être innombrable comme le sable de la mer ou les étoiles du ciel (voir Genèse 11:1-3 ; 17:1-22 ; 22:15-18 ; 24:60 ; 26:2-5 ; 28:1-15). Mais dans un sens plus large et plus complet, la promesse porte sur le mariage céleste, avec la continuation de la cellule familiale dans l'éternité, avec la progression éternelle et la possibilité d'avoir des enfants spirituels éternellement de sorte que (littéralement cette foi) ils seront plus nombreux que les particules de la terre et que le nombre pratiquement infini des étoiles dans toutes les galaxies de toutes les sphères sidérales. Dans ce sens plus large, toutes ces bénédictions deviennent l'héritage de tous les saints qui vivent la loi d'Abraham et entrent dans le même ordre du mariage que celui qui bénit sa vie et celle d'Isaac et de Jacob. » (McConkie, DNTC, 3:204-205)


Hébreux 11:10, 16. « La cité… dont Dieu est l'architecte et le constructeur »


La cité dont il est question dans ce passage est la « cité de Sion », cité qu'Énoch et son peuple construisirent. Enlevée au ciel à cause de la justice de la vie de ses habitants, la cité d'Énoch devint un exemple de ce que pouvaient rechercher tous les hommes qui étudièrent et pratiquèrent la justice. C'est certainement ce que fit Abraham, comme Paul nous l'apprend ici. On nous dit aussi dans un autre passage des Écritures que le peuple de Melchisédek, contemporain d'Abraham, « pratiquait la justice, obtint le ciel et rechercha la ville d'Énoch, que Dieu avait précédemment prise, la séparant de la terre, l'ayant réservée pour les derniers jours, ou la fin du monde » (Genèse 14:34, Traduction de Joseph Smith).


Les hommes des générations qui suivirent continuèrent à rechercher cet idéal, mais comme le Seigneur le dit dans les Écritures modernes, « ils ne (le) trouvèrent pas à cause de la méchanceté et des abominations. Et ils confessèrent qu'ils étaient des étrangers et des pèlerins sur la terre, mais obtinrent la promesse qu'ils le trouveraient et le verraient dans leur chair » (D&A 45:12-14).


Les Écritures contiennent la promesse que la cité d'Énoch reviendra un jour sur la terre. L'accomplissement de cette promesse est réservé pour le millénaire de paix à venir. Le Seigneur dit à Énoch que dans les derniers jours de la terre, il préparerait « une Ville sainte… appelée SION, une nouvelle Jérusalem ». « Alors, lui dit-il, tu les (les élus de Dieu) y rencontreras, toi et toute ta ville ; nous les recevrons dans notre sein, et ils nous verront. » (Moïse 7:62-63). La ville d'Énoch reviendra effectivement sur la terre.


Hébreux 11:17-19. Pourquoi Abraham reçut-il le commandement de sacrifier son fils ?


« Dans toute l'histoire, il y a peu de moments plus pathétiques que celui où, sur le mont Morija, il y a près de 4000 ans, le fidèle Abraham, sur le commandement de Dieu, leva son couteau pour sacrifier Isaac, 'son fils unique' (Genèse 22:1-19). Qui peut imaginer une épreuve de la foi plus difficile que cet ordre envoyé par les cieux de sacrifier l'héritier de la promesse, l'héritier que Dieu devait alors ressusciter des morts pour que ses promesses concernant Isaac (voir Genèse 21:12) puissent être accomplies. Est-il étonnant que dans toutes les générations qui suivirent, la postérité d'Abraham ait pensé avec un respect sacré à ce moment où l'homme mortel fut mis à l'épreuve presque au-delà des limites mortelles de l'obéissance ?


« Pourquoi Dieu décida-t-il de cette épreuve ? Assurément était-ce pour la bénédiction et le bien d'Abraham. Il est indiscutable que plus l'épreuve est difficile, plus la récompense est grande quand l'épreuve est réussie. Et là, Abraham déposa tout ce qu'il possédait sur l'autel, se montrant ainsi digne de cette exaltation qu'il a maintenant reçue (voir D&A 132:29). Et immédiatement après s'être conformé à la volonté divine, il reçut une manifestation céleste de la gloire et de l'honneur qui lui seraient réservés à lui et à sa postérité (voir Genèse 22:15-18). » (McConkie, DNTC, 3:206-207)


Outre l'épreuve personnelle de la foi d'Abraham qu'il représentait, ce commandement préfigurait l'expiation à venir du Christ. Le sacrifice d'Abraham fut « une image de Dieu et de son Fils unique » (Jacob 4:5).  


« Ils montèrent sur la montagne, rassemblèrent ensemble les pierres et mirent les fagots dessus. Alors Isaac fut lié, pieds et mains, à genoux sur l'autel. Je suppose qu'Abraham, comme un vrai père, dut donner à son fils son baiser d'adieu, sa bénédiction, son amour ; son âme, en cette heure de souffrance, dut être entièrement avec son fils qui allait mourir de la main de son propre père. Toutes les étapes se succédèrent jusqu'au moment où le couteau fut tiré de la main levée qui devait donner le coup par lequel la vie allait partir, lorsque l'ange du Seigneur dit : 'Cela suffit'.Notre Père céleste passa par tout cela et plus encore, car dans son cas la main ne fut pas arrêtée. » (Melvin J. Ballard, L'Étoile, novembre 1974, p. 452)


Hébreux 11:35. « obtenir une meilleure résurrection »


« Ainsi, il est évident qu'il existe une meilleure résurrection, sinon Dieu ne l'aurait pas révélé à Paul. Comment peut-on dire qu'il existe une meilleure résurrection ? On fait cette distinction entre la doctrine de la véritable résurrection et celle de l'enlèvement au ciel. L'enlèvement au ciel délivre des tourments et des souffrances du corps, mais prolonge l'existence quant aux œuvres et aux labeurs du ministère, avant l'entrée dans le grand repos et la gloire.


« D'un autre côté, ceux qui furent livrés aux tourments et qui ne voulurent point accepter la délivrance, se reposèrent immédiatement de leurs labeurs : 'Et j'entendis une voix du ciel, qui disait : Écris ! Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, afin qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent' (Apocalypse 14:13).


« Ils se reposent de leurs labeurs pendant longtemps et, cependant, leur œuvre est tenue en réserve, pour qu'il leur soit permis de faire la même œuvre après avoir reçu la résurrection de leur corps. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 234)


Hébreux 11:40. Pourquoi les morts ne peuvent-ils pas parvenir à la perfection sans nous ?


« La plus grande responsabilité dont Dieu nous a chargés dans ce monde est de rechercher nos morts. L'apôtre dit : 'Ils ne parviennent pas sans nous à la perfection' (Hébreux 11:40), car il est nécessaire que le pouvoir de sceller se trouve entre nos mains pour sceller nos enfants et nos morts… Maintenant, je vais parler d'eux, et j'irai rencontrer Paul à mi-chemin. Je te le dis, Paul, tu ne peux pas devenir parfait sans nous. Il est nécessaire que ceux qui s'en vont avant nous et ceux qui viennent après nous reçoivent le salut en commun avec nous ; et c'est cette obligation que Dieu a mis sur l'homme. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 502)


HÉBREUX 12

Hébreux 12:2. « le chef et le consommateur de la foi » (voir aussi Moroni 6:4)


« Finisseur : en grec, « perfecteur », en référence à Hébreux 11:40 [qui mentionne la perfection comme un but]. » (Jamieson, Fausset et Brown)


« 'Le Consommateur', c'est-à-dire celui qui mène à la perfection. » (Osty et Trinquet)


« L'auteur et le consommateur [finisher en anglais] de notre foi : Le chef et le perfecteur [perfecter en anglais] de notre foi. » (McConkie, Doctrinal New Testament Commentary)


La façon dont nous vivons a beaucoup d'importance, mais aucun d'entre nous ne vit parfaitement, et ainsi personne ne pourrait rentrer en la présence de Dieu en vertu de ses seules œuvres. Comme le Christ a mené une vie parfaite, seul son sang peut payer les péchés qui ont été commis. Ainsi on ne peut commencer à avoir la foi que quand on commence à se reposer sur les mérites du Christ ; c'est ainsi que Jésus est « l'Auteur » de notre foi. Par la suite le converti doit continuer à se reposer sur les mérites du Christ (son expiation) et persévérer jusqu'à la fin. Tant que la vie mortelle continue, même les meilleurs saints transgressent dans une certaine mesure certaines des lois de Dieu. Nous ne pouvons donc pas persévérer jusqu'à la fin si ce n'est grâce à une foi constante au Rédempteur et par le repentir à mesure qu'il est nécessaire. Par conséquent Jésus est aussi le « consommateur » de notre foi. À partir du moment où nous l'acceptons en nous qualifiant pour une nouvelle naissance jusqu'au moment où nous avons persévéré jusqu'à la fin, nous devons nous reposer seulement sur les mérites du Christ, qui est l'Auteur et de Consommateur de notre foi. (Commentaire de Moroni 6:4, 1979)


Le mot auteur est défini comme « quelqu’un qui produit, crée ou donne forme à » (Noah Webster, American Dictionary of the English Language, 1828, première édition). Dans notre état déchu, nous devons compter sur le Sauveur pour acquérir et développer la foi. C’est pourquoi le premier principe de l’Évangile est « la foi au Seigneur Jésus-Christ ». Le mot consommateur a plusieurs sens qui s’appliquent au rôle du Sauveur dans le processus du développement de notre foi. Premièrement : « Quelqu’un qui achève ; quelqu’un qui accomplit complètement ». Nous pouvons faire confiance au Seigneur ; il remplira complètement son rôle si nous nous efforçons de lui ressembler davantage. Deuxièmement, « quelqu’un qui termine ou perfectionne » (Noah Webster, remière édition). Si nous faisons de notre mieux pour respecter nos alliances, c’est par sa grâce que nous pourrons finalement atteindre la perfection, le but suprême de notre voyage de foi. Une définition associée à consommer signifie « polir jusqu’au degré d’excellence voulu » (Noah Webster, pemière édition . Quand nous allons au Seigneur avec foi, nous, ses fils et ses filles, il nous aidera à atteindre tout notre potentiel. (Commentaire de Moroni 6:4, 2009)


Hébreux 12:5-13. « Car le Seigneur châtie celui qu'il aime »


« Aucune douleur que nous souffrions, aucune épreuve que nous ayons à subir n'est perdue. Cela contribue à notre éducation, au développement des qualités comme la patience, la foi, le courage et l'humilité. Tout ce que nous souffrons et tout ce que nous endurons, surtout quand nous endurons patiemment, construit notre personnalité, purifie notre coeur, donne plus de grandeur à notre âme, nous donne plus de tendresse et de charité, nous rend plus dignes d'être appelés les enfants de Dieu… et c'est par le chagrin et l'affliction, les épreuves et les tribulations que nous obtiendrons l'éducation que nous sommes venus acquérir ici et qui nous rendra plus semblables à notre Père céleste et à notre Mère céleste. » (Orson F. Whitney, cité par Spencer W. Kimball, dans Faith Precedes the Miracle, p. 98)

Hébreux 12:18. « Une montagne qu'on pouvait toucher et qui était embrasée par le feu »


Paul compare la situation des enfants d'Israël du temps de Moïse avec celle du peuple de son époque. Au temps de Moïse, les enfants d'Israël avaient interdiction, par loi divine, de toucher le mont Sinaï sous peine de mort ; cette interdiction n'existait plus du temps de Paul pas plus qu'elle n'existe de nos jours.


« Il n'y a plus de barrière qui empêche le peuple de voir son Dieu et de communier avec lui. La montagne n'est plus le Sinaï, mais Sion. Et tous ceux qui ont purifié leur âme et l'ont rendue parfaite seront accueillis sur la montagne céleste et dans la cité céleste, la nouvelle Jérusalem, la cité des êtres exaltés. Et là, dans ce royaume céleste où les saints verront et connaîtront comme seul Moïse le fit en Israël, on trouvera une telle puissance, tant de beauté, de splendeur et de toute-puissance que ce que fit l'Éternel sur le mont Sinaï, si glorieux et inconcevable que cela puisse être, n'en sera qu'une pâle image en comparaison. » (McConkie, DNTC, 3:229)


Hébreux 12:23-24. « l'assemblée des premiers-nés »

« Les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours qui se consacrent tant aux choses justes qu'ils reçoivent les ordonnances supérieures de l'exaltation deviennent membres de l'Église du Premier-Né…


« L'Église du Premier-Né est composée des fils de Dieu, ceux qui ont été adoptés dans la famille du Seigneur, ceux qui sont destinés à être co-héritiers, avec le Christ, de tout ce que le Père possède. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 139)


Cette désignation « Église du Premier-Né » n'a rien à voir avec le groupe apostat du même nom.


Hébreux 12:24. Comment « le sang de l'aspersion » parle-t-il « mieux que celui d 'Abel » ?


Le sang de Jésus-Christ fut répandu en expiation pour les péchés de tous les hommes. On ne sait pas exactement à quoi pensait Paul en faisant allusion à Abel, mais il faut se rappeler qu'Abel aussi eut son sang répandu, mais pas en expiation pour des péchés.


« Paul fait-il allusion ici à l'ancienne hérésie qui consistait à dire que le sang d'Abel avait été répandu pour la rémission des péchés ? Cette fausse doctrine avait-elle encore cours parmi quelques Hébreux de cette époque ? L'effusion du sang d'Abel, premier martyr de l'Évangile (voir Genèse 4:1-10 ; Moïse 5:17-35), avait pris une grande signification parmi les descendants d'Adam. Mais, au temps d'Abraham, la véritable raison du sacrifice et du martyre d'Abel avait été oubliée et déformée à un tel point que Dieu dit au Père des Fidèles : 'Mon peuple s'est écarté de mes préceptes et n'a pas gardé les ordonnances que j'ai données à ses pères ; et il n'a pas observé mon onction et l'ensevelissement ou baptême que je lui ai commandé, mais s'est détourné du commandement et a adopté le lavage des enfants et le sang de l'aspersion ; et il a dit que le sang du juste Abel a été répandu pour les péchés ; et il ne sait pas en quoi il est responsable devant les hommes' (Genèse 17:4-7, Traduction de Joseph Smith).
 
« Mais quelles que soient les opinions qu'avaient les Hébreux à ce moment-là, voici quel est l'enseignement de Paul : 'Le sang d'Abel le juste' (Matthieu 23:35) ainsi que le sang innocent de tous les martyrs sous l'autel que Jean vit (voir Apocalypse 6:9-11 ;
D&A 135:7) crie au Seigneur vengeance contre les méchants. D'autre part, le sang du Christ fut répandu comme propitiation pour les péchés et par lui, les hommes ont la possibilité de se repentir et d'être réconciliés avec Dieu. Ainsi, la voix du sang d'Abel est une voix de mort, de séparation et d'affliction tandis que la voix du sang de notre Seigneur est une voix de vie, de retrouvailles et de joie éternelle. Effectivement, son sang parle de choses meilleures que celui d'Abel. » (McConkie, DNTC, 3:231-232)


Hébreux 12:29. « Notre Dieu est un feu dévorant »


« Le Dieu Tout-Puissant, lui-même, demeure dans un feu éternel ; la chair et le sang ne peuvent aller là-bas, car toute corruption est dévorée par le feu. 'Notre Dieu est un feu dévorant' (Hébreux 12:29). Lorsque notre chair sera vivifiée par l'Esprit, il n'y aura pas de sang dans les veines de ce corps. Certains demeurent dans une gloire plus grande que d'autres. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 518)


Il est dit de la seconde venue du Seigneur qu'elle sera « comme le feu du fondeur » (Malachie 3:2) et que « tous les hautains et tous les méchants seront comme du chaume » devant sa force ardente (Malachie 4:1 ; D&A 29:9). La présence même du Seigneur « sera comme le feu dévorant qui brûle et comme le feu qui fait bouillir les eaux » (D&A 133:41), et tous les méchants seront consumés et complètement détruits par l'éclat de sa venue (D&A 5:19). Outre son effet destructeur, ce feu purifiera toute chose corruptible.


HÉBREUX 13

Hébreux 13:9-14. « Nous avons un autel » ;
« Ceux qui font le service au tabernacle »


L'autel auquel Paul fait allusion est la table de Sainte-Cène instituée par l'expiation de Jésus-Christ, Sainte-Cène dont les emblèmes peuvent être pris par tous ceux qui font alliance avec le Christ. « Ceux qui font le service au tabernacle » désigne les détenteurs de la prêtrise lévitique qui accomplissaient les ordonnances dans l'ancien tabernacle et dans le temple.

 

 

JACQUES

I 01 I 02 I 03 I 04 I 05 I



JACQUES 1

Jacques 1:5-6


« Toute personne qui recherche la vérité révélée… doit se tourner vers le Tout-Puissant et obtenir de Dieu la sagesse par révélation s'il veut obtenir une place sur le sentier étroit et resserré qui mène à la vie éternelle. » (McConkie, DNTC, 3:246-247)


Jacques 1:8. « un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies »

Il y en a beaucoup dans l'Église qui ne se sont pas encore pleinement engagés envers le Seigneur et son Église. Ils cherchent à être dans le monde et du monde et aussi dans l'Église. Agir de la sorte, c'est manquer de sagesse. « Choisissez aujourd'hui », telles sont les paroles de Josué (Josué 24:15). Jésus a dit : « Vous ne pouvez pas servir Dieu et Mamon » (Matthieu 6:24). Il vient un moment où nous devons payer le prix d'être disciple du Christ ; le prix en est le dévouement total et la consécration ; il n'y a pas d'autre moyen. Si, pour les grandes décisions de la vie, nous hésitons constamment entre deux possibilités, prenant des décisions pour les abandonner ensuite selon la convenance du moment, notre vie sera fondée sur les compromis et nous serons inconstant dans toutes nos voies.


Jacques 1:10. Pourquoi le riche doit-il se réjouir de son humiliation ?


« Que les saints qui sont riches et qui sont dépouillés de leurs biens à cause de leur fidélité à l'Évangile se réjouissent car les richesses du monde sont éphémères et ne peuvent pas se comparer aux richesses de l'éternité. Ou bien qu'ils se réjouissent quand, par les épreuves, ils deviennent humbles en esprit et qu'ils ne mettent plus leur confiance dans les choses qui flétrissent et se dessèchent dans la chaleur du jour. » (McConkie, DNTC, 3:248)


Jacques 1:13-15. C'est la convoitise personnelle qui est la source des tentations


À notre époque, de nombreuses personnes rejettent la responsabilité de leurs propres actions sur l'hérédité, la société ou le diable. Certes, ces facteurs sont importants, mais Jacques dit que la racine du péché, c'est la convoitise individuelle ou bien le désir intense et malsain de ce qui n'est pas conforme à la loi. Rien n'est une tentation si on ne le désire pas. Ce n'est pas que nos désirs soient nécessairement mauvais en eux-mêmes et par eux-mêmes, mais nous avons le devoir de brider nos passions de peur qu'elles n'engendrent des convoitises qui mèneront invariablement au péché (voir Alma 38:12). Ainsi, nous exerçons notre libre arbitre et nous devons accepter la responsabilité si nos décisions mènent au péché.


Jacques 1:14. La méthode d'action de l'adversaire


Pour décrire l'homme influencé par ses propres convoitises, Jacques choisit deux mots vivants et pittoresques pour décrire la façon dont l'adversaire travaille sur les hommes. Le premier mot traduit par « attiré » était utilisé dans le vocabulaire de la chasse. C'était le mot qui décrivait ce que faisait le chasseur quand, par un moyen trompeur, il faisait sortir le gibier de l'épaisseur des fourrés où il était en sécurité pour l'attirer dans un lieu plein de pièges. Et le mot « amorcé » est pris dans le vocabulaire de la pêche. Il signifie « appâter, attraper avec un appât ». Cette description est habile, car les convoitises de la chair ont pour but de nous attirer loin de la justice protectrice où nous sommes véritablement en sécurité pour que nous devenions les victimes du chasseur ou du pêcheur mal intentionné.


Jacques 1:21. Qu'est-ce qu'un excès de malice ?


Il faut bien prendre ici « malice » dans son sens fort de « méchanceté ». Le mot kakias utilisé par Jacques signifiait non seulement le mal dans le sens général mais précisément la haine ou la méchanceté contre quelqu'un.


Jacques 1:22 « Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l'écouter »


L'un des reproches les plus sévères du Sauveur fut adressé aux hypocrites, ceux qui disent mais ne font pas. Les membres l'Église du Seigneur ont des principes élevés. Ils sont « appelés à être saints » (Romains 1:7). Ils doivent être la lumière du monde, une ville située sur une montagne pour que les hommes voient leurs bonnes œuvres et glorifient Dieu (voir Matthieu 5:14-16). Parfois, c'est le contraire qui se produit. On voit plutôt ce qu'ils ne font pas que ce qu'ils font. Les révélations indiquent que les saints deviendront une telle force positive pour le bien que le monde sera contraint de reconnaître en eux le pouvoir de Dieu (voir D&A 105:32). Ceci n'arrivera que s'ils font ce qu'ils écoutent. « Ceux qui me disent Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 7:21).


Jacques 1:27. Qu'est-ce que la religion pure ?


« On peut interpréter ceci de cette façon : quelqu'un qui est religieux est plein d'attention envers les malheureux et il a au-dedans de lui un esprit qui le pousse à agir avec bonté et à mener une vie sans tache ; il est juste et sincère, il n'a pas de lui, comme le dit Paul, une opinion plus haute qu'il ne faut ; il est affectueux, patient dans les épreuves, diligent, de bonne humeur, il a l'esprit fervent, il est hospitalier et miséricordieux et aussi il hait le mal et s'attache à ce qui est bien. Posséder un tel esprit et de tels sentiments est le vrai signe qu'une personne est religieuse par nature.


« Les ordonnances et les exigences extérieures de l'Église ne sont que les aides – et pourtant elles sont nécessaires – à la vie spirituelle intérieure. L'Église elle-même, l'organisation des réunions, les ordonnances, les lois ne sont que les aides, mais des aides très nécessaires, à la pratique d'une vraie religion – des pédagogues pour nous conduire sur le chemin de la lumière et de la vie éternelle. » (Smith, Gospel Doctrine, p. 121)


JACQUES 2


Jacques 2:4. Ne pas faire preuve injustement de partialité


La seule aristocratie qui compte pour le Seigneur, c'est celle de la justice. Celui qui fait la volonté de Dieu est favorisé de lui (voir 1 Néphi 17:35). Les hommes, souvent, jugent pour des raisons qui sont loin d'être nobles.


Jacques 2:25. Qui était Rahab ?


Jacques aussi bien qui Paul citent, tiré de dans l'Ancien Testament, la prostituée Rahab comme exemple de vraie foi (voir Hébreux 11:31). C'était une femme qui habitait Jéricho au moment où les armées d'Israël, sous la direction de Josué, approchaient de la terre promise (voir Josué 2:1-24). Josué envoya deux espions pour évaluer la force de la ville. Rahab les fit entrer et les cacha même quand le roi les chercha. Puis elle les aida à s'échapper sains et saufs de la ville. Pour cela, elle et sa famille furent épargnées quand le reste de Jéricho fut détruit et elle demeura en Israël tout le reste de sa vie (voir Josué 6:22-25). Une certaine Rahab est mentionnée dans la généalogie du Sauveur (voir Matthieu 1:5). Comme aucune autre femme de ce nom n'est mentionnée dans les Écritures, la plupart des spécialistes pensent qu'il s'agit de la même femme.


JACQUES 3

Jacques 3:8. L'importance de dompter sa langue


« Je pense maintenant à la maîtrise de soi. Parmi les cas que j'examine, nombreux sont ceux qui ont commencé par des passions et des colères non maîtrisées et qui ont mené à la cruauté, mentale et physique. Quand on est en colère, la langue peut être venimeuse. L'apôtre Jacques a dit : 'c'est un mal qu'on ne peut réprimer ; elle est pleine d'un venin mortel' (Jacques 3:8). C'est quelque chose qui n'est que potentiel mais qui est souvent vrai. La langue, avec laquelle nous disons nos prières et engageons notre parole sert parfois à blesser ceux que nous aimons le plus. » (Hugh B. Brown, CR, octobre 1954, p. 16)


JACQUES 4

Jean 4:4. « Celui qui veut être ami du monde »


« L'utilisation du mot 'monde' dans ce sens est définie dans les Écritures quand on parle de la 'fin du monde' c'est-à-dire la destruction de la méchanceté qui est dans le monde (voir Joseph Smith 1:4). Le monde dont parlent les apôtres Jacques et Jean ainsi que le Maître représente ce système moral et spirituel qui est hostile à Dieu et qui cherche par tromperie à nous faire penser que nous – l'humanité en général – n'avons pas besoin de Dieu. C'est une société qui, de tout temps, a fonctionné et fonctionne sur de faux principes, à partir de désirs égoïstes, de mauvaises motivations, de morales indignes et de valeurs fausses. Ceux qui n'acceptent pas la révélation de Dieu par l'intermédiaire de ses prophètes ont inventé de nombreuses philosophies basées sur leur raisonnement humain limité et pensent apparemment qu'ils peuvent trouver le bonheur et la satisfaction de leur âme en négligeant délibérément le plan de salut de Dieu. » (Harold B. Lee, CR, octobre, 1968, p. 59)


Jacques 4:7. Comment résister au diable pour qu'il fuie loin de nous ?


« Jacques a donné la formule pour vaincre : 'Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous' (Jacques 4:7). En abandonnant le mal, en transformant la vie, en changeant la personnalité, en façonnant le caractère ou en le refaçonnant, nous avons besoin de l'aide du Seigneur et nous pouvons être assurés que nous l'aurons si nous faisons notre part. Celui qui s'appuie fortement sur le Seigneur devient maître de lui-même et peut accomplir tout ce qu'il envisage de faire, que ce soit de se procurer les plaques d'airain [cf. Néphi], de construire un bateau [idem], de surmonter une habitude ou de se débarrasser d'une transgression profondément enracinée.


« Celui qui a une plus grande force que Lucifer, celui qui est notre forteresse et notre force, peut nous soutenir dans les temps de grande tentation. Si le Seigneur ne sort jamais de force quelqu'un du péché ou des bras du tentateur, il exerce son Esprit pour amener le pécheur à le faire avec l'aide divine. Et celui qui cède à la douce influence et aux supplications de l'Esprit et fait tout ce qui est en son pouvoir pour rester dans une attitude repentante, se voit garantir la protection, la puissance, la liberté et la joie. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 165)


Jacques 4:9. Le péché de légèreté


Il a été dit aux saints : « Que la gravité de l'éternité repose sur votre esprit » (D&A 43:34). Le prophète Joseph Smith a dit que la légèreté ne convenait pas à ceux qui sont appelés de Dieu (voir Joseph Smith 2:28). Il ne faut pas en déduire qu'il n'y a pas de place pour l'amusement et le rire, car Brigham Young a dit que les gens devaient avoir de l'amusement aussi bien que de la religion et que toute réjouissance pure venait des cieux et était pour les saints (voir Clarissa Young Spencer, Brigham Young at Home, p. 148-149). Mais les rires excessifs ou la trop grande légèreté sont des péchés pour Dieu (voir D&A 88:69).


Jacques 4:17. « Celui qui sait faire ce qui est bien et qui ne le fait pas »


« Le péché est la transgression de la loi divine telle que nous la connaissons par la conscience ou la révélation. Un homme pèche quand il ne respecte pas sa conscience, quand il va à l'encontre de la lumière et de la connaissance, pas la lumière et la connaissance qui ont été données à son voisin mais celles qui lui ont été données à lui. Il pèche quand il fait le contraire de ce qu'il sait être bien. Jusqu'à ce point, il ne fait que commettre des erreurs. On peut avoir à souffrir de douloureuses conséquences rien que pour des erreurs mais on ne pèche pas tant qu'on ne sait pas quoi faire de mieux que la chose en quoi consiste le péché. Avant de pouvoir désobéir à sa conscience, il faut en avoir une. » (Whitney, Saturday Night Thoughts, p. 239)


JACQUES 5

Jacques 5:4. « Le Seigneur des armées »


« Armées » est la traduction du mot Sabaoth, transposition grecque du mot hébreu tsabaoth qui signifie « une foule », « une multitude ». Ce titre est le même que celui qui est utilisé de nombreuses fois dans l'Ancien Testament, le Seigneur des armées signifiant « le Seigneur des multitudes qui demeurent dans les cieux et sur la terre ». 


Jacques 5:16. Devons-nous confesser nos péchés les uns aux autres ?


« Entre autres conditions requises par le Seigneur, il faut qu'il [le pécheur] confesse ses péchés graves à une autorité appropriée de l'Église. Parmi ces péchés, il y a l'adultère, la fornication, les autres transgressions sexuelles et d'autres péchés de gravité semblable. Ce procédé de la confession permet de contrôler et de protéger correctement l'Église et son peuple et oriente le transgresseur sur le chemin de la vraie repentance.


« Beaucoup de transgresseurs, dans leur honte et dans leur orgueil, ont satisfait leur conscience, du moins temporairement, par quelques prières silencieuses au Seigneur et ont raisonné que c'était là une confession suffisante de leurs péchés. 'Mais j'ai confessé mon péché à mon Père céleste, soulignent-ils, et cela doit suffire'. Ce n'est pas vrai quand il s'agit d'un péché grave. Alors il faut deux types de pardon pour apporter la paix au transgresseur : l'un venant des autorités appropriées de l'Église du Seigneur et l'autre du Seigneur lui-même…


« Quand on a fait du tort à quelqu'un d'autre par une transgression grave ou par des torts moins importants, il faut que l'agresseur, qui est la cause de l'offense, quelle que soit l'attitude de l'autre partie, fasse immédiatement amende honorable en confessant à la personne lésée et en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour régler la question et établir de nouveau de bons sentiments entre les deux parties. » (Spencer W. Kimball, Le miracle du pardon, p. 169, 175)


Jacques 5:19-20. Le pouvoir salvateur de l'œuvre missionnaire


« Quiconque commence le long voyage pour s'émanciper de l'esclavage du péché et du mal trouvera de la consolation dans la pensée exprimée par Jacques. Nous pourrions l'étendre quelque peu et rappeler au transgresseur que tous les témoignages qu'il rend, toutes les prières qu'il fait, tous les sermons qu'il prêche, toutes les Écritures qu'il lit, toute l'aide qu'il donne pour stimuler et édifier les autres, tout cela le fortifie et l'élève à des niveaux supérieurs.


« La motivation appropriée pour faire œuvre missionnaire, comme pour tout service dans l'Église, est bien entendu l'amour du prochain, mais ce genre de service a toujours un effet secondaire sur notre propre vie. C'est ainsi que quand nous devenons des instruments entre les mains de Dieu pour changer la vie des autres, notre propre vie ne peut s'empêcher d'être élevée. On ne peut guère aider quelqu'un d'autre à gravir jusqu'au sommet de la colline sans y grimper soi-même. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 192-193)

 

 

1 PIERRE

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1 PIERRE 1

1 Pierre 1:2. « élus selon la prescience de Dieu »


« Abraham et d'autres parmi les nobles et grands esprits, faisant partie de ces élus, furent choisis avant leur naissance pour la mission particulière qui leur avait été donnée dans cette vie (voir Abraham 3:22-24 ; Romains 9). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 217)

« Élus… : c'est ce qui se passe quand ils entrent dans la vraie Église (voir D&A 53:1). Enfin, pour récolter le salut éternel, ils doivent aller de l'avant par leur obéissance dévouée à la vérité jusqu'à 'affermir' leur vocation et leur élection (2 Pierre 1:10), c'est-à-dire jusqu'à ce qu'ils soient 'scellés à la vie éternelle' (D&A 131:5). » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 217)


1 Pierre 1:9. Qu'est-ce que le salut ?


« Le salut n'est ni plus ni moins que triompher de tous nos ennemis… Et lorsque nous aurons le pouvoir de subjuguer tous nos ennemis dans ce monde, et l'assurance de triompher de tous les esprits malins dans le monde à venir, alors nous serons sauvés, comme dans le cas de Jésus, qui régnera lorsqu'il aura soumis tous ses ennemis, et que le dernier sera détruit. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 415)



1 PIERRE 2


1 Pierre 2:9. un peuple acquis

Chacun des titres utilisés ici par Pierre est un titre utilisé autrefois pour désigner le peuple de l'alliance, la maison d'Israël. Il veut donc leur rappeler que, par le fait qu'ils ont adopté l'Évangile, ils sont maintenant le nouvel Israël. Ils sont maintenant la nation choisie (voir Ésaïe 43:21), « un royaume de sacrificateurs », « une nation sainte » (Exode 19:6) et « un peuple acquis ». Ce mot « acquis » est traduit du latin peculium qui signifie « quelque chose qui appartient en propre à quelqu'un ». On pourrait remplacer « acquis » par « acheté ». Cela signifie que les saints sont le peuple de Dieu, un peuple qui lui appartient à lui. Ce titre est déjà suggéré dans l'Ancien Testament quand Ésaïe dit : « Le peuple que je me suis formé » (Ésaïe 46:21).

1 Pierre 2:9. un sacerdoce royal


« Chaque fois que le Seigneur a un peuple sur la terre, il lui offre de faire de lui une nation de roi et de prêtres, non pas une assemblée de membres laïcs avec un prêtre ou un pasteur à la tête, mais une Église complète dans laquelle chaque homme est son propre pasteur, dans laquelle chaque homme a, de son propre droit, une position de roi qui règne sur son propre royaume, sa famille. La prêtrise qui fait de l'homme un roi et un prêtre est ainsi un sacerdoce royal. » (McConkie, DNTC, 3:294)


Le Christ est le roi de tous ces rois qu'il appelle les siens, ceux qui sont rois parce qu'ils détiennent et honorent la prêtrise du Christ.


1 Pierre 2:18-26. La patience dans les afflictions : belle et profonde comparaison de Pierre


Dans cette section, Pierre s'adresse précisément à ceux qui sont en esclavage. Le mot grec signifie « serviteur domestique » qui, dans l'empire romain était presque toujours un esclave. Pierre les encourage à se rappeler les souffrances de leur Sauveur pendant la période de son procès et de son exécution pour endurer patiemment leurs propres épreuves et leurs souffrances. Tout le passage a un style vigoureux et une expression particulière qui suggère que Pierre se souvient avec netteté de cette nuit où il a été un témoin oculaire de l'heure du procès du Sauveur. Il utilise le mot « maltraité » qui signifie littéralement « frappé avec les poings ». C'est cette dernière expression qu'emploient Matthieu et Marc (voir Matthieu 26:67 ; Marc 14:65) pour décrire la façon dont fut traité le maître. Il fait allusion au mépris orgueilleux du souverain sacrificateur et de la façon dont le Christ l'accepta en silence (verset 23). Pierre mentionne les coups de fouet en utilisant le mot qui signifie « meurtrissure » ou « marques sanglantes provoquées par les coups de fouet », exactement le résultat des coups de verges romaines.

Ce qu'il y a de remarquable aussi dans ce passage, ce sont les parallèles avec Ésaïe 53.


1 Pierre 2:20.


« Pierre ne voulait pas que nous tirions une gloire quelconque des souffrances que nous endurons à cause de nos propres erreurs. Il voulait bien que nous soyons heureux des souffrances que nous endurons parce que nous sommes disciples du Christ, mais non pour celles que nous endurons à cause de notre stupidité ou de nos péchés. » (Neal A. Maxwell, For a Small Moment, Speeches of the Year, 1974, p. 447)

1 PIERRE 3

1 Pierre 3:15. Étant toujours prêts à vous défendre


Les membres de l'Église doivent être prêts à tout moment à rendre leur témoignage « avec douceur et respect » à toute personne qui le leur demande (la Traduction de Joseph Smith a rétabli l'expression « avec douceur et respect » qui ne se trouve pas dans la version du roi Jacques mais qui se trouve dans d'autres versions, dont la Segond 1910, ndlr).


1 Pierre 3:18-20. Quel fut le sort des gens qui ne tinrent pas compte des avertissements de Noé ?


« Ils furent noyés dans leurs péchés. Leur mariage était pour le temps. Ils se complaisaient dans ce qui est du monde. Ils étaient probablement comme beaucoup de gens d'aujourd'hui qui n'imposent aucune limite à leur manger, à leur boisson et à leur débauche. Leur ignorance des lois de Dieu et l'avertissement des prophètes continua jusqu'au jour même où Noé et sa famille entrèrent dans l'arche. Alors ce fut trop tard. Trop tard. Ce qu'il y a de définitif dans cette expression ! En suivant leur histoire éternelle, nous voyons Pierre dire à leur propos plus de deux mille ans plus tard : [1 Pierre 3:18-20].

« Enfin, ils avaient une occasion dans le monde des esprits d'entendre à nouveau la voix des missionnaires et des prophètes. Mais si tard ! Près de deux mille ans encore sont entrés dans l'histoire et nous entendons de nouveau parler d'eux dans la révélation moderne. À propos de la révélation donnée en 1832 à Joseph Smith et à Sidney Rigdon, le prophète écrit : 'Ensuite, nous vîmes le monde terrestre, et voici, ce sont ceux qui sont du terrestre… ceux qui sont les esprits des hommes gardés en prison, que le Fils visita et à qui il prêcha l'Évangile, afin qu'ils puissent être jugés selon les hommes dans la chair ; Qui n'ont pas accepté le témoignage de Jésus dans la chair, mais qui l'ont accepté ensuite » (D&A 76:71, 73-74).


« Trop tard. Pour eux le terrestre. Cela aurait pu être le céleste, et cela aurait pu être l'exaltation ! Mais ils remirent à plus tard le jour de leur préparation. Le même « Trop tard » s'appliquera à beaucoup de membres de l'Église d'aujourd'hui qui n'ont pas écouté l'avertissement mais se sont – parfois avec insouciance, parfois par défi – liés pendant la mortalité à ceux qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas se préparer pour les bénédictions qui leur étaient réservées. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 234-235)


1 PIERRE 4

1 Pierre 4:1. « Armez-vous de la même pensée »


« Ayons la pensée du Christ (voir 1 Corinthiens 2:16). Nous penserons ainsi ce qu'il pensait, dirons ce qu'il disait et ferons ce qu'il faisait : ce sera une façon de vivre qui nous défendra contre les maux du monde. » (McConkie. DNTC, 3:315)


1 Pierre 4:6. Le salut pour les morts est-il prévu pour tous ceux qui n'ont pas accepté l'Évangile dans la mortalité ?


« Le salut pour les morts est limité expressément à ceux qui n'ont pas eu l'occasion dans cette vie d'accepter l'Évangile mais qui l'auraient accepté s'ils l'avaient connu.


'Tous ceux qui sont morts sans la connaissance de cet Évangile, et qui l'auraient accepté s'ils avaient eu la permission de rester, seront héritiers du royaume céleste de Dieu ; et aussi tous ceux qui, dorénavant, mourront sans la connaissance de l'Évangile, et qui l'auraient accepté de tout leur coeur, seront héritiers de ce royaume, car moi, le Seigneur, je jugerai tous les hommes selon leurs œuvres, selon les désirs de leur coeur' (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 145). » (McConkie, Mormon Doctrine,p. 686)


1 Pierre 4:8. « La charité couvre une multitude de péchés »


Traduction de Joseph Smith : « Avant tout, ayez les uns pour les autres une ardente charité, car la charité empêche une multitude de péchés. »

Seule la repentance couvre ou enlève le péché grâce au sacrifice expiatoire du Christ.


1 Pierre 4:11. « Si quelqu'un parle, que ce soit comme annonçant les oracles de Dieu »

Traduction de Joseph Smith : « Si quelqu'un parle, que ce soit comme un oracle de Dieu ».


« Parlez par inspiration, non de vous-même mais simplement comme un intermédiaire par lequel l'esprit et la volonté du Seigneur se révèlent. C'est une condition absolument nécessaire pour un vrai ministre du Seigneur. Il doit prêcher par le pouvoir de l'Esprit… S'il ne le fait pas, il ne peut pas administrer la vie et le salut pour les enfants des hommes. D'où ce divin conseil que les serviteurs du Seigneur doivent amasser continuellement dans leur esprit les paroles de vie, compter sur le Saint-Esprit, puis, sans réfléchir à l'avance, dire ce que l'Esprit veut qu'ils disent au moment même de leur prédication (voir D&A 84:85). » (McConkie, DNTC, 3:317)


1 Pierre 4:12. « la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver »


La « fournaise » évoque probablement les persécutions de Néron contre l'Église. Mais tous les saints ont à affronter leur propre « fournaise » : cela fait partie de
leur expérience dans le second état.


« Les plus grandes épreuves de la vie sont réservées aux saints. Ils sont ceux que le monde hait (voir Matthieu 10:22) et ils doivent triompher du monde s'ils veulent être approuvés du Seigneur. Ils ont à affronter tout ce que le monde affronte comme difficultés de la vie mortelle, maladie, infirmités, calamités, famines, douleur, chagrin et mort et, en plus, leur foi dans le Christ et dans son œuvre est mise à l'épreuve pour voir s'ils serviront le Seigneur dans tous les dangers. » (McConkie, DNTC, 3:318)


1 Pierre 4:17. « Le jugement va commencer par la maison de Dieu »


Remarquez l'étroite relation entre ce que dit Pierre et la révélation donnée pour Thomas B. Marsh, président du Collège des Douze en 1837 (voir D&A112:24-26).


1 PIERRE 5


1 Pierre 5


Pierre conseille aux anciens de veiller sur le troupeau de Dieu et encourage les saints à rester constants dans la foi Pour aider à préparer les saints aux épreuves qu’ils vont connaître, l’apôtre Pierre enseigne aux anciens de l’Église leurs responsabilités de dirigeants.


Pierre enseigne que les dirigeants de l’Église doivent servir de bon cœur et avec amour et non à contrecœur ou par désir d’obtenir une récompense. Ils doivent être des exemples pour les membres et non dominer (voir verset 3) sur eux. Ces versets nous enseignent que les dirigeants de l’Église ont la responsabilité de prendre soin du troupeau de Dieu avec amour et en donnant l’exemple.


1 Pierre 5:2


« Paî[tre] le troupeau de Dieu » signifie prendre soin des membres de l’Église.


1 Pierre 5:13


Pierre a écrit cette épître depuis « Babylone », probablement une référence symbolique à Rome.


1 Pierre 5:5-14


L’apôtre enseigne aux saints à respecter les personnes âgées, à se décharger sur JésusChrist de leurs soucis et à rester fermes dans la foi malgré les afflictions. Pierre leur garantit que, s’ils font cela, Dieu les rendra parfaits et les affermira.


2 PIERRE

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2 PIERRE 1

2 Pierre 1:1-19. Quelles sont les trois grandes clés pour obtenir la véritable connaissance de Dieu ?


« Il y a trois grands secrets contenus dans ce chapitre… qu'aucun homme ne peut mettre à jour, si ce n'est par la lumière de la révélation, et qui ouvre à notre compréhension le chapitre tout entier… Première clef : La connaissance est le pouvoir du salut. Deuxième clef : Assurez votre vocation et votre élection. Troisième clef : C'est une chose d'être sur le mont et d'entendre la voix magnifique, etc., et une autre d'entendre cette même voix vous déclarer : Vous avez une part et un lot dans ce royaume. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 426, 429)


À propos de ces trois grandes clés permettant d'accéder à la connaissance de Dieu, nous apprenons trois concepts :


1. La connaissance du Christ qui apporte le salut s'obtient peu à peu.


« Il ne serait pas sage que toutes les connaissances nous soient présentées en même temps ; il vaut mieux en recevoir un peu à la fois, cela nous permet de comprendre… Le principe de la connaissance est le principe du salut. Ce principe est à la portée des fidèles et des diligents ; et quiconque n'acquiert pas la connaissance suffisante pour être sauvé sera condamné. Le principe du salut nous est donné grâce à la connaissance de Jésus-Christ. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 415-416)


2. Quand un homme acquiert la connaissance des attributs divins du Christ et les intègre à sa vie, il affermit sa vocation et son élection.


« Personne ne peut connaître complètement Dieu, le Christ et l'Évangile, s'il ne possède pas lui-même des qualités divines car la connaissance des choses spirituelles n'est donnée que par révélation et tant qu'un homme n'a pas acquis de qualités divines, il ne peut recevoir l'Esprit par l'intermédiaire duquel la révélation est donnée. » (McConkie, DNTC, 3:354). On trouve une explication sur la façon d'affermir sa vocation et son élection dans le commentaire sur 2 Pierre 1:10.

3. La parole plus certaine de prophétie : la promesse faite par le Seigneur qu'une personne peut parvenir à l'exaltation et à la connaissance complète de Dieu (voir Jean 17:3), résulte du fait que la personne a affermi sa vocation et son élection.


« Voici le secret et la grande clef. Bien qu'ils pussent entendre la voix de Dieu et savoir que Jésus était le Fils de Dieu, cela n'était pas une preuve de la certitude de leur vocation et de leur élection, cela ne prouvait pas qu'ils participaient avec le Christ et qu'ils étaient cohéritiers avec lui. Ils désiraient alors cette parole plus certaine de la prophétie, cette assurance qu'ils étaient scellés dans les cieux et qu'ils avaient la promesse de la vie éternelle dans le royaume de Dieu.

« Cette promesse leur était alors scellée, c'était une ancre pour l'âme, sûre et stable. Les tonnerres pouvaient gronder, les éclairs jaillir, le fracas des tremblements de terre retentir et guerre sur guerre éclater, cette espérance et cette croyance soutiendraient l'âme à chaque heure d'épreuve, de trouble et de tribulation. La connaissance acquise grâce à notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est la grande clef qui nous ouvre les gloires et les mystères du royaume des cieux. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 416-417)


2 Pierre 1:4-8. Devenir participant de la nature divine


Pierre lui-même dit que c'est fuir « la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (verset 4). David O. McKay dit que cela signifie « s'élever au-dessus du temporel, du sensuel et participer de l'Esprit divin de Dieu » (CR, octobre 1961, p. 90).


2 Pierre 1:10. « affermir votre vocation et votre élection »


« Affermir sa vocation et son élection, c'est être scellé pour la vie éternelle ; c'est avoir la garantie inconditionnelle de l'exaltation dans les plus hauts cieux du monde céleste… c'est, en fait, faire avancer le jour du jugement pour qu'un héritage de toute la gloire et de tout l'honneur du royaume du Père soit assuré avant le jour où les fidèles entreront réellement dans la présence divine pour s'asseoir avec le Christ sur son trône comme lui est 'assis' avec son 'Père sur son trône' (Apocalypse 3:21). » (McConkie, DNTC, 3:330-331)

2 Pierre 1:10. Une personne doit-elle être mariée pour l'éternité pour que sa vocation et son élection soient affermies ?


« C'est par le mariage céleste que l'on affermit sa vocation et son élection. La vie éternelle n'existe pas et ne peut pas exister pour un homme ou une femme seuls, parce que la nature même de la vie éternelle, c'est la continuation de la cellule familiale dans l'éternité. » (McConkie, DNTC, 3:343)


2 Pierre 1:21. Quelle est la manière correcte d'interpréter les Écritures ?


« Si les prophètes parlent par le pouvoir du Saint-Esprit, il faut que le Saint-Esprit interprète correctement les enseignements des hommes saints. Par conséquent, ceux qui ne possèdent pas l'Esprit de Dieu ne peuvent pas comprendre les choses de Dieu. » (Delbert L. Stapley, CR, octobre 1966, p. 113)


2 PIERRE 2

2 Pierre 2:1. Y a-t-il des hérésies dans l'Église du Christ ?


« Les hérésies abondent dans le monde des Églises. Les fausses doctrines sont manifestes de tous côtés… Mais dans l'Église du Christ ? Y a-t-il des hérésies à l'intérieur même de cette institution divine ? Paul dit que c'était le cas chez les Corinthiens et il apparaît qu'il se passe la même chose dans le royaume moderne de Dieu sur la terre. À propos de notre époque, Néphi dit que 'à cause de leur orgueil, de leur méchanceté, de leurs abominations, et de leur luxure' tous les hommes 'se sont égarés, sauf un petit nombre, qui sont les humbles disciples du Christ'. Puis, désignant ces saints fidèles, il ajouta : 'Néanmoins, ils sont conduits de telle façon qu'ils s'égarent en bien des cas parce qu'ils sont instruits par les préceptes des hommes' (2 Néphi 28:14). On trouve donc des hérésies dans l'Église aujourd'hui comme il y en avait au midi des temps. » (McConkie, DNTC, 2:362-363)


2 Pierre 2:20-22. L'immoralité et la rébellion peuvent-elles mener au péché impardonnable ?


« Il est important pour tous les hommes qu'ils veillent à ne même pas approcher du point tragique du péché impardonnable. De nombreuses personnes ont perdu l'Esprit par immoralité et par la rébellion suscitée par les sophismes et la philosophie des hommes, et parfois suite à des offenses imaginaires. L'aigreur a une manière bien à elle d'empoisonner et de tuer l'esprit. On ne doit pas prendre le risque de laisser de telles situations s'envenimer et se gangrener, car qui peut dire où on pourrait glisser de l'autre côté de la ligne ? Le faire plutôt que de persévérer jusqu'à la fin, c'est peut-être se trouver dans la catégorie que Pierre a décrite. » (Kimball, Le miracle du pardon, p. 117)


2 PIERRE 3

2 Pierre 3:3. « Dans les derniers jours, il viendra des moqueurs »


« Dans cette seconde épître, le chef des apôtres présage et annonce que la seconde venue du Fils de l'Homme se fera de façon littérale et il ajoute cette déclaration : Dans les derniers jours, dans ce qui s'appellera le monde chrétien, le fait que notre Seigneur reviendra en personne sera contesté ; les faux chefs religieux se moqueront d'une conception si démodée et les hommes de science riront à l'idée que la terre puisse être brûlée en prélude à une période de mille ans pendant laquelle seuls les justes demeureront sur la nouvelle terre ainsi purifiée de tous ses habitants méchants. Toute l'histoire, toute l'expérience et toute la raison, diront-ils, démontrent la fausseté de ces doctrines dépassées qui disent que le Seigneur reviendra vivre à nouveau parmi les hommes. Ils s'exclameront que sûrement les Écritures veulent dire qu'il viendra sous forme d'un pouvoir ou d'une influence qui demeurera dans le coeur des hommes chaque fois que ceux-ci parviendront à une communion avec lui.


« Mais Pierre, dont les idées ne venaient pas de la raison mais de la révélation, répond : Qu'est-ce qui est le plus facile ? Croire en une création (fait évident) ou en une seconde venue ? Croire à la destruction du monde par l'eau à l'époque de Noé (fait amplement attesté) ou à la destruction de la vigne par le feu à une époque où ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'homme (voir Luc 17:26) ? » (McConkie, DNTC, 3:364-65)


2 Pierre 3:10-13. « Nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre »


« N'interprétons pas incorrectement cette expression. Les nouveaux cieux et la nouvelle terre seront les mêmes cieux et la même terre que ceux où nous vivons actuellement, car cette terre doit recevoir la résurrection après ces jours de mortalité et être la demeure des justes dans l'éternité. Sans les révélations du Seigneur données aux hommes, cette vérité ne serait pas connue. Nous ne saurions pas non plus à quelle gloire finale cette terre est destinée. Même maintenant, les hommes n'étant pas guidés par Dieu et n'ayant pas ses révélations, cette vérité ne serait pas connue. » (Smith, Seek Ye Earnestly, p. 262)

 

1 JEAN

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1 JEAN 1

1 Jean 1:1. « Ce que nous avons vu de nos yeux… et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie »


Les apôtres de Jésus, dont Jean, eurent le droit sacré, après la résurrection du Sauveur de voir le Seigneur ressuscité dans la chair. « Voyez mes mains et mes pieds, dit le Sauveur, c'est bien moi ». Mais ce n'est pas tout. Ils eurent droit aussi à toucher ses blessures : « Touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai » (Luc 24:39). Jean veut que l'on comprenne que c'est lui, un des témoins du Christ ressuscité, qui a écrit cette lettre.


1 Jean 1:3. « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ »

Dans cette vie, être en communion avec le Seigneur c'est jouir de la compagnie de son esprit qui nous rend un avec lui ; dans l'éternité, être en communion avec lui, c'est être semblable à lui, avoir cette vie éternelle dont il est le possesseur et l'instigateur. » (McConkie, DNTC, 3 3:374)


1 JEAN 2

1 Jean 2:1. « Nous avons un avocat auprès du Père »

Un avocat est quelqu'un qui plaide en faveur de quelqu'un d'autre. Jésus-Christ est notre avocat auprès du Père. Dieu est un Dieu de justice et sa loi exige que chaque péché reçoive son salaire. Sans l'expiation du Christ, tous les hommes se tiendraient en état de condamnation devant la loi, parce que tous les hommes pèchent. Mais Jésus-Christ a souffert le châtiment et il a donc payé le prix des péchés de toute l'humanité. C'est pourquoi il peut plaider notre cause devant le Père (voir D&A 45:3-5).


1 Jean 2:2. « Il est une victime expiatoire pour nos péchés » et « aussi pour ceux du monde entier »


La justice divine ne peut pas simplement passer l'éponge sur les péchés. Il faut qu'il y ait un paiement. C'est ce que signifie être une victime expiatoire. Comme Jésus était entièrement juste et qu'il n'avait à répondre personnellement d'aucun péché, il pouvait être une victime expiatoire, c'est-à-dire payer pour nos péchés par l'expiation. Cet acte juste satisfait les exigences de la justice et rend possible la miséricorde ou le pardon (voir Alma 42:12-25).


Mais l'expiation du Christ est universelle. Elle s'applique à tous ceux qui veulent l'accepter en ayant foi en Christ et en se repentant de leurs péchés. Le Sauveur a subi « les souffrances de tous les hommes », la souffrance due à l'accumulation des péchés du monde entier. Mais seuls ceux qui se repentent vraiment en bénéficient (voir D&A 18:10-12). Les autres doivent vivre sans bénéficier complètement de l'expiation (voir Alma 11:40-41).


1 Jean 2:3. « Par là nous savons que nous l'avons connu »

C'est ce même Jean qui rapporte ces paroles de notre Sauveur : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3). Ici, il nous dit comment il est possible de connaître Dieu.

« C'est par l'obéissance aux lois et aux ordonnances de l'Évangile, et pas autrement… Étant donné que le fait même de connaître Dieu, au sens le plus complet, consiste à penser ce qu'il pense, à dire ce qu'il dit, à faire ce qu'il fait et à être semblable à lui (c'est cela l'exaltation…), il s'ensuit que les âmes sauvées doivent avancer et progresser jusqu'à acquérir sa personnalité, ses qualités parfaites et ses attributs jusqu'à ce qu'elles obtiennent son pouvoir éternel… » (McConkie, DNTC, 3:377)



1 Jean. 2:6. « marcher aussi comme il a marché lui-même »


« Dire, accepter, croire, ce n'est pas suffisant. Ce sont des attitudes incomplètes tant que les actions qu'elles impliquent n'animent pas la vie quotidienne. Ce sont ces actions qui sont la meilleure source du témoignage personnel. Celui qui sait, sait parce qu'il a fait l'expérience. Il n'a pas à dire : 'Frère Untel dit que c'est vrai, alors je le crois'. Il peut dire : 'J'ai mis en application ce principe dans ma vie et je sais, par expérience personnelle, qu'il agit. J'ai senti son influence, mis à l'épreuve son utilité pratique, et je sais qu'il est bon. Je peux témoigner que je sais par moi-même que c'est un principe vrai'. » (Howard W. Hunter, CR, avril 1967, p. 116)

1 Jean 2:18-19. Qu'est-ce qu'un antéchrist ?


Dans « antéchrist », le préfixe anté est la déformation du préfixe grec anti qui, en grec, comme en français, signifie contre. Un antéchrist (ou anti-christ) est quelqu'un qui s'oppose au Christ ou cherche à modifier sa doctrine, à l'altérer, à y ajouter quelque chose ou à la détruire par la base. Le diable en est le meilleur exemple car il « s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore » (2 Thessaloniciens 2:4). Mais Jean ne parle pas du diable mais des hommes de son époque qui suivaient le diable dans son opposition à Jésus-Christ. Ces apostats, bien qu'ils aient autrefois appartenu à l'Église, « sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres ; car s'ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous ». Des exemples d'antéchrist sont des hommes comme Shérem (voir Jacob 7:1-23), Néhor (voir Alma 1:2-16) et Korihor (voir Alma 30:6-60).


1 Jean 2:20, 27. Qu'est-ce que « l'onction » dont parle Jean ?


« Cette onction, cette sainte onction, est le don du Saint-Esprit qui leur donne accès à la sagesse infinie du Père et du Fils, de sorte qu'ils peuvent connaître toutes choses dès qu'ils sont capables de les supporter. » (McConkie, DNTC, 3:383)


1 JEAN 3

1 Jean 3:9. « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché »


Traduction de Joseph Smith : « Quiconque est né de Dieu ne continue pas à pécher ; car l'Esprit de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pas continuer à pécher, parce qu'il est né de Dieu, ayant reçu le Saint-Esprit de promesse. »


Tous les hommes pèchent, avant et après le baptême, mais les saints qui s'efforcent de garder les commandements, qui se repentent continuellement et retournent au Seigneur, ne persistent pas dans une vie de rébellion pécheresse contre Dieu et ses lois, comme avant d'être baptisés pour la rémission de leurs péchés. Les membres de l'Église qui persistent dans le péché ne sont membres que de nom ; ils ne reçoivent pas la compagnie du Saint-Esprit dont seules les révélations peuvent nous faire 'connaître' le Seigneur. » (McConkie, DNTC, 3:386)


1 Jean 3:21. « Bien-aimés, si notre coeur ne nous condamne pas, nous avons de l'assurance devant Dieu »


« Toute personne a besoin de savoir réellement que la vie qu'elle mène est conforme à la volonté de Dieu pour lui permettre d'avoir cette assurance devant Dieu sans laquelle personne ne peut obtenir la vie éternelle. C'est cela qui permit aux saints de l'Église primitive d'endurer toutes leurs afflictions et leurs persécutions et d'accepter avec joie l'enlèvement de leurs biens, sachant (et ne croyant pas seulement) qu'ils avaient des biens meilleurs qui durent toujours (voir Hébreux 10:34). » (Lectures on Faith, lecture Sixth, v. 2)


1 JEAN 4

1 Jean 4:8. « Dieu est amour »


« 'Notre Dieu est un feu dévorant' (Hébreux 12:29). 'Dieu est lumière' (1 Jean 1:5). De même, Dieu est aussi foi, espérance, charité, justice, vertu, tempérance, patience, humilité, etc. C'est-à-dire que Dieu est l'incarnation et la personnification de toute grâce et de tout attribut divin, qui, tous, demeurent en sa personne, en perfection et en plénitude. » (McConkie, DNTC, 3:398)


1 Jean 4:12. « Personne n'a jamais vu Dieu »


Traduction de Joseph Smith : « Personne n'a jamais vu Dieu, sauf ceux qui croient. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour est rendu parfait en nous. »


1 JEAN 5

1 Jean 5:8. « Il y en a trois qui rendent témoignage : l'Esprit, l'eau et le sang »

« Tout comme il ne peut pas y avoir de naissance sans eau (le foetus est immergé dans l'eau dans le ventre de sa mère), sans sang (la vie du corps mortel se trouve dans le sang sans lequel la mort est immédiate, et il ne peut y avoir de naissance sans perte de sang de la mère) et sans esprit (l'enfant de Dieu qui vient de la préexistence pour demeurer dans le corps formé dans le ventre de sa mère),

« de même, il ne peut y avoir de naissance spirituelle dans le royaume des cieux sans eau (le baptême par immersion par quelqu'un qui en a l'autorité), sans Esprit (le pouvoir purificateur du Saint-Esprit qui fait sortir le péché et l'iniquité de l'âme humaine et les brûle comme un feu, rendant ainsi l'âme digne de demeurer avec les êtres purs et saints du royaume de Dieu), et sans le sang (le sang versé de celui qui répandit son âme jusqu'à la mort pour que tous les termes et toutes Ies conditions du plan de salut soient valables et puissent entrer en vigueur et pour que l'homme mortel puisse être racheté de la mort temporelle et spirituelle apportées dans le monde par la chute d'Adam)…


« Il y a autre chose : le symbolisme utilisé ici nous aide à concentrer notre attention sur le sacrifice expiatoire du Fils. Les mêmes éléments étaient présents : L'Esprit, en ce que notre Seigneur mourut volontairement en laissant son esprit s'échapper de son corps, le sang, en ce qu'il accomplit l'action, commencée à Gethsémané, de verser son propre sang pour les péchés des hommes, et l'eau, en ce que lorsqu'un des soldats lui perça le côté avec une lance… il sortit du sang et de l'eau. 'Celui qui l'a vu [Jean lui-même] en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi' (Jean 19:34-35). » (McConkie, DNTC, 3:403-405)

 

2 JEAN

2 Jean 1. Jean était-il ancien dans la prêtrise ?


Le titre d'ancien s'applique à tous les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek, qu'ils soient ordonnés à l'office particulier d'ancien ou non (voir D&A 20:38). La prêtrise est plus grande que n'importe lequel des offices qu'elle comprend. Pierre, apôtre et président de la haute prêtrise se qualifiait lui-même de 'ancien' (1 Pierre 1:5). Jean et Pierre étaient des anciens au même titre que n'importe quel détenteur de la prêtrise de Melchisédek est ancien, sans considération de la position à laquelle il est ordonné.


2 Jean 1. Qu'est-ce qu'une « élue » ou qui est-ce ?


Si nous supposons que « l'élue » à qui Jean écrivit était une personne réelle plutôt que la désignation figurative d'une branche de l'Église comme l'affirment certains, que signifie ce terme ?


« Une élue est un membre féminin de l'Église qui a déjà reçu ou qui, par son obéissance, est digne de recevoir la plénitude des bénédictions de l'Évangile. Ceci inclut la dotation au temple, le mariage céleste et la plénitude du pouvoir de scellement. C'est une femme qui a été élue ou choisie pour sa fidélité en tant que fille de Dieu dans cette vie, héritière de Dieu, membre de sa maison. Sa position est comparable à celle des anciens qui magnifient leur appel dans la prêtrise et reçoivent pour cela tout ce que le Père possède (voir D&A 84:38). » (McConkie,Mormon Doctrine, p. 217)


2 Jean 7. « Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde »


Depuis le début de l'histoire de cette terre, Satan et ses émissaires sont engagés dans des œuvres de tromperie. C'est pour cette raison que les prophètes de Dieu ont constamment averti les disciples du Christ de prendre garde à ceux qui cherchent à détourner les imprudents des vérités révélées par Dieu. L'époque de Jean ne faisait pas exception car il y avait « plusieurs séducteurs ». Jean mit en garde précisément contre ceux « qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair ». C'était les « docétistes », hérétiques gnostiques, qui affirmaient que le Christ était un fantôme et qu'il avait exercé son ministère seulement sous la forme d'une apparence. La matière est corrompue et le Christ n'aurait pas pu être un être de matière car cette association l'aurait corrompu. Le Christ ne souffrit pas pour les péchés des hommes dans le jardin de Gethsémané et sur la croix ; il sembla souffrir seulement (Dokein en grec signifie « sembler, paraître » d'où le terme « docétisme »).


Cet enseignement, s'il avait été accepté, aurait détruit par la base la structure toute entière de l'Évangile du Christ. Si Jésus n'avait pas souffert pour nos péchés par l'effusion de son sang, la rémission de nos péchés n'aurait pas été réalisée. Si Jésus n'avait pas vaincu la mort par la résurrection de son corps physique, nous et tous ceux qui ont vécu avant nous serions restés morts pour toujours et à jamais. Il n'y aurait pas eu de « bonne nouvelle », l'Évangile de Jésus-Christ, dans lequel placer notre confiance. Il n'est pas étonnant que Jean ait averti ses lecteurs de se méfier des « séducteurs » qui se trouvaient dans le monde et « qui ne confessaient point que Jésus était venu en chair ». Les saints des derniers jours savent qu'il est venu dans la chair et cette connaissance ouvre les portes sur une vie qui a vraiment un sens.

 

2 Jean 10-11. Pourquoi est-il si grave de dire « Salut » à ceux qui enseignent la fausse doctrine ?


Jean ne veut pas dire qu'il ne faut pas appliquer les règles habituelles de politesse à ceux qui enseignent des doctrines contraires. Ce qu'il dit en réalité à ses lecteurs, c'est de ne pas souhaiter prospérité et réussite à ceux dont la vie et les enseignements n'étaient pas en accord avec la vérité de l'Évangile. En effet dans ce temps-là, l'expression utilisée par Jean et traduite par « Salut » signifiait aussi accueillir quelqu'un chez soi, le recevoir en hôte. C'était cette sorte d'hospitalité qui permettait aux prédicateurs itinérants de subsister et de poursuivre leur œuvre. Ainsi, dire « salut » revenait presque à soutenir l'œuvre de ces prédicateurs. Jean dit que les saints ne doivent soutenir que ceux qui viennent enseigner la doctrine de l'Évangile, à savoir que le Christ est réellement venu dans la chair, qu'il a souffert pour l'humanité et qu'il est ressuscité.


3 JEAN

 

3 Jean 5-8. Dans ces versets, pourquoi Gaius est-il félicité par Jean ?

Alors même que Jean demandait instamment à ses lecteurs de ne pas offrir l'hospitalité aux prédicateurs de la fausse doctrine, il félicite Gaius pour sa bonté envers les véritables ministres de la parole de Dieu. C'était la coutume dans l'Église primitive que les membres de la branche accueillent chez eux les missionnaires chrétiens et subviennent à leurs besoins. Cela impliquait que l'on acceptait les missionnaires et leur message. Même si les auberges de cette époque n'avaient pas eu la mauvaise réputation qu'elles avaient, il est peu probable que la plus grande partie des frères aient été assez riches pour y séjourner. Gaius est félicité pour le dévouement qu'il montra pour la cause du Christ en hébergeant généreusement les serviteurs voyageurs de Dieu.

 

 

JUDE

Jude 4. Que penser de la description que fait Jude des faux docteurs de son temps ?


Jude dit des faux docteurs de l'Église qu'ils « se sont glissés ». Le mot grec employé ici est très descriptif : il est dérivé d'un mot composé qui signifie « se glisser à l'intérieur par une porte latérale ». Il est rare que les membres apostats s'opposent ouvertement à l'Évangile. Ils emploient plutôt des méthodes subtiles, trompeuses et secrètes pour détourner les imprudents de la vérité par la ruse. Jude utilise l'image de quelqu'un qui se glisse subrepticement par une porte latérale pour se mêler à l'assemblée sans se faire remarquer jusqu'à ce qu'il ait l'occasion de masquer ses faux enseignements derrière sa qualité de membre de l'Église.


Le deuxième terme que Jude utilise, qui est traduit par « dissolution » dans la Version Segond, est aussi un mot très fort en grec. Il n'implique pas seulement un état d'immoralité mentale ou spirituelle, mais une conduite sexuelle immorale étalée au grand jour, une vie de passions et de luxure débridée, pour ainsi dire. Jude veut probablement parler d'un groupe de membres qui essaient de cacher leur adultère sous couvert de la religion.


Jude 6. « Les anges qui n'ont pas gardé leur dignité »


Ce qui est traduit par « dignité » dans la version Segond est traduit par « premier état » dans la version du roi Jacques. C'est ce même « premier état » dont parle Abraham pour représenter le monde prémortel (voir Abraham 3:26). Les esprits qui furent fidèles à ce stade initial de la progression éternelle se qualifièrent pour avoir le droit d'entrer dans la mortalité, notre second état, tandis que ceux qui se rebellèrent contre Dieu et suivirent Lucifer sont ceux dont parle Jude, « les anges qui n'ont pas gardé leur dignité » (leur premier état). 


« Les esprits dans le monde éternel sont comme les esprits dans ce monde. Lorsqu'ils seront venus dans ce monde et auront reçu leur corps mortel, et lorsqu'ils seront ressuscités après la mort et qu'ils recevront un corps glorifié, ils auront pouvoir au-dessus des esprits qui n'ont pas reçu de corps, ou qui n'ont pas gardé leur premier état, comme le diable. Le châtiment du diable consiste en ce qu'il n'aura pas de corps mortel comme l'homme. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 428)


Jude 6. « Enchaînés éternellement par les ténèbres »


Les ténèbres sont la demeure de ces « anges qui n'ont pas gardé leur premier état » mais se sont rebellés contre Dieu et ont joint leurs forces à celles de Lucifer. Ici, ils seront rejoints par les fils de perdition : ceux qui, dans cette vie, ayant connu les voies de la justice pour arriver à la perfection ont sciemment choisi un chemin qui mène à l'enfer (voir D&A 76:32-33, 44). Étant donné que dans cet état il n'y a ni développement, ni croissance spirituelle ni progression dans la lumière et la vérité, ceux qui en héritent sont « enchaînés éternellement par les ténèbres » d'où il n'y a pas de retour. Pour tous les autres,l'enfer aura une fin.


Jude 7. Que savons-nous des villes de Sodome et Gomorrhe ?


Sodome et Gomorrhe étaient des villes jumelles qui se trouvaient quelque part près de la mer Morte, probablement dans sa partie méridionale. Elles furent détruites à cause de leur grande méchanceté, principalement l'homosexualité. Les deux villes furent détruites avec leurs habitants par un feu venu du ciel (voir Genèse 19:24-25). Sachant quel fut leur sort et les pratiques qui y existaient, on peut penser que lorsque Jude parle de « dissolution » et de « certains hommes » qui se sont « glissés », il fait allusion à la pratique de l'homosexualité. Cette pratique a été condamnée par les prophètes de Dieu à toutes les époques.


Jude 9. Qui est « l'archange Michel » ?


L'archange Michel est le grand patriarche Adam (voir D&A 107:54)


Jude 9. Que savons-nous sur la dispute que l'archange Michel eut avec le diable à propos du corps de Moïse ?


« Les commentateurs supposent, et c'est sûrement vrai, que Jude avait devant lui et citait un livre apocryphe qui était alors bien connu, 'l'Assomption de Moïse' dont seuls des fragments ont été conservés jusqu'à notre époque. Cet ouvrage non canonique présente une doctrine selon laquelle Moïse fut ravi et enlevé au ciel sans goûter la mort. Il y est question de 'certaines révélations faites par Moïse' et de 'sa disparition dans un nuage' de sorte que sa mort fut cachée aux yeux des humains… Michel reçut la tâche d'ensevelir Moïse. [Dans ce document] Satan s'opposa à l'ensevelissement en donnant les arguments suivants : (a) c'était lui le Seigneur de la matière, c'est pourquoi le corps lui revenait de plein droit ; et (b) Moïse était un meurtrier car il avait tué l'Égyptien. Michel ayant réfuté les accusations de Satan l'accusa à son tour d'avoir poussé le serpent à tenter Ève. Finalement, toute opposition ayant été vaincue, l'assomption eut lieu en présence de Josué et de Caleb. » (McConkie, DNTC, 3:421)


Il faut noter que « l'Assomption de Moïse » est un livre apocryphe. Apocryphe signifie d'une authenticité ou d'une exactitude incertaine. Autrement dit, ces livres n'ont pas été inclus dans la Bible parce qu'ils n'ont pas été reconnus corrects dans tous leurs aspects, même s'ils contiennent des choses d'une certaine valeur (voir D&A 91).


Jude 11. « La voie de Caïn… l'égarement de Balaam… la révolte de Coré »


Chacun de ces hommes fit une faute grave aux yeux du Seigneur. Caïn tua son frère Abel pour avoir les troupeaux de son frère (voir Moise 5:32-33) ; Balaam utilisa le don de prophétie que lui avait donné Dieu pour s'attribuer les richesses et les honneurs des hommes (voir Nombres 22) ; et Coré (orthographié Koré dans l'Ancien Testament) se rebella contre Moïse, le prophète du Seigneur, parce qu'il avait été exclu de son office dans la prêtrise (voir Nombres 16:1-3, 31-35).


Dans chaque cas, ces hommes furent maudits par le Seigneur pour le mal qu'ils avaient fait : Caïn fut condamné à être « un fugitif et un vagabond sur la terre » (Moïse 5:37) ; Balaam fut tué par l'épée (voir Nombres 31:8) ; et Coré ainsi que tous ceux qui s'étaient mis de son côté furent engloutis vivants dans la terre (voir Nombres 16:31-35). Jude veut faire comprendre que les hommes méchants de son époque qui « ont suivi la voie » de Caïn, de Balaam et de Coré auront un sort semblable.


Jude 20. « prier par le Saint-Esprit »


C'est prier par le pouvoir du Saint-Esprit pour que toutes les choses demandées soient accordées parce que 'ce que vous demanderez vous sera donné'(voir D&A 50:29-30 ; 101:27).


Jude 23. « En les arrachant du feu »


« Au jour du jugement, tout ce qui est corruptible sera consumé (voir D&A 101:24) et les méchants seront brûlés par un feu inextinguible (voir Malachie 4:1). Pour que les saints qui s'égarent soient sauvés, il faut, pour ainsi dire, les arracher du feu qui doit venir, tout comme Dieu dit d'Israël : 'Vous avez été comme un tison arraché de l'incendie' (Amos 4:11). » (McConkie, DNTC, 3:428)


Jude 23. Le vêtement


« Dans l'ancien Israël, pour éviter la contamination par une maladie contagieuse, un vêtement tâché était détruit par le feu (voir Lév. 13:47-59 ; 15:14-17). Il en est ainsi du péché dans l'Église : les saints doivent éviter le moindre contact avec lui. Ainsi les vêtements, au sens figuré, des pécheurs doivent être brûlés par le feu, ceci voulant dire que tout ce qui a été en contact avec les méchants doit être évité. De même à ceux qui sont appelés à se joindre au royaume : Il leur est lancé l'appel : repentez-vous ; 'sauvez-vous de cette génération perverse, et arrachez-vous du feu, haïssant jusqu’à la tunique souillée par la chair' (D&A 36:6). » (McConkie, DNTC, 3:428)


APOCALYPSE

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APOCALYPSE 1

Apocalypse 1: « un royaume des sacrificateurs pour Dieu »


« Ceux qui détiennent la plénitude de la prêtrise de Melchisédek sont rois et prêtres du Dieu très haut et détiennent les clés du pouvoir et des bénédictions. En fait, cette prêtrise est une loi parfaite de théocratie et représente Dieu pour donner les lois à son peuple et administre une vie sans fin aux fils et aux filles d'Adam. » (Smith, HC, 5:555)


Apocalypse 1:12. Quel est le symbolisme des sept chandeliers ?


« Les chandeliers portent la lumière ; ils ne la créent pas. Leur fonction est de la fournir, non de la susciter. Ainsi, en utilisant l'image de sept chandeliers pour représenter les sept Églises à qui Jean doit maintenant parler, le Seigneur montre que ses assemblées de fidèles sur la terre doivent porter sa lumière au monde. Le Christ est la lumière du monde (voir Jean 8:12). 'Élevez votre lumière pour qu'elle brille dans le monde. Voici, je suis la lumière que vous devez élever – ce que vous m'avez vu faire' (3 Néphi 18:24 ; Matthieu 5:14-16). » (McConkie, DNTC,3:442)


Apocalypse 1:13-16. Le langage symbolique de Jean


Parfois, le lecteur de l'Apocalypse est surpris par les images et les symboles utilisés par Jean et qui, parfois, semblent presque étranges tant ils sont inhabituels. Cela est dû à une différence fondamentale de la culture et de l'utilisation du langage. La plupart des membres de l'Église aujourd'hui sont des produits de la civilisation occidentale. Les peuples occidentaux ont tendance à utiliser le langage comme un maçon utilise des matériaux de construction : il construit des structures qui sont concrètes dans le détail et la forme. Mais le monde oriental, dont la Terre Sainte faisait partie, est plus artistique dans son utilisation du langage. Les mots ne sont que des couleurs avec lesquels l'artiste peint des images verbales. Ainsi, l'oriental se soucie en général davantage de l'effet que de la forme et du détail. Les occidentaux disent que le soleil se lève tandis qu'un Arabe peut dire qu'il saute de son lit de sommeil.


Jean, qui était Juif, était un produit de la culture orientale et non occidentale. C'est pourquoi l'image qu'il donne du Sauveur qui a une épée aiguë à double tranchant qui sort de la bouche est parfaitement acceptable, même si l'esprit occidental, essayant de se figurer concrètement cette image, la trouve un peu choquante pour sa sensibilité. Le symbolisme convient très bien à l'esprit oriental car celui-ci se soucie davantage de l'effet du symbole que du symbole lui-même. Pousser jusqu'à une interprétation littérale les images et les symboles de Jean mènerait à des images déconcertantes et parfois grotesques. Mais si l'on se rappelle l'amour qu'ont les Orientaux pour le style imagé, des choses comme les bêtes à sept têtes et à dix cornes, les armées comparées à des sauterelles et les prophètes ayant du feu sortant de la bouche (Apoc. 11:5 ; 19:15) deviendront belles et des symboles profonds.


Apocalypse 1:18. Pourquoi le Christ a-t-il la clef du séjour des morts ?


Il est évident que le Christ a pouvoir sur la mort, car sa résurrection ouvre les portes de la mort pour tous les hommes. Mais pourquoi a-t-il aussi la clef du séj our des morts ? Ce séjour des morts, l'enfer, est la partie du monde des esprits où les méchants souffrent jusqu'à ce qu'ils aient satisfait aux strictes exigences de la justice. Il n'y a que le Christ qui les libère de leur affreuse condition quand leurs tourments sont terminés. Ceci concorde parfaitement avec les enseignements de Pierre sur la visite du Christ aux esprits en prison entre la mort et la résurrection du Sauveur (voir 1 Pierre 3:18-20 ; 4:6).


Apocalypse 1:20. Qui ou que sont les sept anges des sept Églises ?


Dans la Traduction de Joseph Smith, dans ce verset et dans le premier verset de chacune des sept lettres aux Églises d'Asie, le mot « ange » est changé par « serviteur ». McConkie dit que les sept étoiles sont « les officiers présidents des sept assemblées de membres qui sont dans les mains du Seigneur tout comme ses autres ministres. Ils ne parlent pas ou n'agissent pas par eux-mêmes ; ils représentent leur Maître dont ils disent les paroles, dont ils accomplissent les actes. » (McConkie, DNTC, 3:444)


APOCALYPSE 2

Apocalypse 2:1. « Écris à… l'Église d'Éphèse »


Bien que n'étant pas la capitale de la province romaine d'Asie, Éphèse, cependant, faisait partie des villes importantes de l'Empire. C'était la quatrième ville en nombre d'habitants et la ville la plus étendue de toute l'Asie Mineure. Sa position stratégique en faisait non seulement un port important mais aussi le carrefour de routes et de voies commerciales importantes. Elle était célèbre dans le monde entier pour son magnifique temple de Diane (Artémis, en Grec), une des sept merveilles du monde antique. Le temple fut le centre d'une émeute à Éphèse à cause de l'apôtre Paul (voir Actes 19:23). Sa prédication menaçait de ruiner le commerce des artisans locaux qui fabriquaient des représentations du temple en argent pour les vendre aux touristes et aux adorateurs. À l'époque de Paul, le port commençait à s'ensabler avec les alluvions du Cayster et, même si c'était encore une ville importante, Éphèse se trouvait en état de déclin progressif. Après la chute de Jérusalem en 70 après J-C, la cité devint le centre de l'Église chrétienne pendant de nombreuses années jusqu'à ce que ce centre se déplace vers Rome.


Apocalypse 2:8. « Écris à… l'Église de Smyrne »


Appelée par de nombreux auteurs de l'Antiquité « le joyau de l'Asie », Smyrne disputait à Éphèse le droit d'être appelée la première ville d'Asie. Située sur un excellent port qui est encore un des ports importants de Turquie (à l'heure actuelle Izmir), Smyrne était un important centre commercial. Détruite par un tremblement de terre en 627 avant J-C, elle fut complètement reconstruite par Lysimachus, l'un des successeurs d'Alexandre le Grand, vers 290 avant J-C. Ainsi, c'était l'une des rares villes du monde antique qui ait un « plan ». Dès 195 avant J-C, Smyrne construisit un temple à la déesse de Rome et peu après ce fut une des premières villes à adopter de tout son coeur le culte impérial (le culte de l'empereur). À la lumière de l'encouragement donné à l'ange (le « serviteur » dans la Traduction de Joseph Smith) de l'église de Smyrne, il est intéressant de noter que Polycarpe, l'évêque de Smyrne, fut martyrisé dans la ville quand il refusa de renier le Christ. Il fut brûlé sur un bûcher et frappé d'une épée quand les flammes l'encerclèrent.


Apocalypse 2:12. « Écris à… l'Église de Pergame »


Pergamos en grec, cette ville était la capitale provinciale de l'Asie. Elle aurait voulu se proclamer la ville la plus importante de la province, mais elle était visiblement éclipsée par Éphèse et Smyrne. Pergame fut un centre du culte de l'empereur parmi les plus importants et fut très célèbre pour sa bibliothèque qui abritait plus de 200 000 rouleaux. C'était le centre principal d'adoration du Dieu-serpent Asclépéion dont le temple se tenait dans la ville. Cette ville était un lieu d'une très grande corruption.


Apocalypse 2:14. Qu'était la doctrine de Balaam ?


« C'était deviner pour de l'argent ; donner des conseils contraires à la volonté divine ; pervertir la voie juste du Seigneur, tout cela dans le but de gagner des richesses et les honneurs ; en fait, prêcher pour de l'argent ou pour obtenir un pouvoir et une influence personnelles. Dans la nature des choses, de telles actions sont une perversion de la voie juste du Seigneur (voir 2 Pierre 2:10-22). » (McConkie, DNTC, 3:450)


Apocalypse 2:18. « Écris à… l'Église de Thyatire »


Bien que Thyatire était la plus petite de ces sept villes, l'Église qui s'y trouvait reçut la plus longue lettre. C'est comme centre de nombreux artisanats, comprenant la teinture de la laine, que cette ville était le mieux connue. On se rappellera que Lydie, « la marchande de pourpre » et convertie de Paul, était de Thyatire (voir Actes 16:17. La ville se trouvait en ligne directe sur la route qui venait de Smyrne et c'était une ville de garnison. L'esprit militaire y était très fort et sa principale divinité, Tyrimnos, un dieu-soleil, était en général représenté dans des attitudes de prouesses militaires.


Apocalypse 2:23. Que signifie « sonder les reins et les cœurs » ?


Pour les Hébreux, le mot « reins » signifiait force et vigueur. Cette expression est idiomatique, elle signifie que le Seigneur connaît toutes les choses qui sont dans l'homme, ses points forts et ses faiblesses, son caractère et ses émotions. Il pourra alors rendre à chacun selon ses œuvres.


APOCALYPSE 3

Apocalypse 3:1. « Écris à… l'Église de Sardes »


Sardes était située au carrefour de cinq routes et c'était un important centre de commerce à l'intérieur des terres. Elle était renommée pour sa grande richesse ainsi que pour la vie facile qu'on y menait et sa corruption. Peut-être que le Seigneur fait allusion à cela quand il dit : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et que tu es mort (spirituellement) » (Apocalypse 3:1).


Apocalypse 3:1. Ceux qui sont morts spirituellement


« Il y a beaucoup de gens dans notre Église aujourd'hui qui pensent être vivants mais qui sont morts aux choses spirituelles. Et je suis sûr que beaucoup qui font semblant d'être pratiquants sont morts spirituellement eux aussi. Leur service ressemble plus à la lettre qu'à l'esprit. » (Spencer W. Kimball, CR, avril 1951,p. 104-105)


Apocalypse 3:7. « Écris à… l'église de Philadelphie »


Située à quarante-cinq kilomètres au sud-est de Sardes, Philadelphie était appelée « la porte de l'Orient » à cause de sa situation. Elle se trouvait au centre d'une région volcanique active et il y avait plusieurs sources chaudes dans cette région. Bacchus, le dieu du vin, était la divinité principale qui y était adorée, car Philadelphie se trouvait dans une riche région de vignobles. C'était une ville petite et sans importance qui venait juste après Thyatire.


Apocalypse 3:7. « la clef de David »


« Depuis Adam, le mot « clef » est utilisé par les auteurs inspirés comme symbole de pouvoir et d'autorité. Les clefs sont le droit de présidence et celui qui les détient détient les rênes du gouvernement dans le domaine et la sphère de son appel. Dans l'ancien Israël, David était un homme de sang et de guerre dont la parole était loi et dont le nom même était aussi un symbole de pouvoir et d'autorité. C'est pourquoi, quand Ésaïe voulut faire comprendre le pouvoir suprême de domination et de direction qui se trouve en notre Seigneur, le Fils de David, il dit ces mots, au nom du Seigneur : 'Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : Quand il ouvrira, nul ne fermera ; Quand il fermera, nul n'ouvrira' (Ésaïe 22:22). Ainsi, la clef de David, c'est le pouvoir absolu qui se trouve dans le Christ et par lequel sa volonté s'exprime en toutes choses, temporelles et spirituelles. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 409)


Apocalypse 3:12. « J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu »


« Le nom de Dieu, c'est Dieu. Écrire son nom sur une personne, c'est identifier cette personne comme étant un dieu. Comment cela peut-il être dit plus clairement ? Ceux qui obtiennent la vie éternelle deviennent des dieux. Ils héritent à la fois d'une plénitude de la gloire du Père et d'une 'continuation des postérités pour toujours et à jamais. Alors ils seront dieux, parce qu'ils n'auront pas de fin ; c'est pourquoi, ils seront de toute éternité à toute éternité, parce qu'ils continuent. Alors, ils seront au-dessus de tout, car tout leur sera soumis. Alors ils seront dieux, parce qu'ils auront tout pouvoir et que les anges leur seront soumis' (D&A 132:19-20). » (McConkie, DNTC, 3: 458)


Apocalypse 3:14. « Écris à… l'église de Laodicée »


Située à la jonction de deux grandes vallées et de trois routes importantes, Laodicée était l'un des centres commerciaux les plus riches du monde antique. Elle était particulièrement remarquée pour son système de banques, la fabrication d'une laine noire dont elle avait l'exclusivité et pour une école médicale qui était célèbre pour un collyre fabriqué à partir d'une pierre de Phrygie (voir Apocalypse 3:18). Des sources chaudes à Hiérapolis, à peu de distance au nord, envoyaient des eaux fumantes dans les cours d'eau qui coulaient vers le sud. Ces eaux étaient encore tièdes quand elles arrivaient à Laodicée (3:15-16). Assez ironiquement, la ville était souvent appelée « la Ville des Compromis », le problème qui justement semblait affecter les membres de l'Église à Laodicée.


Apocalypse 3:14. Pourquoi le Christ lui-même s'intitule-t-il « l'Amen » ?


Le mot amen est dérivé d'un verbe hébreu qui signifie « soutenir » ou « affermir ». Autrefois, c'était une proclamation verbale de la véracité d'une prière, d'une idée ou d'un serment. Utilisé au début d'un discours, cela signifiait qu'il était vrai et sûr. Utilisé après une prière ou la déclaration d'une doctrine, il signifiait que l'orateur et l'auditeur acceptaient ce qui avait été dit comme un engagement qui les concernait. C'est dans ce sens qu'il est employé habituellement aujourd'hui.


Par le Christ, tous les actes, toutes les doctrines et toutes les ordonnances reçoivent le sceau de la vérité et de la validité ; ainsi, le Sauveur est caractérisé comme étant le Grand Amen. Ce titre prend une valeur supplémentaire quand on se rappelle que les saints de Laodicée avaient pour problème la tiédeur, le manque d'engagement, exactement l'opposé de l'affirmation « Amen ».


APOCALYPSE 4


Apocalypse 4:4. Que faut-il entendre par les vingt-quatre vieillards dont parle Jean ?


« Il faut entendre que ces vieillards que Jean a vus étaient des anciens qui avaient été fidèles dans l’œuvre du ministère et étaient morts ; qui appartenaient aux sept Églises et étaient alors dans le paradis de Dieu. (D&A 77:5)


Apocalypse 4:6. Qu’est-ce que la mer de verre dont parle Jean ?


C’est la terre dans son état sanctifié, immortel et éternel. (voir D&A 77:1)


Apocalypse 4:6. Que faut-il entendre par les quatre êtres vivants ?


« Ce sont des expressions figurées utilisées par le Révélateur, Jean, pour décrire le ciel, le paradis de Dieu, le bonheur de l’homme, des animaux, des reptiles et des oiseaux du ciel ; ce qui est spirituel étant à l’image de ce qui est temporel et ce qui est temporel étant à l’image de ce qui est spirituel ; l’esprit de l’homme à l’image de sa personne, de même que l’esprit de la bête et de toute autre création de Dieu. » (D&A 77:2)


Apocalypse 4:6. Les quatre êtres vivants se limitent-ils à des êtres vivants individuels ou représentent-ils des classes ou des ordres ?


« Ils se limitent à quatre êtres vivants individuels qui furent montrés à Jean pour représenter la gloire des classes d’êtres dans l’ordre ou la sphère de la création qui leur est destinée, dans la jouissance de leur félicité éternelle. » (D&A 77:3)


Apocalypse 4:6. Que faut-il entendre par les yeux et les ailes que les êtres vivants avaient ?


« Leurs yeux sont une représentation de la lumière et de la connaissance, c’est-à-dire qu’ils sont pleins de connaissance, et leurs ailes sont une représentation du pouvoir de se mouvoir, d’agir, etc. » (D&A 77:4)

APOCALYPSE 5

Apocalypse 5:1. Que faut-il entendre par le livre que Jean vit, qui était scellé, au dos, de sept sceaux ?


« Il faut entendre qu’il contient la volonté révélée, les mystères et les œuvres de Dieu ; les choses cachées de son économie concernant cette terre au cours des sept mille ans de sa durée, ou de son existence temporelle. » (D&A 77:6)


« Le livre que vit Jean représentait l'histoire réelle du monde : ce que l'œil de Dieu a vu, ce que les anges ont noté » (Whitney, Saturday Night Thought, p. 12)


Apocalypse 5:1. Que faut-il entendre par les sept sceaux dont le livre était scellé ?


« Il faut entendre que le premier sceau contient les choses du premier millénaire, le deuxième, celles du deuxième millénaire et ainsi de suite jusqu’au septième. » (D&A 77:7)


« Les sept mille ans, correspondant aux sept sceaux de l'Apocalypse, sont comme sept grands jours pendant lesquels la mère Terre accomplira sa mission mortelle, travaillant six jours et se reposant le septième, sa période de sanctification. Ces sept jours ne comprennent pas la période pendant laquelle la planète fut créée et préparée pour être une demeure pour l'homme. Ils sont limités à l'existence temporelle de la terre c'est-à-dire au Temps, opposé à l'Éternité. » (Whitney, Saturday Night Thought, p. 12)

 

Apocalypse 5:13. Faut-il comprendre littéralement l'expression « toutes les créatures » ?


« Jean vit, dans le ciel, des bêtes à l'aspect curieux. Il vit chaque créature se trouvant dans les cieux, tous les animaux, les oiseaux et les poissons se trouvant véritablement là et rendant gloire à Dieu…


« Je suppose que Jean vit là des êtres de mille formes différentes, lesquels avaient été sauvés de dix mille fois dix mille terres comme celle-ci, animaux étranges dont nous n'avons aucune conception ; tous ces animaux peuvent être vus dans les cieux. Le grand secret était de montrer à Jean ce qu'il y avait dans les cieux. Jean apprit que Dieu s'était glorifié lui-même en sauvant toute l'œuvre de ses mains, animaux, oiseaux, poissons ou hommes ; et il se glorifiera avec eux.


« Mais quelqu'un dira : 'Je ne puis pas croire au salut des animaux'. Tout homme qui vous dit que cela ne peut pas être, vous déclare que les révélations [l'Apocalypse, ndt] ne sont pas vraies. Jean entendit les paroles des bêtes qui rendaient gloire à Dieu, et les comprit. Dieu, qui a créé les animaux, comprend leur langage. Les quatre animaux étaient quatre des plus nobles bêtes ayant rempli la mesure de leur création, et ayant été sauvées d'autres mondes parce qu'elles étaient parfaites. Ces bêtes étaient comme des anges dans leur sphère. On ne nous dit pas d'où elles venaient, et je l'ignore. Mais Jean les vit et les entendit louer et glorifier le seigneur. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 406-407)


APOCALYPSE 6

Apocalypse 6:2. Quelle est l'interprétation de l'ouverture du premier sceau ?


« Les événements que vit Jean concernaient quelqu'un qui était monté sur un cheval blanc (emblème de la victoire), qui avait un arc (représentant les armes de guerre), portait une couronne (la couronne du conquérant) et qui allait de l'avant en vainqueur et pour vaincre (c'est-à-dire qu'il était victorieux dans la guerre)…


« Les événements les plus transcendants concernèrent Énoch et son ministère. Et il est intéressant de remarquer que ce que vit Jean ne fut pas l'établissement de Sion et son enlèvement vers les sphères célestes, mais les guerres incomparables pour lesquelles Énoch, général des armées des saints, 'partit en vainqueur et pour vaincre'. À propos de ces guerres, les révélations que nous avons nous disent :


« 'Et si grande était la foi d’Hénoc qu’il conduisit le peuple de Dieu et que leurs ennemis vinrent se battre contre eux. Et il dit la parole du Seigneur, et la terre trembla, et les montagnes s’enfuirent selon son commandement ; et les rivières d’eau furent détournées de leurs cours ; et le rugissement des lions se fit entendre du désert ; et toutes les nations furent saisies d’une grande crainte, si puissante était la parole d’Hénoc et si grande était la puissance du langage que Dieu lui avait donné.


« 'Une terre surgit également des profondeurs de la mer, et si grande fut la crainte des ennemis du peuple de Dieu qu’ils s’enfuirent, se tinrent au loin et allèrent sur la terre qui avait surgi des profondeurs de la mer. Et les géants du pays se tinrent aussi au loin, et une malédiction se répandit sur tous les peuples qui luttaient contre Dieu.


« 'Et à partir de ce moment-là, il y eut des guerres et de l’effusion de sang parmi eux ; mais le Seigneur vint demeurer avec son peuple, et ils demeurèrent dans la justice. La crainte du Seigneur était sur toutes les nations, si grande était la gloire du Seigneur qui était sur son peuple. Et le Seigneur bénit le pays, et le peuple fut béni sur les montagnes, et aussi sur les hauts lieux, et prospéra.'


« En vérité, jamais il n'y eut un ministère tel que celui d'Énoch et jamais il n'y eut un conquérant ou un général qui fut son égal. C'était tout à fait normal qu'il chevauche le cheval blanc de la victoire dans la vision apocalyptique de Jean. » (McConkie, DNTC, 3:476-478)


Apocalypse 6:3-4. Quelle est l'interprétation de l'ouverture du deuxième sceau ?


« Qui montait le cheval roux, le cheval roux de la guerre et du sang versé et portait une épée pendant le deuxième sceau ? Peut-être était-ce le diable lui-même car il est sûr que ce fut le grand jour de son pouvoir, un jour où l'intensité de la méchanceté fut telle que toutes les âmes vivantes (sauf huit) furent jugées dignes de mourir noyées. C'est cette méchanceté qui fit que le Seigneur Dieu des cieux envoya le déluge les recouvrir.


« Ou bien, si ce n'était pas Lucifer, c'était peut-être un homme de sang ou une personne représentant de nombreux guerriers meurtriers et au sujet duquel nous n'avons aucun récit. Il suffit de dire que l'ère allant de l'an 3000 av. J-C à 2000 av. J-C fut une ère de guerres et de destructions qui sont les armes favorites de l'adversaire pour créer les conditions sociales dans lesquelles les hommes perdent leur âme.


« À propos de la méchanceté et des abominations de l'époque de Noé, les Écritures révélées nous disent : 'Et Dieu vit que la méchanceté des hommes était devenue grande sur la terre ; chacun était exalté dans l’imagination des pensées de son cœur, qui se portaient chaque jour uniquement vers le mal… Et la terre était corrompue devant Dieu, et elle était pleine de violence. Et Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue ; car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre.' (Moïse 8:22, 28-29) » (McConkie, DNTC, 3:478)


Apocalypse 6:4-5. Quelle est l'interprétation de l'ouverture du troisième sceau ?

« De même que la famine suit l'épée, de même les souffrances de la faim torturèrent les entrailles du peuple du Seigneur pendant le troisième sceau. De l'année 2000 à 1000 av. J-C, comme jamais à aucune autre époque de la terre, le cheval noir de la faim influença toute l'histoire des rapports de Dieu avec son peuple.


« Dans les premières années de ce sceau, la famine fut si terrible à Ur, en Chaldée, que le frère d'Abraham, Haram, mourait de faim tandis que le père des fidèles recevait de Dieu le commandement d'emmener sa famille à Canaan (voir Abraham 1:29-30 ; 2:15). Abraham raconta comment il lutta pour avoir suffisamment de nourriture pour se maintenir en vie (voir Abraham 2:17, 21).


« Cette nécessité de trouver de la nourriture accablait encore le peuple du Seigneur du temps de Jacob qui envoya ses fils en Égypte acheter du blé des greniers de son fils Joseph. En ce temps-là, 'il y eut la famine dans tous les pays' et ce ne fut que par une intervention divine que Jacob et les premiers membres de la maison d'Israël furent sauvés du sort d'Haran (voir Genèse 41:53-57 ; 42 ; 43 ; 44). Et pendant leur séjour dans le désert, les millions de gens de la postérité de Jacob qui avaient suivi Moïse pour échapper à l'esclavage égyptien furent nourris pendant quarante ans avec la manne venant des cieux, sinon ils auraient péri du manque de pain (voir Exode 16)…


« En vérité, le troisième sceau fut un millénaire pendant lequel la faim qui sévissait parmi les hommes eut une influence sur tous les rapports de Dieu avec son peuple. » (McConkie, DNTC, 3:479-480)


Apocalypse 6:6. « Une mesure de blé pour un denier »

Cette façon de compter le prix du blé et de l'orge peut nous sembler bizarre aujourd'hui, mais si nous connaissons la monnaie et les coutumes de l'époque de Jean, nous pouvons mieux comprendre ce que la voix déclarait. Les lecteurs de Jean ont dû très bien le comprendre. Une mesure (en grec choenix) faisait approximativement le même volume que notre litre et c'était en général la ration habituelle pour une journée. Le denier était une petite pièce d'argent de la monnaie romaine. Bien qu'il soit difficile d'évaluer l'équivalence avec notre économie d'inflation actuelle, on sait que le denier était le salaire moyen d'une journée de travail à cette époque-là. Ainsi, on se rend compte que c'était un prix de temps de famine puisqu'avec le salaire de toute une journée, on ne pouvait se procurer qu'une journée de nourriture pour une seule personne. Pour un denier on pouvait acheter trois mesures d'orge, mais l'orge était une céréale très inférieure pour la consommation humaine et on ne s'en servait en général qu'à l'époque des grandes famines.


Le fait que celui qui montait le cheval noir avait une balance à la main suggère que la quantité de nourriture était si limitée qu'elle devait être comptée avec exactitude. D'après McConkie, la phrase « ne fais point de mal à l'huile et au vin » signifiait qu'il fallait conserver suffisamment de choses bonnes pour que l'homme ne périsse pas complètement dans les conditions de famine de cette époque-là (voir McConkie, DNTC, 3:480).


Apocalypse 6:7-8. Quelle est l'interprétation de l'ouverture du quatrième sceau ?


« Pendant le quatrième sceau, de 1000 av. J-C à la venue de notre Seigneur, la mort chevaucha parmi les nations des hommes, les marquant durement de ses fers et l'enfer était à ses talons. Ainsi, ceux parmi les impies qui furent tués à cette époque d'effusion de sang – que ce soit par l'épée, la famine, les épidémies ou les bêtes sauvages – furent, à leur mort, précipités en enfer. C'est le millénaire de ces grands royaumes et de ces grandes nations dont les guerres et les perfidies tourmentèrent et écrasèrent constamment le peuple que l'Éternel avait choisi pour porter son nom. C'est aussi l'ère pendant laquelle les hommes du peuple du Seigneur se firent la guerre entre eux et envoyèrent un nombre incalculable de leurs propres frères dans la tombe avant leur heure. » (McConkie, DNTC, 3:481)


Apocalypse 6:9-11. Quelle est l'interprétation de l'ouverture du cinquième sceau ?


« En ce qui concerne le peuple du Seigneur, les événements du cinquième sceau, période qui va de la naissance de notre Seigneur à l'an 1000, sont d'une valeur inestimable. Ce sont :


« 1. La naissance dans la mortalité du Fils unique de Dieu, son ministère parmi les hommes et le sacrifice expiatoire qu'il réalisa par l'effusion de son propre sang.


« 2. L'expansion et la perfection de l'Église qu'il établit, son Église, et l'inconcevable fanatisme des incroyants qui fit qu'accepter l'Évangile était devenu synonyme d'accepter le martyre.


« 3. Et puis, bien sûr, la déchéance totale du christianisme complet et véritable, triste aboutissement qui marqua le début de la longue nuit de l'apostasie sur toute la surface de la terre.


« L'œuvre et le ministère de notre Seigneur sont enseignés partout dans les Écritures saintes ; les faits relatifs à l'apostasie qui suivit le midi des temps et relatifs à la perversion des vérités et de la puissance salvatrices sont aussi abondamment enseignés dans d'autres écrits sacrés. N'est-il donc pas naturel de voir que le Seigneur révèle ici cette partie du livre scellé qui traite de la doctrine du martyre ? Pour les saints de l'Église primitive, le martyre était une éventualité toujours possible qui occupait constamment leurs pensées et leurs sentiments. Ils savaient qu'en abandonnant tout pour suivre le Christ, ils pouvaient, si le sort en décidait ainsi, être appelés à donner leur vie pour celui qui avait donné la sienne pour eux. Invitant presque toujours à la mort, le midi des temps fut la dispensation du martyre [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr]. » (McConkie, DNTC, 3:482-483)


Apocalypse 6:12-17. Quelle est l'interprétation de l'ouverture du sixième sceau ?


« Nous vivons maintenant les dernières années du sixième sceau, ce millénaire qui commença en l'an 1000 et continuera pendant tout le samedi soir des temps jusqu'au moment de l'ère sabbatique où le Christ règnera en personne sur la terre, où toutes les bénédictions du grand millénium seront déversées sur cette planète. C'est donc l'époque où les signes des temps se manifesteront et on les voit, en fait, partout. » (McConkie, DNTC, 3:485-486)


Autres références concernant les signes des temps qui se manifesteront sur la terre pendant le sixième sceau : D&A 88:87-91 ; 29:14-21 ;Ésaïe 13:9-11 ; Ésaïe 24:20 ; Matthieu 24:29-30.


APOCALYPSE 7


Apocalypse 7:1-17. Quand les choses dont il est parlé dans ce chapitre doivent-elles s’accomplir ?


« Elles doivent s’accomplir au cours du sixième millénaire ou à l’ouverture du sixième sceau. » (D&A 77:10)


Apocalypse 7:1-3. Que faut-il entendre par les quatre anges ?


« Il faut entendre qu’il y a quatre anges envoyés de la présence de Dieu, à qui est donné du pouvoir sur les quatre parties de la terre, de sauver la vie et de la détruire ; ce sont eux qui ont l’Évangile éternel à remettre à toute nation, tribu, langue et peuple, ayant le pouvoir de fermer les cieux, de sceller pour la vie ou de précipiter dans les régions des ténèbres. » (D&A 77:8)


« Pouvez-vous me dire où sont les personnes qui seront abritées et protégées des calamités et des jugements qui sont maintenant même à nos portes ? Je vais vous le dire. Ceux qui détiennent la prêtrise de Dieu, qui honorent leur prêtrise et qui sont dignes de leurs bénédictions sont les seuls qui seront protégés et seront en sécurité. Personne d'autre n'aura le droit d'être à l'abri de ces jugements. Ils sont là, à notre porte. Même notre peuple n'y échappera pas complètement. Ils s'abattront comme les jugements de Sodome et Gomorrhe. Et personne d'autre que les membres de la prêtrise n'échappera à leur fureur.


« Dieu retient les anges de la destruction depuis de nombreuses années de peur qu'ils n'arrachent le blé avec l'ivraie. Mais je veux vous dire maintenant que ces anges ont quitté les portes des cieux et qu'ils se tiennent au-dessus de la terre en attendant de déverser les jugements. Et à partir de maintenant, ils seront déversés. Les calamités et les troubles augmentent sur la terre et il y a une signification à cela. Rappelez-vous ceci et réfléchissez-y : si vous faites votre devoir ; si je fais mon devoir, nous aurons la protection et nous franchirons ces afflictions en paix et en sécurité. Lisez les Écritures et les révélations. Elles vous parleront de ces choses. » (Wilford Woodruff, The Young Woman's Journal, 5:512-513)


Apocalypse 7:2. Que faut-il entendre par l’ange qui monte du côté du soleil levant ?


« Il faut entendre que l’ange qui monte du côté du soleil levant est celui à qui est donné le sceau du Dieu vivant sur les douze tribus d’Israël ; c’est pourquoi il crie aux quatre anges qui ont l’Évangile éternel : Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Et si vous voulez le recevoir, c’est là Élias qui devait venir pour rassembler les tribus d’Israël et rétablir toutes choses. (D&A 77:9)


Apocalypse 7:2. Qui est Élias, et quel rapport y a-t-il entre lui et l'ange qui montait du côté du soleil levant ?

« Le rétablissement de l'Évangile ne se fit pas juste par un seul messager mais il y en a plusieurs qui sont venus et qui ont remis les clefs de leur autorité et de leur pouvoir. Le nom Élias est un titre : cela nous a été enseigné par le prophète Joseph Smith (voir Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 472). N'est-il pas possible, par conséquent, puisque tant de prophètes anciens ont eu part au Rétablissement, qu'en parlant de l'Élias qui devait venir et rétablir toutes choses, nous ayons l'image combinée de plusieurs Élias plutôt que celle d'une seule personne ? L'ange qui tient le sceau dit aux quatre anges qui tiennent la destinée du monde entre leurs mains de ne pas faire de mal à la terre tant que les serviteurs du Seigneur n'auront pas reçu le sceau. Ceci ne pouvait pas être accompli tant que l'Évangile n'avait pas été rétabli et proclamé aux nations de la terre. » (Smith, Church History and Modern Revelation, 1:301-302)


Apocalypse 7:3. Quelle est l'interprétation du sceau sur le front des serviteurs du Seigneur ?


C'était une pratique courante à l'époque de Jean que ceux qui adoraient les divers dieux païens marquent leur front du nom ou du symbole de leur dieu. Ainsi, ceux qui adoraient Zeus marquaient leur front d'un éclair, ceux qui adoraient Poséidon le marquaient d'un trident, etc. L'image employée par Jean a dû frapper les lecteurs de son temps. Recevoir un sceau ou être marqué au front était une métaphore très frappante pour exprimer la dévotion et l'appartenance à Dieu, que ce dieu soit le vrai Dieu ou la bête adorée comme un dieu (voir Apocalypse 13).


« Il y a quatre anges destructeurs dominant chacun un quart de la terre jusqu'à ce que les serviteurs de Dieu reçoivent un sceau au front, ce qui veut dire que les bénédictions seront scellées sur leurs têtes, ce qui signifie l'alliance éternelle, ce qui assure leur vocation et leur élection. Lorsqu'un sceau est apposé sur un père et une mère, cela leur assure leur postérité, afin que leurs enfants ne soient pas perdus, mais sauvés en vertu de l'alliance de leur père et mère. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 451)


Apocalypse 7:4-8. Que faut-il entendre par le scellement des cent quarante-quatre mille d’entre toutes les tribus d’Israël, douze mille de chaque tribu ?


« Il faut entendre que ceux qui sont scellés sont grands prêtres, ordonnés au saint ordre de Dieu, pour administrer l’Évangile éternel ; car ce sont ceux qui sont ordonnés d’entre toutes les nations, tribus, langues et peuples, par les anges à qui pouvoir est donné sur les nations de la terre d’amener tous ceux qui veulent venir à l’Église du Premier-né. » (D&A 77:11)


Apocalypse 7:14. « Ils ont lavé leurs robes… dans le sang de l'Agneau »


Le sens symbolique, ici, est que celui qui accepte l'expiation du Christ et garde ses commandements, se purifie des péchés du monde par le pouvoir divin (voir (Alma 13:11-12).


APOCALYPSE 8

Apocalypse 8:2, 6-8, 10, 12. Que faut-il entendre par la sonnerie des trompettes?


« Il faut entendre que de même que Dieu fit le monde en six jours et, le septième jour, termina son œuvre, la sanctifia et forma également l’homme de la poussière de la terre, de même, au commencement du septième millénaire, le Seigneur Dieu sanctifiera la terre et complétera le salut de l’homme, jugera tout et rachètera tout, sauf ce qu’il n’a pas mis en son pouvoir, quand il aura scellé toutes choses pour la fin de toutes choses. Et la sonnerie des trompettes des sept anges est la préparation et l’achèvement de son œuvre au commencement du septième millénaire, la préparation du chemin avant le moment de sa venue. » (D&A 77:12)


Apocalypse 8:10. Qui tomba des cieux ?


Dans les Écritures, une étoile symbolise parfois une personne de grande importance. Il y en eut une qui tomba des cieux, c'est Satan, ou Lucifer, tel qu'il s'appelait dans l'existence prémortelle (voir Ésaïe 14:12 ; D&A 76:25-27).


Apocalypse 8:11. Quelle est la signification de l'absinthe par rapport à l'étoile qui tomba des cieux ?


L'absinthe, associée à l'étoile qui tomba des cieux, est un symbole d'amertume et d'horreur qui est le partage de tous ceux qui suivent le diable. L'absinthe était une plante au goût extrêmement amer. L'utiliser comme nourriture ou comme boisson, c'était absorber quelque chose qui donnait la mort. Dans le cas de Satan, tous ceux qui suivent ses voies périssent d'une mort spirituelle.


APOCALYPSE 9

Apocalypse 9. Quand doit s’accomplir ce qui est écrit au neuvième chapitre de l’Apocalypse ?


« Cela doit s’accomplir après l’ouverture du septième sceau, avant la venue du Christ. » (D&A 77:13)


Apocalypse 9:4-10. Une grande période de guerres


« Pendant cette période particulière de la guerre et de la désolation, les forces du mal seront dirigées contre tous les hommes, sauf ceux qui seront scellés pour la vie éternelle, car ceux qui seront en Sion seront protégés. Les fléaux et les tourments de cette époque affligeront les hommes à un tel point qu'ils préfèreront mourir plutôt que souffrir davantage. Utilisant des images prophétiques, Jean essaie ici de décrire une guerre faite avec des armes et dans des circonstances complètement inconnues de lui et des gens de cette époque. Joël, limité de la même façon dans le vocabulaire descriptif à sa disposition, essaya de dépeindre les mêmes scènes en ces termes :


« 'Sonnez de la trompette en Sion ! Faites-la retentir sur ma montagne sainte ! Que tous les habitants du pays tremblent ! Car le jour de l'Éternel vient, car il est proche, Jour de ténèbres et d'obscurité, Jour de nuées et de brouillards, Il vient comme l'aurore se répand sur les montagnes. Voici un peuple nombreux et puissant, Tel qu'il n'y en a jamais eu, Et qu'il n'y en aura jamais dans la suite des âges. Devant lui est un feu dévorant, Et derrière lui une flamme brûlante ; Le pays était auparavant comme un jardin d'Éden, Et depuis, c'est un désert affreux : Rien ne lui échappe. À les voir, on dirait des chevaux, Et ils courent comme des cavaliers. À les entendre, on dirait un bruit de chars Sur le sommet des montagnes où ils bondissent, On dirait un pétillement de la flamme du feu, Quand elle consume le chaume.


« 'C'est comme une armée puissante Qui se prépare au combat. Devant eux les peuples tremblent, Tous les visages pâlissent. Ils s'élancent comme des guerriers, Ils escaladent les murs comme des gens de guerre ; Chacun va son chemin, Sans s'écarter de sa route. Ils ne pressent point les uns les autres, Chacun garde son rang ; Ils se précipitent au travers des traits Sans arrêter leur marche. Ils se répandent dans la ville, Courent sur les murailles, Montent sur les maisons, Entrent par les fenêtres comme un voleur. Devant eux la terre tremble, Les cieux sont ébranlés, Le soleil et la lune s'obscurcissent, Et les étoiles retirent leur éclat. L'Éternel fait entendre sa voix devant son armée ; Car son camp est immense, Et l'exécuteur de sa parole est puissant ; Car le jour de l'Éternel est grand, il est terrible : Qui pourra le soutenir ?' (Joël 2:1-11)


« Il n'est pas improbable que ces prophètes anciens aient vu des choses telles que des hommes revêtus d'armures pour les protéger, des troupes de cavalerie et des compagnies de tanks et de lance-flammes, des avions et des missiles volants qui explosent, des obus et des bombes, et même d'autres armes qui seront encore inventées à l'époque où les hommes méchants voudront et aimeront faire la guerre. » (McConkie, DNTC, 3:502-503)


Apocalypse 9:11. Qui est Abaddon ou Apollyon ?


Jean nous dit que c'est l'ange de l'abîme. Il donne son nom en hébreu et en grec. Ces deux mots viennent de racines signifiant « détruire » ou « destruction ». Ce nom signifie donc « le Destructeur », titre qui convient bien à Satan. Il y a cependant un autre mot en rapport avec ces deux noms et qui est un des mots utilisés pour désigner le diable. C'est le mot « perdition » (voir Moïse 5:24) qui signifie « perte complète » ou « destruction ».


APOCALYPSE 10

Apocalypse 10. Que faut-il entendre par le petit livre que Jean avala ?

 

« Il faut entendre par là que c’était pour lui la mission et l’ordonnance de rassembler les tribus d’Israël ; voici, c’est là Élias qui, comme il est écrit, doit venir rétablir toutes choses. » (D&A 77:14)


« À la suite du désir qu'il avait exprimé, Jean reçut une grande mission et il est, en ce moment même en train d'œuvrer 'comme un feu flamboyant et un ange exerçant son ministère pour ceux qui sont héritiers du salut'. Dans le dixième chapitre de l'Apocalypse, nous lisons qu'un ange remit à Jean un petit livre qu'il lui commanda d'avaler, ce qu'il fit. Jean dit à ce moment-là : 'Il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mes entrailles furent remplies d'amertume'. Et l'ange, interprétant cet acte, lui dit : 'Il faut que tu prophétises de nouveau sur beaucoup de peuples, de nations, de langues, et de rois'. Quand cette mission lui fut donnée, Jean était un vieil homme qui avait plus de soixante-dix ans.

« En réponse à une question sur la
signification de cette vision du livre, le prophète Joseph Smith dit : 'C'était pour lui la mission et l'ordonnance de rassembler les tribus d'Israël' (D&A 77:14). Lors d'une conférence de l'Église qui se tint en juin 1831, Joseph Smith dit que Jean le Révélateur se trouvait à ce moment-là parmi les dix tribus d'Israël qui avaient été emmenées par Salmanasar, roi d'Assyrie, pour les préparer à leur retour après leur longue dispersion' (Documentary History of the Church, vol. 1, p. 176 ; Essentials in Church History, p. 126). » (Smith, Church History and Modern Revelation, 1:48)


APOCALYPSE 11

Apocalypse 11:3-13. Que faut-il entendre par les deux témoins qui prophétisent à Jérusalem ?


« Ce sont deux prophètes qui doivent être suscités dans les derniers jours à la nation juive au moment du rétablissement, et qui doivent prophétiser aux Juifs, lorsqu’ils seront rassemblés et auront bâti la ville de Jérusalem au pays de leurs pères. » (D&A 77:15)


« Qu'il me suffise de dire que les Juifs reviennent habiter la Palestine, et rebâtissent Jérusalem. Les nations des Gentils forment une coalition pour leur faire la guerre. Leurs armées assiègent Jérusalem avec plus ou moins de succès pendant trois ans et demi. Deux prophètes juifs, par leurs puissants miracles, empêchent la ville de tomber entre les mains des assiégeants ; mais enfin, après qu'ils aient été tués par l'ennemi, la ville est livrée pendant trois jours et demi au pillage ; les deux prophètes ressuscitent des morts et montent au ciel.

« Le Messie vient, il bouleverse la terre, défait l'armée des
Gentils, délivre les Juifs, purifie Jérusalem, extirpe toute iniquité de la terre, ressuscite les saints d'entre les morts, les amène avec lui, et commence son règne de mille ans, durant lesquels son Esprit sera répandu sur toute chair ; hommes et bêtes, oiseaux et serpents, deviendront parfaitement inoffensifs, la paix et la connaissance de la gloire de Dieu couvriront la terre, comme les eaux couvrent la profondeur des mers ; et le royaume et la grandeur des royaumes, sous toute l'étendue des cieux, seront donnés aux saints du Très-Haut. » (Pratt, Voix d'avertissement et instruction à tous peuples, p. 51)

Apocalypse 11:3-4. « mes deux témoins »


Comment une nation aussi minuscule que l'Israël moderne pourrait-elle résister aux armées combinées du monde ? Pour avoir la réponse, il faut comprendre le rôle de deux participants très importants à ces grands événements. Jean le Révélateur fait la description la plus détaillée de ces deux participants. Ils sont appelés les « deux témoins », les « deux oliviers » et les « deux chandeliers » (Apocalypse 11:3-4). La révélation moderne enseigne que ce sont « deux prophètes… suscités… à la nation juive » qui prophétiseront « aux Juifs lorsqu'ils seront rassemblés et auront construit… Jérusalem» (D&A 77:15).


« Ces deux-là seront disciples de cet homme humble, Joseph Smith, par l'intermédiaire duquel le Seigneur du ciel a rétabli la plénitude de son Évangile éternel en cette dispensation finale de la grâce [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr]. Ce seront certainement des membres du Conseil des Douze ou de la Première Présidence de l'Église. Leur ministère prophétique auprès des Juifs rebelles aura la même durée que le ministère exercé personnellement par le Seigneur parmi leurs ancêtres rebelles.


« Les deux oliviers et les deux chandeliers sont des symboles des deux témoins, signifiant, peut-être, qu'en tant qu'oliviers ils fourniront de l'huile pour les lampes de ceux qui s'en vont à la rencontre de l'Époux… et qu'en tant que chandeliers ils reflèteront pour les hommes la lumière qui vient de celui qui est la lumière du monde. » (Bruce R. McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:510)


Ces prophètes auront le pouvoir de prononcer de grands jugements sur la terre (voir Apocalypse 11:5-6).


« Ils auront du pouvoir comme Élie qui fit descendre du feu du ciel pour consumer ses ennemis et scella les cieux de sorte qu'il ne plut pas en Israël pendant trois ans et demi (1 Rois 17 et 18 ; 2 Rois 1) et comme Moïse par la parole duquel du sang et des fléaux s'abattirent lourdement sur les Égyptiens (Exode 7 à 10). » (McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:510)


Leur pouvoir miraculeux semble être la force qui empêchera Gog et son armée de réussir à annihiler Israël. Parley P. Pratt a écrit une brochure, dont la publication fut approuvée par le prophète Joseph Smith, dans laquelle il disait : « Dans le onzième chapitre de l'Apocalypse, Jean nous donne plusieurs autres particularités de cet événement. Il nous apprend qu'après la reconstruction de Jérusalem et du temple par les Juifs, les Gentils fouleront aux pieds la cité sainte pendant quarante-deux mois et que, durant ce temps, deux prophètes prophétiseront continuellement et y feront de puissants miracles. Il apparaît que les assiégeants ne pourront prendre la ville aussi longtemps que vivront ces deux prophètes » (Voix d'avertissement, p. 50).


Selon la version d'Ésaïe tirée des plaques d'airain (2 Néphi 8:19-20), Ésaïe appelle ces prophètes « deux fils » (voir aussi la Traduction de Joseph Smith).


Apocalypse 11:11-12.


Les deux prophètes, étendus morts dans les rues de Jérusalem, ressusciteront aux yeux du peuple.

« Mais après ces trois jours et demi, soudain l'esprit de vie, envoyé de Dieu, entrera en eux, ils se relèveront sur leurs pieds, et une grande terreur saisira ceux qui les verront. Et alors une voix du ciel leur criera: , et ils monteront au ciel dans la nuée, et leurs ennemis les verront. » (Parlet P. Pratt, Voix d'avertissement, p. 50)


Apocalypse 11:13


Un grand tremblement de terre frappera la terre, affectant le monde entier, le plus grand tremblement de terre que le monde ait jamais connu (voir aussi Apocalypse 16:18 ; ÉzéchieI 38:19-20 ; Aggée 2:6-7).


APOCALYPSE 12


Apocalypse 12 à 14


Apocalypse 12 à 14 présente une interruption dans le déroulement chronologique de la vision de l’apôtre Jean. Jean a la vision d’un dragon qui menace une femme et son enfant. Il parle de la guerre dans les cieux et des royaumes du monde qui vont combattre les disciples de Dieu.


Apocalypse 12:1, 7. Précisions importantes apportées par la Traduction de Joseph Smith


Joseph Smith a apporté des modifications importantes au livre de l'Apocalypse. Des nombreux chapitres auxquels il apporta des modifications, c'est le chapitre 12 qui fut le plus révisé. Tous les versets, à l'exception du verset 12, subirent une modification. Deux versets furent modifiés de telle sorte que le sens du chapitre tout entier s'en trouve changé. Ce sont les versets 1 et 7 :


Verset 1 : « Et il apparut un grand signe dans le ciel, à la ressemblance des choses de la terre ; une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. »


Verset 7 : « Et le dragon ne remporta pas sur Michel, ni sur l'enfant ni sur la femme qui avait été délivrée de ses douleurs et avait enfanté le royaume de notre Dieu et de son Christ. »


Apocalypse 12:1, 4, 15. Qui sont la femme et le fils mentionnés par Jean ?


« Une femme ('l'Église de Dieu') donne naissance à un fils ('le royaume de notre Dieu et de son Christ' qui aura la domination pendant le Millénium, le royaume que Jean a vu en vision). Telle est l'interprétation inspirée du prophète. Les spécialistes de la Bible n'appartenant pas à l'Église supposent que le fils est le Christ, conclusion qui peut sembler vraie mais qui est réfutée par le fait évident quel l'Église n'a pas enfanté le Christ ; c'est lui le créateur de l'Église. Parmi les exégètes de l'Église, il n'est pas rare d'entendre dire que le fils est la prêtrise, supposition qui, elle aussi semble fondée mais qui doit être elle aussi rejetée selon le même raisonnement. L'Église n'a pas enfanté la prêtrise, mais la prêtrise est le pouvoir qui a amené l'Église à l'existence. » (McConkie, DNTC, 3:511)


Bien qu'au premier abord il puisse sembler bizarre de parler de l'Église et du royaume comme de deux entités différentes, l'une donnant naissance à l'autre, c'est en fait ce qui doit se passer au millénium. L'Église est une organisation spirituelle gouvernée par la prêtrise et la révélation. Seuls ceux qui ont fait alliance avec le Christ dans les eaux du baptême en sont membres. Le royaume de Dieu est un produit de l'Église. C'est l'organisation politique à laquelle tous les hommes qui vivront pendant le millénium appartiendront.


« Quand le Christ sera venu, tous les peuples de la terre lui seront soumis, mais il y aura des multitudes de gens sur la surface de la terre qui ne seront pas membres de l'Église ; pourtant, tous devront obéir aux lois du royaume de Dieu car il aura la domination sur toute la terre. Ces gens seront soumis au gouvernement politique, même s'ils ne sont pas membres du royaume ecclésiastique qui est l'Église.


« Ce gouvernement qui s'applique à tous les peuples de la terre, qu'ils soient dans l'Église ou hors de l'Église, est appelé aussi parfois le royaume de Dieu parce que les gens seront soumis au royaume de Dieu que le Christ établira ; mais ils auront leur libre arbitre et des milliers d'entre eux ne seront pas membres de l'Église tant qu'ils ne se seront pas convertis. Pourtant, en même temps, ils seront soumis à la règle théocratique. » (Smith, Doctrines of Salvation, 1:229)


Apocalypse 12:4. Qui sont les étoiles des cieux qui furent jetées sur la terre ?


Ce sont les enfants spirituels du Père qui, dans l'existence prémortelle, rejetèrent le plan de salut et suivirent Lucifer.


Apocalypse 12:7-9. « Et il y eut guerre dans le ciel »


Lucifer et ceux qui le suivirent engagèrent une guerre dans le ciel contre notre Père céleste et ses enfants qui lui étaient restés fidèles.


« Voilà en quoi a consisté la lutte dans les cieux : Jésus déclara que certaines âmes ne seraient pas sauvées, et le diable affirma qu'il pourrait les sauver toutes, et il exposa ses plans devant le grand conseil, qui vota en faveur de Jésus-Christ. C'est pourquoi le diable se souleva contre Dieu, et fut chassé en compagnie de ceux qui avaient pris son parti. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 504) (voir D&A 29:36-37 ; Moïse 4:1-3 ; Abraham 3:24, 28)


Apocalypse 12:14. Quelle est la signification de la femme qui va dans le désert ?


La femme représente l'Église de Jésus-Christ et nous apprenons dans le verset 13 que le dragon (Satan) persécuta la femme. La femme qui s'enfuit dans le désert est symbolique de l'Église qui fut entraînée dans le désert de l'apostasie.


« Lorsqu’ils se sont endormis, le grand persécuteur de l’Église, l’apostat, la prostituée, oui, Babylone, qui fait boire à sa coupe toutes les nations dans le cœur desquelles règne l’ennemi, oui, Satan, voici, il sème l’ivraie. C’est pourquoi l’ivraie étouffe le bon grain et chasse l’Église dans le désert. » (D&A 86:3)


APOCALYPSE 13

Voir commentaire sur Apocalypse 12 à 14.


Apocalypse 13. Jean parle des royaumes de la terre qui vont recevoir du pouvoir de l'adversaire.


Apocalypse 13 rapporte la vision de Jean de bêtes à l’aspect féroce qui représentent les royaumes impies de la terre dominés par l'adversaire. Jean voit aussi que, par l’intermédiaire de ces royaumes, l'adversaire va opérer des prodiges et de faux miracles pour tromper les habitants de la terre.


APOCALYPSE 14

Apocalypse 14:6-7. « Je vis un autre ange… ayant un Évangile éternel »


« Pour ce qui est du rétablissement proprement dit, quel est l'ange qui accomplit cette œuvre grandiose qui concerne le salut de tous les hommes sur la terre dans ces derniers jours ? Qui rétablit l'Évangile éternel ? Était-ce un seul ange ou plusieurs ? On répond traditionnellement, et à juste titre : 'C'est Moroni, le fils de Mormon, le prophète néphite qui est maintenant ressuscité, qui détient les clefs du 'bois d'Éphraïm' (D&A 27:5), celui par le ministère duquel le Livre de Mormon fut ramené à la lumière'. Le raisonnement est le suivant : Le Livre de Mormon contient 'la plénitude de l'Évangile éternel' (D&A 135:3) ; il s'y trouve le message de Dieu pour le salut de tous les habitants de la terre ; et ce message de l'Évangile est maintenant apporté par les témoins du Seigneur à toutes les nations, langues et peuples les uns après les autres…

« Mais d'autres anges devaient encore venir : Moïse, Élias, Élie, Gabriel, Raphaël et 'divers anges… tous proclamant leur dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], leurs droits, leurs clefs, leurs honneurs, leur majesté et leur gloire, et le pouvoir de leur prêtrise, donnant ligne par ligne, précepte par précepte, un peu ici et un peu là' (D&A 128:21). Ainsi, l'ange Moroni apporta le message, c'est-à-dire la parole ; mais les autres anges apportèrent les clefs, et la prêtrise, c'est-à-dire le pouvoir. Et, pour terminer notre analyse, la plénitude de l'Évangile éternel consiste en toutes les vérités et pouvoirs nécessaires pour permettre aux hommes d'obtenir une plénitude de salut dans le royaume céleste. » (McConkie, DNTC, 3:528-530)


APOCALYPSE 15

Apocalypse 15:2-4


Jean donne plus de renseignements sur la situation des personnes qui ont vaincu Satan et qui sont sauvées dans le royaume céleste.


Apocalypse 15 à 16


La suite d'Apocalypse 15 à 16  décrit les sept fléaux qui vont tourmenter les méchants dans les derniers jours. Ces fléaux vont précéder la seconde venue du Seigneur. Dans la vision de Jean, chaque fléau est représenté par un ange qui déverse une coupe « pleine de la colère [de] Dieu » (Apocalypse 15:7).

APOCALYPSE 16


Voir commentaire sur Apocalypse 15 à 16.


Apocalypse 16:1-21. Les sept derniers fléaux


« Dieu, dans sa miséricorde, déversera des fléaux destructeurs sur les méchants et les impies dans les derniers jours. Ces maladies et ces calamités balaieront de la surface de la terre de grandes multitudes d'hommes en préparation à la purification finale qui fera de notre planète une demeure pour les justes au millénium. » (McConkie, DNTC, 3:539)

Apocalypse 16:16. « Le lieu appelé en hébreu Harmaguédon »


À une centaine de kilomètres au nord de Jérusalem se trouve le Meguiddo, un mont qui domine l'entrée septentrionale de la large plaine appelée vallée de l'Esdrélon. Le mont Meguiddo (Har Megiddo en hébreu, dont Harmaguédon est la transposition grecque) se tenait en sentinelle au passage stratégique qui coupe la chaîne de montagnes séparant les plaines côtières des plaines intérieures et des collines de Galilée. Le mont Meguiddo a donné son nom à la vallée et aux régions qui l'entourent qui, donc, s'appellent aussi Harmaguédon.


Une des plus importantes routes du monde antique – la liaison principale entre l'Égypte et l'Asie – passait par cette vallée et près de la forteresse de Meguiddo. À cause de leur position stratégique, Meguiddo et la vallée de l'Esdrélon ont vu quelques-unes des batailles les plus sanglantes de l'histoire. Les pharaons égyptiens, les légions romaines, les troupes britanniques et les tanks israéliens ont tous combattu dans la vallée de Meguiddo.


Avant la seconde venue du Christ, toutes les nations de la terre seront rassemblées pour combattre Jérusalem. Cette guerre terrible, un des derniers grands événements précédant la seconde venue du Sauveur a été vue à l'avance et décrite en détails par de nombreux anciens prophètes du Seigneur (voir par exemple Ézéchiel 38, 39; Joël 2, 3 ; Ésaïe 34 ; Jérémie 25 ; Daniel 11, 12 ; Zacharie 12-14). Jérusalem sera assiégée et ses habitants connaîtront de grandes souffrances. C'est évidemment Harmaguédon, qui se trouve au nord de Jérusalem, qui sera l'emplacement de la grande bataille décisive de cette guerre.


« Pendant ce siège, quand les nations seront assemblées et que le Seigneur viendra, il y aura une grande destruction. Les armées seront tellement troublées qu'elles combattront contre elles-mêmes. Il y aura un grand massacre. Puis le Seigneur apparaît aux Juifs. Il se montre à eux. Il leur demande de venir examiner ses mains et ses pieds et ils disent : 'Qu'est-ce que ces blessures ?' Et il leur répond : 'Ce sont les blessures qui m'ont été faites dans la maison de mes amis. Je suis Jésus-Christ'. Alors, ils l'accepteront comme leur Rédempteur, ce qu'ils n'ont jamais voulu faire. » (Smith, Signs of the Times, p. 171)


Apocalypse 16:17-21


« Trois changements naturels sur la terre - tous découlant apparemment d'un seul événement transcendant - sont nommés ici dans le cadre de la seconde venue du Seigneur : 1. Les masses émergées de la terre s'uniront, les îles et les continents deviendront une seule terre. 2. Toutes les vallées seront élevées et toutes les montagnes seront abaissées ; le terrain rugueux d'aujourd'hui se nivellera pour former un jardin millénaire. 3. Un tremblement de terre, tel qu'on n'en a jamais connu de mémoire d'homme, accompagnera ces changements de la surface et de l'aspect de la terre. Et 4. Comme rapporté ailleurs, le grand abîme - probablement l'océan Atlantique - retournera à sa place dans le nord (voir D&A 133:21-24. » (McConkie, Doctrinal New Testament Commentary, 3:543)


Apocalypse 16:20. « Et toutes les îles s'enfuirent »


« Quand ce jour arrivera, de grands changements auront lieu sur la terre. Nous croyons qu'il s'agit du temps du rétablissement et que la terre doit être renouvelée (Dixième Article de foi). Nous savons que pour ce renouvellement, le Seigneur 'commandera au grand abîme, et celui-ci sera repoussé dans les pays du nord, et les îles deviendront une seule terre. Le pays de Jérusalem et le pays de Sion seront remis en leur propre lieu, et la terre sera telle qu'elle était à l'époque où elle n'était pas encore divisée' (D&A 133:23-24).


« On croit généralement que le partage de la terre du temps de Péleg (voir Genèse 10:25) fut une division politique mais par la parole du Seigneur nous apprenons que c'est la terre elle-même qui fut partagée ; et quand le Christ reviendra, elle sera ramenée au même état physique qu'avant cette division. La mer doit être repoussée au nord. La terre doit être ramenée à l'état dans lequel elle se trouvait à l'origine et le pays de Sion (l'Amérique) et de Jérusalem (la Palestine et la terre lui appartenant) seront ramenés où ils se trouvaient au commencement. Le Seigneur se tiendra au milieu de son peuple et règnera sur toute chair. Nous avons appris dans notre étude que les méchants ou toutes choses corruptibles (voir D&A 101:23-35) seront consumés et que, par conséquent, ils ne seront pas autorisés à se trouver sur la terre quand ce temps viendra. » (Smith, Church History and Modern Revelation, 1:264)


Apocalypse 16:21. Jean le Révélateur vit aussi de gros grêlons pleuvoir sur la vaste armée à Harmaguédon. Il estime leur poids à un talent, ce qui représente environ 34,3 kg.


APOCALYPSE 17


Apocalypse 17 et 18


Apocalypse 17-18 contient des images troublantes décrivant les péchés, le matérialisme et les convoitises de Babylone, symbole de l’impiété et de la méchanceté.


Apocalypse 17:1. L'image de la grande prostituée de la terre


Une des choses indiscutables de l'Apocalypse, c'est le caractère frappant des symboles et des images utilisés par Jean. Le royaume de Satan, dans toute sa splendeur opulente et perverse est décrit comme une prostituée richement parée et assise sur une bête. Elle représente de toute évidence l'impureté, le mal, la méchanceté. Mais le symbolisme va plus loin que cela. L'image de la prostituée pour représenter les dominations de Satan est la métaphore qui convient car Satan prostitue tout ce qui est noble et bon.


Dans les Écritures, la relation idéale entre l'homme et Dieu a souvent été symbolisée par le mariage. Dans l'Ancien Testament, l'Éternel est l'époux et Israël l'épouse. Dans le Nouveau Testament, le Christ est l'époux et l'Église l'épouse (voir Matthieu 25:1-13 ; Apocalypse 19:7-9). Chaque fois que son peuple n'est pas fidèle à ses alliances, il peut être comparé à une femme déloyale qui s'est vendue à l'immoralité et au péché.


Apocalypse 17:1-6. L'Église du diable


« Les titres 'Église du diable' et 'grande et abominable Église' sont utilisés pour identifier toutes les Églises ou les organisations, quel que soit leur nom ou leur nature – politique, philosophique, intellectuelle, économique, sociale, fraternelle, civique ou religieuse – qui ont pour but d'emmener les hommes sur un chemin qui les éloigne de Dieu et de ses lois et, par conséquent,du salut dans le royaume de Dieu. » (McConkie, Mormon Doctrine, p. 137-138)


Apocalypse 17:14. « Et l'agneau les vaincra »


Après avoir dépeint la prostituée et la bête dans tout leur pouvoir et leur perversité, Jean atteste qu'elles seront vaincues par le pouvoir supérieur de l'Agneau de Dieu. La révélation moderne le confirme. Juste avant l'organisation de l'Église à notre époque, le Seigneur dit qu'à cause de son obéissance à la volonté du Père, il avait soumis toutes choses y compris de conserver 'tout pouvoir, même celui de détruire Satan et ses œuvres à la fin du monde' (D&A 19:3).


APOCALYPSE 18


Voir commentaire de Apocalypse 17 et 18.


Apocalypse 18:1-3


Un autre ange annonce la chute de la Babylone impie.


Apocalypse 18:4


Le fait de nous séparer de la méchanceté du monde peut nous aider à éviter le péché et les jugements qui s’abattront sur les méchants dans les derniers jours.


Apocalypse 18:11-18


Les méchants pleureront la perte de leurs biens matériels et seront stupéfaits qu’un grand royaume matériel puisse être anéanti en peu de temps.


Apocalypse 18:5-24


Jean voit la chute de la Babylone impie et le chagrin de ses partisans.


APOCALYPSE 19

Apocalypse 19:7-9. Le festin des noces de l'Agneau


Voir commentaire de Ésaïe 61:3-11.


« Dans notre dispensation [voir la définition de « dispensation » dans le commentaire de Éphésiens 1:10, ndlr], l'Époux, qui est l'Agneau de Dieu, doit venir chercher son épouse qui est l'Église composée des saints fidèles qui attendent son retour. Comme il l'a enseigné dans la parabole des noces du fils du roi, le grand festin des noces de l'Agneau sera alors célébré. » (McConkie, Mormon Doctrine, 2e éd., p. 469).


« Les anciens d'Israël sont maintenant en train de lancer les invitations au festin des noces du Seigneur ; ceux qui croient et obéissent à l'Évangile acceptent du même coup l'invitation et s'assiéront au festin des noces du Fils du Roi. » (McConkie, DNTC, 3:563-564)


Apocalypse 19:10. « Le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie »


« Si quelqu'un me demandait si je suis un prophète, je ne le nierais pas, car ce serait un mensonge. Car, selon les paroles de Jean, le témoignage de Jésus est l'esprit de prophétie ; par conséquent, si je professe être un témoin ou un docteur, et que je n'aie pas l'esprit de prophétie, qui est le témoignage de Jésus, c'est que je dois être un faux témoin. Mais si je suis un vrai docteur et un vrai témoin, je dois posséder l'esprit de prophétie et c'est cela qui fait un prophète ; et tout homme qui dit être un docteur ou un prédicateur de justice et qui rejette l'esprit de prophétie est un menteur et la vérité n'est point en lui ; et c'est la clé par laquelle on peut déceler les faux docteurs et les imposteurs. » (Joseph Smith, HC, 5:215-216)


Apocalypse 19:11-16. Pourquoi Jean vit-il Jésus monter un cheval blanc ?


Il est intéressant de remarquer que juste avant sa crucifixion, le Christ fit son entrée triomphale dans Jérusalem sur un âne (voir Matthieu 21). Selon la tradition, entrer dans une ville sur un âne signifiait que l'on y entrait pacifiquement. Qui imaginerait un conquérant allant à la bataille sur un âne ? Dans la vision qu'eut Jean de la seconde venue du Christ, on voit le Seigneur monter un cheval blanc (voir Apocalypse 19:11-16). Cela ne signifie pas que le Christ viendra réellement sur un cheval blanc mais il semble que cela symbolise le fait que sa seconde venue sera celle du vainqueur de tout mal comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs.


Apocalypse 19:13. « Un vêtement teint de sang »


C'est une erreur courante de croire que le Christ sera vêtu de blanc quand il viendra. Ici et dans les Doctrine et Alliances, nous voyons qu'il sera vêtu de rouge, pour symboliser le fait qu'il a pris sur lui les péchés du monde et le fait qu'il vient en jugement (voir D&A 133:46, 48, 50-51).


Apocalypse 19:21. « Tués par la parole »


Dans la Traduction de Joseph Smith, le mot « épée » a été remplacé par le mot « parole ». Cela indique que les méchants sont condamnés par la parole de Dieu (voir Hébreux 4:12 ; D&A 14:2). Les hommes doivent apprendre à vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, car sa parole est la vérité (voir D&A 84:44-45).


APOCALYPSE 20

Apocalypse 20:2-3. Comment Satan est-il lié ?


« De nombreuses autres Écritures parlent des mille ans merveilleux et glorieux que connaîtra la terre parce que Lucifer, Satan, le diable, sera lié. Les Écritures disent qu'il sera lié avec une chaîne et 'jeté dans l'abîme'. Pour moi, ce sont des termes symboliques. Je ne conçois pas du tout quel genre de chaînes d'acier et quel genre d'abîmes pourraient retenir Satan. Le seul pouvoir que je connaisse qui lierait Satan, c'est-à-dire qui le rendrait impuissant, c'est la justice de notre vie.


« La guerre qui commença dans les cieux n'est pas encore finie et durera jusqu'à ce que tout le monde ait montré à quel point il était capable de résister à l'adversaire. Même Jésus-Christ a dû lier Satan quand il fut tenté dans le désert. Satan n'eut pas de pouvoir sur lui parce que Jésus résista aux tentations qui lui furent présentées. Alors les Écritures disent : 'le diable s'éloigna de lui jusqu'à un moment favorable' (Luc 4: 13). » (Eldred G. Smith, CR, avril 1970, p. 142)


Apocalypse 20:4. « à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger »


« Quand le Christ règnera, des représentants choisis siègeront pour juger des peuples et des nations bien précises. D'après ce que l'on peut comprendre dans les Écritures, il y aura une grande hiérarchie judiciaire, chaque juge agissant dans la sphère où il aura l'autorité, conformément aux principes éternels de jugement qui sont dans le Christ…
 

« À Jérusalem, notre Seigneur a promis à ses douze apôtres que lorsqu'il viendrait dans sa gloire, ils seraient 'assis sur douze trônes' et qu'ils jugeraient 'les douze tribus d'Israël' (Matthieu 19:28 ; Luc 22:30). Ce principe de placer le jugement éternel entre les mains des représentants du Seigneur qui ont subi la mise à l'épreuve de la mortalité en même temps que ceux qui doivent être jugés n'est pas limité aux Douze juifs et néphites (voir D&A 29:12 ; 1 Néphi 12:9-10 ; 3 Néphi 27:27 ; Mormon 3:9). Paul a dit que les saints devraient juger le monde et les anges (voir 1 Corinthiens 6:2-3) ; et les anciens fidèles ont cette promesse relative à ceux qui rejettent leur témoignage : 'Sachez que le jour du jugement vous serez les juges de cette maison et la condamnerez ; et ce sera plus tolérable pour les païens le jour du jugement que pour cette maison' (D&A 75:21-22 ; Matthieu 10:14-15). Daniel nous a laissé l'assurance que lorsque l'Ancien des Jours siègerait au grand conseil d'Adam-ondi-Ahman, le jugement serait remis aux saints du Très-Haut(Daniel 7:22). » (McConkie, Mormon Doctrine, 398-399)


Apocalypse 20:4-6. La résurrection se fait-elle en plusieurs temps ?


« Et les saints qui seront sur la terre, qui seront vivants, seront vivifiés et enlevés à sa rencontre. Et ceux qui auront dormi dans leurs tombeaux sortiront, car leurs tombeaux seront ouverts ; et ils seront, eux aussi, enlevés à sa rencontre au milieu de la colonne du ciel — ils sont au Christ, les prémices, ceux qui descendront avec lui les premiers, et ceux qui, sur la terre et dans leurs tombeaux, seront les premiers enlevés à sa rencontre ; et tout cela par la voix du son de la trompette de l'’ange de Dieu.


« Et après cela, un autre ange sonnera, ce qui est la deuxième trompette ; alors vient la rédemption de ceux qui sont au Christ à sa venue, qui ont reçu leur part dans cette prison qui est préparée pour eux, afin qu’ils reçoivent l'’Évangile et soient jugés selon les hommes dans la chair. Et de plus, une autre trompette sonnera, qui est la troisième trompette ; alors viennent les esprits des hommes qui doivent être jugés et se trouvent être sous la condamnation. Ceux-là sont le reste des morts ; et ils ne revivront pas avant que les mille ans ne soient passés, et pas avant la fin de la terre. Et une autre trompette sonnera, qui est la quatrième trompette, disant : Il s’en trouve parmi ceux qui doivent rester jusqu’à ce grand et dernier jour, c’est-à-dire la fin, qui resteront souillés. » (D&A 88:96-102)


Apocalypse 20:7-10. La bataille de Gog et Magog

Jean dit qu'après le millénium, Satan sera relâché et qu'une dernière grande bataille sera livrée entre les forces du bien et du mal. L'archange Michel (qui est Adam) réunira les armées de Dieu pour se battre contre Satan et ses armées qui seront vaincus et jetés dans le lieu où ils doivent rester pour l'éternité (voir D&A 88:110-116).

Jean appelle les armées qui suivront Satan Gog et Magog. Ces termes prêtent un peu à confusion car ils désignent aussi le chef de la dernière bataille avant le début du millénium que l'on appelle communément la bataille d'Harmaguédon. Les termes eux-mêmes viennent d'Ézéchiel 38 et 39 où la bataille d'Harmaguédon est décrite assez en détails. La plupart des spécialistes croient qu'Ézéchiel a choisi ces noms comme symboles de grande bravoure et de grande méchanceté sur le plan militaire. Joseph Fielding Smith donne des explications qui montrent la différence entre la bataille d 'Harmaguédon et la bataille de Gog et Magog :


« Avant la venue du Christ, aura lieu la grande guerre parfois appelée Harmaguédon dont parle Ézéchiel aux chapitres 38 et 39. Une autre guerre, Gog et Magog, aura lieu après le millénium. » (Joseph Fielding Smith, Doctrines of Salvation, 3:45)


Apocalypse 20:12. Quels livres doivent être utilisés au jugement ?


« Nous apprenons que les livres seront ouverts. L'un d'eux sera l'histoire de notre vie telle qu'elle est tenue dans les cieux. Les autres livres qui seront ouverts sont ceux qui ont été tenus sur la terre. Dès l'organisation même de l'Église, le Seigneur a commandé que l'on tienne des registres des membres de l'Église. » (Joseph Fielding Smith, Le chemin de la perfection, p. 321)


Apocalypse 20:14. Qu'est-ce que l'étang de feu ?


« Un homme s'inflige à lui-même son tourment et sa condamnation. C'est pour cela qu'il est dit : Ils iront dans l'étang ardent de feu et de soufre. La torture de la déception dans l'esprit de l'homme est aussi raffinée que celle d'un étang ardent de feu et de soufre. Je le dis, tel est le tourment de l'homme. » (Smith, HC, 6:314)


APOCALYPSE 21

Apocalypse 21:1. « Puis je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre »


« Nous découvrons, grâce à la parole du Seigneur, que la terre, comme l'humanité, passe par divers stades de développement ou de changement. Elle fut créée et jugée bonne. Elle fut associée à la mortalité décrétée à cause de la chute. Elle passe maintenant par un état téleste, dans lequel les êtres télestes prédominent et dirigent. Elle passera ensuite par l'état 'renouvelé' ou rétabli pendant mille ans, l'état terrestre et elle sera la demeure d'habitants terrestres. Puis vient la fin. La terre, comme toutes les créatures qui y vivent doit mourir. Ensuite, comme toutes les créatures, elle recevra sa résurrection et son état sera céleste parce qu'elle obéit aux lois célestes. » (Smith, Church History and Modern Revelation, 1:295)


Apocalypse 21:2-3. La Nouvelle Jérusalem


« Pour avoir une idée de ce que veut dire ce titre, nous devons connaître ces cinq faits :


1. L'ancienne Jérusalem, la ville dans laquelle se déroula la plus grande partie du ministère personnel du Seigneur parmi les hommes sera reconstruite dans les derniers jours et deviendra une des deux grandes capitales du monde, une cité du millénium depuis laquelle la parole du Seigneur sera envoyée au monde.

2. Une nouvelle Jérusalem, une nouvelle Sion, une cité de Dieu sera construite sur le continent américain.


3. La ville d'Énoch, la Sion d'origine, 'la Ville de Sainteté… fut enlevée au ciel' (Moïse 7:18-21).


4. La ville d'Énoch, avec ses habitants qui furent enlevés au ciel et qui sont actuellement des êtres ressuscités, reviendra, sous le nom de Nouvelle Jérusalem, se joindre à la ville du même nom qui aura été construite sur le continent américain.


5. Quand cette terre deviendra une sphère céleste, 'la ville sainte, Jérusalem', descendra 'd'auprès de Dieu' et cette terre deviendra à jamais la demeure d'êtres célestes (voir Apocalypse 21:10-27). » (McConkie, DNTC, 3:580-581)


« Et maintenant, je vous le demande, comment la justice et la vérité vont-elles balayer la terre comme un flot (voir Moïse 7:62-64) ? Je vais vous répondre. Les hommes et les anges travailleront de concert pour accomplir cette grande œuvre, et Sion sera préparée, oui, une nouvelle Jérusalem, pour les élus qui seront rassemblés des quatre coins de la terre, et qui s'y établiront pour y fonder une cité sainte, car le Tabernacle du Seigneur sera avec eux… Cette citation m'apprend que Jean, sur l'île de Patmos, a vu les mêmes choses qu'Énoch a vues concernant les derniers jours. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 112)


Apocalypse 21:8. Qu'est-ce que la seconde mort ?


« Après la séparation du corps et de l'esprit qui est la mort naturelle, les méchants et les impies connaissent une seconde mort, une mort spirituelle, ce qui signifie qu'ils sont jetés hors de la présence du Seigneur et qu'ils sont morts aux choses de la justice qui sont les choses de l'Esprit.


« Mais quand ceux-ci auront souffert pour leurs propres péchés, quand ils auront payé jusqu'au dernier sou en enfer (voir D&A 63:17-18), quand ils auront subi 'la colère du Dieu tout-puissant, jusqu'à la plénitude des temps' (D&A 76:106) ils se lèveront à la seconde résurrection et recevront leur héritage dans le royaume téleste. C'est-à-dire que la période pendant laquelle ils devaient subir la mort spirituelle cessera. La mort et l'enfer rendront les morts qui sont en eux ; et tous les hommes, excepté les fils de perdition, recevront leur part dans les royaumes qui sont préparés. Ainsi ces 'vases de colère' [les fils de perdition, ndlr] sont 'les seuls sur lesquels la seconde mort aura un pouvoir quelconque' (D&A 76:37) après la résurrection. » (McConkie, DNTC, 3:583-584)


Apocalypse 21:17. Quelle est la longueur d'une coudée ?


La coudée, à l'origine représentait la longueur de l'extrémité du majeur au coude. Bien que la coudée ait quelque peu varié au cours des âges, elle faisait à peu près 45 cm. Cent quarante-quatre coudées, cela ferait à peu près 65 mètres. Mais il se peut que ce nombre soit symbolique. Douze est le nombre qui est associé à la ville sainte, et 144 est le carré de 12.


APOCALYPSE 22

Apocalypse 22:1. Le fleuve et l'arbre de vie


Voir 1 Néphi, chapitres 8 et 11.


Apocalypse 22:7. « Je viens bientôt »


« Cela ne veut pas dire bientôt mais rapidement, c'est-à-dire avec rapidité et d'une façon soudaine après que tout ce qui doit arriver avant ait eu lieu. 'Je suis Jésus-Christ qui viens rapidement à l'heure où vous n'y penserez point' (D&A 51:20). » (McConkie, DNTC, 3:590)


Apocalypse 22:9. « Je suis ton compagnon de service »


« Le prophète Joseph Smith nous dit que 'les seuls anges qui desservent cette terre sont ceux qui y appartiennent ou y ont appartenu'. Par conséquent, lorsque des messagers sont envoyés enseigner les habitants de cette terre, ce ne sont pas des étrangers, mais ils sortent des rangs de notre famille, de nos amis, de nos semblables et de nos compagnons de service. » (Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, p. 435-436)


Apocalypse 22:18-19. Est-ce que les révélations modernes « ajoutent » quelque chose ?


« Si on lit attentivement ce texte, on se rend compte que Jean le Révélateur parlait seulement du livre de l'Apocalypse et non de tout autre recueil d'écrits sacrés. Moïse a utilisé une expression semblable en parlant à l'ancienne Israël : 'Vous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez rien' (Deutéronome 4:2), 'Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n'y ajouterez rien, et vous n'en retrancherez rien' (Deutéronome 12:32).


« Quelqu'un pourrait-il supposer qu'en prononçant ces paroles Moïse posa une interdiction contre toutes les révélations qui devaient suivre et tous les livres qui seraient appelés Écritures dans le futur ? Avait-il le pouvoir de réduire au silence tous les futurs prophètes et de leur interdire de prononcer ou d'écrire ce que Dieu voulait qu'ils disent ? Bien sûr que non ; autrement, il nous manquerait la plus grande partie de notre Ancien Testament et nous n'aurions pas de Nouveau Testament du tout.


« Il en est de même pour Jean le Révélateur. En disant qu'il ne fallait rien ajouter au livre de l'Apocalypse, il ne parlait que de ce livre, et disait que personne ne devait essayer de modifier ou de corrompre ce qu'il avait écrit. La Bible n'était pas encore compilée quand Jean écrivit le livre de l'Apocalypse, il était donc impossible que ce soit à ce livre qu'il fasse allusion.


« De plus, les spécialistes nous disent que l'évangile de Jean fut écrit après le livre de l'Apocalypse et, si c'est vrai, c'est une indication supplémentaire qui nous montre que Jean n'avait nullement l'intention d'exclure les autres écrits mais seulement de protéger ce livre particulier de l'Apocalypse contre toute modification ou altération. » (Mark E. Petersen, CR, octobre 1964, p. 121)


« Le même apôtre qui rédigea I'Apocalypse vit aussi un signe distinctif des derniers jours qui précéderait la seconde venue finale du Seigneur (voir Apocalypse 14:6)… Le fait que Jean vit qu'à une époque future un messager de Dieu révélerait à nouveau un Évangile perdu réfute I'argument qu'il ne serait pas nécessaire d'ajouter des révélations à la Bible. (Howard W. Hunter, L'Étoile, octobre 1981, p. 115-118)