Le sous-vêtement de la sainte prêtrise
Jeffrey R. Holland
des Douze
Quelle que soit la préparation qu’ils ont sans doute reçue et les
paroles de réconfort dont ils ont essayé de se rappeler, cela a dû être
un choc saisissant pour Adam et Ève de quitter leur jardin paradisiaque
d’Éden et d’entrer dans un monde déchu.
Avec une lucidité empreinte de
gravité, ils ont compris ce que cela signifiait d’échanger leur vie de
tranquillité et d’insouciance contre un monde rempli d’opposition, de
sueur, d’épines et de chagrin, où ils finiraient par affronter quelque
chose appelé la mort. Au début, ils ne pouvaient pas savoir ce que tout
cela signifiait mais ils ont vite appris que chaque jour pouvait
apporter de nouvelles souffrances. En effet, le plus douloureux était
de se rendre compte qu’ils devraient affronter tout cela séparés de
leur Père céleste, « exclus de sa présence », comme Moïse l’a plus tard
écrit (Moïse 5:4).
Compte tenu de cette séparation et de
cette solitude dans un monde froid et morne, cela a dû être vraiment
réconfortant pour Adam et Ève de se souvenir que des promesses sacrées
et éternelles, appelées alliances, avaient été faites ! Ils avaient
promis d’obéir à leur Père tout au long de leur vie et celui-ci avait
promis d’envoyer un Sauveur qui soulagerait leurs peines et leurs
chagrins, expierait leurs erreurs et les ramènerait sains et saufs en
sa présence.
Mais comment ces mortels se
souviendraient-ils de ce qu’ils avaient promis ? Comment
parviendraient-ils à rester conscients de leur situation périlleuse
tout le temps, jour et nuit ?
Un rappel de leurs alliances
En guise de rappel, il leur donna des
« habits de peau » (Moïse 4:27). Quel cadeau précieux et combien
opportun ! Après
avoir mangé du fruit défendu, Adam et Ève ont presque instantanément
pris conscience qu’ils étaient nus. Dans un premier temps, ils ont
essayé de couvrir leur nudité avec des feuilles de figuier. Puis,
craignant que cela ne soit pas suffisant, ils ont essayé de se cacher
du Seigneur (une entreprise aussi futile était bien la preuve que la
condition mortelle s’installait !). Depuis lors, un Père aimant n’a
cessé d’inviter ses enfants à sortir de leur cachette et à venir à lui.
Et dans sa miséricorde, comme avec les habits de peau alors et
différents vêtements depuis, il ne nous a pas laissés nus mais a revêtu
ceux qui lui obéissent d’un « manteau de la délivrance », qui constitue
un rappel de nos promesses et alliances. Ces « vêtements du salut »
(voir Ésaïe 61:10 ; 2 Néphi 9:14 ; voir aussi Apocalypse 19:8 ; 2 Néphi
4:33 ; Mormon 9:5 ; Doctrine et Alliances 109:76) symbolisent le plus
grand de tous les dons, l’expiation de Jésus-Christ.
Le sous-vêtement du temple est un symbole du Sauveur
Bien sûr, toute cette réflexion sur
Adam et Ève, les alliances et les vêtements est bien plus qu’un simple
exercice mental. Il n’est pas difficile d’imaginer ce qu’Adam et Ève
ont pu ressentir car nous aussi nous rencontrons des difficultés dans
ce monde déchu. Nous avons également été séparés de la présence de Dieu
et nous nous en éloignons encore davantage chaque fois que nous
transgressons. Comme Adam et Ève, il nous a été donné ce même Sauveur,
Jésus-Christ de Nazareth, l’Alpha et l’Oméga, le Fils du Dieu vivant.
Comme Adam et Ève, nous avons contracté des alliances avec Dieu. Dans
le cadre de la dotation au temple, nous recevons un rappel physique
sacré de nos alliances et un symbole du Sauveur lui-même. Dans notre
dispensation, il est appelé le sous-vêtement de la sainte prêtrise.
Nous portons ce sous-vêtement sous
nos vêtements. Quelles que soient mes responsabilités, quels que soient
les rôles que je dois assumer dans la vie et quels que soient les
devoirs de la vie quotidienne, sous tout cela se trouvent mes
alliances, pour toujours et à jamais. Sous tout cela se trouvent ces
promesses sacrées auxquelles je m’accroche désespérément. Le
sous-vêtement du temple n’est pas exhibé ni montré au monde. Mes
alliances non plus. Mais je les garde tous deux près de moi, aussi près
que possible. Ils sont profondément personnels et extrêmement sacrés.
Pour se rappeler ces alliances, ces
promesses à double sens, nous portons le sous-vêtement tout au long de
notre vie. Cette pratique témoigne de notre désir que le Sauveur soit
une influence constante dans notre vie. D’autres symboles qui nous sont
chers sont périodiques. Nous sommes baptisés une seule fois dans notre
vie. Nous prenons la Sainte-Cène une fois par semaine. Nous allons au
temple quand la situation le permet. Cependant, le sous-vêtement de la
sainte prêtrise est différent : c’est un symbole que nous honorons jour
et nuit.
C’est ainsi que fonctionnent les
alliances : elles ne peuvent être mises de côté par commodité ou
négligence, et ne peuvent être modifiées pour s’adapter aux styles et
aux modes de la société. Dans la vie d’un disciple de Jésus-Christ, les
voies du monde doivent être ajustées pour être en accord avec nos
alliances, et non l’inverse.
Comme la Première Présidence l’a
enseigné, lorsque nous revêtons le sous-vêtement du temple, nous
revêtons un symbole sacré de Jésus-Christ. Cela étant, pourquoi
irions-nous jamais chercher une excuse pour enlever ce symbole ?
Pourquoi nous priverions-nous de la promesse de pouvoir, de protection
et de miséricorde que représente le sous-vêtement du temple ? Au
contraire, chaque fois que nous devons temporairement l’enlever, nous
devrions être impatients de le remettre dès que possible, car nous nous
souvenons à la fois des promesses et des dangers qui donnent un sens à
nos alliances. Par-dessus tout, nous nous souvenons de la croix et du
tombeau vide du Christ.
Certains pourraient dire : « J’ai
d’autres façons de me souvenir de Jésus. » Et je répondrais : « C’est
merveilleux. Plus vous en avez, mieux c’est. » Essayons tous de trouver
autant de moyens que possible d’honorer notre engagement à nous «
souvenir toujours de lui ». Cependant, en agissant ainsi, il serait
malhonnête de négliger délibérément le rappel que le Seigneur lui-même
a donné aux personnes dotées : le sous-vêtement de la sainte prêtrise.
Jésus-Christ et son Évangile
représentent tout pour moi. Toutes mes espérances et aspirations
éternelles, ainsi que tout ce que je chéris, reposent sur lui. Il est
le « rocher de mon salut » (2 Néphi 4:30), ma voie d’accès à mon Père céleste et mon
seul chemin pour retourner à ce que j’avais autrefois et que je veux
maintenant retrouver, en plus de tant d’autres bénédictions. Le présent
qu’il nous fait est le plus généreux jamais reçu et donné, acheté au
prix d’une souffrance infinie, accordé à un nombre infini et octroyé
avec un amour infini. Les épines et les ronces, la douleur et
l’angoisse, et le chagrin et le péché de ce monde déchu sont tous «
englouti[s] dans le Christ » (Mosiah 16:8 ; voir aussi Alma 31:38).
Ainsi, depuis que j’ai été doté à
l’âge de dix-neuf ans, il y a maintenant soixante-quatre ans, j’ai
porté le sous-vêtement de la sainte prêtrise jour et nuit, à chaque
fois que la situation le permettait, parce que je l’aime et parce que
j’ai besoin des promesses qu’il représente.
Avez-vous des questions sur le port du sous-vêtement du temple ?
Certains d’entre vous liront
peut-être cet article en espérant que je répondrai à une question
particulière sur le sous-vêtement du temple. Vous espérez peut-être
lire « Ainsi dit le Seigneur », ou même « Ainsi disent ses serviteurs
», en réponse à une question qui vous tient à cœur. Votre question
pourrait être motivée par une situation personnelle liée à l’emploi, à
l’exercice physique, à l’hygiène, au climat, à la pudeur, aux
installations sanitaires, voire même à un problème de santé.
Vous pouvez trouver certaines
réponses à ce genre de questions sur la page
temples.ChurchofJesusChrist.org et dans la section 38.5 du Manuel
général d’instructions. Des membres de la famille et des dirigeants
dignes de confiance peuvent être consultés pour certaines questions
personnelles. Cependant, des directives très claires sont données au
cours des ordonnances préparatoires, et votre Père céleste, qui vous
connaît, vous aime et comprend tout de vos circonstances, sera toujours
prêt à vous aider. Il serait ravi que vous lui posiez ces questions
personnellement.
Ne vous méprenez pas. En recherchant
la direction divine, l’Esprit ne vous incitera pas à faire moins que de
suivre les instructions reçues au temple et les conseils prophétiques
donnés par la Première Présidence dans leur déclaration récente sur le
sujet. Un Père aimant ne vous aidera pas à justifier le fait de faire
moins que ce que vous pouvez pour vous conformer à ses normes de
dévotion et de pudeur qui seront une bénédiction pour vous maintenant
et à jamais. Mais comprend-il vos questions ? Et vous aidera-t-il à
recevoir les bénédictions liées au respect du sous-vêtement du temple
et de vos alliances ? Oui ! Devez-vous également consulter des
professionnels de la santé compétents lorsque nécessaire ? Bien sûr !
Devez-vous ignorer le bon sens ou regarder au-delà du point marqué ? Je
prie pour que vous ne le fassiez pas.
Je ne peux pas répondre à toutes les
questions que vous avez. Je ne peux même pas répondre à toutes les
questions que j’ai. Mais en tant qu’apôtre du Seigneur Jésus-Christ, je
peux vous promettre l’aide d’un Dieu aimant qui, dans la mesure où vous
respectez les alliances que vous avez contractées avec lui, cherche à
vous voir réussir et à vous bénir à chaque instant, de manières que
vous ne pouvez pas pour le moment imaginer ou prévoir.
(Le Liahona, septembre 2024)