Les conditions du salut

 

 

Marc-Olivier R.

 

 

 

    Les conditions du salut de l'homme ont toujours laissé songeurs ou perplexes de nombreux penseurs et théologiens. Ainsi, l'Église Catholique Romaine a-t-elle toujours insisté sur la valeur des œuvres en plus de la foi pour le salut. Chez les Réformés, la position est tout autre : l'homme est un pécheur trop souillé pour espérer par ses œuvres modifier, même dans une moindre mesure, le verdict du jugement qui pèsera sur lui ; ainsi, le salut s'obtient par la grâce seule de Dieu, sans l'intervention des actes des hommes à quelconque échelon que ce soit. L'un et l'autre se rejoignent cependant pour condamner le geste pécheur d'Adam et Ève qui, en mangeant du fruit défendu, ont introduit le mal, le malheur et la mort dans ce monde.

 

    Comme les Catholiques ou les Réformés, les saints des derniers jours ont une certaine vision du salut, du « péché » d'Adam et des œuvres. Mon objectif est d'expliciter un peu ces notions du point de vue d'un saint des derniers jours, en traitant d'abord du problème de la transgression d'Adam, en s'interrogeant si celle-ci était prévue par Dieu ou non, puis j'aborderai le thème du libre arbitre puisque nous sommes confrontés directement et quotidiennement au bien et au mal ; je parlerai ensuite de la foi, des œuvres, et de leur influence respective dans notre salut ; sur quoi j'amènerai une synthèse suivie d'une conclusion.

 

 

La transgression d'Adam et Ève

 

    La Bible nous apprend que lorsque Dieu a créé Adam et Ève, ils étaient parfaits dans le sens où ils étaient immortels et n'avaient pas commis de péché jusqu'au moment où ils mangèrent du fruit défendu, c'est-à-dire le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pourquoi le Seigneur a-t-il formulé une telle interdiction ? Pourquoi Dieu a-t-il planté là, au beau milieu du jardin, un arbre dont les fruits sont interdits à la consommation ?

 

    Ça semble presque amusant : Dieu place là un objet de tentation à des hommes parfaits, et en même temps, il leur interdit d'y toucher. Pourquoi Dieu fait-il une chose pareille ? Seulement pour mettre Adam et Ève à l'épreuve ? Cette explication ne me satisfait personnellement pas, d'autant plus qu'elle provient de théologies qui affirment que Dieu ne voulait pas qu'ils mangent de ce fruit. D’un côté, le Seigneur ne veut pas qu'ils mangent du fruit, et d’un autre côté il place l’arbre en évidence, au beau milieu du jardin, comme un irrésistible objet de tentation. Si Dieu ne voulait pas qu’Adam et Ève en prennent du fruit, il était plus simple pour lui de ne pas faire pousser l’arbre.

 

    Dieu, dans sa prescience, avait-il autre chose en vue que ce que nous supposons à première lecture ? Savait-il que l'homme mangerait du fruit défendu ? Cet incident servait-il un dessein divin ?

 

    Dans la théologie « mormone », l'homme est sur terre pour progresser et être mis à l'épreuve. Il est mis l’épreuve quand il est placé dans des circonstances où il est amené à choisir entre le bien et le mal. Selon les Écritures, le mal n’est pas introduit dans le jardin d'Eden au moment de sa création. Le fruit défendu, en soi, n'est pas le mal. Mais une infraction – même une seule – à un commandement de Dieu introduit le mal dans le monde. La transgression d’Adam et Ève au commandement de Dieu de ne pas toucher ni manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal engendre la séparation de Dieu et de l'homme qui est chassé du jardin.

 

    En résumé, Dieu veut mettre l'homme à l'épreuve et lui permettre de progresser en étant amené à choisir entre le bien et le mal, mais il ne peut lui-même introduire le mal dans le monde, pas plus qu'il ne peut forcer Adam et Ève à pécher – ce serait un non-sens. En revanche, il édicte une règle au sujet du fruit d’un certain arbre et, sachant que Satan, un fils rebelle de Dieu, n'est jamais trop loin, il laissera ce dernier les tenter. Il sait que tôt ou tard soit Adam soit Ève sera trompé par l’adversaire, prendra du fruit, et que l'autre suivra pour ne pas rester seul dans le jardin.

 

Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence ; elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea. (Genèse 3:4-6)

 

    Satan n'émet ici qu'une demi-vérité. S'il est vrai que l'homme et la femme ne meurent pas physiquement immédiatement, ils meurent spirituellement, c'est-à-dire qu'à cause de leur transgression – on parle pas de péché puisqu'il ne s'agit pas de la violation d'une loi éternelle, mais d'une loi restreinte et temporelle – ils sont devenus indignes de la présence du Très-Haut. L'homme se corrompt  lui-même, de sa propre initiative, en usant de sa liberté de choisir, et par son acte attire deux conséquences principales : à terme la souffrance et la mort physique, dans l’immédiat la mort spirituelle, à savoir la séparation de l'homme d'avec Dieu à cause de la transgression. Paul parlait probablement de cette mort quand il écrivait :

 

Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. […] Et le péché, saisissant l'occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises ; car sans loi, le péché est mort. […] Ainsi le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l'occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. (Romains 7:7-8,10-11)

 

    Ces paroles s’appliquent parfaitement à Adam et Ève.

 

    Cependant, la chute d’Adam et Ève servait le dessein de Dieu, comme nous le lisons dans le Livre de Mormon et la Perle de Grand Prix :

 

Adam tomba pour que les hommes fussent, et les hommes sont pour avoir la joie. (2 Néphi 2:25)

 

[…] Adam bénit Dieu, fut rempli (du Saint-Esprit) et commença à prophétiser concernant toutes les familles de la terre, disant : Béni soit le nom de Dieu, car à cause de ma transgression mes yeux sont ouverts, et j'aurai de la joie dans cette vie, et je verrai de nouveau Dieu dans la chair.

 

Et Ève, sa femme, entendit tout cela et se réjouit, disant : Sans notre transgression, nous n'aurions jamais eu de postérité et nous n'aurions jamais connu le bien et le mal, la joie de notre rédemption et la vie éternelle que Dieu donne à tous ceux qui obéissent. (Moïse 5:10-11)

 

    Ainsi, la chute était nécessaire à la destinée de l'homme, à sa progression et, par sa repentance et son obéissance aux commandements de Dieu, à son exaltation. Si l'homme n’avait pas désobéi il serait resté innocent, n'aurait jamais connu le bien et le mal, n'aurait pas eu les expériences qui lui permettent de progresser et n'aurait jamais hérité la vie éternelle (appelée aussi l'exaltation) qui est accessible grâce à l'expiation de Jésus-Christ qui rachète l’homme de la chute.

 

    Il est des théologies qui condamnent durement nos premiers parents d'avoir mangé du fruit défendu et d'être la cause de notre « mauvaise » condition. Ce n'est pas le cas de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Les saints des derniers jours reconnaissent que Dieu avait tout prévu depuis le commencement, y compris la chute de l'homme afin que celui-ci puisse accomplir sa destinée – faire l’expérience de l’opposition et des difficultés, mais aussi du bonheur et de la paix. Certes, Adam et Ève ont transgressé un ordre de Dieu et ont été punis en étant chassés du jardin d'Eden et coupés de la présence du Père.

 

 

Le libre arbitre

 

    La transgression d'Adam ne saurait être en aucun cas une excuse pour l’homme de pécher volontairement, ou involontairement et de ne pas se repentir sincèrement, et chercher à changer. Par le Christ, l'humanité est rachetée de la chute d'Adam. Cela signifie que, dans un premier temps, l'homme (même s'il meurt) reçoit à terme une résurrection grâce à la mort et à la résurrection du seul Être qui avait autorité sur la vie comme sur la mort, à savoir le Fils de Dieu ; dans un deuxième temps l'homme est racheté de ses péchés et de ce qui pourrait résulter de la chute d'Adam dans la mesure où il se repent, recherche Dieu et change.

 

Car puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. (1 Corinthiens 15:21-22)

 

Car comme par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul beaucoup seront rendus justes. (Romains 5:19)

 

Et le Messie vient dans la plénitude du temps, afin de racheter de la chute les enfants des hommes. Et parce qu'ils sont rachetés de la chute, ils sont devenus libres à jamais, discernant le bien du mal, pour agir par eux-mêmes et non pour être contraints, si ce n'est par le châtiment de la loi au grand et dernier jour, selon les commandements que Dieu a donnés. C'est pourquoi, les hommes sont libres selon la chair, et tout ce qui est nécessaire à l'homme leur est donné. Et ils sont libres de choisir la liberté et la vie éternelle, par l'intermédiaire du grand Médiateur de tous les hommes, ou de choisir la captivité et la mort, selon la captivité et le pouvoir du diable ; car il cherche à rendre tous les hommes malheureux comme lui. (2 Néphi 2:26-27)

 

    Dieu ne force personne. L'homme a son libre arbitre. Mais quelle que soit notre façon d'agir, elle ne sera pas sans conséquence dans cette vie ou dans la vie à venir.

 

Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu'un seul remporte le prix ? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s'imposent toute espèce d'abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible ; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. Moi donc, je cours, non pas comme à l'aventure ; je frappe, non pas comme battant l'air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d'être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. (1 Corinthiens 9:24-27)

 

    Tout homme, même s’il ne le sait pas, est engagé dans une course dont l’enjeu est la couronne incorruptible que le Père a préparée pour les vainqueurs. Pour parvenir au but il faut courir dans la bonne direction et persévérer jusqu’à la fin de la course. Potentiellement tout le monde est capable d’atteindre le but. Le succès n’est pas tant une question de vitesse que de persévérance. Il faut vouloir atteindre le but et persévérer jusqu’à la fin dans l’obéissance aux commandements de Dieu.

 

 

La foi et les oeuvres

 

    En opposition au principe du libre arbitre, le réformateur Martin Luther a promulgué la doctrine du serf arbitre. Elle consiste à affirmer qu'en raison de la chute, l'homme est trop mauvais, trop maudit, trop impur pour espérer, même en abondant de bonnes œuvres, retourner à Dieu par ses efforts. Seule la grâce du Christ sauve, l'homme est à jamais mort et esclave du péché à cause de la transgression d'Adam, et toute œuvre, bonne ou mauvaise, est inutile. Ce sujet a été un grand thème de débat du XVIe siècle entre Luther et l'humaniste Érasme (de Rotterdam), ce dernier défendant le libre arbitre de l'homme, et soutenant que l'homme, bien que pécheur, peut dans une moindre mesure participer à son salut en s'appliquant à faire le bien.

 

    Les saints des derniers jours ne peuvent être que d'accord avec l'opinion d’Érasme. Un prophète du Livre de Mormon enseigne :

 

Car nous travaillions diligemment à écrire pour persuader nos enfants, et aussi nos frères, de croire au Christ et d'être réconciliés avec Dieu ; car nous savons que c'est par la grâce que nous sommes sauvés, après tout ce que nous pouvons faire. (2 Néphi 25:23)

 

    Paul abonde dans le même sens pour ce qui est de la valeur des oeuvres :

 

Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. (Romains 2:13)

 

Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu. Car il est écrit :

 

Je suis vivant, dit le Seigneur,

Tout genou fléchira devant moi,

Et toute langue donnera gloire à Dieu.

 

Ainsi, chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. (Romains 14:10-12)

 

    Citons d'autres passages bibliques, tout aussi parlants :

 

Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n'avons-nous pas  chassé des démons par ton nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité.

 

C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n'est point tombée parce qu'elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle est tombée, et sa ruine a été grande. (Matthieu 7:21-27)

 

Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. (Matthieu 16:27)

 

Pourquoi m'appelez-vous Seigneur ! Seigneur ! et ne faites-vous pas ce que je dis ?  (Luc 6:46)

 

Si vous m'aimez, gardez mes commandements. (Jean 14:15)

 

Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. (Apocalypse 20:12)

 

    Quelle est donc ce fameux salut par la foi et la grâce seules dont parle Paul un peu partout dans ses épîtres ? Paul a été bien souvent mal compris. Il voulait dire que les œuvres n'avaient pas leur place dans la rétribution du Seigneur. Il lui incombait la difficile tâche de faire comprendre aux nouveaux membres de l'Église primitive qu'il était inutile de se glorifier de ses œuvres, car si elles comptent pour le salut, elles seraient cependant mortes et sans effet s'il n'y avait eu l'œuvre expiatoire du Christ pour valider et achever leur effet. D'où une grande emphase placée sur la foi au Seigneur, et sa grâce. Les oeuvres n'ont pas en elles-mêmes le pouvoir de sauver, mais permettent d'accéder à la grâce du Christ, qui a payé pour nos péchés.

 

    Jacques semble approuver ce principe lorsqu'il écrit :

 

Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. (Jacques 2:17)

 

 

Conclusion

 

    Adam et Ève ont certes mangé du fruit défendu, mais cela a servi un but plus glorieux que celui de rester éternellement un état d'innocence dans le jardin d'Eden. Grâce à leur transgression ils ont eu des enfants, obéissant ainsi à la première loi qu’ils avaient reçue, de multiplier et de remplir la terre (voir Genèse 1:28). C’est parce nos premiers parents ont transgressé que nous venons au monde. Même si la vie est parfois difficile, nous devrions être reconnaissants de vivre, car par ce très bref séjour sur terre nous progressons de façon significative vers notre destinée éternelle. Si cette vie est une vie d'épreuve et de progression, ce que nous accomplissons ici-bas a nécessairement une signification. Nos œuvres, comme notre vie en général, auront des conséquences dans l’au-delà. Dieu prendra tout en compte : nos désirs, nos pensées, nos paroles, nos actes. Sinon, quel sens aurait notre mise à l’épreuve ici-bas ?

 

    Ni Adam ni Ève ne sont responsables devant Dieu de nos actes. Ils auront à rendre compte des leurs, et nous des nôtres. Nous avons le libre arbitre, nous pouvons choisir notre direction. Mais quoi que nous fassions, nos actes ont des conséquences. Il est cependant inutile de craindre les conséquences au point de ne plus user de notre capacité d’agir, comme le serviteur à qui un seul talent a été confié et qui, trop craintif de le perdre, a préféré l’enfouir dans le sol (voir Matthieu 25). En craignant d’agir nous serions un obstacle à notre propre progression. Même si notre vie est jalonnée d'erreurs et de fautes, si nous nous sommes repentis, avons regretté et réparé, si nous avons mis tout notre cœur à faire le bien, à aimer notre prochain et à pardonner, le Seigneur tiendra compte, dans son jugement, de notre persévérance à vivre dans le justice. Comme l’a enseigné le Sauveur, si nous ne nous lassons pas de faire le bien, nous moissonnerons, le temps venu, le salut de notre âme.

 

Ne vous y trompez pas ; on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui aura semé pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l'Esprit moissonnera de l'Esprit la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l'occasion, pratiquons le bien envers tous […]. (Matthieu 25:14-30)

 

 

Note : Sauf indication contraire, les citations bibliques sont tirées de la traduction de Louis Segond, version 1910

 

 

Première parution : 9 octobre 2002

Mise à jour : 11 mai 2004

 

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