La résurrection


Joseph Fielding Smith



Le Christ et la résurrection

Notre Sauveur Jésus-Christ est l'Auteur de la résurrection. Il vint au monde pour le racheter, ainsi que tout ce qui se trouve à sa surface, de la mortalité et donner l'immortalité à tout être vivant. La venue de notre Sauveur pour réaliser ce but est due au fait que la mort fut introduite dans le monde par la chute d'Adam. Si Adam n'avait pas pris du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, il ne serait pas mort… Si pareille situation s'était maintenue, Adam serait toujours dans le jardin d'Éden et tout aurait continué comme c'était, et dans de telles conditions, on n'aurait pas eu besoin de Rédempteur (voir Moïse 3:16-7 ; 6:57-59 ; 2 Néphi 2:22-26).

Nous connaissons la vraie raison pour laquelle Jésus-Christ est venu dans le monde. Tout d'abord c'était pour racheter tous les hommes de la mort physique qu'Adam introduisit dans le monde et deuxièmement pour racheter tous les hommes de la mort spirituelle, qui est le fait d'être banni de la présence du Seigneur, à condition que les hommes se repentent, reçoivent la rémission des péchés et persévèrent jusqu'à la fin de leur épreuve mortelle.

Puisqu'il y a eu une transgression qui a amené la mort, il fallait que l'expiation fût faite par le Fils de Dieu qui a toujours été maître de la mort. Son sacrifice était une expiation infinie. Il a dit de lui-même qu'il était « la Résurrection et la Vie » et qu'il avait en lui le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre. Jamais personne d'autre ici-bas n'a possédé de tels pouvoirs. Tous les autres êtres vivants étaient sous la malédiction de la mort, et le Christ seul pouvait les libérer (voir 2 Néphi 2:6-10 ; 9:6-9 ; Jean 10:11-18 ; 11:23-26).

Le moyen fourni pour nous racheter de la mort fut prévu dans le plan du salut avant qu'Adam et Ève ne fussent envoyés sur la terre. Jésus-Christ se porta volontaire pour venir expier la transgression d'Adam et remporter ainsi la victoire sur le diable (voir Moïse 4:1-4 ; Abraham 3:22-28). C'est pourquoi on l'appelle l'Agneau de Dieu qui fut choisi pour être immolé « avant la fondation du monde » (1 Pierre 1:19 ; Apocalypse 13:8).

La seule manière d'accomplir cette expiation c'était que Jésus, qui fut choisi pour payer la dette vis-à-vis de la justice et nous racheter des griffes de Satan, vînt au monde avec pouvoir sur la mort, car aucun de ceux qui étaient sous la servitude de la mort ne pouvait payer la dette et nous rendre la vie à jamais.

Jésus fut la seule personne qui vint jamais dans ce monde qui eut pouvoir sur la mort et ayant ce grand pouvoir, par l'effusion de son sang sur la croix, il pouvait nous racheter et obtenir le pouvoir de la résurrection. Lorsqu'il sortit du tombeau, il avait tout pouvoir de faire sortir n'importe qui d'autre du tombeau. Et après être ressuscité, le troisième jour suivant sa crucifixion, il ouvrit les tombeaux des justes qui avaient vécu depuis le temps d'Adam jusqu'au moment de sa crucifixion.

Il avait dit à Marthe qu'il était la résurrection et la vie, et c'est ce qu'il enseigna à ses disciples (voir Jean 11:23-26). Jacob, frère de Néphi, nous permet de comprendre très clairement la mission de Jésus-Christ et le fait qu'il est venu nous racheter de la mort et de Satan. Il explique que nous aurions été des anges du diable s'il n'y avait pas eu la mort et la résurrection de Jésus-Christ ; et maintenant, grâce à la miséricorde de notre Père céleste et de son Fils bien-aimé Jésus-Christ, nous avons échappé à l'étreinte de ce grand monstre (voir 2 Néphi 9:6-26).

Jésus-Christ ressuscita et fut les prémices de la résurrection (voir 1 Corinthiens 15:23). Les témoignages de ce merveilleux événement ne peuvent être contestés. De nos jours, le monde religieux a tendance à s'éloigner de cette vérité fondamentale, et le clergé et les instructeurs nient que Jésus est le Christ, le Fils unique de Dieu.

Le Sauveur a enseigné que personne ne peut témoigner de Dieu et rejeter son Fils, et que nul ne peut nier que Jésus-Christ est le Rédempteur du monde et croire au Père qui l'a envoyé. Nous devons honorer le Père par l'intermédiaire du Fils, et celui qui rejette le Fils et nie le pouvoir de la résurrection ne connaît pas Dieu (voir Jean 5:19-30 ; Luc 10:22).

En outre, comme Jean-Baptiste l'a enseigné : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:36). Cela ne veut pas dire que ceux qui rejettent le Fils ne se lèveront pas dans la résurrection, car tous ressusciteront, mais l'incroyant ne participera pas à la vie éternelle dans le royaume de Dieu où le Père et le fils demeurent.

Le Père a cependant l'intention d'étendre le pouvoir de la résurrection à tous les hommes par l'expiation du Fils et de donner ainsi l'immortalité à tous ses enfants. Il n'en reste pas moins que nous ne pouvons pas être en communion avec Dieu si nous n'acceptons pas que Jésus-Christ est le Fils et ne croyons pas en son pouvoir de nous racheter du tombeau. C'est pourquoi tous ceux qui rejettent l'autorité du Fils, la colère de Dieu de-
meure sur eux.

Lorsque les hommes nient que le Christ est ressuscité et que toute l'humanité sortira du tombeau, ils confessent qu'ils ne connaissent rien à l'oeuvre du Seigneur concernant la destinée de l'homme. Notre existence dans la mortalité est d'une importance capitale et n'est pas accidentelle. Il n'a jamais été prévu que nous devions traverser cette vie sans entrer en contact avec le péché, sans la tentation, sans la mortalité.

Adam a été envoyé dans le monde accomplir une mission, y compris la réalisation de ces choses mêmes, pour que, dans l'état mortel, nous obtenions des expériences en entrant en contact avec toutes les vicissitudes de la vie mortelle. De cette manière nous recevons un enseignement qu'on ne pourrait obtenir en aucune autre façon. C'est ainsi que la mortalité s'est produite par la volonté de Dieu, et par la chute de l'homme la mort a été infligée à tous les hommes. Grâce à l'expiation de Jésus-Christ la vie est rendue, la mort est vaincue et détruite.

L'immortalité et la vie éternelle constituent la grande oeuvre du Père, et le dernier ennemi à être détruit, nous dit-on, sera la mort. Lorsque le Christ aura détruit la mort en ressuscitant toute l'humanité du tombeau, il aura terminé son oeuvre et alors il remettra le royaume à son Père (voir 1 Corinthiens 15:24-28).

Si le Christ n'était pas ressuscité des morts, croyez-vous que Pierre, Jacques et Jean et les autres disciples seraient allés à Jérusalem immédiatement après sa crucifixion et qu'ils auraient commencé à prêcher le Christ, et le Christ crucifié annonçant hardiment à la population qu'il avait été ressuscité des morts ?

Est-ce raisonnable ? Est-ce raisonnable de croire que Paul, qui commença par persécuter les saints, puisse tout d'un coup changer et accepter le Christ comme étant le Fils de Dieu, que lui aussi irait dans ces mêmes communautés prêcher que le Christ était le Fils de Dieu, s'il n'avait pas été ressuscité ?

Je vais vous dire ce qui est raisonnable, et c'est dit ici même dans ces Ecritures. Après la crucifixion du Sauveur, les disciples se dispersèrent. Ils étaient déçus, ils croyaient que tout était fini et ils étaient sur le point de retourner à leurs filets.

Deux des disciples, le soir de ce premier jour de la résurrection, étaient sur la route en direction d'un village en dehors de Jérusalem, lorsqu'un inconnu, apparemment, arriva et leur demanda pourquoi ils étaient tristes, et eux, croyant qu'il était étranger à Jérusalem, dirent : « Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui y est arrivé ces
jours-ci ? »

Après avoir répondu à d'autres questions, ils parlèrent de l'histoire de la crucifixion du Christ et ajoutèrent : « Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées » (Luc 24:13-48). Alors le Christ se révéla à eux.

Si le Christ n'était pas sorti du tombeau, Pierre, Jacques et Jean seraient retournés au lac de Galilée et à leurs filets, les autres disciples seraient retournés à leur métier respectif et le christianisme aurait brusquement pris fin.

Au lieu de cela, immédiatement après la résurrection, les disciples manifestèrent une vie nouvelle. Ils commencèrent à annoncer hardiment que le Christ était ressuscité des morts. Ils rendirent ce témoignage au peuple. Le jour de la Pentecôte, tandis qu'il prêchait, Pierre dit ceci :

« Hommes israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-même ; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l'avez crucifié, vous l'avez fait mourir par la main des impies. Dieu l'a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. » (Actes 2:22-24)

Ce jour de Pentecôte, il rendit témoignage à cette assemblée de la mission du Christ et de sa résurrection.

Un peu plus tard, lorsque Pierre et Jean eurent guéri le boiteux à la porte du temple, Pierre parla hardiment aux Juifs qui étaient assemblés. Il parla avec plus de force encore.

Il leur dit : « Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu'on vous accordât la grâce d'un meurtrier » — il parlait à ce moment-là à ceux-là mêmes qui avaient été responsables de la mort du Christ ! — « vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts ; nous en sommes témoins. » (Actes 3:14-15)

Tel fut le témoignage qu'il rendit à ces hommes mêmes. Pierre n'aurait pas osé faire une chose pareille si le Christ n'avait pas été ressuscité des morts.

Il est donc déraisonnable de dire qu'en ce qui concerne la vie du Christ, les preuves démontrent d'une manière écrasante qu'il a vécu, qu'il a rassemblé autour de lui des
disciples, qu'il fut pris et crucifié, et puis c'est tout.

Quand Paul entra dans l'Église, il dit, tout comme Pierre et d'autres à Jérusalem et dans toute la Palestine où le Christ était connu, que Jésus était ressuscité des morts. Il n'y
avait pas de meilleurs témoins que Pierre, les autres apôtres et les disciples du Christ qui allèrent partout rendre témoignage de la résurrection de Jésus. De plus, cette petite poignée de chrétiens — et ce n'était qu'une poignée au moment de la mort du Christ — commença immédiatement à augmenter numériquement. En très peu de temps, ils se comptaient par milliers. Trois mille personnes furent ajoutées à l'Église après cette réunion mémorable du jour de la Pentecôte, et toutes ces personnes furent instruites de la résurrection par des témoins oculaires qui avaient été compagnons du Seigneur Jésus-Christ pendant son ministère (voir Actes 3:41).

Nous lisons qu'après sa résurrection le Christ oeuvra quarante jours parmi ses disciples (voir Actes 1:3). Paul nous dit qu'une fois, ou peut-être plus d'une fois, plus de cinq cents personnes le virent (voir 1 Corinthiens 15:6). L'auteur du livre de Luc, au début de son histoire, dit ceci : « Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des choses auxquelles on croit absolument parmi nous » (Luc 1:1, version du roi Jacques).

Doctrine de la résurrection

Il n'est pas difficile de croire à la résurrection. Il y a beaucoup de choses plus difficiles à croire que cela. La vie elle-même est un mystère. Que savons-nous d'elle ? D'où vient-
elle ? Y a-t-il quoi que ce soit de plus merveilleux que la création du corps ? C'est encore plus merveilleux que de rassembler les éléments qui composent le corps après la mort et d'y faire rentrer la vie.

À mon avis, en fait de miracle, rien ne se compare à la création de ce corps au départ quand la vie y est mise. Pourtant nous voyons cela tous les jours ; c'est courant. Nous le voyons et nous le reconnaissons donc comme un fait. Il n'est pas plus miraculeux, il n'est pas plus merveilleux de ressusciter quelqu'un d'entre les morts. Ils sont revenus, ils ont fait leur apparition, ils ont donné des commandements aux hommes.

Le Seigneur n'a pas l'intention de se révéler à tout le monde, mais il se révèle à ses serviteurs et il les envoie avec le message : Heureux celui qui croit, mais n'a pas vu.

Il est devenu tout à fait à la mode, à notre époque de philosophie et de matérialisme moderne, que les « sages » nient la résurrection littérale du corps. Et pourtant la doctrine de la résurrection est fondamentale dans la religion chrétienne. On ne peut pas la spiritualiser ou la réduire en fumée. Le Christ et ses disciples l'ont enseignée et c'était vrai de leur temps. Elle est tout aussi vraie aujourd'hui et tout aussi importante.

La teneur du message et du ministère de Jésus-Christ consistait à réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme. En fait la révélation moderne nous apprend que c'est cela même qui constitue la grandeur et la gloire de Dieu (voir Moïse 1:39 ; D&A 29:43-44).

Cette doctrine peut être caractéristique des saints des derniers jours, mais qu'on se souvienne que les premiers saints chrétiens l'enseignaient et y croyaient avec autant d'assurance. C'est parce que les hommes se sont écartés de la parole révélée du Seigneur que ces idées modernes relatives à la vie future sont de mise aujourd'hui.

Le Christ a dit de lui-même qu'il était celui que le Père avait envoyé pour racheter tous les
hommes du tombeau. Lorsque Marthe le suppliait devant le tombeau de Lazare, le Seigneur lui dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jean 11:25-26)

Deux pensées sont exprimées ici que beaucoup ont du mal à comprendre et cependant ce qu'il veut dire est clair. Étant la résurrection et la vie, il avait le pouvoir de faire sortir tous les enfants d'Adam du tombeau.

En donnant à ceux qui croyaient en lui le pouvoir de ne jamais mourir, il ne faisait pas allusion à la décomposition physique, mais à la seconde mort qui consiste à être banni de la présence de Dieu. Cette seconde mort, dont les justes sont libérés, est la condamnation de ceux qui sont condamnés à l'immortalité en dehors du royaume de Dieu.

La doctrine de la résurrection littérale est formellement énoncée dans l'Ancien Testament aussi bien que dans le Nouveau. Beaucoup ont essayé de spiritualiser ces Écritures. Le Seigneur a enseigné en vision à Ézéchiel la façon dont la résurrection littérale se réaliserait. « Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d'Israël. Et vous saurez que je suis l'Éternel, lorsque j'ouvrirai vos sépulcres, et que je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple ! » (Ézéchiel 37:12-13)

Daniel aussi eut la vision de la résurrection et déclara : « Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle. » (Daniel 12:2)

Qu'est-ce qui pourrait être plus précis ou venir avec une plus grande autorité que cette déclaration de Jésus-Christ qui détient les clefs de la résurrection ? : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront… Ne vous étonnez pas de cela… car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » (Jean 5:25, 28-29)

Dans notre dispensation, par l'intermédiaire du Livre de Mormon, le Seigneur a révélé qu'il y aurait une telle résurrection : « L'esprit et le corps seront réunis de nouveau dans leurs formes parfaites ; membres et jointures seront rendus à leurs formes proprès, exactement comme nous le sommes en ce moment ; et nous serons conduits devant Dieu, connaissant comme nous connaissons en ce moment et nous aurons un souvenir vif de toute notre culpabilité. Cette restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux, esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes; et pas un seul cheveu de leur tête ne sera perdu. » (Alma 11:43-44)

Pourquoi la résurrection ? Nous savons qu'elle est un fait, c'est-à-dire nous qui sommes des saints des derniers jours, car le Seigneur nous l'a révélé et les Écritures relatives à cette vérité sont claires. Nous savons que le Christ est apparu à ses disciples après sa résurrection et ils ont témoigné qu'il leur était apparu. Pourquoi faut-il qu'il y ait une résurrection et qu'il soit promis que tous les hommes sortiront du tombeau ?

Beaucoup de gens croient que le corps mortel a rempli son but dans cette vie et ne ressuscitera pas, mais que l'esprit ressuscite pour demeurer avec Dieu. Alors pourquoi Jésus-Christ est-il venu au monde pour mourir ? Est-ce parce que le plan que le Père avait arrangé au commencement avait été contrarié ou détruit par la chute de l'homme ?

Adam avait un corps avant que la mort ne s'abattît sur lui, et sa chute faisait partie du grand plan du salut de l'homme. La mortalité, et par conséquent la mort, est due à la chute. Jésus-Christ est venu au monde pour réparer et donner, par la résurrection, l'immortalité et la vie éternelle à l'homme.

Dans le Livre de Mormon nous apprenons que l'homme participe à la mortalité pour obtenir des expériences qu'il n'aurait pu avoir d'aucune autre façon et que, en obéissant à l'Évangile de Jésus-Christ, qui est basé sur le sacrifice infini du Fils de Dieu, il peut obtenir le salut et l'exaltation en la présence du Père et du Fils (voir 2 Néphi 2:6-10 ; Alma 12:22-37 ; 42:1-31).

Assurément le Seigneur comprenait la fin dès le commencement et il était parfaitement entendu dans les conseils des cieux avant que le monde ne fût fait, que Jésus-Christ devait venir dans ce monde pour mourir et ainsi réparer une loi enfreinte et de nouveau rendre la vie à l'humanité, afin qu'elle fût dans l'abondance.

Le monde d'aujourd'hui abandonne la doctrine de l'Église. Beaucoup d'hommes n'acceptent plus Jésus-Christ comme étant le Fils de Dieu, ils ne croient pas en son expiation. Ils ont rejeté la résurrection. Ils ne l'acceptent plus comme essentielle au salut et cependant c'est une des doctrines fondamentales de l'Église.

Le Christ, le prototype, l'exemple, ressuscita d'entre les morts comme il l'avait promis. Après avoir déposé sa vie et l'avoir reprise le troisième jour, il se présenta à ses disciples et leur dit de le toucher et de voir, car un esprit n'avait pas un corps de chair et d'os comme ils voyaient qu'il avait. Ils vinrent donc et le touchèrent.

Pour les convaincre encore davantage, il mangea un poisson et un rayon de miel (voir Luc 24:36-43). Il mangea en leur présence et les convainquit par une démonstration pratique que c'était bien lui, afin que celui qui n'est pas instruit puisse lire et comprendre ; et pourtant les sages, dans toute leur érudition, ferment les yeux à ces vérités.

De plus, il leur enseigna que tout pouvoir, tant dans le ciel que sur la terre, lui avait été donné par son obéissance à son Père et par la résurrection qu'il avait reçue (voir Matthieu 28:16-18).

Il fut les prémices de la résurrection, il ressuscita et enseigna à l'humanité que, comme il était ressuscité, de même tous les hommes ressusciteraient, tant les mauvais que les bons, et que les hommes seraient jugés selon leurs propres oeuvres et recevraient leur récompense selon leur mérite. Tel est l'Évangile de Jésus-Christ dans sa simplicité. Il est exposé si clairement dans ces Écritures que même l'insensé peut lire et comprendre ; et cependant les sages, dans toute leur érudition, ferment les yeux à ces vérités (voir 2 Néphi 9:28-29).

Preuves de la résurrection

Nous savons que le Christ est ressuscité, qu'il est monté au ciel, faisant prisonnière la prison, et est devenu l'Auteur du salut pour tous ceux qui croient, qui se repentent de leurs péchés et l'acceptent comme Rédempteur du monde. Les saints des derniers jours ne sont pas abandonnés au doute à ce sujet.

Beaucoup de témoins attestèrent de la résurrection du Sauveur lorsqu'il ressuscita. Il apparut d'abord à Marie au tombeau et plus tard aux Douze, ou plutôt aux Onze, l'un d'eux ayant perdu son apostolat, et ensuite à une foule de saints. Il travailla pendant un certain temps parmi ses disciples, confirmant leur foi et les fortifiant dans l'Évangile dont il est l'Auteur. Ils en rendirent témoignage et donnèrent leur témoignage au monde (voir Actes 2:29-36 ; 1 Cor.inthiens 15:3-9 ; Luc 24:30-43 ; Jean 20:14-23).

Mais après l'apostasie, le monde fut dans les ténèbres et sans témoins vivants de la résurrection du Christ jusqu'au rétablissement de l'Évangile dans « la dispensation de la plénitude des temps » (Éphésiens 1:9-10, version du roi Jacques). Actuellement il y en a beaucoup sur la face de la terre qui peuvent témoigner que Jésus est le Christ, car l'Esprit de Dieu leur a révélé cette vérité ; et nul ne peut savoir que Jésus est le Christ à moins que le Saint-Esprit ne le lui révèle.

Le prophète Joseph Smith fut suscité comme témoin de la résurrection du Christ et reçut le pouvoir et l'autorité d'instituer à nouveau son Évangile parmi les enfants des hommes. D'autres aussi le virent dans notre propre génération, conversèrent avec lui, reçurent de lui des instructions et apprirent les principes de la vérité qui nous affranchissent. Ils rendirent aussi témoignage de ces choses au monde. Nous savons qu'il est ressuscité des morts afin d'amener tous les hommes à lui à condition qu'ils se repentent.

Matthieu témoigna qu'à l'époque de la résurrection du Christ, il y eut aussi une résurrection des saints qui étaient morts auparavant. Matthieu prend soin de donner des détails dans son texte. Il parle en tant que témoin oculaire ayant pleinement l'autorité de témoigner.

Il dit : « Les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville Sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes. » (Matthieu 27:52-53)

Les saints des derniers jours croient au témoignage de Matthieu. De plus, ils ne dépendent pas uniquement du témoignage des disciples du Christ qui étaient avec lui lors de son ministère, mais ont l'attestation de témoins qui ont vécu à notre propre époque.

Quelle chance nous avons d'être saints des derniers jours ! Nous avons toutes ces preuves, nous avons toute cette connaissance qui nous est donnée dans le Nouveau Testament, les témoignages des témoins qui étaient avec le Christ. En plus, nous avons le témoignage des anciens et de ceux qui accompagnèrent le Christ dans son ministère sur le continent américain parmi les Néphites, comme le rapporte le Livre de Mormon (voir 3 Néphi, chapitres 11 à 26).

Et en plus de cela encore, nous avons le témoignage d'hommes de notre propre époque. Il y en a beaucoup ici dans cette assemblée qui ont peut-être vécu et conversé, comme moi-même, avec des hommes qui ont vécu du temps du prophète Joseph Smith et qui ont entendu son histoire de ses propres lèvres.

J'ai entendu le président Wilford Woodruff parler bien souvent de ces choses ; j'en ai entendu d'autres, qui furent les compagnons du prophète Joseph Smith, rapporter comment il leur avait raconté que les cieux s'étaient ouverts et que des messagers étaient venus de la présence de Dieu à cette époque où nous vivons.

Nous avons le témoignage de Joseph Smith, d'Oliver Cowdery, de David Whitmer, de Martin Harris et de Sidney Rigdon. Il n'est pas nécessaire d'en examiner d'autres. Il y
en a d'autres.

Nous avons le témoignage de ces cinq hommes qui ont tous rendu solennellement témoignage au monde qu'en notre dispensation de la plénitude des temps le Christ est apparu, qu'il leur a envoyé de sa présence des messagers. Ces cinq hommes sont des témoins. Joseph Smith et Oliver Cowdery furent, le 3 avril 1836, en la présence du Seigneur Jésus-Christ au temple de Kirtland. Le 15 mai 1829, ils furent en la présence de Jean-Baptiste. Un peu plus tard, ils se trouvèrent en la présence de Pierre, Jacques et Jean. Ils reçurent aussi, en ce troisième jour d'avril 1836, les clefs de l'autorité de Moïse, d'Elias et d'Elie (voir D&A 13 ; 110).

Oliver Cowdery, David Whitmer et Martin Harris se trouvèrent, aux environs de juin 1829, en la présence d'un ange de Dieu et ils conversèrent avec lui et entendirent la voix de Dieu leur parler du haut des cieux. Ils nous ont rendu leur témoignage, il est inscrit dans tous les exemplaires du Livre de Mormon. Nous avons ce témoignage. Sidney Rigdon
nous a rendu son témoignage, tant lorsqu'il était dans l'Église que lorsqu'il l'eut quittée, que le 16 février 1832, il vit avec Joseph Smith les cieux ouverts et qu'ils virent le Seigneur Jésus-Christ assis à la droite de Dieu, et ils ont rapporté pour nous cette merveilleuse vision (voir D&A 76:19-25).

Pouvons-nous contester ces faits ? Les écarterons-nous tous et dirons-nous que ces témoins étaient des séducteurs, qu'ils mentaient ou qu'ils étaient dans un état d'hallucination quand ils ont présenté ces choses ? Est-il logique de notre part de faire quelque chose de ce genre ? Je dis que non. Je dis que quand un homme va à l'encontre de toutes ces preuves et dit que personne n'est jamais revenu des morts, c'est soit un ignorant soit un insensé ; peut-être les deux. Le fait reste que ces témoin disaient la vérité et ils sont témoins de Dieu.

Le Seigneur a dit qu'il susciterait certains témoins pour témoigner du rétablissement de l'Évangile et de la parution du Livre de Mormon et « malheur à celui qui rejette la parole de Dieu ! » (2 Néphi 27:14)

C'est dû soit à l'ignorance soit à la méchanceté lorsque, alors que toutes ces preuves leur sont présentées, ils les écartent et disent que nous n'avons aucune preuve, je dis que cela se dressera au dernier jour comme témoignage contre eux et qu'ils devront voir les choses en face. J'accepte cela comme vrai. Je n'accepte pas cela comme vrai simplement parce que Joseph Smith l'a dit, parce qu'Oliver Cowdery l'a dit, parce que David Whitmer l'a dit, que Martin Harris et que Sidney Rigdon l'ont dit.

Je dis que c'est vrai parce que l'Esprit du Seigneur lui-même a rendu ce témoignage à mon âme. Je sais cela comme eux le savaient : pas parce que j'ai été en la présence de ces saints messagers, mais parce que le Seigneur a accompli sa promesse pour moi, comme il l'a certainement fait pour beaucoup d'entre vous (voir Matthieu 7:7-11 ; Jean 7:15-17 ; Jacques 1:5-7; 1 Cor. 2:1-16).

Je sais que Jésus-Christ vit. Je sais qu'il est le Fils de Dieu, le Rédempteur du monde ; que par son ministère, par sa mort et l'effusion de son sang, tous les hommes peuvent recevoir la rémission des péchés en obéissant à l'Évangile et que, par leur fidélité et leur obéissance jusqu'à la fin, ils recevront l'exaltation dans le royaume de Dieu.

C'est aussi vrai qu'il est vrai que nous sommes aujourd'hui dans ce bâtiment. Malheur aux hommes qui ferment les yeux et les oreilles à cette connaissance. Néphi le savait. En écrivant sur ce sujet, il savait ce qui arriverait, et il dit : « Malheur aux sourds qui ne veulent pas entendre… malheur aux aveugles qui ne veulent pas voir. » (2 Néphi 9:31-32)

La vérité est là, les preuves sont là, écrasantes. Nous devrions savoir cela. Nous ne devrions pas avoir de doute. Nul ne devrait se demander si des hommes peuvent ou non ressusciter. Cela a été fait. Cela se fera. Le Seigneur rendra à chaque âme son corps dans la résurrection ; l'esprit et le corps seront inséparablement réunis pour ne plus jamais être divisés, conformément aux plans de notre Père céleste.

Les fils de perdition et la résurrection

Il y en a qui ont enseigné que la résurrection ne serait pas universelle parmi ceux qui ont reçu un corps mortel, que certains, appelés fils de perdition, se verraient refuser la bénédiction de la résurrection. Il est très étrange que l'on puisse entretenir pareille doctrine face aux nombreuses instructions et révélations venant du Seigneur et de tous ses saints prophètes. Elles enseignent universellement que tous ressusciteront. La justice l'exige, parce que les hommes ne sont pas responsables de la mort et par conséquent ont le droit d'être rachetés de son étreinte.

Dans sa grande miséricorde, son amour et sa justice, notre Père céleste a prévu que tous ses enfants qui ont obtenu la mortalité revivront. L'âme ne peut pas être détruite. L'esprit de tous les hommes est éternel. Il a vécu avant cette vie mortelle et, par l'expiation de Jésus-Christ, il revivra lorsque cette vie mortelle sera terminée.

Notre Rédempteur est venu au monde pour se rendre maître de la mort. Si une seule âme venue en ce monde, quelque mauvaise qu'elle ait été, se voyait refuser la résurrection, Jésus-Christ n'aurait pas la victoire. Il est par conséquent impérieux que tous reçoivent la résurrection.

Personne parmi ceux qui ont vécu et sont morts sur cette terre ne se verra refuser la résurrection. La raison enseigne ceci et c'est une simple question de justice. Adam seul a été responsable de la mort, et par conséquent le Seigneur n'en impute la responsabilité à personne d'autre. La justice exige qu'on ne peut tenir pour responsable de la mort quelqu'un qui ne l'est pas, et c'est pourquoi, comme Paul l'a dit : « Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » (1 Corinthiens 15:22)

Et le Seigneur a dit : « Mais voici, en vérité, je vous le dis, avant que la terre ne passe, Michel, mon archange, sonnera de la trompette, et alors tous les morts se réveilleront, car leurs tombes seront ouvertes, et ils ressusciteront, oui, à savoir tous. Les justes seront rassemblés à ma droite pour la vie éternelle, et les méchants qui seront à ma gauche, j'aurai honte de les reconnaître devant le Père. » (D&A 29:26-27)

Ce passage devrait suffire pour mettre les idées en place à n'importe quel membre de l'Église, mais chose étrange à dire, il y en a qui le comprennent de travers et disent que cela ne veut pas dire ce que cela dit.

Ensuite nous avons l'affirmation bien claire de Jacob dans le Livre de Mormon :

« Et il vient dans le monde pour sauver tous les hommes, s'ils veulent écouter sa voix ; car voici, il souffre les peines de tous les hommes, oui, les peines de toute créature vivante, homme, femme, enfant qui appartient à la famille d'Adam. Et il supporte cela, afin que tous les hommes puissent obtenir la résurrection, et que tous puissent se présenter devant lui au grand jour du jugement. » (2 Néphi 9:21-22)

Qu'est-ce qui pourrait être plus fort et plus convaincant que ces paroles de notre Rédempteur : « Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » (Jean 5:28-29)

Examinons maintenant quelques-unes des paroles des prophètes ultérieurs. Ceci est du prophète Joseph Smith : « On a parlé de ce que tous les hommes seraient rachetés de l'enfer ; mais je dis que ceux qui pèchent contre le Saint-Esprit ne peuvent être pardonnés dans ce monde ni dans le monde à venir ; ils mourront de la seconde mort. Ceux qui commettent le péché impardonnable sont condamnés à Gnolom : à demeurer en enfer à toute éternité. Puisqu'ils provoquent l'effusion de sang dans ce monde, ils se lèveront dans cette résurrection qui est semblable à l'étang de feu et de soufre. Certains ressusciteront dans les embrasements éternels de Dieu, car Dieu demeure dans des embrasements éternels, et d'autres ressusciteront dans la damnation de leur propre impureté, qui est un tourment aussi atroce que celui de l'étang de feu et de soufre. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 509)

Ceci est du président John Taylor : « Tout le monde ressuscitera-t-il ? Oui, tous les êtres vivants ! 'Mais chacun en son rang, Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin' (1 Corinthiens 15:23-24). Les saints vivront et régneront mille ans avec le Christ. Un des apôtres dit : 'Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis' (Apocalypse 20:5). Mais tous doivent sortir un jour ou l'autre du tombeau dans ce même corps qu'ils possédaient pendant qu'ils vivaient sur la terre. Les choses se passeront exactement comme Ézéchiel l'a décrit : les os s'approcheront les uns des autres, des nerfs et de la chair couvriront le squelette et sur l'ordre du Seigneur le souffle entrera dans le corps, et beaucoup s'émerveilleront de ce qu'ils seront' (Ézéchiel 37:1-14) ».

Et voici le témoignage du président Joseph F. Smith : « Tout être vivant qui naît à l'image de Dieu ressuscitera exactement comme il est mort ; vous pouvez l'écrire si vous voulez, et ne jamais l'oublier, ni vous permettre d'avoir la moindre incrédulité à ce sujet. 'Comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ' (1 Corinthiens 15:22). Peu importe que nous ayons bien ou mal agi, que nous ayons été intelligents ou ignorants, ou que nous ayons été serviteurs, esclaves ou hommes libres, tous les hommes ressusciteront ; et, comme je comprends les choses, lorsqu'ils ressusciteront, ils deviendront des êtres immortels et ils ne subiront plus la dissolution de l'esprit et du corps. » (Era, vol. 19, p. 386)

Ces références devraient suffire, mais il y en a peut-être qui viendront dire que le Seigneur a parlé autrement, et ils baseront leurs prétentions sur les termes des Doctrine et Alliances, section 76:38-39. Le président George Q. Cannon a corrigé, il y a des années, cette interprétation erronée comme suit :

« Dans beaucoup d'esprits il y a eu un grand malentendu sur la question de la résurrection. Certains ont eu l'idée — et l'ont enseignée — que les fils de perdition ne ressusciteront pas du tout. Ils basent cette idée et cette conclusion sur les versets 38 et 39 de la section 76 du livre des Doctrine et Alliances où le Seigneur dit :

« 'Oui, en vérité, les seuls qui ne seront pas rachetés au temps fixé par le Seigneur, après avoir souffert sa colère. Car tous les autres seront ramenés à la vie par la résurrection des morts, grâce au triomphe et à la gloire de l'Agneau qui fut immolé, qui était dans le sein du Père avant que les mondes fussent créés.'

« Mais quand on lit soigneusement ces versets et en particulier les paragraphes précédents, on verra qu'en utilisant ces termes le Seigneur n'exclut pas même les fils de perdition de la résurrection. Il est clair que l'intention est de dire explicitement à leur sujet qu'ils sont les seuls sur lesquels la seconde mort aura un pouvoir quelconque, 'car tous les autres seront ramenés à la vie par la résurrection des morts, grâce au triomphe et à la gloire de l'Agneau'. Ces exclus sont les seuls sur lesquels la seconde mort aura un pouvoir quelconque et 'les seuls qui ne seront pas rachetés au temps fixé par le Seigneur, après avoir souffert sa colère'.

« Ceci ne veut absolument pas dire qu'ils n'auront pas de résurrection. Jésus, notre Seigneur et Sauveur, est mort pour tous et tous ressusciteront : bons, mauvais, blancs et noirs, les gens de toutes les races, pécheurs ou non ; et quelque grands que soient leurs péchés, la résurrection de leur corps est certaine. Jésus est mort pour eux et ils ressusciteront tous du tombeau par l'expiation qu'il a faite. » (Era, vol. 45, p. 827-829 ; Instructor, vol. 35, p. 123)

Y en aura-t-il qui, après avoir reçu la résurrection, mourront ou subiront la séparation de l'esprit et du corps ? La réponse à ceci est manifestement non ! Quelle raison pourrait-il y avoir à ne les faire ressusciter et à n'unir leur esprit et leur corps que pour faire intervenir une deuxième fois la mort et dissoudre leur âme ? Les paroles du prophète déjà citées précisent que les fils de perdition, qui provoquèrent l'effusion du sang, demeureront en enfer « à toute éternité » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 361).

Selon la parole du Seigneur — et nous devons l'accepter comme définitive, quelles qu'aient été ou quelles que soient maintenant les opinions des hommes — il nous est dit :
« Et ceux qui restent seront également vivifiés ; néanmoins, ils retourneront dans leur propre lieu pour jouir de ce qu'ils sont disposés à recevoir, parce qu'ils n'étaient pas disposés à jouir de ce qu'ils auraient pu recevoir. » (D&A 88:32)

« Ceux qui restent » doit désigner ceux qui ne sont inclus dans aucun des trois royaumes ; à un autre endroit, section 76:33, le Seigneur a dit : « Car ils sont des vases de colère, condamnés à subir la colère de Dieu dans l'éternité avec le diable et ses anges. » Ce sont ceux qui « demeurent impurs » (D&A 88:35, 102).

Amulek a dit :

« Cette restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux, esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et pas même un seul cheveu de leur tête ne sera perdu ; mais toutes choses seront rendues à leur forme parfaite, comme elles le sont maintenant dans le corps ; et ils seront cités et amenés à la barre du Christ, le Fils, de Dieu le Père et du Saint-Esprit, qui sont un seul Dieu éternel, pour être jugés selon leurs oeuvres, bonnes ou mauvaises.

« Maintenant, voici, je vous ai parlé touchant la mort du corps mortel, et aussi touchant la résurrection du corps mortel. Je vous dis que ce corps mortel est ressuscité en un corps immortel, c'est-à-dire de la mort, même de la première mort, à la vie, de sorte qu'il ne puisse plus mourir; l'esprit s'unissant au corps pour ne plus jamais être désuni ; le tout devenant ainsi spirituel et immortel, afin qu'il ne puisse plus voir la corruption. » (Alma 11:44-45)

Dans ce passage, on voit qu'Amulek parle des morts, bons et mauvais, et dans le suivant, au chapitre douze, Alma confirme cette doctrine en ces termes à propos des méchants qui sont chassés : « Alors, je vous le dis, ils seront comme s'il n'y avait point eu de rédemption, car ils ne peuvent être rachetés selon la justice de Dieu, et ils ne peuvent mourir, car il n'y a plus de corruption. » (Alma 12:18)

Si toutes les âmes ne ressuscitent pas, notre Sauveur ne remportera pas la victoire sur la mort. Sa victoire doit être et sera complète comme Paul l'a clairement dit (voir 1 Corinthiens 15:53-57). Dans la résurrection, l'esprit et le corps sont inséparablement liés, de sorte qu'ils ne peuvent plus jamais être séparés et ils deviennent ainsi immortels.

Les fils de perdition auront de l'ascendant sur Satan lui-même, parce qu'il n'a pas de corps. Mais qui est Perdition ? Le Seigneur a dit à Caïn : « Si tu agis bien, tu seras accepté. Et si tu n'agis pas bien, le péché se couchera à la porte et Satan désire t'avoir. Et si tu n'obéis pas à mes commandements, je t'abandonnerai, et il te sera fait selon son désir. Et tu régneras sur lui. Car dorénavant, tu seras le père de ses mensonges ; tu seras appelé Perdition, car tu étais aussi avant le monde. » (Moïse 5:23-24)

Satan le voulait parce que Caïn avait un corps. Il voulait plus de puissance. Un homme qui a un corps aura bien entendu un plus grand pouvoir qu'un simple esprit sans corps. Caïn pécha les yeux grands ouverts et par conséquent il devint Perdition, le père des mensonges.

Les mort-nés

La révélation ne donne aucune information concernant la situation des mort-nés. Je donne cependant mon avis personnel que nous devons espérer que ces enfants ressusciteront et ensuite nous appartiendront. Je ne peux m'empêcher de croire qu'il en sera ainsi.

Quand un couple a un mort-né, nous lui donnons toute la consolation que nous pouvons. Nous avons de bonnes raisons d'espérer. On peut organiser un service funèbre pour ces enfants, si les parents le désirent. Les mort-nés ne sont pas déclarés ni enregistrés comme naissances et décès sur les registres de l'Église, mais il est suggéré que les parents inscrivent leur nom dans leurs annales familiales.

L'enfant prend vie lorsque la mère sent le foetus vivre (voir Luc 1:39-41). Le président Brigham Young a dit que quand la mère sent la vie entrer en son enfant, c'est l'esprit qui entre dans le corps en vue de l'existence mortelle. Mais supposons qu'un accident se produise et que l'esprit doive quitter prématurément ce corps, qu'en sera-t-il alors ? Le médecin dit : « C'est un mort-né » et c'est tout ce qu'il en sait ; mais que l'esprit reste dans le corps [c'est-à-dire son propre corps] une minute, une heure, un jour, un an ou y vive jusqu'à ce que le corps ait atteint un âge avancé, il est certain que le moment viendra où ils seront séparés et où le corps retournera à la terre pour dormir dans son sein. La mort, c'est cela.

En d'autres occasions également, le président Young enseigna que nous devions avoir de l'espérance pour la résurrection des morts-nés. « Tout est bien pour eux », dit-il, et on n'a pas besoin de faire quoi que ce soit en matière de scellement ou d'ordonnance pour eux (Journal of Discourses, vol. 17, p. 143).

La résurrection de toutes choses

Tout être vivant sur la terre, que ce soient les hommes, les animaux, les poissons, les oiseaux ou les autres créatures que le Seigneur a créés, sont rachetés de la mort aux mêmes conditions que l'homme. Ces êtres vivants ne sont pas plus responsables que nous de l'introduction de la mort dans le monde et comme ils ont été créés par le Père, ils ont droit à leur rédemption et à leur durée éternelle.

La terre elle-même quittera son corps mortel, car elle est, elle aussi, un être vivant maintenant, tombé sous la malédiction de la mort, et elle « se conforme à la gloire d'un royaume céleste car elle remplit la mesure de sa création et ne transgresse pas la loi — c'est pourquoi, elle sera sanctifiée ; oui, bien qu'elle doive mourir, elle sera vivifiée et supportera le pouvoir qui l'aura vivifiée et les justes en hériteront » (D&A 88:25-26)

« J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours » (Ecclésiaste 3:14), lisons-nous dans les Écritures. Nous savons que tous ces êtres sont animés par l'esprit qui est en eux, exactement comme l'homme. Le Seigneur a déclaré par l'intermédiaire du prophète que « l'esprit de l'homme [est] à l'image de sa personne, de même que l'esprit de la bête et de toute autre création de Dieu » (D&A 77:2). Y a-t-il un être vivant que Dieu n'ait pas fait ? Si oui, le pouvoir de créer lui a échappé des mains. Il est suprême, et toute vie vient de lui, c'est le don qu'il a fait à toute la création.

Le corps purifié sera le même corps qui se lèvera dans la « forme parfaite », et ainsi nous lisons : « La fin viendra, les cieux et la terre seront consumés et passeront, et il y aura un nouveau ciel et une nouvelle terre. Car tout ce qui est ancien passera et tout deviendra neuf ; le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment, les hommes et les bêtes, les oiseaux de l'air et les poissons de la mer ; et ni un cheveu, ni un fétu de paille ne seront perdus, car c'est l'oeuvre de mes mains. » (D&A 29:23-25)

Les bénédictions de la résurrection

L'immortalité de l'âme est le don que Dieu fait par l'intermédiaire de la mort et de la résurrection de son Fils Jésus-Christ. Si le Sauveur n'était pas mort pour le monde, l'homme serait resté dans ses péchés. Il n'aurait pas pu y avoir de résurrection des morts et le corps physique serait descendu dans le tombeau sans résurrection, tandis que l'esprit aurait été éternellement assujetti au diable et à ses anges (voir 2 Néphi 9:7-9).

Dans la mortalité l'esprit et le corps ne sont pas inséparablement liés. C'est pourquoi, dans la mortalité, l'homme ne peut pas recevoir une plénitude de joie. Ce n'est que grâce à la résurrection et au fait que l'esprit et le corps seront inséparablement unis que l'immortalité et la vie éternelle pourront se produire (voir D&A 88:14-16 ; 93:33-34).

Nul ne peut obtenir l'unification inséparable de l'esprit et du corps avant de mourir. C'est pourquoi la mort est tout aussi importante, en ce qui concerne la vie, que la naissance. La raison en est que dans cette vie, l'esprit et le corps ne sont pas inséparablement liés. Lorsqu'une maladie mortelle se produit, ou la vieillesse, vient la séparation, l'esprit quitte le corps et le corps va au tombeau pour attendre la résurrection. Lorsque l'esprit et le corps se réuniront dans la résurrection des morts, ils seront unis de telle manière qu'ils ne pourront être séparés, et il n'y aura plus de mort.

Alors l'homme pourra recevoir une plénitude de joie. Pendant qu'il est dans cet état temporel d'esprit et de corps, il ne peut recevoir de plénitude de joie. Personne, dans la mortalité, ne peut recevoir la plénitude de joie que le Seigneur a en réserve pour lui. Ce n'est qu'après la résurrection des morts, ce n'est que lorsque l'esprit et le corps seront inséparablement unis — lorsque, grâce à la résurrection, l'esprit et le corps auront été soudés inséparablement l'un à l'autre — que cette plénitude pourra se produire. C'est là la beauté de la résurrection, c'est là l'objectif de la résurrection des morts.

Il est donc nécessaire que tous les hommes meurent. C'est nécessaire pour réaliser la bénédiction supérieure qui ne peut être donnée que si nous mourons. Nul ne veut avoir la malédiction de la mortalité et vivre à jamais. Non, ce serait une calamité (voir 2 Néphi 9:6). La mortalité, c'est bien pour le peu de temps que nous passons dans ce monde. Elle est nécessaire. C'est une partie extrêmement importante de notre existence, parce que c'est ici que nous faisons nos preuves. C'est ici que nous nous préparons pour ce qui va arriver. Telle est l'importance de la mortalité, et cependant beaucoup la traitent à la légère. Nous la considérons comme de peu d'importance. Voilà comment beaucoup d'entre nous considèrent la vie : « Nous sommes ici aujourd'hui ; nous serons partis demain. Demain, on verra. Nous allons nous donner du bon temps ici. » Ne remettez pas à plus tard le jour de votre repentance. Le moment peut venir où il sera trop tard (voir Alma 34:31-35).

Nature des corps ressuscités

Dans la résurrection des morts, les corps qui ont été déposés corps naturels ressusciteront corps spirituels. C'est-à-dire que dans la mortalité, la vie du corps est dans le sang (voir Lévitique 17:11), mais le corps, quand il sera ressuscité à l'immortalité, sera vivifié par l'esprit et non par le sang. Par conséquent il deviendra spirituel, mais il sera compocé de chair et d'os, tout comme l'était le corps de Jésus qui est le prototype (voir Luc 24:36-43).

Ceux qui nient la résurrection littérale comprennent tout à fait erronément ce qu'on entend par corps spirituel. Ils ont basé leur conclusion sur le passage où Paul dit que le corps ressuscite corps spirituel et que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu (voir 1 Corinthiens 15:42-57). Ils ne peuvent pas concevoir dans leur esprit un corps ressuscité d'entre les morts, composé de chair et d'os, vivifié par l'esprit et non par le sang.

Quand Paul parlait du corps spirituel, il ne parlait pas du tout du corps d'esprit, et c'est là qu'ils commettent leur erreur. Ils confondent le corps spirituel ou, en d'autres termes, le corps vivifié par l'esprit avec le corps d'esprit seulement. Ils pensent que ceux qui croient en la résurrection du corps littéral croient qu'ils ressusciteront vivifiés par le sang, ce qui n'est pas le cas.

Après la résurrection, notre corps sera un corps spirituel, mais ce sera un corps tangible, un corps qui aura été purifié, mais ce sera néanmoins un corps de chair et d'os. Ce ne sera pas un corps de sang. Il ne sera plus vivifié par le sang, mais vivifié par l'esprit qui est éternel et ils deviendront immortels et ne mourront jamais (voir D&A 88:15-32).

Si nos bons amis comprenaient cela, ils ne tomberaient pas dans l'erreur de penser que la doctrine de Paul était en conflit avec celle du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, quand Paul déclara que le corps qui ressusciterait serait un corps spirituel. Vous lisez dans le livre de la Genèse ce passage où le Seigneur dit à Noé, après le déluge, que le sang était la vie du corps ; le sang en est l'âme, dit- il. C'est pourquoi « si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé », parce que le sang est la vie du corps mortel (voir Genèse 9:3-6).

Mais ce n'est pas le cas du corps qui se lève dans la résurrection, qui est le corps immortel. Il ne s'y trouve pas de sang, mais c'est l'esprit qui est la puissance vivifiante. C'est pourquoi ce n'est plus un corps vivifié par le sang, mais un corps vivifié par l'esprit, et c'est pourquoi c'est un corps spirituel, mais un corps tangible de chair et d'os, tout comme le corps du Fils de Dieu. Telle est la doctrine du Seigneur et Sauveur du monde.

Comprenons bien la signification de ce mot corruption. À cause de l'usage que l'on fait ordinairement de ce mot, il se peut que ce que vous avez à l'esprit ne soit pas exactement le sens que lui donne Paul dans ce passage d'Écriture (1 Corinthiens 15:42-57). Corruption signifie ici mortalité. Cela signifie être dans ce monde de changement.

Notre corps change constamment. Il rejette les déchets et assimile du nouveau. Il est constitué de telle manière que la nourriture que nous mangeons, l'eau que nous buvons, l'air que nous respirons, édifient et remplacent les cellules qui se sont dégradées ou ont rempli leur mission et ont été rejetées. Ce corps que nous avons maintenant est donc, comme le dit Paul, un corps corruptible, et ce prophète parle du corps mortel quand il parle de corruption. Notre corps mortel deviendra finalement, par la résurrection, un corps incorruptible qui ne sera plus sujet à ces changements, qui ne sera plus sujet à la maladie et à la décomposition.

Dans la résurrection, il y aura différentes sortes de corps ; ils ne seront pas tous semblables. Le corps qu'un homme reçoit déterminera sa place dans l'au-delà. Il y aura des corps célestes, des corps terrestres et des corps télestes (voir D&A 76:50-113 ; 88:15-32 ; 1 Corinthiens 15:35-42), et ces corps différeront nettement.

Les corps seront vivifiés selon le royaume dans lequel ils seront jugés dignes d'entrer. Il y a bien des années, Orson Pratt, écrivant sur la résurrection et le genre de corps qui ressusciteraient dans ces royaumes, dit :

« Dans toutes les espèces d'animaux et de plantes, il y a beaucoup de ressemblances dans les traits généraux et beaucoup de différences spécifiques caractérisant les individus de chaque espèce. Il en va de même dans la résurrection. Il y aura plusieurs catégories de corps ressuscites, les uns célestes, les autres terrestres, les autres télestes et d'autres encore fils de perdition. Chacune de ces catégories différera des autres par des caractères distinctifs essentiels et marqués ; cependant, dans chacune, considérée en elle-même, on trouvera beaucoup de ressemblances aussi bien que des distinctions. Il y aura l'une ou l'autre caractéristique physique qui permettra d'identifier chaque membre de chaque catégorie. »

Certains obtiendront un corps céleste avec tous les pouvoirs de l'exaltation et de l'accroissement éternel. Ces corps brilleront comme le soleil comme celui de notre Sauveur décrit par Jean (voir Apocalypse 1:12-18 ; D&A 110:1-4 ; Exode 24:9-10). Ceux qui entrent dans le royaume terrestre auront un corps terrestre et ils ne brilleront pas comme le soleil, mais ils seront plus glorieux que le corps de ceux qui reçoivent la gloire téleste.

Dans ces deux royaumes, terrestre et téleste, il y aura des changements dans le corps et des limitations. Ils n'auront pas le pouvoir de l'accroissement ni le pouvoir ou la nature leur permettant de vivre comme maris et femmes, car ceci leur sera refusé et ils ne pourront avoir d'accroissement.

Ceux qui reçoivent l'exaltation dans le royaume céleste auront la « continuation des postérités pour toujours et à jamais » (D&A 132:19). Ils vivront sous forme de familles. Dans les royaumes terrestre et téleste il n'y aura pas de mariage. Ceux qui y entreront resteront « séparés et célibataires » à jamais (voir D&A 132:15-32).

Certaines des fonctions du corps céleste n'apparaîtront pas dans le corps terrestre ni dans le corps téleste, et le pouvoir de procréation sera enlevé. Je pense que, dans ces royaumes, les hommes et les femmes seront exactement ce à quoi le monde chrétien s'attend à ce que nous soyons tous : ni hommes, ni femmes, simplement des êtres immortels ayant reçu la résurrection.

Comment les corps sortiront-ils des tombeaux à la résurrection, pensez-vous ? Quand l'ange Moroni apparut au prophète Joseph Smith, celui-ci le vit apparemment descendre et monter à travers les murs pleins ou le toit du bâtiment (voir Joseph Smith, Histoire, 30, 43-45). Si le récit du prophète avait été une falsification, il n'aurait jamais raconté pareille histoire (comme nous pouvons être sûrs qu'il n'aurait jamais pensé à cela), mais aurait fait entrer l'ange par la porte. Pourquoi penser qu'il serait moins possible à un être ressuscité qu'à un esprit de traverser des objets solides ? Un esprit n'est-il pas également de la matière (voir D&A 131:7-8) ?

Il fut tout aussi facile à l'ange Moroni d'apparaître au prophète Joseph Smith en traversant le bâtiment qu'à notre Sauveur d'apparaître à ses disciples après sa résurrection dans la chambre où ils étaient assemblés, alors que la porte était fermée : « Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! » (Jean 20:19)

Vous voyez, la porte était fermée « à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs », mais cela n'empêcha pas Jésus de leur apparaître dans la chambre. Comment s'y prit-il ? Il avait pouvoir sur les éléments. Certains savants ont expliqué ceci en disant que nous sommes limités à trois dimensions, mais les êtres supérieurs peuvent disposer de nombreuses dimensions dont nous ignorons tout. Un savant, qui ne croit pas en la résurrection, a dit qu'un être mortel, si son corps pouvait vibrer de la manière appropriée, pourrait traverser des objets solides. Nous ne savons pas comment les êtres ressuscités s'y prennent, mais nous savons que cela s'est fait, car le Sauveur et d'autres l'ont fait.

La perfection physique dans la résurrection

Un peu de réflexion intelligente nous révélera qu'il serait illogique que notre corps ressuscite avec toutes sortes d'imperfections. Les uns ont été brûlés au bûcher à cause de la vérité. D'autres ont été décapités, d'autres ont été écartelés ; par exemple, Jean-Baptiste fut décapité et obtint sa résurrection au moment de la résurrection de notre Rédempteur. Il nous est impossible de penser qu'il soit ressuscité en tenant sa tête dans les mains ; notre raison nous dit qu'il était physiquement complet dans la résurrection. Il apparut au prophète Joseph Smith et à Oliver Cowdery avec un corps ressuscité parfait.

Quand nous ressusciterons, notre esprit et notre corps seront réunis inséparablement pour ne plus jamais être divisés et ils seront alors affectés au royaume auquel ils appartiennent. Toutes les difformités et toutes les imperfections seront enlevées et le corps se conformera à l'image de l'esprit, car le Seigneur a révélé : « Ce qui est spirituel étant à l'image de ce qui est temporel et ce qui est temporel étant à l'image de ce qui est spirituel ; l'esprit de l'homme à l'image de sa personne, de même que l'esprit de la bête et de toute autre création de Dieu. » (D&A 77:2)

Le prophète Amulek a très clairement défini le sujet en ces termes :

« Maintenant, il y a une mort qui est appelée mort temporelle ; et la mort du Christ dénouera les liens de cette mort temporelle… l'esprit et le corps seront réunis de nouveau dans leurs formes parfaites ; membres et jointures seront rendus à leurs formes propres, exactement comme nous le sommes en ce moment ; et nous serons conduits devant Dieu, connaissant comme nous connaissons en ce moment et nous aurons un souvenir vif de toute notre culpabilité.

« Cette restauration sera pour tous les hommes, jeunes et vieux, esclaves et libres, hommes et femmes, méchants et justes ; et pas même un seul cheveu de leur tête ne sera perdu ; mais toutes choses seront rendues à leurs formes parfaites, comme elles le sont maintenant dans le corps ; et ils seront cités et amenés à la barre du Christ, le Fils, de Dieu le Père et du Saint-Esprit, qui sont un seul Dieu éternel, pour être jugés selon leurs oeuvres, bonnes ou mauvaises.

« Maintenant, voici, je vous ai parlé touchant la mort du corps mortel, et aussi touchant la résurrection du corps mortel. Je vous dis que ce corps mortel est ressuscité en un corps immortel, c'est-à-drre de la mort, même de la première mort, à la vie, de sorte qu'il ne puisse plus mourir ; l'esprit s'unissant au corps pour ne plus jamais être désuni ; le tout devenant ainsi spirituel et immortel, afin qu'il ne puisse plus voir la corruption. » (Alma 11:42-45)

Parlant de la résurrection de notre Seigneur, qui lui donnera le pouvoir d'appeler tous les morts, Alma dit : « Oui, ceci réalise la restauration de ces choses dont il a été parlé par la bouche des prophètes. L'âme sera restituée au corps, et le corps à l'âme ; oui, et chaque membre, chaque jointure sera restituée à son corps ; oui, pas même un cheveu de la tête ne sera perdu, mais toutes choses seront restaurées dans leur forme propre et parfaite. » (Alma 40:22-23)

Nous ne devons pas juger de la résurrection des autres en fonction de la résurrection de Jésus-Christ. Il est vrai qu'il est apparu à ses disciples et les a invités à examiner la marque des clous dans ses mains et dans ses pieds et la blessure causée par la lance dans son côté, mais c'était une manifestation spéciale pour eux.

Nous devons savoir que les disciples n'avaient pas compris qu'il allait ressusciter, et cette manifestation était pour leur profit. Thomas n'était pas là, et les autres disciples eurent des difficultés à le convaincre que le Seigneur était ressuscité. Thomas n'était pas plus mauvais qu'aucun autre des apôtres. Ils auraient peut-être fait exactement la même chose que lui s'ils n'avaient pas été là. Le Seigneur leur dit et plus tard lui dit : « Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. » (Luc 24:39 ; Jean 20:24-29)

Lorsque, comme le rapportent Doctrine et Alliances 45:51-53, le Sauveur ira aux Juifs à l'heure de leur détresse, il leur montrera les blessures de ses mains et de ses pieds :

« Alors les Juifs poseront les yeux sur moi et diront : Quelles sont ces plaies dans tes mains et dans tes pieds ? Alors ils sauront que je suis le Seigneur, car je leur dirai : Ces plaies sont celles qui m'ont été infligées dans la maison de mes amis. Je suis celui qui a été élevé. Je suis Jésus qui a été crucifié. Je suis le Fils de Dieu. Alors, ils pleureront à cause de leurs iniquités ; alors ils se lamenteront parce qu'ils ont persécuté leur roi. »

Le prophète Zacharie a également prophétisé le second avènement du Sauveur et son apparition aux Juifs, lorsqu'ils fuiront devant leurs ennemis et que le mont des Oliviers se fendra en deux, ce qui créera une vallée où ils chercheront refuge. À ce moment précis, il apparaîtra et ils diront : « D'où viennent ces blessures que tu as aux mains ? Il répondra : C'est dans la maison de ceux qui m'aimaient que je les ai reçues » (Zacharie 12:9-14 ; 13:1-9 ; 14:1-21). Alors ils se lamenteront, chaque famille de son côté, pour avoir rejeté leur Seigneur.

Il est vrai qu'il montra également ses blessures aux Néphites lorsqu'il les visita dans la même intention, afin de les convaincre de son identité et leur donner un témoignage de sa souffrance (voir 3 Néphi 11:10-17). On ne peut guère considérer que ces blessures sont restées dans ses mains, son côté et ses pieds tout au long des siècles depuis sa crucifixion et resteront jusqu'à son second avènement. Mais elles apparaîtront aux Juifs comme témoignage contre leurs pères et leur entêtement à suivre les enseignements de leurs pères. Lorsqu'ils auront pleuré et se seront lamentés, ils seront purifiés.

Quand une personne se lèvera dans la résurrection, son corps sera parfait (voir 2 Néphi 9:13-16 ; Mosiah 3:24—27 ; Alma 11:43 ; 12:14 ; 41:13-15 ; 42:22-25), mais cela ne veut pas dire qu'elle sera parfaite dans la foi. Il y aura différentes espèces de corps dans la résurrection — célestes, terrestres et télestes — et ils ne se ressembleront pas. Chacun recevra selon ses oeuvres.

Les corps se lèveront, bien entendu, comme ils ont été déposés, mais retrouveront immédiatement leur forme propre et parfaite. Les personnes âgées n'auront pas l'air âgé quand elles se lèveront du tombeau. Les cicatrices seront enlevées. Personne ne sera courbé ou ridé. Comme il serait insensé qu'un homme se lève dans la résurrection, ayant perdu une jambe et doive attendre qu'elle pousse de nouveau. Chaque corps se lèvera sous sa forme parfaite. S'il y a eu une difformité ou une invalidité physique dans cette vie, elle sera enlevée.

Le Seigneur n'est pas impuissant à guérir et à rendre aux morts leur forme parfaite dans la résurrection. Si le Sauveur pouvait guérir des mains desséchées, des yeux qui n'avaient jamais vu, des corps déformés dans cette vie mortelle, assurément le Père ne permettra pas que des corps se lèvent dans la résurrection sans être physiquement parfaits.

Si un homme a traversé la vie avec un pied bot ou une autre difformité, ressuscitera-t-il avec le pied bot ou la difformité et devra-t-il attendre « le rétablissement de toutes choses » pour que cette imperfection lui soit enlevée ? La réponse est non !

Allons un peu plus loin. Si, pour cause de maladie, quelqu'un passe la plus grande partie de sa vie avec une difformité — diabète, tumeur, tuberculose — faudra-t-il qu'il souffre de cette maladie jusqu'au jour du « rétablissement de toutes choses » ? Certainement pas et il est tout aussi illogique de prétendre que le pied bot devrait rester que de dire que l'une quelconque de ces autres difformités ou maladies doive rester.

Bien entendu, les enfants qui meurent ne grandissent pas dans la tombe. Ils se lèveront avec leur corps tel qu'il a été déposé, et alors il pourra atteindre la pleine maturité après la résurrection, mais tous recouvreront pleinement leur corps.

Le président Joseph F. Smith a dit à propos de la résurrection que la personne se lèvera sous la même forme et le même aspect, « jusqu'aux blessures de la chair. Non que la personne sera toujours déformée par les cicatrices, les plaies, les difformités, les défauts ou les infirmités, car elles seront enlevées en temps voulu, au moment approprié selon la providence miséricordieuse de Dieu » (Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, 4e édition, p. 30).

Le président Smith était pleinement d'accord avec Amulek et Alma. Il enseigna que le corps serait rétabli comme il est dit dans Alma 11:42-45 et 40:22-23. Tout en exprimant la pensée que le corps se lèvera tel qu'il a été déposé, il dit aussi qu'il faudra du temps pour ramener le corps de ses imperfections. Ceci est bien entendu raisonnable, mais en même temps le temps qu'il faudra pour faire ces adaptations sera négligeable.

Le président Smith n'a jamais voulu donner l'impression qu'il faudrait des semaines ou des mois pour éliminer les défauts. Ces changements se produiront naturellement, bien entendu, mais presque instantanément. Nous ne pouvons voir les choses d'aucune autre façon. Par exemple, un homme qui a perdu la jambe dans l'enfance se verra rendre sa jambe. Elle ne pousse pas dans le tombeau ; elle sera restituée naturellement, mais avec la puissance du Tout-Puissant il ne faudra pas beaucoup de temps pour que cela se fasse.

Quand le président Smith dit que « le corps se lèvera tel qu'il est déposé, car il n'y a pas de croissance au tombeau » (Smith, op. cit, p. 566), il pense à ceci : les bébés et les enfants ne grandissent pas dans la tombe, mais quand ils ressusciteront, ils ressusciteront dans le même corps avec la même taille qu'ils avaient lorsque le corps fut enterré. Après la résurrection, le corps grandira jusqu'à ce qu'il ait atteint la pleine stature de l'adulte. Il ne voulait pas enseigner que l'adulte qui perd une jambe se lèvera sans elle jusqu'à ce qu'elle puisse lui être greffée après la résurrection. Son corps se lèvera complet à tous égards. Les difformités et autres seront corrigées, si pas immédiatement au moment de l'union de l'esprit et du corps, en tout cas si tôt après que cela ne fera aucune différence. Nous pouvons être sûrs que chacun recevra son corps dans sa forme parfaite dans la résurrection.

La première et la seconde résurrections

Le Seigneur pensait littéralement ce qu'il disait lorsqu'il déclara que les morts entendraient sa voix et se lèveraient, que ceux qui auraient fait le bien ressusciteraient pour la vie et que ceux qui auraient fait le mal ressusciteraient pour la damnation (Jean 5:24-29, version du roi Jacques).

La résurrection sera accordée à tous les hommes, car ils ne sont pas responsables de la mort. Le Seigneur ne les châtiera pas pour la transgression d'Adam (voir 1 Corinthiens 15:22). Par conséquent, il a pris sur lui les péchés de toute l'humanité, racheté toute la création de la mort et accordé à chacun d'entre nous la résurrection, mais pas la vie éternelle, pas le salut total, pas l'existence en la présence de son Père dans le royaume céleste. Ceci est le résultat de la fidélité, de la diligence, de la persévérance de notre part et parce que nous aurons cru, accepté et respecté les commandements du Seigneur (voir D&A 18:10-12 ; 29:43-44).

Bien qu'il y ait eu une résurrection générale des justes au moment où le Christ ressuscita des morts, nous considérons habituellement la résurrection des justes lors du second avènement du Christ comme étant la première résurrection. C'est la première pour nous. Le Seigneur a promis qu'au moment de son second avènement, les tombeaux s'ouvriraient et les justes se lèveraient pour régner avec lui sur la terre pendant mille ans.

Dans l'Apocalypse, Jean écrit à leur sujet :

« Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans.

« Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. » (Apocalypse 20:4-6)

Dans la révélation moderne donnée à l'Église, le Seigneur en a révélé davantage à propos de ce glorieux événement. Il y aura au moins deux catégories qui auront la bénédiction de ressusciter à ce moment-là : premièrement ceux qui « demeureront pour toujours et à jamais dans la présence de Dieu et de son Christ » (D&A 76:62) ; et deuxièmement les hommes honorables, ceux qui appartiennent au royaume terrestre ainsi que ceux du royaume céleste.

Au moment de la venue du Christ, « ceux qui auront dormi dans leurs tombeaux sortiront, car leurs tombeaux seront ouverts ; et ils seront, eux aussi, enlevés à sa rencontre au milieu de la colonne du ciel — ils sont au Christ, les prémices, ceux qui descendront avec lui les premiers, et ceux qui, sur terre et dans leurs tombeaux, seront les premiers enlevés à sa rencontre ; et tout cela par la voix de la trompette de l'ange de Dieu. » (D&A 88:97-98)

Ce sont les justes « dont le nom est écrit dans les cieux, où Dieu et le Christ sont les juges de tous. Ce sont les justes rendus parfaits par l'intermédiaire de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance, qui accomplit cette expiation parfaite par l'effusion de son propre sang. » (D&A 76:68-69)

Après ce grand événement, et lorsque le Seigneur et les justes qui sont enlevés à sa rencontre seront descendus sur la terre, se produira une autre résurrection. On peut la considérer comme faisant partie de la première, bien qu'elle se produise plus tard. Dans cette résurrection se lèveront ceux de l'ordre terrestre, qui n'ont pas été dignes d'être enlevés à sa rencontre, mais qui sont dignes de venir jouir du règne millénaire.

Il est écrit qu'un autre ange sonnera, ce qui est la deuxième trompette : « Alors vient la rédemption de ceux qui appartiennent au Christ à sa venue, qui ont reçu leur part dans cette prison qui est préparée pour eux, afin qu'ils reçoivent l'Évangile et soient jugés selon les hommes dans la chair. » (D&A 88:99)

Cette autre catégorie, qui aura aussi le droit à la première résurrection, est composée de ceux qui ne sont pas membres de l'Église du Premier-né, mais qui ont mené une vie honorable tout en refusant d'accepter la plénitude de l'Evangile.

Dans cette catégorie, se trouveront aussi ceux qui sont morts sans loi et par conséquent ne sont pas sous la condamnation pour avoir violé les commandements du Seigneur. Il leur est promis dans les termes suivants qu'ils seront rachetés de la mort : « Alors les nations païennes seront rachetées et ceux qui n'ont pas connu de loi auront part à la première résurrection ; et elle sera supportable pour eux » (D&A 45:54). Eux aussi goûteront à la miséricorde du Seigneur, leur esprit et leur corps seront réunis inséparablement, devenant ainsi immortels, mais pas avec la plénitude de la gloire de Dieu.

Tous les menteurs, sorciers et adultères et tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge ne ressusciteront pas à ce moment-là mais seront précipités pendant mille ans en enfer où ils subiront la colère de Dieu jusqu'à ce qu'ils aient payé le prix de leurs péchés, si c'est possible, par les choses qu'ils souffriront.

Ce sont « les esprits des hommes qui doivent être jugés et se trouvent être sous la condamnation. Ceux-là sont le reste des morts ; et ils ne revivront pas avant que les mille ans soient passés, et pas avant la fin de la terre » (D&A 88:100-101).

Ce sont les multitudes du monde téleste qui sont condamnées à subir « la colère de Dieu sur terre » et qui sont « précipitées en enfer et qui subissent la colère du Dieu tout-puissant, jusqu'à la plénitude des temps quand le Christ aura mis tous ses ennemis sous ses pieds et aura parachevé son oeuvre » (D&A 76:104-106).

Ceux-ci ne vivent pas pendant le règne millénaire, mais passent ce temps-là dans le tourment ou l'angoisse d'âme à cause de leurs transgressions. Le Christ a dit qu'il a souffert pour tous ceux qui se repentiraient, mais sa colère est allumée contre ceux qui ne veulent pas se repentir, et ils doivent souffrir, « et tu ne sais pas combien [ces souffrances] sont cruelles, tu ne sais pas combien elles sont extrêmes, oui, tu ne sais pas combien elles sont intolérâbles. Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert cela pour tous afin qu'ils ne souffrent pas s'ils se repentent. Mais s'ils ne veulent pas se repentir, ils doivent souffrir tout comme moi. Et ces souffrances m'ont fait trembler de douleur, moi Dieu, le plus grand de tous, et elles m'ont fait saigner à chaque pore, m'ont torturé à la fois le corps et l'esprit » (D&A 19:15-18).

Cette souffrance sera un moyen de purification et, grâce à elle, les méchants seront amenés à un état de grâce auquel ils pourront, par la rédemption de Jésus-Christ, obtenir l'immortalité. Leur esprit et leur corps seront de nouveau unis et ils demeureront dans le royaume téleste. Mais cette résurrection ne se produira qu'à la fin du monde.

Paul dit : « Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. » (1 Corinthiens 15:24-26)

La victoire de Jésus-Christ ne sera complète que quand la mort aura été détruite, et la mort ne sera détruite que lorsque tous les êtres vivants affectés par la chute auront été rachetés de la mort par la résurrection. Ceci n'assure évidemment pas une place dans le royaume de Dieu à ceux qui ont mené une vie de méchanceté. S'ils paient le prix de leurs péchés et obtiennent la résurrection, néanmoins ils iront « dans leur propre lieu pour jouir de ce qu'ils sont disposés à recevoir, parce qu'ils n'étaient pas disposés à jouir de ce qu'ils auraient pu recevoir » (D&A 88:32).

Ils ne goûtent pas à la vie éternelle ni au salut en la présence de Dieu, mais sont éfernellement exclus de sa présence. Néanmoins, dans son infinie bonté, notre Père céleste les bénira, dans la mesure où c'est possible, conformément aux lois de la justice et de la miséricorde.

Cette doctrine, le Seigneur la révéla à Joseph Smith. Elle ne se retrouve que chez les saints des derniers jours car même aujourd'hui persiste l'idée fausse que si un homme n'est pas sauvé dans le royaume de Dieu, il est damné dans les tourments éternels de l'enfer, sans espoir de soulagement pour ses souffrances.

Certains pensent que la résurrection est constamment en cours maintenant, mais ce n'est que de la spéculation sans aucune garantie de la part des Écritures. Il est vrai que le Seigneur a le pouvoir de ressusciter d'entre les morts tous ceux qu'il désire, surtout s'ils ont à accomplir une mission qui exigerait leur résurrection. Par exemple, nous avons les cas de Pierre, Jacques et Moroni.

Il semble bien que la première résurrection encore future, qui signifie la résurrection des justes, aura lieu à un moment bien déterminé, qui est celui où le Seigneur apparaîtra dans les nuées du ciel, quand il reviendra régner. C'est de la spéculation pure que de nous demander si le prophète Joseph Smith, Hyrum Smith, Brigham Young et d'autres ont été ressuscites ou non si l'on n'a aucune révélation du Seigneur. Lorsque le Seigneur voudra l'un de ces hommes, il aura le pouvoir de l'appeler, mais la première résurrection, qui est celle qui nous intéresse dans l'avenir, commencera lorsque le Christ viendra.

Le Christ fut les prémices de la résurrection. Il détient les clefs de la résurrection. La première résurrection eut lieu immédiatement après sa résurrection. Un malentendu s'est produit dans l'esprit de certains à cause de ce qu'Alma dit à son fils Corianton (voir Alma 40:15-21). Ils croient qu'Alma a dit que tous les morts, bons et mauvais, qui vécurent avant la venue de notre Seigneur, obtiendraient la résurrection avant tous ceux qui mourraient après sa venue. Mais si on lit attentivement le texte d'Alma, on verra qu'il ne voulait rien dire de la sorte. Abinadi a expliqué très clairement la question (voir Mosiah 15:22-26).

Alma ne veut pas dire, bien que le verset 19 du chapitre 40 l'implique, que les méchants qui ont vécu avant le Christ ressusciteront avant les justes qui ont vécu après la venue du Christ ; on peut déduire cela de ce qu'il dit au verset 19, mais au verset 20 il le modifie et dit que ce seront les âmes et les corps des justes qui viennent au moment de la résurrection.

Nous voyons Abinadi enseigner que les méchants n'ont aucune part dans la première résurrection, et la première résurrection, pour Abinadi qui vécut avant le temps du Christ, c'était le moment de la résurrection de notre Sauveur (voir Matthieu 27:52-53 ; 3 Néphi 23:9-10) ; nous en concluons que les méchants, quelle que soit l'époque où ils aient vécu, devront attendre la résurrection finale (voir Actes 2:29).

Les êtres enlevés au ciel sont toujours mortels et devront passer par l'expérience de la mort ou la séparation de l'esprit et du corps, bien que ceci doive être instantané. Les habitants de la ville d'Énoch, Élie et les autres qui reçurent cette grande bénédiction de la translation dans les temps anciens, avant la venue de notre Seigneur, n'auraient pas pu obtenir la résurrection ou passer de la mortalité à l'immortalité à ce moment-là, parce que notre Seigneur n'avait pas payé la dette qui nous libère de la mortalité et nous accorde la résurrection et la vie immortelle.

Le Christ est la « résurrection et la vie » (Jean 11:25) et les prémices des morts (voir 1 Corinthiens 15:23). C'est pourquoi personne ne pouvait passer de la mortalité à l'immortalité tant que notre Sauveur n'avait pas terminé son oeuvre de rédemption de l'homme et n'avait pas acquis les clefs de la résurrection, étant le premier à ressusciter, ayant « la vie en lui-même » et le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre, libérant ainsi tous les hommes de la servitude que la chute leur avait imposée (voir 3 Néphi 28:3-40 ; D&A 133:54-55).


(Joseph Fielding Smith, Doctrine du salut, volume 2, chapitres 14 et 15)