Se
préparer à la Seconde Venue
La
Rédaction
Selon
l'expression scripturaire : « le temps est proche ».
Dans
la révélation moderne, le Seigneur dit : « Le
temps est proche où je viendrai dans une nuée avec
puissance et une grande gloire. » (D&A 34:7).
Il
ajoute : « le temps est proche ; nul n'en connaît le
jour ni l'heure ; mais il viendra » (D&A 39:21). Il
dit aussi : « Voici, je viens rapidement. » (D&A
39:24)
En 2004, Dallin Oaks a
dit : « Nous
sommes impuissants à changer la réalité de la
Seconde Venue et incapables d’en connaître la date
exacte, mais nous pouvons hâter notre préparation et
essayer d’influencer la préparation des personnes qui
nous entourent.
» (Le
Liahona,
mai 2004, p. 7-9)
Notons la complémentarité
de ces deux invitations et l'ordre dans lequel elles sont exprimées
: premièrement notre préparation personnelle,
deuxièmement notre contribution à celle des autres.
En
2011, Boyd Packer, président du Collège des Douze, a
déclaré en s'adressant aux jeunes de l'Église :
«
Vous êtes peut-être parfois tentés d’avoir
le raisonnement qu’il m’est arrivé d’avoir
dans ma jeunesse : 'À l’allure où vont les
choses, le monde va bientôt cesser. La fin du monde va arriver
avant que j’aie pu faire ce que j'ai à faire.' Pas du
tout ! Vous pouvez vous attendre à faire les choses comme
il faut : vous marier, fonder une famille, voir vos enfants et
vos petits-enfants, peut-être même vos
arrière-petits-enfants. » (Le Liahona, novembre 2011, p.
19)
Quel que soit le jour de
la Seconde Venue, que ce soit dans les mois à venir ou dans
quelques générations, être prêt se conjugue
au présent et à la première personne du
singulier.
Dans
les Écritures, l'expression « rien d'impur » est
utilisée à la fois pour le royaume des cieux et pour la
maison du Seigneur :
■ Rien d'impur ne peut entrer dans le
royaume de Dieu (voir 1 Néphi 15:34 ; Hélaman 8:25 ; 3
Néphi 27:19 ; voir aussi 1 Néphi 10:21 ; Alma 11:37 ;
40:26 ; Hélaman 8:25 ; Moïse 6:57)
■ et l'on ne
doit permettre à rien d'impur d'entrer dans la maison du
Seigneur (D&A 97:15 ; 109:7).
Il
n'est pas étonnant que dans le questionnaire pour l'obtention
d'une recommandation à l'usage du temple, se trouve la
question : « Cherchez-vous diligemment à être
moralement pur(e) dans vos pensées et dans votre
comportement ? » (Le Liahona, novembre 2019, p. 121).
Puisque
rien d'impur ne peut entrer en la présence de Dieu, si la
question était : « Êtes-vous moralement pur ? »,
cela reviendrait à demander : « Êtes-vous prêt
à entrer en présence de Dieu ? »
Si aujourd'hui nous
étions rappelés auprès de Dieu, ou invités
à le rencontrer, serions-nous prêts ? Les réponses
peuvent être : Oh là là, non ; ou bien : pas tout
à fait ; ou encore : Oui, je suis prêt. Notons qu'il n'y a
que soi qui puisse répondre.
S'agissant de la Seconde
Venue, qui sera mieux préparé à recevoir le
Seigneur que celles et ceux qui auront oeuvré diligemment à
préparer sa venue ? Comment être personnellement mieux
préparé pour sa venue qu'en travaillant avec lui à
la préparer ?
Être en mouvement,
être en marche, être en action, être en train de
servir le Seigneur et nos semblables, telle est la meilleure
préparation pour rencontrer le Seigneur, que ce soit à
sa seconde venue ou avant.
Mais cet impératif
de mouvement est lié à un impératif de
changement pour être mieux préparé. Il y a ici
complémentarité : Être soi-même en
changement et être en mouvement pour les autres.
Le Sauveur n'a pu donner
sa vie que parce qu'il l'a vécue parfaitement. De même,
à notre niveau, notre don de nous-même doit être
précédé et accompagné de notre propre
perfectionnement, de notre propre changement.
Ainsi, d'un côté
la maîtrise de nous-même, de l'autre le don de nous-même,
sont complémentaires.
Il s'agit d'être en
travaux tout en étant fonctionnel. D'être en chantier
permanent, en restauration continue, en maintenance quotidienne, pour
être toujours plus fonctionnel. Il s'agit d'être toujours
mieux préparé pour toujours mieux servir. D'être
en constante amélioration pour produire des fruits meilleurs
et plus nombreux.
Telles sont les deux
dimensions dont il s'agit : d'un côté notre préparation, le perfectionnement de notre
personnalité par le repentir, par la foi au Seigneur Jésus-Christ et en son sacrifice expiatoire, de l'autre l'action au service d'autrui. La
troisième dimension est l'intervention du Seigneur à la
fois dans notre préparation et dans notre service.
Quand
la vie des autres est changée par le don de nous-même,
c'est avant tout par la grâce du Seigneur. Et ce don de
nous-même porte d'autant plus de fruits qu'il est précédé
ou accompagné de notre propre changement, qui advient aussi
par la grâce du Seigneur.
Enfin, en donnant de
nous-mêmes au service du Seigneur et de nos semblables, nous
sommes nous-mêmes changés en retour, encore et toujours
par la grâce du Sauveur.
Le
meilleur état dans lequel nous puissions nous trouver est lorsque, grâce à la compagnie du Saint-Esprit, nous sommes un
instrument entre les mains de notre Père céleste pour
la bénédiction de ses enfants. Notre meilleur état,
le plus enviable, c'est lorsque nous sommes une bénédiction
pour nos semblables. En cela, notre plus grand exemple est le
Sauveur à propos de qui nous lisons qu'il « allait de lieu en lieu en faisant du bien » (Actes 10:38).
Thomas Monson a écrit
: « Quelle
est la prescription pour avoir la satisfaction, la paix intérieure
? C'est d'avoir inspiré la reconnaissance chez un autre être
humain. » (Le
Liahona,
janvier 2002, p. 69)
Nous pouvons prier pour
que cela se produise. Nous pouvons aussi prier pour mieux maîtriser
notre personne, et nous pouvons prier pour mieux donner de soi.
Il est probable qu'un
temps viendra, et il est peut-être déjà là,
où la meilleure position pour ne pas être vaincu par
l'adversaire sera d'être en marche dans l'oeuvre missionnaire,
sera d'être en train de faire part de l'Évangile, sera
d'être en mouvement, en action dans ce domaine, sera d'être
animé par l'esprit missionnaire.
Quelle bénédiction
d'être un instrument entre les mains du Seigneur pour lui
amener une âme, puis une autre ! Surtout lorsque chacune
d'elles agit à son tour pour le bénéfice de la famille humaine, à la
fois pour les vivants et les morts.
Quelle meilleure façon
de nous préparer à la Seconde Venue que d'être un
instrument entre les mains du Seigneur pour lui amener une âme,
puis une autre, puis une autre ?
Il
y a une cohérence dans le plan de Dieu. Ce qui est incohérent,
c'est lorsque nous gardons par devers nous une information qui est
censée passer par nous.
Henry
Eyring a dit : « Un jour, dans la vie à venir,
tous ceux que vous rencontrerez sauront ce que vous savez maintenant.
Et ils sauront que vous le saviez. Et ils se souviendront si vous
leur avez proposé ce que quelqu'un vous a un jour proposé. »
(L'Étoile,
janvier 1999, p. 38)
Quand nous gagnons en
dignité, en pureté, nous avons davantage à
donner au service du Seigneur et de nos semblables.
Comme l'a écrit
Spencer Kimball : « Si
nous voulons vraiment réformer l’humanité, nous
devons d’abord nous réformer nous-même. La vie
abondante commence en nous-même, puis s’extériorise
et va vers les autres.
Si nous avons des
richesses et de la justice en nous, alors nous pouvons changer la vie
des autres… La maîtrise de soi
est alors la clef. »
(L'Étoile,
juin 1979, p. 4-5)
Mormon
enseigne qu'un homme méchant ne peut faire ce qui est bien ;
qu'il ne fera pas non plus un bon don. Nous pourrions ajouter «
un bon don de soi ». « Car voici, ajoute-t-il, une source
amère ne peut pas produire de bonne eau. » (Moroni
7:10-11)
Voilà pourquoi
nous devons nous transformer avant de nous donner. Il est alors plus
facile de se donner parce qu’il y a tellement plus en soi à
donner.
Devenons
toujours plus forts dans
l'usage du pouvoir qui est donné à chacun, celui
libre-arbitre. Oui, le libre arbitre est un pouvoir. Dans les
Écritures, ce don est concomitant avec celui de la
connaissance. Ils sont donnés ensemble (voir Moïse 6:56 ;
7:32 ; 2 Néphi 2:27 ; Alma 12:31 ; Hélaman 14:30-31).
Le Seigneur a dit : «
Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! »
Nous nous préparons
à rencontrer Dieu quand nous cherchons diligemment à
être moralement pur dans nos pensées et dans notre
comportement (Le
Liahona, novembre 2019, p. 121).
Nous sommes alors mieux
préparés pour nous engager dans l'oeuvre du Seigneur,
à commencer
par trouver les âmes qu'il a placées dans notre sphère
d'influence pour qu'elles soient en contact avec un de ses disciples
(voir D&A
38:41 ; 88:81).
Telle est sa méthode
: lorsque l'un des enfants de notre Père céleste est
prêt à recevoir le message de l'Évangile, le
Seigneur le place dans le giron d'un saint des dernier jours. Notre
devoir est de trouver, dans notre sphère d'influence, qui sont
les personnes qu'il a préparées à notre
intention.
C'est en vivant
selon l'Évangile que viennent le désir et les occasions
d'en faire part.
L'une
des caractéristiques du plan de Dieu est que nous recevons
notre salut en contribuant à celui des autres. Cela commence
par nos proches et va en s'élargissant à toute la
famille humaine.
À propos d'Ammon, nous lisons qu'un homme comme lui « devient un grand bienfait pour ses semblables » (Mosiah 8:18).
À propos du capitaine Moroni, nous lisons que c'était « un homme qui
travaillait énormément au bien-être et à la sécurité de son peuple ».
L'auteur ajoute : « Si tous les hommes avaient été, et étaient, et
devaient être un jour semblables à Moroni, voici, les puissances mêmes
de l'enfer auraient été ébranlées à jamais ; oui, le diable n'aurait
jamais eu de pouvoir sur le coeur des enfants des hommes. » (Alma 48:17)
Les Écritures nous apprennent que de tels hommes en ont fini avec le péché (1 Pierre 4:1). Ils ont été rendus inébranlables (1 Pierre 5:10). Et avec Jacob ils peuvent dire : « Notre
foi devient inébranlable, de sorte que nous pouvons, en vérité,
commander au nom de Jésus, et les arbres mêmes nous obéissent, ou les
montagnes, ou les vagues de la mer. » (Jacob 4:6)
Quant à Joseph Smith, il aspirait à être une flèche toujours
plus affutée dans le carquois du Tout-Puissant (Enseignements
du prophère Joseph Smith, p. 245 de l'édition de 1981,
p. 426 de l'édition précédente). Comme lui, aspirons à être
un instrument toujours plus apte entre les mains du Seigneur pour le
salut de nos semblables.
La révélation moderne nous apprend que dans l'existence prémortelle,
nous avons reçu une formation dans ce but. Il est écrit à propos de
nous : « Avant
même de naître, ils avaient reçu, avec bien d'autres, leurs premières
leçons dans le monde des esprits et avaient été préparés pour paraître
au temps fixé du Seigneur pour travailler dans sa vigne au salut de
l'âme des hommes. » (D&A 138:56)
L'exhortation suivante de Paul nous concerne : « Travaillez de mieux en mieux à l'oeuvre du
Seigneur, sachant que votre travail n'est pas sans résultat dans le Seigneur.
» (1 Corinthiens 15:58)
En
travaillant sur nous-même pour mieux servir les autres, et en les
servant à la mesure de notre potentiel et même au-delà, par la grâce du
Sauveur, c'est le Sauveur lui-même que nous servons. Et tandis que nous
le servons, il nous façonne et nous prépare à le rencontrer.
Puisse-t-il en être
ainsi pour chacun de nous.