Le bon usage

Observation de la vie locale de l'Église

Réflexion sur le rôle des membres et des dirigeants

 
La Rédaction
 
Édition de la feuille d'olivier

Première édition : 12/04/2001

Dernière mise à jour : 06/07/2024

                                                                                                                                                               
                                                                                                                                                                    
« Je leur enseigne de bons principes, et ils se gouvernent eux-mêmes. »
Joseph Smith
 
« Nous apprenons par l’expérience personnelle et par l’observation… Apprenez de ce grand modèle : les choses que nous acquérons rien qu’en observant et en participant… L’Église ira de l’avant et va de l’avant ; et c’est uniquement parce que les membres de la base apprennent par l’observation, l’enseignement et l’expérience. » 
Boyd K. Packer

« Et c'est des petites choses que sort ce qui est grand. »
D&A 64:33



Introduction 
01. Les missionnaires à plein temps et le reste de la population de l’Église 
02. Le ministère d’Autorité générale et celui d’autorité locale 
03. La haine du péché et le soupçon du mal 
04. La persuasion et la contrainte 
05. La géographie et le culte  
06. La comparaison au passé et la comparaison aux autres 
07. Les formulaires de l'Église et les autres formulaires 
08. L’ingérence et le recours 
09. La critique et l’apostasie 
10. Les réunions de dirigeants 
11. Les réunions publiques 
12. Les ordonnances de la prêtrise 
13. Les instructions de l’Église 
14. La communication 
15. Le langage 
16. La différence 
 
 
 
Introduction
 
Plus de 170 ans ont passé depuis que les premiers missionnaires l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours sont arrivés en France pour apporter le message du rétablissement de l'Évangile de Jésus-Christ. Grâce à leur foi, à leur témoignage et à leur enseignement – et à ceux de leurs successeurs – des dizaines de milliers de Français sont devenus membres de l'Église rétablie.

Depuis 170 ans de nombreux Français ont servi à leur tour leurs semblables en tant que missionnaires à plein temps et en tant que dirigeants locaux de l'Église comme présidents de branche, présidents de district, présidents de mission, évêques et présidents de pieu. Quelques-uns d'entre eux ont ensuite été appelés au niveau général de l'Église comme représentants régionaux des Douze, soixante-dix d'interrégion et Autorités générales.

Des dizaines de milliers de Français sont reconnaissants à ces frères de les avoir aidés à développer leur foi, leur témoignage et leur connaissance de l'Évangile de Jésus-Christ, de les avoir guidés sur la voie de la justice et inspirés, par leur exemple, le désir de contribuer à l'œuvre de Dieu. L'exemple et le précepte des autorités locales et générales de l'Église en France et à l'étranger ont rapproché et continuent de rapprocher leurs semblables du Sauveur. Des millions de membres de l'Église peuvent témoigner de l'exemple de droiture de leurs dirigeants respectifs.
 
Tout appel à servir dans le royaume de Dieu est à la fois un honneur et une responsabilité. Cette responsabilité est telle que si nous ne magnifions pas notre appel, Dieu nous tiendra pour responsable des gens que nous aurions pu sauver si nous avions fait notre devoir (voir Enseignements des présidents de l'Église, John Taylor, 2002, p. 164). Dans l'Église, un appel à présider, c'est-à-dire un appel à servir (voir D&A 124:134 ; voir aussi Alma 17:18), est une responsabilité qui rend spirituellement dépendant du Seigneur. Dans l'exercice de cette responsabilité, l'aide du Saint-Esprit devient indispensable. C'est lui qui montre les nuances et les différences à considérer dans notre devoir pour agir à la façon du Seigneur.
 
Constamment, de nouveaux dirigeants locaux de l'Église sont appelés à travailler dans la vigne du Seigneur et répondent à son appel. Ce qui suit est l'exposé de quelques distinctions qu’ils sont amenés à faire au cours de leur ministère, et de celles que les membres locaux sont amenés à observer pour soutenir leurs dirigeants. Les dirigeants locaux de l'Église reçoivent d'autant plus spontanément le soutien de leur assemblée qu'ils font bon usage de l'autorité qui leur a été déléguée. Les domaines de ce bon usage sont très divers. En voici quelques-uns.
 
 
1. Les missionnaires à plein temps et le reste de la population de l'Église
 
Observons la différence entre les missionnaires à plein temps et le reste de la population de l'Église. Cette différence est, à bien des égards, semblable à celle observée entre la vie militaire et la vie civile. À ceci près que dans certains pays on peut servir dans l'armée en tant qu'appelé ou en tant que volontaire, alors que dans l'Église les missionnaires sont à la fois appelés et volontaires.
 
Un parallèle peut être observé entre le gouvernement de la nation et le gouvernement de l'Église dans les rapports hiérarchiques internes aux deux sociétés : de même que dans la nation la relation d'autorité d'un gradé de l'armée sur un soldat est différente de celle d'une autorité civile sur un simple citoyen, dans l'Église, la relation d'autorité d'un président de mission sur un missionnaire à plein temps est différente de celle d'un dirigeant local de l'Église sur un membre de son assemblée.
 
Par exemple, un président de Mission peut décider de l'heure du lever des missionnaires qu'il dirige (voir James E. Faust, L'Étoile, juillet 1996, p. 43).
 
Au début des années 1980, dans la Mission autrichienne de Vienne, le tutoiement entre missionnaires n'était pas autorisé alors qu'il l'était dans la Mission voisine et qu'il le fut plus tard dans la Mission de Vienne, après l'arrivée d'un nouveau président (devenu, plus tard, membre du Premier collège des soixante-dix). Ceci illustre le pouvoir de décision d'un président de Mission dans les limites de sa Mission.
 
Ce qu'un président de Mission peut décider pour ses missionnaires, un dirigeant local ne le pourra ordinairement pas pour ceux qu'il dirige, que ce soit en termes d'obligation ou d'interdiction.
 
Prenons l'exemple de tentatives, rares et locales, d'interdiction des bises dans les églises. Précisons qu'en France un homme et une femme qui se tutoient se saluent en se faisant la bise, quel que soit le statut marital de l'un ou de l'autre. Si le vouvoiement entre un homme et une femme se conjugue le plus souvent avec la poignée de main, parfois avec la bise, le tutoiement entre un homme et une femme s'accommode mal de la poignée de main qui est alors ressentie comme contradictoire. Enfin, les hommes entre eux, qu'ils se tutoient ou se vouvoient, se serrent la main, sauf entre membres d'une même parenté. En dehors des liens de parenté, la bise entre hommes, jusqu'à une époque récente, n'était pas courante, bien qu'elle le soit depuis longtemps dans d'autres cultures.

Il y a de nombreuses décennies, une campagne anti-bises menée par un président de Mission parmi les membres locaux de l'Église avait été implicitement désapprouvée par un membre du Premier collège des soixante-dix, président de l'interrégion qui, à l'issue d'une réunion de dirigeants accompagnés de leurs épouses, avait annoncé, avant de les quitter, qu'il serrerait la main des frères et ferait la bise aux sœurs, ce qu'il fit (cette Autorité générale devint par la suite membre de la présidence des soixante-dix).
 
Notons à ce propos que l'Église a, depuis toujours, cherché à honorer plutôt qu'à gommer les différences culturelles, pour autant qu'il ne s'agisse pas de traditions en désaccord avec le plan et les enseignements du Seigneur (voir Richard G. Scott, L'Étoile, janvier 1989, p. 64-65 et juillet 1998, p. 98-100 ; Dallin H. Oaks, Le Liahona, mai 2003, p. 96 et novembre 2003, p. 37-40).
 
Les rares membres de l'Église qui ne pratiquent pas la bise, ou le font de façon exceptionnelle, l'ont décidé par eux-mêmes. À la différence des missionnaires à plein temps, dans le reste de la population de l'Église ce genre de décision est laissé à l'individu. La seule exception connue à ce jour est l'application par l'Église des recommandations gouvernementales en matière de protection contre une pandémie.
 
 
2. Le ministère d'Autorité générale et celui d'autorité locale

A. Politique de direction
B. Politique de communication
 
A. Politique de direction
 
De même qu'une différence existe entre les missionnaires à plein temps et le reste de la population de l'Église, de même existe-t-il une différence entre le ministère des officiers qui ont juridiction sur les missionnaires à plein temps (présidents de missions, soixante-dix-autorités interrégionales, Autorités générales) et le ministère des officiers locaux.
 
Quand le Seigneur et les prophètes nous exhortent à être leurs imitateurs (voir 3 Néphi 27:27 ; 1 Corinthiens 4:16 ; 11:1 ; Philippiens 3:17), ce n'est pas tant pour imiter leur pouvoir que pour suivre l'exemple qu'ils donnent des vertus chrétiennes. Dans l'Évangile, c'est précisément en retour de la charité et de la vertu que vient le véritable pouvoir (voir Doctrine et Alliances 121:45, 46).

Boyd K. Packer, du Collège des Douze, a dit au sujet de la prêtrise, en faisant une distinction entre l'autorité et le pouvoir : « Votre autorité découle de votre ordination ; votre pouvoir vient de l'obéissance et de la dignité » (L'Étoile, avril 1982, p.62, colonne 2). Russell M. Nelson, du Collège des Douze, a énoncé le même principe en disant : « Lorsque vous êtes ordonnés à un office de la prêtrise, vous recevez une autorité. Mais c’est en utilisant cette autorité en droiture que vous acquérez du pouvoir » (Le Liahona, novembre 2003, p. 44, colonne 3). « Alors, promet le Seigneur, ta domination sera une domination éternelle et, sans moyens de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais. » (D&A 121:45-46)
 
Ce pouvoir, cette influence, cette autorité ne se forcent pas, ils viennent de façon naturelle, par le Saint-Esprit, orner la personnalité obéissante, digne, charitable et vertueuse. On ne force pas l'autorité, elle se manifeste par elle-même sous l'influence du Saint-Esprit. On ne force pas le Saint-Esprit. Car « les pouvoirs du ciel ne peuvent être maîtrisés ou utilisés que selon les principes de la justice » (D&A 121:36).

À ce propos, Boyd K. Packer a enseigné : « Vous ne pouvez pas forcer les choses spirituelles. Des mots tels que obliger, coercition, contrainte, pression, exigences, ne décrivent pas les relations privilégiées que nous avons avec l’Esprit. On ne peut pas plus forcer l’Esprit à répondre qu’on ne peut forcer un haricot à germer ou un œuf à éclore avant son temps. On peut créer un climat qui favorise la croissance, qui nourrit et qui protège, mais on ne peut pas forcer ou obliger, on doit attendre la croissance. » (Ensign, janvier 1983, p. 53)
 
Le Seigneur a mis en garde contre la tentation « d'exercer, avec quelque degré d'injustice que ce soit, une emprise, une domination ou une contrainte sur l'âme des enfants des hommes » (D&A 121:37). « Vous les avez dominées avec violence et avec dureté » (Ézéchiel 34:4), a-t-il accusé les pasteurs d'Israël. Pierre a exhorté les anciens à paître le troupeau de Dieu qui est sous leur garde « non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pierre 5:2, 3).
 
Le Seigneur a déclaré : « Aucun pouvoir, aucune influence ne peuvent ou ne devraient être exercés en vertu de la prêtrise autrement que par la persuasion, par la longanimité, par la gentillesse et la douceur, et par l'amour sincère, par la bonté et la connaissance pure… – réprimandant avec rigueur en temps opportun, sous l'inspiration du Saint-Esprit ; et faisant preuve ensuite d'un redoublement d'amour envers celui que tu as réprimandé… » (D&A 121:41-43)
 
Joseph F. Smith (1838-1918), ancien président de l'Église, a ajouté, à propos de ceux qui détiennent un poste d'autorité quelconque dans l'Église, qu'ils « doivent gagner le cœur, la confiance et l'amour de ceux qu'ils dirigent, par une bonté et un amour sincères, par la douceur d'esprit, par la persuasion, par un exemple au-dessus de tout reproche et hors de portée des critiques injustes. De cette façon, par la bonté de leur cœur, par leur amour pour le peuple, ils le conduisent sur le chemin de la justice, lui enseignent la voie du salut, en lui disant, aussi bien par le précepte que par l'exemple : Suivez-moi, tout comme je suis notre chef » (Enseignements des présidents de l'Église, Joseph F. Smith, 1999, p. 142).

Spencer W. Kimball (1895-1985), ancien président de l'Église, a résumé le propos de cette façon : « Les femmes et les hommes nobles sont toujours plus soucieux de servir que d’exercer une domination. » (L’Étoile, mai 1980, p. 175)
 
Par ailleurs, le principe enseigné par M. Russell Ballard d'agir comme si nous étions la personne que nous aimerions devenir (voir L'Étoile, décembre 1983, p. 49) ne nous autorise pas davantage à endosser une autorité que nous n'avons pas reçue.
 
Quant à l'exhortation du Seigneur et des prophètes à être leurs imitateurs, elle ne signifie pas non plus que nous devrions imiter les différences culturelles des Autorités générales. Nous pouvons « suivre les frères » (Boyd K. Packer, L'Étoile, novembre 1979, p. 43-49) tout en gardant nos différences culturelles, dès lors que celles-ci demeurent compatibles avec le plan et les enseignements du Sauveur.
 
B. Politique de communication

Une autre différence entre les Autorités générales et les autorités locales réside dans la politique de communication avec les membres de l’Église :
 
Depuis des décennies, la Première Présidence envoie régulièrement aux autorités locales la même lettre à lire aux membres de l’Église lors de la réunion de Sainte-Cène. Cette lettre traite du courrier et des appels téléphoniques adressés par les membres au siège de l’Église : « Des membres de l’Église continuent de téléphoner et d’écrire au siège de l’Église à propos de points de doctrine et de questions personnelles. Avec l’accroissement constant de la population de l’Église, répondre personnellement à ces questions représente une tâche presque insurmontable. » (Lettre du 6 juillet 1990, réitérée le 27 janvier 2004 et diffusée dans Le Liahona, juin 2004, Nouvelles de l'Église, p. 8)
 
La lettre de la Première Présidence poursuit en disant que les membres de l’Église ont tous un président de branche ou un évêque, un président de pieu ou de mission qui, en qualité de conseillers spirituels et temporels, les aideront à trouver les solutions aux problèmes qui les préoccupent. Si ces dirigeants ont besoin d’éclaircissement, ils peuvent écrire, de la part des membres, à la Première Présidence.
 
Telle est, en matière de communication, l’exhortation de la Première Présidence afin que les Autorités générales ne soient pas surchargées de travail pour répondre au courrier des membres de l’Église.
 
Cette lettre est courte, simple et compréhensible. En la parcourant nous comprenons aisément ce qu’elle attend de chaque membre. Nous voyons aussi ce qu’elle ne dit pas :
 
D’abord, il n’est pas dit que les Autorités générales ne répondent pas au courrier des membres, bien au contraire. Elles y répondent, ce qui représente une charge presque insurmontable pour elles. Elles seraient cependant justifiées de ne pas y répondre, après tant de rappels faits aux membres de l’Église.
 
Ensuite, le problème n’est pas d’écrire à une Autorité générale une lettre anodine, comme lui envoyer des vœux ou des salutations, ou lui faire part d’un témoignage, d’une idée ou d’une information, sans solliciter de réponse. Le problème vient des lettres écrites pour solliciter une réponse à une question, un problème ou une requête personnelle.
 
Il n’est pas dit non plus que les Autorités générales ne doivent jamais être sollicitées, mais que si elles doivent l’être, c’est par les autorités locales, de la part des membres.
 
Enfin, il n’est pas dit que les membres de l’Église ne doivent pas adresser de questions, requêtes ou problèmes personnels à leurs dirigeants locaux, ni que ceux-ci doivent négliger d'y répondre. Le fait que les Autorités générales répondent au courrier des membres au point d’être surchargées est au contraire une indication de la responsabilité des autorités locales de suivre cet exemple et de ne pas négliger de répondre aux préoccupations des membres de leur branche, paroisse, district, pieu ou mission, comme le préconise la Première Présidence.

En y réfléchissant, on comprend que cette lettre n'est pas seulement une demande faite aux membres de l'Église de ne pas écrire aux Autorités générales à propos de questions personnelles. Elle représente aussi une incitation faite aux dirigeants locaux à répondre au courrier et messages que leur adressent ceux qu'ils dirigent, de sorte que ces derniers n'aient pas à s'adresser directement aux Autorités générales. À ce propos, L. Tom Perry, du Collège des Douze, a déclaré : « Comme notre Sauveur, en tant que dirigeants de l'Église, nous devons aimer les gens que nous servons, en montrant notre attention et notre souci pour chacun individuellement. » (Réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 février 2006 ; voir Le Liahona, juin 2006, p. 60)
 
Il va sans dire que si les membres de l'Église sont encouragés à s'adresser à leurs dirigeants locaux pour ce qui les préoccupe, il est attendu de ces derniers qu'ils leur répondent. L'idée selon laquelle les dirigeants locaux feraient bien d'éviter de répondre aux préoccupations personnelles des gens est erronée, comme le démontre cette lettre de la Première Présidence.
 
Il en est de même de la façon d'appréhender les conflits entre personnes. Notre souci et notre attention pour ceux que nous dirigeons implique aussi que nous les aidions lorsque des conflits surviennent entre eux, comme les Autorités générales en ont souvent montré l'exemple.
 
À ce propos, Spencer W. Kimball, alors membre du Collège des Douze, a raconté, dans son ouvrage Le miracle du pardon, au chapitre 9, sa rencontre avec deux personnes, ennemies entre elles de façon chronique, pour tenter de les réconcilier, et la façon dont il y parvint après leur avoir rappelé un principe vital pour le salut : Le pardon inconditionnel. Cet épisode est un enseignement inspirant pour les dirigeants locaux. Il leur apprend à rencontrer les protagonistes d'un conflit, à les écouter et à les aider à faire la paix, comme un père affectueux avec ses enfants.
 
Il ne fut pas nécessaire à John Taylor, alors membre du Collège des Douze, d'écouter les doléances de deux frères en conflit venus le voir pour obtenir son arbitrage : L'esprit qui se dégagea de son interprétation de plusieurs cantiques en préambule de l'entretien convainquit les protagonistes de se réconcilier avant même d'avoir exposé le motif de leur désaccord (voir Enseignements des présidents de l'Église, Heber J. Grant, 2003, p. 178-179).
 
Ce cas n'est cependant pas le plus ordinaire et, la plupart du temps, l'écoute du dirigeant local est précieuse. Faire l'économie de cette écoute peut susciter des frustrations chez les personnes concernées, même longtemps plus tard. L'exemple de Spencer W. Kimball dans son action de médiation est instructif à cet égard. Il a patiemment écouté les doléances de chacun des deux ennemis jurés avant de remédier à leur désaccord à l'aide des enseignements de l'Évangile, de la prière et de l'inspiration divine. Cet épisode nous apprend à ne pas ignorer volontairement les besoins des gens en conflit, mais à leur apporter la médiation dont ils ont besoin. Sauf exception, cette médiation implique l'écoute des griefs des deux partis en conflit.
 
 
3. La haine du péché et le soupçon du mal
 
Les Écritures enseignent que ceux qui sont animés par l'amour pur éprouvent aussi de la haine pour le péché (voir Alma 26:34). Elles enseignent également que la charité, qui est l'amour pur du Christ (voir Moroni 7:47), ne soupçonne point le mal (voir 1 Corinthiens 13:5). Par conséquent, notre haine du péché ne devrait jamais évoluer en soupçon du mal.
 
Joseph F. Smith a lancé l'exhortation suivante, en s'adressant « à ceux qui président dans l'Église et à ceux qui exercent de l'autorité parmi le peuple » :

« Changez votre manière de voir, de regarder, pour passer de la recherche du mal à la recherche de ce qui est bon et pur… Cherchez le bien chez les hommes, et lorsqu'ils n'en possèdent pas, essayez de le créer en eux, essayez d'accroître le bien en eux ; cherchez le bien, édifiez le bien, soutenez le bien, et parlez aussi peu que possible du mal. Cela ne sert à rien de souligner le mal… Mieux vaut ensevelir le mal et souligner le bien… Que notre ministère soit de sauver l'humanité et d'enseigner et de guider dans le chemin de la justice, et non de siéger en juges et de passer jugement sur ceux qui agissent mal, mais plutôt de sauver les hommes. » (Conference Report , avril 1913, p. 7-8 ; Enseignements des Présidents de l'Église, Joseph F. Smith, 1999, p. 261)
 
 
4. La persuasion et la contrainte
 
Face au refus d'un membre de l'Église de suivre les recommandations de son dirigeant local, celui-ci pourrait être tenté d'exercer une contrainte sur cette personne par la menace de la non délivrance ou du retrait de sa recommandation à l'usage du temple.
 
Les menaces des serviteurs du Seigneur, dans les Écritures, sont des déclarations prophétiques et non des moyens personnels de contrainte. Les serviteurs du Seigneur avertissent des conséquences de l'erreur mais ne s'avancent ni en auteurs ni en acteurs de ces conséquences.
 
Bien entendu, une recommandation à l'usage du temple ne peut et ne doit être délivrée que lorsque les conditions pour l'obtenir sont réunies, mais la menace d'un retrait ou d'une non délivrance comme moyen de contrainte ne serait pas à la hauteur des enseignements du Sauveur.
 
D'autre part, s'il est prévu que sa recommandation soit retirée à la personne qui ne remplit plus les conditions pour la recevoir (voir Gordon B. Hinckley, réunion mondiale de formation des dirigeants, 19 juin 2004), il n'est pas prévu qu'elle soit retirée au moindre prétexte. James E. Faust, membre de la Première Présidence, a déclaré :
 
« Ceux à qui la responsabilité judiciaire est confiée dans le royaume de Dieu doivent veiller à ce que l'Église reste pure pour que les eaux vives de la vie coulent sans entrave. Mais la vraie religion ne consiste pas à être avant tout attentif aux faiblesses, aux manquements et aux erreurs. Elle consiste à fortifier et à passer sur les fautes, comme nous voudrions que l'on passe sur les nôtres. Quand nous concentrons toute notre attention sur ce qui est mal plutôt que sur ce qui est bien, nous passons à côté de la beauté et de l'essence sublimes du merveilleux Évangile du Maître. » (L'Étoile, janvier 1998, p. 68-69)
 
Si un jour, en tant que dirigeant, il nous arrive d’être tenté d'obtenir l’allégeance ou l’obéissance d'une personne sous notre juridiction par la menace de ne pas lui délivrer de recommandation à l'usage du temple ou de la lui retirer, nous pourrions nous demander si agir de la sorte ne reviendrait pas à se servir de la recommandation à l'usage du temple comme d'une monnaie d'échange et à contraindre cette personne à obéir plutôt que de susciter en elle la volonté authentique de s’améliorer ou de nous soutenir.
 
En 2003, Henry B. Eyring, alors membre du Collège des Douze, a demandé aux dirigeants locaux de l'Église de ne pas ajouter des conditions aux questions figurant dans le carnet de recommandations à l'usage du temple. Il a dit : « Vous ne devez pas ajouter de conditions. Les réponses satisfaisantes aux questions figurant dans le carnet vous permettront de savoir si la personne se qualifie pour entrer dans le temple. » (Première réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 janvier 2003, p. 12)

La déclaration de frère Eyring nous apprend que les questions éditées sont suffisantes pour juger de la dignité de quelqu'un, qu'il n'est pas utile d'en ajouter et qu'on ne doit pas le faire.
 
C'est sous les encouragements et non sous la menace que l'homme fait le choix du véritable changement. Sa décision naît alors d'une influence divine plutôt qu'humaine, d'une motivation spirituelle plutôt que de la contrainte.
 
À ce sujet Joseph F. Smith a déclaré : « L'obéissance doit être volontaire ; elle ne doit pas être forcée, il ne doit pas y avoir de contrainte. Les hommes ne doivent pas être contraints contre leur volonté à obéir à la volonté de Dieu ; ils doivent y obéir parce qu'ils savent que c'est bien, parce qu'ils désirent le faire et parce qu'ils ont plaisir à le faire. Dieu se réjouit du cœur bien disposé. » (Enseignements des Présidents de l'Église, Joseph F. Smith, 1999, p. 271)
 
 
5. La géographie et le culte
 
S'il est prévu que les membres de l'Église assistent aux réunions de la paroisse dont dépend leur domicile, il arrive que, pour des raisons personnelles, certains d'entre eux assistent, de façon temporaire au moins, aux réunions d'une paroisse voisine. Des raisons valables peuvent motiver un tel choix : une séparation ou un divorce particulièrement difficile, ou un handicap sérieux auquel le bâtiment d'une paroisse voisine est mieux adapté. D'autres motifs peuvent paraître moins impératifs : distances depuis le domicile ou conditions d'accès. D'autres encore paraîtront moins significatifs : mésententes ou affinités.
 
Il est compréhensible que ceux qui vivent à l'intérieur des limites d'une paroisse soient membres de celle-ci et pas d'une autre : Un évêque préside dans les limites géographiques de sa paroisse. Cependant, bien que les membres de l'Église soient encouragés à assister aux réunions de l'Église dans leur paroisse, on ne peut pas les y contraindre.
 
Il y a des années, un président de pieu soumettait à une Autorité générale en visite le cas d'une sœur qui assistait aux réunions de l'Église d'une autre paroisse que la sienne et refusait d'accéder à la demande de ses dirigeants de retourner dans sa paroisse. Cette sœur songeait même à ne plus assister aux réunions de l'Église si on ne la laissait pas en paix à ce sujet. L'Autorité générale répondit en substance : « Qu'est-il préférable pour le salut de cette sœur : qu’elle assiste aux réunions d’une autre paroisse, ou qu’elle n’assiste à aucune réunion ? »
 
Selon l'Autorité générale, le salut de cette sœur était plus important que les limites géographiques de sa paroisse. On pouvait l'inviter à regagner sa paroisse, mais l'obliger n'entrait pas dans le plan du salut.
 
Le Sauveur a enseigné : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat » (Marc 2:27). Cependant, il a également révélé : « Ma maison est une maison d'ordre » (D&A 132:8, 18). C'est pourquoi, une personne qui assiste aux réunions de l'Église dans une autre paroisse que la sienne n'y trouvera pas tous les avantages auxquels elle peut s'attendre dans sa propre paroisse. Par exemple, elle n'y recevra pas d'appel officiel à servir.

En revanche, conformément aux enseignements du Sauveur, les dirigeants n'interdisent à personne l'accès aux réunions publiques de l'Église (voir 3 Néphi 18:22 et D&A 46:3).
     
La personne qui comprend qu'elle ne recevra ni appel ni recommandation à l'usage du temple en dehors de sa paroisse y retournera probablement. Si ce n'est pas le cas c'est que, après tout, elle n'est peut-être pas prête à les recevoir. Mais elle risque davantage d'y être un jour prête en assistant aux réunions de l'Église, où que ce soit, qu'en devenant non pratiquante. L'évêque, quant à lui, n'est pas contraint de refuser une recommandation à une personne qu'il dirige au motif qu'elle assiste aux réunions de l'Église ailleurs que dans sa paroisse.
 
Parmi les déclarations les plus adéquates à citer pour aider, et non contraindre, un membre de l'Église à regagner sa paroisse, se trouvent probablement l'exhortation de Paul aux Hébreux : « N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns » (Hébreux 10:25), et celle de Richard L. Evans (1906-1971), du Collège des Douze : « Soyons là où nous devons être, au moment où nous devons y être » (L'Étoile, février 1989, p. 34), développée par Hartman Rector, du Premier collège des soixante-dix : « Soyez où vous devriez être quand vous le devez. Quand vous êtes où vous devriez être quand vous le devez, cette conduite apporte la confiance » (L'Étoile, octobre 1979, p. 51) et rappelée par Thomas S. Monson, membre de la Première Présidence, dans la formule du succès suivante :

« Soyons là où nous devons être. Disons ce que nous devons dire. Faisons ce que nous devons faire. Soyons ce que nous devons être. » (L'Étoile, janvier 1994, p. 56 ; enseignement réitéré lors de la veillée du Département d'Éducation de l'Église du 14 janvier 2001)
 
À ces sages conseils, Dallin H. Oaks a ajouté : « Pour pouvoir présenter nos dévotions au Très-Haut (voir D&A 59:10), nous devons assister aux réunions le jour du Sabbat dans nos propres paroisses, là où se trouve notre certificat de membre, où nous payons la dîme et recevons notre recommandation à l’usage du temple. Aller dans une autre paroisse devrait être une exception... Le Sabbat est un moment où prendre la Sainte-Cène, rendre service et maintenir une relation avec votre évêque — le juge ordinaire du Seigneur — celui qu’il vous faudra voir pour avoir une recommandation à l’usage du temple. » (Veillée du Département d'Éducation de l'Église du 4 novembre 2007)

À propos du certificat de membre, le Manuel d'instructions de l'Église spécifie qu'il doit être gardé dans la paroisse où le membre réside. Les exceptions, qui doivent rester rares, nécessitent le consentement des évêques et des présidents de pieu concernés. Pour demander une exception, le président de pieu utilise la « Documentation pour dirigeants et greffiers » pour transmettre la demande au bureau de la Première Présidence. (voir Manuel général d'instructions, 33.6)
 
       
6. La comparaison au passé et la comparaison aux autres
 
Depuis des années, les autorités de l'Église exhortent à comparer chaque entité (pieu, paroisse, organisation, famille, individu) avec elle-même plutôt que les entités de même niveau entre elles.

Il faut remonter à 1960 et 1961 pour trouver des statistiques comparatives des ordonnances effectuées au temple. À l'époque, le magazine L'Étoile diffusa pendant quelques mois un tableau comparatif des différentes missions qui dépendaient du temple de Suisse. Les chiffres donnés étaient le nombre mensuel de dotations par mission. Ils comparaient aussi les chiffres à ceux de l'année précédente. Cette diffusion des statistiques du temple ne dura qu'une année et cessa avec L'Étoile de novembre 1961 (voir p. 463). Précisons qu'à l'époque L'Étoile n'était pas encore un magazine international. Il le deviendra en janvier 1963. Auparavant, son contenu était choisi localement. Quoi qu'il en soit, la publication des statistiques du temple fut éphémère puisqu'elle cessa en novembre 1961.
 
En 1980, le Guide des secrétaires (PS CL 0656 FR) demandait de comparer les rapports en cours avec les rapports antérieurs pour prendre connaissance des tendances, par exemple pour voir si l'assiduité augmente ou diminue, comme le mentionnent toujours les instructions actuelles.
 
Depuis 1985, les manuels d'instructions successifs de l'Église contiennent l'instruction supplémentaire de ne pas comparer une paroisse avec une autre, un collège avec un autre, ou une personne avec une autre, chaque paroisse, chaque collège, chaque personne ayant une situation qui lui est propre puisque ne disposant pas des mêmes ressources et ne rencontrant pas les mêmes difficultés.

Paul enseignait déjà : « Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui » (Galates 6:4). Dieter F. Uchtdorf, de la Première Présidence, a ajouté : « Le Seigneur... ne compare pas – et nous ne le devrions pas non plus – nos efforts à ceux des autres. Notre Père céleste demande seulement que nous fassions de notre mieux, que nous travaillions au maximum de nos capacités, aussi grandes ou petites soient-elles. » (Le Liahona, novembre 2009, p. 56)
 
Il y a des années, un président de collège des anciens, à la lecture du bulletin du programme d'extraction (indexation des actes d'état civil de plus de cent ans) rédigé par le Département de Généalogie, découvrit dans la rubrique Informations locales des tableaux comparant les pieux de France en terme de nombre d'extracteurs, d'heures consacrées à l'extraction et d'actes traités. Il s'adressa alors au bureau régional de la Société généalogique d'Utah, qui diffusait ce rapport, pour signaler l'incompatibilité de ces tableaux avec la politique de l'Église.

Il écrivit : « Les Autorités générales se sont prononcées en faveur des comparaisons de chaque entité avec elle-même et en défaveur des entités entre elles... Les citations ci-jointes mentionnent les personnes, les organisations et les paroisses, mais l'esprit de ces instructions s'applique tout autant à la comparaison des pieux entre eux. Certains pieux comptent davantage de membres que d'autres, certains ont commencé le programme d'extraction plus tôt que d'autres et ont eu le temps de se rôder et de se développer davantage... Or ces critères n'apparaissent pas sur ces tableaux... Je ne doute pas que leur diffusion vienne d'une volonté de bien faire, mais je ne pense pas que cette diffusion soit compatible avec l'esprit, si ce n'est la lettre, des instructions des Autorités générales et des Écritures... »
 
Quelques jours plus tard il reçut du chef du service concerné une lettre disant qu'après analyse de ses remarques, les statistiques seraient diffusées sous une forme différente pour respecter l'esprit des instructions de l'Église.
 
Ajoutons que, dans un tel cas, ce n'est pas l'outil de travail qui est en cause, mais sa diffusion. S'il est bon que chaque unité (pieu ou paroisse) dispose de ses propres chiffres pour évaluer sa progression, il n'est pas prévu qu'elle dispose des chiffres des unités voisines. L'instruction de l'Église de ne pas comparer les rapports des unités entre elles permet encore moins de les diffuser pour fournir aux unités le moyen de cette comparaison. Lorsque l'instance qui récolte les rapports ne diffuse à chaque unité que ce qui la concerne, celle-ci se compare alors à elle-même pour évaluer ses progrès.
 
 
7. Les formulaires de l'Église et les autres formulaires
 
Depuis 1985, les instructions de l'Église sur la tenue des registres demandent aux dirigeants de la prêtrise de veiller à ce que l'information obtenue des membres se limite à ce que l'Église demande.
 
En 1993, l'Église publiait un feuillet intitulé Système de rapports de progression des membres – Instructions (34901 140) qui rappelait aux dirigeants de la prêtrise de ne pas demander aux paroisses de rendre compte d'autres renseignements.
 
Ces instructions n'autorisent pas la collecte de renseignements autres que ceux mentionnés dans les formulaires édités par l'Église. Il n’est par exemple pas permis de collecter, auprès des familles et des personnes, des chiffres relatifs à la prière, au jeûne, à l'étude des Écritures, à la soirée familiale, à l'œuvre missionnaire, à la tenue d'annales, à la recherche généalogique, à l'œuvre du temple, aux réserves ou au service à autrui.
 
Au dix-neuvième siècle, au cours du mouvement de réforme de 1856, un questionnaire à usage des instructeurs de quartier fut édité par l'Église. Il comportait 27 questions que les instructeurs de quartier (devenus instructeurs au foyer puis frères du service pastoral) posaient aux familles auxquelles ils rendaient visite pour les inciter à se consacrer au Seigneur et à ses commandements. Chacune de ces questions suscitait une réponse par l'affirmative ou la négative. Aucune ne suscitait de réponse quantitative. De plus, les réponses n'étaient pas enregistrées, et encore moins additionnées à celles des autres familles (voir Histoire de l'Église dans la plénitude des temps, Religion 341-343, 2002, p. 366 ; 1997, p. 368).
 
Avant cette période et après, les 4 ou 5 questions posées régulièrement par les instructeurs au foyer aux familles de l'Église, comme à la famille de Joseph Smith (voir L'Étoile, avril 1979, p. 134-135) et à celle de John Taylor (voir Enseignements des présidents de l'Église, John Taylor, 2002, p. 117, 119), ne comportaient pas non plus d'aspect quantitatif. Les réponses reçues n'étaient pas non plus enregistrées.

Quant aux statistiques des ordonnances du temple publiées dans L'Étoile de 1960 et 1961, il convient de noter qu'elles ne provenaient pas de renseignements fournis par les membres des différentes missions sous la juridiction du temple, mais par le bureau du temple lui-même.
 
Non seulement l'Église n'a jamais, à notre connaissance, édité de rapports quantitatifs à partir de renseignements qui seraient requis des familles, mais depuis le milieu des années 1980 elle demande expressément aux dirigeants de ne pas le faire. Les formules de rapports de l'Église qui requièrent des renseignements personnels de leurs utilisateurs sont celles utilisées dans le cadre de leur appel par un nombre très limité d'officiers de l'Église pour rendre compte de leur intendance.
 
Malgré l'instruction répétée de ne pas collecter auprès des membres d'autres renseignements que ceux demandés par l'Église, dans certaines régions, les dirigeants qui en avaient l'habitude continuaient de demander aux personnes qui rentraient du temple le nombre de sessions auxquelles elles avaient assisté. C'est pourquoi en 1998 fut ajoutée aux instructions celle de ne pas créer de système de rapports d'assistance au temple.
 
Pourtant, dans certaines régions, les membres de l'Église continuèrent de rendre compte du nombre de sessions qu'ils avaient effectuées dans la maison du Seigneur, motivés par l'idée de justifier la construction future d'un temple à proximité de chez eux. Cette idée circulait plus particulièrement depuis l'annonce par le président Hinckley, en avril 1998, du programme de construction de petits temples (voir L'Étoile, juillet 1998, p. 100-101).
 
Les critères de qualification pour la construction d'un temple dans une région, dans le but de rapprocher les temples des membres de l'Église (voir L'Étoile, 1986, numéro 2, p. 47, colonne 1) pour que ceux-ci puissent s'y rendre sans avoir à parcourir une distance démesurée (voir Le Liahona, novembre 2009, p. 4), furent alors donnés par les membres de la Première Présidence eux-mêmes :

À la conférence générale qui suivit l'annonce du programme de construction de petits temples, le président Faust déclara : « Aux membres de l'Église qui sont dans des unités de l'Église isolées et qui veulent avoir un temple près de chez eux, je suggérerais de commencer par montrer leur foi en payant la dîme afin d'être dignes de recevoir les bénédictions du temple »  (L'Étoile, janvier 1999, p. 69). Un an plus tard, le président Hinckley ajouta : « Étant donné que nous ne construisons pas de temple tant qu'il n'y a pas suffisamment de gens dans une région, suffisamment de payeurs de dîme et suffisamment de foi, la construction même de ces bâtiments sacrés devient un indicateur de l'accroissement de la foi et de l'obéissance aux principes de l'Évangile. » (Le Liahona, janvier 2000, p. 5)
 
Ces propos de la Première Présidence ne mentionnaient pas la quantité de sessions suivies mais le nombre de membres et le nombre de payeurs de dîme comme critères de choix d'une région où construire un temple : Autant de critères déjà mesurés par l'Église.
 
Par ailleurs, l'œuvre accomplie en faveur des défunts n'est pas le seul but du temple. Il en est un autre qui n'est pas chiffrable. James E. Faust a dit : « Il y a un grand besoin de temples partout dans le monde car ce sont des sanctuaires spirituels. Ceux qui vont au temple peuvent y trouver une protection contre Satan et contre son désir de les détruire, leur famille et eux. » (L'Étoile, janvier 1999, p. 69)
 
Notre fréquentation du temple relève à la fois du culte personnel et du service aux défunts. Comme l'a dit Howard W. Hunter (1907-1995), ancien président de l'Église : « Allons-y non seulement pour nos ancêtres décédés, mais également pour la bénédiction personnelle du culte au temple, pour la sainteté et la sécurité qui nous sont donnés dans ces murs sacrés » (L'Étoile, novembre 1994, p. 6). Le culte au temple était familier de Joseph Smith, père, le patriarche. On dit de lui : « Demeurer dans la maison du Seigneur et s'instruire dans son temple était sa joie quotidienne, et il y reçut beaucoup de bénédictions, et passa de nombreuses heures en douce communion avec son Père céleste... Dans son enceinte sacrée, les visions des cieux s'ouvrirent à son esprit, et son âme se délecta des richesses de l'éternité. » (History of the Church, volume 4, p. 194 ; Le Liahona, mai 2005, p. 67)
 
James E. Faust a déclaré : « Nos temples constituent un sanctuaire où nous allons pour oublier les soucis du monde. Nos temples sont des lieux de paix et de tranquillité. Dans ces sanctuaires Dieu 'guérit ceux qui ont le cœur brisé, et panse leurs blessures' » (Le Liahona, juillet 2005, p. 4). Il a ajouté : « Nous devons aller au temple, entre autres raisons, pour sauvegarder notre sainteté personnelle et celle de notre famille » (Le Liahona, mai 2005, p. 67).

Gordon B. Hinckley a également déclaré : « Je suis convaincu que chaque homme et chaque femme qui va au temple avec sincérité et foi ressort meilleur de la maison du Seigneur. Nous avons toujours besoin de nous améliorer dans la vie. Nous avons besoin de temps en temps de quitter le bruit et le tumulte du monde qui nous entoure et d'entrer dans une maison sacrée de Dieu pour y ressentir son esprit dans un cadre de sainteté et de paix » (L'Étoile, janvier 1996, p. 63-64). Ce à quoi David A. Bednar, du Collège des Douze, a ajouté : « Pensez aux raisons pour lesquelles nous nous livrons au culte dans la maison du Seigneur et lors de nos réunions du sabbat : Avant tout pour rechercher les bénédictions et les enseignements du Saint-Esprit. » (Le Liahona, novembre 2010, p. 96).

Plus récemment, D. Todd Christofferson, des Douze, a écrit : « Nous parlons parfois de l’œuvre du temple, mais nous devrions également parler du repos au temple. J’encourage chacun de vous à rechercher le repos et à vous ressourcer chaque semaine dans le respect du sabbat et au temple. » (Facebook, 7 juillet 2021)
 
Dans le temple, le culte et le service, qui sont deux aspects de l'Évangile de Jésus-Christ, sont étroitement liés. Ainsi liés, ils sont difficilement quantifiables.
 
De plus, la quantification suscite la performance qui, elle-même, suscite les comparaisons. Au temple, la performance est positive aussi longtemps qu'elle traduit le souci de secourir des âmes et qu'elle ne se prête pas à des comparaisons.
 
Tous ne vont pas au temple en bénéficiant de la même condition physique, de la même santé mentale, de la même force spirituelle, ni avec les mêmes aspirations. Certaines personnes vont y trouver un refuge, une protection. D'autres vont y chercher la révélation. D'autres, la régénération spirituelle. D'autres viennent s'instruire à la « grande école », à la « maison d'apprentissage » qu'est le temple (Boyd K. Packer, The Holy Temple, Bookcraft, 1980 ; Le temple sacré, 1982, 1983, p. 5 ; 1998, p. 6 ; Se préparer à aller au saint temple, 2003, p. 7), à « l'université qui prépare à la vie éternelle » (Enzio Busche, L'Étoile, juillet 1989, p. 64). D'autres encore sont impatients de sauver ceux qui les ont précédés ici-bas. Tout cela est vécu à travers le service aux défunts, mais dans des dispositions physiques et mentales différentes selon les personnes.
 
C'est pourquoi, selon les instructions de l'Église, les dirigeants incitent chaque membre doté à se rendre au temple aussi souvent que sa situation et les besoins de sa famille le lui permettent, mais ne fixent pas de quotas ni ne créent de système de rapports d'assistance au temple (voir Manuel général d'instructions, 25.1.1).
 
 
8. L'ingérence et le recours
 
Dans 2 Samuel 6:1-11 et 1 Chroniques 13:1-14 est rapportée l'expérience d'Uzza que Teddy E. Brewerton, du Premier collège des soixante-dix, a résumée ainsi : « Le peuple avait été averti de ce qu'il ne devait pas toucher l'arche, symbole de l'alliance. Mais quand les bœufs trébuchèrent et qu'il sembla que l'arche allait tomber, Uzza tendit la main pour la redresser et fut immédiatement tué par le Seigneur. » (L'Étoile, octobre 1981, p. 126)
 
John Taylor (1808-1887) et plus tard David O. McKay (1873-1970), anciens présidents de l'Église, ont enseigné que l'équivalent moderne de la faute d'Uzza consistait à vouloir « manipuler la prêtrise », à « sortir de notre propre sphère et d'essayer sans en avoir l'autorité de diriger les efforts d'un frère », ce qui est le cas « des hommes qui, négligeant leurs propres responsabilités, passent leur temps à trouver des fautes à autrui » (Ancien Testament, Manuel de l'Étudiant, Religion, Cours 301, 1987, p. 290). David O. McKay a ajouté que l'équivalent moderne du châtiment d'Uzza était la mort spirituelle (op. cit.).
 
Au vu de ces déclarations, nous pourrions croire qu'il n'y a pas, dans l'Église, de recours face aux erreurs d'un dirigeant ou à ce qui peut nous sembler être une erreur. Dans son livre À la manière du Seigneur, Dallin H. Oaks enseigne que ces recours existent, mais qu'ils doivent s'opérer à la façon du Seigneur et non à la façon du monde.
 
Selon lui, il y a des recours, mais ce ne sont pas les mêmes ni les mêmes procédures que ceux utilisés à l'égard des dirigeants d'autres organisations (op. cit. p. 200). Avant de les énoncer, Frère Oaks rappelle le principe selon lequel nous devrions nous conduire de telle façon que nos pensées et nos actions ne nous privent pas de la compagnie et des directives de l'Esprit du Seigneur (op. cit. p. 200).
 
Il énonce ensuite les recours possibles, comme celui de faire part en privé de nos différends au dirigeant concerné. Il propose que cela se fasse dans un entretien privé, lorsque c'est possible, ou par lettre ou autre, et souligne que de nombreux différends pourraient être résolus si seulement nous en discutions en privé avec les personnes concernées. Selon lui, certains différends n'auraient plus lieu d'être une fois que ces échanges en privé auraient permis de se rendre compte qu'il s'agissait de malentendus. D'autres différends seraient temporairement mis de côté en acceptant de ne pas être d'accord (op. cit. p. 202-203).
 
Une autre possibilité énoncée par Frère Oaks est de s'adresser à l'officier de l'Église qui a autorité sur la personne soupçonnée être dans l'erreur ou dans la transgression. Il cite la Bible qui appelle cela « le dire à l'Église » (Matthieu 18:17). Il ajoute que cette démarche doit avoir lieu en privé, ceci non pour dissimuler les faits, mais pour augmenter les possibilités de se corriger et de s'améliorer (op. cit. p. 203).
 
Frère Oaks souligne l'importance de résoudre ses différends en privé. Selon lui le débat public, qui est le moyen de résoudre les différends dans un gouvernement démocratique, n'est pas approprié dans le gouvernement de l'Église. Il nous rappelle que nous sommes tous soumis à l'autorité des serviteurs du Seigneur qui ont été appelés et soutenus, qu'ils sont et que nous sommes gouvernés par les conseils de l'Esprit du Seigneur, que cet Esprit n'agit que dans une atmosphère d'unité, et que c'est pourquoi les différends personnels doivent être traités en privé et sans querelle. Il ajoute qu'il n'y a rien de mal à débattre de nos différends en privé, pourvu que cela se fasse dans un esprit d'amour (op. cit. p. 201).
 
Frère Oaks mentionne encore d'autres possibilités, comme ignorer le différend (op. cit. p. 201), réserver son jugement à plus tard et attendre (op. cit. p. 202), et prier pour trouver une solution au problème. Il enseigne que nous devrions prier pour le dirigeant qui selon nous est dans l'erreur, en demandant au Seigneur de remédier à la situation si besoin est, et qu'en même temps, nous devrions prier pour nous-mêmes, en demandant au Seigneur de nous éclairer si nous sommes dans l'erreur (op. cit. p. 204-205).

Frère Oaks affirme qu'une personne qui appréhende dans un esprit de prière un différend avec un dirigeant de l'Église reste en accord avec l'Esprit du Seigneur et qu'en agissant ainsi elle s'adresse directement à celui qui peut résoudre le problème. Il ajoute que la solution peut venir sous forme d'inspiration donnée à ce dirigeant ou, pour la personne qui prie, par une compréhension, une force et une patience accrues (op. cit. p. 204-205).
 
Frère Oaks rappelle enfin que les cinq possibilités énoncées ci-dessus sont à la disposition des personnes ayant une divergence d'opinion avec leurs dirigeants ; que le meilleur moyen dépend des circonstances et de l'inspiration qui guide ceux qui prient sincèrement. Selon lui, en suivant ces recommandations, les membres de l'Église peuvent agir pour la correction d'un dirigeant ou un changement de politique. Il ajoute que ceux qui le font avec de bonnes intentions n'affligeront pas l'Esprit du Seigneur, qu'ils ne se couperont pas de leurs dirigeants ou de leurs frères et sœurs dans l'Église (op. cit. p. 205).
 
 
9. La critique et l'apostasie
 
Bien que la critique et l'apostasie soient apparentées, l'une étant souvent la cause ou la conséquence de l'autre, elles n'ont pas la même gravité et sont traitées différemment dans l'Église. L'apostasie est sanctionnée par la discipline de l'Église alors que la critique ne l'est pas, si ce n'est à de rares exceptions dans l'histoire de l'Église. L'apostasie se manifeste de différentes façons, par exemple en s'opposant publiquement à l'Église ou à ses dirigeants de manière répétée, claire, ouverte et délibérée. Malgré ce qui les distingue, il peut nous arriver, en tant que dirigeant, d’être tenté d'assimiler la critique à l'apostasie et d'en appliquer la même sanction.
 
Dans son livre intitulé À la manière du Seigneur, Dallin H. Oaks parle des membres de l'Église qui critiquent publiquement les dirigeants de l'Église. Il explique que tout au long de son histoire, l'Église et ses dirigeants ont été critiqués par certains membres, mais que l'action disciplinaire de l'Église à l'encontre de tels membres a été rare ou inexistante.

Il dit que ceux qui persistent dans leurs critiques se punissent eux-mêmes ; qu'en se retranchant délibérément de ceux que le Seigneur a appelés en qualité de dirigeants (locaux ou généraux) de son Église ils se privent des conseils de l'Esprit du Seigneur, s'éloignent progressivement de la prière, des Écritures, de l'assistance aux réunions de l'Église et de l'obéissance aux commandements, perdent inévitablement leur spiritualité et passent à côté des bénédictions. Il ajoute que, comme l'a observé Néphi, ceux qui succombent à l'orgueil et aux « œuvres des ténèbres » sont sur le chemin de la destruction spirituelle, « car l'Esprit du Seigneur ne luttera pas toujours avec l'homme » (2 Néphi 26:10-11) (op. cit. p. 205).
 
Pour revenir au sujet de l'apostasie et en préciser la définition, Frère Oaks cite Georges Q. Cannon (1827-1901), du Collège des Douze (1869), qui concevait qu'un homme puisse avoir un point de vue différent de celui des Autorités de l'Église sans pour autant être un apostat, mais qui ne pouvait concevoir qu'un homme publie ces différences de vue et cherche à diviser l'Église et à lutter contre les Autorités au moyen d'arguments, de sophismes et de plaidoyers présentés sous un mauvais angle sans qu'il soit considéré comme un apostat, car une telle conduite était de l'apostasie, tel qu'il comprenait ce terme (op. cit. p. 246-247 ; voir George Q. Cannon, Gospel Truth, ed. Jerreld L. Newquist, Deseret Book Co., 1987, p. 493).
 
 
10. Les réunions de dirigeants

Les embellissements
Le modèle donné

Les réunions de dirigeants de l'Église sont, pour la plupart, des réunions de présidence, de comité et de conseil.

Les embellissements

Au fil des décennies nous avons, partout dans l'Église, embelli ces réunions en y ajoutant des usages non prévus à l'origine et n'ayant jamais figuré dans les instructions de l'Église. Si nous utilisons le verbe « embellir », c'est pour citer M. Russell Ballard, des Douze, qui a exhorté les dirigeants locaux à ne pas « embellir » ou « compliquer » leur appel, à ne pas nécessairement l'« agrandir », mais à plutôt le « simplifier » (Le Liahona, novembre 2006, p. 19).
 
Parmi ces embellissements, mentionnons :

a. La lecture et le soutien à main levée du procès-verbal de la réunion précédente
b. La pensée spirituelle et la formation des dirigeants
c. La direction des réunions par le secrétaire exécutif

a. La lecture et le soutien à main levée du procès-verbal de la réunion précédente

Bien qu'en France l'Église soit inscrite en tant qu'association et que le soutien à main levée des procès verbaux des assemblées soit une pratique réglementaire des associations, les instructions de l'Église sur les réunions de présidence, de comité et de conseil ne mentionnent pas cet usage. Même si, à d'autres moments, les mainlevées font partie des usages de l'Église, le soutien à main levée des procès-verbaux des réunions est une pratique propre au fonctionnement des associations et des diverses instances de notre démocratie comme les conseils d'administration, les conseils d'établissement et les conseils municipaux.

Bien qu'en France le bureau de l'association de l'Église suive les règles relatives aux assemblées des associations, ces règles ne concernent pas les réunions de l'Église elle-même. Lorsque, dans une réunion de l'Église, une décision doit être soutenue par une mainlevée, elle l'est sans attendre la réunion suivante. Si le quorum est nécessaire et n'est pas réuni, le soutien a lieu ultérieurement, mais pas dans le cadre d'une lecture de procès-verbal, cette lecture n'étant pas prévue par les instructions de l'Église.

La différence principale entre, d'une part, les conseils d'administration, les conseils d'établissement et les conseils municipaux et, d'autre part, les conseils de l'Église, réside dans la forme de gouvernement. Le gouvernement des associations, des établissements et des communes, ainsi que des départements, des régions, de la nation et des organisations intergouvernementales est démocratique tandis que celui de l'Église est théocratique. Bien que ces deux types de gouvernement comportent des points communs, l'Église n'est pas une démocratie. De même, si le gouvernement de l'Église comporte quelque ressemblance avec la direction d'une entreprise, l'Église n'est pas une entreprise. Ni démocratie ni entreprise, l'Église est gouvernée selon des critères qui lui sont propres.

b. La pensée spirituelle et la formation des dirigeants

Parmi les usages non mentionnés dans les manuels d'instruction mais pratiqués dans les réunions de dirigeants comme les conseils de paroisse, citons ce qu'on appelle la pensée spirituelle et la formation des dirigeants. Nous connaissons les bienfaits, en d'autres occasions, d'une pensée spirituelle et d'une séance de formation, cependant ces usages entrent dans la catégorie des embellissements dont a parlé M. Russell Ballard lorsqu'il a exhorté les dirigeants locaux à « simplifier » leur appel plutôt qu'à le « compliquer ». Nous pourrions traduire par alléger plutôt que surcharger. En un mot : aller à l'essentiel.

Bien sûr, les manuels d'instruction de l'Église n'interdisent pas l'utilisation de ces outils, mais elles ne les mentionnent pas. Ceci nous apprend que l'exercice spirituel censé assurer la transition des préoccupations profanes aux affaires du royaume et nous mettre au diapason de l'Esprit est la prière d'ouverture. Si la prière n'est pas suffisante pour permettre cette transition et cette mise au diapason, ce n'est pas parce qu'elle doit être complétée par d'autres pratiques, mais parce qu'elle doit être vécue avec davantage de foi. Ajoutons que si l'Esprit semble absent ou lointain au cours de la réunion, la prière reste la solution la plus efficace et l'évêque peut décider d'y avoir recours à tout moment de la réunion.

Si lorsque nous nous réunissons nous avons besoin de plus qu'une prière pour nous mettre au diapason de l'Esprit, c'est soit que nous ne bénéficions pas autant que nous le pourrions de la compagnie du Saint-Esprit à laquelle a droit tout saint des derniers jours, soit que la prière d'ouverture n'est pas assez fervente pour la recevoir. La solution pérenne à ce problème n'est pas l'ajout d'éléments non prévus qui détournent de son objectif le temps précieux du conseil, mais le renforcement de l'autonomie spirituelle des participants à la réunion, autonomie à laquelle l'Église travaille déjà.

Pour quelles occasions le programme des réunions de l'Église prévoit-il une pensée spirituelle ? La pensée spirituelle est mentionnée deux fois dans les manuels d'instructions de l'Église, une fois à propos des réunions spirituelles liées aux activités, une autre fois à propos des leçons du séminaire. Citons :

« Toute activité commence et éventuellement se termine par une prière. Elle peut inclure un cantique, une pensée spirituelle ou quelques propos d’un dirigeant. » (Manuel général d'instructions, 20.5.7)

« La leçon [du séminaire] doit commencer par une brève pensée spirituelle. La pensée spirituelle peut être un excellent moyen d’unir les élèves en tournant leurs pensées et leur cœur vers le spirituel. Elle peut aider l’instructeur et les élèves à ressentir l’Esprit et à être prêts à apprendre. Généralement, la pensée spirituelle suit un cantique et une prière et consiste en une pensée tirée des Écritures. Elle est surtout efficace lorsque les élèves expriment les sentiments et les idées qu’ils ont eus lors de leur étude personnelle des Écritures et qu’ils rendent témoignage. Les pensées spirituelles longues et touffues non seulement empiètent sur le temps de la leçon mais peuvent aller jusqu’à amener l’Esprit à se retirer. (Enseignement et apprentissage de l’Évangile : Manuel pour les instructeurs et les dirigeants des séminaires et instituts de religion, 2012, p. 17)

Nous trouvons une autre définition de la « pensée spirituelle » dans la littérature de l'Église en français. Elle date de 1964, lorsque la pensée spirituelle se pratiquait à la réunion de prière de l'École du dimanche. Citons : « Vient ensuite la pensée pieuse, une lecture frappante d’Écritures, de poésie ou autre texte. Le surintendant, ou un de ses conseillers chargé de cette responsabilité, désigne d’avance un membre de la faculté pour le faire. Cette pensée spirituelle ne doit pas dépasser deux minutes et demie. Ce peut être une expression de prière, l’esprit de témoignage, un exemple de sincérité, d’amour, de dévouement, de dévotion ou de service. » (L'Étoile, avril 1964, p. 123)

Aujourd'hui, la pensée spirituelle est plutôt définie comme une citation des prophètes anciens ou modernes, citation brièvement commentée ou laissée à la réflexion des auditeurs, pour leur édification.

Quant à la formation des dirigeants, si elle n'a pas lieu pendant les réunions de conseil, quand est-elle assurée ? Il existe deux réponses à cette question. D'abord, le Seigneur a déclaré : « Que chaque homme s’instruise de son devoir et apprenne à remplir l’office auquel il est désigné, et ce, en toute diligence » (D&A 107:99). Ainsi, la responsabilité de se former repose premièrement sur la personne qui a reçu l'appel. Le rôle du dirigeant de cette personne est de s'assurer qu'elle dispose de la documentation lui permettant de s'instruire de son devoir. L'autre réponse est que l'Église est organisée de sorte que chaque personne appelée reçoive une formation initiale et continue de son dirigeant direct au niveau de la paroisse ou du pieu ou par quelqu'un chargé de le faire.

Les réunions de conseil ne sont pas prévues pour remplacer la formation initiale et continue déjà incluse dans l'organisation de l'Église. Les réunions de conseil se concentrent sur le salut des personnes au service desquels les membres du conseil ont été appelés. Ce n'est plus le moment de se former, mais d'agir. Or, le temps passe souvent trop vite pour y parvenir en amputant ce temps par une formation qui est déjà assurée par d'autres instances. C'est pourquoi cette formation n'est pas prévue au programme des réunions de conseil.

En cette dernière dispensation, nous assistons à une accélération et à un rétrécissement du temps, phénomène naturel et universel qui s'amplifiera jusqu'à la Seconde Venue. En 1980, la durée des réunions du sabbat est passée de deux demi-journées à trois heures consécutives, puis en 2019 à deux heures consécutives. La même tendance à condenser est constatée dans l'évolution des cérémonies du temple au fil des décennies. En comparaison, quand nous continuons à tenir en semaine des réunions administratives qui durent une heure et demie ou deux heures, nous ne sommes pas en phase avec cette accélération et ce rétrécissement du temps dans le monde et dans l'Église.


Le 13 novembre 2010, lors de la réunion mondiale de formation des dirigeants, l'Église a proposé en vidéo un modèle de réunion du conseil de paroisse dont voici la retranscription en français. Ce modèle est complet, de l'ouverture de la réunion à l'annonce de la prière de clôture. Il ne contient ni pensée spirituelle ni formation et dure moins d'une demi-heure, sans les prières. En moins de trente minutes, tous les sujets de l'ordre du jour sont traités et le sont correctement. C'est une performance, mais c'est aussi un modèle à suivre.

À partir de ce modèle et de l'expérience, on peut raisonnablement estimer à 45 minutes la durée moyenne et à 60 minutes la durée maximum d'un conseil de paroisse bien préparé et bien mené et ce, indépendamment de sa fréquence. Au-delà, nous ne sommes plus en phase avec l'accélération universelle du temps et nous prolongeons la réunion de conseil au détriment éventuel des participants et de leurs familles. Comme le précisent les instructions de l'Église : « Le conseil de paroisse se réunit normalement une fois par semaine, mais peut se réunir moins fréquemment. La réunion ne dure généralement pas plus d'une heure » (Manuel général d'instructions, 29.2.5).

Prendre cinq minutes pour une pensée spirituelle, ce qui équivaut à deux discours de l'École du dimanche d'avant 1980, et dix minutes pour une formation qui est prévue à d'autres moments par le programme de l'Église, c'est amputer la réunion du conseil d'un quart de sa durée ou davantage alors que ce temps est destiné à mettre les compétences et l'expérience des membres du conseil au service de la progression de la paroisse. En d'autres termes, c'est détourner la réunion de son objectif.

À titre exceptionnel, on peut ressentir que la prière d'ouverture n'a pas été suffisante pour attirer l'Esprit et qu'une pensée spirituelle ou une séance de formation compensera un manque de spiritualité, cependant quand l'exception devient la règle, c'est peut-être parce que nous ne faisons pas confiance en la capacité des membres du conseil de venir à la réunion accompagnés de l'Esprit du Seigneur. Quand nous supposons qu'ils ont besoin d'inspiration et de formation au moment même où ils viennent nous aider à édifier la paroisse en s'y étant préparés, nous sous-estimons leur capacité spirituelle et leurs qualifications.

Vu la durée relativement réduite de la réunion du conseil de paroisse (une heure), en transformant un quart de cette réunion en réunion d'édification spirituelle et de formation, nous utilisons le conseil à une autre fin que celle qui est la sienne, le temps passé à s'édifier et à se former mutuellement n'étant pas passé à prendre soin de l'ensemble des membres de la paroisse. Ce faisant, nous sous-estimons la spiritualité et la compétence des membres du conseil et nions par là même la capacité de l'Église de rendre spirituellement indépendants ses membres, y compris les participants à la réunion du conseil. Enfin, nous ajoutons du poids à la charge du secrétaire exécutif à qui revient de solliciter les personnes qui assureront la pensée spirituelle et la formation.

Si le programme de l'Église ne permet pas de rendre spirituellement autonomes les membres du conseil de paroisse ou de pieu, au point qu'il soit nécessaire de les édifier et de les former alors que nous disposons de peu de temps pour mettre leur foi, leur expérience et leurs compétences au service des autres membres de la paroisse ou du pieu — Si l'Église ne parvient pas à rendre autonomes les membres de ces conseils, qui parviendra-t-elle à rendre spirituellement autonome ? Si nous ne sommes pas encore prêts à agir après la prière d'ouverture mais avons besoin d'autres exercices spirituels, pendant encore combien d'années aurons-nous besoin de ce renfort non prévu dans le programme des conseils ?

Dans combien de temps les membres des conseils seront-ils suffisamment autonomes spirituellement pour pouvoir, sans autre préambule que la prière, œuvrer à l'autonomie spirituelle des membres de leur paroisse et de leur pieu ? N'ont-ils pas la responsabilité de leur propre autonomie avant celle des autres ? Pendant encore combien d'années le temps déjà court passé à tenir conseil sera-t-il raccourci par l'ajout d'exercices à cause d'un éventuel manque de préparation des membres du conseil ? Tenir conseil d'une part, s'édifier et s'instruire mutuellement d'autre part, sont deux activités distinctes. La réunion du conseil est prévue pour tenir conseil, pas pour s'y préparer par l'édification et l'instruction, ces éléments étant censés avoir eu lieu en amont de façon autonome.

David A. Bednar, des Douze, a demandé : « Sommes-nous, vous et moi, des personnes qui se meuvent et cherchent la connaissance par la foi ou attendons-nous qu’on nous instruise et qu’on nous meuve ? » (Le Liahona, septembre 2007, p. 20). Voici la réponse qu'il a donnée : « Nous ne devrions pas attendre de l’Église, en tant qu’organisation, qu’elle nous enseigne ou nous dise tout ce que nous devons savoir et faire pour devenir des disciples engagés et pour persévérer vaillamment jusqu’à la fin. Non, notre responsabilité personnelle est d’apprendre ce que nous devons apprendre, de vivre comme nous savons que nous devons le faire, et de devenir la personne que le Maître voudrait que nous soyons. » (Le Liahona, mai 2019, p. 102)

Répétons-le : L'exercice spirituel censé assurer la transition des préoccupations profanes aux affaires du royaume et nous mettre au diapason de l'Esprit est la prière d'ouverture. Si la prière n'est pas suffisante pour permettre cette transition et cette mise au diapason, ce n'est pas parce qu'elle doit être complétée par d'autres pratiques, mais parce qu'elle doit être vécue avec davantage de foi : la foi exercée par tous les participants à la réunion, pas seulement celle du porte-parole de la prière.

La pensée spirituelle et la minute de formation font partie des éléments ajoutés localement à une époque, sans jamais avoir été mentionnés dans le programme officiel de l'Église. Dans certaines régions, ces éléments ont traversé les décennies et perdurent. Les manuels d'instruction, élaborés pour une action uniforme des dirigeants de l’Église dans le monde entier (voir la Première réunion mondiale de formation des dirigeants, le 11 janvier 2003, p. 24) et régulièrement mis à jour, permettent de rectifier les usages locaux et périodiques. Quant aux modèles donnés, ils sont un complément illustratif des instructions.

La politique de l'Église est à la simplification de son programme. Cette politique de simplification, initiée en 1939 (voir Histoire de l'Église dans la plénitude des temps, Religion 341-343, 2002, p. 519-520), relancée en 1960 (op. cit., 2002, p. 562-563) et en 1978 (voir L'Étoile, octobre 1978, p. 180-181), se poursuit de nos jours (voir Le Liahona, novembre 2002, p. 56-57 ; Quentin L. Cook, Introduction to Handbook two and related principles, février 2011). Le 12 février 2011, lors de la réunion mondiale de formation des dirigeants consacrée au Manuel 2, Administration de l'Église, 2010, Russell M. Nelson a déclaré dans son discours de clôture : « Nous espérons simplifier les choses afin que le temps et les ressources des membres de l'Église soient employés avec une plus grande efficacité. »

En décalage avec cette politique de simplification et d'efficacité peuvent aisément perdurer des pratiques du passé héritées soit des instructions périmées, soit de la tradition orale. L'Église évolue à une telle rapidité que nous pouvons, sans nous en rendre compte, avoir plusieurs années de retard sur son évolution, voire plusieurs décennies dans certains aspects de cette évolution. Ce retard est très vite pris lorsque nous cessons de nous instruire de notre devoir (voir D&A 107:99) et ne sommes pas à jour des instructions et modèles donnés par l'Église.

c. La direction des réunions par le secrétaire exécutif

Dans certaines régions existe l'idée selon laquelle ce ne sont pas les membres des présidences qui dirigent les réunions de présidence, de comité et de conseil, mais les secrétaires exécutifs. Non seulement les instructions de l'Église ne mentionnent pas ce rôle dans la description de la tâche des secrétaires exécutifs de pieu et de paroisse, mais elles attribuent à l'officier président la direction de la réunion de présidence, de comité ou de conseil qui le concerne.

Précisons que les réunions de dirigeants sont présidées par le président et dirigées par lui-même ou, en son absence, par l'un de ses conseillers. Elles ne sont pas animées par quelqu'un d'autre. Dans l'Église, la notion d'animation des réunions, distincte de la direction, n'existe pas. On préside, on dirige ou on enseigne, mais on n'anime pas. On anime, dans le sens de présenter, un spectacle, dans le domaine des activités, mais pas les réunions ecclésiastiques. Animer une réunion de dirigeants revient à la diriger. Et dans une réunion de dirigeants, c'est celui qui préside qui dirige. En 1996, Boyd K. Packer, des Douze, a déploré que certaines réunions échappent à l'évêque et a déclaré : « Nos évêques doivent garder le contrôle des réunions » (Principes de direction, Religion 180 R, p. 111).

Les instructions stipulent que les dirigeants 1. préparent un ordre du jour pour chaque réunion ou demandent à quelqu'un d'autre de le préparer sous leur direction, 2. dirigent les réunions en expliquant chaque point à aborder, en encourageant la discussion, en posant des questions, en écoutant attentivement, etc. (voir Manuel général d'instructions, 7.1.1.3 ; voir également : Guide de la branche, 2001, p. 19). Selon le Guide des dirigeants de la prêtrise et des auxiliaires, celui qui prépare l'ordre du jour détermine le temps imparti à chaque point (voir p. 20), ce qui permet, dans le temps de la réunion, de traiter de tous les sujets prévus.

B. Le modèle donné

Dans le modèle vidéo d'une réunion du conseil de paroisse donné lors de la réunion mondiale de formation des dirigeants du 13 novembre 2010, on constate l'absence de rituels ajoutés ici et là au fil des années : absence de lecture et soutien du procès verbal de la réunion précédente, absence de pensée spirituelle, absence de minute de formation. On constate enfin que la réunion est dirigée par l'évêque lui-même et qu'après la prière, le temps de la réunion et les compétences des participants sont totalement consacrés au salut temporel et spirituel des membres de la paroisse.

Cette séquence vidéo nous permet d'apprendre par l'observation. En 1996, Boyd K. Packer nous a exhortés à apprendre par l'observation. Il a déclaré : « Nous apprenons par l’expérience personnelle et par l’observation… Apprenez de ce grand modèle : les choses que nous acquérons rien qu’en observant et en participant… L’Église ira de l’avant et va de l’avant ; et c’est uniquement parce que les membres de la base apprennent par l’observation, l’enseignement et l’expérience. Par-dessus tout, nous apprenons parce que nous sommes motivés par l’Esprit » (Principes de direction, Religion 180 R, p. 106-112).

Ceci nous apprend non seulement à examiner le fond des événements, mais aussi à être observateur de la forme. Ce principe nous servira de guide au cours des chapitres suivants.

Dans le même discours, frère Packer explique que tout n'est pas écrit et que nous apprenons non seulement par l'écrit (les manuels publiés) mais aussi par le non écrit (l'exemple donné par les dirigeants, d'où l'importance de l'observation). En ce qui concerne le conseil de paroisse, nous avons les deux : l'écrit grâce au Manuel d'instructions et le non écrit grâce à cette séquence vidéo. Nous avons à la fois les instructions et l'exemple donné.

Les instructions et le modèle de l'Église à propos du conseil de paroisse sont donnés non seulement pour montrer les procédures, mais aussi pour rectifier les usages. Selon ces instructions et ce modèle, après la prière d'ouverture, l'évêque passe aux sujets à traiter par le conseil. En ajoutant au conseil de paroisse des usages étrangers aux instructions publiées et aux modèles donnés, nous l'embellissons, selon le vocabulaire de frère Ballard.

Pour remédier à ce travers, un excellent exercice consiste à lire les instructions et à regarder le modèle vidéo de l'Église en se posant 3 questions préalables :

1. Qui participe ? Invitons-nous systématiquement certaines personnes qui ne figurent pas parmi les participants ?
2. Qui dirige ? Est-ce que nous confions systématiquement la direction à un autre officier que l'officier président ?
3. Quels sont les exercices d'ouverture ? Ajoutons-nous systématiquement des exercices à la prière d'ouverture ?

La réponse à ces questions est un bon indicateur de la nécessité d'un recadrage vers les instructions et le modèle de l'Église.
 

11. Les réunions publiques

Définition
Éléments divers

Définition

Les réunions publiques de l'Église sont les réunions des horaires groupés du dimanche (Sainte-Cène, collèges de prêtrise, organisations auxiliaires) et quelques autres réunions comme les conférences de pieu, les conférences régionales et les conférences générales.

 
Les instructions de l’Église font mention des réunions publiques dans deux domaines : Les réunions de l’Église et l’action disciplinaire de l’Église.
 
Dans D&A 46:3 le Seigneur dit : « Néanmoins, il vous est commandé de ne jamais chasser qui que ce soit de vos réunions publiques, qui se tiennent devant le monde ». Les réunions publiques de l'Église sont ouvertes aux membres et aux non membres, y compris aux personnes excommuniées ou disqualifiées.
 
Dans le chapitre précédent et dans celui-ci nous reprenons cette classification des réunions de l’Église en deux catégories complémentaires : Les réunions de dirigeants et les réunions publiques.
 
Éléments divers

A. La réunion de prière
B. La présence d'une autorité
C. Le prélude musical
D. Les annonces
E. L'annonce des prières

F. Les prières collectives
G. Usages liés à l'ordonnance de la Sainte-Cène
H. Les discours
I. Le rôle des interprètes
J. L'utilisation du postlude musical
K. Les réunions de l'Église dans une salle de spectacle

A. La réunion de prière
 
La réunion de prière
n'existe plus depuis 1998. Elle consistait en une micro réunion préalable à la réunion de Sainte-Cène entre ceux qui y prenaient une part active. En 1990, elle a été rebaptisée réunion de planification (traduit de planning meeting) dans le Manuel du dirigeant de la prêtrise de Melchisédek (réf. 31184 140). Finalement, en 1998 cette réunion a été soustraite des instructions de l'Église et, depuis, elle n'est plus mentionnée. Cette soustraction a été confirmée par Russell M. Nelson lors de la réunion mondiale de formation des dirigeants, le 21 juin 2003, quand il a déclaré : « Il n’est pas nécessaire de tenir une réunion de prière avant la réunion de Sainte-Cène. » (Le Liahona, août 2004, p. 13)

B. La présence d'une autorité

Lorsqu'un membre de la présidence de pieu ou une autorité supérieure visite une paroisse, il préside les réunions. Même si sa visite est imprévue, le membre de l'épiscopat qui dirige la réunion de Sainte-Cène lui demande s'il a l'intention de prendre la parole et pendant combien de temps. On n'attend pas que l'autorité demande à prendre la parole. C'est une question d'égard vis-à-vis de l'autorité qui préside la réunion. Le membre de l'épiscopat prend ensuite les mesures nécessaires pour que l'autorité présidente dispose du temps lui permettant de délivrer son message. Pour ce faire, on peut, avant la réunion, demander aux orateurs de raccourcir légèrement leur intervention. On peut aussi demander au directeur musical de ne pas faire chanter l'intégralité des couplets des cantiques. Le membre du grand conseil du pieu chargé de visiter la paroisse, bien qu'il ne préside pas la réunion de Sainte-Cène, a droit aux mêmes égards, en tant qu'envoyé de l'autorité supérieure.

C. Le prélude musical

Les enseignements des officiers généraux de l'Église sur le prélude musical en font un moment de recueillement et de révélation (voir L'Étoile, janvier 1992, p. 25 ; janvier 1995, p. 73 ; Le Liahona, août 2004, p. 13 ; mai 2007, p. 13 ; mai 2009, p. 13 ; septembre 2009, Nouvelles de l'Église, p. 13 ; décembre 2009, p. 28-29 ; etc.)
 
Boyd K. Packer, des Douze, a déclaré : « L'organiste qui a la sensibilité nécessaire pour jouer calmement un prélude musical tiré du recueil de cantiques nous apaise et nous aide à méditer les paroles qui enseignent les choses paisibles du Royaume. Si nous sommes disposés à écouter, elles nous enseignent l'Évangile. » (L'Étoile, janvier 1992, p. 25)

Quelques années plus tard, il a ajouté : « Un prélude musical, joué avec recueillement, nourrit l'esprit. Il favorise l'inspiration. C'est un moment où, comme l'a dit le poète, 'on se tourne vers soi, et l'on demande à son cœur ce qu'il sait' (William Shakespeare, Mesure pour mesure, acte 2, scène 2, vers 136-137). N'empêchez pas les autres d'écouter le prélude musical, car le recueillement est indispensable à la révélation. Dieu a dit : Arrêtez, et sachez que je suis Dieu (Psaumes 46:11). » (L'Étoile, janvier 1995, p. 73)
 
De même, M. Russell Ballard, des Douze, a écrit :

« Dans nos salles de culte, le bruit et la confusion qui précèdent les réunions de Sainte-Cène indiquent que nous ne comprenons pas bien ce qu’est la révérence... Comme ce serait merveilleux si, en entrant dans la salle de culte, nous pouvions, pour nous préparer à la réunion de Sainte-Cène, méditer paisiblement pendant quelques minutes sur nos bénédictions que sont la paix, le pardon, l’amour, la miséricorde, la compréhension et le plus grand de tous les dons : La vie éternelle rendue possible grâce à la vie et au sacrifice de Jésus-Christ. Vous n’avez pas idée des découvertes que nous pouvons faire, des leçons que nous pouvons apprendre, si nous prenons cinq ou dix minutes avant chaque réunion de Sainte-Cène pour écouter le prélude musical joué doucement et pour méditer sur notre vie et sur celui que nous sommes venus adorer. » (La force dans le conseil : Comment délibérer en conseil pour le bien de l'Église et de la famille, 1997, chapitre 9)

Russell M. Nelson a déclaré à propos du prélude à la réunion de Sainte-Cène : « Pendant ce moment de quiétude, le prélude musical ne doit pas être joué trop fort. Ce moment n’est pas fait pour les conversations ou la transmission de messages, mais pour la prière et la méditation ; c’est un moment où dirigeants et membres se préparent spirituellement pour la Sainte-Cène. » (Le Liahona, août 2004, p. 13)

Bien sûr, ces enseignements sur le prélude musical transparaissent également dans les instructions de l'Église (voir Manuel général d'instructions, 29.2.1.3).

Il est intéressant de remarquer comme, dans la chapelle du temple, la musique est particulièrement douce, tout juste perceptible. De même, nous devrions être incités au calme par une musique douce avant le début de la réunion de Sainte-Cène.

Puique frère Packer nous demande de ne pas empêcher les autres d'écouter le prélude musical et que frère Nelson ajoute que ce moment n'est pas fait pour les conversations, il va sans dire que les salutations doivent avoir lieu avant le début du prélude musical, ou bien avant d'entrer dans la salle de culte, ou encore après la réunion de Sainte-Cène. Si un échange de propos doit impérativement avoir lieu pendant le prélude musical, il se fait en chuchotant, ou par un simple signe.

Pour favoriser l'écoute du prélude musical, on peut adjoindre à l'orgue un choeur ou des instruments parmi ceux habituellement
utilisés à la réunion de Sainte-Cène (ceux du quatuor à cordes et la plupart des bois) ou les deux. Autant une prestation musicale de ce genre ne convient pas en postlude, comme nous le verrons plus loin, autant elle a des avantages en prélude : elle suscite non seulement la révérence, mais aussi la ponctualité, car plus la musique est jouée avec sensibilité (voir Boyd K. Packer cité plus haut), plus elle est belle et plus les membres de l'assemblée arrivent tôt pour bénéficier des talents musicaux de la paroisse. Cette tradition peut devenir salutaire en ce sens que les membres de l'assemblée qui savent que la prestation est de qualité s'organisent pour arriver avant le début du prélude afin de ne pas le manquer. C'est ainsi que les vertus de la musique poussent à la ponctualité en plus de susciter la révérence.

À partir de juin 2024, des cantiques ont été ajoutés à ceux du recueil, avec l'invitation (vidéo en bas de page) de les faire entendre pendant le prélude de la réunion de Sainte-Cène afin que les membres de l'assemblée se familiarisent avec les nouvelles mélodies. Cette invitation est une occasion en or pour créer une tradition de prélude musical de qualité qui inclut les talents musicaux de la paroisse et pour encourager la ponctualité du plus grand nombre.


D. Les annonces

Les instructions de l'Église spécifient que les annonces doivent être limitées au minimum et que la plupart des annonces peuvent être envoyées électroniquement ou faites lors d’autres réunions (voir Manuel général d'instructions, 29.2.1.4).

Un rappel ne dure que 3 à 4 secondes. Par exemple : le conseil de paroisse aura lieu tel jour à telle heure (moins de 4 secondes) ; le chœur répétera à telle heure après les réunions (idem) ; nous rappelons l'arbre de Noël samedi à 16h (idem) ; etc. Ces rappels sont toujours des rappels pour certains, mais de nouvelles informations pour d'autres, d'où leur utilité. Se priver d'annonces essentielles mais brèves n'est pas l'objectif des instructions. Il est demandé qu'elles soient « limitées au minimum », pas qu'elles soient totalement éradiquées.

D'autre part, il arrive fréquemment que lorsqu'aucune annonce n'est prévue, le membre de l'épiscopat qui dirige la réunion spécifie qu'il n'y aura pas d'annonce, ce qui est parfaitement inutile. L'absence d'annonce parle d'elle-même. « Nous n'avons pas d'annonce à faire aujourd'hui » est déjà une annonce en soi. S'il n'y a pas d'annonce à faire, profitons-en pour ne pas transformer cette nouvelle en annonce. Nous gagnerons ainsi le temps d'une annonce.

E. L'annonce des prières

« Untel offrira la prière » est un anglicisme. En français, on offre un sacrifice, mais on fait une prière. Pour s'exprimer correctement, on dit : « Untel fera la prière ». L'expression « faire la prière » est le terme correct qui est utilisé lors de la conférence générale, lors de la dotation du temple, ainsi que dans les saintes Écritures (voir 1 Rois 8:29 ; 2 Rois 20:2 ; 2 Chroniques 6:40 ; 7:15 ; Esdras 10:1 ; Marc 11:25). « Untel va nous offrir la prière » comporte un double problème, car ce n'est pas à « nous » que la prière est faite, mais à notre Père céleste. Notre commentaire de l'anglicisme que constitue l'expression « offrir la prière » sera plus complet au chapitre 15.

F. Les prières collectives
 
Une instruction parfois ignorée est celle selon laquelle dans les réunions de l'Église les prières doivent être brèves (voir Manuel général d'instructions, 29.6). À ce propos, Russell M. Nelson a ajouté : « Une prière de clôture lors d’une réunion de l’Église n’a pas besoin de résumer chaque message et ne doit pas devenir un discours non prévu. Les prières en privé peuvent être aussi longues que nous le voulons, mais les prières publiques doivent être de brèves supplications pour demander que l’Esprit du Seigneur soit avec nous, ou de brèves déclarations de gratitude pour ce qui s’est passé. » (Le Liahona, mai 2009, p. 48)

À l'appui de cette consigne, nous pourrions citer l'Ecclésiaste qui dit, à propos de la prière : « Que tes paroles soient donc peu nombreuses… Car… la voix de l'insensé se fait entendre dans la multitude des paroles… Car, s'il y a des vanités… il y en a aussi dans beaucoup de paroles » (Ecclésiaste 5:1-2, 6). Outre la multiplication des paroles dénoncées par le Sauveur (voir Matthieu 6:7), une prière interminable a l'inconvénient de détourner l'attention de l'assemblée du message et de l'esprit des orateurs. Elle a aussi l'inconvénient de retenir en « otage » les membres de l'assemblée au moment où ils s'apprêtent à reprendre leur « souffle » après avoir été « accablés par l'Esprit » (1 Néphi 1:6-7) qui s'est manifesté pendant la réunion.
Une prière ne doit pas supplanter les messages reçus mais les prolonger avec simplicité.

Le porte parole de la prière ne doit pas détourner l'attention sur lui par la longueur de sa prière et s'imposer ainsi comme l'acteur principal de la réunion, mais laisser cet honneur aux orateurs qui ont su apporter l'Esprit à la réunion. Et s'ils n'ont pas su le faire, ce n'est pas une prière longue qui le fera. Une prière brève suffira. Dans tous les cas, une prière brève suffit et est préférable à une prière interminable.

 
Le programme des réunions publiques de l'Église prévoit que les prières (ouverture, Sainte-Cène, clôture) soient précédées d'un cantique (voir Manuel général d'instructions, 29.2.1.1 ; Guide de la branche, 2001, p. 16). Le cantique nous prépare à ce qui suit et le met en valeur. Ainsi le cantique et la prière forment un tout de sorte qu'il n'est pas prévu d'interruption entre ces deux éléments, que ce soit par une intervention au pupitre ou par un long silence pendant le déplacement du porte-parole de la prière. C'est pourquoi il est d'usage que ce dernier, s'il n'assiste pas à la réunion assis sur l'estrade, se rende sur l'estrade pendant la phase finale du cantique ou, mieux, aille s'asseoir sur l'estrade pour y chanter le cantique afin d'éviter de faire ce déplacement juste avant la prière.
 
Généralement, ceux qui sont désignés pour faire la prière n'appliquent ces consignes de ponctualité et de brièveté que s'ils en ont été informés.

Rappelons que les prières ne se font pas à la première personne du singulier, ni en vouvoyant le Père, comme le font parfois de récents convertis. Le porte-parole de la prière s'exprime pour l'ensemble des membres de l'assemblée, c'est pourquoi il utilise la première personne du pluriel. Et, comme c'est l'usage dans nos Écritures, on utilise le tutoiement pour s'adresser au Père.
 
Toujours dans le respect du caractère sacré de la prière et de sa mise en valeur par le cantique, la prière n'est pas annoncée après que le cantique ait été chanté, mais le cantique et la prière sont annoncés ensemble. Si, lorsque le cantique de Sainte-Cène a été chanté, les frères qui officient à la table de Sainte-Cène n'ont pas terminé de rompre le pain, l'organiste prolonge la musique jusqu'au moment de la prière. S'il n'y a pas d'accompagnement musical du cantique, les frères qui officient à la table de Sainte-Cène prévoient de commencer à rompre le pain suffisamment tôt pendant le cantique. Dans le cas d'un cantique court, et même dans tous les cas, il est prudent que les frères commencent à rompre le pain dès le début du cantique.

Toujours pour la même raison, si avant la prière de clôture les membres d'un chœur se déplacent pour chanter le cantique de clôture, ce chœur ne se disperse pas avant la prière de clôture, mais après. De même, si une annonce a été oubliée, elle se fait après la prière plutôt qu'entre le cantique et la prière, que ce soit en ouverture ou en clôture d'une réunion. Et dans les cas où l'on a omis de solliciter quelqu'un pour faire la prière ou que la personne choisie pour la faire oublie qu'elle a été sollicitée, plutôt que de venir au pupitre pour solliciter quelqu'un ou rappeler à l'ordre la personne choisie, l'officier qui dirige la réunion sollicite discrètement quelqu'un assis sur l'estrade ou fait la prière lui-même. Cela permet de ne pas interrompre la continuité de l'ensemble que constituent le cantique et la prière, l'un préparant à l'autre.

Notons une tendance des jeunes à prononcer la formule finale de la prière en accélérant leur débit jusqu'à rendre à peine compréhensibles les mots « au nom de Jésus-Christ. Amen. », comme par satisfaction d'avoir terminé la prière. Puisqu'à ce moment-là on prononce le nom du Fils de Dieu en s'adressant, au nom de l'assemblée, à Dieu le Père, on serait en droit d'entendre cette terminaison prononcée aussi respectueusement et distinctement que le reste de la prière.

Enfin, les prières se terminant « au nom de Jésus-Christ », on prononce le nom du Sauveur à la française et non à l'anglaise : en laissant muettes les deux dernières consonnes de « Christ ». Si « le Christ » se dit en les laissant entendre, « Jésus-Christ » se dit, en français, en les laissant muettes. Notre commentaire sur l'anglicisme qui consiste à prononcer les consonnes finales de « Jésus-Christ » sera plus complet au chapitre 15.

Le langage utilisé dans la prière sera développé aussi au chapitre 15.
 
G. Usages liés à l'ordonnance de la Sainte-Cène

a. Officier en chemise blanche
b. La prière de Sainte-Cène
c. La station des diacres pendant la prière
d. Prendre la Sainte-Cène de la main droite

a. Officier en chemise blanche

En 1995, Jeffrey R. Holland a lancé l'exhortation suivante :

« Je recommande que partout où c’est possible les diacres, les instructeurs et les prêtres chargés de la Sainte-Cène portent une chemise blanche. Pour les ordonnances sacrées de l’Église nous portons souvent des vêtements cérémoniels et la chemise blanche pourrait être le rappel discret des vêtements blancs que vous avez portés dans les fonts baptismaux et une préfiguration de la chemise blanche que vous porterez bientôt pour aller au temple et pendant votre mission.

« Cette simple suggestion n’est pas destinée à mettre uniquement l’accent sur l’apparence extérieure ni à être une règle stricte. Nous ne voulons pas de diacres ni de prêtres en uniforme ou qui se préoccupent indûment d’autre chose que de la pureté de leur vie. Mais la manière de s’habiller de nos jeunes peut nous enseigner à tous un principe sacré et peut, j’en suis sûr, établir une atmosphère de sainteté. Comme l’a enseigné un jour David O. McKay, « Une chemise blanche contribue au caractère sacré de la Sainte-Cène » (David O. McKay, Conference Report, octobre 1956, p. 89). (L'Étoile, janvier 1996, p. 76-77)

À ce propos, le Manuel général d'instructions mentionne, au paragraphe 18.9.3 : « Ceux qui administrent la Sainte-Cène doivent être bien soignés et propres. Ils ne devraient pas porter de vêtements ou de bijoux qui pourraient nuire au culte et aux alliances qui sont le but de la Sainte-Cène. Si l'évêque a besoin de conseiller un détenteur de la prêtrise sur de telles questions, il le fait avec amour. Il prend également en compte la maturité de la personne dans l’Église. »

Si ces instructions ne citent pas le port d'une chemise blanche, elles ne l'excluent pas. Par conséquent, la suggestion exprimée en 1995 par frère Holland reste tout autant valable en tant que suggestion et peut tout autant inspirer les jeunes aujourd'hui qu'à l'époque où elle a été exprimée.

b. La prière de Sainte-Cène

La prière de Sainte-Cène est une prière fixe. Cette prière étant récitée ou lue, elle peut facilement être détournée pour en faire un exercice de diction lorsque le détenteur de la prêtrise qui la prononce joue sur le débit, le volume sonore et l'emphase donnée à certains mots. L'expérience a cependant démontré que la meilleure diction est moins inspirée par le texte de la prière que par la pensée de la personne à laquelle elle est adressée.

Le porte-parole qui a prioritairement à l'esprit la personne à laquelle il s'adresse aura spontanément une diction qui sonnera juste à la fois aux oreilles de notre Père céleste et à celles des membres de l'assemblée. Si le ton pour s'adresser à Dieu est empreint de dignité, de sincérité, de modestie et de ferveur, comme un homme conscient de s'adresser au premier membre de la Divinité, sa diction sonnera juste aux oreilles des autres. La prière n'est pas un exercice de diction, mais un exercice de foi.

Bien sûr, la prière doit être prononcée de façon audible et intelligible, mais la meilleure garantie d'un ton juste est de fixer son esprit sur la personne à qui on s'adresse. On apprend ainsi, avant toute autre préoccupation, à « regarder vers Dieu » (Alma 37:47), le destinataire de la prière. Il s'agit davantage d'être conscient de s'adresser au Père que d'être préoccupé d'interpréter la prière, comme le ferait un acteur, pour en faire un texte pédagogique adressé aux auditeurs. On conserve ainsi à la prière sa dimension supérieure de prière et le ton utilisé pour la faire est le ton juste.

À propos de la prière de Sainte-Cène, le Manuel général d'instructions de l'Église donne les consignes suivantes : « L’évêque veille à ce que les prières de Sainte-Cène soient énoncées de manière claire, précise et digne. Si quelqu’un commet une erreur dans la formulation, mais se reprend, aucune autre correction n’est nécessaire. S’il ne corrige pas son erreur, l’évêque lui demande discrètement et gentiment de répéter la prière. Il veille à ce que cette demande ne soit pas trop embarrassante ou ne détourne pas l’attention de l’ordonnance. Si besoin, un autre frère présent à la table de Sainte-Cène aide. » (Manuel général d'instructions, 18.9.4)

Précisons que lorsque le porte-parole de la prière fait des fautes de prononciation parce qu'il ne maîtrise pas bien la langue française, il n'est pas nécessaire de lui faire répéter la prière dès lors que tous les mots ont été lus. Il est en effet trop tard pour donner un cours de prononciation à ce frère. La vérification de la prononciation des frères qui ne maîtrisent pas le français doit se faire en amont.

À propos de prononciation, rappelons
qu'en français le nom du Sauveur, « Jésus-Christ », se dit en laissant muettes les deux dernières lettres de « Christ », la dernière à être prononcée étant la voyelle i. Prononcer le « st » final, quand on dit « Jésus-Christ », est un anglicisme.

Remarquons aussi que les deux premiers mots de la prière de Sainte-Cène donnent à entendre « Odieux Père éternel » si l'on ne marque un bref arrêt entre Ô et Dieu. Traiter volontairement notre Père céleste d'odieux serait pire qu'une offense. L'association des deux syllabes « Ô Dieu » est aussi entendue dans le temple. Puisque dans certaines langues de la dotation la césure est faite, il est dommage que ce ne soit pas le cas dans la seule langue où l'absence de césure crée un problème de sonorité.


c. La station des diacres pendant la prière

La question se pose de savoir si, pendant les prières de Sainte-Cène, les diacres doivent être assis au premier rang ou debout devant la table de Sainte-Cène. Sur cette question, l'Église n'a pas pris position, préférant, dans ses modèles vidéos, représenter les deux usages (voir, par exemple, les situations présentées dans cette vidéo). Il revient aux dirigeants locaux et parfois aux circonstances de décider quelle pratique adopter. Chacune des deux solutions a son avantage et son inconvénient :

Lorsque les diacres sont debout devant la table de Sainte-Cène, ils forment un écran humain qui empêche l'assemblée de voir les emblèmes de la Sainte-Cène et le prêtre qui les bénit, comme s'ils devaient être cachés. Les membres de l'assemblée ne peuvent qu'entendre le prêtre. Certes, il n'y a pas de raison pour qu'ils soient observateurs pendant la prière, mais il n'y a pas non plus de raison pour que le prêtre et les emblèmes de la Sainte-Cène soient cachés pendant la bénédiction. D'un autre côté, lorsque les diacres restent assis pendant les prières, ils multiplient les stations : ils se lèvent pour distribuer le pain, se rassoient pour la bénédiction de l'eau, se relèvent pour la distribuer et finalement se rassoient ou se séparent pour rejoindre leur famille.

Une solution intermédiaire consiste à ce que lorsque les diacres se lèvent pour distribuer le pain, ils restent debout jusqu'au moment de distribuer de l'eau, mais cet emblème est alors caché quand les prêtres le découvrent et le bénissent. En procédant comme cela, la deuxième partie de l'ordonnance est cachée à la vue de l'assemblée alors que la première est visible. Cette solution laisse visible le retrait de la nappe recouvrant le pain mais rend invisible le retrait de la nappe recouvrant l'eau. Notons que la nappe représente le linceul du Christ (voir
Le Liahona, avril 2020, version numérique) et peut rappeler le drap recouvrant l'autel de la tente d'assignation (voir Nombres 4:6-13).

En laissant de côté la solution intermédiaire pour ne retenir que les deux premières, l'avantage de l'une est de laisser en permanence visibles les emblèmes de la Sainte-Cène, les retraits de la nappe qui les recouvre et les prêtres qui les bénissent. L'avantage de l'autre est de réduire les mouvements des diacres.

Le programme de la réunion de Sainte-Cène étant conçu sans interruption entre le cantique (ouverture, Sainte-Cène, clôture) et la prière qui suit le cantique, nous pourrions concevoir qu'il en soit de même entre le cantique de Sainte-Cène et la prière de Sainte-Cène, c'est-à-dire sans interruption par une mise en scène entre ces deux éléments.


Le cantique de Sainte-Cène doit s'enchaîner avec la prière de Sainte-Cène, raison pour laquelle les prêtres rompent le pain pendant le cantique. La levée des diacres entre le cantique et la prière interrompt cet enchaînement. Dans ce sens, le déplacement des diacres est préférable après la prière. En procédant de la sorte, les diacres se lèvent au moment d'agir, ce qui est cohérent. Reste ensuite le choix entre les maintenir en station debout ou les faire asseoir pendant la bénédiction de l'eau, l'une et l'autre solution ayant son avantage et son inconvénient, comme nous l'avons vu.

d. Prendre la Sainte-Cène de la main droite

Il y a quelques années, le manuel d'instructions de l'Église a été refondu, et depuis cette date il est diffusé sur le site de l'Église. Cette refonte était la première depuis que Russell M. Nelson est devenu président de l'Église. Dans ce manuel a été insérée une courte phrase qui n'avait jamais paru auparavant. Cette courte phrase fait partie des instructions aux membres quand ils prennent la Sainte. La voici : « Lorsque c’est possible, les membres se servent avec la main droite. » (Manuel général d'instructions, 18.9.4.7).

L'instruction paraît simple. Elle suscite cependant une question : Dans quelles conditions ne serait-il pas possible de prendre la Sainte-Cène avec la main droite ? Or la réponse a été donnée il y a 40 ans par quelqu'un qui deviendrait membre du Collège des Douze en 1984 et président de l'Église en 2018 : Russell M. Nelson.

Dans un article publié dans le magazine de l'Église de juillet 1983, Frère Nelson écrivait : « La main qui sert à prendre la Sainte-Cène devra logiquement être la même que celle qui sert à faire tout autre serment sacré. Pour la majorité d’entre nous, ce sera la main droite. Cependant, les alliances liées à la Sainte-Cène, ainsi que les autres alliances éternelles, peuvent se faire et se font par ceux qui ont perdu l’usage de la main droite ou qui n’ont pas de main du tout. »

Frère Nelson s'empressait ensuite de préciser que comprendre le caractère sacré de la Sainte-Cène est plus important que la main avec laquelle on la prend. Ceci étant dit, il ajoutait : « J'ai une main droite et je m’en sers pour prendre la Sainte-Cène, comme serment de toujours me rappeler le sacrifice expiatoire du Sauveur, de toujours prendre son nom sur moi, de toujours me souvenir de lui et de toujours garder les commandements de Dieu. Tel est l'honneur sacré qui se présente à tous les saints fidèles chaque jour de sabbat. »

À la lumière de cet article, nous comprenons à quoi fait référence le complément « Lorsque c’est possible » de l'instruction actuelle : C'est possible pour tous ceux qui ont une main droite en état de fonctionnement.

Au moment de l'article de frère Nelson paru en 1983 dans le magazine de l'Église, il n'était pas encore Autorité générale de l'Église mais avait cependant été représentant régional des Douze et, de 1971 à 1979, président général de l'École du dimanche. À l'époque ce ces responsabilités, la Sainte-Cène était administrée deux fois le dimanche : le matin dans le cadre de l'École du dimanche, et l'après-midi dans le cadre de la réunion de Sainte-Cène. Il est intéressant de remarquer que ce qu'un serviteur du Seigneur écrivait il y a 40 ans, lui tenait encore à cœur près de quatre décennies plus tard, au point de le faire inclure dans le Manuel d'instructions de l'Église, manuel devenu accessible par le monde entier.


Ce faisant, frère Nelson faisait écho à un autre serviteur du Seigneur,
Joseph Fielding Smith qui affirmait : « Nous prenons la Sainte-Cène de la main droite » (Doctrine du salut, tome 3, 1956, chapitre 6). Le prophète actuel n'était donc pas le premier futur président de l'Église à désigner la main droite comme servant à prendre part à l'ordonnance de la Sainte-Cène. 

Ceci étant dit, rappelons, comme frère Nelson, qu'être digne de prendre la Sainte-Cène est plus important que la main avec laquelle on la prend. Mais ajoutons que la conjonction des deux est une marque d'engagement encore plus complète. Si l'engagement est le même, la marque de l'engagement est plus complète.


Comme l'a expliqué Joseph Fielding Smith : « Il a été de coutume, dès les tout premiers temps, manifestement sur ordre divin, d'associer la main droite aux prestations de serment et quand il faut être témoin d'obligations ou les reconnaître. On a utilisé la main droite de préférence à la main gauche pour officier dans les ordonnances sacrées où l'on n'utilise qu'une seule main. » (op. cit)

À quoi Russell Nelson a ajouté : « La main droite suggère une préférence ou une faveur symbolique. » (op. cit.)

Aux parents à qui revient d'apprendre à leurs enfants comment prendre part à la Sainte-Cène, frère Nelson conseillait il y a 40 ans de le faire au foyer plutôt que pendant la réunion de Sainte-Cène. Il ajoutait : « S’il devient nécessaire de faire un rappel lors d’une réunion, on peut alors le faire calmement, avec patience et amour. »

Il rappelait aussi pourquoi on donne la Sainte-Cène aux enfants non baptisés de l'Église : « pour les éduquer, les préparer et les former, en préfiguration de l’alliance qu’ils feront quand ils arriveront à l’âge de raison. »

Si jusqu'ici nous prenions la Sainte-Cène de la main gauche, soyons rassuré : cela n'a pas rendu l'ordonnance invalide. Se servir avec la main droite est l'une des marques de notre engagement envers le Seigneur, la marque principale étant de prendre la Sainte-Cène.

H. Les discours

La plupart des nouveaux membres de l'Église n'ont jamais pris la parole en public et acceptent volontiers quelques conseils pour prononcer leurs premiers discours à l'église. Nous pouvons leur donner utilement des indications comme celles qui suivent. Précisons que ces indications décrivent un idéal atteint avec l'expérience des années, pas un idéal que l'orateur doit avoir atteint avant même de prononcer son premier discours. Par conséquent, les points mentionnés ici ne sont pas à prendre comme des conditions, mais comme un guide. Il appartient ensuite à chaque orateur de trouver son propre style qui, amplifié par le pouvoir du Saint-Esprit, diffère d'autant d'une personne à l'autre.

Signalons qu'une partie des idées développées ci-dessous est tirée du magazine de l'Église d'avril 1997 (voir aussi les numéros de mars 1980 et de novembre 1990.

Après les étapes de préparation du discours, comme rassembler les éléments, les organiser, les synthétiser et les mémoriser, venons-en directement à la prise de parole en énumérant quelques lignes directrices :

 Dans les grandes paroisses, l'orateur assiste à la réunion assis sur l'estrade. Mais s'il n'a pas été invité à s'assoir sur l'estrade et assiste à la réunion dans l'assemblée, l'orateur anticipe son déplacement jusqu'à l'estrade pour éviter une attente inutile. L'exemple est donné en conférence générale où les personnes chargées de faire une prière ou un discours se postent à quelques mètres du pupitre peu avant leur tour d'intervenir, particulièrement lorsque leur siège ne se situe pas à proximité du pupitre.

 Une fois le micro réglé, on ne se courbe pas au-dessus et on n'y colle pas ses lèvres, mais on se tient droit et on parle suffisamment fort, comme en faisant abstraction du micro. On n'adapte pas sa voix aux personnes qui entendent le mieux, mais à celles qui entendent le moins bien.

 On parle lentement et distinctement pour être compris de tout le monde. On n'adapte pas son débit aux esprits les plus vifs, mais aux personnes qui ne maîtrisent pas totalement la langue dans laquelle on s'exprime.

 Lire son discours sans quitter des yeux le texte posé sur le pupitre est le meilleur moyen de perdre l'attention de l'assemblée. Il est préférable de limiter ses notes aux idées principales et aux citations et de s'exprimer de façon libre et directe. Si néanmoins l'orateur doit lire, les conseils publiés dans L'Étoile d'août 1965 lui seront utiles. La parole libre et la lecture n'ont pas les mêmes vertus. La parole libre, même si elle est préparée, capte naturellement l'attention. La lecture, pour maintenir l'attention, exige d'adopter le bon rythme et d'avoir une expression naturelle et vivante. Mieux vaut une parole libre ponctuée d'arrêts dus à la réflexion qu'une lecture monocorde ou hâtive, ou ponctuée d'accidents de diction.

 On regarde le plus possible l’assemblée. Pour vaincre la peur du débutant, on peut choisir une personne de l'assemblée et la regarder comme si on s'adressait à elle. Une fois l'appréhension passée, il est préférable de porter son regard sur différentes parties de l'assemblée.

 On ne s'excuse pas par avance de la piètre qualité de son discours.

 On ne parle pas de la genèse de son discours : comment on a été sollicité pour le faire, ce qu'on a ressenti à cette occasion, comment on s'est préparé, ce que cette expérience nous a appris, etc., mais on aborde directement le sujet à traiter et on enseigne directement ce qu'on a appris. L'historique de la préparation peut être consigné dans un journal intime ou pourra être partagé avec les siens.

 Quand le sujet du discours est imposé, il n'est pas indispensable de commencer en l'énonçant, comme s'il s'agissait d'un devoir de classe. Il est plus pertinent de commencer par une histoire ou une question. Bien sûr, rien n'empêche d'énoncer le thème, mais on peut préférer laisser les membres de l'assemblée le découvrir par eux-mêmes.

 Quand on cite un texte dont on n'est pas l'auteur, on donne le nom de l'auteur. De plus, on ne lit pas un discours tiré du magazine de l'Église comme si on en était l'auteur. Non seulement ce n'est pas honnête, mais l'assemblée se rend vite compte que l'on use d'un langage qui n'est pas le sien et on perd en crédibilité.

 Un discours est plus vivant lorsqu'il est le fruit de l'expérience, de la réflexion et de la méditation de l'orateur que lorsque qu'il est constitué uniquement de citations. Brigham Young disait : « Je désire voir les anciens se lever ici, manifester leur esprit et dire ce qu'ils pensent lorsqu'ils sont seuls dans leurs méditations » (Journal of Discourses, volume 3, p. 237 ; voir aussi Discours de Brigham Young, comp. John A. Widtsoe, 1925, chapitre 29).

Russell M. Ballard, des Douze, se souviendra longtemps de la conférence générale d'avril 2001 où son discours consista à citer des propos 
du président Hinckley, notamment ceux prononcés la veille. L'orateur suivant était justement le président Hinckley. Après avoir remercié le chœur, il dit : « Merci, frère Ballard, d’avoir redonné mon discours », ce qui provoqua l'hilarité générale (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/2001/04/the-miracle-of-faith?lang=eng)

 Si on devient nerveux, on marque un temps d’arrêt, on respire profondément, on reprend ses notes et on continue.

 On reste concentré. On ne laisse pas un détail détourner son attention.

 L'orateur qui se place sous l'influence de l'Esprit peut être amené à modifier le message qu'il a préparé jusqu'à même s'en écarter, pour l'édification des auditeurs. Il peut aussi être amené à l'adresser à une personne de l'assemblée, comme l'a fait Thomas S. Monson dans le Tabernacle de Salt Lake City lors de la conférence générale d'octobre 1975. Il désigna une fillette sur le balcon à sa gauche et commença son discours en s'adressant à elle (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/1975/10/the-faith-of-a-child?lang=eng).

Plus de trente ans plus tard, lors de la conférence d'avril 2007, il raconta les circonstances et les conséquences de cette expérience de 1975 (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/2007/04/tabernacle-memories?lang=fra). Bien sûr, on n'interpelle pas un membre de l'assemblée à chaque fois qu'on prononce un discours. Frère Monson ne l'a fait qu'une fois en 55 ans d'apostolat, et sous l'influence de l'Esprit.

 Lorsque le programme de la réunion prévoit comme orateur une autorité en visite (un membre de la présidence de Mission, ou de pieu ou du grand conseil, voire une autorité interrégionale ou générale), l'usage veut que cet orateur prenne la parole en dernier. Si alors on est l'avant-dernier orateur, on adapte la durée de son discours pour laisser suffisamment de temps au dernier orateur. C'est ce que fit Howard W. Hunter, alors membre des Douze, lors de la conférence générale d'avril 1972, afin de permettre à frère Hugh B. Brown, de la Première Présidence, de parler.

Frère Brown n’avait pas été prévu au programme pour cause de mauvaise santé. Frère Hunter rangea le texte de son discours dans la poche intérieure de son veston et raconta une histoire brève mais marquante qui valait n'importe quel discours élaboré (voir https://www.churchofjesuschrist.org/study/general-conference/1972/04/a-teacher?lang=eng). Bien que son message (voir L'Étoile, février 1973, p. 63) dura moins de trois minutes, il marqua suffisamment les esprits pour qu'on s'en souvienne des décennies plus tard. Cependant, la plus grande leçon donnée ce jour-là fut celle de la déférence à l'égard de l'autorité.

À l'inverse, lors du passage de LeGrand Richards
, des Douze, dans une paroisse des États-Unis, les orateurs à la réunion de Sainte-Cène prirent bien soin de prononcer l'intégralité de leur discours, et même d'en rajouter, si bien qu'il ne resta plus que cinq minutes à l'apôtre. Que fit celui-ci ? Il ne parla que cinq minutes, à la déception de l'assemblée. À qui la faute ? Certainement pas à l'apôtre qui ne fit que respecter les horaires de la réunion.

 On termine par « Je prie pour… », « C'est ma prière », ou « Je témoigne de… », « C'est mon témoignage » suivi de « au nom de Jésus-Christ. Amen », de sorte que le nom du Sauveur soit associé à notre prière ou à notre témoignage plutôt qu'à notre discours. Tel est l'exemple donné par les orateurs en conférence générale.

 On n'accélère pas son débit au moment de dire « au nom de Jésus-Christ. Amen », comme par satisfaction d'avoir terminé, mais on prononce cette formule de façon distincte, par égard et respect pour le nom du Sauveur.

 À propos du nom du Sauveur, rappelons qu'en français « Le Christ » se dit en prononçant les deux dernières lettres (st) alors que « Jésus-Christ » se dit en laissant muettes les deux dernières lettres, la dernière à être prononcée étant la voyelle i. Prononcer le « st » final, quand on dit « Jésus-Christ », est un anglicisme. Même si depuis des décennies nous entendons cet anglicisme dans la bouche de nos missionnaires d'outre Atlantique (nous le leur pardonnons), il nous revient de prononcer correctement le nom du Fils de Dieu dans notre langue.

Rappelons que les points développés ci-dessus ne sont pas des obligations mais des repères pour être un bon orateur. La meilleure garantie de faire un bon discours est de parler par l'Esprit. Cela permet d'avoir la clarté si affectionnée par Néphi (voir 2 Néphi 25:4, 7 ; 31:2-3 ; 33:6) et d'avoir une parole qui atteint l'esprit et le cœur des membres de l'assemblée. 
De plus, l'Esprit magnifie notre personnalité, donnant à chaque orateur un style unique. Pour parler par l'Esprit on doit d'abord être digne de la compagnie du Saint-Esprit, même si ce n'est qu'une « portion » de l'Esprit (Alma 40:13). On doit aussi amasser continuellement dans notre esprit les paroles de vie (voir D&A 84:85 ; Moroni 6:4). Enfin, l'adoption des conseils donnés ici contribue à créer les conditions de l'intervention de l'Esprit.

Ces conseils sont le fruit de l'expérience commune. Fort de l'expérience des autres, chacun entame son propre apprentissage. Notre apprentissage commence alors au point où en sont arrivés les autres avant nous. Ce principe est illustré par les propos de Gordon B. Hinckley sur les études en vue d'un métier. Il a dit : « Profitez de l’expérience et de la science de ceux qui sont entrés avant vous dans le domaine de votre choix. L’éducation est le raccourci de la compétence. Elle permet de retirer une leçon des erreurs du passé. Peu importe la profession de votre choix, vous pourrez y arriver plus vite par l’éducation. » (L'Étoile, avril 1982, p. 76)

Dans l'apprentissage de la prise de parole au pupitre, tenir compte de l'expérience commune et suivre les conseils peut 
dans un premier temps être ressenti comme un rétrécissement de notre champ d'action, mais en le faisant nous évitons les erreurs du passé pour laisser place à l'Esprit qui, à son tour, magnifie notre capacité. Ce faisant, il élargit notre liberté et la portée de notre parole.

I. Le rôle des interprètes

L'interprète est un intermédiaire privilégié entre l'orateur et l'assemblée. À ce titre, il est responsable de la compréhension du message de l'auteur par l'auditeur. Les instructions de l'Église à destination des interprètes mentionnent : « En contrôlant votre voix, vous devez refléter le style de l'orateur, en reflétant les émotions et les sentiments que l'orateur utilise ». Cependant, l'expérience a démontré qu'en voulant bien faire, l'interprète peut aller « au-delà de la marque » (Jacob 4:14) en imitant à l'excès le ton de l'orateur ou même en se substituant à lui pour mettre gratuitement de l'emphase et de l'émotion dans sa voix, au point de gêner la compréhension de l'auditeur, ce qui n'est pas conforme aux mêmes instructions adressées aux interprètes, qui mentionnent : « Parlez clairement ».

Les propos de l'orateur sont suffisamment puissants, notamment en conférence générale, pour que le lecteur, même longtemps après, soit touché par le message écrit, ce qui montre l'inutilité d'imiter vocalement l'orateur. Cette imitation ou émotion inutile fait écran à la compréhension de l'auditeur et peut même polluer le message de l'auteur, voire le trahir. Si au cinéma un acteur fait de la doublure, ce n'est pas le rôle de la personne qui prête sa voix pour lire la traduction d'un discours.

Le bon interprète ne dirige pas son esprit vers la personne de l'orateur mais vers son message, pour la compréhension des auditeurs. Cela demande du recul par rapport aux propos tenus par l'orateur. L'interprète doit savoir se situer dans une zone neutre entre l'orateur et l'auditeur. Bien sûr, il ne s'agit pas de parler avec la voix virtuelle d'un logiciel informatique. Il s'agit d'avoir une élocution claire, distincte et intelligible, sans surjouer ou créer artificiellement une ambiance.

Le bon interprète ne met en avant ni son talent d'acteur ni ses émotions mais sait rester en retrait pour restituer la clarté du texte qu'il lit ou de l'idée qu'il transmet. L'émotion passe très bien visuellement. Il est dommageable de se l'approprier pour la transmettre. Quand l'orateur autorise la traduction de son texte, il n'autorise pas pour autant l'imitation de son émotion. Cette émotion appartient à l'orateur et à lui seul.

L'auditeur doit pouvoir recevoir le texte du discours comme s'il le lisait : un texte exempt d'interférences perturbatrices. Si quelqu'un doit être ému par les mots, c'est l'auditeur, pas l'interprète. Lorsque cette émotion émane de l'interprète, elle empêche la compréhension même des propos à l'origine de l'émotion. Or, le rôle de l'interprète n'est pas de gêner la compréhension de l'auditeur, mais de la faciliter. C'est alors que l'auditeur peut être ému par les propos qu'il a compris. Sinon, cette émotion lui est confisquée par l'interprète.

Ajoutons que dans notre culture latine, une voix chargée d'émotion devient très vite insupportable à l'écoute. Ce sujet est aussi abordé dans les instructions adressées aux interprètes, lorsqu'elles mentionnent : « N'oubliez pas d'être sensible à la culture et d'utiliser une voix en résonnance avec les auditeurs. » Le rôle de l'interprète n'est pas d'attirer l'attention sur son talent d'imitateur ou de créateur d'ambiance artificielle, mais sur le message de l'orateur, en le restituant sans parasite, de façon audible à tous.

J. L'utilisation du postlude musical
 
Un usage étranger aux instructions de l'Église consiste, après la prière de clôture et pendant le postlude musical de la réunion de Sainte-Cène, à ne quitter sa place qu'après que l'autorité présidente se soit levée. Pour commenter cet usage nous traiterons séparément les aspects suivants :
 
a. L'idée de rester à sa place pour écouter le postlude

b. L'idée d'attendre l'autorité présidente pour se lever
 
a. L'idée de rester à sa place pour écouter le postlude musical
 
Il est normal et même souhaitable qu'à l'issue d'une réunion de l'Église nous nous sentions « accablé par l'Esprit » (1 Néphi 1:7-8) et souhaitions que ce moment ne finisse pas et se prolonge aussi longtemps que possible pendant la musique de postlude. Cependant, ce sentiment et cette attitude doivent rester personnels et ne pas faire l'objet d'un cérémonial codifié. Bien que le caractère sacré de la réunion de Sainte-Cène suscite une attitude révérencieuse, il n'est pas prévu que le postlude musical de cette réunion serve de moment de recueillement avant que l'assistance ne quitte la salle de culte. Le postlude musical est prévu pour être joué pendant que l'assistance quitte la salle dans le calme.
 
En 1995, les instructions contenues dans Musique dans l’Église : Manuel d’instructions (34574 140), précisaient : « Un postlude musical choisi avec soin peut prolonger l'esprit de la réunion pendant que les membres quittent la salle ». Ajoutons que, par conséquent, le postlude musical devrait commencer aussitôt la prière de clôture terminée et se poursuivre le temps que l'assemblée quitte les lieux. C'est ainsi que les instructions actuelles précisent que l'organiste ou le pianiste joue pendant que les membres quittent la réunion (voir Manuel général d'instructions, 19.4.3.1), c'est-à-dire le temps nécessaire à l'assemblée pour quitter la salle de culte.
 
La prière de clôture, comme on pouvait le lire il y a des années dans le Bulletin, marque la fin de la réunion. Ce principe a été réitéré le 12 février 2011, lors du discours de clôture de la réunion mondiale de formation des dirigeants. Russell M. Nelson, dernier orateur, a déclaré : « Merci, frères et sœurs. Nous vous remercions pour vos messages. Après ma conclusion nous chanterons le cantique n° 3, Vivons ce bonheur. Sœur Julie Jackson, du pieu de Midland en Utah, fera la prière de clôture, ce qui marquera la fin de la réunion. » Après la prière de clôture, la réunion est terminée et l'assistance quitte la salle au son du postlude musical. En 2007, Jay E. Jensen, des soixante-dix, à propos de la réunion de Sainte-Cène, nous a encouragés à « quitter la réunion avec révérence et laisser le postlude prolonger l'esprit de la réunion » (Le Liahona, mai 2007, p. 13).
     
Comme nous l'avons vu précédemment, les Autorités générales de l'Église attribuent au prélude une dimension qui n'appartient pas au postlude. Ils présentent le prélude musical comme un moment d'écoute et de révélation personnelle, tandis que le postlude est présenté comme un moment de déplacement dans la révérence (voir Le Liahona, mai 2007, p. 13). Cette différence entre le prélude et le postlude se reflète aussi dans les instructions de l'Église qui précisent que les dirigeants montrent l'exemple par leur révérence pendant le moment précédant la réunion de Sainte-Cène (voir Manuel général d'instructions, 29.2.1.3) et qui ne font pas mention de l'après-réunion.

Ces déclarations et instructions nous apprennent que bien qu'une expérience spirituelle puisse être vécue à tout moment, s'il doit y avoir un moment à privilégier, ce n'est pas le postlude mais le prélude musical. Pourtant, dans notre tentative d'améliorer le degré de révérence de nos réunions, il nous arrive de viser le postlude quand c'est le prélude qui devrait l'être.
 
Au cours de la réunion de Sainte-Cène, les moments de recueillement silencieux sont la prière d'ouverture, l'ordonnance de la Sainte-Cène et la prière de clôture, et les moments d'écoute musicale sont les intermèdes musicaux. Si le prélude est également prévu comme moment d'écoute pour les personnes déjà arrivées (voir les références déjà mentionnées), ce n'est pas le cas du postlude. Alors que le prélude est joué en attendant le début de la réunion, le postlude n'est pas joué dans l'attente de quoi que ce soit, car la réunion est terminée. Le postlude est conçu pour accompagner la sortie de l'assemblée et susciter une atmosphère de révérence pendant ce déplacement.
 
Supposons un instant que le postlude musical soit prévu comme un moment de recueillement sans que personne ne sorte. Attribuons ensuite le même rôle au prélude pour en faire un moment de recueillement sans déplacements. Nous voyons que cette conception empêcherait l'entrée de l'assemblée pendant le prélude. De même que le prélude musical nous incite à entrer calmement dans la salle du culte, de même le postlude nous incite à la quitter avec révérence.
 
Les « cinq à dix minutes avant et après la réunion » que sont censés durer le prélude et le postlude de la réunion de Sainte-Cène s'inscrivent dans les dix minutes qui séparent les réunions et correspondent au temps nécessaire pour remplir ou quitter la salle de culte. Ni le prélude ni le postlude ne sont prévus pour être un moment sans déplacement. Si tel était le cas, il faudrait prolonger la durée officielle de la réunion pour écouter le postlude, ce qui amputerait l'intervalle avec la réunion suivante. Or les 10 minutes d'intervalle prévus entre les réunions étant rarement suffisants, il n'est pas prévu d'écourter ce délai.
 
Lorsque nous envisageons de transformer le postlude en moment d'écoute musicale, il est important que nous sachions que cela aura plusieurs implications : 1. La prolongation de la durée officielle de la réunion ; 2. la diminution du délai de 10 minutes prévu entre les réunions ; 3. l'utilisation du postlude à d'autres fins que celle prévue par l'Église ; et 4. la relativisation et l'oubli progressif de l'accent mis par les Autorités générales sur le prélude musical et son impact sur le degré de révérence des réunions de Sainte-Cène.
  
Si la notion de révérence suggère de ne pas entamer de discussions profanes aussitôt prononcé l'amen de la prière de clôture, elle ne suggère cependant pas l'immobilité après la prière. En février 2011, quand Russell M. Nelson a rappelé que la prière de clôture marque la fin de la réunion, nous avons observé, en guise d'illustration, les Autorités générales sur l'estrade se lever d'un même élan dès l'amen prononcé après la prière de clôture. S'il est vrai que quelques secondes de silence après la prière semblent une transition naturelle avant d'entamer une discussion, par respect à la fois pour notre interlocuteur et pour notre Père céleste à qui l'on vient de s'adresser, cette transition peut avoir lieu pendant qu'on est en train de se mouvoir.
 
Les prophètes nous encouragent à passer à l'action après avoir prié. En 2002, Gordon B. Hinckley a fait cette exhortation : « Agenouillez-vous pour prier le Tout-Puissant en le remerciant de ses abondantes bénédictions. Levez-vous ensuite et allez réaliser ses desseins éternels, chacun à votre manière, en fils et filles de Dieu » (Le Liahona, novembre 2002, p. 100). Dans la même veine, Dieter F. Uchtdorf a déclaré : « Souvent, la réponse à notre prière ne vient pas quand nous sommes à genoux mais quand nous sommes debout à servir le Seigneur et les gens qui nous entourent. » (Le Liahona, mai 2011, p. 76)
 
S'agissant de la réunion de Sainte-Cène, nous sommes encouragés à « quitter la réunion avec révérence et laisser le postlude prolonger l'esprit de la réunion » (Jay E. Jensen, Le Liahona, mai 2007, p. 13). Le postlude musical est censé durer jusqu'à ce que la salle de culte ait été quittée, ou du moins le temps nécessaire pour que l'assemblée se retire.

En résumé : 1. Si le point commun du prélude et du postlude est de susciter une atmosphère de révérence, leur différence est que le premier prépare à la réunion qui va commencer, alors que le second accompagne la sortie de l'assemblée. 2. Cette différence se reflète dans les enseignements des Autorités générales et des instructions de l'Église qui demandent le recueillement pendant le prélude et prévoient le déplacement pendant le postlude. 3. Dans notre tentative d'améliorer le degré de révérence de nos réunions de Sainte-Cène, lorsque nous attribuons au postlude le rôle du prélude, nous obtenons le contraire du résultat souhaité, à savoir : Un prélude bruyant et un postlude solennel, quand ce devrait être un prélude dans le recueillement et un postlude qui accompagne la sortie de l'assemblée dans le calme.
 
Dans les paroisses où l'assemblée est bruyante lors de l'entrée ou de la sortie de la réunion de Sainte-Cène, il revient aux dirigeants d'enseigner l'importance de la révérence pendant ces déplacements. Le fait de demander l'immobilité pendant le postlude n'est pas une solution à ce problème qui est alors seulement retardé de quelques instants. Pendant ce temps, les sollicitations des Autorités générales pour le recueillement au cours du prélude musical se trouvent relativisées, sinon oubliées.

Quant à l'immobilité après la prière de clôture, il est préférable qu'elle soit spontanée sous le poids de l'Esprit (voir par exemple 1 Néphi 1:7-8 ; Jacob 7:15, 21 ; Alma 18:42 ; 27:17), que commandée.

La différence entre le prélude musical et le postlude musical a été de nouveau confirmée par l'invitation de 2024 (vidéo en bas de page) à apprendre les cantiques ajoutés à ceux du recueil. Les moments de la réunion de Sainte-Cène mentionnés pour que l'assemblée les entende sont le prélude et l'intermède. Conformément aux instructions précédentes, le postlude ne fait pas partie des options. 
 

b. L'idée d'attendre l'autorité présidente pour se lever
 
Nous venons de voir que faire du postlude musical de la réunion de Sainte-Cène un moment d'écoute silencieuse, c'est détourner le postlude de son objectif et lui attribuer le rôle que devrait avoir le prélude.

Cette pratique est généralement associée à celle d'attendre, pour se lever, que l'autorité locale ou générale qui préside la réunion se lève en premier, comme cela est parfois pratiqué dans l'Armée française. Il est à remarquer que cet usage n'existe pas même en présence du président de l'Église à l'issue de la conférence générale : Non seulement une partie de l'assemblée se lève avant le président de l'Église, mais c'est aussi le cas parmi les Autorités générales. L'usage, en revanche, consiste à ce que l'assemblée et les Autorités générales se tiennent debout lors de l'entrée et de la sortie du président de l'Église : usage parfois observé aussi au niveau local lors de la visite d'une Autorité générale.
   
Revenons à la réunion de Sainte-Cène et au cérémonial consistant, pendant le postlude, à ne se lever qu'après l'autorité locale.

L'inconvénient n'est pas tant dans le geste en soi que dans la solennité non prévue donnée au postlude. Celui-ci concurrence alors les moments de la réunion de Sainte-Cène prévus pour le recueillement : prières et repas du Seigneur.

Le moment le plus solennel de la réunion de Sainte-Cène, qui est l'ordonnance de la Sainte-Cène, ne devrait souffrir aucune concurrence. Semaine après semaine, le temps fort de la vie spirituelle d'un saint des derniers jours devrait être l'ordonnance de la Sainte-Cène. Tout ce qui peut altérer cet ordre de valeur est à éviter soigneusement. À ce propos, Gordon B. Hinckley a dit : « Toutes les autres parties de nos réunions sont de peu d'importance en comparaison du fait de prendre les emblèmes du sacrifice de notre Seigneur » (Le Liahona, mai 2007, p. 117). Si des parties officielles de la réunion de Sainte-Cène sont concernées par les propos du président Hinckley, les parties non prévues dans le programme de l'Église le sont d'autant plus.
 
L'usage consistant à attendre dans le recueillement que l'autorité locale ou générale se lève à la fin de la réunion non seulement n'existe pas mais est désapprouvé par les Autorités de l'Église elles-mêmes, comme nous allons le voir.
 
En 1992, Boyd K. Packer présidait la conférence où fut créé le pieu de Bordeaux. Aussitôt la prière de clôture terminée, le chœur de la conférence commença à chanter un postlude musical. Alors que la plupart des gens s'attendaient à ce que l'apôtre écoute le postlude interprété par le chœur de la conférence, il se leva dès les premières notes comme pour se préparer à partir. Pendant un court instant il fut seul debout mais très vite, ses voisins sur l'estrade suivirent son exemple et les déplacements commencèrent sur l'estrade et dans l'assemblée.
 
Bien que l'attitude de l'apôtre dès le début du postlude fût regrettée par le directeur du chœur, elle fut pour tous un rappel du but du postlude. En même temps, son attitude empêchait volontairement un cérémonial déjà pratiqué à l'époque dans certaines paroisses et qui consistait à ce que l'assemblée attende longuement et dans le recueillement que l'autorité présidente se lève pour faire de même. Par son attitude, l'apôtre désapprouva cet usage et enseigna le but véritable du postlude.
 
Depuis, comme déjà mentionné, M. Russell Ballard a exhorté les dirigeants locaux à ne pas « embellir » ou « compliquer » leur appel, à ne pas nécessairement l'« agrandir », mais à plutôt le « simplifier » (Le Liahona, novembre 2006, p. 19).
 
En 2009, un membre de la présidence de l'interrégion d'Europe, membre du Premier collège des soixante-dix, contacté à propos du détournement du postlude en faveur du cérémonial décrit ici, répondit qu'il essaie de stopper ce phénomène chaque fois qu'il le constate. Il le fait en se levant dès la prière terminée. Notons la cohérence de son action avec l'attitude de Boyd K. Packer quinze ans plus tôt.
 
Comme nous l'avons déjà mentionné, le 12 février 2011, lors de la réunion mondiale de formation des dirigeants, au cours de laquelle Russell M. Nelson a rappelé que la prière de clôture marque la fin de la réunion, on a pu observer, en guise d'illustration, les dirigeants, tous membres du Collège des Douze, se lever d'un même élan dès la prière de clôture terminée.
 
Les dirigeants locaux, par modestie, choisissent de ne pas attirer l'attention sur eux après la prière de clôture. Ils permettent aux membres de l'assemblée de garder l'esprit fixé sur le Seigneur plutôt que sur eux-mêmes. Ils favorisent le souvenir de la solennité du repas du Seigneur plutôt que d'un cérémonial les mettant en scène. Dans leurs unités, c'est l'amen adressé au Seigneur qui marque la fin de la réunion plutôt qu'un hommage à leur égard. Les dirigeants qui ont compris ce principe découragent tout cérémonial les mettant en valeur. Ils s'appliquent en revanche à instaurer le prélude musical comme moment de recueillement et d'expérience spirituelle, selon les enseignements des Autorités générales.

Il est vrai qu'à la fin d'une réunion de Sainte-Cène l'Esprit peut être d'une telle intensité que l'on souhaite rester encore un peu pour en bénéficier. Il arrive même que ce sentiment soit collectif et que, dans une sorte d'unisson, l'assemblée reste immobile, comme accablée par l'Esprit (voir 1 Néphi 1:7-8). Cependant, ce phénomène heureux devrait rester spontané et ne pas faire l'objet d'un protocole.
 
L'épisode de la conférence de pieu en présence de Boyd K. Packer nous donne par ailleurs une indication sur le choix de la musique de postlude en nous apprenant à ne pas faire chanter un chœur à ce moment-là. À l'issue des réunions et des sessions de conférence tenues au Tabernacle de Salt Lake City ou au centre de conférence, l'orgue qui joue le postlude n'accompagne pas de chœur ou de musiciens solistes, mais joue seul pendant le départ de l'assemblée. La participation d'un chœur ou de musiciens solistes pendant le postlude attirerait l'attention de l'assemblée sur eux et retiendrait l'assemblée. C'est pour que cela n'arrive pas que le Chœur du Tabernacle ne chante pas en postlude des réunions et des sessions de conférence.
 
Enfin, signalons le chapitre 13 de cet article qui apporte un éclairage supplémentaire à notre propos. 

K. Les réunions de l'Église dans une salle de spectacle

Il arrive couramment que lorsque la population d'un pieu devient importante, l'église servant de centre de pieu ne contienne pas de salle suffisamment grande pour y tenir les conférences de pieu. On adopte alors d'autres solutions pour tenir les conférences, comme la location d'une salle de spectacle. L'expérience a démontré que dans ce cas, il est prudent de fournir au personnel de la salle, notamment aux techniciens, les consignes nécessaires pour transformer la salle de spectacle en salle de réunion et éviter que l'éclairage et la sonorisation de la conférence soient préparés comme pour un spectacle.

S'agissant de l'éclairage, la salle ne doit pas être dans le noir et l'éclairage seulement sur la scène. Les orateurs sur la scène doivent pouvoir avoir un contact visuel avec les membres de l'assemblée. Tout l'espace devrait être éclairé de sorte que les personnes sur l'estrade et celles dans l'assemblée puissent se voir mutuellement au même niveau d'éclairage.

S'agissant de la sonorisation, il est prudent de prévoir les caractéristiques suivantes :
un retour du son sur scène de tout ce qui est émis dans le micro des orateurs, un réglage du volume sonore du clavier selon qu’il accompagne l’assemblée ou le chœur, des micros de préférence suspendus au-dessus du chœur, un retour du son du clavier vers le chœur, un réglage de la sonorisation du chœur pendant la répétition du chœur ; lorsque le chœur chante, le micro des orateurs doit être éteint et ceux du chœur allumés ; lorsque le chœur ne chante pas, les micros du chœur doivent être éteints.

Dans l'idéal, le chœur est installé sur plusieurs niveaux de gradins, pour le confort des participants, du chef de chœur et de l'assemblée. D'autre part, il est utile de prévoir deux pupitres pour le directeur du chœur : un pour diriger le chœur, l’autre pour diriger l’assemblée.

Tous ces critères ne peuvent être prévus par les techniciens que s'ils en ont reçu la consigne.
 

 
12. Les ordonnances de la prêtrise

A. Nom complet
B. Le langage des bénédictions
C. Sceller les bénédictions ?

A. Nom complet

En général, celui qui accomplit une ordonnance de la prêtrise (appelée sacrement à l'extérieur de l'Église) le fait en énonçant le nom de la personne qui reçoit l’ordonnance. Jusqu'en 1998, les instructions en anglais qui décrivaient les ordonnances de la prêtrise utilisaient le terme « full name » (traduit indifféremment par « nom complet », « nom entier », « prénoms et nom » ou « nom et prénoms ») pour les ordonnances inscrites sur le certificat de membre, à savoir : le baptême, la confirmation et les ordinations à la prêtrise (les ordonnances du temple ne sont, de par leur caractère sacré, pas traitées dans les instructions mentionnées).

Pour les autres ordonnances, comme la bénédiction des malades (onction et scellement de l'onction), les bénédictions paternelles, les bénédictions de réconfort et de conseil et les mises à part, le terme utilisé dans les instructions en anglais était « name » (traduit par « nom »). Dans un cas il était requis de prononcer tous les prénoms de la personne, dans l'autre pas. Le nom complet de la personne, avec tous ses prénoms, devait être prononcé dans les ordonnances directement liées au salut, celles qui restent consignées sur le certificat de membre.
 
Une erreur s'était toutefois glissée dans les instructions en français à propos des bénédictions paternelles et des bénédictions de réconfort et de conseil où, à la différence des instructions en anglais, on lisait « prénoms et noms » ou « nom entier » (voir Guide de la famille, 1981, p. 24 ; Guide d'étude personnelle de la prêtrise de Melchisédek n° 1, 1989, p. 159 ; n° 2, 1990, p. 163 ; n° 3, 1991, p. 149 ; n° 4, 1992, p. 185 ; Devoirs et bénédictions de la prêtrise, 1981, p. 49 ; 1998, p. 46 ; Manuel d'instructions du missionnaire, 1990, p. 59-60). À noter que le Guide de la famille contenait cette erreur dans son édition de 1981, mais pas dans celle de 1992. Avant 1989, dans les manuels d’instructions, cette erreur s'étendait également aux mises à part.
 
Depuis 1998 la différence entre nom et nom complet, bien que reposant auparavant sur un critère simple, celui de l'inscription ou non de l'ordonnance sur le certificat de membre, ne se pose plus. Désormais, toutes les ordonnances doivent se faire en prononçant les prénoms et le nom du bénéficiaire (voir Manuel général d'instructions, 18 ; Guide de la famille, 2001, p. 19-24 ; Guide de la branche, 2001, p. 12). Les détenteurs de la prêtrise ont désormais la consigne de prononcer tous les prénoms et noms de la personne qui reçoit l'ordonnance et ce, pour toutes les ordonnances.

B. Le langage des bénédictions

En plus de l'autorité de la prêtrise et du pouvoir spirituel de celui qui la détient, il existe un autre paramètre : la puissance du langage de celui qui exerce la prêtrise pour donner une bénédiction. Ce langage peut être gradué de faible à puissant, selon les termes utilisés.

Voici un exemple de langage puissant : Quand Joseph Smith s'adressa à
Elijah Fordham, atteint de la malaria et mourant, il lui dit d'une voix forte et avec majesté : « Elijah, je te commande, au nom de Jésus de Nazareth, de te lever et d'être guéri ». Les témoins ont rapporté que les paroles du prophète étaient comme la voix de Dieu et qu'il semblait que la maison tremblait sur ses fondations. Elijah Fordham sauta de son lit comme un homme ressuscité des morts. De même, lorsque Bates Noble fut découvert mourant dans la vieille caserne de Montrose, le prophète entra dans la hutte, prit Bates par la main et dit : « Au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche ! » Frère Noble sauta immédiatement de son lit (voir Sur les rives du Mississippi).

Pour illustrer l'autre extrême, citons des expressions faibles dans leur formulation, telles que « Nous vous bénissons afin que vous puissiez être (en meilleure santé) ». Une formulation plus directe serait : « Nous vous bénissons afin que vous soyez (en meilleure santé) ». Et une formulation encore plus directe serait : « Soyez (en meilleure santé) ». Bien sûr, même l'expression la plus faible peut être agréée par le Tout-Puissant. Cependant, le vocabulaire devrait être à l'image de la foi de celui qui parle et il arrive souvent que ce dernier utilise un langage faible dans l'exercice de l'autorité la plus puissante de l'univers.

La même différence existe entre une bénédiction de nouveau-né dans laquelle il est dit : « Nous te bénissons afin que tu puisses devenir… (un disciple fidèle) » et la même bénédiction formulée plus directement : « Nous te bénissons afin que tu deviennes… (un disciple fidèle) ». Ces subtilités de langage révèlent une palette qui va de l'expression la plus faible à la plus puissante, à la disposition du détenteur la prêtrise, palette que trop souvent il n'utilise pas. Notons que l'on pourrait faire la même remarque sur le langage utilisé dans les prières, langage parfois indirect (« que tu puisses bénir Untel ») quand il pourrait être direct (« que tu bénisses Untel »).

À cet égard, on constate comment le verbe pouvoir au présent du subjonctif (que je puisse, que tu puisses, qu'il puisse, etc.) affaiblit le langage plutôt que de le renforcer. L'usage de l'autorité de la prêtrise mérite assurément un langage plus assuré.

C. Sceller les bénédictions ?
 
Enfin, certains détenteurs de la prêtrise terminent les bénédictions de confirmation, d'ordination, de mise à part, de santé, de réconfort et de conseil, ou paternelles, en les scellant. Or ceci n'est pas conforme aux instructions de l'Église sur les ordonnances de la prêtrise. À notre connaissance, les seules bénédictions qui sont scellées sont la bénédiction patriarcale et le mariage au temple. Est également scellée l'onction des malades. En conséquence, si nous ne sommes pas scelleur ou patriarche et dans l'exercice de l'un ou l'autre de ces offices, notre autorité de sceller se limite au scellement de l'onction des malades. Cette autorité n'inclut pas le scellement des bénédictions.
 
John A. Widtsoe (1872-1952), du Collège des Douze, a enseigné : « Le patriarche, regardant dans l'avenir, donne les bénédictions et les promesses… auxquelles la personne… a droit, et, en vertu de son autorité, les scelle sur la personne, de sorte qu'elles puissent être siennes à jamais si elle reste fidèle » (Evidences and Reconciliations, 1943, vol. 1, p. 73-74 ; Le Liahona, novembre 2002, p. 44).

Joseph Fielding Smith (1876-1972), alors président du Collège des Douze, a écrit que le patriarche a « le droit... de sceller sur la tête de chacun une bénédiction... » (Gen. & Hist. Mag., vol. 23, p. 49-50 ; Doctrines of Salvation, 1956, volume 3 ; Doctrine du salut, vol. 3, p. 154) et qu' « il a l'autorité de sceller des bénédictions sur la tête des membres... afin que, s'ils se montrent fidèles, ils puissent jouir de tout ce qui est prononcé sur leur tête... » (Era, vol. 45, p. 738 ; Doctrines of Salvation, 1956, volume 3 ; Doctrine du salut, vol. 3, p. 155)
 
Le pouvoir de sceller une bénédiction semble relever d'une autorité particulière et ne s'exercer que dans le cadre d'offices particuliers. L'option de terminer une bénédiction en la scellant est d'ailleurs absente des instructions de l'Église adressées à l'ensemble des détenteurs de la prêtrise.
 
 
13. Les instructions de l'Église

A. Les manuels d'instruction
B. L'Église et la famille
 
A. Les manuels d'instructions
 
Les manuels d'instructions de l'Église n'étant ni préfacés ni signés par la Première Présidence et le Collège des Douze, nous pourrions facilement en diminuer l'importance ou les ignorer et vouloir les remplacer par l'inspiration, sans nous rendre compte qu'ils sont le fruit de la révélation et de l'expérience de près de deux siècles.

Les deux volumes de l'ancien Manuel d’Instructions de l’Église, qui préfiguraient les Manuel 1 (Présidents de pieu et évêques) et Manuel 2 (Administration de l'Église), publiés en 2010, étaient le fruit d’un travail de cinq années réalisé par un comité composé de membres du Collège des Douze, des soixante-dix et de l’Épiscopat Président soutenus par les avis éclairés du conseil de la Première Présidence et du Collège des Douze (voir News of the Church, Ensign, février 1999, p. 77). Trois années de plus furent nécessaires à la Première Présidence et au Collège des Douze pour préparer, en tenant conseil avec les dirigeants de la prêtrise et des auxiliaires, les deux manuels publiés en 2010 en remplacement des précédents (voir Le Liahona, mai 2011, p. 20). Depuis 2020, les deux tomes ont été complétés et réunis en un seul, sous le titre Manuel général d'instructions, qui est désormais diffusé sur le site internet de l'Église.
 
En réalité, plus on tient compte des instructions de l'Église, plus on évite les problèmes dont elles sont censé nous éloigner. Inversement, plus on les ignore, plus on doit faire face à des problèmes qui autrement pourraient être évités. Les manuels d'instructions sont par conséquent un formidable outil de prévention des maux inutiles, en même temps que la somme de près de deux siècles d'inspiration et d'expérience. D'autre part, ils permettent une action uniforme des dirigeants de l’Église dans le monde entier, comme l’a demandé le président Gordon B. Hinckley lors de la Première réunion mondiale de formation des dirigeants, le 11 janvier 2003 (p. 24).

Le Seigneur a demandé que chaque homme s'instruise de son devoir et apprenne à remplir l'office auquel il est désigné, et ce, en toute diligence (voir D&A 107:99), et qu'il connaisse mieux ce qui est de son devoir et les choses que le Seigneur exige de sa part (voir D&A 105:10). Selon le Manuel général d'instructions, en plus de l'étude des Écritures et des enseignements des prophètes modernes, les dirigeants apprennent aussi leurs devoirs en étudiant les instructions des manuels de l'Église. Il est précisé que ces instructions peuvent faciliter la révélation si on les utilise pour comprendre les principes, les règles et les modalités à appliquer en recherchant la direction de l'Esprit (voir Manuel général d'instructions, 0,0).
 
Une personne que nous appelons à remplir un poste dans l'Église pourra d'autant plus efficacement remplir son nouvel office que nous lui aurons, sinon fourni le manuel d'instructions qui décrit son devoir, au moins indiqué le titre de ce manuel, sa référence et la façon de se le procurer. Plus tôt nous lui fournissons ces renseignements, plus tôt la personne que nous appelons à remplir un poste dans l'Église pourra appliquer le commandement du Seigneur, à savoir : S'instruire de son devoir (voir D&A 107:99).

L'occasion idéale pour transmettre ces renseignements à la personne appelée est le moment de l'appel ou de la mise à part. En possession de ces renseignements, la personne appelée dispose alors des moyens d'apprendre à remplir son devoir à la façon du Seigneur plutôt qu'à sa façon. Plus tôt elle dispose de ces renseignements, plus tôt elle est autonome dans l'apprentissage et l'exercice de sa nouvelle responsabilité.
 
Dans l'édification du royaume de Dieu, faire les choses de façon différente de celle enseignée par les prophètes, ce qui revient à ne pas faire les choses à la façon du Seigneur, c'est s'approprier une autorité qu'on n'a pas reçue.
 
Pourtant, faire les choses à la façon du Seigneur n'empêche pas un apport personnel dans l'exercice de notre devoir. « Car voici », dit le Seigneur, « il n'est pas convenable que je commande en tout… En vérité, je le dis, les hommes doivent œuvrer avec zèle à une bonne cause, faire beaucoup de choses de leur plein gré et produire beaucoup de justice. Car ils ont en eux le pouvoir d'agir par eux-mêmes. Et s'ils font le bien, ils ne perdront en aucune façon leur récompense. » (D&A 58:26-28)
 
En réalité, le programme de l'Église donne une large place à l'initiative personnelle, à la créativité et à l'inspiration. Ces dons sont exercés par chacun dans les devoirs de son office, à tous les niveaux de la hiérarchie de l'Église. Mais c'est dans le cadre des instructions de l'Église que nous les exprimons. Ces dons, talents et facultés, lorsque nous les employons à servir le Seigneur en suivant ses instructions, sont alimentés et accrus par l'Esprit.
 
À propos de créativité dans le cadre des instructions de l'Église, M. Russell Ballard a déclaré en 2006 : « Nous avons des manuels d'instructions, et nous devrions suivre leurs directives. Mais, dans ce cadre, nous trouverons d'amples occasions de réfléchir, d'être créatifs et d'utiliser nos talents personnels » (Le Liahona, novembre 2006, p. 19). Dans le même discours, après avoir cité D&A 58:26 (cité plus haut), il a ajouté : « Nous sommes certains que vous, mes frères et sœurs, utiliserez votre inspiration. Nous avons confiance que vous le ferez dans le cadre des directives et des principes de l'Église. » (op. cit.)
 
Dans le même ordre d'idée, la Première Présidence a déclaré en 1940 : « L’œuvre de l'Église, dans tous les domaines, court le grave danger d'être régentée jusqu'au moindre détail. Le résultat serait que non seulement toute initiative serait étouffée, mais que toute occasion d'intervention de l'Esprit serait éliminée. L'Église n'a pas été édifiée selon ce principe. Dans tout leur travail, les organisations auxiliaires doivent non seulement offrir des occasions de prendre des initiatives, mais doivent les encourager. » (« Memorandum of Suggestions », 29 mars 1940, p. 4)
 
D'autre part, les instructions de l'Église prévoient d'adapter le programme de l'Église aux effectifs de ses unités. En effet, d'après les instructions, les présidents de pieu, les évêques et les présidents de branche sont autorisés à faire des adaptations simples à certains programmes de l'Église, en respectant certains critères (voir Manuel général d'instructions, 0,2). À propos du nouveau Manuel général d'instructions (2020), nous lisons : « Les principes de flexibilité et d’adaptation inclus dans ce manuel permettent aux dirigeants et aux membres d’appliquer efficacement les principes et les programmes de l’Église au sein d’assemblées de toutes tailles et parmi une communauté de saints mondiale et diversifiée. » (Le Liahona, novembre 2020, p. 125)
 
À ce sujet, L. Tom Perry a rappelé que toutes les unités de l'Église sont à des stades de développement différents et que toutes ont des besoins différents (voir Réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 février 2006 ; Le Liahona, juin 2006, p. 59). Trois ans plus tôt, il a dit que la clé pour organiser une branche, un district, une paroisse ou un pieu, c’est de connaître les membres, leurs capacités, leurs besoins, et d’établir un programme en fonction du nombre de dirigeants disponibles et des besoins des membres. Il a exhorté les dirigeants à ne pas avancer plus vite que la taille et la maturité de leur unité le permettent, à préserver la force des membres de leur unité, et à profiter de chaque étape du développement de leur unité (Première réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 janvier 2003, p. 10).
 
Cet enseignement nous apprend que le programme de l’Église, plutôt que d’être appliqué immédiatement et partout dans sa totalité, doit être appliqué avec discernement par les dirigeants au fur et à mesure de l’accroissement des effectifs et des besoins locaux.

Nous voudrions parfois compléter le programme de l'Église en y ajoutant une règle, un rapport, une réunion ou autre chose, alors que si nous appliquons ce programme dans sa simplicité et, le jour venu, dans sa complétude, le reste s'avère superflu. La réalité est que nous ne parvenons généralement pas à appliquer toute l’étendue du programme de l'Église et qu'en y ajoutant des éléments qui n’en font pas partie, nous risquons d'y parvenir encore moins.
 
À ce sujet, M. Russell Ballard a enseigné en 2006 : « L'instruction de magnifier nos appels n'est pas un commandement de les embellir et de les compliquer. Innover ne veut pas forcément dire agrandir ; bien souvent cela veut dire simplifier (Le Liahona, novembre 2006, p. 19).
 
À priori, le programme de l'Église est complet, équilibré et universel. Si nous y incluons des éléments qui lui sont étrangers et leur donnons de l'importance nous détournons ceux que nous dirigeons du programme du Seigneur pour le perfectionnement de son peuple.
 
L'adjonction d'obligations et d'interdictions faites aux membres de l'Église les éloigne de la simplicité, de la grandeur et de la générosité du plan de Dieu pour le salut de ses enfants. Le Seigneur attend de son peuple qu'il se perfectionne dans ce qu'il lui a déjà donné.
 
Dallin H. Oaks a dit : « Tous les dirigeants sont des instructeurs… Les instructeurs qui doivent enseigner 'les principes de l'Évangile' et 'la doctrine du royaume' (D&A 88:77), doivent généralement éviter d'enseigner des règles ou des applications spécifiques… Lorsqu'un instructeur a enseigné, à partir des Écritures et de la parole des prophètes actuels, la doctrine et les principes qui y sont associés, les applications ou les règles précises relèvent généralement de la responsabilité des individus et des familles. » (Le Liahona, janvier 2000, p. 94, 96)
 
Le président Hinckley a déclaré : « Ce n'est pas chose facile de devenir membre de cette Église. Dans la plupart des cas, cela implique d'abandonner de vieilles habitudes, de quitter d'anciens amis et connaissances et d'entrer dans une nouvelle société qui est différente et quelque peu exigeante » (L'Étoile, juillet 1997, p. 54). Pour reprendre l'expression du président Hinckley, si l’Église est déjà « quelque peu exigeante », on peut facilement imaginer le danger que cela représenterait si on en rajoutait.

 
B. L'Église et la famille
 
À propos du programme de l’Église, Harold B. Lee (1899-1973), ancien président de l'Église, a déclaré : « Aussi importants que soient nos nombreux programmes et efforts d’organisation, ils ne doivent pas prendre le pas sur le foyer mais le soutenir. » (Ensign, mars 1971, p. 3)
 
À la fin des années 70, à l'époque de la simplification du programme de l'Église, Spencer W. Kimball déclara : « Frères et sœurs, nous ne voulons pas que la 'simplification' devienne un slogan ou un encouragement à la paresse. Ce que nous désirons, c'est que les programmes de l'Église servent les membres de l'Église, et non l'inverse » (L'Étoile, octobre 1978, p. 180).

Il ajouta que « les collèges de la prêtrise, les organisations auxiliaires, et même les paroisses et les pieux existent avant tout pour aider les membres à vivre l'Évangile au foyer », que « les gens sont plus importants que les programmes » et que « les programmes de l'Église doivent toujours soutenir les activités de la famille centrées sur l'Évangile, et ne jamais leur porter atteinte » (op. cit. p. 181 ; Le Liahona, janvier 2001, p. 72). Puis il précisa : « Notre volonté de vivre l'Évangile en le centrant sur le foyer doit devenir le message clairement exprimé de chaque programme de la prêtrise et des auxiliaires, réduisant, lorsque c'est nécessaire, certaines des activités facultatives qui peuvent empêcher de se concentrer suffisamment sur la famille et le foyer. » (L'Étoile, octobre 1978, p. 181)
 
À la même époque (1978), le Guide d’organisation, Unité de l’Église : Petite branche, devenu l’actuel Guide de la branche (31179 140), stipulait qu’on ne doit jamais oublier que la famille est l’unité de base de l’Église et qu’un appel à servir à l’extérieur de la famille ne doit pas affaiblir l’unité familiale.
 
Depuis 1978, le Guide de la famille, à l’époque intitulé Guide d’organisation, Unité de l’Église : Famille, mentionne : « La force de l'Église dépend de la manière dont les familles et les individus vivent l'Évangile de Jésus-Christ. Les bénédictions de l'Évangile reçues par une famille dépendent grandement de la manière dont le père et la mère comprennent leurs devoirs fondamentaux de parents et s'en acquittent. L'Église n'a jamais l'intention de donner aux pères et aux mères des tâches ou des responsabilités qui les surchargeront, les décourageront ou leur feront négliger ces devoirs fondamentaux. » (page 3 de l’édition 2001)
 
Plus récemment, Boyd K. Packer a déclaré : « Nous devons veiller à ce que les programmes et les activités de l'Église ne deviennent pas un fardeau pour les familles… Je voudrais que personne ne prenne ce que je dis comme excuse pour refuser un appel inspiré dans l'Église. Ce que je veux, c'est encourager les dirigeants à prendre en considération le foyer afin de ne pas donner d'appels ou de programmer des activités qui seront des fardeaux inutiles pour les parents et les enfants. » (L'Étoile, janvier 1999, p. 26)
 
Dans la foulée, la Première Présidence a ajouté : « Le foyer est le fondement de la droiture, et nul autre moyen ne peut remplacer ni remplir ses fonctions essentielles… On ne doit pas permettre à d'autres impératifs ou activités, aussi légitimes et justifiés soient-ils, de prendre le pas sur les devoirs confiés par Dieu, dont seuls les parents et la famille peuvent s'acquitter correctement. Nous exhortons les évêques et les autres officiers de l'Église à faire tout leur possible pour aider les parents en s'assurant que ceux-ci disposent de temps et d'assistance, si besoin est, pour élever leurs enfants dans les voies du Seigneur… En fortifiant les familles, c'est toute l'Église que nous fortifierons. » (Lettre de la Première Présidence, 11 février 1999)
 
Déjà en 1940, J. Reuben Clark, fils (1871-1961), membre de la Première Présidence, avait déclaré : « Le foyer est le fondement de la droiture ; nul autre moyen ne peut le remplacer ni remplir ses fonctions essentielles, et tout ce que les auxiliaires peuvent faire est d'aider le foyer dans ses problèmes, en lui apportant une aide particulière lorsqu'elle est nécessaire. » (Memorandum of Suggestions, 29 mars 1940, Papers 1933-61, Département d'Histoire de l'Église, Salt Lake City, p. 3 ; Histoire de l'Église dans la plénitude des temps, Religion 341-343, 2002, p. 519 et 563 ; 1997, p. 521 et 566)
 
Cet enseignement de J. Reuben Clark, d'Harold B. Lee, de Spencer W. Kimball, de Boyd K. Packer et de la Première Présidence a été récemment réitéré par M. Russell Ballard et Dallin H. Oaks :
 
Lors de la première réunion mondiale de formation des dirigeants, le 11 janvier 2003, M. Russell Ballard a rappelé que l'Église est organisée pour aider la famille et que les activités qui se déroulent dans les diverses branches, paroisses et pieux de l'Église sont très importantes, mais ne doivent ni remplacer celles de la famille ni occuper tout le temps dont disposent les parents pour instruire leurs enfants au sein de leur foyer. Il a ajouté que les évêques et présidents de pieu doivent faire preuve de sagesse et de jugement pour veiller attentivement à l'équilibre entre les activités en famille et celles de l'Église.
 
Dallin H. Oaks a ajouté : « Les programmes de l’Église doivent se concentrer sur ce qu’il y a de plus efficace pour atteindre les objectifs qui leur sont assignés, sans empiéter indûment sur le temps dont les familles ont besoin pour les devoirs qui leur ont été divinement confiés. » (Le Liahona, novembre 2007, p. 106)

À propos de la répartition des responsabilités au sein des unités de l'Église, rappelons l'exhortation de L. Tom Perry, des Douze : « Nous devons essayer de donner à chaque personne de nos unités de l'Église un seul appel en plus du [service pastoral]. » (Première réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 janvier 2003, p. 9), exhortation qu'il a rappelée trois ans plus tard : « Nous vous rappelons de ne pas charger vos membres de plus d'un appel en plus du [service pastoral]. Astreignez-vous à respecter les priorités de base, et vous serez surpris de la manière dont l'inspiration du Seigneur vous guidera pour vous acquitter de vos responsabilités de serviteur dans son royaume. » (Réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 février 2006 ; voir Le Liahona, juin 2006, p. 59-60)

 
14. La communication
 
Bien des difficultés sont évitées quand nous concédons à la communication la place que le Seigneur lui a réservée dans son Église. Le réseau de communication, ses relais et ses voies, tels que le Seigneur les a prévus, constituent une trame parfaite pour prévenir les problèmes et perfectionner les saints. Lorsque nous négligeons l'un de ces relais, les difficultés naissent ou s'amplifient.
 
Ces relais de communication sont les réunions, les visites et les entretiens. Leur description dans les manuels d'instructions de l'Église indique leur but, leur déroulement, leur fréquence, leur durée et les personnes qu'ils concernent. Parfois il n'est pas nécessaire qu'ils revêtent un caractère officiel, mais ils ont leur place dans cette trame conçue par le Seigneur pour le bien-être de son peuple.
 
De la même façon, au foyer, les relais de communication que sont la prière et la lecture des Écritures en famille, la soirée familiale, les conseils de famille, les entretiens entre époux, les entretiens entre parent et enfant, etc. constituent une cotte de mailles de protection des assauts de l'adversaire contre le foyer. Comme chez la personne, s'il manque une maille, l'ensemble est vulnérable. L. Tom Perry a exprimé cette idée de la façon suivante : « Nous devons faire de notre foyer un lieu de refuge contre la tempête, dont l'intensité augmente tout autour de nous. Si l'on néglige ne serait-ce que les plus petits interstices, les influences négatives peuvent s'engouffrer dans les murs mêmes de notre maison. » (Le Liahona, mai 2003, p. 40-41)
 
L'armure spirituelle préconisée par Paul aux saints d'Éphèse et par le Seigneur aux saints des derniers jours inclut la « cuirasse de la justice » (Éphésiens 6:14 ; D&A 27:16). En 2002, M. Russell Ballard a fait le commentaire suivant à propos de cette cuirasse. Il a dit : « Lorsque je me représente cette armure spirituelle, je préfère la voir comme une cotte de mailles plutôt que comme un harnais métallique d'une seule pièce fondu pour correspondre à la forme du corps. Il n'y a pas une seule grande chose que nous puissions faire pour nous armer spirituellement. Si une flèche atteint avec précision l'un des défauts de la cuirasse, elle peut provoquer une blessure mortelle. Je voudrais vous suggérer [quelques] façons de vous protéger en éliminant les défauts ou les fentes de votre cuirasse spirituelle : 1. Comptez sur le pouvoir protecteur de la prière ; 2. Fiez-vous au pouvoir protecteur des Écritures… » (Church News, 9 mars 2002 ; Le Liahona, août 2002, Nouvelles, p. 12) 

Au sujet de la prière en famille, Thomas S. Monson a déclaré : « La prière familiale est la meilleure protection contre le péché, et donc la plus grande source de joie et de bonheur. La vieille formule 'La famille qui prie reste unie' est toujours vraie. » (L'Étoile, janvier 1989, p. 59 ; Le Liahona, octobre 2001, p. 4)

À propos de l'étude des Écritures en famille, Howard W. Hunter a dit : « Les familles sont grandement bénies quand les pères et les mères pleins de sagesse réunissent leurs enfants autour d'eux, lisent ensemble dans les Écritures et puis discutent librement… » (L'Étoile, mai 1980, p. 104)
 
Dallin H. Oaks a ajouté : « Comparez l'effet du temps passé dans la même pièce simplement en spectateurs devant la télévision à celui consacré à communiquer l'un avec l'autre en famille… Combien de temps une famille consacre-t-elle à apprendre l'Évangile par l'étude des Écritures et par l'enseignement des parents en comparaison du temps que les membres de la famille passent à regarder les compétitions sportives, les débats ou les séries télévisées ? Je crois que beaucoup parmi nous sont suralimentés en spectacles de mauvaise qualité et sous-alimentés en ce qui concerne le pain de vie. » (Le Liahona, juillet 2001, p. 101-102)

En 1999, la Première Présidence a déclaré : « Tout autour de nous nous voyons les preuves des éléments destructeurs destinés à détruire nos jeunes...  Il en est qui tombent dans les filets de l'adversaire, qui cessent d'être pratiquants et qui s'attirent des ennuis… Nous recommandons aux parents et aux enfants d'accorder toute la priorité à la prière en famille, à la soirée familiale, à l'étude et à l'enseignement de l'Évangile et aux activités familiales saines » (Lettre de la Première Présidence, 11 février 1999).

Quelques mois plus tard, la Première Présidence rappelait : « Au début de cette année nous avons demandé aux parents de consacrer tous leurs efforts à instruire et à élever leurs enfants selon les principes de l'Évangile, ce qui leur permettra de rester proches de l'Église. Nous avons aussi recommandé aux parents et aux enfants de donner la plus grande priorité à la prière en famille, à la soirée familiale, à l'étude et à l'enseignement de l'Évangile, et aux activités familiales saines. » (Lettre de la Première Présidence, 4 octobre 1999 ; Le Liahona, mars 2003, p. 4)
 
Ezra Taft Benson a déclaré à propos de la soirée familiale : « La soirée familiale constitue une barrière à l'œuvre de l'adversaire » (Ensign, décembre 1971) ; ce à quoi James E. Faust a ajouté : « Si nous continuons à faire notre soirée familiale, nos foyers en seront bénis… et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre nous » (Le Liahona, juin 2003, p. 6). Et Thomas S. Monson d'ajouter : « La soirée familiale peut apporter la progression spirituelle à chaque membre de la famille en l'aidant à résister aux tentations qui sont partout. » (Le Liahona, mai 2005, p. 19)
 
L. Tom Perry a fait le commentaire suivant sur la soirée familiale : « C'est l'occasion de tenir conseil, de lire les Écritures, de prier et de nous divertir ensemble. » (Le Liahona, juillet 2001, p. 43)

David A. Bednar a déclaré : « Chaque prière en famille, chaque occasion de lire les Écritures en famille et chaque soirée familiale est un coup de pinceau sur la toile de notre âme. Il se peut qu’aucun événement ne soit très marquant ni très mémorable. Mais, de même que les coups de pinceau de [diverses couleurs] se complètent et produisent un chef-d’œuvre impressionnant, de même notre persévérance à faire des choses apparemment petites peut produire des résultats spirituels importants. » (Le Liahona, novembre 2009, p. 19)
 
Ezra Taft Benson a affirmé : « Dans les familles fortes, on entretient une bonne communication. On exprime ses problèmes, on fait des projets ensemble et l'on coopère pour atteindre des objectifs communs. Les soirées familiales et les conseils de famille servent efficacement à ces fins » (L'Étoile, octobre 1984, p. 11 ; février 1994, p. 4). Il a ajouté : « En encourageant les parents à tenir des conseils de famille, nous imitons dans nos foyers un modèle céleste [Abraham 4:26]. » (L'Étoile, octobre 1979, p. 147)

M. Russell Ballard a lancé l'exhortation suivante : « Vous, parents, instruisez-vous l'un l'autre et instruisez vos enfants lors des soirées familiales et des conseils de famille. » (Le Liahona, juillet 2001, p. 81)
 
Au sujet des entretiens entre époux, Neal A. Maxwell (1926-2004), du Collège des Douze, a enseigné : « Mari et femme peuvent 'raisonner ensemble' [D&A 50:10] à date régulière, et faire le point. Il peut être nécessaire d'apporter des corrections de détail, et ces entretiens peuvent être plus précieux que nous ne le pensons. Hélas, trop de couples sont trop occupés. » (Le Liahona, juillet 2001, p. 45)
 
Russell M. Nelson a ajouté : « Bien communiquer avec votre conjoint est important. La bonne communication inclut de prendre le temps de planifier ensemble. Les conjoints ont besoin de moments en privé pour faire des observations, pour parler et pour s'écouter réellement. » (Le Liahona, mai 2006, p. 37) 
 
À propos des entretiens entre père et enfant, nous lisons : « Ces entretiens peuvent respecter une certaine forme ou être détendus et fréquents. Le père doit exprimer son amour pour l'enfant et la confiance qu'il a en lui. L'enfant doit avoir l'occasion d'exprimer ses sentiments sur n'importe quel sujet, problème ou expérience. Le père doit écouter attentivement et prendre au sérieux les problèmes et les confidences de l'enfant. Le père et l'enfant doivent prier ensemble » (Guide de la famille, p. 10-11 de l’édition 2001).

Thomas S. Monson a enseigné : « Nous devons être inébranlables dans l'exemple que nous donnons aux membres de notre famille et être disponibles pour accorder du temps en tête à tête à chacun d'entre eux afin de conseiller et de guider. » (Réunion mondiale de formation des dirigeants, 11 février 2006 ; voir Le Liahona, juin 2006, p. 68)

M. Russell Ballard a ajouté :

« Vous devriez avoir couramment des rencontres en tête à tête avec vos fils. Tout père a besoin d’au moins une conversation ciblée, de qualité, avec ses fils chaque mois, au cours de laquelle ils parlent de choses précises telles que les études, les amis, les sentiments, les jeux vidéo, les textos, la dignité, la foi et le témoignage. L’endroit ou le moment ne sont pas aussi importants que le fait qu’elle ait lieu...

« Dans vos discussions avec vos fils, utilisez le mot 'penser' le plus souvent possible sans que cela devienne gênant. Demandez : 'Qu’est-ce que tu penses de ce que tu apprends dans ce cours ?' 'Que penses-tu de ce que ton ami a dit ?' 'Que penses-tu de ta prêtrise et de l’Église ?' Ne vous croyez pas tenu de tout régler ou de tout résoudre pendant ces conversations. La plupart du temps, la meilleure chose que vous puissiez faire, c’est simplement écouter. Les pères qui écoutent plus qu’ils ne parlent constatent que leurs fils en disent davantage sur ce qui se passe vraiment dans leur vie. Pères, écoutez vos fils. » (Le Liahona, novembre 2009, p. 48, 49)
 
En 2018, un nouveau programme d'étude personnelle et familiale, appelé Viens et suis-moi, a été lancé dans toute l'Église. Tel qu'il est conçu, ce programme inclut la plupart des éléments du programme de la soirée familiale et engendre les mêmes bénéfices. Autant on vantait précédemment les bénéfices de la soirée familiale, autant on annonce maintenant les avantages du programme d'étude Viens et suis-moi. Ces avantages étant les mêmes d'un programme à l'autre, toutes les déclarations précédentes sur la soirée familiale peuvent s'appliquer au nouveau programme familial Viens et suis-moi.

À propos de ce programme, Russell M. Nelson a fait la promesse suivante : « Le nouveau programme d’étude centré sur le foyer, soutenu par l’Église donnera la possibilité aux familles de transformer leur foyer en sanctuaire de foi si elles le suivent consciencieusement et soigneusement. Je vous promets que, si vous travaillez diligemment à transformer votre foyer en centre d’apprentissage de l’Évangile, au fil du temps, vos jours du sabbat deviendront un délice, vos enfants seront heureux d’apprendre et de vivre les enseignements du Sauveur, et l’influence de l’adversaire dans votre vie et votre foyer diminuera. Les changements dans votre famille seront spectaculaires et réconfortants. » (Le Liahona, novembre 2018, p. 113)

Selon cette déclaration, le programme de la soirée familiale a été refondu dans le programme d'étude familiale Viens et suis-moi. La soirée familiale du lundi a été recentrée sur le jour de sabbat, et le manuel Viens et suis-moi, à l'usage des familles, est devenu le nouveau manuel de soirées familiales.

Au foyer, que les réunions, entretiens et conseils soient planifiés ou spontanés, ils font partie du réseau de communication indispensable à la vie du foyer et au bien-être de ses membres.
 
Rien ne remplace la communication. Elle est présente dans tout le plan de salut du Père pour ses enfants, de la prière et la révélation jusqu'aux ordonnances de la prêtrise en passant par l'enseignement de l'Évangile, les témoignages reçus et rendus, la confession et la rémission des péchés, les appels à servir et les comptes rendus de son intendance, etc.
 
De nombreux problèmes naissent de l'absence de communication ou d'une mauvaise communication. Charles Didier, alors membre du Premier collège des soixante-dix, a déclaré : « Le langage est divin. Certains le savent peut-être mais n'en comprennent pas les implications dans leur vie familiale quotidienne. L'amour au foyer commence par un langage empreint d'amour. Ce besoin est si important que, sans mots affectueux, certains deviennent des déséquilibrés mentaux, d'autres ont des troubles émotionnels et certains même peuvent mourir. Aucune société ne peut survivre quand sa vie familiale s'est détériorée, et cette détérioration commence toujours par un mot, un seul mot simple. » (L'Étoile, mai 1980, p. 45)
 
Une communication de qualité prévient les problèmes inutiles. Beaucoup de difficultés, au foyer comme dans l'Église, viennent d'un manque de communication. Le Seigneur, qui savait cela, a prévu des relais de communication. Il a dit : « Et voici, vous vous rassemblerez souvent » (3 Néphi 18:22) ; « Voici, je vous donne le commandement de vous instruire et de vous édifier les uns les autres lorsque vous êtes assemblés » (D&A 43:8). L'adversaire aussi a ses réseaux de communication, y compris l'équivalent de la révélation (voir Hélaman 6:26-30). Il est probable que si nous étions conscients de tout ce dont l'adversaire ne se prive pas pour atteindre ses buts infernaux nous ne négligerions aucun des relais de communication prévus par le Seigneur dans son Église.
 
C'est en grande partie sur la qualité de la communication que repose l'efficacité d'une réunion, d'un entretien ou d'une visite. Lorsque le locuteur parle par l'Esprit et que l'interlocuteur reçoit la parole par le même Esprit (voir D&A 50:17-22), ceci est de la communication par excellence. Un autre enseignement donné par le Seigneur en faveur d'une bonne communication dans l'Église et au foyer est celui-ci : « Qu'une personne parle à la fois, et que tous écoutent ce qu'elle dit, afin que lorsque tous ont parlé, tous soient édifiés. » (D&A 88:122)
 
La communication est de meilleure qualité lorsque ceux qui communiquent ont développé les vertus chrétiennes telles que l'humilité, l'amour et la patience. Toutes les vertus améliorent la communication. À l'inverse, l'orgueil, l'impatience et la colère la détériorent. Tous les péchés la détériorent. Plus les vertus chrétiennes développent notre personnalité, plus notre aptitude à communiquer augmente. Plus le Saint-Esprit nous accompagne, meilleure est notre communication. Mieux nous communiquons, mieux nous évitons les difficultés inutiles et vainquons celles qui nous renforcent.
 
 
15. Le langage

Au chapitre 12, nous avons traité de l'impact du langage des détenteurs de la prêtrise quand ils donnent une bénédiction. Nous avons vu comment le choix des verbes et des tournures peut exprimer divers degrés de foi et de pouvoir. La même observation peut être faite à propos du langage de nos prières. Voici à présent un plaidoyer en faveur d'une langue correcte, juste et précise, inspirée de la clarté tant recherchée par Néphi (voir 2 Néphi 25:4, 7 ; 31:2-3 ; 33:6).

a. Le langage de l'Église
b. Les anglicismes
c. La langue écrite

a. Le langage de l'Église
 
En français, le vocabulaire de l'Église évolue avec sa traduction à partir de la langue du Rétablissement, l'anglais. Ce qui fait autorité en la matière sont les publications de l'Église. En fonction de l'évolution de la langue française, un terme qui a été traduit d'une façon pendant un temps peut un jour être traduit différemment. D'autre part, un terme spécifique au jargon des membres de l'Église peut n'avoir jamais fait partie de la terminologie de l'Église.
 
C'est ainsi que dans les publications actuelles de l'Église on parle de l’œuvre missionnaire et non du travail missionnaire ; de collègues (à propos des équipes de missionnaires à plein temps) davantage que de compagnons ; des amis de l'Église et non des investigateurs ; des leçons missionnaires et non des discussions missionnaires ; des leçons pour les nouveaux membres et non des leçons d'intégration ; de la remotivation ou du retour à l'assiduité et non de la réactivation ; de la communication et non plus des communications (ou relations) publiques ; des anciens potentiels et non des candidats anciens ;

On parle des veillées et non des coins de feu ; du conseil de pieu ou de paroisse et non du conseil de coordination de pieu ou de paroisse ; des entretiens de prêtrise et non des entrevues orales de prêtrise ou entrevues personnelles de prêtrise ; des biens immeubles (immeubles étant un qualificatif) et non des biens et immeubles ; des membres du grand conseil et non des grands conseillers ;

On parle du cours de doctrine de l'Évangile (de l'École du dimanche) et non de la classe des adultes (cette classe de l'École du dimanche n'est pas la seule à être composée d'adultes) ; du cours des principes de l'Évangile (de l'École du dimanche) et non de la classe des amis de l'Église (cette classe n'accueille pas seulement les amis de l'Église, mais également les nouveaux membres et les membres qui reviennent à l'Église) ;


On parle de la réunion de coordination missionnaire et non de la réunion de DMP (dirigeant de mission de paroisse) ; de la réunion des dirigeants de prêtrise (de pieu) et non de la réunion trimestrielle de prêtrise (la fréquence peut changer) ; de la réunion générale de prêtrise (de pieu) et non de la réunion semestrielle de prêtrise (même remarque que pour l'exemple précédent) ; de la commémoration du rétablissement de la prêtrise et non de la commémoration de la prêtrise (on commémore un événement), de l'indexation et non plus de l'extraction, etc.
 
En revanche, la tendance à bannir le terme révérence, s'agissant de l'attitude qui convient de la part de chacun à l'église, est erronée. En français, la définition de ce terme correspond exactement à cette attitude. Alors que le terme recueillement désigne, dans son sens premier, un acte ponctuel (celui de rompre tout contact avec son environnement immédiat, de s'isoler mentalement et se concentrer sur la vie spirituelle, comme le temps de la prière), le terme révérence traduit une attitude de respect, de retenue, de déférence qui convient à toute la durée des réunions et de notre présence à l'église comme en tout lieu sacré.

Le caractère juste du terme révérence est confirmé par l'excellente définition qui en est donnée dans le glossaire intitulé Ancrés dans la foi, manuel de référence sur l'Évangile, 2005, p. 162-163. Précisons aussi que le qualificatif lié à révérence est révérencieux (révérencieuse) et non révérend (révérende), qui est un titre, ni révérant, qui est le participe présent du verbe révérer.
 
De même, la tendance à préférer repentir à repentance ne paraît pas fondée, si ce n'est pour une question de sonorité (repentance rime avec pénitence). En 1928, dans son Encyclopédie Biblique, Reisdorf-Reece définissait ainsi le repentir : « Vif regret », et ainsi la repentance : « Action de changer d'avis ou de résolution », faisant une distinction entre les deux termes.

Avant lui, Louis Segond avait fait la même distinction dans sa traduction de la Bible où, dans la version de 1910, repentir apparaît lorsqu'il s'agit du sentiment (voir Juges 21:6, 15 ; Jérémie 31:19 ; Ézéchiel 24:14 ; Osée 13:14 ; Hébreux 12:17 [voir Genèse 27:38 et 41]) et repentance lorsqu'il s'agit de la doctrine ou du processus de la repentance (voir Matthieu 3:8, 11 ; Marc 1:4 ; 6:12 ; Luc 3:3, 8 ; 5:32 ; 15:7 ; 24:47 ; Actes 5:31 ; 11:18 ; 13:24 ; 19:4 ; 20:21 ; 26:20 ; Romains 2:4 ; 2 Corinthiens 7:9, 10 ; 2 Timothée 2:25 ; Hébreux 6:6 ; 2 Pierre 3:9).

D'autres expressions du langage parlé couramment utilisées dans l'Église pourraient l'être plus correctement en français : La ou une soirée de talents devrait devenir la ou une soirée des talents, de même que l'on dit la ou une soirée des Césars (il est vrai qu'en français on dit aussi l'office de tourisme plutôt que du tourisme, mais tourisme n'est pas un pluriel comme l'est talents). De même, on parle correctement du programme de maîtrise des Écritures, mais on entend parfois dire une maîtrise d'Écriture pour désigner l'une des Écritures du programme de maîtrise des Écritures, quand une Écriture de maîtrise décrirait parfaitement l'idée.
 

De plus, les sigles comme DMP, RBI, PAJF, JA, JAS, AS, CEP, CCP, EOP, EPP, etc., incompréhensibles par nos voisins et nos hôtes, ne font pas partie du langage des publications de l'Église.

Il est vrai que nos jeunes ont appris à prononcer le sigle anglais FSY, qui sonne « effessouaill' ». Non seulement la sonorité est peu élégante pour les non anglophones, mais en plus elle ne signifie rien pour eux, alors que la formule « Spécial Jeunes », pas plus longue ni plus difficile à prononcer, décrirait plus efficacement la même idée. Notons qu'il n'y a pas davantage de syllabes prononcées pour l'une (Spé – cial – Jeun') que pour l'autre (Eff – Ess – Ouaill') mais que l'on gagne grandement en compréhension avec la première.

Il en est de même pour le sigle JA : Jeun' – za – dult
' (3 syllabes) ne comporte qu'une syllabe de plus que J-A (2 syllabes) mais est tellement plus explicite ! Dans ces cas et d'autres, on ne peut pas avancer l'économie de syllabes comme excuse.

S'agissant de l'acronyme CAJAF, non seulement sa sonorité est peu élégante, mais cet acronyme est employé sans que ni les locuteurs ni les auditeurs n'en connaissent la signification. Les curieux qui vont sur le site internet dédié n'y trouvent pas davantage le renseignement. On devine seulement que vu l'âge de ceux qui y participent et en parlent, il s'agit d'une activité pour les jeunes adultes.

 
L'emploi du terme juste était déjà un souci en 1973 lorsqu'on suggérait, dans le Manuel d’instructions pour la musique dans l’Église (réf. PB MU 0031 FR), la terminologie suivante : Assemblée plutôt qu'auditoire, cantique plutôt que chant, etc. On pourrait ajouter prière d'ouverture plutôt qu'invocation et prière de clôture plutôt que bénédiction, anglicismes parfois entendus.

Précisons enfin que ce qu'on nomme la Parole de sagesse est délimité exclusivement par la section 89 des Doctrine et Alliances (voir le chapeau de cette section ; voir aussi Ancrés dans la foi, manuel de référence sur l'Évangile, 2005, p. 123-125). Si l'on y ajoute des éléments extérieurs, comme la recommandation de se coucher de bonne heure et de se lever tôt (voir D&A 88:124), on ne traite plus de la Parole de sagesse proprement dite, mais d'un concept plus général parfois appelé Code de santé du Seigneur, englobant toutes les indications du Seigneur sur la santé, dont la Parole de sagesse.

b. Les anglicismes


La langue du Rétablissement étant l'anglais, les premiers missionnaires de l'Église étaient d'expression anglaise. Les missionnaires d'expression anglaise ont longtemps été majoritaires et le sont peut-être encore. De ce fait, il est naturel que des anglicismes aient été importés parmi les saints d'expression française, anglicismes dont nous trouvons des traces encore aujourd'hui dans toutes les paroisses de France.

Quand un anglicisme fait partie du fond sonore de notre éducation religieuse et que ce fond perdure pendant des décennies, il est naturel que nous adoptions cet anglicisme sans nous en rendre compte et qu'il fasse partie de notre langage. Pour nous en rendre compte, il faut soit avoir une bonne connaissance du français, soit que quelqu'un constate l'anglicisme et nous en fasse la remarque.

Voici quelques exemples d'anglicismes parmi les saints :

a. Chapelle
b. Coin de feu
c. Actif
d. Président
e. Père céleste
f. Christ
g. À propos du témoignage
h. À propos de la prière
i. Jésus-Christ

■ « Chapelle » pour « église ». C'est le langage des missionnaires anglophones que nous imitons depuis des décennies, sauf dans les publications de l'Église qui sont en français correct. En français, la « chapelle » désigne la salle de culte. Comme dans le temple, la chapelle n'est qu'une partie du bâtiment. Même si dans l'Église catholique il existe des bâtiments isolés appelés chapelles, les bâtiments dans lesquels se tiennent nos réunions dominicales sont des églises. Précisons qu'en français l'église avec un é minuscule est le bâtiment, alors que l'Église avec un É majuscule est l'institution.

■ « Coin de feu » pour « veillée ». Un « coin de feu » n'a jamais été une expression française. L'équivalent a toujours été une « soirée au coin du feu ». Aujourd'hui nous disons « veillée », terme officiel des publications de l'Église.

■ « Actif »
pour « pratiquant » et « inactif » pour « non pratiquant ». En français, un « membre actif » est le membre d'une association qui est à jour de sa cotisation. Dans le monde religieux, on est pratiquant, semi-pratiquant ou non pratiquant.

■ « Président Untel » pour « Le président Untel ». « Président Untel a déclaré » pour « Le président Untel a déclaré » ; « La femme de président Untel » pour « La femme du président Untel » ; « J'ai parlé à président Untel » pour « J'ai parlé au président Untel ». En anglais, l'article est supprimé devant un nom propre précédé d'un titre. En français, on met l'article devant un titre. On ne dit « Président Untel » que lorsqu'on s'adresse à lui. Notons que cette règle est respectée dans toutes les publications officielles de l'Église.

■ De même, en français on emploie l'expression « Père céleste » en la précédant
de l'article défini (« le ») ou d'un adjectif possessif (« notre », « mon », etc). Par voie de conséquence, en français on ne dit pas « à Père céleste » mais « au Père céleste » ou « à notre Père céleste » ; on ne dit pas « de Père céleste » mais « du Père céleste » ou « de notre Père céleste » ; etc. L'appeler directement « Père », suivi d'un qualificatif ou pas, n'est correct en français que lorsqu'on s'adresse à lui. D'ailleurs, en français on ne dit pas « Au nom de Père » mais « Au nom du Père ». Répétons-le : En anglais, devant un titre, on supprime l'article, alors qu'en français on le met. Notons que cette règle est respectée dans tout le canon des Écritures ainsi que dans toutes les publications officielles de l'Église.

Une exception à la règle s'est infiltrée dans la tradition protestante et jusque dans la Bible de Louis Segond qui était pasteur protestant : « Christ » pour « le Christ », « à Christ » pour « au Christ » et « de Christ » pour « du Christ » dans un nombre de passages trop important pour qu'il soit utile d'en indiquer les références. Nous y voyons l'influence de la langue de la Réforme, l'allemand, dans laquelle le titre « Christus » s'emploie sans article, comme en anglais. Notons que les publications de l'Église ne se permettent pas cet écart à la règle. Si elles citent fidèlement la Bible Segond, elles n'adoptent pas l'usage du terme « Christ » à la mode protestante.

■ À propos du témoignage :

À propos de la façon de témoigner, il y a ce qui se dit en anglais mais pas en français.

■ Ce qui ne se dit pas :

« Je vous laisse mon témoignage », car ce qu'on laisse, on ne l'a plus. On ne dit pas non plus « Je vous laisse avec mon témoignage ».

« Je vous offre mon témoignage ». En anglais, le verbe « offrir » est utilisé dans de nombreux registres. Pas en français. Nous avons des verbes spécifiques.

« Je vous partage mon témoignage » n'est pas une tournure française. On dit « Je vous fais part de mon témoignage ».

« Je rends mon témoignage » est un anglicisme.
En français, on ne rend pas « son » témoignage, comme on rendrait son tablier. L'expression correcte est « rendre témoignage », pas « rendre son témoignage ».

« Je porte mon témoignage ». On ne porte pas « son » témoignage comme on porterait sa croix. L'expression correcte est « porter témoignage », pas « porter son témoignage ».

Précisons que ce type d'écueil était déjà mentionné dans le Manuel à l'usage des traducteurs édité par l'Église en 1967 et toujours d'actualité.


■ Formulations correctes :

« Je rends témoignage ». L'expression correcte est « rendre témoignage », pas « rendre son témoignage ». Par conséquent, lorsqu'on traduit : « Rendez votre témoignage… Chaque fois que vous rendez votre témoignage, vous le fortifiez » (Spencer W. Kimball, Enseignements des présidents de l'Église, 2006, p. 85), on devrait utiliser une formulation telle que :
« Rendez témoignage… Chaque fois que vous témoignez, vous fortifiez votre témoignage ». De même, lorsqu'on traduit : « Je rends mon témoignage sûr et solennel que Dieu, le Père éternel, est notre Père céleste et qu’il vit… » (Dale G. Renlund, Le Liahona, novembre 2023, p. 98), on devrait utiliser une formulation telle que : « Je rends un témoignage sûr et solennel que Dieu, le Père éternel, est notre Père céleste et qu’il vit… »

« Je porte témoignage ». L'expression correcte est « porter témoignage », pas « porter son témoignage ».

« Je témoigne » et « J'en témoigne ». C'est l'expression la plus simple et la plus sûre. Elle peut être utilisée en début ou en fin de témoignage, comme suit : 

« Je témoigne que Dieu vit, que Jésus est le Sauveur du monde et que le président Untel est le prophète de Dieu aujourd'hui. »

« Je sais que Dieu vit, que Jésus est le Sauveur du monde et que le président Untel est le prophète de Dieu aujourd'hui. J'en témoigne. »

« Dieu vit. Jésus est le Sauveur du monde. Le président Untel est le prophète de Dieu aujourd'hui. Je témoigne de ces vérités sacrées. » (
Ulisses Soares, Le Liahona, novembre 2023, p. 73). Cette dernière formulation a la particularité de ne pas commencer par « Je » mais par l'énoncé de vérités. 

Comme on le constate, la palette de formulations correctes est riche. Elle est suffisamment riche pour ne pas avoir besoin de recourir à des tournures étrangères. 

Ceci étant dit, dans le doute, ne nous abstenons pas ! Ne nous abstenons pas de témoigner parce que nous ne sommes pas sûrs de notre langage, mais soyons certains que notre Père céleste accepte tous les témoignages, comme toutes les prières, quelle que soit leur formulation. Sachons simplement qu'il existe des formulations correctes et d'autres qui ne le sont pas.

■ À propos de la prière :

En bon français, on ne « laisse » pas une prière à notre Père céleste. Soit on la lui « fait » (voir 1 Rois 8:29 ; 2 Rois 20:2 ; 2 Chroniques 6:40 ; 7:15 ; Esdras 10:1 ; Marc 11:25), soit on la lui « adresse » (voir 2 Samuel 7:27 ; 1 Rois 8:28, 33, 44, 48, 54 ; 2 Chroniques 6:34, 38 ; Néhémie 1:6 ; Job 27:10 ; 33:26 ; Psaumes 5:3 ; Romains 15:30). Le verbe « laisser » a une connotation de négligence, voire d'abandon, qui convient peu à la communication avec le divin. On « laisse » un message à quelqu'un sur un répondeur téléphonique, mais on « fait » ou « adresse » une prière à notre Père céleste. La langue française étant riche, il existe des formules encore plus simples pour terminer une prière, comme « C'est là notre prière » ou « Nous te prions » suivi de « Au nom de Jésus-Christ. Amen », cette dernière terminaison pouvant souvent se suffire à elle-même.

Comme nous l'avons dit, dans la langue anglaise le verbe « offrir » est appliqué à toutes sortes de situations. Pas en français. En français, on offre un sacrifice, on offre sa vie, mais on fait une prière. « Offrir la prière » n'est pas une expression française. C'est pourquoi elle est absente des publications de l'Église où c'est l'expression « faire la prière » qui est utilisée, comme dans les saintes Écritures (voir 1 Rois 8:29 ; 2 Rois 20:2 ; 2 Chroniques 6:40 ; 7:15 ; Esdras 10:1 ; Marc 11:25).

Seuls deux cas ont échappé à la vigilance du service des Traductions : D&A 93:51 et le premier couplet du cantique « À toi, Dieu, notre Père » (Cantiques, 1993, n° 100). Ces deux cas sont des paradoxes, car dans aucun des deux le texte anglais ne dit « offrir » la prière. Ce verbe n'est pas dans le texte anglais. Nos traducteurs ont introduit dans leur traduction une expression anglaise absente du texte anglais.

Précisons que si l'expression « offrir la prière » est d'usage en anglais dans le langage courant, elle est cependant totalement absente des ouvrages canoniques en anglais.

La règle appliquée par nos traducteurs est de ne pas traduire mot à mot une expression anglaise mais de la rendre par l'expression équivalente en français. Puisque l'expression française correspondant à « offrir la prière » est « faire la prière », c'est ainsi qu'elle est traduite dans les publications de l'Église. S'il existe des infractions à cette règle, c'est par erreur humaine ou logicielle, ou les deux.

C'est le cas de l'ouvrage en trois tomes « Les saints », confiée à une équipe qui n'a pas reçu les instructions en usage ou à un logiciel dans lequel on ne les a pas intégrées. L'ouvrage mentionné contient quelques expressions purement anglaises ou tournures anglo-saxonnes traduites mot-à-mot, dont la sonorité n'est pas très « heureuse » en français. Les traducteurs habituels
ne font cette erreur qu'exceptionnellement, par omission. Le reste du temps, ils s'en tiennent aux recommandations du manuel qui leur est fourni. 

Quant à l'expression « Untel va nous offrir la prière », elle comporte un double problème : ce n'est pas à « nous » que la prière est faite, mais à notre Père céleste. La prière n'étant pas destinée à « nous », « Untel va nous faire la prière », bien qu'utilisant le bon verbe, a le même inconvénient.

Alors, que dit-on pour s'exprimer correctement ? On dit « Untel fera la prière », comme le disent les traducteurs de la conférence générale. Et lorsqu'on termine la prière, il existe de nombreux verbes pour le faire : « C'est la prière que nous te faisons », ou « t'adressons », ou « prononçons », ou « formulons », etc. Comme nous le constatons, la langue française est suffisamment riche pour ne pas avoir à adopter la traduction d'une expression anglaise.

■ La prononciation de « Jésus-Christ » est l'anglicisme le plus répandu actuellement parmi les saints d'expression française. C'est le plus répandu parce que c'est le nom le plus souvent prononcé dans l'Église, notamment dans l'emploi de l'expression « au nom de Jésus-Christ ». En français on dit « le Christ » en prononçant toutes les lettres (k-r-i-s-t), mais on prononce « Jésus-Christ » en laissant muettes les deux dernières consonnes (k-r-i). Faire sonner les consonnes finales est un anglicisme. En français, pour faire sonner les dernières consonnes on doit ajouter l'article défini « le » entre « Jésus » et « Christ » : « Jésus le Christ ». Sans l'article défini entre « Jésus » et « Christ », on ne prononce pas les consonnes finales.

La seule justification à la prononciation des consonnes finales serait lorsque « Jésus-Christ » est écrit sans trait d'union. Selon le Grévisse : « Le deuxième élément est une sorte de surnom. Pour essayer de rendre à cette désignation sa valeur première, les auteurs catholiques récents préfèrent écrire Jésus Christ[sans trait d'union], en prononçant parfois [krist] comme dans l'Église réformée » (Grévisse, Le bon usage, éd. Duculot, 1986, p. 144). Dans les Écritures en français, « Jésus-Christ » est orthographié avec un trait d'union, à la différence des Écritures en anglais. C'est aussi l'orthographe dans toutes les publications de l'Église en français. Notre prononciation devrait être conforme à l'orthographe employée.

La prononciation du composé « Jésus-Christ » en laissant entendre les consonnes finales est l'
anglicisme qui gagne le plus de terrain actuellement parmi nous. Sa progression dans nos paroisses est un véritable raz-de-marée dans lequel il serait aisé de se laisser emporter. Nous pouvons cependant faire le choix d'appliquer la règle de prononciation en français.

En ancien français (avant 1300) et en moyen français (du 14e au 17e siècle), les consonnes finales se sont progressivement affaiblies, puis elles ont disparu. Dans le mot « Christ », l’affaiblissement a eu comme conséquence de faire disparaitre le ‹st› final. À partir du 16e siècle, l’influence savante a rétabli un certain nombre de ces consonnes finales, mais pas dans le composé « Jésus-Christ ». En témoignent les transcriptions phonétiques les plus anciennes dont nous disposons : celle du Père Gile Vaudelin en 1713 et celle du dictionnaire de l'Académie française, deuxième édition, en 1718. Selon ces sources, la prononciation du composé « Jésus-Christ » se fait en laissant muettes les consonnes finales. Toutes les éditions suivantes du dictionnaire de l'Académie (1740, 1762, 1798, 1835, 1878, 1935), jusqu'à la version en cours, confirment cette prononciation.

Les autres dictionnaires sont unanimes à témoigner de la même prononciation. Selon le Larousse : « Christ : précédé du mot Jésus, il se prononce kri : Jé-zu-kri » ; selon le Littré : « Christ nm (krist' ; dans Jésus-Christ on prononce Jé-zu-kri ; des ministres protestants, à tort, prononcent Jé-zu-krist') » ; selon le Grévisse, lorsque « Jésus » et « Christ » sont reliés par un trait d'union, on prononce kri ; et selon le Dictionnaire culturel en langue française dirigé par Alain Rey (Dictionnaires Le Robert), Christ se prononce Krist, et Jésus-Christ se prononce Jézukri.

Au 17e siècle, quelques pasteurs protestants, peut-être sous l'influence de la langue de la Réforme, l'allemand, ont commencé à prononcer les consonnes finales. Cependant, la prononciation officielle en français est restée celle consignée dans les dictionnaires de la langue française et consiste encore et toujours à laisser muettes les consonnes finales ‹st› quand on dit « Jésus-Christ ». C'est la norme en français.

L
es dictionnaires témoignent de la prononciation à la protestante. En 1872, Le Littré précisait : « Jé-zu Krist' est une mauvaise prononciation très usitée chez les protestants français à cause de leurs relations fréquentes avec les Anglais et les Allemands ». En 1913, le linguiste Philippe Martinon confirmait : « Le groupe final st se prononce dans quelques mots, la plupart étrangers… Il se prononce dans Christ, qui, employé seul, est un mot savant, mais il est resté muet dans Jésu(s)-Chri(st), qui est populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation traditionnelle, sauf parfois chez les protestants. » (Philippe Martinon, Comment on prononce le français, 1913, p. 331)

La liste des anglicismes couramment entendus dans nos églises serait trop longue à énumérer. Mais si nous devions n'en retenir qu'un, celui qui ferait la plus grande différence, c'est la prononciation du nom de notre Seigneur. Pourquoi ? D'abord parce que c'est son nom. Si c'était le nom de quelqu'un d'autre, cela nous préoccuperait moins. Mais il s'agit du nom du Sauveur. Ensuite parce c'est le nom le plus souvent prononcé dans l'Église : lors des prières, des ordonnances et des discours. Si nous devions compter le nombre de fois que le nom du Seigneur est prononcé lors d'une réunion de l'Église, nous comprendrions l'importance de le prononcer correctement.

Il est à noter que la prononciation du nom du Seigneur en laissant muettes les consonnes finales n'existe, parmi les langues occidentales, qu'en français. Elle est particulière à notre langue, d'où l'intérêt de la conserver. Si c'est tout à l'honneur des anglophones de prononcer le nom du Seigneur à l'anglaise, et des germanophones de le prononcer à l'allemande, c'est tout à notre honneur de le prononcer à la française.

Nous nous empressons de préciser qu'il est plus important de prendre le nom du Sauveur sur soi et de parler et d'agir en son nom sans prendre son nom en vain, que de le prononcer à la française. Cependant, prononcer correctement son nom dans notre langue est une marque supplémentaire de respect pour lui et pour notre langue.

Ce qui apparaît comme un détail peut être le sujet de tout un discours de conférence générale. Ainsi en a-t-il été lorsque Dallin H. Oaks, en avril 1993, a plaidé pour que les saints, lorsqu'ils prient en anglais, utilisent les pronoms « thee », « thou », « thy » et « thine » au lieu de « you », « your » et « yours » (voir L'Étoile, juillet 1993, p. 16-19). Il s'est alors empressé d'ajouter : « Je suis certain que notre Père céleste, qui aime tous ses enfants, entend toutes les prières et les exauce, quelle que soit la façon dont elles sont formulées. S’il est offensé par nos prières, ce sera plutôt par leur absence que par leur formulation ». Cependant, tout son discours a été consacré à argumenter en faveur de l'utilisation des pronoms corrects pour prier en anglais.

Qu'est-ce qui nous dit que Dallin Oaks, s
'il avait été de langue française, et si le français avait été la langue du Rétablissement, n'aurait pas consacré un discours de conférence générale à la prononciation correcte du nom du Sauveur en français ? Qu'est-ce qui nous dit qu'il n'aurait pas vu l'utilité et l'importance de développer une argumentation à ce sujet ? Comment s'adresser à Dieu et comment prononcer son nom, n'est-ce pas un même sujet, celui de notre langage à propos de la Divinité ?

Quand nous écoutons la conférence générale ou la dotation du temple, nous pouvons être attentifs non seulement au fond mais aussi à la forme. Nous constatons alors que les personnes qui prêtent leur voix aux orateurs ou aux personnages prononcent correctement le nom du Sauveur. Puisque, en la matière, la norme est respectée au niveau général de l'Église, pourquoi ne serait-ce pas un modèle à imiter personnellement ?

Certains d'entre nous sont issus de régions où le protestantisme est prégnant. Depuis leur enfance, ils prononcent le nom du Seigneur sans effacer les consonnes finales. Il serait vain d'attendre de cette minorité qu'elle change de prononciation, bien que chacun soit libre d'adopter la norme. Pour eux, faire honneur au Seigneur avec leur histoire et leur culture peut passer par la prononciation historiquement en usage dans ces régions. En revanche, on peut souhaiter que la majorité choisisse de faire obstacle à l'influence de la langue anglaise quand elle engloutit une particularité de notre langue dans un nom aussi important.

D'aucuns ont avancé le problème de l'homophonie : le composé « Jésus-Christ » prononcé sans les consonnes finales ferait entendre le verbe crier au présent de l'indicatif avec Jésus comme sujet. Nous répondons que ce composé est trop populaire pour qu'il y ait confusion chez l'auditeur. Les Écritures rapportent effectivement que Jésus cria (voir Jean 11:43), mais l'orthographe de « Jésus-Christ » ne permet aucune interprétation dans le sens du verbe crier. Et aucune Écriture ne l'utilise au présent avec Jésus comme sujet.

La meilleure façon de rétablir la prononciation du nom du Seigneur à la française est de commencer par soi-même. C'est la façon la plus efficace de faire perdre du terrain à l'anglicisme le plus prégnant actuellement dans nos paroisses, toutes régions confondues. Nous pourrions commencer par l'expression « au nom de Jésus-Christ », notamment dans les ordonnances, les prières et les témoignages. Les dirigeants pourraient donner l'exemple dans leurs prises de parole. Plus notre rayon d'influence est large, plus nous avons un devoir envers notre langue. Plus notre appel nous expose, plus nous sommes responsables des effets d'imitation de notre langage chez nos semblables.

Si jusqu'à présent nous n'étions pas conscients de nos défauts de langage, soyons rassurés : ce n'est pas un péché. Dans la hiérarchie des valeurs, il est assurément plus important d'être un vrai disciple du Sauveur et un véritable saint des derniers jours que de parler sans anglicisme. Cependant, notre progression englobe tout, y compris notre langage. Parmi les changements à apporter à notre vie, même un défaut secondaire vaut la peine d'être corrigé. « Et c'est des petites choses que sort ce qui est grand » (D&A 64:33). Or, il est plus facile de s'améliorer quand on sait précisément en quoi le faire. Et ce que nous apprenons dans le cadre de l'Église nous sert aussi à l'extérieur.

Le franglais est défini comme étant du français dans lequel l'influence anglaise (lexique, syntaxe) est prédominante. Nous, locuteurs, avons un devoir envers notre langue. Comme l'a dit Charles Didier, du premier collège des soixante-dix : « Les mots sont une forme d'expression personnelle. Ils nous distinguent tout comme le font les empreintes digitales » (L'Étoile, mai 1980, p. 43). Il est tout à notre honneur de refuser d'être pétris d'anglicismes.

c. La langue écrite

Comme nous l'avons mentionné, certains termes du langage parlé des saints, comme les sigles et les anglicismes, sont exclus des publications de l'Église. Nous savons aussi que les erreurs de français, notamment celles qui peuvent se glisser dans les saintes Écritures, sont corrigées au fur et à mesure de leur signalement et des réimpressions des ouvrages canoniques. Nous allons détailler ce point-là. Nous traiterons ensuite du bon usage des majuscules,
notamment dans le nom de l'Église. Enfin, nous reviendrons sur quelques expressions typiquement anglosaxones et leur équivalent en français.

Les saintes Écritures
Le nom de l'Église
Majuscules et minuscules
Expressions anglosaxones

Les saintes Écritures

Le texte de la Bible Segond mis en ligne par l'Église contient de nombreuses coquilles, les mêmes que celles diffusées par une quarantaine d'autres sites internet. Ces coquilles sont pourtant absentes de nos Bibles imprimées. Le texte de la Bible Segond mis en ligne par de nombreux sites est le résultat d'une numérisation de l'édition imprimée en 1910, suivie d'une reconnaissance de texte pour obtenir le texte en écriture électronique. Ce procédé de conversion du texte papier en écriture électronique n'étant pas fiable à cent pour cent, il a entraîné quelques centaines de déformations du texte, ce qui est peu pour toute la Bible. Ces quelques centaines de fautes de français altèrent le texte de la Bible actuellement en ligne dans de nombreux sites, y compris celui de l'Église.

Par ailleurs, d'autres erreurs se sont ajoutées au cours de diverses modifications du texte avant sa mise en ligne. Au total, l'édition de la Bible mise en ligne par l'Église comporte plusieurs centaines d'erreurs qui ne se trouvent pas dans l'édition imprimée, celle que nous emportions le dimanche à l'église avant la parution de la Bibliothèque de l'Évangile téléchargeable dans nos terminaux portables.

Aux erreurs que contient la version numérique de la Bible, il convient d'ajouter les coquilles déjà signalées dans le Triptyque. L'édition 1998 du Triptyque en français a été l'occasion d'une retraduction complète par Marcel Kahne, la précédente traduction étant celle de 1852 pour le Livre de Mormon et de 1958 pour les Doctrine et Alliances et la Perle de grand prix. Les coquilles que nous avons trouvées dans l'édition de 1998 ont été partiellement corrigées dans l'édition de 2008 et les coquilles restantes ont été partiellement corrigées dans les réimpressions successives (voir l'historique). La réimpression de 2023 actuellement en ligne comporte une centaine de coquilles dont les plus significatives ont été insérées à la liste ci-dessous.

En janvier 2024, les erreurs additionnées de l'ensemble du canon des Écritures se dénombraient à 1875, dont 1781 uniquement dans la Bible. Les erreurs principales (à traiter prioritairement) sont énumérées ci-dessous et ont
été signalées au département des Écritures de l'Église. Les coquilles déjà corrigées suite à nos signalements n'apparaissent pas ici. Il est à noter que certains versets, comme 2 Pierre 3:11, cumulent plusieurs catégories d'erreurs.

Fautes de conjugaison : Nombres 17:2 ; 2 Samuel 19:chapeau ; 1 Rois 6:37 ; 18:chapeau ; 2 Rois 9:2 ; 17:chapeau ; 2 Chroniques 35:11 ; Esdras 5:chapeau ; Proverbes 1:23 ; 5:19 ; 8:25 ; Ecclésiaste 2:3 ; Daniel 2:9 ; Actes 16:14 ; Romains 11:17 ; Apocalypse 6:10 ; 3 Néphi 1:2

Fautes d'accord : 2 Chroniques 6:13 ; Galates 2:17 ; 1 Thessaloniciens 2:5 ; 1 Timothée 3:2 ; 2 Timothée 2:18 ; 4:8 ; Tite 1:6 ; 1:15 (deux cas) ; Hébreux 5:1 ; 9:10, 26, 27, 28 ; Jacques 1:21 ; Jacques 5:5 ; 1 Pierre 1:6 ; 1 Néphi 17:3

Fautes d'orthographe : Deutéronome 10:17 ; 28:24 ; 1 Chroniques 27:7 ; 28:1 ; Esther 1:1 ; Ésaïe 22:16 ; Jérémie 30:16 ; Zacharie 9:8 ; 2 Corinthiens 10:15 ; 2 Thessaloniciens 1:11 ; 3:16 ; 2 Timothée 1:12 ; 3:13 ; Jacques 1:5, 6, 9 ; 1 Jean 5:16

Traits d'union manquants (outre « Jésus Christ », « Saint Esprit », « Esprit Saint », « Tout Puissant » et « Très Haut ») : 1 Corinthiens 11:22 ; 2 Timothée 2:18 ; 1 Jean 4:7

Traits d'union ajoutés, entraînant un changement de signification : Romains 13:3

Mots accolés par l'absence d'espace de séparation : Deutéronome 13:13 ; 25:4 ; 33:25 ; Josué 6:6 ; 18:16 : Juges 5:19 ; 1 Rois 2:28, 33 ; 5:8 ; 2 Rois 17:15 ; 23:17 ; 1 Chroniques 15:11 ; 28:5 ; 2 Chroniques 9:16 ; 17:8 ; Psaumes 17:12 ; 22:27 ; 25:3 ; 31:18 ; 37:chapeau ; 74:20 ; 106:33 ; Proverbes 27:13 ; Ecclésiaste 6:3 ; Jérémie 10:18 ; 26:20 ; 2 Pierre 3:11

Phrases dont il manque un ou plusieurs mots : Josué 10:10 ; Joël 2:8 ; Luc 12:59 ; Actes 15:27 ; 2 Pierre 3:11 ; Éther 1:4 (2e phrase) ; Éther 4:18 ; Moroni 4:3 ; D&A 20:77 ; Guide des Écritures, sujet : Principes, deuxième paragraphe

Phrases comportant un ou plusieurs mots en trop : 1 Chroniques 23:3 ; Daniel 7:1 ; Romains 16:2 ; Jacques 4:6 ; 2 Pierre 3:11 ; Apocalypse 9:6 ; 11:17 ; D&A 29:chapeau : commentaire des versets 9-11

Phrases dont les mots sont dans le désordre : Hébreux 13:17 ; 2 Pierre 3:11

Mots dont les lettres sont dans le désordre : Apocalypse 20:11

Espaces en trop : Juges 7:24 ; Job 37:23 ; Jérémie 31:22 ; 49:34 ; Jude 1:21

Apostrophes en trop : Proverbes 11:22

Espaces remplaçant une lettre au sein d'un mot : Apocalypse 18:14

Répétitions ne figurant pas dans l'original : Ésaïe 19:23 ; 2 Néphi 15:26-27

Phrases dont il manque le point final : Nombres 33:15 ; Juges 13:15 ; Esther 1:17 ; Proverbes 8:22 ; 15:4 ; Ésaïe 53:2 ; 63:19 ; Jérémie 19:14 ; 25:14 ; Ézéchiel 32:14 ; Osée 11:2 ; Amos 1:1 ; 1 Timothée 5:16 ; D&A 1:chapeau, dernière phrase (l'erreur n'existe pas dans la version papier) ; D&A 96:chapeau, dernière phrase (l'erreur n'existe pas dans la version papier) ; D&A 105:chapeau, première phrase (l'erreur n'existe pas dans la version papier ; de plus, la version papier et la version en ligne diffusent deux chapeaux différents)

Versets se terminant par un point final alors que la phrase continue au verset suivant :
Psaumes 140:2 (verset 1 dans la Segond 1910)

Ponctuation modifiée, entraînant un changement de signification : Nombres 1:7, 9-10 ; 1 Rois 16:23

Ponctuation mal placée : 1 Rois 18:4 ; Esther 2:13 ; Job 15:35 ; Ésaïe 10:20 ; 2 Corinthiens 11:1

8 versets où « Esprit-Saint » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)

55 versets où « Très-Haut » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)

59 versets où « Tout-Puissant » ou « tout-puissant » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)

73 versets où « Saint-Esprit » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)

208 versets où « Jésus-Christ » est orthographié sans trait d'union (contrairement à la version Segond 1910, au Triptyque et aux règles du français)

515 versets où le retrait de la ponctuation
handicape la lecture (voir la page dédiée)

Ces signalements sont détaillés, expliqués et documentés dans les pages dédiées suivantes : Bible, Triptyque.

Nous savons que l'important dans les Écritures est leur message spirituel, pas les coquilles de l'éditeur, que Moroni qualifierait de « erreurs des hommes » (Livre de Mormon, page de titre). Nous avons signalé celles de l'édition française pour leur correction en vue de la préservation de l'image de l'Église. D'autre part, en apprenant ici leur existence, le lecteur ne sera pas surpris de les trouver par lui-même.

Le nom de l'Église

Il y a un certain nombre d'années, nous nous sommes battus pour que sur Wikipédia le nom de l'Église conserve les majuscules dans sa deuxième partie (Saints des Derniers Jours), jusqu'au jour où le service français des Traductions de l'Église nous a conseillé de ne pas persévérer dans cette voie car nous avions tort.

En effet, les règles typographiques du français ne sont pas respectées quand nous écrivons la deuxième partie du nom de l'Église avec des majuscules. Si nous respections la règle, nous écririons : Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Le nom de l'Église prend normalement des minuscules à « saints des derniers jours », au même titre qu'en anglais le nom de l'Église s'écrit avec un « d » minuscule à « day ».

Notons qu'en français les institutions commerciales n'échappent pas à cette règle. Ainsi écrit-on « le Grand bazar de la rue de Rennes » pour désigner le fameux grand magasin parisien. Seuls les logos échappent à la règle.

Malgré toutes les parades que nous avions trouvées pour conserver les majuscules sur Wikipédia, nous avons fini par nous incliner. Depuis, nous appliquons la règle dans nos publications.

Il y a des années, nos traducteurs ont obtenu que dans les traductions en français l'article défini du nom de l'Église conserve sa minuscule, en vertu des règles du français (sauf en début de phrase, en vertu des mêmes règles). Notons que cette règle s'applique aussi aux grands magasins tels que la Samaritaine (sauf dans son logo ou quand l'article défini est en début de phrase). Sur le même principe, l'application des règles du français dans la deuxième partie du nom de l'Église reste à obtenir. Puisque nos traducteurs ont été écoutés sur un point – celui de l'article défini – on peut prévoir qu'ils le soient sur le reste du nom de l'Église pour une mise en conformité avec les règles du français.

Wikipédia n'est qu'un exemple parmi les espaces où est exigé le respect des règles linguistiques. La Communauté du Christ, en revanche, orthographiait « Latter-Day Saints » avec un D majuscule avant de changer de nom. L'Église, quant à elle, respecte les règles linguistiques de l'anglais dans sa façon de typographier le nom de l'Église. Nous ne doutons pas que sa politique soit de respecter les règles des autres langues.

Notons qu'en français, les membres des communautés religieuses s'orthographient avec une minuscule (« les adventistes, les baptistes, les chrétiens, les évangéliques, les mormons, les musulmans, les saints des derniers jours »), règle qui est déjà respectée dans les publications de l'Église, y compris pour écrire « les saints », s'agissant des saints des derniers jours. Précisons que partout dans les Écritures on écrit « les Juifs » avec une majuscule parce qu'il s'agit du peuple juif. De même, en français « islam » s'écrit avec une minuscule s'agissant de la religion, avec une majuscule s'agissant de la civilisation.

Rappelons enfin que la typographie du nom d'un organisme répond à des règles précises de la langue française alors que celle des logos est libre. La typographie du logo d'un organisme et celle de son nom peuvent ne pas être identiques. C'est le cas de l'Église : dans son logo, aucune première lettre de mot n'est de taille supérieure aux suivantes, contrairement à son nom. C'est pourquoi la mise en conformité de la typographie du nom de l'Église en français ne nécessitera pas de modifier son logo.

Le jour où cette mise en conformité sera faite, elle affectera le canon des Écritures. En vue de ce temps-là, voici le lien vers la liste des références du Triptyque où le nom de l'Église apparaît.

Majuscules et minuscules

Comme le lecteur le remarquera, dans le document que nous venons de mentionner, nous avons écrit Perle de grand prix, tel que cela s'écrit en vertu des règles du français. Il devrait en être également de : École du dimanche, Parole de sagesse, Société de secours et Articles de foi, quand il ne s'agit pas d'un logo. Ceci est l'une des nombreuses différences entre l'anglais et le français, différence que nous signalons à toutes fins utiles.

Ajoutons que « la Première Vision » est correctement typographiée s'agissant d'un événement historique. En revanche, on écrit « la première vision de Joseph Smith » ou « sa première vision », comme c'est le cas dans les publications de l'Église. Il en de même de « l'Expiation » et de « l'expiation de Jésus-Christ » ou « son expiation ». Il en est de même pour « le Rétablissement » et « le rétablissement de l'Église ». Ainsi que pour « la Seconde Venue » et « la seconde venue de Jésus-Christ ».

En 2023, le service des Traductions de Salt Lake City envisageait de placer une majuscule aux pronoms 
relatifs à la Divinité (Il, Lui, Le) dans le futur recueil de cantiques en français. Cette mesure ne nous paraissait pas pertinente pour les raisons suivantes :

1. L'inutilité : En français, à la différence de l'anglais, tous les éléments de la phrase s'accordent entre eux, de sorte que le lecteur sait à tout moment de qui on parle, de qui ou de quoi il s'agit. Ce n'est pas le cas en anglais où rien ou presque ne s'accorde. Dans ce contexte, les majuscules en anglais sont utiles.

2. L'ajout de complexité : En français, non seulement ces majuscules sont superflues, mais elles rendent la lecture moins fluide, moins naturelle, plus complexe.

3. La non conformité : Ces majuscules sont absentes des saintes Écritures en français, non seulement du Triptyque mais aussi de la version de la Bible utilisée par les saints de langue française. La Bible Segond 1910 est une version protestante qui ne typographie pas avec une majuscule les pronoms relatifs à la Divinité.

4. La régression : L'usage de ces majuscules étant une tradition catholique, les saints francophones étant issus pour la plupart du catholicisme, cette mesure leur donnerait l'impression de revenir en arrière.

5. L'anachronisme : À notre jeunesse, qui relève déjà le défi de vivre en disciple du Sauveur, nous ajouterions celui de lire du français d'un autre âge.

Expressions anglosaxones

Nous avons vu comment l'expression « offrir la prière » se trouvait accidentellement dans quelques publications de l'Église. D'autres expressions y sont parfois accidentellement intégrées. C'est le cas de « Parlant de… Untel a dit… ». En français, un verbe suffit. L'expression correcte étant : « À propos de… Untel a dit… ». Rappelons aussi qu'en français, contrairement à l'anglais,
on met l'article devant un titre : « Le président Untel ».


16. La différence
 
Nous sommes enfants d'un même Père céleste, participons au même plan de salut et, en tant que saints des derniers jours, sommes membres de la même Église. Cependant nous sommes tous différents.
 
Par le Saint-Esprit nous recevons des dons spirituels différents. Certains en reçoivent un, d'autres un autre (voir D&A 46:12). Tous ne reçoivent pas les mêmes dons (voir 1 Corinthiens 12:31), ce qui nous rend complémentaires. De même, nous ne recevons pas les mêmes appels dans l'Église (voir 1 Corinthiens 12:29). Tous les appels se complètent (voir 1 Corinthiens 12:14, 20, 27 ; D&A 84:110). Chacun est important (voir 1 Corinthiens 12:21 ; D&A 84:109).

Voici quelques domaines de différences d'usage :

La prière
L'étude des Écritures
Le jour de jeûne
L'oeuvre missionnaire

La prière

Prier le Père au nom du Fils est un principe vital de l'Évangile. Ce principe est d'application par tous. Pourtant, tous ne prononcent pas les mêmes paroles. Et tous ne prient pas dans la même attitude physique. Selon les circonstances nous prions à genoux, assis ou debout, les bras croisés ou les mains l'une dans l'autre placées devant ou derrière soi ou recouvrant le visage pour mieux entrer en soi. En conférence générale on voit également le porte-parole de la prière tenir le pupitre. Rappelons que nous pouvons prier en toute circonstance : En travaillant, en nous déplaçant, au repos, à haute voix ou en silence, seul, en famille, en public, en privé.

 
Certains d'entre nous invoquent le nom du Père à presque chaque phrase de leur prière alors que d'autres ne le font qu'une fois, au début de la prière. Si à notre époque la sobriété est d'usage dans ce domaine et que nous évitons d'invoquer souvent le nom du Père au cours d'une même prière, nous l'invoquons par deux fois au cours de chacune des prières de Sainte-Cène (voir Moroni 4, 5 ; D&A 20:77, 79).
 
Si le Maître nous enseigne à invoquer le Père une fois pour toutes dans l'exemple de prière qu'il a donné (voir Matthieu 6:9-13 ; 3 Néphi 13:9-13) et que le monde chrétien appelle le Notre Père, dans la prière dite sacerdotale (« d'intercession » chez les anglophones) que le Maître adressa à son Père peu avant la fin de son ministère, il l'invoque une demi-douzaine de fois (voir Jean 17:1, 5, 11, 21, 24-25). Ces invocations répétées caractérisent d'autres prières contenues dans les Écritures (voir 1 Chroniques 17:16-27 ; Esdras 9:6-15 ; 2 Néphi 4:30-34 ; Alma 31:26-35 ; 33:4-11 ; 3 Néphi 19:20-23).
 
En ce qui concerne notre dispensation, dans la prière de consécration du temple de Kirtland par Joseph Smith en 1836, le Seigneur est invoqué plus de trente fois (voir D&A 109). En 1893, lors de la consécration du temple de Salt Lake City par Wilford Woodruff (1807-1898), le président de l'Église de l'époque, le Seigneur est invoqué 26 fois (voir Contributor, 14:292). En comparaison, lors de la prière de consécration du temple de Suisse en 1955 par David O. McKay, le Seigneur n'est invoqué que cinq fois (voir Improvement Era, novembre 1955). Et dans la prière de consécration du centre de conférence de Salt Lake City par Gordon B. Hinckley le 8 octobre 2000, le Seigneur n'est invoqué que trois fois (voir Le Liahona, janvier 2001, p. 83-84).
 
Le langage varie d'une époque à l'autre. Le langage élaboré du dix-neuvième siècle a été abandonné pour un langage plus dépouillé. Ce qui est considéré d'une façon à une époque peut avoir une résonance contraire à une autre. Bien qu'à notre connaissance rien n'ait été publié à ce sujet, il semble qu'à notre époque une sobriété respectueuse dans notre invocation du Père au cours d'une même prière soit d'usage. Cependant, cette observation ne devrait pas enlever toute spontanéité à nos prières.

Comme l'a dit Charles Didier, du premier collège des soixante-dix : « Les mots sont une forme d'expression personnelle. Ils nous distinguent tout comme le font les empreintes digitales. Ils reflètent le genre de personne que nous sommes, sont révélateurs de notre milieu et dépeignent notre mode de vie. Ils trahissent notre façon de penser ainsi que nos sentiments intérieurs. » (Le langage, moyen divin de communiquer, L'Étoile, mai 1980, p. 43)

L'étude des Écritures

La recommandation d'étudier quotidiennement les Écritures est la même pour tous. Pourtant, nous n'étudions pas tous au même moment de la journée, n'y consacrons pas tous le même temps et n'étudions pas tous selon la même méthode.

 
Selon Howard W. Hunter :

« Beaucoup s'aperçoivent que le meilleur moment pour étudier est le matin… D'autres préfèrent étudier dans les heures tranquilles qui suivent le travail… L'idéal serait d'y passer une heure chaque jour ; mais si ce n'est pas possible, une demi-heure de façon régulière donnerait un résultat substantiel. Un quart d'heure est peu, mais la clarté et la compréhension qui peuvent être acquises sur un sujet si significatif sont surprenantes…

« Certains préfèrent étudier seuls, mais une étude à plusieurs peut être profitable… Il y en a qui lisent selon un calendrier avec un certain nombre de pages ou de chapitres par jour ou par semaine… Il est préférable d'avoir un certain temps chaque jour pour étudier les Écritures, que d'avoir un certain nombre de chapitres à lire. Parfois nous nous apercevrons que l'étude d'un seul verset occupera tout le temps prévu pour une journée. » (L'Étoile, mai 1980, p. 104)
 
Henry B. Eyring a recommandé : « Nous nous imprégnons de la parole de Dieu non seulement en lisant les paroles des Écritures, mais également en les étudiant. Nous pouvons être plus édifiés en méditant quelques paroles, en permettant au Saint-Esprit de nous en imprégner, qu’en parcourant rapidement et superficiellement des chapitres entiers des Écritures (L’Étoile, janvier 1998, p. 100).
     
Russell M. Nelson a ajouté : « Je vous suggère d'étudier de la manière qui vous convient. Par exemple en lisant un livre d'Écritures de la première à la dernière page. Cette méthode donne une bonne vue d'ensemble. Mais il y a aussi d'autres bonnes méthodes. En ayant un sujet ou un thème particulier, et en utilisant les références croisées des notes de bas de page et des guides d'étude, nous pouvons arriver à bien comprendre un point de doctrine… Il peut nous arriver de relire tous les ouvrages canoniques, à la recherche de directives sur un sujet particulier. » (Le Liahona, janvier 2001, p. 21)
 
M. Russell Ballard a renchéri : « Plutôt que de lire un chapitre ou un certain nombre de pages, consacrez un certain temps à l'étude. Parfois, votre méditation d'un seul verset ou d'un court passage et de ses implications dans votre vie prendra la totalité de ce temps. Étudiez par thèmes aussi bien que de façon chronologique. Ces deux méthodes ont leurs avantages. » (Veillée du Département d’Éducation de l’Église du 3 mars 2002)

Le jour de jeûne

Une autre différence d'application est vécue le jour de jeûne. En effet, le premier dimanche de chaque mois, certains d'entre nous jeûnent du midi au midi (voir Henry B. Eyring, L'Étoile, juillet 1996, p. 68 et janvier 1997, p. 36), d'autres du soir au soir (voir Joseph F. Smith, Improvement Era, vol. 6, décembre 1903, p. 146 ; Gospel Doctrine, 1919 ; Doctrine de l'Évangile, 1982, p. 204 ; L'Étoile, 1986, n°2, p. 62 ; Guide d'étude personnelle de la prêtrise de Melchisédek n° 2, 1990, Je te destine à être serviteur et témoin, p. 134), le principe fondamental étant de s'abstenir de deux repas consécutifs, nourriture et boisson, de prier notre Père céleste et de faire une offrande de jeûne pour aider les pauvres, offrande au moins égale à la valeur des aliments que nous aurions mangés (voir Joseph B. Wirthlin, Le Liahona, juillet 2001, p. 88).
 
L'oeuvre missionnaire

De même, à propos de la responsabilité missionnaire de chaque membre de l'Église, Henry B. Eyring a souligné les différences d'une personne à l'autre en déclarant : « Ils ne suivent pas de schéma type. Il n'y a pas de technique commune. L'un a toujours avec lui un Livre de Mormon à donner. Un autre se fixe une date avant laquelle il doit trouver une personne que les missionnaires pourront instruire. Un autre encore a trouvé des questions qui amènent les personnes à parler de ce qui est le plus important dans la vie. Tous ont prié pour savoir quoi faire. Tous semblent avoir reçu une réponse différente, adaptée à leur situation et à celle des personnes qu'ils rencontrent. » (Le Liahona, mai 2003, p. 30)

La différence

 
La doctrine et les principes sont éternels. Les modalités d'application varient selon les époques. Leur application correcte est aussi diverse que ceux qui les appliquent. Ce sont là des différences salutaires.
 
À propos du caractère personnel de la mise en pratique de l'Évangile, Joseph Smith a déclaré : « Je leur enseigne de bons principes et ils se gouvernent eux-mêmes » (cité par John Taylor dans Journal of Discourses, 10:58 ; voir aussi Millennial Star, 15 novembre 1851, p. 339 et Le Mariage éternel, Manuel de l’Étudiant, Religion 234 et 235, 2003, p. VIII).

Harold B. Lee a répété ce principe en s'adressant aux dirigeants de l'Église : « Vous devez enseigner des principes corrects afin que les membres, les dirigeants et les instructeurs sachent se gouverner eux-mêmes » (Conference Report, conférence interrégionale de Munich, 1973, p. 68 ; Enseignements des Présidents de l'Église, Harold B. Lee, 2001, p. 96). Ce à quoi Dallin H. Oaks a ajouté : « La doctrine et les principes, bien enseignés, ont une influence plus puissante sur la conduite que les règles. Lorsque nous enseignons la doctrine et les principes de l'Évangile, nous pouvons avoir le témoignage et les directives de l'Esprit pour renforcer notre enseignement, et nous faisons appel à la foi de nos élèves pour chercher l'inspiration de ce même Esprit pour appliquer ces enseignements dans leur vie personnelle. » (Le Liahona, janvier 2000, p. 96)
 
Les différences nées ainsi sont salutaires. La différence non salutaire est celle que nous créons en nous éloignant de la doctrine du royaume, des principes de l'Évangile, des commandements du Seigneur et des instructions des Frères. Cette différence peut devenir un gouffre qui nous sépare du Seigneur (voir 1 Néphi 12:18 ; 15:28-30 ; 2 Néphi 1:13 ; Alma 26:20 ; Luc 16:26).
 
Le Seigneur a prié pour l'unité entre les saints et pour l'unité des saints avec lui (voir Jean 17:20-23). Il a organisé son Église pour que nous parvenions à cette unité (voir Éphésiens 4:13). À notre époque, il a parlé de l'unité comme d'un commandement (voir D&A 38:27). L'une des caractéristiques de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est l'unité des saints dans leurs différences. Chacun de nous, dirigeant dans le royaume de Dieu ou membre, contribue à cette unité en réduisant sa différence avec la parole révélée. Il jouit en retour de la différence que le Saint-Esprit magnifie en lui en développant sa personnalité et son individualité.
 
Puisque « là où est l'esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Corinthiens 3:17), chacun peut « choisir la liberté et la vie éternelle… selon la volonté de [l'] Esprit-Saint » (2 Néphi 2:27-28) au point de devenir « un véritable ami de la liberté » (Alma 62:37), car « l'Esprit de Dieu… est aussi l'esprit de liberté qui est en [lui] » (Alma 61:15).
 
Le Saint-Esprit est vecteur à la fois de liberté et d'unité. D'unité avec soi-même, avec sa vraie nature, qui est spirituelle, avec son identité prémortelle, avec le but de son séjour terrestre ; unité avec le Père, à l’image du Père et du Fils et par la grâce du Fils ; unité avec les enfants de notre Père céleste, plus particulièrement dans la communion des saints. En 2008, Henry B. Eyring, devenu membre de la Première Présidence, a écrit à propos de l'unité des saints : « Si nous respectons nos alliances envers Jésus-Christ nous aurons la compagnie de son Esprit. Cela adoucira nos cœurs et nous unira. Il faut obéir aux commandements pour avoir droit à la compagnie de l'Esprit, sans lequel nous ne pouvons être un. » (Le Liahona, septembre 2008, p. 7)
 
Dans l'Église, la liberté dans l'unité et la différence dans l'unité sont des équations rendues possibles par l'action du Saint-Esprit.