L’hypocéphale de Joseph Smith
Michael D. Rhodes
© FARMS 1994
Il y a dix-sept ans, j'ai publié une traduction et un
commentaire du fac-similé 2 du livre d'Abraham [1]. Depuis
lors, il y a eu de nombreuses avancées dans notre
compréhension de ce document intéressant et j’ai
estimé que l'étude avait besoin de révision à
la lumière de ces avancées [2].
Ce ne sera certainement pas le dernier mot sur le fac-similé
2. Dans les recherches égyptiennes, comme dans toutes les
entreprises humaines, notre connaissance est toujours provisoire et a
constamment besoin de révision à mesure que nous en
apprenons davantage. Cela ne devrait pas étonner les membres
de l'Eglise que plus notre compréhension des choses
égyptiennes augmente, plus il y a d'explications du fac-similé
2 données par Joseph Smith qui sont en accord avec cette
compréhension accrue. Néanmoins, mon but n'est pas de
« prouver » que Joseph Smith était un
prophète. Cette connaissance ne peut et ne doit venir que de
Dieu, pas du raisonnement intellectuel et il appartient à
chacun de la trouver par lui-même.
David O. McKay a déclaré
que l'université Brigham Young « a été
fondée dans le seul but d'associer aux faits de la science,
des arts, de la littérature et de la philosophie les vérités
de l'Evangile de Jésus-Christ. » [3] Dans cet
esprit, j'ai essayé de rattacher la compréhension que
l’égyptologie a actuellement du fac-similé 2 aux
vérités révélées de l'Evangile
rétabli.
Le fac-similé 2 appartient à une catégorie de
documents religieux égyptiens appelés hypocéphales
(grec υποκεφαλος
[hupoképhalos], « sous la tête »,
traduction de l'égyptien hr tp avec la même
signification). Un hypocéphale est un petit objet en forme de
disque fait en papyrus, en toile, bronze, or, bois, ou argile stuqué
que les Égyptiens mettaient sous la tête de leurs morts.
Ils croyaient qu'il envelopperait de manière magique la tête
et le corps de flammes ou de rayonnement, rendant ainsi le mort divin
[4]. L’hypocéphale lui-même symbolisait l'œil
de Ré ou de Horus [5], c.-à-d., le soleil, et les
scènes dépeintes dessus ont trait au concept égyptien
de la résurrection et de la vie après la mort. Pour les
Égyptiens, le lever et le coucher quotidiens du soleil étaient
un symbole frappant de la résurrection.
L’hypocéphale
lui-même représentait tout ce que le soleil encercle,
c.-à-d. le monde entier. La partie supérieure
représentait le monde des hommes et du ciel diurne et la
partie inférieure (la partie avec la vache) le monde d’en
bas et le ciel nocturne.
Les hypocéphales sont apparus pendant la dynastie égyptienne
saïte (663-525 av. J.-C.) et leur utilisation a continué
au moins jusqu’à l'ère chrétienne [6].
C’est dans la version saïte du livre des morts, chapitre
162, que des directives pour la construction et l'usage du
hypocéphale sont données [7]. La section à
laquelle ce chapitre appartient (les chapitres 162 à 165)
contient beaucoup de mots et de concepts étranges qui, selon
certains égyptologues, contiennent des influences étrangères,
probablement sémitiques ou nubiennes [8].
On trouve des hypocéphales dans plusieurs musées
d’Europe et du Proche-Orient [9], mais à l’exceptions
de l’hypocéphale de Joseph Smith, aucun n’est
parvenu jusqu’en Amérique. La plus grande collection
d’hypocéphales se trouve au British Museum et trois
exemplaires de cette collection sont tout à fait semblables à
l’hypocéphale de Joseph Smith [10] tant pour la
disposition que pour le texte. En comparant ces derniers au
fac-similé 2, j’ai pu reconstituer le texte original de
l’hypocéphale de Joseph Smith avec quelques lectures
incertaines seulement.
D’après les récits que nous avons au sujet de
l’hypocéphale de Joseph Smith et des autres papyrus
égyptiens qui lui sont associés, il semble qu'ils ont
été trouvés en Égypte dans la région
de Gurneh de Thèbes vers l'année 1818 [11]. Des
hypocéphales semblables tels que British Museum 8445c, qui
sont clairement apparentés à l’hypocéphale
de Joseph Smith, ont tous été trouvés à
Thèbes [12]. BM 8445c est aussi particulièrement
intéressant à un autre point de vue, puisque le nom du
propriétaire était Har (Horus), le même
que le propriétaire du papyrus Livre des Respirations dans la
collection de l’Eglise. Se pourrait-il que ce soit la même
personne ?
L’examen soigneux du fac-similé 2 prouve qu'il y a une
différence entre la plupart des signes hiéroglyphiques
et les signes qui se trouvent à droite de la figure sur le
bord externe ainsi que les parties externes des sections numérotées
12 à 15. Ces signes sont hiératiques, pas
hiéroglyphiques, et sont inversés ou à l'envers,
par rapport au reste du texte. Ils sont, en fait, une copie assez
précise des lignes 2, 3 et 4 du papyrus de Joseph Smith XI,
qui contient une partie du Livre des Respirations. Un mot qui est
particulièrement clair, c’est le mot snsn,
à la section 14 et une partie du nom de la mère du
propriétaire du papyrus, (t3y-)hby.t), répété
deux fois sur le bord externe. Un dessin à l’encre de
l’hypocéphale dans le bureau de l'historien de l'Eglise
montre que ces mêmes zones sont vides. Il est probable que ces
zones ont été détruites sur l’hypocéphale
original et que quelqu'un (le graveur, un des associés de
Joseph Smith ou Joseph lui-même) a copié les lignes
tirées du papyrus du Livre des Respirations pour des raisons
esthétiques.
Ce qui suit est la une transcription hiéroglyphique
reconstituée du texte de l’hypocéphale de Joseph
Smith :
Fac-similé 2 - Transcription hiéroglyphique
Bord :
Fac-similé 2 - Transcription du texte hiéroglyphique
Bord : ink db3ty m hw.t bnbn.t m ’Iwnw.
q3 sp-2. 3h sp-2. k3 nk
iwty snw=f. ntr pwy ‘3 m hw.t
bnbn.t. m 'Iwnw [cnh Wsir Ššq
r nhh d.t h] n ntr pf m 'Iwnw.
11-18 : i ntr sdr.w m sp tpy, ntr c3
nb p.t, t3, dw3.t, mw=f c3, dw3.t, mw=f c3,
di cnh b3 Wsir Ššq..
15: … =f
17-16 : 1) h3.t th.t, nn th.tw, nn th.tw b3 pn hnc
nb=f m dw3.t d.t.
21-19 : iw
wnn=k
m ntr pf dd wy.
2: rn n ntr pf c3.
3:. dp.t ntr
Traduction du texte
Bord : Je suis le Pourvoyeur [13] dans le Temple du soleil
[14] à Héliopolis. [Je suis] extrêmement exalté
et très glorieux. [Je suis] un taureau viril sans égal.
[Je suis] ce Dieu Puissant [15] dans le Temple du soleil à
Héliopolis. <Puisse l'Osiris Shishaq vivre à jamais>
[16] avec ce Dieu Puissant à Héliopolis [17].
Milieu gauche : Ô Dieu des Dormants [18] dès la
création [19]. () Ô Dieu puissant, Seigneur du ciel et
de la terre, de l’au-delà et de ses grandes eaux [20],
puisse la vie être accordée à l'âme de
l'Osiris [21] Shishaq [22].
En bas : Puisse ce tombeau ne jamais être profané
[23] et puisse cette âme et son seigneur ne jamais être
profanés dans l’au-delà.
En haut à gauche : Vous serez à jamais comme ce
Dieu, le Busirien [24].
À la gauche du Dieu debout à deux têtes :
Le nom [25] de ce Dieu puissant.
À la gauche du dieu à tête de faucon :
Barque divine.
Commentaire
Héliopolis, la On biblique, est l'une des villes les plus
antiques d’Égypte. Son nom égyptien hw.t-k3-Pth
(« maison de l'âme de Ptah ») nous a
donné le nom de l'Égypte (par le grec Aιγυπτος
[Aïguptos]). Les liens entre Héliopolis et Israël
sont nombreux et anciens. La tradition juive affirme qu'Abraham a
enseigné l’astronomie et d’autres sciences aux
prêtres d’Héliopolis [26]. Notre ancêtre
Joseph a épousé Asnath (hébreu אסנת,
égyptien ’Is.t-N.t « Isis-Neith »
ou ns-N.t> 3s-N.t. « celle qui appartient à
Neith »), la fille de Potiphar (hébreu פרע
פוטע [Potiphéra],
égyptien p3-di-p3-Rc
« Celui que Ré a donné »), prêtre
d’On [27]. Ce fut le pharaon Sheshonq III qui fit le sac du
temple de Jérusalem du temps de Roboam, fils de Salomon, et en
emporta tous les ustensiles sacrés pour les utiliser dans le
temple d’On [28]. C’est peut-être plus qu’une
coïncidence que le nom du propriétaire de l’hypocéphale
de Joseph Smith soit Sheshonq (Shishaq). Chose encore plus
intéressante, en 150 av. J.-C., des réfugiés de
Jérusalem sous la direction du prêtre Onias obtinrent la
permission du pharaon Ptolémée Philométor de
construire un temple semblable au temple de Jérusalem à
Léontopolis dans le nome (district administratif) d’Héliopolis
[29]. Ainsi l'association d'Abraham et de ses descendants avec
Héliopolis est antique et vénérable.
Deux papyrus démotiques découverts à Thèbes
au début du XIXe siècle présentent un intérêt
particulier [30]. Ils sont datés des environs du troisième
siècle apr. J.-C., et sont ainsi à peu près du
même âge que les documents égyptiens que Joseph
Smith a acquis de Michael Chandler, et viennent de la même
région d'Égypte. Un des papyrus montre le dessin d'une
momie couchée sur un lit en forme de lion avec le personnage
du dieu Anubis debout devant lui, tout à fait comme dans la
scène représentée dans le fac-similé 1 du
livre d'Abraham. En dessous de ce dessin on lit les mots en grec :
« Αβρααμ ο έπι
[Abraam ho épi]…Abraham qui sur » (le reste
de la phrase est endommagé mais pourrait être quelque
chose comme « le lit » [31]. Au début du
même papyrus, nous trouvons de nouveau le nom d’Abraham
(Αβράχάμ) [32]. Sur un autre de ces
papyrus se trouve l'expression en démotique, cbrchm
p3 df n t3 ir.t n t3 wd3.t, « Abraham, la pupille de
l'œil de l’Ouadjet [33]. » Ainsi nous trouvons
deux papyrus égyptiens antiques, dont il aurait été
impossible à Joseph Smith de connaître l’existence,
qui associent Abraham non seulement à une scène de lit
en forme de lion mais également à l'œil Ouadjet
de Horus, que l’hypocéphale était censé
représenter [34].
Deux textes pseudépigraphiques ayant trait à Abraham,
qui ont été découverts après le temps de
Joseph Smith, donnent aussi un éclairage intéressant
aux rapports entre Abraham et les Égyptiens. Dans le Testament
d'Abraham, Abraham a une vision du jugement dernier qui
est incontestablement liée à la scène de
jugement décrite au 125e chapitre du livre des morts,
associant clairement, de ce fait, Abraham au livre égyptien
des morts [35]. L’un des papyrus de Joseph Smith est en fait un
dessin de cette scène de jugement du 125e chapitre du livre
des morts.
L'Apocalypse d'Abraham décrit une vision
qu’Abraham reçoit pendant qu’il fait un sacrifice
à Dieu. Dans cette vision, le plan de l'univers lui est
montré, « ce qui est dans les cieux, sur la terre,
dans la mer et dans l'abîme [36] » (presque les mots
exacts utilisés dans la partie à gauche du centre de
l’hypocéphale de Joseph Smith). Il voit « la
plénitude du monde entier et son cercle » dans une
image qui a deux côtés [37]. La ressemblance avec
l’hypocéphale est frappante. Il y a même une
description de ce qui est clairement les quatre personnages canopes
portant le n° 6 dans l’hypocéphale de Joseph Smith
[38]. L'importance de ces documents est qu'ils datent du début
de l’ère chrétienne – qu'ils sont grosso
modo contemporains de l’hypocéphale et des autres
documents égyptiens achetés par Joseph Smith – et qu’ils racontent les
mêmes choses au sujet d'Abraham
dont Joseph Smith dit qu’elles se trouvent dans l’hypocéphale
et les autres papyrus égyptiens.
Le Fac-similé 2 par les numéros
Je passe maintenant aux illustrations qui se trouvent sur
l’hypocéphale de Joseph Smith et je compare les
explications que Joseph Smith en donne avec une interprétation
basée sur l’égyptologie moderne. Qu’il me
soit tout d'abord permis de dire que l'interprétation des
illustrations est l'une des parties les plus difficiles de la
compréhension des textes égyptiens. Les Égyptiens
ne mettaient pas des illustrations simplement pour la décoration
; elles étaient toujours utilisées pour compléter
et clarifier le texte. Cependant, la détermination de leur
signification correcte peut être, pour nous, une entreprise
redoutable.
Un symbole donné peut avoir beaucoup de
significations différentes et il est parfois presque
impossible de décider laquelle l'auteur du texte avait à
l’esprit. Par exemple, l’œil ouadjet qui se trouve
en haut et à gauche du personnage faucon assis dans la section
3 peut représenter la guérison, la lumière, la
totalité, la protection, la gloire et même la richesse !
[39] De plus, dans beaucoup de cas, nous ne savons tout simplement
pas encore ce que signifient certains symboles. Ayant bien compris la
difficulté de ce que nous sommes sur le point d'essayer de
faire, regardons chacune des figures.
1. Une divinité assise avec deux (ou dans la plupart des
hypocéphales, quatre) [40] têtes de bélier. Elle
tient dans la main les symboles de la vie (cnh),
de la domination (w3s) et de la stabilité (dd).
De chaque côté du dieu il y a deux singes (numéros
22 et 23) avec, sur la tête, le disque lunaire muni de cornes,
dans une attitude d'adoration [41]. Il y a aussi deux serpents, un de
chaque côté de la divinité assise [42]. Le dieu
est assis au centre de l’hypocéphale, qui, comme nous
l’avons dit plus haut, représente le monde.
Cette figure assise représente le dieu en tant que créateur,
Amon-Ré ou Khnoum [43]. Quand il est représenté
ainsi avec quatre têtes, ce dieu réunit en lui les
attributs des dieux Ré (le soleil), Shou (la lumière),
Geb (la terre) et Osiris (dieu de l’autre monde et de la
résurrection) et représente la force créatrice
primitive [44].
Joseph Smith dit que ceci est « Kolob, signifiant la
première création, la plus proche du céleste, ou
de la résidence de Dieu [45] ». Ceci correspond
bien au symbolisme égyptien d'un dieu doté de la force
créatrice primitive assis au centre de l'univers. Le nom Kolob
est tout à fait à sa place dans ce contexte. Le mot
dérive très probablement de la racine sémitique
courante QLB, qui a la signification de base de
« coeur, centre, milieu » (qalb arabe
« coeur, centre » ; קךב
hébreu, « milieu, centre », קרב
« se rapprocher » ; égyptien
m-q3b, « au milieu de ». En
fait, qalb fait partie des noms arabes de plusieurs des
étoiles les plus brillantes du ciel, notamment Antarès,
Régulus et Canopus.
Les singes peuvent représenter Thoth, le dieu de l'écriture
et de la sagesse, ainsi que la lune [46], mais étant donné
leur habitude curieuse de lever les mains pour recevoir les premiers
rayons réconfortants du soleil après la nuit froide du
désert comme s’ils adoraient le soleil à son
lever [47], on les trouve souvent en liaison avec le soleil. En plus
de ces associations solaires et lunaires, les singes sont également
associés aux étoiles et aux constellations [48]. Joseph
Smith dit qu’ils sont des étoiles recevant de la lumière
de Kolob, ce qui concorde avec notre compréhension de leur
symbolisme en égyptien.
Dans son explication de la figure 1, Joseph Smith dit que la terre
est appelée Jah-oh-eh par les Égyptiens. Dans le Times
and Seasons, il définit Jah-oh-eh comme « Ô
la terre » [49]. Ce serait une traduction raisonnable de
l'égyptien I 3h.t, « Ô la terre »
(en supposant que Joseph ait utilisé la convention biblique de
rendre un yod sémitique par un j anglais [50].
2. Une divinité à deux têtes portant la couronne
à deux plumes d'Amon sur laquelle sont montées des
cornes de bélier. Sur ses épaules il y a des têtes
de chacal, et il tient l’étendard en forme de chacal du
dieu Wepwawet. À sa droite il y a un autel sur lequel et
autour duquel il y a des offrandes. Sur la plupart des hypocéphales,
il tient l'ankh, ou symbole de la vie, dans la main droite. À
sa gauche, il y a aussi une ligne d'hiéroglyphes qui dit :
« Le nom de ce Dieu puissant ».
C'est Amon-Ré, le dieu principal du panthéon égyptien
[51] ; les deux têtes illustrent le pouvoir caché et
mystérieux d'Amon (son nom signifie en égyptien « celui
qui est caché ») [11] combiné au pouvoir
visible et lumineux de Ré [52]. C'est clairement le dieu
mentionné au chapitre 162 du livre des morts (le chapitre qui
décrit la construction et l'utilisation de l’hypocéphale),
qui porte la couronne à deux plumes. Les chacals qu’il a
sur les épaules ainsi que l’étendard en forme de
chacal qu'il tient sont des symboles du dieu Wepwawet, Celui qui
ouvre la Voie, c.-à-d. à l'année, au roi dans
ses conquêtes, aux morts à travers les dangers de
l’au-delà jusqu’au trône d'Osiris où
ils seront jugés, ou toute autre voie qui a besoin d’être
ouverte.
Joseph Smith dit : « Se trouve à côté
de Kolob, appelée Oliblisch par les Égyptiens, la
deuxième grande création directrice proche du céleste
ou du lieu où Dieu réside; détient aussi la clef
du pouvoir. » Le symbole de la vie que tient ce dieu était
considéré comme le symbole du pouvoir d'un dieu. Un bon
exemple en est le dieu Aton, qui est représenté par un
disque solaire d’où sortent de nombreux rayons qui se
terminent tous par une main tenant le symbole de la vie. Je ne peux
trouver aucun mot évident en égyptien qui correspond à
Oliblish, mais ceci met le mot dans la même catégorie
que les nombreux noms étranges que l’on trouve au
chapitre 162 du livre des morts, qui semblent ne pas être
égyptiens mais appartenir à une langue étrangère.
Joseph dit aussi que cette figure a trait au plan des créations
de Dieu révélé à Abraham tandis qu’il
faisait un sacrifice. Ceci s’accorde exactement avec
l'Apocalypse d’Abraham décrit ci-dessus
[53], ainsi qu’avec le concept égyptien de l’hypocéphale
représentant tout ce que le soleil encercle.
3. Un dieu Ré à tête de faucon ayant le disque
solaire sur la tête, assis sur la barque solaire. De chaque
côté de lui il y a un œil ouadjet. Il tient dans
la main le sceptre w3s, symbole de domination [54] et devant
lui il y a un autel avec une fleur de lotus dessus.
Ré assis dans sa barque représente le soleil dans sa
traversée quotidienne du ciel et symbolise la résurrection
et la renaissance, puisque l’on pensait que le soleil mourait
et renaissait chaque jour. Le lotus sur l'autel devant lui symbolise,
lui aussi, la renaissance et le soleil levant [55]. L’œil
ouadjet symbolisait la lumière et la protection (entre autres)
[56] et n'est donc pas déplacé dans ce contexte.
Joseph Smith dit que ceci représentait Dieu assis sur son
trône, revêtu de pouvoir et d'autorité, avec une
couronne de lumière éternelle sur la tête. Le
sceptre w3s, comme je le disais ci-dessus, représente
le pouvoir et l'autorité, et le soleil se qualifie
certainement comme couronne de lumière éternelle. Il
dit aussi qu'il représentait les grands mots-clefs de la
prêtrise. L'auteur grec Plutarque explique que l’œil
ouadjet d'Osiris représentait le πρόνοια
[pronoia], « la Providence divine »
(littéralement « la prescience ») [57],
la sagesse divine par laquelle Dieu supervise toutes ses créations
et s’occupe d’elles. Il n'est pas déraisonnable
d’y voir « les grands mots-clefs de la prêtrise »
(« La gloire de Dieu c’est l’intelligence »,
D&A 93:36).
4. Un faucon enveloppé de bandelettes de momie, aux ailes
déployées, assis sur une barque. Ceci peut représenter
soit Horus-Soped, soit Sokar, tous deux dieux faucons, qui sont
symbolisés par un faucon momiforme [58]. Un élément
important de cette figure, ce sont ses ailes déployées,
qu’on ne trouve normalement pas dans les représentations
de ces deux dieux. Les ailes montrent un lien évident avec
Horus, personnification du ciel [59], et en même temps
soulignent le fait que le faucon est en train de se dégager de
ses bandelettes de momie dans la résurrection. L'association
avec Sokar, le dieu antique de Memphis, est encore plus intéressante.
Lors de la fête de Sokar, qui était célébrée
dans beaucoup de régions de l'Égypte, il y avait une
procession dans laquelle le grand prêtre mettait la barque de
Sokar sur un traîneau et le tirait tout autour du sanctuaire
.Cette procession symbolisait la révolution du soleil et
d'autres corps célestes [60].
Joseph Smith voit ici un symbolisme de l'étendue ou firmament
des cieux, concept que, comme je l’ai dit plus haut, les
Égyptiens représentent souvent par le dieu faucon
Horus. L'explication de Joseph que cette figure représente les
révolutions de Kolob et d'Oliblish correspond à ce que
nous savons de l'utilisation de la barque de Sokar lors de la fête
de Sokar pour représenter les révolutions du soleil et
d'autres corps célestes. Joseph dit aussi que c'est une
représentation numérique signifiant, en égyptien,
mille. Bien que ce ne soit pas l'hiéroglyphe habituel du
nombre mille, il y a un lien clair entre le nombre mille et la barque
des morts.
Par exemple, dans les textes des sarcophages nous lisons :
« Il prend la barque de 1000 coudées de bout en
bout et la conduit jusqu’à l'escalier de feu [61]. »
Sur le sarcophage de la princesse Anchenneferibre on trouve une
description de la « Khabas à Héliopolis »
et « Osiris dans sa barque de mille » [62]. Le
terme Khabas (h3-b3=s en égyptien) signifie que
« mille sont ses âmes » et a trait aux
armées étoilées du ciel [63], confirmant de
nouveau l'explication de Joseph Smith qu'il représente
l'étendue des cieux.
5. Une vache portant un disque solaire et les doubles plumes avec un
collier menit (symbole de Hathor, d'Ihet, etc.) [64]. C'est la
vache Ihet mentionnée au chapitre 162 du livre des morts, qui
doit être dessinée sur un morceau de papyrus neuf pour
faire un hypocéphale [65]. C’est pour cela que cette
image d'une vache est commune à presque tous les hypocéphales.
lhet est une forme de Hathor, personnification
des eaux originelles d’où est sortie la totalité
de la création. C’est elle qui a donné naissance
au soleil [66]. Elle se rattache aussi à Mehweret (grec Μεθύρ
[Methur]), une autre déesse vache qui symbolisait
le ciel et est la mère céleste par laquelle le soleil
renaît chaque jour [67]. Le nom Mehweret (Mh-wr.t)
signifie « Grande plénitude »,
c’est-à-dire les eaux primordiales d’où Ré,
le Soleil, est sorti [68]. Derrière la vache se tient la
déesse Ouadjet, qui tient une fleur de lotus, symbole de la
renaissance [69], indiquant ici le renouvellement quotidien et annuel
du soleil.
L'explication de Joseph Smith que ceci est le soleil concorde avec le
symbolisme égyptien. Parmi les divers noms utilisés ici
par Joseph, je ne peux trouver d’équivalent que pour
Hakokabim où l’on peut reconnaître le mot hébreu
הכוכבים,
« les étoiles ». Mais encore une fois, comme mentionné
ci-dessus, les noms étranges et
incompréhensibles sont typiques de cette catégorie de
documents religieux égyptiens.
6. Ces quatre figures debout, semblables à des momies, sont
les quatre fils d’Horus [70]. Ils étaient les dieux des
quatre coins de la terre et l’on en est venu plus tard à
les considérer comme présidant aux quatre points
cardinaux [71]. Ils étaient aussi les gardiens des viscères
des morts et leur image était gravée sur les quatre
vases canopes dans lesquels les viscères des morts étaient
placés [72].
Joseph Smith décrit de nouveau correctement ces figures comme
représentation des « quatre coins de la terre ».
À la droite de ces quatre figures se trouve le nom d'un dieu
écrit avec une fleur de lotus, un lion et un bélier (en
égyptien srpt-m3i-sr). On pense que ces trois
signes symbolisent les dieux du soleil levant, du soleil à
midi et du soleil couchant, c.-à-d. Ré, Khépri
et Atoum [73]. On trouve ce même dieu dans plusieurs passages
du papyrus démotique égyptien tardif qui parle
d’Abraham [74]. Joseph Smith ne donne aucune explication de ce
nom hiéroglyphique, mais il est clairement associé à
Abraham dans ce document antique.
7. Un dieu ithyphallique assis avec une queue de faucon, brandissant
un fléau. C'est une forme de Min, dieu des forces
régénératrices et procréatrices de la
nature, peut-être combiné avec Horus, comme la queue de
faucon semblerait l’indiquer [75]. Devant le dieu il y a ce qui
semble être un oiseau qui lui présente un œil
Ouadjet, symbole de tous les bons dons [76]. Sur d'autres
hypocéphales, ce peut également être un singe, un
serpent ou un serpent à tête de faucon qui présente
l'œil. Cette figure représente Nehebka, un dieu serpent
et l’un des juges des morts du chapitre 125 du livre des morts
[77]. Nehebka était considéré comme un
fournisseur de vie et de nourriture [78] et comme tel était
souvent représenté comme présentant une paire de
jarres ou un œil Ouadjet. Quant à l'oiseau qui se trouve
sur le fac-similé 2, ceci pourrait symboliser le Ba ou
l'âme (que les Égyptiens représentaient souvent
sous la forme d’un oiseau) présentant l’œil
Ouadjet au dieu assis.
Joseph Smith dit que cette figure représente Dieu assis sur
son trône révélant les grands mots-clefs de la
prêtrise. Nous avons expliqué ci-dessus le lien de l’œil
Ouadjet avec « les grands mots-clefs de la prêtrise ».
Joseph explique aussi qu’il y avait une représentation
du signe du Saint-Esprit sous forme de colombe. Les Égyptiens
décrivaient généralement l'âme ou l'esprit
sous la forme d’une colombe, donc un oiseau est un symbole
approprié du Saint-Esprit.
Joseph Smith explique que les figures restantes contenaient des
écrits qui ne peuvent pas être révélés
au monde. Le fait de mettre l’accent sur le caractère
secret de ces choses est tout à fait en accord avec les
documents religieux égyptiens tels que l’hypocéphale
et le chapitre 162 du livre des morts. Nous lisons, par exemple, au
chapitre 162 du livre des morts : « Ceci est un livre
grand et secret. Ne laissez personne le voir ! » Joseph
dit aussi que la ligne 8 « peut s’obtenir dans le
saint temple de Dieu ». La ligne 8 dit : 'Veuille que
l'âme de l'Osiris, Shishaq, vive (éternellement). »
Puisque le but visé pour l’hypocéphale était
de rendre le défunt divin, il n'est pas déraisonnable
de voir ici une allusion aux ordonnances sacrées accomplies
dans nos temples modernes.
CONCLUSION
Le texte ainsi que les figures et les illustrations de l’hypocéphale
de Joseph Smith concernent tous l'espérance qu’avaient
les Égyptiens en une résurrection et une vie après
la mort en tant qu'être divin. Bien que dans notre manière
moderne de penser, ce message soit communiqué par un
assortiment étrange de dieux, d’animaux et d'autres
figures bizarres, il est important de se rappeler que pour les
Égyptiens, qui ont toujours essayé d'exprimer des idées
abstraites par des représentations concrètes, c'étaient
là tous des aspects du Dieu unique qui se manifestait sous
beaucoup de formes [79].
Il est particulièrement important d’être conscient
du fait que même les meilleurs savants du temps de Joseph Smith
n’avaient pas accès à la connaissance de ces
choses. Les œuvres pseudépigraphiques attribuées
à Abraham, que j'ai citées plus haut, par exemple,
n’ont été retrouvées qu’au début
du XXe siècle. Les papyrus démotiques mentionnant
Abraham n'ont été publiés qu'en 1839 et n’ont
été traduits qu'en 1904 [80]. Bien que Champollion ait
déchiffré des hiéroglyphes égyptiens en
1822, il a fallu de nombreuses années de travail minutieux
pour que les égyptologues puissent publier des grammaires et
des dictionnaires de l’égyptien. Joseph Smith n’aurait
tout simplement pas pu acquérir, grâce au monde, la
compréhension qu'il avait de ces choses.
Néanmoins,
comme la présente étude l’a montré,
beaucoup parmi les explications données par le prophète
concernant l’hypocéphale illustré dans le
fac-similé 2 sont soutenues par notre compréhension
actuelle de la religion égyptienne antique et sont en fait
particulièrement typiques des écrits religieux
égyptiennes tardifs. Il y en a une ou deux que l’on
pourrait peut-être écarter comme étant un coup de
chance ou le fait du hasard, mais, prises ensemble, les nombreuses
interprétations correctes ne sauraient être ignorées.
Il est clair que Joseph Smith savait de quoi il parlait. Ceci ne fait
que réaffirmer ce que toute personne honnête peut
apprendre par une prière fervente, que Joseph Smith a reçu
ces choses de Dieu, exactement comme il l’a affirmé.
Annexe
Traduction du chapitre 162 du livre des morts
(tiré du Todtenbuch de Lepsius [81])
Titre : Un charme pour faire apparaître une flamme sous
la tête d'un être glorifié.
À réciter : Salutations à toi, Par puissant
[82], qui portes les doubles plumes sublimes et la couronne blanche
[de la Haute Égypte], qui tiens le fléau [de l'autorité
royale]. Tu es Seigneur des pouvoirs régénérateurs
[83]. Tu te lèves et brilles constamment. Tu ne cesses jamais
de te lever. Tu es un maître des formes, qui as de nombreux
aspects. Tu te caches de tes enfants [84] dans l’œil
Ouadjet [85]. Tu es le rugissant puissant au milieu de l'Assemblée
[86] des dieux. Tu es un coureur puissant, aux enjambées
rapides. Tu es un dieu fort qui viens à celui qui l'appelle,
[et qui viens] à celui qui se lamente de [sa] misère
causée par le besoin (ou la peste). Viens donc à mon
appel, [car] je suis Ihet [87]. Ton nom [88] est dans ma bouche et je
le dirai : celui de Haghaghar [89] est ton nom, Iriyakrasingarabat
[90] est ton nom, Sarpatmaisar [91] est ton nom, Harsat [92] est ton
nom. J'ai loué ton nom. Je suis Ihet. Entendez aujourd’hui
ma voix. Tu places une flamme sous la tête de Ré et
voici il est dans l’au-delà divin à Héliopolis
[93]. Tu les fais devenir comme ceux sur la terre [94]. Il est ton
âme. Ne l'oublie pas. Viens à l'Osiris, Efonakh, qui est
justifié, et fais qu’une flamme soit sous sa tête.
En vérité, il est l'âme du Grand Corps [95] qui
repose à Héliopolis. Akhukhaparsar [96] est son nom,
Barkatatju [97] est son nom. Oui, viens et fais qu’il devienne
comme l’un de tes disciples, car celui-ci, il t’appartient.
À réciter sur une figure d'Ihet qui est faite d'or fin
et placée autour du cou de l'être glorifié et
également mise par écrit sur le papyrus neuf et placé
sous sa tête. [Si l’on fait ceci] il y aura une multitude
de flammes tout autour de lui comme il en va de ceux qui sont sur la
terre (c.-à-d. les vivants). L'œil d'Ihet (c.-à-d.
l’hypocéphale) est une protection très grande
pour son fils, Ré, quand il se couche. Son trône sera
encerclé par une armée zélée (?) [98]. Il
sera rendu divin dans la nécropole et il ne sera rejeté
avec succès d’aucune porte de l’au-delà.
Alors vous direz après avoir placé cette déesse
autour du cou de l'être glorifié : « Ô
toi le très caché qui es dans le ciel, veille sur le
corps de ton fils et préserve-le dans la nécropole. »
Ceci est un livre grand et secret. Ne laissez personne le voir, car
ce serait une abomination. Celui qui le connaît (c.-à-d.
le livre) et le garde secret continuera à exister.
Le nom de ce livre est : Maîtresse du Temple secret. Fin.
NOTES
[1] Michael D. Rhodes, "A Translation and
Commentary of the Joseph Smith Hypocephalus”, Brigham
Young University Studies 17, Spring
1977, p. 259-274
[2] J’ai une dette de reconnaissance spéciale envers
John Gee qui a lu plusieurs fois cet article, a fait des suggestions
précieuses et m’a donné des références
supplémentaires qui ont rendu l’article meilleur qu’il
ne l’aurait été sans cela.
[3] Messenger, Provo, BYU, octobre 1937.
[4] Voir Richard Lepsius. Das Todtenbuch der Ägypter,
Leipzig, C. Wigrand, 1842, chapitre 162, ligne 10, Voir aussi la
traduction du chapitre 162 du livre des morts dans l’appendice.
[5] Samuel Birch, "Hypocephalus in the
Possession of Sir Henry B. Meux, Bart.", Proceedings
for the Society of Biblical Archeology, novembre
1883, p. 3 (ci-après abrégé en PSBA).
Voir aussi Hans Bonnet, Reallexikon der Ägyptischen
Religionsgeschichte, Berlin, De Gruyter, 1952, p. 314, 630
[6] Voir Samuel Birch, "Hypocephalus in the Collection of Walter
Myers, Esq. F. S. A.", PSBA, 2 juin 1885, p. 214, où
Birch traite d’un hypocéphale datant des environs de
l’ère chrétienne.
[7] Voir la traduction du chapitre 162 dans l’appendice.
[8] Eduard Naville, "Einleitung", Das
Ägyptische Todtenbuch der XVIII. bis XX.
Dynastie.3
vol., Berlin,
A. Asher, 1886, p. 184 ; Thomas George Allen, The
Book of the Dead or Going Forth by
Day, Studies in Ancient Oriental
Civilization No. 37, Chicago, University of Chicago Press, 1974, p.
157. Jean Yoyotte, "Contribution à l'Histoire du
Chapitre 162 du Livre des Morts", Revue d'Égyptologie
29, 1977, p. 194-202.
[9] Le British Museum à Londres, le Louvre à Paris, le
Musée de Berlin, le Musée Magyor Nemzeti à
Budapest et le musée du Caire en Égypte.
[10] Les trois sont 37909. 8445c et 8445f. Le Berlin n° 7792,
bien que fortement endommagé, montre aussi des ressemblances.
[11] Voir Joseph Smith, fils, History
of the Church of Jesus Christ of Latter-day Saints.dir.
de publ. B. H. Roberts, Salt Lake City,
Deseret Book, 1971, 2:348-350 ; aussi James R. Clark, Story
of the Pearl of Great Price, Salt Lake
City, Bookcraft, 1955.
[12]
Edith Varga, Acta Orientalia
Hungariensis 12, 1961, p. 256.
[13] Égyptien db3ty, épithète du
dieu Osiris. Cf. Adolf Erman et Hermann Grapow,
Wörterbuch der Ägyptischen
Sprache. 5 vols. Berlin, Akademie
Verlag. 1971, 4:562, rubrique 7, ci-après abégé
en Wb. Il
peut aussi désigner une boîte comme l’hébreu
תבה
"arche” de l’alliance, que l’on pense
être un emprunt égyptien. Cf Francis
Brown, S. R. Driver et Charles Briggs, Hebrew
and English Lexicon of the Old Testament, Oxford,
Clarendon Press, 1968, p. 1061.
[14] Égyptien hw. t bnbn. Littéralement "maison
du benben". Cf. Wb. 1:459.10. Voir
aussi Ricardo Caminos, "The Chronicle
of Prince Osorkon", Analecta
Orientalia 37, Rome, Ponitifica
Institutum Biblicum, 1958, p. 127. On trouve aussi une mention
de la Maison du Benben dans deux papyrus démotiques magiques
tardifs, qui contiennent aussi le nom d’Abraham, Francis LI.
Griffith et Herbert Thompson, The Demotic
Magical Papyrus of London and Leiden, Londres,
H. Crevel, 1904, colonne IX, ligne 14 ; et Janet H. Johnson, "The
Demotic Magical Spells of Leiden I 384", Oudheidkundige
Mededelingen uit het Rijksmuseum van Oudheden te Leiden 56,
1975, pp. 29-64, colonne IX, ligne 14. Cf
aussi wbn.n=k
m hw.t bnbn m ’Iwnw. "Tu as montré comme
le phénix dans le temple du Benben à Héliopolis",
Textes des Pyramides 603 §1652.
[15] Dieu puissant est un nom donné à Osiris et au
défunt considéré comme étant Osiris. Cf.
Wb.2:361,
2 & 7.
[16] <cnh
Wsir Ššq
r nhh d.t> Lecture proposée pour la partie manquante du
bord externe.
[17] On
retrouve cette même expression dans un papyrus sensen démotique
parlant d’Osiris", Wsir ntr, c3
m ’Iwnw", Giuseppe Botti, "II Libro del
Respirare e un Suo Nuovo Esemplare nel Papiro Demotico N. 766 del
Museo Egizo Di Torino", Journal of Egyptian Archeology 54,
1968, p. 226.
[18] C.-à-d. Les morts. Cf. Wb 4:392,9.
[19] Littéralement « la première fois ».
Cf. Wb 3:438, 1.
[20] L’océan primordial d’où le soleil est
sorti le jour de la création et qui entoure la terre. Cf.
Henri Frankfort, Ancient Egyptian
Religion, New York, Harper Torchbooks,
1961, p. 114. On trouve une expression semblable dans un des
papyrus démotiques magiques. r- wn n=y p3 t3 r- wn
n=y t3 tw3.t r- wn n=y p3 nwn, "Ouvre la terre pour moi,
ouvre le monde d’en bas pour moi, ouvre les eaux primordiales
pour moi: Griffith et Thompson, The Demotic Magical Papyrus of
London and Leiden, Londres, ligne I 5.
[21] Pour l’identification du mort à Osiris, voir
Frankfort, Religion, 103 et suiv.
[22] Shishaq ou Sheshonq était le nom de plusieurs pharaons
égyptiens de la XXIe Dynastie, la dynastie libyenne.
[23] Correction: nn
th.tw h3.t tn. On trouve des passages semblables, mais
encore plus tronqués, dans les hypocéphales 8445c.
3445f et 37909 du
British Museum.
[24] Forme adjectivale nisbe de Dd.w, Busiris, centre du culte
d’Osiris dans le Delta, et donc utilisé comme épithète
d’Osiris. Cf. Wb
5:630, 7.
[25] Les Égyptiens croyaient que tous les dieux et déesses
avaient un nom secret. Si quelqu’un parvenait à
découvrir ce nom, il avait pouvoir sur ce dieu ou cette
déesse. Cf. Bonnet, Reallexikon, pp. 501-504.
[26] Flavius Josèphe, Histoire antique des Juifs, I,
8, 2; Eupolème tel que cité par Eusèbe
Praeparatio Evangelica, IX, 18, 2.
[27] Genèse 41:45.
[28] 1 Rois 14:25-26.
[29] Flavius Josèphe, Histoire ancienne des Juifs,
XIII.3.2-4.
[30] Hans D. Betz, The
Greek Magical Papyri in Translations, Chicago,
University of Chicago Press, 1986, lviii.
[31] Janet. H. Johnson, "The Demotic Magical
Spells of Leiden l 384", Oudheidkundige
Mededelingen uit het Rijksmuseum van Oudheden te Leiden 56,
1975, column XIII line 6, (dorénavant
abrégé en Demotic Spells).
[32] Johnson, Demotic
Spells, colonne VIII ligne 16.
[33] Griffith et Thompson, Demotic
Magical Papyrus of London and Leiden, col.
VIII ligne 8.
[34] Samuel Birch, "Hypocephalus in the
Possession of Sir Henry B. Meux, Bart." PSBA,
novembre 1883, p. 3. Voir aussi Bonnet,
Reallexikon, 314,
630.
[35] Testament
d’Abraham, recension A. 12-13. On
trouvera une traduction anglaise dans James H. Charlesworth, Old
Testament Pseudepigrapha, 2 vols.,
Garden City, Doubleday & Company, 1983, 1:889-890.
[36] Apocalypse
d’Abraham 12.
On trouvera une traduction anglaise dans Charlesworth, Old
Testament Pseudepigrapha 1:694-695.
[37] Id.
[38] Apocalypse
d’Abraham, p. 18.
[39] Gertrud et Traudl Kerszt-Kratschmann, Das
Grosse Ägyptische Totenbuch, Schriften
des Österreichischen Kulturinstituts Kairo,
Archäologisch-Historische Abteilung, Band I, Kairo,
Öbsterreichisches Kulturinstitut Kairo, 1969, p. 73.
[40] Voir par ex. Les hypocéphales 37909, 8445f, 8445c, etc.
du British Museum. On trouvera un autre hypocéphale où
deux têtes seulement sont représentées dans PSBA.
1897, planche Il. Sur un autre hypocéphale, le dieu porte
une ou plusieurs couronnes atef.
[41] Sur d’autres hypocéphales, le nombre de singes
varie de deux jusqu’à huit.
[42] Ces serpents sont souvent entourés d’un cercle. Par
exemple, voir l’hypocéphale 8445f du British Museum.
[43] Ceux qui pensent que c’est Amon-Ré: Bonnet,
Reallexikon, p. 389 et Lexikon der Ägyptologie, 7
vols., Wiesbaden, Harrassowitz, 1973-1989. 1:239 (dorénavant
abrégé en LdÄ). Ceux qui pensent que
c’est Khnoum: William Flinders Petrie, Abydos I.
Twenty-Second Memoir of the Egyptian Exploration fund, Londres,
Egyptian Exploration Fund, 1902; P. J. Horrack, "Les
hypocéphales", dans Études Archéologiques,
Linguistiques et Historiques dédiées à Mr. le
Dr. C. Leemans, dir. de publ. W. Pleyte, Leiden 1985. P.
J. de Horrack, "Hypocephalus in the Musée du Louvre,"
PSBA, 4 mars 1884, p. 128.
[44] Les Égyptiens appelaient cette force créatrice
primordiale šf.t
h3.t.. Bonnet, Reallexikon,
137-138: Wb
4:456, p. 13.
[45] Explication du fac-similé 2 dans la Perle de Grand
Prix.
[46] Frankfort, Religion, illustration 3; de Horrack, "Les
Hypocéphales", p. 60; LdÄ 4:917-918; Bonnet,
Reallexikon, p. 7.
[47] Bonnet, Reallexikon,
7 ; LdÄ
4:917.
[48] Bonnet, Reallexikon,
7 ; LdÄ
4:917.
[49] Joseph Smith, Times
and Seasons 4, 13 novembre 1843, p.
373.
[50] La forme copte de 3h.t,
єιωzє
se prononçait "yo-he"
voir Jároslav Cerný, Coptic
Etymological Dictionary, Cambridge,
Cambridge University Press, 1976, p. 50; Walter E. Crum, A
Coptic Dictionary, Oxford, Clarendon
Press, 1939, p. 89.
[51] LdÄ 1:237-246; Bonnet, Reallexikon, p. 34.
[52] De
Horrack, "Louvre Hypocephalus", p. 128. Petrie,
Abydos I, p.
50.
[53] Apocalypse
d’Abraham, p. 12.
[54] w3s
"domination". Cf. Gardiner, Egyptian
Grammar, 3e éd., Oxford,
Griffith Institute, 1957, p. 559; Raymond O. Faulkner, A
Concise Dictionary of Middle Egyptian, Oxford,
Griffith Institute, 1962, p. 54.
[55] LdÄ 3:1092-1094.
[56] Thausing et Kerszt-Kratschmann, Grosse
Totenbuch, p.
73.
[57] Plutarch, De Iside et Osiride, p. 51.
[58] Bonnet. Reallexikon, pp. 723, 741-742 ; LdÄ
5:1108, 5:1056.
[59] LdÄ 5:1056.
[60] LdÄ 5:1056, 1061 ; Bonnet, ReaIlexikon, p.
725-726.
[61] Coffin Texts 162, II, pp. 403-404.
[62] C. E. Sander-Hansen, Die Religiösen Texte auf dem Sarg
der Anchneneferibre, Copenhagen, Levin & Munksgaard, 1937.
[63] Wb
3:230, 1.
[64] Bonnet, ReaIlexikon,
459; LdÄ
2: 1025, 1041, 3:124-125.
[65] Lepsius. Todtenbuch,
chapitre 162, lignes 8-9.
[66] LdÄ 3:124.
[67] LdÄ 4:3-4.
[68] Naville, Ägyptische Todtenbuch, chapitre 17, lignes
34-36: LdÄ 4:3
[69] De Horrack, "Louvre Hypocephalus", p. 127. Johanna
Dittmar, Blumensträuße aIs Opfergabe in alten Ägypten,
Heft 43 de Münchener Ägyptologische Studien, Munich,
Deutscher Kunstverlag, 1986.
[70] On trouvera une étude exhaustive des quatre fils d’Horus
dans John Gee, "Notes on the Sons of Horus", Provo,
Foundation for Ancient Research and Mormon Studies, 1991?
[71] Bonnet, Reallexikon,
pp. 315-316;
LdÄ 5:53.
[72] Gee, "Notes on the Sons of Horus".
[73] Marie-Louise Ryhiner, "À Propos de Trigrammes
Panthéistes", Revue d'Égyptologie 29, 1977,
p. 134-136.
[74] Griffith et Thompson, Demotic
Magical Papyrus of London and Leiden, col.
VIII ligne 8.
[75] Petrie, Abydos
I, p. 50 ;
Bonnet, Reallexikon, p.
465.
[76] Bonnet, Reallexikon,
p. 511.
[77] Petrie. Abydos
I, p. 50 ;
Samuel Birch, "Henry B. Meux Hypocephalus", p. 38 ; Birch,
"Hypocephalus in the British Museum n° 8445a", PSBA,
5 février 1884, p. 389 ; Bonnet,
Reallexikon, p.
389 ; LdÄ
4:388.
[78] LdÄ 4:388.
[79] Thausing et Kerszt-Kratschmann, Grosse
Totenbuch, pp.
16, 72 ; Bonnet, Reallexikon,
pp. 223-225,
217. LdÄ 1:245.
[80] Conrad Leemans, Monument égyptien du Musée
d'Antiquités des Pays-Bas à Leide: Papyrus égyptien
démotique à transcriptions grecques I, Leiden,
1839, n° 383. Première traduction dans
Griffith et Thompson, Demotic
Magical Papyrus of London and Leiden.
[81] Lepsius, Das
Todtenbuch der Ägypter
nach dem hieroglyphischen Papyrus in Turin, Leipzig,
Georg Wigand. 1842, pl. LXXVII.
[82] Egyptian p3.r(c) c.-à-d.
Ré, le dieu soleil. Cf. Wb
2:401.8.
[83] Littéralement "Seigneur du phallus” ou
"possesseur du phallus".
[84] "Celui qui se cache de ses enfants” est un
qualificatif d’Amon-Ré à Khasut dans le Delta. Il
pourrait s’agir ici d’une allusion au fait que Ré
se retire de l’humanité comme l’explique en détail
le Livre de la Vache.
[85] wd3.t, l’œil indemne d’Horus (de wd3,
“être en bonne santé”). Aussi pour Ré
et généralement pour n’importe quel dieu ou
déesse. Également amulette en forme
d’œil. Cf. Wb
1:401. 12.
[86] psd. t. littéralement "les neuf”, mais
se comprend peut-être mieux comme le pluriel d’un
pluriel, c.-à-d. tous les dieux. Le nombre de dieux dans le
psd.t peut aller de sept à quinze et jusqu’à
“tous les dieux”; voir Erik Hornung, Conceptions of
God in Ancient Egypt: The One and the Many, trad. John
Baines, Ithaca, New York, Cornell University Press, 1982, p.
222-223.
[87] ’Ih.t. la vache céleste. Mh-wr. t une
forme de Hathor. Cf. Wb
I:120.6.
[88] Tous les dieux et déesses avaient un nom secret. Si
quelqu’un parvenait à découvrir ce nom, il avait
pouvoir sur ce dieu ou cette déesse. Cf.
Bonnet, Reallexikon, pp.
501-504.
[89] hghghr, sans signification en égyptian.
[90] Également sans signification en égyptien.
[91] On trouve ce nom derrière les quatre fils d’Horus
sur l’hypocéphale de Joseph Smith et il semble désigner
les trois aspects du soleil : soleil levant, soleil à
midi et soleil couchant, c.-à-d. Ré, Khépri et
Atoum. Cf. Marie-Louise Ryhiner, "À Propos de
Trigrammes Panthéistes", Revue d'Égyptologie
29, 1977, p. 134-136.
[92] Également
sans signification. Tous ces noms ne sont peut-être que
du charabia ou une autre langue, peut-être sémitique ou
nubienne. Cf. Naville, "Einleitung”, p. 184 ; Allen, Book
of the Dead, p. 157: Jean Yoyotte, "Contribution à
l'Histoire du chapitre 162 du Livre des Morts", Revue
d'Égyptologie 29, 1977, p. 194-202.
[93] Pas l’Héliopolis terrestre, mais plutôt
l’Héliopolis céleste dans le même sens que
la Jérusalem céleste.
[94] C.-à-d. rendu à la vie.
[95] C.-à-d. Osiris.
[96] Peut-être une autre façon de désigner le
soleil sous ses trois aspects: soleil levant, soleil à midi et
soleil couchant, c.-à-d. Ré, Khépri et Atoum.
Cf. Marie-Louise Ryhiner, "À Propos de Trigrammes
Panthéistes", Revue d'Égyptologie 29, 1977,
p. 123 et suiv.
[97] Peut-être un autre nom étranger.
[98] Égyptien mhd.ty. Ne se trouve pas dans le Wb.
En égyptien tardif mhd signifie une querelle. Cf.
Leonard H. Lesko. A
Dictionary of Late Egyptian, 5 vols.,
Berkley, B. C. Scribe Publications, 1982-1990, 1:231.