La nécessité des temples à notre époque
James E. Talmage (1862-1933)
Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933
Parmi les
nombreuses confessions qui se réclament du christianisme,
l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
est la seule qui enseigne et pratique un ministère exercé
dans un temple. L'ardeur avec laquelle ces gens se dévouent à
l'œuvre sacrée de construire des temples et à y
administrer les ordonnances de l'Évangile pour le salut, ne
cesse d'attirer l'attention et de susciter l'étonnement, aussi
bien des philosophes que des profanes. Il ne suffit pas de tenter
d'expliquer ce sacrifice singulier et stupéfiant en
l'attribuant à quelque fanatisme supposé et non encore
prouvé ; l'investigateur consciencieux, l'observateur
soigneux, et même le lecteur superficiel - s'il se trouve
être honnête - admettent qu'au-dessous de cette
dévotion il y a une foi profondément enracinée
et durable.
On ne peut affirmer que les saints des derniers jours
construisent des temples comme signe de la richesse de leur
communauté ou pour s'enorgueillir d'une grandeur humaine ;
car nous les trouvons déjà opiniâtrement engagés
dans cette œuvre à un moment où le pain et les
vêtements étaient rares chez eux ; et tout au long
de leur histoire, ces gens ont considéré leurs temples
comme des édifices appartenant au Seigneur, eux-mêmes
étant les intendants à qui était confiée
la garde de ces biens sacrés. On ne peut dire non plus que
cette Église construit des temples comme d'autres confessions
érigent des chapelles, des églises, des cathédrales,
et des synagogues ; car l'Église possède
l'équivalent de celles-ci, et le fait est que les lieux de
réunion et de culte publics tenus par les saints des derniers
jours sont proportionnellement plus nombreux que ceux des autres
dénominations.
En outre, leurs temples ne sont pas utilisés comme lieux de réunion commune, ni comme des bâtiments destinés à un culte général et communautaire.
Pourquoi, dès lors, l'Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours construit-elle
et entretient-elle des temples ? En guise de réponse,
considérons les faits que voici, qui ont trait à cette
matière :
Il est nécessaire d'obéir aux lois et aux ordonnances de l'Évangile
Dans ses articles de foi, l'Église proclame :
« Nous croyons que,
par le sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut
être
sauvé, en obéissant aux lois et aux ordonnances de
l'Évangile » (Articles de Foi, 3).
Tout
en professant croire en la possibilité d'un salut universel,
l'Église affirme que le salut n'est assuré qu'à
la condition que l'individu satisfasse aux exigences posées
par le Rédempteur, sans le sacrifice expiatoire de qui
personne ne pourrait être sauvé. L'expiation réalisée
par le Christ au Calvaire était une offrande vicariale, et
toute l'humanité participe à ses conséquences
bénéfiques.
En ce qui concerne le rachat de cet
esclavage qu'est la mortalité consécutive à la
transgression en Eden, le sacrifice que le Christ a fait de sa vie
satisfait entièrement aux exigences que pose l'infraction à
la loi ; et personne à part Adam ne sera tenu pour
responsable de la désobéissance d'Adam ni d'aucune de
ses conséquences. Au juste jugement auquel tout mortel devra
comparaître, tout sera dûment pesé et considéré :
l'état de faiblesse reçu en héritage, les
tentations dues aux circonstances, l'aptitude à choisir et à
agir, la mesure de la connaissance atteinte par le sujet, la quantité
de vérité qu'il a acceptée ou rejetée,
les occasions qu'il a utilisées judicieusement ou dédaignées
à tort, la fidélité avec laquelle il a marché
dans la lumière, ou la dépravation qui lui a fait
emprunter les sentiers interdits des ténèbres, en un
mot, chaque fait, chaque circonstance constituant sa vie
individuelle.
Au tribunal de Dieu, le trait distinctif de la
miséricorde divine sera, tout comme il l'est actuellement dans
la vie mortelle, non pas un pardon arbitraire du péché
ni une remise imméritée de la dette du coupable, mais
le fait de fournir au pécheur un moyen de se mettre en règle
avec les exigences de l'Évangile et passer ainsi en temps
voulu de la prison du péché à la glorieuse
liberté d'une vie juste.
Un seul prix est exigé pour le
pardon des transgressions de l'individu, et il est le même pour
tous, pour les pauvres comme pour les savants ; il ne connaît
pas de fluctuations, il ne change pas avec le temps ; il était
le même hier qu'aujourd'hui, et il le restera à jamais,
et ce prix, qui est celui d'une perle sans prix, c'est l'obéissance
aux lois et aux ordonnances de l'Évangile.
Écoutez
cette autre déclaration de foi enseignée par l'Église
rétablie :
« Nous croyons que les
premiers principes et ordonnances de l'Évangile sont : 1)
La foi au Seigneur Jésus-Christ ; 2) La repentance ;
3) Le baptême par immersion pour la rémission des
péchés ; 4) L'imposition des mains pour le don du
Saint-Esprit » (Articles de Foi, 4).
La foi dans le Seigneur Jésus-Christ
est le principe fondamental de l'Évangile, la première
lettre de l'alphabet du salut, dans lequel s'écrivent les
paroles de vie éternelle. Or, qui peut avoir foi en quelque
chose dont il ne sait rien ? La connaissance est essentielle à
la foi, et la foi incite celui qui la possède à
rechercher davantage de connaissance et de transformer cette
connaissance en sagesse, qui n'est que la connaissance appliquée,
utilisée. Prêcher le Christ crucifié (1
Corinthiens 1:23 ; 2:2), c'est absolument la seule façon
d'enseigner la foi en lui par le moyen du précepte et de
l'exemple.
Bien que connaissance et foi soient ainsi étroitement
associées, elles ne sont pas identiques, l'une n'est pas le
prolongement assuré de l'autre. Il se peut qu'un homme ait
appris la vérité et pourtant l'ignore. Sa connaissance,
loin de développer en son âme la foi qui dirige les
actions justes, ne peut qu'aggraver sa condamnation, car il pèche
sans même avoir l'excuse de l'ignorance. Les mauvais esprits
ont témoigné de leur connaissance que Jésus est
le Christ, néanmoins ils restent les disciples déchus
de Satan (Marc 1:24 ; 3:11 ; 5:1-18 ; et Matthieu
8:28-34).
À mesure qu'une foi vivante se développe dans
l'âme de l'homme, elle entraîne son possesseur à
chercher le moyen de s'élever au-dessus de la servitude du
péché ; et la pensée même de cette
émancipation inspire un dégoût pour la
contamination passée du mal. Le fruit naturel de cette
glorieuse croissance, c'est la repentance.
La
repentance, qui est exigée de tous les hommes, constitue le
deuxième principe de l'Évangile du Christ. Elle
comprend un regret sincère des péchés passés
et leur abandon résolu, avec la détermination
solennelle de s'efforcer - Dieu aidant - de n'y jamais
revenir.
La repentance vient de Dieu comme un don à celui qui
a accumulé et développé en soi ce premier don
qu'est la foi. On ne l'obtient pas en la demandant négligemment ;
elle ne se trouve pas au milieu de la grand-route ; elle n'est
pas de la terre, c'est un trésor du ciel ; elle ne se
donne qu'à bon escient, et pourtant avec une libéralité
sans bornes à ceux dont les œuvres en garantissent
l'attribution. C'est-à-dire que tous ceux qui se préparent
à la repentance seront amenés par l'influence toute de
douceur et d'humilité du Saint-Esprit à la possession
effective de ce grand don.
Lorsque Pierre fut accusé par ses
coreligionnaires d'avoir enfreint la loi en fréquentant des
Gentils, il parla à ses auditeurs des manifestations divines
qu'il venait de recevoir ; ils crurent et déclarèrent :
« Dieu a donc accordé la repentance aussi aux
païens, afin qu'ils aient la vie » (Actes 11:18).
Paul également, dans son épître aux Romains,
enseigne que la repentance procède de la bonté de Dieu
(voir Romains 2:4).
Le fait de persister volontairement
dans le péché peut amener la perte de l'aptitude à
se repentir ; si l'homme remet à plus tard le moment de
la repentance, il encourt cette perte et la rend de plus en plus
certaine. La parole divine, rapportée par la bouche d'un
prophète moderne, est très explicite :
« Car moi, le Seigneur, je
ne puis considérer le péché avec le moindre
degré d'indulgence ; Néanmoins, celui
qui se repent et obéit aux commandements du Seigneur sera
pardonné ; Et à celui qui ne
se repent pas, on ôtera même la lumière qu'il a
reçue ; car mon Esprit ne luttera pas toujours avec
l'homme, dit le Seigneur des armées » (Doctrine et
Alliances 1:31-33).
Les saints des derniers jours croient
et enseignent que la repentance sera possible et effectivement exigée
de la part de ceux qui ne se seront pas encore repentis, même
après la mort ; et ils affirment que cette doctrine est
appuyée par les Écritures, tant anciennes que modernes.
Nous lisons que, pendant que le corps de notre Seigneur était
couché dans le tombeau entre le soir du jour de la crucifixion
et l'aube glorieuse de sa résurrection, lui-même
exerçait un ministère dans le monde des esprits
désincarnés. Pierre déclare expressément
que notre Seigneur « est allé prêcher aux
esprits en prison, qui autrefois avaient été
incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux
jours de Noé » (1 Pierre 3:19-20 ; comparez
avec 4:6).
Le contexte dans lequel apparaissent ces paroles de
l'apôtre inspiré montre que l'événement
auquel il est fait allusion se produisit avant la résurrection
du Sauveur.
En outre, on se souviendra que l'un des larrons dont la
croix se dressait à côté de celle de Jésus
manifesta sa foi et même un certain degré de repentance
et reçut du Christ souffrant une bénédiction
avec cette assurance : « Aujourd'hui tu seras avec
moi dans le paradis » (Luc 23:39-43).
On ne peut soutenir
que cette promesse signifiait que le pécheur repentant allait
passer directement de la croix au Ciel - lieu où les
rachetés seulement demeurent en la présence de Dieu -
car assurément ce pénitent souffrant n'avait eu aucune
occasion de témoigner effectivement sa repentance en se
conformant aux lois et ordonnances de l'Évangile, et
faute
de s'être conformé - fût-ce seulement à
l'exigence du baptême d'eau - cet homme
ne
pouvait pénétrer dans le royaume de Dieu, ni le voir,
sinon la parole du Christ se serait révélée
fausse (voyez la déclaration de notre Seigneur à
Nicodème : Jean 3:1-5.)
De plus, pour achever de prouver
qu'entre le moment de la mort et de la résurrection du Christ,
ni lui ni le pécheur repentant n'étaient allés
dans la demeure de Dieu, nous avons les paroles du Seigneur
ressuscité à Madeleine en pleurs : « Je
ne suis pas encore monté vers mon Père »
(Jean 20:17).
Mis en face de cette affirmation
scripturale selon laquelle le Christ désincarné visita
et exerça son ministère parmi les esprits qui avaient
été désobéissants et qui étaient
retenus en captivité parce que leurs péchés
n'étaient pas pardonnés, il convient de nous renseigner
sur la portée et l'objet du ministère de notre Sauveur
parmi eux. Sa prédication a dû être riche de sens
et positive ; en outre, on ne peut supposer que son message ait
apporté autre chose que du soulagement et de la miséricorde. Ceux vers qui il allait étaient déjà en prison
et ils s'y trouvaient depuis longtemps. Si le Rédempteur est
allé vers eux c'est pour leur prêcher, non pour les
condamner davantage, pour ouvrir la route qui menait à la
lumière et non pour renforcer les ténèbres du
désespoir dans lequel ils languissaient.
Cette visite
libératrice n'avait-elle pas été prédite
depuis longtemps ? Plusieurs siècles avant cette époque
fatale, Ésaïe avait prophétisé, parlant
d'esprits fiers et méchants : « Ils seront
assemblés captifs dans une prison, ils seront enfermés
dans des cachots et, après un grand nombre de jours, ils
seront châtiés » (Ésaïe 24:22).
Ailleurs, parlant du ministère dévolu au Christ, la
même voix prophétique inspirée déclarait
qu'une partie de cette œuvre était « pour
être la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des
aveugles, pour faire sortir de prison le captif, et de leur cachot
ceux qui habitent dans les ténèbres » (Ésaïe
42:6-7).
David, débordant d'émotion, de contrition et
d'espoir chantait dans des vers où se mêlaient joie et
tristesse : « Aussi mon cœur est dans la joie,
mon esprit dans l'allégresse,
et mon corps repose
en sécurité. Car tu ne livreras pas mon âme au
séjour des morts » (Psaumes 16:9-10).
Ces Écritures ainsi que
d'autres nous apprennent que le ministère du Christ ne se
limitait pas au petit nombre de ceux qui vivaient leur existence
mortelle pendant la brève période de sa vie terrestre,
ni même aux personnes de cette génération-là
et des générations futures, mais qu'il s'adressait à
tous, les morts, les vivants, et ceux qui n'étaient pas encore
nés.
On ne peut nier que des millions de gens avaient vécu
et étaient morts avant le midi des temps, et que, parmi ces
multitudes comme parmi tous ceux qui sont nés depuis lors,
innombrables sont ceux qui sont morts sans avoir connaissance de
l'Évangile et du plan de salut qu'il prescrit. Quelle est leur
situation ? Et, en somme, quelle sera la situation des habitants
actuels de la terre et des multitudes encore à venir qui
mourront dans l'ignorance et sans avoir la foi qui sauve ?
Demandons-nous encore une fois, comment ceux qui ne connaissent pas
le Christ peuvent-ils avoir foi en lui, et comment, ne possédant
ni la connaissance ni la foi, peuvent-ils profiter des dispositions
prévues pour leur salut ?
L'Église de Jésus-Christ
des saints des derniers jours affirme que le plan de salut n'est pas
limité par la tombe, que l'Évangile ne tient pas compte
de la mort, et qu'il est éternel depuis les âges écoulés
jusqu'aux éternités à venir. Il ne fait pas de
doute que le ministère du Sauveur parmi les morts comportait
la révélation de sa propre mort expiatoire, la
prédication de la foi en lui-même et dans le plan de
conception divine qu'il représentait, ainsi que la nécessité
d'une repentance acceptable aux yeux de Dieu. Il est raisonnable de
croire que les autres exigences essentielles comprises dans les
« lois et ordonnances de l'Évangile »
furent portées à leur connaissance.
Il peut sembler, à un lecteur
moins réfléchi, qu'enseigner la possibilité de
se repentir au-delà du tombeau, cela peut tendre à
affaiblir la croyance en l'absolue nécessité d'un
repentir et d'une réforme dans cette vie. Toutefois, après
avoir considéré soigneusement la question, il
apparaîtra que cette doctrine ne justifie pas une telle
objection. Rejeter ou ignorer à quelque degré que ce
soit un don de Dieu, c'est renoncer dans une mesure proportionnelle
aux droits que l'on peut faire valoir sur ce don.
Pour l'âme
qui aura négligé volontairement les occasions de se
repentir qui se seront offertes ici-bas, la repentance dans l'au-delà
peut être - et on peut effectivement croire avec raison
qu'elle sera - si difficile qu'elle n'y atteindra pas avant
longtemps. Cette conception est justifiée par l'Écriture
ainsi qu'en témoignent les paroles d'Amulek, un prophète
néphite qui admonesta en ces termes l'Église sur le
continent occidental quatre-vingts ans avant la naissance du Christ :
« Car voici, cette vie est
le moment où les hommes doivent se préparer à
rencontrer Dieu ; ... pour cette raison, je vous supplie de ne
pas différer le jour de votre repentance jusqu'à la
fin ; ... Vous ne pourrez pas dire, quand vous en arriverez à
cette crise terrible : Je veux me repentir, je veux retourner à
mon Dieu. Non, vous ne pourrez pas le dire ; car ce même
esprit qui possède votre corps au moment où vous
quittez cette vie, ce même esprit aura le pouvoir de posséder
votre corps dans le monde éternel. Car voici, si vous avez
différé le jour de votre repentance, jusqu'à la
mort, voici, vous vous êtes assujettis à l'esprit du
diable, et il vous scelle à lui comme siens »
(Livre de Mormon, Alma 34:32-35).
Le baptême d'eau est
enseigné par l'Église de Jésus-Christ des saints
des derniers jours comme étant une ordonnance essentielle de
l'Évangile. Le baptême est la porte qui mène à
la bergerie du Christ, le portail de l'Église, le rite
prescrit de naturalisation dans le royaume de Dieu. Celui qui
présente sa candidature à l'admission dans l'Église,
ayant obtenu et professé sa foi dans le Seigneur Jésus-Christ,
et s'étant sincèrement repenti de ses péchés,
est requis, comme il convient, de fournir la preuve de sa
sanctification spirituelle par quelque ordonnance extérieure,
prescrite par l'autorité comme le signe ou le symbole de cette
nouvelle profession. Cette ordonnance initiatrice, c'est le baptême
d'eau, qui doit être suivi d'un baptême plus élevé,
celui du Saint-Esprit ; et, suite à cet acte
d'obéissance, la rémission des péchés est
accordée.
Que le baptême soit essentiel
au salut, cela est attesté par un grand nombre d'Écritures
traitant de ce sujet ; et pourtant, même sans s'appuyer
sur celles-ci, le caractère essentiel apparaît comme
conséquence de cette exigence inconditionnelle de la
repentance et de ce fait évident que pour être valable
et effective, la repentance doit supposer l'obéissance aux
exigences divines, lesquelles comprennent le baptême d'eau. Il
faut se rappeler que Jésus, le Christ, bien qu'exempt de la
souillure du péché, se soumit en personne à
cette ordonnance qui lui fut administrée par Jean-Baptiste
dans les eaux du Jourdain.
L'essentiel de l'enseignement de Jean était : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche », et à ceux qui venaient vers lui et professaient leur repentance, il administrait le baptême par immersion. C'est alors que Jésus vint vers Jean, pour être baptisé par lui ; et Jean-Baptiste, qui le considérait comme sans péché, protesta en disant :
« C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi ! Jésus répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » (Matthieu 3:13-17)
Il ressort de ce qui précède
que le baptême de Jésus était acceptable pour le
Père et que celui-ci lui donnait le caractère d'un acte
d'humilité et d'obéissance de la part du Fils, acte
dont il était pleinement satisfait. Quelque temps après
son propre baptême, Jésus affirma, en des termes à
la fois énergiques et sans équivoque, que le baptême
est requis de tous les hommes comme une des conditions de leur entrée
dans le royaume de Dieu. À Nicodème, un dirigeant juif
qui vint le voir de nuit et montrait quelque foi, Jésus
déclara : « En vérité, en
vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau
et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu »
(Jean 3:1-7).
Quand il se manifesta aux apôtres dans son état
ressuscité, il leur donna ces dernières instructions
comme mission spéciale : « Allez, faites de
toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père,
du Fils, et du Saint-Esprit » (Matthieu 28:19). La
nécessité et le but de cette ordonnance apparaissent
dans la suite des paroles qu'il prononça en cette même
occasion solennelle : « Celui qui croira et qui sera
baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera
condamné » (Marc 16:16).
Les apôtres, inspirés
par cette mission divine, ne cessèrent d'enseigner la
nécessité du baptême aussi longtemps que dura
leur ministère parmi les mortels (Actes 2 :38 ; 9: 1-18 ;
10 :30-48 ; 22:1-16 ; 1 Pierre 3:21).
Les anciens de l'Église, dans
la dispensation actuelle, ont reçu les mêmes directives,
ont été revêtus de la même autorité,
et presque dans les mêmes termes : « Allez dans
le monde entier, prêchez l'évangile à toute la
création, agissant avec l'autorité que je vous ai
donnée, baptisant au nom du Père, et du Fils et du
Saint-Esprit. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé,
et celui qui ne croira pas sera damné » (Doctrine
et Alliances 68:8-9).
En une autre occasion, le Seigneur ajouta, dans
une révélation donnée par l'intermédiaire
du prophète moderne, Joseph Smith : « C'est
pourquoi ce que j'ai dit à mes apôtres, je vous le dis
de nouveau : Toute âme qui croira à vos paroles et
sera baptisée d'eau pour la rémission des péchés,
recevra le Saint-Esprit ». Et plus loin : « En
vérité, en vérité, je vous le dis, ceux
qui ne croiront pas à vos paroles, et qui ne seront pas
baptisés d'eau en mon nom pour la rémission de leurs
péchés, afin de recevoir le Saint-Esprit, seront damnés
et ne viendront pas dans le royaume de mon Père, là où
mon Père et moi sommes » (Doctrine et Alliances
84:64,74 ; voyez aussi 112:28-29).
Le don
du Saint-Esprit suit
le baptême d'eau, et son attribution par l'autorité
voulue constitue une autre ordonnance essentielle de l'Évangile.
Tant dans l'antiquité que dans nos temps modernes, cette
dotation a été considérée comme un
baptême supérieur, sans lequel le baptême d'eau
est incomplet. Jean, mieux connu sous le nom de Jean-Baptiste, l'a
enseigné à la veille même du ministère
personnel du Sauveur. Considérez bien ses paroles :
« Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la
repentance ; mais celui qui vient après moi est plus
puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers.
Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu» (Matthieu
3:11 ; comparez avec Marc 1:7-8 ; et Luc 3:16).
Jean
témoigne encore que celui qui inaugurera ce baptême
supérieur sera Jésus lui-même. Ce n'est qu'après
lui avoir administré l'ordonnance du baptême d'eau que
Jean reconnut Jésus pour le Christ ; mais, immédiatement
après cette reconnaissance, Jean-Baptiste proclama sans
crainte son témoignage :
« Voici l'Agneau de
Dieu... C'est celui dont j'ai dit : Après moi vient un
homme qui m'a précédé... Je ne le connaissais
pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là
m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et
s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit »
(Jean 1:29-33).
Jésus promit à
plusieurs reprises aux apôtres que le « Consolateur »
ou « Esprit de vérité » leur
serait donné, et cette assurance leur fut définitivement
confirmée avant l'ascension (Jean 14:16,17,26 ; 15:26 ;
16:7,13). Il « leur recommanda de ne pas s'éloigner
de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait
promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il ; car Jean
a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez
baptisés du Saint-Esprit... Vous recevrez une puissance, le
Saint-Esprit survenant sur vous et vous serez mes témoins »
(Actes 1:4,5,8). Cette promesse fut remplie à la Pentecôte
suivante, lorsque les apôtres reçurent un pouvoir qui
leur était inconnu jusqu'alors, cette attribution se
manifestant extérieurement par des langues de feu (Actes
2:1-4).
Dans la suite, les apôtres promirent le Saint-Esprit à
ceux qui cherchaient le salut. L'exhortation que Pierre adressa à
la foule ce même jour mémorable de la Pentecôte,
est particulièrement explicite et énergique. En réponse
à la demande « Hommes, frères, que
ferons-nous ? » le chef des apôtres répondit :
« Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé
au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ;
et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:37-38).
Une semblable assurance quant à l'attribution supérieure du Saint-Esprit consécutive à l'ordonnance du baptême d'eau fut donnée par les prophètes néphites (Livre de Mormon, 2 Néphi 31:8, 12-14, 17), ainsi que par le Christ ressuscité lors de sa visite au peuple du continent occidental (3 Néphi 11:35 ; 12:2). Plus tard encore, ceci a été répété par l'intermédiaire de l'Église dans notre dispensation actuelle, celle de la plénitude des temps. « Je vous le dis de nouveau » déclara le Seigneur dans une révélation adressée à certains anciens de l'Église, « toute âme qui croira à vos paroles et sera baptisée d'eau pour la rémission des péchés, recevra le Saint-Esprit » (Doctrine et Alliances 84 :64).
Répétons-le
en résumé : l'Église de Jésus-Christ
des saints des derniers jours tient pour doctrine essentielle,
attestée et prouvée par les Écritures, tant
anciennes que modernes, que l'obéissance aux lois et
ordonnances de l'Évangile est une exigence absolue et
irrévocable pour l'admission au royaume de Dieu, ou, en
d'autres mots, pour assurer le salut individuel aux âmes des
hommes, et que cette exigence est universelle, s'appliquant de même
façon à toute âme arrivée à l'âge
et à l'exercice de la responsabilité dans la chair,
quelle que soit l'époque ou la dispensation (ndlr : une
dispensation de l'Évangile est une époque au cours de
laquelle le Seigneur a au moins un serviteur autorisé sur la
terre qui détient les clefs de la Sainte Prêtrise) où
cette âme a vécu dans la mortalité.
Il s'ensuit
comme conséquence nécessaire que si une âme a,
par ignorance ou par négligence, omis de se conformer à
ces exigences, l'obligation n'est pas annulée par la mort.
Ministère vicarial des vivants pour les morts
(James E. Talmage, The House of the Lord, Salt Lake City, 1912)